LES OUVRIERS DES FOYERS TOUJOURS MOBILISES
LES OUVRIERS DES FOYERS TOUJOURS MOBILISES

 

SAMEDI 6 juillet, 1.500 ouvriers sans-papiers des foyers ont à nouveau manifesté pour une régularisation sans conditions.

 

En descendant une nouvelle fois massivement dans la rue, les résidents des foyers ont montré leur détermination à poursuivre le combat quel que soit le gouvernement.

  Le tract d’appel, diffusé par le Rassemblement des collectifs d’ouvriers sans-papiers des foyers et de l’Organisation politiqueannonçait clairement la couleur : «Nous avons lutté contre Juppé/Chirac puis contre Jospin/Chirac. Nous poursuivons et poursuivrons notre bataille contre les différents gouvernements jusqu’à la régularisation sans conditions de tous les ouvriers sans papiers».

  Une fois de plus, les partisans de la Voie Populaire ont appelé à rejoindre la manifestation, diffusant l’information à la presse et à plusieurs centaines de militants de gauche.

  La réponse a été comme d’habitude un silence assourdissant, seulement troublé par les retours émanant de quelques militants (cf. notre rubrique Courrier). La tactique des média comme de la gauche vis-à-vis d’un mouvement qu’elles peuvent difficilement récupérer ou canaliser est particulièrement méprisable : c’est l’ignorance pure et simple.

  L’Etat ne s’y trompe d’ailleurs pas et s’il n’accorde publiquement aucune attention aux résidents des foyers, il n’est pas dupe des rapports de force sur le terrain. Ainsi, le rapport 2000 des renseignements généraux caractérise la Coordination nationale comme un «espace d’expression sans autorité réelle», mais considère que le Rassemblement dispose «parmi les subsahariens vivant en foyer d’une masse de manoeuvre pouvant dépasser le millier d’individus motivés» (*).

  Au delà de la politique à courte vue des uns ou des autres le mouvement de masse des résidents des foyers existe et continuera à exister indépendamment des représentations que peuvent en donner (ou pas) les média.

  La bataille en cours dépasse d’ailleurs largement la question des papiers puisque ce qui est aussi en jeu c’est l’existence d’habitats ouvriers collectifs dans la ville.

  Les ouvriers des foyers continuent donc à s’organiser, que ce soit avec le Rassemblement ou avec d’autres comme la Voie Populaire qui a maintenant une dizaine d’adhérents au foyer Rochebrune à Montreuil.

  Travaillant dans la perspective de conscientisation de l’association, les militants ont impulsé l’organisation d’une réunion de popularisation de la grève des femmes de chambre de chez Arcade, en présence de Christian Chedouba, syndicaliste SUD et d’une quinzaine d’amis de la Voie Populaire.

 

(*) Copie disponible auprès de la rédaction ou consultable sur internet : http://www.chez.com/vap/info/extreme/gauche2000.htm

 

Militant n°1 avril 2003