Lettre de liaison n¡4 du 25 novembre 2007
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction provisoire : Christian Barlo (83,) Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Franois Ferrette (61), StŽphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier (94), Vincent PrŽsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord (75), Salima Jamili (75) É

 

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Sommaire :

Le billet du jour : agenda du Militant.

Nouvelles de Kebe TalibŽ. Non ˆ l'immigration jetable !

Gožt amer pour la classe ouvrire ...

... Mais Sarkozy n'est pas si fort.

PrŽparer la prochaine Žtape.

Chirac mis en examen : une bombe que ces messieurs veulent tous dŽsamorcer.

Droit de grve.

Courrier de la Seyne sur Mer.

Documents :

- Courrier du syndicat des cheminots CGT de Thionville ˆ la fŽdŽration CGT des cheminots.

- Appel de la Coordination Žtudiante adoptŽ ce dimanche 25 novembre. Dernire minute : dŽsinformation contre la Coordination Žtudiante.

- CommuniquŽ du courant Offensive Socialiste sur le mouvement Žtudiant et l'attitude du Parti socialiste.

- Informations SNESUP : le timing de la loi PŽcresse. Appel pour un grand service public universitaire. Contre la rŽpression.

Belgique.

Devenez correspondant(e)-diffuseur du Militant.


Le billet du jour : agenda du Militant.

RŽunion dÕinformation sur la loi Hortefeux et la rŽgularisation par le travail, jeudi 29 novembre ˆ 19h30. AGECA 177 rue de Charonne 75011 Paris (mŽtro Alexandre Dumas)


 Manifestation pour la rŽgularisation par le travail ˆ lÕappel de Droits Devant, MRAP, Autremonde, UL CGT Massy, Militant : vendredi 30 novembre ˆ 15h Bastille.


D”ner-dŽbat sur les enjeux des Žlections municipales : mardi 10 dŽcembre ˆ 19h30 LÕInattendu, 121 avenue FŽlix Faure 75015 Paris. MŽtro Lourmel. Avec la participation de Jean-Franois Chalot, conseiller municipal dans le 77.


Manifestation pour la rŽgularisation par le travail ˆ lÕappel du Rassemblement des collectifs dÕouvriers sans-papiers des foyers et de Militant : samedi 15 dŽcembre.

* * * *

NON A L'IMMIGRATION JETABLE !


Aujourd'hui vendredi 23 novembre 2007, 23e jour de rŽtention de Kebe Talibe au sous-sol du commissariat central de Bordeaux, nous, comitŽ de soutien ˆ Kebe, avons dŽcidŽ d'occuper les locaux bordelais de l'Agence Nationale de l'Accueil des Etrangers et des Migrations (ANAEM), en rŽaction aux politiques d'expulsion et de surexploitation Žconomique des migrants.


A Bordeaux comme ailleurs, des centaines de personnes sont arrtŽes et expulsŽes chaque annŽe par l'Etat franais ˆ travers ses services prŽfectoraux. La politique du chiffre ŽrigŽe comme prioritŽ absolue par le gouvernement brise chaque jour des dizaines de vies : celles des expulsŽ-e-s, celles de leur compagnes ou compagnons, de leurs ami-e-s.

D'autres vies sont brisŽes tous les jours en France par une autre politique du chiffre, celle du profit maximum imposŽe par les actionnaires des transnationales : restructuration d'entreprises, suppression de postes dans les services publics, licenciements massifs, comme en ce moment ˆ Ford Bordeaux... Avec ou sans-papiers, nous refusons d'tre les variables d'ajustement de ce systme qui nie l'tre humain !


En parallle, la doctrine de l'"immigration choisie" pr™nŽe par Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy relance une politique d'importation de main d'oeuvre Žtrangre suivant les seuls dŽsirs des grandes entreprises, pour une durŽe de sŽjour limitŽe et cl™turŽe par un retour forcŽ au pays : ces nouveaux salariŽs "kleenex" se voient ainsi dŽpossŽdŽs de tous les droits sociaux basiques (vie de famille, droits syndicaux, droits aux prestations sociales, retraite, etc...), fragilisant et mettant en concurrence salariŽs "nationaux" et salariŽs immigrŽs.

L'ANAEM participe pleinement ˆ ce dispositif, en gŽrant ces contrats salariaux d'un nouveau type ˆ travers la dŽlivrance de permis de travail saisonniers (dits "contrats OMI") et celle de la future carte de travail "compŽtences et talents". La fusion rŽcente de ces services de gestion de la main d'oeuvre Žtrangre avec ceux de l'aide sociale aux migrants permet en effet la mise en place d'un contr™le administratif inŽdit, de l'entrŽe sur le territoire franais ˆ l'expulsion au pays d'origine, par charters s'il le faut, de ces travailleurs dŽpossŽdŽs des droits les plus fondamentaux.


Par cette occupation, nous comptons dŽnoncer ces politiques, et rŽaffirmer notre lutte pour la libŽration de KEBE et des autres personnes retenues dans les centres de rŽtention, ˆ Bordeaux comme ailleurs.


NON AUX EXPULSIONS !

REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !

LIBERTE DE CIRCULATION ET D'INSTALLATION POUR TOUS !

* * *

Gožt amer pour la classe ouvrire ...

 

Il y a une chose que les travailleurs ne supportent pas, c'est le boniment. Quand une grve n'a pas arrachŽ satisfaction, faire passer pour l'amorce de la satisfaction des revendications les quelques gains et les authentiques arnaques contenues dans les promesses faites et dans les discussions ouvertes, c'est du boniment. Il vaut bien mieux dans ces cas lˆ reprendre le travail en disant franchement qu'on n'a pas gagnŽ ou mme qu'on a perdu, et en reconnaissant la nŽcessitŽ de reprendre des forces pour un prochain combat.

Les cheminots et les traminots ont repris le travail dans leurs assemblŽes gŽnŽrales du jeudi 22 et du vendredi 23 novembre non parce que leur force et leur dŽtermination Žtaient entamŽes, mais parce qu'ils n'avaient pas le choix dans les conditions qui leur Žtaient faites : ouverture de "nŽgociations" avec participation de toutes leurs fŽdŽrations, devant durer au moins un mois ! Ces "nŽgociations" portent sur tous les sujets possibles hormis les trois points qui, selon ce que disait le dirigeant de la fŽdŽration CGT des cheminots Didier Le Reste avant la grve, formaient ce fameux "cadre de la rŽforme" non nŽgociable et qu'il fallait donc faire bouger : le nombre d'annuitŽs (passage des 37,5 aux quarante), la dŽcote, et la dŽsindexation des pensions par rapport aux salaires. Ce ne sont donc pas lˆ les nŽgociations que rŽclamaient les cheminots, permettant de rediscuter de l'ensemble de la contre-rŽforme Sarkozy sur la base d'un rapport de force.

Parce que prolonger la grve et perdre son salaire pendant des semaines encore Žtait absurde et impossible dans ces conditions et qu'il Žtait impossible, en particulier, de continuer seuls, les cheminots et les traminots ont donc repris le travail en marquant fortement leur mŽcontentement envers ces "nŽgociations". Voila la vŽritŽ.

Ils ont donc, pour l'heure, perdu, car les dites "nŽgociations", rŽpŽtons-le, ne mettent pas en cause le "cadre de la rŽforme" mais se situent clairement dans ce cadre !

Mme si un syndicat y va en clamant son opposition ˆ la dite "rŽforme", il va ce faisant ˆ des "nŽgociations" qui n'ont d'autre fonction, affichŽe et explicite d'ailleurs, que de la mettre en oeuvre.

A la SNCF il y a 5 "tables rondes"  qui vont durer "au moins un mois" (d'aprs le communiquŽ de la fŽdŽration CGT du 21 novembre), respectivement sur les "mesures salariales", le "niveau des pensions", l' "adaptation des rgles du rŽgime spŽcial" (adaptation ˆ quoi ? ˆ la rŽforme Sarkozy, pardi !), les avantages familiaux et les situations de handicap, et l'amŽnagement des postes en fin de carrire (on aura reconnu lˆ la trouvaille de Mme Idrac dans sa lettre aux cheminots d'avant la grve : faire faire la formation par les vieux en emploi prolongŽ). Des mesures salariales reprŽsentant en l'Žtat actuel environ 2,5% d'augmentation en fin de carrire, avec rŽpercussion sur les pensions, sont promises par la direction. Selon plusieurs fŽdŽrations, notamment CGT et FO, les reprŽsentants du gouvernement auraient l‰chŽ le mot "ŽvoquŽ", disant que les principes fondamentaux de la rŽforme pourraient tre "ŽvoquŽs", lors de ces "tables rondes". Evocation ...

Les cheminots savent lire et comprennent trs bien qu' "Žvocation" n'est pas nŽgociation, et ils savent compter et comprennent trs bien que ces quelques gains sont certes dus ˆ leur grve, mais ne rŽpondent en rien ˆ leur revendication et ne compensent pas le recul social qu'ils risquent de subir, prŽface d'un recul plus grave encore pour tous les salariŽs dŽs 2008.

Cheminots et traminots ont dž reprendre le travail aprs avoir perdu 8 ˆ 10 jours de salaire, alors que la grve, notamment dans l'enseignement, et les manifestations du mardi 20 novembre, puissantes et trs nombreuses dans les villes de provinces, regroupant largement les 700 000 participants annoncŽs par la CGT, avaient commencŽ ˆ montrer que la majoritŽ du salariat Žtait prte ˆ s'opposer, dans l'unitŽ, dans le Tous ensemble qui seul peut gagner, aux contre-rŽformes de Sarkozy.

Ces 700 000 rŽpondaient notamment, mieux que tout sondage, aux quelques milliers de dames des beaux quartiers et jeunes marchant au pas dŽfilant le dimanche contre les grves et se prŽsentant comme des "otages". Il est remarquable que dans les conditions de matraquage qui ont prŽvalu une aussi grande partie de "'l'opinion" ait rŽsistŽ au bourrage des cr‰nes tentant de faire retomber sur les cheminots les dŽsagrŽments provoquŽs par leur grve. Il n'est pas vrai que "la France" et "l'opinion" soient radicalement autres que ce qu'elles Žtaient en 1995. Ce qui est vrai, c'est que le rapport de force est sur un fil : il s'agit pour Sarkozy de transformer l'essai de son Žlection ˆ la prŽsidentielle, mais ce n'est pas fait.

Les conditions d'un arrt de la grve sans avoir obtenu ni le retrait, ni la discussion, du principe mme de la rŽforme des rŽgimes dits spŽciaux, et donc du passage au 40 annuitŽs, de la dŽcote et de la dŽsindexation, ont ŽtŽ rŽunies juste ˆ la veille du lancement de la grve, quand Bernard Thibault annonait que des nŽgociations Žtaient possibles immŽdiatement dans chaque entreprise concernŽe, sans que le gouvernement ait reculŽ sur l'objet des dites "nŽgociations". La masse des cheminots, et en particulier la masse des cheminots CGT, l'ont compris d'emblŽe. Mais ils ont malgrŽ tout poussŽ la grve jusqu'au regroupement avec les fonctionnaires et les Žtudiants le mardi 20. Honneur ˆ eux.

Ce n'est pas attaquer la CGT que de critiquer le r™le particulier jouŽ par sa direction confŽdŽrale et son secrŽtaire gŽnŽral dans la situation politique prŽsente, au contraire c'est dŽfendre l'indŽpendance et la place centrale d'une organisation syndicale essentielle. Nous ignorons si les actes de sabotages commis sur des lignes SNCF dans la journŽe de mercredi ont ŽtŽ le fait de cheminots dŽsespŽrŽs ou prŽjugeant de leurs seules forces, ou s'il s'agit, ce qui est trs possible, de provocations organisŽes par le pouvoir. Mais la condamnation ˆ 4 mois de prison avec sursis et la menace de rŽvocation sur un cheminot de Thionville qualifiŽ de saboteur et presque de terroriste pour avoir cassŽ les vitres d'un poste d'aiguillage, au moment o l'on vole deux annŽes et demi de leur vie aux cheminots en violant leur contrat de travail et o le chef de l'exŽcutif s'octroie plus de 200% d'augmentation, dŽnote de la part des tribunaux une haine sociale qui s'exerait dŽjˆ contre les jeunes ratonnŽs dans les manifs anti-Sarko ce printemps. Le devoir des organisations ouvrires devrait tre de soutenir ces travailleurs victimes d'une situation dont ils ne sont pas responsables.

Une certaine presse commence ˆ assimiler dŽlinquance, "sabotage" et opposition aux "nŽgociations". Bernard Thibault aurait reu des menaces et dŽcouvert son chat ŽgorgŽ, actes inqualifiables qui ne sont pas ceux de militants ouvriers, mais ceux de la rŽaction qui veut dŽtruire les syndicats. Le journal France Soir, le 23 novembre, sous le titre Qui veut la peau de Bernard Thibault ?, insinue que ce sont des opposants ˆ l'intŽrieur de la CGT, voire mme des ouvriers des usines Lu-Danone, qui auraient pu commettre de tels actes ! On aurait aimŽ que le communiquŽ confŽdŽral du 23 novembre protestant Žnergiquement contre les propos de France Soir ne proteste pas que contre les attaques envers Bernard Thibault, mais envers celles visant tous les syndiquŽs mme "opposants" et envers les ouvriers de Lu-Danone ...

RŽpŽtons-le : il est totalement faux de dire que "Le gouvernement a ŽtŽ obligŽ d'ouvrir des nŽgociations sans prŽalable". Ces "nŽgociations" se font avec un prŽalable : l'application de la rŽforme Sarkozy contre les rŽgimes de retraite dits spŽciaux. Donc la mobilisation des cheminots n'a pas "contraint le gouvernement ˆ s'asseoir ˆ la table des nŽgociations", c'est au contraire la dŽcision des fŽdŽrations d'aller s'asseoir avec le gouvernement sur son programme de contre-rŽforme, annoncŽe dŽs le dŽbut de la mobilisation, qui a finalement suspendu la mobilisation. Ce n'est pas la faiblesse de leur grve, qui Žtait au contraire forte, ce n'est pas non plus le manque de soutien des autres salariŽs, qui Žtait rŽel et qui ne demandait qu'ˆ s'exprimer, ce n'est pas la supposŽe hostilitŽ des travailleurs dans les entreprises envers "ceux du public" -les cheminots et les traminots sont des ouvriers comme eux- qui les ont contraints ˆ suspendre la grve, c'est l'acceptation de ce prŽalable lˆ par les directions des syndicats.

 

... Mais Sarkozy n'est pas si fort.

 

Raymond Soubie, conseiller "social" de l'ElysŽe, Franois Fillon, Nicolas Sarkozy lui-mme : la tentation de la danse du scalp les Žtreint. Fillon salue "le tournant historique important" dans une dŽclaration faite vendredi lors d'un dŽplacement en Sude. Il y va un peu fort car il explique lui-mme ensuite que le plus dur reste ˆ faire. Selon l'agence Reuters :

Le prochain dŽfi, pour l'exŽcutif, est la rŽforme du contrat de travail, pour laquelle les nŽgociations entre partenaires sociaux piŽtinent. "La flexicuritŽ scandinave, c'est un concept sur lequel nous travaillons", a prŽcisŽ Franois Fillon.

S'y ajoute le rendez-vous de 2008 sur le rŽgime gŽnŽral de retraite.

De l'avis du gouvernement, les organisations syndicales se rŽserveraient pour ces futurs combats aprs le galop d'essai des rŽgimes spŽciaux, qui ont dŽmontrŽ la radicalitŽ de la base face ˆ des dirigeants plus conciliants convertis ˆ la nŽcessitŽ de l'harmonisation.

Pour l'essentiel, cette bataille prŽliminaire a ŽtŽ gagnŽe par le capital et son gouvernement. Elle a eu lieu au moment choisi par eux bien qu'elle ait durŽ un peu plus longtemps que prŽvu et manifestŽ une dŽtermination inentamŽe, cette fameuse "radicalitŽ". Sarkozy n'est pas du tout dans les conditions de Thatcher sortant de la grve des mineurs anglais dŽbut 1985 : tout ce qu'il fait, tout ce que fait son gouvernement, repose d'une part sur la dŽcision des directions syndicales de ne pas aller ˆ un affrontement d'ensemble et donc de se laisser saucissonner branches par branches, et d'autre part sur ce soit disant "vide ˆ gauche" qui est pire qu'un vide, car il s'agit du soutien ouvert de la direction du PS ˆ Sarkozy sur les aspects essentiels de sa politique : sur le traitŽ europŽen "simplifiŽ" comme sur les rŽgimes spŽciaux, elle est avec lui, contre sa propre base et son propre Žlectorat.

La victoire de Sarkozy sur les cheminots est limitŽe et prŽcaire prŽcisŽment en cela qu'elle manifeste que Sarkozy n'est pas fort de ses propres forces.

Pendant la grve des cheminots s'est d'ailleurs tenu le congrs des maires de France, o l'on a pu voir le prŽsident menacer les grŽvistes ˆ la tribune, entre MM. Michel Charasse et Bertrand Delano‘ aussi affables l'un que l'autre ˆ son Žgard. Sarkozy a annoncŽ une rŽforme de plus, celle de la fiscalitŽ locale. Les trois associations des maires, des dŽpartements et des rŽgions (AMF, ADF et ARF) prŽconisent toutes des "avancŽes" vers ... l'autonomie financire des collectivitŽs locales, en clair le droit local de fixer les imp™ts, bref l'achvement de la dŽcentralisation dans le cadre de la V¡ RŽpublique, dŽtruisant ce qui reste d'ŽgalitŽ devant la loi et devant l'imp™t. Voila un terrain fort important, bien qu'on en parle peu, de collaboration entre Sarkozy et sa supposŽe opposition, dans la mise en oeuvre d'une politique qui menace notamment les services publics, en tant que tels.

 

PrŽparer la prochaine Žtape.

 

Ils pensent qu'ils ont gagnŽ une bataille dans la guerre qu'ils nous font, mais ils savent que ce gain est prŽcaire.

Le mouvement Žtudiant et lycŽen est allŽ de l'avant jusqu'ˆ jeudi dernier. Contrairement ˆ ce que l'on croit en beaucoup d'endroits, parfois de bonne foi, ce mouvement 1¡ n'est pas minoritaire dans la masse des facs de province, 2¡) est en butte ˆ une rŽpression d'une nature nouvelle (voir la prŽcŽdente MLL sur le r™le de ces messieurs les prŽsidents d'universitŽs).

La Coordination Žtudiante nationale ne se rŽduit pas, comme voudrait le faire croire LibŽration (article du lundi 19 novembre, L'UNEF -qui pour LibŽ semble se rŽsumer ˆ Julliard- rafle la mise) ˆ un champ clos d'affrontement entre "ultra-gauchistes" et direction de l'UNEF. En fait les Žtudiants syndicalistes, partisans depuis son adoption du combat pour l'abrogation de la loi PŽcresse, y jouent un r™le essentiel ; ils lui ont permis de rechercher l'Žlargissement du mouvement et la jonction avec les salariŽs sans compromissions ni ultimatums, et d'Žvoluer peu ˆ peu vers un vŽritable comitŽ national de grve formŽ de dŽlŽguŽs Žlus et mandatŽs, intŽgrant les syndicats et notamment l'UNEF, sur la base de la revendication claire : abrogation de la loi PŽcresse.

ExpŽrience politique essentielle, qui ne sera pas perdue. Comment le mouvement Žtudiant et lycŽen ressentira-t-il les effets de l'arrt de la grve des cheminots ? On le saura mardi, prochaine journŽe appelŽe par la Coordination Žtudiante nationale, ainsi que par l'UNL dans les lycŽes. Maintenir la revendication centrale, concentrer le mouvement contre l'ennemi, le ministre, l'exŽcutif, la prŽsidence, avec la perspective d'une manifestation nationale, pourrait tre la prochaine Žtape nous semble-t-il.

De nombreux militants et organisations, se rappelant de 2005, sont en outre en train de se mobiliser pour exiger un rŽfŽrendum sur le projet de traitŽ "simplifiŽ" de Sarkozy, qui n'est rien d'autre que ce qui a ŽtŽ rejetŽ en 2005.

C'est une mobilisation dŽmocratique, sur une exigence dŽmocratique qui, en thŽorie, peut tre partagŽe par les courants les plus divers : un rŽfŽrendum.

Mais cette exigence heurte de front la politique de Sarkozy. Elle met en relief contre tous ceux qui, de droite mais aussi de gauche, nous serinent que Sarkozy est "lŽgitime" puisqu'il a ŽtŽ Žlu, que ce prŽsident de la V¡ RŽpublique "lŽgitime" est le premier qui ne veut pas, parce qu'il ne le peut pas, se servir de l'arme plŽbiscitaire du rŽfŽrendum, une arme qui se retournerait contre lui. Ces messieurs nous disent que la contre-rŽforme des rŽgimes de retraite dits spŽciaux, et les contre-rŽformes ˆ venir, doivent tre acceptŽes parce que Sarkozy a ŽtŽ Žlu "dŽmocratiquement". On pourrait argumenter sur le caractre prŽtendument "dŽmocratique" de l'Žlection prŽsidentielle dans la V¡RŽpublique, certes, mais lˆ, une chose saute aux yeux de tout le monde : ce prŽsident "dŽmocratiquement" Žlu s'apprte ˆ marcher sur un vote tout aussi prŽtendument "dŽmocratique" et, au dŽpart, tout aussi plŽbiscitaire qu'une Žlection prŽsidentielle : le vote populaire de juin 2005. Les militants de gauche, socialistes, communistes, syndicalistes, Žcologistes, la•ques, qui commencent ˆ nouveau ˆ se coordonner pour porter cette exigence dŽmocratique tapent donc de front contre Sarkozy.

Ils tapent aussi de front contre le soutien apportŽ ˆ Sarkozy par la direction du Parti socialiste depuis que celle-ci a mis en avant son soutien au traitŽ "simplifiŽ" comme ˆ la contre-rŽforme contre les rŽgimes spŽciaux.

La direction gŽnŽrale des prochains affrontements est tracŽe. Comme au jeu d'Žchec, c'est la tte de l'Etat qui doit tre visŽe. Centraliser les luttes, multiplier les dŽbats, s'organiser, tirer le bilan de la pŽriode ŽcoulŽe : le Militant, avec les autres groupes et camarades qui le souhaitent, entend y contribuer.

 

* * * *

 

Chirac mis en examen : une bombe que ces messieurs veulent tous dŽsamorcer.

 

Il a donc bien fallu le mettre en examen, pour dŽtournements de fonds publics dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. La combinaison entre la crise provoquŽe dans l'institution judiciaire et l'appareil d'Etat par la rŽformite aigŸe de Sarkozy, le courage subit de certains juges une fois que MM. Chirac et De Villepin ne sont plus au pouvoir, les conflits sourds mais graves qui rongent l'Etat, le MEDEF et certaines entreprises "nationales" comme EADS, crŽent un moment juridique un peu particulier o le resserrement de l'Žtau de l'exŽcutif a commencŽ, ˆ la manire d'une dictature, mais o dans le mme temps des initiatives d'autant plus inattendues qu'elles Žtaient longtemps attendues peuvent se produire. On presse les juges mais du coup, ils font pschitt et lancent quelques bombes.

Car on peut se payer de mots, raconter tout ce que l'on veut : mettre Chirac en examen, c'est mettre la V¡ RŽpublique en examen. Et son prŽsident actuel s'appelle Sarkozy, lui-mme ayant ŽchappŽ ˆ une enqute sur ses exploits immobiliers ˆ Neuilly. Tous se tiennent par la barbichette et savent trs bien ˆ quoi s'en tenir, le systme Sarkozy a ŽtŽ ˆ l'origine une mŽtastase du systme Chirac. Alors la consigne est donnŽe, et observŽe : discrŽtion, discrŽtion ...

On notera, pour le fun, que la consigne s'Žtend jusqu'ˆ Arnaud Montebourg. Celui qui, en son temps, avait courageusement attaquŽ M. Chirac quand il Žtait au pouvoir, a fondŽ ensuite son image et sa carrire politique sur cet acte initial : mais c'Žtait pour faire carrire. Devenu le fou du roi de Madame Royal pendant les prŽsidentielles, A. Montebourg appelle aujourd'hui, en ne participant pas ˆ un Žventuel vote du parlement en congrs sur le traitŽ "europŽen" "simplifiŽ" de M. Sarkozy, ˆ protŽger ce dernier. InterrogŽ sur la mise en examen de Chirac, il a simplement dit que c'Žtait "trop tard". "Trop tard", donc inutile d'en parler. M. Montebourg ne veut plus depuis longtemps mettre la V¡ RŽpublique en examen : les morts enterrent les morts ...

 

* * *

 

Droit de grve.

 

N'en doutons pas : aprs la grve des cheminots et des traminots, la question du soi-disant "service minimum" va tre plus que jamais au centre, la loi anti-grve dans les transports terrestres devant s'appliquer au 1¡ janvier 2008. Cheminots et traminots restent dŽterminŽs mais sont Žvidemment affaiblis, il serait irresponsable de le nier. Or, les dŽlais de "nŽgociation" sur les rŽgimes spŽciaux, acceptŽs prŽalablement par les fŽdŽrations qui sont entrŽes dans cette soi-disant "nŽgociation" le mercredi 21 novembre, conduisent tout droit ˆ janvier 2008.

Dans les entreprises publiques SNCF et RATP, les nŽgociations sur le service minimum, officiellement (nous ne sommes Žvidemment pas au courant de nŽgociations secrtes possibles ...), n'ont pas commencŽ. De fait, dans la stratŽgie du gouvernement, les pseudos "nŽgociations" sur les rŽgimes spŽciaux ont plus d'importance et l'implication des fŽdŽrations dans celles-ci a la mme signification politique.

Dans les autres entreprises de transports terrestres, depuis le 5 octobre (voir site Droit de grve, http://droitdegreve.wordpress.com/page/3  ) toute "nŽgociation" nationale est au point mort. La fŽdŽration CGT des transports le souligne, tout en diffusant une brochure non pas fŽdŽrale, mais confŽdŽrale, qui prŽconise de participer aux "nŽgociations" pour "rendre inopŽrantes les dispositions de la loi menaant le droit de grve", tout en demandant que celles-ci aient lieu au niveau de la branche et en appelant les syndicat ˆ ne pas participer ˆ des nŽgociations locales ou d'entreprises avant que des nŽgociations de branche soient engagŽes. Or, rŽpŽtons-le, celles-ci sont au point mort (officiellement).

Envers les entreprises de cars comme la Connex, des chartes de service minimum apparaissent dans les collectivitŽs locales. Pour autant que nos informations nous permettent de l'indiquer, les Žlus locaux, gŽnŽralement confrontŽs ˆ ces questions lors de rŽunions de syndicats intercommunaux, communautŽs de communes ou d'agglomŽrations, votent pour le ""service minimum" quand ils sont de droite, s'abstiennent ou refusent de prendre part au vote quand ils sont PS, votent contre quand ils sont PCF. Mais dans tous les cas, la chose se fait avec une discrŽtion exemplaire ! Nous appelons nos lecteurs ˆ nous envoyer et ˆ envoyer au site Droit de grve toute information sur ces "nŽgociations" locales discrtes, qui y dit quoi rŽellement et qui y participe ou non.

Bref, une constatation rŽsume tout : la prŽparation de l'application de la loi anti-grve dans les transports au 1¡ janvier prochain se fait dans l'opacitŽ et le secret !

C'est ˆ la fois pour nous un danger et un encouragement. Un encouragement, car cela montre qu'ils ont dž mettre la sourdine, mais sans renoncer ˆ rien.

Ce qui est regrettable est que les confŽdŽrations, sans parler des partis de gauche, n'aient Žvidemment pas mis ˆ profit la pŽriode des grves du 18 octobre, du 20 novembre, des cheminots et des traminots, pour mettre cette question en pleine lumire. Ce sont l'Etat et les patrons qui veulent l'ombre, les travailleurs, eux, ne craignent pas la lumire et la transparence. Faire la lumire ˆ fond, le 18 octobre et le 20 novembre, alors que les "nŽgociations" sur cette question Žtaient soient suspendues (cars) soit non engagŽes (trains), aurait fait sauter le plan d'application de la loi. C'est comme a qu'on aurait "rendu inopŽrantes les dispositions menaant le droit de grve" ...

Mais quand on ne veut pas centraliser le combat contre Sarkozy alors on tait les principaux axes de sa stratŽgie ... surtout si on s'apprtait ˆ "nŽgocier" sur les bases du gouvernement contre les rŽgimes spŽciaux ...

Dans ces conditions, l'initiative de la section dŽpartementale de la FSU de l'Allier, de soutenir l'appel Le droit de grve n'est pas nŽgociable, de diffuser ˆ ce sujet un tract dans la manifestation du 20 novembre appelant ˆ la 3¡ rŽunion du comitŽ de mobilisation pour l'abrogation de la loi anti-grve dans les transports terrestres, doit tre soulignŽe car elle fut de fait l'une des rares ˆ rompre ce silence.

Une quarantaine de participants, responsables FSU bien entendu, mais aussi CGT (usine Potain, TOSS et Žducation nationale), FO (Poste, DŽpartement, Equipement, PrŽfecture), SUD, militants communistes, socialistes, Verts, et aussi bien sžr des travailleurs et des citoyens "de base" dont plusieurs cheminots et retraitŽs cheminots, des intermittents, des enseignants, des employŽs communaux ... ont discutŽ de la loi anti-grve et de la situation politique et sociale. Il est apparu que beaucoup de gens connaissent en fait cette loi et s'en prŽoccupent, et reprochant aux syndicats de ne pas avoir assez donnŽ l'alerte ˆ son sujet. L'accord s'est fait sur l'importance extrme de cet enjeu dans la prochaine pŽriode. Lecture a en outre ŽtŽ donnŽe de l'appel de la Coordination Žtudiante de Tours, seul texte ˆ donner une perspective aux mouvements sociaux au delˆ du mardi 20. Rendez-vous a ŽtŽ pris pour le 3 dŽcembre o une confŽrence de presse se tiendra sur la dŽfense du droit de grve.

Relanons la bataille, elle est centrale !

 

* * *

A la Seyne sur mer, mercredi 21 novembre 2007,

Ç Rachida DATI et son ticket modŽrateur !! È

 

Rachida DATI, la banlieusarde devenue ministre de la Justice, nÕaime pas les pauvres.

 

Lors du vote ˆ lÕassemblŽe nationale du budget du ministre, Rachida DATI, visiblement tendue, a peinŽ ˆ justifier sa rŽforme de la carte judiciaire !

 

Pire, elle en a rajoutŽ en Žvoquant la possible Ç instauration dÕune sorte de franchise judiciaire È qui a tant fait hurler sur les bancs de lÕHŽmicycle de la gauche, mais aussi et franchement surpris une grande partie de la droite.

 

Aprs la franchise mŽdicale nous voici arrivŽs ˆ la franchise pour la justice ! La ministre de la Justice a donnŽ des explications trs peu convaincantes :

Ç Nous nous inspirons du rapport du sŽnateur Roland du LUART qui a fait des propositions en matire dÕaide juridictionnelle notamment en instaurant une franchise ou ticket modŽrateur. È

Suite cette dŽclaration, la confusion rgne au sein de la majoritŽ UMP de lÕassemblŽe nationale. Certains ont pu dŽclarer :

Ç CÕest une piste ŽvoquŽe dans un rapport, mais ce nÕest pas une proposition du gouvernement. È

Point final, il reste ˆ voir ce que vont tre les dŽcisions futures du prŽsident de la RŽpublique.

 

Quoi quÕil en soit, pour le dŽputŽ communiste des Bouches du Rh™ne Michel VAXES :

ÇSi au-delˆ des mots vous partagiez avec nous la conviction quÕune action efficace contre la dŽlinquance et la rŽcidive passe avant tout par une politique audacieuse de prŽvention et de rŽinsertion, cÕest un autre budget que vous nous proposeriez. Loin devant ceux de la protection judiciaire de la jeunesse et de lÕaccs au droit et ˆ la justice, les crŽdits de lÕadministration pŽnitentiaire enregistrent la plus forte augmentation È a regrettŽ le dŽputŽ, prŽcisant que Ç cette hausse nÕallait mme pas servir ˆ rendre plus dignes les conditions de dŽtention, mais ˆ financer essentiellement la garde et le contr™le des personnes placŽes sous la main de la justice. È Fin de citations.

Sur le terrain, plus rien ne va entre Rachida DATI et les avocats en lutte.

 

Dans un communiquŽ publiŽ le 5 novembre 2007, le PCF dŽnonce la chasse aux pauvres, lÕidŽe avancŽe par Rachida DATI de crŽer un ticket modŽrateur pour bŽnŽficier de lÕaide juridictionnelle.

 

Aprs lÕaccs aux soins, le gouvernement vise dŽsormais ˆ restreindre lÕaccs ˆ la justice pour les plus pauvres. Cette proposition est extrmement choquante et plus particulirement dangereuse. Le gouvernement sÕacharne avec un monstrueux zle sur les plus fragiles !

 

Il mne une vŽritable chasse aux pauvres. Il est en train de supprimer, loi par loi, toutes les solidaritŽs qui existent aujourdÕhui en France. Le PCF dŽnonce avec fermetŽ cette dŽrive dÕun mŽpris et dÕun cynisme intolŽrable.

 

AujourdÕhui avocats, magistrats et Žlus se mobilisent face ˆ la rŽforme de la carte judiciaire.

 

De la part de la ministre, cÕest main de fer et gant de velours. On peut dŽsormais parler de la mŽthode Rachida DATI.

 

En premier lieu, on installe un comitŽ thŽmatique chargŽ de rŽflŽchir ˆ une rŽforme et dans le mme temps en coulisse et ˆ quelques-uns on Žlabore les principales dŽcisions ; on fait semblant dՎcouter par la suite les conclusions du dit comitŽ pour tre mieux ˆ mme dÕimposer ses propres vues.

 

CÕest ce que lÕon appelle la nŽgation du dialogue ˆ la sauce majoritŽ gouvernementale UMP avec la sublimitŽ du prŽsident de la RŽpublique.

 

Et ainsi soit-il !

LÔaccs au service public de la justice pour tous est menacŽ !

DŽcidŽment quelque chose de trs malsain est ˆ lÕÏuvre au sein du pouvoir.

 

On a le sentiment quÕune machine se met en place dont la vocation ne sera pas de rendre justice mais de faire de la justice un bras armŽ de lՎtat.

 

Selon que vous serez puisant au misŽrable, la nouvelle justice sera rendue. Indulgence pour les riches, plus systŽmatique pour les autres ce qui fait dire ˆ Ma”tre JŽr™me ALIROL, b‰tonnier au barreau de MILLAU :

ÇCe sont les justiciables les plus dŽfavorisŽs qui p‰tissent de la rŽforme DATI. È

Face ˆ ce pŽril, les professionnels ne sont pas les seuls ˆ se mobiliserɂa enfle, a enfle et la lutte continue !

 

Ç Le plus fort nÕest jamais le plus fort pour tre toujours le ma”tre, sÕil ne transforme sa force en droit et lÕobŽissance en devoir. De lˆ le droit du plus fort. È

Jean-Jacques ROUSSEAU

 

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Documents.

Courrier du syndicat CGT de Thionville ˆ la fŽdŽration CGT des cheminots

(15 novembre 2007)

Le courrier du ministre du 14 novembre 2007 invite les organisations syndicales, dont la fŽdŽration CGT des cheminots, ˆ nŽgocier Ç dans chaque rŽgime spŽcial et dans le respect des principes dÕharmonisation les propositions concrtes des directions comme des organisations syndicales È.

En tout Žtat de cause, pour ce qui concerne la prŽsente assemblŽe gŽnŽrale, trois principes constituent un prŽalable impŽratif avant dÕentrer en nŽgociation. Ces trois principes doivent donc tre garantis, par la direction, avant que la nŽgociation ne sÕengage.

Il sÕagit :

- Du taux de remplacement annuel qui doit rester ˆ 2%

- De lÕabsence de pŽnalitŽs et de dŽcotes

- Du maintien de lÕindexation des pensions sur les salaires des actifs.

Vous en souhaitant bonne rŽception et, dans lÕattente.

Fraternellement.

 

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Appel de Lille de la Coordination Nationale Etudiante

PubliŽ dimanche 25 novembre 2007

 

Nous, Žtudiants de 67 universitŽs, rŽunis en Coordination nationale les 24-25 novembre 2007 ˆ Lille, adoptons lÕappel suivant.

Plus de la moitiŽ des universitŽs sont en blocage total ou partiel et plus de 60 universitŽs sont touchŽes par la mobilisation.

Nous rejetons la LRU parce quÕelle signifie la privatisation de lÕenseignement supŽrieur. LÕintroduction de financements privŽs va renforcer les inŽgalitŽs entre universitŽs et filires et va permettre une mainmise du patronat sur le contenu des formations. LÕuniversitŽ nÕest pas responsable du ch™mage, et adapter lÕuniversitŽ aux exigences du "monde du travail" ne rapprochera pas les Žtudiant-e-s de lÕemploi : la professionnalisation est au contraire le plus court chemin vers la dŽqualification et vers la prŽcaritŽ. La LRU implique aussi la prŽcarisation des statuts des enseignants et personnels, et la transformation des prŽsidents dÕuniversitŽ en vŽritables managers.

Nous refusons la logique dÕautonomie financire, qui implique le dŽsengagement financier de lÕEtat, et donc lÕaugmentation ˆ terme des frais dÕinscription. Nous refusons Žgalement lÕinstauration dÕune prŽ-sŽlection ˆ lÕentrŽe de lÕuniversitŽ, qui remet en cause lÕaccs de tous ˆ lÕuniversitŽ.

La ministre PŽcresse a rŽcemment annoncŽ le dŽblocage de moyens pour les Žtudiants en 1er cycle (rŽorientation, tutorat), ainsi que la suppression des cautions pour le logement... en Žchange dÕun Ç retour au calme È sur les campus. Cela prouve que le gouvernement voit bien quÕil y a un problme dans les universitŽs, et quÕil a peur du mouvement Žtudiant. Mais ces annonces ne rŽpondent pas au problme central : la LRU, et les dangers quÕelle nous promet. CÕest pourquoi nous demandons au bureau national de lÕUnef de prendre clairement position pour lÕabrogation de la loi PŽcresse, et de cesser toute nŽgociation jusquÕau retrait de cette loi.

La LRU nÕest ni amendable, ni nŽgociable, que ce soit sur un plan local ou national. Depuis le dŽbut de la lutte, cÕest la position de toutes les assemblŽes gŽnŽrales et de la coordination nationale, seules instances reprŽsentatives des Žtudiant-e-s mobilisŽ-e-s.

Si nous nous battons pour lÕabrogation de la LRU, cÕest parce que nous nous battons pour le droit ˆ lՎducation pour tous, et contre la destruction du service public. Etudiants et lycŽens, avec la LRU et les 11 500 suppressions de postes dans lՎducation, cÕest notre avenir qui est menacŽ. Exiger lÕabrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du budget de lÕenseignement supŽrieur, pour la crŽation des milliers de postes dont il y a besoin, pour de vrais dipl™mes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour lՎgalitŽ entre Franais-e-s et Etranger-e-s dans lÕaccs aux Žtudes. Cela implique aussi de lutter pour une augmentation massive des aides sociales, et dՐtre solidaires des salariŽ-e-s qui luttent en ce moment pour une amŽlioration de leur pouvoir dÕachat.

Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement sur nos revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF, avocats, salariŽs de la fonction publique... Sarkozy a beau dire quÕil ne reculera pas face ˆ nous, lui et son gouvernement ont ŽtŽ affaiblis par les grves. La rŽussite de la journŽe de grve du 20 novembre a montrŽ quÕil existait une volontŽ de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde du travail. Les cheminots en particulier ont montrŽ que lutter contre Sarkozy et sa politique Žtait possible.

En effet, la LRU nÕest pas une loi isolŽe mais fait partie dÕun contexte de casse gŽnŽralisŽe du service public dž ˆ une libŽralisation grandissante de la sociŽtŽ et de lՎconomie franaise, ce que nous condamnons.

Pour cela, la coordination nationale appelle les Žtudiant-e-s ˆ approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, ˆ renforcer les liens entre personnels, enseignants et Žtudiants. Les lycŽens doivent se mobiliser encore plus massivement. Et lycŽens et Žtudiants doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu ceux de lÕEducation Nationale, notamment dans les universitŽs et dans les lycŽes.

La plupart des prŽsidents dÕuniversitŽ Žtant en faveur de la LRU, ils nÕhŽsitent pas ˆ recourir ˆ la rŽpression pour briser la mobilisation. Les fermetures administratives, les interventions policires... ne rŽpondent pas ˆ de prŽtendus Ç problmes de sŽcuritŽ È : elles visent ˆ nous empcher de nous mobiliser, cÕest-ˆ-dire nous priver de notre droit de nous rŽvolter. Nous condamnons toutes les interventions policires et les arrestations. Nous exigeons lÕamnistie de tous les inculpŽs des mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons la rŽouverture de toutes les universitŽs fermŽes administrativement, et le retrait de toutes les forces de police qui occupent actuellement des universitŽs.

Nous rŽclamons la dŽmission des prŽsidents dÕuniversitŽs ayant fait appel ˆ la rŽpression et collaborŽ ˆ lÕexpulsion de sans-papiers.

Suspendre les cours est le seul moyen efficace pour que tous les Žtudiant-e-s, notamment les boursiers, puissent se rŽunir et dŽcider ensemble de se mobiliser. Sans blocages votŽs dans des AssemblŽes GŽnŽrales massives, les Žtudiants ne disposent pas rŽellement de droit de grve. Sans occupation des locaux, ils ne disposent pas vŽritablement du droit de se rŽunir. Face aux tentatives de faire reprendre les cours par lÕintermŽdiaire des rŽfŽrendums, nous rŽaffirmons la seule lŽgitimitŽ des AssemblŽes GŽnŽrales pour dŽcider des suites du mouvement : cÕest dans les AG que les informations, les diffŽrents points de vue peuvent tre ŽchangŽs et que les Žtudiant-e-s peuvent voter en connaissance de cause. CÕest aux grŽvistes dÕorganiser eux-mmes la prise de dŽcision et non aux prŽsidences dÕuniversitŽ, qui pour la plupart soutiennent la rŽforme.

Nous appelons donc au boycott des votes organisŽs par les administrations universitaires.

Nous exigeons la rŽouverture de toutes les universitŽs fermŽes administrativement, et le retrait de toutes les forces rŽpressives (polices, vigiles privŽs...) qui occupent actuellement les universitŽs.

Leur projet est de dŽtruire lÕensemble des acquis sociaux. Face ˆ ce projet, cÕest ensemble que nous gagnerons : nous devons construire un mouvement dÕensemble des jeunes et des salariŽs pour riposter ˆ lÕoffensive du gouvernement.

Nous appelons ˆ un vŽritable service public dans tous les domaines : Žducation, santŽ, transports, protection sociale ce qui implique un rŽengagement massif de lÕEtat dans le financements de lÕenseignement supŽrieur et la recherche, la titularisation des prŽcaires, lÕaugmentation des salaires et du point dÕindice dans la fonction publique....

Nous reprenons lÕappel de la coordination de Tours ˆ la journŽe de mobilisation 27 novembre.

Nous appelons ˆ faire du 29 novembre une manifestation nationale Žtudiants/lycŽens.

Nous appelons ˆ une journŽe nationale de solidaritŽ avec les sans-papiers le 3 dŽcembre.

Nous proposons une prochaine journŽe de mobilisation interprofessionnelle le 4 dŽcembre.

Nous rejoindrons toute initiative proposŽe par les salariŽs en grve : leur combat est aussi le n™tre.

Nous appelons tous les jeunes et les salariŽs ˆ se saisir de ces dates pour nous rejoindre dans la grve. Nous appelons ˆ la tenue de rŽunions interprofessionnelles dans toutes les villes.

Nota : les passages soulignŽs le sont par la rŽdaction.

* * *

Dernire minute.

DŽsinformation contre la Coordination Žtudiante.

DŽs lundi, LibŽration a prŽtendu que l'UNEF avait pris le contr™le de la coordination, excitant divers groupes ultra-gauches (appelŽs les "totos" dans le monde Žtudiant) qui se sont empressŽs de croire LibŽration (!) et d'appeler soit ˆ combattre la coordination, soit ˆ en chasser l'UNEF.

Ce que la presse voulait masquer, c'est la rŽalitŽ : le noyau de la coordination repose sur des Žtudiants syndicalistes, souvent militants de l'UNEF, qui depuis le dŽbat combattent pour l'abrogation de la loi PŽcresse et s'opposent donc ˆ la direction de l'UNEF reprŽsentŽe par Bruno Julliard, celui que Sarkozy appelle souvent sur son portable.

A Tours dimanche dernier, des pas ont ŽtŽ faits vers l'Žvolution de la coordination en un vŽritable comitŽ national de grve intŽgrant l'UNEF sur la base de la revendication d'abrogation de la loi PŽcresse.

C'est cela qui est insupportable ˆ Sarkozy, aux prŽsidents d'universitŽ, ˆ LibŽration, ˆ la direction actuelle de l'UNEF et ˆ certains "totos" car cela signifie la rŽalisation majoritaire de l'unitŽ du monde Žtudiant contre le gouvernement, aux antipodes de tout "gauchisme" comme de toute nŽgociation secrte. Aprs la reprise des cheminots, Julliard et la direction de l'UNEF ont annoncŽ vendredi qu'il Žtait temps de nŽgocier ... les moyens financiers de l'application de la loi PŽcresse !

Ce coup de poignard contre le mouvement Žtudiant a naturellement favorisŽ les rŽactions antisyndicales de certains Žtudiants grŽvistes : les uns et les autres se compltent.

La Coordination de dŽlŽguŽs Žlus et mandatŽs, contre les manipulations et la dŽsinformation, doit mener ˆ bien son mandat : donner au delˆ de la journŽe de grve de mardi dans les facultŽs et les lycŽes, une perspective permettant au mouvement de tenir sur la base de la revendication majoritaire parmi les Žtudiants et dans tout le monde universitaire et de la recherche d'abrogation de la loi PŽcresse, perspective qui pourrait tre la prŽparation d'une manifestation nationale de la jeunesse contre l'ElysŽe et le ministre de l'enseignement supŽrieur.

* * *

 

CommuniquŽ du courant Offensive Socialiste sur le mouvement Žtudiant et l'attitude du Parti socialiste.

 

 

Halte ˆ la rŽpression contre les Žtudiants !

Les CRS hors des facs !

Comme en 2003 et en 2006, notre Parti doit soutenir le mouvement Žtudiant !

Depuis le 16 novembre, une page vient dՐtre tournŽe dans lÕhistoire de lÕenseignement supŽrieur franais : lÕElysŽe a organisŽ un plan de reprise des facs bloquŽes et a appelŽ les prŽsidents dÕuniversitŽ ˆ recourir aux CRS, au nom dÕune prŽtendue Ç dŽfense de la sŽcuritŽ des biens et des personnes È.

Alors que le mouvement demandant l'abrogation de la LRU prend de l'ampleur, le gouvernement utilise la rŽpression policire pour Žtouffer les revendications des Žtudiants. Un tel comportement est attisŽ par l'absence de rŽaction et de soutien de la gauche ˆ ce mouvement. Ce bras de fer initiŽ par la loi PŽcresse vise en fait ˆ ch‰tier tous les Žtudiants, cette gŽnŽration qui a fait reculer la droite lors de la lutte contre le CPE. Pour ceux qui veulent placer lÕuniversitŽ franaise dans le cadre concurrentiel de la mondialisation et privatiser lÕenseignement supŽrieur, les militants Žtudiants et les jeunes syndicalistes sont les premires cibles. A bas la rŽpression antisyndicale !

Nous appelons lÕensemble des partis de gauche, attachŽs ˆ la dŽfense des libertŽs dŽmocratiques -et en premier lieu le parti socialiste- ˆ condamner les mesures de rŽpression et ˆ affirmer leur solidaritŽ avec les Žtudiants en lutte, confrontŽs ˆ une violence que ne renierait pas la police gaulliste de 1968! Lors du mouvement social de novembre 2003, le Parti socialiste a demandŽ le retrait du projet de loi de modernisation des universitŽs, projet trs semblable ˆ la LRU et qui visait ˆ instaurer l'autonomie des universitŽs. Les socialistes ont aussi soutenu la lutte de la jeunesse en 2006 contre le CPE, tandis que le MJS sՎtait mobilisŽ dans la rue avec toute la jeune gauche syndicale, politique et associative.

Une nouvelle fois, nous devons prendre clairement position, car lÕautonomie des universitŽs prŽpare la privatisation totale de lÕuniversitŽ, la casse des dipl™mes nationaux et des statuts des personnels. Bref, elle annonce ˆ la gŽnŽration montante que la prŽcaritŽ sera son seul horizon. Le Parti socialiste doit se prononcer immŽdiatement pour lÕabrogation de la LRU, qui ne peut qu'aggraver les problmes des Žtudiants et de lÕuniversitŽ. Il en va de mme pour le MJS, qui a une vraie responsabilitŽ en tant que premier mouvement de jeunes de gauche. Il y a urgence ˆ ce que l'unitŽ se rŽalise pour l'abrogation de la Loi PŽcresse.

* * *

 

Informations SNESUP.

Suite ˆ la correspondance publiŽe dans la prŽcŽdente lettre, le camarade Philippe Enclos du SNESUP nous a adressŽ plusieurs documents Žmanant de ce syndicat (le principal syndicat des personnels de l'enseignement universitaire). Nous l'en remercions et ne pouvons en diffuser ici qu'une partie, l'ensemble Žtant ˆ la disposition de ceux de nos lecteurs qui en feraient la demande.

Le Timing de la loi PŽcresse :

LE CALENDRIER DE LA MISE EN OEUVRE DE LA LOI : UNE ANNƒE AU PAS DE CHARGE

La loi Ç libertŽs et responsabilitŽs des universitŽs È publiŽe au Journal officiel le 11 aožt ouvre une pŽriode courte et intense durant laquelle les Žtablissements concernŽs par le texte (les 84 universitŽs) sont appelŽs ˆ se mettre en conformitŽ avec les dispositions nouvelles.

¥ Avant le 11 fŽvrier les Conseils dÕAdministration actuels doivent adopter de nouveaux statuts conformes ˆ la loi, en particulier en fixant le calibrage du nouveau CA (entre 20 et 30, respectant les fourchettes du texte pour les divers collges). Ë dŽfaut dÕexpression du CA, le ministre impose un CA de 20 membres et un statut type.

¥ Avant le 11 aožt 2008 [donc vraisemblablement entre fŽvrier et mai prochain] ces nouveaux CA doivent avoir ŽtŽ Žlus. En mme temps les CS et CEVU sont renouvelŽs selon les dispositions des statuts des Žtablissements (pas de changement nŽcessaire pour les collges des personnels)

¥ Ces conseils Žlisent les nouveaux prŽsidents dÕuniversitŽ, ou confirment ceux qui, Žlus actuels, avaient encore plus de 6 mois de mandat ˆ courir.

¥ Les prŽsidents ainsi Žlus (ou confirmŽs) disposent de toutes les compŽtences et pouvoirs attribuŽs par la nouvelle loi.

 

 

APPEL POUR UN GRAND SERVICE PUBLIC UNIVERSITAIRE

(Voir http://www.universite-democratique.org  , appel signable sur ce site avec la liste des signataires).

La loi Ç libertŽs et responsabilitŽs des universitŽs È, le budget 2007, sans aucune amŽlioration en septembre, le Projet de Loi de Finances 2008, sans crŽation dÕemplois statutaires, entra”nent les universitŽs de notre pays vers un chaos de concurrence. Ces dispositifs sÕinscrivent dans un cadre plus vaste qui vise notamment le service public :

- mise en cause de la carte scolaire, des objectifs de formation pour lÕensemble dÕune classe dՉge ;

- mise en cause des rŽgimes spŽciaux, prŽlude ˆ des menaces sur lÕensemble des retraites.

Dans le supŽrieur et la recherche :

En matire de formations, les Žtudiants des milieux modestes en seraient les premires victimesÉ mais cÕest tout notre pays, renonant de la sorte ˆ des ambitions de formation ŽlevŽe, qui perdrait un peu plus pied dans la ma”trise et lÕutilisation des savoirs. En matire de recherche, des disciplines, des thŽmatiques (en particulier en Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sociales) seraient affaiblies, voire rayŽes du paysage intellectuel.

En refusant, dans les instances de recrutement et dՎvaluation, la collŽgialitŽ et la reprŽsentation dŽmocratique Žquitable, le gouvernement sape les fondements universitaires. En modulant les services et les salaires, en organisant le recours ˆ la prŽcaritŽ, aux emplois hors statut (chercheurs, enseignants-chercheurs, enseignants, personnels de Bibliothques, IngŽnieurs, Administratifs, Techniques, Ouvriers et de Service), il attaque de front les principes de la fonction publique.

Nous, universitaires de tous les Žtablissements, appelons nos collgues, les personnels, les Žtudiants ˆ se rassembler pour un renouveau universitaire valorisant tous les Žtablissements, toutes les disciplines et formations afin de rŽpondre aux dŽfis du XXIme sicle.

Les appels ˆ lÕaction le 18 octobre ont constituŽ pour lÕensemble de nos concitoyens une premire occasion, qui en appelle beaucoup dÕautres, pour faire entendre de manire solidaire la colre et les propositions des salariŽs intellectuels et dŽmocrates que nous sommes. Nous appelons donc, en convergence avec les initiatives dŽcidŽes par les salariŽs de tous les grands secteurs publics, ˆ prolonger ces initiatives dans les semaines ˆ venir.

Paris, le 15 octobre 2007

Contre la rŽpression.

Le SNESUP appelle ˆ condamner la brutale rŽpression du mouvement Žtudiant par le gouvernement 

Le SNESUP-FSU dŽnonce avec force les brutalitŽs policires qui se dŽveloppent dans toute la France contre le mouvement Žtudiant.

Ainsi, ˆ lÕUniversitŽ Paris X de Nanterre ˆ deux reprises, les 12 et 13 novembre, les forces de police sÕen sont pris brutalement aux Žtudiants et aux personnels de lÕUniversitŽ, sans quÕaucun trouble ˆ lÕordre public nÕait ŽtŽ constatŽ (nombreuses charges, brutalitŽs, jets de gaz lacrymognes).

Ë Grenoble, les Žtudiants assemblŽs dans un amphi de l'UPMF (Grenoble 2), trs pacifiques, en ont ŽtŽ dŽlogŽs, par ordre du prŽsident, par des vigiles privŽs AVEC DES CHIENS puis par trois cars de CRS qui sont entrŽs dans l'amphi et ont fait usage de gaz lacrymognes, alors qu'aucune opposition physique n'Žtait observŽe ; deux Žtudiants ont ŽtŽ arrtŽs et gardŽs au poste toute la nuit. Aucune nŽgociation ni discussion prŽliminaire n'avait eu lieu. Le prŽsident de l'UPMF a menacŽ de faire venir les CRS si les Žtudiants tentaient un blocage (mais il a lui-mme fait fermer la Bibliothque universitaire, qu'aucun Žtudiant n'a jamais bloquŽe, sans demander leur avis aux conservateurs).

Ë Aix I, les Žtudiants qui bloquaient le site ont ŽtŽ ŽvacuŽs par les CRS. Le prŽsident a de nouveau fermŽ le site administrativement jusqu'ˆ nouvel ordre. Il a fait un calendrier de consultations un par un des acteurs de l'universitŽ. Le SNESUP condamne fermement cette action sans prŽcŽdent de la police ˆ l'universitŽ de Provence.

Ë lÕuniversitŽ F. Rabelais de Tours ont ŽtŽ opŽrŽes 2 arrestations ˆ la sortie de la prŽsidence, avec de longues gardes ˆ vue pour "rŽbellion avec violence et incitation ˆ la rŽbellion" ˆ lÕencontre dՎtudiants qui avaient seulement É criŽ leur opposition ˆ la loi LRU !

DÕautres brutalitŽs policires, gŽnŽralement dŽclenchŽes par lÕinitiative des prŽsidents, se sont exercŽes dans plusieurs universitŽs, singulirement ˆ Paris I    Tolbiac. En de nombreux Žtablissements, est brandie la menace dÕappel aux forces de police, tandis que les responsables syndicaux sont dŽmarchŽs par les Renseignements GŽnŽraux. QuÕen sera-t-il lorsque les prŽsidents auront tous les pouvoirs que leur donne la loi ?

Ce comportement vis-ˆ-vis des Žtudiants et personnels est inadmissible.  Aprs avoir fait promulguer ˆ marche forcŽe une loi non concertŽe, le gouvernement veut en interdire la contestation et imposer lÕapplication par la rŽpression, tout en se targuant de ses dispositions au dialogue social. Le SNESUP-FSU demande aux PrŽsidents dÕuniversitŽ de ne pas se faire les relais de cette manipulation. Il condamne fermement lÕattitude de ceux qui utilisent et suscitent la rŽpression pour briser le mouvement contre la loi LRU. Il appelle ˆ dŽnoncer les brutalitŽs policires dont sont victimes les Žtudiants et les personnels, ˆ soutenir le mouvement Žtudiant et universitaire en cours pour que soient proposŽs dÕautres choix pour lÕenseignement supŽrieur et que de vŽritables nŽgociations soient engagŽes en vue dÕune rŽforme concertŽe et dÕun rŽengagement financier de lՃtat pour les missions de formation et de recherche des universitŽs.

15 novembre 2007

 

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Belgique.

Pour la poursuite du dŽbat sur la Belgique, nous recommandons ˆ nos lecteurs une lecture et une vidŽo.

La lecture, sur le site http://www.communisme-ouvrier.info/, est celle de plusieurs articles qui tentent d'aborder la crise belge d'un point de vue "communiste", ne se situant ni sur le plan de la dŽfense ˆ tout prix de l'unitŽ de la Belgique liŽe ˆ la monarchie, ni sur celui de la recherche de son Žclatement qui serait, en l'Žtat actuel, un coup ˆ tous les acquis sociaux et conqutes ouvrires. Ces camarades prŽconisent des revendications dŽmocratiques de base immŽdiates, mais que la classe politique trs rejetŽe par la population (ce que dissimule le vote obligatoire) ne veut surtout pas : un rŽfŽrendum sur maintien ou non de la Belgique (qui probablement la maintiendrait) et l'abolition de la monarchie, le tout liŽe aux revendications sociales. On pourrait y ajouter, tout simplement, le bilinguisme ou le trilinguisme administratifs gŽnŽralisŽs. A lire.

La vidŽe est trs marrante : http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article3D400.

Ce n'est pas un ministre, mais l'humoriste et imitateur Franois Pirette. Son contenu est trs sŽrieux et proche de la rŽalitŽ. Remarquez en particulier le parallle Belgique-Union EuropŽenne ... A suivre !

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