Militant n°2 - juillet 2003

après la défaite des troupes irakiennes

MISE EN PLACE DU POUVOIR NEO-COLONIAL

 

DIMANCHE 13 juillet, le Conseil de gouvernement irakien mis en place par les USA a tenu sa séance inaugurale en grande pompe.

  La première décision prise a été de proclamer le 9 avril, date de la défaite de l’armée irakienne, comme fête nationale et jour férié.

  Contrairement à ce qui a été dit au début du conflit, celui-ci a donc été relativement court et les alliés anglo-américains ont vaincu assez facilement, même s’ils ont fait le choix de laisser derrière eux quelques poches de résistance pour foncer vers Bagdad.

  Ce résultat était prévisible et il ne fallait pas être un grand expert militaire pour voir sur les images de CNN comme d’Al Jazihra qu’il n’y avait ni levée en masse ni installation de défenses anti-chars ou autres dans les villes. La supériorité militaire américaine est une chose, l’absence de volonté de résister en est une autre. Les images de Bagdad ne ressemblaient ni à celles de Stalingrad ni à celles du Vietnam.

boite de Pandore

   Il est vrai qu’une véritable résistance nécessite un minimum de consensus national que la dictature baasiste n’a à aucun moment cherché à susciter. Depuis la première guerre du Golfe, aucun geste n’a été fait en direction des kurdes, les opposants chiites ont été massacrés et la gauche est demeurée bannie. S’étant lui même isolé au maximum, le pouvoir ne pouvait compter que sur ses propres forces pour résister et se trouvait de fait coupé de l’écrasante majorité de la population.

  Comme on pouvait s’y attendre, la victoire américaine a ouvert la boite de Pandore. Si les mouvements chiites intégristes n’ont pas soutenu la défense nationale au moment de l’attaque américaine, ils n’ont aucunement l’intention de laisser un pouvoir à la solde des USA s’installer durablement. Il y a aujourd’hui un vrai risque que s’installe une République islamique sur le modèle de l’Iran.

  Aujourd’hui, les troupes américaines sont en train de s’ensabler, au sens propre comme au sens figuré. Il n’y a pas un jour sans que des attaques meurtrières ne les frappent. Si une partie de ces attaques émanent de structures de guérilla urbaine du Parti Baas, d’autres sont vraisemblablement l’oeuvre de francs-tireurs chiites.

  Actuellement, les américains discutent pour savoir si un chiffre de 300 à 400 pertes par an est acceptable dans l’hypothèse d’une occupation prolongée. Il n’est pas du tout certain que l’opinion américaine l’entende ainsi.

  Par ailleurs, la révélation des mensonges des gouvernements américains et britannique, abondamment relayée par tout le monde (y compris des opposants à la guerre) sur les prétendues «armes de destruction massive» retire aux alliés les arguments qu’ils avaient mis en avant pour intervenir.

  Les seules armes de destruction massive sont celles dont dispose le pouvoir américain et dont il a démontré sa capacité à les utiliser.

  Ceci fait, encore faut-il être capable de s’appuyer un minimum sur des civils, même achetés. Paul Brenner, administrateur américain de l’Irak a pourtant été parait-il très réticent à en donner un minimum au nouveau gouvernement qu’il a désigné n