
Lettre de liaison n¡4 du 25 novembre 2007
Le courage, c'est de chercher la vrit et de la
dire. Jean Jaurs.
Comit de rdaction provisoire : Christian Barlo (83,)
Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier
Delbeke (94), Franois Ferrette (61), Stphane Fustec (75), Bernard Grangeon
(63), Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne
Olivier (94), Vincent Prsumey (03 – directeur de la publication),
Raymond Debord (75), Salima Jamili (75) É
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Sommaire :
Le billet du jour : agenda du
Militant.
Nouvelles de Kebe Talib. Non
l'immigration jetable !
Got amer pour la classe ouvrire
...
... Mais Sarkozy n'est pas si fort.
Prparer la prochaine tape.
Chirac mis en examen : une bombe que
ces messieurs veulent tous dsamorcer.
Droit de grve.
Courrier de la Seyne sur Mer.
Documents :
- Courrier du syndicat des cheminots
CGT de Thionville la fdration CGT des cheminots.
- Appel de la Coordination tudiante
adopt ce dimanche 25 novembre. Dernire minute : dsinformation contre la
Coordination tudiante.
- Communiqu du courant Offensive
Socialiste sur le mouvement tudiant et l'attitude du Parti socialiste.
- Informations SNESUP : le timing de la loi Pcresse.
Appel pour un grand service public universitaire. Contre la rpression.
Belgique.
Devenez correspondant(e)-diffuseur
du Militant.
Le billet du jour : agenda du Militant.
Runion dÕinformation sur la loi
Hortefeux et la rgularisation par le travail, jeudi 29 novembre 19h30. AGECA
177 rue de Charonne 75011 Paris (mtro Alexandre Dumas)
Manifestation pour la
rgularisation par le travail lÕappel de Droits Devant, MRAP, Autremonde, UL
CGT Massy, Militant : vendredi 30 novembre 15h Bastille.
Dner-dbat sur les enjeux des lections municipales : mardi 10 dcembre
19h30 LÕInattendu, 121 avenue Flix Faure 75015 Paris. Mtro Lourmel. Avec la
participation de Jean-Franois Chalot, conseiller municipal dans le 77.
Manifestation pour la rgularisation par le travail lÕappel du Rassemblement
des collectifs dÕouvriers sans-papiers des foyers et de Militant : samedi 15
dcembre.
* * * *
NON A L'IMMIGRATION JETABLE !
Aujourd'hui
vendredi 23 novembre 2007, 23e jour de rtention de Kebe Talibe au sous-sol du
commissariat central de Bordeaux, nous, comit de soutien Kebe, avons dcid
d'occuper les locaux bordelais de l'Agence Nationale de l'Accueil des Etrangers
et des Migrations (ANAEM), en raction aux politiques d'expulsion et de
surexploitation conomique des migrants.
A Bordeaux comme ailleurs, des centaines de personnes sont arrtes et
expulses chaque anne par l'Etat franais travers ses services prfectoraux.
La politique du chiffre rige comme priorit absolue par le gouvernement brise
chaque jour des dizaines de vies : celles des expuls-e-s, celles de leur
compagnes ou compagnons, de leurs ami-e-s.
D'autres vies sont brises tous les
jours en France par une autre politique du chiffre, celle du profit maximum
impose par les actionnaires des transnationales : restructuration d'entreprises,
suppression de postes dans les services publics, licenciements massifs, comme
en ce moment Ford Bordeaux... Avec ou sans-papiers, nous refusons d'tre les
variables d'ajustement de ce systme qui nie l'tre humain !
En parallle, la doctrine de l'"immigration choisie" prne par Brice
Hortefeux et Nicolas Sarkozy relance une politique d'importation de main
d'oeuvre trangre suivant les seuls dsirs des grandes entreprises, pour une
dure de sjour limite et clture par un retour forc au pays : ces nouveaux
salaris "kleenex" se voient ainsi dpossds de tous les droits
sociaux basiques (vie de famille, droits syndicaux, droits aux prestations
sociales, retraite, etc...), fragilisant et mettant en concurrence salaris
"nationaux" et salaris immigrs.
L'ANAEM participe pleinement ce
dispositif, en grant ces contrats salariaux d'un nouveau type travers la
dlivrance de permis de travail saisonniers (dits "contrats OMI") et
celle de la future carte de travail "comptences et talents". La fusion
rcente de ces services de gestion de la main d'oeuvre trangre avec ceux de
l'aide sociale aux migrants permet en effet la mise en place d'un contrle
administratif indit, de l'entre sur le territoire franais l'expulsion au
pays d'origine, par charters s'il le faut, de ces travailleurs dpossds des
droits les plus fondamentaux.
Par cette occupation, nous comptons dnoncer ces politiques, et raffirmer
notre lutte pour la libration de KEBE et des autres personnes retenues dans
les centres de rtention, Bordeaux comme ailleurs.
NON AUX EXPULSIONS !
REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !
LIBERTE DE CIRCULATION ET D'INSTALLATION POUR TOUS !
* * *
Got amer pour la
classe ouvrire ...
Il y a une chose que les
travailleurs ne supportent pas, c'est le boniment. Quand une grve n'a pas
arrach satisfaction, faire passer pour l'amorce de la satisfaction des
revendications les quelques gains et les authentiques arnaques contenues dans
les promesses faites et dans les discussions ouvertes, c'est du boniment. Il
vaut bien mieux dans ces cas l reprendre le travail en disant franchement
qu'on n'a pas gagn ou mme qu'on a perdu, et en reconnaissant la ncessit de
reprendre des forces pour un prochain combat.
Les cheminots et les
traminots ont repris le travail dans leurs assembles gnrales du jeudi 22 et
du vendredi 23 novembre non parce que leur force et leur dtermination taient
entames, mais parce qu'ils n'avaient pas le choix dans les conditions qui leur
taient faites : ouverture de "ngociations" avec participation de
toutes leurs fdrations, devant durer au moins un mois ! Ces
"ngociations" portent sur tous les sujets possibles hormis les trois
points qui, selon ce que disait le dirigeant de la fdration CGT des cheminots
Didier Le Reste avant la grve, formaient ce fameux "cadre de la
rforme" non ngociable et qu'il fallait donc faire bouger : le nombre
d'annuits (passage des 37,5 aux quarante), la dcote, et la dsindexation des
pensions par rapport aux salaires. Ce ne sont donc pas l les ngociations que
rclamaient les cheminots, permettant de rediscuter de l'ensemble de la
contre-rforme Sarkozy sur la base d'un rapport de force.
Parce que prolonger la
grve et perdre son salaire pendant des semaines encore tait absurde et
impossible dans ces conditions et qu'il tait impossible, en particulier, de
continuer seuls, les cheminots et les traminots ont donc repris le travail en
marquant fortement leur mcontentement envers ces "ngociations".
Voila la vrit.
Ils ont donc, pour l'heure,
perdu, car les dites "ngociations", rptons-le, ne mettent pas en
cause le "cadre de la rforme" mais se situent clairement dans ce
cadre !
Mme si un syndicat y va
en clamant son opposition la dite "rforme", il va ce faisant des
"ngociations" qui n'ont d'autre fonction, affiche et explicite
d'ailleurs, que de la mettre en oeuvre.
A la SNCF il y a 5
"tables rondes" qui vont
durer "au moins un mois" (d'aprs le communiqu de la fdration CGT
du 21 novembre), respectivement sur les "mesures salariales", le
"niveau des pensions", l' "adaptation des rgles du rgime
spcial" (adaptation quoi ? la rforme Sarkozy, pardi !), les
avantages familiaux et les situations de handicap, et l'amnagement des postes
en fin de carrire (on aura reconnu l la trouvaille de Mme Idrac dans sa
lettre aux cheminots d'avant la grve : faire faire la formation par les vieux
en emploi prolong). Des mesures salariales reprsentant en l'tat actuel
environ 2,5% d'augmentation en fin de carrire, avec rpercussion sur les
pensions, sont promises par la direction. Selon plusieurs fdrations,
notamment CGT et FO, les reprsentants du gouvernement auraient lch le mot
"voqu", disant que les principes fondamentaux de la rforme
pourraient tre "voqus", lors de ces "tables rondes".
Evocation ...
Les cheminots savent lire
et comprennent trs bien qu' "vocation" n'est pas ngociation, et
ils savent compter et comprennent trs bien que ces quelques gains sont certes
dus leur grve, mais ne rpondent en rien leur revendication et ne
compensent pas le recul social qu'ils risquent de subir, prface d'un recul
plus grave encore pour tous les salaris ds 2008.
Cheminots et traminots
ont d reprendre le travail aprs avoir perdu 8 10 jours de salaire, alors
que la grve, notamment dans l'enseignement, et les manifestations du mardi 20
novembre, puissantes et trs nombreuses dans les villes de provinces,
regroupant largement les 700 000 participants annoncs par la CGT, avaient
commenc montrer que la majorit du salariat tait prte s'opposer, dans
l'unit, dans le Tous ensemble qui seul peut gagner, aux contre-rformes de
Sarkozy.
Ces 700 000 rpondaient
notamment, mieux que tout sondage, aux quelques milliers de dames des beaux
quartiers et jeunes marchant au pas dfilant le dimanche contre les grves et
se prsentant comme des "otages". Il est remarquable que dans les
conditions de matraquage qui ont prvalu une aussi grande partie de
"'l'opinion" ait rsist au bourrage des crnes tentant de faire
retomber sur les cheminots les dsagrments provoqus par leur grve. Il n'est
pas vrai que "la France" et "l'opinion" soient radicalement
autres que ce qu'elles taient en 1995. Ce qui est vrai, c'est que le rapport
de force est sur un fil : il s'agit pour Sarkozy de transformer l'essai
de son lection la prsidentielle, mais ce n'est pas fait.
Les conditions d'un arrt
de la grve sans avoir obtenu ni le retrait, ni la discussion, du principe mme
de la rforme des rgimes dits spciaux, et donc du passage au 40 annuits, de
la dcote et de la dsindexation, ont t runies juste la veille du
lancement de la grve, quand Bernard Thibault annonait que des ngociations
taient possibles immdiatement dans chaque entreprise concerne, sans que le
gouvernement ait recul sur l'objet des dites "ngociations". La
masse des cheminots, et en particulier la masse des cheminots CGT, l'ont
compris d'emble. Mais ils ont malgr tout pouss la grve jusqu'au
regroupement avec les fonctionnaires et les tudiants le mardi 20. Honneur
eux.
Ce n'est pas attaquer la
CGT que de critiquer le rle particulier jou par sa direction confdrale et
son secrtaire gnral dans la situation politique prsente, au contraire c'est
dfendre l'indpendance et la place centrale d'une organisation syndicale
essentielle. Nous ignorons si les actes de sabotages commis sur des lignes SNCF
dans la journe de mercredi ont t le fait de cheminots dsesprs ou
prjugeant de leurs seules forces, ou s'il s'agit, ce qui est trs possible, de
provocations organises par le pouvoir. Mais la condamnation 4 mois de prison
avec sursis et la menace de rvocation sur un cheminot de Thionville qualifi
de saboteur et presque de terroriste pour avoir cass les vitres d'un poste
d'aiguillage, au moment o l'on vole deux annes et demi de leur vie aux
cheminots en violant leur contrat de travail et o le chef de l'excutif
s'octroie plus de 200% d'augmentation, dnote de la part des tribunaux une
haine sociale qui s'exerait dj contre les jeunes ratonns dans les manifs
anti-Sarko ce printemps. Le devoir des organisations ouvrires devrait tre de
soutenir ces travailleurs victimes d'une situation dont ils ne sont pas
responsables.
Une certaine presse
commence assimiler dlinquance, "sabotage" et opposition aux
"ngociations". Bernard Thibault aurait reu des menaces et dcouvert
son chat gorg, actes inqualifiables qui ne sont pas ceux de militants
ouvriers, mais ceux de la raction qui veut dtruire les syndicats. Le journal France
Soir, le
23 novembre, sous le titre Qui veut la peau de Bernard Thibault ?, insinue que ce sont des
opposants l'intrieur de la CGT, voire mme des ouvriers des usines
Lu-Danone, qui auraient pu commettre de tels actes ! On aurait aim que le
communiqu confdral du 23 novembre protestant nergiquement contre les propos
de France Soir ne proteste pas que contre les attaques envers Bernard
Thibault, mais envers celles visant tous les syndiqus mme
"opposants" et envers les ouvriers de Lu-Danone ...
Rptons-le : il est
totalement faux de dire que "Le gouvernement a t oblig d'ouvrir des
ngociations sans pralable". Ces "ngociations" se font avec un
pralable : l'application de la rforme Sarkozy contre les rgimes de retraite
dits spciaux. Donc la mobilisation des cheminots n'a pas "contraint le
gouvernement s'asseoir la table des ngociations", c'est au contraire
la dcision des fdrations d'aller s'asseoir avec le gouvernement sur son
programme de contre-rforme, annonce ds le dbut de la mobilisation, qui a
finalement suspendu la mobilisation. Ce n'est pas la faiblesse de leur grve,
qui tait au contraire forte, ce n'est pas non plus le manque de soutien des
autres salaris, qui tait rel et qui ne demandait qu' s'exprimer, ce n'est
pas la suppose hostilit des travailleurs dans les entreprises envers
"ceux du public" -les cheminots et les traminots sont des ouvriers
comme eux- qui les ont contraints suspendre la grve, c'est l'acceptation
de ce pralable l par les directions des syndicats.
... Mais Sarkozy n'est
pas si fort.
Raymond Soubie,
conseiller "social" de l'Elyse, Franois Fillon, Nicolas Sarkozy
lui-mme : la tentation de la danse du scalp les treint. Fillon salue "le
tournant historique important" dans une dclaration faite vendredi
lors d'un dplacement en Sude. Il y va un peu fort car il explique lui-mme
ensuite que le plus dur reste faire. Selon l'agence Reuters :
Le prochain dfi, pour
l'excutif, est la rforme du contrat de travail, pour laquelle les
ngociations entre partenaires sociaux pitinent. "La flexicurit
scandinave, c'est un concept sur lequel nous travaillons", a prcis
Franois Fillon.
S'y ajoute le rendez-vous de 2008
sur le rgime gnral de retraite.
De l'avis du gouvernement, les
organisations syndicales se rserveraient pour ces futurs combats aprs le
galop d'essai des rgimes spciaux, qui ont dmontr la radicalit de la base
face des dirigeants plus conciliants convertis la ncessit de
l'harmonisation.
Pour l'essentiel, cette
bataille prliminaire a t gagne par le capital et son gouvernement. Elle a
eu lieu au moment choisi par eux bien qu'elle ait dur un peu plus longtemps
que prvu et manifest une dtermination inentame, cette fameuse
"radicalit". Sarkozy n'est pas du tout dans les conditions de
Thatcher sortant de la grve des mineurs anglais dbut 1985 : tout ce qu'il
fait, tout ce que fait son gouvernement, repose d'une part sur la dcision des
directions syndicales de ne pas aller un affrontement d'ensemble et donc de
se laisser saucissonner branches par branches, et d'autre part sur ce soit
disant "vide gauche" qui est pire qu'un vide, car il s'agit du
soutien ouvert de la direction du PS Sarkozy sur les aspects essentiels de sa
politique : sur le trait europen "simplifi" comme sur les rgimes
spciaux, elle est avec lui, contre sa propre base et son propre lectorat.
La victoire de Sarkozy
sur les cheminots est limite et prcaire prcisment en cela qu'elle manifeste
que Sarkozy n'est pas fort de ses propres forces.
Pendant la grve des cheminots
s'est d'ailleurs tenu le congrs des maires de France, o l'on a pu voir le
prsident menacer les grvistes la tribune, entre MM. Michel Charasse et
Bertrand Delano aussi affables l'un que l'autre son gard. Sarkozy a annonc
une rforme de plus, celle de la fiscalit locale. Les trois associations des
maires, des dpartements et des rgions (AMF, ADF et ARF) prconisent toutes
des "avances" vers ... l'autonomie financire des collectivits
locales, en clair le droit local de fixer les impts, bref l'achvement de la
dcentralisation dans le cadre de la V¡ Rpublique, dtruisant ce qui reste
d'galit devant la loi et devant l'impt. Voila un terrain fort important,
bien qu'on en parle peu, de collaboration entre Sarkozy et sa suppose opposition,
dans la mise en oeuvre d'une politique qui menace notamment les services
publics, en tant que tels.
Prparer la prochaine
tape.
Ils pensent qu'ils ont
gagn une bataille dans la guerre qu'ils nous font, mais ils savent que ce gain
est prcaire.
Le mouvement tudiant et
lycen est all de l'avant jusqu' jeudi dernier. Contrairement ce que l'on
croit en beaucoup d'endroits, parfois de bonne foi, ce mouvement 1¡ n'est pas
minoritaire dans la masse des facs de province, 2¡) est en butte une rpression
d'une nature nouvelle (voir la prcdente MLL sur le rle de ces messieurs les
prsidents d'universits).
La Coordination tudiante
nationale ne se rduit pas, comme voudrait le faire croire Libration (article du lundi 19
novembre, L'UNEF -qui pour Lib semble se rsumer Julliard- rafle la
mise)
un champ clos d'affrontement entre "ultra-gauchistes" et direction de
l'UNEF. En fait les tudiants syndicalistes, partisans depuis son adoption du
combat pour l'abrogation de la loi Pcresse, y jouent un rle essentiel ; ils
lui ont permis de rechercher l'largissement du mouvement et la jonction avec
les salaris sans compromissions ni ultimatums, et d'voluer peu peu vers un
vritable comit national de grve form de dlgus lus et mandats, intgrant
les syndicats et notamment l'UNEF, sur la base de la revendication claire :
abrogation de la loi Pcresse.
Exprience politique
essentielle, qui ne sera pas perdue. Comment le mouvement tudiant et lycen
ressentira-t-il les effets de l'arrt de la grve des cheminots ? On le saura
mardi, prochaine journe appele par la Coordination tudiante nationale, ainsi
que par l'UNL dans les lyces. Maintenir la revendication centrale, concentrer
le mouvement contre l'ennemi, le ministre, l'excutif, la prsidence, avec la
perspective d'une manifestation nationale, pourrait tre la prochaine tape
nous semble-t-il.
De nombreux militants et
organisations, se rappelant de 2005, sont en outre en train de se mobiliser
pour exiger un rfrendum sur le projet de trait "simplifi" de
Sarkozy, qui n'est rien d'autre que ce qui a t rejet en 2005.
C'est une mobilisation
dmocratique, sur une exigence dmocratique qui, en thorie, peut tre partage
par les courants les plus divers : un rfrendum.
Mais cette exigence heurte
de front la politique de Sarkozy. Elle met en relief contre tous ceux qui, de
droite mais aussi de gauche, nous serinent que Sarkozy est "lgitime"
puisqu'il a t lu, que ce prsident de la V¡ Rpublique "lgitime"
est le premier qui ne veut pas, parce qu'il ne le peut pas, se servir de l'arme
plbiscitaire du rfrendum, une arme qui se retournerait contre lui. Ces
messieurs nous disent que la contre-rforme des rgimes de retraite dits
spciaux, et les contre-rformes venir, doivent tre acceptes parce que
Sarkozy a t lu "dmocratiquement". On pourrait argumenter sur le
caractre prtendument "dmocratique" de l'lection prsidentielle
dans la V¡Rpublique, certes, mais l, une chose saute aux yeux de tout le
monde : ce prsident "dmocratiquement" lu s'apprte marcher sur
un vote tout aussi prtendument "dmocratique" et, au dpart, tout
aussi plbiscitaire qu'une lection prsidentielle : le vote populaire de juin
2005. Les militants de gauche, socialistes, communistes, syndicalistes, cologistes,
laques, qui commencent nouveau se coordonner pour porter cette exigence
dmocratique tapent donc de front contre Sarkozy.
Ils tapent aussi de front
contre le soutien apport Sarkozy par la direction du Parti socialiste depuis
que celle-ci a mis en avant son soutien au trait "simplifi" comme
la contre-rforme contre les rgimes spciaux.
La direction gnrale des
prochains affrontements est trace. Comme au jeu d'chec, c'est la tte de
l'Etat qui doit tre vise. Centraliser les luttes, multiplier les dbats,
s'organiser, tirer le bilan de la priode coule : le Militant, avec les autres groupes
et camarades qui le souhaitent, entend y contribuer.
* * * *
Chirac mis en examen : une bombe que
ces messieurs veulent tous dsamorcer.
Il a donc bien fallu le
mettre en examen, pour dtournements de fonds publics dans l'affaire des
emplois fictifs de la mairie de Paris. La combinaison entre la crise provoque
dans l'institution judiciaire et l'appareil d'Etat par la rformite aige de Sarkozy,
le courage subit de certains juges une fois que MM. Chirac et De Villepin ne
sont plus au pouvoir, les conflits sourds mais graves qui rongent l'Etat, le
MEDEF et certaines entreprises "nationales" comme EADS, crent un
moment juridique un peu particulier o le resserrement de l'tau de l'excutif
a commenc, la manire d'une dictature, mais o dans le mme temps des
initiatives d'autant plus inattendues qu'elles taient longtemps attendues
peuvent se produire. On presse les juges mais du coup, ils font pschitt et
lancent quelques bombes.
Car on peut se payer de
mots, raconter tout ce que l'on veut : mettre Chirac en examen, c'est mettre la
V¡ Rpublique en examen. Et son prsident actuel s'appelle Sarkozy, lui-mme
ayant chapp une enqute sur ses exploits immobiliers Neuilly. Tous se
tiennent par la barbichette et savent trs bien quoi s'en tenir, le systme
Sarkozy a t l'origine une mtastase du systme Chirac. Alors la consigne
est donne, et observe : discrtion, discrtion ...
On notera, pour le fun, que la consigne s'tend
jusqu' Arnaud Montebourg. Celui qui, en son temps, avait courageusement
attaqu M. Chirac quand il tait au pouvoir, a fond ensuite son image et sa
carrire politique sur cet acte initial : mais c'tait pour faire carrire.
Devenu le fou du roi de Madame Royal pendant les prsidentielles, A. Montebourg
appelle aujourd'hui, en ne participant pas un ventuel vote du parlement en
congrs sur le trait "europen" "simplifi" de M. Sarkozy,
protger ce dernier. Interrog sur la mise en examen de Chirac, il a
simplement dit que c'tait "trop tard". "Trop tard", donc
inutile d'en parler. M. Montebourg ne veut plus depuis longtemps mettre la V¡
Rpublique en examen : les morts enterrent les morts ...
* * *
Droit de grve.
N'en doutons pas : aprs
la grve des cheminots et des traminots, la question du soi-disant
"service minimum" va tre plus que jamais au centre, la loi
anti-grve dans les transports terrestres devant s'appliquer au 1¡ janvier
2008. Cheminots et traminots restent dtermins mais sont videmment affaiblis,
il serait irresponsable de le nier. Or, les dlais de "ngociation"
sur les rgimes spciaux, accepts pralablement par les fdrations qui sont
entres dans cette soi-disant "ngociation" le mercredi 21 novembre,
conduisent tout droit janvier 2008.
Dans les entreprises
publiques SNCF et RATP, les ngociations sur le service minimum, officiellement
(nous ne sommes videmment pas au courant de ngociations secrtes possibles
...), n'ont pas commenc. De fait, dans la stratgie du gouvernement, les
pseudos "ngociations" sur les rgimes spciaux ont plus d'importance
et l'implication des fdrations dans celles-ci a la mme signification
politique.
Dans les autres
entreprises de transports terrestres, depuis le 5 octobre (voir site Droit de
grve, http://droitdegreve.wordpress.com/page/3
) toute
"ngociation" nationale est au point mort. La fdration CGT des
transports le souligne, tout en diffusant une brochure non pas fdrale, mais
confdrale, qui prconise de participer aux "ngociations" pour
"rendre inoprantes les dispositions de la loi menaant le droit de
grve",
tout en demandant que celles-ci aient lieu au niveau de la branche et en
appelant les syndicat ne pas participer des ngociations locales ou
d'entreprises avant que des ngociations de branche soient engages. Or,
rptons-le, celles-ci sont au point mort (officiellement).
Envers les entreprises de
cars comme la Connex, des chartes de service minimum apparaissent dans les collectivits
locales. Pour autant que nos informations nous permettent de l'indiquer, les
lus locaux, gnralement confronts ces questions lors de runions de
syndicats intercommunaux, communauts de communes ou d'agglomrations, votent
pour le ""service minimum" quand ils sont de droite,
s'abstiennent ou refusent de prendre part au vote quand ils sont PS, votent
contre quand ils sont PCF. Mais dans tous les cas, la chose se fait avec une
discrtion exemplaire ! Nous appelons nos lecteurs nous envoyer et envoyer
au site Droit de grve toute information sur ces "ngociations" locales
discrtes, qui y dit quoi rellement et qui y participe ou non.
Bref, une constatation
rsume tout : la prparation de l'application de la loi anti-grve dans les
transports au 1¡ janvier prochain se fait dans l'opacit et le secret !
C'est la fois pour nous
un danger et un encouragement. Un encouragement, car cela montre qu'ils ont d
mettre la sourdine, mais sans renoncer rien.
Ce qui est regrettable
est que les confdrations, sans parler des partis de gauche, n'aient
videmment pas mis profit la priode des grves du 18 octobre, du 20
novembre, des cheminots et des traminots, pour mettre cette question en pleine
lumire. Ce sont l'Etat et les patrons qui veulent l'ombre, les travailleurs,
eux, ne craignent pas la lumire et la transparence. Faire la lumire fond,
le 18 octobre et le 20 novembre, alors que les "ngociations" sur
cette question taient soient suspendues (cars) soit non engages (trains),
aurait fait sauter le plan d'application de la loi. C'est comme a qu'on aurait
"rendu inoprantes les dispositions menaant le droit de grve" ...
Mais quand on ne veut pas
centraliser le combat contre Sarkozy alors on tait les principaux axes de sa
stratgie ... surtout si on s'apprtait "ngocier" sur les bases du
gouvernement contre les rgimes spciaux ...
Dans ces conditions,
l'initiative de la section dpartementale de la FSU de l'Allier, de soutenir
l'appel Le droit de grve n'est pas ngociable, de diffuser ce sujet un tract
dans la manifestation du 20 novembre appelant la 3¡ runion du comit de
mobilisation pour l'abrogation de la loi anti-grve dans les transports
terrestres, doit tre souligne car elle fut de fait l'une des rares rompre
ce silence.
Une quarantaine de
participants, responsables FSU bien entendu, mais aussi CGT (usine Potain, TOSS
et ducation nationale), FO (Poste, Dpartement, Equipement, Prfecture), SUD,
militants communistes, socialistes, Verts, et aussi bien sr des travailleurs
et des citoyens "de base" dont plusieurs cheminots et retraits
cheminots, des intermittents, des enseignants, des employs communaux ... ont
discut de la loi anti-grve et de la situation politique et sociale. Il est
apparu que beaucoup de gens connaissent en fait cette loi et s'en proccupent,
et reprochant aux syndicats de ne pas avoir assez donn l'alerte son sujet.
L'accord s'est fait sur l'importance extrme de cet enjeu dans la prochaine
priode. Lecture a en outre t donne de l'appel de la Coordination tudiante
de Tours, seul texte donner une perspective aux mouvements sociaux au del du
mardi 20. Rendez-vous a t pris pour le 3 dcembre o une confrence de presse
se tiendra sur la dfense du droit de grve.
Relanons la bataille, elle
est centrale !
* * *
A la Seyne sur mer, mercredi 21 novembre 2007,
Ç Rachida DATI et son ticket
modrateur !! È
Rachida DATI, la banlieusarde
devenue ministre de la Justice, nÕaime pas les pauvres.
Lors du vote lÕassemble nationale
du budget du ministre, Rachida DATI, visiblement tendue, a pein justifier sa
rforme de la carte judiciaire !
Pire, elle en a rajout en voquant
la possible Ç instauration dÕune sorte de franchise judiciaire È qui a tant fait
hurler sur les bancs de lÕHmicycle de la gauche, mais aussi et franchement
surpris une grande partie de la droite.
Aprs la franchise mdicale nous
voici arrivs la franchise pour la justice ! La ministre de la Justice a
donn des explications trs peu convaincantes :
Ç Nous nous
inspirons du rapport du snateur Roland du LUART qui a fait des propositions en
matire dÕaide juridictionnelle notamment en instaurant une franchise ou ticket
modrateur. È
Suite cette dclaration, la
confusion rgne au sein de la majorit UMP de lÕassemble nationale. Certains
ont pu dclarer :
Ç CÕest une piste
voque dans un rapport, mais ce nÕest pas une proposition du gouvernement. È
Point final, il reste voir ce que
vont tre les dcisions futures du prsident de la Rpublique.
Quoi quÕil en soit, pour le dput
communiste des Bouches du Rhne Michel VAXES :
ÇSi au-del des mots
vous partagiez avec nous la conviction quÕune action efficace contre la
dlinquance et la rcidive passe avant tout par une politique audacieuse de
prvention et de rinsertion, cÕest un autre budget que vous nous proposeriez.
Loin devant ceux de la protection judiciaire de la jeunesse et de lÕaccs au
droit et la justice, les crdits de lÕadministration pnitentiaire
enregistrent la plus forte augmentation È a regrett le dput, prcisant
que Ç cette hausse nÕallait mme pas servir rendre plus dignes les
conditions de dtention, mais financer essentiellement la garde et le
contrle des personnes places sous la main de la justice. È Fin de citations.
Sur le terrain, plus rien ne va
entre Rachida DATI et les avocats en lutte.
Dans un communiqu publi le 5
novembre 2007, le PCF dnonce la chasse aux pauvres, lÕide avance par Rachida
DATI de crer un ticket modrateur pour bnficier de lÕaide juridictionnelle.
Aprs lÕaccs aux soins, le
gouvernement vise dsormais restreindre lÕaccs la justice pour les plus
pauvres. Cette proposition est extrmement choquante et plus particulirement
dangereuse. Le gouvernement sÕacharne avec un monstrueux zle sur les plus fragiles !
Il mne une vritable chasse aux
pauvres. Il est en train de supprimer, loi par loi, toutes les solidarits qui
existent aujourdÕhui en France. Le PCF dnonce avec fermet cette drive dÕun
mpris et dÕun cynisme intolrable.
AujourdÕhui avocats, magistrats et
lus se mobilisent face la rforme de la carte judiciaire.
De la part de la ministre, cÕest
main de fer et gant de velours. On peut dsormais parler de la mthode Rachida
DATI.
En premier lieu, on installe un
comit thmatique charg de rflchir une rforme et dans le mme temps en
coulisse et quelques-uns on labore les principales dcisions ; on fait
semblant dÕcouter par la suite les conclusions du dit comit pour tre mieux
mme dÕimposer ses propres vues.
CÕest ce que lÕon appelle la
ngation du dialogue la sauce majorit gouvernementale UMP avec la sublimit
du prsident de la Rpublique.
Et ainsi soit-il !
LÔaccs au service public de la
justice pour tous est menac !
Dcidment quelque chose de trs
malsain est lÕÏuvre au sein du pouvoir.
On a le sentiment quÕune machine se
met en place dont la vocation ne sera pas de rendre justice mais de faire de la
justice un bras arm de lÕtat.
Selon que vous serez puisant au
misrable, la nouvelle justice sera rendue. Indulgence pour les riches, plus
systmatique pour les autres ce qui fait dire Matre Jrme ALIROL, btonnier
au barreau de MILLAU :
ÇCe sont les
justiciables les plus dfavoriss qui ptissent de la rforme DATI. È
Face ce pril, les professionnels
ne sont pas les seuls se mobiliserÉa enfle, a enfle et la lutte
continue !
Ç Le plus fort nÕest jamais le
plus fort pour tre toujours le matre, sÕil ne transforme sa force en droit et
lÕobissance en devoir. De l le droit du plus fort. È
Jean-Jacques ROUSSEAU
* * *
Documents.
Courrier du
syndicat CGT de Thionville la fdration CGT des cheminots
(15 novembre
2007)
Le courrier du ministre du 14
novembre 2007 invite les organisations syndicales, dont la fdration CGT des
cheminots, ngocier Ç dans chaque rgime spcial et dans le respect des
principes dÕharmonisation les propositions concrtes des directions comme des
organisations syndicales È.
En tout tat de cause, pour ce qui
concerne la prsente assemble gnrale, trois principes constituent un
pralable impratif avant dÕentrer en ngociation. Ces trois principes doivent
donc tre garantis, par la direction, avant que la ngociation ne sÕengage.
Il sÕagit :
- Du taux de
remplacement annuel qui doit rester 2%
- De lÕabsence de
pnalits et de dcotes
- Du maintien de
lÕindexation des pensions sur les salaires des actifs.
Vous en souhaitant bonne rception
et, dans lÕattente.
Fraternellement.
* * *
Appel
de Lille de la Coordination Nationale Etudiante
Publi
dimanche 25 novembre 2007
Nous, tudiants de 67 universits, runis en Coordination
nationale les 24-25 novembre 2007 Lille, adoptons lÕappel suivant.
Plus de la moiti des universits sont en blocage total ou
partiel et plus de 60 universits sont touches par la mobilisation.
Nous rejetons la LRU parce quÕelle signifie la privatisation
de lÕenseignement suprieur. LÕintroduction de financements privs va renforcer
les ingalits entre universits et filires et va permettre une mainmise du
patronat sur le contenu des formations. LÕuniversit nÕest pas responsable du
chmage, et adapter lÕuniversit aux exigences du "monde du travail"
ne rapprochera pas les tudiant-e-s de lÕemploi : la professionnalisation
est au contraire le plus court chemin vers la dqualification et vers la prcarit.
La LRU implique aussi la prcarisation des statuts des enseignants et
personnels, et la transformation des prsidents dÕuniversit en vritables
managers.
Nous refusons la logique dÕautonomie financire, qui
implique le dsengagement financier de lÕEtat, et donc lÕaugmentation terme
des frais dÕinscription. Nous refusons galement lÕinstauration dÕune
pr-slection lÕentre de lÕuniversit, qui remet en cause lÕaccs de tous
lÕuniversit.
La ministre Pcresse a rcemment annonc le dblocage de
moyens pour les tudiants en 1er cycle (rorientation, tutorat), ainsi que la
suppression des cautions pour le logement... en change dÕun Ç retour au
calme È sur les campus. Cela prouve que le gouvernement voit bien quÕil y
a un problme dans les universits, et quÕil a peur du mouvement tudiant. Mais
ces annonces ne rpondent pas au problme central : la LRU, et les dangers
quÕelle nous promet. CÕest pourquoi nous demandons au bureau national de
lÕUnef de prendre clairement position pour lÕabrogation de la loi Pcresse, et
de cesser toute ngociation jusquÕau retrait de cette loi.
La LRU nÕest ni amendable, ni ngociable, que ce soit sur un plan
local ou national. Depuis le dbut de la lutte, cÕest la position de toutes les
assembles gnrales et de la coordination nationale, seules instances
reprsentatives des tudiant-e-s mobilis-e-s.
Si nous nous battons pour lÕabrogation de la LRU, cÕest
parce que nous nous battons pour le droit lÕducation pour tous, et contre la
destruction du service public. Etudiants et lycens, avec la LRU et les 11 500
suppressions de postes dans lÕducation, cÕest notre avenir qui est menac.
Exiger lÕabrogation implique donc de lutter pour une augmentation massive du
budget de lÕenseignement suprieur, pour la cration des milliers de postes
dont il y a besoin, pour de vrais diplmes nationaux reconnus dans les
conventions collectives, pour lÕgalit entre Franais-e-s et Etranger-e-s dans
lÕaccs aux tudes. Cela implique aussi de lutter pour une augmentation massive
des aides sociales, et dÕtre solidaires des salari-e-s qui luttent en ce
moment pour une amlioration de leur pouvoir dÕachat.
Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement
sur nos revendications. SNCF et RATP, Air France, EDF-GDF, avocats, salaris de
la fonction publique... Sarkozy a beau dire quÕil ne reculera pas face nous,
lui et son gouvernement ont t affaiblis par les grves. La russite de la
journe de grve du 20 novembre a montr quÕil existait une volont de lutte
dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde du travail. Les cheminots en
particulier ont montr que lutter contre Sarkozy et sa politique tait
possible.
En effet, la LRU nÕest pas une loi isole mais fait partie
dÕun contexte de casse gnralise du service public d une libralisation
grandissante de la socit et de lÕconomie franaise, ce que nous condamnons.
Pour cela, la coordination nationale appelle les
tudiant-e-s approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus,
renforcer les liens entre personnels, enseignants et tudiants. Les lycens
doivent se mobiliser encore plus massivement. Et lycens et tudiants doivent
chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu ceux de
lÕEducation Nationale, notamment dans les universits et dans les lyces.
La plupart des prsidents dÕuniversit tant en faveur de
la LRU, ils nÕhsitent pas recourir la rpression pour briser la
mobilisation. Les fermetures administratives, les interventions policires... ne
rpondent pas de prtendus Ç problmes de scurit È : elles
visent nous empcher de nous mobiliser, cÕest--dire nous priver de notre
droit de nous rvolter. Nous condamnons toutes les interventions policires et
les arrestations. Nous exigeons lÕamnistie de tous les inculps des mouvements
sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons la rouverture de
toutes les universits fermes administrativement, et le retrait de toutes les
forces de police qui occupent actuellement des universits.
Nous rclamons la dmission des prsidents dÕuniversits
ayant fait appel la rpression et collabor lÕexpulsion de sans-papiers.
Suspendre les cours est le seul moyen efficace pour que tous
les tudiant-e-s, notamment les boursiers, puissent se runir et dcider
ensemble de se mobiliser. Sans blocages vots dans des Assembles Gnrales
massives, les tudiants ne disposent pas rellement de droit de grve. Sans
occupation des locaux, ils ne disposent pas vritablement du droit de se
runir. Face aux tentatives de faire reprendre les cours par lÕintermdiaire
des rfrendums, nous raffirmons la seule lgitimit des Assembles Gnrales
pour dcider des suites du mouvement : cÕest dans les AG que les
informations, les diffrents points de vue peuvent tre changs et que les
tudiant-e-s peuvent voter en connaissance de cause. CÕest aux grvistes
dÕorganiser eux-mmes la prise de dcision et non aux prsidences dÕuniversit,
qui pour la plupart soutiennent la rforme.
Nous appelons donc au boycott des votes organiss par les
administrations universitaires.
Nous exigeons la rouverture de toutes les universits
fermes administrativement, et le retrait de toutes les forces rpressives
(polices, vigiles privs...) qui occupent actuellement les universits.
Leur projet est de dtruire lÕensemble des acquis sociaux. Face
ce projet, cÕest ensemble que nous gagnerons : nous devons construire un
mouvement dÕensemble des jeunes et des salaris pour riposter lÕoffensive du
gouvernement.
Nous appelons un vritable service public dans tous les
domaines : ducation, sant, transports, protection sociale ce qui
implique un rengagement massif de lÕEtat dans le financements de
lÕenseignement suprieur et la recherche, la titularisation des prcaires,
lÕaugmentation des salaires et du point dÕindice dans la fonction publique....
Nous reprenons lÕappel de la coordination de Tours la
journe de mobilisation 27 novembre.
Nous appelons faire du 29 novembre une manifestation
nationale tudiants/lycens.
Nous appelons une journe nationale de solidarit avec les
sans-papiers le 3 dcembre.
Nous proposons une prochaine journe de mobilisation
interprofessionnelle le 4 dcembre.
Nous rejoindrons toute initiative propose par les salaris
en grve : leur combat est aussi le ntre.
Nous appelons tous les jeunes et les salaris se saisir de
ces dates pour nous rejoindre dans la grve. Nous appelons la tenue de
runions interprofessionnelles dans toutes les villes.
Nota : les passages
souligns le sont par la rdaction.
* * *
Dernire minute.
Dsinformation contre la
Coordination tudiante.
Ds lundi, Libration a prtendu que l'UNEF
avait pris le contrle de la coordination, excitant divers groupes
ultra-gauches (appels les "totos" dans le monde tudiant) qui se
sont empresss de croire Libration (!) et d'appeler soit combattre
la coordination, soit en chasser l'UNEF.
Ce que la presse voulait masquer,
c'est la ralit : le noyau de la coordination repose sur des tudiants
syndicalistes, souvent militants de l'UNEF, qui depuis le dbat combattent pour
l'abrogation de la loi Pcresse et s'opposent donc la direction de l'UNEF
reprsente par Bruno Julliard, celui que Sarkozy appelle souvent sur son
portable.
A Tours dimanche dernier, des pas
ont t faits vers l'volution de la coordination en un vritable comit
national de grve intgrant l'UNEF sur la base de la revendication d'abrogation
de la loi Pcresse.
C'est cela qui est insupportable
Sarkozy, aux prsidents d'universit, Libration, la direction actuelle de
l'UNEF et certains "totos" car cela signifie la ralisation
majoritaire de l'unit du monde tudiant contre le gouvernement, aux antipodes
de tout "gauchisme" comme de toute ngociation secrte. Aprs la
reprise des cheminots, Julliard et la direction de l'UNEF ont annonc vendredi
qu'il tait temps de ngocier ... les moyens financiers de l'application de la
loi Pcresse !
Ce coup de poignard contre le
mouvement tudiant a naturellement favoris les ractions antisyndicales de
certains tudiants grvistes : les uns et les autres se compltent.
La Coordination de dlgus lus et
mandats, contre les manipulations et la dsinformation, doit mener bien son
mandat : donner au del de la journe de grve de mardi dans les facults et
les lyces, une perspective permettant au mouvement de tenir sur la base de la
revendication majoritaire parmi les tudiants et dans tout le monde
universitaire et de la recherche d'abrogation de la loi Pcresse, perspective
qui pourrait tre la prparation d'une manifestation nationale de la jeunesse
contre l'Elyse et le ministre de l'enseignement suprieur.
* * *
Communiqu du courant Offensive
Socialiste sur le mouvement tudiant et l'attitude du Parti socialiste.
Halte
la rpression contre les tudiants !
Les
CRS hors des facs !
Comme
en 2003 et en 2006, notre Parti doit soutenir le mouvement tudiant !
Depuis le 16 novembre, une page vient dÕtre
tourne dans lÕhistoire de lÕenseignement suprieur franais : lÕElyse a
organis un plan de reprise des facs bloques et a appel les prsidents
dÕuniversit recourir aux CRS, au nom dÕune prtendue Ç dfense de la
scurit des biens et des personnes È.
Alors que le mouvement
demandant l'abrogation de la LRU prend de l'ampleur, le gouvernement utilise la
rpression policire pour touffer les revendications des tudiants. Un tel
comportement est attis par l'absence de raction et de soutien de la gauche
ce mouvement. Ce bras de fer initi par la loi Pcresse vise en fait chtier
tous les tudiants, cette gnration qui a fait reculer la droite lors de la
lutte contre le CPE. Pour ceux qui veulent placer lÕuniversit franaise dans
le cadre concurrentiel de la mondialisation et privatiser lÕenseignement
suprieur, les militants tudiants et les jeunes syndicalistes sont les
premires cibles. A bas la rpression antisyndicale !
Nous appelons lÕensemble des
partis de gauche, attachs la dfense des liberts dmocratiques -et en
premier lieu le parti socialiste- condamner les mesures de rpression et
affirmer leur solidarit avec les tudiants en lutte, confronts une violence
que ne renierait pas la police gaulliste de 1968! Lors du mouvement social de
novembre 2003, le Parti socialiste a demand le retrait du projet de loi de
modernisation des universits, projet trs semblable la LRU et qui visait
instaurer l'autonomie des universits. Les socialistes ont aussi soutenu la
lutte de la jeunesse en 2006 contre le CPE, tandis que le MJS sÕtait mobilis
dans la rue avec toute la jeune gauche syndicale, politique et associative.
Une nouvelle fois, nous devons
prendre clairement position, car lÕautonomie des universits prpare la
privatisation totale de lÕuniversit, la casse des diplmes nationaux et des
statuts des personnels. Bref, elle annonce la gnration montante que la
prcarit sera son seul horizon. Le Parti socialiste doit se prononcer
immdiatement pour lÕabrogation de la LRU, qui ne peut qu'aggraver les
problmes des tudiants et de lÕuniversit. Il en va de mme pour le MJS,
qui a une vraie responsabilit en tant que premier mouvement de jeunes de
gauche. Il y a urgence ce que l'unit se ralise pour l'abrogation de la Loi
Pcresse.
* * *
Informations SNESUP.
Suite la
correspondance publie dans la prcdente lettre, le camarade Philippe Enclos
du SNESUP nous a adress plusieurs documents manant de ce syndicat (le
principal syndicat des personnels de l'enseignement universitaire). Nous l'en
remercions et ne pouvons en diffuser ici qu'une partie, l'ensemble tant la
disposition de ceux de nos lecteurs qui en feraient la demande.
Le Timing de la loi Pcresse :
LE
CALENDRIER DE LA MISE EN OEUVRE DE LA LOI : UNE ANNE AU PAS DE CHARGE
La loi Ç liberts et
responsabilits des universits È publie au Journal officiel le 11 aot ouvre une
priode courte et intense durant laquelle les tablissements concerns par le
texte (les 84 universits) sont appels se mettre en conformit avec les
dispositions nouvelles.
¥ Avant le 11 fvrier les Conseils
dÕAdministration actuels doivent adopter de nouveaux statuts conformes la
loi, en particulier en fixant le calibrage du nouveau CA (entre 20 et 30,
respectant les fourchettes du texte pour les divers collges). Ë dfaut
dÕexpression du CA, le ministre impose un CA de 20 membres et un statut type.
¥ Avant le 11 aot 2008 [donc
vraisemblablement entre fvrier et mai prochain] ces nouveaux CA doivent avoir
t lus. En mme temps les CS et CEVU sont renouvels selon les dispositions
des statuts des tablissements (pas de changement ncessaire pour les collges
des personnels)
¥ Ces conseils lisent les nouveaux
prsidents dÕuniversit, ou confirment ceux qui, lus actuels, avaient encore
plus de 6 mois de mandat courir.
¥ Les prsidents ainsi lus (ou
confirms) disposent de toutes les comptences et pouvoirs attribus par la
nouvelle loi.
APPEL POUR UN
GRAND SERVICE PUBLIC UNIVERSITAIRE
(Voir http://www.universite-democratique.org
, appel signable sur ce
site avec la liste des signataires).
La loi Ç liberts et responsabilits des universits È, le
budget 2007, sans aucune amlioration en septembre, le Projet de Loi de
Finances 2008, sans cration dÕemplois statutaires, entranent les universits
de notre pays vers un chaos de concurrence. Ces dispositifs sÕinscrivent dans
un cadre plus vaste qui vise notamment le service public :
- mise en cause de la carte scolaire, des objectifs de
formation pour lÕensemble dÕune classe dÕge ;
- mise en cause des rgimes spciaux, prlude des menaces
sur lÕensemble des retraites.
Dans le suprieur et la recherche :
En matire de formations, les tudiants des milieux modestes
en seraient les premires victimesÉ mais cÕest tout notre pays, renonant de la
sorte des ambitions de formation leve, qui perdrait un peu plus pied dans
la matrise et lÕutilisation des savoirs. En matire de recherche, des
disciplines, des thmatiques (en particulier en Lettres, Langues, Sciences
Humaines et Sociales) seraient affaiblies, voire rayes du paysage
intellectuel.
En refusant, dans les instances de recrutement et
dÕvaluation, la collgialit et la reprsentation dmocratique quitable, le
gouvernement sape les fondements universitaires. En modulant les services et
les salaires, en organisant le recours la prcarit, aux emplois hors statut
(chercheurs, enseignants-chercheurs, enseignants, personnels de Bibliothques,
Ingnieurs, Administratifs, Techniques, Ouvriers et de Service), il attaque de
front les principes de la fonction publique.
Nous, universitaires de tous les tablissements, appelons
nos collgues, les personnels, les tudiants se rassembler pour un renouveau
universitaire valorisant tous les tablissements, toutes les disciplines et
formations afin de rpondre aux dfis du XXIme sicle.
Les appels lÕaction le 18 octobre ont constitu pour
lÕensemble de nos concitoyens une premire occasion, qui en appelle beaucoup
dÕautres, pour faire entendre de manire solidaire la colre et les
propositions des salaris intellectuels et dmocrates que nous sommes. Nous
appelons donc, en convergence avec les initiatives dcides par les salaris de
tous les grands secteurs publics, prolonger ces initiatives dans les semaines
venir.
Paris, le 15 octobre 2007
Contre la rpression.
Le SNESUP appelle
condamner la brutale rpression du mouvement tudiant par le gouvernement
Le SNESUP-FSU dnonce
avec force les brutalits policires qui se dveloppent dans toute la France
contre le mouvement tudiant.
Ainsi, lÕUniversit
Paris X de Nanterre deux reprises, les 12 et 13 novembre, les forces de
police sÕen sont pris brutalement aux tudiants et aux personnels de
lÕUniversit, sans quÕaucun trouble lÕordre public nÕait t constat
(nombreuses charges, brutalits, jets de gaz lacrymognes).
Ë Grenoble, les tudiants
assembls dans un amphi de l'UPMF (Grenoble 2), trs pacifiques, en ont t
dlogs, par ordre du prsident, par des vigiles privs AVEC DES CHIENS puis
par trois cars de CRS qui sont entrs dans l'amphi et ont fait usage de gaz
lacrymognes, alors qu'aucune opposition physique n'tait observe ; deux
tudiants ont t arrts et gards au poste toute la nuit. Aucune ngociation
ni discussion prliminaire n'avait eu lieu. Le prsident de l'UPMF a menac de
faire venir les CRS si les tudiants tentaient un blocage (mais il a lui-mme
fait fermer la Bibliothque universitaire, qu'aucun tudiant n'a jamais
bloque, sans demander leur avis aux conservateurs).
Ë Aix I, les tudiants
qui bloquaient le site ont t vacus par les CRS. Le prsident a de nouveau
ferm le site administrativement jusqu' nouvel ordre. Il a fait un calendrier
de consultations un par un des acteurs de l'universit. Le SNESUP condamne
fermement cette action sans prcdent de la police l'universit de Provence.
Ë lÕuniversit F.
Rabelais de Tours ont t opres 2 arrestations la sortie de la prsidence,
avec de longues gardes vue pour "rbellion avec violence et incitation
la rbellion" lÕencontre dÕtudiants qui avaient seulement É cri leur
opposition la loi LRU !
DÕautres brutalits
policires, gnralement dclenches par lÕinitiative des prsidents, se sont
exerces dans plusieurs universits, singulirement Paris I – Tolbiac. En de nombreux tablissements, est brandie la
menace dÕappel aux forces de police, tandis que les responsables syndicaux sont
dmarchs par les Renseignements Gnraux. QuÕen sera-t-il lorsque les
prsidents auront tous les pouvoirs que leur donne la loi ?
Ce comportement vis--vis
des tudiants et personnels est inadmissible. Aprs avoir fait promulguer marche force une loi non
concerte, le gouvernement veut en interdire la contestation et imposer
lÕapplication par la rpression, tout en se targuant de ses dispositions au
dialogue social. Le SNESUP-FSU demande aux Prsidents dÕuniversit de ne pas se
faire les relais de cette manipulation. Il condamne fermement lÕattitude de
ceux qui utilisent et suscitent la rpression pour briser le mouvement contre
la loi LRU. Il appelle dnoncer les brutalits policires dont sont victimes
les tudiants et les personnels, soutenir le mouvement tudiant et universitaire
en cours pour que soient proposs dÕautres choix pour lÕenseignement suprieur
et que de vritables ngociations soient engages en vue dÕune rforme
concerte et dÕun rengagement financier de lÕtat pour les missions de
formation et de recherche des universits.
15 novembre 2007
* * *
Belgique.
Pour la poursuite du
dbat sur la Belgique, nous recommandons nos lecteurs une lecture et une
vido.
La lecture, sur le site
http://www.communisme-ouvrier.info/, est celle de plusieurs articles qui tentent
d'aborder la crise belge d'un point de vue "communiste", ne se
situant ni sur le plan de la dfense tout prix de l'unit de la Belgique lie
la monarchie, ni sur celui de la recherche de son clatement qui serait, en
l'tat actuel, un coup tous les acquis sociaux et conqutes ouvrires. Ces
camarades prconisent des revendications dmocratiques de base immdiates, mais
que la classe politique trs rejete par la population (ce que dissimule le
vote obligatoire) ne veut surtout pas : un rfrendum sur maintien ou non de la
Belgique (qui probablement la maintiendrait) et l'abolition de la monarchie, le
tout lie aux revendications sociales. On pourrait y ajouter, tout simplement,
le bilinguisme ou le trilinguisme administratifs gnraliss. A lire.
La vide est trs marrante :
http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article3D400.
Ce n'est pas un ministre, mais
l'humoriste et imitateur Franois Pirette. Son contenu est trs srieux et
proche de la ralit. Remarquez en particulier le parallle Belgique-Union
Europenne ... A suivre !
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