Une entreprise « récupérée » en Argentine :

Rencontre avec une délégation des salariés de l’hôtel Bauen

Stéphane FUSTEC (janvier 2006)

 

Construit grâce à un prêt public en 1997, l’hôtel BAUEN sera vendu 12 millions de dollars à un homme d’affaire Chilien qui n’en paiera que 4 avant de fermer l’hôtel en 2001.

En mars 2003, une trentaine d’anciens salariés créent une coopérative et occupent l’établissement.

Cet hôtel situé en plein centre ville et qui compte 200 chambres est lentement rendu à la vie et emploie aujourd’hui plus de 135 salariés.

60% des bénéfices sont réinvestis, 40% sont redistribués égalitairement aux salariés, ce qui leur permet de percevoir un salaire d’environ 325 dollars par mois.

L’hôtel fonctionne bien avec 50% de clientèle étrangère et un centre de congrès très dynamique.

Loin d’être unique en Argentine où les entreprises récupérées représentent prés de 10000 emplois, le cas de l’hôtel BAUEN reste atypique dans le secteur des services.

L’encadrement n’ayant pas suivi, le mouvement coopératif a du miser sur la formation, notamment en matière commerciale et en gestion.

Les cours assurés par des bénévoles ont fait l’objet d’échanges avec des prêts de salon et c’est ainsi que femmes de chambre ou réceptionnistes sont devenus commerciaux ou gestionnaires.

Les salariés ont également fait rentrer la culture dans l’entreprise qui dispose désormais d’un théâtre.

Aidé lors de sa création par le MNER (mouvement national des entreprises récupérées), les « BAUEN » sont bien décidés à apporter leur pierre à la fédération des entreprises récupérées.

Ils investissent une partie de leurs bénéfices dans des entreprises du même type ou fonctionnent sur un système d’échange.

Si une loi de 2002 sur les faillites accorde un statut légal à certaines entreprises récupérées, le cas de l’hôtel BAUEN est loin d’être réglé…

En décembre dernier, le parlement de la ville de BUENOS AIRES a voté une loi qui oblige les travailleurs à rendre l’hôtel à ses supposés propriétaires, propriétaires qui n’ont jamais payé leurs dettes.

Conformément à leur devise : Occuper, résister, produire, les « BAUEN » entendent bien maintenir l’exploitation sous le mode de l’autogestion.

 

 

 

Voir aussi :

 

Atteinte à la liberté d’opinion

Le maire de Villeneuve le Roi interdit une initiative associative de solidarité avec le peuple Argentin.