
Lettre
de liaison n”3 du 18 novembre 2007
Le
courage, c'est de chercher la vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Comit de rdaction provisoire : Christian Barlo (83,) Sylvie
Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke
(94), Franois Ferrette (61), Stphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63),
Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier
(94), Vincent Prsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord
(75), Salima Jamili (75) É
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Sommaire
:
Communiqu du Collectif de Montreuil pour les droits des sans-papiers.
Le billet du jour : un militant CGT nous crit.
Recomposition et crise de l'Etat.
La dtermination des cheminots et traminots.
Le mouvement tudiant.
Quelles perspectives ?
Ptition pour un rfrendum.
Appel du Comit National pour un Rfrendum.
Motion adopte par le conseil fdral du PS de l'Allier.
Document : le tract de la Fdration CGT de la Construction pour le 20
novembre.
Appel Solidarit Grves.
Un article bien senti : Des "otages" "empchs"
d'aller travailler.
Correspondance.
Appel dbat : la Belgique.
Dbat : contribution sur les lections municipales (La Seyne sur Mer).
Appel manifestation le vendredi 30 novembre 15 h. Bastille-Bercy.
* * *
COMMUNIQUE DE
PRESSE du Collectif de Montreuil pour les droits des sans-papiers Vendredi 16 novembre 2007 - 16h00.
Le soutien Kebe Talibe embarrasse le ministre de l'Immigration, de l'Intgration, de l'Identit nationale
et du Codveloppement.
Devant l'affluence des soutiens
prsents pour exiger la libration de Kebe Talibe et de tous les sans papiers, le ministre de Mr.
Hortefeux a dcid de disperser 15h30 le rassemblement autoris ce vendredi de 14h 17h devant ses locaux.
Le collectif de Montreuil pour les
droits des sans-papiers rappelle
que Kebe Talibe, interlocuteur de la Prfecture de Bobigny (93) pour les
demandes de rgularisation du collectif, dlgu l'UCIJ et charg juridique
du collectif entame son 16me jour de rtention. Il est expulsable tout
moment.
Il passera devant
le Juge des Liberts et de la Dtention le samedi 17 novembre 9H30 au TGI de
Bordeaux, la Prfecture de Bobigny n'ayant toujours pas daign informer la
Prfecture de Gironde de
l'existence de son dossier de demande de rgularisation en Seine Saint-Denis.
Nous saluons la mobilisation des bordelais-es qui se renforce jour aprs jour, et restons dtermins lutter
pour la rgularisation globale de
tous les sans-papiers.
Contact Paris : 06.84.59.83.81 skyspass@free.fr contact Bordeaux : 06.24.65.30.83
Site du collectif : http://cspmontreuil.1et0.org Voir aussi http://radioretention.kofele.org
Ce samedi 17, le
juge a prolong la rtention de Kb pour 15 jours supplmentaires.
* * *
Le billet du jour.
Un militant CGT nous crit :
Les cheminots sont en grve, et la maladresse de la main tendue de Bernard Thibaut a renforc la dtermination des femmes et des hommes qui sur le terrain des luttes refuse de cder aux 37,5 ans de cotisation !
J'ai vu pour la 1ere fois des cheminots CGT disant "on vient pour leur expliquer ils n'ont pas tous les lments des discussions avec le ministre". Quelle drle d'poque, comme disent les vieux militants !!
Yves
PAS TOUCHE A NOTRE DROIT
DE GREVE !
SECU, SALAIRES, SERVICES
PUBLICS :
BAS LES PATTES !
RETRAITE A 60 ANS A TAUX
PLEIN,
37,5 ANNUITES POUR TOUS.
BRANCHE PAR BRANCHE, NOUS
PERDRONS,
TOUS ENSEMBLE NOUS
GAGNERONS.
C'EST CONTRE SARKOZY
QU'IL FAUT SE GROUPER.
* * *
Recomposition et crise de
l'Etat.
Dans la nuit du jeudi 14 novembre au
vendredi 16, ce sont 25 descentes de police qui se sont abattues sur les
universits, pour dloger des tudiants grvistes tentant d'occuper des locaux
de faon pouvoir s'y runir et donner un point central leur grve. 7
seulement de ces descentes de police ont t annonces par la presse nationale.
Leur point commun : chaque fois, ce sont les prsidents d'universit qui,
obtemprant ou devanant la demande des prfets -gnralement des prfets de
rgions- appellent la force contre les tudiants.
C'est un changement que cette
attitude des prsidents d'universits, un changement historique pour les
universits, bien que peu s'en soit encore rendu compte. Les prsidents, qui
sont l'origine des professeurs-chercheurs ayant bascul dans la gestion
administrative et que le pouvoir et ses oripeaux et illusions ont de plus en
plus griss, pitinent les "valeurs" qu'ils prtendaient incarner,
commencer par les franchises universitaires, cette conqute dmocratique dont les
origines remontent ... au XIII” sicle. La loi LRU (loi Pcresse) promet de
faire d'eux des "patrons", des vrais : ils en rvent, ils en bavent,
et cela les conduit aux courbettes devant les prfets de Sarkozy.
D'une faon gnrale, dans la
prcipitation et le dsordre, voire dans l'hystrie et la panique, la
restructuration de l'appareil d'Etat s'intensifie. Militarisation de la police.
Privatisation et externalisation de toutes les missions de service public et
d'intrt gnral que cet Etat avait d assumer et dont il ne veut plus.
Achvement de la "rforme de l'Etat" lance de longue date depuis le
milieu des annes 1990, sous l'aiguillon de la LOLF (loi organique sur les lois
de finance, globalisant la gestion des crdits, adopte dans l'union nationale
de la droite et du PS, le PC s'abstenant, en 2000) : les regroupements de
toutes les missions ministrielles sous l'gide des prfets de rgion, ces
procurateurs impriaux au petit pied qui doivent devenir ou sont dj devenus
les suprieurs directs de tous les chefs et chefaillons de l'administration,
sont engags, discrtement, mais marche force. Au bout de cette logique il y
a d'ailleurs la disparition des ministres dont le fonctionnement du
gouvernement Sarkozy est une anticipation. La fermeture de dizaines de
sous-prfectures est annonce. L'Etat restructur sera allg, centr sur ses
missions fondamentales de maintien de l' "ordre", militaris, flanqu
de socits de sous-traitance, agences personnels prcaires, et milices prives.
Mais la diffrence des prsidents
d'universit, que leur "autonomie" rend stupides et serviles, a
grogne, a fait de la rsistance passive, a rle et a freine dans les
chelons infrieurs et moyens. La rvolte des administrations de sous-prfectures
n'est pas loin, car leurs conditions de travail, ce qui restait d'thique
rpublicaine dans leur esprit, et leur hirarchie traditionnelle, sont
allgrement pitins, moqus et renverss. Le ministre de l'Intrieur, dont la
titulaire ne parle notoirement plus au Premier ministre, est plus inexistant
que jamais. Le gang de l'Elyse tlphone directement dans les prfectures et
donne des ordres contradictoires, toutes affaires cessantes. La restauration
pleine et entire du bonapartisme de la V” Rpublique frise l'apoplexie et l'
"hyper-prsident" fait disjoncter ses missi dominici ; mais ceux-ci se demandent
eux-mmes avec angoisse quand et comment l'Elyse et son surhomme pathtique
disjoncteront leur tour.
Sarkozy veut restaurer l'
"autorit" de cet Etat, c'est loin d'tre fait et le dbut de la mise
en oeuvre de son programme en aggrave la crise. Sur fond de monte des combats
sociaux de la jeunesse et des cheminots, cette crise se cristallise sur la
question de la "rforme de la carte judiciaire" de Madame Dati.
Rachida Dati, c'est Sarkozy.
Politiquement, c'est une Ccilia qui aurait obi jusqu'au bout son
instrumentalisation dans le dispositif de l'hyperprsident. Sociologiquement,
c'est un prototype de la camarilla flambeuse et prtentieuse qui s'est installe
au sommet du pouvoir. La vieille France de l'appareil d'Etat soudain dcouvre
ceux et celles pour qui elle a vot et s'tonne, mesurant l'ampleur de la
catastrophe
Il s'agit tout simplement de fermer
plus du dixime des Tribunaux de grande instance, plus du tiers des tribunaux
d'instance, et, ce qui reste venir et ne doit surtout pas tre oubli, la
moiti des conseils de prud'hommes !
A ce carnage, elle ajoute l'incohrence rsultant des concessions faites
aux amis, aux clientles locales ou aux reculs devant les premiers qui se sont
mis rsister, crant un mli-mlo indescriptible. Non seulement les greffiers
et les petits personnels de la Justice, mais les procureurs et les btonniers,
revtus d'oripeaux bien plus vnrables encore que ceux des dignes prsidents
d'universit, se rtractent et se rebiffent contre Rachida Dati, manifestent,
font grve, et mme la grve de la faim pour certains d'entre eux. La police
est charge de matraquer les avocats et les juges. Et cette crise a pour
picentre Sarkozy.
L'Etat rgalien matraque les agents
rgaliens de ses missions rgaliennes. Et ce n'est qu'un dbut : la rforme de
l'Etat, c'est la privatisation ou l'limination pure et simple des missions non
rgaliennes de l'Etat, c'est--dire de tous les services publics commencer
par l'cole ...
La dtermination des
cheminots et des traminots.
Les directions de la SNCF et de la
RATP annoncent des taux de grvistes en chute libre de jour en jour, trompant
dlibrment les usagers qui constatent que trains et mtros ne circulent pas.
En ralit, dans les conditions cres par l'absence de position syndicale
commune pour le retrait du plan Sarkozy contre leurs rgimes de retraite,
facilitant l'isolement et la hargne mdiatique, la grve reconduite des cheminots
et des traminots depuis mercredi est une grve puissante, digne et dtermine,
qui bouscule la donne.
La donne tait la suivante : Sarkozy
avait choisi un mini coup " la Thatcher", au moment et sur le sujet
choisis par lui, consistant montrer qu'il ne cdait pas et en finir avec
les 37,5 annuits des cheminots, traminots, lectriciens, gaziers ..., non pour
des raisons conomiques ou budgtaires qui n'ont strictement rien voir dans
cette affaire, mais pour des raisons politiques : pour passer la vitesse
suprieure ds 2008, contre les retraites de tous, contre les services publics,
et contre les contrats de travail dure indtermine.
Pour russir ce coup, il a deux
atouts matres.
L'un est l'absence d'opposition due
l'auto-dcomposition du Parti socialiste (synthse niant le vote du peuple en
2005, candidature Royal, ralliements Sarkozy, soutien son projet de Trait
Constitutionnel Europen).
L'autre est le refus des directions
syndicales, celle de la CGT en particulier tant donne son importance, de
revendiquer le retour 37,5 annuits pour tous et d'exiger l'abrogation ou le
retrait des lois anti-sociales de Sarkozy.
Dans les deux cas, ces atouts ont un
contenu politique prcis : la dcision de soutenir la prsidence de la Rpublique,
de respecter et protger les institutions de l'Etat, de prserver le pouvoir en
place quels que soient ses forfaits et mfaits.
On peut dj l mesurer une
diffrence entre le Sarkozy de 2007 et la Thatcher de 1984 : le premier ne peut
se passer du soutien de ceux qui sont officiellement ses adversaires, la
deuxime en battant les mineurs avait cr une situation dans laquelle elle
pouvait s'en passer. Soucieux de prparer notre classe au combat, nous avions
souvent examin le parallle Sarkozy-Thatcher, frquemment voqu par les
ditorialistes ces derniers temps.
On serait prsent tenter de rpter : "Hegel note quelque part
que tous les grands vnements et personnages historiques surviennent pour
ainsi dire deux fois. Il a oubli d'ajouter : une fois comme grande tragdie et
la fois d'aprs comme misrable farce." (K. Marx, Le 18 Brumaire de
Louis Bonaparte).
Juste avant que la grve ne dmarre,
Bernard Thibault a accept des "ngociations"entreprises par
entreprises, sparment la SNCF, la RATP, EDF et GDF, dclarant qu'en
contrepartie la prsence d'un reprsentant du gouvernement dans ces
ngociations tait une "garantie". Une garantie de quoi ? -ont
videmment demand les cheminots et les traminots dans les assembles gnrales.
Cette initiative a t prsente par
les mdia comme la "main tendue" de la CGT au gouvernement, juste
avant la grve, sense garantir en fait une chose bien prcise : que la grve
n'tait qu'une grve pour le principe, pour amuser "la base", mais
que son but n'tait videmment pas de mettre en cause "la rforme",
car "la rforme", voyez-vous, tout le monde ne peut qu'tre d'accord
...
... Tout le monde ne peut qu'tre d'accord, sauf ces obscurs
et buts ouvriers des transports que sont les cheminots et les traminots, qui
ont un dfaut, celui de tous les exploits : ils savent compter, et quand on
leur explique "on vous promet que vous ne perdrez pas un centime d'euro en
travaillant deux ans et demi de plus", ils voient l'arnaque tout de suite
et partent d'un grand clat de rire mprisant.
La presse dite
"conomique" s'est donc mise soudain saluer B. Thibault en train de
"gagner ses galons de stratge". La stratgie en l'occurrence, c'est
comment permettre Sarkozy de passer sur les 37,5 annuits des dernires
catgories qui les ont encore tout en lchant quelques concessions pas trop
visibles pour calmer la "base". Le problme, c'est que les seules
concessions relles envisageables portent naturellement sur la dcote que
subiront ceux -la majorit- qui continueront partir au terme de 37 ans et
demi ; et que si le pouvoir lche trop sur la dcote, cela reviendrait
annuler l'effet du passage aux 40 ans et cela se verrait. Sarkozy (car c'est de
lui qu'il s'agit, ni de M. Bertrand, ni de Mme Idrac, ni de M. Mongin) ne peut
donc pas lcher sur la dcote. Bref : partir du moment o l'on ne dfend
plus, explicitement ou implicitement, les 37 annuits et demi, on accepte le
"cadre de la rforme" et on n'a dans ce cadre plus rien ngocier.
Que ce soit dans un cadre "tripartite" ou "entreprises par
entreprises" en prsence d'un reprsentant du gouvernement ou non ...
"Ce n'est pas ngociable",
ne cessent de dire les cheminots et les traminots qui reconduisent leur grve
par des votes massifs en assemble gnrale. Il ne s'agit ni de la rivalit
SUD-Rail-CGT ni du conflit interne latent entre la fdration CGT des cheminots
et son secrtaire Didier Le Reste, prsent btement comme un
"communiste" par l'ditorialiste du Monde Michel Noblecourt, avec la
"ligne Thibault". Il s'agit tout simplement de la volont claire et
limpide des travailleurs concerns. Qui se reflte bien entendu dans les
organisations syndicales et qui produit et produira dbats, confrontations et
ralignements.
Le ministre Bertrand a rpondu au
"pas en avant" de Bernard Thibault par une exigence qui rsonnait
plutt comme une supplique : si vous voulez que ces ngociations -ces pseudos
ngociations- s'engagent, appelez la reprise du travail. Non content que les
confdrations syndicales et toutes les fdrations de cheminots sauf SUD-Rail
acceptent et aillent jusqu' proposer de pseudo-ngociations, le ministre, sur
ordre de Sarkozy, demandait qu'elles s'opposent frontalement la poursuite de
la grve. Ce service l, elles ne pouvaient pas le lui donner, car les
cheminots et les traminots auraient continu par eux-mmes. Pour se ddouaner
de leurs responsabilits de directions nationales quand il s'agit de dire
clairement Non et d'appeler clairement au Tous ensemble, voila des annes
qu'elles expliquent que c'est " la base de dcider", et voila que la
base dcide pour de bon ! Seule la fdration CFDT a ce jour appel la
reprise : il lui a fallu pour cela une journe d'tats d'mes, de pressions de
Chrque, et les dlgus CFDT prsents dans les AG, qui ne sont pourtant pas
les plus virulents des syndicalistes, ne suivent pas et restent avec leurs
collgues. L'unit des cheminots et des traminots est la plus forte, cette
unit c'est la grve, et ceux qui la brisent sont ostraciss.
C'est ainsi que Le Monde doit titrer : La grve
reconduite la SNCF et la RATP, les ngociations au point mort. Il tait prvu que la
grve reconductible ne ferait pas la jonction avec la grve appele dans la
Fonction publique le mardi 20 novembre, jour du vote du budget l'Assemble
nationale. Elle la fera.
Le mouvement tudiant.
La coordination tudiante, comme l'a
vot l'assemble gnrale des tudiants de la facult de Tours l'encontre de
la volont de son prsident M. Lussaut, se runit ce samedi et ce dimanche
Tours.
La situation relle laquelle est
confront le mouvement tudiant est trs largement occulte dans les mdia et
mconnue. Le mouvement est, nationalement, plus fort et plus massif que le
mouvement contre le CPE de 2006, bien que limit pour l'instant aux
universits. Comme le mouvement de 2006, il est nettement plus faible en rgion
parisienne, sur laquelle les mdia mettent les projecteurs, que dans plusieurs dizaines de facs de province
o il est largement majoritaire.
Sa force, une chelle de masse,
vient du fait que le moteur est la gnration aguerrie dans la lutte contre le
CPE, qui n'a absolument pas digr l'lection de Sarkozy et qui repart au
combat, avec une dimension "gnrationelle" forte. Sa force, sur un
plan politique, provient du regroupement qui s'est opr pour l'abrogation de
la loi Pcresse dbut septembre, s'appuyant lui-mme sur la prise de position
en ce sens d'une majorit d'organisation -dont le SNESUP- l'exception notable
de la direction de l'UNEF, alors que les militants de la tendance TUUD de
l'UNEF jouent un rle actif depuis le dbut dans le mouvement.
Il est confront cette donne
nouvelle qu'est l'attitude des prsidents d'universits appelant la force
arme contre les tudiants et les empchant d'avoir des locaux o se runir et
grouper le quartier gnral de la grve. Il y a probablement autant ou plus, en
ralit, de facults o l'accs et donc les cours sont aujourd'hui empchs par
les prsidents d'universit et la police que de facults "bloques" par
les grvistes.
Il est confront, directement,
l'Elyse, o le militant de l'UNI Sarkozy organise le collectif
"anti-blocage". Les positions ultra-gauche rigeant le blocage mme
minoritaire en principe absolu affaiblissent le mouvement, ce qui est rellement
en jeu c'est son contrle sur lui-mme, c'est la lgitimit et donc la
souverainet des assembles gnrales : un vote bulletin secret est
envisageable s'il est organis par l'assemble gnrale aprs large dbat sur
le fond, pas s'il est organis par l'administration et ses huissiers, la
dcision de la grve n'appartient pas "tous les tudiants" dans
l'anonymat, mais ceux qui vont aux assembls gnrales ouvertes tous, et
les blocus sont en fait des piquets de grve ayant une fonction d'information,
et de rendre possible la grve pour les boursiers (qui perdent leurs bourses
aprs des absences en cours) et le report des cours pour tous les tudiants, et non leur tenue pour
une unique minorit anti-grviste, encore inconsciente ou non encore associe
au mouvement. La dmocratie n'est pas l'ennemi du mouvement, mais son alli, la
dmocratie, ce sont les assembles gnrales.
Ce mouvement dans ces conditions
cherche l'largissement et le dbouch par la liaison avec d'autres secteurs.
L'appel de la coordination de Rennes aller dans les gares le mardi 13 a t
rejet par Didier Le Reste, secrtaire des cheminots CGT, en invoquant des
raisons de scurit, mais il aurait t possible de proposer rencontres et
manifestations communes et cela n'a pas t fait. Il ne fait aucun doute que
les tudiants vont se porter dans les manifestations du 20 novembre.
Quelles perspectives ?
Nous l'avons dit, une grve gnrale
le mardi 20 aurait t et serait possible et ncessaire. D'ores et dj, fonctionnaires,
cheminots, traminots, tudiants, et aussi ouvriers du btiment et des travaux
publics appels sur leurs revendications salariales par la Fdration CGT de la
Construction, seront ensemble dans la grve ce jour l. Ce ne sera pas
"usagers contre cheminots" comme le voudraient mdia et UMP, mais
salaris unis.
La responsabilit des organisations
syndicales devrait tre d'aider centraliser ce mouvement d'ensemble contre
Sarkozy, qui cherche lui-mme se centraliser.
La responsabilit des dputs de
gauche l'assemble devrait tre de ne pas aider Sarkozy faire passer son
projet de soi-disant "mini-trait", c'est--dire pitiner le vote
majoritaire de 2005.
Il nous faut donc nous organiser,
nous associer pour imposer cette volont, et pour aider le mouvement engag
aller lui-mme dans cette direction.
Au del du 20 novembre, tant la
poursuite du mouvement tudiant que celle de la grve des cheminots et des
traminots -car mme si ces derniers reprenaient le travail pour ne pas perdre
leur salaire ils n'ont aucune illusion sur les "ngociations"- la
question d'une manifestation nationale contre Sarkozy, l'Elyse, fait partie
des points en discussion.
* * *
PETITION
POUR UN REFERENDUM.
En 2005, les
citoyennes et les citoyens de notre pays et des Pays-Bas ont refus la Ē
constitution Č europenne que les chefs dÕEtat de gouvernement avaient adopte.
Dans plusieurs pays, elle nÕa jamais t ratifie. Fin juin 2007, les chefs
dÕEtat et de gouvernement ont lanc une procdure clair pour un nouveau trait
europen, sans dbat populaire, sans referendum.
Contrairement ce
que dit Nicolas Sarkozy, ce nÕest pas un Ē mini-trait Č. Sous un autre nom et
une autre forme, il reprend lÕessentiel de la Ē constitution Č rejete.
Contrairement ce que
dit Nicolas Sarkozy, Ē le respect de lÕconomie ouverte de march o la
concurrence est libre Č restera la pierre angulaire de la construction
europenne laquelle tout est subordonn. Aucune des principales exigences
souleves dans le dbat sur le trait constitutionnel nÕest prise en compte :
services publics, galit hommes-femmes, lacit, prservation de
lÕenvironnement et des ressources non renouvelables, Europe sociale, refus de
la libre circulation des capitaux et du dumping fiscal, surpuissance et
missions de la banque centrale europenne (BCE), politique de paix,
fonctionnement dmocratique de lÕUnion europenne. Rien.
Les services
publics restent soumis aux rgles de la concurrence. La rfrence aux Ē
hritages religieux Č est maintenue. Aucun des obstacles lÕamlioration des
rgles sociales nÕest lev. Les politiques environnementales sont strilises
par les choix conomiques ultra-libraux. Le pouvoir de la BCE est prserv.
LÕinscription de la dfense europenne dans la politique de lÕOTAN, cÕest
dire sa soumission aux Etats-Unis, et la militarisation de lÕEurope sont
confortes. La charte des Ē droits fondamentaux Č, dj trs insuffisante,
reste vide de toute porte pratique. Et, comme prvu par le trait
constitutionnel, le systme institutionnel actuel, profondment
anti-dmocratique, nÕest pas vraiment transform. Bref, on retrouve tout ce qui
fait de lÕEurope une zone amnage de libre change et de promotion des
politiques no-librales, au lieu quÕelle se construise dmocratiquement et
propose une autre voie que le rgne sans partage des multinationales et des
marchs financiers.
Nous sommes des
partisans dtermins dÕune Europe mancipe de cette tutelle des puissances
financires, capable de refuser les politiques de domination agressive et les
interventions militaires pour mettre en Ļuvre de nouvelles relations
internationales, notamment avec les pays du Sud. Nous voulons une Europe fonde
sur le refus de toutes les discriminations, le respect effectif de la diversit
culturelle et la convergence par le haut des droits sociaux, des normes
environnementales et des protections des consommateurs. Nous voulons une Europe
btie sur la volont et la souverainet populaire. Voil pourquoi nous refusons
ce nouveau trait. Et nous proposons une dmarche : lÕlaboration dÕun nouveau
texte fondateur la suite dÕun processus dmocratique, populaire et
transparent ; puis sa ratification par referendum dans tous les Etats.
Nous appelons
toutes celles et tous ceux qui veulent cette Europe l se mobiliser, faire
converger leurs initiatives et unir les forces pour expliquer le vritable
contenu du nouveau trait,
dnoncer la tromperie et pour ouvrir une nouvelle perspective dÕune Europe dmocratique,
sociale, cologique et solidaire.
Pour viter que le
peuple tranche, Sarkozy veut faire adopter le nouveau trait par la voie
parlementaire. Rien ne dit quÕil pourra le faire. Les citoyens et les lus,
quel quÕait t leur vote le 29 mai 2005, doivent refuser que la dmocratie et
la volont populaire soient bafoues et exiger un nouveau referendum.
Organisations signataires le 5.11.2007 : AC ! – Alter - AlterEkolo - Alternatifs – Alternative Citoyenne Genevilliers 92 - APEIS - ATTAC - Cactus La Gauche – Collectif des Socialistes pour le Renouveau de la Gauche (CSPRG) - Confdration Paysanne – Convergence Citoyenne pour une Alternative Gauche (CCAG) – Convergence pour la dfense et le dveloppement des services publics - Coordination des Groupes de Femmes Egalit - Coordination nationale des collectifs antilibraux - Dmocratie & Socialisme – Fdration des Associations des Travailleurs et des Jeunes (DIDF) - Fondation Copernic - Forces Militantes - LCR - Marches europennes - MARS / Gauche Rpublicaine - PCF - PCOF - Pour la Rpublique Sociale (PRS) - Rseau Fministe Ruptures – Union des Familles Laques - Union syndicale Solidaires
* * *
Trait
de Lisbonne : Appel du COMITE NATIONAL pour un REFERENDUM
Cet appel est issu d'une runion tenue l'Assemble nationale le samedi 10 novembre, initie notamment par Jean-Luc Mlenchon, Marc Dolez et Marie-Noelle Liennemann.
Un nouveau trait
-dit trait de Lisbonne- vient dÕtre approuv par les dirigeants europens
pour se substituer au projet de Constitution, que les Franais ont refus
majoritairement par rfrendum en mai 2005.
CÕest donc nouveau le suffrage universel qui doit trancher au travers dÕun
rfrendum.
Sur un sujet qui a tant dÕimpact sur la vie quotidienne de chacun,
lÕorganisation de ce nouveau rfrendum est une question dmocratique majeure
pour notre pays et nos valeurs rpublicaines. CÕest aussi une exigence pour la
construction europenne, qui ne saurait sÕaffranchir de lÕadhsion des peuples
et doit tre fonde sur la souverainet populaire.
Le Prsident de la Rpublique sera contraint dÕorganiser ce rfrendum, sÕil
nÕobtient pas dbut 2008 le vote de 3/5 des parlementaires pour la modification
pralable de la Constitution franaise ncessaire la ratification du nouveau
trait europen. Il faut donc convaincre tous les dputs et snateurs attachs
la dmocratie et la construction dÕun vritable projet europen de voter
contre cette modification pralable.
CÕest pourquoi des organisations politiques, syndicales, associatives et des
personnalits trs diverses ont tenu rassembler leurs efforts au sein dÕun
Comit National pour un Rfrendum. Ils appellent en urgence toutes celles et
tous ceux qui sont attachs une construction europenne fonde sur lÕadhsion
des peuples les rejoindre pour mobiliser lÕopinion publique et demander aux
parlementaires dÕempcher un dni de dmocratie, loign de la tradition
franaise.
Rien nÕest jou, les Franais doivent dcider !
* * *
Motion adopte par le Conseil fdral du PS de
l'Allier.
LE 9 NOVEMBRE 2007
Le Conseil fdral de l'Allier du Parti Socialiste runi Saint-Pourain sur Sioule, regrette la prcipitation qui a conduit le Bureau national se prononcer sur le Trait europen de Lisbonne sans que les adhrents aient pu en dbattre.
Il dplore que le Parti Socialiste renonce agir pour une consultation des Franais par rfrendum qui tait pourtant un engagement de Congrs repris durant toute la campagne lectorale pour l'lection prsidentielle.
Le Conseil fdral de l'Allier propose que la question du mode d'adoption du Trait de Lisbonne fasse l'objet d'un large dbat avec les adhrents.
Le Conseil fdral de l'Allier soutient le principe d'un rfrendum et souhaite que les parlementaires socialistes ne permettent pas, par leur vote, une adoption du Trait par les seuls dputs et snateurs.
[le
passage soulign l'est par la rdaction. NDR]
* * *
Document : le
tract de la fdration CGT de la Construction.
Nicolas Sarkozy, dans sa dclaration du 18 septembre, attaque les acquis de tous les salaris :
- La retraite 60 ans taux plein est remise en cause ;
- La ngociation sur la retraite anticipe pour les mtiers pnibles pitine ; la runion de ngociation prvue le 22 octobre a t annule suite lÕaffaire Denis Gautier-Sauvagnac ;
- Ce sont uniquement les malades qui paieront la franchise mdicale ;
- La Scurit sociale est menace par les cadeaux faits aux patrons en matire de cotisations sociales, soit 30 milliards, les stocks-options 3 milliards ;
- Pas un centime nÕest prvu pour le pouvoir dÕachat ;
- Le SMIC est attaqu alors que lÕargent existe dans les entreprises.
Les salaris nÕont pas vot pour la perte de
leurs acquis sociaux. Sans leur intervention massive, rien ne changera !
CÕest pourquoi la Fdration Nationale des Salaris de la Construction CGT appelle tous les salaris de la construction agir pour lÕemploi, les salaires, la retraite.
„ Pour un rgime spcial de retraite pour les salaris concerns par la pnibilit dans la construction avec la retraite 55 ans taux plein ;
„ Pour une augmentation des salaires, aucun salaire ne doit tre infrieur 1500 euros brut ;
„ Pour le 13e mois pour tous, hors grille des minima ;
„ Pour la suppression des franchises mdicales.
Le 20 novembre,
SIGNEZ ET FAITES SIGNER MASSIVEMENT LA CARTE-PTITION NATIONALE
Ē EMPLOI, SALAIRE, RETRAITE Č.
Site Internet : www.construction.cgt.fr
* * *
Appel "Solidarit Grves"
Les grves de 1995,
les mobilisations sociales de 2003, le "Non" de 2005 au Trait
constitutionnel europen, le mouvement contre le CPE de 2006 ont contribu
freiner en France la contre-rforme librale qui lÕa emport partout en Europe.
AujourdÕhui,
Sarkozy et son Gouvernement veulent faire de la grve des cheminots et du
mouvement dans les universits un test. SÕils parviennent les briser, ils
esprent avoir les mains libres pour faire passer au pas de charge le train de
rformes annonc sur le Droit du travail, sur le systme de sant, sur la
protection sociale. Ils engagent pour cela une bataille dÕopinion visant
diviser et opposer ceux qui se lvent tt ceux qui sont supposs se prlasser
sur le mol oreiller de lÕassistanat, le secteur priv au secteur public, les
mritants aux rcalcitrants, les tudiants studieux aux insoumis. CÕest
pourquoi lÕoffensive gouvernementale commence par la remise en cause des
rgimes dits "spciaux" prsents comme un privilge contraire
lÕgalit, mais elle se poursuivra par lÕaugmentation pour toutes et tous de
lÕge de la retraite, par la privatisation des services de sant et des
assurances contre la maladie et la vieillesse, au dtriment de la protection
sociale par rpartition.
Les cheminots ne
luttent pas seulement pour dfendre un droit la retraite obtenu en raison de
la pnibilit de leur travail. Ils luttent aussi, comme les employs du mtro,
les postiers, les lectriciens, les personnels de sant, les enseignants, pour
dfendre ce qui reste de service public contre la concurrence dbride de tous
contre tous. La double dfense de la solidarit sociale et des conditions de
lÕautonomie de chaque individu passe au contraire par un partage du temps de
travail sans perte de salaire, par le maintien du droit dÕaccs la retraite
gal dans le priv et le public, tenant compte de la pnibilit du travail, par
un retour aux 37,5 annuits pour tous.
La loi mal nomme
dÕautonomie des universits ne les soustrait aux tutelles tatiques que pour
mieux faire crotre paralllement lÕarbitraire bureaucratique et fodal de
Prsidents dÕuniversits imitant le management des entreprises prives, et la
dpendance lÕgard des marchs. Elle amorce une logique de dmantlement de
lÕEnseignement suprieur public, dÕaugmentation des droits dÕinscription des
tudiants, de fragmentation du corps enseignant, de subordination aux lois de
la concurrence et aux caprices du march du travail. Elle affaiblit le droit
lÕtude et lÕespace public dÕducation.
Tels sont les
enjeux de la bataille sociale engage. CÕest pourquoi, non seulement nous nous
dclarons solidaires de la grve des cheminots et des universits en lutte, et
manifesterons leur ct, mais nous participerons une mobilisation
dÕensemble et une convergence de ces luttes pour la journe de grves du 20
novembre dans la Fonction publique et au-del.
Les signatures sont envoyer : Solidarit solidarite-greve@club.fr
Site Web: http://solidarite-greves.over-blog.com/
* * *
Un article
bien senti ...
Des
"otages" "empchs" dÕaller travailler
Ou comment les
mots se trompent de guerre jeudi 15 novembre 2007.
Il faut,
dcidment, faire attention aux mots. On entend beaucoup ces jours-ci les
usagers se plaindre que les grvistes les Ē empchent Č dÕaller travailler. Or,
au sens strict, ils ne les empchent pas. Ils cessent de les y aider. CÕest
quand mme trs diffrent : les grvistes suspendent le service
quÕhabituellement ils rendent contre salaire, et renoncent leur paie pour la
dure o ils cessent de Ē servir Č. Ils exercent ce faisant leur droit de
grve, strictement incontestable.
Que la grve
constitue une nuisance est tout aussi incontestable, cÕest mme de l quÕelle
tire son pouvoir relativement persuasif. Mais si elle est constitutionnellement
garantie, cÕest bien quÕelle est lgitime dans son principe : elle est reconnue
comme un instrument lgal dans la ngociation du rapport de force entre les
employeurs et les employs. On observera au passage que la constitution prvoit
donc bien que les relations entre ceux-ci et ceux-l sont susceptibles de
prendre la forme de rapports de force, et quÕen somme les luttes sociales font
partie du programme lgitime de la socit.
A ce titre, le
terme dÕ Ē otage Č dont les Ē usagers-vus-par-les-mdias Č moins que ce ne
soient les Ē mdias-vus-par-les-usagers Č nous abreuvent est parfaitement
inacceptable, et mme obscne. Obscne videmment pour les otages, les vrais,
ici et l en quelques coins de la terre. Inacceptable ensuite parce quÕil porte
une reprsentation du corps social trompeuse et dltre. Dans corps social il
y a corps : nous en sommes tous les membres, il nÕy a pas de partie neutre, qui
se trouverait prise au pige, Ē son corps dfendant Č, dÕune problmatique ne
la concernant pas. Chacun est agent du devenir collectif, et nous sommes tous
partie prenante de la lutte sociale qui se joue ici.
On me rpondra que
cÕest parce que nous sommes tous responsables du devenir collectif que les
bnficiaires de rgimes spciaux doivent contribuer lÕeffort commun pour rendre
possible le financement futur des retraites. Problme moral, plus
quÕconomique, puisque les personnes concernes reprsentent une part drisoire
du corps social, et que sÕagissant dÕconomie(s), le gouvernement et pu
sÕaviser dÕen faire autrement quÕen tapant sur les petites retraites, en
sÕabstenant par exemple dÕoffrir lÕquivalent de 90 fois la somme quÕil espre
tirer de cette rforme, sous la forme de cadeaux fiscaux dont personne nÕa
russi prouver lÕintrt sur le plan collectif.
Problme moral
dcidment, car si lÕon veut vraiment tendre vers lÕquit dans le systme des
retraites, il faut videmment prendre en compte non seulement la pnibilit,
mais lÕesprance de vie moyenne propre chaque corps de mtier dans le calcul
des pensions : seul moyen de rendre une politique de financement des retraites
acceptable, parce que cohrente.
Car la politique
aussi fait corps, cÕest un systme symbolique complexe dont on attend au
minimum de la cohrence. De la part dÕun gouvernement de droite qui pratique
une politique clientliste et rserve son sommet les privilges les plus
indcents (je songe notamment aux Centquarantepourcent, appelons-les comme a
puisque personne ne sait exactement de quoi il retourne), cette rforme-l est
inacceptable. On ne demande pas un tel effort ceux dÕen bas quand on a fait
tant de largesses ceux dÕen haut. CÕest plus quÕun problme de communication.
CÕest un problme moral.
JÕavoue ne pas
connatre assez les mtiers concerns (tellement divers !) pour tre absolument
certaine que ces rgimes spciaux ne sont pas la juste compensation dÕefforts
particuliers dj consentis. Et jÕose dire que ce nÕest pas le cĻur de la
question. Le cĻur de la question bat dans ce fameux corps social envisag comme
un tout, dont le Ē corporatisme Č, tant dcri et bien mal compris, nÕest que
la mtonymie.
Je mÕexplique :
quand un corps de mtier se bat pour que ses membres bnficient dÕune
situation dcente, cÕest AUSSI la dcence des situations de travail en
gnral quÕil Ļuvre. Sans doute les motivations des grvistes sont-elles pour
partie (la majeure ? Et alors ?) personnelles. Mais DANS LES FAITS, leurs
conqutes construisent et consolident les droits des travailleurs en gnral.
Notamment pour cette raison simple et vidente que lorsquÕils chouent, le
dmantlement de leur statut sert toujours dÕexemple et de justification au
dmantlement du statut voisin - comme le montre trs exactement toute
lÕhistoire de la rforme des retraites. TOUS les travailleurs ont donc intrt
ce que CERTAINS travailleurs parviennent dfendre la dcence de leurs
conditions de travail : la lutte sociale ne sÕarrte pas ce soir, les victoires
des uns sont susceptibles de servir dÕexemple, de modle et de justification
aux luttes - et aux victoires - des autres.
QuÕelles le
deviennent en effet dpend de nous : tous les travailleurs, y compris ceux du
priv, ont le droit de se syndiquer, de faire grve, de lutter pour la dignit
de leurs conditions de travail et de vie. Ces droits nÕexistent rellement que
si on les exerce ; cet exercice est une lutte, et la lutte, a cote. a cote
en nergie, morale et physique, et a cote de lÕargent. CÕest un risque,
toujours : le risque de perdre. Je sais de quoi je parle. Il y faut de
lÕaudace, du courage, de la dtermination, et un certain sens du collectif.
Toutes qualits dont je nÕentends pas beaucoup parler, propos des grvistes
actuellement engags dans la lutte.
Alors quand bien mme je devrais tre la seule le faire, dans ce concert de plaintes dÕ Ē otages Č Ē empchs Č dÕaller travailler, je leur dis : chapeau, les grvistes, et merci. Merci pour nous tous.
Judith Bernard http://www.bigbangblog.net/rubrique.php3?id_rubrique3D5
* * *
Correspondance.
Bonjour
A propos de lÕarticle de Martin Crouzet sur la loi Ē liberts et
responsabilits des universits Č : lÕhonntet mÕaurait paru commander de
reproduire aussi les communiqus ou dclarations des organisations
syndicales des personnels, qui se sont battues avec acharnement, notamment en
intersyndicale, pour le retrait du projet de loi et, depuis la promulgation de
la loi, exigent son abrogation.
Fraternellement, Philippe ENCLOS, SNESUP-FSU
Bureau National Elu CNESER Elu CoNRS CAEN Nord Pas de Calais
www.snesup.fr & http://recherche-en-danger.apinc.org/
Rponses de la rdaction :
Cher ami,
Tout dÕabord merci pour votre courrier. Rien ne nous
est plus cher que de susciter un rel dbat autour des ides que nous
soulevons. Une remarque de forme : nous avons reproduit un article provenant dÕune
autre publication (ŅLÕUnitÓ, dite par le courant Offensive Socialiste du
MJS) et votre remarque les concerne en premier lieu. Ceci tant, la question
que vous voquez mrite toute notre attention car elle a une porte plus
gnrale. CÕest pourquoi nous ne manquerons pas de reproduire votre courrier
dans la prochaine lettre de liaison (qui sera la 3e, la seconde tant partie
aujourdÕhui) et ventuellement des documents auxquels vous fates allusion. Je
transmets galement votre courrier Vincent Prsumey, responsable de la lettre
de liaison et par ailleurs lui aussi syndicaliste FSU.
Cordialement,
Raymond Debord
Il s'agit trs sincrement d'un malentendu, car en
aucun cas nous n'avons eu l'intention de cacher les positions du SNESUP pour
l'abrogation de la loi Pcresse. La lettre de Liaisons "ancienne
srie" (avant qu'elle ne soit l'expression du groupe Militant) avait
d'ailleurs publi les premires prises de position du SNESUP et d'autres
organisations (celles signataires de l'appel dit des Cordeliers cet t,
notamment). Si nous avons publi l'article issu du bulletin "l'Unit"
c'tait surtout pour faire savoir qu'il existe un regroupement de jeunes
socialistes qui demandent explicitement l'abrogation de la loi Pcresse. Bien
entendu nous insrerons dans la prochaine lettre de Liaison du Militant tout
document que vous nous adresseriez.
Cordialement,
Vincent Prsumey.
* * *
Appel dbat : la Belgique.
Et si soudain la Belgique, qui n'a
plus de gouvernement depuis 4 mois, explose et que face une Flandres
"catholique et europenne", les Wallons demandent leur rattachement
la France ? Que ferons-nous, militants ouvriers de France, quelle que soit
notre nationalit ?
Chacun comprend qu'un clatement de
la Belgique ne serait pas forcment une bonne nouvelle pour les travailleurs,
puisque men bien par les politiciens en place, il comportera la dislocation
des services publics, la diffrentiation des salaires et la liquidation de la
protection sociale. Nous avons publi la semaine dernire une contribution de
nos camarades de La Seyne sur Mer.
Mais y a-t-il une nation belge ? La
revendication flamande, porte aujourd'hui par des forces ractionnaires,
d'extrme droite, dmocrates-chrtiennes et ultralibrales, se nourrit d'une
relle mise en "infriorit" des Flamands dans le royaume belge
historique, celui de 1830.
Discutons, renseignons-nous,
contactons des camarades de Belgique, car cette question nous concerne !
* * *
Dbat : contribution sur les lections
municipales (La Seyne sur Mer).
A la Seyne sur mer, jeudi 15 novembre 2007,
Tribune
libre : Ē Charte communiste et rpublicaine pour un nouveau contrat
local !! Č
” Pour les lus communistes et rpublicains, la rpublique est en crise. Les droits les plus lmentaires de chaque citoyen qui consiste pouvoir travailler, apprendre, se loger, se dplacer, se soigner et se cultiver sont peu peu remis en cause.
” LÕexclusion croissante dÕune partie importante de la population met directement en question les principes fondamentaux dÕgalit et de fraternit.
” Les rformes quÕentreprend le pouvoir politique, le prsident de la Rpublique, son gouvernement et sa majorit ont pour seul but de prenniser cet tat de fait qui est dÕadapter notre pays, sa lgislation et son droit social aux impratifs du capitalisme mondialis qui transforme tout en marchandise jusquÕ lÕtre humain lui-mme.
” Parce quÕelles constituent un lieu de vie o se ctoient et travaillent des femmes et des hommes dans toute leur diversit et leur situation sociale en tant quÕlus, nous avons une grande ambition pour les collectivits locales.
” LÕun des enjeux majeurs auquel notre pays est confront consiste en lÕorganisation de la ville, en son dveloppement, en la conception que nous faisons de celle-ci dans son rapport avec les territoires.
” Avec ce Ē nouveau contrat local Č nous entendons prendre cette question bras le corps car la ville, cÕest le cadre du vivre ensemble, dÕagir avec les habitants, les salaris et plus largement avec tous les acteurs potentiels afin de garantir le droit pour tous construire et sÕapproprier la ville.
” Ce nouveau rle donn la collectivit locale implique une dmarche nouvelle rsolument offensive et audacieuse, celle-ci ne pouvant se concevoir sans une participation active de la population prise dans sa diversit, sans un travail de partenariat avec les personnels des collectivits dont le rle et les statuts doivent tre conforts.
” Pour ce faire, il importe de dpasser le simple stade de la concertation qui consiste soumettre lÕavis des populations les projets locaux dfinis par les candidats, les techniciens et les lus.
” Il sÕagit pour cela de ne pas hsiter sortir des sentiers battus, de mettre en exergue le besoin de chacun tre considr et respect, dÕapprhender collectivement les besoins, de construire des programmes locaux dans le pluralisme des opinions, dÕen dfinir la faisabilit dans la transparence, dÕlaborer des outils dÕvaluations accessibles chacun, dÕorganiser lÕinformation afin de permettre chaque habitant de se faire sa propre opinionÉ La question locale nÕa jamais t neutre.
” De plus en plus de villes ont atteint le statut de Ē ville du Monde Č o se ctoient des ressortissants de tous les continents de la plante.
” Cette ralit ainsi que les moyens de communication moderne, la rvolution informationnelle que nous vivons font quÕil nÕexiste plus dsormais de vritables limites lÕaction locale.
” Celle-ci comporte de fait une dimension nationale, europenne et internationale.
” Afin de relever ce dfi, il sÕagit dÕagir au quotidien pour mobiliser et rassembler partir de sujets locaux qui sÕavrent avoir une dimension nationale.
” Cette dmocratie de proximit implique selon nous, la cration de droits et moyens nouveaux comme :
* Le droit lÕinitiative qui permettrait aux citoyens dÕmettre des propositions dÕordre du jour relatives aux comptences des conseils municipaux, gnraux et rgionaux.
* La cration des structures de participation citoyenne.
* La mise en place de budgets participatifs.
* LÕouverture simplifie du droit au referendum local.
* La reconnaissance et le renforcement du fait associatif.
” AujourdÕhui les collectivits locales doivent faire face des charges de plus en plus importantes en mme temps que lÕtat leur dlgue des responsabilits croissantes par lÕintermdiaire des transferts de comptences.
” Ces transferts de comptences sont en particulier la construction de collges et des lyces vers les dpartements et les rgions, la politique de solidarit et dÕaide sociale vers les communes et les dpartements, ainsi que des plans entiers de la politique sanitaire vers lÕensemble des collectivits territoriales, en rajoutant lÕorganisation des transports collectifs vers les intercommunalits, les dpartements et les rgions.
” Face cette politique nfaste, nous voulons exercer nos responsabilits locales, agir en fonction des valeurs fondamentales qui fondent notre engagement politique social et associatif. A lÕoccasion des lections municipales et cantonales, nous voulons la fois crer les conditions dÕune large co–laboration avec les habitants des programmes locaux et dpartementaux, contribuer laborer collectivement les orientations et actions conduire.
” Nous avons lÕobjectif ambitieux de permettre aux citoyens de se rapproprier lÕaction publique.
Cette dmarche de rassemblement sÕinscrit naturellement dans la recherche dÕaccords avec les forces politiques de gauche reprsentes au niveau de la commune.
” A quelques mois des prochaines municipales et cantonales seynoises, il importe pour la Ē Gazette Seynoise Č de porter la connaissance de la population seynoise, la teneur et lÕimportance dÕun tel projet.
” Dans cette premire contribution, tout nÕa pas t dit et nous nous proposerons de poursuivre tout en esprant susciter lÕintrt dÕun plus grand nombre de Seynoises et de Seynois.
* * *
PREMIERS
SIGNATAIRES :
DROITS DEVANT!!,
MRAP, AUTREMONDE, UL CGT MASSY, MILITANT...
APRES LES MINISTERES DU TRAVAIL ET DES AFFAIRES ETRANGERES LES TRAVAILLEUR(SE)S
SANS-PAPIERS AU MINISTERE DE LÕECONOMIE ET DES FINANCES
Depuis le 26 septembre 2007, une campagne dÕinterpellation de diffrents ministres
t lance pour la rgularisation des travailleurs sans-papiers.
LÕarticle 40 de la loi Hortefeux du 23 octobre 07, qui envisage une
rgularisation de travailleurs sans-papiers, au cas par cas, est une
rgularisation taille sur mesure pour les patrons, inacceptable en lÕtat.
Les travailleurs
sans-papiers ne sont pas la chasse garde du Ministre Hortefeux. Leur
rgularisation doit tre globale, dans lÕgalit des droits avec les autres
travailleurs, sans gnrer de nouvelles discriminations et doit en ce sens
sÕinscrire dans un cadre interministriel. CÕest pourquoi des ministres comme
ceux du Travail, des Affaires Etrangres, de lÕEconomie et des Finances,
concerns par le travail, le co-dveloppement ou lÕargent des travailleurs
sans-papiers (taxes, imptsÉ), sont concerns par cette exigence de
rgularisation et doivent prendre
leur responsabilit.
Le 26 septembre, 300 travailleurs sans-papiers, soutenus notamment par
lÕintersyndicale CGT-SYNTEF CFDT- SNUTEF, se rassemblaient au Ministre du
Travail auquel une liste de 380 travailleurs sans-papiers tait dpose en vue
de leur rgularisation.
Le 26 octobre, 450 de ces travailleurs (dont ceux de Buffalo grill, Paris StoreÉ) soutenus par les mmes syndicats, ainsi que par la CGT, le MRAP, Autre Monde, AC !, MNCP, ATMFÉ dposaient une nouvelle liste de 520 dÕentre eux au Ministre des Affaires Etrangres. Le vendredi 30 novembre, nous continuerons cette campagne en interpellant le Ministre de lÕEconomie et des Finances. Celui-ci a rcemment rendu publique une liste de 180 mtiers Ē sous tension Č, dont 29 dÕentre eux, exigeant une qualification (Informaticiens, gomtres, dessinateurs), pour des travailleurs de pays dÕAfrique, dÕAsieÉ et 152 autres, en direction dÕouvriers non qualifis (btiment, restauration, nettoyageÉ) pour des ressortissants des pays de lÕEst.
La cohrence et lÕquit impliquent de rgulariser dj, en urgence, les
centaines de milliers de travailleurs et travailleuses sans-papiers qui, depuis
des annes, travaillent dans les secteurs du BTP, nettoyage, restauration,
confection, aide la personneÉ Payent des impts, versent des cotisations de
retraite, Scu, ASSEDIC, dont ils ne rcolteront pas les dividendes.
Nous nÕaccepterons pas que soient mises en concurrence deux catgories de
travailleurs migrants, lÕune, parce que moins coteuse, tant prvue pour
remplacer lÕautre, moins Ē prsentable Č, plus organise et plus chre.
VENDREDI 30 NOVEMBRE A 15 H 00 MANIFESTATION DE LA BASTILLE AU MINISTERE DE
LÕECONOMIE ET DES FINANCES A BERCY