PREAMBULE
La mthode de
fonctionnement de l'association est l'expression de son orientation gnrale,
que nous avons appel voie populaire
pour la distinguer des mthodes utilises par les organisations que nous
qualifions de Ç dmobilisantes È (mouvements prtendument
"apolitiques", organisations caritatives, associations
bureaucratises...) mais aussi de celles qui se cantonnent dans une approche
propagandiste.
Choisir la voie
populaire impose ncessairement une
attitude dmocratique tant vis vis des gens que vis vis des membres de
l'association elle-mme. La dmocratie n'est pas simplement une posture morale,
c'est une manire d'apprhender les choses base sur notre comprhension du
monde et nos options fondamentales.
En premier lieu, nous
cherchons baser notre action sur une comprhension rationnelle des phnomnes
sociaux comme de l'tat d'esprit des gens. De ce point de vue, il est
fondamental de pouvoir confronter librement analyses et opinions afin
d'approcher au plus prs la ralit de la socit et de ses membres. Il est
galement fondamental de pouvoir vrifier par la pratique la validit des hypothses mises et des conclusions
tires en terme de programme et d'actions. Ceci ne peut se faire que d'une
manire collective, en organisant la discussion sur le bilan de ce qui est
entrepris.
D'autre part, nous avons
formul comme option essentielle la lutte pour une socit autogre. Or il ne
peut pas y avoir de combat consquent pour ce type de socit sans que les
organisations qui le portent ne fonctionnent de manire compatible avec les
objectifs affichs. Embryon d'un monde nouveau, le mouvement populaire doit
tre un foyer de dmocratie relle dans une socit qui ne reconnait que la
dmocratie formelle et refuse aux producteurs la matrise de l'conomie.
1Ħ BUT
Comme stipul dans ses statuts,
lĠAssociation Militant Ç vise lutter contre les injustices sociales
et reforger un outil dĠauto-organisation au service du peuple. Son action a
galement une dimension dĠducation populaire È.
LĠassociation Militant se
prononce pour la rupture avec les institutions, le dpassement rvolutionnaire
du capitalisme et lĠavnement dĠune socit socialiste autogre.
Ses buts et mthodes sont
prciss dans sa plateforme.
2 STRUCTURES
Tout membre de lĠassociation
Militant a le devoir de participer son activit.
Les membres sont regroups dans
des structures visant organiser leur action conjointe : noyaux ou
comits constitus sur la base dĠune entreprise, dĠun quartier, dĠune
ville, dĠun secteur professionnel ; cercles thmatiques ; commissions
de travail, etc.
Tout membre est rattach une
instance de lĠassociation.
Chaque membre doit se considrer
comme un correspondant du bulletin Militant dans son quartier, son
entreprise, son milieu.
Les instances sont constitues
aprs un vote du conseil dĠadministration et peuvent tre dissoutes de la mme
manire. Une fois cres, les instances sĠadministrent librement, sur la base
des dcisions de la majorit de leurs membres.
Le conseil dĠadministration peut
galement dsigner des dlgus de lĠassociation ayant le pouvoir de la
reprsenter officiellement dans une rgion, un dpartement ou en relation une
tche particulire.
LĠassemble gnrale est lĠinstance souveraine de lĠassociation. Elle se
runit annuellement de prfrence et au moins une fois tous les deux ans. Elle
est convoque par le conseil dĠadministration. LĠassemble gnrale lit le
conseil dĠadministration et la commission de contrle.
Le conseil dĠadministration est, entre deux assembles gnrales, lĠinstance
souveraine de lĠassociation. Il est responsable devant lĠassemble gnrale
suivant celle qui lĠa lu.
La coordination nationale est lĠorgane excutif qui organise le travail de
lĠassociation entre deux runions du conseil dĠadministration et veille la
mise en Ïuvre de ses dcisions. La coordination nationale peut voir sa
composition modifie, comme celle de nĠimporte quelle instance, par le conseil
dĠadministration.
La commission de contrle (CC) comprend trois membres, choisis en fonction de leur
anciennet dans lĠassociation et de leur Ç sagesse È. Elle est lue
par lĠassemble gnrale. La CC est une instance de recours pour ce qui
concerne lĠapplication des statuts et du rglement intrieur. Elle peut tre
saisie par tout membre ou toute instance. Elle est libre de dterminer la forme
de ses investigations et a le droit dĠexiger le tmoignage de tout membre de
Militant. Elle rapporte au Conseil dĠadministration ou lĠAssemble gnrale
qui sont les seules instances habilites rendre ses dcisions excutoires.
3. ADHESION ET APPARTENANCE
Militant est une association
compose de membres individuels. Toutefois, des accords dĠaffiliation peuvent
tre passs avec dĠautres associations, dclares ou Ç de fait È.
Dans ce cas les modalits de fonctionnement et la reprsentation de ces
associations dans les instances sont dtermins au cas par cas par le conseil
dĠadministration.
Militant peut galement dcider
dĠadhrer es qualit dĠautres associations ou groupements dĠassociations[1],
toujours sous contrle du conseil dĠadministration.
Seule une assemble gnrale peut
dcider de la fusion avec une autre association, sauf si ses effectifs sont
infrieurs au tiers de celui de Militant, auquel cas le conseil
dĠadministration est habilit prendre la dcision.
4. REGLES ET PRINCIPES DE
FONCTIONNEMENT
Militant affiche
clairement sa volont de permettre la plus large libert d'expression, en son
sein comme dans l'ensemble des organisations dont s'est dot le salariat et
dans les luttes sociales elles-mmes.
Ceci la distingue la
fois des lourdes bureaucraties des associations institutionnelles, des
confdrations syndicales ou de la gauche parlementaire et des petites forces
vhiculant bon-gr-mal-gr des conceptions organisationnelles influences par
le stalinisme.
Chaque adhrent est donc
libre d'exprimer de manire interne mais aussi de manire publique ce
qu'il pense de l'orientation de l'association, y compris s'il est en dsaccord
avec tel ou tel de ses aspects. Cette libert peut s'exprimer de manire orale,
mais aussi par tout support de communication : articles de journaux, mails,
blogs etc.
Cette libert,
indispensable la ralisation des objectifs de l'association, ne peut trouver
sa limite que dans le fait que celle-ci n'est pas simplement un
"intellectuel collectif" mais aussi une (petite) force intervenant
concrtement dans la situation sociale par les actions qu'elle met en oeuvre, seule ou avec d'autres.
Faute de dmobiliser les
adhrents et sympathisants voire le public, il est de bon sens de considrer
que personne n'a le droit d'attaquer (en interne comme publiquement) une action
de l'association aprs qu'elle ait t collectivement dcide. Cette garantie
de l'unit dans l'action a d'ailleurs elle-mme un contenu profondment
dmocratique : c'est seulement en ralisant pleinement ce qui a t dcid
qu'il sera possible d'en tirer jusqu'au bout les enseignements et ventuellement
de modifier en connaissance de cause l'orientation de l'association.
Au moment des bilans, les
critiques sont non seulement permises mais galement souhaites afin que chacun
puisse tirer collectivement les enseignements de ce qui est entrepris.
Si une ambigut existe
sur le thme suscitant une divergence (relve t'il d'une prise de position ou
de l'appel une action) c'est au conseil d'administration de se prononcer sur
l'opportunit de l'expression de la divergence.
En cas de dsaccord grave,
un adhrent peut naturellement exercer un "droit de retrait" et
personne ne peut tre contraint agir d'une manire oppose ses vues.
Il est galement
absolument exclu de contraindre quiconque dire publiquement le contraire de
ce qu'il pense.
Dans la mesure du
possible, l'organisation des discussions au sein de l'association devra tendre
la recherche du consensus le plus large possible. Toutes les questions ne
ncessitant pas de prise de position urgente devront donner l'occasion d'ouvrir
un large dbat pouvant se prolonger aussi longtemps que souhait[2].
LĠassociation est ouverte
tous ceux qui partagent ses options fondamentales et qui souhaitent la
construire. Chaque adhrent est par consquent libre d'appartenir tout autre
groupement, y compris politique, de son choix. Mais au sein de l'association
chacun s'exprime en son nom personnel et personne n'est habilit le faire au
nom d'un groupe extrieur.
En tout tat de cause, les
statuts comme les textes rgissant l'orientation et le fonctionnement de l'association
ont pour fonction de garantir le maintien du cadre commun et de l'orientation
stratgique qui a prsid sa cration.
Naturellement, personne
n'a le droit de se prvaloir publiquement de l'Association concernant des
actions qu'elle n'aurait pas approuve sans l'accord des instances dont il est
membre. Personne n'a par exemple le droit de signer une ptition en spcifiant
qu'il est membre de l'association si elle n'a pas donn son accord. Pour une
action locale ou sectorielle il faut en rfrer l'instance correspondant
(comit, cercle...) et pour une action de porte gnrale au Conseil
d'administration ou la Coordination nationale en cas d'urgence. Par contre
chacun est libre de s'engager et de s'exprimer titre personnel ou au nom d'autres structures pour ceux qui en font
partie.
Au sein de l'association,
chacun est libre de proposer une orientation diffrente celle de la majorit.
Les documents susceptibles de prter controverse doivent donc tre
communiqus aux membres des instances concernes avant leur vote, de manire
permettre amendements ou contre-propositions. Si lĠordre du jour nĠa pas
expressment prvu de runion dĠune Ç commission amendements È, il
est interdit dĠintroduire lors dĠun conseil dĠadministration ou dĠune assemble
gnrale des amendements qui nĠauraient pas t diffuss pralablement (
lĠexception des dissociations ou suppressions de phrases ou paragraphes). En
cas de proposition alternative, une totale galit de temps de parole doit
exister pour les diffrents protagonistes. La conclusion des dbats se fait en
ordre inverse de la prsentation.
S'il a connaissance d'une
opposition ou de divergences au sein de l'association, le CA s'interdit
formellement d'exercer des pressions sur les adhrents afin d'empcher leur
expression. L'intrt n'est pas de faire taire les divergences afin de
prserver l'homognit du groupe ou le prestige de la "direction"
mais d'aborder toutes les questions sans tabou en partant du principe que
n'importe qui peut avoir raison, y compris contre la majorit. Il est donc
ncessaire de permettre l'closion de toutes les ides afin qu'elles profitent
au collectif.
En cas de dsaccord de
fond, l'Assemble gnrale peut dcider d'lire le Conseil d'administration
la proportionnelle des positions exprimes par les votes.
5. SANCTIONS ET DISCIPLINE
Aucune exclusion ne peut
tre prononce au nom de divergences d'opinion mais uniquement pour des
transgressions du mode de fonctionnement collectivement dfini. LĠexpression de
sensibilits diffrentes doit tre prise par tous comme un phnomne positif tant que le collectif reste orient vers l'action et
ne dgnre pas en un club de discussion strile.
Toute violation des statuts ou du
rglement intrieur est passible de sanctions disciplinaires. Il en est de mme
pour des positions explicitement contradictoires avec la morale proltarienne
(racisme, antismitisme, sexismeÉ) ou des attitudes et comportements personnels
faisant courir des risques lĠassociation par leur caractre illgal.
Seules des dclarations ou prises
de positions publiques, confirmables par plusieurs tmoins, peuvent donner lieu
des sanctions.
Personne ne peut tre considr
comme ayant commis un manquement justifiant une sanction sans avoir t
entendu.
Les sanctions peuvent tre prises
titre conservatoire par la Coordination nationale (suspension) et de manire
dfinitive par le Conseil dĠadministration. Elles sont immdiatement
applicables mais peuvent faire lĠobjet dĠun appel devant lĠAssemble gnrale.
Les sanctions contre les membres
sont le blme et lĠexclusion. Elles sont votes par le Conseil
dĠadministration, la majorit des 2/3.
Tout membre susceptible dĠtre
sanctionn doit tre inform au moins une semaine lĠavance des accusations
portes contre lui, a le droit de prsenter sa dfense devant lĠinstance qui
prononce la sanction et dĠtre confront ses accusateurs.
6. FINANCES
Tout membre doit verser une
cotisation annuelle selon le barme fix et dans la mesure du possible une
cotisation mensuelle du montant de son choix.
7. PUBLICATIONS
Concernant Militant, le
bulletin de l'association (mais aussi la Lettre de Liaison de Militant, le site
internet ou toute autre publication), nous optons pour une autonomie
ditoriale par rapport l'association.
C'est pour nous la condition sine qua non pour avoir des publications chappant la langue de bois et
susceptibles d'tre "lisibles" par un large public. Nous ne cherchons
pas utiliser les mthodes de l'embrigadement sectaire mais au contraire
faisons appel l'intelligence et au libre-arbitre des lecteurs. Si une
"ligne" ou une orientation gnrale doit se dgager de nos
publications, c'est par les choix ditoriaux qu'elle doit le faire et non par
un contrle tatillon, " la virgule" de ce qui est crit. Chaque rdacteur
s'exprime en son nom et sans contrle priori du contenu de ce qui est dit (sauf s'il pose
potentiellement un problme juridique). En cas de dsaccord avec le contenu
d'un article, il est possible n'importe quel adhrent ou lecteur de rpondre
dans le numro suivant de la mme publication ou dans une autre pour des
raisons de place.
Bien entendu, les publications de
l'association n'chappent pas au contrle dmocratique de leur contenu par
l'ensemble des membres et, comme pour tout ce qui est entrepris quel que soit
le secteur, le(s) collectif(s) ou individus qui en sont responsables sont lus
par les instances.
8. FORMATION
Le conseil dĠadministration comme
les diffrentes instances de lĠassociation sont tenus dĠorganiser la formation
des membres de lĠassociation, selon des formes adaptes aux ncessits comme au
public vis. Un plan de formation doit tre labor.
9. MODIFICATION DES STATUTS ET
DU REGLEMENT INTERIEUR
Les statuts ne sont amendables
que par une assemble gnrale, la majorit des 2/3. Le rglement intrieur
peut tre modifi par le conseil dĠadministration, la majorit des 2/3.
[1] LĠassociation est dj adhrente de plusieurs
organismes gestionnaires de salles de runion : le CAIRN, lĠAGECA et le
Patronage Laque du XVe arrondissement.
[2] C'est la mthode qui a t utilise avec l'ouverture
en 2004 d'une discussion sur "la loi concernant les signes religieux
l'cole et la lacit" et d'une
autre sur "la revendication de l'ouverture des frontires".