Crise économique

 

Le système est dans la nasse, le capital est dans l’impasse

 

Les évènements économiques semblent se suivre et se ressembler. Il ne faut pas se laisser induire en erreur : la courbe de l’aggravation de la crise s’incurve vers le haut, les choses s’accélèrent, c’était certes prévisible mais quand cela se produit, les conséquences vont arriver.


La portée d’une démission.


Reprenons les tout derniers épisodes.

La séquence actuelle commence vendredi 9 septembre, avec la démission du chief economist de la BCE  (Banque Centrale Européenne), Jürgen Starck, moine-soldat, à ce qu’il paraît, de l’orthodoxie libérale et jusque là n° 2 du célèbre et bien nommé Trichet, Jean-Claude. Démission pour « convenance personnelle » dont personne n’est dupe, surtout pas les « marchés » qui se sont mis à baisser un peu plus en l’apprenant.

La vraie cause est connue, c’est que la BCE en rachetant de la dette italienne et espagnole marche sur ses supposés principes sacro-saints et viole au passage les traités « fondateurs », ces traités que les programmes scolaires osent encore présenter comme ayant « fondé l’Europe », sans blague, alors qu’ils n’ont fondé que de la finance capitaliste : traités de Rome (1957), Maastricht (1992), Amsterdam (1997) et Lisbonne (2009). La BCE devient, parce que le capital aux abois en a maintenant besoin, ce qu’elle n’était pas censée être : une banque de secours en dernier ressort pour banques et Etats en faillites, ce qu’elle fait très mal, avec retard et en maugréant, à juste titre de son point de vue car c‘est une mission impossible.

De ce fait l’impérialisme allemand estime que la BCE, contrairement à ce qui s’est toujours passé jusque là, ne sert plus ses intérêts, n’est plus l’héritière de la Bundesbank. Et voila la BCE qui commence à pourrir par la tête, ou à imploser selon l’allure que cela prendra : la fusion du réacteur a commencé. La zone euro ne périra pas par « les Grecs », mais par ses sommets.


L’état dans lequel ils sont …


A partir de là les bourses, surtout européennes, plongent, amplifiant le krach commencé depuis août, bien que les commentateurs s’autocensurent en ne prononçant pas le mot « krach ».

Même les nouvelles qui font temporairement remonter les bourses sont un signe de la maladie profonde de tout un système : ce mardi 13 septembre elles se sont légèrement redressées parce que le bruit courrait que la Chine allait racheter de la dette italienne, allégeant ainsi le fardeau qui menace la BCE. Ruse de l’histoire de grand style que cette dépendance, cette addiction, des traders du vieux continent accrochés à une décision qui relève en fait du bureau politique du PC chinois … Le bruit a été démenti quelques heures après car la Chine capitaliste, elle aussi, ne peut plus tout se permettre.

Dans la suite de ce mardi 13 septembre, les cours boursiers ont à nouveau un peu remonté suite à l’annonce par Van Rompuy, le démocrate-chrétien flamand « président de l’Europe » ( !!! ), de discussions sur le « renforcement de la zone euro » en vue du sommet « européen » prévu les 17-18 octobre, annonce complétée par celle de discussions entre Sarkozy, Merkel et Papandreou.

Sous ces propos diplomatiques, se glisse le spectre de la restructuration de toute la zone euro, ce qu’ont compris les chefs d’Etat des pays d’Europe centrale et orientale « candidats » à l’eurozone, menés par la Pologne, lesquels ont déclaré que si la zone euro était réformée unilatéralement par les impérialisme allemand et français (ils ne se sont pas exprimés ainsi mais le sens est clair) alors ils devraient refaire des référendums sur leur objectif officiel d’entrée dans l’euro …


Les mégabanques françaises insolvables : nous ne nous laisserons pas prendre en otages !


Une autre rumeur bien plus pesante vise singulièrement les banques françaises, le trio BNP, Société Générale, Crédit Agricole. Fin août on nous avait expliqué que c’était les tabloïds anglo-saxons, les méchants, qui avaient fait chuter les actions de la Société Générale en faisant croire qu’elle était au bord de la faillite. Il est un peu plus difficile de présenter comme saleté de tabloïd un article du Wall Street Journal annonçant, sur la base de fuites internes à l’entreprise, que BNP-Paribas n’arrive plus à emprunter des dollars -BNP-Paribas qui a perdu 18% sur les journées de lundi et mardi 12 et 13 septembre …

Les grandes banques françaises sont « solides » des économies et des salaires de leurs dizaines de millions de déposants. Assises sur ce matelas, elle sont rongées par les titres de crédit pourris de provenance nord-américaine, par les titres de dettes publiques des pays méditerranéens, et par leurs propres spéculations. La loi prescrit la couverture publique des dépôts en dessous de 100 000 euros. Le Trésor public français ne serait pas en mesure de faire face à un effondrement des trois méga-banques. Or ceci n’a rien d’absurde : le système de crédit français, et allemand, est aujourd’hui non pas créditeur, mais débiteur sur des actifs dont il ne peut recouvrir le montant, pour des sommes pharamineuses et cachées, bref, il est insolvable. Ce n’est là que le résultat normal de la crise du capitalisme. (1)

Signes amusants de panique, M. Besson, ministre, déclarait hier qu‘envisager la « nationalisation des banques en France serait prématuré » et Mm. Parisot du Medef disait à peu prés la même chose aujourd’hui. La nationalisation dont ils parlent, c’est la prise en charge de leurs pertes par l’Etat, pour faire payer la société, tout le monde sauf eux. Mais comme les Etats ont déjà socialisé des sommes colossales de pertes de la finance privée depuis 2008, ils sont techniquement incapables de faire mieux … à moins de généraliser la misère, et ils y pensent. Le système est dans la nasse, le capital est dans l’impasse.

La nationalisation du crédit qui s’impose est tout à fait différente : elle nécessite que Sarkozy soit chassé, que la V° République soit remplacée par la démocratie, que l’intérêt de la classe salariée prévale.


Le capital dans l’impasse doit frapper.


Dans ces cas là, que fait-il ? Il tape sur les peuples et les salariés, car il n’a pas le choix même si le moment semble mal choisi.

Le rythme de la lutte des classes et de la vie politique en France est très « plan-plan », un peu comme l’œil d’un cyclone. Mais Sarkozy n’aura peut-être bien pas le choix : déclencher un affrontement social avant les présidentielles pour le gagner en comptant sur l’état de la gauche et sur l’alignement des directions syndicales, malgré leurs militants, sur le principe de la « réduction des déficits » (réaffirmé dans les récentes déclarations intersyndicales nationales).

Ce n’est pas comme ça que l’on peut réussir la grève du 27 septembre dans l’Education, ou la journée du 11 octobre. Le capital est malade, si on vole à son secours au lieu de lui marcher dessus, il va nous contaminer et se soigner à nos frais. La voie de la victoire, c’est celle qui regarde droit dans les yeux l’époque actuelle : 2011 est une année de révolutions, 2011 est une année où reprend le cycle des révolutions.


Ils ne passeront pas !

La dette "publique" est illégitime ! Le mouvement syndical doit le dire haut et fort s’il ne veut pas se lier les mains !

Préparons l'action commune par la grève et la manifestation contre le pouvoir en place, en France et dans toute l'Europe !

Préparons la mobilisation générale au moment du vote du budget cet automne !

Vote Mélenchon pour le mettre devant au premier tour des présidentielles, meilleur moyen d’imposer un gouvernement de la seule gauche unie, dont nous exigerons qu'il cesse le "remboursement de la dette" et la "réduction des déficits" (quelles que soient les conséquences pour l'euro), seule manière de faire remonter salaires, retraites et pensions, de rétablir les postes supprimés à l’école et à l’hôpital publics, de loger décemment tout le monde.



(1) Voir notre brochure : La dette publique n'est pas publique. Pourquoi il ne faut pas la rembourser. 5 euros, franco de port, chèque à l'ordre de MILITANT, 18 rue Victor Massé 75 009, Paris.

jeudi 15 septembre 2011

 
 
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