Madagascar
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Une page se tourne : Gisèle Rabesahala s’est éteinte
Elle fut à 19 ans la secrétaire des avocats Yves Dechezelles, Henri Douzon, Pierre Stibbe, Lamine Gueye, Alani Santos qui défendirent les parlementaires malgaches du Mdrm accusés d'avoir déclenchés l'insurrection nationale de 1947.
Elle fut la fondatrice du Comité de solidarité de Madagascar pour la libération des indépendantistes condamnés à mort et emprisonnés pour leur participation à l'insurrection, avec le soutien du Secours Populaire français .
Elle fut une militante pour l'indépendance totale.
A ce titre, elle fut une dirigeante de l'Akfm (Parti pour l'indépendance de Madagascar) fondé en 1957, première femme élue au suffrage universel au conseil municipal de Tananarive, et fut ministre de l'art et de la culture révolutionnaires du Gouvernement Ratsiraka de 1976 à 1990.
Elle resta fidèle à ce qu’était pour elle le communisme de la IIIème internationale et à la théorie de la révolution par étape, créant l'Akfm - Kdrsm après une scission de l’Akfm à la suite de la chute du mur de Berlin pour continuer à militer pour l'indépendance totale en alliance avec la bourgeoisie nationale Merina. Son parti soutient actuellement le gouvernement de transition mis en place par les militaires, le secrétaire général de son organisation Philippe Jaozondry en est ministre.
Femme sincère, la solidarité communiste internationale était bien l’horizon de son combat contre le colonialisme français, et en même temps son soutien à la bourgeoisie nationale fut indéfectible. Militante anti impérialiste, elle était une vraie militante internationaliste marxiste-léniniste luttant contre le libéralisme. Elle avait toujours une écoute attentionnée pour toutes les questions qui traitaient de la démocratie et de la lutte contre l'impérialisme. Ouverte, elle découvrit dans les années 1990 les écrits de Trotsky. Elle avait du respect pour les militants issus de la gauche française. La stratégie de la révolution permanente pour aller au socialisme l'interpellait, car elle comprenait l'effet dominos des révolutions, mais en définitive cette stratégie lui paraissait impossible à mettre en œuvre, elle qui constatait pourtant que l’indépendance totale de la grande île, combat de sa vie, n’était toujours pas réalisée.
Gisèle était une grande dame respectée à Madagascar ainsi qu’à la Réunion pour son courage dans son combat en faveur du peuple malgache. Ainsi s'éteint un grand témoin de l'histoire de 1947. Elle nous laisse un témoignage à travers son livre "Que vienne la liberté !".
Bernard Grangeon.
samedi 2 juillet 2011