Ç Gauche Avenir en campagne pour un rŽfŽrendum sur le Ç mini-traitŽ È europŽen

 

Raymond DEBORD

Novembre 2007

 

Une petite centaine de personnes se sont rŽunies ˆ Paris le 30 octobre pour discuter du Ç mini-traitŽ europŽen È ˆ lĠinitiative du club Gauche Avenir. Le dŽbat a ŽtŽ introduit par les dŽputŽs europŽens signataires de lĠappel de Gauche Avenir : Franois Castex (PS), Marie No‘lle Lienemann (PS), Francis Wurtz (PCF) et Anne Ferreira (PS).

 

On retiendra des interventions, en particulier celles de Marie No‘lle Lienemann et de Francis Wurtz (ce dernier Žtant ˆ la fois didactique et mobilisateur), que le Ç mini-traitŽ È nĠen est pas un puisquĠil a la mme longueur que le traitŽ constitutionnel rejetŽ en 2005. De plus, contrairement ˆ ce qui est dit communŽment, il ne se limite nullement ˆ la partie institutionnelle de lĠancien mais le reprend quasi-intŽgralementÉ dans un ordre diffŽrent. La diffŽrence essentielle tient au fait que le traitŽ nĠa pas la prŽtention Ç constitutionnelle È de son prŽdŽcesseur. Sont Žgalement abandonnŽs lĠintroduction dĠun hymne et dĠun drapeau, tout comme le terme de Ç loi È pour dŽsigner les directives et rglements europŽens. Pour le reste, on a toujours le rejet de toutes les harmonisations sociales et fiscales. Cette interdiction, inscrite dans les traitŽs, ne pourra tre modifiŽe que par un vote unanime des Etats membres. Contrairement au discours mŽdiatique selon lequel la Ç concurrence libre et non faussŽe È aurait disparu du nouveau texte, la formule a ŽtŽ rŽintroduite de faon moins voyante dans un protocole (protocole 6), qui a la mme valeur juridique et politique que le corps du traitŽ. Il ne comprend que quelques lignes et a ŽtŽ manifestement crŽŽ pour cacher les termes que les Franais ont refusŽ. Ils demeurent pourtant sous une forme voisine : Ç Le marchŽ intŽrieur tel quĠil est dŽfini ˆ lĠarticle 3 du traitŽ comprend un systme garantissant que le concurrence est non faussŽe È  et pour quĠil soit bien clair que cette concurrence libre et non faussŽe fait bien partie des objectifs effectifs  de lĠUnion EuropŽenne, il est rajoutŽ :   Ç  A cet effet, lĠUnion prend, si nŽcessaire, des mesures dans le cadre des dispositions du traitŽ È. Quant ˆ la Charte des droits fondamentaux, elle ne sĠappliquera pas ˆ la Grande Bretagne et en partie seulement ˆ la Pologne.

 

Les initiateurs de Gauche Avenir ont pris la dŽcision de lancer une grande campagne dĠexplication et de mobilisation sur la question du nouveau traitŽ. Pour cela ils comptent sur lĠencombrement du calendrier parlementaire, qui risque de diffŽrer jusquĠen juin la rŽunion de lĠAssemblŽe nationale et du SŽnat en Congrs. Leur objectif est dans un premier temps de contraindre Sarkozy ˆ recourir au rŽfŽrendum. Pour cela il faut lĠempcher dĠobtenir la majoritŽ nŽcessaire des 3/5 mes. CĠest en thŽorie possible pour peu que ceux qui sĠŽtaient engagŽs ˆ cela pendant la campagne prŽsidentielle (soit tous les candidats ˆ lĠexception de Sarkozy) maintiennent leur position. Une fois de plus cĠest au sein du Parti socialiste que vont se situer les principaux enjeux, en particulier pour faire respecter ˆ SŽgolne Royal une promesse dont elle pourrait se dŽdire (comme de bien dĠautres).

 

Ce faisant, Gauche avenir tente de dŽpasser le strict cadre dĠun club de discussion pour fonder ses dŽbats sur une pratique commune minimale. CĠest en soit une trs bonne chose, la reconstruction dĠune gauche digne de ce nom ne pouvant se faire quĠˆ partir dĠune pratique rŽelle et non de simples postures. Pour autant le positionnement du club, ˆ gauche du PS mais ˆ droite du PCF nĠest pas aisŽ. DĠautant quĠil demeure sur une ligne dont lĠantilibŽralisme se tient respectueusement ˆ lĠŽcart de toutes vellŽitŽs anticapitalistes.

 

Les contradictions de Gauche Avenir ont ŽclatŽ en fin de rŽunion quand une postire communiste, syndicaliste, a interpellŽ Paul Quils sur son r™le dans la privatisation de La Poste. Ce dernier a bondit, sĠindignant de lĠaccusation et usant de ses talents dĠorateurs pour tenter dĠen imposer ˆ sa contradictrice (notre photo). Pour autant, si Quils nĠa effectivement pas privatisŽ directement La Poste, le fait quĠil ait transformŽ son statut dĠadministration en Žtablissement public a bien entendu ouvert la voie ˆ la suite. Au delˆ des talents oratoires, son seul argument Žtait quĠil nĠy avait plus Ç quĠen CorŽe du Nord È que la poste soit une administration. Un peu court, car ˆ supposer que ce soit vrai, des acquis sociaux existent encore dans cette dictature stalinienne exotique et rien ne dit que son service postal ne sont pas meilleur que celui des Etats capitalistesÉ

 

Cet Žchange ayant fait pour le moins t‰che ˆ lĠheure des conclusions, Marie Nole Lienneman est intervenue pour rappeler quĠune dŽmarche telle que celle impulsŽe par Gauche Avenir impliquait quĠon sĠattache au positionnement actuel des gens et non ˆ lĠexamen permanent du passŽ de tel ou tel. CĠest tout ˆ fait exact sur le fond, mais on peut quand mme sĠattendre ˆ ce quĠun rayonnement significatif du club, ˆ fortiori sĠil sĠoriente vers les couches populaires comme lĠa souhaitŽ Francis Wurtz, conduira ˆ ce que ce genre de question revienne rŽgulirement ˆ lĠordre du jour. DĠautant que Gauche Avenir ressemble pour lĠinstant ˆ un arŽopage dĠanciens ministres, ce qui lui donne de la crŽdibilitŽ mais peut constituer aussi une limite vis ˆ vis des secteurs les plus militants.

 

REMUE-MENINGES

 

Les Ç valeurs È sont insuffisantes pour rŽ-armer la gauche

Raymond DEBORD (11/09/2007)