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    <title>Economie</title>
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      <title>Le système est dans la nasse, le capital est dans l’impasse</title>
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      <pubDate>Thu, 15 Sep 2011 10:48:09 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Entrees/2011/9/15_Le_systeme_est_dans_la_nasse,_le_capital_est_dans_limpasse_files/37755276.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Media/object001_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:182px; height:201px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Les évènements économiques semblent se suivre et se ressembler. Il ne faut pas se laisser induire en erreur : la courbe de l’aggravation de la crise s’incurve vers le haut, les choses s’accélèrent, c’était certes prévisible mais quand cela se produit, les conséquences vont arriver.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La portée d’une démission.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Reprenons les tout derniers épisodes. &lt;br/&gt;La séquence actuelle commence vendredi 9 septembre, avec la démission du chief economist de la BCE  (Banque Centrale Européenne), Jürgen Starck, moine-soldat, à ce qu’il paraît, de l’orthodoxie libérale et jusque là n° 2 du célèbre et bien nommé Trichet, Jean-Claude. Démission pour « convenance personnelle » dont personne n’est dupe, surtout pas les « marchés » qui se sont mis à baisser un peu plus en l’apprenant. &lt;br/&gt;La vraie cause est connue, c’est que la BCE en rachetant de la dette italienne et espagnole marche sur ses supposés principes sacro-saints et viole au passage les traités « fondateurs », ces traités que les programmes scolaires osent encore présenter comme ayant « fondé l’Europe », sans blague, alors qu’ils n’ont fondé que de la finance capitaliste : traités de Rome (1957), Maastricht (1992), Amsterdam (1997) et Lisbonne (2009). La BCE devient, parce que le capital aux abois en a maintenant besoin, ce qu’elle n’était pas censée être : une banque de secours en dernier ressort pour banques et Etats en faillites, ce qu’elle fait très mal, avec retard et en maugréant, à juste titre de son point de vue car c‘est une mission impossible.&lt;br/&gt;De ce fait l’impérialisme allemand estime que la BCE, contrairement à ce qui s’est toujours passé jusque là, ne sert plus ses intérêts, n’est plus l’héritière de la Bundesbank. Et voila la BCE qui commence à pourrir par la tête, ou à imploser selon l’allure que cela prendra : la fusion du réacteur a commencé. La zone euro ne périra pas par « les Grecs », mais par ses sommets.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’état dans lequel ils sont …&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A partir de là les bourses, surtout européennes, plongent, amplifiant le krach commencé depuis août, bien que les commentateurs s’autocensurent en ne prononçant pas le mot « krach ». &lt;br/&gt;Même les nouvelles qui font temporairement remonter les bourses sont un signe de la maladie profonde de tout un système : ce mardi 13 septembre elles se sont légèrement redressées parce que le bruit courrait que la Chine allait racheter de la dette italienne, allégeant ainsi le fardeau qui menace la BCE. Ruse de l’histoire de grand style que cette dépendance, cette addiction, des traders du vieux continent accrochés à une décision qui relève en fait du bureau politique du PC chinois … Le bruit a été démenti quelques heures après car la Chine capitaliste, elle aussi, ne peut plus tout se permettre.&lt;br/&gt;Dans la suite de ce mardi 13 septembre, les cours boursiers ont à nouveau un peu remonté suite à l’annonce par Van Rompuy, le démocrate-chrétien flamand « président de l’Europe » ( !!! ), de discussions sur le « renforcement de la zone euro » en vue du sommet « européen » prévu les 17-18 octobre, annonce complétée par celle de discussions entre Sarkozy, Merkel et Papandreou. &lt;br/&gt;Sous ces propos diplomatiques, se glisse le spectre de la restructuration de toute la zone euro, ce qu’ont compris les chefs d’Etat des pays d’Europe centrale et orientale « candidats » à l’eurozone, menés par la Pologne, lesquels ont déclaré que si la zone euro était réformée unilatéralement par les impérialisme allemand et français (ils ne se sont pas exprimés ainsi mais le sens est clair) alors ils devraient refaire des référendums sur leur objectif officiel d’entrée dans l’euro …&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les mégabanques françaises insolvables : nous ne nous laisserons pas prendre en otages !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une autre rumeur bien plus pesante vise singulièrement les banques françaises, le trio BNP, Société Générale, Crédit Agricole. Fin août on nous avait expliqué que c’était les tabloïds anglo-saxons, les méchants, qui avaient fait chuter les actions de la Société Générale en faisant croire qu’elle était au bord de la faillite. Il est un peu plus difficile de présenter comme saleté de tabloïd un article du Wall Street Journal annonçant, sur la base de fuites internes à l’entreprise, que BNP-Paribas n’arrive plus à emprunter des dollars -BNP-Paribas qui a perdu 18% sur les journées de lundi et mardi 12 et 13 septembre …&lt;br/&gt;Les grandes banques françaises sont « solides » des économies et des salaires de leurs dizaines de millions de déposants. Assises sur ce matelas, elle sont rongées par les titres de crédit pourris de provenance nord-américaine, par les titres de dettes publiques des pays méditerranéens, et par leurs propres spéculations. La loi prescrit la couverture publique des dépôts en dessous de 100 000 euros. Le Trésor public français ne serait pas en mesure de faire face à un effondrement des trois méga-banques. Or ceci n’a rien d’absurde : le système de crédit français, et allemand, est aujourd’hui non pas créditeur, mais débiteur sur des actifs dont il ne peut recouvrir le montant, pour des sommes pharamineuses et cachées, bref, il est insolvable. Ce n’est là que le résultat normal de la crise du capitalisme. (1)&lt;br/&gt;Signes amusants de panique, M. Besson, ministre, déclarait hier qu‘envisager la « nationalisation des banques en France serait prématuré » et Mm. Parisot du Medef disait à peu prés la même chose aujourd’hui. La nationalisation dont ils parlent, c’est la prise en charge de leurs pertes par l’Etat, pour faire payer la société, tout le monde sauf eux. Mais comme les Etats ont déjà socialisé des sommes colossales de pertes de la finance privée depuis 2008, ils sont techniquement incapables de faire mieux … à moins de généraliser la misère, et ils y pensent. Le système est dans la nasse, le capital est dans l’impasse.&lt;br/&gt;La nationalisation du crédit qui s’impose est tout à fait différente : elle nécessite que Sarkozy soit chassé, que la V° République soit remplacée par la démocratie, que l’intérêt de la classe salariée prévale.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le capital dans l’impasse doit frapper.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans ces cas là, que fait-il ? Il tape sur les peuples et les salariés, car il n’a pas le choix même si le moment semble mal choisi. &lt;br/&gt;Le rythme de la lutte des classes et de la vie politique en France est très « plan-plan », un peu comme l’œil d’un cyclone. Mais Sarkozy n’aura peut-être bien pas le choix : déclencher un affrontement social avant les présidentielles pour le gagner en comptant sur l’état de la gauche et sur l’alignement des directions syndicales, malgré leurs militants, sur le principe de la « réduction des déficits » (réaffirmé dans les récentes déclarations intersyndicales nationales). &lt;br/&gt;Ce n’est pas comme ça que l’on peut réussir la grève du 27 septembre dans l’Education, ou la journée du 11 octobre. Le capital est malade, si on vole à son secours au lieu de lui marcher dessus, il va nous contaminer et se soigner à nos frais. La voie de la victoire, c’est celle qui regarde droit dans les yeux l’époque actuelle : 2011 est une année de révolutions, 2011 est une année où reprend le cycle des révolutions. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ils ne passeront pas !&lt;br/&gt;La dette &amp;quot;publique&amp;quot; est illégitime ! Le mouvement syndical doit le dire haut et fort s’il ne veut pas se lier les mains ! &lt;br/&gt;Préparons l'action commune par la grève et la manifestation contre le pouvoir en place, en France et dans toute l'Europe !&lt;br/&gt;Préparons la mobilisation générale au moment du vote du budget cet automne !&lt;br/&gt;Vote Mélenchon pour le mettre devant au premier tour des présidentielles, meilleur moyen d’imposer un gouvernement de la seule gauche unie, dont nous exigerons qu'il cesse le &amp;quot;remboursement de la dette&amp;quot; et la &amp;quot;réduction des déficits&amp;quot; (quelles que soient les conséquences pour l'euro), seule manière de faire remonter salaires, retraites et pensions, de rétablir les postes supprimés à l’école et à l’hôpital publics, de loger décemment tout le monde. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(1) Voir notre brochure : La dette publique n'est pas publique. Pourquoi il ne faut pas la rembourser. 5 euros, franco de port, chèque à l'ordre de MILITANT, 18 rue Victor Massé 75 009, Paris.</description>
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      <title>Le Krach, avant même la décision de S. &amp; P.</title>
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      <pubDate>Mon, 8 Aug 2011 19:27:24 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Entrees/2011/8/8_Entree_1_files/Standard_poors_ratings.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Media/object018_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:183px; height:137px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Juillet 2011 : la planète financière, c’est-à-dire le capital, se prend d’une angoisse globale devant les crises de la dette «publique» aux États-Unis et en Europe. Le 21 juillet, l’Europe est paraît-il sauvée, le 1° août, les États-Unis sont paraît-il sauvés, le monde donc est sauvé.&lt;br/&gt;Dans les jours qui suivent, ce monde sauvé, c’est-à-dire le capital, fait savoir ce qu’il en pense : la première semaine d’août 2011 voit se dérouler inexorablement le krach boursier planétaire que l’accord du 21 juillet entre les chefs d'État allemand et français et la Banque centrale européenne, et celui du 1er août entre le président étatsunien et le parti républicain US, étaient censés avoir évité.&lt;br/&gt; Dés lors, c’est logiquement que cette semaine de krach se conclut sur l’annonce par l’ «Agence de notation» Standard and Poor’s (S&amp;amp;P) de la dégradation de la note de crédit de l'État nord-américain, pour la première fois depuis que cette notation existe (depuis 1917), avec perspective négative. Bien que faite un vendredi soir pour donner la possibilité aux chefs d'États et aux banques centrales de réaliser de grandes manœuvres pendant le week-end pour sauver à nouveau le monde (le capital), cette annonce amplifie le krach en commençant à lui donner toute sa dimension, celle que l’on connaissait déjà mais qui n’avait pas encore été pleinement avouée.&lt;br/&gt; La dimension prise à présent par la crise économique globale ouverte en 2008 est la suivante : les titres de la dette publique US (Treasury bonds dits T-bonds) étaient le matelas de la spéculation financière mondiale et l’ultime «valeur sûre» quand les actions des entreprises capitalistes et les titres financiers divers, reconnaissances de dettes privées et publiques de toutes sortes, faiblissaient. Ils étaient la branche dernière sur laquelle tout reposait. Maintenant la branche craque et personne ne peut faire semblant de l’ignorer depuis que Standard and Poor’s a dû le dire. C’est l’annonce officielle et publique, avec un haut parleur, que l’impérialisme nord-américain n’y arrive plus, que l’ordre mondial construit autour de ce pilier voit sa poutre faitière rongée par les termites qu’elle a elle-même engendrées.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les explications à la petite semaine.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Méprisables sont les commentaires qui attribuent à la crise des causes extérieures au fonctionnement du capital. &lt;br/&gt; Il y a trois ans, c’était la faute aux subprimes présentés comme une sorte d’escroquerie mal montée, et en sous-entendant plus ou moins explicitement que les pauvres américains, prolétaires et autres noirs, avaient provoqué la panique en achetant leurs maisons à crédit. En réalité, si les subprimes sont bien la mèche par où la crise s’est allumée aux États-Unis, c’est que le crédit immobilier était (avec les dépenses militaires) le cœur de toute la croissance à crédit de ce pays et de quelques autres (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Espagne …) depuis une décennie. &lt;br/&gt;Ensuite, au printemps 2010, un coupable nouveau a été trouvé, surtout en Europe : c’était la faute aux Grecs ! &lt;br/&gt;La dette «publique» cumulée des vilains dépensiers que sont censés être la Grèce, l’Irlande et le Portugal représente un peu moins du tiers de celles de l’Italie et de l’Espagne et à peine le cinquième de celles de l’Allemagne et de la France (la plus grande dette «publique» d’Europe est celle de … l’Allemagne), et environ le dix-neuvième de celle des États-Unis. Comment expliquer dans ces conditions que la dette «grecque» devienne un beau matin une bombe menaçant le continent entier de «contagion» ? Évidemment par le fait que cette dette n’est pas «grecque», mais n’était qu’un point de rupture imminent dans une chaîne de créances insolvables qui n’est pas une branche pourrie, mais qui est la branche principale, le tronc, du système vasculaire de circulation des capitaux.&lt;br/&gt; Ces dernières semaines, après les subprimes, après la Grèce (et sans oublier cet épisode folklorique typiquement français où le coupable de la crise avait été trouvé, en la personne d’un jeune trader breton !), les méchants sont les «politiciens» et les «Agences de notation».&lt;br/&gt;En ce qui concerne ces dernières, la réalité est que si elles «notaient» selon les critères classiques d’endettement des États, cela ferait belle lurette que les États-Unis auraient été proclamés insolvables, et que si S&amp;amp;P a finalement ouvert la boite de Pandore, c’est qu’elle avait commencé à s’ouvrir toute seule, les «marchés» ayant commencé à s’affoler par eux-mêmes sur les États-Unis. S&amp;amp;P n’a pas fait paniquer les «marchés» mais a exprimé officiellement leur panique d’ores et déjà avérée, sans doute désolée du choc en retour qui allait tout amplifier, mais n’y pouvant plus rien.&lt;br/&gt; En ce qui concerne les politiciens, nous devons être perspicaces sur ce que cache le concert de cris et de grincements de dents à propos des congressistes américains «irresponsables» et de la nécessité que «l’Europe parle d’une seule voie», salades débitées en non stop par les Minc, Nicolas Bouzou (jeune premier pour qui il n’y a pas de récession, tout est la faute aux politiques et aux Agences de notation plus l’ «irrationalité» des marchés ! ) et autres escrocs et/ou abrutis selon lesquels «les fondamentaux sont sains», comme dirait Mme Lagarde. Soyons ici perspicaces, et vigilants : ce sont de véritables appels à la dictature généralisée, à un «homme fort» (il arrive qu'ils le disent ainsi : «L'Europe a besoin d'un chef», entend-on de plus en plus), que porte-paroles des banques et du capital financier lancent quotidiennement. &lt;br/&gt;Cela dit, ce n’est pas en raison de leur légèreté et de leur irresponsabilité, par ailleurs incontestables, que les politiciens du capital au pouvoir partout n’arrivent à rien dans cette affaire. Leur légèreté et leur irresponsabilité sont engendrées par l’état du système. Raison première de cela : la classe capitaliste doit aujourd’hui se partager des pertes, ce qui est beaucoup plus difficile que de se partager des gains. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Crise aux États-Unis, crise des États-Unis.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans ce cadre, au niveau des États-Unis, un secteur important de la représentation politique capitaliste est en train d’intérioriser l’idée du déclin et au final du «défaut» inévitable, autre manière de reporter sur le reste du monde les effets de leur parasitisme financier et militaire. Sur cette base, certains ne veulent même plus sauver et encore moins renforcer les institutions centrales de la domination impérialistes US : le Pentagone ou la Fed (banque centrale). &lt;br/&gt; C’est cela qui explique (et non ses aspects «populistes» et fascisants) les cris de haine contre le Tea party de divers ténors démocrates et même républicains, les traitant de «talibans anti-américains» (alors qu’il se veulent typiquement américains), car effectivement, cette logique politique poussée à son terme conduit à vouloir sauver les meubles en défaisant l’Union - une sorte de sécessionnisme généralisé. &lt;br/&gt; Mais en même temps les mêmes gens «responsables» qui blâment le Tea party sont d’accord avec lui pour estimer que ce sont les salariés, les chômeurs, les jeunes en formation, et les noirs (même s'il est réservé aux activistes Tea party de base de dire ce dernier point ouvertement) qui doivent payer, et l’accord du 1° août entre Obama et les chefs républicains, imposé aux démocrates (qui se sont alignés) s’est fait sur les bases voulues par le même Tea party  : pas un centime d’impôts de plus ! &lt;br/&gt;Ceci veut dire : aux pauvres et aux travailleurs de payer, reste à voir comment les y contraindre. &lt;br/&gt;Cette difficile mission a été déléguée à une commission «bipartisane» de 12 parlementaires chargée de répartir 1500 milliards de dollars de coupes d’ici décembre, sachant que si elle n’y parvient pas, interviendrait à cette date une réduction automatique répartie pour moitié sur les crédits militaires et pour moitié sur les crédits sociaux (le Medicare notamment, ce qui a conduit l’AFL-CIO à prendre les devants de mobilisations probables en appelant à des manifestations dans tout le pays pour début octobre). &lt;br/&gt;Cette commission, non encore formée à ce jour, est surnommée le «Super-congrès». L’annonce de sa formation, ainsi que la décision de mesures «automatiques», en dit très long sur la crise de l'État US, l’affaiblissement chronique de son exécutif, le législatif n’étant guère plus reluisant, et va accentuer encore en retour cette même crise. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’affaiblissement des États-Unis et la manière dont ils cherchent à faire payer leurs problèmes par le reste du monde (mais aussi par leur classe ouvrière, qui résiste de plus en plus), a produit une dégradation brutale, prévisible mais néanmoins rapide, de leur relation avec la Russie et la Chine.&lt;br/&gt; En Russie, Poutine a démarré sa probable campagne électorale, entre deux exhibitions de mannequins topless vantant sa virilité, en déclarant que les États-Unis sont «les parasites du monde».  Il est hors de question de cautionner de tels propos, qui, en utilisant la révolte légitime contre le parasitisme du capital, assimilé ici au peuple américain alors que Poutine, lui-même porte-parole local, dénonce un peuple entier, ce peuple américain, première victime du capital américain.&lt;br/&gt;Plus important cependant sont les termes exceptionnellement peu diplomatiques et quasi coloniaux, de facture moraliste, du pays dont les dirigeants se veulent maintenant les parangons de la bonne gestion capitaliste alors qu’ils sont terrorisés par les révoltes qui grondent contre eux et par leur propre bulle financière, foncière et immobilière : les dirigeants chinois. Citons :&lt;br/&gt;«Les jours où l'oncle Sam, perclus de dettes, pouvait facilement dilapider des quantités infinies d'emprunts de l'étranger semblent comptés.»  et plus loin : «afin de soigner leur dépendance aux dettes, les États-Unis doivent rétablir le principe de bon sens selon lequel il faut vivre selon ses moyens.»&lt;br/&gt;Qu’on ne s’y trompe pas. Ce langage n’est pas celui du nouveau pays capitaliste n° 1 que la Chine, à ce jour, n’est pas. Il est celui de dirigeants profondément inquiets et traduit leur affolement.&lt;br/&gt;Et s’il peut sembler «fustiger» les dirigeants étatsuniens, ce qu’il exige d’eux avant tout, c’est l’austérité contre le peuple, contre la classe ouvrière américaine, auquel on dira : «serre-toi la ceinture si tu ne veux pas que les Chinois te prennent tout» !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La crise en Europe.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Au niveau européen, les commentateurs ont beau éructer qu’il faut se décider à «parler d’une seule voix» (ils ne savent pas pour dire quoi, l’important est dans le «une seule» !), les intérêts entre les sphères capitalistes nationales reposant sur les États et sur l’histoire, que la «construction européenne» n’a pas effacées, demeurent différents. Comme ailleurs, ces divergences s’accentuent quand il s’agit de se répartir les pertes. &lt;br/&gt;La faille principale de la zone euro se situe donc en réalité entre l’impérialisme allemand et l’impérialisme français confrontés au début de cassure de la chaîne des créances insolvables dans les pays du «Sud» plus l’Irlande, surnommés les PIGS (les «cochons» ! ) par les technocrates européens (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Spain pour Espagne ; ils sont en train d'y ajouter la Belgique, et au passage les paradis fiscaux chypriote et maltais et plusieurs pays orientaux). Depuis maintenant plus d’un an, ces pays, les uns après les autres, sont plongés dans une spirale apparemment sans issue au motif de leur dette «publique». &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La crainte qu’un maillon faible (la Grèce d’abord) ne puisse plus payer ce système, crainte due à la crise générale ouverte en 2008 et à la prise en charge massive des dettes privées des banques par les États, conduit les capitalistes à augmenter les taux exigés du pays en question, ce qui finit de le mettre par terre ; les plans d’austérité imposés par la force et le «consensus» droite-gauche officielle, permettent de privatiser les services publics, de licencier des salariés et d’augmenter le taux d’exploitation des autres, mais n’apportent aucune solution au «problème de la dette» qui en est le motif allégué. &lt;br/&gt;La Grèce ruinée par les taux exigés (ils ont, pour elle, dépassé les 30% ! ) et par les mesures d’ «économie», marche clairement vers le «défaut», le non paiement, ce qui conduit les capitalistes préteurs à exiger des autres États européens qu’ils leur paient non seulement leurs «pertes», mais aussi leur «manque à gagner». Ce qui a commencé par la Grèce menaçait d’autres pays ; mi-juillet la crise a pris le chemin le plus rapide en visant directement l’Italie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Derrière l’Italie, il y a la France (ainsi que la Belgique) : le spread avec l'Allemagne (différence des taux des titres de la dette publique entre les deux pays) a à son tour commencé à augmenter début août pour la France, comme cela avait commencé pour la Grèce fin 2009. &lt;br/&gt;Les «rumeurs de marché» désignent la France comme le second «grand pays industriel» directement susceptible, après les États-Unis, de perdre son «triple A». Un spectre plane donc sur la France et sur l’Europe : celui d’une crise française du type de qui se produit en Grèce, Espagne, Italie, mais à la dimension de l’impérialisme français et avec une classe ouvrière et une population qui réagiraient, mettant soudain fin au «calme» social relatif que connaît la France depuis fin 2010, et embrayant sur les crises espagnole, portugaise, italienne et grecque.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La France, plus immédiatement menacée que l’Allemagne, s’est heurtée à celle-ci pour que les États de la zone euro financent des plans dits d’aides aux pays concernés, qui sont en réalité des plans d’«aides» à leurs créanciers capitalistes, l’Allemagne étant plus disposée à consentir à un défaut grec partiel (qui bien entendu a finalement eu lieu) et prétendant vouloir «faire participer les banques» (non allemandes et notamment françaises) dans la prétendue «aide à la Grèce». La BCE (Banque Centrale Européenne, siégeant à Francfort) est devenue le foyer de ces conflits d’intérêts. &lt;br/&gt;Sa paralysie devant la montée des taux des titres de la dette «publique» espagnole et surtout italienne a nourri le krach boursier dans la semaine du 1er au 5 août. L’opposition des représentants allemands au conseil des gouverneurs de la BCE signifie à moyen terme qu’un éclatement de la zone, tout ou partie des «PIIGS» sortant de l’euro pour ne plus être facturés dans cette monnaie surévaluée pour eux, n’est pas un tabou sacrosaint pour l’impérialisme allemand : il continuerait à dominer ces pays au point de vue commercial tout en contrôlant une zone euro réduite, la grande question étant la présence ou non de la France dans la nouvelle zone : avec ou sans le saint empire romain germanique !?  &lt;br/&gt;Sarkozy a pour l’instant choisi : avec. D’où les sermons sur l’euro et la signature du «pacte de stabilité» ce printemps. Mais tout en s’affolant de l’incendie qui s’étend sur les économies méditerranéennes et de la position apparemment distante de l’Allemagne à leur sujet. &lt;br/&gt; Le dimanche 7 août au soir, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont finalement fendus dans l’urgence d’un communiqué abscons dont le sens était qu’ils autorisaient la banque centrale «indépendante» à «des interventions sur le marché secondaire dans la mesure où elle contribuera à &lt;a href=&quot;http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=d%C3%A9terminer&quot;&gt;déterminer&lt;/a&gt;  le cas où il existe un risque pour la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble». &lt;br/&gt;Autrement dit, l’Allemagne ne s’opposait plus dans l’immédiat à des rachats de titres de la dette publique italienne et espagnole par la BCE, craignant à son tour l’effondrement général et donc son propre effondrement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Il faut bien comprendre ce que cela signifie : dans la marche des États-Unis à leur paralysie présente, un moment important fut la décision de leur propre banque centrale de racheter leur propre dette, ce qui s’est appelé le quantitative easing («QE»), répété à deux reprises («QE1» et «QE2») depuis 2010. Ceci équivaut à payer ses propres dettes avec de la fausse monnaie, éliminée ensuite en partie, mais en partie seulement, si la même monnaie sert ensuite à racheter des titres à la banque centrale. Le risque est la dévalorisation du dollar, voire l’hyperinflation à l’horizon. L’incapacité de la Fed à dire si elle devait et si elle allait faire un «QE3» à l’été 2011 a été un des éléments des récents développements. &lt;br/&gt;Quand la BCE rachète, massivement semble-t-il, des titres de la dette italienne et espagnole, elle fait de même : elle émet des euros (des titres en euros) pour payer la dette en euros. C’est donc une mesure à double tranchant : dans l’immédiat, elle peut «rassurer les marchés» en semblant garantir que l’Espagne et l’Italie ne feront peut-être pas «défaut», mais à moyen terme - on dit bien : à moyen terme, pas à long terme - elle risque d’affaiblir l’euro et de pousser les créanciers capitalistes à hausser leurs taux d’intérêts et primes d’assurance. &lt;br/&gt;Les fortes fluctuations des bourses européennes à l’heure où sont écrites ces lignes - le lundi 8 août au matin - montrent que les deux effets se combinent déjà : même si l’objectif le plus immédiat, faire retomber un peu les taux d’intérêts des titres de la dette italienne et espagnole, qui étaient montées à 6% et plus, est atteint au moins provisoirement, la perspective de l’effondrement final reste déterminante pour «les marchés».&lt;br/&gt; En contrepartie de cette concession, la BCE a obtenu du pouvoir italien un engagement à privatiser les services publics municipaux (par exemple, en Italie du Sud cela veut dire revendre à la mafia tout ce qui peut être en régie municipale, eaux, égouts, déchets …), à affaiblir les contrats de travail à durée indéterminée en facilitant les licenciements, à affaiblir les secteurs «protégés» du salariat, à instituer des exigences de productivité dans les contrats de travail : toutes choses qui figurent en toutes lettres dans le courrier de MM. Jean-Claude Trichet (directeur de la BCE) et Mario Draghi (son futur successeur, homme de la banque Goldman Sachs) à Berlusconi, qui s’est empressé de dire oui, courrier que révèle le Corriere della sera de ce lundi 8 août. &lt;br/&gt;D’ores et déjà, comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne avec elle, l’Italie a abandonné tout semblant de souveraineté restante. La dernière infamie de Berlusconi : l’Italie est maintenant gouvernée en direct par le duo Trichet-Draghi. La voila, «l’Europe fédérale» !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La BCE émet donc de la monnaie pour renflouer l’économie, nous y sommes - ce qui, notons-le, a été présenté comme la solution à gauche, par Martine Aubry mais aussi par le Front de gauche, par delà les différences de modalités : ne serait-il pas temps de mettre en cause le principe même du paiement de la dette, ce que les partis du Front de gauche ont amorcé par un appel préconisant un audit ? &lt;br/&gt;M. Trichet, président de la BCE, qui a souvent dit que jamais il ne commettrait une telle hérésie, maintenant qu’il la commet et à grande échelle, répète que c’est tout à fait provisoire et que, dés que possible, c’est le FESF (le Fonds Européen de Stabilité Financière, institution de statut privé créée par les États de la zone euro en 2010 et renforcé en juillet 2011) qui devrait payer ces dettes, en prélevant sur les budgets des pays membres. &lt;br/&gt;Dans le premier cas (la BCE rachète), les peuples paieront à moyen terme par l’inflation, dans le second (le FESF, à supposer qu’il voit son fond de caisse abondé car en l’état actuel des choses il ne peut pas «soutenir» ni l’Espagne, ni l’Italie, encore moins les deux), ils paieront par l’austérité budgétaire et la fiscalité. L'Allemagne n’est pas disposée à augmenter la caisse du FESF. Mais gageons qu’au final, ces messieurs nous préparent tout à la fois : inflation, chômage, misère, austérité, coupes et impôts ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Que ce soient les États directement, ou leurs émanations que sont le FESF et même la BCE, la «résorption des déficits» conduit au gouffre. Les Grecs s’en sont aperçus : au départ, le Grec de la rue était aussi naïf que le français moyen en matière de «dette publique» et pensait qu’il allait bien falloir se sacrifier (un peu, si possible pas trop et en s’exprimant sur le partage des sacrifices) pour rembourser, mais petit problème : plus il se sacrifie, plus il rembourse, plus la «dette» grossit. L’austérité plonge le pays dans la dépression, ses capacités de «remboursement» diminuent, les «agences de notation» le sanctionnent, les intérêt exigés augmentent le coût de la dette et du rachat des dettes remplacées par d’autres dettes. Alors le Grec de la rue se fâche, bien sûr.&lt;br/&gt;Dans une telle situation, sortir de l’euro peut apporter un répit et aider à respirer quelques temps, ceci ne doit pas être un tabou, ni pour les Grecs ni pour personne. Mais il faudrait que cette sortie soit menée par un gouvernement réellement au service du peuple, qui en même temps appelle à l’union des peuples d’Europe et des deux rives de la Méditerranée contre leurs exploiteurs, car la secousse commerciale qu’elle entrainerait produirait elle aussi son lot de misère. Dans le cadre du capitalisme contemporain en crise, le maintien de l’euro va de plus en plus peser comme une camisole de force pour faire payer la dette «publique» aux gens, mais la sortie de l’euro produirait une dislocation du marché que la population paierait aussi. La question «sortir ou non de l’euro» est donc en réalité conditionnée par une autre question qui, si elle était résolue, permettrait une autre politique sans tabou, utilisant les monnaies comme un moyen au lieu de s’y soumettre comme aux instruments du capital : celle de la dénonciation des dettes «publiques», au moins de la majorité d’entre elles après un audit démocratique et public. &lt;br/&gt;Mais ceci, serait le premier pas vers une véritable sortie du capitalisme - nécessaire aujourd’hui pour des raisons de survie.&lt;br/&gt;Toute discussion économique, financière ou monétaire nous conduit donc, de plein pied, à la politique et à l’organisation.</description>
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      <title>L’implosion de la zone euro a commencé</title>
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      <pubDate>Sun, 17 Jul 2011 09:39:38 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Entrees/2011/7/17_Limplosion_de_la_zone_euro_a_commence_files/zone-euro_83.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Media/object006_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:183px; height:137px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;L’implosion de la zone euro a commencé : en disant cela, nous ignorons si ça va se terminer par la fin de l’euro, la sortie des pays du Sud de la zone, ou pas, car la question est loin de se limiter aux dessins qui figurent sur les pièces et les billets. Euro ou pas euro, le problème c’est le capital, et le processus actuel d’implosion, parfaitement balisé et prévisible et dans lequel les « décideurs » foncent avec un aveuglement qui n’a d égal que leur détermination à faire payer celles et ceux qui n’y sont pour rien, a commencé.&lt;br/&gt;Compliqué dans ses modalités techniques, il est simple dans son principe : les chaines de dettes et de créances sont en train de sauter. L « ‘insolvabilité de la Grèce » a été construite par les banques qui spéculaient sur ce pays, elle se communique maintenant aux autres non parce qu’il y aurait une maladie « grecque » contagieuse, comme on le croirait à entendre la plupart des journalistes, mais parce que tout le système de production capitaliste, le système de crédit qui le soutient et le parasite à la fois, et les Etats qui y sont impliqués jusque par-dessus la tête, ploie sous une montagne de dettes insolvables. &lt;br/&gt;Le fruit pourri n’est pas « la Grèce », ni « l’Irlande » ou autres, mais c’est le capital lui-même qui, devant la tendance à la baisse du taux général de ses profits, s’est rabattu sur la finance et la rente à une échelle sans antécédents historiques. C’est pourquoi le pourrissement du système de crédit concerne aussi bien, et de manière plus centrale, les banques et les Länder allemands et autrichiens que « la Grèce ». Fait significatif, la grande presse de caniveau qui explique aux Allemands que « c’est la faute aux Grecs », héritières de la presse Hugenberg qui leur disait dans les années 1920 que c’était « la faute aux Juifs », homologue germanique de la presse anglo-saxonne Murdoch que frappe un scandale retentissant, a amorcé un tournant : le Bild  a cessé de chanter, ce mercredi 13 juillet que « la Grèce paiera » et commence à préparer ses lecteurs au fait que ce seront eux qui paieront (ils paie déjà, en vérité, mais le pire les attend) : &lt;br/&gt;La réponse honnête est que nous n’avons pas le choix. (…) Nous devons tous être préparés à en supporter les conséquences financières. - à savoir les conséquences des restructurations de dettes et faillites d’Etat qui s’annoncent : ce que « les Grecs » ne pourront pas payer aux banques devra l’être par les prolos allemands, voila le message ! &lt;br/&gt;L’impérialisme allemand veut un défaut grec qui soit assumé en partie par les capitalistes non allemands, la Fed jusque là avec son toujours directeur M. Trichet a poussé à la crise en bloquant sur l’exigence que les Etats déboursent pour éviter tout ce qui pourrait ressembler à un « défaut » grec, lequel a commencé dans les faits, et Mm. Lagarde s’est illustrée en éructant de son nouveau poste au FMI que décidemment ces Grecs ne payent pas assez cher !&lt;br/&gt;La forme prise par l’accélération fut alors la suivante : mardi 12 la notation de l’Italie a décroché et les taux des titre de la dette publique italienne ont commencé à monter. Le spectre du « défaut » italien est arrivé brusquement, de sorte que les commentateurs ne peuvent plus dire « c’est les Grecs » ! Le krach boursier a commencé. Puis, de 9h 56 au début de l’après-midi, une panne soudaine a stoppé toute communication par Euronext des indices boursiers français, portugais et du Bénélux. Il est à remarquer que la presse sur le net, toute la grande presse, n’a pas informé ses lecteurs du fait et a donné des indices boursiers qui dataient en réalité de plusieurs heures.  Pendant ce temps la Fed, Banque centrale européenne de Francfort, procédait à des rachats massifs de titres de la dette italienne et espagnole, et quand la « panne » a pris fin le krach était enrayé, pour aujourd’hui.&lt;br/&gt;Après le « flash krach » de Washington l’an dernier, répété à Mumbaï il y a peu, cet « incident » semble montrer que le bon vieux krach à la 1929 n’est lui-même plus ce qu’il était. Plus que jamais la bourse devient un appareillage erratique et non fiable. </description>
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      <title>Tension financière extrême</title>
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      <pubDate>Mon, 27 Jun 2011 14:56:52 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Entrees/2011/6/27_Tension_financiere_extreme_files/actualite-forex-19.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Media/object002_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:183px; height:137px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Depuis environ un an, les militants qui suivent la situation financière se sont quelque peu déshabitués de suivre la bourse, non seulement parce qu’ils n’ont pas d’actions ni d’obligations ni de CDS, pas plus aujourd’hui qu’avant, mais aussi parce que la bourse était devenue moins intéressante : manifestement déconnectée, parfois manipulée, avec de faibles volumes de capitaux échangés comparés à l’avant 2008 et même à l’avant flash krach (1) du 6 mai 2010, bref la bourse ne reflétait qu’encore plus indirectement la situation économique et sociale réelle telle que l’anticipe le capital financier. Elle faisait mousser les injections monétaires des Etats et la rente spéculative prélevée sur les prix alimentaires, énergétiques et miniers mondiaux.&lt;br/&gt;Hé bien, la bourse pourrait redevenir intéressante dans les prochaines semaines ou les prochaines jours, autrement dit il y a à nouveau du krach dans l’air.&lt;br/&gt;C’est là la conséquence de ce que nous analysions la semaine dernière : concentration des contradictions au sommet (au plan financier, géopolitique et militaire) et montée de la lutte de celles et ceux d’en bas, à la fois en Europe, en Amérique du Nord et en Chine dans le cadre d’une nouvelle période de la lutte des classes mondiales ouverte par les premières victoires arrachées de haute lutte et au prix du sang par les révolutions tunisienne et égyptienne.&lt;br/&gt;Du point de vue financier, le moment présent voit l’accumulation des craintes résultant de cette situation. La conférence de presse de Ben Bernanke, le patron de la Fed (la banque fédérale des Etats-Unis) du mercredi 22 juin était très attendue. Or il est très difficile de dire ce qu’il a dit, à supposer qu’il ait dit quelque chose … Pratiquement, après deux jours de réunion de son comité de politique monétaire, la Fed a déclaré à sa manière amphigourique ne pas saisir la situation présente (idem pour l’instance équivalente au Royaume-Uni, au même moment) ! Pendant ce temps bien des analystes s’excitent à l’approche de deux dates : le 30 juin, où expire le Quantitative easing II (2), et le 2 août, délai légal convenu pour rajuster ou non le plafond de la dette fédérale étatsunienne, point sur lequel les factions « démocrate » et « républicaine » au congrès US n’arrivent pas à se mettre d’accord. &lt;br/&gt;Cette montée potentiellement vertigineuse des risques aux Etats-Unis (laissons évidemment de côté ici les flonflons sur la « crise est finie » et sur « la reprise » …) va de pair avec la crise de la dette publique européenne, qui est elle-même la manifestation au niveau des Etats de la crise gravissime du système de crédit du mode capitaliste de production, et avec le ralentissement chinois. La boucle est en train de se boucler et dans cette situation, un épisode de flash krach (3) à la bourse de Mumbaï en Inde voici quelques jours semble avoir un sens prémonitoire …&lt;br/&gt;A Militant, nous n’avons pas d’actions, mais si nous étions conseillers financiers, on ne conseillerait pas d’en avoir maintenant ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(1) Un flash krach est un krach éclair, qui ne dure que quelques minutes voire quelques secondes : cela s’est produit pour la première fois le 6 mai 2010 lorsqu’au début de la mal nommée « crise grecque » l’indice Dow Jones Wall Street s’est effondré puis repris, d’une manière sidérante qui a donné lieu aux explications les plus tarées à usage des gogos (le trader qui s’est trompé de zéro …). Le mécanisme lui-même, lié aux outils informatiques qui ne sont cependant que des outils, le fond s’expliquant par le caractère parasitaire de plus en plus prononcé de la haute finance, est bien expliqué dans le livre de Paul Jorion, Le capitalisme à l’agonie (Fayard, 2011), en relation avec ce que l’auteur appelle « la corruption des marchés boursiers et la perte de confiance qui en découle », expliquant aussi les cours artificiellement optimistes et la faiblesse des volumes échangés depuis un an. Notons que ce livre ne tient pas vraiment les promesses que suggère son titre : nous espérons y revenir.&lt;br/&gt;(2) Sans entrer ici dans l’explication technique de ce qu’est un quantitative easing (ajustement quantitatif), disons qu’on peut l’assimiler à un recours massif à la planche à billet imprimant des dollars pour payer la propre dette US ; le 30 juin prochain, dans peu de jours, la deuxième grande opération de ce type menée par la Fed depuis l‘ouverture de la grande crise arrive à son terme, c‘est-à-dire que les bons du Trésor US correspondant à la dernière émission de fausse monnaie seront rachetés. Ce que Bernanke n‘a même pas dit, c‘est si la Fed s‘apprête à recommencer, ce qui serait probablement catastrophique pour la « confiance »  dans le dollar, ou si elle n‘en a pas l‘intention … ce qui serait probablement catastrophique pour la « confiance » dans la solvabilité à terme de la dette US et donc là aussi dans le dollar : ils sont coincés !&lt;br/&gt;(3) Voir note 1. Il n’aura fallu qu’un an pour que la bourse « émergente » de Mumbaï en arrive au même degré de « corruption avec la perte de confiance qui en découle » que Wall Street et se paye un flash krach : vive le progrès !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A NOS LECTEURS : &lt;br/&gt;le CA de Militant réuni le 19 juin a décidé la rédaction et l’édition pour la rentrée d’une brochure d‘agitation et d’explication : &lt;br/&gt;La dette « publique », ou pourquoi il ne faut pas la payer ! </description>
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      <title>Quantitative easing 2, ou la crise monétaire en marche</title>
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      <pubDate>Mon, 22 Nov 2010 10:33:12 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Entrees/2010/11/22_Quantitative_easing_2,_ou_la_crise_monetaire_en_marche_files/quantitative-easing.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.le-militant.org/Militant/Economie/Media/object000_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:183px; height:137px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Au lendemain des élections mid-terms aux Etats-Unis*, la Fed (Federal Reserve Bank, la banque centrale des Etats-Unis) a émis 600 milliards de dollars, pour la deuxième fois depuis l'ouverture de la grande crise économique fin 2008 (la première fois, c'était au printemps 2009). Cette initiative porte le nom barbare de QE 2, pour Quantitative Easing n°2, &amp;quot;assouplissement quantitatif&amp;quot; n° 2. En clair, il s'agit de création monétaire massive pour soutenir le dollar en rachetant des titres de la dette publique nord-américaine, la plus grosse du monde et de très loin. Pour être plus clair encore, ceci équivaut à faire soi-même la fausse monnaie par laquelle on rachète ses dettes, monnaie qui se retrouve ensuite en circulation. &lt;br/&gt;Tous les gouvernements, &amp;quot;autorités monétaires&amp;quot; et banques centrales du monde entier ont salué l'initiative de la Fed d'une volée de bois vert. Sans précédent est ici le fait que les Etats-Unis soient ouvertement présentés partout comme &amp;quot;le mauvais élève de la classe&amp;quot;. Certaines réactions vont plus loin encore et méritent d'être citées, comme ce propos de la nouvelle présidente brésilienne Dilma Roussef :&lt;br/&gt;&amp;quot;La dernière fois qu'il y a eu une série de dévaluations concurrentielles ... cela a abouti à la deuxième guerre mondiale.&amp;quot;&lt;br/&gt;La décision de la Fed, agressive bien qu'attendue, aboutit en effet mécaniquement à faire baisser le dollar à moyen terme, dans une optique de guerre commerciale avec le reste du monde. Les pays exportateurs, surtout dans les matières premières (comme le Brésil), et la plupart des commentateurs officiels et officieux voient dans ce facteur la motivation première de cette décision. &lt;br/&gt;En fait, &amp;quot;QE2&amp;quot; comme &amp;quot;QE1&amp;quot; a pour cause première la question de la dette extérieure US et vise donc, contradictoirement, à conjurer le spectre d'un effondrement massif du dollar dans l'hypothèse où la Chine, le Japon ..., prenant peur, voudraient se débarrasser trop vite des titres de cette dette US stockés dans leurs réserves de changes (surtout sous la forme de bons du Trésor public US appelés T bonds). Mais en voulant conjurer le spectre, comme cela arrive souvent aux apprentis sorciers, on le fait venir, puisque des émissions de dollar pour racheter des T bonds sont bien des émissions de dollars ne correspondant à aucune production de marchandises, qui vont donc déprécier la monnaie US.&lt;br/&gt;Si les Etats-Unis font ça, c'est parce que toute leur économie suppose que le monde entier, Chine et Japon en tête, suivis de l'Europe occidentale, leur achète les titres de cette dette, dette causée par leur relation totalement déficitaire et déséquilibrée avec le reste de la planète, celle du pays à la fois le plus riche et le plus endetté, et considérablement aggravée par l'aide apportée aux banques depuis 2008, qui lui a fait franchir le seuil de l'insupportable.&lt;br/&gt;Le monde entier, Chine et Japon en tête, a donc de moins en moins confiance dans la capacité des Etats-Unis à &amp;quot;honorer les titres de la dette publique&amp;quot; dans le long terme (c'est-à-dire à payer des intérêts aux possesseurs de T bonds et autres, ces titres étant un véritable matelas pour la spéculation financière mondiale). Ils ne croient guère à une &amp;quot;reprise&amp;quot; de leur économie, rongée en profondeur par le parasitisme financier. Ils ne veulent plus, et ne peuvent plus, les financer à l'infini.&lt;br/&gt;En rachetant une partie de leur propre dette extérieure par ces émissions, les Etats-Unis contraignent brutalement le reste du monde à continuer à les financer en provoquant eux-mêmes une dévaluation du dollar par rapport aux autres monnaies afin de réduire leurs coûts d'importations et de doper leurs exportations. Ils convertissent donc l'impasse financière (en matière de dette tant privée que publique) où se trouve déjà le capitalisme mondial, en une &amp;quot;guerre monétaire&amp;quot;, pour reprendre l'expression qui s'est imposée dans les médias avec le &amp;quot;G20&amp;quot; inutile et impuissant, contre lequel la Fed a justement choisi de faire son annonce juste avant qu'il se réunisse à Séoul. Bien qu'elle occulte toute analyse des causes fondamentales de ce qui est en jeu, les propos de Dilma Roussef sont donc fondés : la dernière grande guerre monétaire mondiale fut celle des années 1930, disloquant le marché mondial et conduisant à la guerre mondiale.&lt;br/&gt;Quand le hiérarque de la banque centrale chinoise, Xia Bin, qualifie de &amp;quot;comportement irresponsable&amp;quot; la politique monétaire des Etats-Unis, c'est cette fois-ci lui qui est le vrai porte-parole des intérêts généraux bien compris du capital à l'échelle mondiale. Le pilier de l'ordre mondial, l'assise de la croissance, que furent les Etats-Unis, sont le foyer central du désordre et l'épicentre de la crise.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Notes&lt;br/&gt;* &lt;a href=&quot;../Actualite_internationale/Entrees/2010/11/14_Remarques_sur_la_situation_internationale_et_les_elections_mid-terms_aux_USA.html&quot;&gt;Remarques sur la situation internationale et les élections mid-term aux Etats Unis&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;</description>
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