Egypte

 

Vive la révolution !

 

Depuis une semaine, à nouveau des centaines de milliers de manifestants, on devrait plutôt dire des centaines de milliers de combattants, se regroupent sur la place Tahrir du Caire, point focal des luttes mondiales de tous les exploités et de tous les opprimés, ainsi que dans toutes les villes grandes et petites d'Égypte, du canal de Suez aux oasis du désert en passant par toute la longueur de la vallée du Nil.

Les moyens d’information de masse, chez nous, dissimulent, falsifient et calomnient au maximum ce qui est train de se passer. Si vous regardez TF1, vous apprenez que les «islamistes», les «salafistes» et autres «barbus» tiennent le haut du pavé et sont aux portes du pouvoir. De plus, les journalistes occidentales se font violer. Bref, des hordes sauvages d’hommes déchaînés par les passions élémentaires déferlent dans les rues du Caire, mues par d’obscurs instincts et de non moins sombres croyances.

En réalité, d’autres témoignages, plus nombreux, font état de la diversité sociale - bourgeoisie et sommets de l'État exclus ! -  des manifestants, de la présence massive de femmes - voilées et non voilées - et du désarroi des Frères musulmans, qui tantôt appellent à manifester, tantôt appellent à ne surtout pas manifester, dont les couches les  plus jeunes et une grande partie de la base est entraînée dans la bataille, sur des mots d’ordre n’ayant strictement rien de religieux.

Les mots d’ordre, les revendications, sont simples et radicalement démocratiques : "Tantawi dégage" ; "que les militaires, le corps des officiers, cesse de mettre le pays en tutelle" ; "aucune élection, comme les prochaines législatives octroyées (concoctées par les chefs militaires en accord avec les chefs des Frères musulmans) ne saurait avoir de valeur tant que cette tutelle existe" ; et la conviction se forge que la condition de la démocratie, de la souveraineté populaire et de l’indépendance véritable de l'Égypte passe par la destruction du corps des officiers et des services spéciaux de répression, haïs, concentrant les atteintes à la dignité, ces nervis qui «vérifient la virginité» des manifestantes arrêtées et autres infamies. Quels que soient les faits exacts rapportés sur ce dont ces journalistes ont été victimes, une chose est claire : l’école du viol, c’est la police, c’est l’armée.

Nous ne croyons pas qu’il y ait les quelques dizaines de morts annoncées. On en est à des centaines de mort. La jeunesse combattante ne saurait ainsi tenir si elle n’était pas appuyée par de larges secteurs de la population et notamment par la classe ouvrière en train de s’organiser dans les usines et les chantiers et de reconstruire ses syndicats par le bas.

La révolution égyptienne a besoin de solidarité active. Le silence passif des directions des syndicats et partis de gauche, plus quelques Indignés qui montent une tente devant une banque et «occupent la place», ne répond pas encore à cette nécessité. Pourtant le combat place Tahrir est notre combat. Ouvrant la seconde phase des «révolutions arabes», il appelle notre intervention :


Vive la révolution égyptienne !

Officiers, militaires, nervis : dehors !

Au Caire comme à Damas, à Sanaa et Tunis, des élections libres à tous les niveaux, une fois l'État des nervis détruit !


 

samedi 26 novembre 2011

 
 
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