film LIBERTE (Sortie : 24 FŽvrier 2010) de Tony GATLIF (Gadjo Dilo,..) avec Marie-JosŽe CROZE et Marc LAVOINE relatant une page mŽconnue de notre histoire : les persŽcutions et exactions perpŽtrŽes par le rŽgime de Vichy ˆ l'encontre des tziganes de nationalitŽ franaise

 

LES OUBLIES DE LA MEMOIRE

 

L'histoire commence ˆ reparler d'eux, ces oubliŽs de ma mŽmoire qui ont ŽtŽ chassŽs, parquŽs puis emprisonnŽs par la police de Vichy avant qu'ils ne soient pour la plupart dŽportŽs. Plusieurs centaines de milliers d'entre eux, sans que l'on puisse en conna”tre le nombre, sont morts en camp de concentration.

Ce film Žmouvant au possible nous fait partager la vie difficile et dramatique d'une grande famille tzigane qui cherche tout simplement ˆ vivre dans cette France occupŽe o la police aux ordres les poursuit.

ThŽodore, vŽtŽrinaire et maire d'un village de la zone occupŽe les accueille et cherche avec l'institutrice Madame Lundi ˆ les protŽger de la vindicte populaire.

La population paysanne accepte ces gens venus d'ailleurs ˆ la condition qu'ils ne restent pas longtemps et quand ThŽodore propose leur sŽdentarisation provisoire afin qu'ils ne soient pas envoyŽs en camp par les nazis, les vieux rŽflexes quelque peu xŽnophobes prennent le dessus.

Les personnages sont trs attachants et le rŽalisateur a ŽvitŽ toute caricature, c'est ainsi que le spectateur dŽcouvre la vie de ces Ç roms È et trs vite il se prend d'affection pour Taloche, le grand enfant de 30 ans magnifiquement interprŽtŽ qui protge P'tit Claude, un enfant dont les parents ont disparu .

Le spectateur n'a pas le temps de souffler ou de respirer car si au dŽbut de l'histoire, les images et la musique nous plongent dans un milieu chaleureux o l'on se sent bien, trs vite on peroit le danger qui guette et le drame qui arrive.

Evidemment Marc Lavoine est plus vrai que nature dans se r™le taillŽ pour lui mais ce sont les tziganes qui  nous attirent par le jeu Žtonnant haut en couleurs et en mouvements de Taloche qui saute, court, bondit et volerait presque ou par la belle Tzigane sur son cheval au galop.

Des questions bien actuelles sont posŽes par ce film comme celles sur les conditions de scolarisation et d'accueil de ces enfants.

En effet  si ce film qui ne laisse aucun spectateur indemne nous plonge dans l'histoire noire de  de notre pays et de l'Europe, il nous conduit aussi ˆ rŽflŽchir sur la situation actuelle.

Comme l'a exprimŽ un homme du voyage ˆ la fin d'une projection : Ç  aujourd'hui encore nous sommes obligŽs de pointer touts les trois mois avec des carnets qui ressemblent Žtrangement ˆ ceux d'hier È.

Comme Ç autrefois È , les panneaux indiquŽs Ç interdit aux gens du voyage È sont apposŽs un peu partout et des barrires les empchent d'occuper des terrains alors que ceux qui devraient tre amŽnagŽs ne restent qu'en l'Žtat de projet...

Le dŽbat actuel sur l'identitŽ nationale nous montre que les pŽrils sont encore lˆ.

La France a effectivement un devoir de mŽmoire ˆ remplir, non seulement pour rendre hommage ˆ toutes celles et ˆ toux ceux qui ont disparu dans les camps de la mort mais aussi pour que plus jamais cette patrie des droits de l'homme ne soit souillŽe par le racisme et la haine de l'autre.

Ne manquez pas ce film qui sortira le 24 fŽvrier 2010, emmenez y vos amis . Les tziganes vous feront danser et vous vous souviendrez longtemps de cette histoire sociale et humaine dramatique.

 

Jean-Franois CHALOT