Anniversaire de lĠAssociation
populaire dĠentraide
(10 mars 2007)
Dix ans de fermet au
service du peuple
A 20h, ils
nĠtaient encore quĠune poigne dans la salle : responsables de
lĠAssociation populaire dĠentraide, membres du comit de rdaction de Militant,
invits internationaux. Quand sont arrivs les amis dĠorganisations allies[1],
on tait content mais encore inquiets. Et puis finalement ils sont arrivs par
groupe, rgulirement, jusquĠ occuper toutes les chaises. En fait il faudrait
dire Ç elles È, car si une organisation peut se targuer dĠavoir un
public non seulement ouvrier et immigr mais aussi fminin, cĠest bien
lĠAssociation populaire dĠentraide. Comme quoi la solution nĠest pas dans des
Ç trucs È ni dans la flatterie des diffrences, mais dans une ferme
orientation vers les couches les plus exploites et des mthodes de fonctionnement
adaptes. Alors on a rajout des chaises, mais dĠautres venaient. Finalement,
lĠheure dite, le meeting a commenc, devant prs de 75 personnes. Si le noyau
dur du public venait des quartiers populaires parisiens, des gens avaient fait
le dplacement de Gennevilliers (92), du foyer Rochebrune de Montreuil et de
Rosny sous Bois (93), de Villeneuve le Roi (94), etc. Trs attentive, la salle
a t naturellement fort intresse par les dveloppements de Stphane
Fustec (secrtaire adjoint de lĠUS
CGT commerce et services de Paris) sur la situation dans le secteur priv et
dans des professions concernant nombre de prsents. Ali Tolu (ouvrier du btiment membre de la CGT et militant
de lĠimmigration) a poursuivi dans la mme veine, insistant sur la ncessit
pour les immigrs dĠviter tout repli et de sĠintgrer non dans la socit
bourgeoise mais dans la communaut des travailleurs en lutte pour leurs droits.
Venu dĠOakland aux Etats Unis, John Reimann (ouvrier charpentier, membre des International
Workers of the World) a poursuivi sur le thme de lĠunit internationale des
salaris en exposant la situation, trs mal connue en Europe, des travailleurs
amricains. Il a naturellement voqu galement la question des sans-papiers,
galement centrale dans son pays. Intervenant alors, Alexis Corbire (membre de direction de PRS, adjoint au maire du
12me arrondissement) a expliqu le travail de lĠassociation fonde
par Jean-Luc Mlenchon et son soucis de contribuer elle aussi lĠducation
populaire. Alexis a du sĠinterrompre un instant car une dernire vague de
public arrivait. Il lui restait insister sur la ncessit de battre la droite
lĠlection prsidentielle, la salle applaudissant spontanment quand le nom
de Sgolne Royal a t voqu. Visiblement, les sympathisantes de
lĠAssociation populaire dĠentraide ont moins dĠtat dĠmes que les ratiocineurs
du petit milieu gauchisteÉ Pour elles lĠaffaire est entendue : il faut
battre Sarkozy, point la ligne ! Comment ne pas leur donner
raison ? En conclusion, Raymond Debord (secrtaire de lĠAssociation populaire dĠentraide)
a rappel sur quels principes sĠtait maintenu lĠassociation pendant ses dix
ans dĠexistence, y compris dans les moments les plus difficiles. Il a
naturellement appel les participants sĠemparer de cet outil. Membre
fondateur et premire prsidente de lĠassociation, Salima Jamili a alors pris rapidement la parole, annonant sous
les bravos sa r-adhsion aprs plusieurs annes dĠabsence. La soire,
supervise avec vigilance par Ouarda Yahi (trsorire de lĠassociation) sĠest alors poursuivie au sous - sol de
la salle de lĠIndpendance, r - amnag en vritable discothque. Femmes,
parfois enfants, et quelques hommes heureux y ont alors cd aux rythmes ra
et bellydance proposs par Farid Djaber[2], DJ mrite de Gennevilliers ayant accept de se produire bnvolement. De lĠavis
des plus anciens, cette soire anniversaire a t lĠinitiative la plus russie
et la plus motivante organise par lĠassociation. Celle-ci a montr
lĠimportance de ses liens avec certains secteurs des plus populaires de la
population parisienne. Elle sĠest montre sous son meilleur jours ceux qui ne
la connaissaient pas encore. Un camarade socialiste faisait remarquer quĠil
avait eu lĠimpression dĠavoir assist une runion de lĠAssociation des
ouvriers allemands, lĠpoque o Karl Marx y donnait des confrences ! La
comparaison nĠest pas sans fondements, compte - tenu du caractre
dĠorganisation et dĠducation effectu par les membres de lĠassociation, comme
aux temps hroques de la naissance du mouvement ouvrier. De fait, le succs de
la soire a eu des rpercussions immdiates avec lĠaffluence dĠune quinzaine de
femmes mal-loges des 9, 17 et 18e arrondissements la permanence
qui a suivi la soire. Mais elles nĠtaient nullement en qute de solutions
individuelles ou dĠordre caritatif : Ç on veut des logements, on veut
occuper ! È annoncrent –elles tout de go. A quoi Halima,
ancienne responsable de lĠassociation galement de retour fit cho en prcisant
Ç nos enfants brlent, mais nous on occupe È. De fait le travail
molculaire ralis par lĠassociation ces dernires annes semble en train de
se cristalliser brutalement et sur le point de produire un largissement
considrable de lĠaudience et des capacits dĠactions de lĠassociation.
QUELQUES PHOTOS PENDANT LĠINTERVENTION
DE JOHN REIMANN

A gauche : John Reimann. A droite Amir Saghi
(prsident de la sance et traducteur pour John, Amir est membre du comit de
rdaction de Militant et responsable du bulletin thorique Praxis).



[1] Club Liaisons, CCI-T. Etait galement prsent Terry Pearce, membre du syndicat britannique AMICUS et de la CNWP (Campagne pour un nouveau parti des travailleurs) ainsi quĠune dlgation de lĠorganisation marocaine La Voie Dmocratique (Annahj Addimocrati).