Lettre de liaison n¡46 du 15
janvier 2009
Le courage,
c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.
ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de
Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03)
Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier
DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck
MARSAL (59) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03)
Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)
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Sommaire :
Anniversaires.
Documents sur la grve du 29 janvier :
- l'appel intersyndical de Haute-Loire,
- une dŽclaration de militants CGT et FSU
signataires de la lettre ouverte aux Žtats-majors syndicaux.
Ecole publique : tous unis contre Sarkozy.
Manche : communiquŽ intersyndical suite aux
violences policires du 12 janvier.
Gaza : rŽgression israŽlienne.
Appel : les socialistes pour une gauche unie face
au conflit israelo-palestinien.
* * * *
Anniversaires.
Nous n'avons pas, ˆ
Militant, le fŽtichisme des anniversaires, mais il est parfois des co•ncidences
intŽressantes qui mŽritent d'tre signalŽes. Le 15 janvier est un double
anniversaire pour les figures nobles du mouvement ouvrier. Celui de
l'assassinat de Rosa Luxembourg et celui de la naissance de Pierre-Joseph
Proudhon.
Pierre-Joseph
Proudhon naissait
le 15 janvier 1809 ˆ Besanon. Il a, de manire certaine, inventŽ le mot
"anarchie" et probablement aussi le mot "socialisme".
C'Žtait un personnage typiquement franais, et typiquement petit-bourgeois, ce
qui ne comporte aucun jugement de valeur : la petite production, le petit
capital et des rapports contractuels entre des producteurs individuels ou
librement associŽs en mutuelles, coopŽratives, communes et groupements
fŽdŽratifs Žtait son idŽal. Il a successivement suscitŽ une certaine admiration
de la part du jeune Marx devant ce travailleur manuel (occasionnel) qui
dŽnonait la propriŽtŽ et appelait le mouvement ouvrier ˆ se dŽfaire de
l'utopisme et ˆ critiquer les catŽgories Žconomiques de la bourgeoisie, puis
une irritation profonde devant son Žtroitesse ... franaise et
petite-bourgeoise. Les rŽsonances "anarchistes", anti-autoritaires,
anti-Žtatiques, anti-militaristes et anti-clŽricales de beaucoup de ses Žcrits
ont laissŽ un souvenir vigoureux, bien que le relire aujourd'hui laisse souvent
perplexe, devant cet amas de juridisme et de considŽrations morales. Comment se
fait-il que ce personnage hostile aux grves comme aux candidatures ouvrires
aux Žlections, qui pensait que la place des femmes Žtait au foyer et qui, de
surcro”t, n'aimait pas les Juifs, passe pour l'une des figures tutŽlaires de
l'anarchisme -du vrai anarchisme, celui qui est un courant du mouvement
ouvrier, pas la "mouvance anarcho-autonome" inventŽe par la police ni
ces messieurs les riches "libŽraux-libertairesÈ ? Peu avant sa mort,
Proudhon rŽagit au Manifeste des Soixante, premire expression du rŽveil
politique de la classe ouvrire franaise dans le Second empire, par une sorte
de longue et riche dissertation vantant la capacitŽ politique (son titre) et aussi
juridique des prolŽtaires. Cette intervention a donnŽ confiance en eux-mmes ˆ
la gŽnŽration des combattants de la Premire Internationale qui allait conduire
ˆ la Commune de Paris. Certains de ses militants, ainsi que les Suisses romands
et, dans une moindre mesure, les Belges, se sont opposŽs ˆ la fin des annŽes
1860 au Conseil gŽnŽral de Londres, et ont ŽtŽ influencŽs par Bakounine, qui a
fait le raccord avec les proudhoniens. C'est donc une commune opposition ˆ Marx
et ˆ l'organisation politique autonome de la classe ouvrire qui a dŽlimitŽ
l'anarchisme des dŽbuts, dont le vrai fondateur n'est pas Proudhon, mais le
dŽmocrate radical et chef autoritaire de sociŽtŽs secrtes Michel Bakounine.
L'anti-autoritarisme de
Proudhon est une rŽaction franaise ˆ un phŽnomne typiquement franais : le
jacobinisme et la passion rŽpublicaine. Proudhon, mŽfiant envers la
bourgeoisie, a pris en dŽdain la question des formes politiques de l'Etat,
assimilant rŽpublique et bonapartisme. Lˆ est la source d'un certain
indiffŽrentisme politique. La plupart de ces militants, comme Varlin ou Valls
par la suite, dŽpassrent ces limites du proudhonisme et entreprirent le combat
pour la RŽpublique et contre l'Empire, mais pas n'importe quelle rŽpublique :
la RŽpublique sociale (Çla Sociale") ou RŽpublique rouge, et pas la
rŽpublique bourgeoise dont l'appareil d'Etat avec sa pyramide de prŽfets et ses
flics en chefs, flics en second, sous-flics et sous-sous-flics ˆ chaque
Žchelon, est le mme que celui du bonapartisme.
Le personnage de
Proudhon ˆ travers beaucoup de confusion fait ressortir une grande Žnergie et
une imposante capacitŽ de travail. Nous le rŽclamons pour notre mŽmoire.
Rosa Luxembourg Žtait massacrŽe le 15
janvier 1919 par les corps francs, ramassis de militaires, de lumpens et de
petits-bourgeois devenus hystŽriques, ceux qui allaient devenir les nazis. Elle
Žtait assassinŽe en consŽquence d'une insurrection prŽmaturŽe et mal organisŽe,
alors qu'elle s'y Žtait opposŽe et avait combattu pour l'organisation du
prolŽtariat allemand en un parti communiste. Mais quand l'insurrection fut
engagŽe, elle y prit part en sachant que cela finirait mal, avec sa classe.
Elle Žtait la premire thŽoricienne marxiste d'Allemagne, ce qui, ˆ cette Žpoque,
n'est pas peu dire, la figure de l'opposition ˆ l'appareil social-dŽmocrate et
l'organisatrice d'un parti social-dŽmocrate polonais et lithuanien de type
hyper-centralisŽ. Elle Žtait aussi la seule femme jouant un r™le politique de
premier plan en Europe et dans le monde en son temps. Les corps francs qui
l'assassinrent avec son ami Karl Liebknecht dont elle avait prŽcisŽment
combattu le "gauchisme", avaient ŽtŽ organisŽs et financŽs avec la
bŽnŽdiction active du ministre social-dŽmocrate de l'IntŽrieur, Noske.
Les forces qu'elle
avait aidŽ le prolŽtariat allemand ˆ accumuler montrent et remontrent ˆ
l'assaut ˆ plusieurs reprises de 1918 ˆ 1923. C'est en 1923 et pas avant que la
rŽvolution allemande fut vaincue, parce que la direction du KPD (parti communiste)
fut hŽsitante au moment de lancer la grve gŽnŽrale insurrectionnelle que tous
les cadres organisateurs de la classe ouvrire attendaient, et parce que Moscou
ne leur donna pas le soutien dont ils avaient ˆ ce moment prŽcis besoin.
Nazisme et stalinisme sont les enfants jumeaux de cette insurrection avortŽe et
donc dŽfaite, et dont la seconde guerre mondiale puis l'ordre mondial qui a
suivi ... Rosa Luxembourg apparut alors comme une figure prophŽtique -ce
qu'elle n'aurait pas approuvŽ, mais que le ton puissant de ses Žcrits inspire-
des temps antŽrieurs et de qui aurait pu, et en un sens ce qui aurait dž,
advenir, et qui n'Žtait pas advenu. Pour l'appareil stalinien, bien qu'elle fut
morte avant sa formation, elle fut une figure considŽrŽe comme dangereuse et
hŽrŽtique et les militants qu'elle avaient formŽs, qui nourrirent les
oppositions communistes, gauche communiste, trotskystes ou boukhariniens,
d'Allemagne et de Pologne, furent tous liquidŽs par les nervis staliniens quand
ils avaient ŽchappŽ aux nazis et ˆ la terreur de droite.
Rosa Luxembourg combina
une riche sensibilitŽ, un tempŽrament de fer et une grande profondeur
intellectuelle. A la fin de son autobiographie, LŽon Trotsky emploie au sujet de Proudhon une expression de
Ferdinand Lassalle qui s'appliquerait radicalement ˆ Rosa Luxembourg : "la
force physique de l'intellect". C'est elle qui a dit : "La
libertŽ, c'est toujours la libertŽ de celui qui pense autrement."
Il nous pla”t par le
hasard d'une date d'associer le souvenir de deux personnages certes bien
diffŽrents, mais qui reprŽsentent la chaleur et l'Žpaisseur de la cause humaine
qui est celle du mouvement ouvrier rŽvolutionnaire mondial !
Sur Rosa Luxembourg,
voir le texte de Raymond Debord :
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54707
ou http://www.le-militant.org/archives/rosa.htm
* * * * *
Documents sur la
grve du 29 janvier.
L'appel intersyndical de Haute-Loire.
Le 29 janvier, dans lÕunitŽ,
refusez dÕtre les victimes
de la crise !
JournŽe
nationale de grve interprofessionnelle
Les licenciements pleuvent, le
chantage ˆ lÕemploi se gŽnŽralise. Des milliards sont distribuŽs pour dŽfendre
les banques et les actionnaires. Rien nÕest fait pour dŽfendre lÕemploi et les
salaires.
Arrts des licenciements et des suppressions
dÕemplois.
Dans de nombreuses entreprises du
dŽpartement les salariŽs subissent des licenciements et du ch™mage partiel.
Les intŽrimaires et les CDD en
sont les premires victimes.
Dans la fonction publique 30 000
suppressions dÕemplois sont prŽvues au budget 2009
Augmentation des salaires et du pouvoir dÕachat.
Augmenter
les salaires, les retraites, les minima sociaux cÕest augmenter
la consommation donc
relancer lÕŽconomie.
DŽfendons la retraite ˆ 60 ans. DŽfendons la sŽcuritŽ sociale.
La sŽcuritŽ sociale nÕest pas
malade des assurŽs sociaux. Elle est victime des dŽcisions gouvernementales,
exonŽrant les patrons de cotisations et lÕEtat de payer ses dettes.
Augmenter les salaires cÕest
donner de nouveaux moyens ˆ la sŽcuritŽ sociale.
DŽfense des garanties collectives et libertŽs
syndicales.
Non
ˆ la remise en cause de la rŽduction du temps de travail.
Retrait
de la proposition de loi sur le travail du dimanche.
Abrogation
des mesures restreignant le droit de grve.
LibertŽ
de dŽsignation des dŽlŽguŽs syndicaux dans les entreprises.
Pour la dŽfense et le renforcement des Services
Publics.
Maintien
de tous les emplois publics, non aux privatisations.
Arrt
de la RGPP (RŽvision GŽnŽrale des Politiques Publiques).
Abandon
du projet de loi BACHELOT sur les h™pitaux et des mesures DARCOS dans
lÕenseignement.
Tous en grve et ˆ la
manifestation
Jeudi 29 janvier ˆ
10h30
Place Cadelade au Puy
en Velay
* * * *
Une dŽclaration de militants CGT et FSU
signataires de la lettre ouverte aux Žtats-majors syndicaux.
Alors
que les luttes montent dans le pays contre la rŽgression sociale tous azimuts
et la crise capitaliste,
Construire le tous ensemble en
mme temps et dŽfendre le syndicalisme de classe
Depuis un quart de sicle, les monopoles capitalistes,
leurs gouvernements et leur UE mnent une fŽroce guerre de classes contre le
monde du travail. Dans ce contexte, la rupture sarkozyste, directement pilotŽe
par les grands actionnaires, vise ˆ dŽtruire dŽfinitivement le Ç modle social
franais È hŽritŽ de la RŽsistance en mme temps que la souverainetŽ populaire
par l'intŽgration dans l'Europe supranationale du Capital. Face ˆ cette
offensive sans prŽcŽdent depuis les sombres annŽes 40, il est paradoxal que les
directions syndicales, regroupŽes au sein d'une ConfŽdŽration EuropŽenne des
Syndicats subventionnŽe par l'UE, aient rayŽ la lutte des classes de leur
vocabulaire comme de leur pratique au profit de la collaboration et de la
nŽgociation entre Ç partenaires sociaux È. Ce faisant, elle dŽsarment les
travailleurs dont les nombreuses mobilisations face aux rŽgressions sont
laissŽes sans perspective de construire un rapport de force qui seul peut faire
reculer le gouvernement et le patronat.
C'est pourquoi, en juin 2008, des militants de la CGT et
de la FSU lanaient une Ç Lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux È qui se
concluait ainsi : Ç La balle est dans le camp des directions syndicales
nationales qui doivent cesser Ç dÕaccompagner È la rupture afin de reprendre le
seul chemin gagnant : faire le lien entre toutes les contre-rŽformes,
travailler concrtement ˆ prŽparer avec les salariŽs les conditions de
lÕaffrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire
lÕunitŽ dans lÕaction des travailleurs et de la jeunesse. È En quelques mois, ce
sont quelques 4000 militants qui ont signŽ cet appel et dans certaines
rŽgions, des collectifs se sont crŽes ˆ partir de la Ç Lettre ouverte È pour dŽfendre le
syndicalisme de classe.
Au moment o la crise capitaliste Žtend ses ravages et
o le pouvoir fait payer SA crise aux travailleurs, cette dŽmarche est plus que
jamais d'actualitŽ.
Certes, les directions syndicales ont dž se rŽsoudre ˆ un
appel ˆ une journŽe d'action interprofessionnelle le 29 janvier., poussŽes par
les puissantes luttes qui se sont dŽveloppŽes au dernier trimestre 2008 : lutte
des salariŽs de l'automobile (Goodyear, Ford Bordeaux,
Renault-Sandouville-ClŽon-Douai, SBFM, nombreux Žquipementiers et
sous-traitants...) avec ˆ la clŽ une manifestation nationale lors du salon de
l'auto ; lutte des enseignants avec une grve de trs haut niveau le 20
novembre, lutte des lycŽens ayant fait reculer Darcos, luttes ˆ Air France, ˆ
la Poste, ˆ l'ANPE, la SNCF, l'ONF.... manifestations rŽgionales Ç tous
ensemble È au Havre, ˆ Douai, ˆ Bordeaux,...
Mais la date tardive de cette journŽe par rapport aux
nombreuses mobilisations convergentes du mois de dŽcembre ainsi que son contenu
revendicatif Ç de sommet È montrent qu'il n'est pas question pour elles de
construire un rapport de forces durable ˆ partir des revendications de la base.
Il suffit de lire les Ç Propositions et revendications des organisations
syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA È parues le 5 janvier
pour s'en convaincre : pas un mot sur l'origine de la crise ni sur l'offensive
contre tous les acquis sociaux et dŽmocratiques, pas une mention contre les
privatisations, les dŽlocalisations, la casse de la sŽcu ou des retraites, pas
de revendications chiffrŽe concernant les salaires et SMIC... et un postulat
qui fait frŽmir : Ç les seules lois du marchŽ ne peuvent rŽsoudre tous les
problmes È comme si les Ç lois du marchŽ È (c'est-ˆ-dire l'exploitation
capitaliste) n'Žtaient justement pas la cause des problmes !
Au moment o les travailleurs, enseignants, Žtudiants, se
fŽlicitent que soit enfin organisŽe une journŽe interprofessionnelle Ç tous
ensemble È, le danger est que ceux-ci soient dessaisis de leurs revendications
et de leurs perspectives. Le 29 janvier ne doit pas tre un Ç baroud d'honneur
È mais un moment dŽcisif dans la construction d'un mouvement durable qui ne
doit d'ailleurs pas se priver de regrouper au-delˆ des salariŽs, en associant
les couches moyennes, les artisans, les marins pcheurs, les petits exploitants
agricoles... eux aussi ŽtranglŽs par la politique du grand capital.
C'est pourquoi, devant l'urgence ˆ b‰tir l'action
convergente des travailleurs et de la jeunesse et ˆ dŽfendre les organisations
syndicales menacŽes par la dŽrive de leurs directions, il faut approfondir le
travail entre militants syndicaux de classe afin :
- de permettre aux travailleurs et aux enseignants de se
rŽapproprier leurs syndicats et de ramener en particulier ces deux grandes
organisations que sont la CGT et la FSU sur des bases de classe,
- de dŽfendre les syndicats combatifs rŽprimŽs dans leur
propre organisation (comme en tŽmoigne la situation de la CGT Philips ˆ Dreux,
des militants de la CGT Dalkia exclus de leur syndicat, de l'UL CGT de Douai ou
du syndicat CGT Forclum Rh™nes-Alpes),
- de construire le Ç tous ensemble en mme temps È
durable, seul ˆ mme de battre Sarkozy, le MEDEF et l'UE du capital.
Dans l'immŽdiat, outre la signature de la lettre ouverte
et la consolidation des collectifs rŽgionaux dŽjˆ existants, nous invitons ˆ
dŽvelopper les contacts dans les communes et les dŽpartements entre
travailleurs, jeunes, militants, syndicats de base pour dŽfinir des cahiers
revendicatifs et de vŽritables perspectives Çtous ensemble È.
Roger Silvain (CGT mŽtallurgie, ancien secrŽtaire de la
CGT Renault-Billancourt), Jacques Leclercq (secrŽtaire gŽnŽral de l'UL CGT de
Douai),
Annie Lacroix-Riz (Snesup-FSU) Benoit Foucambert (Snes-FSU), Marcel Collet (anc.
Secr. UL CGT Argenteuil, USR 53), Olivier Lefvre (militant CGT UD Aisne et
SNADGI-CGT), Sylvie Guduk (Snuipp-FSU), Bernard Parquet (CGT EDF), au nom des
initiateurs de la Ç Lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux È.
* * * *
Ecole publique :
tous unis contre Sarkozy.
Sarkozy a clarifiŽ les choses au cas
o certains auraient voulu les obscurcir. La politique de Darcos, c'est lui. La
rŽforme du lycŽe, il veut l'appliquer. Les jeunes n'ont pas de revendications,
mais ils ont un "malaise" (un ordre social qui reconna”t
officiellement que toute sa jeunesse Žprouve un "malaise" n'est-il
pas un ordre social coupable et condamnable ?). Pour s'occuper d'eux, il a
nommŽ un curŽ en chef, Martin Hisrsh, le Monsieur RSA, tout un symbole.
Sarkozy ˆ Saint-L™ : violences
policires. Sarkozy ˆ N”mes : violences policires. Une tra”nŽe de dŽsordre et
de violence escorte le petit NapolŽon.
Toutes les organisations syndicales
de la Manche ont refusŽ de "dialoguer" avec Sarkozy. Pas de dialogue
social avec les ennemis de la sociŽtŽ, voila ce que devrait tre l'attitude de
toutes les organisations politiques et syndicales qui entendent reprŽsenter le
monde du travail.
Retrait de la rŽforme du lycŽe !
Retrait de toutes les mesures Darcos-Sarkozy ! Retrait des suppressions de
postes et rŽtablissement des postes supprimŽs !
Maintenant, organisons la levŽe en
masse de toute la jeunesse et de tous les dŽfenseurs de l'Žcole publique dans
la grve gŽnŽrale et la manifestation le 29 janvier, tous unis contre Sarkozy !
* * * *
Nous reproduisons ci-dessous le communiquŽ des
syndicats de la Manche suite ˆ la descente sarkozyste et au dŽsordre policier
qui l'a accompagnŽe. Plus d'infos sur le site de la FSU 50 : http://sd50.fsu.fr .
CommuniquŽ
intersyndical suite aux violences policires du 12 janvier
mardi 13
janvier 2009.
Les organisations syndicales CGT, FSU,
Sud-Solidaires, CFDT, UNSA, UNEF, aprs les graves incidents qui ont eu lieu
cet aprs-midi, interpellent le prŽsident de la RŽpublique, les Žlus et les
citoyens du dŽpartement de la Manche. Dans un pays dŽmocratique, la plus
aveugle violence policire sÕest dŽcha”nŽe sous nos yeux.
La manifestation organisŽe ˆ lÕoccasion de la
visite de Nicolas Sarkozy a rassemblŽ 5000 personnes dans les rues de Saint-L™,
dans lÕordre et dans le calme. Les organisations syndicales ont veillŽ, tout au
long de cette journŽe, ˆ canaliser les manifestants et ˆ Žviter toute
provocation.
Durant le rassemblement, cinq manifestants, dont
quatre lycŽens et un militant de la CGT ont ŽtŽ interpellŽs par les forces de
lÕordre, sans quÕil y ait eu de leur part la moindre violence ou provocation.
A la dislocation du rassemblement, les manifestants
se sont rendus au commissariat pour accompagner une dŽlŽgation qui demandait ˆ
tre reue. Aprs une premire charge sans sommation, au gaz lacrymogne, les
militants des organisations syndicales ont formŽ un cordon pour Žviter tout
dŽbordement. Les manifestants se sont ensuite dirigŽs vers la mairie,
pacifiquement, la tension baissant. Alors mme que notre dŽlŽgation revenait
dÕune audience en prŽfecture, les CRS arrtaient plusieurs jeunes manifestants,
suscitant la colre de leurs camarades. Les forces de police ont alors
directement chargŽ, frappant ˆ de multiples reprises des manifestants sans
dŽfense. Un autre militant de la CGT a ŽtŽ pris dans lÕŽchauffourŽe.
Les forces de police ont voulu procŽder aussit™t ˆ
un contr™le dÕidentitŽ. EntourŽ par les militants, notre camarade a refusŽ de
sÕy soumettre immŽdiatement, cette injonction Žtant une atteinte manifeste au
droit de manifester pacifiquement. Aprs que nous ayons tentŽ de nŽgocier, les
CRS ont de nouveau chargŽ, sÕen prenant avec violence ˆ un groupe dÕune
trentaine de personnes, dÕo nous avions pris la peine dÕŽvacuer tous les
mineurs. Notre camarade est ce soir dŽtenu au commissariat de Saint-L™.
Cette journŽe est ˆ marquer dÕune pierre noire dans
lÕhistoire locale. Jamais jusquÕici notre ville nÕavait ŽtŽ le thމtre de
quelque violence que ce soit lors de manifestations. La population a toujours
fait preuve de flegme et dÕun grand respect de la lŽgalitŽ. Le jour mme o le
prŽsident de la RŽpublique visite en coup de vent la capitale du dŽpartement,
la violence policire sÕest dŽcha”nŽe dans toute sa brutalitŽ sur des
manifestants pacifiques. Ce soir, ce sont non seulement une dizaine de citoyens
– dont deux militants de la CGT- qui sont dŽtenus injustement, touchŽs
dans leur dignitŽ et dans leur chair. Ce sont aussi les libertŽs fondamentales
qui sont bafouŽes par la police de M. Sarkozy : droit de manifester, droit
dÕexprimer pacifiquement des opinions et des revendications, droit de militer
dans une organisation syndicale et de faire grve. La violence policire qui,
vue de notre dŽpartement, pouvait passer pour un phŽnomne lointain, nous
touche aujourdÕhui de plein fouet. Notre dŽmocratie, dŽjˆ bien mise ˆ mal, est
aujourdÕhui malade : malade dÕune brutalitŽ froide et aveugle devenue la rgle
; malade de lÕautisme dÕun gouvernement aux ordres du patronat ; malade enfin
de lÕintolŽrance dÕun prŽsident incapable dÕadmettre que 5000 personnes lui
expriment leur dŽfiance, alors que seules quelques dizaines venaient le saluer.
* * * *
Gaza : rŽgression
israŽlienne.
Beaucoup de choses ont
ŽtŽ dites sur la guerre ˆ Gaza, qui n'est rien d'autre qu'une guerre contre une
population civile, nous n'allons pas les rŽpŽter ici.
Nous reproduisons
ci-dessous une dŽclaration de militants et d'Žlus socialistes. Dans le PS, les
dirigeants du courant Royal sont vent debout pour empcher ce parti de
s'engager dans la mobilisation de masse contre l'agression israŽlienne, en
dŽfense de la population de Gaza. C'est en rŽalitŽ la dŽfense de la politique
de l'Etat israŽlien qui piŽtine les valeurs dŽmocratiques de l'histoire juive
et qui fait le lit de l'antisŽmitisme.
Deux indices doivent
tre mesurŽs avec tout ce qu'ils signifient : l'interdiction respectŽe par la
presse israŽlienne d'aller ˆ Gaza et de diffuser d'autres images que celles de
l'armŽe, interdiction impuissante d'ailleurs devant la diffusion des scnes
d'horreur par Al Jazira ; et le projet d'interdire le droit de se prŽsenter aux
Žlections envers les deux principaux partis de citoyens israŽliens arabes.
Ainsi commence ˆ tomber le mythe de la "seule dŽmocratie du
Proche-Orient". Ce que la bande d'Olmert et Livni a voulu conjurer sera
accŽlŽrŽ : la rŽduction d'Isra‘l ˆ la catŽgorie de rŽpublique bananire et
corrompue fondŽe sur le racisme et le militarisme. La tradition du peuple armŽe
dŽmocratique se dŽfendant et cherchant ˆ s'organiser, elle est aujourd'hui dans
les rues de Gaza.
Les membres de Militant, militants socialistes,
apportent leur soutien ˆ la dŽmarche de lÕappel reproduit ci aprs, qui
manifeste clairement la nŽcessitŽ que, de mme que le PS n'a pas d'autre
possibilitŽ d'exister aujourd'hui qu'en Žtant avec le monde du travail et la
jeunesse et contre Sarkozy, il soit avec le peuple palestinien et ceux qui
manifestent pour sa dŽfense.
Les
socialistes pour une gauche unie face au conflit israŽlo-palestinien
Face
au refus du Parti Socialiste d'appeler ˆ manifester au niveau national, des
militants socialistes s'engagent ˆ travers un appel, pour participer avec
l'ensemble de la gauche franaise ˆ l'expression de leur solidaritŽ au peuple
palestinien et pour dŽnoncer les attaques israŽliennes dans la bande de Gaza.
Les
socialistes pour une gauche unie face au conflit israŽlo-palestinien
Personne
ne peut ignorer aujourd'hui ce qui se passe dans la bande de Gaza depuis le 27
dŽcembre 2008. Partout dans le monde, des voix s'Žlvent pour dŽnoncer le sort
de la population civile palestinienne, prise au pige des attaques de l'armŽe
israŽlienne dans un minuscule territoire sous embargo depuis plusieurs mois.
En
France, les manifestants dŽfilent par milliers : jeunes et adultes citoyens de
toutes communautŽs, militants syndicaux et politiques de gauche, associations
de terrain. Si la LCR, les Verts et le PC sont visibles dans les cortges, le
PS n'est pas au rendez-vous.
PrŽsents
lors de ces manifestations ˆ titre personnel, nombre de militants et de
sympathisants socialistes s'interrogent : leur parti souhaite-t-il tre le
grand absent de cette mobilisation populaire ?
La
contribution de la France ˆ une paix juste au Proche-Orient nŽcessite un Parti
Socialiste fort, soucieux de peser sur les dŽbats par le biais de ses
parlementaires et de ses dirigeants, capable d'assumer un positionnement clair,
ferme et juste sur un conflit crucial pour l'avenir du monde.
La
gauche franaise toute entire y gagnerait ˆ retrouver les valeurs qui ont fait
son histoire : l'humanisme, le progrs social, la justice, l'ŽgalitŽ et la
solidaritŽ.
Citoyens,
ƒlus, Militants,
-
Rassemblons-nous et manifestons pour dŽnoncer les bombardements et les
incursions terrestres israŽliennes dans la bande de Gaza.
-
Exigeons l'application
du droit international et des rŽsolutions de l'ONU jusqu'ici ignorŽes par
Isra‘l.
- Pour la
crŽation d'un ƒtat palestinien libre, indŽpendant, en sŽcuritŽ et en paix avec
l'Etat d'Isra‘l.
Sabri HADDAD,
Conseiller fŽdŽral socialiste de Seine-Saint-Denis
Pour signer
l'appel, envoyez vos coordonnŽes (nom, prŽnom, fonctions et/ou mandats, ville
ou dŽpartement) ˆ l'adresse mail suivante : gaucheunie@hotmail.fr
Premiers
signataires : Nadge ABOMANGOLI, Conseillre fŽdŽrale PS de Paris Ali AISSAOUI,
Adjoint au Maire PS de Reims Hamama BOURABAA, Conseillre fŽdŽrale PS des
Yvelines Philippe BRUNIER-ZSIGRAY, Section PS de Villeneuve-la-Garenne Christophe
CHAUMONT, Section PS de Paris 11me Philippe DE VISSCHER, 1er Adjoint au Maire
de Noisy-le-Sec, Membre du Bureau fŽdŽral PS de Seine-Saint-Denis Muriel
FRAQUET, Conseillre fŽdŽrale PS des Yvelines Yann GALUT, Vice-PrŽsident PS du
Conseil GŽnŽral du Cher Didier GUILLOT, Adjoint au Maire PS de Paris Djamila
HADDAD, Conseillre fŽdŽrale PS de l'Aube Zouina HAMMI, Conseillre municipale
PS de Bgles Bruno JOUAN, Bureau de section PS de Tours centre Sevgi KARAMAN,
Conseillre municipale PS de Goussainville Moustapha KRIMAT, Conseiller
municipal PS de Saint-Ouen Jamila M'BARKI, Conseillre fŽdŽrale PS de
Seine-Saint-Denis Akli MELLOULI, Membre du Conseil National du PS, SecrŽtaire
fŽdŽral du Val-de-Marne Mohamed MOULAY, DŽlŽguŽ fŽdŽral PS d'Indre-et-Loire
Mustapha MOUSALLI, Conseiller fŽdŽral PS du Cher Gilbert ROGER, Maire PS de
Bondy, 1er Vice-PrŽsident du Conseil GŽnŽral de Seine-Saint-Denis Nayla
ROMDHANI, Adjointe au Maire PS de Cergy Jacques SALVATOR, Maire PS
d'Aubervilliers
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