La Voie Populaire n°32 (août 2002)
VERS DES ATTAQUES
CONTRE LES IMMIGRES ?
DU LE PEN SANS LE PEN. Telle risque d’être la politique du gouvernement envers l’immigration, au moment même où les autres pays européens plaident tous pour un renforcement des contrôle aux frontières
Si la droite n’a pas annoncé de réforme des lois sur l’immigration, on peut s’attendre à ce qu’elle en livre une interprétation beaucoup plus restrictive que ses prédécesseurs.
Le seul élément potentiellement favorable annoncé serait le traitement des dossiers d’asile territorial par l’OFPRA et non plus par les préfectures. Compte-tenu du taux de refus (plus de 96 %), cela ne risque que de s’améliorer...
Pour le reste, qu’on ne compte pas trop sur les opérateurs de la manière forte contre les sans-papiers (évacuation de Saint Bernard) et des restrictions à l’hébergement des étrangers pour mener une politique humaniste.
D’autant que la question de l’immigration risque maintenant d’être assez largement abordée sous l’angle de la soi-disant «guerre contre le terrorisme» et par conséquent de l’agitation nauséabonde contre la «menace intégriste» dans les banlieues...
Il est d’ores et déjà évident que tout un aspect de la politique sécuritaire de Sarkozy va consister en une offensive généralisée contre les jeunes des quartiers populaires de banlieue, avec les risques de bavures que l’on sait.
Si Chirac a nommé une secrétaire d’Etat «beur» (ce que les socialistes n’ont jamais osé), cet arbre risque fort de n’avoir pour fonction que de masquer la forêt des discriminations.
Pour les travailleurs immigrés et leurs enfants, la vigilance la plus extrême s’impose donc. La faiblesse du gouvernement est néanmoins un encouragement à la résistance car rien ne dit qu’il ait les moyens de sa politique.
Quant à la gauche et aux organisations syndicales, espérons qu’elles sauront enfin prendre leurs responsabilités après des décennies d’hypocrisie et de refus de soutenir des luttes qu’elles ne sont pas en mesure de dévoyer, comme celle des ouvriers sans-papiers des foyers.