Objet : Appel ˆ solidaritŽ avec les ouvrires et ouvriers de ÎÎPompinou Confortââ ö Fs (Maroc)

Date : jeudi 1 mars 2007 23:22

De : union rŽgionale des syndicats UMT- RABAT-SAL Ž -TEMARA

Ë : militant@le-militant.org

Conversation : Appel ˆ solidaritŽ avec les ouvrires et ouvriers de ÎÎPompinou Confortââ ö Fs (Maroc)

 

Appel ˆ solidaritŽ avec les ouvrires et ouvriers de ÔÔPompinou ConfortĠĠ – Fs (Maroc)

 

 

 

Nous, ouvrires et ouvriers de la sociŽtŽ ÔÔPompinou ConfortĠĠ, spŽcialisŽe dans lĠameublement, en sit-in et grve depuis le 8 septembre 2004 devant le sige de la sociŽtŽ ˆ la zone industrielle (ZI) Sidi Brahim – Fs (Maroc), jusquĠˆ lĠobtention de nos droits et la satisfaction des revendications suivantes :

 

-         amŽlioration des conditions sanitaires de travail, surtout que la sociŽtŽ utilise des produits chimiques dangereux pour notre santŽ ;

 

-         application de lĠaccord signŽ dans le cadre de la commission nationale et comprenant 9 revendications :

 

mise ˆ disposition du matŽriel de prŽvention pour 25 ouvriers les plus exposŽs, en attendant lĠinstallation du systme dĠaŽration adŽquat dans les plus brefs dŽlais ;

association du syndicat dans la procŽdure de recherche de lĠŽtablissement qui installera le systme dĠaŽration dans les plus brefs dŽlais ;

abandon des poursuites judiciaires de la sociŽtŽ contre les ouvriers ;

paiement des jours de grve et reprise du travail par les travailleurs ;

application de lĠaccord de la direction de la sociŽtŽ concernant la participation ˆ la mutuelle (25% des 14%) au profit des ouvriers, en attendant un accord avec une sociŽtŽ dĠassurances ; application de lĠaccord de la direction de la sociŽtŽ concernant le paiement des indemnitŽs de logement – 100 dirhams ;

prŽparation dĠun rglement intŽrieur conformŽment au Code du travail, avec lĠaccord des dŽlŽguŽs du personnel et de lĠinspection du travail ;

tous les changements structurels devront respecter le Code du travail ;

abandon des sanctions prises par la direction contre certains ouvriers ;

reprise du travail le lundi 2 aožt 2004 de faon partielle et reprise totale dans un dŽlai dĠune semaine.

 

Au lieu de satisfaire nos revendications et droits lŽgitimes, la direction de la sociŽtŽ a prŽfŽrŽ nous rŽprimer ˆ travers :

 

-         le licenciement abusif de lĠouvrire Najia Moujahid ;

 

-         le transfert illŽgal des machines de lĠusine ;

 

-         lĠutilisation dĠouvriers temporaires en remplacement des ouvriers grŽvistes en violant lĠarticle 496 ;

 

-         la poursuite en justice contre nous afin de mettre fin ˆ notre sit-in – refus du tribunal de 1re instance en dŽcembre 2004 ;

 

-         la poursuite en justice – en cours – contre nous en utilisant lĠarticle 288 du code pŽnal ; les ouvriers compara”tront devant la cour dĠappel ˆ Fs le 12 mars 2007 aprs une premire dŽcision de justice : amende de 19 000 dirhams (un peu plus de 1 900 euros) pour 19 ouvrires et ouvriers.

 

Notre situation ne cesse de se dŽtŽriorer de jour en jour devant lĠattitude du patron et la passivitŽ complice des autoritŽs locales.

 

Nous nous adressons donc au mouvement social et ˆ tous les militants pour nous soutenir et nous aider dans notre lutte. Seule lĠunion de tous les travailleurs permettra dĠarrter cette agression et redonner leurs droits ˆ tous les ouvriers.

 

Pour soutenir les ouvrires et ouvriers de ÔÔPompinou ConfortĠĠ dans leur lutte lŽgitime, pour quĠils puissent retrouver leur travail et amŽliorer leurs conditions de travail, pour les aider devant la justice marocaine :

 

Faites circuler ce message et envoyez des lettres de protestation au :

 

-         Premier ministre : 0021237769995

 

-         Ministre de la justice : 0021237730772

 

-         Ministre de lĠemploi : 0021237768881

 

 

 

Envoyez des lettres de solidaritŽ aux ouvrires et ouvriers en grve :

 

 med_barbach@yahoo.fr   http://fr.f234.mail.yahoo.com/ym/Compose?To=med_barbach@yahoo.fr 

 

 

 

Info : LĠarticle 496 du code du travail :

 

Article 496 :L'utilisateur a recours aux salariŽs de l'entreprise d'emploi temporaire aprs consultation des organisations reprŽsentatives des salariŽs dans l'entreprise, en vue d'effectuer des travaux non permanents appelŽs " t‰ches ", uniquement dans les cas suivants :

 

- pour remplacer un salariŽ par un autre en cas d'absence ou en cas de suspension du contrat de travail il, ˆ condition que ladite suspension ne soit pas provoquŽe par la grve ;

 

 

 

LĠarticle 288 du code pŽnal marocain.

 

La loi 65-99 relative au code du travail marocain consacre et approfondit les entraves au droit de grve constitutionnellement garanti ˆ travers plusieurs dispositions. Par exemple Ç lĠentrave ˆ la libertŽ du travail È est considŽrŽe comme une faute grave pouvant entraver le renvoi sans aucune indemnitŽ du travailleur qui en est accusŽ. De mme, il consacre des textes et dispositions limitant lĠexercice du droit de grve,comme le fameux article 288 du code pŽnal - qui rŽprime le droit de grve par le biais de la soi-disant entrave ˆ la libertŽ du travail -.

 

 

 

Interview accordŽ par M. Abreham Serfaty ˆ lĠhebdomadaire marocain francophone La Nouvelle Tribune : Ždition du 1er au 7 mars 2001.

 

Ç A mon sens, lĠarticle 288 est une vŽritable atteinte ˆ la libertŽ du travail,il a ŽtŽ abrogŽ des lois dans les pays modernes depuis 60 ans au moins.Cet article dŽcoule du code pŽnal,confectionnŽ par deux juristes franais dĠextrme droite qui ont fait appliquer au MAROC,ce qui Žtait impossible dĠappliquer en FRANCE.

 

Dans le problme des conflits sociaux, il y a un retard gŽnŽral de la majeure partie du patronat dĠune part et,dĠautre part, des tendances dominantes dans les syndicats, quels quĠils soient, pour parler des principales, la CDT ou lĠUMT, par rapport ˆ ce quĠon appelle aujourdĠhui la modernitŽ. La majeure partie du patronat marocain est restŽe dans le systme du moyen-‰ge (MAKHZEN). Le patron fonde une entreprise,il charge un contrema”tre de servir de garde-chiourme, et quand les choses ne marchent pas, il va demander des subventions ˆ lĠEtat, au lieu dĠassurer la productivitŽ. De lĠautre c™tŽ,les ouvriers vont essayer dĠadhŽrer ˆ un syndicat. RŽsultat : le patron appelle la police et les fait emprisonner Ç pour atteinte ˆ la libertŽ du travail È,qui relve dĠun article du moyen-‰ge, lĠarticle 288 du code pŽnal en lĠoccurrence, que le gouvernement aurait dž abroger en premire prioritŽ. Dans les entreprises mieux structurŽes,les patrons et les reprŽsentants syndicalistes nĠont malheureusement pas cette notion de partenariat social,du fait du climat gŽnŽral des affrontements entre syndicat et patronat. En dŽfinitive, on se retrouve dans la notion dĠaffrontement, au lieu de fonder les bases dĠune entreprise citoyenne soucieuse de lĠintŽrt gŽnŽral du pays.È