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Accoyer, Sarkozy et la guerre civile
Question : pourquoi Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée nationale, annonce t’il que ce sera la «guerre» si les contre-réformes qu’il préconise ne sont pas mises en œuvre, au terme d’un laïus contre F. Hollande ?
Réponse : il manque un mot dans les propos d’Accoyer, pensé très fort, c’est le mot «civile» après «guerre».
Du point de vue de Sarkozy, de tels propos sont contre-productifs, comme toute la campagne de haine grotesque des Morano et autres Pécresse et Estrosi. En visant Hollande ils font de lui l’adversaire n° 1 de la droite, ce dont les électeurs et auditeurs ne sauraient être convaincus en écoutant seulement Hollande. En faisant dans le registre extrémiste, ils facilitent le siphonage des voix populaires de Sarkozy par Mm. Le Pen. D’où le fait que Sarkozy se soit démarqué de leurs propos en «dialoguant» avec Martine Aubry devant les micros lors de sa visite à Lille.
Il est pourtant possible et vraisemblable que Sarkozy lui-même a suscité cette campagne d’éructations, mais il apparaît qu’elle lui échappe. Ses propres lieutenants se situent dans la perspective de sa défaite et de la préparation de la guerre civile, avec une recomposition de la droite entre UMP et FN (Bayrou de son côté reconstituant de facto l’UDF, d’où la liquéfaction du «Nouveau centre» et de son Morin). Les propos d’Accoyer préparant la guerre civile sont au diapason des vrais problèmes que rencontre le capitalisme français, comme le confirme la perte du fameux «AAA» de Standard and Poor’s, pile poil 100 jours avant le premier tour de la présidentielle, et alors que les «discussions» entre l’Etat grec et les banques sont bloquées.
Ce ne sont pas seulement les chances de réélection de Sarkozy qui se jouent, mais sa capacité immédiate à porter des coups au salariat et à la démocratie, alors qu’il n’a pas déclaré officiellement sa candidature à sa propre succession, et que cette fine stratégie risque de se retourner, là encore, contre lui. Le sol risque de se dérober sous les pieds de Sarkozy en raison de la crise du capitalisme, d’un côté, de la résistance sociale, de l’autre côté.
mercredi 25 janvier 2012