Le Ni-Ni.
Jean-Franois CHALOT
Ç Face ˆ l'InsŽcuritŽ :
refaire la CitŽ È
de Didier Peyrat
Editions Buchet-Chastel
14 Û
janvier 2007
204 pages
14 Û
L'auteur, magistrat de son Žtat,
se livre ˆ une argumentation s'opposant aux partisans du Ç tout sŽcuritaire È
et aux sŽcuriphobes.
Voici donc une dŽmarche intŽressante
d'autant plus que son Žtude s'appuie sur des chiffres Žtayant une analyse.
Il s'oppose au dŽterminisme
social et prŽfre se rŽfŽrer ˆ des facteurs propices, expliquant que la trs
grande majoritŽ de la jeunesse des quartiers, subissant de plein fouet
l'exclusion sociale est ni violente, ni dŽlinquante...Certains partent ˆ la dŽrive
et d'autres non.
Ç Ne faut-il pas
ajouter, aux facteurs sociaux, d'autres ŽlŽments, pris dans le registre des
reprŽsentations qui circulent, des images que les individus se font des autres,
pour s'autoriser certaines conduites ˆ leur Žgard ( ou se les interdire)?
Comment prŽvenir la dŽlinquance en agissant dans toutes les sphres, sauf une :
celle des valeurs? È
Si je ne partage pas l'entiretŽ
de l'analyse de l'auteur, si je considre que la rŽvolte de novembre dŽcembre
2005 est d'une autre nature que les actes de dŽlinquances qui ont eu lieu
contre les manifestants anti CPE, je pense moi aussi qu'il y a un travail Žducatif
ˆ mener ˆ tous les niveaux .
Il faut refuser la
banalisation de la violence et se donner les moyens de faire partager les
valeurs du vivre ensemble, considŽrant que lˆ aussi il n'y a pas de dŽterminisme.
Ç Le vol avec violence est intolŽrable, non seulement
parce qu'il est illŽgal, mais parce qu'il blesse, humilie, fait du tort ˆ
quelqu'un. È On pourrait
discuter sur la lŽgalitŽ et l'illŽgalitŽ, sur l'inŽgalitŽ devant la loi ...
Mais il n'en reste pas moins que lors d'une agression : Ç Avant
l'atteinte ˆ un droit, il y a une lŽsion infligŽe ˆ un tre È.
Il s'agit pour l'auteur de
mieux prendre en compte la victime afin de ne pas la laisser pour compte .
Il faut absolument refuser
tout ˆ la fois l'angŽlisme et le sŽcuritaire renforcŽ.
Le face ˆ face entre dŽlinquants
et forces de police permet rarement sinon jamais de mettre fin aux violences.
Il est nŽcessaire et
indispensable qu'il y ait un climat de confiance instituŽe et une participation
des habitants...La police n'est pas au-dessus des lois, Ç ..Et dans une
sociŽtŽ dŽmocratique, les dispositifs de rŽpression n'ont de sens et de lŽgitimitŽ
que s'ils obŽissent ˆ des rgles, s'ils sont contr™lŽs et non opposŽs au droit. È
Pour restaurer la civilitŽ
et la dŽmocratie, il y a fort ˆ faire...La politique menŽe doit tre globale et
non parcellaire, en permettant de crŽer du lien social mais aussi en Žradiquant
la pauvretŽ et l'exclusion.
Si de nombreux jeunes et
moins jeunes ne sont pas dŽterminŽs ˆ tre violents, l'absence de perspectives,
le ch™mage et la misre peuvent conduire certains ˆ se laisser aller ˆ
l'aventure et ˆ des actes de dŽsespoirs.
La rŽsolution de la crise nŽcessite
peut tre comme le dit l'auteur de rŽpondre au besoin fondamental de sŽcuritŽ,
articulŽ au changement social.