Association populaire dĠentraide
Le roman-photo de nos
origines
LĠAssociation populaire dĠentraide a t fonde
en fvrier 1997, dans le prolongement du Comit de soutien aux rsidents du 61
rue Myhra (Paris 18me), un immeuble rquisitionn par des mal-logs.
La campagne de masse initie par ceux qui allaient fonder lĠassociation eut un
tel succs que de nombreux mal-logs se prsentrent eux. Pour rpondre la
demande, il fallait crer une structure permanente. Dans un premier temps, le
nom retenu fut Ç Secours Rouge 18me È, sous-titr
Ç association populaire dĠentraide È. Il sĠagissait dĠune rfrence
au Secours Rouge des annes 1970, anim par Sartre, Clavel, Tillon etc. Mais
la mme priode des militants lis aux milieux terroristes dĠextrme-gauche
lanaient un Ç Comit pour un secours rouge È en soutien aux
prisonniers politiques. LĠassociation abandonnait alors ce sigle et conservait
uniquement son sous-titre : Association populaire dĠentraide.
Il faut avouer que ce nĠest pas un sigle facile
retenir. Combien de fois a t-on entendu Ç association populaire È,
Ç association des sans-papiers È, Ç front populaire È,
etc ? En fait pendant trs longtemps cĠest sous le sigle de son bulletin
Ç La Voix Populaire È - facilement mmorisable- que lĠassociation
sĠest fait connatre du public.

3 fvrier 1996. Manifestation en direction de
la mairie du 18me. La section Paris nord de la Gauche
rvolutionnaire a dmissionn dĠun groupe considr comme sectaire, incapable
de se lier aux masses et en recul sur la question immigre. Elle sĠinvestit
fond dans le soutien aux rsidents du 61 rue Myhra et impulse un comit de
soutien. Ouvert aux individus, celui-ci est le fer de lance du front large en
dfense des mal-logs. Au micro, Larbi Jamili.

3
fvrier 1996 (suite). Des enfants et des mamans du 61 rue Myrha. Le comit de
soutien est ouvert tous mais il affiche des codes montrant dans quel camp il
se tient : le rouge du mouvement ouvrier et le poing dessin par les
tudiants des beaux arts en mai 68.

13
avril 1996 : journe portes-ouvertes au 61, rue Myrha. CĠest suite cette
action que germera lĠide de lancer une association susceptible de prendre en
compte lĠensemble des problmes de logements sur lĠarrondissement. Plusieurs
centaines de personnes passeront lors dĠune initiative soutenue par la totalit
des forces sociales du 18me, des autonomes au Parti socialiste.
Contrairement une lgende malveillante vhicule par la gauche mouvementiste,
lĠassociation a toujours travaill lĠunit la plus large en soutien au
mouvement populaire (ce qui est autre chose que se substituer au mouvement ou
parler frauduleusement en son nom).

Le
rez de chausse du 61, rue Myrhra est mur. CĠest dĠailleurs en tentant de
percer une ouverture ( gauche) que les rsidents ont alert la police qui a
enclanch la procdure dĠexpulsion. Pour attirer lĠattention des passants, une
camarade de la Voix Populaire ralise une fresque : Ç Il y a la vie
derrire les murs È.


Juillet 1996 : meeting de soutien aux
rsidents du 61 rue Myrha la salle de lĠIndpendance (Paris 18me).
Raymond Debord (comit de soutien) et Mireille Marchioni (conseillre
municipale – PCF – du 18me et conseillre de Paris).

1998. Aprs un an dĠactivit, lĠassociation
tient sa premire assemble gnrale. Alain Andr, Dominique Cornet et Djamel
Zitouni, un camarade Algrien toujours ami fidle de lĠassociation. On aperoit
un fragment dĠune banderole Ç non lĠexpulsion du 61, rue Myhra È
qui tmoigne de lĠorigine de lĠassociation.

1998.
Premire assemble gnrale de lĠAssociation populaire dĠentraide.
LĠassociation occupe alors un local au sous sol passage Boris-Vian (Paris 18me
) dans le quartier de la Goutte dĠOr.

1998.
Runion publique au local. A la tribune : Raymond Debord et Blandine Douki
(Ras lĠfront 18me )

Runion publique au local (suite). On reconnat
gauche Mohamed Rami, premier Ç sans-papiers È rgularis de
lĠassociation et longtemps son pilier la Goutte dĠOr et avec des lunettes
Abdelhak El Mansour, militant de la gauche radicale marocaine et un des
fondateurs de lĠassociation. Remarquez la dame droite avec un pull vert et
noir : cĠest cette camarade de La Courneuve que bien des annes plus
tard le ministre de lĠintrieur Nicolas Sarkozy dira Ç les racailles,
Madame, on va vous en dbarrasser ÈÉ

Mai
1998 : manifestation du comit de soutien aux rsidents du 61 rue Myrha
place de lĠhtel de Ville. Raymond Debord (Voix Populaire) tient le micro
Dieynaba Kalloga, galement membre de lĠassociation, qui prend la parole au nom
des rsidents.

5
dcembre 1998 : manifestation devant la Prfecture de Paris, lĠappel du
Comit de soutien aux rsidents du 61 rue Myrha. Les chiens de garde du capital
veillent de trs prs lĠ Ç ordre È.

1999 : deuxime assemble gnrale de
lĠAssociation. Benoit Gurard (lunettes) qui fut pendant des annes le
responsable des dossiers de sans-papiers et milite aujourdĠhui la Ligue des
droits de lĠhomme. Alain Andr ouvrier serrurier, ancien de lĠAPEIS, plus tard
permanent aux Petis frres des pauvres. Elisabeth Basse, trsorire de
lĠassociation pendant sa priode Ç hroque È, aujourdĠhui Lyon.

1999 :
deuxime assemble gnrale. A droite Dominique Cornet et Raymond Debord, les
vtrans de lĠAssociation populaire dĠentraide.

1er mai 1999. Chaque anne lĠassociation
organise une initiative lĠoccasion de la journe internationale dĠaction des
travailleurs. Cette fois cĠest un apritif convivial au local. Un adhrent
prsente son nouveau n.

Salima Jamili ( gauche) premire prsidente et
figure charismatique de lĠassociation. Ici en train de vendre le bulletin
Ç la Voix Populaire È lors dĠune manifestation de soutien aux
familles des disparus algriens. Le fait dĠavoir une porte-parole fminine,
respecte (en tant quĠancienne prsidente de Jeunes
contre le racisme en Europe) et trangre (Marocaine) contribuera
grandement asseoir lĠautorit de lĠassociation dans les milieux immigrs et
antiracistes.

Juin 1999. Stand la fte de Lutte Ouvrire.
Personne nĠa rien dit, mais bien des militants de LO taient pour le moins
tonns par lĠaspect familial, populaire et multi-ethnique de la dlgation de
lĠassociation. Sans parler du couvre-chef dĠune des camaradesÉ

Mai 2000. LĠ Association prend la
responsabilit dĠappeler seule manifester, pour le relogement de tous le
mal-logs du 18me. Raymond Debord et Souleymanne Samassa
(responsable des rsidents du 61 rue Myrha) ouvrent la marche.



Les militants de la CNT 18me sont
les seuls avoir rpondu prsent lĠinvitation manifester ensemble lance
par lĠAssociation populaire dĠentraide


20 mai 2000. Participation au dfil Ç pas
dĠlections sans rgularisation È lĠappel du Rassemblement des collectifs
dĠouvriers sans-papiers des foyers et de lĠOrganisation politique. Le travail
du Rassemblement est une vritable rvlation pour lĠassociation. Se tenant et
tant tenu totalement lĠcart du mouvement Ç officiel È des
sans-papiers, le Rassemblement met des milliers de personnes dans la rue. Il
rhabilite aussi le mot Ç ouvrier È, banni du vocabulaire de la
gauche institutionnelle depuis le dbut des annes 1980. CĠest un choc.

18 juin 2000 : runion publique
Ç sans-papiers, la lutte continue È lĠinitiative de lĠassociation,
salle Saint Bruno dans le 18me. A la tribune le camarade Camara
(foyer SOUNDIATA Rosny sous Bois), Jaime Sepuelveda (Organisation politique),
Elisabeth Basse et Salima Jamili (Association populaire dĠentraide).

8
juillet 2000 : dans la rue avec le Rassemblement des collectifs dĠouvriers
sans-papiers des foyers et de lĠOrganisation politique.




10
mars 2001 : dans la rue Belleville avec le Rassemblement. Pas
dĠlections sans rgularisation !
Apparition
du slogan de la Voie Populaire Ç notre vie est ici È labor en
sĠinspirant des mthodes de lĠOrganisation politique et des thses de
lĠanthropologue Sylvain Lazarus : analyser la parole populaire pour
formuler des noncs.
On
voit aussi le rsultat de la petite perce de lĠassociation dans le milieu des
foyers suite son travail dĠimplantation Montreuil.
Les
manifestations du Rassemblement runissent des milliers de personnes, dans un
black out total de la part des mdia et de lĠensemble des Ç soutiens È
du mouvement officiel des sans-papiers. Les renseignements gnraux sĠtonnent
de cette convergence entre lĠassociation et ceux quĠils considrent ( tort)
comme des Ç maoste È. Elle a pour cÏur la volont de partir de la
subjectivit des acteurs pour construire le mouvement social.