De : union régionale des syndicats UMT- RABAT-SALé -TEMARA.

Date : vendredi 22 avril 2005 13:54

Objet : Libération des syndicalistes des mines d‚Imi ni :fin d‚un feuilleton mouvementé.

 

Bonjour cher-e-s camarades,

 

félicitations à tous les militant-e-s au Maroc et à l'étranger pour cette victoire.

 

 

 

khouya mhamed.

 

Mines IMINI -

 

OUARZAZATE- au sud du MAROC.

 

 

POUR CONSULTER LES PHOTOS : http://www.imini.skyblog.com http://www.imini.skyblog.com/

 

 

 

Libération : Fin d’un feuilleton judiciaire mouvementé.

 

 

Ouf, les ouvriers des mines d’Imini près d’Ouarzazate peuvent enfin dormir tranquillement. Et pour cause, l’un des feuilletons horribles qu’ils ont vécu depuis environ une année vient de prendre fin. Leurs six camarades détenus dans le cadre de cette affaire désormais notoire à l’échelle internationale avec les comités de soutien à Bruxelles, Amsterdam, Lille et l’implication de la Confédération mondiale de travail, viennent d’être libérés, même avec sursis. La liberté ne reconnaît en fait aucun sursis. C’est une liberté, point c’est tout.

Des chants de victoire ont été ainsi entendus lundi tard le soir au sein de la Cour d’appel d‚Ouarzazate, puis devant la prison civile de la ville. L’élargissement des six ouvriers des mines d’Imini condamnés en première instance à 10 ans de prison ferme était le couronnement d’une oeuvre inlassable de la part d’abord des villageois qui ont tenu bon jusqu‚à la fin. Des médias ensuite et enfin des comités de soutien. Le verdict de la Cour d’appel de second degré, a réduit à deux ans de prison ferme avec sursis la peine auparavant écopée.

Dans une salle archicomble et envahie notamment par les villageois d’Imini, la confrontation des témoins à laquelle cette séance a été réservée a eu lieu enfin. Le voeu de la défense et de Mohamed Khouya, secrétaire général des ouvriers, dans son communiqué demandant au procureur du Roi de convoquer tous les témoins de sa défense a été exaucé. Ce qui va suivre provoquera à maintes reprises des rires aux éclats, surtout devant l’incohérence des propos de plusieurs témoins appelés à la barre. L’affaire sentait un grand complot. Ceci a fini par convaincre la cour de l’impertinence des chefs d‚accusation contre Khouya et ses camarades, notamment ce qui a trait à l’entrave à la liberté de travail et aux coups et blessures entraînant la mort d’une personne sans intention de la donner.

En effet, plusieurs témoins sont revenus sur leurs propres déclarations, pourtant dûment signées et approuvées. Les différentes déclarations avaient dans les séances précédentes, insisté sur la présence du syndicaliste Mohamed Khouya sur les lieux des affrontements, alors qu’à cette séance un deus ex machina a subitement pris place. Mohamed Khouya disparaît du théâtre. La défense en a vu un alibi tangible pour annuler purement et simplement la sentence de la première instance.

Par ailleurs, sur Internet, il était possible, le soir même du procès, de relever qu’à Bruxelles allait se tenir, le 23 avril courant, une soirée de soutien aux détenus d’Imini. Un syndicaliste a commenté qu’il espère que ce soit une rencontre de joie et de fête à la faveur d’une sentence d’innocence. «Je suis syndicaliste, et conscient que les acquis n’arrivent pas en amas, mais en cumul», a-t-il ajouté.

Selon la version syndicale des faits, les détails de cette affaire remontent au 15 avril de l‚année dernière quand les ouvriers des mines d’Imini ont été pris d‚assaut par des éléments en dehors du village et des mines. Ils ont été conduits à bord d‚un ou deux camions, au vu et au su des autorités relevant de la localité d’Imerzegane et d la préfecture d’Ouarzazate. Les jeunes à bord étaient leurrés. Ils croyaient aller tourner des images d’un film dans la mine à 200 dh qu’ils ont reçus à l‚avance.

Plus, relate un responsable syndical, les assaillants sont passés à travers plusieurs barrages de police et de la gendarmerie sans aucune opposition. Le caid d’Imerzegane, dernière station pour Imini, avait même assuré les représentants des ouvriers en sit-in, venus l’aviser, que rien de tel n’allait se passer et que la loi allait être appliquée. En vain, dans ces régions du Maroc, il reste encore des vestiges de l’ancienne mentalité makhzénienne (du Makhzen le pouvoir central).

Les propos de Mohamed Khouya qui est un conseiller communal à Imerzegane, vers la fin du procès étaient, on ne peut plus clairs. «Ce sont ces gens qui entravent cette avancée de notre pays, ils font reculer le train pour des intérêts mesquins», a-t-il commenté. Pas pour longtemps. Jeunes, le jury et le procureur avaient fait preuve d’une grande maturité et d’une intégration dans l’ère de la réconciliation. Bon point.