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Post-gauchisme anarchisant : le cas édifiant du « 9ème collectif » de sans-papiers

 

Raymond DEBORD (23 mars 2005)

 

Les pérégrinations du 9ème collectif de sans-papiers, de loin le plus activiste et médiatisé en ce moment, offrent l’occasion d’une étude de cas sur les options tactiques catastrophiques et diviseuses de la gauche mouvementiste comme de son incapacité apparemment paradoxale à dépasser le citoyennisme à peine radical.

 

Le 9ème collectif occupe le siège du PS en Seine Saint Denis…

 

Mercredi 12 janvier, 15h54 : le 9ème collectif de sans-papiers diffuse sur internet[1] un communiqué indiquant qu’il occupe la fédération du Parti socialiste de Seine Saint Denis. Intitulé « Non aux rafles, non aux expulsions », le texte commence comme il se doit par une dénonciation en règle de la politique du gouvernement. « Aujourd’hui, la politique répressive menée par Sarkozy puis par son successeur De Villepin, avec l’aval de Chirac et Raffarin, à l’encontre des femmes, enfants et hommes sans-papiers est de plus en plus violente ». Mais alors, se dira le lecteur innocent, pourquoi aller occuper un siège départemental du PS et pas un de ceux de l’UMP ? Cherchant visiblement à anticiper ce type de questionnement, le 9ème collectif se lance dans des explications fumeuses sur « le fait que plusieurs régions, villes, soient socialistes ne change rien aux conditions de vie extrême auxquelles sont soumis les sans-papiers ». On se demande bien comment ce serait possible… Pour ajouter des éléments, le 9ème collectif interpelle en ces termes le PS : « Comment pensez-vous constituer une force d’opposition politique à la droite au pouvoir, dans la perspective des élections présidentielles de 2007, si votre position actuelle concernant l’immigration ne se différencie en rien de celle de la droite ? ». La question est bonne, mais problématique à plusieurs titres. D’abord sur la qualité de l’émetteur : soit le 9ème collectif ne se reconnaît pas dans le PS, et alors on voit mal quelle légitimité il a à la poser, soit c’est le cas et alors on se demande les raisons de la radicalité de l’action entreprise. On voit surtout mal pourquoi cette interpellation musclée remplace une confrontation avec les Sarkozy, Villepin, Chirac etc. qui, eux, tiennent les rênes du pouvoir. On remarque aussi que le 9ème collectif subordonne explicitement une solution au problème des sans-papiers à une victoire électorale de la gauche, alors qu’il explique dans le même communiqué et avec un peu de mauvaise foi, que « la politique menée depuis une dizaine d’années, par la gauche et la droite, est toujours d’augmenter, doubler et perfectionner la machine à expulser ». Et non seulement le 9ème collectif ne se fixe pas pour objectif de faire céder Chirac tout de suite, mais il s’inscrit complètement dans le calendrier électoral tel qu’il a été fixé, enjoignant à une classe travailleuse qui n’aspire qu’à chasser le gouvernement d’attendre bien sagement 2007 pour une éventuelle alternance électorale nécessairement sans contenu.

 

La tactique employée ne peut quant à elle qu’engager à court terme une confrontation avec la direction locale du PS et surtout resserrer les liens des adhérents de base autour d’elle, ceux-ci comprenant mal pourquoi leur local avait été pris à l’abordage. Les chefs socialistes de Seine Saint Denis se sont alors crus autorisés à exercer des pressions physiques pour décourager les occupants, en envoyant des vigiles puis en coupant le chauffage.

 

« Collectifs » : qui décide ?

 

Entre temps, l’atmosphère tendue dans le groupe des occupants conduit à l’expulsion du groupe d’un d’entre eux, Jean François Hirsh, qui dénonce[2] nominalement un certain nombre de délégués du 9ème collectif et s’interroge à haute voix : « Quelle légitimité démocratique ont tous ces gens ? Puisque c’est un collectif de sans-papiers, que les délégués soient donc des sans-papiers élus par l’assemblée des sans-papiers du 9ème collectif ».

 

Au delà de l’accusation portée contre le collectif, que nous n’avons pas les moyens de vérifier[3], la remarque soulève un problème récurrent. De nombreux collectifs comprennent en leur sein non seulement des sans-papiers, voire d’anciens sans-papiers poursuivant le combat, mais aussi un grand nombre de «soutiens » franco-français et généralement plus ou moins sympathisants d’organisations de gauche et d’extrême - gauche. Le résultat est que ce sont ces « amis » et « conseillers », la plupart du temps beaucoup plus informés et politisés que les sans-papiers, qui assument la direction effective des collectifs : choix des initiatives, mots d’ordre, organisation pratique etc. Un certain nombre de collectifs s’intitulent d’ailleurs « collectifs pour les sans-papiers »[4] ce qui est un peu plus honnête mais quand même délibérément ambigü.

 

Loin de nous l’idée qu’il faille s’opposer à l’existence d’organisations mêlant des gens aux statuts différents, par exemple avec ou sans-papiers. Ce serait accepter la division catégorielle entre les opprimés alors qu’il est nécessaire bien au contraire de les unir. Il est par exemple tout à fait normal que les salariés se rassemblent, au delà des différences de métier et de situation, dans les organisations syndicales. Dans un registre voisin, il est normal que l’Association populaire d’entraide, qui lutte contre les inégalités sociales, cherche à regrouper sans distinction toutes les personnes qui partagent cet objectif et comprenne dans ses rangs aussi bien des ouvriers sans-papiers que des RMIstes ou des salariés du public ou du privé.

 

Mais un collectif ou un comité de lutte, une coordination etc, est un organisme ad-hoc, nécessairement temporaire, qui regroupe les gens partageant la même situation et engagés dans un même combat. Pour citer deux exemples récents on peut parler des coordinations enseignantes pendant la grève de 2003 sur les retraites[5] ou des coordinations et comités d’action lycéens de 2005 contre la réforme Fillon[6]. L’opportunité de constituer des organismes comme les collectifs, coordinations, comités de lutte etc doit se mesurer principalement à l’aune du nombre de personnes susceptibles d’être mobilisées. De manière générale la position des militants autogestionnaires est de chercher à aller vers la constitution de ce type d’organismes dès que c’est possible. Il est souhaitable également de se battre pour qu’ils aient le soutien du plus grand nombre d’organisations possibles.

 

Par contre on imagine mal que des éléments extérieurs à l’entreprise ou à la profession soient tolérés dans le comité de grève d’une usine ou une coordination d’enseignants… Mais cela ne gène visiblement pas un certain nombre de « bonnes âmes » qui s’incrustent allègrement dans les collectifs de ou pour les sans-papiers… On est alors clairement dans le registre du paternalisme complexé à connotation raciste[7] (fréquent chez les « soutiens ») si ce n’est de la manipulation pure et simple.

 

Confrontation

 

La thèse de la « manipulation par l’extrême-gauche » est en tous cas celle qui a été retenue par Pascal Popelin, premier secrétaire du PS en Seine Saint Denis, pour justifier son refus du dialogue. Dans la foulée, selon le 9ème collectif, le préfet a rompu les discussions et exigé l’évacuation immédiate des lieux[8].

 

Le 17 janvier, « Jacques » annonce sur Pajol qu’une « vingtaine des sans-papiers présents » a décidé une grève de la faim. Le même jour, un certain nombre d’organisations dont l’ANAFE[9] appellent à protester contre l’attitude du PS. La CNT[10] publie quant à elle un communiqué assez embarrassé puisque qu’il fait de l’auto-justification dès le deuxième paragraphe : « Pour répondre à l’étonnement des militants du PS, cette occupation trouve sa justification dans les prises de position affichées par le PS depuis presque 25 ans concernant l’immigration ». C’est toujours la même chose : on ne lutte pas ici et maintenant contre Chirac-Villepin mais contre des « prises de position » remontant à « presque 25 ans »… Cette ineptie met d’ailleurs le doigt sur une contradiction majeure des anarchistes. Ils remarquent eux-mêmes de l’existence de militants au PS (et donc pas seulement de technocrates) qu’on peut rencontrer tous les jours dans une entreprise ou un quartier et auprès desquels on est donc obligé d’avoir à justifier ses prises de positions. Mais… ils font le gros dos et ils s’enferrent sans en tenir compte. Le B-A-Ba de la politique se voulant révolutionnaire est pourtant de savoir reconnaître ses erreurs et de chercher à développer des actions qui mettent en contradiction les militants des organisations réformistes avec leurs dirigeants.

 

Sans cette orientation, la marginalisation est acquise et la répression du mouvement devient possible. Le 9ème collectif va bientôt l’expérimenter. Le 18 janvier, « des » intermittents [11]occupent France inter puis tentent d’occuper la mairie (socialiste !) du Pré Saint Gervais avant d’aller rejoindre le 9ème collectif à la fédération de Seine Saint Denis. Sur Pajol, « Solange » se félicite de ces actions mais constate que « cet endroit est bien désert, effectivement, ce matin, sous la neige fondue toujours une dizaine de soutiens ». La messe est dite. Gambadant d’actions musclée en occupations, toujours orientées contre le premier parti de gauche, les supporters du 9ème collectif se sont totalement marginalisés et ont réuni tous les éléments qui vont permettre la répression de la lutte.

 

Le même jour, à 19h29, « Mouche » annonce sur Pajol : « Les sans-papiers qui occupaient les locaux de la fédération du PS viennent d’être évacués violemment à la demande des gens du PS, qui ont usé de gazeuses pour empêcher les sans-papiers de monter au premier étage. Les sans-papiers et ceux qui étaient dehors sont rassemblés devant, il y aurait déjà eu deux interpellations ». A 21h, « Klem.com » donne sa version, dramatisée, des faits dans un texte intitulé « Police, PS, même combat ». Plus de détails seront fournis le lendemain dans un communiqué du secrétariat aux relations extérieures de la Fédération anarchiste. On y apprend que cinq personnes ont été placées en garde à vue : quatre sans-papiers et un « soutien » membre lui même de la Fédération anarchiste ainsi que de la CNT. Le communiqué se fait très menaçant : « Le Parti socialiste devra répondre de ses actes de violences et de délation sur des individus pacifiques et en situation de détresse. La Fédération anarchiste saura rappeler à chaque occasion au Parti socialiste son indifférence et son attitude inhumaine envers les sans-papiers ». Le 24 janvier, le soutien s’élargit un peu avec un communiqué du GISTI[12] qui dénonce l’attitude du PS et en particulier l’usage de gaz lacrymogène alors que des enfants étaient présents. La Coordination nationale des sans-papiers réagit aussi, mais sans endosser à postériori les choix du 9ème collectif. Son communiqué met, lui, l’accent sur la politique de la droite dès son titre : « Répression contre nos camarades sans-papiers du 9ème collectif en occupation du siège du PS 93 : De Villepin commence à appliquer son programme d’expulsion-déportation de 20.000 sans-papiers pour l’année 2005 ». A partir du 26 janvier, le CAE[13] apporte son soutien et propose des actions en direction des aéroports afin de prévenir toute expulsion.

 

Afin d’obtenir la libération de trois personnes maintenues en rétention administrative, « une vingtaine de membres du 9ème collectif et leurs soutiens ont occupé la direction de l’enfance et de la famille du conseil général, à Bobigny », le 26 janvier. Mais « cette fois-ci, ils n’ont pas pris le risque de venir accompagnés des sans-papiers ». L’irresponsabilité trouve sans doute ses limites et on apprend au passage qu’on peut être visiblement du 9ème collectif sans être soi-même sans papiers. La réaction du Conseil général a été plus habile que celle des socialistes et son président, Hervé Bramy (PCF) a adressé une lettre au Préfet « réclamant la libération des trois détenus »[14].

 

Le 26 toujours, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise annule deux des trois arrêtés de reconduite à la frontière. Finalement, aucun sans-papiers ne sera expulsé.

 

Représailles

 

Les «soutiens du 9ème collectif vont-ils profiter de cette bonne nouvelle pour réfléchir un peu à leurs méthodes et à leurs choix ? Non : ils approfondissent la confrontation avec les socialistes.

 

Le 5 février, les principales confédérations ouvrières (CGT, CFDT, FO) lancent un appel à manifester partout en France contre les attaques gouvernementales sur le temps de travail (35 h, jour férié supprimé…), pour l’ouverture de négociations salariales, pour augmenter le pouvoir d’achat, pour une autre politique de l’emploi et pour la défense des services publics et pour la défense du code du travail et des statuts. Ces manifestations vont rassembler des centaines de milliers de travailleurs et recevoir le soutien ou la sympathie de 69 % des Français selon un sondage de CSA pour la Nouvelle Vie Ouvrière, le journal de la CGT[15].

 

Le Parti socialiste décide de soutenir les manifestations et d’appeler ses militants et sympathisants à s’y joindre en masse. Comment faut-il considérer cette décision ? C’est un évident pas en avant favorisant l’unité des salariés sur une question centrale pour eux.

 

Les post-gauchistes, eux, ne partagent visiblement pas cette appréciation. Ils déploient une « immense banderole « le PS gaze et expulse les sans-papiers ». Quant aux représentants du Parti socialiste, Julien Dray et Malek Boutih « ils sont accueillis par une pluie de fruits aussi pourris que leur politique » et doivent se réfugier dans un café. C’est visiblement une victoire pour le 9ème collectif puisque Boutih « regardait ses pompes » et que Julien Dray était « blanc comme un linge »[16].

 

La seule polémique de déclanche ce nouveau fait d’armes dans le milieu des « soutiens » aux sans-papiers porte sur de déroulement exact des faits, la durée de l’accrochage de la banderole, etc. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes…

 

Après cette victoire, il est temps de passer à autre chose. Le 9ème collectif souffle un peu jusqu’au 4 mars puis se relance en allant occuper… l’UNICEF ![17]

 

Quand les « soutiens » font de l’histoire

 

L’affaire de l’occupation du siège du Parti socialiste a conduit à juste titre un certain nombre de gens à s’émouvoir de son attitude intransigeante et des réactions violentes de certains de ses militants sur place. Le 19 janvier, un « soutien » diffuse sur Pajol des extraits de différents articles des statuts du PS entrant en contradiction avec le comportement de ses « vigiles » pendant l’occupation de la fédération de Seine Saint Denis. Il en conclue que « si on lit tous leurs principes et si on regarde leurs actions, il y a beaucoup de petits ou grands chefs qui devraient être radiés »[18].

 

Voilà qui est sans doute encore trop modéré pour l’aile la plus radicale des « soutiens ». Le soir même, un d’entre eux[19] considère qu’il est sans doute nécessaire d’éclairer les masses populaires et met en ligne un article antédiluvien de la défunte secte Combat Communiste[20]. Celui-ci résume en moins de deux pages l’interminable litanie des trahisons du Partis socialiste de 1914 à 1981, date de sa rédaction.

 

Un lecteur ayant marqué son étonnement devant le retour de la « vieille haine recuite des nostalgiques du PC stalinien contre SFIO[21]/PS », divers intervenants vont se succéder pour apporter des précisions sur la nature antistalinienne de Combat communiste, scission de Lutte ouvrière[22]. D’autres esquivent comme Marc pour qui l’accusation de stalinisme « coupe court à toute discussion raisonnable »[23]. Ce faisant ils ouvre la porte à une intervention particulièrement hypocrite de «vpmarc », un membre de l’OCML Voie Prolétarienne[24] qui propose de « cesser d’utiliser ce langage d’initié ». Restons en donc à notre ennemi principal : la social-démocratie…

 

Le 25 janvier Martin Zerner vient au secours de « Guillaume », même s’il apporte un certain nombre de rectificatifs des nombreuses erreurs factuelles contenues dans l’article de Combat Communiste. Il donne également des précisions sur l’attitude du PS et de la gauche concernant les sans-papiers dans la dernière période. Citons-le :

« 1993 : vote des deuxièmes lois Pasqua. Le PS se prononce contre.

1995 : campagne présidentielle. Le candidat Jospin déclare qu’il n’y a pas lieu d’abroger les lois Pasqua ; il suffit de les aménager.

Mars 1996 : avant projet de loi Debré et occupation de Saint Ambroise par les sans-papiers (…). Après beaucoup de tergiversations, Jospin se joint à ce soutien et promet d’abroger la loi Debré et de régulariser les sans-papiers.

1er juin 1997 : victoire de la gauche aux législatives.

24 juin : circulaire Chevènement. Prise dans le cadre de la loi Debré elle permet des régularisations au cas par cas (…).

Juillet 1997 à mai 1998 : mise au point et vote de la loi Chevènement (grâce à l’abstention des députés du PC, sauf un). Elle aménage la loi Debré (…). »

Ce descriptif est rapide mais précis. Il permet en tous cas d’avoir une vision des choses un peu plus nuancée que celle proposée par le 9ème collectif et la CNT. Si le PS n’a pas agi comme on aurait pu le souhaiter, en rompant nettement avec la politique de la droite, il ne s’en est pas moins opposé à celle-ci et a amélioré, même si de manière insuffisante, la législation et donc la situation des sans-papiers.

 

Mais Martin Zerner montre sur ce point qu’il demeure implicitement dans la même approche des enjeux politique que les post-gauchistes. Il critique le PS pour les insuffisance de la loi Chevènement. Très bien. Mais il critique aussi implicitement l’abstention du PCF au moment du vote au Parlement, celle-ci ayant permis le passage de la loi. Ce faisant, il fait totalement abstraction de la situation concrète, c’est-à-dire d’un vote au Parlement pour remplacer une loi par une autre. Si la loi devant remplacer celle en vigueur est recalée au Parlement, c’est donc la première qui continuera à s’appliquer. En l’occurrence si une majorité de députés avait scellé une alliance contre nature PCF-UDF-UMP contre la loi Chevènement, on en serait resté au statu quo… c’est à dire à la loi Debré ! C’est cette absurdité qu’ont prôné les personnes critiquant le PCF et réclamant l’abrogation de la loi Chevènement à peine celle-ci votée[25].

 

Même si Martin Zerner s’en défend, la haine du PS est bien le fil conducteur. Si le PC est critiqué ce n’est pas pour sa politique propre mais parce que « la recherche d’alliance avec la SFIO, puis le PS, a été le fil conducteur de la politique du PCF depuis 1952 ». Et d’ajouter qu’elle « a en conduit en particulier au vote honteux des pleins pouvoirs au gouvernement le 12 mars 1956 »[26]. Si les fautes imputées au PCF sont exactes (et il y en a eu beaucoup d’autres), l’argumentaire pose deux problèmes conséquents. Le premier est que le PCF n’a pas eu besoin de céder aux sirènes du PS pour mener des actions contraires aux intérêts des travailleurs. On pourrait disserter sur son attitude lors de tous les grands rendez-vous révolutionnaires, de 1936 à 1945 et à 1968, par exemple. Pour en rester à la question des ouvriers sans-papiers, le PCF a défendu des positions violement hostiles aux immigrés clandestins et fait signer des pétitions pour leur expulsion jusqu’au milieu des années 1990[27]. Ce n’est guère qu’à partir de Saint Ambroise qu’il a amorcé son bienvenu tournant à 180° sur la question. Le second problème de fond est celui des alliances. Qu’aurait du et que devrait faire le PCF ? Se préserver de la corruption en cultivant son pré carré et en ne cherchant pas à passer d’alliances ? Sinon avec quelle autre force conséquente sinon le PS ? Le fait est qu’il n’y aura pas, et demain encore moins qu’hier, de changement sans prise en compte du Parti socialiste. On peut toujours regretter qu’un aussi grand nombre de salariés et de citoyens apportent un soutien (au moins électoral) au PS. Ceci pose avec d’autant plus de force la question suivante, qui devrait pourtant être au cœur des préoccupations d’acteurs des mouvements sociaux se voulant conséquents : comment arracher les gens à l’influence de ce parti ? Question subsidiaire : croit-on que c’est par le mode de la dénonciation péremptoire qu’on y parviendra ?

 

Les post-gauchistes et les anarchistes semblent implicitement d’accord avec cette dernière option. Pire, ils se laissent tenter par l’option, pour le coup stalinienne, de la destruction de l’influence politique de concurrents par la coercition physique. Ce faisant, ils se trouvent totalement à contre-courant des aspirations de la majorité de nos concitoyens qui considèrent que la priorité des priorités est de sortir Raffarin voire Chirac et que le vote socialiste n’est pas le plus mauvais outil pour cela, au contraire.

 

Préserver « l’autonomie » des mouvements sociaux ?

 

Finalement, le « débat » entre les « soutiens » a rebondi le dimanche 6 mars quand Jean-François Hirsch, « cinéaste militant » a lancé un pavé dans la mare : un texte diffusé sur la liste Pajol dénonçant la « récupération » du combat des sans-papiers par « certaines organisations ». Après avoir vitupéré en particulier le « noyautage par la CNT du 9ème collectif qui tente de faire croire à sa pseudo-autonomie », Hirsch a formulé quelques propositions iconoclastes. La plus savoureuse est celle d’une « table ronde qui dénoncera les activités de ces collectifs noyautés, qui les sanctionnera et qui remettra de l’ordre dans une lutte qui ne serait (sic) être récupérée ».

 

Ne ne discuterons pas ici plus avant du rôle prêté à la CNT dans le « 9ème collectif », n’ayant aucun élément concret à notre disposition. Mais on notera quand même que cette organisation est d’une part très présente autour du collectif et d’autre part qu’elle a un bilan bien chargé d’affrontements physiques avec le PS et autres agressions mutuelles. Les contradicteurs de Hirsh ont abondamment dénoncé ce qui serait selon eux de la « diffamation » à l’encontre de la CNT. Nous n’entrerons pas ici dans ce débat, à part pour dénoncer fermement l’utilisation par Hirsh du terme « fascisme rouge ». Le terme de « fascisme » est quelque chose de beaucoup trop grave pour être galvaudé et surtout il ne peut pas y avoir par essence de fascisme rouge[28]. Historiquement le rouge représente le mouvement des travailleurs pour leur émancipation. C’est la couleur du drapeau du prolétariat, brandit sur les barricades depuis le XIXème siècle et souvent entaché du sang de ceux qui le portaient. Le fascisme c’est la réaction anti-ouvrière la plus bestiale et l’écrasement du mouvement ouvrier puis l’abolition de toutes les libertés. Tenter d’accoler les deux termes, « fascisme » et « rouge », contribue encore à rendre confus les enjeux politiques et à obscurcir les consciences.

 

Mais paradoxalement l’hostilité farouche de Jean-François Hirsch envers « certaines organisations » n’implique pas pour lui de désaccord avec la tactique suivie et en particulier avec l’offensive contre le Parti socialiste menée par le 9ème collectif. Son seul soucis semble être d’expulser ce qui reste de militants politiques organisés des collectifs de sans-papiers. Ce à quoi Christian Delarue de Rennes rétorquait immédiatement qu’il était stupide de « diviser » alors qu’ « il y a déjà peu de monde pour ce combat ». Ce dernier élément vidant selon lui de contenu « la référence fétiche à l’autonomie »

 

Mouvement social… ou mouvement sociétal ?

 

Cette référence mérite qu’on s’y arrête un peu car c’est elle qui structure largement la démarche de la gauche mouvementiste. Dans son acception traditionnelle, le mouvement social était un terme générique plus ou moins identifié au mouvement de lutte du salariat. Depuis l’émergence des « nouveaux mouvements sociaux » dans les années 1970 et surtout de l’abandon de la grille de lecture marxiste des phénomènes sociaux, un mouvement social s’identifie simplement à l’action collective d’une catégorie particulière de la population. Cette action qui conteste une forme de domination « en appelle contre elle à des valeurs, à des orientations générales de la société qu’elle partage avec son adversaire »[29].

 

Les plus naïfs des partisans de l’autonomie des mouvements sociaux confondent en réalité deux choses : une autonomie absolue et un refus légitime des manipulations. Nous avons vu plus haut que ce dernier soucis était parfaitement légitime concernant le « mouvement » des sans-papiers. Mais pour ce qui concerne l’autonomie en soi, c’est une autre affaire. Et pour commencer posons une question simple : autonome par rapport à quoi ? S’il s’agit d’être autonome vis-à-vis de l’Etat et du gouvernement, çà devrait aller sans dire (même si çà va toujours mieux en le disant[30]). Mais ce n’est pas à cela que font allusion les théoriciens de l’autonomie des mouvements sociaux[31]. Ils veulent que ceux-ci soient indépendants les uns des autres et indépendants des forces électorales, en particulier de gauche. Ce faisant, ils contribuent à la dislocation du prolétariat comme classe pour soi car ils lui interdisent de se rassembler en unifiant ses différentes luttes sectorielles et d’autre part de prétendre à exercer le pouvoir, y compris en se plaçant sur le terrain électoral.

 

Au delà des conflits à court terme et des énervements, il y a finalement une collusion objective entre les leaders des « mouvements sociaux » et les Hollande, Strauss-Kahn, Aubry… Les uns comme les autres s’opposent à un changement radical, à un « mouvement sociétal » qui, lui, entrerait en conflit avec les institutions de la domination. Les velléités d’autonomie des mouvements sociaux renvoient à une peur de l’organisation politique comme portant potentiellement un projet social alternatif. Dans le cas du « mouvement des sans-papiers »[32] la crainte évidente est celle d’une influence des révolutionnaires, ceux-ci étant des « agents actifs de destruction des mouvements sociaux »[33] dans le sens où ils pourraient vouloir les transformer en mouvements sociétaux.

 

Ce que signifie le gauchisme aujourd’hui

 

Le gauchisme des origines, dans les années 1920, était le produit de l’impatience révolutionnaire, une « maladie infantile » du communisme[34]. Ses principales manifestations étaient le refus de la participation électorale, le refus de l’unité avec les socialistes et l’abandon des syndicats. Il manifestait avant tout une incompréhension devant le retournement de la conjoncture politique et le passage à une position défensive après l’échec de l’extension de la révolution Russe à d’autres pays d’Europe.

 

La seconde vague gauchiste se développa dans le milieu des années 1960, exprimant principalement une critique de l’attitude ouvertement contre-révolutionnaire des Partis communistes officiels face à la montée du mouvement des masses sur le plan mondial : luttes anti-coloniales, mai 68, révoltes étudiantes, printemps de Prague, etc.

 

Le post-gauchisme partage un certain nombre de points communs avec ses prédécesseurs, en particulier la valorisation des actions minoritaires et l’incompréhension de la nécessité d’une politique unitaire vis-à-vis des partis de gauche et des grandes organisations syndicales. Par contre il se développe dans un contexte différent et sans remettre fondamentalement en cause les cadres mêmes du système.

 

Si l’on reprend la totalité de la prose écrite par la CNT, la FA, le CAE et les « soutiens » autour de l’occupation de la fédération du PS de Seine Saint Denis et ses suites, force est de constater qu’à aucun moment la question des sans-papiers n’est resituée dans son contexte socio-économique. A aucun moment on ne fait allusion à l’existence de classes sociales et à l’appartenance des sans-papiers au monde du travail. A aucun moment on ne prononce le terme d’ouvrier pour les désigner. L’ensemble des arguments donnés sont prononcés à partir d’une posture morale et, au mieux, d’un universalisme désincarné[35].

 

Le post-gauchisme se déploie donc uniquement dans le champs de la politique institutionnelle et en propose une critique interne. S’il dénonce la politique du réformisme, du social-libéralisme etc, c’est sans appuyer cette critique sur un projet social alternatif. Son point de vue est celui de la démocratie radicale mais la grille de lecture du réel en terme d’analyse de classe est totalement absente. Dans ce sens, le post-gauchisme demeure l’aile extrême du citoyennisme[36].

 

Concernant la lutte des sans-papiers, le post-gauchisme fleurit sur les ruines d’un mouvement pulvérisé, démoralisé et victime de toutes sortes de manœuvres. Cette démoralisation et ce recul de conscience sont en prise directe afin la reconduction de Chirac en 2002 qui a bouché toute perspective de modification législative favorable aux ouvriers sans-papiers.

 

Ce n’est pas étonnant que le gauchisme actuel se développe en bonne intelligence avec une forme d’anarchisme, partageant un certain nombre de points communs : absence d’analyse des causes de l’exploitation et de l’oppression, absence de théorie et de stratégie, négation du nécessaire débouché politique des luttes sociales, refus de poser la question du pouvoir.

 

On notera ici que les post-gauchistes eux-mêmes ont porté une part de responsabilité dans cette obscurcissement de l’horizon politique dont ils sont en partie le produit. De la LCR à José Bové en passant par un certain nombre d’anarchistes et autres libertaires tout le monde s’est précipité derrière Chirac, devenu par l’opération du saint esprit un rempart contre le fascisme lors de la présidentielle de 2002 ![37] Nous avons déjà eu l’occasion de démontrer comment ce confusionnisme a été un sérieux facteur de recul de la conscience de classe[38].

 

Une stratégie pour le mouvement des ouvriers sans-papiers…

 

La lutte des ouvriers sans-papiers mettra des années à se remettre des défaîtes qu’ont été la victoire de Chirac et les lois Sarkozy. Comme le notait l’Association populaire d’entraide lors de sa cinquième assemblée générale [39] « Seule une action impliquant des centaines de milliers de personnes pourrait créer un rapport de force contraignant le gouvernement à céder sur toute la ligne ou contribuant à favoriser l'arrivée d'une majorité favorable à la régularisation aux prochaines législatives ». C’est à partir de cette analyse qu’il faut définir «une stratégie, des tactiques et des méthodes de travail correctes ».

 

Voici la manière dont elle était formulée par la 5ème assemblée générale : « Nous défendons une analyse spécifique en ce qu'elle considère le problème des sans-papiers comme un problème du monde du travail, lié à la fois à l'internationalisation de la classe salariée et à sa division et sa précarisation. Au delà de la solidarité humaniste avec des gens qui souffrent, émerge la nécessité d'une solidarité de classe et d'une action visant à défendre l'unité de statut et de droits de l'ensemble des salariés. Dans ce sens, la question des sans-papiers appelle l'engagement actif de l'ensemble des forces représentant le monde du travail, c'est-à-dire principalement les organisations syndicales ». L’association précisait alors ce avec quoi elle était en désaccord radical et ce qu’elle préconisait : « Nous sommes catégoriquement contre : - les actions aventuristes et désespérées comme les grèves de la faim

- les occupations de lieux de culte

- les actions médiatiques désordonnées et manipulatrices

- la confusion entre nos ennemis (la droite) et nos alliés potentiels (la gauche)

Nous sommes résolument pour :

- toutes les actions visant à élever le niveau de conscience et d'organisation

- toutes les actions visant à gagner un soutien dans la population laborieuse

- une interpellation énergique des partis de gauche et surtout des syndicats (principalement FO et la CGT)

En conséquence, l’Association populaire d’entraide a pris l’initiative d’une « lettre ouverte à nos camarades du mouvement syndical » [40]. Cette lettre ouverte, malheureusement toujours d’actualité, se concluait par la revendication « de l’organisation des sans-papiers dans le cadre syndical », celle de « la défense sans faille du principe : à travail égal salaire égal » et celle «d’une régularisation générale et sans conditions avec la carte de 10 ans ».

 

Les post-gauchistes, aventuristes et autres partisans de la guéguerre avec le Parti socialiste alors que la droite UDF-UMP est au pouvoir tournent résolument le dos à cette stratégie qui est celle du rassemblement des forces ouvrières et populaires. Ils ne font qu’ajouter la division à la division. L’unité d’action contre la droite et pour les revendications impose la prise en compte de toutes les organisations exerçant une influence sur le monde du travail. Et celle du Parti socialiste sur l’électorat comme sur le mouvement syndical et associatif le rend absolument incontournable. Bien entendu, l’union est un combat et pour qu’elle puisse se réaliser il faut combattre politiquement les directions des grands partis et syndicats, à commencer par l’équipe Hollande – Aubry - Srauss Kahn. Là est le rôle des militants les plus conscients. Mais pour le remplir il faudra qu’ils adoptent des méthodes plus intelligentes que celles qui sévissent dans le mouvement des sans-papiers ou qui ont suscité le jet d’œufs pourris sur Hollande alors qu’il participait à la manifestation de Guéret pour la défense des services publics le samedi 5 mars.

 

… comme partie prenante d’une stratégie pour toute la gauche

 

L’unité d’action du monde du travail est la seule à même d’apporter la satisfaction aux revendications des ouvriers sans-papiers comme à celle des mal-logés, des chômeurs et du reste des salariés. C’est à travers elle, et donc par l’appui sur les vieilles organisations et dans le même temps la lutte idéologique contre leurs directions qu’elle peut se réaliser et ouvrir des perspectives de changement social. L’unité d’action pose aussi la question du pouvoir politique : qui va gouverner et pour faire quoi ? Et la réponse transitoire ne saurait être que la revendication d’un gouvernement des partis s’appuyant sur le monde du travail ; un gouvernement élu pour mettre en œuvre un programme anticapitaliste.

 

Par leur compromission avec l’Etat et leur culture institutionnelle, les formations parlementaires de la gauche et les bureaucraties syndicales sont foncièrement hostiles à un mouvement d’ensemble du prolétariat. Par leur a-politisme anarchisant et leur mode de pensée moralisateur, les post-gauchistes le sont tout autant.



[1] La plupart des éléments sur lesquels se base la présente analyse sont issus de « Pajol », une liste de discussion internet spécialisée dans l’information sur les luttes de sans-papiers. Abonnement par mail : écrire à zpajol-on@rezo.net. D’autres informations sont disponibles sur le site http://pajol.eu.org/ qui consacre une rubrique aux activités du 9ème collectif.

[2] Mail sur Pajol le 15 janvier

[3] Bien que Hirsh ait été immédiatement dénoncé comme « déséquilibré » sur Pajol par « Cédric », un « soutien », aucun démenti n’a été donné sur ce point.

[4] C’est le cas à Montreuil par exemple avec un « collectif » animé par des membres et sympathisants de la LCR

[5] http://www.le-militant.org/retraite/retraite.htm

[6] http://www.le-militant.org/education/leslyceensontraisonde.htm

[7] Le mot peut sembler fort mais comment qualifier autrement le comportement des gens qui veulent « aider » les « pauvres » sans-papiers pour expier les crimes du colonialisme français tout en agissant comme si les étrangers étaient trop arriérés pour se prendre en charge eux-mêmes ?

[8] communiqué du 16/01

[9] Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers. Fédération regroupant Amnesty international, la CIMADE, la Ligue des droits de l’homme, des syndicats CFDT…

[10] Confédération nationale du travail, syndicat anarchiste

[11] « une quarantaine de personnes appartenant à AC !, à la CIP et à la CNT » selon la Coordination des intermittents précaires d’Ile de France

[12] Groupe Information et Soutien aux Immigrés, association principalement composée de juristes

[13] Comité anti-expulsion, groupe « spécialisé » dans les actions aux aéroports, proche des maoïstes de Voie Prolétarienne

[14] Mail de « Lucia » sur Pajol

[15] http://www.csa-tmo.fr/dataset/data2005/soc20050126.htm

[16] Mail de « Solange » sur Pajol

[17] Pour les détails de cette action, toujours en cours au moment où ces lignes sont écrites, voir le site http://paris.indymedia.org/ qui en tient la chronique quotidienne.

[18] Mail de « Marc » sur Pajol

[19] Mail de « Guillaume » sur Pajol

[20] Lointain ancêtre de la tendance Socialisme international de la LCR et du bulletin Ni Patrie ni Frontières

[21] Section Française de l’Internationale Ouvrière, sigle du Parti socialiste avant le congrès d’Epinay (1971)

[22] Minerval, le 28/01

[23] 28/01

[24] Groupe lié à diverses organisations maoïstes issues des Brigades rouges, pratiquant la lutte armée en se réclamant explicitement de Staline (TKP-ML de Turquie) ou n’hésitant pas à liquider physiquement leurs opposants (PC des Philippines).

[25] Un phénomène similaire s’est produit au moment du vote de la loi Aubry sur les 35h. Certains groupes comme la Gauche révolutionnaire ont alors réclamé son « abrogation ». Cf. Raymond Debord « réponse d’un syndicaliste à l’appel pour l’abrogation de la loi Aubry » (http://www.le-militant.org/praxis/reponse.htm). Aujourd’hui les mêmes appellent à manifester avec la syndicats pour défendre la loi Aubry contre sa dilution par Raffarin…

[26] C’est-à-dire face à l’insurrection algérienne.

[27] Augustin Balby L’immigration et la gauche in : Prométhée n°27, 1996

[28] Même si certains fascistes authentiques usurpent les références révolutionnaires : Parti communautaire national-européen, Parti national-bolchevique de Russie etc.

[29] Alain Touraine, "Pourrons-nous vivre ensemble? Égaux et différents" (Fayard, 1997)

[30] Voir le nombre d’institutions antiracistes ou de défense des droits de l’homme qui tirent l’essentiel de leurs moyens d’existence des subventions de l’Etat.

[31] En 1998, un « appel pour l’autonomie du mouvement social » était d’ailleurs signé par pléthore de syndicalistes et responsables associatifs par ailleurs membres de la LCR, des Verts, d’organisations anarchistes etc.

[32] On entendra par là l’ensemble des actions menées par le conglomérat des collectifs, coordinations et soutiens parlant plus ou moins en leur nom.

[33] Touraine, opus cité

[34] Lénine « la maladie infantile du communisme : le gauchisme » (http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/gauchisme.htm)

[35] La « liberté de circulation ». Pour une critique de cette posture voir R. Debord « faut-il revendiquer l’ouverture des frontières ? » (http://www.le-militant.org/immigration/ouverture.htm).

[36] On portera au crédit des courants gauchistes « orthodoxes » d’être les seuls à s’attaquer à un travail de définition et de critique de ce courant de pensée. Voir, entre autres, le site http://web.tiscali.it/anticitoyennisme/

[37] Cf. Vincent Présumey : comment Chirac a gardé le pouvoir (http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/docs/CommentChirac.htm)

[38] Militant « l’aventurisme gauchiste frappe à nouveau » juillet 2003 (http://www.le-militant.org/immigration/aventurisme.htm)

Raymond Debord : « sans-papiers : un mouvement aventuriste et manipulé » avril 2003 (http://www.le-militant.org/immigration/mouvaventur.htm)

[39] http://www.le-militant.org/ape/motionsp.html

[40] http://www.le-militant.org/immigration/lettreouverte.htm