Loi Hortefeux

 

Vers une rŽgularisation sur la base du travail ?

 

Raymond DEBORD (octobre 20007)

 

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La loi Hortefeux amendant le Code sur lĠEntrŽe et le SŽjour des Etrangers et le Droit dĠAsile (CESEDA) a ŽtŽ principalement dŽnoncŽe pour lĠamendement quĠy a apportŽ le dŽputŽ Mariani, introduisant la possibilitŽ de recourir aux tests ADN dans certains cas de regroupement familial. DĠautres critiques, moins entendues alors mais dĠune portŽe au moins aussi grande, ont concernŽ lĠintroduction de critres ethniques dans lĠŽtablissement des statistiques nationales. Un autre aspect de cette loi aurait pourtant mŽritŽ dĠtre discutŽ plus largement : lĠamendement nĦ184 dŽposŽ par le dŽputŽ UMP FrŽdŽric Lefebvre et introduisant la possibilitŽ dĠune rŽgularisation par le travail. Ce nĠest quĠaprs lĠadoption de la loi que la signification potentielle de cet amendement a ŽtŽ enfin rŽalisŽe, dans un premier temps par lĠassociation Droits Devant !!!.

 

Il faut dire que la rŽdaction de lĠamendement en question Žtait si obscure que son sens Žtait pour le moins difficile ˆ dŽcrypter faute de se livrer ˆ un vŽritable puzzle. Nous reproduisons en annexe lĠarticle L-313-14 du CESEDA tel quĠil devrait tre dŽsormais rŽdigŽ aprs prise en compte de lĠarticle 12 ter de la loi Hortefeux. Son sens est le suivant : dans certains cas, pour des motifs humanitaires, des immigrŽs clandestins susceptibles de produire des promesses dĠembauche pourront tre rŽgularisŽs. La liste des professions concernŽes, variable selon les dŽpartements, devrait tre Žtablie par dŽcret.

 

La premire consŽquence de la divulgation de cette information a ŽtŽ un rŽveil brutal de la combativitŽ des sans-papiers et leur afflux dans les associations susceptibles de les informer et de les aider. Sur cette base, Droits Devant et ses soutiens syndicaux, en particulier CGT, ont organisŽ un premier rassemblement de 400 personnes au ministre du travail le 26 octobre. SollicitŽs par de nombreux sans-papiers, les partisans parisiens de Militant devaient quant ˆ eux tenir une premire rŽunion dĠinformation le 14 novembre, dans la perspective dĠactions conjointes avec Droits Devant !!!.

 

Entre temps, des fuites dans la presse (LibŽration) ont permis de mieux comprendre de quelle manire le gouvernement entendait procŽder pour prendre en compte lĠamendement tout en limitant les effets. Pour ce faire, il va introduire une discrimination par nationalitŽ. Une premire liste de professions autorisŽes, hautement qualifiŽes, est ouverte ˆ tous les sans-papiers. Une seconde liste, comprenant les professions du b‰timent, de lĠh™tellerie-restauration, de lĠaide ˆ domicile, est rŽservŽe aux ressortissants des nouveaux pays de lĠUnion EuropŽenne.

 

Si ces orientations venaient ˆ tre confirmŽes, les dizaines de milliers dĠouvriers sans-papiers, essentiellement maghrŽbins ou originaires dĠAfrique noire, qui sont dŽjˆ en poste – au noir - dans les mŽtiers concernŽs, se verraient donc exclus de la possibilitŽ de rŽgularisation. Pour autant, un vŽritable bras de fer va sĠengager avec les pouvoirs publics, dans la mesure o les mŽtiers et les nationalitŽs concernŽes ne le sont pas par la loi mais par des choix de lĠadministration prŽfectorale et susceptibles donc dĠtre inflŽchis.

 

 

 

Document

Article L313-14 du CESEDA modifiŽ par lĠarticle 12 ter du projet de loi aprs la commission mixte partiaire

romain = ancien

gras = nouveau

ital = insertion

 

La carte de sŽjour temporaire mentionnŽe ˆ l'article L. 313-11 [vie privŽe et familiale] ou la carte de sŽjour temporaire mentionnŽe au 1Ħ de lĠarticle 313-10 sur le fondement du troisime alinŽa de cet article [alinŽa 3 du 313-10 : La carte de sŽjour temporaire autorisant l'exercice d'une activitŽ professionnelle est dŽlivrŽe ˆ lĠŽtranger (É) pour l'exercice d'une activitŽ professionnelle salariŽe dans un mŽtier et une zone gŽographique caractŽrisŽs par des difficultŽs de recrutement et figurant sur une liste Žtablie au plan national par l'autoritŽ administrative, aprs consultation des organisations syndicales d'employeurs et de salariŽs reprŽsentatives, l'Žtranger se voit dŽlivrer cette carte sans que lui soit opposable la situation de l'emploi sur le fondement du mme article L. 341-2] peut tre dŽlivrŽe, sauf si sa prŽsence constitue une menace pour l'ordre public, ˆ l'Žtranger ne vivant pas en Žtat de polygamie dont l'admission au sŽjour rŽpond ˆ des considŽrations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prŽvue ˆ l'article L. 311-7.   La Commission nationale de l'admission exceptionnelle au sŽjour exprime un avis sur les critres d'admission exceptionnelle au sŽjour mentionnŽs au premier alinŽa.   Cette commission prŽsente chaque annŽe un rapport Žvaluant les conditions d'application en France de l'admission exceptionnelle au sŽjour. Ce rapport est annexŽ au rapport mentionnŽ ˆ l'article L. 111-10.   L'autoritŽ administrative est tenue de soumettre pour avis ˆ la commission mentionnŽe ˆ l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au sŽjour formŽe par l'Žtranger qui justifie par tout moyen rŽsider en France habituellement depuis plus de dix ans.   Un dŽcret en Conseil d'Etat dŽfinit les modalitŽs d'application du prŽsent article et en particulier la composition de la commission, ses modalitŽs de fonctionnement ainsi que les conditions dans lesquelles le ministre de l'intŽrieur, saisi d'un recours hiŽrarchique contre un refus d'admission exceptionnelle au sŽjour, peut prendre l'avis de la commission.