Lettre de liaison nĦ45 du 10 janvier 2009.
Le courage,
c'est de chercher la vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Comit de rdaction lu l'assemble gnrale de
Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois
CHALOT (77) Dominique CORNET (75) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul
ERNST (94) Franois FERRETTE (61) Stphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94)
Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU
(75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)
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Sommaire :
Le billet du
jour : Et puis quoi encore ?
Grve gnrale
le 29 janvier !
Le bulletin des
signataires "Dfendons notre pouvoir d'achat" vient de paratre.
Fuite en avant
contre les liberts publiques et laques.
Document :
l'appel intersyndical au 29 janvier, texte du 5 janvier.
Texte de
Militant sur Gaza : premire analyse.
Gaza :
communiqu du collectif de citoyens gennevillois.
Appel
"Pour l'arrt immdiat de l'offensive isralienne Gaza".
La crise entre
la Russie et l'Ukraine n'est pas une affaire de gaz.
Kdougou :
une meute annonciatrice dĠautres soulvements.
* * * *
Et puis quoi
encore ?
Voila que Fillon rclame
des comptes aux administrations publiques, services publics et collectivits
locales des Bouches-du-Rhne qui ont t confronts aux intempries et une vritable
situation de panique et de gabegie : c'est l'incendiaire qui crie "au
feu" !
En 2003 dj, lors de
la canicule, ces messieurs du pouvoir avait tent de culpabiliser services de
sant et population en expliquant que c'tait leur faute, qu'ils n'taient pas
assez "solidaires" et "ractifs". Finalement M. Mattei,
grand sacrificateur des personnes ges, a du quitter son poste.
Rsumons en un mot, ou
plus exactement en cinq, la raction naturelle de ceux qui ont vcu ces journes
sur place en apprenant que les "inspecteurs" de Fillon vont faire une
descente : Ç Du goudron et des plumes ! È".
* * * *
Grve gnrale le 29
janvier !
La situation du
monde du travail est trs grave. Chmage technique dans toute l'automobile, le btiment
et de larges pans de tous les autres secteurs, arrive des plans de
licenciements, liquidation de tous les intrimaires, arrive de nouvelles
annonces massives de suppressions de postes l'cole et dans les services
publics, insultes de Sarkozy contre l'hpital public qui selon lui ne connat
aucun problme de moyens, etc. ...
Ce sont les jeunes, les
lycens qui ont montr la voie tout le monde juste avant les ftes de fin
d'anne, en arrachant par la gnralisation de leur mouvement le report de la rforme
du lyce de Darcos et de Sarkozy.
Depuis la fin du
printemps 2008 actions syndicales unitaires ou non et mouvement rel des
travailleurs sont dconnects l'un de l'autre, parce que les directions
syndicales ont pratiqu et pratiquent le "dialogue social" en grand
avec Sarkozy et les patrons. Cette dconnection s'est exprime dans
l'abstentionnisme aux lections prudĠhomales. Cependant, le score relativement
bon de la CGT dans ce contexte est provenu des travailleurs des entreprises
menaces par la crise qui ont commenc se regrouper.
Le 8 novembre au Havre,
les 18 novembre et 20 dcembre Bordeaux, le 18 dcembre Douai, le 21 dcembre
Hennebont, de puissants mouvements locaux se sont orients explicitement vers
la construction du Tous ensemble.
Les directions
nationales de la CGT, la CGT-FO, la CFDT, la FSU, l'UNSA, Solidaires, la CFTC
et la CGC ne pouvaient pas faire autrement ni faire moins que s'entendre pour
appeler une journe d'action commune. Sans appel commun les mouvements de colre
spontans, qui se produisent dj, allaient se multiplier. Ce sera donc le
jeudi 29 janvier. Ce jour l la dconnection entre actions syndicales et
mouvement rel des travailleurs ne se produira pas : parce que le sentiment que
la crise du capitalisme exige de ragir tous ensemble est l, les
travailleurs vont se saisir en masse de cette journe, prenant appui sur
l'unit au sommet pour construire la leur.
Cela ne veut pas dire
pour autant que les millions qui vont faire grve et manifester seront au
diapason de ceux qui les ont appels. Dans un texte commun adopt le 5 janvier
(reproduit ci-dessous), ceux-ci prcisent leurs revendications face la crise,
considrant que "les seules lois du march ne peuvent rgler tous les
problmes", alors qu'on devrait plutt dire aujourd'hui qu'elles sont la
cause de tous les problmes ! Sur l'emploi, il y est demand que le chmage
partiel, les jours de RTT et de congs, qualifis de "mesures de sauvegarde
d'emplois" (!!!), soient ngocis,
que l'indemnisation du chmage partiel soit "amliore" et tendue
tous les salaris (concrtement, cela signifie : aux prcaires et intrimaires),
le tout pour assurer la "performance" des entreprises (sic !). La
seule revendication claire est que le gouvernement renonce aux 30 000
suppressions de postes de fonctionnaires. Sur les salaires, il est dit que
"les ngociations doivent assurer au moins le maintien du pouvoir
d'achat" : on ne revendique plus de hausse des salaires ! Pourtant, un peu
plus loin est revendique "une relance par la consommation augmentant le
pouvoir d'achat". Il est question d' "encadrement des loyers"
-mais cela a-t-il un sens si on ne prcise pas qu'on les plafonne, donc qu'on
les bloque ? - et d'un "accs au crdit dans des conditions excluant les
taux usuraires" -et ceux qui y sont dj, du fait des prts relais, du
surendettement des foyers modestes, ne faut-il pas effacer leurs dettes,
purement et simplement ? La protection sociale doit se faire dans "un
cadre collectif et solidaire"; y est-il crit sans qu'il soit mme prcis
que le seul cadre collectif et solidaire est celui de la Scurit sociale et
des retraites par rpartition ! Il faut, "face la RGPP (Rvision Gnrale
des Politiques Publiques), mettre en oeuvre des rformes porteuses de progrs
social", certes, mais c'tait donc si dur d'crire que la RGPP doit tre abroge
?
Enfin, on apprend qu'il faut "rglementer la sphre financire
internationale", ce que tout le monde dit sans arrt Sarkozy le premier,
lui qui veut "refonder le capitalisme". Non, vraiment, voila un texte
qui ne mrite pas de faire date !
Il mrite cependant d'tre
lu et retenu pour une raison. Ce texte n'est pas un texte revendicatif ni rformiste.
Il admet que le chmage partiel est le moyen de maintenir les emplois alors
qu'il est le moyen pour les patrons, comme les licenciements, de baisser la
masse salariale, il renonce revendiquer des hausses de salaire, il
"oublie" de prciser que la Scurit sociale et les rgimes de retraite par rpartition
doivent tre dfendus et ne dit d'ailleurs pas un mot de la question toujours
centrale de l'ge et des droits la retraite. Pourquoi ? Parce qu'il essaie de
dvelopper des revendications compatibles avec le capitalisme en crise. Et on
voit ce que a donne, c'est trs instructif : plus de hausse de salaires, on
accepte le chmage partiel et le reste l'avenant ! Etre syndicaliste, tre rformiste,
tre revendicatif, ce n'est pas a. Quand les revendications les plus vitales
et les plus lmentaires sont incompatibles avec le capitalisme, le vrai
syndicaliste, le vrai combattant pour des rformes, ne choisit pas le
capitalisme contre sa revendication !
Mais l'essentiel le 29
janvier, c'est l'action tous ensemble. Et qu'on le dise ou qu'on ne le dise
pas, et nous sommes pour le dire, cette action, c'est que tout le monde soit en
grve, c'est la grve de tous, la grve tous ensemble : la grve gnrale le
29 janvier,
voila ce que veut l'unit des travailleurs !
Ce jour l les
travailleurs ne feront pas "des actions" pour "rglementer la
sphre financire internationale", ils seront en grve pour leurs
revendications telles que :
- SMIC 1500 euros
tout de suite, indexation des salaires, retraites, pensions et minima sociaux
sur les prix et augmentation de 500 euros de tous les minima sociaux !
- blocage des prix de
l'alimentation, des carburants, des transports et des loyers !
- blocage des
licenciements dans les entreprises et mise sous contrle public de celles qui
disent ne pouvoir faire autrement cause de la crise ; retrait de toutes les
suppressions de postes dans la fonction publique ; recrutement massif des
infirmires, enseignants, chercheurs ncessaires !
- pas de chmage
partiel : rpartition du travail disponible salaire inchang !
- abrogation de la
RGPP, de la privatisation des services publics, de la rforme du lyce !
- galit des droits :
rgularisation de tous les sans-papiers !
- rtablissement des
liberts syndicales et du droit ouvrier mis mal par Sarkozy : abrogation des
lois anti-grves dans les transports et l'cole, de la loi de juillet 2008
sur le dialogue social, des dispositions en train d'tre prises dans les
fonctions publiques contre le paritarisme !
La jeunesse doit avoir toute sa
place dans les manifestations du 29 janvier. Selon presse et tlvision, les
manifestations lycennes du jeudi 8 janvier ont marqu un
"essoufflement". On pourrait tout aussi bien dire qu'aprs les
vacances d'hiver elles marquaient une "reprise de la mobilisation".
Mais cette reprise a besoin d'une perspective. En rappelant leurs
revendications de retrait de la rforme Sarkozy-Darcos du lyce et non pas d'un
simple report de celle-ci, et de retrait de toutes les suppressions de
postes annonces ou qui vont l'tre, comme condition toute ngociation
-notons que telles ne sont pas les "ngociations" que Darcos est en
train de reprendre avec les organisations syndicales sur la base des
"protocoles" signs en juin par les directions des principaux syndicats-
les assembles gnrales de lycens l o elles parviennent se tenir contre
la lutte acharne des proviseurs l'encontre du droit de runion des jeunes
dans les tablissements, montrent la voie du combat : sur la base de
revendications communes et claires, se regrouper tous ensemble.
Donc, le 29 janvier
peut et doit aussi tre l'occasion du rassemblement de la jeunesse, lycens, tudiants,
lves des IUT, tous ensemble pour leur avenir contre un rgime et un ordre
social qui le leur refuse purement et simplement !
Puisque ce sera le Tous
ensemble, ce sera politique. Salaris du priv, du public, de l'automobile, du
btiment, lycens, profs, postiers, infirmires, sans-papiers, tudiants, ne
seront pas en lutte par millions pour "rglementer la sphre financire
internationale" (!), mais pour chercher en dcoudre et dgager une
issue politique contre Sarkozy. Le PS, le PCF, le PG, le NPA, LO, le POI disent
vouloir reprsenter le monde du travail. Reprsenter le monde du travail, c'est
mettre en avant un objectif politique : chasser Sarkozy et former un
gouvernement reprsentatif de la majorit.
Le bulletin de liaison des signataires de la
ptition "Dfendons notre pouvoir d'achat" vient de paratre. Il est
disponible sur http://www.le-militant.org/.
- blocage
des prix de lĠalimentation !
- blocage
des prix du carburant et des transports !
- blocage
des loyers !
- SMIC 1
500 Û net tout de suite !
- indexation
des salaires sur les prix
-
augmentation de 500 Û de tous les minima sociaux
Envoyez vos signatures,
commentaires et contributions raymond.debord@noos.fr
* * * *
Fuite en avant contre les
liberts publiques et laques.
Sarkozy et son gouvernement ont d
oprer quelques reculs dont la porte relle est faible, mais dont la porte
politique est importante, car ils taient censs "ne pas reculer sur les rformes
ncessaires". Il s'agit bien sr de la rforme du lyce, "reporte"
la rentre 2010 au lieu de 2009, et, dans la foule, du projet "cher au
prsident" de gnralisation du travail le dimanche, ainsi, plus rcemment,
d'un recul sur la moiti des 3000 suppressions de postes annoncs par Darcos
dans les rseaux d'aides aux lves en difficult, soit 1500 postes (mais o
sera prise la diffrence ?), sans oublier la renonciation du mme Darcos
emmerder judiciairement les communes rurales qui n'auraient pas organis son
soi-disant "service minimum d'accueil" lors de la grve, massive dans
les coles, du 20 novembre dernier.
A nos yeux, ces reculs politiques
ne signifient pas qu'on peut, globalement, faire reculer ce gouvernement ou,
mieux encore, comme le disent des dirigeants politiques de gauche ou de
syndicats, lui imposer "de bonnes rformes". Ils signifient qu'il a
commenc s'affaiblir. Ce serait donc le moment de hausser le ton et le
contenu des revendications et non d'en rabattre comme le font l'ensemble des
directions syndicales nationales dans la dclaration du 5 janvier reproduite
ci-dessous. On n'imposera pas Sarkozy de faire une politique au service de
l'intrt gnral, c'est--dire du monde du travail. On l'affaiblira, et on le
chassera.
Dans le mme temps o s'effectue
ces quelques reculs, Sarkozy se lance dans une incroyable acclration des
contre-rformes sur le terrain des liberts publiques, de la dmocratie, de la
lacit. Nombreuses sont les ractions d'indignation partielle cet ensemble
de mesures, rares sont les analyses d'ensemble qui les relient entre elles.
Qu'on en juge -et notre liste est incomplte :
- projet de responsabilit pnale
12 ans.
- suppression des juges
d'instruction : nous ne sommes pas ici spcialement des fans du juge
d'instruction, mais il est clair que Sarkozy veut que ce soit "le
parquet", c'est--dire lui, qui puisse ordonner des procdures d'enqutes,
et personne d'autre.
- mise en musique de la rforme
constitutionnelle qu'ils ont vote l't dernier avec la restriction du droit
d'amendement et d'intervention des dputs, faisant de l'assemble nationale
sous la VĦ Rpublique de faon officielle et avoue ce qu'elle tait dj : une
assemble croupion de carpettes et de serpillires, et non pas de reprsentants
du peuple.
- bien entendu, pseudo-rforme de
l'audiovisuel public visant satisfaire le priv, et nomination par Sarkozy de
ses responsables ; organisation par le pouvoir politique d' "tats gnraux
de la presse crite" o il semblerait bien que les esprits forts de la
presse "indpendante" vont aller nombreux, et ainsi de suite.
- et, clou du spectacle qu'il faut
vraiment faire connatre parce que l'information circule encore de faon
confidentielle -comme avait, il y a un an exactement, circul d'abord
confidentiellement le contenu effarant du "discours du Latran" du
chanoine Sarkozy : Mister Kouchner, prpos aux Affaires trangres, a sign
avec le Vatican une convention aux termes de laquelle les Universits
catholiques peuvent dcerner des diplmes automatiquement valids par l'Etat
dans n'importe quel domaine ! C'est la mise en oeuvre du discours du
Latran (voir la lettre nĦ8 du 30 dcembre
2007 sur nos archives, http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/index.html
), qui s'y plaignait
que : "Aujourd'hui encore,
la Rpublique maintient les congrgations sous une forme de tutelle, refuse de
reconnatre un caractre cultuel l'action caritative ou aux moyens de
communication des Eglises, rpugne reconnatre la valeur des diplmes dlivrs
dans les tablissements d'enseignement suprieur catholique alors que la
Convention de Bologne le prvoit, n'accorde aucune valeur aux diplmes de thologie." Faire des diplmes
catholiques des diplmes d'Etat, c'est all vers l'embauche de fonctionnaires
sur la base unique de leur agrment par les autorits clricales !
Ces mesures et d'autres forment un
ensemble qui dessine un rgime de type dictatorial et peu clair, en dehors du
reflet du strass et des paillettes de la mafia gouvernante. L'tat d'exception,
dans lequel doivent vivre les sans-papiers en instance d'expulsion, tend tre
une norme de fonctionnement de l'appareil d'Etat (la "RGPP" vise
aussi instaurer ce type d'habitude dans la gestion des fonctions publiques).
Mais ce n'est pas du tout l une marche triomphante de la raction : bien plutt
une fuite en avant. Au point que beaucoup dans la droite et dans les corps
constitus crient "casse-cou".
Ainsi, M. De Villepin, ancien
premier ministre du CPE (contrat premire embauche) et adepte d'un bonapartisme
dont la principale nuance avec celui de Sarkozy tait, tout du moins jusqu'au 7
mai 2007, qui lui c'est lui et Sarko c'est Sarko, se rpand-il en interviews o
il n'hsite plus dire que l' "hyperactivit" de l' "omniprsident",
comme disent les journalistes pour avoir l'air de critiquer tout en flattant,
est devenu une "menace pour les liberts publiques".
Ainsi, la Confrence des Prsidents
d'Universits (CPU) a-t-elle adress une lettre ouverte Sarkozy. L'troite
confrrie des prsidents d'universits soutient toujours, faut-il le rappeler,
la loi Pcresse combattue par l'ensemble du monde universitaire, pour la seule
et suffisante raison qu'elle leur donne de larges pouvoirs et leur permet de
dire "nous sommes des patrons". Nanmoins ces messieurs sont trs
inquiets et parlent d'une tension extrme dans le monde universitaire. Ils
expliquent que cela est du quatre
causes : le manque de moyen qui permet "certains" de dire
que la loi Pcresse a t faite pour baisser les moyens, allons donc ma petite
dame ... ; le projet de rforme du
statut des enseignants-chercheurs, suite logique pourtant de la loi Pcresse,
mais qui risque de dresser leurs collgues contre eux s'ils le soutiennent et
de leur rappeler qu'il n'y pas loin du Capitole la roche Tarpienne et de la
prsidence d'Universit au goudron et aux plumes ; la rforme de la formation
des professeurs des coles et du secondaire consistant dissoudre les IUFM (Instituts
Universitaires de Formation des Matres) dans les universits ; et l'accord
sign avec le Vatican par Kouchner, qui les met en concurrence avec les vques,
ce qui produit l'effet remarquable de leur faire invoquer la Rpublique et ses
valeurs remises en cause (en effet).
De la "poursuite des rformes"
au drapage, il n'y a qu'un pas, il est franchi.
* * *
Document :
l'appel intersyndical national au 29 janvier, texte du 5 janvier.
La crise conomique amplifie par la crise financire
internationale touche durement une grande partie des salaris dans leurs
emplois et leurs revenus. Alors quĠils nĠen sont en rien responsables, les
salaris, demandeurs dĠemploi et retraits, sont les premires victimes de
cette crise. Elle menace lĠavenir des jeunes, met mal la cohsion sociale et
les solidarits ; elle accrot les ingalits et les risques de prcarit.
Les seules lois du march ne peuvent rgler tous les problmes.
Face cette situation et considrant quĠil est de leur
responsabilit dĠagir en commun, en particulier lors de la journe du 29
janvier, pour obtenir des mesures favorables aux salaris, les organisations
syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA ont dcid dĠinterpeller
les entreprises, le patronat et lĠEtat.
Surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur
de lĠemploi, des rmunrations et des politiques publiques intgres dans une
politique de relance conomique.
1 – Donner la priorit au maintien des emplois
dans un contexte de crise conomique
De nombreuses entreprises mettent la pression sur les
sous-traitants et fournisseurs faisant supporter leurs salaris blocages de rmunrations
et pertes dĠemplois. Par ailleurs, des salaris sont contraints des dures du
travail leves, tandis que les salaris temporaires, en intrim ou en CDD,
sont les premiers faire les frais des baisses dĠactivit. Des entreprises
utilisent la crise pour oprer des restructurations tout en maintenant la rmunration
de leurs actionnaires.
CĠest intolrable et inadmissible.
Les entreprises confrontes aux baisses dĠactivit
utilisent des mesures de sauvegarde dĠemplois comme le chmage partiel, les
jours de RTT ou de congsÉ Toutes ces mesures doivent tre ngocies dans lĠobjectif
de prserver lĠemploi et les salaires. Les aides publiques doivent aussi y tre
conditionnes. Les entreprises doivent amliorer lĠindemnisation du chmage
partiel et tous les salaris doivent pouvoir en bnficier. Ces priodes de
baisse dĠactivit doivent tre utilises pour dvelopper la formation
professionnelle et renforcer les comptences des salaris.
Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur
situation, cĠest notamment en investissant dans la formation et le travail
qualifiant et en rduisant la prcarit que la performance sera assure.
Dans la fonction et les entreprises publiques, il est
indispensable de rpondre aux besoins de notre socit et de la population et
de leur attribuer les moyens ncessaires. Ds 2009, le gouvernement doit
renoncer aux 30.000 suppressions de postes. Il faut abandonner une politique
aveugle de suppression dĠemplois et penser autrement lĠvolution des services
publics dont la qualit et lĠemploi constituent une question centrale.
La situation des salaris prcaires du public appelle des
mesures de justice sociale.
2 – Politiques salariales : amliorer le pouvoir
dĠachat, rduire les ingalits
Les exigences des actionnaires ont conduit, dans beaucoup
dĠentreprises, lĠaccroissement des ingalits. Elles se sont aussi traduites
par une redistribution des richesses privilgiant le versement de dividendes au
dtriment des salaires et de lĠinvestissement.
Dans les branches, les entreprises, les fonctions
publiques, les ngociations salariales doivent assurer au moins un maintien du
pouvoir dĠachat et une rduction des ingalits.
Les allgements de cotisations sociales doivent tre
conditionns la conclusion dĠaccords salariaux
3- Orienter la relance conomique vers lĠemploi et le
pouvoir dĠachat.
Il est de la responsabilit de lĠEtat et de lĠUnion Europenne
de dcider de politiques dĠinterventions publiques coordonne favorisant une
relance conomique. Celles-ci doivent viser la fois :
¤ Une relance par la consommation en amliorant le pouvoir
dĠachat, en priorit des revenus les plus modestes parmi lesquels de nombreux
salaris, demandeurs dĠemploi, retraits et bnficiaires de minima sociaux.
¤ Une politique de dveloppement de logement social la
hauteur de lĠurgence, un encadrement des loyers et un accs au crdit dans des
conditions excluant les taux usuraires.
¤ Une protection sociale (sant, retraiteÉ) dans un cadre
collectif et solidaire
¤ Des investissements cibls, en particulier en matire dĠinfrastructures,
dĠquipements publics et de services publics, en favorisant la recherche, le dveloppement,
lĠducation et la formation.
Les investissements publics et privs doivent notamment tre
orients en faveur dĠune conomie du dveloppement durable mettant en Ïuvre les
principes adopts au Grenelle de lĠEnvironnement.
¤ Toute aide accorde une entreprise doit tre cible et
faire lĠobjet de contreparties. Elle doit tre conditionne des exigences
sociales, en particulier en matire dĠemploi. Elle doit faire lĠobjet dĠune
information et dĠun avis pralable des lus reprsentant les salaris. Dans le
cas spcifique du secteur bancaire, lĠutilisation des aides publiques doit
donner lieu un contrle direct par lĠEtat.
4 – Prserver et amliorer les garanties
collectives
Les conditions de vie et de travail pour les salaris des
secteurs priv et public, passent par lĠamlioration du cadre collectif. CĠest
pourquoi il faut :
- retirer la proposition de loi sur le travail du
dimanche.
- face la rvision gnrale des politiques publiques
(RGPP), mettre en oeuvre des rformes porteuses de progrs social (??)
5 – Rglementer la sphre financire
internationale
Cette rglementation doit mettre un terme la spculation,
aux paradis fiscaux, lĠopacit du systme financier international et encadrer
les mouvements de capitaux. LĠUnion europenne doit tre au premier plan pour lĠexiger.
Il faut aussi imposer le respect des droits fondamentaux
et sociaux et des normes internationales de lĠOIT dans tous les changes
internationaux. LĠaide publique au dveloppement doit tre maintenue et amliore.
CĠest ce que demande le mouvement syndical international.
* * * * * *
Gaza : premire analyse.
En ligne sur le site de
Militant depuis dbut janvier.
Rien, rien, strictement rien, ne saurait justifier
l'agression isralienne contre le peuple de Gaza.
Elle n'a aucun caractre dfensif. Les roquettes du Hamas
-qui ont aussi tu des ouvriers arabes- ne peuvent tre liquides par ce type
d'opration de grande envergure.
Elle ne vise en rien protger le peuple judo-isralien,
et au contraire elle menace celui-ci, directement par les mesures de
mobilisations et de contrainte sociale qu'elle permet de justifier en Isral,
indirectement en aggravant l'antagonisme entre peuples, communauts, religions.
La haine communautaire est assurment une menace mortelle pour les Juifs d'Isral,
mais la seule manire pour eux de s'y soustraire serait de cohabiter avec les
Arabes, ce qui exige le respect de leurs droits, droits dmocratiques, droits
nationaux, droit au retour des rfugis le souhaitant. Un tel programme dmocratique
est incompatible avec les fondements de l'Etat d'Isral autant qu'avec le
programme communautariste et religieux du Hamas, qui n'est pas l'origine de
son succs lectoral parmi les Palestiniens : celui-ci s'explique entirement
par l'apparence de plus grande dtermination dans la dfense des droits
nationaux des Palestiniens qui a bnfici au Hamas cause de la collaboration
politique et policire de l'OLP avec Isral.
Le renvois dos--dos des avions et des tanks israliens
d'un ct et des "roquettes du Hamas" de l'autre est une position
hypocrite qui, sous couvert de larmoyer en faveur de la paix, couvre et lgitime
les crimes de guerre et les crimes contre l'humanit. Sans que cela n'implique
aucun soutien politique au Hamas, organisation ractionnaire, il ne saurait y
avoir de symtrie entre opprims et oppresseurs. La nation opprime est ici la
nation palestinienne. Quand la nation judo-isralienne, elle sait dj
puisqu'elle l'exprimente tous les jours un peu plus qu'un peuple qui en
opprime un autre ne saurait tre libre.
La tache politique premire est de
manifester pour l'arrt immdiat de l'agression et des massacres.
Au del il faut s'opposer tout
ce qui va dans le sens des affrontements entre communauts, religions et
peuples. Ni antismitisme, ni racisme anti-arabe, mais dfense des Palestiniens
qui combattant l'oppresseur, et dfense de ceux des Juifs qui s'opposent rellement
la politique d'Isral.
Attention, en France et ailleurs,
l'exploitation de ces vnements en vue de produire des affrontements entre
bandes nationales, ethniques ou religieuses. La mobilisation unie pour que
cesse le massacre doit participer de l'action commune des exploits et des
opprims, seul facteur rellement capable de faire reculer les menaces de
guerre. Vigilance, donc, contre le CRIF qui tente d'organiser les personnes de
confession juive pour la dfense d'un rgime raciste, qui certes ne commet pas
un gnocide -il faut toujours faire attention employer les termes exacts-
mais qui a fait de Gaza un ghetto ou un bantoustan -ces termes sont exacts- et
qui pratique la fuite en avant vers la guerre, la violence et la destruction
pour cacher sa corruption et ses checs. Vigilance au mme titre contre les
Dieudonn et les groupes qui cherchent exciter la jeunesse immigre sur des
thmes antismites. Les uns font d'ailleurs le jeu des autres.
Pour quelle raison la camarilla d'Olmert, de Livni et de
Barack a dcid d'attaquer maintenant ?
Il s'agit pour eux de tenter
d'effacer le syndrome de faiblesse conscutif leur chec au Sud Liban de l't
2006. Au del, ce clan militariste, li certains milieux nord-amricain, veut
par avance aligner sur sa politique l'administration Obama aux Etats-Unis. Ils
craignent que le ralignement -qu'Obama a annonc et que Bush a commenc- des
troupes US et de l'OTAN vers l'Afghanistan et de plus en plus vers le Pakistan
lui-mme, ne laisse une marge au Hamas, au Hezbollah et certains mouvements
chiites irakiens. Ils craignent que l'orientation d'Obama, belliciste elle
aussi mais gographiquement diffrente, de "priorit al-Qada et la
question pakistanaise", ne fasse d'Isral un petit Etat priphrique,
instable et corrompu, ce qu'il est dj, et non pas le centre du monde du
Pentagone comme de diverses sectes mystiques no-conservatrices. Leur opration
consiste donc en un chantage pralable sur Obama, par la prise en otage de deux
millions d'habitants de Gaza, au risque de combats de rue opposants jeunes
soldats israliens dans leurs chars la population et la jeunesse, et non
pas seulement l'appareil militaire du Hamas.
Relevons qu'ils ont bombard les
prisons dans lesquelles le Hamas dtient ses propres adversaires palestiniens,
montrant bien qui ils combattent rellement ! Et ils n'ont pu monter leur opration
qu'avec l'accord du rgime gyptien, secret de Polichinelle dans le monde
arabe, et d'autres dirigeants des pays arabes.
La voie vers la dmocratie et le
droit l'autodtermination des peuples passe par la dfaite d'Isral Gaza
comme il y a deux ans au Sud Liban. Mais la voie de cette dfaite ne passe pas
par les "roquettes du Hamas" qui n'ont d'autre fonction que de servir
la politique d'Olmert et compagnie et qui n'ont jamais eu ni la capacit ni
l'intention de repousser les agresseurs, mais par la mobilisation des peuples,
la rsistance (y compris arme) de la nation palestinienne toute entire, les
manifestations unitaires pour le retrait des troupes et l'arrt du massacre
partout, et la mobilisation d'un nombre croissant de Juifs israliens qui
doivent comprendre que ce ne sont pas seulement de grands principes, mais leur
scurit relle, qui exige que la bande d'Olmert et compagnie soit chasse.
* * * *
Communiqu du Collectif de
citoyens Gennevillois.
STOP AU MASSACRE DE GAZA
Depuis
plusieurs mois, la population palestinienne de Gaza vit dans des conditions
indescriptibles de privation et d'humiliation.
La
bande de Gaza, qui subit rgulirement les incursions et les attaques de l'arme
isralienne, a t la cible des avions de Tsahal ce samedi 27 dcembre 2008.
Plus de 280 morts et environ 700 blesss sont dplorer parmi la population
palestinienne et un mort et 6 blesss du ct isralien.
En
attaquant les installations du Hamas, l'arme isralienne touche galement des
quartiers d'habitations, faisant donc des victimes civiles.
Depuis
plus de 60 ans, les Palestiniens subissent l'oppression et le refus de leur
identit nationale. Tous les jours, ce sont des milliers de Palestiniens qui
subissent la rpression et l'humiliation. Tous les jours, des Palestiniens
connaissent la mort dans des conditions inhumaines.
Jusqu'o
ira l'Etat d'Isral dans le dni de la socit palestinienne s'autodterminer
? Quand est-ce que ces massacres vont cesser ?
Quand
est-ce que l'Europe et les Nations Unies vont-elles ragir toutes ces
infractions au droit international?
Ne
restons pas les bras croiss! Chaque citoyen de ce monde doit rsister et dire
"non" au massacre du peuple palestinien et peser sur nos gouvernants
pour qu'ils agissent en consquence !
Soutenons
un peuple qui rsiste depuis 60 ans pour dfendre son territoire et ses
enfants.
Collectif
de citoyens Gennevillois.
* * * *
Pour lĠarrt immdiat
de lĠoffensive isralienne contre Gaza !
7 janvier 2009
Ç Les guerres sont un phnomne barbare, profondment
immoral, ractionnaire et contraire aux intrts du peuple È (Rosa Luxemburg)
Une nouvelle fois lĠtat
isralien, avec le soutien de presque toute sa classe politique et dĠune partie
majoritaire de sa population, du moins si lĠon en croit les sondages, vient de
sĠattaquer la population palestinienne. Rptant la mme stratgie quĠau
Liban en 2006, lĠaviation isralienne sĠen prend des cibles dites
ÒstratgiquesÓ, en sachant parfaitement quĠelles tueront une proportion
importante de civils, le tout sous le fallacieux prtexte dĠÇ radiquer È un Ç
mouvement terroriste È.
LĠaviation isralienne, dtruit,
tout comme au Liban, des installations collectives civiles quĠil faudra des
annes pour reconstruire, et qui ne pourront que rendre les conditions de vie
des Palestiniens encore plus catastrophiques. Ds le premier soir de
lĠoffensive terrestre, le 3 janvier, les infrastructures lectriques ont t
dtruites, privant les habitants de courant, la nuit nĠtant claire que par
les btiments et dpts de carburants en feu.
LĠarme affame dlibrment la
population, esprant ainsi que celle-ci se retourne contre le Hamas, un calcul
cynique et stupide. Les rares convois humanitaires qui entrent Gaza ne
servent rien puisque la population ne peut pas sortir et se rendre aux points
de ravitaillement. La distribution dĠeau est pratiquement interrompue.
Cette stratgie meurtrire est
prsente comme un geste de Ç lgitime dfense È, y compris par le CRIF
(Conseil reprsentatif des institutions juives de France). A la fin dĠune
manifestation en faveur de lĠtat dĠIsral, dimanche 4 janvier 2009, un de ses
reprsentants a voqu les victimes des roquettes du Hamas (moins dĠune dizaine
de morts lĠheure o nous crivons). Mais il nĠa pas dit un mot des 500 morts et
2 500 blesss palestiniens suite aux bombardements de Tsahal. Beaucoup plus que
dĠune riposte Ç disproportionne È, il sĠagit dĠun nouveau crime de guerre
prmdit de lĠtat isralien. CĠest dĠailleurs ce quĠaffirment les militants
israliens favorables une ngociation avec le Hamas et lĠarrt immdiat de
lĠembargo contre Gaza, comme premires mesures.
Cette agression sanglante
sĠexplique aussi par des calculs cyniques des lites politiques israliennes :
dĠune part, elles veulent profiter de lĠinterrgne entre Bush et Obama pour
mettre les tats-Unis devant le fait accompli ; et, dĠautre part elles
prparent les lections qui sont censes se tenir en fvrier 2009. Ç On ne
construit pas une campagne lectorale sur des cadavres dĠenfants ! Tous les ministres
du gouvernement sont des criminels de guerre ! È ont cri les manifestants
Tel Aviv le 3 janvier 2009. Ils ont dnonc aussi dans leurs slogans la Ç
guerre des 6 siges È car les travaillistes, dĠaprs les sondages, sont censs
gagner 6 dputs en raison de leur position favorable lĠopration Ç Plomb
durci È. Aussi barbares que soient les bombardements israliens, il ne peut
tre question pour nous de reprendre, lĠgard des militaires ou des
gouvernements israliens, des termes comme ÒsionazisÓ que lĠon voit fleurir sur
Internet et que lĠon entend dans les manifestations. LĠmotion et la colre
justifies contre cette guerre ne doivent en aucun cas nous amener sur le
terrain de ceux qui tracent un trait dĠgalit entre sionisme et nazisme.
Quant lĠusage du mot gnocide,
on ne peut mettre sur le mme plan le gnocide des Juifs, le gnocide armnien,
le gnocide des Tutsi, dĠun ct, et, de lĠautre, le massacre des Palestiniens
lors des bombardements israliens. Un tel usage vide ce mot de son sens trs
spcifique : extermination systmatique dĠun peuple et ne peut que crer la
confusion politique.
Rappelons ce propos que la
guerre dĠAlgrie a fait un million de morts parmi le peuple algrien, et quĠil
nĠest nul besoin dĠinvoquer le judocide et de le retourner contre les
gouvernements israliens ou, pire, contre tout le peuple isralien, pour
condamner la barbarie des troupes de Tsahal. De notre point de vue, nous
socialistes, laques et internationalistes, cĠest aux travailleurs israliens et
palestiniens de choisir le systme politique sous lequel ils veulent
immdiatement vivre : un seul tat laque ou deux tats laques. CĠest aussi
aux travailleurs palestiniens et israliens de choisir sĠils veulent aller plus
loin : ne pas simplement lutter pour des droits dmocratiques sociaux et
dmocratiques galitaires, mais aussi remettre en cause le systme capitaliste
qui les opprime en Isral comme en Palestine.
Pour notre part, nous ne croyons
pas que le nationalisme isralien (le sionisme) et le nationalisme palestinien
(celui de lĠAutorit palestinienne ou celui, tendance plus religieuse, du
Hamas) offrent la moindre perspective commune aux deux peuples et aux exploits
de la rgion. Par ses agressions et son expansion territoriale permanentes
lĠtat isralien nourrit la haine non seulement contre ses propres citoyens
mais aussi contre la religion juive dont il prtend dfendre les valeurs. En
mlangeant les consquences absolument dramatiques du judocide et de la
barbarie nazie, la ncessit pour les Israliens de se dfendre contre les
tats voisins, et les rfrences bibliques, le tout pour justifier sa politique
colonialiste jusquĠ aujourdĠhui, lĠEtat isralien a fait le jeu du
nationalisme de lĠOLP hier, du Hamas aujourdĠhui, mouvement qui, tout comme la
plupart des courants du sionisme, brouille les frontires entre questions
politiques et questions religieuses.
Or, lĠon sait que les guerres de
religion se terminent toujours par un bain de sang (la France en a fait
lĠexprience avec les protestants) et par la partition et lĠexil accompagns de
massacres (la sparation entre lĠInde et le Pakistan en tant le dernier grand
exemple) . Il faut donc absolument si lĠon souhaite arriver des accords de
paix, que lĠon mette de ct la religion, ses symboles, ses Ç commandements
divins È et ses principes ractionnaires.
Il nĠy aura pas de paix
:
- sans
la fin du blocus de Gaza ;
- sans
des droits dmocratiques gaux pour tous dans les deux tats ou dans la
fdration isralo-palestinienne qui pourrait se crer ;
- sans
une sparation radicale entre la religion et lĠtat ou les tats.
Dans lĠimmdiat, la solidarit
internationale doit se manifester pour lĠarrt immdiat de cette escalade
guerrire. De plus, il ne sĠagit pas de cder des logiques communautaires.
Prsenter la situation comme divisant dĠun ct les soutiens du gouvernement
isralien, et de lĠautre des soutiens du Hamas, serait une caricature
profondment mensongre. Sans soutenir aucun de ces deux belligrants, et mme
si nous pouvons avoir des apprciations divergentes sur ce que lĠun et lĠautre
reprsentent, nous nous plaons dans le camp de lĠintrt de lĠimmense
majorit, le camp des travailleurs, quelle que soit lĠtiquette nationale que
le hasard a pos sur eux : cĠest au mouvement ouvrier dĠorganiser la lutte
contre la guerre. CĠest pourquoi nous luttons pour une paix juste au
Proche-Orient, sans jamais mettre dans notre poche nos convictions
dmocratiques, anti-tatistes, galitaires, libertaires, et socialistes.
Collective Reinventions (Etats-Unis) Yves Coleman (Ni
patrie ni frontires), Quentin Dauphin (militant syndical), Nicolas Dessaux
(Solidarit Irak), Joo Pedro Freire (Tribuna socialista, Portugal), The
Hobgoblin, Goldfax (militant anarchiste), Stphane Julien (militant syndical),
Pierre Loinod Dmocratie Communiste (Luxembourgiste), Patsy (Le Monde comme il
va), Vincent Prsumey militant socialiste et syndicaliste, Allier (France).
* * * *
La crise entre la
Russie et l'Ukraine n'est pas une affaire de gaz.
Officiellement, c'est parce que
l'Ukraine refuse l'augmentation progressive du tarif du gaz russe en direction
des tarifs internationaux, et donc l'abandon progressif des tarifs
prfrentiels remontant l'ancienne URSS, que Moscou a coup le gaz
l'Ukraine, laquelle pompe dans les tuyaux destination du reste de l'Europe,
ce qui a entran la coupure l'initiative russe des approvisionnements de la
Bulgarie, de la Roumanie et des rductions dans tous les Balkans, et met en
danger de faon bien plus importante que ce qui en est dit publiquement
l'ensemble des fournitures de gaz et donc le chauffage des gens dans leurs
maisons et appartements dans toute l'Europe.
L'inconvnient de ce rcit
officiel, c'est qu'il nous ferait croire que les tarifs prfrentiels ont t
maintenus par la Russie pour des raisons de gnrosit pure ! En fait, des
liens la fois bureaucratiques, clientlistes, politiques et capitalistes,
bref pour rsumer tout a d'un mot : des liens mafieux, associent trs
profondment la plus puissante entreprise capitaliste du monde post-sovitique
et en mme temps plus gros morceau intact de l'ancienne URSS qu'est Gazprom, et
la bureaucratie ukrainienne. Il semble que le prsident russe Medvedev et, en
fait, encore et toujours le mme Poutine, ait dcid de liquider ou de mettre
au pas cet cheveau en pesant pour que soit supprime ou recycle la socit
cran distribuant le gaz en Ukraine, qui associait Gazprom et des secteurs
mafieux dont le prsident Iouchtchenko semble un reprsentant. O+n peut trouver
deux motifs cette offensive.
Premirement, cela achve de
dstabiliser le pouvoir ukrainien pro-OTAN et qui a pris parti contre la Russie
dans la guerre avec la Gorgie propos de l'Osstie du Sud et de l'Abkhazie
l't dernier, et cela favorise son opposante Ioula Timochenko, qui a opr un
rapprochement stratgique avec le pouvoir moscovite lors du conflit gorgien.
Deuximement, la crise conomique
et le recul des cours ptroliers plonge Gazprom, axe central du pouvoir et de
l'conomie russes, dans de graves difficults, ce qui demande la fois un
assainissement de certaines de ses excroissances et une hausse des factures
ptrolires des pays "frres".
Rien ne saurait justifier que les
peuples soient pris en otage par ces conflits. La premire exigence dans cette
affaire serait que les Ukrainiens, comme les Russes d'ailleurs, aient le gaz
leur permettant de se chauffer l'hiver. Mais cette exigence vraiment
lmentaire n'est compatible ni avec les affaires et le pouvoir d'un
Iouchtchenko ou d'une Timochenko, ni avec le maintien des prrogatives de
Gazprom, la fois entreprise capitaliste et coeur de l'appareil d'Etat russe.
* * * *
Kdougou : une meute
annonciatrice dĠautres soulvements
Le 23 dcembre dernier, la
prfecture de la rgion du Sngal oriental, 700 Km de Dakar, a connu un
soulvement qui a fait beaucoup de bruits au Sngal malheureusement ce genre
dĠvnements rentre dans la catgorie soumise un black-out mdiatique complet
ici.
Au commencement, on a
lĠaccumulation de dcennies de sous-dveloppement dans le mal
dveloppement : stagnation de lĠconomie locale, chmage massif,
enclavement routier, exode des jeunes partant faire leur vie ailleurs, Dakar
ou dans lĠmigration.
Puis, on dcouvre que la rgion
nĠest pas si dmunie que cela. Des ressources minires sont offertes
lĠexploitation intensive par le pouvoir central. Et les populations locales
esprent un peu dĠembauches mais rien ne vient. Au contraire, viennent les
inconvnients de lĠexploitation de lĠor dont le traitement industriel est
synonyme de pollution (cf. la situation en Guyane franaise par exemple).
Les trusts miniers et
mtallurgiques ont fait des promesses. Ainsi Arcelor-Mittal offre de prendre en
charge les frais de rsidence universitaire Dakar des tudiants originaires
de Kdougou. Mais deux mois aprs la rentre universitaire, les tudiants
constatent que la promesse nĠa pas t tenue. Alors un comit des tudiants
originaires de la rgion se constitue. Il va mobiliser sur Dakar, et il va
mobiliser aussi Kdougou, mettant en cho lĠensemble du malaise social de la
jeunesse locale condamne au chmage alors que la nouvelle mine pourrait offrir
des dbouchs aux diplms du lyce technique local.
La jeunesse veut manifester son
mcontentement. Le prfet interdit le rassemblement. Cela renforce la colre de
la jeunesse : malgr lĠinterdiction, une manifestation de plusieurs
milliers de jeunes se tient et bouscule les gendarmes de la localit. Le
pouvoir panique, il fait appelle aux militaires du camp tout proche.
Rapidement, cĠest le drame : 3 morts par balle dont deux enfants de moins
de quinze ans et un passant, parent dĠun ministre du gouvernement !
Et alors, et alors seulement,
contrairement aux mensonges de la presse aux ordres, la colre de la jeunesse
se dchane en raction la violence militaire : en quelques heures, le
palais de justice, la prfecture, la maison du prfet, la Poste, les douanes,
les imptsÉla quasi-totalit des btiments publics sont la proie des flammes.
Ç Force reste la
loi !È clament les ministres du gouvernement Wade rappliquant pour
prsenter les condolances aux familles des tus et superviser la rpression.
Sous prtexte que les gendarmes se seraient fait piquer un certain nombre
dĠarmes, lĠarme organise un ratissage digne de la guerre dĠAlgrie :
fouilles des maisons des jeunes dnoncs comme manifestants, arrestations
arbitraires, des cas de tortures sont dnoncs par des associations de dfense
des droits de lĠhomme. Des dizaines de jeunes prennent la fuite pour viter
lĠarrestation.
Maintenant, il semblerait que la
Ç non rintgration de toutes les armes drobes È serve de prtexte
au maintien dĠune pression policire sur la localit alors que lĠensemble de la
population, toutes catgories sociales confondues, est derrire les jeunes.
La premire des choses est de
faire connatre ces vnements en France. La deuxime est de demander lĠarrt
des poursuites contre tous les manifestants arrts ou en fuite et le jugement
des responsables des morts du 23 dcembre.
Le pouvoir sngalais, dirig par
un libral jour de ses cotisations lĠInternationale librale (celle de
Raymond Barre !) et grand ami du libral franais Madelin, craint la
propagation de cette rvolte qui nĠest que la manifestation de lĠextrme
tension sociale qui rgne dans le pays aprs 8 ans de gouvernement libral, un
gouvernement qui avait promis un dveloppement foudroyant et miraculeux car
cens appliquer les remdes du libralisme orthodoxe.
Au bout de huit ans, la rptition des maux
attribus lĠquipe antrieure du PS, dtentrice du pouvoir de 1963 2000,
signe la fin des illusions : corruption et enrichissement illimit pour
les quelques proches du pouvoir, misre et chmage pour lĠimmense majorit de
la population. Pour que lĠexpression de la colre ne se perde pas dans des
explosions striles et sans lendemain, il faut passer lĠorganisation de tout
le peuple travailleur sur la base des revendications immdiates et vitales, et
orienter la mobilisation pour se dfaire de ce pouvoir us.
Le mouvement ouvrier sngalais a
une longue histoire, depuis la premire moiti du 20me sicle, les
partis issus de lĠhistoire du mouvement ouvrier international ont une longue
tradition, des dizaines de milliers de sngalais ont milit dans les syndicats
et dans la gauche lors des priodes dĠmigration en Europe, en France
notamment. La combativit syndicale est une constante depuis lĠIndpendance. Ce
qui manque, cĠest une orientation rompant avec toutes les combinaisons avec les
partis bourgeois et avec les puissances imprialistes (France, Europe, USA Éet
Chine, dernier venu au bal des pillards du continent noir !).
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