Lettre de liaison nĦ10 du 23 janvier 2008
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction provisoire : Christian Barlo (83) Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Franois Ferrette (61), StŽphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier (94), Vincent PrŽsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord (75), Salima Jamili (75) É

 

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Sommaire :

Billet du jour : dŽputŽs socialistes, vous avez ŽtŽ Žlus comme socialistes, pas comme sarkozystes !

Note au billet du jour : la dernire fois ...

Manifester ˆ Versailles le 4 fŽvrier.

Krach boursier et rŽcession.

Louches projets militaires.

Documents : dŽjˆ deux unions dŽpartementales FO et de nombreux syndicats dressŽs contre l'accord corporatiste sur la modernisation du marchŽ du travail.

L'analyse de l'accord sur la modernisation du marchŽ du travail par l'UD FO du Finistre.

A lire : sur Pierre Lambert.

Le numŽro 12 du Militant est disponible.

Affiches et autocollants pour la dŽfense du droit de grve.

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Le billet du jour.

 

DŽputŽs socialistes, vous avez ŽtŽ Žlus comme socialistes, pas comme sarkozystes !

 

L'ŽchŽance approche. Si le Parti socialiste dŽcidait de voter contre la rŽforme constitutionnelle de Sarkozy ˆ Versailles le mardi 4 fŽvrier, alors non seulement Sarkozy soit serait contraint au rŽfŽrendum pour faire passer son traitŽ "simplifiŽ" qui reprend ce ˆ quoi le peuple ˆ dit NON le 29 mai 2005, soit devrait y renoncer. Cela serait le coup d'arrt ˆ Sarkozy, le point d'appui de la grande contre-offensive du monde du travail et de la dŽmocratie.

 

Le 4 fŽvrier approche. Avec une volontŽ rŽelle, il serait possible de mettre dans la rue des milliers et des milliers de citoyens, de travailleurs, de jeunes, contre le Congrs, contre Sarkozy, contre la Commission europŽenne, pour les droits sociaux et la dŽmocratie.

 

TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER. (1)

 

 

(1) Note au Billet du jour : La dernire fois.

 

Certes, Versailles n'est pas un lieu trs habituel pour manifester. En plus lundi est un jour de semaine et il nous faudrait des prŽavis de grve ...

Pourquoi Versailles ? Parce que dans cette RŽpublique, quand l'AssemblŽe nationale aux ordres et le SŽnat Žlu par les notables se rŽunissent ensemble en "congrs", la solennitŽ supposŽe de l'Žvnement exige que cela se passe dans des locaux royaux !

Il n'y a donc pas trs souvent de manif dans cette ville. La dernire fois, c'Žtait en 1789. Les dŽputŽs des Žtats gŽnŽraux avaient d'abord ŽtŽ rŽunis ˆ Versailles par le roi, puis, s'Žtant constituŽs en AssemblŽe nationale pour prendre le pouvoir comme l'exigeait leur mandat, ils sont allŽs ˆ Paris. Mais le peuple de Paris, les femmes des Halles en tte, sentant comme une menace le maintien du roi et de sa cour ˆ Versailles, sont allŽs le chercher, ˆ la terreur des bourgeois, dŽbut octobre 1789. Cela leur a permis de sŽquestrer le pouvoir exŽcutif ˆ Paris o il sera prestement raccourci trois ans plus tard.

Trahissant leur mandat, 219 ans aprs, les dŽputŽs socialistes qui ne voteront pas contre seront les serviteurs, les mandatŽs de Sa MajestŽ. Pour imposer la dŽmocratie, il faut briser le pouvoir exŽcutif de l'Etat, et ses serviteurs avec. Nous retiendrons exactement qui aura votŽ pour ou contre Sarkozy le 4 fŽvrier.

 

Une manifestation se prŽpare ˆ Versailles le 4 fŽvrier. Ce sont les organisations se prononant pour un rŽfŽrendum comme le PCF, la CGT, la FSU, la LCR, le PT, ATTAC, les courants et parlementaires socialistes qui ont pris position, qui devraient appeler ˆ une manifestation de masse.

Nous n'allons pas battus d'avance. Mme si Sarkozy avait gain de cause le 4 fŽvrier, les nuages s'assombrissent pour lui et notre action prŽpare la suite du combat.

L'initiative telle qu'elle se prŽpare a un caractre "folklorique" qui ne doit pas se substituer ˆ ce qui serait nŽcessaire. Mais elle existe. Nous la soutenons !

 

Voir : http://www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr /.

 

Le scŽnario provisoire de la journŽe du 4 fŽvrier ˆ Versailles

Dimanche 20 janvier 2008, 18:39

1. ArrivŽe sur le lieu de rassemblement ˆ partir de 12h

Marches convergentes vers le lieu de rassemblement ˆ partir du parking des cars et des gares RER/SNCF.

2. ConfŽrence de presse citoyenne

Soit en fin de matinŽe (11h)

Soit en dŽbut dĠaprs midi (14h)

Avec les reprŽsetants des organisations investies dans le cadre de la campagne et une prŽsence de parlementaires dŽsirant voter non.

3. Rassemblement

Le rassemblement sera festif, symbolique, visuel et ludique.

Une restauration sur place est en cours de nŽgociation avec la ConfŽdŽration Paysanne locale.

Les organisations qui le souhaite pourront mettre en place des stands

Des contacts sont en cours avec des groupes de musique de rue.

4. Manifestation

Le parcours est ˆ confirmer en fonction du pŽrimtre de sŽcuritŽ et des nŽgociations avec les autoritŽs locales.

Objectif : ˆ 16h, au moment du vote par les parlementaires en Congrs, nous porterons le deuil de la dŽmocratie et nous b‰illonnerons symboliquement devant lĠenceinte du ch‰teau.

En fonction du nombre de participants :
soit on fait un parcours et on se b‰illonne en passant ˆ proximitŽ du ch‰teau

5. retour sur le lieu de rassemblement

Bilan du vote et cl™ture de la journŽe

 

 

* * * *

Krach boursier et rŽcession.

 

On dirait bien que cette fois-ci, a y est. Georges Soros le dit : "La crise actuelle est le point culminant d'un super boom qui a durŽ plus de soixante ans"  (Financial Times du 23 janvier). La formule du grand financier est remarquable : pour lui, il est clair que le boom du capitalisme culmine dans la crise, et cette crise il l'envisage comme l'aboutissement fatal de l'expansion commencŽe depuis 1945, carrŽment. A l'Žpoque le capitalisme renaissait, gr‰ce aux accords de Yalta, des cendres de la civilisation europŽenne labourŽe par Hitler, la prŽcŽdente catastrophe qu'il avait provoquŽe. Soixante ans aprs, six milliards d'hommes et la plante en danger, l'expansion capitaliste aboutit ˆ nouveau ˆ la catastrophe. En pire.

 

N'empche que voilˆ dŽjˆ six mois que tous les matins experts et ministres nous rŽptent qu'il n'y a pas de crise, qu'il n'y a pas de krach, que les fondamentaux sont sains. Et plus ils le rŽptent, plus leurs propres dŽclarations deviennent des facteurs de la crise !

 

Bien sžr, de fausses compŽtences ˆ la Jean-Pierre Gaillard continue ˆ expliquer cette crise bancaire et financire comme un accident malheureux, du ˆ l'imprudence de certains emprunteurs et de certains prteurs, consentant Žventuellement ˆ ajouter qu'en plus, la "dilution des risques" par la formation de produits financiers douteux a crŽŽ une situation de soupon interbancaire gŽnŽralisŽ. Toutes choses techniquement vraies, mais qui, rŽpŽtons-le, n'expliquent pas du tout ce qui est en train de se passer. Car si la cha”ne a rompu par les prts subprime, c'est parce que l'accumulation du capital aux Etats-Unis se fait de manire parasitaire envers le monde entier et repose sur l'endettement des mŽnages, plus fortement encore depuis l'absorption du krach de la net-Žconomie de 2001-2002. L'autre aspect de cette politique, ce sont les dŽpenses militaires, les interventions tous azimuts, l'enlisement perpŽtuel dans la "guerre sans fin contre le terrorisme" permis par ce cher Ben Laden, sans lequel la politique militaire et Žconomique de l'impŽrialisme nord-amŽricain des sept dernires annŽes n'aurait jamais pu se dŽployer autant.

 

Une dimension centrale de la crise prŽsente, c'est donc, pour rŽsumer, que les Etats-Unis n'arrivent plus ˆ jouer leur r™le de pivot du capitalisme mondial et de gendarme du monde. Premier acte : ils sont privŽs de leur partenaire-adversaire avec la fin de l'URSS et entrent dans une posture dŽsŽquilibrŽe. Deuxime acte : le 11 septembre 2001 leur permet le grand dŽploiement, dŽstabilisateur pour les autres puissances capitalistes. Troisime acte : maintenant. Maintenant, ils n'y arrivent plus.

 

D'o, soit dit en passant, le caractre hŽsitant voire chaotique qu'est en train de prendre la prŽ-campagne des prŽsidentielles US. Barak Obama est la coqueluche de certains, puisqu'il est contre la guerre en Irak. Oui mais ... il est pour la guerre au Pakistan ! Il n'y aura pas d'alternative paisible ˆ l're inaugurŽe par Bush : les Etats-Unis ne pourraient en sortir que par une intervention indŽpendante du peuple et de la classe ouvrire amŽricain, certes de plus en plus lassŽs et mŽcontents de tous leurs politiciens et aussi de leurs hommes d'affaire, et pas par une tte nouvelle ou ancienne qui sortiraient des Žcoles et des lobbys des partis rŽpublicain ou dŽmocrate.

 

Le fait dŽcisif dans l'accŽlŽration de la crise bancaire et financire et la cause du krach boursier partiel du lundi 21 janvier, c'est justement que le prŽsident Bush, sommŽ d'intervenir, est intervenu, et que son intervention a accŽlŽrŽ la chute, car ce qu'il a annoncŽ, ce sont les recettes par lesquelles les Etats-Unis avaient absorbŽ, stockŽ, la crise du dŽbut des annŽes 2000, baisses d'imp™ts (en moyenne 800 dollars par famille, un Žcran plat de tŽlŽ !), couplŽe par ailleurs ˆ la hausse des dŽpenses militaires, donc toujours le creusement du dŽficit US. En d'autres temps, un plan de relance de prŽs de 200 milliards de dollars aurait ŽtŽ saluŽ, lˆ son annonce a enfoncŽ un peu plus les choses car plus personne ne fait confiance ˆ ces mŽthodes qui ont prŽcisŽment construit les conditions techniques de la crise actuelle. "Le plan Bush dŽoit parce qu'il ne comprend aucune mesure agissant directement sur la crise immobilire" note l'Žditorialiste des Echos, JM Vittori, le 22 janvier. Lˆ encore s'illustre la difficultŽ congŽnitale des experts officiels ˆ comprendre ce qui leur arrive : le mme note pourtant que depuis 6 mois toutes les digues financires et bancaires sautent, mais il s'obstine ˆ se rattraper au dŽtail technique sauveur, comme s'il suffisait que Bush soit un peu moins bte qu'on ne le croit en France et qu'il ait pensŽ ˆ prendre des mesures "directes" (lesquelles, d'ailleurs ? payer les gens pour qu'ils puissent payer ? donc Žponger les crŽances douteuses des prŽteurs douteux ? mais cela suppose qu'ils s'identifient, ce qui suffirait ˆ multiplier encore plus la panique !) comme si les mesures annoncŽes n'Žtaient pas logiquement les seules, dans le cadre de la politique amŽricaines, qui pouvaient l'tre.

 

En rŽalitŽ, aprs Bush, c'est Ben Bernanke et la Fed (la Federal Reserve Bank, banque centrale US) qui ont dž l‰cher une baisse sans prŽcŽdent des taux d'intŽrts, de 75 points d'un coup, la plus forte depuis 1985, cela en l'absence de toute rŽunion de son comitŽ de politique monŽtaire donc dans une ambiance de petit coup d'Etat interne. Le Monde de ce matin, 23 janvier, titre vaillamment que cela a fait repartir les bourses ˆ la hausse, mais on va voir car Wall Street n'a manifestŽ en vŽritŽ aucun enthousiasme et le rebond n'est vraiment pas garanti.

 

Il se trouve que le fameux forum des "dŽcideurs mondiaux" de Davos commence aujourd'hui, donc au lendemain de cette baisse des taux de la Fed. L'avalanche des critiques est Žloquente : Stephen Roach, patron des opŽrations asiatiques de Morgan Stanley, estime qu'au mieux la politique de la Fed conduira ˆ une "nouvelle bulle". M. Trichet et l'Žquipe de le BCE de Franckfort misent d'ailleurs sur ces critiques pour rŽsister aux pressions visant ˆ ce qu'ils en fassent autant. Mais le ponpon est dŽcrochŽ par John Studzinsky, conseiller en chef dans le fonds d'investissement Blacsktone, l'un des plus puissants sinon  le plus puissant, fond amŽricain mais dans lequel l'Etat chinois est fort prŽsent depuis ce printemps, qui dŽclare :

"Les marchŽs ont besoin d'une seule chose : d'un leadership, que ce soit au niveau rŽgional ou mondial. Mais il semble faire cruellement dŽfaut ces jours-ci."

 

Voila qui frise l'Žtatisme : un des plus importants gestionnaire de capitaux qui rŽclame soudain un "leadership". On pourrait ˆ juste titre ironiser sur le fait que le leadership du capital, c'est le capital lui-mme. Oui, mais la seule limite du capital (quand les exploitŽs et les opprimŽs ne peuvent arrter sa course folle), c'est le capital lui-mme. Quand John Studzinsky s'Žcrit, effrayŽ, "pas le leadership", c'est une accusation terrible envers Washington lancŽe par ses vrais fondŽs de pouvoir.

DŽcidemment, ils n'ont plus confiance. Plus confiance en qui ? Plus confiance en eux !

 

Dans ces conditions, on entend de plus en plus dire que le soutien du systme vient des pays "Žmergents" : ce ne sont plus "les fondamentaux qui sont sains", ce sont les "pays Žmergents" qui, comme leur nom l'indique, Žmergent et, ce faisant, rajeunissent la bte.

 

S'li est vrai que ces pays, la Chine "communiste" en tte de trs loin, dŽversent une plus-value indispensable au capitalisme mondial en gŽnŽral et nord-amŽricain en particulier, il est cependant illusoire de les prendre pour des jeunes pousses vigoureuses analogues ˆ ce qu'Žtaient les premiers pays capitalistes dĠautrefois, comme la Hollande des annŽes 1600, l'Angleterre de la rŽvolution industrielle ou les Etats-Unis autour de 1900. Ils arrivent dans un monde dŽjˆ occupŽ et leurs propres Žconomies, au prix d'une exploitation sans borne des tres humains et d'une dŽvastation environnementale, fonctionnent sur la base des exportations de produits manufacturŽs vers les vieux pays capitalistes, pour ce qui concerne la production et la vente des marchandises, et sur la base de l'accumulation de dollars sous la forme principalement de bonds du TrŽsor, pour ce qui concerne le financement. La rŽcession nord-amŽricaine conduit ˆ la crise de surproduction des Žconomies asiatiques et ˆ des ˆ-coups financiers de caractre Žpileptique ; les bourses asiatiques n'ont d'ailleurs pas ŽtŽ les moins malmenŽes ces derniers jours. Certes, le rebond de la bourse de Hong-Kong ce mercredi matin est le plus vigoureux et confine au spectaculaire (+ 10,72%), mais les commentaires des experts asiatiques sont rŽservŽs et vont souvent, notons-le, dans un sens inverse des commentaires distillŽs ˆ Davos citŽs ci-dessus : "Beaucoup de gens se rendent compte que l'initiative de la Fed hier est insuffisante." (Hideaki Inoue, du Mitsubishi Trust and Banking de Tokyo). Ce rebond, s'il se confirme, fait repartir le dollar ˆ la baisse par rapport ˆ l'euro, mais pas par rapport aux monnaies asiatiques toujours sous-ŽvaluŽes, autrement dit les grands dŽsŽquilibres persistent.

 

Dans ces conditions, les dŽclarations de Christine Lagarde en France tiennent ˆ la fois du pathŽtique et du ridicule, car son acharnement ˆ rŽpŽter la mme chose qu'il y a six mois montre que le niveau de rŽflexion et, disons-le, de compŽtence, de la "gouvernance" ˆ la franaise, celle que Sarkozy fait maintenant Žvaluer par audit, est particulirement lamentable. L'assombrissement de l'horizon Žconomique arrive en France au moment o le mŽcontentement populaire est en train de s'intensifier ˆ des profondeurs rarement atteintes. Pouvoir d'achat, la•citŽ, prŽsidence "bling-bling", ce sont ici les paramtres Žconomiques, mais aussi politiques et psychologiques, qui passent au rouge. Pour faire basculer la situation, il suffirait que Sarkozy n'arrive pas ˆ avoir ses trois cinquimes de parlementaires le 4 fŽvrier ˆ Versailles pour avaliser son "nouveau traitŽ" europŽen qui reprend, le caractre constitutionnel en moins, le contenu du prŽcŽdent, rejetŽ par le peuple en 2005. Ceux qui empchent la situation de basculer et aident donc Sarkozy ˆ nous faire payer les consŽquences de la crise du capitalisme sont donc ceux qui, dans l' "opposition", auraient dŽcidŽ de l'aider ce jour lˆ ...

 

* * * * *

 

Louches projets militaires.

 

Attention, attention. Evidemment la presse et la tŽlŽ n'ont pas titrŽ lˆ-dessus. Mais Sarkozy, entre deux courbettes devant rois et Žmirs, a signŽ le 15 janvier un accord militaire avec les Emirats Arabes Unis, sur le golfe persique, pour la mise en place dans ce pays d'une base militaire franaise terrestre, aŽrienne et maritime, d'un effectif de 4 ˆ 500 hommes, et  l'on apprend aussi que l'Žcole militaire supŽrieure de Saint-Cyr va ouvrir une succursale ˆ Doha pour former des officiers.

 

Voila qui est louche et qui s'ajoute ˆ la hausse des effectifs franais engagŽs en Afghanistan. Le tout naturellement sans publicitŽ, sans dŽbat parlementaire, etc. Fait du prince. Les troupes franaises n'ont rien ˆ faire lˆ-bas, pas plus qu'en Afrique.

A la maison ! De l'argent pour crŽer des Žcoles et maintenir les h™pitaux, pas pour a !

 

* * * * * *

 

Documents : dŽjˆ deux unions dŽpartementales FO et de nombreux syndicats dressŽs contre l'accord corporatiste sur la modernisation du marchŽ du travail.

 

L'Essonne :

 

DECLARATION DE LA CE DE LĠUD FO ESSONNE

 

   La CE de lĠUD FO 91, valablement convoquŽe le 17 janvier 2007, aprs avoir pris connaissance de lĠaccord du 11 janvier dit de Ç modernisation du travail È sĠinterroge sur lĠopportunitŽ de signer un tel accord.

 

   Deux points de cet accord, entre autres, posent problme :

 

1/ La crŽation dĠune Ç rupture conventionnelle È, qualifiŽe de Ç sŽparation ˆ lĠamiable È par le MEDEF, o Ç lĠemployeur et le salariŽ peuvent convenir en commun des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie È (article 12 a).

   Le recours au Conseil de PrudĠhommes qui Žtait une garantie pour les salariŽs ne figure pas dans lĠaccord comme le revendiquait FO.

 

2/  La crŽation ˆ titre expŽrimental pour les cadres et ingŽnieurs Ç dĠun contrat ˆ durŽe dŽterminŽe ˆ terme incertain È dĠune durŽe de 18 ˆ 36 mois pour la rŽalisation Ç dĠun objet dŽfini È (article 12 b) ouvre la porte ˆ la prŽcaritŽ et ˆ tous les abus.

 

   Pour ces raisons, la CE de lĠUD FO 91 dŽsapprouve lĠengagement de signature de cet accord et demande quĠun large dŽbat se mne dans toutes les instances de la ConfŽdŽration, notamment au prochain CCN, avant toute signature de cet accord qui fragilise encore plus le Code du Travail et impose aux salariŽs de nouvelles mesures de flexibilitŽ.

 

   Concernant la forme, la CE de lĠUD FO 91 approuve les termes du courrier Žlectronique adressŽ par notre secrŽtaire dŽpartemental ˆ Jean Claude Mailly, secrŽtaire gŽnŽral de lĠorganisation.

 

AdoptŽe ˆ lĠunanimitŽ des prŽsents moins 2 abstentions.

 

Le Finistre :

 

L'Union DŽpartementale des syndicats de salariŽs Force Ouvrire du Finistre a pris clairement position pour s'opposer ˆ la signature par la Direction ConfŽdŽrale de Force Ouvrire (le bureau confŽdŽral deux jours avant une rŽunion de la Commission ExŽcutive) de "l'accord du 11 janvier 2008 sur la modernisation du marchŽ du travail"...

 

Dans un courrier datŽ du 17 janvier 2008 son SecrŽtaire gŽnŽral Marc HŽbert prŽcise:

 

Par courriel envoyŽ le lundi 14 janvier 2008, ˆ lĠensemble des instances de la ConfŽdŽration, au SecrŽtaire GŽnŽral, au Bureau ConfŽdŽral aux UD et aux FŽdŽrations, je demandais, en qualitŽ de secrŽtaire de lĠUD FO 29, membre du CCN, de ne pas donner dĠavis favorable ˆ la signature de lĠaccord dit de modernisation du marchŽ du travail...

 

... je vous adresse ci-joint une analyse rapide du texte, effectuŽe par le service juridique de lĠUDFO 29, avec quelques apprŽciations des dŽrives probables et des graves remises en cause du Code du Travail, voire du Code Civil.


La dŽcision de signer est une dŽcision qui aura des consŽquences considŽrables et constitue une vŽritable attaque contre la classe ouvrire....


En consŽquence, je demande officiellement au SecrŽtaire GŽnŽral de retirer son engagement de signature...

Marc HŽbert, secrŽtaire de l'UD.

 

Et le syndicat des Territoriaux de Brest et CommunautŽ urbaine (http://fobrestcub.canalblog.com/) :

 

Accord sur la Modernisation du MarchŽ du Travail

Et bien voilˆ, comme promis notre syndicat s'est positionnŽ hier sur cet accord et sur sa signature par la ConfŽdŽration Cgt-FORCE OUVRIERE :

sur le contenu de l'accord : le Bureau du syndicat a estimŽ ˆ l'unanimitŽ moins une voix(*) qu'il s'agit bien d'un accord pourri (**) pour les salariŽs mais d'un Eldorado pour le patronat.

sur sa signature par le Bureau ConfŽdŽral : le Bureau du syndicat a estimŽ ˆ l'unanimitŽ que notre ConfŽdŽration a commis lˆ une faute grave et qu'en signant cet accord elle s'Žcartait de la ligne revendicative de notre organisation.

sur l'ŽventualitŽ de notre dŽsadhŽsion de la ConfŽdŽration Cgt-FO : le Bureau du syndicat a estimŽ ˆ l'unanimitŽ qu'il n'Žtait pas question pour nous, au jour d'aujourdhui, de quitter la Cgt-FO. En effet, fidles ˆ l'esprit de la vieille CGT et de la RŽsolution du Congrs d'Amiens (dite Charte d'Amiens) de 1906 nous nous devons, au contraire, de dŽfendre ˆ l'intŽrieur comme ˆ l'extŽrieur notre vision du Syndicalisme revendicatif de Lutte des Classes.

le Bureau du syndicat, considŽrant que par sa signature J.C.M. commettait sa deuxime tra”trise aprs celle de l'oubli de la revendication FO sur les "37,5 pour tous", a estimŽ ˆ l'unanimitŽ qu'au contraire il appartenait ˆ Jean-Claude Mailly de dŽmissionner de son poste de SecrŽtaire GŽnŽral de la ConfŽdŽration Cgt-FO.

Nous espŽrons qu'ˆ leur tour de nombreux Syndicats Cgt-FO ainsi que de nombreuses UD et FŽdŽs prendront position, non seulement contre cet accord pourri, mais contre la dŽrive de notre ConfŽdŽration qui se rapproche inexorablement du syndicalisme d'accompagnement qui Žtait jusqu'ici la marque de fabrique des syndicats jaunes tels que la CFDT, la CFTC, la CGC ou l'UNSA.

POUR QUE FORCE OUVRIERE DEMEURE Ç UN SYNDICAT QUI RESTE UN SYNDICAT È

Le syndicat Territoriaux Cgt-FO de Brest et de sa CommunautŽ Urbaine

* * *

Document : l'analyse de l'accord par l'Union DŽpartementale FO du Finistre :

 

Ç ACCORD SUR LA MODERNISATION DU MARCHƒ DU TRAVAIL È : quelques ŽlŽments dĠanalyse

 

Cet accord devrait en rŽalitŽ sĠintituler :

Ç Accord pour renforcer les garanties juridiques et financires de lĠentreprise face ˆ ses salariŽs È ou Ç Accord pour dŽpouiller les salariŽs de leurs droits sans contrepartie ÈÉ

Au prŽalable un rappel de quelques principes toujours dŽfendus par la ConfŽdŽration FORCE-OUVRIéRE : des phrases issues de la dŽclaration de la Commission ExŽcutive ConfŽdŽrale ˆ lĠoccasion du soixantime anniversaire de la scission (carte dĠanniversaire FO 60 ans – Une Force intacte).

* Depuis 60 ans

Ç LĠaction syndicale par son caractre  rŽformiste, cĠest-ˆ-dire lĠŽmancipation progressive des travailleurs se traduit par une pratique contractuelle exigeante en matire de contenu et dont les niveaux de nŽgociation sont articulŽs conformŽment ˆ la conception rŽpublicaine du principe de faveur È.

* AujourdĠhui

 Ç La CGT-FO marque sa dŽtermination ˆ dŽfendre les principes de base originels du syndicalisme et met en garde les pouvoirs publics et le patronat contre toute tentative de soumission ou dĠanesthŽsie È.

* Demain

 Ç ProfondŽment attachŽe ˆ la libertŽ de nŽgociation et ˆ la pratique contractuelle comme outils indispensables de lĠindŽpendance syndicale et lĠamŽlioration de la situation Žconomique et sociale des salariŽs È.

 

3D> Le moins que lĠon puisse dire est que lĠengagement de la signature par la ConfŽdŽration FO de lĠaccord de Ç modernisation È du marchŽ du travail est en totale contradiction avec les principes rappelŽs ci-dessus.

 

Cet accord est en totale contradiction avec le but de notre organisation syndicale qui est dĠamŽliorer les intŽrts matŽriels et moraux des travailleursÉ

 

En lisant tous les articles de lĠaccord une constatation sĠimpose : cĠest quĠil ne fait avancer aucune des revendications de notre organisation mais pire encore il constitue un considŽrable retour en arrire qui pŽnalise gravement les intŽrts de salariŽs.

De plus lĠaccord nĠest pas financŽ et que sur bon nombre de mesures importantes il y a un renvoi ˆ dĠautres nŽgociations qui peuvent laisser craindre le pire notamment en ce qui concerne la nouvelle nŽgociation sur lĠassurance ch™mage puisquĠil est dŽjˆ prŽvu dans lĠaccord de revoir ˆ la baisse les allocations versŽes aux demandeurs dĠemploi (il est Žcrit dans lĠarticle 19 Ç de mieux indemniser les allocataires sur des durŽes plus courtes È).

Dans le chapitre dĠindemnisation du ch™mage, il est prŽvu le versement dĠune prime pour les jeunes de moins de 25 ans involontairement privŽs dĠemploi, prime qui sera imputŽe sur le montant des premiers droits aux allocations de ch™mage ouverts aux jeunes. Donc il ne sĠagit pas dĠune prime mais dĠune simple avance sur les allocations duesÉ

Tout Ç lĠenveloppage È relatif aux prŽtendues avancŽes concernant la formation professionnelle nĠest que de la poudre aux yeux. Cette prŽtendue avancŽe a permis au patronat de faire passer dans cet accord des points essentiels notamment en matire de prŽcarisation des contrats (contrats pour la rŽalisation dĠun objet dŽfini), de rupture des contrats (ruptures conventionnelles) et des pŽriodes dĠessai.

 

LĠexamen des diffŽrents articles de cet accord le dŽmontre :

 

Sur lĠorientation professionnelle (article 2)

PrŽvoir la progression dĠun niveau de qualification au cours de la vie professionnelle est une ambition dŽrisoire. De plus, cette progression de niveau ne garantit pas une augmentation du salaire : nombre de conventions collectives nationales ont des grilles de salaires dont les premiers Žchelons sont infŽrieurs au SMIC et de nombreux postes Žquivalents ˆ des BAC +2 ou +5 sont quasiment au SMIC.

 

Sur les pŽriodes dĠessai (article 4)

La motivation de cet article est de faciliter lĠaccs direct au CDI, pour ce faire, les signataires acceptent de mettre en place une pŽriode dĠessai plus longue et renouvelable.

NĠest-il pas malhonnte de renvoyer la possibilitŽ de renouvellement ˆ un accord de branche dans la mesure o celui-ci est dŽjˆ prŽvu dans lĠaccord interprofessionnel. Il nĠy a aucune raison sŽrieuse de penser que les organisations syndicales patronales de la branche acceptent de signer un accord sur la pŽriode dĠessai infŽrieur ˆ ce que prŽvoit lĠaccord interprofessionnel !!!

En consŽquence la pŽriode dĠessai sera inŽvitablement fixŽe ˆ son niveau maximum, cĠest-ˆ-dire 4 mois pour un ouvrier ou employŽ, 6 mois pour un agent de ma”trise et 8 mois pour un cadre ce qui est inadmissible.

La durŽe de la pŽriode dĠessai aurait-elle ainsi Žtait limitŽe ? Or, la plupart des embauches dans les petites, moyennes et surtout grandes entreprises y compris les entreprises dites dĠŽconomie sociale, se font par une succession de pŽriodes dĠintŽrim, de CDD, souvent pendant plusieurs mois, voire plusieurs annŽes avant dĠobtenir un CDI .

 

LĠaccord nĠaborde absolument pas cet aspect essentiel, il ne dŽnonce ni ne sanctionne cette pratique illŽgale. CĠest la principale source de prŽcaritŽ surtout pour les jeunes. Il sĠagit donc dĠun recul.

 

Sur lĠaccs au droit (article 5)

Le raccourcissement de cette pŽriode dĠaccs est un aspect positif mais, en fait, ne cožte pas cher ˆ lĠentreprise puisque dĠune part, ce sont les rŽgimes de prŽvoyance qui en auront la charge avec donc une augmentation probable des cotisations des salariŽs et employeurs, pourquoi ne pas avoir prŽvu la prise en charge ds la fin de la pŽriode dĠessai ?

 

Sur la mobilitŽ gŽographique et professionnelle et la GPEC (articles 8 et 9)

A tĠon dŽjˆ vu un salariŽ revendiquer plus de mobilitŽ gŽographique !!! Seul lĠintŽrt de lĠentreprise est pris en compte.

La possibilitŽ de revenir ˆ son poste antŽrieur, aprs une Ç pŽriode dĠexpŽrimentation È est un leurre et une tromperie qui traduit une mŽconnaissance totale de la gestion des entreprises : lorsque lĠon fait muter un salariŽ, cĠest soit parce que lĠon supprime son poste, donc il nĠy a pas de possibilitŽ de retour, soit parce quĠil est compŽtent pour une nouvelle fonction plus gratifiante, soit parce lĠon veut sĠen dŽbarrasser. la rŽponse ˆ la demande de retour sur le poste antŽrieur se traduira dans 90% des cas par une proposition de rupture conventionnelle.

Quant aux propositions dĠaccompagnement, cĠest bien, mais ni le niveau, ni la durŽe ne sont fixŽs. AujourdĠhui dŽjˆ on propose quasiment systŽmatiquement une aide au dŽmŽnagement (insignifiante mais elle existe) donc rien de nouveau.

 

Tout le chapitre relatif ˆ la GPEC va ˆ lĠencontre de toutes nos revendications de syndicalistesÉ.

Comment des syndicalistes, en validant lĠaccord par sa signature, peuvent ils accepter que la GPEC constitue un Ç ŽlŽment de dynamisme Žconomique È pour les entreprises, quĠelle est en fonction Ç de la stratŽgie de lĠentreprise ainsi que des Žvolutions Žconomiques, dŽmographiques et technologiques prŽvisibles È mais pire encore Ç la GPEC doit sĠinscrire dans le cadre dĠun dialogue social dynamique avec les reprŽsentants du personnel en prenant appui sur la stratŽgie dynamique dŽfinie par lĠentreprise È. Chacun sait que le dialogue social ne sert quĠˆ court-circuiter les syndicats. Le dialogue Ç dynamique È est une technique patronale utilisŽe pour noyer les Žlus dans des rŽunions permanentes qui nĠaboutissent ˆ rien voire pireÉ

Il est grave de constater que Ç cet accord È cautionne le Ç SPE È, cĠest ˆ dire le service public de lĠemploi alors que dans le mme temps, nos camarades de lĠANPE et de lĠASSEDIC font grve pour protester contre la fusion des organismesÉ.

 

 

Encadrer et sŽcuriser les licenciements (article 11)

 

En rŽalitŽ, il sĠagit de sŽcuriser les employeursÉ

 

Sur lĠobligation de motiver les licenciements :

Il est Žcrit au dŽbut de lĠarticle 11 quĠil est obligatoire de motiver le licenciement et que ce dernier doit tre fondŽ sur un motif rŽel et sŽrieux. Mais ces propos sont en totale contradiction avec la fin de lĠarticle o les signataires remettent en cause la jurisprudence actuelle qui est protectrice des droits des salariŽs :

Comme le rappelle lĠaccord Ç en lĠŽtat actuel de la jurisprudence, une insuffisance dans lĠŽnonciation des motifs du licenciement est assimilŽe ˆ une absence de cause rŽelle et sŽrieuse È. Cela veut dire que le salariŽ est considŽrŽ avoir fait lĠobjet dĠun licenciement abusif et quĠil obtient le paiement de dommages et intŽrts.

Le dernier alinŽa de lĠarticle 11 dispose que cette jurisprudence ne sĠapplique plus et que les juges seront tenus dĠexaminer, mme si la lettre de licenciement ne contient pas de motivation suffisante, la cause du licenciement !!!

On peut dŽjˆ parier que le patronat ne manquera pas dĠutiliser cette facilitŽ que lui donne le prŽsent accord pour ne plus motiver sŽrieusement les lettres de licenciementsÉ LĠobligation de motiver le licenciement nĠest donc quĠun leurre.

Ce point est en contradiction avec la convention nĦ 158 de lĠOIT. Ce nĠŽtait pas la peine de se battre contre le CNE pour revenir dans cet accord sur lĠobligation de motivationÉ

Il est trs grave que Ç lĠacceptation de cet accord È remette en cause ainsi tout le travail fait depuis des annŽes par les dŽfenseurs des salariŽs qui essaient de faire Žvoluer la jurisprudence de la cour de cassation dans un sens favorable aux salariŽs. DĠun seul trait de plume, on raye des annŽes de luttesÉ

CĠest une disposition contraire au code civil que de laisser les Ç pouvoirs publics È fixer un plafond pour le montant des dommages et intŽrts qui pourront tre fixŽs par le conseil des prudĠhommes.

CĠest remettre en cause le r™le des juges et leur libre arbitre pour fixer le montant des dommages et intŽrts en fonction du prŽjudice subi. Cette apprŽciation souveraine des tribunaux ne peut tre limitŽe par une somme plafond. Nous savons dŽjˆ que le patronat envisage un plancher de 3 mois de salaire et un plafond de 9 mois (liaisons sociales du 9/01/08 nĦ 15031), ce qui est dŽrisoire.

NĠhŽsitant pas ˆ nouveau ˆ remettre en cause un acquis, lĠaccord revient aussi sur lĠeffet libŽratoire du solde de tout compte.

Il sĠagit purement et simplement dĠune rŽgression de 20 ans de droit social. En effet, il ne fait aucun doute que les conseillers  des entreprises prŽvoiront un texte verrouillŽ sur le reu aux fins dĠempcher tout recours devant le conseil des prudĠhommes sur des points non liŽs ˆ la rupture du contrat de travail, exemples :

non paiement dĠheures supplŽmentaires,

non respect des taux conventionnels,

non respect dĠun accord de modulation,

ou bien mise en place dĠun modulation sans accord,

non respect de la qualification du salaire par rapport ˆ la convention, etc.

LĠobligation dĠŽcrire ˆ lĠemployeur avant de pouvoir saisir le conseil des prudĠhommes sĠinscrit dans lĠesprit gŽnŽral de cet accord : sŽcuriser lĠemployeur. CĠest une contrainte de plus mise ˆ la charge du salariŽ qui, par son aspect obligatoire, est contraire aux dispositions du code civil.

 

Sur les ruptures conventionnelles (article 12)

 

En droit, il sĠagit dĠune rupture dĠun commun accord entre les parties.

LĠaccord ne tient aucun compte du lien de subordination dans lequel se trouve le salariŽ et ne lui assure pas les moyens de dŽfendre rŽellement ses droits dans le cadre dĠune telle rupture :

Il ne peut se faire assister que par un salariŽ de lĠentreprise ou un conseiller du salariŽ. Ds lors que le salariŽ est assistŽ (mme par un collgue), lĠemployeur peut se faire assister (bien entendu, ce sera par son conseil juridique)

Peut-on croire un seul instant que le rapport des forces sera ŽquilibrŽ ?

Le processus de la rupture fera lĠobjet dĠun formulaire type et sera homologuŽ par la direction du travail.

LĠhomologation par le Directeur DŽpartemental du Travail nĠapporte aucune garantie au salariŽ. Il ne sĠagit que dĠun simple enregistrement, le Directeur du travail ne contr™lera pas la rŽalitŽ de lĠaccord donnŽ par le salariŽ sur la rupture ni de son libre arbitre, il ne vŽrifiera pas si lĠaccord a ŽtŽ imposŽ au salariŽ et il ne vŽrifiera pas si le salariŽ est rempli de ses droits en ce qui concerne le montant de lĠindemnitŽ versŽe (prŽavis, indemnitŽ de licenciement, rappel de coefficient ou heures supplŽmentaires etcÉ).

 

Lˆ encore, on enlve aux juges paritaires du conseil des prudĠhommes un acte juridique relevant de leur seule compŽtence pour le transfŽrer vers un organisme administratif, ce qui nĠest pas un avantage pour les salariŽs. En outre, en cas de contestation de la part du salariŽ, il devra dĠabord se lancer dans une procŽdure longue et cožteuse relevant du droit administratif avant de pouvoir Žventuellement saisir le conseil des prudĠhommes. Il nĠest pas certain que les salariŽs concernŽs trouvent cette situation Ç cocasse ÈÉ

Enfin, il nĠest pas nŽcessaire dĠtre devin pour penser que ce mode de rupture deviendra la rgle. Le discours actuel laisse croire que cĠest le salariŽ dŽsireux de dŽmissionner qui en sera bŽnŽficiaire, dans la rŽalitŽ, cĠest lĠemployeur qui en tirera bŽnŽfice : celui-ci dŽsireux de se sŽparer de son salariŽ lui proposera de choisir entre la rupture conventionnelle et le licenciement. Nombre de salariŽs choisiront la rupture conventionnelle (moins infamante quĠun licenciement), et lĠemployeur gagnera le dŽpart de son salariŽ et la sŽcuritŽ juridique.

Dans le journal les ECHOS du jeudi 17 janvier 2008, ValŽrie DE SENNEVILLE fait lĠanalyse suivante : Ç La rupture conventionnelle de lĠaccord du 12 janvier, un eldorado pour le patronat. È.

 

LĠun des aspects particulirement grave de cette sŽparation amiable cĠest que toute victime de harclement moral, sexuel, ou bien en Žtat prŽ-dŽpressif ou dŽpressif liŽ au stress etc. se verra proposer une rupture conventionnelle, homologuŽe ensuite par la DDTE, cĠest donc un moyen dĠŽviter toute procŽdure civile ou pŽnale pour harclement, etc.

 

CĠest une prime au dŽlinquant : on harcle, on abuse, on stresse et on liquide ˆ pas cher les salariŽs sans rŽel contr™le et avec un dŽlai de forclusion trs court. CĠest la dŽpŽnalisation de fait de ces actes et la suppression quasi totale de toute mesure statistique de ces dŽlitsÉ

 

Le principe mme dĠabsence ou de difficultŽ accrues de recours contre ce type de rupture est une remise en cause des droits fondamentaux et une atteinte ˆ la rgle Ç de droits ˆ un procs Žquitable ...È ( Article 6-1 de la Convention EuropŽenne des Droits de lĠHomme)

 

Autre point obscur : quelle est la procŽdure ˆ suivre et devant quel tribunal le salariŽ pourra-t-il faire exŽcuter lĠaccord si lĠemployeur ne le fait pas, par exemple si lĠemployeur ne paie pas le montant des indemnitŽs de rupture fixŽs dans lĠaccord, par quel recours juridique le salariŽ pourra t-il obtenir  les sommes qui lui sont dues ?

 

De plus, la prise en charge par les ASSEDIC des salariŽs dont le contrat est rompu dans ces conditions entra”nera une augmentation importante du nombre de bŽnŽficiaires de lĠallocation AssŽdic : beaucoup de salariŽs qui jusquĠici quittaient leur emploi dans le cadre dĠune dŽmission, opteront pour la rupture conventionnelle.

 

LĠaccord prŽvoit que lĠaccs au versement des allocations ch™mages est garanti dans le cadre de ce dispositif. Cependant, en raison de lĠaugmentation des allocataires et de la logique permanente de restriction budgŽtaire on peut sĠinquiŽter que lĠarticle 16 de lĠaccord dispose que des nŽgociations auront lieu au cours du 1er trimestre 2008 pour revoir la convention dĠassurance ch™mage et il est clairement Žcrit au petit b de cet article 16 que la convention fixera les rgles dĠattribution dĠun revenu de remplacement aux personnes involontairement privŽes dĠemploi.

 

Le salariŽ qui rompt son contrat dans le cadre dĠune Ç rupture nŽgociŽe È nĠest pas involontairement privŽ dĠemploi  (un problme similaire se rencontre actuellement pour les salariŽs qui signent une convention de reclassement personnalisŽ et qui souhaitent par la suite contester leur licenciement Žconomique, certaines Cours dĠAppel jugent que la contestation nĠest pas possible car il sĠagit non pas dĠun licenciement mais dĠune rupture dĠun commun accord).

Par ailleurs, on constate quĠil est dŽjˆ prŽvu que les salariŽs qui ne reprennent pas leur travail aprs mise en demeure de lĠemployeur seront exclus du rŽgime dĠassurance ch™mage, ce qui nĠest pas le cas aujourdĠhuiÉ

 

Donc, ˆ lĠavenir, le salariŽ qui a un patron pervers qui le maltraite au point quĠil ne peut plus venir au travail nĠaura pas le droit aux indemnitŽs ASSEDIC. Par contre, le salariŽ qui a un patron Ç sympa È qui accepte de rompre le contrat de faon conventionnelle, parce quĠil ne veut plus venir au travail, y aura droit. O est la dŽfense des intŽrts de salariŽs ?

 

 

Sur le contrat ˆ durŽe dŽterminŽe ˆ terme incertain (article 12 b)

 

CĠest un nouveau contrat prŽcaire de 18 ˆ 36 mois instaurŽ pour les ingŽnieurs et cadres ˆ titre expŽrimental mais qui pourra trs bien, par la suite, tre Žtendu ˆ tous les salariŽs (cĠest sous entendu dans la rŽdaction de lĠarticle). CĠest une reprise des textes relatifs au contrat jeunes et au CNE qui instaure une nouvelle forme de prŽcaritŽ qui touchera en prioritŽ les jeunes dipl™mŽs qui arrivent dans le monde du travail et qui devront inŽvitablement subir ce type de contrat avec toutes les consŽquences (comme par exemple lĠimpossibilitŽ de faire un prt bancaire) que cela comportent pendant 3 longues annŽes durant lesquelles lĠincertitude prŽdomine.

On ne peut que condamner cette forme de contrat. Nos militants et les Žtudiants ont suffisamment montrŽ leur dŽtermination ˆ rejeter le CNE, il semble que les confŽdŽrations nĠaient pas entendu la rue puisquĠelles nĠhŽsitent pas, dans le cadre de cet accord, ˆ cautionner la prŽcaritŽ.

 En outre, sĠagissant pourtant dĠun CDD, qui normalement ne peut tre rompu quĠen cas de force majeure ou faute grave, lĠarticle 12 de lĠaccord prŽcise que le contrat pourra tre rompu Ç pour cause rŽelle et sŽrieuse È ˆ la date dĠanniversaireÉ

Encore une violation de la rgle gŽnŽrale sur les contrats (code civil) alors que le code du travail est une branche du code civil instaurant des droits plus protecteurs  des intŽrts des salariŽs.

Ce type de contrat pourra aussi tre proposŽ aux seniors et aux ch™meurs, elle sera sžrement considŽrŽe comme une lĠoffre valable dĠemploi et alors gare au refusÉ

CĠest se moquer carrŽment des cadres et ingŽnieurs que dĠŽcrire : Ç En outre, afin  que ce type de contrat constitue pour les titulaires une vŽritable Žtape de carrire, lĠaccord prŽcitŽ doit prŽvoir un dispositif spŽcifique destinŽ ˆ leur donner les moyens de changer dĠactivitŽ, en Žtant prŽparŽ ˆ le faire notamment par une formation appropriŽe au maintien de leur employabilitŽ ( curieux terme utilisŽ qui ne fait partie du vocabulaire de syndicalistes). Il doit Žgalement, dans la mme perspective, rechercher comment mieux utiliser la VAE et le passeport formation È.

Les jeunes qui sortent des Žcoles aprs de longues et cožteuses annŽes dĠŽtudes seront certainement trs satisfaits, non seulement dĠtre embauchŽs de manire prŽcaire pendant 3 ans, mais encore de prŽvoir Ç changer dĠactivitŽ È, Ç  suivre Ç une formation appropriŽe È ou de  Ç valider leur acquis È alors quĠils sortent de lĠŽcole avec un BAC + 5 ˆ + 10 !!!

Le passeport de formation nous semble aussi tre une notion trs dangereuse qui nous fait penser au livret ouvrier de jadisÉ

 

Accs ˆ la portabilitŽ de certains droits (article 14)

 

Dans lĠarticle 14, il est indiquŽ quĠen cas de licenciement pour faute lourde le salariŽ ne bŽnŽficie pas de lĠaccs ˆ la portabilitŽ de certains droits. LĠarticle est trs mal rŽdigŽ : La faute lourde entra”ne-t-elle la perte de certains droits ou de la totalitŽ de lĠindemnisation par le rŽgime dĠassurance ch™mage ?

JusquĠˆ ce jour mme (et heureusement) en cas de licenciement pour faute lourde, le salariŽ est indemnisŽ par lĠASSEDIC. Vu la teneur inquiŽtante de lĠaccord signŽ, il est ˆ craindre que cette situation puisse tre modifiŽe et que le salariŽ licenciŽ pour faute lourde ne peroive plus dĠindemnitŽ.

SĠil ne sĠagit que de la privation des garanties complŽmentaires la situation est dĠailleurs toute aussi anormale car ce nĠest pas parce que lĠon fait lĠobjet dĠun licenciement qualifiŽ par lĠemployeur de faute lourde que lĠon doit tre privŽ soit mme et sa famille des couvertures complŽmentaires santŽ et prŽvoyance !!!

Que se passera t-il quand le salariŽ saisira le conseil des prudĠhommes pour contester la faute lourde et quĠil devra attendre un jugement (dŽlai de 8 mois ˆ 12 mois voire plus ˆ Paris) ou un arrt de la Cour dĠAppel (dŽlai 3 ans et plus) ? En effet, lĠaccord prŽvoit le maintien des garanties ds lĠinscription au ch™mage pendant une durŽe maximum Žgale ˆ 1/3 de la durŽe de leur droit ˆ indemnisation, sachant que la durŽe maximale dĠindemnisation dĠun ch™meur est aujourdĠhui Žgale au maximum ˆ 3 ans (cela risque dĠtre raccourci dans la nouvelle convention), la garantie maximale de portabilitŽ est donc Žgale ˆ 1 an (1/3 de 3 ans). En consŽquence, le salariŽ qui obtient une dŽcision annulant la faute lourde a largement dŽpassŽ le dŽlai fixŽ par lĠaccord.

 

En ce qui  concerne la portabilitŽ du DIF : cet acquis appara”t vraiment accessoire. En effet, le DIF est dĠune portŽe limitŽe et est considŽrŽ par les salariŽs comme un gadget bien difficile ˆ mettre en Ïuvre au vue des conditions dĠexercices de ce droit. CĠest donc un acquis extrmement mineur et qui viendra probablement sĠinsŽrer dans les dispositions des formations des ch™meurs. Ces droits seront donc une recette attŽnuation pour les ASSEDIC (cette dernire absorbera le droit au DIF) et nĠapporte rien aux ch™meurs.

 

Quant au transfert chez le nouvel employeur, il permettra au nouvel embauchŽ dĠtre formŽe ˆ sa charge (sur son DIF) pour sĠadapter ˆ la nouvelle entreprise, cĠest donc tout bŽnŽfice pour le nouvel employeur !!!

 

Le maintien de la complŽmentaire santŽ et de prŽvoyance : en ce qui concerne la complŽmentaire santŽ, des dispositifs existent dŽjˆ pour faire prendre  en charge les ch™meurs par les caisses de prŽvoyance. Le cožt de cette prolongation de droits aurait pu, pour un cožt extrmement faible, tre Žtabli par une cotisation patronale et Žventuellement salariale pour assurer le maintien des prestations dites mutuellesÉ

 

SŽcuriser le portage salarial (article 19)

LĠarticle 19 de lĠaccord relatif au portage salarial nous scandalise,  en effet, il met en place un dispositif dont il est explicitement reconnu quĠil est Ç entachŽ dĠillŽgalitŽ È mais puisque les signataires de lĠaccord considrent que Ç cette forme dĠactivitŽ rŽpond ˆ un besoin socialÉ il est souhaitable de lĠorganiser È. Nous nĠaurions jamais imaginŽ que des syndicalistes puissent cautionner une telle situation.

Le titre III de lĠaccord met en place le calendrier des nŽgociations ˆ venir, il sĠagit en fait dĠun agenda partagŽ, agenda que la ConfŽdŽration FO avait refusŽ de mettre en application, en 2006, en rŽponse ˆ la demande de Mme PARISOT. Cet accord nĠest vraiment pas ˆ une contradiction prs!!!

Notons aussi que dans lĠarticle 2, il est Žcrit que Ç pour favoriser lĠinsertion, les branches professionnelles examineront les modalitŽs susceptibles dĠtre mises en Ïuvre pour faciliter lĠintervention de professionnels dans les Žtablissements dĠenseignement. È JusquĠici, il Žtait de tradition que FO soit rŽservŽ ˆ lĠentrŽe des patrons dans les Žcoles et les facultŽs !

 

Dernier point et non des moindres lĠarticle 1 de lĠaccord aprs avoir rappelŽ que Ç le contrat ˆ durŽe indŽterminŽe est la forme normale et gŽnŽrale du contrat de travail È indique immŽdiatement ˆ sa suite... Ç le contrat de travail ˆ durŽe dŽterminŽe et le contrat de travail temporaire constituent des moyens de faire face ˆ des besoins momentanŽs de main dĠÏuvre. Leur utilitŽ Žconomique dans un environnement en perpŽtuelles fluctuations et dans un contexte de concurrence mondiale est avŽrŽe. È

 

Comment accepter de signer UN ACCORD qui sĠinscrit dans le cadre de lĠacceptation de Ç la mondialisation È et donc de ses consŽquences pour les travailleurs ˆ savoir : Ç lĠabaissement du cožt du travail È ?

 

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A lire : sur Pierre Lambert.

 

Le dirigeant historique de l'OCI-PCI puis du PT est mort mercredi dernier 16 janvier. C'est un vŽritable morceau de l'histoire du mouvement ouvrier franais.

Nous vous invitons ˆ lire les articles le concernant, de nos camarades Jean-Franois Chalot et Vincent PrŽsumey, sur http://www.le-militant.org/ .

 

 

 

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Le numŽro 12 du bulletin Militant est disponible (1 Û).

Abonnement : 10 Û  chque ˆ lĠordre dĠAssociation populaire dĠentraide ˆ envoyer ˆ Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris.


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Militant met ˆ votre disposition une affiche 40X60 cm

Òrestriction du droit de grve dans les transports : ˆ qui le tour demain ? Abrogeons la loi sur le service minimum !Ó

Et un lot dĠautocollants dont les mots dĠordre sont les suivants :
Òsans droit de grve, comment pourra t-on se dŽfendre ?Ó
Òpour faciliter sa politique, Sarkozy doit limiter le droit de grveÓ
Òle droit de grve nĠest pas nŽgociableÓ
Òrestriction du droit de grve dans les transports : ˆ qui le tour demain ?Ó
Òtous unis contre la remise en cause du droit de grveÓ
Et se terminent par la mme revendication Òabrogeons la loi sur le service minimumÓ

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