Lettre
de liaison nĦ28 du 17 juillet 2008
Le courage,
c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaurès.
Comit
de rdaction lu l'assemble gnrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO
(83) Sylvie BONNIN (03) Olivier BOUCHARD (75) Jean-Franois CHALOT (77)
Dominique CORNET (75) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94)
Franois FERRETTE (61) Stphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER
(91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI
(75) Kamel ZORGUI (95)
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Sommaire :
- La petite phrase de
Sarkozy sur les grves en France : rien de plus et rien de moins qu'un
"Haka".
- Ingrid et Bachir.
- Crise de l'Etat.
- Les choses
srieuses.
- Tension extrme en
Chine.
- La question belge.
- Retour en France.
- Documents : ce
n'est qu'un dbut !
- Intervention de Marc Dolez l'Assemble nationale contre la loi sur
la reprsentativit syndicale.
- Motion adopte par le congrs de l'Union Dpartementale CGT de
Seine-Maritime.
- Lettre de l'UL CGT
de Toulouse Le Mirail.
- Sans papiers : tract de l'UD CGT de Paris et tract circulant parmi les
sans-papiers.
- Dclaration de la section CGT de Goodyear : Bravo et merci aux
ouvriers, Honte la direction !
- Communiqu du
collectif Non EDVIGE.
* * * *
La petite phrase de Sarkozy sur
les grves en France :
rien de plus et rien de moins
qu'un "Haka" !
Alors comme a, il a dit : " ... dsormais,
quand il y a une grve en France, plus personne ne s'en aperoit". Et ces gros lourdauds de membres
du conseil national de l'UMP venus couter leur chef le 5 juillet dernier se
sont taps sur les cuisses : ouaf, ouaf, ouaf ! Qu'elle est bonne !
Pourquoi peut-il se permettre de le dire ? Pourquoi est-ce nanmoins fort
dangereux pour lui de le dire ?
Il peut se permettre de le dire parce que, comme il
l'a crit lui-mme dans le Monde le 19 avril, aprs avoir eu l'assurance par
Bernard Thibault que la CGT signait la "position commune" sur la
lgislation en matire syndicale avec la CFDT, le MEDEF et la CGPME, et comme
il vient de le rpter rcemment,
le "dialogue social", c'est--dire l'entreprise de
domestication des syndicats du sommet la base, ne s'est jamais port aussi
bien en France ... et que c'est
vrai ! Dans ces conditions les journes d'action successives et divises des
mois de mai et de juin sont alles dcrescendo : plus il y en avait, moins
elles taient suivies, y compris par ceux censs les organiser, les militants
syndicaux qui commencent srieusement en avoir raz la casquette. Il s'est bel
et bien produit des "grves" dont personne ne s'est aperu : tout
simplement, ce n'tait pas des grves !
Sarkozy peut donc se permettre de provoquer parce
qu'il a confiance au moins dans une chose : de mme que les dirigeants de son
opposition parlementaire de gauche, ceux des organisations syndicales de
salaris ne veulent pas le combattre, mais collaborer avec lui.
Avant de rpondre la seconde question -pourquoi
est-ce nanmoins fort dangereux pour lui de lancer une telle "petite
phrase" ? - remarquons qu' travers la fanfaronnade, le prsident de la VĦ
Rpublique franaise trahit le fait que ce sont quand mme bien les grves qui
l'inquitent. En effet, si il y a eu des mouvements sociaux dont beaucoup de
monde ne pouvait pas ne pas s'apercevoir en ce mois de juin 2008, ce furent les
barrages routiers des professions librales et de petits patrons ou artisans
contre la hausse dramatique du prix des carburants. De tels mouvements peuvent
tre violents et faire de gros dgts, il n'empche que pour Sarkozy, ce qui
importe c'est que ce soit les grves de salaris dont il puisse dire qu'on ne
s'en aperoit pas. Retenons ceci.
Nanmoins, il est fort dangereux pour lui d'exprimer
aussi ouvertement son mpris et sa haine des grves. Sans aucun doute, les gens
srieux de la bourgeoisie, de l'appareil d'Etat et du patronat n'ont pas
apprci ses dclarations, bien qu'ils se soient gards cette fois-ci, en
raison mme de la gravit de l'enjeu, de le dire publiquement.
Car l'insulte sarkozyste visait, certes, les
militants syndicaux tromps et artificiellement diviss ces dernires semaines,
mais ceux-ci sont en train, en profondeur, de se dire que pour l'automne il va
falloir imposer le tous ensemble le mme jour dans la grve, prcisment.
Mais il y a encore plus important que cet tat
d'esprit, car l'tat d'esprit des militants et dlgus la base n'est rien
sans celui des larges masses. Et si dans la conscience trouble du client UMP
venu bambocher deux jours Paris tous frais pays pour couter son prsident,
la figure de l'ennemi se prsente souvent sous les traits d'un syndicaliste de
la fonction publique, prof ou agent des impts, la ralit est que celles et
ceux qui ont pris comme un dfi eux adress par cette dclaration sur les
grves dont on ne s'aperoit pas, ce sont des travailleurs des petites et
moyennes entreprises. L o, justement, le nombre de grve a explos depuis
six mois. C'est la
caissire de Carrefour, c'est l'oprateur de Goodyear auquel on veut imposer
les 4x8, qui ont reu la petite gifle du prsident. Ils la rendront. En grand.
Sarkozy n'est pas un imbcile et l'on peut supposer
que, malgr les remous provoqus par la rcente fusion des Renseignements
Gnraux et de la Direction de la Sret du Territoire dans une DCRI (Direction
Centrale du Renseignement Intrieur), il a de bons rapports sur la ralit de
l'tat dĠesprit dans la masse de la population salarie. La ralit, ce n'est
pas seulement le mcontentement -ce que sociologues et journalistes aiment
nommer "dsarroi", "grogne" ou encore "rsistance au
changement"-, c'est l'envie d'en dcoudre pour donner un coup d'arrt la monte de la misre et de
la brutalit. En ce sens, nous ne devons pas considrer sa "petite
phrase" tant comme une provocation que comme un Haka (1) comprenant une grosse part de
bluff.
Et il a dit aussi pourquoi il prtend que les grves
ne se voient plus : en raison du "service minimum" qu'il a instaur
dans les transports terrestres et dans les coles primaires. Le but du
"service minimum" est donc bien de rprimer les grves, pas d'aider
les "usagers".
Les choses sont donc claires sur ce qu'il faut
maintenant prparer concrtement, directement, en sachant que les tats-majors
nationaux ne le feront pas : l'unit des salaris pour les salaires, contre les
heures supp', pour le droit de grve et contre le service minimum, pour battre
Sarkozy et donc rompre tout "dialogue social" avec lui.
(1)
Cri pralable au combat dans les luttes rituelles des maoris de
Nouvelle-Zlande, repris par les rugbymen de ce pays.
* * * *
Ingrid et Bachir.
Ingrid Betancourt tait devenue un otage de valeur
des FARC depuis que les gesticulations franaises censes la faire librer,
commences lorsque son pote De Villepin tait aux Affaires trangres, en 2003,
avaient commenc. Les FARC l'avait donc garde pour faire monter les enchres.
Finalement, sa libration avec celle de quelques mercenaires nord-amricains et
de quelques autres malheureux otages, a t obtenue, pour ce que l'on peut
souponner, grce la corruption des sommets des FARC, organisation
militarise, coupe des masses et corrompue depuis longtemps -une corruption
qui s'illustre notamment dans la pratique de la prise d'otages- et effectue
par l'appareil d'Etat colombien -le plus grand assassin de paysans, d'ouvriers,
de syndicalistes, de militants, de toute l'Amrique latine aujourd'hui -sous la
supervision des services US. Ni Sarkozy, ni Chavez n'y sont pour rien.
Ce n'est pas un honneur pour l'opposition officielle
de gauche que seule Sgolne Royal, en l'occurrence, ait dit la vrit sur ce
point pourtant vident : Sarkozy n'est pour rien dans cette libration. La CIA
et le prsident colombien Urribe l'ont mene bien et en ont gnreusement
octroy le bnfice au prsident franais avec la participation active, pour ne
pas dire suractive, de l'intresse elle-mme, littralement en transe.
Compltement surexcite, elle veut aux dernires nouvelles aller voir le pape
pour lui expliquer ce qu'il convient d'amliorer dans la religion catholique
afin de rendre celle-ci encore plus performante et attrayante : on ne rie pas !
Chacun sait maintenant que la sainte n'en est pas une et que la grande
bourgeoise est un peu givre, ce qui videmment ne justifiait pas de l'avoir
squestre dans la jungle ! (1)
Il y a un point commun fondamental entre ce spectacle
l et celui qui, peu d'intervalle, l'a suivi : le "sommet sur la
Mditerrane" avec le dictateur syrien Bachir el Assad en guest star, remplaant dans le rle de l'
"ami du prsident" le colonel Kadhafi, dictateur libyen. Ce point
commun, c'est le caractre ridicule mais capable de meurtre de l'imprialisme
franais, son agitation strile dont celle de Sarkozy n'est finalement qu'un
concentr. Au fond, les gesticulations colombiennes comme les gesticulations
"euro-mditerranenne" sont parentes de cet autre fruit des
manigances franaises, et se situent au mme niveau que lui : l'Arche de Zo !
Mais il y a un autre point commun : sauf la
discordance de Sgolne Royal sur Ingrid Betancourt, l'Union nationale s'est
effectue pour faire semblant. Un Moscovici a mme pris les devants pour dire
que c'tait bien Sarkozy qui avait fait librer "Ingrid" ! Quand la
nouvelle idylle de Nico et Bachir, elle a t prpare par l'Union nationale
ralise dbut juin, PS, PCF et Verts accompagnant Sarkozy au Liban. Quitte
faire les scandaliss un mois aprs, quand Bachir vient parader.
Il n'y a qu'en France qu'on raconte dans les mdias
que le prsident franais serait en train de faire avancer "la paix en
Proche-Orient". La rinsertion du rgime syrien dans le jeu diplomatique
rgional est un trompe-l'oeil, car ce rgime n'en tait jamais sorti.
L'affaiblissement de l'Etat isralien depuis le fiasco de son aventure au Sud
Liban l't 2006 et la dcomposition de l'Irak, l'option du bombardement de
l'Iran tant maintenue par le pouvoir nord-amricain, tous ces lments donnent
au rgime syrien, aussi "terroriste" soit-il cens tre, une position
stratgique au service du maintien, voire du rtablissement, de l'ordre
rgional contre les peuples. De mme qu'ils ont laiss "la France"
venir chercher "Ingrid" pour parader avec, le pouvoir US, lui-mme en
difficult globale, a choisi de laisser Sarkozy se faire l'agent du
"retour de la Syrie", renouant ainsi avec la pratique diplomatique
franaise antrieure 2005 (c'est Chirac qui s'tait brouill avec le rgime
syrien), tout en gardant pour lui toutes les options.
Dans tous les cas, une politique trangre
transparente et dmocratique de la France est impossible avec Sarkozy et la VĦ
Rpublique.
(1) Sur Ingrid Betancourt, on lira avec profit
l'article de Andr-Marcel d'Ans -dcd depuis- paru dans la Quinzaine littraire du 1Ħ
juillet, article conu partir de deux livres : "Ingrid Betancourt, par
del les apparences", de Jean-Jacques Kourliandsy, ditions Toute
Latitude, et "Parce qu'il l'ont trahie. Rcit vcu de l'enlvement d'I.
Betancourt", de Adair Lamprea, d. Hachette.
* * * *
Crise de l'Etat.
Lundi prochain, 21 juillet, doit avoir lieu le vote
au Parlement de la rvision constitutionnelle de Sarkozy. Ce sera sans doute un
non vnement, et l rside l'vnement. Expliquons-nous.
Initialement, il s'agissait de renforcer ouvertement
la dimension prsidentielle de la VĦ Rpublique, en allant presque
explicitement dans le sens d'une dictature ouverte, le prsident devant, dans
la rdaction initiale, "dterminer la politique de la nation". En mme temps, il s'agissait
d'largir encore l' "ouverture" bonapartiste la "gauche"
officielle, par le biais de la "commission Balladur-Lang" qui a pondu
les grandes lignes du projet. De faon en apparence contradictoire, la rvision
constitutionnelle annonce devait "renforcer les pouvoirs du
Parlement". La contradiction n'est qu'apparente. En fait, la
prsidentialisation accrue du rgime et une certaine volution du
fonctionnement parlementaire ne sont nullement opposes, au contraire. Ainsi,
la mesure clef du projet initial, consistant faire intervenir le prsident
dans l'hmicycle par des discours de politique gnrale, pouvait tre aussi
bien envisage comme un "renforcement des pouvoirs du Parlement" que
comme une prsidentialisation renforce, et de fait, elle tait bien les deux
la fois : le Parlement, assemble d'enregistrement et de contrle de l'appareil
d'Etat, n'est pas, dans la VĦ Rpublique, le coeur du pouvoir lgislatif, mais
une pice de l'appareil excutif central lui-mme.
C'est pourquoi les divers
"constitutionnalistes" du PS, qui ne remettent pas en cause, au
contraire, les fondements de la VĦ Rpublique, ne pouvaient mettre srieusement
en cause la logique de la rforme sarkozyenne et n'ont fait que lui reprocher
de "ne pas aller assez loin", lui demandant onctueusement
d'"aller plus loin" en introduisant une "dose de
proportionnelle" (n'est-elle pas dlicieuse, cette "dose de
proportionnelle" ? ...) aux lections lgislatives, et autres.
Ils n'ont mme pas t capables -mais c'est parce
qu'ils ne le voulaient pas- de dnouer le mensonge par lequel la version finale
de cette rforme, fortement affadie et attnue, fut prsente comme une
rgulation, en somme une diminution, du pouvoir prsidentiel, et une
amlioration du rle de l'assemble. Il aurait pourtant t facile de railler
le soi-disant renforcement de l'initiative parlementaire des lois que constitue
la modification, lgre, apporte au calendrier des sessions parlementaires, ou
encore de faire savoir que la soi-disant modration de la dictature de
l'excutif en cas d'application du fameux article 16 de la constitution,
consistant permettre au Conseil constitutionnel au bout de 30 jours de
vrifier si les conditions ayant motiv la mise en place des pouvoirs spciaux
sont toujours runies, est un pur mensonge puisque dans la rdaction actuelle
de la constitution, l'absence de mention de ce point signifie que cette
"vrification", qui n'est d'ailleurs en elle-mme la garantie de rien
du tout, pouvait se faire avant 30 jours : autrement dit, nous avons l une
disposition qui, sous couvert de limiter le pouvoir prsidentiel, le renforce !
Le reste est l'avenant : cette manire de procder est typique de cette
"rforme" constitutionnelle.
Un mot, cependant, sur une disposition prcise : celle
consistant renforcer le pouvoir des commissions parlementaires. Voici ce
qu'en dit Jean-Luc Mlenchon sur son blog : "En ralit, cela se fait
au dtriment de lĠassemble plnire. Car cette disposition se traduit par la
discussion en sance sur le texte tel quĠil sort de la commission et non plus
sur celui du gouvernement. Consquence le dbat nĠa plus lieu en sance o tous
les parlementaires peuvent participer. La preuve est lĠencadrement prvu pour
le droit dĠamendement de chaque parlementaire. Il sĠexercera dsormais Ç dans
les conditions fixes par les rglements des assembles et dans le cadre
dtermin par une loi organique È. Alors que jusque l, le droit dĠamendement
tait reconnu de manire absolue chaque membre du parlement par la Constitution
(article 44). "
Il s'agit donc en ralit d'une diminution importante de l'exercice du mandat
lgislatif qu'est encore cens tre le rle d'un parlementaire. Elle va bien
dans le sens de la "modernisation du pouvoir du Parlement" renforant
ses fonctions de contrle a posteriori au dtriment de l'laboration des lois proprement
dite, et de la spcialisation des lus, qui ne sont plus des reprsentants
politiques intervenant sur la loi, mais des techniciens (pas forcment
comptents, mais l n'est pas la question) au service du bien suprme de
l'Etat, lorsqu'ils sont Paris, et des patrons de clientles lorsqu'ils sont
"dans leurs circonscriptions".
Le groupe PS peut d'autant moins combattre cette
volution qu'il l'a prconise comme "modernisation de l'Etat" et
qu'il y participe activement : "Il est stimulant que majorit et
opposition parlementaire travaillent de concert" l'objectif suprme commun d' "amliorer
la transparence des finances publiques et d'quilibrer les comptes", dclare Didier Migaud,
vice-prsident PS de la principale de ces commissions parlementaires, celle des
Finances. Ces Messieurs ont d'ores et dj intgr ce que doit tre le rle
d'un dput dans la VĦ Rpublique modernise : pas un reprsentant du peuple,
mais un gestionnaire du "bien commun". Comment pourraient-ils
combattre srieusement la rvision constitutionnelle de Sarkozy ?
Si cette dernire est finalement beaucoup plus
limite et confuse que ce qui tait voulu initialement, ce n'est nullement de
leur fait, mais c'est cause de l'affaiblissement de la fonction
prsidentielle dsign populairement comme "bling-bling" qui s'est
produite depuis janvier.
Si Sarkozy a renonc chercher avoir le vote pour
ou une abstention bienveillante du groupe PS, et que celui-ci s'apprte voter
contre dans ce qui n'est plus dans ces conditions qu'un jeu de rle convenu et
complice, c'est suite au mme petit "tournant" qui l'a conduit en
rajouter "trop" sur la loi issue de la position commune
CGT-CFDT-MEDEF-CGPME, interdisant l'opposition parlementaire de voter pour ou
de s'abstenir sur un texte qui portait pourtant, dans sa version initiale, la
signature de Bernard Thibault : il a prfr laisser aux opposants la
possibilit de faire semblant de faire les opposants, estimant, juste titre,
qu'il pourrait encore en avoir besoin.
Qui plus est, il a dj assez de moyens de renforcer
son pouvoir en dehors d'une rvision constitutionnelle : la principale mesure
le renforant juridiquement et rellement, dans la dernire priode, n'est pas
ce texte, mais l'annonce de la nomination du prsident du CSA (Conseil
Suprieur de l'Audiovisuel) directement par le prsident ...
Malgr tout, il a encore quelques inquitudes pour
lundi. Il lui faut les trois cinquimes des voix : l'opposition officielle
tant donc cense cette fois-ci s'opposer, il ne faut pas de dfections dans
l'UMP, or il pourrait y en avoir, du ct des quelques "gaullistes"
(!), "villepinistes" et autres "chiraquiens" maintenus. Une
non adoption du projet ne serait donc pas une victoire de
"l'opposition", mais le fruit des contradictions montantes dans la
"majorit".
Le texte mis au vote lundi n'est pas le point
principal de crispations, mais il pourrait servir les exprimer. Sous la
faade des textes, c'est en effet tout l'appareil d'Etat qui est mis rude
preuve, et qui ne voit pas comment tout cela va se terminer.
La logique de la rforme de l'Etat, de la RGPP, etc.,
avec lesquelles s'accordent parfaitement les mesures en fait consensuelles
vis--vis de "l'opposition" que contient la rvision
constitutionnelle sur le fonctionnement du Parlement, c'est le remplacement de
la majorit des secteurs de l'appareil d'Etat par des agences sous-traitantes,
la dlgation au priv, aux fermiers gnraux.
Cela a amplement commenc et est d'ailleurs mis en
oeuvre par les collectivits territoriales de droite et de gauche : nous avons
dans ce bulletin rendu compte du combat des personnels du Conseil gnral de
l'Allier contre la privatisation du Labo, et rcemment c'est le maire de Paris,
le clbre Delano qui, arrondissement par arrondissement, organise la
privatisation de la collecte des ordures mnagres ! (1)
Jusqu'au sommet de l'Etat, les agences prives,
consultants et autres pondeurs d'audits doivent terme remplacer les hauts
fonctionnaires. Cette "amricanisation" de l'administration ne
s'oppose pas au prsidentialisme de la VĦ Rpublique, bien au contraire elle en
serait le couronnement. Son armature devrait plus que jamais tre constitue
par les prfets de Rgions, vritables proconsuls. Les piliers de l'Etat
bourgeois, et leurs clientles locales, sont souvent eux-mmes pitins : aprs
la carte judiciaire, la carte militaire -et bientt la carte prfectorale avec
les fermetures de sous-prfectures, etc.
L'incident de Carcassonne a t l'lectrochoc qui a
port la crise aux sommets de l'arme. On sait qu'un brave pioupiou, ayant sans
doute effectu des missions, en Afghanistan par exemple, o l'on ne
s'embarrasse pas tant, a tir balles relles sur la foule venu voir les beaux
militaires. Sarkozy s'est saisi de l'occasion pour traiter d'amateurs toute la
chane de commandement au moment o le Livre Blanc sur la Dfense organise les
fermetures de bases et de casernes trop coteuses. Les rumeurs ont alors mont
jusqu' des menaces de manifestations d' "insubordination" lors du
dfil du 14 juillet ! Il parat que les rapports arme-prsident n'ont jamais
t aussi mauvais depuis ... la guerre d'Algrie.
La crise de l'Etat peut avoir deux dbouchs : la
victoire du programme de Sarkozy ou l'implosion de l'appareil d'Etat sous les
coups du mouvement social et dmocratique de la majorit. Nous n'avons
naturellement pas dfendre la prsence de casernes. Mais leur fermeture va
dans le sens d'une arme non seulement professionnelle, mais mercenarise,
sous-traite. Dans une Rpublique dmocratique et sociale, l'arme serait
l'affaire de tous et le professionnalisme passerait par les techniciens, non
par une caste de plus en plus troite de grads. L'Etat bourgeois cherche
muer, il ne s'agit pour nous n'y de l'y aider, ni de dfendre son ancienne
peau, mais d'en profiter pour lui opposer le mouvement de l'immense majorit
car cet Etat n'est pas le notre, et cette Rpublique n'est pas la notre.
(1) Les lus communistes, Verts et deux lus
socialistes, Alexis Corbire et Danielle Simonet.
* * * *
Les choses srieuses.
Cela baisse un grand coup, puis a remonte un petit
coup ; cela baisse un grand coup, puis a remonte un petit coup ; et ainsi de
suite. L'on peut dcrire de la sorte l'volution des indices boursiers ces
derniers mois, semaines, jours. Au total, ce rythme a permis jusque l aux
commentateurs de nier l'existence d'un krach financier bien que mis bout bout
a en a finalement la couleur.
Il y a peu prs trois mois, l'intervention de la
Fed (la Banque centrale US) pour sauver la banque Bear Stearn avait
"rassur les marchs", repartis la hausse pendant des semaines.
Qu'on tait contents ! La crise tait finie ! Que, pendant ce temps, non pas
des millions d'hommes, comme on a l'habitude de dire, mais des milliards, ont
vu fondre leurs conomies quand ils en avaient, ont vu le pain, le riz, la
bouffe, devenir inaccessibles, ont vu les prix des dplacements, de plus en
plus contraints et ncessaires, tripler, ont commenc entrer en mouvement,
ceci n'avait certes rien voir ... Ben voyons !
En fait, une immense offensive du capital financier
contre le genre humain et contre la plante s'est produite, non pas en gnral,
mais prcisment ces dernires semaines : ils ont transfr, tent de
transfrer plutt, leurs "pertes" et leur "manque gagner"
sur les prix des produits alimentaires et nergtiques, faisant payer leurs
pertes la majorit humaine.
A la plante aussi. Car, soyons srieux, si
l'anticipation de ce qui pourrait arriver en matire de rduction des surfaces
agricoles et d'ventuelles pnuries de ptrole dans les prochaines dcennies
sert immdiatement et sans dlai de prtexte la spculation, au point que le
trust ptrolier qui augmente ses prix se prsente comme super-colo et que le
pauvre travailleur qui paye la pompe et qui rle se fait traiter de
destructeur de l'atmosphre et de rchauffeur du climat, par contre ces
messieurs ne se font aucun souci envers ce qui se prpare : le dgazage du mthane
dans les sous-sols jusque l gels de Sibrie, du Canada et des bas-fonds
sous-marins proches, le mthane tant un gaz effet de serre plus de vingt
fois plus "efficace" que l'oxyde de carbone, ce qui induit la menace,
pour le XXIĦ sicle, d'un rchauffement global qui serait non pas de 6 degrs
maximum -dj norme- mais de 10 20 degrs ... Cela, ces messieurs s'en
foutent. Ils sont colos pour justifier leur spculation prsente, c'est tout.
Honte eux !
Le blocage des prix alimentaires et nergtiques,
l'chelle mondiale, ne serait pas du tout une mesure
"anti-cologique", au contraire, elle frapperait au coeur les
responsables, savoir les profits des compagnies ptrolires et
agro-alimentaires.
Mais revenons aux bourses.
Le rebond faisant suite au renflouage de Bear Stearn
s'est effac courant juin. Tout est reparti la baisse, et trs fortement,
sous le choc en retour des coups ports aux masses par les hausses spculatives
de prix : baisse de la consommation, inflation, revendications salariales,
crise mondiale du secteur automobile.
En fin de semaine dernire, le processus a commenc
s'emballer, les faillites de banques et d'officines de prts commenant faire
une raction en chane aux Etats-Unis. Pendant le week-end, les mesures du Trsor
public nord-amricain ont nouveau "rassur les marchs". Ces
mesures ont consist venir au secours de deux de ces officines, Fannie Mae et
Freddy Mac, qui dtiennent ou garantissent 5200 milliards de dollars de
crances hypothcaires, soit 40% de l'encours de crdit immobilier aux
Etats-Unis, et nationaliser de fait la banque IndyMac. Ces mesures sont trs
douloureuses pour l'imprialisme nord-amricain. Rions une seconde :
"Quand j'ai ouvert mon journal hier, j'ai cru
que je m'tais rveill en France. Mais non, il s'avre que le socialisme rgne
en matre en Amrique. (...) Compar ceci, le rachat de Bear Stearn par la
Fed tait du socialisme d'amateur"', dclare Jim Bunning, snateur rpublicain du Kentucky
(cit sur http://www.pauljorion.com/blog/).
D'authentiques socialistes seraient contre de telles
nationalisations, qui ne consistent que dans le paiement des pertes de ces
messieurs par l'Etat. Mais celui-ci, comme un suppos socialiste franais tant
honni par l'honorable snateur nous l'a depuis longtemps fait savoir, "ne
peut pas tout" : les sommes qu'il "investit" dans ces oprations
sont normes et grvent ses propres rserves. IndyMac tait le 9Ħ organisme de
crdit hypothcaire aux EU, mais son renflouement a absorb 15% des rserves du
fond fdral de garantie bancaire. Proportions intressantes ...
Malgr les hurlements des Jim Bunning, tout est donc
reparti la hausse ... pour une demi-journe (c'tait le 14 juillet). Puis,
re-baisse pendant un jour et demi. Mercredi, deux annonces surprises ont fait
repartir les bourses la hausse : celle des stocks de ptrole brut en Amrique
et celle de rsultats meilleurs que prvus de la cinquime banque des
Etats-Unis, Wells Fargo. Cette volatilit apparat comme fragile, videmment.
Les choses en sont l au moment o sont crites ces lignes. Rptons-le : le
fait dominant est la baisse et l'affaiblissement continuel, palier par palier,
de tout l'difice mondial du crdit.
* * * *
Tension extrme en Chine.
Il n'y a pas des meutes qu'au Tibet. D'une certaine
faon, les nouvelles du Guizhou, province pauvre situe en Chine du Sud, entre
Hong Kong et le Sichuan, et celles sur les affrontements entre les familles
ayant des enfants morts crass dans les coles mal construites, et la police,
sont salutaires qui veut bien ouvrir les yeux : le Tibet n'est ni une terre
new age o des lamas en lvitation dfendent la libert contre d'odieux
communistes, ni une zone en plein dveloppement o des fodaux obscurantistes
tentent de rtablir l'esclavage et le droit de cuissage avec l'aide d'agents
infiltrs de la CIA contre un pouvoir dont on ne sait pas trop s'il est
"communiste" mais dont on veut croire qu'il assure le progrs du pays
et qui est menac par les mchants amricains. Ces deux visions sont
symtriques, aucune n'est matrialiste.
Ouvrons une parenthse. Au XIXĦ sicle, la Pologne
cherchait se librer de la Russie tsariste, sous la direction de nobles et de
curs. En France, dans les annes 1860, des "dfenseurs de la
Pologne" ayant des entres dans les alles du pouvoir demandaient au
prsident Sarko ... pardon l'empereur Napolon III de dfendre le "droit
des nationalits" et faisaient du bruit, n'hsitant pas faire le jeu des
provocations guerrires de Napolon le petit. Contre eux des militants
ouvriers, souvent disciples de Proudhon, l'esprit troitement national, mais
convaincus d'tre des esprits forts parce que prenant le contre-pied des thmes
la mode, expliquaient qu'on ne la leur faisait pas eux, que le droit des
nations, c'tait un truc rac, et que les Polonais, ce sont des nobles et des
curs, pas dignes d'tre dfendus. Contre les uns et les autres, Marx a engag
l'Association Internationale des Travailleurs dans le soutien la Pologne,
sans cautionner ses nobles et ses curs qui, d'ailleurs, avaient fortement
tendance pactiser avec le pouvoir russe sur le dos du peuple polonais ...
Les Tibtains sont une nation en chair et en os
qu'opprime un pouvoir rel, pouvoir qui "modernise" pour dgager la
plus-value capitaliste dont il irrigue le monde entier, c'est--dire les
marchs financiers, qui en ont bien besoin. Mais il n'est que la partie merge
de l'iceberg et c'est ce que confirment les vnements du Guizhou. Dans cette
province, des milliers d'habitants ont pris d'assaut btiments officiels et
locaux policiers suite une rumeur accusant les flics d'avoir viol et tu une
jeune fille. Dans toute la Chine, l'exaspration populaire monte. Non pas
l'exaspration "patriotique" dont on nous rabat les oreilles et qui
est celle du pouvoir et des couches moyennes urbaines qui veulent profiter du
capitalisme, mais celle de la majorit ouvrire et paysanne.
Les JO vont faire monter cette tension, c'est
dsormais certain. Pour assurer la scurit et le droulement clean de leurs
rituels sportifs et mdiatiques, la rgion de Pkin sera boucle, les
migrations intrieures corsetes autant qu'il est possible, des pauvres seront
vacus et des individus dangereux potentiels arrts. Mais tout cela ne fera
que faire monter la pression dans la cocotte. Le communisme, c'est le mouvement
rel de l'immense majorit. Son avenir en Chine passe par l'affrontement de
celle-ci avec l'lite au pouvoir, le parti-Etat-patronat.
* * * *
La question belge.
Il est remarquable qu'en France, on nous parle si peu
de la Belgique, pourtant si proche tous points de vue. Le fait politique
important en Europe ces derniers jours, c'est la nouvelle dmission du premier
ministre belge, le dmocrate-chrtien flamand Yves Letermes. Mme si le roi des
Belges est en train, peut-tre, de faire des tractations pour renommer le mme,
cette dmission confirme que la crise belge est insoluble, en d'autres termes
que la Belgique est inviable, ce qui ne veut pas dire du tout que les habitants
flamands, wallons ou autres du territoire belge ne puissent pas vivre ensemble
harmonieusement.
La question belge est peu familire aux militants
franais, et c'est un tort.
Car la Belgique -allez, un peu d'histoire- c'est l'un
des plus vieux, peut-tre le plus vieux foyer proltarien d'Europe. Ds le
dbut du XIVĦ sicle, il s'y produisait des grves de masse dans le textile
combines des mouvements anti-fodaux. C'est peut-tre pour cela au fond que
cette vieille terre a t mise sous tutelle, dcoupe et place sous des
dominations impriales ou royales lointaines, bourguignonne, espagnole,
autrichienne, qui furent parfois, comme au temps de Charles Quint et d'Erasme,
d'apparence dbonnaire, mais parfois aussi meurtrires. Les peuples de Belgique
furent actifs dans les prodromes des rvolutions hollandaise, au XVIĦ sicle,
et franaise la fin du XVIIIĦ, mais chaque fois, ils en furent spars.
L'absence d'une "'nation belge"' moderne
provient de l'absence d'une rvolution fondatrice d'une telle nation (et non de
son htrognit ethno-linguistique : il y a autant ou plus d'htrognit en
Suisse mais il y a une nation suisse). Mais il faut bien comprendre que ce
manque de rvolution fondatrice ne provient pas de ce que les Belges n'auraient
pas eu "leur" rvolution, mais au contraire de ce qu'ils ont pris
part fortement aux rvolutions qui ont faonn toute l'Europe et son concert de
nations.
Finalement, ce qui ressembla le plus une rvolution
fondatrice d'une nation belge s'est dessin en 1830, pour librer les provinces
flamandes et wallonnes de l'oppression de la monarchie hollandaise laquelle
la Sainte Alliance les avaient confies. Mais cette rvolution, dans l'ombre de
laquelle se tenait le vieux Filoppo Buonarroti, premier communiste europen
(1), premirement, au lieu d'accoucher d'une Rpublique avorta d'un rgime
constitutionnel monarchique, deuximement, se vit octroyer son rgime par la
Sainte Alliance, parraine de la monarchie belge, troisimement, installa au
pouvoir une bourgeoisie francophone "librale" et arrogante qui
opprima la paysannerie flamande catholique, avant de faire de la Wallonie le
champ d'exploitation dbride du proltariat minier, longtemps le plus
misrable de toute l'Europe occidentale.
L'mancipation des uns et des autres, contre la
bourgeoisie bruxelloise et contre les curs flamands -dont on rappellera au
passage que leur terrain idal d'exprimentation sociale fut, au temps de la
colonisation, le Ruanda o ils institurent en "ethnies" Hutus et
Tutsis ...- aurait abouti une Belgique remodele dans une confdration
socialiste europenne. On ne peut pas refaire l'histoire avec des
"si" et dire si Wallons et Flamands auraient alors bti ensemble une
libre nation, choisi de se rattacher respectivement leurs voisins franais et
nerlandais, ou form des petites nations indpendantes, dans un monde sans
frontires ...
Dans le faux monde sans frontires qui est celui de
l'Union Europenne et du capitalisme contemporain, la question belge est
revenue sous les coups de mouvements communautaristes c'est--dire opposant
entre elles des communauts linguistiques, d'une faon tonnamment archaque au
regard des critres juridiques du monde "civilis" et
"occidental" auquel la Belgique appartient sans conteste, et pas
ses marges mais en son coeur. Le bilinguisme scolaire et administratif a en
effet toujours t proscrit par l'Etat belge reconstitu en 1945 aprs
l"invasion allemande, rest une monarchie et excluant la lacit. Aprs avoir
essay au XIXĦ d'interdire le flamand en en faisant un "patois" rural
arrir, l'Etat belge a au XXĦ discrimin des territoires o l'on ne doit que
parler flamand, et d'autres que parler franais (plus les deux districts
allemands l'Est), seule Bruxelles faisant figure, par la force de la ralit
de ce qu'est une grande ville internationale, de ville multilingue, et encore
avec des difficults qui vont s'aggravant.
Les politiciens flamands, dont la langue a longtemps
t mprise et opprime, prennent au nom de tous les Flamands une
"revanche" consistant en mesquineries contre l'emploi de la langue
franaise par les Wallons et les francophones du district BHV
(Bruxelles-Halles-Vilvoorde), demandent la sparation des caisses de Scurit
sociale et dsignent les travailleurs wallons (et tous les
"trangers" avec eux) comme ennemis.
Le caractre ractionnaire des partis qui s'appuient
sur le sentiment flamand ne doit cependant pas faire oublier que ce dernier a
t nourri par l'oppression dont les Flamands ont t victimes, oppression qui
a t exerce par la monarchie belge. Il faudrait donc dissocier, dans la
conscience des Flamands, ce qui est rvolte et ressentiment lgitime envers
l'Etat belge de qui est opposition manipule et malencontreuse envers leurs cousins
wallons.
Tous les scnarios actuellement agits par une classe
politique extrmement nombreuse, puisque les structures territoriales sont
multiples et donnent lieu la formation de clientles parasitaires -autre
phnomne belge qui a commenc aussi en France avec les communauts de
communes, de pays, d'agglomrations, etc.- ont pour point commun d'tre
dfavorables aux intrts des travailleurs, de la majorit aussi bien flamande
que wallonne :
1Ħ) Le scnario de la partition " la
tchcoslovaque" donnerait naissance deux Etats croupions, une Flandre
plaque tournante des mouvements de marchandises, de matires premires
nergtiques (terminal de Zeebrugge) et de capitaux en Europe, et une Wallonie
bas salaires cense attirer son tour les capitaux ; le tout au moment
prcis de la crise financire et nergtique actuelle aurait peu de chances de
fonctionner ... Les Wallons surtout se poseraient la question de leur
rattachement la France, et les Flamands aux Pays Bas. Le tout sous l'gide de
l'Union Europenne impuissante, mais qui verrait l une
"exprimentation" lourde de sens : celle de la pseudo indpendance
non de deux nations souveraines, mais de deux Lnder ou deux Rgions parties en
roues libres ... sans parler du retentissement qu'aurait, sur la VĦ Rpublique
franaise en crise, la naissance d'un Etat franais lui aussi ses frontires
avec un fort courant "rattachiste" en son sein.
2Ħ) Le scnario du maintien du statu quo ne signifie
pas du tout, comme le pensent ou veulent le croire pas mal de militants
ouvriers, le maintien assur des institutions solidaires conquises par le
mouvement ouvrier l'chelle de la Belgique, commencer par les caisses de
retraite et de Scurit sociale, dont la scission pourrait fort bien se
produire sous l'gide d'un Etat belge maintenu, cherchant s'identifier d'une
part une institution obsolte, ractionnaire et notoirement ridicule aux yeux
des Belges eux-mmes, la monarchie, d'autre part la ville de Bruxelles
prsente comme capitale europenne.
3Ħ) Le scnario intermdiaire d'une confdralisation
accrue de la Belgique, o les politiciens wallons feraient aux politiciens
flamands la concession anti-ouvrire d'une sparation des rgimes sociaux
moyennant la reconnaissance par ces derniers d'une troisime composante qui
serait le district de Bruxelles, prsente les inconvnients cumuls des deux
scnarios prcdents : elle couvrirait une sparation de fait tout en
maintenant l'institution monarchique ractionnaire en relation troite avec la
Commission europenne qui sige, rappelons-le, Bruxelles. C'est donc le pire
: il offre aux travailleurs les malheurs de la sparation combins aux malheur
du maintien de l'Etat monarchique. Or, c'est celui qui aurait en fin de compte
les faveurs de la "classe politique" parasitaire tant wallonne et
bruxelloise que flamande.
Tous ces scnarios ont au demeurant deux gros points communs : leur
complexit ... et la destruction des rgimes de retraite, de chmage et de
Scurit sociale !
Ce ne sont pas "les Belges" qui sont
compliqus, c'est la bourgeoisie capitaliste qui ne veut pas et ne peut pas
rsoudre une question nationale qui est pourtant loin d'tre la pire et qui n'a
pas ce jour, heureusement, fait beaucoup de victimes. La voie ouvrire et
dmocratique serait plus simple :
1Ħ) Abolition des institutions communes oppressives
commencer par la monarchie.
2Ħ) Dmocratie totale sur tout le territoire en
matire linguistique, donc bilinguisme scolaire et administratif partout, pour
le moins, et lacit effective.
3Ħ) Prise en charge par les salaris de leurs
affaires communes : la lutte pour les salaires est commune aux Wallons et aux
Flamands, ce ne sont rellement pas les bas salaires des uns qui avantagent les
autres, au contraire ; et gestion commune des rgimes sociaux.
4Ħ) Ces conditions ralises, autodtermination de
chaque composante de la Belgique : Flandres, Wallonie, Bruxelles, mais aussi
les districts allemands d'Eupen et Malmdy (annexs en 1918) qui doivent
pouvoir choisir et prendre le temps de discuter entre eux entre l'indpendance,
l'association, ou le rattachement un pays voisin.
Notons qu'un tel processus dmocratique entranerait
aussi le Luxembourg dans son mouvement.
Le seul problme, c'est que ce scnario dmocratique
de bon sens apparat impossible, non pas parce que les Belges en sont
incapables, mais parce que le mode de production capitaliste, l'Union
Europenne et la monarchie l'interdisent et y feront barrage violemment. Ils
ont dj empch une volution simple vers le bilinguisme administratif et
scolaire reposant sur la lacit, aussi trange que cela paraisse. Quand on
voit comment les hirarques "europens" ragissent aux Nons franais,
nerlandais et rcemment irlandais leurs projets, on se doute aussi qu'un tel
processus d'autodtermination des peuples au noeud nvralgique de l'Europe
serait pour eux une catastrophe.
Donc, sur ce sujet comme sur d'autres, la solution la
plus raisonnable passe par le renversement du capitalisme. Ce qui tombe bien :
l'Etat belge est videmment un Etat capitaliste, et le sige de l'Union dite
"Europenne" s'y trouve !
(1) Voir le beau livre d'Allesandro Galante
Garrone, historien italien, sur Buonarroti et Babeuf, qui contient une tude de
la rvolution belge de 1830.
* * * *
Retour en France.
Par Wall Street et Bruxelles, cette chronique de
juillet 2008 nous ramne en France. Nous avons dit en commenant que la petite
phrase de Sarkozy sur les grves en France n'est rien qu'un "Haka".
Les deux lois que l'Assemble nationale et le Snat viennent ou sont en train
de voter correspondent parfaitement ce que dicte la prparation d'un
affrontement majeur, pas dans des annes, mais dans quelques mois, et
correspondent l'urgence dicte par la pression que constitue, au plan
mondial, la crise financire, la pauprisation de larges masses qu'il va
falloir rprimer, et au plan europen le peu de cohsion relle du monde de
l'euro.
Ces deux lois sont celle qui transpose la
"position commune CGT-CFDT-MEDEF-CGPME"' et celle sur le
"service minimum" dans les coles.
Ce sont deux lois sclrates dans tout leur contenu.
Si les partis de gauche et d'extrme-gauche en France, au lieu de naviguer
entre la collaboration ouverte avec Sarkozy et l'opposition de posture,
cherchaient regrouper sur des objectifs prcis et rels, ils feraient de leur
abrogation des objectifs essentiels de leur agitation.
Dans TOUT leur contenu, cela veut dire, concernant la
loi issue de la "position commune CGT-CFDT-MEDEF-CGPME", qu'y compris
sa partie qui transpose les disposition de ce texte sur la reprsentativit
syndicale est trs dangereuse pour les salaris.
Nous en avons dj parl. Qu'il suffise de dire ici
qu'il ne sera plus possible un syndicat de dsigner un dlgu habilit
ngocier et protg contre le licenciement avec un crdit de 15 heures
mensuelles dans les boites de plus de 50 salaris ; la place, le reprsentant
syndical ne sera pas habilit ngocier, n'aura qu'un crdit ridicule de 4
heures mensuelles, et devra au bout de 2 ans faire au moins 10% des voix pour
avoir le statut de dlgu syndical -qui ne dpend donc plus des adhrents du
syndicat-, et s'il ne les fait pas il perdra sa protection et risquera donc
d'tre vir ... Cela, et d'autres choses encore, c'tait DANS ce qu'ont sign
et dfendu Thibault et Chrque, et qu'ils ont dclar vouloir dfendre par la
"journe d'action" du 17 juin !
A cela, le gouvernement a ajout la drglementation
de la ngociation du temps de travail, faisant ainsi d'une pierre deux coups :
le "droit" de l'entreprise prvaut sur le droit commun, et d'ores et
dj on ne peut plus dire qu'il existe un temps de travail hebdomadaire maximal
lgal en France, qui serait en l'occurrence de 35 heures, mais que ceci n'est
qu'un seuil de dclenchement des heures dites "supplmentaires" ...
Enfin, a t rajoute une ultime et grave cerise sur
le gteau si l'on peut dire : l'augmentation du nombre de jours du forfait des
cadres. Cette histoire de forfait des cadres tait dj une vaste arnaque qui
datait de la loi Aubry de 1998 : les cadres avaient droit des jours de RTT
correspondant aux journes sans horaires qu'ils avaient consacr leurs taches. Ce nombre de
jours a t diminu dans la loi de sorte que sans accord de branche il n'est
plus que de 130 jours, ce qui correspond exactement la somme de deux jours de
repos hebdomadaires plus 25 jours de congs pays plus le 1Ħ mai (les autres
jours fris ne sont mme pas pris en compte), et laisse donc 235 jours pour
travailler sans horaire. De plus, les salaris pouvant tre victimes de cet abus ne sont plus
seulement les "cadres", mais tous ceux qui "travaillent en
autonomie" ...
Voila de quoi unifier les uns et les autres ...
Quand la loi sur le "service minimum"
l'cole, elle comprend pour rsumer trois points :
1Ħ) Le "service minimum" proprement dit
rebaptis "service d'accueil" n'est ici que l'alibi, mais qui menace
le droit de grve et les droits sociaux des personnels requis pour l'assurer,
personnels municipaux et territoriaux.
2Ħ) L'obligation de se dclarer grvistes 48 heures
l'avance.
3Ħ) Et le pire qui correspond prcisment au dialogue
social : pour cause
de dialogue social obligatoire il faudra quand on envisage de dposer un
pravis de grve dposer un pravis du pravis, le tout pouvant conduire un
dlais allant jusqu' ... 19 jours avant de faire grve !
ABROGATION de la loi sur le temps de travail et la
reprsentativit syndicale et des lois anti-grve dans les transports
terrestres et les coles primaires !
Prparons le Tous ensemble dans la grve le mme
jour partout !
* * * *
Documents.
Nous reproduisons ci-dessous l'intervention du
dput socialiste de Douai contre la loi sur la reprsentativ syndicale
l'Assemble nationale, qui est l'une des rares sinon la seule attaquer aussi
la partie de la loi signe par Thibault et Chrque, concernant la
reprsentativit syndicale proprement dite.
Nous reproduisons ensuite une motion trs
courte, mais trs importante, vote par le congrs de l'UD CGT de
Seine-Maritime (Rouen, Sotteville ...) contre la "position commune
reprsentativit.
Ces documents ont une signification : CE N'EST
QU'UN DEBUT.
L'opposition la "position commune"
surgit souvent, au fur et mesure, que les militants et dlgus syndicaux
dcouvrent ce qu'elle contient !
Ils dcouvrent par la mme occasion qu'on leur
a cach quelque chose, et qu'ils ne doivent compter que sur eux-mmes.
Autre indication : des anonymes ont mont un
site sous le nom de "Conseil national de la rsistance" et se
proposent de prparer le dclenchement de la grve tous ensemble en fixant une
date. Ils avancent celle du 10 novembre 2008 :
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/
UNISSONS-NOUS pour imposer nous-mme le tous
ensemble et, en cassant le dialogue social, combattre et battre Sarkozy : voila
l'orientation qui rampe, qui avance, qui progresse, qui monte, qui monte ! ...
Intervention de Marc Dolez l'Assemble
nationale.
LĠAssemble Nationale a adopt, le 8 juillet 2008, le
projet de loi relatif la reprsentativit syndicale et au temps de travail.
Marc DOLEZ sĠest rsolument oppos ce nouveau texte de rgression sociale.
Ci-aprs quelques extraits de ses principales interventions.
I – Concernant la reprsentativit syndicale (1er
juillet 2008, 2me sance)
É
Le projet de loi que nous examinons aujourdĠhui est probablement lĠun des plus
importants de la lgislature, compte tenu des consquences trs importantes et
trs graves quĠil risque dĠavoir sur le paysage syndical et sur la hirarchie
des normes, fondement de notre droit du travail.
La
seconde partie de ce texte, mes collgues du groupe socialiste lĠont soulign,
drglemente notre droit social. Elle est donc tout fait inacceptable.
Je
mĠattarderai quant moi, dans une analyse peut-tre plus minoritaire, sur la
premire partie du projet relative la reprsentativit qui recle aussi bien
des dispositions dangereuses. Depuis le dcret de 1950 et lĠarrt de 1966 sur
la reprsentativit syndicale, le paysage a chang et de nouvelles
organisations syndicales sont apparues sur la scne sociale dans notre pays. Il
tait donc ncessaire, nul ne le conteste, de faire voluer les critres
dĠvaluation de cette reprsentativit. Fallait-il toutefois demander aux
partenaires sociaux de ngocier sur leur propre reprsentativit ? Il me semble
quelque peu surprenant de laisser le soin au patronat de dfinir les modalits
qui doivent permettre dĠaboutir au dialogue social et de dsigner ses
interlocuteursÉ Le texte ne dit rien de la reprsentation patronale. Je suis
quant moi de ceux qui pensent quĠil revient au Parlement de dfinir les
critres de reprsentativit syndicale et lĠvolution de ses modalits.
En
tout cas, la loi de janvier 2007 ne doit pas conduire le Parlement se
dessaisir de ses prrogatives.
Si
on avait voulu que la reprsentativit concerne lĠensemble des salaris, des
grandes ou des petites entreprises, il fallait lĠvidence prendre comme
rfrence les lections prudĠhomalesÉ En effet, 40 % des salaris ne
participent pas aux lections professionnelles. Le seuil de 10 % au niveau de
lĠentreprise risque dĠentraver lĠaction syndicale, en empchant telle
organisation de participer aux ngociations ou en dcourageant toute nouvelle
implantation. Bref, sous couvert de revoir la reprsentativit et de la rendre
plus conforme au choix des salaris, on aboutira un bouleversement et un
reformatage du paysage syndical.
En
outre, on ne peut pas nier le lien entre ce dsir de mesurer la
reprsentativit au niveau de lĠentreprise et la volont de privilgier
dsormais les accords dĠentreprise. Cela revient droger la loi et aux
accords de branche. Il sĠagit, selon moi, de la remise en cause des fondements
mmes de notre droit du travail : hirarchie des normes et principe de faveur.
Cette volution est tout fait dangereuseÉ
Nos
deux rapporteurs ont t cet gard parfaitement clairs : le rapport de M.
Anciaux prcise que, grce ce projet de loi, notre modle social va enfin
voluer et que nous allons passer une culture de la ngociation et du
donnant-donnant. Les salaris donneront et donneront encore sans compensation
la cl !
Et
M. Anciaux dĠajouter que, grce ce projet de loi, le contrat primera
dornavant sur la loi !
Pour
toutes ces raisons, je ne peut tre que rsolument oppos ce texte de
rgression sociale !
II – Concernant lĠautorisation de dpasser le
plafond lgal dĠheures supplmentaires (3 juillet 2008, 1re sance)
É
Je lĠai dit tout lĠheure, lĠarticle 16 est un article sclrat, et nous
demandons lĠAssemble de le supprimer. Il y a videmment plusieurs raisons de
procder une telle suppression, chacune se suffisant elle-mme.
Premire
raison, cette nouvelle pratique du droit social, cĠest--dire le renvoi la
ngociation au niveau de lĠentreprise et lĠinversion de la hirarchie des normes,
va conduire les salaris et leurs reprsentants accepter une remise en cause
de leurs droits en matire de temps de travail, de rmunration des heures de
travail effectues et de repos ncessaire la protection de leur sant, pour
faire face la perte de leur pouvoir dĠachat. De plus, trs souvent, il y aura
un chantage lĠemploi et la menace de voir lĠentreprise dlocaliser ou fermer.
Deuxime
raison, cet article supprime tout contrle et autorisation de lĠinspection du
travail, notamment en cas de dpassement du contingent dĠheures
supplmentaires.
Troisime
raison, cĠest lĠaccord dĠentreprise qui va dsormais fixer la contrepartie
obligatoire en repos pour toute heure supplmentaire accomplie au-del du
contingent annuel. La notion de repos compensateur disparat dĠailleurs du
droit du travail. Les articles relatifs ce repos sont supprims. JusquĠ
prsent, cĠtait fix par la loi, dont cĠest le rle de protger les salaris.
Enfin,
les accords de branche comme dĠentreprise relatifs aux heures supplmentaires
ne pourront sĠappliquer que jusquĠau 31 dcembre 2009. Ils seront caducs
compter du 1er janvier 2010. Ils doivent tre rengocis et sĠadapter au
nouveau cadre. La rengociation risque videmment de se drouler dans un cadre
beaucoup plus dfavorable aux salaris et conduira certainement des accords
revus la baisse. CĠest en ce sens que, comme nous ne cessons de le dire,
cette disposition consacre, hlas, la suppression du rgime de faveur engage
par la loi Fillon de 2004É
* * * *
Motion adopte par le congrs de l'UD CGT de Seine-Maritime.
Ç Considrant que le MEDEF et le gouvernement instrumentalisent la signature de la CGT, le congrs dpartemental de la CGT demande au bureau confdral de retirer tout de suite la signature CGT de la position commune avec le MEDEF.È
106 POUR et 47 CONTRE.
* * * *
Lettre de l'Union Locale CGT de Toulouse Le Mirail.
Dans une lettre adresse aux Syndicats, ULs, UD31
et la Confdration, l'UL CGT Mirail exprime son dsaccord sur le forme et sur
le fond avec la position commune sur la reprsentativit.
Runie le 18 juin 2008, la CE de lĠUL du Mirail a dbattu de : " la
position commune du 9 avril sur la reprsentativit, le dveloppement du
dialogue social et le financement du syndicalisme ". Ce texte a t
impuls par le gouvernement Sarkozy et sign par la CGT, la CFDT, le MEDEF. Il
doit servir dĠappui un dcret de loi.
Le bureau de lĠUL du Mirail prend acte quĠil est
ressorti de ce dbat que la CE est en dsaccord avec la position prise par la
direction Nationale de la CGT.
Dsaccord sur la forme : signature prcipite, les
syndicats lorsquĠils ont t consults lĠont t quelques jours seulement avant
lĠannonce de la signature.
Dsaccord sur le fond : Il a fallu une grve
gnrale comme celle de Mai 1968 pour que soit reconnue lĠexistence de la
section syndicale dans lĠentreprise. Que peut esprer la CGT dĠun projet de loi
du gouvernement Sarkozy dans le contexte de dmolition de lĠensemble des acquis
des salaris ?
Le MEDEF se flicite et se rjouit de cette
"position commune ". Serions nous, la CGT, assez nafs pour croire
au fameux " donnant-donnant ", alors quĠils nous prennent tout ?
Quel est le sens de cette " position commune
" CGT, CFDT MEDEF qui dfinirait la lgitimit de la CGT. La CGT doit tre
compltement indpendante du patronat.
Ce texte ramne tout au niveau de lĠentreprise. Il
ouvre la porte des dcrets de loi qui limiteront le droit syndical (on parle
ici de vrai syndicat, de syndicat de lutte) dj si difficile faire vivre et
faire respecter face lĠarbitraire et lĠabus de pouvoir patronal.
Notre UL est confrontes tous les jours ces
difficults, tous les jours elle rencontre des dlgus syndicaux en bute la
pression et au harclement des patrons alors que les DS sont protgs par la
loi ds leur nomination. Cela empirera avec la dsignation des DS telle quĠelle
est prvue dans le texte et rendra plus difficile le dploiement de la CGT dans
les entreprises o elle nĠest pas reprsente.
LĠUnion Locale CGT du Mirail demande le retrait de la signature de la CGT et
lĠouverture dĠun dbat contradictoire.
* * * *
Sans-papiers : ci-dessous deux documents, le dernier tract de l'UD CGT
de Paris et un tract qui circule parmi les sans-papiers de la coordination 75.
FRONT UNI POUR LA REGULARISATION DES SANS-PAPIERS
Le 3 juillet, plus de 500 militants syndicaux et associatifs, ainsi que de nombreux sans-papiers en grve sur 17 sites parisiens ou adhrents la coordination 75, se sont rassembls devant la Prfecture de police de Paris pour demander aux reprsentants de lĠEtat dĠacclrer la rgularisation des travailleurs en grve pour certains depuis le 15 avril, et de prendre en charge les 1300 dossiers de la coordination. A 12 heures 30, une dlgation compose de reprsentants de la CGT, de SUD, des associations LDH, RESF, CIMADE, Autre monde, GISTI, Femmes solidaires et Femmes galit ainsi que de la Coordination 75, tait reue par le chef de Cabinet du Prfet et du directeur de la Police.
Concernant les dossiers des salaris en grve, la dlgation a demand une nouvelle fois la Prfecture de mettre en conformit ses exigences avec les rgles de la rgularisation par le travail, cĠest dire dĠabandonner en particulier le critre de prsence de cinq ans sur le territoire, critre qui nĠest pas retenu dans les autres prfectures dĠIle de France.
Elle a galement demand que lors des convocations la Prfecture pour rgularisation, les salaris et leurs soutiens ne se voient pas rclamer, pour la constitution des dossiers, des pices supplmentaires qui nĠont pas y figurer (quittances de loyer, quittances EDF, attestations dĠhbergement, etc.) A nouveau, la dlgation a fait part de son indignation devant le maintien dans la clandestinit de ces centaines de milliers dĠhommes et de femmes exposs une traque indigne dĠun pays civilis se rclamant de la patrie des droits de lĠhomme.
Elle a renouvel sa demande dĠun moratoire sur les interpellations et arrestations. Ce que les reprsentants de la Prfecture ont refus !
Concernant la rgularisation des quelques 1300
dossiers des personnes sans-papiers adhrents la coordination 75 que la
dlgation tait galement venue soutenir, la Prfecture nĠa pas accept de les
prendre en dpt. Elle a propos de recevoir, le 4 juillet, une dlgation de
cinq personnes pour examiner la procdure envisager pour lĠtude de ces
dossiers. A SUIVRE.
Le 4 juillet 2008
UD CGT 75
* * *
VERS LA GRéVE GNRALE DE TOUS LES SANS-PAPIERS
Sans papiers,
CĠest
la peur quotidienne du contrle dans la rue comme au travail CĠest tre
licenci comme certains lĠont t dernirement. CĠest la police qui vient vous
chercher au petit matin et qui emmne toute la famille. CĠest le CRA et
lĠexpulsion. Seul, le sans papier est sans dfense face lĠEtat, sa police et
ses tribunaux !
Nos
camarades de Ç Perfect Interim È lĠont bien compris et se sont mis en grve
pour les papiers;
Ceux
de Ç MANBAT È viennent de se joindre eux et suivent ainsi lĠexemple de
nombreux sans papiers dĠentreprises du BTP, de la restauration, du nettoyage et
de la scurit en grve. Ils revendiquent des papiers pour tous. En effet, quoi bon des
papiers pour le travailleur si sa femme et ses enfants sont expulsables ?
NOTRE
FORCE
CĠEST
NOTRE SOLIDARIT DANS LA GRéVE
CĠEST
NOTRE POIDS CONOMIQUE ET SOCIAL
Sans
les travailleurs sans papiers, combien de chantiers tourneraient, de
restaurants, dĠentreprises de nettoyage, etcÉ Sans les travailleuses sans
papiers, qui garderait les enfants, sĠoccuperait domicile des anciens, des
malades, des handicaps, etcÉ
Avec
les Collectifs de Sans Papiers, nous revendiquons :
-
La carte de rsident (10 ans) renouvelable pour toutes et tous ;
-
La fermeture de tous les Centres de Rtention Administrative (CRA), vritables
camps dĠinternement pour trangers ;
-
La suppression de la taxe ANAEM, discriminatoire lĠembauche.
Pour
te joindre au mouvement :
Discute
avec les diffuseurs de ce tract ! Va la Bourse du travail devenue la Bourse
des sans papiers en lutte, rue Charlot et contacte les dlgus de la
Coordination des Sans Papiers (CSP75).
Pour
ne plus vivre dans la peur, rejoins la grve !
* * * *
Communiqu CGT Goodyear.
BRAVO ET MERCI AUX OUVRIERS, HONTE A LA DIRECTION !!!!!
VOTRE MESSAGE A ETE FORT NOUS VOUS AVONS ENTENDU ET ALLONS DENONCER LĠACCORD QUI A MIS LE FEU AUX POUDRES
Nous nĠaurions pas assez de 40 pages pour vous dire combien nous sommes fiers de reprsenter des salaris posts aussi dtermins refuser lĠesclavage, nous nĠaurions mme pas assez de 100 pages pour dire notre dgot de cette Direction qui nĠa pas eu le courage dĠassumer votre raction.
Depuis des mois cette Direction nous menace, nous provoque, nous insulte, nous harcle, la raction a t tout fait lgitime, mme si parfois trs tendue !!!!
Nous nĠavons jamais vu une Direction fuir autant ces responsabilits, M GOMEZ et PFERFERMANN ne sont mme pas venus pour dialoguer, pire ils nous ont envoy les forces de lĠordre, ces deux l sont venus pour casser notre usine il nĠy a aucun doute la dessus !!!
Que dire dĠune Direction qui ferme lĠusine pendant plusieurs jours et qui pnalise les salaris souhaitant aller au travail, car ds le dpart nous avons dit clairement, que nous respecterions les grvistes et les non grvistes, cĠest la premire fois que la Direction ferme lĠusine, ce sujet nous adressons un courrier au DRH pour lui demander le paiement TOUT le personnel des journes pendant la dure de fermeture du site.
Nous rappelons que ce sont les syndicats CGC et CFTC qui sont responsables de cette monte de colre, ils ont sign un accord refus majoritairement, contre votre avis, ils auront des comptes vous rendre, la Direction les a mis en CP, une honte !!!!!
Malgr cette colre aucun incident majeur nĠest dplorer, notre prsence permis dĠviter bien des drives et nous apprenons ce jour que les lus CGT vont tre poursuivis une nouvelle fois, cĠest une nouvelle provocation, la Direction veut nous faire passer pour des voyous !!!!!
Beaucoup dĠentre-vous ont t choqu par la prsence massive des forces de lĠordre mercredi matin et pire encore les vigiles de boites de nuit qui dĠailleurs sont encore dans nos murs !!!!
La CGT Goodyear a pris et assume sa responsabilit, nous avons soutenu des salaris trahis et en colre contre une Direction et deux syndicats la drive totale !!!!
Comme nous vous le disons dans notre titre, nous vous avons entendu et nous allons dnoncer lĠaccord 4x8 sign lĠarrache par des syndicats qui nĠcoutent que la Direction et le MEDEF !!!! Vous avez dit clairement pendant 6 jours que vous ne vouliez pas des 4x8, quĠil fallait que les syndicats non signataires dnoncent lĠaccord !!!
Ce jour nous faisons donc partir notre droit dĠopposition de lĠaccord 4x8, mais aussi sur celui de lĠaccord inter tablissements qui permet la Direction de nĠappliquer le PSE que sur notre site, accord sign la aussi par le syndicat CGC.
Pendant 6 jours, nous avions des salaris en colre, au bord de lĠexplosion, des femmes, des enfants, la Direction devrait avoir honte ; de mmoire de salaris nous nĠavons jamais vu des responsables aussi lche, ils se sont Ç tir comme des voleurs È il fut une poque ou mme en cas de conflit il y avait un minimum de dialogue, mais cette poque est hlas rvolue !!!!
Nous remercions aussi ceux qui nous ont soutenu, la rgion, le dpartement, ainsi que lĠunion dpartementale CGT et la fdration chimie, au passage nous remercions aussi toute la population aminoise qui a signe en masse notre ptition et qui nous a apport de nombreux messages de soutien !!!!
La Direction dit quĠelle va mettre le plan social en Ïuvre, nous lui rappelons quĠune solution intelligente existe et quĠil faut en discuter autour dĠune table, dĠailleurs une table ronde est prvue et nous apprenons que la Direction refuserait celle-ci, la CGT continue de demander la nomination dĠun mdiateur, il faut trouver et vite une solution, faute de quoi, un jour, nous ne pourrons plus rien matriser !!!!
LĠosmose entre les quipes de week-end et celles de semaine est norme, VOUS avez dit clairement quĠensemble vous refusiez les 4x8, et quĠil fallait que les syndicats dnoncent cet accord en dessous de tout !!!!
La Direction va donc nous mettre sur le dos le plan social, met elle ne parle plus des 450 500 suppressions dĠemplois lis aux 4x8 et dire que 2 syndicats ont sign un accord permettant de liquider 500 emplois, la aussi cĠest une premire sur notre site !!!!
La CGT Goodyear vous invite ne plus faire de relves repas, cĠest lgal et donc il faut lĠappliquer.
La Direction veut casser du cgtiste, alors que sans nous pendant les 6 jours il y aurait eu bien plus de dbordements, nous avons tout mis en Ïuvre pour limiter la tension, malgr les provocations sans cesse.
LĠaction ne doit pas sĠarrter l, dĠautres sont venir, la CGT Goodyear malgr les menaces ne changera pas de cap, nous ne sommes pas des bandits comme la direction veut nous montrer, les bandits, les voyous sont ceux qui dsertent lĠusine, envoient des forces de lĠordre, ferment lĠusine, bref ceux qui depuis des mois attisent la colre et ne cesse de harceler des ouvriers honntes et intgres !!!!!
La CGT au CE va demander une runion extraordinaire, car nous trouvons inadmissible que notre fric serve payer des vigiles de boites de nuit !!!
Votre mouvement est termin et nous vous le redisons, nous sommes plus que fiers dĠtre vos cots, la Direction a perdu quoi quĠil arrive, la convergence dans la lutte entre les salaris de semaine et week-end est une russite totale, vous avez TOUS dit que les 4x8 ce ne sera pas chez Goodyear Amiens.
La Direction a cass quelque chose, plus jamais lĠusine ne fonctionnera comme avant, il y a de la haine, de la colre, la Direction a mis le paquet depuis des mois pour vous faire pter un cble, combien dĠentre-vous le disent :
Ç Ils nous ont mis la haine, nous ne sommes plus nous mme !!! È
La Direction fait circuler une rumeur comme quoi le secrtaire de la CGT aurait une place dans les instances de la CGT, cette information est une calomnie de plus, la seule ambition quĠil a est celle de dfendre les salaris jusquĠau bout !!!!
ENCORE BRAVO A TOUS
SOYEZ FIERS DE VOUS
LA DIRECTION NĠA PAS GAGNE
NON AUX 4X8
OUI Ë LA DISCUSSION ET AU DIALOGUE
NON A LA PROVOCATION, NON AUX MENACES ET CHANTAGES
VOTRE SYNDICAT, VOS ELUS CGT
http://www.cgt-goodyear-nord.fr/
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Communiqu du Collectif Non EDVIGE
Paris, le 17 juillet 2008
Hier 33 organisations du Collectif Non EDVIGE se sont runies pour dnoncer
le dcret du 27 juin 2008 crant le fichier EDVIGE (Exploitation Documentaire
et Valorisation de l'Information Genrale) et ses attaques contre les droits et
les liberts publiques (fichage des militants) et individuelles, contre les
droits des enfants (fichage des mineurs), contre le respect de la vie prive
(vie sexuelle, tat de sant, comportements...), et pour organiser la riposte.
Ë ce jour, prs de 20.000 personnes et prs de 200 organisations ont sign
l'Appel en ligne Ç Pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE È (http://www.nonaedvige.ras.eu.org),
manifestant une inquitude vidente des citoyens face aux atteintes la vie de
notre dmocratie contenues dans ce fichier.
Les organisations runies dans ce collectif vont poursuivre et tendre les
actions dj en cours, qu'il s'agisse notamment de la signature de la ptition
en ligne ou du recours contre le dcret.
Elles donnent rendez-vous la presse dbut septembre pour dvoiler les actions
qui seront proposes l'ensemble des citoyens dans le but de porter le coup de
grce ce fichier sclrat.
Contacts Presse Collectif Non EDVIGE :
- Philippe CASTEL - 06.25.76.81.92 - philippe.castel@fsu.fr
- Loc DAGUZAN - 01.42.92.96.03 - loic.daguzan@gmail.com
- Franois SAUTEREY - 06.89.12.62.71 - Francois@Sauterey.org
- contact@nonaedvige.ras.eu.org
Ci-dessous l'appel :
Sans dbat public pralable, le gouvernement, par un dcret publi au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considrablement accru les capacits de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assur, lĠavenir, par la Direction centrale de la scurit publique (fusion des Renseignements Gnraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom dĠEDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de lĠinformation gnrale). Il recensera, de manire systmatique et gnralise, toute personne Ç ayant sollicit, exerc ou exerant un mandat politique, syndical ou conomique ou qui joue un rle institutionnel, conomique, social ou religieux significatif È. Sans exception, toutes les personnes engages dans la vie de la cit sont donc vises.
En outre, ce fichage vise permettre la collecte de renseignements identitaires sur les Ç suspects È (personne mais galement groupe) simplement considrs, par la police, comme susceptibles, lĠavenir et de manire totalement hypothtique, de porter atteinte Ç lĠordre public È.
Il permettra de compiler toutes
les notes de renseignements telles que : tat civil, photographie mais aussi
frquentations, comportement, dplacements, appartenance ethnique, vie
sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances
syndicales et associatives É
La police sera autorise consulter ce fichier en cas dĠenqutes administratives pour lĠaccs certains emplois.
Les mineurs ne seront pas pargns puisque fait sans prcdent dans notre Rpublique et particulirement choquant, leur fichage sera autoris ds lĠge de 13 ans et cela sans quĠaucune infraction nĠait t commise et sur la seule base de leur dangerosit prsume.
Cette initiative gouvernementale, porteuse lĠvidence de nombreuses drives, sĠinscrit rsolument dans le cadre de la mise en place dĠune politique scuritaire ouvertement revendique.
Le gouvernement est pass outre aux rserves mises par la Commission nationale Informatique et Liberts concernant ce fichier qui, ds sa parution, a suscit les plus vives rprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
CĠest pourquoi les organisations
et les personnes signataires de cet appel :
-
sollicitent
le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les
organisations attaches aux liberts publiques, au respect de la vie prive et
des droits de lĠenfant,
- sĠengagent se constituer, ds
le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute
initiative utile visant obtenir des pouvoirs publics quĠils renoncent la
mise en place du fichier EDVIGE.
Les collectifs, associations,
syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur signature en crivant
contact@nonaedvige.ras.eu.org
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Pendant les vacances, profitez du temps enfin libre pour lire : faites le plein de textes ! Pour cela, visitez nos sites Web :
- site principal : http://www.le-militant.org/
-
site secondaire : http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/index.html
Nous prenons le pari que vous nĠavez pas encore tout lu É. !
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Sous presse, bientt disponible : MILITANT,
Numro 14, troisime trimestre 2008.