Avertissement
: cet article concerne la loi Sarkozy 2003. Malheureusement le ministre de l’intérieur
ne s’en est pas tenu là et l’a aggravée par une loi supplémentaire en 2006 !
Pour l’analyse de cette loi dite CESEDA voir le commentaire du l’analyse du
collectif unitaire Uni-e-s contre une immigration jetable. Pour les
articles récents sur les mobilisation contre cette loi voir notre rubrique « immigration »
(cliquer sur le l’image en haut à gauche). Pour s’organiser : voie.populaire@noos.fr
Militant
n° 2 - juillet 2003
DANS
la nuit du 9 au 10 juillet, les députés ont adopté à une très large majorité
l’ensemble du projet de loi présenté par Nicolas Sarkozy «sur la maîtrise de l’immigration
et le séjour des étrangers en France».
Le
projet de loi modifie sur des points importants la législation sur les
étrangers.
l Rétention
Le
délai maximum pendant lequel un étranger peut être placé en centre de rétention
en vue de son éloignement, actuellement de 12 jours, passe à 26 voire 32 jours.
Après
une première période de rétention de 48 heures, le juge des libertés et de la
détention sera saisi pour ordonner une rétention de 15 jours. Cette durée
pourra être prolongée en cas d’impossibilité de procéder à l’éloignement de
l’étranger : de 72 heures renouvelables trois fois si l’impossibilité du renvoi
est imputable à l’administration ; de quinze jours si c’est l’étranger qui fait
obstacle à son retour.
l Visas
Les visas de tourisme des étrangers extracommunautaires comporteront désormais les empreintes digitales, qui seront saisies et mémorisées par les consulats et les ambassades.
Les
députés ont aussi prévu que ce fichier sera complété par une photo des
demandeurs. Un relevé d’empreintes, avec constitution d’un fichier, sera
également pratiqué sur les étrangers contrôlés à la frontière et dépourvus de
papiers en règle, comme pour tout étranger demandant un titre de séjour.
l
Attestation d’accueil
Un contrôle plus strict des justificatifs d’hébergement, que tout étranger désireux d’obtenir une autorisation de séjour en France de moins de trois mois doit fournir, est mis en place. Pour éviter les «attestations de complaisance», les maires pourront refuser de valider l’attestation en cas de suspicion de «fraude» ou si les «conditions d’un hébergement normal ne sont pas remplies».
Ils pourront faire procéder par les
services sociaux avant l’intervention de l’OMI (Office des migrations
internationales) à la vérification des logements des hébergeants. Les maires
sont aussi autorisés à constituer des fichiers de demandeurs d’attestation
d’accueil afin d’éviter les demandes répétées et frauduleuses.
l Mariages
Pour «lutter contre l’utilisation
frauduleuse du mariage», le maire pourra demander ses papiers à un conjoint
étranger, vérifier ainsi la régularité de son séjour et surseoir à la
célébration pendant un mois en cas de séjour irrégulier. Durant ce délai,
renouvelable une fois, le sans-papiers sera invité à se présenter à la préfecture,
qui pourra saisir le procureur s’il «existe des indices sérieux» de suspicion
de mariage blanc.
La durée de vie commune nécessaire
désormais à l’époux du conjoint français pour obtenir une carte de résident de
dix ans sera de deux ans, et non plus d’un. Le même délai sera appliqué aux
candidats à la naturalisation.
l Paternité
L’étranger se prévalant de la paternité d’un enfant français pour obtenir une carte de résident devra désormais prouver qu’il exerce l’autorité parentale, même partiellement, et prouver qu’il subvient à ses besoins. Auparavant, une seule des deux conditions était exigée.
l Séjour
Les délais d’obtention de la carte de
séjour, pour les étrangers possédant un titre temporaire d’un an, sont allongés
et passent de trois ans de résidence régulière à cinq ans. Ce titre ne sera
délivré que si l’étranger fait
preuve de son «intégration dans la société française». La même condition sera
exigée pour les sans-papiers présents en France depuis plus de dix ans et
régularisés à ce titre par la loi.
l
Regroupement familial
La délivrance automatique d’une carte
de résident de plein droit pour les étrangers entrés au titre du regroupement
familial disparaît. Désormais, c’est au bout de cinq ans qu’ils pourront y prétendre,
à condition de présenter une intégration «suffisante».
Des mesures visant à contrôler les
regroupements familiaux ont été adoptées sous la pression des députés : les
maires émettront un avis après avoir fait vérifier la réalité des logements des
demandeurs par leurs services sociaux avant toute intervention de l’OMI.
Les mineurs de plus de 16 ans nés en
France mais repartis dans leur pays sans avoir effectué au moins cinq ans de
scolarité en France ne pourront plus prétendre au regroupement familial.
Enfin, tout étranger faisant venir sa
famille en dehors d’une procédure normale se verra retirer son titre de séjour.
d’après Le Monde
Pour des informations sur les autres aspects de la loi (double peine, droit au retour, zones d’attente) se reporter au site internet du GISTI.