De :
union régionale des syndicats UMT- RABAT-SALé –TEMARA
À : <militant@le-militant.org>
Date : lundi 25 avril 2005 15:42
Objet : Les Ouvriers et ouvrières marocains de l'usine "Valéo" Bouznika, tabassés et malmenés par le gouverneur de la province de BENSLIMANE et les éléments de la compagnie mobile d'intervention (CMI),les CRS du MAROC.
"les ouvriers de l'usine "Sylea Valéo" de Bouznika, qui emploie 2.000 ouvriers et ouvrières, ont été malmenés, dans la nuit de mardi 19 avril 2005, par le gouverneur de la province de Benslimane et des éléments de la compagnie mobile d'intervention et que le gouverneur de la province, qui était en état d'ébriété, a brandi son pistolet et attaqué les ouvriers et les ouvrières désarmés, sans tenir compte ni de l'inviolabilité de l'usine, ni de la sécurité des ouvriers et des ouvrières".
Violation des droits syndicaux garantis par la constitution, liberté syndicale, négociations collectives et protection des délégués contre de tels comportements, en toute impunité et ce à la veille de la fête du mouloud (la naissance du prophète) et à quelques jours du 1er mai.
Valéo : Une affaire qui sent la poudre
L’affaire "Sylea Valéo" de Bouznika, qui oppose la centrale syndicale de l‚UMT au gouverneur de la province de Benslimane, risque d‚être portée devant la justice. Chaque partie a livré sa propre version des faits.
Que s’est-il passé à l'usine "Sylea Valéo" de Bouznika ? Difficile de croire les uns et de démentir les autres. Mais, une chose est sûre : l’affaire risque d’être portée devant la justice. Selon Miloudi Moukharek, secrétaire National de l’UMT (Union marocaine du travail), et à la suite du licenciement d'un des ouvriers par les responsables de l'usine, le bureau syndical de la centrale ainsi que le personnel de l’entreprise ont manifesté leur solidarité avec ce dernier en observant une grève. Une grève qui allait mal tourner. «C‚est une affaire très grave», a dénoncé ce dernier, joint par téléphone. Avant d’ajouter «Bien connu pour son hostilité vis-à-vis des syndicats, le gouverneur de Benslimane a donné ses ordres pour tabasser les travailleurs et arrêter nos syndicalistes. C‚était prémédité».
Dans ses accusations, le secrétaire général de l‚UMT est allé jusqu‚à qualifier le gouverneur de la province de Benslimane de «récidiviste». «Il a déjà fait ça à Salé et à Taroudant lorsqu’il a brandi un fusil de chasse contre des citoyens de la ville». Pour Moukharek, il s’agit-là d‚une violation des droits syndicaux garantis par la constitution, liberté syndicale, négociations collectives et protection des délégués contre de tels comportements, en toute impunité et ce à la veille de la fête du mouloud et à quelques jours du 1er mai.
Selon les derniers éléments de cette affaire, qui risque de nuire à l‚image du Maroc auprès des investisseurs étrangers, l’UMT a déposé une plainte auprès du gouvernement, considérant cet acte comme une atteinte à la liberté syndicale. «Nous avons aussi contacté la société-mère», a jouté Moukharek.Mais comment en est-on arrivé là ? Tout a commencé, le 30 mars dernier, jour de la constitution d‚un syndicat affilié à l’UMT. «Nous avons contacté la direction de l’entreprise pour établir des relations basées sur le dialogue et la concertation », a fait savoir ce dernier. Il semble que la direction de la société n‚a pas apprécié le fait que son personnel soit affilié à une centrale syndicale. Dans un communiqué rendu public, le ministère de l'Intérieur a nié en bloc les accusations avancées par le secrétaire national de l’UMT, considérant que celles-ci « ne correspondent nullement à la réalité » et que la présence du gouverneur de la province de Benslimane à l'usine "Sylea Valéo" de Bouznika est intervenue sur « ordre des autorités centrales et entre dans le cadre des attributions conférées par la loi au gouverneur de la province visant à préserver l'ordre public et à garantir l'exercice du droit de grève (...), ainsi que la protection des biens de la destruction et de la dégradation». Et d’ajouter que «ces instructions seront maintenues jusqu'au rétablissement définitif de l'ordre et la reprise normale de l'activité industrielle».
Car, selon le même communiqué, et «suite au licenciement de l’un des ouvriers par les responsables de l'usine, des personnes se sont livrées à la destruction d'équipements et de machines et ont tenté d'entraver la liberté du travail et la marche normale de l'établissement en imposant une grève générale». Version démentie par l'UMT qui d’après son communiqué « les ouvriers de l'usine "Sylea Valéo" de Bouznika, qui emploie 2.000 ouvriers et ouvrières, ont été malmenés, dans la nuit de mardi 19 avril 2005, par le gouverneur de la province de Benslimane et des éléments de la Compagnie mobile d'intervention et que le gouverneur de la province, qui était en état d'ébriété, a brandi son pistolet et attaqué les ouvriers et les ouvrières désarmés, sans tenir compte ni de l'inviolabilité de l'usine, ni de la sécurité des ouvriers et des ouvrières ».
À un moment où le Maroc a, plus que jamais, besoin des investisseurs étrangers pour relancer la machine de la croissance, l’affaire "Sylea Valéo" de Bouznika vient, encore une fois, rappeler que certains partenaires sociaux ne sont pas sur la même longueur d’onde.
Repères:
UMT : (Union Marocaine du Travail) 1 ère organisation syndicale marocaine
fondée en 1955 à Casablanca, affiliée à la CISL-ICFTU.
CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres).