LA
LOI du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain
dispose dans son article,187 (II) que «le bailleur est tenu de remettre au
locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes
pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé et doté des
éléments le rendant conforme à l'usage d'habitation».
Ainsi,
le locataire d'un logement loué à titre de résidence principale ‑ dans le parc
privé ou le parc HLM ‑ a désormais le droit d'exiger du propriétaire que son
logement soit décent.
Les travailleurs saisonniers qui sont logés par leur employeur et les personnes logées dans des meublés ou des foyers doivent également bénéficier d'un logement décent.
Qu'est‑ce
qu'un logement décent ?
Pour
être décent, un logement doit satisfaire à plusieurs conditions
1 Il ne doit
pas présenter de risques manifestes qui puissent porter atteinte à la sécurité
physique ou à la santé du locataire
1 II doit
être doté des éléments le rendant conforme à l'usage d'habitation.
En
vertu de cette obligation incombant au propriétaire, celui‑ci doit s'assurer
que le logement eurent qu'il loue peut être habité et qu'il ne menace pas, de
quelque façon que ce soit, la sécurité ou la santé du locataire. Par ailleurs,
le propriétaire doit remettre au locataire un logement en bon état d'usage et
de réparations, avec des équipements en bon état de fonctionnement.
Le
constat
Pour
faire constater qu'un logement constitue «soit par lui‑même, soit par les
conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé
des occupants ou des voisins», le locataire peut, en vertu des dispositions de
l'article i6$ de la loi du 13 décembre 2000, demander au directeur
départemental des affaires sanitaires et sociales ou au directeur du service
communal d'hygiène et de santé d'établir un rapport motivé. Le préfet, saisi de
ce document qui conclue à l'insalubrité de 1 immeuble concerné «incite le
conseil départemental d'hy à donner son anis dans le délai de deux mois
‑
sur la réalité et les causes de l'insalubrité
‑
sur les mesures propres à y remédier».
à défaut, le préfet prend les mesures nécessaires pour un hébergement provisoire
Les
conséquences
Lorsque
le conseil départemental d'hygiène conclut à l'impossibilité de remédier à
l'insalubrité, le préfet prononce, dans un délai d'un mois, l'interdiction
définitive d'habiter et d'utiliser les lieux. Dans le cas où il est
possible de remédier à l'insalubrité, le préfet prescrit, dans le délai d'un
mois, les mesures appropriées et le délai d'exécution de ces travaux. Le préfet
peut prononcer l'interdiction temporaire d'habiter et d'utiliser les
lieux.
Cette
interdiction temporaire oblige le propriétaire à assurer «l'hébergement décent
des occupants, lequel doit correspondre à leurs besoins». A défaut, le préfet
«prend les dispositions nécessaires pour assurer leur hébergement',
provisoire». Le coût de cet' hébergement est à la charge du propriétaire. Par
contre ce dernier, en cas d'interdiction définitive d'habiter et d'utiliser les
lieux, doit assurer le relogement des occupants en leur offrant un logement correspondant
à leurs besoins et à leurs possibilités. Dans ce cas de figure, «le
propriétaire est tenu de verser à l'occupant évincé une indemnité d'un montant
égale à trois mois de son nouveau loyer et destinée à couvrir ses frais de
réinstallation> (article 181 de la loi du 13/12/2000).
Par
ailleurs, si un logement n'est bas décent et que le propriétaire refuse la mise
aux normes demandée par le locataire, le juge pourra fixer un délai pour la
réalisation par le propriétaire des travaux de mise aux normes de décence. Si
ce délai n'est pas respecté, le juge pourra réduire le montant du loyer.
Enfin, quand le préfet prend un arrête d'insalubrité, cette décision entraîne une suspension du paiement des loyers jusqu'à la réalisation des travaux (article 181 de la loi du 13/12/2000)