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Nous publions ci-dessous un document de Jean-Ribes du Ç ComitŽ communiste internationaliste- trotskyste È auquel Vincent PrŽsumey a rŽpondu ici

 

lettre ouverte aux militants et sympathisants

de Ç lĠIntergroupe È

 

Chers camarades,

Des camarades, franais et Žtrangers nous demandent, sur la foi de ce que nous avons publiŽ, ce que devient lĠIntergroupe, quĠils jugent une initiative intŽressante. Ce nĠest pas personnellement de ga”tŽ de cÏur que je suis obligŽ de leur rŽpondre quĠil est entrŽ en catalepsie le 20 juin et quĠil ne sĠest pas rŽveillŽ, malgrŽ un sursaut dŽbut septembre.

Je dis Ç personnellement È parce que jĠai cru, plus que dĠautres sans doute, ˆ la voie quĠil ouvrait, vers la construction dĠun parti ouvrier rŽvolutionnaire, sur des bases non sectaires, exemptes de manÏuvres et de coups fourrŽs entre coteries, non limitŽ ˆ un club de discussion et dĠinformation, mais tournŽ vers des actions communes. Je me suis exprimŽ ˆ plusieurs reprises lˆdessus. Le bulletin du CCI(T) lui a fait le maximum de publicitŽ, et cĠest sur notre intervention, et la mienne en particulier, quĠun minimum de structuration (et le nom dĠIntergroupe) a ŽtŽ dŽcidŽ, ainsi que la dŽsignation dĠun Ç coordinateur È permettant aux responsables de ses composantes de lĠengager rapidement dans des interventions communes.

fragilitŽ de lĠintergroupe

Tout cela Žtait encore incertain et fragile.

Par exemple lĠengagement pratique de ses composantes Žtait trs inŽgal. V. PrŽsumey, au nom de la Ç Lettre de Liaisons È Žtait un pivot trs actif dans la discussion et les informations. Le CCI(T) y Žtait compltement engagŽ, physiquement et politiquement, malgrŽ son effectif rŽduit ˆ Paris. Ç La Commune È, gŽnŽralement absente des rŽunions, avait nŽanmoins une contribution politique indŽniable, y compris en opposition (Žlections). Par contre Ç Le Militant È suivait, peut-on dire, sans enthousiasme. On me permettra de mĠy arrter un instant.

Le camarade Raymond Debord, seul reprŽsentant de ce groupe lors des rŽunions (ˆ une exception prs, autant quĠil mĠen souvienne) ne sĠest pas cachŽ, trs t™t, que ses camarades, Ç nĠen voyaient pas lĠintŽrt È. Bien que, sans doute, les plus nombreux ˆ Paris, nul dĠentre eux ne participera ˆ aucune des deux diffusions, sur les sans-papiers et ˆ Jappy au meeting contre les franchises (ˆ la 1re, 8 ou 10 amenŽs par La Commune, 7 ou 8 par le CCI(T), dont 3 ou 4 venus de Lyon spŽcialement, 3 de la Lettre de Liaisons – ˆ Japy, 2 CCI(T) et 1 LL). De surcro”t les trois questions posŽes par Raymond le 27 avril sur le sens et lĠavenir de lĠIntergroupe, auxquelles les trois rŽponses quĠil donnait Žtaient nŽgatives, tŽmoignaient de son scepticisme [1].

Quant ˆ lĠalimentation politique de lĠIntergroupe (propositions, analyses, dŽbats), disons quĠelle a surtout ŽtŽ assurŽe par Vincent et le CCI(T) (Etienne, Louis et moimme), et un peu par La Commune, Raymond se contentant dĠun accompagnement le plus souvent lapidaire, et pas toujours transparent [2].

Il faut ajouter lĠincapacitŽ ˆ rŽaliser le bulletin de lĠIntergroupe, en principe dŽcidŽ, et qui en est restŽ ˆ un collectage informatique, pour un nĦ 1Éindiffusable. Comme si chez personne nĠexistaient les qualitŽs et dispositifs requis pour assurer ce travail.

Signe de fragilitŽ (ou de force ?), lĠattitude ˆ prendre face aux Žlections avait fait Žclater un dŽsaccord entre La Commune et les trois autres groupes. Mais ce phŽnomne nĠŽtait pas anormal non seulement dans le cadre dĠun tel regroupement, mais aussi dans la perspective dĠune Ç prŽfiguration È dĠun futur parti ouvrier rŽvolutionnaire. La preuve : les Žlections passŽes, lĠIntergroupe a continuŽ, et positivement, comme lĠa montrŽ lĠinitiative sur la dŽfense du droit de grve, Ç non nŽgociable È, proposŽ parÉ La Commune, et reprise unanimement par les autres groupes.

JĠŽtais pour ma part persuadŽ que, dĠune faon gŽnŽrale, les dŽveloppements de la lutte de classe, qui lui avaient donnŽ naissance avec le combat contre le CPE, dŽcideraient, de faon positive, de lĠavenir de lĠIntergroupe pourvu cependant quĠil sache y jouer son r™le. En ce sens, le raidissement prŽvisible de la lutte de classe ˆ partir de lĠŽlection de Sarkozy allait pouvoir remŽdier ˆ ses faiblesses et lĠobliger, en quelque sorte, ˆ rŽpondre ˆ ses t‰ches.

CĠest le contraire qui sĠest passŽ. Pourquoi ?

Parce que la pression des ŽvŽnements a rŽvŽlŽ chez  Le Militant ce qui nĠŽtait que latent dans ses rŽticences distantes : une opposition, cette fois active, ˆ la fois ˆ lĠIntergroupe en tant quĠorganisation (cĠestˆdire ˆ son fonctionnement) et ˆ son orientation.

Pour Žviter tout procs dĠintention, je suis obligŽ de revenir sur les circonstances du clash.

legretŽ ou manÏuvre ?

La Commune ayant proposŽ que lĠIntergroupe engage une campagne en dŽfense du droit de grve sur la ligne : Ç Non nŽgociable È, un texte est mis au point entre le 29 mai et le 2 juin, et approuvŽ par tous, y compris Raymond Debord (Ç La conclusion va dans le sens de ce que jĠavais proposŽ È). Le 22, le mme Raymond Debord nous informe pourtant que Ç nos syndicalistes È ont modifiŽ le texte, et engagŽ la campagne sur le nouveau (auquel il invite de se rallier), interdisant ainsi tout retour en arrire. PrŽsumey sĠy rallie, et propose in fine au CCI(T) de Ç faire autre chose sur le mme thme È (sic).

Imaginons un instant une organisation constituŽe (puisque, aussi bien, notre objectif Žtait de la construire) dont la direction dŽcide une campagne. Mettons que par exemple sa commission syndicale ait un dŽsaccord. Que fait celleci ? Sa propre campagne, sur ses positions ? ou demandetelle une nouvelle discussion, avec prŽsence de Ç ses syndicalistes È ou une AG, etcÉ pour prŽserver lĠunitŽ ˆ la fois du combat et de lĠorganisation ? Quant ˆ exiger de ses adversaires quĠils se soumettent ˆ son orientation, ˆ sa direction, sans discussion possible, cĠest aller directement ˆ la scission. Le procŽdŽ du Militant est donc tout ˆ fait identifiable.

Nous aurions pu, non sans raison, stigmatiser le mŽpris de la Ç dŽmocratie È, omniprŽsente dans la propagande du Militant et de la Lettre de Liaisons, et crier ˆ la manÏuvre. Nous avons prŽfŽrŽ y voir de la lŽgretŽ, et constater quĠune fois de plus il y a, y compris entre militants rŽvolutionnaires, ˆ effectuer tout un rŽapprentissage des bonnes manires de correction politique. Le CCI(T) a donc refusŽ de tenir le fait accompli pour dŽfinitif et liquidant lĠIntergroupe dĠun trait de plume.

En rŽtablissant la campagne fin aožt, sur sa base initiale par un additif inclus dans lĠappel ˆ signer, et en intervenant dans les rŽunions dites Ç de signataires È (en rŽalitŽ de lĠIntergroupe, un peu Žlargi, pour celle du 16 septembre, et en peau de chagrin pour celle du 21 octobre) nous prŽservions, pensionsnous, son maintien, et son redressement, amorcŽ nettement le 16 septembre, avec une remise ˆ plat des problmes et une rŽunion prŽvue ˆ cet effet le 11 novembre.

lĠintergroupe devenu inutile ?

Aussi est-ce avec stupŽfaction que jĠai lu la lettre de Vincent du 5 novembre : Ç coordinateur È de lĠIntergroupe, il dŽcidait de dŽclarer dĠavance cette rŽunion inutile. Les raisons invoquŽes ne tiennent pas.

1.       Ç Nous ne discutons pas assez de nos divergences È [3]. CĠest vrai : jĠai dit plus haut ce que je pense des silences du Militant. Pour ce qui concerne le CCI(T), la constatation est difficilement recevable.

2.      Il nous faut donc Ç Žcrire È, Ç ˆ propos de nos orientations respectives È. Mme remarque, et le 11 novembre on aurait pu le dŽcider et en organiser le cadre. Pourquoi Vincent PrŽsumey retiretil luimme le tapis sous sa proposition ? JĠajoute quĠen fait nul nĠignore rien de notre orientation, Ç continuatrice de lĠancienne OCI È, selon ses propres termes ˆ notre dernier camp dĠŽtŽ. Mais nous sommes prts ˆ lĠexpliciter.

3.      Ç Il ne faut pas mŽlanger ce qui relve de lĠIntergroupe, et ce qui relve de la campagne (sur le droit de grve) sur un appel prŽcis È. En Žcrivant cela Vincent entŽrine la thse du Militant selon laquelle lĠIntergroupe nĠest pour rien dans cette campagne [4] comme si son histoire ne commenait que par le kidnapping de lĠappel et sa dŽnaturation par les Ç syndicalistes È du Militant. Disons quĠil y a lˆ, pour le moins, une certaine distorsion de la vŽritŽ [5].  

Il oublie aussi, ce faisant, que le 1er aožt, en appelant le CCI(T) et La Commune ˆ recoller ˆ lĠopŽration du Militant, il ajoutait : Ç Sinon, ce sera la dŽcomposition de lĠIntergroupe È. Nous lĠavons fait, et il nous dit maintenant que celuici nĠa rien ˆ y voir, ni nous, par consŽquent.

4.      Cela permet cependant ˆ Vincent PrŽsumey de conclure le 5 novembre : Ç En fait lĠIntergroupe est au point mort È et plus loin : Ç AujourdĠhui il ne fonctionne pas vraiment (ce qui est vrai, mais pourquoi ?) et ne pourrait tre un cadre de regroupement susceptible de sĠŽlargir È. Tiens ? Pour quelle raison ? QuĠest-ce qui gne cet Žlargissement ?

Vincent PrŽsumey constate de fait la Ç catalepsie È de lĠIntergroupe, mais il nĠa rien ˆ dire sur les causes et les responsabilitŽs. CĠest lˆdessus, pourtant, en tant que Ç coordinateur È, quĠil serait intŽressant de lire ce quĠil en pense.

JĠai ŽtŽ ŽtonnŽ quĠil sĠaligne en juin sur lĠopŽration du Militant qui se substituait ˆ lĠIntergroupe, en lui grimpant sur les Žpaules. Je ne le suis plus. Car si PrŽsumey pense que celuici nĠa plus ni sens ni avenir (ou sĠil nĠest plus dĠaccord avec ceuxci), il est bien normal quĠaprs en avoir ŽtŽ lĠinitiateur, il le laisse pourrir.

Mais quels Žtaient donc le sens et lĠavenir de lĠIntergroupe ? Car il nĠŽtait pas un club dĠamis sympathiques, mais une initiative politique dont le contenu Žtait autre chose que son propre Ç Žlargissement È Et lĠoffensive quĠil a subie Žtait, elle aussi, foncirement politique, fondŽe non sur des Ç dŽsaccords È discutables et conciliables en son sein, mais sur sa nŽgation, et donc sa liquidation, calculŽe ou non, en fonction dĠorientations diffŽrentes des siennes.

Ç Les siennes È, cĠestˆdire celles de sa dŽclaration de fondation, le 10 septembre 2006.

quelles Žtaient les bases de lĠintergroupe ?

Nous avons publiŽ cellesci dans le nĦ 5 de notre bulletin (Combattre pour en finir avec le capitalisme du 10 octobre 2006). On pourra sĠy reporter. On y trouve, dans le cadre gŽnŽral du combat pour Ç chasser le gouvernement, rompre avec le capitalisme, avec la Vme RŽpublique, abroger les mesures anti-ouvrires È et pour  Ç un gouvernement des seuls partis et organisations du mouvement ouvrier È, les points suivants :

á       Ç Sur tous les sujets importants pour les travailleurs, combattre pour lĠunitŽ et la centralisation de leur combat contre le pouvoir et le gouvernement. Sur (cette) mŽthode, (les groupes signataires) ont un accord fondamental qui doit permettre une action commune. È (¤ 7)

á       Ç Combattre pour chasser (le gouvernement) et (ses) partis et contre toute complaisance envers (lui) et  (sa) politique, telle que la participation syndicale aux discussions sur le Ç dialogue social È et le soutien ˆ (sa) politique È (¤ 8 – mots soulignŽs par moi, JR)

LĠopŽration du Militant sur la dŽfense du droit de grve rompait avec ce dernier point, mais aussi (on le verra) avec le prŽcŽdent sur la centralisation des combats.

Il nĠest donc pas Žtonnant quĠelle ait fait Žmerger des dŽsaccords non seulement sur la Ç nŽgociation – participation È, mais aussi sur syndicalisme et politique, syndicalisme et appareils, grve gŽnŽrale, question du gouvernement, ainsi que sur la situation politique actuelle.

Les choses, cependant, ne se sont pas dŽroulŽes comme un fleuve tranquille. Et tout sĠest passŽ comme si nous Žtions devenus des gneurs.

oui ou non contre la participation ?

Le texte lanant la campagne dŽcidŽe par lĠIntergroupe comportait, outre le titre (Ç Le droit de grve nĠest pas nŽgociable È), les phrases suivantes :

Ç Le principal atout (du gouvernement) pour commencer ˆ avancer sur ses objectifs, cĠest que les directions syndicales y participent en acceptant la Ç concertation È de soi-disant Ç nŽgociations È (É). Par consŽquent pour rŽunir les conditions de la victoire (É), interdire toute remise en cause du droit de grve, implique le refus de participer ˆ toute nŽgociation sur le Ç service minimum È. È

CĠŽtait lĠapplication fidle de la Ç charte È ci-dessus. La question du service minimum constituait la premire attaque directe de Sarkozy, dans une situation o de toute Žvidence la classe ouvrire Žtait prte ˆ combattre. La Ç nŽgociation È quĠil prŽsentait en forme dĠultimatum aux dirigeants syndicaux pouvait catalyser le conflit. Son rejet Žtait ds lors la question centrale. LĠIntergroupe avait une orientation claire ˆ jeter dans la balance. Le texte cidessus correspondait ˆ cette t‰che.

Celui que le Militant lui a substituŽ Žtait non moins clairement sur une autre orientation. La premire phrase citŽe cidessus est supprimŽe, et la fin est modifiŽe ainsi : Ç Nous demandons aux organisations syndicales dĠexiger le retrait du projet (É) et dŽvelopper des initiatives de lutte dans lĠunitŽ syndicale la plus large. È Toute mention du refus des soi-disant nŽgociations est supprimŽe et la demande Ç dĠinitiatives È, faite aux appareils syndicaux dans le langage mme par lequel ils camouflent leur volontŽ de laisser passer, cĠest leur demander quĠils ne changent rien ˆ leur pratique.

Contrairement ˆ lĠacquis du combat contre le CPE, Le Militant mettait lĠIntergroupe ˆ la remorque des appareils.

LĠargumentation de PrŽsumey, justifiant son approbation le 28 juin, rŽvle dĠabord son embarras devant nos critiques : le refus de nŽgocier nĠest certes pas formulŽ, mais il serait implicite. Comme si on pouvait mener un combat sur un mot d'ordre dĠaction Ç implicite È ! Vincent a assez dĠexpŽrience pour en mesurer le fauxsemblant. Il ne sĠagit plus alors dĠaction mais de propagande, voire dĠidŽologie [6].

Dans le mme texte, cependant, il donne une raison plus consistante : Ç les responsables syndicaux du Militant nĠont pas souhaitŽ ratifier une dŽnonciation explicite de leurs directions confŽdŽrales È. Voilˆ qui clarifie. A ceci prs quĠil ne sĠagissait pas de dŽnonciation, mais dĠexhortation ˆ assumer leurs responsabilitŽs de classe face ˆ Sarkozy et ˆ rompre avec lui. Ce que nĠimporte quel travailleur exprime par : Ç mais bon dieu, quĠest-ce quĠils foutent ! È Incapables de cette rŽaction ŽlŽmentaire, les dits responsables syndicaux affirment au contraire leur solidaritŽ avec Ç leurs chefs È (ceux que Rosa Luxembourg nommait dŽjˆ en son temps les Ç fonctionnaires syndicaux È). PrŽsumey a raison dĠajouter que cĠest Ç typique de la situation intermŽdiaire de beaucoup de responsables syndicaux È. Et alors ? Le problme nĠest pas de sĠaligner sur cette solidaritŽ Ç intermŽdiaire È dans lĠappareil mais de la soumettre (au moins) Ç au feu de la critique È en sĠadressant aux travailleurs du rang prts ˆ se battre.

Le clou du raisonnement de PrŽsumey, cĠest quĠen Žtant Ç hermŽtique È ˆ leur problme, nous ferions Ç ˆ la limite, le jeu des bureaucrates È. En somme, lutter pour exiger de ceuxci quĠils refusent dĠtre complices du pouvoir, cĠest faire leur jeuÉ Comprenne qui pourra.

JĠindiquais plus haut que le refus de la nŽgociation - Sarkozy Žtait au centre de la situation engendrŽe par le projet de Ç service minimum È. Mais entre juin et septembre ce refus devenait central pour tous les autres projets du gouvernement, ˆ commencer par les rŽgimes spŽciaux.

un redressement bien gnant

Le 11 septembre, Etienne transmet donc un texte dŽfinissant notre position, incluant la nŽcessitŽ de la rupture sur toutes les attaques de Sarkozy, essentielle pour crŽer les conditions dĠun combat gŽnŽral et centralisŽ contre le gouvernement, et proposant la constitution de collectifs sur cette ligne. Le 13, PrŽsumey semble lĠapprouver.

LĠIntergroupe pouvait en effet sĠappuyer sur la campagne du Ç service minimum non nŽgociable È pour Žtendre son intervention, sur le mme axe, aux rŽgimes spŽciaux, ˆ la fusion ANPE-UNEDIC, ˆ la question du contrat de travail, etcÉ Il pouvait montrer quĠˆ la mme mŽthode gouvernementale devait tre apportŽe la mme rŽponse, celle‑ci permettant dĠunifier le combat de toutes les catŽgories.

Cette question, inŽvitablement, devait venir sur la table ˆ la rŽunion du 16 septembre. RŽunion dite Ç des signataires È des textes sur le service minimum, elle fut en fait une rŽunion de lĠIntergroupe ouverte ˆ ceux‑ci.

La prŽsence de 4 ou 5 dĠentre eux sĠest avŽrŽe dŽterminante puisque la discussion marqua une large approbation de nos positions, ce dont tŽmoigne la dŽclaration qui en est issue (voir le bulletin nĦ 10 du CCI(T) du 2 octobre ) o lĠon peut lire :

á       un recentrage des questions, passant du droit de grve aux rŽgimes spŽciaux, venus au premier plan ;

á       Ç les organisations syndicales ne doivent participer en aucun cas aux multiples nŽgociations et concertations sur la loi anti-grve ÈÉ, cette affirmation dŽbouchant sur :

á       Ç prŽparer un affrontement dĠensemble È.

Le texte nĠŽlargit pas lĠexigence de rupture des nŽgociations ˆ toutes les attaques de Sarkozy, mais la rŽtablit pour la campagne en cours sur le droit de grve. Pour notre part, nous nĠen demandions pas plus ˆ cette date.

En mme temps, la nŽcessitŽ de la centralisation du combat – cĠest‑ˆ‑dire dĠun mme mot d'ordre pour tous – est clairement indiquŽe.

Dans un fonctionnement normal, ce redressement aurait permis ˆ lĠIntergroupe de relancer sa campagne sur les bases dŽfinies plus haut. Mais ni Le Militant, ni PrŽsumey nĠentendaient revenir en arrire et corriger leur texte. Ce dernier communiquait un compte-rendu de la rŽunion o il affirmait : Ç Si tous les prŽsents Žtaient dans lĠensemble dĠaccord avec ce danger (du Ç dialogue social È), la nŽcessitŽ dĠassocier des militants syndicaux, dĠaider ˆ leur expŽrience et de dŽvelopper la discussion libre (É) nous conduit ˆ ne pas introduire ce point (dans la dŽclaration).

Position Žtonnante : quel meilleur moyen pour associer des militants (syndicaux ou non) et de dŽvelopper la discussion que de proposer ˆ leur expŽrience des objectifs de combat clairs ? Et la meilleure preuve cĠest que Ç ce point È non seulement avait ŽtŽ dŽbattu et adoptŽ, mais figurait dans la dŽclaration (voir plus haut) au moment o Vincent PrŽsumey prŽtendait lĠen Žcarter [7].

Quant ˆ Raymond Debord, sa dŽconvenue lui fit Ç pŽter les plombs È en prŽtendant donner des ordres ˆ La Commune, le 20, et sĠŽriger en censeur du CCI(T), le 24 (trop nombreux ˆ son gožt le 16 - o il nĠŽtait pas !) au nom de la dŽfense Ç des signataires ÈÉdont il ne faisait toujours pas partie ! et toujours sans explication ! CĠest de la petite histoire, mais cela mesure ˆ la fois la tension politique et lĠimportance majeure que Ç ses syndicalistes È et lui‑mme accordaient ˆ lĠabandon du combat, y compris sur le droit de grve, pour que les bureaucrates cessent de soutenir le gouvernement par la participation, alors que la question des nŽgociations Žtait en train de devenir, de jour en jour, de la plus bržlante actualitŽ avec la mobilisation sur les rŽgimes spŽciaux et lĠaspiration Žvidente des travailleurs ˆ en dŽcoudre.

On en verra plus loin les rŽsultats, le premier Žtant de rŽduire la dŽclaration du 16/9 ˆ un chiffon de papier.

au nom du Ç syndicalisme È

Le texte du 9 juin, dont Ç la ligne gŽnŽrale Žtait trs bonne È selon Raymond Debord, et la conclusion conforme ˆ ses vÏux, sĠadressait ˆ tous les travailleurs, de toutes catŽgories, et pouvait tre contresignŽ par tous, pour que tous organisent le combat contre Sarkozy.

Mais les Ç syndicalistes È du Militant ne sont pas des travailleurs ordinaires. Ils exigrent, para”t‑il, des modifications Ç leur permettant de le signer È. En rŽalitŽ il ne sĠagit pas de simples syndicalistes, mais de Ç responsables syndicaux È comme lĠa prŽcisŽ Vincent PrŽsumey le 28, des responsables Ç intermŽdiaires È, entre lĠappareil central et les travailleurs du rang.

CĠest donc au nom de leur Ç syndicalisme È que le texte a ŽtŽ dŽtournŽ.

Raymond avait cependant annoncŽ la couleur dans la discussion prŽparatoire : Ç Bien entendu, il faut absolument que notre appel soit un appel de syndicalistes (au moins) et de syndicats (au mieux) et donc rŽdigŽ dans des termes qui le permette È. (mots soulignŽs par moi, JR)

JĠavoue ne pas y avoir pris garde ˆ cette date : un texte appelant ˆ combattre la complicitŽ des dirigeants syndicaux avec le pouvoir devait Žvidemment concerner au premier chef les syndiquŽs et le signer Žtait ˆ mon sens, lĠun des premiers devoirs de tout militant syndical qui se respecte. Mais ce quĠŽcrivait Raymond Debord avait un autre sens. Il appelle aujourdĠhui quelques remarques :

1.       LĠIntergroupe Žtait un regroupement politique, fondŽ sur un accord politique. Si des syndicalistes voulaient lancer un appel Ç es qualitŽ È, par exemple ceux du Militant, rien ne les en empchait. Si le Militant, en tant que groupe politique, voulait en prendre lĠinitiative, rien ne lĠen empchait. Mais Raymond Debord exigeait de Ç notre appel È quĠil se restreigne ˆ cette catŽgorie. CĠŽtait aligner lĠorientation politique sur du syndicalisme, et faire du texte un machin para-syndical.

Mais pour quel syndicalisme, de surcro”t ?

2.      Envisager la signature par Ç des syndicats È, cĠest‑ˆ‑dire par des dirigeants, aurait dž nous alerter. Aucun de ceux‑ci ne pouvait accepter de faire campagne sur un tel texte, les appelant ˆ boycotter le Ç dialogue social È quĠils revendiquent ˆ toute occasion. Cette optique ne pouvait quĠamener une Ždulcoration de lĠorientation anti-participationniste du texte, et non pas seulement de ses termes [8]. Par contre des responsables locaux ou sectoriels, coincŽs entre la dŽfense de leurs mandants et la trahison des dirigeants pouvaient tre gagnŽs au combat contre ceux‑ci, sur un mot d'ordre clair.

Mais cĠest prŽcisŽment ce quĠil sĠagissait dĠŽviter, et il faut croire quĠun certain nombre de Ç syndicalistes È devait estimer notre campagne assez dangereuse pour lui mettre immŽdiatement le holˆ.

PrŽsumey devait en donner la clef le 1er aožt, en Žcrivant quĠil Žtait juste Ç dĠattŽnuer È le texte (sic – ˆ ce compte, la trahison rŽformiste est une Ç attŽnuation È de la rŽvolution), et quĠil est signable par Ç ceux qui ne veulent pas avoir lĠair (sic !) de sĠopposer frontalement ˆ leurs dirigeants, ou qui sont eux‑mmes ambigus sur la participation È.

Comment peut-on combattre Ç sans en avoir lĠair È, sĠopposer Ç sans en avoir lĠair È ? CĠest un aveu : le texte remaniŽ a seulement lĠair de combattre contre les Ç nŽgociations È. Il est lui‑mme Ç ambigu sur la participation È. Tellement ambigu quĠil ne sĠy oppose pas, et convient fort bien ˆ ceux Ç qui ne veulent pas avoir lĠair È de le faire. Et quels combattants peut-on regrouper sur la base de telles signatures de suivistes sans courage ou craignant pour leur situation dans le syndicat ?

Au lieu de leur offrir une perspective qui leur permette de sortir de cette situation, les modifications du texte alignaient celui‑ci sur leur suivisme, lui‑mme alignŽ sur les bureaucrates participationnistes.

CĠest au nom de ce syndicalisme-lˆ que Debord, le 8 septembre, prŽtendait que le CCI(T) devait supprimer la rŽfŽrence ˆ lĠIntergroupe en publiant Ç son È appel (avec notre additif), ce qui allait Ç ˆ lĠencontre de lĠaspect large que nous avons donnŽ ˆ cet appel en tant quĠappel de syndicalistes et pas en tant que groupes politiques È.

Pour lui aussi, donc, il faut Ç ne pas avoir lĠair È. Ne pas avoir lĠair de faire de la politique : on fait Ç seulement È du syndicalisme, voyez‑vous. En rŽalitŽ on fait, mais sans le dire, la politique du Militant.

mais quel Ç syndicalisme È ?

Dans la prŽparation du texte initial, Debord remarquait : Ç Il y a de toute Žvidence des divergences trs significatives sur la tactique syndicale, entre Militant et CCI(T) È. CĠŽtait vrai depuis longtemps. A telle enseigne quĠˆ la CA nationale du SNASUB, Etienne c™toyait Franois Ferrette, membre du Militant, qui nĠa jamais votŽ aucune de ses propositions, mme quand elles correspondaient aux positions de lĠIntergroupe. Membre dĠUnitŽ et Action, il a toujours suivi les positions de lĠappareil.

Inconnu de lĠIntergroupe, cĠest lui qui a ŽtŽ chargŽ du Ç bulletin des signataires È ˆ partir de la mi-juillet. Mais surtout cĠest lui qui a dŽfini, trs clairement, la Ç tactique syndicale È du Militant dans un compte-rendu du dernier congrs de la FSU, sous le titre : Ç Redonner du souffle au syndicalisme È.

On y trouve dĠabord une apologie Ç critique È du rŽformisme, Ç tout ˆ fait capable de prendre un aspect trs combatif tel quĠon peut le voir en GuinŽe (o) lĠIntersyndicale a poussŽ ˆ la grve gŽnŽrale (et) demandŽ le dŽpart du PrŽsident de la RŽpublique È. Ce qui est notoirement faux : ce sont les masses guinŽennes qui ont obligŽ les dirigeants ˆ dŽclencher la grve gŽnŽrale, et ceux‑ci se sont arrtŽs prŽcisŽment au moment o le renversement du potentat Žtait ˆ portŽe de main. Mais passons. Il ajoute : Ç Comment peser sur le mouvement syndical en Žtant loin du rŽformisme ? (É) en ne disputant pas le leadership aux dirigeants rŽformistes qui influencent des millions de syndiquŽs ? È

Notons dŽjˆ que cette conception ne sĠintŽresse aucunement au mouvement de ces millions, quĠil sĠagit Ç dĠinfluencer È en prenant la place des leaders actuels. Ç Sur des bases de classe È Žvidemment. On est rŽvolutionnaire, quand mme ! Donc il faut rŽvolutionner ÉlĠappareil.

Il pose ensuite la question : Ç Comment faire Žvoluer positivement la FSU ? È Sa rŽponse prend ˆ parti les tendances Ç minoritaires È dont Ç la mŽthode (É) consiste ˆ chercher la distinction permanente (É) malgrŽ la pertinence de certaines analyses È. Il leur reproche leur Ç approche idŽologisŽe È, et leur incapacitŽ ˆ comprendre le niveau de conscience des masses.

Il faut donc Ç investir UnitŽ et Action È. Pourquoi U et A plut™t que lĠUNSA, par exemple ? On ne sait pas. Toujours est‑il que ce sont Ç les militants UnitŽ et Action È qui ont empchŽ certaines dŽrives. Il faut donc Ç revivifier È cette tendance qui a le mŽrite de ne pas tre minoritaire Ç sur des questions idŽologiques (pour) impulser du tonus aux dŽbats È.

Pas un mot de critique sur le contenu de sa politique. Mais il sĠinterroge : Ç Sur quels obstacles ont butŽ les syndicalistes depuis des dŽcennies ? NĠy a‑t‑il pas un univers mental, revendicatif, dĠanalyse, qui empche dĠavoir un horizon prometteur ? Il y a des tabous ˆ affronter, des perceptions ˆ changer ÈÉ JĠarrte. Cette bouillie pour les chats est typique des bureaucrates de la FSU. De mme lorsquĠil entend dŽfendre le statut de la Fonction publique, tout en Ç questionnant ses limites È, etc, etcÉ

La porte sĠouvre ici, largement aux Ç rŽflexions È du Ç dialogue social È.

CĠest ce syndicalisme‑lˆ qui se refuse ˆ exiger des bureaucrates syndicaux quĠils cessent dĠavaliser les mesures anti-ouvrires, qui refuse dĠavoir mme Ç lĠair È de sĠopposer aux dirigeants. Ferrette, ˆ la FSU, est dans la majoritŽ. Etienne est avec lui ˆ la CA nationale du SNASUB au nom de la Tendance Front Unique. Mais il y a une diffŽrence. Etienne est minoritaire mais Žlu dŽmocratiquement par les syndiquŽs sur ses positions. Ferrette lĠest comme membre de la liste Žtablie par lĠappareil. Il a donc votŽ contre la proposition Ç Quittez les nŽgociations sur le droit de grve ÈÉ

Sa politique de redressement des appareils par infiltration se traduit, concrtement, par : les mains libres aux bureaucrates.

Le dŽfaitismeÉ

Pourquoi la crise de lĠIntergroupe a‑t‑elle ŽclatŽ prŽcisŽment ˆ lĠheure o il Žtait en passe de jouer un r™le de catalyseur relativement important dans les affrontements de classe quĠon pouvait pressentir ds juin, aprs les lŽgislatives ? Etait‑elle inscrite dans ses Ç gnes È, cĠest‑ˆ‑dire dans sa composition et les circonstances de sa crŽation ?

Celle‑ci avait eu lieu dans la foulŽe du combat victorieux contre le CPE et du Non au rŽfŽrendum, cĠest‑ˆ‑dire dans une phase ascendante du mouvement de classe. La dŽclaration inaugurale sĠy rŽfŽrait, ainsi quĠˆ la perspective de chasser le gouvernement UMP-UDF et posait tout naturellement celle dĠun gouvernement des travailleurs.

En juin 2006, aprs la victoire de Sarkozy, la situation est objectivement diffŽrente. Avec lĠoffensive sŽgolŽniste disloquant le PS, lĠeffondrement Žlectoral du PCF et les palinodies de la Ç gauche de la gauche È, elle lĠest plus encore subjectivement pour tous ceux qui mettent au premier plan de leur horizon politique les organisations existantes et non les capacitŽs profondes de la classe ouvrire et de son mouvement. A plus forte raison lorsquĠils pensent, comme Ferrette, que la rŽvolution viendra des appareils.

Pour ces camarades, les ŽchŽances sont reportŽes, les espoirs reculent, la conscience de classe est en baisse, et pour certains quasi-inexistante [9]. Ils ont, pourrait‑on dire, Ç le vent en proue È. Il est donc normal de constater que lĠabandon du combat dŽfini par la dŽclaration du 10 octobre 2006 sĠaccompagne, comme cause ou consŽquence, et de faon de plus en plus avouŽe et grandissante, dĠanalyses et de positions dŽfaitistes.

Le 15 septembre, Vincent PrŽsumey Žcrit, en rŽponse aux propositions dĠEtienne pour la rŽunion du lendemain : Ç Nous nĠappelons pas ˆ Ç lĠaction È, ni ˆ la grve, ni ˆ la grve gŽnŽrale, ni ˆ la prŽparation de la grve gŽnŽrale, nous armons politiquement les travailleurs et militants pour ces batailles ˆ venir È.

En rŽponse immŽdiate ˆ Sarkozy, lĠIntergroupe devientÉ une officine dĠŽducation pour demainÉ

Le 15 octobre, il Žcrit dans un texte de fond : Ç nous ne saurions nier quĠil y a eu une dŽfaite politique È et Ç le processus de montŽe des masses est lent È. Ce qui importe, cĠest donc Ç lĠalimentation politique (É)  expliquer, donner tous les ŽlŽments ˆ chaque Žtape È et non Ç la gŽnŽralisation : ˆ bas toutes les rŽformes ! grve gŽnŽrale ! È Alimentation Ç que lĠappel sur le droit de grve permet È.

Celui‑ci nĠest donc pas destinŽ ˆ ouvrir une perspective de combat pour Ç bloquer la loi È, selon une expression de Raymond Debord, mais un instrument pŽdagogique.

Le 17 octobre, celui‑ci enverra par mail Ç pour nuancer un peu les choses È une dŽpche de lĠAFP dŽmontrant par les sondages que la Ç population È est hostile ˆ la grve du 18. Cet Ç encouragement È, vŽhiculant lĠintox anti‑grve (voir le nĦ 11 de CPFC) aura ŽtŽ depuis juin sa seule contribution ˆ Ç lĠarmement È sur la situation politique.

Aussi bien, quĠexplique PrŽsumey ?

á       la classe ouvrire est sous le coup dĠune dŽfaite. Donc il faut attendre sa remontŽe pour formuler des mots d'ordre dĠaction. On croirait lire du Lestang. En fait, il est intimement persuadŽ que la politique que Sarkozy prŽpare va immanquablement passer et que les travailleurs sont impuissants face ˆ la trahison des Ç fonctionnaires syndicaux È ;

á       il faut donc expliquer, nourrir politiquement, Ç ˆ chaque Žtape È. Mais expliquer quoi ? chaque attaque de Sarkozy une par une ? ou lĠensemble et la volontŽ politique qui les lie ? Et ds lors, quelles ripostes possibles, une aprs lĠautre ? ou la nŽcessitŽ dĠune riposte gŽnŽrale ? Il rŽpond : Ç Non, pas de Ç gŽnŽralisation È. LĠappel sur le droit de grve suffit È.

Ainsi celui‑ci qui, en septembre, devait Ç aider les militants syndicaux ˆ prendre conscience È est dressŽ, en octobre, contre ce qui se prŽpare sou nos yeux : la poussŽe des travailleurs SNCF, RATP, Fonction publique et bien au‑delˆ vers un combat commun, donc centralisŽ, et dans lequel le refus des Ç nŽgociations È Sarkozy est de plus en plus clairement le premier mot d'ordre unificateur.

É et la question de la grve gŽnŽrale

Dans cette situation, le CCI(T) en avait avancŽ un second, celui, pour abattre Sarkozy [10], de la nŽcessitŽ dĠune grve gŽnŽrale. On pouvait discuter du caractre immŽdiat ou non de ce mot d'ordre, de sa formulation, etc, mais il nous semblait sourdre de la situation de faon urgente, et de toutes faons nŽcessaire pour Ç expliquer, alimenter È et Ç prŽparer les combats ˆ venir È. La discussion a eu lieu. Elle sĠest traduite, le 16 septembre, dans la dŽclaration par : Ç prŽparer un affrontement dĠensemble È.

Cependant, cet accord a minima Žtait refusŽ dans les faits.

Dans un texte du 5 novembre, Vincent PrŽsumey Žcrit ceci : Ç la Ç grve gŽnŽrale È (ne peut) tre mise immŽdiatement ˆ lĠordre-du-jour, car le problme quĠelle soulve est celui dĠune alternative politique ˆ Sarkozy È. Par ailleurs, Ç le rapport de force reste marquŽ, forcŽment, par lĠŽlection prŽsidentielle È et Ç la loi anti-grve nĠest pas une attaque de plus, mais est une pice absolument centrale È. Dans ce cadre,  Ç lĠexplication massive de la stratŽgie de Sarkozy permet de poser les questions et dĠengager les discussions, y compris sur la grve gŽnŽrale È. Donc Ç cette campagne doit tre poursuivie sur le seul point (soulignŽ par moi – JR) de lĠabrogation de la loi anti-grve È.

Sur le premier point, PrŽsumey avait dŽjˆ Žcrit le 15/10 que Ç la grve gŽnŽrale en soi (?), ni sa prŽparation ne fondent une politique È et quĠil faut donc Ç ouvrir la discussion sur quel gouvernement ? È

CĠest une manire comme une autre de Ç botter en touche È. Je ne vais pas faire lĠinjure ˆ Vincent dĠignorer que lorsque les masses entrent en grve gŽnŽrale, ce nĠest jamais dans le but dĠinstaurer pour lĠavenir tel ou tel gouvernement, pas plus quĠelles ne se lancent dans la rŽvolution en fonction dĠun Ç projet È de sociŽtŽ future, mais pour rŽpondre ˆ leurs problmes prŽsents, ici et maintenant. Outre ce quĠen a dit Trotsky, et pour ne parler que de la France, lĠhistorien doit savoir que ni en 1936, ni en 53, 68 ou 95, les grŽvistes nĠont attendu de savoir Ç quel gouvernement È leur convenait.

En fait la conclusion est que, pour lui, Ç lĠalimentation politique È ne doit pas porter sur la rŽponse des masses. Il faut Ç dŽfaire Sarkozy È, mais sans dire comment [11] et pas avant dĠavoir en poche une autre solution gouvernementale !

Quant ˆ sa conclusion, que dire ? Les faits ont tranchŽ. Au moment o PrŽsumey, Debord et Ferrette persistaient ˆ faire de la loi anti‑grve la Ç seule È question centrale de la situation, son vŽritable centre Žtait en train de se dŽvelopper. CĠŽtait la mobilisation des grŽvistes qui tenait tte ˆ Thibault, Mailly et ChŽrque acharnŽs ˆ maintenir les Ç nŽgociations È (toutes les nŽgociations) qui ouvraient la voie ˆ Sarkozy.

Et la campagne lancŽe par Le Militant sur le Ç seul È droit de grve, qui sĠinterdisait dĠouvrir une perspective, vidŽe de son objet et marginalisŽe, se perdait dans les sables ds la mi-octobre.

pour quels rŽsultats ?

Il faut voir en effet au bout du compte, quels ont ŽtŽ les rŽsultats.

Je ne parle pas du nombre de signatures. Sauf pour recenser le maximum de sympathisants, tant quĠon nĠen a pas quelques centaines de milliers, cĠest secondaire. Il est dĠailleurs tout ˆ fait honorable.

Une remarque cependant : le texte Ç amendŽ È en juin a recueilli 127 signatures en 3 mois (bulletin nĦ 6 de septembre). Avec le redressement apportŽ par notre additif, nous en avons fait 64 en moins de trois semaines. CĠest dire que Ç le langage utilisŽ, comprŽhensible par une minuscule minoritŽ È, comme le regrettait Raymond Debord le 9 juin, nĠa nullement rebutŽ les travailleurs sollicitŽs [12].

Ce que jĠentends par rŽsultats, ce sont les rŽsultats politiques, cĠest‑ˆ‑dire dĠune part les regroupements vivants, dĠautre part la mise en pratique de la ligne adoptŽe.

Pour le premier point, les deux seuls secteurs o il y a eu de vŽritables ŽlŽments dĠorganisation sont le Rh™ne et lĠAllier. Dans le Rh™ne sur la ligne des collectifs, adoptŽe ˆ la rŽunion du 16 septembre, dans lĠAllier par des assemblŽes plus larges rŽunissant y compris des personnalitŽs locales, syndicales et politiques. Je nĠai par contre notŽ aucun compte-rendu (par exemple dans le bulletin des signataires, qui Žtait une excellente idŽe) dĠinitiatives analogues dans dĠautres dŽpartements, en particulier dans la RŽgion parisienne, o Le Militant est le plus implantŽ. Ni au niveau syndical, o il est clair que 95 % des Ç responsables syndicaux È ont jugŽ suffisant de donner leur nom, ni au niveau politique.

Pour ce qui concerne le second point, il faut dĠabord noter que les analyses de la situation, dans le Bulletin des signataires puis dans Le Militant – Lettre de Liaison aprs sa disparition recoupaient souvent les n™tres sur le fond.

Par exemple dans les Bulletins nĦ 5 et 6 o Vincent dŽnonait nettement les Ç nŽgociations È, ou dans son compte-rendu de lĠassemblŽe de Moulins et de la discussion qui suit. Egalement dans Le Militant – Lettre de Liaison nĦ 2, qui met en avant la nŽcessitŽ du Ç Tous ensemble È et dŽnonce la politique des directions qui obtemprent ˆ Sarkozy pour des nŽgociations dŽcentralisŽes, au lieu dĠexiger un retrait total, et dans le nĦ 4, ˆ la fois sur le contenu politique des ces Ç nŽgociations È, sur le saucissonnage voulu par les directions  contre un affrontement dĠensemble, et sur le fait que Sarkozy Ç nĠest pas fort de ses propres forces È.

Ces jugements judicieux [13] ne sont pas sans oscillations ni timiditŽs, et sĠarrtent toujours avant de conclure. Le Ç tous ensemble È, par exemple, reste un slogan de principe algŽbrique : qui doit y appeler ? Qui lĠorganiser ? Comment ? Mystre. De mme pour les forces de Sarkozy : sĠil nĠen a pas, dĠo tire‑t‑il son assurance ? Par culture de Ç lĠimplicitŽ È, sans doute, on ne va pas jusquĠˆ rŽpondre : de la complicitŽ indŽfectible des dirigeants syndicaux. De mme encore lorsque Le Militant – Lettre de Liaison nĦ 2 sĠinterroge sur un possible Ç Tous ensemble È, cĠest‑ˆ‑dire Ç une grve gŽnŽrale ce jour‑lˆ È (cĠest‑ˆ‑dire pendant 24 heures), il sĠoppose en mme temps ˆ son prolongement (quelques lignes plus haut), dont le contenu politique, cĠest‑ˆ‑dire dŽfaire le gouvernement, jetterait les travailleurs, para”t‑il, dans Ç un ocŽan de perplexitŽ È. Je passe sur les rodomontades du type Ç No pasaran È ou Ç Pas touche È, sans dire comment empcher de passer ou de toucher.

CĠest lˆ le trait commun de tous ces textes : ils se limitent ˆ des constats, des dŽnonciations, et des discussions. Celle de lĠassemblŽe de Moulins est intŽressante, mais les participants se sŽparent sans autre boussole que de se revoir pour continuer ˆ discuter. A la rŽunion du 21 octobre, une camarade FO de lĠAllier nous a expliquŽ que le texte amendŽ Ç avait permis de discuter de tout È. Les travailleurs qui avaient commencŽ ˆ se mobiliser depuis un mois et allaient affronter la trahison Ç nŽgociatrice È de Thibault, Mailly, ChŽrque et AschiŽri pouvaient tre contents de savoir que dans lĠAllier Ç on discutait de tout È ! Et ceux qui sĠacharnaient ˆ dŽfendre par la grve les rŽgimes spŽciaux auraient jubilŽ dĠapprendre dans chaque numŽro de Le Militant – Lettre de Liaison jusquĠˆ fin novembre que cĠŽtait la loi sur le service minimum qui Žtait Ç plus que jamais au centre È, et pas la politique de leurs dirigeantsÉ

Difficile, cependant, de se maintenir sur une ligne simplement propagandiste sur ce seul thme lorsque se dŽroule le conflit de classe quĠon vient de conna”tre. Mais quelle action proposer ? lorsquĠon refuse de sĠattaquer aux dirigeants sur lĠaxe : ne participez pas ! Refusez les pseudo-nŽgociations !

Ferrette oriente la rŽponse ˆ cette question en prŽsentant ds le 21 septembre, comme constituant un point dĠappui, les propositions de la direction du SNASUB : Ç campagne dĠinformation È, Ç prŽparation ˆ lĠaction nŽcessaire È, Ç  se rŽunir et en dŽbattre È, Ç des initiatives dĠaction nationale, de grve et de manifestations unitaires ÈÉ En bref, le chewing‑gum habituel des appareils lorsquĠils ne veulent rien faire, tout ˆ fait en accord avec les Ç initiatives È pr™nŽes par les Ç syndicalistes È du Militant le 22 juin.

La journŽe dĠaction du 18 octobre va donner lĠoccasion de prŽciser. Un projet de tract pour lĠintersyndicale de lĠAllier, le 10 octobre soutient la grve et appelle ˆ lĠaction pour lĠabrogation de la loi anti-grve, la dŽfense des retraites, les 37,5 annuitŽs pour tousÉ Mais rien sur les moyens dĠy arriver. Delbecke, lui, fait adopter par son syndicat CGT : Ç 18 octobre, tous dans la grve, tous dans les manifestations È. Le 14, Vincent, secrŽtaire FSU de lĠAllier, fait adopter un tract, trs clair sur les attaques de Sarkozy, mais qui en reste ˆ Ç tous en grve le 18 È.

Entendons‑nous. Tout laissait penser que la classe ouvrire pouvait encore une fois se saisir de cette date pour se manifester. Mais celle‑ci sĠinscrivait nŽanmoins dans la tactique des appareils comme une habituelle journŽe dĠaction, incapable dĠapporter une rŽponse ˆ lĠampleur des attaques. Se borner, au nom de Ç lĠaction È ˆ pousser ˆ sa rŽussite sans rien dire sur son caractre limitŽ et sans ouvrir aux travailleurs une perspective dĠaffrontement [14], cĠŽtait non seulement insuffisant mais entrer dans le dispositif des appareils.

CĠest aussi ce quĠillustre, par exemple, dans le Bulletin des signataires nĦ 4 la valorisation de leur manifestation-alibi devant le Palais Bourbon, ou dans le mme numŽro la publication dĠun appel du SNESup qui se termine par une demande de nŽgociations Ç pour une rŽforme concertŽe È de lĠUniversitŽ !É au moment o les Žtudiants exigeaient le retrait de la loi PŽcresse dans les facsÉ bloquŽes !

En novembre, cette orientation Žtait compltement dŽmunie face ˆ des dŽveloppements o lĠactualitŽ relŽguait ˆ la marge la question quĠelle sĠobstinait ˆ rver comme centrale, et pour laquelle les signatures sĠŽteignirent de leur belle mort ds la mi-octobre.

Pour lĠŽviter, rŽpŽtons‑le, il aurait fallu que lĠexcellente initiative de lĠIntergroupe soit maintenue et Žlargie en octobre-novembre, en rŽponse au dŽnominateur commun de toutes les attaques du gouvernement, constituŽ par lĠultimatum de Sarkozy aux dirigeants syndicaux dĠavoir ˆ les Ç nŽgocier È.

Il aurait fallu que soit menŽe, sous son impulsion, une agitation par motions, tracts, adresses aux dirigeants, dŽlŽgations, manifestes, constitution de ComitŽs contre les Ç nŽgociations È, etcÉ pour que la voix et lĠopposition des travailleurs obligent les dirigeants ˆ sĠy refuser, ouvrant la voie ˆ un combat gŽnŽral sur leur terrain de classe, dont la logique ultime Žtait (et il fallait le dire !) se dŽbarrasser de Sarkozy et de ses sŽides.

Le 28 juin, PrŽsumey Žcrivait lucidement, en dŽfense de son ralliement au texte modifiŽ par Le Militant : Ç Soit lĠon pense quĠil va servir de couverture ˆ des bureaucrates syndicaux pour dire Ç Vous voyez, on lutte È et en fait, participer au Ç dialogue social È, soit È on mise sur ses avancŽes, etcÉ

Les faits ont tranchŽ : oui, je le dis sans ambages, ce texte a servi de base, et dŽlibŽrŽment pour certains, ˆ une politique de couverture des bureaucrates syndicaux.

Dans des circonstances o, prŽcisŽment, de larges fractions de la classe ouvrire ont cherchŽ comment secouer la tutelle des dirigeants complices du pouvoir, cĠŽtait extrmement grave. Et pas seulement pour apprŽcier la ligne politique de ses auteurs, mais par ses consŽquences pratiques : cette couverture a contribuŽ, ˆ sa manire et ˆ son Žchelle ˆ lĠisolement des grŽvistes des transports, dont le mouvement Žtait le porteur dŽcisif de lĠaffrontement de classe [15].

faillite de lĠexpŽrience ?

Une dernire question mŽrite dĠtre clarifiŽe. Comment se fait‑il que de telles divergences, sur les appareils, le gouvernement, la grve gŽnŽrale, etcÉ aient ŽtŽ souterraines, quĠelles ne soient pas apparues dans lĠIntergroupe entre octobre 2006 et les prŽsidentielles ?

Il y a, ˆ mon sens, trois raisons.

1.       DĠune part, lors du combat contre le CPE, la question de la nŽgociation ne se posait pas en son seinÉ parce quĠelle avait ŽtŽ rŽglŽe par la mobilisation des Žtudiants qui sĠy refusaient et par le mŽpris manifestŽ par De Villepin ˆ lĠŽgard des appareils CGT, FO, etcÉ dont il avait cru pouvoir se passer. Comme ceux‑ci avaient rŽalisŽ le Front unique pour refuser de siŽger et exiger le retrait sans condition du CPE, les meilleurs suivistes des dirigeants se trouvaient dĠaccord avec les anti-paricipationnistes

2.      DĠautre part, lĠaccord Žtait Žgalement possible sur la question du gouvernement Chirac, dont lĠexistence Žtait mise en cause par la grve des Žtudiants, et plus directement encore par la victoire du Non au rŽfŽrendum. Il sĠest traduit par la perspective de Ç le chasser È, qui semblait Žvidente ˆ tous.

3.      Sur la question du gouvernement ˆ promouvoir contre celui de la bourgeoisie, dans une perspective rŽvolutionnaire (et tout le monde sĠen rŽclamait), lĠentente semblait Žtablie, avec des variantes selon les rŽfŽrences historiques de chacun. En fait, je pense quĠelle a ŽtŽ obscurcie par les circonstances Žlectorales.

Il Žtait possible, en effet, de faire campagne c™te ˆ c™te ˆ cette occasion, les uns sur un terrain Žlectoraliste, pour une victoire de Ç la gauche È et donc pour un gouvernement du mme nom, sous lĠŽgide du PS, aux ailes Ç gauches È duquel ils Žtaient liŽs de faons diverses, et le CCI(T) en appliquant la tactique historique du Front Unique, cĠest‑ˆ‑dire vote pour les candidats appartenant au mouvement ouvrier et donc pour le PS au second tour des prŽsidentielles et au second tour des lŽgislatives dans la plupart des cas. Les deux lignes convergeaient.

Les prŽsupposŽs politiques pouvaient donc en tre diffŽrents : nous appelions, nous, ˆ un vote ouvrier contre les partis du capital, et non pour un soutien quelconque au PS ou ˆ sa Ç gauche È, ou ˆ un futur gouvernement dirigŽ par lui. Sur le plan gouvernemental, un vote massif contre Sarkozy nĠŽtait ˆ nos yeux, sur le terrain limitŽ des Žlections, quĠun pas en avant favorisant le rassemblement de classe sur celui du combat pour un Ç gouvernement ouvrier È, objectif ultime du Front unique. Rien de plus, et sans semer dĠillusion sur Ç la gauche È et sa victoire.

Cette diffŽrence Žtait largement occultŽe par la lutte immŽdiate. Une victoire se serait sans doute chargŽe de la rŽvŽler. Elle nĠeut pas lieu, et cĠest, comme on lĠa vue, lĠoffensive de Sarkozy qui a mis au jour les divergences.

Divergences sur la politique ˆ mener face aux appareils, plus gŽnŽralement face aux rŽformistes Ç lieutenants de la bourgeoisie dans les rangs ouvriers È. Divergence, qui en dŽcoule sans doute, sur la question du gouvernement ouvrier et de son programme.

Je dis Ç sans doute È car elle nĠa pas ŽtŽ vraiment clarifiŽe, et en un sens, il nĠest pas si Žtonnant de voir aujourdĠhui PrŽsumey en faire un prŽalable ˆ la perspective de grve gŽnŽrale (quĠil ne refusait pas, me semble‑t‑il, contre le gouvernement Chirac). sauf quĠil lĠa dressŽe de faon purement idŽologique, en plein combat, comme un obstacle ˆ la mobilisation.

* * *

Il nĠy a pas ˆ sĠoffusquer que tout nĠait pas ŽtŽ clair ˆ lĠorigine de lĠIntergroupe. Il nĠy eut alors, de la part de personne ˆ ma connaissance, ni manÏuvre ni dissimulation. CĠest simplement le risque couru par toutes les alliances et tous les compromis que lĠhistoire noue et dŽnoue, avec succs ou non.

LĠIntergroupe a‑t‑il vŽcu ? A chacun de dire sĠil peut tre rappelŽ ˆ la vie (sur des rapports corrects et des bases claires), mais accepter passivement sa liquidation comme tentative de regroupement dĠune avant-garde, vers un parti rŽvolutionnaire, au moment o les derniers ŽvŽnements montrent que cette question est de plus en plus sensible parmi les travailleurs et les jeunes [16], pose un problme de responsabilitŽ politique. En tout Žtat de cause, je reste, pour ma part, fermement partisan de la dŽmarche qui lui a donnŽ naissance et que je rappelais en commenant.

PrŽsumey, dans sa lettre de mise en sommeil, le 5 novembre, en appelait ˆ une discussion de fond. JĠai estimŽ quĠune clarification de fond Žtait en effet nŽcessaire, une fois la situation dŽcantŽe, et ˆ lĠŽpreuve des rŽsultats. Aussi bien pour ceux qui ont adhŽrŽ ˆ cette expŽrience que pour ceux qui lĠont suivie des yeux.

CĠest le seul objet de cet examen.

 

Jean RIBES – CCI(T), 15 – 26 janvier 2008.



[1] Vincent y avait rŽpondu en sortant fort justement du schŽmatisme Ç ou‑ou È, je lĠavais approuvŽ et je nĠy reviens pas.

[2] Par exemple, ˆ propos de ma controverse sur la politique du PT avec le Ç shivardiste marrane È, membre de son organisation, Raymond Ç nĠa ŽtŽ convaincu ni par le fond ni par la forme È de ma rŽponse. On nĠen saura pas plus, sauf Ç la nŽcessitŽ dĠun dŽbat potentiel sur la Nation È. Ailleurs, Ç il faudrait discuter de la question des Verts È, ou encore Ç de lĠattitude dans les syndicats È, mais sans jamais expliciter ni amorcer ces dŽbats en dŽveloppant SES positions. De mme sur la question de la nŽgociation (voir plus loin), justifie‑t‑il son revirement par lĠopposition de ses Ç syndicalistes È, sans dire alors ce quĠil en pense. Et je dŽcouvrirai plus tard que son nom ne figure pas parmi les signataires, ni de leur texte, ni du n™tre, sans explications. Ce qui ne lĠempche pas le 24 septembre de nous prendre ˆ parti au nom de leur dŽfense (?) ˆ propos dĠune rŽunion o nous Žtions, para”t‑il, trop nombreux. A dŽfaut de transparence, Debord ne manque pas dĠair.

[3] Il Žvoque alors des accusations rŽciproques Ç dĠopportunisme È et Ç de sectarisme È sans dire qui accuserait qui, o et quand. CĠest simplement diffuser de la suspicion, gratuitement. DŽcevant.

[4] alors quĠil Žcrivait lui‑mme le 1er aožt : Ç Cette initiative nĠaurait pas vu le jour sans lĠIntergroupe È.

[5] A la mi-juillet para”t en effet un bulletin Ç des signataires È, sous la houlette de Franois Ferrette, militant du groupe de Raymond Debord, de niveau national, mais totalement inconnu ˆ lĠIntergroupe. Il publie une liste Ç dĠalliŽs È, o lĠon trouve, ˆ c™tŽ du Militant, toutes sortes de gens dont RŽsistance Sociale, En avant le PCF, Forum SocialisteÉ mais ni La Commune, ni le CCI(T). Et le nĦ 3, fin juillet, en donne implicitement la raison en rŽpondant ˆ la question dĠun lecteur Ç Qui tes‑vous ? È : Ç La pŽtition a ŽtŽ initiŽe par des syndicalistes CGT et FSU (dont certains membres du PS et du PCF È. CĠest faux par omission, mais lourd de sens par ses rŽfŽrents politiques : non plus lĠIntergroupe mais les appareils. La rŽponse correcte aurait ŽtŽ : lancŽ par lĠIntergroupe et modifiŽ par Le Militant.

[6] Il devait reprendre personnellement ˆ son compte lĠorientation du Militant dans son Ždito de la Lettre de Liaisons de mi-juillet (Bulletin nĦ 1 des signataires, p. 5) o Ç lĠimplicite È est dŽsormais totalement absent.

[7] Plus tard, le 21 octobre, ˆ la seconde (et dernire) rŽunion Ç des signataires È (totalement absents), Vincent rŽcusa ce Ç redressement È en arguant que les problmes Žtaient simplement mis en discussion, et quĠil ne fallait pas confondre signataires et Intergroupe.

[8] CĠest devenu une loi gŽnŽrale que, lorsquĠon veut refuser une orientation sans lĠavouer, on sĠen prenne ˆ ses termes, ˆ son langage, ˆ sa forme, etcÉ pour dire la mme chose Ç autrement È, voire Ç implicitement ÈÉ

[9] Dans son compte‑rendu du congrs de la FSU, Ferrette note ˆ lĠappui de sa thse sur le rŽformisme inŽvitable, Ç le reflux de la conscience politique È avec la fin du Ç bloc socialiste È (sic) et ajoute : Ç il faudra que les masses subissent de nouvelles expŽriences pour en comprendre les limites È.

[10] Et non pas seulement Ç le dŽfaire È, ˆ quoi Vincent PrŽsumey rŽduit lĠengagement de la charte du 10/10/06, qui parlait clairement de Ç le chasser È.

[11] Voir plus haut : Ç Nous nĠappelons pas ˆ lĠaction. È

[12] CĠest lĠhabitude des aristocrates ouvriers et des bureaucrates que de dire des pŽkins de base quĠils ne peuvent pas comprendre. Laissons‑leur cet apanage !

[13] Trs diffŽrents de ceux de Ferrette, notons‑le au passage. En particulier dans un mail trs intŽressant de PrŽsumey, le 7 octobre, sur les dessous des Ç nŽgociations È de la loi anti-grve.

[14] Mais laquelle si on refusait la n™tre ?

[15] dont PrŽsumey ne semble pas avoir compris que la dŽfense du droit de grve ˆ laquelle il sĠattachait tant dŽpendait de leur victoire, elle‑mme dŽpendant de leur refus des nŽgociations.

[16] Cf entre autres les rŽponses que la LCR et le PT cherchent ˆ lui donner, ˆ leur profit.