Objet : Appel

Date : vendredi 21 avril 2006 14:56

De : CERMTRI

 : <militant@le-militant.org>

Conversation : Appel

 

Projet dappel sur la rsolution 1481

du Conseil de lEurope sur la ncessit d'une condamnation internationale  des crimes des rgimes totalitaires

 

   La Rsolution 1481 du Conseil de l'Europe sur la ncessit d'une condamnation internationale  des crimes des rgimes totalitaires adopte une trs large majorit le 25 janvier prtend explicitement dfinir une version officielle de l'histoire de l'URSS et des pays dits de dmocraties populaires ou socialistes destine tre mise en oeuvre dans tous les pays membres de l'Union europenne.

   En affirmant que le jugement moral et la condamnation des crimes commis jouent un rle important dans l'ducation des jeunes gnrations (point 7), elle prtend implicitement imposer cette version officielle dans et par l'enseignement scolaire.

  En affirmant que les crimes ont t justifis au nom de la thorie de la lutte des classes et du principe de la dictature du proltariat , en proclamant que l'interprtation de ces deux principes rendait lgitime l'limination des personnes considres comme nuisibles  la construction d'une socit nouvelle , le Conseil de l'Europe prtend explicitement condamner la lutte des classes . Or l'existence de classes et les luttes qu'elles se livrent, donc la lutte des classes, ne sont pas une thorie mais un fait dont lexistence a t constate ds le dbut du XIXme sicle en Europe par des essayistes, historiens et conomistes d'orientations aussi diverses que David Ricardo, Augustin Thierry, John Wade, Armand Bazard, Franois Guizot (historien et successivement ministre de l'Intrieur, de l'Instruction publique, des Affaires trangres puis prsident du conseil des ministres du roi Louis-Philippe!), Jean-Charles Simonde de Sismondi, Adolphe Blanqui (tranger aux ides rvolutionnaires de son frre Auguste), ou encore le chancelier britannique Disraeli. 

   L'conomiste Ricardo crivait ainsi : Le produit de la terre, tout le profit que l'on peut tirer de sa surface, par l'application conjugue du travail, des outils et du capital, se rpartit entre trois classes de la socit, savoir : le propritaire du sol, le possesseur des capitaux qu'exige sa culture et les travailleurs qui, par leur industrie, cultivent ce sol et il constatait que ces trois classes aux intrts divergents, voire antagonistes, taient par l mme amenes s'affronter. L'conomiste franais Adolphe Blanqui affirmait en 1825:   Il n' y a jamais eu que deux partis en prsence : celui des gens qui veulent vivre de  leur travail et celui des gens qui veulent vivre du travail d'autrui (...) Patriciens et plbiens, esclaves et affranchis, guelfes et gibelins, roses rouges et roses blanches, cavaliers et ttes rondes, libraux et serviles ne sont que des varits de la mme espce . L'conomiste  Bazard  dclarait en 1829 que les hommes sont partags en deux classes , les exploitants et les exploits , les matres et les esclaves(...) la condition respective o se trouvaient dans le pass les matres et les esclaves , les patriciens et les plbiens , les seigneurs et les serfs se continue un trs haut degr dans les relations des propritaires et des travailleurs . L'conomiste Sismondi affirmait la mme poque : La socit moderne vit aux dpens du proltariat. Le 1er mars 1852 le ministre des finances britannique Disraeli, crivait ses lecteurs : Nous nous efforcerons de mettre fin une lutte des classes qui a exerc une influence aussi nfaste sur le bien-tre du royaume au cours des dernires annes . L'homme d'tat britannique voulait clairement tenter d'en finir non avec une thorie mais avec une ralit  qu'il constatait.

   En prsentant ce fait comme une thorie qui justifierait tous les crimes possibles et imaginables, le Conseil de l'Europe prend une position purement  politique et idologique; il se dfinit donc comme un organisme strictement politique et idologique, ce qui disqualifie l'avance ses prtentions, inacceptables par principe, lgifrer dans le domaine de l'Histoire.

  En invitant tous les partis communistes ou postcommunistes de ses Etats membres qui ne l'ont pas fait encore reconsidrer l'histoire du communisme , (point 13), c'est--dire d'une conception  du monde labore par des penseurs divers au XIXme sicle, de Robert Owen Karl Marx, le Conseil de l'Europe prtend s'arroger le droit d'imposer une version officielle et falsifie non seulement de l'histoire de rgimes sociaux et politiques dtermins, mais de tout un pan de l'histoire du mouvement ouvrier qui remonte ses origines mmes. Il prtend rduire l'histoire aux falsifications rpondant aux objectifs et aux besoins de l'Union europenne et de sa politique.

  En affirmant dans son point 14 et dernier que  la clart de cette position adopte par la communaut internationale (...) encouragera les historiens du monde entier continuer leurs recherches visant tablir et vrifier objectivement le droulement des faits , le Conseil de l'Europe prtend dfinir l'avance l'orientation, les objectifs et les rsultats de ces recherches.

   Le Conseil de l'Europe, organisme politique intertatique, s'attribue ainsi le droit de dfinir  une version de l'histoire qui devrait s'imposer tous. Ce faisant, il met en cause la libert de la recherche, la libert de l'enseignement et la libert de l'enseignant. Il manifeste ainsi une prtention totalitaire.

  Le Conseil de l'Europe dfinit implicitement les objectifs politiques immdiats qu'il poursuit en affirmant dans son point 4 L'assemble reconnat que (...) certains partis communistes europens ont contribu la ralisation de la dmocratie . En quoi ? Le Conseil de l'Europe, en faisant rfrence aux valeurs de l'Union europenne dont il serait un dpositaire, donne la rponse : en ce que, sous leurs diverses dnominations, ils reconnaissent la validit des objectifs affirms de l'Union europenne, affirms par le trait de Maastricht mais rejets une crasante majorit en France et en Hollande lors du vote de la Constitution europenne : la privatisation gnrale, la liquidation des services publics, le dmantlement de la protection sociale, le dmantlement des codes du travail., de tout ce qui fait obstacle   la concurrence libre et non fausse .

   Il est donc vident que sous la condamnation des crimes des rgimes communistes totalitaires , le Conseil de l'Europe condamne les paysans et les ouvriers hongrois, roumains, polonais, bulgares, tchques, yougoslaves qui, au lendemain de l'effondrement du nazisme et des gouvernements pro-nazis de la plupart de ces pays, ont eux-mmes dcid de partager les terres des grands propritaires et  de prendre en main leurs propres entreprises.

  Enfin, en prsentant l'ensemble des vnements qui se sont produits depuis 1945 en URSS, dans les pays de l'Est, au Vietnam , en Chine ou Cuba comme autant de crimes, le Conseil de l'Europe prend  la dfense de l'arme de Vlassov, qui portait l'uniforme de la Wehrmacht, de la Lgion lettone antibolchevique et de ses Waffen SS, dont des milliers de survivants dfilent depuis des annes en toute tranquillit dans les rues de Riga, des organisations nationalistes ukrainiennes et lituaniennes qui ont, l'gal des SS et des Einsatsgruppen, organis le gnocide des Juifs et le meurtre de centaines de milliers de partisans antinazis. Elle prend la dfense des rgimes monarchiques et dictatoriaux de ces pays qui ont collabor jusqu' la dernire minute avec les nazis, contribu au gnocide des Juifs et suscit la haine de leurs populations ; elle prtend lgitimer la guerre dextermination dclenche par les Etats-Unis contre le Vietnam avec l'objectif affirm par le gnral Westmoreland de les ramener l'ge de pierre , objectif que le Conseil de l'Europe  ne juge nullement criminel puisqu'il qualifie de criminels ceux qui y ont fait chec..

   Confronts la prtention affirme de nombreux groupes de pression et hommes politiques de  dfinir une histoire officielle de certains vnements  concernant la France, de nombreux historiens de ce pays ont sign une ptition qui affirme: L'histoire n'accepte aucune dogme, ne respecte aucun interdit, ne connat pas de tabous(..) Lhistoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rle d'exalter ou de condamne, il explique. Lhistoire n'est pas l'esclave de l'actualit (...) L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre il n'appartient ni au Parlement ni l'autorit  judiciaire de dfinir la vrit historique

     Ce droit que les historiens refusent au  Parlement et l'autorit judiciaire  ne  peut  qu'tre dni  tout  autant au Conseil de l'Europe.

Jean-Jacques Marie

 

Je propose aux destinataires de ce texte de s'y associer en affirmant : C'est pourquoi les soussigns dclarent illgitime la rsolution totalitaire du Conseil de l'Europe et rcusent l'avance toute tentative de la mettre en application .

 

Nom, prnom  qualit         Adresse / coordonnes       signature

                                  

 

A renvoyer Jean-Jacques MARIE, c/o CERMTRI, 28 rue des Petites curies, 75010 Paris

 

 

 

Voir aussi :

 

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