Militant n°4 – mars 2004
SIX MOIS de prison : c’est ce que le tribunal voulait infliger à Safia Bakhti, dirigeante de l’Association populaire d’entraide accusée d’avoir molesté une enseignante. Cette accusation était naturellement mensongère, Safia ayant juste protesté avec véhémence contre une punition injustifiée donnée à sa fille. Mais l’institution n’aime guère les parents rebelles et tend de plus en plus à se comporter comme la police qui use et abuse systématiquement de l’accusation d’ «outrage» contre ceux qui la mettent en cause.
Dans un courrier adressé au tribunal, Roger Paturaud, administrateur de la FCPE, a demandé l’indulgence envers Safia Bakhti «qui, en plus de se sentir victime du refus de l’école de l’écouter, se voit condamner par un tribunal sans qu’elle comprenne vraiment la raison». Une condamnation aurait fait de Safia Bakhti une double victime, «du refus de l’école publique qui doit être celle de tous de l’écouter» et «d’une condamnation sociale qu’elle vit quotidiennement». Pour Roger Paturaud, «quand une mère demande à être reçue par la maîtresse ou la directrice pour lui faire part de son soucis à propos d’un comportement envers son enfant, la maîtresse ou la directrice reçoivent cette demande comme une critique qui les remettrait en cause, voire si le ton malheureusement monte à cause du déni de la demande du parent, comme une agression verbale».
Au final, le tribunal a relaxé Safia Bakhti de l’accusation de violence et l’a uniquement condamnée à un euro symbolique pour les propos tenus.
Voir aussi