Lettre de liaison nĦ1 du 1er novembre 2007
Le courage, c'est de chercher la vrit et de la
dire. Jean Jaurs.
Comit de rdaction provisoire : Christian Barlo (83)Sylvie
Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke
(94), Franois Ferrette (61), Stphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63),
Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier
(94), Vincent Prsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord
(75), Salima Jamili (75) É
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Sommaire :
- Le billet du jour,
- Sarkozy
s'affaiblit. Les affaires. Les
travaux de la commission balladuro-bonapartiste.
- Grves 1 : Smart, Air
France ...
- Grves 2 : l'appel la
grve partir du 13 novembre la SNCF.
- Grves 3 : discussion
sur le mois de novembre qui s'annonce.
- Humeurs
- Vient de paratre :
Unit nĦ 6.
- Dernire minute : notre
ami Kb Talib arrt.
* * *
Le billet du jour.
H oui, chers amis
lecteurs, il y a trois choses nouvelles depuis quelques jours en France :
- le salariat a montr sa
force intacte le 18 octobre,
- l'
"hyperprsident" Sarkozy est cern par les scandales et les affaires,
l'intolrable comme le ridicule, au bout de cinq mois de rgne seulement,
autant qu'un Chirac l'avait t en plusieurs annes,
- et commence avec cet
envoi la parution de la Lettre de liaison du Militant, qui prend la suite de
la Lettre de Liaisons sur une base suprieure et largie, parce que des
militants se sont regroups pour aider leur classe en dcoudre !
SARKOZY : NO PASARAN !
PAS TOUCHE A NOTRE
DROIT DE GREVE.
SECU, SALAIRES,
SERVICES PUBLICS :
BAS LES PATTES !
RETRAITE A 60 ANS A
TAUX PLEIN, 37,5 ANNUITES POUR TOUS.
BRANCHES PAR BRANCHES
NOUS PERDRONS,
TOUS ENSEMBLE NOUS
GAGNERONS.
Sarkozy s'affaiblit.
Attention, bien entendu,
il n'est nullement terre, et il bnficie encore du rapport de force
rsultant de son lection, et de la prolongation de ce rapport de force par
l'auto-censure et l'auto-dcomposition de l'opposition politique, concentre
dans la dcomposition des sommets du Parti socialiste. Aujourd'hui, ceux-ci par
la bouche de Franois Hollande viennent explicitement de faire savoir qu'ils
laisseraient passer le "nouveau trait europen" dont Sarkozy
revendique la paternit, et qui n'est qu'une version abrge de ce qui a t
repouss par le peuple lors du rfrendum du 29 mai 2005. La source de la
dcomposition du PS est la pratique politique de la coalition avec Sarkozy,
contenu rel, au fond, de la politique de ses dirigeants : Valls le dit, mais
Hollande finit par le faire. Et la source de cette pratique politique, c'est
l'orientation de la campagne Royal aux prsidentielles, construite et conue
pour interdire que se reproduise jamais la rupture interne au PS qui avait
permis au peuple de dire majoritairement Non en 2005, en brisant avec les
racines sociales de ce parti, malgr et contre son propre lectorat.
Le second tour des
lgislatives a pourtant montr que la base lectorale et sociale de ce parti et
plus gnralement de "la gauche" est toujours l, invaincue. C'est elle
qui a fait le 18 octobre, transformant ce qui devait tre une journe d'action
sectorielle en un premier mouvement d'ensemble ayant valeur d'avertissement.
Voila donc pourquoi
Sarkozy s'affaiblit. Comme si, avant les batailles dcisives, un vent de peur,
frlant parfois la panique, parcourait les cercles du pouvoir et du capital,
susceptibles de passer en quelques jours, quelques heures, quelques minutes,
tels des indices boursiers, de la joie insolente des parvenus triomphant au
Fouquet's, la tremblante de ceux qui se demandent si, finalement, ils vont y
arriver, imposer "la rforme" ... Et se rappelant la bonne vieille
formule des Csars, que le fou du rgime De Villepin leur sussure d'ailleurs
avec insistance : "Il n'y a pas loin du Capitole la Roche
Tarpenne" !
Les militants ouvriers,
eux, ne sont pas de cette veine l. Ils sont d'une autre trempe, de la classe
exploite qui compte les coups qu'elle prend, qui mesure les rapports de force,
qui pleure et qui rit, mais qui toujours veut comprendre. Pour nous, ni
panique, ni triomphalisme ne sont de mise.
Mditons d'ailleurs ces
propos tenus, en premire page, sur le site de l'Union des Industries et
Mtiers de la Mtallurgie, l'UIMM, la premire fdration du MEDEF dont le
prsident est le clbre Gautier-Sauvagnac. Pas un mot, ici, sur les
"rvlations" judiciaires le concernant. Il y a l, certes, une part
de camouflage, de fraude sur la marchandise, de mthode Cou et de politique de
l'autruche, mais ces lignes tmoignent tout de mme d'un refus froid du
triomphalisme dans la tte du camp de nos ennemis, critique implicite des
dbordements de la camarilla hyper-prsidentielle, qui ne manque pas d'intrt
pour nous :
Ç Si le match
France-Angleterre tait dĠemble qualifi de difficile, le match perdu contre
lĠArgentine nous dmontre une fois de plus quĠil faut se mfier des certitudes.
Or, nous pensions bien lĠemporter. CĠtait oublier lĠadresse et la volont de
lĠquipe adverse. Nous avons dĠassez belles certitudes aussi en matire conomique
et sociale, emports que nous sommes par la pugnacit de notre Ç capitaine È :
un Prsident nouvellement lu, et porteur dĠun projet aussi novateur que
mobilisateur. Malheureusement, un homme ne peut, lui seul, venir bout dĠun
mal qui revt un caractre plus structurel que conjoncturel. CĠest dire que le
match qui vient de dbuter aprs lĠlection prsidentielle est loin dĠtre
termin, et quĠil nous faudra, dans les mles et les touches, faire preuve de
courage et de lucidit, si nous voulons que nos espoirs ne sĠabment pas sur le
mur de nos erreurs passes. È
Les "affaires".
L'affaiblissement de Sarkozy
s'exprime dans la forme typique de la VĦ Rpublique : des scandales qui frlent
le prsident, dont chacun sait qu'en ralit il est directement concern, sans
oser encore le dire.
Gautier-Sauvagnac : de jour en jour le
montant avou de la caisse noire augmente, il en est 600 millions d'euros.
Elle avait, nous dit-on, deux fonctions : "fluidifier les relations
sociales" (sic !) et aider des patrons confronts des grves.
Ainsi donc, on nous
raconte d'un ct que les grves ne sont plus qu'un archasme de fonctionnaires
et de cheminots privilgis, mais on apprend de l'autre ct qu'il y a des
caisses pour aider des patrons en difficult cause d'elles, parce que
finalement c'est bien en interrompant la production qu'on frappe le capital,
puisque sans production, pas de capital ....
Quand la
"fluidification" des relations sociales, c'est la corruption de
ngociateurs syndicaux. Soyons clairs : s'il est lgitime de s'indigner de voir
le patronat et les mdia tenter de convertir sa propre turpitude en attaques
contre les organisations syndicales de salaris, le culot n'ayant videmment
aucune limite, il ne faut pas se raconter des histoires, toutes les centrales sont
concernes par ces pratiques, car en laissant tomber la recherche de combats
d'ensemble, non pas branches par branches, non pas entreprises par entreprises,
parmi les salaris du priv et notamment dans les botes de la Mtallurgie, on
ouvre forcment la voie ce genre de chose.
Ceci dit, le fait
principal, c'est bien l'clatement d'une formidable affaire de corruption
active et passive ayant pour picentre le lieu du pouvoir rel au sein du
MEDEF, car Gautier-Sauvagnac et l'UIMM, c'est cela. Le fait que cela sorte
maintenant pose des questions : conflit entre patronat financier, mdiatique,
reprsent par Mme Parisot, et "vieux" patronat, ou plutt lutte
politique et personnelle dans les hautes sphres patronales ? Cela reste claircir.
Mme Parisot, qui a dclar que "inconsciemment, nous savions" (!!!) aurait voulu,
semble-t-il, que les chefs de l'UIMM fassent le mnage en vitesse et veut
modifier les statuts du MEDEF et de chacune de ses fdrations pour que la
"certification des comptes" y figure en toutes lettres (ah bon ! elle
n'y figurait donc pas !!! .). Il faut remplacer les dessous de table et les
caisses noires par des pratiques quivalentes mais lgalises, au besoin avec
l'aide d'un droit des affaires rform et allg, en accord avec Sarkozy, un
peu d'ailleurs comme lui quand il s'octroie une hausse de salaire prsidentiel
de 140%, ce qui peut juste titre scandaliser mais qui doit avant tout tre
compris comme la volont de lgaliser et de banaliser des pratiques existantes.
Mais l'UIMM, ce sont
des coriaces, et question cordons de la Bourse, ils sont des experts. Dans
n'importe quelle association ou syndicat, Gautier-Sauvagnac serait pour le
moins en disgrce et sans responsabilits, sans parler de la prison ... mais
que fait la justice ? Justement, rien ! Et ceci aussi pourrait bien devenir une
"affaire" ...
"DGS" reste en
place et des bruits courent sur une ventuelle scission du MEDEF. Laurence Parisot explique par le canal
des Echos qu'elle cherche conjurer les risques de scission. C'est donc qu'il en
est question. Le spectre de la scission dans le "syndicat" des
patrons, cinq mois aprs l'lection de Sarkozy, ce n'est pas l un petit indice
de crise au sommet !
EADS : il tait sans doute
impossible de cacher ad vitam aeternam les gros profits effectus par le
clan Lagardre, trs proche du prsident, et la mafia des cadres suprieurs du
groupe construit coup de privatisations et de fusions l'chelle europenne
la fin des annes 1990 dans le secteur de ventes d'armes et de
l'aronautique. Ces messieurs ont donc vendu leurs titres juste avant qu'ils ne
baissent suite l'annonce des retards de l'Airbus A 380 et du plan "Power
8" de suppressions massives d'emplois dans le groupe ; ils sont, de plus,
souponns d'avoir pour leurs petites oprations de l'aide de la Caisse des
Dpts et Consignation, donc du ministre des Finances et du gouvernement dont
taient membre, cette date comme ministre de l'Intrieur, N. Sarkozy (*).
L'Arche de Zo : un nom pareil, a ne
s'invente pas. Cette sympathique ONG fut fonde, voyez-vous a, par des
amateurs de 4 X 4 suite au tsunami en Asie. Charity business dans le sillage
des manoeuvres de Sarkozy, Kouchner et leur ami Khadafi autour du Darfour.
Encore mieux que l'innocence de la Caisse des dpts dans les oprations
boursires des petits copains d'EADS, l'innocence de l'arme franaise qui
n'est pas au courant qu'elle a affrt des avions pour embarquer en masse des
enfants vendus des familles souhaitant les adopter et, selon toute
probabilit, kidnapps la faveur des dsordres et massacres mens au Darfour
et de leurs prolongement dans les camps de rfugis et la zone frontire
tchadiennes. Le potentat tchadien, Idriss Dby, qui doit beaucoup aux
militaires franais, a donc choisi de monter une petite preuve de force avec
ses parrains en saisissant cette occasion, sans doute parce que l'amplification
actuelle du statut rel du Tchad de base arrire des manoeuvres franaises vers
le Soudan, et aussi vers le Niger et ses gisements d'uranium, finit par le
mettre lui-mme en pril.
A qui fera-t-on croire
que ces oprations sordides sont sans lien ni information du ct des
militaires et de la diplomatie franaise, dans une rgion qui est au coeur des
manigances du prsident qui avait mme choisi d'y faire jouer un rle officiel
sa future ex-pouse, laquelle semble s'imaginer rellement que c'est elle qui
a fait librer les infirmires bulgares en Libye ? A qui fera-t-on croire que
Kouchner n'a rien voir avec tout a, lui dont "le Darfour" est un
slogan perptuel pour justifier ingrences militaires et alignement sur
Washington ?
Notons que pendant ce
temps, les atteintes aux droits de l'homme au Darfour, ou le grand massacre a
eu lieu ds 2003 avec l'accord de la "communaut internationale, pur
prtexte de toutes ces manoeuvres dont une facette ridicule et sordide vient
d'tre expose au grand jour, ", continuent (**).
Toutes ces
affaires convergent vers l'Elyse. Nous n'en sommes pas au point ou la
prsidence apparat ouvertement touche, mais nous en sommes dj au point o
une srie d'affaires cernent l'institution, dans des dlais remarquablement
rapides -moins de cinq mois aprs l'lection de Sarkozy. S'y ajoutent les
affaires "pipoles" qui sont toutes politiques elles aussi, Ccilia,
la trane louche du nouveau ministre Laporte, les diplmes de Madame Dati ...
S'y ajoutent les affaires du (et des !) quinquennat et septennats prcdents,
affaire de la Chiraquie qui ont permis Sarkozy de ttaniser ses ennemis internes
mais prcisment parce qu'il tait bien plac, trs bien plac, pour en
connatre ...
(*) On lira avec intrt l'article
de Franois Ruffin dans le Monde Diplomatique de ce mois de novembre, expliquant
comment les salaris d'EADS ont t paralyss par l'orientation de leurs
syndicats, notamment la forte section FO, qui dfend la "culture
d'entreprise" et la solidarit avec l' "entreprise" soit disant
"franaise", au dtriment de la solidarit de classe des
travailleurs.
(**). On apprciera sa juste valeur
la phrase que Sarkozy a bien t oblig de pondre sur cette affaire : "Il
faut faire en sorte que chacun puisse s'en sortir la tte haute."
Les travaux de la commission
balladuro-bonapartiste.
Sarkozy a t lu avec
pour mandat de la classe capitaliste la restauration pleine et entire de la VĦ
Rpublique, ce qui suppose de
remettre la classe ouvrire, l'ensemble des salaris actifs, chmeurs,
retraits ou en formation, " sa place", en modifiant les relations
sociales par la destruction des conqutes sociales du XXĦ sicle. Dans cette
perspective, il a fait travailler une commission Balladur-Lang sur la rforme
des institutions. Un rideau de fume peut facilement accompagner la
prsentation mdiatique des conclusions des travaux que vient de rendre ladite
commission, sur la "revalorisation du Parlement" et la
"modernisation des institutions". Il faut lire entre les lignes le
paragraphe de conclusion des travaux en question :
" Au total,
lĠensemble des propositions formules par le Comit dessine un modle
institutionnel original, dans lequel la problmatique traditionnelle de la
rpartition des rles entre Prsident de la Rpublique, Gouvernement et
Parlement cde le pas devant la recherche dĠun quilibre entre le pouvoir
excutif pris dans sa globalit et des contre-pouvoirs multiples et
complmentaires. "
Une petite traduction est
ici ncessaire : ces minents reprsentants du droit constitutionnel bourgeois
proposent ni plus ni moins de s'loigner de la tradition (trompeuse) de la
"rpartition des rles", qui renvoie elle-mme la thmatique
traditionnelle de la "sparation des pouvoirs" (lgislatif –
excutif -judiciaire), au profit d'une nouvelle conception mettant en rapport
"le pouvoir excutif pris dans sa globalit", c'est--dire un excutif
omnipotent, et les "contre-pouvoirs", savoir ple-mle les
collectivits locales, les entreprises, les associations, les clergs, les
syndicats, la "dmocratie participative", conus comme formant un
seul et grand organisme social sous la conduite du prsident. En fait de
rnovation, c'est une trs vieille conception de l'organisation des pouvoirs
que nous avons l, trs exactement pr-rvolutionnaire et monarchiste. Les
"pouvoirs nouveaux" du Parlement entrent dans ce cadre : il ne s'agit
pas de renforcer le pouvoir lgislatif en tant que tel ni de renforcer son
ancrage dans le suffrage universel et le mandat dmocratique, mais au contraire
de lui confier de "nouvelles missions", de contrle, de juridiction,
de validation, rentrant totalement dans l'application des dcisions supposes
impliquer tout le mcanisme global de l'Etat. Mme des susucres parlementaires
comme le droit pour le parlement de contrler les interventions militaires
extrieures ... au del d'une dure de trois mois (autrement dit on peut
s'associer pendant 89 jours des bombardements de l'Iran !) n'ont rien voir
avec un quelconque accroissement des pouvoirs du Parlement, mais participent
bien de cette volont d'radication des racines rvolutionnaires du pouvoir
lgislatif. Mme chose en ce qui concerne la proposition de limiter le champ
d'application de l'article 49-3, symbole des chanes du parlementarisme
franais auquel on est bien oblig de faire semblant de toucher quand il s'agit
de faire semblant de "revaloriser le Parlement". Bref, un Etat qui
est partout, avec un centre unique qui est le prsident : bonapartisme
intgral.
Ceci se traduit dans la
modification propose de l'article 5 de la constitution, indiquant que le
prsident "dfinit la politique de la nation", ce qui quivaut de fait
lui confrer officiellement les pouvoirs du premier ministre, comme le
confirme logiquement la modification propose de l'article 18 qui permet au
prsident de prendre la parole quand il le dsire devant l'assemble nationale
ou le Snat, qui n'ont qu'a l'entendre et ne peuvent voter sur ce qu'il est
venu leur annoncer. Le commentaire donn par la commission Balladur-Lang mrite
d'tre connu :
"Une telle
rdaction lui a paru prserver la souplesse ncessaire aussi longtemps que
les institutions nĠinterdiront pas une ventuelle cohabitation." (Nous soulignons).
Ainsi donc, pour la
commission Balladur-Lang, sa formulation sur le prsident qui
"dfinit" la politique gouvernementale dans son ensemble est une
formulation elle-mme transitoire, prparant l' interdiction
-"interdire" est bien ici le verbe employ- d'une ventuelle
cohabitation. Evidemment, nos restaurateurs de la VĦ Rpublique voient bien
qu'un Sarkozy, a ne peut que cohabiter avec des carpettes, mais que mme si
une majorit de gauche voulait jouer les carpettes, son lectorat pourrait ne
pas l'entendre de cette oreille. Rflchissons : si cela s'tait par exemple
produit en juin, c'tait dj explosif. Malgr l'acharnement de Hollande, mais
aussi de Buffet, respecter les institutions, une cohabitation apparaissait
impossible, moralement, institutionnellement ... socialement. C'est d'ailleurs
cela qui rvle le rapport de force rel qui oblige tout ce bla-bla pour
masquer le vrai contenu du rapport de la commission.
Car, ce n'est pas pass
si loin : n'oublions pas que les lgislatives de juin, pourtant menes dans les
conditions d'encadrement, de mise au pas de l'lection lgislative que le
calendrier instaure depuis 2002 (merci Jospin !), ont t une dfaite pour
l'UMP, qui a nettement recul par rapport 2002, juste au lendemain de
l'lection de Sarkozy devant laquelle on est cens s'incliner. Que se serait-il
pass si les dirigeants la manire de Sgolne Royal n'avaient pas tout fait
pour annoncer que c'tait perdu d'avance, s'il y avait eu une volont de gagner
au sommet ? Il y aurait eu une assemble dresse contre Sarkozy, ou tout du
moins un lectorat ayant investi un pouvoir lgislatif contre lui. Mais pour
lgifrer contre lui, il faut renverser la VĦ Rpublique. La commission
Balladur-Lang parle d' "interdire" la cohabitation. Nous non plus,
nous ne voulons pas cohabiter. Ni participer aux "contre-pouvoirs
multiples et complmentaires" mis au service du prsident et de la classe
capitaliste dont il est le reprsentant. Nous ne voulons pas de prsident et
nous voulons concentrer les pouvoirs dans une assemble nationale relle,
mandate et contrle, et dans des assembles lus tous les niveaux.
C'est ainsi qu'en
dsignant, malgr les rideaux de fume de la "dmocratisation des
institutions" et du "renforcement des pouvoirs du Parlement", la
question des pouvoirs de l'excutif comme le noeud central de la forme de
l'Etat en France, la commission Balladur-Lang nous souffle elle-mme
l'alternative : liquidation du pouvoir prsidentiel, dmocratie pleine et
entire, assemble unique dtenant le pouvoir rel, soumise au mandat et au
contrle rel des lecteurs, assembles locales et d'entreprises contrlant la
production et l'organisation du territoire.
Nous savons donc que si
Sarkozy nous bat, il a un programme de renforcement drastique du pouvoir
prsidentiel et de mise au pas de tous les "contre-pouvoirs"
transforms en rouages de l'Etat, ce qui concerne principalement les syndicats
et les collectivits locales lues. Il lui faut d'abord affronter les salaris
puis, sur la base d'une victoire " la Thatcher" dont la difficult
lui apparat de plus en plus nettement au fur et mesure que les choses se
prcisent, rtablir son "Etat fort" lui, double hritier de la droite
de 1958 et de celle de 1940.
Pour nous qui travaillons
la victoire des travailleurs dans cet affrontement, nous devons dbattre
d'une alternative Sarkozy, d'un dbouch politique, donc des institutions qui
mettraient l'Etat au service de la majorit. Ds maintenant, car les
travailleurs, pour aller au combat, ont besoin d'une perspective politique.
* * *
Grves 1 : Smart, Air
France ...
Parmi d'autres : du 4 au
8 octobre dernier, les employs de l'usine automobile Smart de Hambach en
Moselle ont dbray et bloqu le ronds-points qui donne accs l'usine et
plusieurs sous-traitants, revendiquant une hausse de 110 euros pour tous et
l'embauche en CDI de 40 CDD ou contrats d'intrim. Abderamahne, 30 ans,
"oprateur" (ce qui veut dire "ouvrier", mais on ne doit
plus le dire !), dclare la presse : La direction rpte qu'il faut faire
des efforts pour le bien de l'entreprise, mais le bien de l'entreprise ne nous
apporte rien." Reprise du travail sur une incontestable victoire partielle
: 75 euros de hausse des salaires, embauche de 25 personnes parmi les
prcaires, "engagement" de ne pas faire de licenciements conomiques
d'ici 2009.
Plusieurs de ces
caractristiques se retrouvent dans la rcente grve des personnels commerciaux
grve d'Air France, stewards et htesses, alors qu'il s'agit d'un secteur trs
diffrent, mieux pay, mieux "considr", moins prcaris. Mais le
ras-le-bol tait profond et il a impos une unit totale des personnels pendant
5 jours. 5 jours pendant lesquels "l'entreprise" a beaucoup perdu :
c'est fait pour a, une grve. 5 jours pendant lesquels la direction et les
mdia de manire dlibre ont organis la dsinformation des passagers pour
tenter de faire monter leur exaspration.
Aprs le 18 octobre, ils
ont voulu faire un test en prvision de mouvements dans les transports :
chercher dresser les "usagers" contre les grvistes, multiplier les
reportages sous l'angle exclusif de la grve-qui-gne, et attaquer sur le
terrain juridique. En effet (voir le site Droit de grve : http://droitdegreve.wordpress.com/ ) la
direction a assign en justice trois syndicats, FO, le SNPNC et l'UNSA, leur
rclamant 14 millions chacun, 15 pour l'UNSA, rien que a, pour les
"pertes matrielles" occasionnes par la grve. Pourquoi ces trois
syndicats l et pas les autres qui appelaient la mme grve et avaient dpos
des pravis, dont CGT, CFTC, SUD Arien ? Parce que ces trois l avaient sign
un accord "de veille sociale, pralable tout dclenchement de
grve".
Belle leon : voila
quoi a sert de signer des accords de "dialogue social". Cet
accord, sign en juin dernier, ressemble furieusement la loi anti-grve dans
les transports terrestres de voyageurs que Sarkozy a fait voter par ses dputs
cet t : avant de dposer le pravis proprement dit (et alors mme que, comme
Air France, c'tait la direction qui ne voulait pas ngocier !), il faut
faire un pravis du pravis pour implorer des "ngociations" et
pendant la dure de tous ces pravis, interdit de faire grve !
Si la "veille sociale"
avait t respecte Air France, il n'y aurait pas eu de grve ou il y aurait
eu division, confusion, et la direction n'aurait pas t contrainte d'ouvrir de
vraies ngociations, pas les pseudo ngociations la Sarkozy-Parisot qu'on a
partout, mais des ngociations sur la base d'un rapport de force dans
lesquelles doit tre aborde le motif le plus grave de mcontentement des
htesses et stewards : le non paiement des heures supplmentaires de fait
lorsqu'un contretemps, une panne, etc., les bloque sur un aroport.
Alors mme que Sarkozy
nous a bassins avec son "travailler plus pour gagner plus", le refus
du travail supplmentaire gratuit, pratique patronale massive (et c'est
logique, puisque l'extraction de la plus-value qui fait les profits, c'est cela
mme !) est au motif d'un nombre croissant de grves, ici Air France, ds
juin chez Kronenbourg, ou encore chez les ambulanciers.
La grve Air France,
partiellement victorieuse sur ses revendications immdiates, victorieuse sur le
plan moral et politique, a pris appui sur la puissance du salariat exprime le
18 octobre, et explique pourquoi Sarkozy peut, en effet, s'inquiter.
Grves 2 : l'appel
la grve partir du 13 novembre la SNCF.
Vers quel mois de
novembre allons-nous ?
Prises entre le caractre
impossible des "ngociations" du gouvernement auxquelles elles
cherchent pourtant participer, et la pousse des cheminots qui ont eu le
moral gonfl par leur unit du 18 octobre et la prsence de la majorit de
l'encadrement dans leur grve, les fdrations de cheminots, runies
l'exception de la FGAAC le 31 octobre, ont fait une dclaration qui apparat
comme la menace d'une grve reconductible compter du mardi 13 novembre.
Sarkozy, voulant montrer
qu'il peut aller au front et au peuple, a rencontr des cheminots lors d'une
"descente" annonce peu l'avance et bien encadre l'atelier de
rparation de Saint-Denis, le vendredi 26 octobre. Il en est, d'aprs le Canard
Enchan
du 31 octobre, sorti "aussi sonn qu' la descente d'un mange
sensations fortes de la Foire du Trne". Une partie des images et des
enregistrements de cette "rencontre" sont d'ailleurs introuvables.
Voici le communiqu des
fdrations :
Les Fdrations Syndicales des
cheminots se sont runies le mercredi 31 octobre 2007 pour analyser la
situation la SNCF et les rponses du Gouvernement lĠissue des bilatrales
sur la rforme des rgimes spciaux de retraite.
Sur la rforme des retraites,
comme sur les dossiers touchant lĠavenir du Service Public SNCF, aucune
rponse nĠa t apporte par le Gouvernement et la Direction SNCF.
En refusant dĠentendre le message
dlivr lors du mouvement du 18 octobre dernier par 75, 6% des cheminots,
Gouvernement et Direction SNCF font le choix dĠun conflit plus long. Ils en
portent lĠentire responsabilit.
Les cheminots rejettent
massivement cette rforme qui se traduirait par un allongement du temps de
cotisation et une baisse du niveau des pensions, cĠest travailler plus
longtemps pour gagner moins en retraite. Qui peut lĠaccepter ?
En effet, avec cette rforme
cĠest lĠinstauration dĠune double peine :
- avec le systme de dcote, la pension terme sera diminue
de 25% pour une mme dure de travail ;
- avec la dsindexation des pensions sur les salaires, (cette
mesure applique au rgime gnral, a engendr en 15 ans un cart de 20% entre
lĠaugmentation du pouvoir dĠachat des actifs et des retraits) ;
- avec la mise en place dĠun double statut pour les nouveaux
embauchs, le gouvernement joue la division des anciens contre les jeunes.
Les cheminots exigent le maintien
et lĠamlioration de leur rgime spcial de retraite et de ses droits.
LĠaugmentation du pouvoir dĠachat et le dveloppement de lĠemploi statut sont
troitement lis cette exigence.
Notre action est convergente avec
celles des autres salaris des rgimes spciaux. Elle sĠinscrit aussi dans la
dfense du rgime de retraite par rpartition de tous pour lequel le
Gouvernement annonce dj lĠallongement 41 ans de la dure de la cotisation.
Sur le Fret SNCF, le Gouvernement et la Direction restent sourds aux
revendications des cheminots et de la population.
Gouvernement et Direction SNCF
doivent arrter la casse du Fret SNCF qui va lĠoppos des ambitions affiches
pour le ferroviaire dans le grenelle de lĠenvironnement. Ils doivent donner les
moyens pour maintenir et dvelopper les infrastructures, les gares, les emplois
sĠy attachant.
Au regard du refus du
Gouvernement et de la Direction SNCF de rpondre aux revendications des
cheminots, les Fdrations CGT – CFDT – FO – CFTC –
SUD.Rail – UNSA – CFE-CGC ont dcid dĠappeler nouveau les
cheminots la mobilisation conformment leur engagement lors de
lĠinterfdrale du 22 octobre dernier.
Dans ce cadre, les fdrations
CGT– FO – CFTC – SUD Rail – UNSA – CFE-CGC
dposent un pravis national de grve, pour une dure illimite reconductible
par priode de 24h00, partir du mardi 13 novembre 2007 20h00. DĠautre part
la Fdration CFDT, aprs avoir dlibr avec ses instances, nĠexclue pas le principe
de rejoindre lĠappel commun.
Paris, le 31 octobre 2007
Remarques
Les mmes fdrations moins la CFDT
ont dpos un pravis de grve conforme cette dclaration commune, auprs de
Mme Idrac, prsidente de la SNCF.
Quelques prcisions s'imposent :
1Ħ) Sur le rgime de retraite, la
revendication de maintien et d'amlioration du rgime spcial ne peut
s'entendre que comme reposant sur le maintien du droit au dpart en retraite au
bout de 37,5 annuits, ce qui est actuellement encore le cas pour les cheminots,
les lectriciens, les gaziers, les mineurs, les agents de la RATP notamment.
L'absence de cette prcision est d'autant plus ennuyeuse que, sur le plan
interprofessionnel, la CGT s'oppose aujourd'hui, au niveau confdral (et au
niveau des unions dpartementales, locales, des fdrations et des syndicats
pour autant que la consigne est reprise), au seul mot d'ordre qui combat
rellement la manoeuvre d'isolement des salaris rgimes spciaux : le retour
aux 37,5 annuits pour tous. Bien entendu, ce mot d'ordre implique la remise en
cause de l'ensemble des lois anti-sociales en matire de retraites et de
salaire socialis -l'ordonnance Balladur de 1993, le plan Jupp de 1995, la loi
Fillon de 2003.
La question n'est pas comptable, ni
mme conomique : contrairement ce que l'intoxication ambiante peut faire
croire, le retour aux 37,5 annuits pour tous n'aurait pas un cot
extraordinaire. Le trs officiel Conseil d'Orientation des Retraites avait
valu ce cot 0,3% points du produit intrieur brut, c'est tout.
1). La question n'a donc rien
d'conomique, elle est politique : Sarkozy l'a dit, cette soit disante
"quit" est le coeur de sa "rforme". C'est donc notamment
sur ce point que les cheminots feront grve et que les salaris de tous les secteurs
les soutiendront.
S'il disparat des plates-formes
syndicales, non seulement des appels interfdraux ou interprofessionnels au 18
octobre mais mme, comme c'est le cas ici, des appels des seules fdrations de
cheminots, on peut craindre que ce ne soit pas non plus pour des raisons
inexistantes d'impossibilit conomique obtenir satisfaction, mais pour une
raison politique : chercher viter la vraie confrontation entre la classe
salariale et la prsidence de la VĦ Rpublique et ne pas aller vers le Tous
ensemble.
Mais est-il responsable d'appeler
les cheminots au combat si l'on a peur de ce qu'implique ce combat ?
2) La dfense du fret est la seconde
revendication de l'appel commun, mais elle est plus dveloppe dans le pravis
de grve que la dfense du rgime de retraite.
Le pravis revendique ce sujet un
moratoire du plan fret (qui signifie, rappelons-le, 8000 suppressions d'emplois
et qui, au moment o on ne cause que "Grenelle de l'environnement",
fait le jeu des entreprises de poids lourds), un programme d'investissement
dans le parc de locomotives et de wagons, un programme de recrutement de
cheminots au cadre permanent, et l'arrt des dtachements d'agents SNCF dans
les filiales de transport ferroviaire.
Tout cela est tout fait justifi
mais est incompatible avec la politique de transports suivie depuis plusieurs
annes par les gouvernements successifs, en particulier la sparation de la
SNCF et de RFF (rseau ferr de France) opre par le ministre PCF Gayssot, dans le
gouvernement de cohabitation Chirac-Jospin, car il sera dangereux d'investir
dans de nouvelles locomotives sur des voies obsoltes laisses l'abandon,
comme les Rgions en font actuellement l'exprience ...
3) Un tel pravis sera-t-il
encore possible aprs le 1er janvier 2008 en cas d'application pleine et
entire de la loi du 22 aot contre le droit de grve dans les transports
terrestres de voyageurs ? Pour le moins, elle imposera une notification d'intention
de pravis, imposant des "ngociations" (o les syndicats seront
tenus d'aller) pendant 8 jours, suivie du pravis proprement dit, de 5 jours
minimum. De plus, elle obligerait les agents dclarer 48 heures l'avance
s'ils feront grve ou non le mardi 13 novembre et, interprte littralement
(mais cette interprtation est tout fait logique) elle leur interdirait de
rejoindre le mouvement reconductible une fois celui-ci commenc ! L'article 3
de la loi (2) interdit tout dpt d'un nouveau pravis par la ou les mmes
organisations tant que le pravis prcdent court encore ; dans l'expos des
motifs du projet de loi, fait par le gouvernement, cet article est prsent
comme visant "interdire la pratique dite des Ç pravis glissants È, qui
est de nature perturber gravement le fonctionnement du service public."
En examinant la chose, nous
dcouvrons ici de nouvelles imprcisions juridiques volontaires dans la loi anti-grve.
Elles sont nombreuses.
Et d'une : si l'on dpose un pravis
sur un autre sujet que celui que concerne le pravis en cours, tombe-t-on sous
le coup de la loi ?
Et de deux : l'article 3 ne
risque-t-il pas de s'appliquer y compris dans la priode couverte non par le
pravis, mais par la notification des motifs du futur pravis ou "pravis
du pravis" ? La loi interprte la lettre voudrait que non, mais ...
Et de trois : surtout, tout le monde
a bien compris que ce sont prcisment les grves reconductibles et illimites
qui sont vises par cet article 3, pourtant trs lapidaire car il n'ose pas le
dire ouvertement. Donc : sera-t-il lgal de dire qu'on sera en grve partir
de telle date, sans limite fixe ?
Notons que, si l'on se base sur la
lettre de la loi, il y aurait paradoxalement une plus grande scurit juridique
dposer un pravis pour une grve illimite que pour une grve reconductible,
la notion de reconduction pouvant tre interprte de manire tendancieuse
comme signifiant nouvelle grve chaque jour, donc nouveau pravis,auquel cas ce
nouveau pravis est exclu par la loi puisqu'il a forcment d tre dpos alors
que le dlais du prcdent courrait encore, et plus forte raison s'il
n'existe pas, alors ... alors l'interprtation totale et jusqu'au-boutiste
de la loi serait l'illgalit de toute grve de plus d'un jour dans les
transports terrestres !
Tout cela veut dire que
l'application de cette loi dpendra totalement du rapport de force. Il ne
s'agit pas ici de spculations : quand les patrons d'Air France veulent
extorquer des millions et des millions d'euros certains syndicats, en
choisissant de taper sur les plus modrs puisque ce sont ceux l mmes qui
avaient sign l'accord de "veille sociale", on voit quelles sont les
ardeurs belliqueuses relles de ces messieurs (3).
Bien sur, il y aura loin pour eux de
la coupe aux lvres. Mais faisons attention : en Grande-Bretagne, sous
Thatcher, ils y sont arrivs. "Faire attention" devrait ici
signifier, pour le moins, que l'abrogation de la loi anti-grve dans les
transports terrestres figure dans les appels et dans le pravis des fdrations
de cheminots. D'ailleurs les "ngociations" la SNCF sur la mise en
oeuvre de cette loi devaient officiellement dmarrer en octobre. Nous sommes le
1Ħ novembre et elles n'ont pas dmarr.
Notes
(1) On trouvera les
excellents argumentaires du courant Dmocratie et Socialisme du PS et de la Rgion
CFDT d'Auvergne, qui a rejoint la CGT aprs les grves de 2003, sur
http://www.democratie-socialisme.org/article.php3?id_article3D3 et
http://www.democratie-socialisme.org/article.php3?id_article3D172 .
Nous attirons l'attention
de nos lecteurs sur le fait que ces articles, qui n'ont pas perdu une ride,
datent de 2003, mais que la revendication du retour aux 37,5 annuits pour tous
s'est beaucoup rarfie depuis dans les colonnes de Dmocratie et
Socialisme..
Notons que l'UD CGT de
Haute-Loire, avec les UD FO, FSU et SUD a appel la grve le 18 octobre sur
la base du combat pour le retour aux 37,5 annuits pour tous.
(2) Voir le texte de la
loi sur le site du Militant (http://www.le-militant.org/
) ou sur le site Droit de grve, (http://droitdegreve.wordpress.com/
).
(3) Dans l'art de cogner
sur les plus modrs pour faire un exemple, les patrons d'Air France ont un
illustre modle : Reagan lorsqu'il a bris par le licenciement et l'emploi de
militaires la grve des contrleurs ariens en 1983. Leur syndicat qui avait un
taux d'adhsion de 100% venait d'appeler voter pour lui aux lections ...
* * *
Grves 3 : discussion
sur le mois de novembre qui s'annonce.
Outre l'appel des
fdrations de cheminots, il y a pour novembre :
- l'appel de la CGT et de
FO la grve le mercredi 14 novembre EDF et GDF, le lendemain donc du
dmarrage de la grve des cheminots (on doit savoir le 6 novembre si les
fdrations CFDT, CFTC et CGC se joignent cette appel).
- l'appel de toutes les
fdrations de fonctionnaires la grve le mardi 20 novembre, pour les
salaires et la dfense du service public. Cette grve de la fonction publique
en novembre avait t annonce dbut octobre par les fdrations de
fonctionnaires contre la ralisation du Tous ensemble le 18 octobre. Mais la
modification de la situation induite par ce que des secteurs du salariat ont
ralis le 18 octobre donne la grve du 20 novembre toutes les chances d'tre
massive ...
- le 23 octobre la
commission excutive de la fdration CGT de la Construction (btiment et
travaux publics) a dcid d'appeler dans son secteur la grve le mme 20
novembre, sur les revendications suivantes : rgime spcial de retraite
pour les salaris concerns par la pnibilit dans la construction avec la
retraite 55 ans taux plein, hausse des salaires avec plancher 1500 euros
bruts, 14Ħ mois pour tous et suppression des franchises mdicales. Notons que
la formulation de la fdration du btiment sur les retraites, consistant la
lettre revendiquer un "rgime spcial", devrait sembler aller
encore plus contre-courant du discours officiel que la dfense des 37,5
annuits pour tous. Cela n'empche pas la fdration de revendiquer, de dire
que pour leur branche, le besoin des ouvriers, c'est de partir 55 ans, et
aussi de refuser de signer un accord salarial qui soit en dessous de la hausse
de 20% des salaires rels laquelle ils estiment avoir droit.
- dans le mme temps les
assembles gnrales, qui ne regroupent pas encore la masse des tudiants loin
de l, mais qui sont significatives, se multiplient dans les facults contre la
loi Pcresse.
Nous avons une
accumulation d'appels branches par branches qui posent la question du Tous
ensemble dont la majorit des militants ont compris qu'il est indispensable.
A la runion des
signataires de l'appel Le droit de grve n'est pas ngociable du dimanche 21 octobre
Paris, la discussion a principalement port sur l'opportunit de former des
comits appelant prparer la grve gnrale. Soit il s'agit de "prparer
la grve gnrale" ... en gnral, auquel cas former des comits sur ce
thme n'a pas de sens politique, soit il s'agit de la rechercher effectivement
dans les semaines qui viennent.
En ce qui concerne les
camarades prsents du Militant et de Liaisons (dont le regroupement tait en
train de se faire), il nous semble que l'objectif absolu ainsi formul de
"prparer la grve gnrale" dresse un mur devant les militants, car
d'une part ils sont confronts l'opposition pratique des directions
syndicales au Tous ensemble, d'autre part la question du dbouch politique
car la grve gnrale, cela signifie en clair chasser Sarkozy. Aucun appel la
lutte ne peut se substituer la question de l'issue politique qui demande
organisation et dbat de toute urgence entre militants.
Car il y a actuellement
une monte grviste, une pousse contre le gouvernement, mais qui ne se fait
pas en dehors des ralits politiques ; au contraire elle en tient compte en
revtant une certaine lenteur et en cherchant avant tout surmonter la
fragmentation branches par branches, voire entreprises par entreprises -c'est
d'ailleurs cela, le mouvement rel vers la grve gnrale.
D'autre part, il ne
saurait tre question de faire porter aux seuls cheminots le poids de la lutte
d'ensemble, ni de jouer se faire croire qu' eux seuls ils peuvent l'emporter
sur leurs revendications.
D'ici au 13 novembre,
l'heure est au regroupement par del les branches et les entreprises et dans
l'unit, sur des revendications claires : abrogation de la loi anti-grve,
hausse des salaires, arrt de la casse des services publics, retraite 60 ans
taux plein et dpart avec 37,5 annuits pour tous, notamment.
Agir ainsi, c'est
contribuer renforcer les cheminots dans une ventuelle grve illimite. Si
celle-ci se dclenche effectivement le 13 novembre, son succs dpend du Tous
ensemble.
La question d'un appel
interprofessionnel la grve dans tous les secteurs, public et priv, doit
donc tre mise en discussion partout o nous intervenons. Ce ne serait pas une
simple "journe d'action', mais un formidable coup de boutoir contre
Sarkozy et les patrons, ce serait une tape relle vers l'affrontement social
central pour en dcoudre, que Sarkozy cherche puisqu'il est mandat par les
patrons pour cela, mais une tape dans laquelle et par laquelle la classe
ouvrire se prparerait gagner, dans laquelle les regroupements et les
discussions politiques pourraient se faire dans d'autre conditions que la
dcomposition induite par les sommets qui prvaut actuellement.
Mais rptons-le, la
fidlit dans les revendications est ici dterminante, car un accord a minima
bradant, par exemple, les 37,5 annuits, aprs avoir lanc les cheminots dans
la bagarre, ne serait pas acceptable.
Il est donc essentiel que
les militants ouvriers, les responsables syndicaux, tous les travailleurs,
s'emparent eux-mmes de ces questions !
* * *
Infos.
Sur la base de l'appel
Le droit de grve n'est pas ngociable, un comit de mobilisation pour
l'abrogation de la loi anti-grve s'est form dans le dpartement de l'Allier,
s'appuyant sur 150 signatures dont celles de plusieurs lus, responsables de
syndicats et d'unions locales CGT, de la FSU, de responsables FO, et du dput
apparent PS de Moulins Guy Chambefort. Une runion publique dpartementale est
en prparation.
* * *
Humeur hispanique.
M. Ratzinger a procd
la plus grande batification de masse de l'histoire de l'Eglise catholique :
498 d'un coup !
C'tait parat-il des
victimes de perscutions anti-religieuses commises par les odieux militants
ouvriers espagnols et catalans, notamment les anarchistes, en 1936 !
Quand les paysans et les
sans-culottes franais entraient dans les glises en 1793, ils cassaient les
statues. Quand les paysans-soldats russes mettaient la main sur leurs officiers
nobles en 1918, le sort de ces derniers tait peu enviable. La compassion
devant les victimes de ces actes, les militants ouvriers savent, depuis les
dbuts de la lutte, l'prouver :
"M. Foulon [affameur public,
percepteur des impts indirects] a t arrt hier, conduit l'Htel de
ville et pendu au moment o il en descendait. Son corps a t tran dans les
rues de Paris, puis dchir en morceaux, et sa tte, promene au bout d'une
pique, a t porte au faubourg Saint-Martin, pour y attendre et prcder le
gendre de M. Foulon, M. Berthier de Sauvigny, intendant de Paris, qu'on amenait
de Compigne, o il avait t arrt, et qui doit subir aujourd'hui le mme
sort que son beau-pre. J'ai vu passer la tte du beau-pre, et le gendre
arrivant derrire, sous la conduite de plus de mille hommes arms ; il a fait
ainsi, expos aux regards du public, tout le long trajet du faubourg et de la
rue Saint-Martin, au milieu de deux cent mille spectateurs qui l'apostrophaient
et se rjouissaient avec les troupes de l'escorte, qu'animait le bruit du
tambour
.
Oh ! Que cette joie me
faisait mal ! J'tais tout la fois satisfait et mcontent ; je disais tant
mieux et tant pis. Je comprends que le peuple se fasse justice, j'approuve
cette justice lorsqu'elle est satisfaite par l'anantissement des coupables,
mais pourrait-elle aujourd'hui n'tre pas cruelle ? Des supplices tous genres,
l'cartlement, la torture, la roue, les bchers, le fouet, les gibets, les
bourreaux multiplis partout, nous ont fait de si mauvaises moeurs ! Les
matres, au lieu de nous policer, nous ont rendus barbares, parce qu'ils le
sont eux-mmes. Ils rcoltent et rcolteront ce qu'ils auront sem, car tout
cela, ma pauvre petite femme, aura, ce qu'il parat, des suites terribles :
nous ne sommes qu'au dbut."
Gracchus Babeuf sa
femme, 17 juillet 1789.
Voila ce qu'il y a dire
de la violence dont prirent quelques ecclsiastiques et des nonnes catalanes
en 36. S'il s'agissait de compassion tout en mettant en valeur sa boutique, M.
Ratzinger aurait ajout la liste les dizaines de prtres basques qui prirent
aussi, en 1937, de la conqute castillane et franquiste de leur patrie. Ceux-ci
taient dans le camp "rpublicain", avec le PNV (parti nationaliste
et clrical basque) encore que leur mfiance envers les conseils ouvriers de
l'Aragon a fait le jeu des troupes franquistes. Mais, justement, ils n'y sont
pas.
Donc, la preuve est
faite. Il ne s'agit mme pas de rcuprer pour l'glise la compassion envers
des victimes. Non. C'est une opration de combat. Ratzinger tient faire
savoir qu'avec lui l'Eglise toute entire est aux cts des prtres combattants
du franquisme en 1936.
Des prtres catholiques
qui bnissaient les garrots et participaient aux tortures.
Des prtres catholiques
qui, reconqurant les villages, dsignaient les institutrices pour tre
violes, tondues, et tues, parce qu'institutrices.
Voila la mmoire de
Ratzinger, voila la cause de l'glise, l'glise d'aujourd'hui.
Combien de tortionnaires
parmi ses canoniss ?
Ils n'ont rien oubli.
Nous non plus. Avec les sentiments de Babeuf, mais contre eux, avec notre
classe, sans rserve.
* * *
Humeur encore.
Mercredi soir, 31
octobre, une mission sur Trotsky sur Arte, et annonce une mission sur la
rvolution russe le mercredi suivant.
Bon, c'est clair :
regardez les images, bouchez vous les oreilles !
Les images sont rares et
souvent belles, authentiques documents.
Les commentaires, sauf un
Jean-Jacques Marie pig dans cette galre, sont dans la ligne de l'pitaphe
d'un obscur pote mis sur le gnrique de fin, disant un truc du genre "la
rvolution mne la mort et la mort mne la rvolution", en clair,
message pour le XXIĦ sicle : crevez donc, mais faites pas la rvolution !
On notera la curieuse
obsession des origines juives de Trotsky tout au long du documentaire, alors
que lui-mme n'y attachait pas d'importance fondamentale, obsession allant
jusqu' raconter n'importe quoi sur la lutte avec Staline en 1923 : Trotsky n'a
jamais racont que "Lnine m'a propos la succession, mais j'ai dclin
l'offre parce que je suis juif". Ces affabulations grotesques profres,
naturellement, par de supposs minents historiens surgis on ne sait d'o ...
Bref, vive les images !
* * *
Vient de paratre :
Unit nĦ 6.
Nos camarades de l'OS
(Offensive Socialiste, courant de jeunes socialistes ... socialistes !)
viennent de publier le nĦ 6 de leur journal.
Nous y reviendrons. Des
lecteurs de Clermont-Ferrand ayant remarqu que nous avions annonc un article
rclamant l'abrogation de la loi Pcresse, dans le nĦ 5, qui n'tait finalement
pas paru, nous sommes heureux d'annoncer que ce numro contient l'article
suivant sur le mme sujet :
La loi Pcresse ne passera pas !
Comme vous le savez sans doute dj chers lecteurs, au mois dĠaot dernier tait vote la loi dite Ç liberts et responsabilit des universits È galement appele Ç loi dĠautonomie des universits È. Le premier ministre Franois Fillon sĠtait dj obligeamment charg de nous avertir que cette rforme serait sans doute Ç la plus importante È de son mandat. Quels sont alors les changements apports par cette loi au modle universitaire actuel ? Deux axes principaux se dgagent le financement des universits et leur Ç gouvernance È.
Pour le financement, il ne se fera plus de manire planifie et rcurrente par rapport aux besoins exprims par les universits et les populations mais suivant une logique de contrat entre lĠuniversit et lĠtat visant valoriser une recherche plus comptitive. Cette logique contractuelle est dj en soi une remise en cause des missions du service public dĠenseignement suprieur : assurer chaque citoyen le dveloppement dĠun esprit critique et lĠacquisition de qualifications reconnues lui permettant de faire valoir ses droits face au patronat. Le gouvernement va cependant plus loin dans lĠabandon du service public puisquĠil confie aux universits de nouvelles comptences, notamment la gestion de leur patrimoine mobilier et immobilier, le tout sans donner de moyens supplmentaires. Comment les universits vont elles pouvoir financer leur activit avec ces dpenses supplmentaires ? Le gouvernement Fillon a la solution les partenariats privs. Les universits pourront donc se financer directement par le biais des entreprises sans rel contrle.
Quant la Ç gouvernance È, les universits seront dsormais diriges par un nombre restreint de personnes regroupes au sein dĠun Conseil dĠAdministration comprenant une grande proportion (jusquĠ 40%) de Ç personnalits extrieures È, reprsentantes du Ç monde conomique È. De plus, cette loi instaure une grande concentration de pouvoirs entre les seules mains du prsident vritable PDG tout puissant. Cerise sur le gteau, ce prsident omnipotent nĠest plus oblig dĠtre enseignant/chercheur et peu donc tout a fait tre lĠun des chefs dĠentreprise partenaire de lĠuniversit. Pour parachever le tout, le gouvernement met galement en place une barrire slective lĠentre de lĠuniversit par le biais de Ç lĠorientation active È, dispositif visant dcourager certains bacheliers de sĠinscrire lĠuniversit.
La boucle de la liquidation du service public est ainsi boucle : par le biais des financements les entreprises contraignent les universits orienter leur recherche et leurs enseignements dans un sens qui leur profite, par le biais du CA o elles ont la main haute elles font acter leur volont par la direction politique de ces mmes universits. Ce systme aboutit donc lĠmergence dĠune universit deux vitesses avec, dĠun ct des universits surfinances offrant des formations de qualit aux tudiants qui auront pu passer la barrire de Ç lĠorientation active È, de lĠautre des universits sous-dotes, offrant des formations courtes, non reconnues sur le march du travail pour les tudiants dfavoriss. La bourgeoisie caricaturale au pouvoir met donc tout en place pour rserver sa progniture lĠaccs aux tudes suprieures, cherchant empcher toute ascension sociale afin de conserver le pouvoir conomique entre ses seules mains.
Parce que chacun de ses articles est en opposition frontale avec lĠintrt des jeunes et des travailleurs et avec le projet dĠune socit socialiste o la collectivit donne chacun les moyens de vivre et de sĠmanciper de toute tutelle familiale, religieuse ou conomique nous ne pouvons que nous prononcer pour lĠabrogation de la loi Ç relative aux liberts et responsabilits des universits È.
Nous avons pris la dcision de publier ci-contre cet appel unitaire contre la loi Pcresse, lĠinitiative de syndicalistes tudiants et de militants dĠorganisations politiques de jeunesse de gauche. Cet appel participe de la construction de lĠUnit face aux attaques du gouvernement.
Martin Crouzet.
Appel lĠAbrogation de la loi Pcresse
Nous, signataires du prsent appel, organisations politiques, syndicales, associatives et collectifs, exigeons lĠabrogation de la loi Pcresse, Ç relative aux liberts et aux responsabilits des universits È. Nous rejetons le principe mme de cette loi et nous refusons dĠaccorder de la lgitimit au processus de pseudo concertations men par le gouvernement au mois de juillet.
Nous nĠacceptons notamment pas : lĠautonomie de gestion budgtaire et la recherche de ressources propres. En organisant la pnurie budgtaire, lĠEta/ contraint les universits recourir pour son financement aux Fondations et au mcnat, cĠest--dire aux intrts privs : cela permet une vritable privatisation. De plus, autonomie finaneire et pnurie budgtaire donneront prtextes et moyens lĠaugmentation des frais dĠinscription, facteur de la slection sociale ; la systmatisation des dispositifĠs de pr inscription et dĠorientation active qui introduisent une forme de slection lĠentre de lĠuniversit ; la rvision de la composition des conseils dĠadministration et le renforcement du pouvoir des prsidents, qui ont pour fĠonction de faciliter une gestion entrepreneuriale. La proportion de personnalits extrieures issues du patronat, non lues, augmente au dtriment des lus des personnels et des tudiants. Les universits sont destines tre transformes en centres de formation et de recrutement adapts aux besoins immdiats du patronat ; le recrutement de contractuels prcaires (dj nombreux aujourdĠhui) pour le personnel enseignant et non enseignant la place de fonctionnaires cassera les statuts de la fonction publique, et encouragera galement la sparation entre enseignement et recherche.
Cette loi est un lment cl dans la mise en ceuvre du projet de privatisation et de professionnalisation de lĠenseignement suprieur et de la recherche. Elle accentue lĠindividualisation des diplmes qui ne correspondront plus des qualifications reconnues dans le monde du travail. Pire encore, elle fait de lĠuniversit une vritable entreprise en lĠautorisant exercer des activits commerciales confondues avec ses activits de service public. CĠest donc une attaque contre les droits de lĠensemble des travailleurs.
Parce que cette loi va aggraver et non rsoudre les problmes de lĠuniversit, nous devons nous battre galement :
pour un financement public de lĠenseignement suprieur la hauteur des besoins, pour le maintien du statut des personnels et la titularisation de tous les personnels prcaires.
Par ailleurs, le gouvernement multiplie les offensives : service minimum, chasse aux immigrs, franchises mdicales ; et en prpare dĠautres : rgimes spciaux de retraites, contrat de travail unique. Il cherche sĠattaquer en priorit aux secteurs les plus mobiliss ces dernires annes, parmi lesquels les jeunes et les salaris du public, et saper leur capacit de mobilisation. LĠuniversit est donc une cible de choix.
CĠest pourquoi nous appelons les tudiants et les personnels, enseignants et BIATOS, la mobilisation pour obtenir lĠabrogation de la loi Pcresse, conformment aux appels locaux de nombreuses universits (Toulouse Mirail, Rennes I, Bordeaux I, etc). Nous proposons aux organisations qui se sont prononces pour lĠabrogation de la loi de construire ensemble la lutte et nous appelons celles qui ne lĠont pas encore .fait nous rejoindre. Pour notre part, nous prparons la construction dmocratique de la lutte et nous ne nous interdirons aucun moyen dĠaction, notamment la grve. Nous apportons notre soutien toutes les initiatives locales allant dans le sens de la mobilisation.
* * *
Dernire minute.
Notre ami Kb Talib, ancien membre de
l'Association populaire d'entraide ("Militant") et dlgu bien connu
du Collectif de Montreuil pourles Droits des Sans papiers, a t arrt ce
matin Bordeaux, en prenant letrain pour revenir en rgion parisienne, o il
devait reprendre la tte desinitiatives de rgularisation du Collectif.
Il est en garde--vue au
commissariat central de Bordeaux, qui ignoreprobablement tout de sa qualit de
dlgu d'un collectif de rgion parisienne.Tlphonez au commissariat central
pour demander sa libration :
05.57.85.77.77.
Il faut savoir que Kb a dj
dpos son dossier la Prfecture de Bobigny,dans le cadre des ces mmes
oprations de rgularisation, et qu'il nous est indispensable pour la poursuite
de l'opration.
Vous pouvez donc galement faire
pression sur la Prfecture de Seine Saint Denisen demandant qu'elle intervienne
auprs des services de Gironde pour signaler que Kb Talib est un de leurs
interlocuteurs dans le dpartement.
Prfecture de la Seine-Saint-Denis
Tl : 01.41.60.60.60. Fax : 01.48.30.22.88.
Les bons interlocuteurs, leur
fonction, leurs coordonnes :
Franois DUMUIS Sous-prfet,
secrtaire gnral
Tlphone : 01 41 60 59 00
Tlcopie : 01 41 60 59 28
Mel : Francois.DUMUIS@seine-saint-denis.pref.gouv.fr
Arlette MAGNE Direction des
trangers
Tlphone : 01.41.60.57.00.
Tlcopie : 01.48.30.22.88.
Mel : Arlette.MAGNE@seine-saint-denis.pref.gouv.fr
Plus d'infos sur le site http://cspmontreuil.1et0.org
Merci pour votre soutien.