Elections "europŽennes" : dŽni de dŽmocratie

 

Et voila : comme prŽvu, les abstentions sont majoritaires et, ce soir, avec 28% des voix de 40% des inscrits environ, Sarkozy, son gouvernement et son parti se prŽsentent en vainqueurs et le premier ministre Fillon appelle ˆ l'union nationale pour que les salariŽs paient la crise.

Il convient donc avant tout, dans l'immŽdiat, de rappeler cette vŽritŽ : ce n'est pas vrai, l'UMP et Sarkozy sont minoritaires, la grande majoritŽ du pays est contre eux, le monde du travail et la jeunesse sont au plus haut point mŽcontents et prts ˆ combattre ce pouvoir, autant aprs ce scrutin piŽgŽ qu'avant.

S'ils cherchent maintenant ˆ tirer parti des rŽsultats de ce scrutin pour bourrer les cr‰nes, c'est qu'ils savent que sa vraie leon pour la majoritŽ est que ses problmes devront se rŽgler par la lutte sociale directe.

 
Incontestablement, des secteurs importants du monde du travail ont consciemment choisi de s'abstenir, certains pour protester contre la nŽgation du NON majoritaire ˆ cette soi-disant "Europe" lˆ qui l'avait emportŽ en 2005 ˆ la suite d'une mobilisation Žlectorale qui, elle, avait ŽtŽ rŽelle. Le niveau d'abstention -60% ! - semble similaire ˆ l'Žchelle de tous les pays de l'Union EuropŽenne, en hausse sur le prŽcŽdent scrutin de ce type, prouvant non pas l'indiffŽrence ou l'ignorance des peuples ainsi que le pensent la plupart des dirigeants et leurs portes-voix, mais l'absence de lŽgitimitŽ dŽmocratique des institutions dites europŽennes.

 
Concernant le Parti socialiste, qui perd des voix au profit du nouveau centre de Cohn-Bendit-BovŽ d'une part et du Front de gauche d'autre part, de mme que les bien-pensants et commentateurs patentŽs expliquent et vont marteler que Sarkozy sort renforcŽ de ce scrutin -car ils veulent en fait le renforcer-, ils expliquent et vont expliquer que ce sont les "divisions" et le vilain "congrs de Reims" du PS qu'il paye lˆ. Cela non plus n'est pas vrai : c'est au contraire pour ne pas avoir effectuŽ le tournant ˆ gauche, vers sa base sociale et Žlectorale, amorcŽ suite au congrs de Reims, et avoir cultivŽ l'unitŽ de faade sur la base du consensus mou, que le PS a perdu toute dynamique au fur et ˆ mesure de la campagne.

Avec prŽs de 7% des voix (selon les rŽsultat diffusŽs ˆ l'heure o sont Žcrites ces lignes) le Front de gauche rŽalise un score honorable, qui rŽunit la majeure partie de l'Žlectorat communiste avec un Žlectorat fondamentalement socialiste qui ne se reconna”t plus dans le PS. Le fait qu'il devance le NPA pose une question politique centrale ˆ celui-ci : celle non seulement des alliances, mais d'abord -car c'est cela qui domine la question des alliances- de l'obligation, si l'on se veut rŽellement rŽvolutionnaire, de combattre pour un dŽbouchŽ politique au niveau du pouvoir central, ce qui ne saurait passer par le vote pour un candidat aux Žlections prŽsidentielles mais par la lutte centralisŽe contre le rŽgime de la V¡ RŽpublique sarkozienne et la politique anti-sociale qu'il mne, et par la construction d'un parti dŽmocratique du monde du travail, ce qui n'est pas la mme chose qu'un rassemblement autour d'une figure charismatique. Comme la seule perspective donnŽe jusque lˆ ˆ ses adhŽrents Žtait de faire un tabac ˆ ces Žlections en rasant tout ce qui existe ˆ gauche du PS tout en tirant ˆ boulet rouge sur celui-ci, il serait dans l'intŽrt du monde du travail que le dŽbat s'y ouvre ...

 
Parmi les autres aspects de ces rŽsultats en France, il semble que le r™le du "centre" ait ŽtŽ ravi ˆ Bayrou par Cohn-Bendit et sa liste, ceci expliquant la fameuse colre de Bayrou contre Cohn-Bendit, l'accusant d'avoir eu l'aide du pouvoir, de Sarkozy, pour que s'opre cette substitution. L'Žcologie n'a rien ˆ voir lˆ-dedans et la victoire de ce "'centre" lˆ n'apportera rien de plus que ce que ces courants ont pu apporter dŽjˆ ˆ la lutte contre le rŽchauffement climatique et la destruction des sols et des milieux vivants par la production capitaliste, ˆ savoir : strictement rien du tout. Mais naturellement, Cohn-Bendit appelle de ses voeux une alliance de lui-mme avec le PS et le Modem, pour tre sžr que Sarkozy n'aura face ˆ lui qu'une opposition ˆ l'italienne, un centre-gauche mou contre une droite dure !

 
A la veille de ce scrutin et en toute indŽpendance envers lui, s'est tenue l'assemblŽe gŽnŽrale annuelle de Militant dont nous donnerons compte-rendu par ailleurs. Les camarades prŽsents ont soutenu un rapport d'orientation se concluant par l'affirmation que des militants dŽfendant l'intŽrt gŽnŽral de la classe ouvrire doivent avancer une perspective politique pour grouper, pour unir, sur trois axes qui au fond se rejoignent :

-l'actualitŽ nouvelle de la rŽvolution et du socialisme, appropriation et gestion collective et dŽmocratique des moyens de production, de vie, d'Žchange, de la terre, aujourd'hui indispensables pour des raisons de survie.

-l'urgence de la dŽmocratie, d'Žlections immŽdiates, non pas ˆ une monarchie prŽsidentielles, mais ˆ une assemblŽe souveraine,

-la centralisation des luttes, leur convergence dans la grve interprofessionnelle et une manifestation nationale contre Sarkozy, pour les revendications les plus urgentes : blocage de tous les plans de licenciements en cours, arrt de la destruction des services publics, de l'Žcole publique et de l'h™pital public, le SMIC ˆ 1500 euros nets tout de suite, blocage des prix alimentaires, des carburants et des loyers, allocations familiales pour tous les parents quel que soit le nombre d'enfants ...

La centralisation des luttes peut ouvrir la voie ˆ la dŽmocratie contre Sarkozy et la V¡ RŽpublique, voie de la rŽvolution socialiste, la solution la plus pacifique, la plus rŽaliste, pour la majoritŽ.

Voila ce pour quoi nous combattons, par la mŽthode de l'association et de l'organisation commune et libre.

La mascarade anti-dŽmocratique de ces prŽtendues Žlections dites europŽennes ne peut que nous renforcer dans cette conviction.

Organisons-nous !

 

07/06/2009

23h