Lettre de liaison nĦ45 du 10 janvier 2009.
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (75) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)

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Sommaire :

Le billet du jour : Et puis quoi encore ?

Grve gŽnŽrale le 29 janvier !

Le bulletin des signataires "DŽfendons notre pouvoir d'achat" vient de para”tre.

Fuite en avant contre les libertŽs publiques et la•ques.

Document : l'appel intersyndical au 29 janvier, texte du 5 janvier.

Texte de Militant sur Gaza : premire analyse.

Gaza : communiquŽ du collectif de citoyens gennevillois.

Appel "Pour l'arrt immŽdiat de l'offensive israŽlienne ˆ Gaza".

La crise entre la Russie et l'Ukraine n'est pas une affaire de gaz.

KŽdougou : une Žmeute annonciatrice dĠautres soulvements.

* * * *

Et puis quoi encore ?

Voila que Fillon rŽclame des comptes aux administrations publiques, services publics et collectivitŽs locales des Bouches-du-Rh™ne qui ont ŽtŽ confrontŽs aux intempŽries et ˆ une vŽritable situation de panique et de gabegie : c'est l'incendiaire qui crie "au feu" !

En 2003 dŽjˆ, lors de la canicule, ces messieurs du pouvoir avait tentŽ de culpabiliser services de santŽ et population en expliquant que c'Žtait leur faute, qu'ils n'Žtaient pas assez "solidaires" et "rŽactifs". Finalement M. Mattei, grand sacrificateur des personnes ‰gŽes, a du quitter son poste.

RŽsumons en un mot, ou plus exactement en cinq, la rŽaction naturelle de ceux qui ont vŽcu ces journŽes sur place en apprenant que les "inspecteurs" de Fillon vont faire une descente : Ç Du goudron et des plumes ! È".

 

* * * *

 

Grve gŽnŽrale le 29 janvier !

 

La situation du monde du travail est trs grave. Ch™mage technique dans toute l'automobile, le b‰timent et de larges pans de tous les autres secteurs, arrivŽe des plans de licenciements, liquidation de tous les intŽrimaires, arrivŽe de nouvelles annonces massives de suppressions de postes ˆ l'Žcole et dans les services publics, insultes de Sarkozy contre l'h™pital public qui selon lui ne conna”t aucun problme de moyens, etc. ...

Ce sont les jeunes, les lycŽens qui ont montrŽ la voie ˆ tout le monde juste avant les ftes de fin d'annŽe, en arrachant par la gŽnŽralisation de leur mouvement le report de la rŽforme du lycŽe de Darcos et de Sarkozy.

Depuis la fin du printemps 2008 actions syndicales unitaires ou non et mouvement rŽel des travailleurs sont dŽconnectŽs l'un de l'autre, parce que les directions syndicales ont pratiquŽ et pratiquent le "dialogue social" en grand avec Sarkozy et les patrons. Cette dŽconnection s'est exprimŽe dans l'abstentionnisme aux Žlections prudĠhomales. Cependant, le score relativement bon de la CGT dans ce contexte est provenu des travailleurs des entreprises menacŽes par la crise qui ont commencŽ ˆ se regrouper.

Le 8 novembre au Havre, les 18 novembre et 20 dŽcembre ˆ Bordeaux, le 18 dŽcembre ˆ Douai, le 21 dŽcembre ˆ Hennebont, de puissants mouvements locaux se sont orientŽs explicitement vers la construction du Tous ensemble.

Les directions nationales de la CGT, la CGT-FO, la CFDT, la FSU, l'UNSA, Solidaires, la CFTC et la CGC ne pouvaient pas faire autrement ni faire moins que s'entendre pour appeler ˆ une journŽe d'action commune. Sans appel commun les mouvements de colre spontanŽs, qui se produisent dŽjˆ, allaient se multiplier. Ce sera donc le jeudi 29 janvier. Ce jour lˆ la dŽconnection entre actions syndicales et mouvement rŽel des travailleurs ne se produira pas : parce que le sentiment que la crise du capitalisme exige de rŽagir tous ensemble est lˆ, les travailleurs vont se saisir en masse de cette journŽe, prenant appui sur l'unitŽ au sommet pour construire la leur.

Cela ne veut pas dire pour autant que les millions qui vont faire grve et manifester seront au diapason de ceux qui les ont appelŽs. Dans un texte commun adoptŽ le 5 janvier (reproduit ci-dessous), ceux-ci prŽcisent leurs revendications face ˆ la crise, considŽrant que "les seules lois du marchŽ ne peuvent rŽgler tous les problmes", alors qu'on devrait plut™t dire aujourd'hui qu'elles sont la cause de tous les problmes ! Sur l'emploi, il y est demandŽ que le ch™mage partiel, les jours de RTT et de congŽs, qualifiŽs de "mesures de sauvegarde d'emplois"  (!!!), soient nŽgociŽs, que l'indemnisation du ch™mage partiel soit "amŽliorŽe" et Žtendue ˆ tous les salariŽs (concrtement, cela signifie : aux prŽcaires et intŽrimaires), le tout pour assurer la "performance" des entreprises (sic !). La seule revendication claire est que le gouvernement renonce aux 30 000 suppressions de postes de fonctionnaires. Sur les salaires, il est dit que "les nŽgociations doivent assurer au moins le maintien du pouvoir d'achat" : on ne revendique plus de hausse des salaires ! Pourtant, un peu plus loin est revendiquŽe "une relance par la consommation augmentant le pouvoir d'achat". Il est question d' "encadrement des loyers" -mais cela a-t-il un sens si on ne prŽcise pas qu'on les plafonne, donc qu'on les bloque ? - et d'un "accs au crŽdit dans des conditions excluant les taux usuraires" -et ceux qui y sont dŽjˆ, du fait des prts relais, du surendettement des foyers modestes, ne faut-il pas effacer leurs dettes, purement et simplement ? La protection sociale doit se faire dans "un cadre collectif et solidaire"; y est-il Žcrit sans qu'il soit mme prŽcisŽ que le seul cadre collectif et solidaire est celui de la SŽcuritŽ sociale et des retraites par rŽpartition ! Il faut, "face ˆ la RGPP (RŽvision GŽnŽrale des Politiques Publiques), mettre en oeuvre des rŽformes porteuses de progrs social", certes, mais c'Žtait donc si dur d'Žcrire que la RGPP doit tre abrogŽe ? Enfin, on apprend qu'il faut "rŽglementer la sphre financire internationale", ce que tout le monde dit sans arrt Sarkozy le premier, lui qui veut "refonder le capitalisme". Non, vraiment, voila un texte qui ne mŽrite pas de faire date !

Il mŽrite cependant d'tre lu et retenu pour une raison. Ce texte n'est pas un texte revendicatif ni rŽformiste. Il admet que le ch™mage partiel est le moyen de maintenir les emplois alors qu'il est le moyen pour les patrons, comme les licenciements, de baisser la masse salariale, il renonce ˆ revendiquer des hausses de salaire, il "oublie" de prŽciser que la SŽcuritŽ sociale et  les rŽgimes de retraite par rŽpartition doivent tre dŽfendus et ne dit d'ailleurs pas un mot de la question toujours centrale de l'‰ge et des droits ˆ la retraite. Pourquoi ? Parce qu'il essaie de dŽvelopper des revendications compatibles avec le capitalisme en crise. Et on voit ce que a donne, c'est trs instructif : plus de hausse de salaires, on accepte le ch™mage partiel et le reste ˆ l'avenant ! Etre syndicaliste, tre rŽformiste, tre revendicatif, ce n'est pas a. Quand les revendications les plus vitales et les plus ŽlŽmentaires sont incompatibles avec le capitalisme, le vrai syndicaliste, le vrai combattant pour des rŽformes, ne choisit pas le capitalisme contre sa revendication !

Mais l'essentiel le 29 janvier, c'est l'action tous ensemble. Et qu'on le dise ou qu'on ne le dise pas, et nous sommes pour le dire, cette action, c'est que tout le monde soit en grve, c'est la grve de tous, la grve tous ensemble : la grve gŽnŽrale le 29 janvier, voila ce que veut l'unitŽ des travailleurs !

Ce jour lˆ les travailleurs ne feront pas "des actions" pour "rŽglementer la sphre financire internationale", ils seront en grve pour leurs revendications telles que :

- SMIC ˆ 1500 euros tout de suite, indexation des salaires, retraites, pensions et minima sociaux sur les prix et augmentation de 500 euros de tous les minima sociaux !

- blocage des prix de l'alimentation, des carburants, des transports et des loyers !

- blocage des licenciements dans les entreprises et mise sous contr™le public de celles qui disent ne pouvoir faire autrement ˆ cause de la crise ; retrait de toutes les suppressions de postes dans la fonction publique ; recrutement massif des infirmires, enseignants, chercheurs nŽcessaires !

- pas de ch™mage partiel : rŽpartition du travail disponible ˆ salaire inchangŽ !

- abrogation de la RGPP, de la privatisation des services publics, de la rŽforme du lycŽe !

- ŽgalitŽ des droits : rŽgularisation de tous les sans-papiers !

- rŽtablissement des libertŽs syndicales et du droit ouvrier mis ˆ mal par Sarkozy : abrogation des lois anti-grves dans les transports et ˆ l'Žcole, de la loi de juillet 2008 sur le dialogue social, des dispositions en train d'tre prises dans les fonctions publiques contre le paritarisme !

La jeunesse doit avoir toute sa place dans les manifestations du 29 janvier. Selon presse et tŽlŽvision, les manifestations lycŽennes du jeudi 8 janvier ont marquŽ un "essoufflement". On pourrait tout aussi bien dire qu'aprs les vacances d'hiver elles marquaient une "reprise de la mobilisation". Mais cette reprise a besoin d'une perspective. En rappelant leurs revendications de retrait de la rŽforme Sarkozy-Darcos du lycŽe et non pas d'un simple report de celle-ci, et de retrait de toutes les suppressions de postes annoncŽes ou qui vont l'tre, comme condition ˆ toute nŽgociation -notons que telles ne sont pas les "nŽgociations" que Darcos est en train de reprendre avec les organisations syndicales sur la base des "protocoles" signŽs en juin par les directions des principaux syndicats- les assemblŽes gŽnŽrales de lycŽens lˆ o elles parviennent ˆ se tenir contre la lutte acharnŽe des proviseurs ˆ l'encontre du droit de rŽunion des jeunes dans les Žtablissements, montrent la voie du combat : sur la base de revendications communes et claires, se regrouper tous ensemble.

Donc, le 29 janvier peut et doit aussi tre l'occasion du rassemblement de la jeunesse, lycŽens, Žtudiants, Žlves des IUT, tous ensemble pour leur avenir contre un rŽgime et un ordre social qui le leur refuse purement et simplement !

Puisque ce sera le Tous ensemble, ce sera politique. SalariŽs du privŽ, du public, de l'automobile, du b‰timent, lycŽens, profs, postiers, infirmires, sans-papiers, Žtudiants, ne seront pas en lutte par millions pour "rŽglementer la sphre financire internationale" (!), mais pour chercher ˆ en dŽcoudre et ˆ dŽgager une issue politique contre Sarkozy. Le PS, le PCF, le PG, le NPA, LO, le POI disent vouloir reprŽsenter le monde du travail. ReprŽsenter le monde du travail, c'est mettre en avant un objectif politique : chasser Sarkozy et former un gouvernement reprŽsentatif de la majoritŽ.

Le bulletin de liaison des signataires de la pŽtition "DŽfendons notre pouvoir d'achat" vient de para”tre. Il est disponible sur http://www.le-militant.org/.

- blocage des prix de lĠalimentation !

- blocage des prix du carburant et des transports !

- blocage des loyers !

- SMIC ˆ 1 500 Û net tout de suite !

- indexation des salaires sur les prix

- augmentation de 500 Û de tous les minima sociaux

Envoyez vos signatures, commentaires et contributions ˆ raymond.debord@noos.fr

 

* * * *

Fuite en avant contre les libertŽs publiques et la•ques.

 

Sarkozy et son gouvernement ont dž opŽrer quelques reculs dont la portŽe rŽelle est faible, mais dont la portŽe politique est importante, car ils Žtaient censŽs "ne pas reculer sur les rŽformes nŽcessaires". Il s'agit bien sžr de la rŽforme du lycŽe, "reportŽe" ˆ la rentrŽe 2010 au lieu de 2009, et, dans la foulŽe, du projet "cher au prŽsident" de gŽnŽralisation du travail le dimanche, ainsi, plus rŽcemment, d'un recul sur la moitiŽ des 3000 suppressions de postes annoncŽs par Darcos dans les rŽseaux d'aides aux Žlves en difficultŽ, soit 1500 postes (mais o sera prise la diffŽrence ?), sans oublier la renonciation du mme Darcos ˆ emmerder judiciairement les communes rurales qui n'auraient pas organisŽ son soi-disant "service minimum d'accueil" lors de la grve, massive dans les Žcoles, du 20 novembre dernier.

A nos yeux, ces reculs politiques ne signifient pas qu'on peut, globalement, faire reculer ce gouvernement ou, mieux encore, comme le disent des dirigeants politiques de gauche ou de syndicats, lui imposer "de bonnes rŽformes". Ils signifient qu'il a commencŽ ˆ s'affaiblir. Ce serait donc le moment de hausser le ton et le contenu des revendications et non d'en rabattre comme le font l'ensemble des directions syndicales nationales dans la dŽclaration du 5 janvier reproduite ci-dessous. On n'imposera pas ˆ Sarkozy de faire une politique au service de l'intŽrt gŽnŽral, c'est-ˆ-dire du monde du travail. On l'affaiblira, et on le chassera.

Dans le mme temps o s'effectue ces quelques reculs, Sarkozy se lance dans une incroyable accŽlŽration des contre-rŽformes sur le terrain des libertŽs publiques, de la dŽmocratie, de la la•citŽ. Nombreuses sont les rŽactions d'indignation partielle ˆ cet ensemble de mesures, rares sont les analyses d'ensemble qui les relient entre elles. Qu'on en juge -et notre liste est incomplte :

- projet de responsabilitŽ pŽnale ˆ 12 ans.

- suppression des juges d'instruction : nous ne sommes pas ici spŽcialement des fans du juge d'instruction, mais il est clair que Sarkozy veut que ce soit "le parquet", c'est-ˆ-dire lui, qui puisse ordonner des procŽdures d'enqutes, et personne d'autre.

- mise en musique de la rŽforme constitutionnelle qu'ils ont votŽe l'ŽtŽ dernier avec la restriction du droit d'amendement et d'intervention des dŽputŽs, faisant de l'assemblŽe nationale sous la VĦ RŽpublique de faon officielle et avouŽe ce qu'elle Žtait dŽjˆ : une assemblŽe croupion de carpettes et de serpillires, et non pas de reprŽsentants du peuple.

- bien entendu, pseudo-rŽforme de l'audiovisuel public visant ˆ satisfaire le privŽ, et nomination par Sarkozy de ses responsables ; organisation par le pouvoir politique d' "Žtats gŽnŽraux de la presse Žcrite" o il semblerait bien que les esprits forts de la presse "indŽpendante" vont aller nombreux, et ainsi de suite.

- et, clou du spectacle qu'il faut vraiment faire conna”tre parce que l'information circule encore de faon confidentielle -comme avait, il y a un an exactement, circulŽ d'abord confidentiellement le contenu effarant du "discours du Latran" du chanoine Sarkozy : Mister Kouchner, prŽposŽ aux Affaires Žtrangres, a signŽ avec le Vatican une convention aux termes de laquelle les UniversitŽs catholiques peuvent dŽcerner des dipl™mes automatiquement validŽs par l'Etat dans n'importe quel domaine ! C'est la mise en oeuvre du discours du Latran  (voir la lettre nĦ8 du 30 dŽcembre 2007 sur nos archives, http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/index.html  ), qui s'y plaignait que  : "Aujourd'hui encore, la RŽpublique maintient les congrŽgations sous une forme de tutelle, refuse de reconna”tre un caractre cultuel ˆ l'action caritative ou aux moyens de communication des Eglises, rŽpugne ˆ reconna”tre la valeur des dipl™mes dŽlivrŽs dans les Žtablissements d'enseignement supŽrieur catholique alors que la Convention de Bologne le prŽvoit, n'accorde aucune valeur aux dipl™mes de thŽologie." Faire des dipl™mes catholiques des dipl™mes d'Etat, c'est allŽ vers l'embauche de fonctionnaires sur la base unique de leur agrŽment par les autoritŽs clŽricales !

Ces mesures et d'autres forment un ensemble qui dessine un rŽgime de type dictatorial et peu ŽclairŽ, en dehors du reflet du strass et des paillettes de la mafia gouvernante. L'Žtat d'exception, dans lequel doivent vivre les sans-papiers en instance d'expulsion, tend ˆ tre une norme de fonctionnement de l'appareil d'Etat (la "RGPP" vise aussi ˆ instaurer ce type d'habitude dans la gestion des fonctions publiques). Mais ce n'est pas du tout lˆ une marche triomphante de la rŽaction : bien plut™t une fuite en avant. Au point que beaucoup dans la droite et dans les corps constituŽs crient "casse-cou".

Ainsi, M. De Villepin, ancien premier ministre du CPE (contrat premire embauche) et adepte d'un bonapartisme dont la principale nuance avec celui de Sarkozy Žtait, tout du moins jusqu'au 7 mai 2007, qui lui c'est lui et Sarko c'est Sarko, se rŽpand-il en interviews o il n'hŽsite plus ˆ dire que l' "hyperactivitŽ" de l' "omniprŽsident", comme disent les journalistes pour avoir l'air de critiquer tout en flattant, est devenu une "menace pour les libertŽs publiques".

Ainsi, la ConfŽrence des PrŽsidents d'UniversitŽs (CPU) a-t-elle adressŽ une lettre ouverte ˆ Sarkozy. L'Žtroite confrŽrie des prŽsidents d'universitŽs soutient toujours, faut-il le rappeler, la loi PŽcresse combattue par l'ensemble du monde universitaire, pour la seule et suffisante raison qu'elle leur donne de larges pouvoirs et leur permet de dire "nous sommes des patrons". NŽanmoins ces messieurs sont trs inquiets et parlent d'une tension extrme dans le monde universitaire. Ils expliquent que cela est du ˆ quatre  causes : le manque de moyen qui permet ˆ "certains" de dire que la loi PŽcresse a ŽtŽ faite pour baisser les moyens, allons donc ma petite dame ...  ; le projet de rŽforme du statut des enseignants-chercheurs, suite logique pourtant de la loi PŽcresse, mais qui risque de dresser leurs collgues contre eux s'ils le soutiennent et de leur rappeler qu'il n'y pas loin du Capitole ˆ la roche TarpŽienne et de la prŽsidence d'UniversitŽ au goudron et aux plumes ; la rŽforme de la formation des professeurs des Žcoles et du secondaire consistant ˆ dissoudre les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Ma”tres) dans les universitŽs ; et l'accord signŽ avec le Vatican par Kouchner, qui les met en concurrence avec les Žvques, ce qui produit l'effet remarquable de leur faire invoquer la RŽpublique et ses valeurs remises en cause (en effet).

De la "poursuite des rŽformes" au dŽrapage, il n'y a qu'un pas, il est franchi.

* * *

Document : l'appel intersyndical national au 29 janvier, texte du 5 janvier.

La crise Žconomique amplifiŽe par la crise financire internationale touche durement une grande partie des salariŽs dans leurs emplois et leurs revenus. Alors quĠils nĠen sont en rien responsables, les salariŽs, demandeurs dĠemploi et retraitŽs, sont les premires victimes de cette crise. Elle menace lĠavenir des jeunes, met ˆ mal la cohŽsion sociale et les solidaritŽs ; elle accro”t les inŽgalitŽs et les risques de prŽcaritŽ.

Les seules lois du marchŽ ne peuvent rŽgler tous les problmes.

Face ˆ cette situation et considŽrant quĠil est de leur responsabilitŽ dĠagir en commun, en particulier lors de la journŽe du 29 janvier, pour obtenir des mesures favorables aux salariŽs, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA ont dŽcidŽ dĠinterpeller les entreprises, le patronat et lĠEtat.

Surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur de lĠemploi, des rŽmunŽrations et des politiques publiques intŽgrŽes dans une politique de relance Žconomique.

1 – Donner la prioritŽ au maintien des emplois dans un contexte de crise Žconomique

De nombreuses entreprises mettent la pression sur les sous-traitants et fournisseurs faisant supporter ˆ leurs salariŽs blocages de rŽmunŽrations et pertes dĠemplois. Par ailleurs, des salariŽs sont contraints ˆ des durŽes du travail ŽlevŽes, tandis que les salariŽs temporaires, en intŽrim ou en CDD, sont les premiers ˆ faire les frais des baisses dĠactivitŽ. Des entreprises utilisent la crise pour opŽrer des restructurations tout en maintenant la rŽmunŽration de leurs actionnaires.

CĠest intolŽrable et inadmissible.

Les entreprises confrontŽes aux baisses dĠactivitŽ utilisent des mesures de sauvegarde dĠemplois comme le ch™mage partiel, les jours de RTT ou de congŽsÉ Toutes ces mesures doivent tre nŽgociŽes dans lĠobjectif de prŽserver lĠemploi et les salaires. Les aides publiques doivent aussi y tre conditionnŽes. Les entreprises doivent amŽliorer lĠindemnisation du ch™mage partiel et tous les salariŽs doivent pouvoir en bŽnŽficier. Ces pŽriodes de baisse dĠactivitŽ doivent tre utilisŽes pour dŽvelopper la formation professionnelle et renforcer les compŽtences des salariŽs.

Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur situation, cĠest notamment en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en rŽduisant la prŽcaritŽ que la performance sera assurŽe.

Dans la fonction et les entreprises publiques, il est indispensable de rŽpondre aux besoins de notre sociŽtŽ et de la population et de leur attribuer les moyens nŽcessaires. Ds 2009, le gouvernement doit renoncer aux 30.000 suppressions de postes. Il faut abandonner une politique aveugle de suppression dĠemplois et penser autrement lĠŽvolution des services publics dont la qualitŽ et lĠemploi constituent une question centrale.

La situation des salariŽs prŽcaires du public appelle des mesures de justice sociale.

2 – Politiques salariales : amŽliorer le pouvoir dĠachat, rŽduire les inŽgalitŽs

Les exigences des actionnaires ont conduit, dans beaucoup dĠentreprises, ˆ lĠaccroissement des inŽgalitŽs. Elles se sont aussi traduites par une redistribution des richesses privilŽgiant le versement de dividendes au dŽtriment des salaires et de lĠinvestissement.

Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les nŽgociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir dĠachat et une rŽduction des inŽgalitŽs.

Les allŽgements de cotisations sociales doivent tre conditionnŽs ˆ la conclusion dĠaccords salariaux

3- Orienter la relance Žconomique vers lĠemploi et le pouvoir dĠachat.

Il est de la responsabilitŽ de lĠEtat et de lĠUnion EuropŽenne de dŽcider de politiques dĠinterventions publiques coordonnŽe favorisant une relance Žconomique. Celles-ci doivent viser ˆ la fois :

¤ Une relance par la consommation en amŽliorant le pouvoir dĠachat, en prioritŽ des revenus les plus modestes parmi lesquels de nombreux salariŽs, demandeurs dĠemploi, retraitŽs et bŽnŽficiaires de minima sociaux.

¤ Une politique de dŽveloppement de logement social ˆ la hauteur de lĠurgence, un encadrement des loyers et un accs au crŽdit dans des conditions excluant les taux usuraires.

¤ Une protection sociale (santŽ, retraiteÉ) dans un cadre collectif et solidaire

¤ Des investissements ciblŽs, en particulier en matire dĠinfrastructures, dĠŽquipements publics et de services publics, en favorisant la recherche, le dŽveloppement, lĠŽducation et la formation.

Les investissements publics et privŽs doivent notamment tre orientŽs en faveur dĠune Žconomie du dŽveloppement durable mettant en Ïuvre les principes adoptŽs au Grenelle de lĠEnvironnement.

¤ Toute aide accordŽe ˆ une entreprise doit tre ciblŽe et faire lĠobjet de contreparties. Elle doit tre conditionnŽe ˆ des exigences sociales, en particulier en matire dĠemploi. Elle doit faire lĠobjet dĠune information et dĠun avis prŽalable des Žlus reprŽsentant les salariŽs. Dans le cas spŽcifique du secteur bancaire, lĠutilisation des aides publiques doit donner lieu ˆ un contr™le direct par lĠEtat.

4 – PrŽserver et amŽliorer les garanties collectives

Les conditions de vie et de travail pour les salariŽs des secteurs privŽ et public, passent par lĠamŽlioration du cadre collectif. CĠest pourquoi il faut :

- retirer la proposition de loi sur le travail du dimanche.

- face ˆ la rŽvision gŽnŽrale des politiques publiques (RGPP), mettre en oeuvre des rŽformes porteuses de progrs social (??)

5 – RŽglementer la sphre financire internationale

Cette rŽglementation doit mettre un terme ˆ la spŽculation, aux paradis fiscaux, ˆ lĠopacitŽ du systme financier international et encadrer les mouvements de capitaux. LĠUnion europŽenne doit tre au premier plan pour lĠexiger.

Il faut aussi imposer le respect des droits fondamentaux et sociaux et des normes internationales de lĠOIT dans tous les Žchanges internationaux. LĠaide publique au dŽveloppement doit tre maintenue et amŽliorŽe. CĠest ce que demande le mouvement syndical international.

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Gaza : premire analyse.

En ligne sur le site de Militant depuis dŽbut janvier.

Rien, rien, strictement rien, ne saurait justifier l'agression israŽlienne contre le peuple de Gaza.

Elle n'a aucun caractre dŽfensif. Les roquettes du Hamas -qui ont aussi tuŽ des ouvriers arabes- ne peuvent tre liquidŽes par ce type d'opŽration de grande envergure.

Elle ne vise en rien ˆ protŽger le peuple judŽo-israŽlien, et au contraire elle menace celui-ci, directement par les mesures de mobilisations et de contrainte sociale qu'elle permet de justifier en Isra‘l, indirectement en aggravant l'antagonisme entre peuples, communautŽs, religions. La haine communautaire est assurŽment une menace mortelle pour les Juifs d'Isra‘l, mais la seule manire pour eux de s'y soustraire serait de cohabiter avec les Arabes, ce qui exige le respect de leurs droits, droits dŽmocratiques, droits nationaux, droit au retour des rŽfugiŽs le souhaitant. Un tel programme dŽmocratique est incompatible avec les fondements de l'Etat d'Isra‘l autant qu'avec le programme communautariste et religieux du Hamas, qui n'est pas ˆ l'origine de son succs Žlectoral parmi les Palestiniens : celui-ci s'explique entirement par l'apparence de plus grande dŽtermination dans la dŽfense des droits nationaux des Palestiniens qui a bŽnŽficiŽ au Hamas ˆ cause de la collaboration politique et policire de l'OLP avec Isra‘l.

Le renvois dos-ˆ-dos des avions et des tanks israŽliens d'un c™tŽ et des "roquettes du Hamas" de l'autre est une position hypocrite qui, sous couvert de larmoyer en faveur de la paix, couvre et lŽgitime les crimes de guerre et les crimes contre l'humanitŽ. Sans que cela n'implique aucun soutien politique au Hamas, organisation rŽactionnaire, il ne saurait y avoir de symŽtrie entre opprimŽs et oppresseurs. La nation opprimŽe est ici la nation palestinienne. Quand ˆ la nation judŽo-israŽlienne, elle sait dŽjˆ puisqu'elle l'expŽrimente tous les jours un peu plus qu'un peuple qui en opprime un autre ne saurait tre libre.

La tache politique premire est de manifester pour l'arrt immŽdiat de l'agression et des massacres.

Au delˆ il faut s'opposer ˆ tout ce qui va dans le sens des affrontements entre communautŽs, religions et peuples. Ni antisŽmitisme, ni racisme anti-arabe, mais dŽfense des Palestiniens qui combattant l'oppresseur, et dŽfense de ceux des Juifs qui s'opposent rŽellement ˆ la politique d'Isra‘l.

Attention, en France et ailleurs, ˆ l'exploitation de ces Žvnements en vue de produire des affrontements entre bandes nationales, ethniques ou religieuses. La mobilisation unie pour que cesse le massacre doit participer de l'action commune des exploitŽs et des opprimŽs, seul facteur rŽellement capable de faire reculer les menaces de guerre. Vigilance, donc, contre le CRIF qui tente d'organiser les personnes de confession juive pour la dŽfense d'un rŽgime raciste, qui certes ne commet pas un gŽnocide -il faut toujours faire attention ˆ employer les termes exacts- mais qui a fait de Gaza un ghetto ou un bantoustan -ces termes sont exacts- et qui pratique la fuite en avant vers la guerre, la violence et la destruction pour cacher sa corruption et ses Žchecs. Vigilance au mme titre contre les DieudonnŽ et les groupes qui cherchent ˆ exciter la jeunesse immigrŽe sur des thmes antisŽmites. Les uns font d'ailleurs le jeu des autres.

Pour quelle raison la camarilla d'Olmert, de Livni et de Barack a dŽcidŽ d'attaquer maintenant ?

Il s'agit pour eux de tenter d'effacer le syndrome de faiblesse consŽcutif ˆ leur Žchec au Sud Liban de l'ŽtŽ 2006. Au delˆ, ce clan militariste, liŽ ˆ certains milieux nord-amŽricain, veut par avance aligner sur sa politique l'administration Obama aux Etats-Unis. Ils craignent que le rŽalignement -qu'Obama a annoncŽ et que Bush a commencŽ- des troupes US et de l'OTAN vers l'Afghanistan et de plus en plus vers le Pakistan lui-mme, ne laisse une marge au Hamas, au Hezbollah et ˆ certains mouvements chiites irakiens. Ils craignent que l'orientation d'Obama, belliciste elle aussi mais gŽographiquement diffŽrente, de "prioritŽ ˆ al-Qa”da et ˆ la question pakistanaise", ne fasse d'Isra‘l un petit Etat pŽriphŽrique, instable et corrompu, ce qu'il est dŽjˆ, et non pas le centre du monde du Pentagone comme de diverses sectes mystiques nŽo-conservatrices. Leur opŽration consiste donc en un chantage prŽalable sur Obama, par la prise en otage de deux millions d'habitants de Gaza, au risque de combats de rue opposants jeunes soldats israŽliens dans leurs chars ˆ la population et ˆ la jeunesse, et non pas seulement ˆ l'appareil militaire du Hamas.

Relevons qu'ils ont bombardŽ les prisons dans lesquelles le Hamas dŽtient ses propres adversaires palestiniens, montrant bien qui ils combattent rŽellement ! Et ils n'ont pu monter leur opŽration qu'avec l'accord du rŽgime Žgyptien, secret de Polichinelle dans le monde arabe, et d'autres dirigeants des pays arabes.

La voie vers la dŽmocratie et le droit ˆ l'autodŽtermination des peuples passe par la dŽfaite d'Isra‘l ˆ Gaza comme il y a deux ans au Sud Liban. Mais la voie de cette dŽfaite ne passe pas par les "roquettes du Hamas" qui n'ont d'autre fonction que de servir ˆ la politique d'Olmert et compagnie et qui n'ont jamais eu ni la capacitŽ ni l'intention de repousser les agresseurs, mais par la mobilisation des peuples, la rŽsistance (y compris armŽe) de la nation palestinienne toute entire, les manifestations unitaires pour le retrait des troupes et l'arrt du massacre partout, et la mobilisation d'un nombre croissant de Juifs israŽliens qui doivent comprendre que ce ne sont pas seulement de grands principes, mais leur sŽcuritŽ rŽelle, qui exige que la bande d'Olmert et compagnie soit chassŽe.

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CommuniquŽ du Collectif de citoyens Gennevillois.

STOP AU MASSACRE DE GAZA

Depuis plusieurs mois, la population palestinienne de Gaza vit dans des conditions indescriptibles de privation et d'humiliation.

La bande de Gaza, qui subit rŽgulirement les incursions et les attaques de l'armŽe israŽlienne, a ŽtŽ la cible des avions de Tsahal ce samedi 27 dŽcembre 2008. Plus de 280 morts et environ 700 blessŽs sont ˆ dŽplorer parmi la population palestinienne et un mort et 6 blessŽs du c™tŽ israŽlien.

En attaquant les installations du Hamas, l'armŽe israŽlienne touche Žgalement des quartiers d'habitations, faisant donc des victimes civiles.

Depuis plus de 60 ans, les Palestiniens subissent l'oppression et le refus de leur identitŽ nationale. Tous les jours, ce sont des milliers de Palestiniens qui subissent la rŽpression et l'humiliation. Tous les jours, des Palestiniens connaissent la mort dans des conditions inhumaines.

Jusqu'o ira l'Etat d'Isra‘l dans le dŽni de la sociŽtŽ palestinienne ˆ s'autodŽterminer ? Quand est-ce que ces massacres vont cesser ?

Quand est-ce que l'Europe et les Nations Unies vont-elles rŽagir ˆ toutes ces infractions au droit international?

Ne restons pas les bras croisŽs! Chaque citoyen de ce monde doit rŽsister et dire "non" au massacre du peuple palestinien et peser sur nos gouvernants pour qu'ils agissent en consŽquence !

Soutenons un peuple qui rŽsiste depuis 60 ans pour dŽfendre son territoire et ses enfants.

Collectif de citoyens Gennevillois.

 

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Pour lĠarrt immŽdiat de lĠoffensive israŽlienne contre Gaza !

7 janvier 2009

Ç Les guerres sont un phŽnomne barbare, profondŽment immoral, rŽactionnaire et contraire aux intŽrts du peuple È (Rosa Luxemburg)

Une nouvelle fois lĠƒtat israŽlien, avec le soutien de presque toute sa classe politique et dĠune partie majoritaire de sa population, du moins si lĠon en croit les sondages, vient de sĠattaquer ˆ la population palestinienne. RŽpŽtant la mme stratŽgie quĠau Liban en 2006, lĠaviation israŽlienne sĠen prend ˆ des cibles dites ÒstratŽgiquesÓ, en sachant parfaitement quĠelles tueront une proportion importante de civils, le tout sous le fallacieux prŽtexte dĠÇ Žradiquer È un Ç mouvement terroriste È.

LĠaviation israŽlienne, dŽtruit, tout comme au Liban, des installations collectives civiles quĠil faudra des annŽes pour reconstruire, et qui ne pourront que rendre les conditions de vie des Palestiniens encore plus catastrophiques. Ds le premier soir de lĠoffensive terrestre, le 3 janvier, les infrastructures Žlectriques ont ŽtŽ dŽtruites, privant les habitants de courant, la nuit nĠŽtant ŽclairŽe que par les b‰timents et dŽp™ts de carburants en feu.

LĠarmŽe affame dŽlibŽrŽment la population, espŽrant ainsi que celle-ci se retourne contre le Hamas, un calcul cynique et stupide. Les rares convois humanitaires qui entrent ˆ Gaza ne servent ˆ rien puisque la population ne peut pas sortir et se rendre aux points de ravitaillement. La distribution dĠeau est pratiquement interrompue.

Cette stratŽgie meurtrire est prŽsentŽe comme un geste de Ç lŽgitime dŽfense È, y compris par le CRIF (Conseil reprŽsentatif des institutions juives de France). A la fin dĠune manifestation en faveur de lĠƒtat dĠIsra‘l, dimanche 4 janvier 2009, un de ses reprŽsentants a ŽvoquŽ les victimes des roquettes du Hamas (moins dĠune dizaine de morts ˆ lĠheure o nous Žcrivons). Mais il nĠa pas dit un mot des 500 morts et 2 500 blessŽs palestiniens suite aux bombardements de Tsahal. Beaucoup plus que dĠune riposte Ç disproportionnŽe È, il sĠagit dĠun nouveau crime de guerre prŽmŽditŽ de lĠƒtat israŽlien. CĠest dĠailleurs ce quĠaffirment les militants israŽliens favorables ˆ une nŽgociation avec le Hamas et ˆ lĠarrt immŽdiat de lĠembargo contre Gaza, comme premires mesures.

Cette agression sanglante sĠexplique aussi par des calculs cyniques des Žlites politiques israŽliennes : dĠune part, elles veulent profiter de lĠinterrgne entre Bush et Obama pour mettre les ƒtats-Unis devant le fait accompli ; et, dĠautre part elles prŽparent les Žlections qui sont censŽes se tenir en fŽvrier 2009. Ç On ne construit pas une campagne Žlectorale sur des cadavres dĠenfants ! Tous les ministres du gouvernement sont des criminels de guerre ! È ont criŽ les manifestants ˆ Tel Aviv le 3 janvier 2009. Ils ont dŽnoncŽ aussi dans leurs slogans la Ç guerre des 6 siges È car les travaillistes, dĠaprs les sondages, sont censŽs gagner 6 dŽputŽs en raison de leur position favorable ˆ lĠopŽration Ç Plomb durci È. Aussi barbares que soient les bombardements israŽliens, il ne peut tre question pour nous de reprendre, ˆ lĠŽgard des militaires ou des gouvernements israŽliens, des termes comme ÒsionazisÓ que lĠon voit fleurir sur Internet et que lĠon entend dans les manifestations. LĠŽmotion et la colre justifiŽes contre cette guerre ne doivent en aucun cas nous amener sur le terrain de ceux qui tracent un trait dĠŽgalitŽ entre sionisme et nazisme.

Quant ˆ lĠusage du mot gŽnocide, on ne peut mettre sur le mme plan le gŽnocide des Juifs, le gŽnocide armŽnien, le gŽnocide des Tutsi, dĠun c™tŽ, et, de lĠautre, le massacre des Palestiniens lors des bombardements israŽliens. Un tel usage vide ce mot de son sens trs spŽcifique : extermination systŽmatique dĠun peuple et ne peut que crŽer la confusion politique.

Rappelons ˆ ce propos que la guerre dĠAlgŽrie a fait un million de morts parmi le peuple algŽrien, et quĠil nĠest nul besoin dĠinvoquer le judŽocide et de le retourner contre les gouvernements israŽliens ou, pire, contre tout le peuple israŽlien, pour condamner la barbarie des troupes de Tsahal. De notre point de vue, ˆ nous socialistes, la•ques et internationalistes, cĠest aux travailleurs israŽliens et palestiniens de choisir le systme politique sous lequel ils veulent immŽdiatement vivre : un seul ƒtat la•que ou deux ƒtats la•ques. CĠest aussi aux travailleurs palestiniens et israŽliens de choisir sĠils veulent aller plus loin : ne pas simplement lutter pour des droits dŽmocratiques sociaux et dŽmocratiques Žgalitaires, mais aussi remettre en cause le systme capitaliste qui les opprime en Isra‘l comme en Palestine.

Pour notre part, nous ne croyons pas que le nationalisme israŽlien (le sionisme) et le nationalisme palestinien (celui de lĠAutoritŽ palestinienne ou celui, ˆ tendance plus religieuse, du Hamas) offrent la moindre perspective commune aux deux peuples et aux exploitŽs de la rŽgion. Par ses agressions et son expansion territoriale permanentes lĠƒtat israŽlien nourrit la haine non seulement contre ses propres citoyens mais aussi contre la religion juive dont il prŽtend dŽfendre les valeurs. En mŽlangeant les consŽquences absolument dramatiques du judŽocide et de la barbarie nazie, la nŽcessitŽ pour les IsraŽliens de se dŽfendre contre les ƒtats voisins, et les rŽfŽrences bibliques, le tout pour justifier sa politique colonialiste jusquĠˆ aujourdĠhui, lĠEtat israŽlien a fait le jeu du nationalisme de lĠOLP hier, du Hamas aujourdĠhui, mouvement qui, tout comme la plupart des courants du sionisme, brouille les frontires entre questions politiques et questions religieuses.

Or, lĠon sait que les guerres de religion se terminent toujours par un bain de sang (la France en a fait lĠexpŽrience avec les protestants) et par la partition et lĠexil accompagnŽs de massacres (la sŽparation entre lĠInde et le Pakistan en Žtant le dernier grand exemple) . Il faut donc absolument si lĠon souhaite arriver ˆ des accords de paix, que lĠon mette de c™tŽ la religion, ses symboles, ses Ç commandements divins È et ses principes rŽactionnaires.

Il nĠy aura pas de paix :

-           sans la fin du blocus de Gaza ;

-           sans des droits dŽmocratiques Žgaux pour tous dans les deux ƒtats ou dans la fŽdŽration israŽlo-palestinienne qui pourrait se crŽer ;

-           sans une sŽparation radicale entre la religion et lĠƒtat ou les ƒtats.

Dans lĠimmŽdiat, la solidaritŽ internationale doit se manifester pour lĠarrt immŽdiat de cette escalade guerrire. De plus, il ne sĠagit pas de cŽder ˆ des logiques communautaires. PrŽsenter la situation comme divisant dĠun c™tŽ les soutiens du gouvernement israŽlien, et de lĠautre des soutiens du Hamas, serait une caricature profondŽment mensongre. Sans soutenir aucun de ces deux belligŽrants, et mme si nous pouvons avoir des apprŽciations divergentes sur ce que lĠun et lĠautre reprŽsentent, nous nous plaons dans le camp de lĠintŽrt de lĠimmense majoritŽ, le camp des travailleurs, quelle que soit lĠŽtiquette nationale que le hasard a posŽ sur eux : cĠest au mouvement ouvrier dĠorganiser la lutte contre la guerre. CĠest pourquoi nous luttons pour une paix juste au Proche-Orient, sans jamais mettre dans notre poche nos convictions dŽmocratiques, anti-Žtatistes, Žgalitaires, libertaires, et socialistes.

Collective Reinventions (Etats-Unis) Yves Coleman (Ni patrie ni frontires), Quentin DauphinŽ (militant syndical), Nicolas Dessaux (SolidaritŽ Irak), Jo‹o Pedro Freire (Tribuna socialista, Portugal), The Hobgoblin, Goldfax (militant anarchiste), StŽphane Julien (militant syndical), Pierre Loinod DŽmocratie Communiste (Luxembourgiste), Patsy (Le Monde comme il va), Vincent PrŽsumey militant socialiste et syndicaliste, Allier (France).

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La crise entre la Russie et l'Ukraine n'est pas une affaire de gaz.

Officiellement, c'est parce que l'Ukraine refuse l'augmentation progressive du tarif du gaz russe en direction des tarifs internationaux, et donc l'abandon progressif des tarifs prŽfŽrentiels remontant ˆ l'ancienne URSS, que Moscou a coupŽ le gaz ˆ l'Ukraine, laquelle pompe dans les tuyaux ˆ destination du reste de l'Europe, ce qui a entra”nŽ la coupure ˆ l'initiative russe des approvisionnements de la Bulgarie, de la Roumanie et des rŽductions dans tous les Balkans, et met en danger de faon bien plus importante que ce qui en est dit publiquement l'ensemble des fournitures de gaz et donc le chauffage des gens dans leurs maisons et appartements dans toute l'Europe.

L'inconvŽnient de ce rŽcit officiel, c'est qu'il nous ferait croire que les tarifs prŽfŽrentiels ont ŽtŽ maintenus par la Russie pour des raisons de gŽnŽrositŽ pure ! En fait, des liens ˆ la fois bureaucratiques, clientŽlistes, politiques et capitalistes, bref pour rŽsumer tout a d'un mot : des liens mafieux, associent trs profondŽment la plus puissante entreprise capitaliste du monde post-soviŽtique et en mme temps plus gros morceau intact de l'ancienne URSS qu'est Gazprom, et la bureaucratie ukrainienne. Il semble que le prŽsident russe Medvedev et, en fait, encore et toujours le mme Poutine, ait dŽcidŽ de liquider ou de mettre au pas cet Žcheveau en pesant pour que soit supprimŽe ou recyclŽe la sociŽtŽ Žcran distribuant le gaz en Ukraine, qui associait Gazprom et des secteurs mafieux dont le prŽsident Iouchtchenko semble un reprŽsentant. O+n peut trouver deux motifs ˆ cette offensive.

Premirement, cela achve de dŽstabiliser le pouvoir ukrainien pro-OTAN et qui a pris parti contre la Russie dans la guerre avec la GŽorgie ˆ propos de l'OssŽtie du Sud et de l'Abkhazie l'ŽtŽ dernier, et cela favorise son opposante Ioula Timochenko, qui a opŽrŽ un rapprochement stratŽgique avec le pouvoir moscovite lors du conflit gŽorgien.

Deuximement, la crise Žconomique et le recul des cours pŽtroliers plonge Gazprom, axe central du pouvoir et de l'Žconomie russes, dans de graves difficultŽs, ce qui demande ˆ la fois un assainissement de certaines de ses excroissances et une hausse des factures pŽtrolires des pays "frres".

Rien ne saurait justifier que les peuples soient pris en otage par ces conflits. La premire exigence dans cette affaire serait que les Ukrainiens, comme les Russes d'ailleurs, aient le gaz leur permettant de se chauffer l'hiver. Mais cette exigence vraiment ŽlŽmentaire n'est compatible ni avec les affaires et le pouvoir d'un Iouchtchenko ou d'une Timochenko, ni avec le maintien des prŽrogatives de Gazprom, ˆ la fois entreprise capitaliste et coeur de l'appareil d'Etat russe.

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KŽdougou : une Žmeute annonciatrice dĠautres soulvements

Le 23 dŽcembre dernier, la prŽfecture de la rŽgion du SŽnŽgal oriental, ˆ 700 Km de Dakar, a connu un soulvement qui a fait beaucoup de bruits au SŽnŽgal malheureusement ce genre dĠŽvŽnements rentre dans la catŽgorie soumise ˆ un black-out mŽdiatique complet ici.

Au commencement, on a lĠaccumulation de dŽcennies de sous-dŽveloppement dans le mal dŽveloppement : stagnation de lĠŽconomie locale, ch™mage massif, enclavement routier, exode des jeunes partant faire leur vie ailleurs, ˆ Dakar ou dans lĠŽmigration.

Puis, on dŽcouvre que la rŽgion nĠest pas si dŽmunie que cela. Des ressources minires sont offertes ˆ lĠexploitation intensive par le pouvoir central. Et les populations locales esprent un peu dĠembauches mais rien ne vient. Au contraire, viennent les inconvŽnients de lĠexploitation de lĠor dont le traitement industriel est synonyme de pollution (cf. la situation en Guyane franaise par exemple).

Les trusts miniers et mŽtallurgiques ont fait des promesses. Ainsi Arcelor-Mittal offre de prendre en charge les frais de rŽsidence universitaire ˆ Dakar des Žtudiants originaires de KŽdougou. Mais deux mois aprs la rentrŽe universitaire, les Žtudiants constatent que la promesse nĠa pas ŽtŽ tenue. Alors un comitŽ des Žtudiants originaires de la rŽgion se constitue. Il va mobiliser sur Dakar, et il va mobiliser aussi ˆ KŽdougou, mettant en Žcho lĠensemble du malaise social de la jeunesse locale condamnŽe au ch™mage alors que la nouvelle mine pourrait offrir des dŽbouchŽs aux dipl™mŽs du lycŽe technique local.

La jeunesse veut manifester son mŽcontentement. Le prŽfet interdit le rassemblement. Cela renforce la colre de la jeunesse : malgrŽ lĠinterdiction, une manifestation de plusieurs milliers de jeunes se tient et bouscule les gendarmes de la localitŽ. Le pouvoir panique, il fait appelle aux militaires du camp tout proche. Rapidement, cĠest le drame : 3 morts par balle dont deux enfants de moins de quinze ans et un passant, parent dĠun ministre du gouvernement !

Et alors, et alors seulement, contrairement aux mensonges de la presse aux ordres, la colre de la jeunesse se dŽcha”ne en rŽaction ˆ la violence militaire : en quelques heures, le palais de justice, la prŽfecture, la maison du prŽfet, la Poste, les douanes, les imp™tsÉla quasi-totalitŽ des b‰timents publics sont la proie des flammes.

Ç Force reste ˆ la loi !È clament les ministres du gouvernement Wade rappliquant pour prŽsenter les condolŽances aux familles des tuŽs et superviser la rŽpression. Sous prŽtexte que les gendarmes se seraient fait piquer un certain nombre dĠarmes, lĠarmŽe organise un ratissage digne de la guerre dĠAlgŽrie : fouilles des maisons des jeunes dŽnoncŽs comme manifestants, arrestations arbitraires, des cas de tortures sont dŽnoncŽs par des associations de dŽfense des droits de lĠhomme. Des dizaines de jeunes prennent la fuite pour Žviter lĠarrestation.

Maintenant, il semblerait que la Ç non rŽintŽgration de toutes les armes dŽrobŽes È serve de prŽtexte au maintien dĠune pression policire sur la localitŽ alors que lĠensemble de la population, toutes catŽgories sociales confondues, est derrire les jeunes.

La premire des choses est de faire conna”tre ces ŽvŽnements en France. La deuxime est de demander lĠarrt des poursuites contre tous les manifestants arrtŽs ou en fuite et le jugement des responsables des morts du 23 dŽcembre.

Le pouvoir sŽnŽgalais, dirigŽ par un libŽral ˆ jour de ses cotisations ˆ lĠInternationale libŽrale (celle de Raymond Barre !) et grand ami du libŽral franais Madelin, craint la propagation de cette rŽvolte qui nĠest que la manifestation de lĠextrme tension sociale qui rgne dans le pays aprs 8 ans de gouvernement libŽral, un gouvernement qui avait promis un dŽveloppement foudroyant et miraculeux car censŽ appliquer les remdes du libŽralisme orthodoxe.

Au bout de  huit ans, la rŽpŽtition des maux attribuŽs ˆ lĠŽquipe antŽrieure du PS, dŽtentrice du pouvoir de 1963 ˆ 2000, signe la fin des illusions : corruption et enrichissement illimitŽ pour les quelques proches du pouvoir, misre et ch™mage pour lĠimmense majoritŽ de la population. Pour que lĠexpression de la colre ne se perde pas dans des explosions stŽriles et sans lendemain, il faut passer ˆ lĠorganisation de tout le peuple travailleur sur la base des revendications immŽdiates et vitales, et orienter la mobilisation pour se dŽfaire de ce pouvoir usŽ.

Le mouvement ouvrier sŽnŽgalais a une longue histoire, depuis la premire moitiŽ du 20me sicle, les partis issus de lĠhistoire du mouvement ouvrier international ont une longue tradition, des dizaines de milliers de sŽnŽgalais ont militŽ dans les syndicats et dans la gauche lors des pŽriodes dĠŽmigration en Europe, en France notamment. La combativitŽ syndicale est une constante depuis lĠIndŽpendance. Ce qui manque, cĠest une orientation rompant avec toutes les combinaisons avec les partis bourgeois et avec les puissances impŽrialistes (France, Europe, USA Éet Chine, dernier venu au bal des pillards du continent noir !).

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