Lettre de liaison n”5 du 2 dcembre 2007
Le courage,
c'est de chercher la vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Comit
de rdaction provisoire : Christian Barlo (83), Sylvie Bonnin (03),
Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Franois
Ferrette (61), Stphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54),
Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier (94), Vincent
Prsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord (75), Salima
Jamili (75) É
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liaison :
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Sommaire
:
Dernire
minute : Notre camarade Kb Talib est enfin libre !
Le
billet du jour : pouvoir d'achat ?
Sur
l'agenda.
Le billet de Jean-Franois Chalot : Ē Dsespoir, violence aveugle, rpression
sauvage : il faut mettre fin au cycle infernal.Č
Communiqu
des parents de Pierre Douillard, lycen bless au visage en manifestation
devant le rectorat de Nantes.
Discours
de Sarkozy : le vritable enjeu.
Mouvement
tudiant et lycen : bilan d'tape.
Billet
des camarades de La Seyne : transparenceÉgrands patrons, combien se
montent leurs retraites ?
Documents
:
- dclaration
de l'union CGT de la Mtallurgie du Jura.
- communiqu
de Marc Dolez, dput socialiste de Douai (Pas-de-Calais) du 27 novembre.
Maroc :
rpression contre des syndicalistes UMT de la socit Dihanex.
Devenez
correspondant(e)-diffuseur du Militant.
* * *
Notre camarade Kb
Talib est enfin libre !
Aprs 32 jours de lutte acharne qui ont fait douter les prfecture de Gironde
et de Seine-Saint-Denis, fait pencher l'ambassade de Cte d'Ivoire du ct du
refus de dlivrance du laisser passer, la mobilisation a pay.
L'adversaire, paralys par la dtermination des actions de soutien, Bordeaux
comme en Ile-de-France, n'a pu que constater qu'il n'obtiendrait pas
l'expulsion de notre camarade. Ils ont donc d le relcher.
D'aprs nos informations, Kb devrait rester quelques temps Bordeaux, pour
remercier les soutiens du cru et contribuer l'animation des comits de soutien
aux sans papiers locaux. Il est clair que nous organiserons Montreuil une
grande fte pour son retour (Solidaires Montreuil propose mme la Bourse du
Travail)!
Informations rseau Ē Non lÕimmigration jetable Č du dimanche 2 dcembre 2007 aprs-midi.
* * *
POUVOIR D'ACHAT ?
INSECURITE GENERALISEE, FACS PRIVATISEES, RETRAITES MISEREUX,
SANS-PAPIERS POURCHASSES, TEMPS DE TRAVAIL ILLIMITE :
NON AU PROGRAMME DE SARKOZY !
NOTRE PROGRAMME ?
SIMPLE !
HAUSSE DES SALAIRES, RETRAITES, PENSIONS ET MINIMA
SOCIAUX.
BLOCAGE DES LOYERS.
MAXIMUM SUR LES PRIX DES PRODUITS DE PREMIERE
NECESSITE.
DE VRAIES RETRAITES : 37,5 ANNUITES POUR TOUS.
Il nous faudrait un
gouvernement nous pour le mettre en oeuvre, et pour cela une
reprsentation politique nous.
Ce programme lmentaire, ce n'est pas la rvolution. Mais s'il faut
faire la rvolution pour le mettre en oeuvre ...
* * *
Sur l'agenda.
Dner-dbat
sur les enjeux des lections municipales : mardi 10 dcembre 19h30
LÕInattendu, 121 avenue Flix Faure 75015 Paris. Mtro Lourmel. Avec la
participation de Jean-Franois Chalot, conseiller municipal dans le 77.
Manifestation
pour la rgularisation par le travail lÕappel du Rassemblement des collectifs
dÕouvriers sans-papiers des foyers et de Militant : samedi 15 dcembre.
* * *
DESESPOIR,
VIOLENCES AVEUGLES, REPRESSION SAUVAGE :
IL
FAUT METTRE FIN AU CYCLE INFERNAL !
Jean-Franois
CHALOT
Beaucoup de professionnels de l'enfance et de la jeunesse
et beaucoup de militants associatifs intervenant dans les quartiers ont
expliqu que les meutes de novembre 2005 ne constituaient pas un accident.
Ils ont rappel que si aucune politique globale n'tait
mene afin de mettre fin l'exclusion sociale et la ghettosation, d'autres
incidents pourraient dclencher des explosions incontrlables.
Ce qui s'est droul Villiers le Bel procde de
l'engrenage infernal : des policiers qui continuent multiplier les oprations
de contrle d'identit aux facis, n'hsitant pas menacer les jeunes, un
accident grave menant au dcs de deux jeunes renverss par la police, des
violences urbaines qui s'en prennent la police et des actes de dsespoir
comme ceux qui consistent s'en prendre une bibliothque et une cole.
Les familles sont inquites pour elles mmes et pour leurs
enfants.
Si beaucoup ne comprennent ni ne justifient les meutes,
elles ne peuvent que s'indigner devant des propos irresponsables comme ceux de
reprsentants des syndicats de policiers.
Ē Il faut des frappes chirurgicales sur des voyous, sur
des noyaux durs. C'est ce que je pense que la ministre de l'Intrieur va faire
ce soir", a prcis M. Delage Č
Cette expression malheureuse mais significative est la
reprise des discours de Bush quand il a men la guerre de civilisations,
n'hsitant pas tuer.
Le calme, la paix et la srnit exigent :
- l'ouverture d'une enqute srieuse et publique sur les
causes de la mort des deux jeunes;
- la mene d'un dbat en urgence avec les associations
locales, les habitants et les jeunes sur la situation et sur les sorties de
crise ;
- l'application d'une justice qui ne soit pas expditive
mais qui permette aux accuss de violence d'tre dfendus dans le cadre du
respect des droits de l'homme ;
- le lancement d'un dbat national sur la situation des
banlieues suivi de mesures srieuses et visibles de transformation sociale.
28/11/2007
* * *
Alors que le pronostic mdical sur lÕoeil de notre fils
reste trs rserv en cet aprs-midi, nous, ses parents, voulons savoir quel a
t lÕenchanement des faits qui peut conduire la police viser au visage,
avec un flashball, un lycen dsarm qui nÕa mme pas 17 ans, alors que son
groupe de manifestants sÕtait retir du Rectorat et se trouvait sur la voie publique
hier soir.
Nous rclamons au Recteur dÕAcadmie (que nous
rencontrerons ce soir 19 heures), au Prfet, au Procureur de la Rpublique,
une enqute srieuse sur les faits dÕhier soir, non seulement pour Pierre, mais
pour dfendre lÕintgrit physique et les droits de tous les jeunes lycens et
tudiants manifester pacifiquement.
Par ailleurs, nous demandons tous les tmoins des faits
de bien vouloir prendre contact avec nous.
Nous demandons aux professeurs dÕaccompagner les jeunes
lorsquÕils manifestent sur la voie publique, afin de ne pas les laisser dmunis
face lÕarbitraire.
A tous les jeunes, nous demandons ne pas cder la
provocation, car cÕest justement ce que souhaite ce gouvernement. Unis dans la
non-violence active, nous serons plus efficaces.
Luc Douillard, Emmanuelle Lefevre.
* * *
Discours de Sarkozy : le
vritable enjeu.
Sarkozy a donc "parl", ce jeudi soir 28
novembre. Il a, entre autres, parl d'un oeil crev, d'un oeil
vraisemblablement crev. Sarkozy, qui est forcment bien inform par les
rapports de police de France et de Navarre, est au courant du nombre d'oeils
vraisemblablement crevs dans la semaine coule. Ainsi que du nombre de
blesss. Et de morts. Sarkozy choisit ses morts, ses blesss et ses oeils crevs.
Celui dont il a parl appartient un fonctionnaire de police, un CRS, envoy
au charbon Villiers-le-Bel la nuit du 25 au 26 novembre. Soyons clairs :
l'oeil vraisemblablement crev du CRS a pour responsable la politique que notre
ami Jean-Franois Chalot dnonce dans son billet ci-dessus. La politique
qu'incarne Sarkozy. Sarkozy qui a donc choisi de ne pas plaindre l'oeil
vraisemblablement crev du jeune lycen pacifique. Sarkozy qui a dclar que
les meutes du type de celle de Villiers-le-Bel n'ont rien voir avec un
problme social -bien qu'elles aient avoir, selon lui, avec l'immigration ! -
et n'ont voir qu'avec les voyous, qu'il faut traiter comme des voyous.
Question : s'agit-il du traitement appliqu Pierre Douillard ?
Vraisemblablement oui ...
Ce qui s'est pass dimanche soir Villiers-le-Bel
reste non clairci. La voiture de flic faisait-elle un rodo, comme pas mal
d'habitants semblent l'avoir pens ? En tous cas, c'est la leve en masse,
offensive et violente, de toute la jeunesse d'un quartier paule par la
population qui s'est produite ce soir l. La suite, ce sont les bandes qui
rappliquent, la violence des deux cts. Et Sarkozy qui choisit son oeil, ses
blesss, ses morts : il y a eu deux morts, les deux jeunes, deux morts par qui
tout a commenc. Aucun regret du prsident : deux morts, d'emble police
irrprochable. Cela veut dire : double inscurit pour les habitants de
Villiers-le-Bel et des "quartiers". Inscurit des bandes mafieuses,
inscurit des bandes de l'appareil d'Etat, BAC, police, gendarmerie. Parce que
cet affrontement l n'est pas le leur, il ne sont pas sortis et ont gard les
fils la maison mardi soir. Ce n'tait pas la victoire des partisans de la
"scurit", c'tait la protestation silencieuse du peuple des opprims.
Camp dans la posture de la guerre civile, qui voque
Le Pen dirons beaucoup, bien sr mais qui procde de la grande tradition de la
V” Rpublique, celles des matraqueurs Marcellin, Poniatowski, Papon, Sarkozy
devait donc nous parler du "pouvoir-d'achat-des-Franais".
Tout le
monde convenait que le prsident de la V” Rpublique n'est pas en mesure de
faire augmenter les salaires. Il a tous les pouvoirs, mais pas celui-l.
Curieux, non ? Voila qui nous indique au fond de qui il est rellement le prsident
... Reste que mme en se plaant sur ce plan, il peut augmenter le Smic et les
salaires des fonctionnaires (dont les indices les plus bas, en catgorie C,
sont en dessous du SMIC ! ). Mais on savait bien qu'il n'en avait aucunement
l'intention.
Le drame ici, le vrai drame, et l'enjeu, le vritable
enjeu, est l'incomprhension feinte ou dlibr des mesures que Sarkozy a rellement annonces jeudi soir.
"Le compte n'y est pas", dplore Montreuil
(sige de la CGT). "Le compte n'y est pas", se lamente Solfrino
(sige du PS). Il n'a pas t la hauteur, il aurait presque du, rptent
chefs et sous-chefs des partis et organisations de gauche. Alors le problme
serait celui-l : que Sarkozy n'essaye pas assez de faire remonter notre
pouvoir d'achat ?
Soyons logiques : si ce n'tait que a, les choses
n'iraient donc pas si mal avec
Sarkozy !
Ce qu'a annonc rellement Sarkozy, c'est que pour
soi-disant gagner plus, les salaris devraient travailler le dimanche (pay
deux fois plus, soi-disant !), revendre leurs RTT non prises (en renonant donc
les prendre un jour !) et surtout que des "accords majoritaires"
dans les entreprises allaient permettre de suspendre toute application des 35
heures et de travailler plus, avec, bien sr, des hausses de rmunrations
correspondant ce travail supplmentaire ...
C'est trs prcis, ce qu'il a dit l, Sarkozy.
Pourquoi si peu d'analyses et d'explications exactes, gauche, l'extrme
gauche et dans les syndicats, de ce quoi cela correspond rellement ?
Voici.
Les accords d'entreprises drogeant aux conventions
collectives de branches ont t rendus possibles par la loi Fillon -l'une des
trois grandes lois Fillon des annes 2000, avec celle contre les retraites et
celle contre l'cole- de fin 2003. La Lettre de Liaisons l'analysait ainsi en novembre 2003 :
Ainsi, paralllement l'attaque contre l'galit
devant la loi et contre les services publics, s'organise l'attaque contre le
principe de faveur dans le droit du travail et contre les conventions collectives.
"Territoires" et "entreprises" seraient les prisons des
futurs sujets de la V” Rpublique "dcentralise" et
"europanise".
Ce que Sarkozy veut rajouter ce dispositif qui
existe dj, c'est d'une part son extension -car jusque l il ne concernait pas
la dure du travail- et d'autre part le fait qu'un "accord
d'entreprise" puisse purement et simplement suspendre l'application de la
loi.
La loi, c'est--dire en l'occurrence non pas
l'ensemble de la loi Aubry dite des 35 heures, mais son article 1”, seul
constituer un acquis ouvrier, car il dfinit les 35h comme dure lgale hebdomadaire
du travail d'ordre public.
Ces derniers mots sont importants. C'est la notion
d'ordre public qu'il a fallu de tous temps opposer aux patrons qui veulent
toujours, comme il le rptent sans arrt aujourd'hui, que l'on "travaille
plus", c'est--dire que l'on travaille plus pour eux. Ils disent,
et Sarkozy rpte, qu'il y a des salaris qui voudraient bien travailler plus.
C'est vrai, et l'ordre public s'adresse aussi eux, collabos, individualistes
aveugles ou malheureux inconscients : en Angleterre au XIX” sicle, ou au
Pakistan aujourd'hui devant les syndicats et les lus ouvriers qui rclament
des lois d'ordre public rglementant et limitant la dure du travail, il y a
toujours eu des patrons qui avaient des salaris " eux" voulant
travailler plus prsenter pour dfendre leur cause, la cause de
l'exploitation. De mme, l'interdiction du travail des enfants a d, elle
aussi, tre impose, par disposition d'ordre public, aux patrons et ceux des
salaris qui y trouvaient un avantage immdiat ou qui n'avaient pas le choix.
D'ailleurs, quand il parle de ces fameux salaris qui
"veulent travailler plus", Sarkozy ne pense pas ceux qui ont
rellement besoin de travailler plus : ni les chmeurs, ni les caissires
auxquelles on impose des temps partiels, ne sont concerns par ses propos ...
Il propose donc des ngociations d'entreprises qui,
en matire de temps de travail, drogeraient tant aux conventions collectives
qu' la loi elle-mme.
Mesurons bien les choses. Ce quoi il s'agit de
"droger", ce n'est pas seulement "les 35 heures". C'est le
principe mme de la limitation lgale du temps de travail qui est ici en cause.
Sarkozy a donc bel et bien suivi les exigences de Mme Parisot, qui, entre deux
coups de fil au ministre de la Justice pour s'assurer que son complice
Gautier-Sauvagnac ne sera pas crou (il chappe, lui, la comparution
immdiate dvolue tout jeune qui ne courrait pas assez vite dimanche soir et
lundi soir derniers Villiers-le-Bel !),
a pris le temps d'expliquer comment, selon elle, peut tre redress le
"pouvoir d'achat" : en supprimant toute limitation lgale la dure
du travail.
Sarkozy n'abroge pas les lois, il permet de ne pas
les appliquer quand cela convient aux patrons et des sections syndicales
d'entreprises leur botte.
C'est donc une attaque centrale, fondamentale, que
Sarkozy a annonc dans son discours : la drogation entreprise par entreprise
toute limitation lgale de la dure du travail.
C'est relier au dtricotage du Code du travail dont
la "rcriture" doit tre examine par l'Assemble nationale le mardi
4 dcembre.
A relier encore, l'intersection des attaques contre
le salaire socialis, la protection sociale et le droit l'assurance maladie,
et du renforcement du pouvoir patronal, cette mesure inique "glisse"
dans la loi de financement de la Scurit sociale : un mdecin mandat par
l'employeur chez le salari en arrt maladie aura le pouvoir de suspendre la
totalit de ses indemnits journalires ...
Les choses sont donc en ralit claires. Il
conviendrait donc de les expliquer sans les obscurcir.
Deux mois viennent de s'couler durant lesquels on
nous a expliqu, dans les mdias, mais aussi dans les organisations syndicales,
que "le priv" devait tre notre proccupation, sous entendu qu'il ne
fallait pas trop en faire pour la dfense des rgimes de retraites dits
spciaux parce que soi-disant, les salaris du priv ne comprendraient pas
bien, et qu'il y aurait de grandes luttes, sur le pouvoir d'achat notamment, en
prparation pour l'anne prochaine dans le priv. Ce discours opposant en fait
les salaris entre eux sous couvert de prendre en compte les intrts "du
priv" est depuis longtemps en usage la CFDT, mais il est apparu cet
automne, forte dose, la CGT bien qu'il ne plaise gure la base, du priv
comme du public.
Mais maintenant nous y voila : il y a attaque
frontale annonce, par Sarkozy, avec celle sur les retraites, et en vue de
prparer celle sur les contrats de travail, contre les salaris du priv, la
grande majorit du monde du travail.
Ce serait donc le moment d'expliquer, d'informer,
d'alerter, pour associer, pour syndiquer, pour organiser, pour unir.
Ce serait donc le moment de mettre en discussion la
ncessit d'une riposte tous ensemble passant par la grve dans les entreprises
-pas dans telle ou telle, mais dans des branches et des bassins d'emploi dans
leur ensemble- arrtant la production. Arrter de raconter que c'est impossible
ou difficile et s'en occuper, srieusement.
Car le moment prsent n'est-il pas aussi le moment de
la grve nationale, chaque week-end, des salaris de Conforama ? Le moment de
la multiplication des grves pour les salaires ?
Tous ensemble : la mtallurgie, le textile, la
plasturgie, le btiment, la sant prive, les services publics, les transports
terrestres et ariens publics et privs, les fonctionnaires, les sans papiers,
les chmeurs ...
Voila ce qu'il faut faire, voila ce qu'il faut
prparer, au lieu de se rendre la convocation de Sarkozy mi- dcembre pour
appliquer son programme !
* * *
Mouvement tudiant et lycen :
bilan d'tape.
Une dsinformation particulirement prononce svit
propos du mouvement tudiant et lycen pour l'abrogation de la loi Pcresse. Y
compris parmi les militants et les groupes qui a priori sympathiseraient le plus avec ce
mouvement, beaucoup croient, sur la base des informations superficielles
distilles par les mdias nationaux, qu'il est minoritaire, que la coordination
tudiante est une addition de groupuscules et que la masse des tudiants, sans
tre pour la loi Pcresse, a t prise de court par les "blocages" et
veut avant tout aller en cours.
Cette description, est parfois exacte, dans telle ou
telle universit, notamment parisiennes, mais l'chelle nationale, elle est
fausse : c'est un mouvement majoritaire dans des dizaines de facs, port par
des tudiants jeunes, qui ont souvent fait leurs "premires armes" en
2006 dans la lutte contre le CPE. Voila donc le premier clich qu'il faut
combattre : ce mouvement est majoritaire !
Mme quand il est majoritaire, le
"blocage", c'est--dire pour parler vrai le piquet de grve, est son
moyen d'action naturel, car en l'absence de grve gnrale des profs il est
ncessaire pour que la fac soit rellement en grve.
Son foyer, ce sont les assembles gnrales. Les
votes organiss par les prsidences d'universit ont pour but de dessaisir les
tudiants de leur propre mouvement tout en prtendant interdire des grves qui
ne seraient pas pralablement approuves par une majorit. On reconnatra l
l'enjeu de ce que nous combattons avec la loi anti-grve dans les transports
terrestres. La lutte anti-grve de Sarkozy vise aussi les tudiants.
Le deuxime point capital comprendre concerne la
rpression. On voudrait nous faire croire des violences isoles, l o il y a
des "bloqueurs" trop mchants ou trop borns. Or, c'est une
violence policire gnralise, attaquant de prfrence non quand des groupes
d'tudiants agissent, mais contre des masses pacifiques, que les jeunes sont
confronts. Les prsidents d'universits et une grande partie de leurs acolytes
dans les conseils d'administration sont demandeurs d'une telle violence.
Celle-ci ne fait pas la une. Sarkozy a choisi son oeil crev, les mdias
nationaux aussi. Pourtant la blessure inflige par flashball par des policiers
en action agressant au visage un groupe de jeunes Nantes indique bien ce qui
se passe rellement. Attention, camarades de toutes gnrations, il y a
tournant : c'est la mme violence policire que celle des annes Marcellin
(ministre de
l'Intrieur au dbut des annes soixante-dix, grand chasseur de
"gauchistes") que la jeunesse est soumise aujourd'hui, mais la
diffrence c'est qu'en ce temps l il y avait de grandes mes de gauche pour
s'en indigner alors qu'aujourd'hui, on les laisse seuls !
Troisime remise ncessaire des points sur les
"i" : la
Coordination tudiante serait un repaire de "gauchistes" et l'UNEF ne
pouvait pas aller dans cette galre. Faux : cette coordination, tirant
implicitement plusieurs leons de celle qui s'tait forme contre le CPE, a t
construite par des tudiants syndicalistes, pas seulement l'UNEF mais
particulirement l'UNEF, notamment de son opposition syndicale de gauche, la
TUUD (Tendance pour une Unef Unitaire et Dmocratique), impulse entre autres
par des militants socialistes de l'OS (Offensive Socialiste) et communistes du
groupe La Riposte. Ces camarades ont impuls la mobilisation en fixant
clairement la revendication : abrogation de la loi Pcresse, et ils ont agit
pour faire de la Coordination une reprsentation la plus large possible de tout
le mouvement, intgrant en son sein les syndicats, et notamment le syndicat
tudiant clef, l'UNEF, qui y ont leur place.
Alors, l'UNEF, justement ? H bien, pour les experts en
"ressources humaines" et "relations sociales" comme le
conseiller de Sarkozy Raymond Soubie, nul doute que les deux actes clefs de ces
dernires semaines, permettant leurs "rformes" de passer, ont t
les suivants :
- la dcision annonce publiquement pour mettre les
cheminots et sa propre fdration devant le fait accompli, par Bernard
Thibault, de ngocier sans le pralable du retrait de la contre-rforme Sarkozy
des rgimes spciaux, la veille de la grve reconductible, le mardi 12 novembre
aprs-midi,
- et la tentative de faire partir les reprsentants
de l'UNEF de la Coordination tudiante, Lille le samedi 24 novembre.
Le Monde, Libration et le reste de la presse leur suite ont alors tent de
faire croire qu'il n'y avait plus de responsables de l'UNEF la Coordination,
mais seulement des groupuscules. Le but de l'opration tait de diviser pour
aider Julliard et son quipe briser la grve.
Car, dans la semaine qui a suivi, ce sont quelques
dizaines de permanents qui furent
lchs par cette fine quipe pour tenter de faire cesser la grve tout prix.
Soyons clairs : la lutte des tudiants et des lycens, aprs la fin de la grve
des cheminots, n'est pas en mesure de continuer immdiatement son mouvement
ascendant. Mais elle ne saurait accepter l'application de la loi Pcresse et
abandonner sa revendication, ce qu'exigeait la direction de l'UNEF, au compte
du gouvernement. Ce faisant, elle a d'ailleurs chou et a plutt suscit les
ractions de poursuite de la grve et des piquets de grve, contre elle. Elle
s'est arc-boute non seulement contre les tudiants, mais contre l'ensemble du
monde universitaire o des organisations aussi diverses que le SNESUP, la Ligue
des Droits de l'Homme, Sauvons la Recherche, ATTAC-Campus et la Jeunesse
Ouvrire Chrtienne se sont toutes prononces pour l'abrogation de la loi
Pcresse !
Aprs a, il n'est pas tonnant que Julliard soit
compltement grill et qu'il annonce son retrait de l'UNEF, vers une carrire
municipale parisienne suppose. Mais cette orientation -refuser une
revendication lmentaire au motif qu'elle ne serait pas raliste, calibrer les
revendications sur la politique du gouvernement- et les mthodes qui vont avec
-manipuler pour briser l'unit tudiante, dispatcher ses missaires pour casser
la grve, le tout avec une grossiret qui en dit long sur l'loignement de
toute ralit d'une petite quipe de jeunes bureaucrates- sont une orientation
et des mthodes anti-syndicales qui menacent l'UNEF. L'UNEF, syndicat de tous
les tudiants, doit vivre : sans ces mthodes et contre elles. Son avenir est
la Coordination tudiante.
"Oui, mais, ouh la la, attention, Julliard est
un socialiste de gauche, proche d'Emmanuelli ce qu'il parat". Camarades
socialistes de gauche, seule la vrit est, non seulement rvolutionnaire, mais
mme simplement dmocratique : un jaune s'appelle un jaune, qu'il s'agisse de
Manuel Valls, de Bernard Kouchner ou de Bruno Julliard. Dire la vrit, parce
que les faits sont les faits, c'est le BA-ba pour tout militant. Invoquer le
"gauchisme" pour la camoufler, c'est faire son lit.
Et maintenant ? A l'heure o sont crites ces lignes, la Coordination
se runit Nantes, accueillie par une association gnrale de l'UNEF qui a
continu agir comme un syndicat. La Coordination prcdente a affirme que la
place de l'UNEF est en son sein, dans le combat pour l'abrogation de la loi
Pcresse. Elle a lanc des propositions : journe nationale de solidarit avec
les sans-papiers le 3 dcembre, mobilisation interprofessionnelle le 4
dcembre, au del desquelles il lui faut trouver un "pont" pour tenir
jusqu' la nouvelle tape qui n'en doutons pas aura lieu durant cette mme
anne sociale, scolaire et universitaire ...
* * *
Le billet de nos camarades de la section PCF de La
Seyne sur Mer
Ē TransparenceÉ
Grands patrons, combien se montent leur
retraite ! Č
Il faut savoir que les patrons
des grandes entreprises bnficient bien souvent de systmes de retraites
supplmentaires. Financs entirement par lÕentreprise, ces rgimes trs
spciaux peuvent atteindre 3 millions dÕeuros. Avec la Ē Gazette
Seynoise Č, dcouvrez combien gagnent les grands patrons la retraite et
combien ceux qui sont encore en activit peroivent !
Ouvrons le dossier : il y a
de quoi mditer !
1) Lindsay OWEN-JONES, PDG de chez lÕOral :
Cumul 36 ans dÕanciennet :
il touche une retraite de 3,4 millions dÕeuros par an. PDG la retraite devenu
prsident du conseil dÕadministration, il gagne en plus entre 2 et 3,5 millions
dÕeuros en 2007 !
2) Louis SCHWEIZER : il ne peroit pas encore sa retraite car il
a pris les fonctions de prsident du conseil dÕadministration. Il reoit de la
part de la socit Renault une rmunration fixe de 900 000 euros destins
compenser lÕabsence de versement de sa pension. Rmunration 1,1 million euros
en 2006 !
3) Martin BOUYGUES : fils du fondateur du group BOUYGUES, administrateur
depuis 1982. A partir de cette date, lÕentreprise a commenc cotiser pour le
rgime de retraite additive. Avec sa rmunration actuelle (2,3 millions
dÕeuros) dpart en retraite 65 ans en 2017. Il aura droit une pension de
740 000 euros par an.
4) Nol FORGEAT : son licenciement en juillet 2007 lui a
permis de toucher une indemnit de 8,6 millions dÕeuros. Nol FORGEAT a aussi
ouvert aprs 8 ans passs dans les instances dirigeantes du group EADS des
droits un rgime de retraite complmentaire. Ag de 60 ans il bnficie dÕune
pension qui sÕlve 1,1 millions dÕeuros.
5) Arnauld LAGARDERE : membre du comit excutif du groupe ponyme,
il bnficie aussi du rgime de retraite supplmentaire. Rmunration
2006 : 1,9 million dÕeuros. A 65 ans, il aura dpass la limite maximale
de cotisation fixe 20 ans. Il touchera 560.000 euros par an revaloriss au
fil des annes.
6) Bernard COLLOMB : jeune retrait de la prsidence du groupe LAFARGE,
il peroit une retraite complmentaire allgrement suprieure 1 million dÕeuros
par an. Ce montant correspond pourtant un plafond et sans cela lÕancien
patron du groupe cimentier aurait pu prtendre une retraite de prs de 1,5
millions dÕeuros par an.
7) Antoine ZACHARIAS : il a quitt Ē VINCI Č en 2006. Pouss
vers la sortie il avait touch une indemnit de dpart la retraite de 12,8
millions dÕeuros. Par ailleurs le rgime spcifique de retraite dont il
bnficie lui verse annuellement une rente qui sÕlve 2 millions dÕeuros
lÕage de 68 ans.
8) Jean Cyril SPINETTA : la tte dÕAir France depuis 10 ans. Il
bnficie du rgime particulier attribu aux cadres dirigeants de la compagnie
arienne. Si Cyril SPINETTA partait en retraite actuellement, il partirait avec
442.000 euros par an. Mais comme sa rmunration augmente chaque anne, ce
montant prvu va probablement continuer crotre. Rmunration 2006 : 1,2
millions dÕeuros par an.
9) Henri de CASTRIES : patron des mieux pays du CAC 40. En
tant que cadre dirigeant dÕAXA lorsquÕil prendra sa retraite il touchera prs
de 1,2 millions dÕeuros par an. Actuellement vice-prsident du directoire, sa
rmunration 2006 atteint 3,8 millions dÕeuros.
10) Claude BEBEAR : retrait de la compagnie dÕassurance AXA. Il
a peru en 2006 433.766 euros au titre des engagements de la part dÕAXA. Celui
qui occupe la fonction de prsident au conseil de surveillance a gagn 125.500
euros de jetons de prsence par an. Il possde en outre plus de 2,6 millions
dÕactions AXA.
11) Franck RIBAUD : fils du fondateur de DANONE. PDG depuis
1996, il bnficie dÕun rgime de retraite maison. Rmunration 2006 : 2,6
millions dÕeuros. Dans lÕhypothse o ses revenus nÕvolueraient pas, il
percevra une retraite de 1,6 millions dÕeuros par an.
12) Jean Franois DEHECQ : PDG de la socit SANOFI-AVENTIS. Ce groupe
pharmaceutique finance un rgime de retraite supplmentaire destin ce cadre
suprieur. Mme si ce PDG est encore loin de pouvoir prendre sa retraite, sa
pension pourrait atteindre 1,3 millions dÕeuros par an. Rmunration
2006 : 3,6 millions dÕeuros.
13) Benot POTIER : PDG dÕAir Liquide. Rmunration 2006 :
2,32 millions dÕeuros. Si son niveau de rmunration actuel nÕaugmente pas
dÕici l, sa retraite dpasserait aujourdÕhui 832 000 euros par an.
14) Jean Martin FOLZ : PDG de la socit PSA. En retraite depuis
mars 2007, il bnficie dÕune convention dÕassurance collective qui complte
les systmes obligatoires et conventionnels. Sa pension de retraite sÕlve
800 000 euros par an.
Les nantis, ce sont eux ces privilgis qui bnficient des
largesses de leurs socits, groupes et pouvoirs financiers.
Ces gens se sucrent sur le dos
des retraits, des salaris et des chmeurs, tous ceux qui craient les
richesses de la Nation.
Pour Eux pas de rforme de retraite, pas de mise
plat ! Cela ferait trs mauvais effet.
Pour Nicolas SARKOZY, tout
leurs services, que vous soyez puissants ou misrables, dpendra votre montant
de retraite.
De quoi mditer sur lÕurgence de
se dbarrasser de ce rgime monarchiqueÉ Et de prendre de nouvelles bastilles !
Louis BLANC, Christian BARLO, Joseph PENTAGROSSA, Militants communistes.
Site Seynois Communiste : http://www.gazette.shweb.fr/
* * *
Documents.
Dclaration de
l'union CGT de la Mtallurgie du Jura.
SI NOUS NE VOULONS PAS PERDRE TOUS NOS ACQUIS,
IL FAUT STOPPER
SARKOZY !
POUR CELA, IL FAUT SE
RASSEMBLER, AGIR,
PRPARER UNE MOBILISATION
UNIE DE TOUS LES TRAVAILLEURS !
LÕUnion
des Syndicats des Travailleurs de la Mtallurgie CGT du Jura salue les
cheminots, les agents de la RATP et dÕEDF pour avoir men une grve massive,
dtermine et courageuse contre la casse de leurs rgimes de retraite, malgr
le dluge de mensonges et de calomnies dverss par les mdias et le
gouvernement Sarkozy. LÕUSTM-CGT 39 salue la grve nationale des tudiants,
dsormais rejoints par les lycens, qui bloquent leurs universits pour obtenir
lÕabrogation de la loi LRU (loi de privatisation des universits et de
prcarisation des personnels). LÕUSTM-CGT 39 se rjouit du succs de la grve
et des manifestations du 20 novembre dans la Fonction publique et dans certains
secteurs du priv pour lÕaugmentation des salaires. LÕUSTM-CGT 39 salue
galement les collgues mtallos de PSA-Sevelnord qui, comme ceux de PSA-Aulnay
au dbut de lÕanne, ont fait grve pendant plusieurs jours pour exiger eux
aussi des augmentations de salaires.
Toutes
ces luttes posent la question de leur convergence : si les travailleurs ne
sÕunissent pas contre Sarkozy, ils vont perdre leurs acquis les uns aprs les
autres et toutes les conqutes collectives seront liquides. SÕils sÕunissent,
leur nombre fera leur force et il sera possible de stopper la politique de
Sarkozy, de le vaincre. La politique de Sarkozy, tout entire au service du
grand patronat, forme un tout cohrent : il a planifi une attaque globale
contre les ouvriers et tous les travailleurs ! Il faut donc combattre pour
raliser une mobilisation dÕensemble de tous les travailleurs et les jeunes,
pour la grve interprofessionnelle.
LÕUSTM-CGT
39 propose donc ses syndicats, aux travailleurs de la mtallurgie et tous
les autres salaris dÕouvrir la discussion sur les revendications collectives
et sur la faon de mener le combat pour gagner :
„ Pour
lÕaugmentation gnrale des salaires : 300 euros pour tous tout de
suite ! Le SMIC 1 500 euros nets ! Pour cela, il faut imposer au
patronat quÕil rende aux salaris du priv une partie de ses profits
gigantesques (100 milliards lÕan dernier rien que pour les 40 plus grosses
entreprises franaises !). Et il faut imposer au gouvernement quÕil rende
les 15 milliards donns sous forme de cadeaux fiscaux aux mnages les plus
riches et les 30 milliards de cotisations sociales dont il exonre
les patrons : ces 45 milliards permettraient de crer des postes, de
titulariser les prcaires et dÕaugmenter les salaires dans la Fonction publique !
„ Pour
la dfense des rgimes spciaux de retraite, contre tout allongement de la
dure de cotisations, pour le retour aux 37,5 pour tous et le droit la
retraite 60 taux plein, 55 ans pour les travaux pnibles et la
production. Ne nous laissons pas diviser par le gouvernement et les mdias
entre les salaris qui bnficient encore des 37,5 annuits et ceux qui les ont
perdues, entre les salaris du public et ceux du priv, entre travailleurs
franais et immigrs ! Ce que veut le gouvernement, cÕest allonger la dure de
cotisation pour tous les salaris. Cela reviendrait rduire les retraites de
ceux qui partiront quand mme 60 ans, ou alors nous faire trimer de plus en
plus vieux, alors que le chmage frappe dj des millions de travailleurs et
notamment les jeunes !
„ Contre
la privatisation de la Scurit sociale et les franchises
Ē mdicales Č (nouvelle taxe sur les soins et les mdicaments). La
Scurit sociale doit assurer la solidarit entre les salaris et entre les
gnrations : sa vocation nÕest pas dÕtre rentable. Les malades ne sont
pas des coupables : notre droit la sant doit tre dfendu !
„ Contre
la prcarit : pour lÕabrogation des lois qui autorisent la prcarit,
Contre toute remise en cause de notre code du travail et du contrat de
travail dure indtermine (projet du MEDEF et de Sarkozy).
„
Pour le rtablissement des 22 000 emplois de fonctionnaires liquids dans le
Budget de 2008 et des 25 000 postes supprims au cours des cinq annes
prcdentes. Ces postes sont ncessaires pour rtablir des conditions de
travail dcentes pour les personnels et pour assurer un service public de
qualit.
Pour
le maintien de notre industrie. Interdisons les licenciements et les dlocalisations !
„ Contre
toute remise en cause des statuts de la Fonction publique. Ces statuts ne sont
pas des privilges, mais les garants dÕune galit de traitement sur tout le
territoire et de la qualit du service public, quÕil faut dfendre contre
toutes les privatisations.
„ Contre
la loi Pcresse qui vise privatiser les Universits, aggraver lÕingalit
entre les facults, gnraliser la prcarit et introduire la slection de
nos enfants lÕUniversitÉ
„
Contre toute remise en cause du droit de grve : abrogation de la loi sur
le Ē service minimum Č ! Le patronat et le gouvernement
voudraient nous priver de lÕarme de la grve car elle nous permet de combattre
de manire efficace, en stoppant la production et en crant un rapport de
force !
„ Contre
la traque des sans-papiers, contre les tests ADN et les lois anti-immigrs
(Hortefeux, CESEDAÉ). Les immigrs ont le droit la dignit, les sans-papiers
et leurs enfants nÕont pas vivre avec la peur au ventre permanente pour
servir de boucs missaires la politique du gouvernement. Tous les salaris doivent
tre solidaires de leur lutte pour la rgularisation et pour une vie dcente en
France.
Retrait
de la carte judiciaire impose par le gouvernement qui permettra la suppression
et lÕloignement des diffrentes juridictions.
Pour
gagner tous ensemble sur ces revendications et sur les autres, lÕUSTM-CGT 39
estime quÕil nÕy a pas dÕautre solution que dÕutiliser les mthodes de lutte
traditionnelles du syndicalisme de classe et de masse, car ce sont ces mthodes
qui ont permis aux gnrations prcdentes dÕarracher les
acquis sociaux :
Pour
la clart des revendications, contre la prtendue Ē ngociation Č des
reculs sociaux ;
Pour
lÕarme de la grve dtermine, contre la tactique des Ē journes
dÕaction Č sans lendemain ;
Pour
le contrle des travailleurs sur leur mobilisation, par des Assembles
gnrales inter-catgorielles de site, lÕlection de comits de grve
rvocables et leur coordination tous les niveaux ;
Pour
la convergence des luttes et pour la grve interprofessionnelle, qui passe par
la liaison des travailleurs des diffrentes catgories et des diffrents
secteurs, contre lÕisolement service par service, entreprise par entreprise,
catgorie par catgorie.
CÕest
sur cette base que lÕUSTM-CGT 39 propose de convoquer dans les entreprises o
ses syndicats interviennent des runions de travailleurs pour discuter de la
situation et construire la rsistance. CÕest sur cette base quÕelle propose aux
autres syndicats, commencer par ceux de la CGT, de convoquer des runions de
rencontre interprofessionnelles dans les villes du dpartement, afin de
commencer nouer les relations ncessaires entre travailleurs et jeunes prts
combattre pour gagner contre Sarkozy.
UNION DES SYNDICATS DES
TRAVAILLEURS DE LA METALLURGIE DU JURA
76, rue Saint Dsir -
39000 Lons le saunier.
Tl. Port. :
06.22.67.44.91 Mail: ustm39@yahoo.fr
* * *
Communiqu de
Marc Dolez, dput socialiste de Douai (Pas-de-Calais),
27 novembre
2007.
Le forum organis par Ē Maintenant gauche ! Č, le 24
Novembre Paris, a t dÕun grand intrt.
Les dbats ont confirm lÕobjectif, largement partag, de
faire converger lÕensemble de la gauche de transformation sociale.
Dans cette perspective, il a t notamment convenu :
- dÕorganiser en 2008 des Etats Gnraux de toutes les
forces de transformation sociale et de mettre en place un comit unitaire de
prparation qui garantisse le pluralisme et lÕouverture de cette grande
initiative.
- dÕinitier partout des espaces des dbats avec le type
de dmarche que Ē Maintenant gauche ! Č a mis en Ļuvre pour ce forum.
- de saisir toutes les occasions de mobilisation sociale
pour proposer et dbattre des alternatives ncessaires et de faire de la
campagne pour lÕexigence dÕun rfrendum sur le nouveau trait europen un axe
fort de lÕaction commune de la gauche de transformation.
Avec ces propositions, il nous appartient dsormais de
crer la dynamique permettant de runir les conditions pour la construction
dÕune nouvelle force politique gauche.
Pour ma part, jÕentends mÕy impliquer pleinement.
Ci-aprs le texte de mon intervention lors de ce forum.
"Mes chers camarades,
Pour rentrer immdiatement dans le vif de mon propos, je
dirai quÕil y a urgence enclencher le processus de construction dÕune
nouvelle force politique gauche, urgence dicte la fois par la situation
politique et sociale, dont nous partageons largement lÕanalyse, et par lÕtat
actuel de la gauche.
La construction de cette nouvelle force politique est en
effet indispensable pour porter le projet de transformation sociale, que je
crois aussi nous appelons largement de nos vĻux, pour imposer majoritairement
gauche la rupture avec toutes les politiques conomiques menes depuis 25 ans,
c'est--dire depuis le tournant libral de 1983.
Avant de sÕavoir avec qui construire cette nouvelle force,
il faut dÕabord rpondre la question : pour quoi faire ?
Nous y avons rpondu pour lÕessentiel dans le courant de la
journe, ce qui exclut de construire une chapelle de plus tout comme lÕide
dÕun parti de toute la gauche qui irait des communistes au Modem !
Cette nouvelle force a donc vocation rassembler toutes les
forces de la transformation sociale, qui peuvent venir dÕhorizons diffrents :
rpublicains, communistes, cologistes, altermondialistes, fministesÉ et bien
sr socialistes.
A cet gard, et sÕil tait besoin de vous rassurer, je vous
indique quÕau Parti Socialiste il y a beaucoup de militants qui ne se rsignent
pas et qui ne renoncent pas, beaucoup de militants qui veulent lutter contre le
capital et son systme.
SÕils nÕont pas encore renonc se battre lÕintrieur du
Parti Socialiste, beaucoup, dont je suis, ne se font plus gure dÕillusions sur
la possibilit dÕenrayer sa mutation en parti dmocrate et la possibilit de le
replacer au cĻur de la gauche.
Pour russir la construction de cette nouvelle force
politique, la participation de socialistes, aux cts de beaucoup dÕautres, est
absolument indispensable, comme cela a t le cas, il y a 2 ans, dans la
bataille du non au T.C.E.
Construire cette nouvelle force cÕest en ralit refuser le
bipartisme actuel : nous le constatons aujourdÕhui de manire affligeante, que
cela soit sur les retraites, lÕuniversit et le trait europen, UMP et PS sont
dÕaccord sur le fond, mise part la mthode !
Nous, nous affirmons que droite et gauche ont de profondes
divergences sur le fond.
Il y a urgence engager le processus car la situation
lÕexige et cÕest pourquoi je ne pense pas quÕil faille attendre davantage pour
en afficher clairement la perspective et prendre des initiatives en ce sens.
Attendre dÕavantage ne faciliterait rien, car il y aura
toujours une bonne raison dÕattendre : une chance lectorale, le congrs de
telle ou telle organisation.
Cela pourrait tre lÕune des conclusions de notre journe,
nous pourrions par exemple dcider de lÕorganisation dÕEtats Gnraux de la
gauche pour la transformation sociale et ce ds le printemps 2008.
Dans la priode qui vient, il importe aussi de jeter les
bases de cette nouvelle force en menant ensemble la bataille pour lÕexigence
dmocratique du rfrendum et refuser que la souverainet populaire soit
bafoue. Dans le dbat sur lÕavenir des retraites, nous devrions ensemble
rcuser lÕide de devoir travailler plus longtemps et plaider pour un
alignement par le haut.
Le parti que nous avons construire doit tre la fois
celui de la protestation et de la proposition.
CÕest notre responsabilit collective, une responsabilit
historique, que de participer cette construction. Si non, qui dÕautre le fera
?
Parce que cette perspective rpond une aspiration profonde
de notre peuple, nous allons la concrtiser. Alors, au travail ! "
* * *
Maroc : des syndicalistes
UMT de la Socit Dihanex jugs par le tribunal Premire Instance Casablanca.
Communiqu de lÕunion rgionale des syndicats UMT- RABAT-SAL
E -TEMARA.
Au mois de septembre 2006, le
bureau syndical en reprsentation des travailleurs de la Socit Dihanex ddi
la fabrication de tapis avait dpos le son cahier revendicatif pour lÕapplication
du code de travail ; lÕanciennet ; la dclaration de la totalit des journes
de travail la CNSS (Caisse Nationale de la Scurit Sociale) ; lÕlections
des dlgus de personnel ; un comit dÕentreprise ; un comit dÕhygine et de
scurit ; et le respect de nombre dÕheures de travail.
Au cours des premiers mois de
2007, plusieurs rencontres ont t effectues au niveau de lÕinspection de
travail et au sein de la prfecture dans le cadre de la commission prfectoral,
sans rsolution du problme cause refus de patron lÕapplication de la loi.
En mars 2007, le patron ferma lÕusine.
Au moment de la fermeture, des arrirs de salaire restaient impays pour la
priode entre mai 2005 et mai 2007.
Les ouvriers ont alors eu recours
a la justice pour le reliquat des salaires, et le tribunal a donn cause et
jug la restitution de 250.000.00 dh. Une vente aux enchres tant prvue pour
le mois de novembre, le patron procda transfrer les outils de travail lÕaide
de la police locale. Le 15 novembre, le patron escort par une trentaine dÕagents
de scurit et des chiens ont matraqu les ouvriers et ouvrires qui ont t
devant lÕusine.
La police a ensuite dtenu trois
dirigeants, les accusant dÕactes dplaisants lÕencontre de lÕentreprise suite
a un article 288 du Code Pnale. Les dirigeants en question qui seront jugs
demain devant le tribunal de Premire Instance de Casablanca sont :
- Larbi Riyach, Secrtaire
gnral du Bureau Syndical ;
- Houssine Oulad Abou, Secrtaire
gnral adjoint ;
- Mohamed Hanfi, membre du Bureau
Syndical.
LÕaction de la compagnie en
demandant lÕintervention de la police pour empcher les dmarches lgitimes des
ouvriers pour dfendre leurs droits est inacceptable.
Le 21/11/2007, la cour de premier
instance de Casablanca, la premire fois dans lÕhistoire des conflits sociaux a
donne un grave verdict (1 ans de prison ferme et des dommages pour la socit
plaignante de 1.000.000.00 dhs), un jugement qui va a lÕencontre des
aspirations des travailleurs attendant la justice de leurs cause et qui
militent pour dfendre leurs droits lgitimes surtout le droit syndical et
leurs salaires reconnues par le tribunal.
Un jugement qui nÕa jamais t
prononc auparavant.
Nous vous prions donc dÕintervenir
afin que les autorits assurent leur mise en libert immdiate et renoncent aux
plaintes leur encontre.
Ministre de Justice : fax 212/37723710
Ministre de Travail : fax 212/37768881
Ministre de lÕIntrieur : fax 212/37767404
Repres :
UMT : L'Union Marocaine du Travail, est une organisation syndicale marocaine fonde en mars 1955 Casablanca avant lÕindpendance du Maroc.
Sur le Web : www.umt-usf.com
* * *
Devenez correspondant(e) / diffuseur de Militant
dans votre ville ou votre secteur
professionnel :
Adressez un chque de 20 Ū lÕordre dÕAPE : Militant, 18 rue Victor Mass 75009 Paris.