Courrier Žlectronique de lĠUMT

18 mai 2006

 

 

Salut,

 

Excusez-nous bcp de ce retard. En fait, nous avons laissŽ le temps ˆ la CGEM (organsation professionnelle du patronat) d'intervenir pour essayer de convaincre la Direction de Sofitel Diwan de rŽintŽgrer la syndicaliste Mounia Fakhraoui et de dialoguer avec le Bureau Syndical. Mais le DG Mr. Henry Martinet persiste sur ses dŽcisions anti-syndicales. Nous comptons sur une large solidaritŽ pour faire prŽvaloir les droits lŽgitimes des salariŽs de l'H™tel.

 

Salutations syndicalistes.

 

 

Pour le respect des droits syndicaux ˆ lĠH™tel Sofitel Diwan Rabat (Groupe ACCOR)

 

Chronologie :

 

- le 22/05/2002 : crŽation du syndicat : UMT (Union Marocaine du Travail)

- le 03/06/2002 : prŽsentation des revendications

- le 07/06/2002 : Dialogue entre le bureau syndical et la Direction de lĠH™tel. (Les problmes de travail de nuit et du transport, Žtaient dŽjˆ posŽ en 2002)

 

Le bureau syndical nĠa pas terminŽ son mandat :

-       des membres ont ŽtŽ corrompus, dĠautre Ç mutŽs È, etc.

-       depuis lors, aucune reprŽsentation du personnel ˆ lĠh™tel.

- le 26/10/2005 :

-       renouvellement du bureau syndical

-       des pressions ont ŽtŽ exercŽes sur les nouveaux membres du Bureau pour dŽmissionner du syndicat

-       mesures de reprŽsailles contre les membres du bureau (Meryem Bechar, Nadia Moubarik É)

- le 22/11/2005 : rŽunion ˆ la dŽlŽgation rŽgionale de lĠemploi

- le 31/12/2005 : Mr. Alain Bonnard un des responsables de lĠh™tel, ivre, a insultŽ le syndicat et a jetŽ des assiettes par terre en criant. Cet incident a attirŽ lĠattention des touristesÉLĠUMT a protestŽ contre ce comportement irresponsable de ce "responsable". Le DG Žtait obligŽ de le licencier.

-Le 04/01/2006 : Mme Nadia Moubarik, la SG du bureau Syndical, se fait intimider par son chef hiŽrarchique Mr. Yassine Tamsamani qui ne veut pas lui reconna”tre sa qualitŽ syndicale.

- le 09/01/2006 : le DG Mr. Henry Martinet Žcrit ˆ lĠUMT pour lui signifier quĠil nĠa pas besoin des courriers du syndicat pour assurer ses responsabilitŽs !

- Au lieu de diligenter  une enqute, le DG convoque notre collgue Nadia en prŽsence de 2 de ses chefs (Tamsamani et BAKRI ) qui lĠont terrorisŽe pendant plus dĠune heure, en lĠaccusant de porter atteinte ˆ la rŽputation de lĠŽtablissement. Mr. Henry Martinet lui a mme jetŽ les courriers de lĠUMT au visage ; en lui criant Ç je mĠen fou de votre travail syndical È.

-Le 10/01/2006 : Le DG de lĠh™tel Sofitel Diwan-Rabat Mr. Henry Martinet a arrachŽ tous les documents dĠorigine syndicale du panneau syndical UMT, et a  qualifiŽ le travail syndical de << Bordel>>.

-   le 24/01/2006 : le personnel porte le brassard rouge pour protester contre cette campagne anti-syndicale.

-   Le 26/01/2006 : Le syndicat UMT a invitŽ la direction de lĠh™tel au dialogue

-   Le 15/02/2006 : Dialogue ˆ lĠh™tel en prŽsence de 2 responsables ACCOR : Mr. Rachid Bennouna et Madame Tijania Birouk ThŽpegnier.

-       La DG refuse de signer le PV du dialogue, (dŽsaccord sur le transport des femmes qui travaillent la nuit et la libertŽ syndicale, sachant que ces droits sont garantis par le code du travail).

-   le 18/04/2006 : journŽe de contestation  ˆ lĠh™tel :

port du brassard rouge

arrt du travail : (1 heure)  de 15h ˆ 16 h.

mouvement de protestation devant lĠh™tel.

-   le 19/04/2006 : la direction convoque des salariŽs pour signer des faux tŽmoignages contre notre collgue Mounia FAKHRAOUI

Deux de ces salariŽs, qui sĠabstiennent, sont immŽdiatement licenciŽs. Elles Žtaient sous CDD avec la sociŽtŽ RMO sous-traitante ˆ lĠh™tel.

-   le 20/04/2006 : licenciement abusif de notre collgue Mounia FAKHRAOUI (membre du bureau syndical)

-   le 25/04/2006 : rŽunion ˆ la dŽlŽgation rŽgionale de lĠemploi : MM. le dŽlŽguŽ rŽgional de lĠemploi et lĠinspecteur du travail confirment que la procŽdure lŽgale nĠa pas ŽtŽ respectŽe (art. 38 et 62 du code)  et demandent au DG de lĠh™tel (Mr. Henry Martinet) dĠannuler ce licenciement. Ce dernier demande un dŽlai de 48 heures pour consulter Accor Casablanca.

-   Le 01/05/2006 : une autre sanction est adressŽe ˆ notre collgue Nadia Moubarik (SG du bureau syndical de lĠh™tel). Et pour cause, Madame Nadia Moubarik qui avait travaillŽ jusquĠˆ une heure du matin a demandŽ ˆ la direction de lui assurer le transport de nuit lŽgal. Elle Žtait obligŽe de passer le reste de la nuit sur une banquette ˆ lĠh™tel !

-   Rappelons que plusieurs travailleuses ont ŽtŽ victimes de vols et agressions ˆ la sortie de lĠh™tel la nuit.

  

Contexte lŽgal

 

I - Concernant la reprŽsentativitŽ de lĠUMT ˆ lĠh™tel Sofitel Diwan (Accor) de Rabat, rappelons que :

 

- Le Maroc a ratifiŽ les conventions nos 98 et 135 de lĠOIT.

- LĠUMT est le seul syndicat existant ˆ Sofitel Diwan.

- LĠarticle 398 du code du travail stipule que : Ç Des syndicats professionnels peuvent tre librement constituŽs par des personnes exerant la mme profession ou le mme mŽtier, des professions ou mŽtiers similaires ou connexes concourant ˆ la fabrication de produits ou ˆ la prestation de services dŽterminŽs, dans les conditions prŽvues par la prŽsente loi et ce, indŽpendamment du nombre des salariŽs dans l'entreprise ou dans l'Žtablissement.

Les employeurs et les salariŽs peuvent adhŽrer librement au syndicat professionnel de leur choix.È.

- En outre, si lĠeffectif dĠune entreprise dŽpasse 100, les dŽlŽguŽs syndicaux bŽnŽficient de droits supplŽmentaires, ˆ savoir : les Ç mmes facilitŽs et de la mme protection dont bŽnŽficient les dŽlŽguŽs (Žlus) des salariŽs È (article 472 du Code).

- Comment la direction de Sofitel Diwan, peut-elle reconna”tre droit ˆ lĠexistence au syndicat et lui ignorer son droit ˆ la nŽgociation ? 

 

II - Concernant notre collgue MOUNIA FAKHRAOUI membre du bureau syndical de lĠh™tel Sofitel Diwan (ACCOR)-Rabat :

 

- A la veille de la journŽe de contestation du 18/04/2006, Madame Mounia FAKHRAOUI est menacŽe dĠtre licenciŽe par la direction. Mounia FAKHRAOUI Žtait trs active dans la mobilisation et lĠorganisation de cette action militante. (voir photos ci-jointes)

- Le 19/04/2006 matin, le directeur financier Mr. Brahim BAKRI et un autre responsable de lĠh™tel (Mr. TAJI Mohammed),  ont convoquŽ quelques salariŽs et leur ont demandŽ de signer des faux tŽmoignages disant que Mme Mounia FAKHRAOUI a " insultŽ son chef ". Deux de ces dames, relevant de lĠentreprise sous-traitante RMO, qui ont refusŽ de signer ces mensonges ont ŽtŽ licenciŽes sur le champ (voir dŽclaration signŽes et lŽgalisŽes par Mademoiselles Moujahid Lamiae et Zouihag Rachida)

- Le 20/04/2006 : notre collgue Mounia FAKHRAOUI a ŽtŽ licenciŽe pour " insultes graves " et autres " faits " datant du 13/04/2006 !

 Aucune disposition lŽgale nĠa ŽtŽ respectŽe par la direction de lĠh™tel notamment lĠarticle 62 du code du travail qui stipule que :

<<Avant le licenciement du salariŽ, il doit pouvoir se dŽfendre et tre entendu par l'employeur ou le reprŽsentant de celui-ci en prŽsence du dŽlŽguŽ des salariŽs ou le reprŽsentant syndical dans l'entreprise qu'il choisit lui-mme dans un dŽlai ne dŽpassant pas huit jours ˆ compter de la date de constatation de l'acte qui lui est imputŽ.

Il est dressŽ un procs-verbal ˆ ce propos par l'administration de l'entreprise, signŽ par les deux parties, dont copie est dŽlivrŽe au salariŽ.

Si l'une des parties refuse d'entreprendre ou de poursuivre la procŽdure, il est fait recours ˆ l'inspecteur de travail.>>

 

- Lors de la rŽunion entre le  syndicat UMT et la direction de lĠh™tel Sofitel Diwan, tenue ˆ la dŽlŽgation rŽgionale de lĠemploi le 25/04/2006, MM. le dŽlŽguŽ rŽgional du ministre de lĠemploi et lĠinspecteur du travail ont attirŽ lĠattention du directeur de lĠh™tel Mr. HENRY MARTINET que ce licenciement est illŽgal, donc abusif, car les dispositions du Code nĠont pas ŽtŽ respectŽes et lui ont demandŽ dĠannuler cette dŽcision. Mr HENRY MARTINET a demandŽ un dŽlai de 48 heures pour consulter ACCOR- Maroc.

 

- Rappelons aussi, les dispositions du code du travail, suivantes :

 

   PrŽambule :

Ç É est interdite toute mesure visant ˆ porter atteinte ˆ la stabilitŽ des salariŽs dans le travail pour lĠune des raisons suivantes :

á               la participation ˆ un conflit collectif

á               lĠexercice du droit de nŽgociation collectiveÉ È

 

   Article 9 :

Ç Est interdite toute atteinte aux libertŽs et aux droits relatifs ˆ lĠexercice syndical ˆ lĠintŽrieur de lĠentreprise, conformŽment ˆ la lŽgislation en vigueur ainsi que toute atteinte ˆ la libertŽ de travail ˆ lĠŽgard de lĠemployeur et des salariŽs appartenant ˆ lĠentreprise.

Est Žgalement interdite ˆ lĠencontre des salariŽs, toute discrimination fondŽe sur le race, la couleur, le sexe, le handicap, la situation conjugale, la religion, lĠopinion, politique, lĠaffiliation syndicale, lĠascendance nationale ou lĠorigine sociale, ayant pour effet de violer ou dĠaltŽrer le principe dĠŽgalitŽ des chances ou de traitement sur un pied dĠŽgalitŽ en matire dĠemploi ou dĠexercice dĠune profession, notamment, on ce qui concerne lĠembauchage, la conduite et la rŽpartition du travail, la formation professionnelle, la salaire, lĠavancement, lĠoctroi des avantages sociaux, les mesures disciplinaires et le licenciement.

Il dŽcoule notamment des dispositions prŽcŽdentes :

  1Ħ É

  2Ħ lĠinterdiction de toute mesure discriminatoire fondŽe sur lĠaffiliation ou lĠactivitŽ syndicale des salariŽs ;

  3Ħ le droit de la femme, mariŽe ou non, dĠadhŽrer ˆ un syndicat professionnel et de participer ˆ son administration et ˆ sa gestion È.

 

   Article 36 ;

Ç Ne constituent pas des motifs valables de prise de sanctions disciplinaires ou de licenciement :

   1Ħ lĠaffiliation syndicale ou lĠexercice dĠun mandat du reprŽsentant syndical ;

  2Ħ la participation ˆ des activitŽs syndicales en dehors des heures de travail ou, avec le consentement de lĠemployeur ou conformŽment ˆ la convention collective de travail ou au rglement intŽrieur, durant les heures du travail ;

  3Ħ le fait de se porter candidat ˆ un mandat de dŽlŽguŽ des salariŽs, de lĠexercer ou de lĠavoir exercŽ ;

 4ĦÉ È  

 

III - Absence des dŽlŽguŽs du Personnel ˆ lĠh™tel Sofitel Diwan :

 

Il faut souligner que pendant prs de 3 ans, le personnel de lĠh™tel ne bŽnŽficiait dĠaucune reprŽsentation au sein de cet Žtablissement. Et quĠil a fallu lĠintervention de notre syndicat et celle de lĠinspection du travail pour que la direction de lĠh™tel accepte lĠorganisation des Žlections des dŽlŽguŽs du personnel. On en conclut que le personnel, Žtait aussi privŽ de la ComitŽ dĠhygine, de sŽcuritŽ (CHS), et du ComitŽ dĠEntreprise (CE) qui comprendre obligatoirement des DP (articles 465 et 337).

On en conclut aussi que plusieurs dŽcisions prises, jusquĠˆ maintenant, par la direction gŽnŽrale de lĠh™tel Žtaient illŽgales ; ˆ cause de lĠabsence des DP, notamment :

á               les mesures disciplinaires (art.37 et 62)

á        le recours aux salariŽs dĠune entreprise dĠemploi temporaire (RMO) (art.496)

á        lĠinstauration du rglement intŽrieur (art. 138 )

á        etc.

(N.B : on vous tiendra informŽs des conditions de dŽroulement des Žlections des DP).

 

 

IV - Transport des femmes,  obligatoire aprs 21h :

 

a- la direction gŽnŽrale de Sofitel Diwan, nĠavait pas ˆ nŽgocier le transport des femmes aprs 21h. Il sĠagit dĠun droit lŽgal. En fait lĠarticle 172 du code stipule que :<< Sous rŽserve des cas d'exception fixŽs par voie rŽglementaire, les femmes peuvent tre employŽes ˆ tout travail de nuit, en considŽration de leur Žtat de santŽ et de leur situation sociale, aprs consultation des organisations professionnelles d'employeurs et des organisations syndicales de salariŽs les plus reprŽsentatives.

Les conditions devant tre mises en place pour faciliter le travail de nuit des femmes sont fixŽes par voie rŽglementaireÉ..

Dans les activitŽs non agricoles, est considŽrŽ comme travail de nuit tout travail exŽcutŽ entre 21 heures et 6 heures.>>

 

 Le dŽcret du 29/12/2004 publiŽ au B.O no 5279 du 03/01/2005 en application de lĠarticle 172 ci-dessus exige ˆ lĠemployeur dĠassurer, pour les femmes travaillant la nuit, le transport entre leurs domiciles et le lieu du travail et vice-versa.

 

Le dŽcret nĦ 2-04-568 du 16 kaada 1425 (29 dŽcembre 2004) fixant les conditions devant tre mises en place pour faciliter le travail des femmes

 

La loi nĦ 65-99 relative au code du travail, promulguŽe par le dahir nĦ 1-03-194 du 14 rajeb 1424 (11 septembre 2003), notamment son article 172 ;

 

DECRETE :

 

Article  premier

Sont fixŽes comme suit devant tre mises en place pour faciliter le travail d nuit des femmes :

-Mettre ˆ leur disposition, en cas dĠabsence de moyens de transports publics, des moyens de transport de leurs lieux d rŽsidence vers le lieur de travail et vice-versa ;

-Leur accorder un repos dĠau moins une demis heure aprs chaque durŽe de travail continu de quatre heures. La durŽe de ce repos est  comptabilisŽ dans la durŽe du travail effectif ;

-Mettre ˆ leur disposition de moyens de repos.

 

Article 2 É..

 

 

b- dans sa rŽponse ˆ lĠUITA, le groupe ACCOR reconna”t la Ç mise en place des horaires spŽcifiques pour les femmes È, c'est-ˆ-dire que les Postes nŽcessitant de travailler pendant la nuit, seront rŽservŽs aux seuls salariŽs de sexe masculin, ce qui constitue une discrimination au travail ˆ Sofitel Diwan, interdite par lĠarticle 9 du Code et par les normes internationales du travail (conventions de lĠOIT Nos 100 et 111 de lĠOIT, la CEDAW, le PIDESCÉ)

 

 

LEAD Technologies Inc. V1.01

 

 

 

 

Voir aussi :

 

Licenciement de Mounia Fakhraoui

UMT Rabat-SalŽ-TŽmara (25/04/2006)

Deux jours aprs sa participation au sit-in organisŽ le 18 Avril 2006 contre la politique anti-syndicale adoptŽe par la direction de l'h™tel SOFITEL DIWAN (Groupe Accor) et contre la discrimination au travail ˆ l'Žgard des syndicalistes UMT et des femmes en particulier, la sanction est tombŽe pour la dŽlŽguŽe syndicale : licenciement.