Lettre de liaison nĦ28 du 17 juillet 2008
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaurès.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Olivier BOUCHARD (75) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (75) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)

 

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Sommaire :

- La petite phrase de Sarkozy sur les grves en France : rien de plus et rien de moins qu'un "Haka".

- Ingrid et Bachir.

- Crise de l'Etat.

- Les choses sŽrieuses.

- Tension extrme en Chine.

- La question belge.

- Retour en France.

- Documents : ce n'est qu'un dŽbut !

- Intervention de Marc Dolez ˆ l'AssemblŽe nationale contre la loi sur la reprŽsentativitŽ syndicale.

- Motion adoptŽe par le congrs de l'Union DŽpartementale CGT de Seine-Maritime.

- Lettre de l'UL CGT de Toulouse Le Mirail.

- Sans papiers : tract de l'UD CGT de Paris et tract circulant parmi les sans-papiers.

- DŽclaration de la section CGT de Goodyear : Bravo et merci aux ouvriers, Honte ˆ la direction !

- CommuniquŽ du collectif Non ˆ EDVIGE.

 

 * * * *

 

La petite phrase de Sarkozy sur les grves en France :

rien de plus et rien de moins qu'un "Haka" !

 

Alors comme a, il a dit : " ... dŽsormais, quand il y a une grve en France, plus personne ne s'en aperoit". Et ces gros lourdauds de membres du conseil national de l'UMP venus Žcouter leur chef le 5 juillet dernier se sont tapŽs sur les cuisses : ouaf, ouaf, ouaf ! Qu'elle est bonne ! Pourquoi peut-il se permettre de le dire ? Pourquoi est-ce nŽanmoins fort dangereux pour lui de le dire ?

 

Il peut se permettre de le dire parce que, comme il l'a Žcrit lui-mme dans le Monde le 19 avril, aprs avoir eu l'assurance par Bernard Thibault que la CGT signait la "position commune" sur la lŽgislation en matire syndicale avec la CFDT, le MEDEF et la CGPME, et comme il vient de le rŽpŽter rŽcemment,  le "dialogue social", c'est-ˆ-dire l'entreprise de domestication des syndicats du sommet ˆ la base, ne s'est jamais portŽ aussi bien en France ...  et que c'est vrai ! Dans ces conditions les journŽes d'action successives et divisŽes des mois de mai et de juin sont allŽes dŽcrescendo : plus il y en avait, moins elles Žtaient suivies, y compris par ceux censŽs les organiser, les militants syndicaux qui commencent sŽrieusement ˆ en avoir raz la casquette. Il s'est bel et bien produit des "grves" dont personne ne s'est aperu : tout simplement, ce n'Žtait pas des grves !

Sarkozy peut donc se permettre de provoquer parce qu'il a confiance au moins dans une chose : de mme que les dirigeants de son opposition parlementaire de gauche, ceux des organisations syndicales de salariŽs ne veulent pas le combattre, mais collaborer avec lui.

Avant de rŽpondre ˆ la seconde question -pourquoi est-ce nŽanmoins fort dangereux pour lui de lancer une telle "petite phrase" ? - remarquons qu'ˆ travers la fanfaronnade, le prŽsident de la VĦ RŽpublique franaise trahit le fait que ce sont quand mme bien les grves qui l'inquitent. En effet, si il y a eu des mouvements sociaux dont beaucoup de monde ne pouvait pas ne pas s'apercevoir en ce mois de juin 2008, ce furent les barrages routiers des professions libŽrales et de petits patrons ou artisans contre la hausse dramatique du prix des carburants. De tels mouvements peuvent tre violents et faire de gros dŽg‰ts, il n'empche que pour Sarkozy, ce qui importe c'est que ce soit les grves de salariŽs dont il puisse dire qu'on ne s'en aperoit pas. Retenons ceci.

 

NŽanmoins, il est fort dangereux pour lui d'exprimer aussi ouvertement son mŽpris et sa haine des grves. Sans aucun doute, les gens sŽrieux de la bourgeoisie, de l'appareil d'Etat et du patronat n'ont pas apprŽciŽ ses dŽclarations, bien qu'ils se soient gardŽs cette fois-ci, en raison mme de la gravitŽ de l'enjeu, de le dire publiquement.

Car l'insulte sarkozyste visait, certes, les militants syndicaux trompŽs et artificiellement divisŽs ces dernires semaines, mais ceux-ci sont en train, en profondeur, de se dire que pour l'automne il va falloir imposer le tous ensemble le mme jour dans la grve, prŽcisŽment.

Mais il y a encore plus important que cet Žtat d'esprit, car l'Žtat d'esprit des militants et dŽlŽguŽs ˆ la base n'est rien sans celui des larges masses. Et si dans la conscience trouble du client UMP venu bambocher deux jours ˆ Paris tous frais payŽs pour Žcouter son prŽsident, la figure de l'ennemi se prŽsente souvent sous les traits d'un syndicaliste de la fonction publique, prof ou agent des imp™ts, la rŽalitŽ est que celles et ceux qui ont pris comme un dŽfi ˆ eux adressŽ par cette dŽclaration sur les grves dont on ne s'aperoit pas, ce sont des travailleurs des petites et moyennes entreprises. Lˆ o, justement, le nombre de grve a explosŽ depuis six mois. C'est la caissire de Carrefour, c'est l'opŽrateur de Goodyear auquel on veut imposer les 4x8, qui ont reu la petite gifle du prŽsident. Ils la rendront. En grand.

 

Sarkozy n'est pas un imbŽcile et l'on peut supposer que, malgrŽ les remous provoquŽs par la rŽcente fusion des Renseignements GŽnŽraux et de la Direction de la SžretŽ du Territoire dans une DCRI (Direction Centrale du Renseignement IntŽrieur), il a de bons rapports sur la rŽalitŽ de l'Žtat dĠesprit dans la masse de la population salariŽe. La rŽalitŽ, ce n'est pas seulement le mŽcontentement -ce que sociologues et journalistes aiment nommer "dŽsarroi", "grogne" ou encore "rŽsistance au changement"-, c'est l'envie d'en dŽcoudre  pour donner un coup d'arrt ˆ la montŽe de la misre et de la brutalitŽ. En ce sens, nous ne devons pas considŽrer sa "petite phrase" tant comme une provocation que comme un Haka (1) comprenant une grosse part de bluff.

Et il a dit aussi pourquoi il prŽtend que les grves ne se voient plus : en raison du "service minimum" qu'il a instaurŽ dans les transports terrestres et dans les Žcoles primaires. Le but du "service minimum" est donc bien de rŽprimer les grves, pas d'aider les "usagers".

 

Les choses sont donc claires sur ce qu'il faut maintenant prŽparer concrtement, directement, en sachant que les Žtats-majors nationaux ne le feront pas : l'unitŽ des salariŽs pour les salaires, contre les heures supp', pour le droit de grve et contre le service minimum, pour battre Sarkozy et donc rompre tout "dialogue social" avec lui.

 

(1) Cri prŽalable au combat dans les luttes rituelles des maoris de Nouvelle-ZŽlande, repris par les rugbymen de ce pays.

* * * *

Ingrid et Bachir.

 

Ingrid Betancourt Žtait devenue un otage de valeur des FARC depuis que les gesticulations franaises censŽes la faire libŽrer, commencŽes lorsque son pote De Villepin Žtait aux Affaires Žtrangres, en 2003, avaient commencŽ. Les FARC l'avait donc gardŽe pour faire monter les enchres. Finalement, sa libŽration avec celle de quelques mercenaires nord-amŽricains et de quelques autres malheureux otages, a ŽtŽ obtenue, pour ce que l'on peut souponner, gr‰ce ˆ la corruption des sommets des FARC, organisation militarisŽe, coupŽe des masses et corrompue depuis longtemps -une corruption qui s'illustre notamment dans la pratique de la prise d'otages- et effectuŽe par l'appareil d'Etat colombien -le plus grand assassin de paysans, d'ouvriers, de syndicalistes, de militants, de toute l'AmŽrique latine aujourd'hui -sous la supervision des services US. Ni Sarkozy, ni Chavez n'y sont pour rien.

Ce n'est pas un honneur pour l'opposition officielle de gauche que seule SŽgolne Royal, en l'occurrence, ait dit la vŽritŽ sur ce point pourtant Žvident : Sarkozy n'est pour rien dans cette libŽration. La CIA et le prŽsident colombien Urribe l'ont menŽe ˆ bien et en ont gŽnŽreusement octroyŽ le bŽnŽfice au prŽsident franais avec la participation active, pour ne pas dire suractive, de l'intŽressŽe elle-mme, littŽralement en transe. Compltement surexcitŽe, elle veut aux dernires nouvelles aller voir le pape pour lui expliquer ce qu'il convient d'amŽliorer dans la religion catholique afin de rendre celle-ci encore plus performante et attrayante : on ne rie pas ! Chacun sait maintenant que la sainte n'en est pas une et que la grande bourgeoise est un peu givrŽe, ce qui Žvidemment ne justifiait pas de l'avoir sŽquestrŽe dans la jungle ! (1)

 

Il y a un point commun fondamental entre ce spectacle lˆ et celui qui, ˆ peu d'intervalle, l'a suivi : le "sommet sur la MŽditerranŽe" avec le dictateur syrien Bachir el Assad en guest star, remplaant dans le r™le de l' "ami du prŽsident" le colonel Kadhafi, dictateur libyen. Ce point commun, c'est le caractre ridicule mais capable de meurtre de l'impŽrialisme franais, son agitation stŽrile dont celle de Sarkozy n'est finalement qu'un concentrŽ. Au fond, les gesticulations colombiennes comme les gesticulations "euro-mŽditerranŽenne" sont parentes de cet autre fruit des manigances franaises, et se situent au mme niveau que lui : l'Arche de ZoŽ !

Mais il y a un autre point commun : sauf la discordance de SŽgolne Royal sur Ingrid Betancourt, l'Union nationale s'est effectuŽe pour faire semblant. Un Moscovici a mme pris les devants pour dire que c'Žtait bien Sarkozy qui avait fait libŽrer "Ingrid" ! Quand ˆ la nouvelle idylle de Nico et Bachir, elle a ŽtŽ prŽparŽe par l'Union nationale rŽalisŽe dŽbut juin, PS, PCF et Verts accompagnant Sarkozy au Liban. Quitte ˆ faire les scandalisŽs un mois aprs, quand Bachir vient parader.

 

Il n'y a qu'en France qu'on raconte dans les mŽdias que le prŽsident franais serait en train de faire avancer "la paix en Proche-Orient". La rŽinsertion du rŽgime syrien dans le jeu diplomatique rŽgional est un trompe-l'oeil, car ce rŽgime n'en Žtait jamais sorti. L'affaiblissement de l'Etat israŽlien depuis le fiasco de son aventure au Sud Liban ˆ l'ŽtŽ 2006 et la dŽcomposition de l'Irak, l'option du bombardement de l'Iran Žtant maintenue par le pouvoir nord-amŽricain, tous ces ŽlŽments donnent au rŽgime syrien, aussi "terroriste" soit-il censŽ tre, une position stratŽgique au service du maintien, voire du rŽtablissement, de l'ordre rŽgional contre les peuples. De mme qu'ils ont laissŽ "la France" venir chercher "Ingrid" pour parader avec, le pouvoir US, lui-mme en difficultŽ globale, a choisi de laisser Sarkozy se faire l'agent du "retour de la Syrie", renouant ainsi avec la pratique diplomatique franaise antŽrieure ˆ 2005 (c'est Chirac qui s'Žtait brouillŽ avec le rŽgime syrien), tout en gardant pour lui toutes les options.

Dans tous les cas, une politique Žtrangre transparente et dŽmocratique de la France est impossible avec Sarkozy et la VĦ RŽpublique.

 

(1) Sur Ingrid Betancourt, on lira avec profit l'article de AndrŽ-Marcel d'Ans -dŽcŽdŽ depuis- paru dans la Quinzaine littŽraire du 1Ħ juillet, article conu ˆ partir de deux livres : "Ingrid Betancourt, par delˆ les apparences", de Jean-Jacques Kourliandsy, Žditions Toute Latitude, et "Parce qu'il l'ont trahie. RŽcit vŽcu de l'enlvement d'I. Betancourt", de Adair Lamprea, Žd. Hachette.

* * * *

Crise de l'Etat.

 

Lundi prochain, 21 juillet, doit avoir lieu le vote au Parlement de la rŽvision constitutionnelle de Sarkozy. Ce sera sans doute un non Žvnement, et lˆ rŽside l'Žvnement. Expliquons-nous.

Initialement, il s'agissait de renforcer ouvertement la dimension prŽsidentielle de la VĦ RŽpublique, en allant presque explicitement dans le sens d'une dictature ouverte, le prŽsident devant, dans la rŽdaction initiale, "dŽterminer la politique de la nation". En mme temps, il s'agissait d'Žlargir encore l' "ouverture" bonapartiste ˆ la "gauche" officielle, par le biais de la "commission Balladur-Lang" qui a pondu les grandes lignes du projet. De faon en apparence contradictoire, la rŽvision constitutionnelle annoncŽe devait "renforcer les pouvoirs du Parlement". La contradiction n'est qu'apparente. En fait, la prŽsidentialisation accrue du rŽgime et une certaine Žvolution du fonctionnement parlementaire ne sont nullement opposŽes, au contraire. Ainsi, la mesure clef du projet initial, consistant ˆ faire intervenir le prŽsident dans l'hŽmicycle par des discours de politique gŽnŽrale, pouvait tre aussi bien envisagŽe comme un "renforcement des pouvoirs du Parlement" que comme une prŽsidentialisation renforcŽe, et de fait, elle Žtait bien les deux ˆ la fois : le Parlement, assemblŽe d'enregistrement et de contr™le de l'appareil d'Etat, n'est pas, dans la VĦ RŽpublique, le coeur du pouvoir lŽgislatif, mais une pice de l'appareil exŽcutif central lui-mme.

C'est pourquoi les divers "constitutionnalistes" du PS, qui ne remettent pas en cause, au contraire, les fondements de la VĦ RŽpublique, ne pouvaient mettre sŽrieusement en cause la logique de la rŽforme sarkozyenne et n'ont fait que lui reprocher de "ne pas aller assez loin", lui demandant onctueusement d'"aller plus loin" en introduisant une "dose de proportionnelle" (n'est-elle pas dŽlicieuse, cette "dose de proportionnelle" ? ...) aux Žlections lŽgislatives, et autres.

Ils n'ont mme pas ŽtŽ capables -mais c'est parce qu'ils ne le voulaient pas- de dŽnouer le mensonge par lequel la version finale de cette rŽforme, fortement affadie et attŽnuŽe, fut prŽsentŽe comme une rŽgulation, en somme une diminution, du pouvoir prŽsidentiel, et une amŽlioration du r™le de l'assemblŽe. Il aurait pourtant ŽtŽ facile de railler le soi-disant renforcement de l'initiative parlementaire des lois que constitue la modification, lŽgre, apportŽe au calendrier des sessions parlementaires, ou encore de faire savoir que la soi-disant modŽration de la dictature de l'exŽcutif en cas d'application du fameux article 16 de la constitution, consistant ˆ permettre au Conseil constitutionnel au bout de 30 jours de vŽrifier si les conditions ayant motivŽ la mise en place des pouvoirs spŽciaux sont toujours rŽunies, est un pur mensonge puisque dans la rŽdaction actuelle de la constitution, l'absence de mention de ce point signifie que cette "vŽrification", qui n'est d'ailleurs en elle-mme la garantie de rien du tout, pouvait se faire avant 30 jours : autrement dit, nous avons lˆ une disposition qui, sous couvert de limiter le pouvoir prŽsidentiel, le renforce ! Le reste est ˆ l'avenant : cette manire de procŽder est typique de cette "rŽforme" constitutionnelle.

Un mot, cependant, sur une disposition prŽcise : celle consistant ˆ renforcer le pouvoir des commissions parlementaires. Voici ce qu'en dit Jean-Luc MŽlenchon sur son blog : "En rŽalitŽ, cela se fait au dŽtriment de lĠassemblŽe plŽnire. Car cette disposition se traduit par la discussion en sŽance sur le texte tel quĠil sort de la commission et non plus sur celui du gouvernement. ConsŽquence le dŽbat nĠa plus lieu en sŽance o tous les parlementaires peuvent participer. La preuve est lĠencadrement prŽvu pour le droit dĠamendement de chaque parlementaire. Il sĠexercera dŽsormais Ç dans les conditions fixŽes par les rglements des assemblŽes et dans le cadre dŽterminŽ par une loi organique È. Alors que jusque lˆ, le droit dĠamendement Žtait reconnu de manire absolue ˆ chaque membre du parlement par la Constitution (article 44). " Il s'agit donc en rŽalitŽ d'une diminution importante de l'exercice du mandat lŽgislatif qu'est encore censŽ tre le r™le d'un parlementaire. Elle va bien dans le sens de la "modernisation du pouvoir du Parlement" renforant ses fonctions de contr™le a posteriori au dŽtriment de l'Žlaboration des lois proprement dite, et de la spŽcialisation des Žlus, qui ne sont plus des reprŽsentants politiques intervenant sur la loi, mais des techniciens (pas forcŽment compŽtents, mais lˆ n'est pas la question) au service du bien suprme de l'Etat, lorsqu'ils sont ˆ Paris, et des patrons de clientles lorsqu'ils sont "dans leurs circonscriptions".

Le groupe PS peut d'autant moins combattre cette Žvolution qu'il l'a prŽconisŽe comme "modernisation de l'Etat" et qu'il y participe activement : "Il est stimulant que majoritŽ et opposition parlementaire travaillent de concert" ˆ l'objectif suprme commun d' "amŽliorer la transparence des finances publiques et d'Žquilibrer les comptes", dŽclare Didier Migaud, vice-prŽsident PS de la principale de ces commissions parlementaires, celle des Finances. Ces Messieurs ont d'ores et dŽjˆ intŽgrŽ ce que doit tre le r™le d'un dŽputŽ dans la VĦ RŽpublique modernisŽe : pas un reprŽsentant du peuple, mais un gestionnaire du "bien commun". Comment pourraient-ils combattre sŽrieusement la rŽvision constitutionnelle de Sarkozy ?

Si cette dernire est finalement beaucoup plus limitŽe et confuse que ce qui Žtait voulu initialement, ce n'est nullement de leur fait, mais c'est ˆ cause de l'affaiblissement de la fonction prŽsidentielle dŽsignŽ populairement comme "bling-bling" qui s'est produite depuis janvier.

Si Sarkozy a renoncŽ ˆ chercher ˆ avoir le vote pour ou une abstention bienveillante du groupe PS, et que celui-ci s'apprte ˆ voter contre dans ce qui n'est plus dans ces conditions qu'un jeu de r™le convenu et complice, c'est suite au mme petit "tournant" qui l'a conduit ˆ en rajouter "trop" sur la loi issue de la position commune CGT-CFDT-MEDEF-CGPME, interdisant ˆ l'opposition parlementaire de voter pour ou de s'abstenir sur un texte qui portait pourtant, dans sa version initiale, la signature de Bernard Thibault : il a prŽfŽrŽ laisser aux opposants la possibilitŽ de faire semblant de faire les opposants, estimant, ˆ juste titre, qu'il pourrait encore en avoir besoin.

Qui plus est, il a dŽjˆ assez de moyens de renforcer son pouvoir en dehors d'une rŽvision constitutionnelle : la principale mesure le renforant juridiquement et rŽellement, dans la dernire pŽriode, n'est pas ce texte, mais l'annonce de la nomination du prŽsident du CSA (Conseil SupŽrieur de l'Audiovisuel) directement par le prŽsident ...

 

MalgrŽ tout, il a encore quelques inquiŽtudes pour lundi. Il lui faut les trois cinquimes des voix : l'opposition officielle Žtant donc censŽe cette fois-ci s'opposer, il ne faut pas de dŽfections dans l'UMP, or il pourrait y en avoir, du c™tŽ des quelques "gaullistes" (!), "villepinistes" et autres "chiraquiens" maintenus. Une non adoption du projet ne serait donc pas une victoire de "l'opposition", mais le fruit des contradictions montantes dans la "majoritŽ".

Le texte mis au vote lundi n'est pas le point principal de crispations, mais il pourrait servir ˆ les exprimer. Sous la faade des textes, c'est en effet tout l'appareil d'Etat qui est mis ˆ rude Žpreuve, et qui ne voit pas comment tout cela va se terminer.

La logique de la rŽforme de l'Etat, de la RGPP, etc., avec lesquelles s'accordent parfaitement les mesures en fait consensuelles vis-ˆ-vis de "l'opposition" que contient la rŽvision constitutionnelle sur le fonctionnement du Parlement, c'est le remplacement de la majoritŽ des secteurs de l'appareil d'Etat par des agences sous-traitantes, la dŽlŽgation au privŽ, aux fermiers gŽnŽraux.

Cela a amplement commencŽ et est d'ailleurs mis en oeuvre par les collectivitŽs territoriales de droite et de gauche : nous avons dans ce bulletin rendu compte du combat des personnels du Conseil gŽnŽral de l'Allier contre la privatisation du Labo, et rŽcemment c'est le maire de Paris, le cŽlbre Delano‘ qui, arrondissement par arrondissement, organise la privatisation de la collecte des ordures mŽnagres ! (1)

Jusqu'au sommet de l'Etat, les agences privŽes, consultants et autres pondeurs d'audits doivent ˆ terme remplacer les hauts fonctionnaires. Cette "amŽricanisation" de l'administration ne s'oppose pas au prŽsidentialisme de la VĦ RŽpublique, bien au contraire elle en serait le couronnement. Son armature devrait plus que jamais tre constituŽe par les prŽfets de RŽgions, vŽritables proconsuls. Les piliers de l'Etat bourgeois, et leurs clientles locales, sont souvent eux-mmes piŽtinŽs : aprs la carte judiciaire, la carte militaire -et bient™t la carte prŽfectorale avec les fermetures de sous-prŽfectures, etc.

 

L'incident de Carcassonne a ŽtŽ l'Žlectrochoc qui a portŽ la crise aux sommets de l'armŽe. On sait qu'un brave pioupiou, ayant sans doute effectuŽ des missions, en Afghanistan par exemple, o l'on ne s'embarrasse pas tant, a tirŽ ˆ balles rŽelles sur la foule venu voir les beaux militaires. Sarkozy s'est saisi de l'occasion pour traiter d'amateurs toute la cha”ne de commandement au moment o le Livre Blanc sur la DŽfense organise les fermetures de bases et de casernes trop cožteuses. Les rumeurs ont alors montŽ jusqu'ˆ des menaces de manifestations d' "insubordination" lors du dŽfilŽ du 14 juillet ! Il para”t que les rapports armŽe-prŽsident n'ont jamais ŽtŽ aussi mauvais depuis ... la guerre d'AlgŽrie.

La crise de l'Etat peut avoir deux dŽbouchŽs : la victoire du programme de Sarkozy ou l'implosion de l'appareil d'Etat sous les coups du mouvement social et dŽmocratique de la majoritŽ. Nous n'avons naturellement pas ˆ dŽfendre la prŽsence de casernes. Mais leur fermeture va dans le sens d'une armŽe non seulement professionnelle, mais mercenarisŽe, sous-traitŽe. Dans une RŽpublique dŽmocratique et sociale, l'armŽe serait l'affaire de tous et le professionnalisme passerait par les techniciens, non par une caste de plus en plus Žtroite de gradŽs. L'Etat bourgeois cherche ˆ muer, il ne s'agit pour nous n'y de l'y aider, ni de dŽfendre son ancienne peau, mais d'en profiter pour lui opposer le mouvement de l'immense majoritŽ car cet Etat n'est pas le notre, et cette RŽpublique n'est pas la notre.

 

(1) Les Žlus communistes, Verts et deux Žlus socialistes, Alexis Corbire et Danielle Simonet.

* * * *

Les choses sŽrieuses.

 

Cela baisse un grand coup, puis a remonte un petit coup ; cela baisse un grand coup, puis a remonte un petit coup ; et ainsi de suite. L'on peut dŽcrire de la sorte l'Žvolution des indices boursiers ces derniers mois, semaines, jours. Au total, ce rythme a permis jusque lˆ aux commentateurs de nier l'existence d'un krach financier bien que mis bout ˆ bout a en a finalement la couleur.

Il y a ˆ peu prŽs trois mois, l'intervention de la Fed (la Banque centrale US) pour sauver la banque Bear Stearn avait "rassurŽ les marchŽs", repartis ˆ la hausse pendant des semaines. Qu'on Žtait contents ! La crise Žtait finie ! Que, pendant ce temps, non pas des millions d'hommes, comme on a l'habitude de dire, mais des milliards, ont vu fondre leurs Žconomies quand ils en avaient, ont vu le pain, le riz, la bouffe, devenir inaccessibles, ont vu les prix des dŽplacements, de plus en plus contraints et nŽcessaires, tripler, ont commencŽ ˆ entrer en mouvement, ceci n'avait certes rien ˆ voir ... Ben voyons !

En fait, une immense offensive du capital financier contre le genre humain et contre la plante s'est produite, non pas en gŽnŽral, mais prŽcisŽment ces dernires semaines : ils ont transfŽrŽ, tentŽ de transfŽrer plut™t, leurs "pertes" et leur "manque ˆ gagner" sur les prix des produits alimentaires et ŽnergŽtiques, faisant payer leurs pertes ˆ la majoritŽ humaine.

 

A la plante aussi. Car, soyons sŽrieux, si l'anticipation de ce qui pourrait arriver en matire de rŽduction des surfaces agricoles et d'Žventuelles pŽnuries de pŽtrole dans les prochaines dŽcennies sert immŽdiatement et sans dŽlai de prŽtexte ˆ la spŽculation, au point que le trust pŽtrolier qui augmente ses prix se prŽsente comme super-Žcolo et que le pauvre travailleur qui paye ˆ la pompe et qui r‰le se fait traiter de destructeur de l'atmosphre et de rŽchauffeur du climat, par contre ces messieurs ne se font aucun souci envers ce qui se prŽpare : le dŽgazage du mŽthane dans les sous-sols jusque lˆ gelŽs de SibŽrie, du Canada et des bas-fonds sous-marins proches, le mŽthane Žtant un gaz ˆ effet de serre plus de vingt fois plus "efficace" que l'oxyde de carbone, ce qui induit la menace, pour le XXIĦ sicle, d'un rŽchauffement global qui serait non pas de 6 degrŽs maximum -dŽjˆ Žnorme- mais de 10 ˆ 20 degrŽs ... Cela, ces messieurs s'en foutent. Ils sont Žcolos pour justifier leur spŽculation prŽsente, c'est tout. Honte ˆ eux !

Le blocage des prix alimentaires et ŽnergŽtiques, ˆ l'Žchelle mondiale, ne serait pas du tout une mesure "anti-Žcologique", au contraire, elle frapperait au coeur les responsables, ˆ savoir les profits des compagnies pŽtrolires et agro-alimentaires.

 

Mais revenons aux bourses.

Le rebond faisant suite au renflouage de Bear Stearn s'est effacŽ courant juin. Tout est reparti ˆ la baisse, et trs fortement, sous le choc en retour des coups portŽs aux masses par les hausses spŽculatives de prix : baisse de la consommation, inflation, revendications salariales, crise mondiale du secteur automobile.

En fin de semaine dernire, le processus a commencŽ ˆ s'emballer, les faillites de banques et d'officines de prts commenant ˆ faire une rŽaction en cha”ne aux Etats-Unis. Pendant le week-end, les mesures du TrŽsor public nord-amŽricain ont ˆ nouveau "rassurŽ les marchŽs". Ces mesures ont consistŽ ˆ venir au secours de deux de ces officines, Fannie Mae et Freddy Mac, qui dŽtiennent ou garantissent 5200 milliards de dollars de crŽances hypothŽcaires, soit 40% de l'encours de crŽdit immobilier aux Etats-Unis, et ˆ nationaliser de fait la banque IndyMac. Ces mesures sont trs douloureuses pour l'impŽrialisme nord-amŽricain. Rions une seconde :

"Quand j'ai ouvert mon journal hier, j'ai cru que je m'Žtais rŽveillŽ en France. Mais non, il s'avre que le socialisme rgne en ma”tre en AmŽrique. (...) ComparŽ ˆ ceci, le rachat de Bear Stearn par la Fed Žtait du socialisme d'amateur"', dŽclare Jim Bunning, sŽnateur rŽpublicain du Kentucky (citŽ sur http://www.pauljorion.com/blog/).

 

D'authentiques socialistes seraient contre de telles nationalisations, qui ne consistent que dans le paiement des pertes de ces messieurs par l'Etat. Mais celui-ci, comme un supposŽ socialiste franais tant honni par l'honorable sŽnateur nous l'a depuis longtemps fait savoir, "ne peut pas tout" : les sommes qu'il "investit" dans ces opŽrations sont Žnormes et grvent ses propres rŽserves. IndyMac Žtait le 9Ħ organisme de crŽdit hypothŽcaire aux EU, mais son renflouement a absorbŽ 15% des rŽserves du fond fŽdŽral de garantie bancaire. Proportions intŽressantes ...

MalgrŽ les hurlements des Jim Bunning, tout est donc reparti ˆ la hausse ... pour une demi-journŽe (c'Žtait le 14 juillet). Puis, re-baisse pendant un jour et demi. Mercredi, deux annonces surprises ont fait repartir les bourses ˆ la hausse : celle des stocks de pŽtrole brut en AmŽrique et celle de rŽsultats meilleurs que prŽvus de la cinquime banque des Etats-Unis, Wells Fargo. Cette volatilitŽ appara”t comme fragile, Žvidemment. Les choses en sont lˆ au moment o sont Žcrites ces lignes. RŽpŽtons-le : le fait dominant est la baisse et l'affaiblissement continuel, palier par palier, de tout l'Ždifice mondial du crŽdit.

* * * *

Tension extrme en Chine.

 

Il n'y a pas des Žmeutes qu'au Tibet. D'une certaine faon, les nouvelles du Guizhou, province pauvre situŽe en Chine du Sud, entre Hong Kong et le Sichuan, et celles sur les affrontements entre les familles ayant des enfants morts ŽcrasŽs dans les Žcoles mal construites, et la police, sont salutaires ˆ qui veut bien ouvrir les yeux : le Tibet n'est ni une terre new age o des lamas en lŽvitation dŽfendent la libertŽ contre d'odieux communistes, ni une zone en plein dŽveloppement o des fŽodaux obscurantistes tentent de rŽtablir l'esclavage et le droit de cuissage avec l'aide d'agents infiltrŽs de la CIA contre un pouvoir dont on ne sait pas trop s'il est "communiste" mais dont on veut croire qu'il assure le progrs du pays et qui est menacŽ par les mŽchants amŽricains. Ces deux visions sont symŽtriques, aucune n'est matŽrialiste.

Ouvrons une parenthse. Au XIXĦ sicle, la Pologne cherchait ˆ se libŽrer de la Russie tsariste, sous la direction de nobles et de curŽs. En France, dans les annŽes 1860, des "dŽfenseurs de la Pologne" ayant des entrŽes dans les allŽes du pouvoir demandaient au prŽsident Sarko ... pardon ˆ l'empereur NapolŽon III de dŽfendre le "droit des nationalitŽs" et faisaient du bruit, n'hŽsitant pas ˆ faire le jeu des provocations guerrires de NapolŽon le petit. Contre eux des militants ouvriers, souvent disciples de Proudhon, ˆ l'esprit Žtroitement national, mais convaincus d'tre des esprits forts parce que prenant le contre-pied des thmes ˆ la mode, expliquaient qu'on ne la leur faisait pas ˆ eux, que le droit des nations, c'Žtait un truc rŽac, et que les Polonais, ce sont des nobles et des curŽs, pas dignes d'tre dŽfendus. Contre les uns et les autres, Marx a engagŽ l'Association Internationale des Travailleurs dans le soutien ˆ la Pologne, sans cautionner ses nobles et ses curŽs qui, d'ailleurs, avaient fortement tendance ˆ pactiser avec le pouvoir russe sur le dos du peuple polonais ...

Les TibŽtains sont une nation en chair et en os qu'opprime un pouvoir rŽel, pouvoir qui "modernise" pour dŽgager la plus-value capitaliste dont il irrigue le monde entier, c'est-ˆ-dire les marchŽs financiers, qui en ont bien besoin. Mais il n'est que la partie ŽmergŽe de l'iceberg et c'est ce que confirment les Žvnements du Guizhou. Dans cette province, des milliers d'habitants ont pris d'assaut b‰timents officiels et locaux policiers suite ˆ une rumeur accusant les flics d'avoir violŽ et tuŽ une jeune fille. Dans toute la Chine, l'exaspŽration populaire monte. Non pas l'exaspŽration "patriotique" dont on nous rabat les oreilles et qui est celle du pouvoir et des couches moyennes urbaines qui veulent profiter du capitalisme, mais celle de la majoritŽ ouvrire et paysanne.

Les JO vont faire monter cette tension, c'est dŽsormais certain. Pour assurer la sŽcuritŽ et le dŽroulement clean de leurs rituels sportifs et mŽdiatiques, la rŽgion de PŽkin sera bouclŽe, les migrations intŽrieures corsetŽes autant qu'il est possible, des pauvres seront ŽvacuŽs et des individus dangereux potentiels arrtŽs. Mais tout cela ne fera que faire monter la pression dans la cocotte. Le communisme, c'est le mouvement rŽel de l'immense majoritŽ. Son avenir en Chine passe par l'affrontement de celle-ci avec l'Žlite au pouvoir, le parti-Etat-patronat.

 

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La question belge.

 

Il est remarquable qu'en France, on nous parle si peu de la Belgique, pourtant si proche ˆ tous points de vue. Le fait politique important en Europe ces derniers jours, c'est la nouvelle dŽmission du premier ministre belge, le dŽmocrate-chrŽtien flamand Yves Letermes. Mme si le roi des Belges est en train, peut-tre, de faire des tractations pour renommer le mme, cette dŽmission confirme que la crise belge est insoluble, en d'autres termes que la Belgique est inviable, ce qui ne veut pas dire du tout que les habitants flamands, wallons ou autres du territoire belge ne puissent pas vivre ensemble harmonieusement.

La question belge est peu familire aux militants franais, et c'est un tort.

 

Car la Belgique -allez, un peu d'histoire- c'est l'un des plus vieux, peut-tre le plus vieux foyer prolŽtarien d'Europe. DŽs le dŽbut du XIVĦ sicle, il s'y produisait des grves de masse dans le textile combinŽes ˆ des mouvements anti-fŽodaux. C'est peut-tre pour cela au fond que cette vieille terre a ŽtŽ mise sous tutelle, dŽcoupŽe et placŽe sous des dominations impŽriales ou royales lointaines, bourguignonne, espagnole, autrichienne, qui furent parfois, comme au temps de Charles Quint et d'Erasme, d'apparence dŽbonnaire, mais parfois aussi meurtrires. Les peuples de Belgique furent actifs dans les prodromes des rŽvolutions hollandaise, au XVIĦ sicle, et franaise ˆ la fin du XVIIIĦ, mais ˆ chaque fois, ils en furent sŽparŽs.

L'absence d'une "'nation belge"' moderne provient de l'absence d'une rŽvolution fondatrice d'une telle nation (et non de son hŽtŽrogŽnŽitŽ ethno-linguistique : il y a autant ou plus d'hŽtŽrogŽnŽitŽ en Suisse mais il y a une nation suisse). Mais il faut bien comprendre que ce manque de rŽvolution fondatrice ne provient pas de ce que les Belges n'auraient pas eu "leur" rŽvolution, mais au contraire de ce qu'ils ont pris part fortement aux rŽvolutions qui ont faonnŽ toute l'Europe et son concert de nations.

Finalement, ce qui ressembla le plus ˆ une rŽvolution fondatrice d'une nation belge s'est dessinŽ en 1830, pour libŽrer les provinces flamandes et wallonnes de l'oppression de la monarchie hollandaise ˆ laquelle la Sainte Alliance les avaient confiŽes. Mais cette rŽvolution, dans l'ombre de laquelle se tenait le vieux Filoppo Buonarroti, premier communiste europŽen (1), premirement, au lieu d'accoucher d'une RŽpublique avorta d'un rŽgime constitutionnel monarchique, deuximement, se vit octroyer son rŽgime par la Sainte Alliance, parraine de la monarchie belge, troisimement, installa au pouvoir une bourgeoisie francophone "libŽrale" et arrogante qui opprima la paysannerie flamande catholique, avant de faire de la Wallonie le champ d'exploitation dŽbridŽe du prolŽtariat minier, longtemps le plus misŽrable de toute l'Europe occidentale.

L'Žmancipation des uns et des autres, contre la bourgeoisie bruxelloise et contre les curŽs flamands -dont on rappellera au passage que leur terrain idŽal d'expŽrimentation sociale fut, au temps de la colonisation, le Ruanda o ils institurent en "ethnies" Hutus et Tutsis ...- aurait abouti ˆ une Belgique remodelŽe dans une confŽdŽration socialiste europŽenne. On ne peut pas refaire l'histoire avec des "si" et dire si Wallons et Flamands auraient alors b‰ti ensemble une libre nation, choisi de se rattacher respectivement ˆ leurs voisins franais et nŽerlandais, ou formŽ des petites nations indŽpendantes, dans un monde sans frontires ...

 

Dans le faux monde sans frontires qui est celui de l'Union EuropŽenne et du capitalisme contemporain, la question belge est revenue sous les coups de mouvements communautaristes c'est-ˆ-dire opposant entre elles des communautŽs linguistiques, d'une faon Žtonnamment archa•que au regard des critres juridiques du monde "civilisŽ" et "occidental" auquel la Belgique appartient sans conteste, et pas ˆ ses marges mais en son coeur. Le bilinguisme scolaire et administratif a en effet toujours ŽtŽ proscrit par l'Etat belge reconstituŽ en 1945 aprs l"invasion allemande, restŽ une monarchie et excluant la la•citŽ. Aprs avoir essayŽ au XIXĦ d'interdire le flamand en en faisant un "patois" rural arriŽrŽ, l'Etat belge a au XXĦ discriminŽ des territoires o l'on ne doit que parler flamand, et d'autres que parler franais (plus les deux districts allemands ˆ l'Est), seule Bruxelles faisant figure, par la force de la rŽalitŽ de ce qu'est une grande ville internationale, de ville multilingue, et encore avec des difficultŽs qui vont s'aggravant.

Les politiciens flamands, dont la langue a longtemps ŽtŽ mŽprisŽe et opprimŽe, prennent au nom de tous les Flamands une "revanche" consistant en mesquineries contre l'emploi de la langue franaise par les Wallons et les francophones du district BHV (Bruxelles-Halles-Vilvoorde), demandent la sŽparation des caisses de SŽcuritŽ sociale et dŽsignent les travailleurs wallons (et tous les "Žtrangers" avec eux) comme ennemis.

Le caractre rŽactionnaire des partis qui s'appuient sur le sentiment flamand ne doit cependant pas faire oublier que ce dernier a ŽtŽ nourri par l'oppression dont les Flamands ont ŽtŽ victimes, oppression qui a ŽtŽ exercŽe par la monarchie belge. Il faudrait donc dissocier, dans la conscience des Flamands, ce qui est rŽvolte et ressentiment lŽgitime envers l'Etat belge de qui est opposition manipulŽe et malencontreuse envers leurs cousins wallons.

 

Tous les scŽnarios actuellement agitŽs par une classe politique extrmement nombreuse, puisque les structures territoriales sont multiples et donnent lieu ˆ la formation de clientles parasitaires -autre phŽnomne belge qui a commencŽ aussi en France avec les communautŽs de communes, de pays, d'agglomŽrations, etc.- ont pour point commun d'tre dŽfavorables aux intŽrts des travailleurs, de la majoritŽ aussi bien flamande que wallonne :

1Ħ) Le scŽnario de la partition "ˆ la tchŽcoslovaque" donnerait naissance ˆ deux Etats croupions, une Flandre plaque tournante des mouvements de marchandises, de matires premires ŽnergŽtiques (terminal de Zeebrugge) et de capitaux en Europe, et une Wallonie ˆ bas salaires censŽe attirer ˆ son tour les capitaux ; le tout au moment prŽcis de la crise financire et ŽnergŽtique actuelle aurait peu de chances de fonctionner ... Les Wallons surtout se poseraient la question de leur rattachement ˆ la France, et les Flamands aux Pays Bas. Le tout sous l'Žgide de l'Union EuropŽenne impuissante, mais qui verrait lˆ une "expŽrimentation" lourde de sens : celle de la pseudo indŽpendance non de deux nations souveraines, mais de deux LŠnder ou deux RŽgions parties en roues libres ... sans parler du retentissement qu'aurait, sur la VĦ RŽpublique franaise en crise, la naissance d'un Etat franais lui aussi ˆ ses frontires avec un fort courant "rattachiste" en son sein.

2Ħ) Le scŽnario du maintien du statu quo ne signifie pas du tout, comme le pensent ou veulent le croire pas mal de militants ouvriers, le maintien assurŽ des institutions solidaires conquises par le mouvement ouvrier ˆ l'Žchelle de la Belgique, ˆ commencer par les caisses de retraite et de SŽcuritŽ sociale, dont la scission pourrait fort bien se produire sous l'Žgide d'un Etat belge maintenu, cherchant ˆ s'identifier d'une part ˆ une institution obsolte, rŽactionnaire et notoirement ridicule aux yeux des Belges eux-mmes, la monarchie, d'autre part ˆ la ville de Bruxelles prŽsentŽe comme capitale europŽenne.

3Ħ) Le scŽnario intermŽdiaire d'une confŽdŽralisation accrue de la Belgique, o les politiciens wallons feraient aux politiciens flamands la concession anti-ouvrire d'une sŽparation des rŽgimes sociaux moyennant la reconnaissance par ces derniers d'une troisime composante qui serait le district de Bruxelles, prŽsente les inconvŽnients cumulŽs des deux scŽnarios prŽcŽdents : elle couvrirait une sŽparation de fait tout en maintenant l'institution monarchique rŽactionnaire en relation Žtroite avec la Commission europŽenne qui sige, rappelons-le, ˆ Bruxelles. C'est donc le pire : il offre aux travailleurs les malheurs de la sŽparation combinŽs aux malheur du maintien de l'Etat monarchique. Or, c'est celui qui aurait en fin de compte les faveurs de la "classe politique" parasitaire tant wallonne et bruxelloise que flamande.

Tous ces scŽnarios ont au demeurant  deux gros points communs : leur complexitŽ ... et la destruction des rŽgimes de retraite, de ch™mage et de SŽcuritŽ sociale !

 

Ce ne sont pas "les Belges" qui sont compliquŽs, c'est la bourgeoisie capitaliste qui ne veut pas et ne peut pas rŽsoudre une question nationale qui est pourtant loin d'tre la pire et qui n'a pas ˆ ce jour, heureusement, fait beaucoup de victimes. La voie ouvrire et dŽmocratique serait plus simple :

1Ħ) Abolition des institutions communes oppressives ˆ commencer par la monarchie.

2Ħ) DŽmocratie totale sur tout le territoire en matire linguistique, donc bilinguisme scolaire et administratif partout, pour le moins, et la•citŽ effective.

3Ħ) Prise en charge par les salariŽs de leurs affaires communes : la lutte pour les salaires est commune aux Wallons et aux Flamands, ce ne sont rŽellement pas les bas salaires des uns qui avantagent les autres, au contraire ; et gestion commune des rŽgimes sociaux.

4Ħ) Ces conditions rŽalisŽes, autodŽtermination de chaque composante de la Belgique : Flandres, Wallonie, Bruxelles, mais aussi les districts allemands d'Eupen et MalmŽdy (annexŽs en 1918) qui doivent pouvoir choisir et prendre le temps de discuter entre eux entre l'indŽpendance, l'association, ou le rattachement ˆ un pays voisin.

Notons qu'un tel processus dŽmocratique entra”nerait aussi le Luxembourg dans son mouvement.

Le seul problme, c'est que ce scŽnario dŽmocratique de bon sens appara”t impossible, non pas parce que les Belges en sont incapables, mais parce que le mode de production capitaliste, l'Union EuropŽenne et la monarchie l'interdisent et y feront barrage violemment. Ils ont dŽjˆ empchŽ une Žvolution simple vers le bilinguisme administratif et scolaire reposant sur la la•citŽ, aussi Žtrange que cela paraisse. Quand on voit comment les hiŽrarques "europŽens" rŽagissent aux Nons franais, nŽerlandais et rŽcemment irlandais ˆ leurs projets, on se doute aussi qu'un tel processus d'autodŽtermination des peuples au noeud nŽvralgique de l'Europe serait pour eux une catastrophe.

 

Donc, sur ce sujet comme sur d'autres, la solution la plus raisonnable passe par le renversement du capitalisme. Ce qui tombe bien : l'Etat belge est Žvidemment un Etat capitaliste, et le sige de l'Union dite "EuropŽenne" s'y trouve !

 

(1) Voir le beau livre d'Allesandro Galante Garrone, historien italien, sur Buonarroti et Babeuf, qui contient une Žtude de la rŽvolution belge de 1830.

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Retour en France.

 

Par Wall Street et Bruxelles, cette chronique de juillet 2008 nous ramne en France. Nous avons dit en commenant que la petite phrase de Sarkozy sur les grves en France n'est rien qu'un "Haka". Les deux lois que l'AssemblŽe nationale et le SŽnat viennent ou sont en train de voter correspondent parfaitement ˆ ce que dicte la prŽparation d'un affrontement majeur, pas dans des annŽes, mais dans quelques mois, et correspondent ˆ l'urgence dictŽe par la pression que constitue, au plan mondial, la crise financire, la paupŽrisation de larges masses qu'il va falloir rŽprimer, et au plan europŽen le peu de cohŽsion rŽelle du monde de l'euro.

Ces deux lois sont celle qui transpose la "position commune CGT-CFDT-MEDEF-CGPME"' et celle sur le "service minimum" dans les Žcoles.

Ce sont deux lois scŽlŽrates dans tout leur contenu. Si les partis de gauche et d'extrme-gauche en France, au lieu de naviguer entre la collaboration ouverte avec Sarkozy et l'opposition de posture, cherchaient ˆ regrouper sur des objectifs prŽcis et rŽels, ils feraient de leur abrogation des objectifs essentiels de leur agitation.

 

Dans TOUT leur contenu, cela veut dire, concernant la loi issue de la "position commune CGT-CFDT-MEDEF-CGPME", qu'y compris sa partie qui transpose les disposition de ce texte sur la reprŽsentativitŽ syndicale est trs dangereuse pour les salariŽs.

Nous en avons dŽjˆ parlŽ. Qu'il suffise de dire ici qu'il ne sera plus possible ˆ un syndicat de dŽsigner un dŽlŽguŽ habilitŽ ˆ nŽgocier et protŽgŽ contre le licenciement avec un crŽdit de 15 heures mensuelles dans les boites de plus de 50 salariŽs ; ˆ la place, le reprŽsentant syndical ne sera pas habilitŽ ˆ nŽgocier, n'aura qu'un crŽdit ridicule de 4 heures mensuelles, et devra au bout de 2 ans faire au moins 10% des voix pour avoir le statut de dŽlŽguŽ syndical -qui ne dŽpend donc plus des adhŽrents du syndicat-, et s'il ne les fait pas il perdra sa protection et risquera donc d'tre virŽ ... Cela, et d'autres choses encore, c'Žtait DANS ce qu'ont signŽ et dŽfendu Thibault et ChŽrque, et qu'ils ont dŽclarŽ vouloir dŽfendre par la "journŽe d'action" du 17 juin !

A cela, le gouvernement a ajoutŽ la dŽrŽglementation de la nŽgociation du temps de travail, faisant ainsi d'une pierre deux coups : le "droit" de l'entreprise prŽvaut sur le droit commun, et d'ores et dŽjˆ on ne peut plus dire qu'il existe un temps de travail hebdomadaire maximal lŽgal en France, qui serait en l'occurrence de 35 heures, mais que ceci n'est qu'un seuil de dŽclenchement des heures dites "supplŽmentaires" ...

Enfin, a ŽtŽ rajoutŽe une ultime et grave cerise sur le g‰teau si l'on peut dire : l'augmentation du nombre de jours du forfait des cadres. Cette histoire de forfait des cadres Žtait dŽjˆ une vaste arnaque qui datait de la loi Aubry de 1998 : les cadres avaient droit ˆ des jours de RTT correspondant aux journŽes sans horaires qu'ils avaient consacrŽ ˆ leurs taches. Ce nombre de jours a ŽtŽ diminuŽ dans la loi de sorte que sans accord de branche il n'est plus que de 130 jours, ce qui correspond exactement ˆ la somme de deux jours de repos hebdomadaires plus 25 jours de congŽs payŽs plus le 1Ħ mai (les autres jours fŽriŽs ne sont mme pas pris en compte), et laisse donc 235 jours pour travailler sans horaire. De plus, les salariŽs pouvant tre victimes de cet abus ne sont plus seulement les "cadres", mais tous ceux qui "travaillent en autonomie" ...

Voila de quoi unifier les uns et les autres ...

 

Quand ˆ la loi sur le "service minimum" ˆ l'Žcole, elle comprend pour rŽsumer trois points :

1Ħ) Le "service minimum" proprement dit rebaptisŽ "service d'accueil" n'est ici que l'alibi, mais qui menace le droit de grve et les droits sociaux des personnels requis pour l'assurer, personnels municipaux et territoriaux.

2Ħ) L'obligation de se dŽclarer grŽvistes 48 heures ˆ l'avance.

3Ħ) Et le pire qui correspond prŽcisŽment au dialogue social : pour cause de dialogue social obligatoire il faudra quand on envisage de dŽposer un prŽavis de grve dŽposer un prŽavis du prŽavis, le tout pouvant conduire ˆ un dŽlais allant jusqu'ˆ ... 19 jours avant de faire grve !

 

ABROGATION de la loi sur le temps de travail et la reprŽsentativitŽ syndicale et des lois anti-grve dans les transports terrestres et les Žcoles primaires !

PrŽparons le Tous ensemble dans la grve le mme jour partout !

 

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Documents.

 

Nous reproduisons ci-dessous l'intervention du dŽputŽ socialiste de Douai contre la loi sur la reprŽsentativŽ syndicale ˆ l'AssemblŽe nationale, qui est l'une des rares sinon la seule ˆ attaquer aussi la partie de la loi signŽe par Thibault et ChŽrque, concernant la reprŽsentativitŽ syndicale proprement dite.

Nous reproduisons ensuite une motion trs courte, mais trs importante, votŽe par le congrs de l'UD CGT de Seine-Maritime (Rouen, Sotteville ...) contre la "position commune reprŽsentativitŽ.

Ces documents ont une signification : CE N'EST QU'UN DEBUT.

L'opposition ˆ la "position commune" surgit souvent, au fur et ˆ mesure, que les militants et dŽlŽguŽs syndicaux dŽcouvrent ce qu'elle contient !

Ils dŽcouvrent par la mme occasion qu'on leur a cachŽ quelque chose, et qu'ils ne doivent compter que sur eux-mmes.

Autre indication : des anonymes ont montŽ un site sous le nom de "Conseil national de la rŽsistance" et se proposent de prŽparer le dŽclenchement de la grve tous ensemble en fixant une date. Ils avancent celle du 10 novembre 2008 : http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/

UNISSONS-NOUS pour imposer nous-mme le tous ensemble et, en cassant le dialogue social, combattre et battre Sarkozy : voila l'orientation qui rampe, qui avance, qui progresse, qui monte, qui monte ! ...

 

Intervention de Marc Dolez ˆ l'AssemblŽe nationale.

 

LĠAssemblŽe Nationale a adoptŽ, le 8 juillet 2008, le projet de loi relatif ˆ la reprŽsentativitŽ syndicale et au temps de travail. Marc DOLEZ sĠest rŽsolument opposŽ ˆ ce nouveau texte de rŽgression sociale. Ci-aprs quelques extraits de ses principales interventions.

 

I – Concernant la reprŽsentativitŽ syndicale (1er juillet 2008, 2me sŽance)

É Le projet de loi que nous examinons aujourdĠhui est probablement lĠun des plus importants de la lŽgislature, compte tenu des consŽquences trs importantes et trs graves quĠil risque dĠavoir sur le paysage syndical et sur la hiŽrarchie des normes, fondement de notre droit du travail.

La seconde partie de ce texte, mes collgues du groupe socialiste lĠont soulignŽ, dŽrŽglemente notre droit social. Elle est donc tout ˆ fait inacceptable.

 

Je mĠattarderai quant ˆ moi, dans une analyse peut-tre plus minoritaire, sur la premire partie du projet relative ˆ la reprŽsentativitŽ qui recle aussi bien des dispositions dangereuses. Depuis le dŽcret de 1950 et lĠarrtŽ de 1966 sur la reprŽsentativitŽ syndicale, le paysage a changŽ et de nouvelles organisations syndicales sont apparues sur la scne sociale dans notre pays. Il Žtait donc nŽcessaire, nul ne le conteste, de faire Žvoluer les critres dĠŽvaluation de cette reprŽsentativitŽ. Fallait-il toutefois demander aux partenaires sociaux de nŽgocier sur leur propre reprŽsentativitŽ ? Il me semble quelque peu surprenant de laisser le soin au patronat de dŽfinir les modalitŽs qui doivent permettre dĠaboutir au dialogue social et de dŽsigner ses interlocuteursÉ Le texte ne dit rien de la reprŽsentation patronale. Je suis quant ˆ moi de ceux qui pensent quĠil revient au Parlement de dŽfinir les critres de reprŽsentativitŽ syndicale et lĠŽvolution de ses modalitŽs.

 

En tout cas, la loi de janvier 2007 ne doit pas conduire le Parlement ˆ se dessaisir de ses prŽrogatives.

Si on avait voulu que la reprŽsentativitŽ concerne lĠensemble des salariŽs, des grandes ou des petites entreprises, il fallait ˆ lĠŽvidence prendre comme rŽfŽrence les Žlections prudĠhomalesÉ En effet, 40 % des salariŽs ne participent pas aux Žlections professionnelles. Le seuil de 10 % au niveau de lĠentreprise risque dĠentraver lĠaction syndicale, en empchant telle organisation de participer aux nŽgociations ou en dŽcourageant toute nouvelle implantation. Bref, sous couvert de revoir la reprŽsentativitŽ et de la rendre plus conforme au choix des salariŽs, on aboutira ˆ un bouleversement et ˆ un reformatage du paysage syndical.

 

En outre, on ne peut pas nier le lien entre ce dŽsir de mesurer la reprŽsentativitŽ au niveau de lĠentreprise et la volontŽ de privilŽgier dŽsormais les accords dĠentreprise. Cela revient ˆ dŽroger ˆ la loi et aux accords de branche. Il sĠagit, selon moi, de la remise en cause des fondements mmes de notre droit du travail : hiŽrarchie des normes et principe de faveur. Cette Žvolution est tout ˆ fait dangereuseÉ

 

Nos deux rapporteurs ont ŽtŽ ˆ cet Žgard parfaitement clairs : le rapport de M. Anciaux prŽcise que, gr‰ce ˆ ce projet de loi, notre modle social va enfin Žvoluer et que nous allons passer ˆ une culture de la nŽgociation et du donnant-donnant. Les salariŽs donneront et donneront encore sans compensation ˆ la clŽ !

Et M. Anciaux dĠajouter que, gr‰ce ˆ ce projet de loi, le contrat primera dorŽnavant sur la loi !

Pour toutes ces raisons, je ne peut tre que rŽsolument opposŽ ˆ ce texte de rŽgression sociale !

II – Concernant lĠautorisation de dŽpasser le plafond lŽgal dĠheures supplŽmentaires (3 juillet 2008, 1re sŽance)

É Je lĠai dit tout ˆ lĠheure, lĠarticle 16 est un article scŽlŽrat, et nous demandons ˆ lĠAssemblŽe de le supprimer. Il y a Žvidemment plusieurs raisons de procŽder ˆ une telle suppression, chacune se suffisant ˆ elle-mme.

 

Premire raison, cette nouvelle pratique du droit social, cĠest-ˆ-dire le renvoi ˆ la nŽgociation au niveau de lĠentreprise et lĠinversion de la hiŽrarchie des normes, va conduire les salariŽs et leurs reprŽsentants ˆ accepter une remise en cause de leurs droits en matire de temps de travail, de rŽmunŽration des heures de travail effectuŽes et de repos nŽcessaire ˆ la protection de leur santŽ, pour faire face ˆ la perte de leur pouvoir dĠachat. De plus, trs souvent, il y aura un chantage ˆ lĠemploi et la menace de voir lĠentreprise dŽlocaliser ou fermer.

 

Deuxime raison, cet article supprime tout contr™le et autorisation de lĠinspection du travail, notamment en cas de dŽpassement du contingent dĠheures supplŽmentaires.

 

Troisime raison, cĠest lĠaccord dĠentreprise qui va dŽsormais fixer la contrepartie obligatoire en repos pour toute heure supplŽmentaire accomplie au-delˆ du contingent annuel. La notion de repos compensateur dispara”t dĠailleurs du droit du travail. Les articles relatifs ˆ ce repos sont supprimŽs. JusquĠˆ prŽsent, cĠŽtait fixŽ par la loi, dont cĠest le r™le de protŽger les salariŽs.

 

Enfin, les accords de branche comme dĠentreprise relatifs aux heures supplŽmentaires ne pourront sĠappliquer que jusquĠau 31 dŽcembre 2009. Ils seront caducs ˆ compter du 1er janvier 2010. Ils doivent tre renŽgociŽs et sĠadapter au nouveau cadre. La renŽgociation risque Žvidemment de se dŽrouler dans un cadre beaucoup plus dŽfavorable aux salariŽs et conduira certainement ˆ des accords revus ˆ la baisse. CĠest en ce sens que, comme nous ne cessons de le dire, cette disposition consacre, hŽlas, la suppression du rŽgime de faveur engagŽe par la loi Fillon de 2004É

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Motion adoptŽe par le congrs de l'UD CGT de Seine-Maritime.

Ç ConsidŽrant que le MEDEF et le gouvernement instrumentalisent la signature de la CGT, le congrs dŽpartemental de la CGT demande au bureau confŽdŽral de retirer tout de suite la signature CGT de la position commune avec le MEDEF.È

106 POUR et 47 CONTRE.

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Lettre de l'Union Locale CGT de Toulouse Le Mirail.

 

Dans une lettre adressŽe aux Syndicats, ULs, UD31 et la ConfŽdŽration, l'UL CGT Mirail exprime son dŽsaccord sur le forme et sur le fond avec la position commune sur la reprŽsentativitŽ.

RŽunie le 18 juin 2008, la CE de lĠUL du Mirail a dŽbattu de : " la position commune du 9 avril sur la reprŽsentativitŽ, le dŽveloppement du dialogue social et le financement du syndicalisme ". Ce texte a ŽtŽ impulsŽ par le gouvernement Sarkozy et signŽ par la CGT, la CFDT, le MEDEF. Il doit servir dĠappui ˆ un dŽcret de loi.

Le bureau de lĠUL du Mirail prend acte quĠil est ressorti de ce dŽbat que la CE est en dŽsaccord avec la position prise par la direction Nationale de la CGT.

DŽsaccord sur la forme : signature prŽcipitŽe, les syndicats lorsquĠils ont ŽtŽ consultŽs lĠont ŽtŽ quelques jours seulement avant lĠannonce de la signature.

DŽsaccord sur le fond : Il a fallu une grve gŽnŽrale comme celle de Mai 1968 pour que soit reconnue lĠexistence de la section syndicale dans lĠentreprise. Que peut espŽrer la CGT dĠun projet de loi du gouvernement Sarkozy dans le contexte de dŽmolition de lĠensemble des acquis des salariŽs ?

Le MEDEF se fŽlicite et se rŽjouit de cette "position commune ". Serions nous, ˆ la CGT, assez na•fs pour croire au fameux " donnant-donnant ", alors quĠils nous prennent tout ?

Quel est le sens de cette " position commune " CGT, CFDT MEDEF qui dŽfinirait la lŽgitimitŽ de la CGT. La CGT doit tre compltement indŽpendante du patronat.

Ce texte ramne tout au niveau de lĠentreprise. Il ouvre la porte ˆ des dŽcrets de loi qui limiteront le droit syndical (on parle ici de vrai syndicat, de syndicat de lutte) dŽjˆ si difficile ˆ faire vivre et ˆ faire respecter face ˆ lĠarbitraire et ˆ lĠabus de pouvoir patronal.

Notre UL est confrontŽes tous les jours ˆ ces difficultŽs, tous les jours elle rencontre des dŽlŽguŽs syndicaux en bute ˆ la pression et au harclement des patrons alors que les DS sont protŽgŽs par la loi ds leur nomination. Cela empirera avec la dŽsignation des DS telle quĠelle est prŽvue dans le texte et rendra plus difficile le dŽploiement de la CGT dans les entreprises o elle nĠest pas reprŽsentŽe.

LĠUnion Locale CGT du Mirail demande le retrait de la signature de la CGT et lĠouverture dĠun dŽbat contradictoire.

 

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Sans-papiers : ci-dessous deux documents, le dernier tract de l'UD CGT de Paris et un tract qui circule parmi les sans-papiers de la coordination 75.

 

 

FRONT UNI POUR LA REGULARISATION DES SANS-PAPIERS

 

Le 3 juillet, plus de 500 militants syndicaux et associatifs, ainsi que de nombreux sans-papiers en grve sur 17 sites parisiens ou adhŽrents ˆ la coordination 75, se sont rassemblŽs devant la PrŽfecture de police de Paris pour demander aux reprŽsentants de lĠEtat dĠaccŽlŽrer la rŽgularisation des travailleurs en grve pour certains depuis le 15 avril, et de prendre en charge les 1300 dossiers de la coordination. A 12 heures 30, une dŽlŽgation composŽe de reprŽsentants de la CGT, de SUD, des associations LDH, RESF, CIMADE, Autre monde, GISTI, Femmes solidaires et Femmes ŽgalitŽ ainsi que de la Coordination 75, Žtait reue par le chef de Cabinet du PrŽfet et du directeur de la Police.

 

Concernant les dossiers des salariŽs en grve, la dŽlŽgation a demandŽ une nouvelle fois ˆ la PrŽfecture de mettre en conformitŽ ses exigences avec les rgles de la rŽgularisation par le travail, cĠest ˆ dire dĠabandonner en particulier le critre de prŽsence de cinq ans sur le territoire, critre qui nĠest pas retenu dans les autres prŽfectures dĠIle de France.

 

Elle a Žgalement demandŽ que lors des convocations ˆ la PrŽfecture pour rŽgularisation, les salariŽs et leurs soutiens ne se voient pas rŽclamer, pour la constitution des dossiers, des pices supplŽmentaires qui nĠont pas ˆ y figurer (quittances de loyer, quittances EDF, attestations dĠhŽbergement, etc.) A nouveau, la dŽlŽgation a fait part de son indignation devant le maintien dans la clandestinitŽ de ces centaines de milliers dĠhommes et de femmes exposŽs ˆ une traque indigne dĠun pays civilisŽ se rŽclamant de la patrie des droits de lĠhomme.

 

Elle a renouvelŽ sa demande dĠun moratoire sur les interpellations et arrestations. Ce que les reprŽsentants de la PrŽfecture ont refusŽ !

 

Concernant la rŽgularisation des quelques 1300 dossiers des personnes sans-papiers adhŽrents ˆ la coordination 75 que la dŽlŽgation Žtait Žgalement venue soutenir, la PrŽfecture nĠa pas acceptŽ de les prendre en dŽp™t. Elle a proposŽ de recevoir, le 4 juillet, une dŽlŽgation de cinq personnes pour examiner la procŽdure ˆ envisager pour lĠŽtude de ces dossiers. A SUIVRE.

Le 4 juillet 2008

UD CGT 75

 

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VERS LA GRéVE GƒNƒRALE DE TOUS LES SANS-PAPIERS

 

Sans papiers,

 

CĠest la peur quotidienne du contr™le dans la rue comme au travail CĠest tre licenciŽ comme certains lĠont ŽtŽ dernirement. CĠest la police qui vient vous chercher au petit matin et qui emmne toute la famille. CĠest le CRA et lĠexpulsion. Seul, le sans papier est sans dŽfense face ˆ lĠEtat, sa police et ses tribunaux !

 

Nos camarades de Ç Perfect Interim È lĠont bien compris et se sont mis en grve pour les papiers;

Ceux de Ç MANBAT È viennent de se joindre ˆ eux et suivent ainsi lĠexemple de nombreux sans papiers dĠentreprises du BTP, de la restauration, du nettoyage et de la sŽcuritŽ en grve. Ils revendiquent des papiers pour tous. En effet, ˆ quoi bon des papiers pour le travailleur si sa femme et ses enfants sont expulsables ?

 

NOTRE FORCE

CĠEST NOTRE SOLIDARITƒ DANS LA GRéVE

CĠEST NOTRE POIDS ƒCONOMIQUE ET SOCIAL

 

Sans les travailleurs sans papiers, combien de chantiers tourneraient, de restaurants, dĠentreprises de nettoyage, etcÉ Sans les travailleuses sans papiers, qui garderait les enfants, sĠoccuperait ˆ domicile des anciens, des malades, des handicapŽs, etcÉ

 

Avec les Collectifs de Sans Papiers, nous revendiquons :

- La carte de rŽsident (10 ans) renouvelable pour toutes et tous ;

- La fermeture de tous les Centres de RŽtention Administrative (CRA), vŽritables camps dĠinternement pour Žtrangers ;

- La suppression de la taxe ANAEM, discriminatoire ˆ lĠembauche.

Pour te joindre au mouvement :

Discute avec les diffuseurs de ce tract ! Va ˆ la Bourse du travail devenue la Bourse des sans papiers en lutte, rue Charlot et contacte les dŽlŽguŽs de la Coordination des Sans Papiers (CSP75).

 

Pour ne plus vivre dans la peur, rejoins la grve !

 

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CommuniquŽ CGT Goodyear.

 

BRAVO ET MERCI AUX OUVRIERS, HONTE A LA DIRECTION !!!!!

VOTRE MESSAGE A ETE FORT NOUS VOUS AVONS ENTENDU ET ALLONS DENONCER LĠACCORD QUI A MIS LE FEU AUX POUDRES

Nous nĠaurions pas assez de 40 pages pour vous dire combien nous sommes fiers de reprŽsenter des salariŽs postŽs aussi dŽterminŽs ˆ refuser lĠesclavage, nous nĠaurions mme pas assez de 100 pages pour dire notre dŽgožt de cette Direction qui nĠa pas eu le courage dĠassumer votre rŽaction.

Depuis des mois cette Direction nous menace, nous provoque, nous insulte, nous harcle, la rŽaction a ŽtŽ tout ˆ fait lŽgitime, mme si parfois trs tendue !!!!

Nous nĠavons jamais vu une Direction fuir autant ces responsabilitŽs, M GOMEZ et PFERFERMANN ne sont mme pas venus pour dialoguer, pire ils nous ont envoyŽ les forces de lĠordre, ces deux lˆ sont venus pour casser notre usine il nĠy a aucun doute la dessus !!!

Que dire dĠune Direction qui ferme lĠusine pendant plusieurs jours et qui pŽnalise les salariŽs souhaitant aller au travail, car ds le dŽpart nous avons dit clairement, que nous respecterions les grŽvistes et les non grŽvistes, cĠest la premire fois que la Direction ferme lĠusine, ˆ ce sujet nous adressons un courrier au DRH pour lui demander le paiement ˆ TOUT le personnel des journŽes pendant la durŽe de fermeture du site.

Nous rappelons que ce sont les syndicats CGC et CFTC qui sont responsables de cette montŽe de colre, ils ont signŽ un accord refusŽ majoritairement, contre votre avis, ils auront des comptes ˆ vous rendre, la Direction les a mis en CP, une honte !!!!!

MalgrŽ cette colre aucun incident majeur nĠest ˆ dŽplorer, notre prŽsence ˆ permis dĠŽviter bien des dŽrives et nous apprenons ce jour que les Žlus CGT vont tre poursuivis une nouvelle fois, cĠest une nouvelle provocation, la Direction veut nous faire passer pour des voyous !!!!!

Beaucoup dĠentre-vous ont ŽtŽ choquŽ par la prŽsence massive des forces de lĠordre mercredi matin et pire encore les vigiles de boites de nuit qui dĠailleurs sont encore dans nos murs !!!!

La CGT Goodyear a pris et assume sa responsabilitŽ, nous avons soutenu des salariŽs trahis et en colre contre une Direction et deux syndicats ˆ la dŽrive totale !!!!

Comme nous vous le disons dans notre titre, nous vous avons entendu et nous allons dŽnoncer lĠaccord 4x8 signŽ ˆ lĠarrache par des syndicats qui nĠŽcoutent que la Direction et le MEDEF !!!! Vous avez dit clairement pendant 6 jours que vous ne vouliez pas des 4x8, quĠil fallait que les syndicats non signataires dŽnoncent lĠaccord !!!

Ce jour nous faisons donc partir notre droit dĠopposition de lĠaccord 4x8, mais aussi sur celui de lĠaccord inter Žtablissements qui permet ˆ la Direction de nĠappliquer le PSE que sur notre site, accord signŽ la aussi par le syndicat CGC.

Pendant 6 jours, nous avions des salariŽs en colre, au bord de lĠexplosion, des femmes, des enfants, la Direction devrait avoir honte ; de mŽmoire de salariŽs nous nĠavons jamais vu des responsables aussi l‰che, ils se sont Ç tirŽ comme des voleurs È il fut une Žpoque ou mme en cas de conflit il y avait un minimum de dialogue, mais cette Žpoque est hŽlas rŽvolue !!!!

Nous remercions aussi ceux qui nous ont soutenu, la rŽgion, le dŽpartement, ainsi que lĠunion dŽpartementale CGT et la fŽdŽration chimie, au passage nous remercions aussi toute la population amiŽnoise qui a signŽe en masse notre pŽtition et qui nous a apportŽ de nombreux messages de soutien !!!!

La Direction dit quĠelle va mettre le plan social en Ïuvre, nous lui rappelons quĠune solution intelligente existe et quĠil faut en discuter autour dĠune table, dĠailleurs une table ronde est prŽvue et nous apprenons que la Direction refuserait celle-ci, la CGT continue de demander la nomination dĠun mŽdiateur, il faut trouver et vite une solution, faute de quoi, un jour, nous ne pourrons plus rien ma”triser !!!!

LĠosmose entre les Žquipes de week-end et celles de semaine est Žnorme, VOUS avez dit clairement quĠensemble vous refusiez les 4x8, et quĠil fallait que les syndicats dŽnoncent cet accord en dessous de tout !!!!

La Direction va donc nous mettre sur le dos le plan social, met elle ne parle plus des 450 ˆ 500 suppressions dĠemplois liŽs aux 4x8 et dire que 2 syndicats ont signŽ un accord permettant de liquider 500 emplois, la aussi cĠest une premire sur notre site !!!!

La CGT Goodyear vous invite ˆ ne plus faire de relves repas, cĠest lŽgal et donc il faut lĠappliquer.

La Direction veut casser du cŽgŽtiste, alors que sans nous pendant les 6 jours il y aurait eu bien plus de dŽbordements, nous avons tout mis en Ïuvre pour limiter la tension, malgrŽ les provocations sans cesse.

LĠaction ne doit pas sĠarrter lˆ, dĠautres sont ˆ venir, la CGT Goodyear malgrŽ les menaces ne changera pas de cap, nous ne sommes pas des bandits comme la direction veut nous montrer, les bandits, les voyous sont ceux qui dŽsertent lĠusine, envoient des forces de lĠordre, ferment lĠusine, bref ceux qui depuis des mois attisent la colre et ne cesse de harceler des ouvriers honntes et intgres !!!!!

La CGT au CE va demander une rŽunion extraordinaire, car nous trouvons inadmissible que notre fric serve ˆ payer des vigiles de boites de nuit !!!

Votre mouvement est terminŽ et nous vous le redisons, nous sommes plus que fiers dĠtre ˆ vos cotŽs, la Direction a perdu quoi quĠil arrive, la convergence dans la lutte entre les salariŽs de semaine et week-end est une rŽussite totale, vous avez TOUS dit que les 4x8 ce ne sera pas chez Goodyear Amiens.

La Direction a cassŽ quelque chose, plus jamais lĠusine ne fonctionnera comme avant, il y a de la haine, de la colre, la Direction a mis le paquet depuis des mois pour vous faire pŽter un c‰ble, combien dĠentre-vous le disent :

Ç Ils nous ont mis la haine, nous ne sommes plus nous mme !!! È

La Direction fait circuler une rumeur comme quoi le secrŽtaire de la CGT aurait une place dans les instances de la CGT, cette information est une calomnie de plus, la seule ambition quĠil a est celle de dŽfendre les salariŽs jusquĠau bout !!!!

ENCORE BRAVO A TOUS

SOYEZ FIERS DE VOUS

LA DIRECTION NĠA PAS GAGNE

NON AUX 4X8

OUI Ë LA DISCUSSION ET AU DIALOGUE

NON A LA PROVOCATION, NON AUX MENACES ET CHANTAGES

VOTRE SYNDICAT, VOS ELUS CGT

http://www.cgt-goodyear-nord.fr/

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CommuniquŽ du Collectif Non ˆ EDVIGE


Paris, le 17 juillet 2008


Hier 33 organisations du Collectif Non ˆ EDVIGE se sont rŽunies pour dŽnoncer le dŽcret du 27 juin 2008 crŽant le fichier EDVIGE (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information GenŽrale) et ses attaques contre les droits et les libertŽs publiques (fichage des militants) et individuelles, contre les droits des enfants (fichage des mineurs), contre le respect de la vie privŽe (vie sexuelle, Žtat de santŽ, comportements...), et pour organiser la riposte.


Ë ce jour, prs de 20.000 personnes et prs de 200 organisations ont signŽ l'Appel en ligne Ç Pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE È (http://www.nonaedvige.ras.eu.org), manifestant une inquiŽtude Žvidente des citoyens face aux atteintes ˆ la vie de notre dŽmocratie contenues dans ce fichier.

Les organisations rŽunies dans ce collectif vont poursuivre et Žtendre les actions dŽjˆ en cours, qu'il s'agisse notamment de la signature de la pŽtition en ligne ou du recours contre le dŽcret.

Elles donnent rendez-vous ˆ la presse dŽbut septembre pour dŽvoiler les actions qui seront proposŽes ˆ l'ensemble des citoyens dans le but de porter le coup de gr‰ce ˆ ce fichier scŽlŽrat.

Contacts Presse Collectif Non ˆ EDVIGE :

- Philippe CASTEL - 06.25.76.81.92 - philippe.castel@fsu.fr

- Lo•c DAGUZAN - 01.42.92.96.03 - loic.daguzan@gmail.com

- Franois SAUTEREY - 06.89.12.62.71 - Francois@Sauterey.org

- contact@nonaedvige.ras.eu.org


Ci-dessous l'appel :

Sans dŽbat public prŽalable, le gouvernement, par un dŽcret publiŽ au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considŽrablement accru les capacitŽs de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assurŽ, ˆ lĠavenir, par la Direction centrale de la sŽcuritŽ publique (fusion des Renseignements GŽnŽraux et de la DST).

 

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom dĠEDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de lĠinformation gŽnŽrale). Il recensera, de manire systŽmatique et gŽnŽralisŽe, toute personne Ç ayant sollicitŽ, exercŽ ou exerant un mandat politique, syndical ou Žconomique ou qui joue un r™le institutionnel, Žconomique, social ou religieux significatif È. Sans exception, toutes les personnes engagŽes dans la vie de la citŽ sont donc visŽes.

 

En outre, ce fichage vise ˆ permettre la collecte de renseignements identitaires sur les Ç suspects È (personne mais Žgalement groupe) simplement considŽrŽs, par la police, comme susceptibles, ˆ lĠavenir et de manire totalement hypothŽtique, de porter atteinte ˆ Ç lĠordre public È.

 

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : Žtat civil, photographie mais aussi frŽquentations, comportement, dŽplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives É

La police sera autorisŽe ˆ consulter ce fichier en cas dĠenqutes administratives pour lĠaccs ˆ certains emplois.

 

Les mineurs ne seront pas ŽpargnŽs puisque fait sans prŽcŽdent dans notre RŽpublique et particulirement choquant, leur fichage sera autorisŽ ds lĠ‰ge de 13 ans et cela sans quĠaucune infraction nĠait ŽtŽ commise et sur la seule base de leur dangerositŽ prŽsumŽe.

 

Cette initiative gouvernementale, porteuse ˆ lĠŽvidence de nombreuses dŽrives, sĠinscrit rŽsolument dans le cadre de la mise en place dĠune politique sŽcuritaire ouvertement revendiquŽe.

 

Le gouvernement est passŽ outre aux rŽserves Žmises par la Commission nationale Informatique et LibertŽs concernant ce fichier qui, ds sa parution, a suscitŽ les plus vives rŽprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

 

CĠest pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

-sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachŽes aux libertŽs publiques, au respect de la vie privŽe et des droits de lĠenfant,

- sĠengagent ˆ se constituer, ds le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant ˆ obtenir des pouvoirs publics quĠils renoncent ˆ la mise en place du fichier EDVIGE.

Les collectifs, associations, syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur signature en Žcrivant ˆ contact@nonaedvige.ras.eu.org

 

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Pendant les vacances, profitez du temps enfin libre pour lire : faites le plein de textes ! Pour cela, visitez nos sites Web :

-       site principal : http://www.le-militant.org/

-       site secondaire : http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/index.html

 

Nous prenons le pari que vous nĠavez pas encore tout lu É. !

 

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Sous presse, bient™t disponible : MILITANT,

NumŽro 14, troisime trimestre 2008.