Libre circulation des personnes
Le
texte de Raymond Debord du 23/3/2004 (*) m'amène à réfléchir sur une question à
laquelle je n'avais pas encore vraiment porté une attention qui va au-delà
d'une simple réponse intuitive.
Dans
le mouvement des sans-papiers et organisations qui interviennent à propos de
l'immigration, la discussion porte sur deux points principaux : Faut-il ouvrir
les frontières ? Et l'obtention "des papiers" permettant de ne pas
être inquiété et refoulé hors du pays.
La
réponse à ces questions aurait des conséquences pratiques dans l'organisation
de la lutte pour obtenir des avancées pour les immigrés.
D'abord,
un petit retour en arrière peu aider à comprendre comment et pourquoi se sont
élevées des frontières.
Les
hommes se sont toujours déplacés : le peuplement de la Terre reflète dans
une large mesure l’histoire de leurs déplacements.
Dans
les temps anciens, les groupes de populations s'installaient ou se déplaçaient
à la recherche d'un lieu où s'installer qu'ils trouvaient soit libre, soit refoulaient
ceux qui y étaient ou étaient refouler par ceux déjà installés.
Au
cours de l'histoire, et dès l’Antiquité, des mouvements migratoires, souvent
très importants, se sont produits : l’histoire des Hébreux, des Phéniciens
et des Carthaginois, des Grecs, des Romains est riche en migrations de diverses
sortes.
Dans
l'empire romain, la libre circulation des personnes existait, c'est le droit de
cité qui n'était pas accordé à tous puis il s'étendra progressivement de plus
en plus aux diverses populations.
Au
Moyen Âge, la mobilité des hommes ne fut pas moindre. Avec deux longues séries
de mouvements migratoires que furent les grandes invasions des IVe et Ve siècles
d’une part, les croisades de l’autre. Ce sont des invasions militaires, des
guerres de conquête de territoires, mais la circulation des personnes est
libre, limitée seulement par les conditions matérielles d'existence et la
disposition de richesse suffisante sous forme monétaire pour assurer ses
déplacements avec tous les risques encourus lors de ceux-ci.
Les
frontières s'érigent véritablement avec les Etats nations, le développement
comme système économique du capitalisme et les guerres qui en découlent autant
pour la conquête de marchés que de volonté hégémonique pour le compte de leur
propre nationalisme, avec aussi les conquêtes coloniales qui établiront de
façon artificielle des frontières pour ces pays.
La
constitution progressive d’États de plus en plus puissants aidèrent à
l’apparition de sentiment national et tendirent alors à rendre les migrations
internationales différentes des migrations intérieures.
Les
causes des migrations sont très diverses, la pauvreté, la famine, le manque
d’emploi ou des catastrophes sont la cause de nombreuses migrations
qui incitent l’être humain à quitter son pays d’origine.
Néanmoins,
c’est seulement au XIXe siècle que
l’apparition de nouveaux moyens de transport plus rapides, la navigation à
vapeur et du chemin de fer, qui ont bouleversé les conditions matérielles des
migrations, surtout des migrations transcontinentales, en même temps qu'ils
permettaient la révolution industrielle, vont permettre le transport à de très
grandes distances, en un temps beaucoup plus bref, de masses humaines
extrêmement nombreuses.
Simultanément,
toute une série de facteurs – démographiques, économiques, politiques,
religieux – se conjuguèrent pour donner une ampleur jamais atteinte
aux migrations transocéaniques, et surtout à l’émigration des Européens vers le
continent américain. Des agences d’immigration et des gouvernements ont
contribué au peuplement des pays neufs, tels que les États-Unis, le Canada, la
république Argentine, le Brésil.
Pour
les migrations intérieures, c’est au XIXe siècle
que se place l’apogée, puis le déclin des migrations temporaires, tandis que l’émigration des populations rurales vers
les villes prenait une ampleur inconnue auparavant.
Le
XXe siècle est marqué par la
poursuite dans les vieux pays d’Europe et l’extension à la plus grande partie
du globe de l’émigration rurale vers les villes qui voient se développer les
mégapoles.
La
pénurie de main-d’œuvre qui se fit sentir dès le début du XXe siècle, et plus encore après la
guerre de 1914-1918, dans certains secteurs de l’économie française amena la
fondation d’associations destinées à introduire les travailleurs (agriculteurs,
mineurs, ouvriers de la métallurgie) qui faisaient défaut par leur afflux dans
les pays économiquement les plus avancés. Après la Seconde Guerre mondiale, un
renversement du courant séculaire s’est produit. Ce ne sont plus les pays
avancés qui voient partir le surplus de leur population vers des territoires
moins peuplés, que leurs capitaux contribuent à mettre en valeur; ce sont les
pays pauvres, dont une partie des hommes vient renforcer la main-d’œuvre des
nations industrielles, par une main-d’œuvre peu qualifiée, recrutée dans les
pays en voie de développement.
Je
crois qu'il faut à ce propos distinguer la libre installation même massive qui
pose nombres de problèmes, de l'invasion militaire ou armée connue lors des
deux guerres mondiales, ou celles souvent lié au colonialisme. Il existe des
déplacements important de population dans les premières phases de guerres
devant les armées. On estime à trente millions le nombre des personnes
déplacées entre 1939 et 1945. Pourtant, ces très forts déplacements de
populations résultants de guerre, par l'émotion collective qu'ils provoquent,
sont surmontés, souvent insuffisamment, mais surmontés pour y faire face. Pour
reprendre le cas de la guerre d'indépendance de l'Algérie, les "pieds
noirs" vinrent s'installer en France. Pour faire face aux déplacements de
populations dus aux guerres, un système international de protection a été mis
en place, en 1951. On a estimé à dix-neuf millions pour 1992 le nombre des
réfugiés dans le monde, dont la plus grande part concerne les pays les plus
pauvres. Il s’agissait de phénomènes de masse, et non pas de quelques personnes
individuellement contraintes à l’exil. Le problème des réfugiés, aujourd’hui,
s’étend au monde entier. Les mouvements des réfugiés ne sont plus un problème
européen – l’Europe ayant cessé de « produire » des réfugiés – mais
un problème mondial (Algérie, colonies portugaises d’Afrique, Afrique
australe). Le mouvement n’a pas automatiquement cessé avec l’indépendance des
anciens territoires coloniaux : dans certaines parties du monde, comme en
Afrique, ce mouvement a pris une ampleur considérable,parfois du fait du
caractère artificiel de certaines frontières créant des problèmes de minorités.
L’Afrique (principalement à l’est et au sud), l’Asie (Afghanistan, péninsule
indochinoise), l’Amérique latine (principalement en Amérique centrale) sont
devenues les plus importantes régions d’origine des réfugiés. La permanence des
conflits armés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale a provoqué d’énormes
mouvements de population (guerre entre l’Inde et le Pakistan lors de
l’indépendance du Bangladesh, Afghanistan).
L'émigration
actuelle, celle qui est principalement refusée, est celle des pays pauvres en
direction des pays riches. Le motif principal est que cela déséquilibrerait par
trop l'économie d'un pays. Mais cela est un postulat, rien ne le démontre, seul
la peur d'une telle situation et du refus des moyens pour aider les pays en
difficulté économique explique cet argument. En outre bien que ralentie par des
contrôles aux frontières, celles ci sont poreuses. Les différences entre
niveaux de vie, les inégalités des ressources naturelles, le niveau technique,
les densités de population ou les taux d’accroissement démographique, déterminent
un phénomène de flux d'émigrants, les pays les plus favorisés attirant les
migrants des pays où le niveau de vie est moindre. L'Europe et l'Amérique du
Nord, ces régions riches sont seules à même d’offrir une solution durable au
problème des réfugiés comme des émigrants, soit en les accueillant sur leur
sol, soit encore en prenant financièrement en charge l’installation des
populations réfugiées dans les pays les plus pauvres.
Au
point de vue économique, l’arrivée d’immigrants nombreux se traduit par un
apport de main-d’œuvre qui a puissamment contribué, notamment au XIXe siècle, à la mise en valeur des
« pays neufs »: c’est grâce aux immigrants que les terres d’Amérique
et d’Océanie ont été mises en culture, que les richesses minières de toute
nature y ont été exploitées.
Les
décennies de croissance exceptionnelle et de plein-emploi, pendant lesquelles
les pays industriels ont fait appel à une main-d’œuvre étrangère et laissé
s’installer nombre de migrants passer aux frontières en situation irrégulière,
l’immigration a favorisé l’expansion économique du pays d’accueil : la
république fédérale d’Allemagne a dû en partie la grande prospérité dont elle a
bénéficié depuis 1950 à l’arrivée de quelque 12 millions de rapatriés et
de réfugiés. L’avantage, en l’occurrence, est d’autant plus grand que les
immigrants sont en majorité, le plus souvent, des hommes adultes dans la force
de l’âge, dont l’éducation et la formation n’ont rien coûté au pays qui les
reçoit.
D’européenne
qu’elle était, l’immigration est devenue de plus en plus extra européenne.
Parmi quatre millions d’étrangers présents en France en 1986, plus de la moitié
est d’origine non européenne – Africains, Maghrébins, Turcs. Leur langue
maternelle est plus éloignée du français que celle des Latins, leurs habitudes
culturelles de tous ordres surprennent davantage les Français, leur
enracinement religieux n’est pas celui de la tradition judéo-chrétienne, mais
de l’islam, parcouru aujourd’hui par de forts courants intégristes. Les
problèmes humains et psychologiques, inhérents à toute migration, se
compliquent de ce fait.
En
outre, l’entrée des Algériens en France, était libre jusqu’à l’indépendance de
l’Algérie en 1962. Depuis, la situation économique qui laisse 30% de jeune au
chômage a favorisé l’immigration algérienne qui n'a cessée de croître de
manière continue et régulière.
La
persistance d’une pression migratoire vers l’Europe, à cause des déséquilibres
économiques, démographiques, culturels et politiques fait de la Méditerranée et des frontières orientales de
l’Europe de nouvelles terres d'immigration.
Des
facteurs externes, comme la généralisation de la détention de passeports, qui
accompagne un droit de sortie presque universel, et la facilité accrue des
moyens de transports favorise la mobilité des candidats à l’émigration.
L’immigration
contribue parfois au maintien d’activités traditionnelles qui, sans elle, ne
pourraient recruter la main-d’œuvre nécessaire. C’est la raison qui, dans la
seconde moitié du XXe siècle, a
obligé tous les pays industriels d’Europe occidentale, comme on l’a vu, à
recourir à l’immigration en provenance de pays moins favorisés. Sans cette
immigration, les tâches les plus ingrates, celles dont les nationaux ne veulent
plus, n’auraient pu être assurées.
La
peur d'un fort exode de la "misère du monde"qui submergerait nos pays
est une peur qui relève plus d'un fantasme que d'une réalité. Cette peur
exprime le refus d’une société multiculturelle et de la sauvegarde de
l’identité française et le doute dans la capacité d'intégration pourtant
traditionnelle de la France. Elle est effectivement un danger, mais politique,
par l'agitation raciste menée par des groupes d'extrêmes droite et qui entre en
résonance avec des couches sociales paupérisées à qui l'on fait croire que
l'émigration reçoit des avantages économiques à leur détriment.
L'argument
principal invoqué est qu'ils sont de faible qualification, qu'ils sont plus à
la recherche d'avantage sociaux acquis par la lutte des salariés, de protection
sociale, que de capacité à contribuer aux richesses produites assurant un haut
niveau de vie dans les pays riches.
Pourtant,
la présence continue d'une émigration clandestine, chiffrée à près de 200 000
sans papiers, remplie une fonction économique souterraine, elle répond donc à
un besoin, la présence sur place d'une partie de la population du tiers monde,
taillable et corvéable à merci. D’autre part, l’émigration a souvent offert au
pays de départ de nouveaux débouchés commerciaux parce que les émigrés, une
fois installés au dehors, continuent à demander les produits, alimentaires
notamment, auxquels ils sont habitués: lorsque ces produits ne sont pas
fabriqués dans le pays d’accueil, il peut en résulter la naissance d’un courant
d’importation.
Dans
les pays pauvres de départ, l'émigration entraîne, une perte de ses forces
vives, une tendance à la baisse de la production, puisque le nombre de
travailleurs diminue. En outre, les sommes qui ont été dépensées pour élever et
former l’émigrant se trouvent perdues. Et à cette perte s’ajoutent les sommes
que les émigrants emportent avec eux : si les émigrants sont très
nombreux, le montant global de ces sorties de capitaux peut être considérable.
Inversement, les envois d’argent des émigrés et les économies rapportées au
pays par ceux d’entre eux qui retournent y finir leurs jours entraînent des
rentrées d’argent substantielles qui favorisent le développement économique,
apport financier parfois supérieur à celui de l'aide internationale.
Avec
le développement du chômage, la disparition ou la modification technique
d'industries qui employaient les plus forts contingents de travailleurs
immigrés, bâtiment, sidérurgie, construction automobile, les pays les plus
riches ont progressivement adopté, des politiques d’immigration et d’accueil
plus restrictives. La crainte que les aides accordés aux pauvres, pourtant
chichement distribuées, ne représentent une charge financière trop lourde, les
mesures restrictives diverses plus ou moins contraignantes, ont limité çà et là
l’ampleur des déplacements, mais n’ont pas empêché le développement d’une
immigration clandestine qui revêt des formes variées.
La
perspective d’un manque de main-d’œuvre et d’un vieillissement de la population
en Europe, soulignée en 2000 par un rapport alarmiste des Nations unies sur les
migrations de remplacement, et par les rapports du B.I.T. et de l’O.C.D.E. sur
le manque de main-d’œuvre, a obligé les pays européens à abandonner l’objectif
de l’« immigration zéro » d’ailleurs jamais atteint et générateur
d’effets pervers comme la multiplication des sans-papiers et le détournement du
droit d’asile. C’est ainsi qu’un rapport du Commissariat du plan paru en
novembre 2002 préconise l’accueil en France de 20 000 migrants
supplémentaires par an.
Au
sud, les pays méditerranéens (Maghreb, Turquie et d’Afrique sahélienne)
continuent d’exporter de la main-d’œuvre vers les pays européens, malgré la
fermeture des frontières survenue en 1973-1974. Cette pression migratoire ne
semble pas près de cesser, car il n’existe souvent aucun substitut durable à la
migration : l’expansion démographique, le sous-emploi, l’attrait du
libéralisme politique et culturel sont autant de facteurs qui contribuent à
alimenter les filières de départ. Les flux de clandestins, de demandeurs
d’asile ou d’étudiants en témoignent
La
différence de cultures et mode de vie différent est ressentie comme une menace
sur la culture, le mode de vie et génère la peur qui à son tour nourri le
racisme.
La
crainte que l’accroissement de l’offre de main-d’œuvre dans divers secteurs de
l’activité économique tende à faire baisser les salaires dans le pays ou la
région d’accueil, et cela d’autant plus que les immigrants, généralement
pressés par le besoin, se montrent peu exigeants en matière de rémunération est
fréquemment mis en avant. C’est le
principal argument avancé pour justifier les réticences, voire l’hostilité, manifestée dans les
milieux ouvriers et par l'absence de mobilisation des syndicats en faveur de la régularisation des travailleurs sans papiers, comme de
positionnement à l’égard de l’immigration.
Il
me semble qu'indépendamment des formes pratiques dans lesquelles il faut poser
aujourd'hui les revendications immédiates des travailleurs immigrés, à travail
égal salaire égal, un même droit pour tous, le principe général de libre
circulation des personnes doit être affirmé. Car la libre circulation est d'une
certaine façon indépendante des droits, papiers, possibilité de travail et de
logement que procure un Etat, comme des obligations conditionnées par des droits
qu'ont les citoyens envers lui. Or l'émigré est non seulement une personne
déracinée, dans des conditions matérielles souvent extrêmement pénibles, mais
c’est encore une personne privée de lien de rattachement à l'État où il vit et
travail.
Pour
prendre un exemple analogique,
Marx dans la critique du programme de Gotha dit : Le droit égal est
toujours un droit bourgeois…Dans la société communiste, quand auront disparu
l'asservissante subordination des individus à la division de travail…la société
pourra écrire sur ses drapeaux : "De chacun selon ses capacités, à chacun
selon ses besoins!" Nous savons que cette position idéalement affirmée est
une utopie, car si elle pouvait avoir sa réalisation, cela ne pourrait se faire
que dans une société relativement limitée en nombre d'individus. Le socialisme
comme propriété collective des moyens de production est plus à notre porté. Il
n'empêche que le mouvement communiste maintient cette formule démonstratrice de
son idéal social. C'est une utopie positive qui ouvre sur l'avenir. La libre
circulation des personnes est beaucoup plus proche de notre porté. D'ailleurs
les ressortissants des pays riches circulent pratiquement librement car pourvu
de ressources financières, ils sont acceptés partout. Elle pose la revendication
d'un même droit pour tous. Cette position est-elle une position de moraliste
petit bourgeois ? En aucun cas, elle le serait si elle restait un voeux pieux.
Dès lors qu'elle n'empêche pas la lutte pour obtenir les papiers nécessaires
pour l'installation et le travail mais le stimule en l'orientant sur un horizon
plus lointain. Arguer que défendre "la libre circulation du capital
justifie pleinement que les hommes ne soient pas plus mal traités que le
capital", serait une soumission à l'ordre établi, est un argument faible
dont on ne saisi pas bien la logique autre que de tendre à faire croire que
cette position serait celle du capital, ce qui est faux bien entendu. En outre,
elle n'est pas équivalente de la revendication d'ouverture des frontières qui implique
que comme une porte, elle peut l'être plus ou moins ou fermée, elle est la
suppression des frontières.
Maintenant
examinons les arguments ou obstacles qui s'y opposeraient. Dans le texte de
Raymond Debord, elle entrerait en conflit avec l'autodétermination des peuples.
A
propos des conflits de territoire, se pose la question, la terre appartient
telle aux premiers occupants ? La
propriété des terres, les conflits de frontière qu'elle provoque, ne peut pas
être abordé en absolu. Pour les socialistes communistes cette question est
transitoire dans le sens que les terres aussi doivent être socialisées.
Le
cas particulier des Palestiniens, après la première guerre israélo-arabe
consécutive à la proclamation unilatérale de l’État d’Israël, en 1948, une
population d’origine palestinienne, estimée à un million de personnes environ,
s’est réfugiée dans les États arabes voisins, Transjordanie, Liban, Syrie et
dans la bande de Gaza. En l’attente d’une solution politique à leurs problèmes.
L'exemple
invoqué pour la Palestine qui ne pourrait pas accepter l'installation de
sioniste, ne me semble pas pertinente car une telle installation ne pourrait se
faire que non armé avec réciprocité pour Israël. Quel sioniste oserai
s'installer individuellement en terre arabe ?
Le
droit à l'autodétermination des peuples, n'est pas séparable de la protection
des minorités. Les minorités peuvent être de deux ordres, les minorités
dominantes politiquement et économiquement (Nouvelle-Calédonie) et les
minorités soit exploitées, soit bafouées, ignorées et niées (Kurdes, peuple
sans Etat, à cheval sur cinq pays).
Je
suis d'accord avec Raymond Debord pour dire : On ne peut pas ériger un principe
en absolu au dessus de tous les autres indépendamment des conditions
historiques concrètes, mais nous sommes à priori pour le droit de tout individu à émigrer d'un endroit à un
autre. Comme je suis d'accord pour dire que la responsabilité collective ne
peut pas être utilisé pour un peuple. (Au passage, il n'y a pas de mort du
Christ, mais de Jésus. Le Christ étant le dieu ressuscité, il ne sera mort
qu'avec la mort du christianisme).
La
faible formation professionnelle est utilisée pour l'imiter l'émigration, mais
il est évident que les emplois couverts sont ceux que les nationaux ont abandonné,
et que là où des besoins ne sont pas couvert comme dans la restauration, la non
formation de ces travailleurs pour ces emplois tient plus de prévention raciste
que d'autres motifs. Des professions jadis recherchées comme certaines
disciplines de médecine et les infirmières sont désertées, considérées comme
trop dures pour le revenu qu'elle procure. Un apport se fait donc par
immigration pour couvrir ces besoins.
N'a-t-on
rien d'autre à dire à ceux qui veulent accéder à un marché du travail demande
Raymond Debord. Si certainement, la lutte pour l'aide au développement
économique des pays pauvres en est une réponse dont nous avons vu que les
émigrés y participent fortement par l'envoi d'une partie de leur salaire. Que
le socialisme est un horizon de
notre combat, mais en attendant, pour les ouvriers, rien n'est pire que de ne
pas pouvoir accéder au marcher du travail même capitaliste, il en est de même
pour les émigrés qui aspirent bien sur à le trouver d'abord chez eux, mais qui
se résignent à quitter leur pays quand rien ne vient répondre à leur espoir.
La
condamnation du capitalisme chez Marx, n'est pas celle de son coté
mondialisant, ni sa capacité à développer les forces productives, au contraire,
mais sur sa façon de le faire et sur ses limites pour le faire avec ses crises
inexorables dévastant régulièrement ce système économique. Le socialisme, comme
système de production maîtrisé n'a de raison d'être historique que s'il est
supérieur économiquement à celui-ci. La liberté, accéder à une société où elle
règne, où minorité et majorité n'ont plus raison d'être, a bien une dimension
libertaire, on la trouve chez Marx.
Les
points abordés par moi sont ceux où je diverge, ceux que je ne reprends pas
vient que j'en ai peu à dire, étant en gros d'accord.
Pour
terminer, poser en principe le droit à la libre circulation des personnes,
n'empêche pas, je dirai au contraire de mener la lutte pour obtenir les
papiers, tous les papiers pour obtenir tous les droits qui y sont attachés.
NOTE
Les
quatre points suivants, ne sont pas traités, ils demandent un travail
préparatoire de recherche que je ne suis pas en mesure de mener maintenant.
- Frontière
politique et militaire, liberté des échanges économiques
- Les
frontières comme moyens de préserver le niveau de vie des travailleurs
nationaux
- Le
capitalisme peut-il dépasser le cadre des Etats nationaux ? Peut-il effacer les
frontières ? Le cas des Etats-Unis d'Europe.
- Le cas
de pays socialistes, leur préservation
(*) Faut-il revendiquer
l’ « ouverture des frontières » ?