Lettre de liaison n”5 du 2 dŽcembre 2007
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction provisoire : Christian Barlo (83), Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Franois Ferrette (61), StŽphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier (94), Vincent PrŽsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord (75), Salima Jamili (75) É

 

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Sommaire :

Dernire minute : Notre camarade KŽbŽ TalibŽ est enfin libre !

Le billet du jour : pouvoir d'achat ?

Sur l'agenda.
Le billet de Jean-Franois Chalot : Ē DŽsespoir, violence aveugle, rŽpression sauvage : il faut mettre fin au cycle infernal.Č

CommuniquŽ des parents de Pierre Douillard, lycŽen blessŽ au visage en manifestation devant le rectorat de Nantes.

Discours de Sarkozy : le vŽritable enjeu.

Mouvement Žtudiant et lycŽen : bilan d'Žtape.

Billet des camarades de La Seyne : transparenceÉgrands patrons, ˆ combien se montent leurs retraites ?

Documents :

- dŽclaration de l'union CGT de la MŽtallurgie du Jura.

- communiquŽ de Marc Dolez, dŽputŽ socialiste de Douai (Pas-de-Calais) du 27 novembre.

Maroc : rŽpression contre des syndicalistes UMT de la sociŽtŽ Dihanex.

Devenez correspondant(e)-diffuseur du Militant.

 

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Notre camarade KŽbŽ TalibŽ est enfin libre !


Aprs 32 jours de lutte acharnŽe qui ont fait douter les prŽfecture de Gironde et de Seine-Saint-Denis, fait pencher l'ambassade de C™te d'Ivoire du c™tŽ du refus de dŽlivrance du laisser passer, la mobilisation a payŽ.


L'adversaire, paralysŽ par la dŽtermination des actions de soutien, ˆ Bordeaux comme en Ile-de-France, n'a pu que constater qu'il n'obtiendrait pas l'expulsion de notre camarade. Ils ont donc dž le rel‰cher.


D'aprs nos informations, KŽbŽ devrait rester quelques temps ˆ Bordeaux, pour remercier les soutiens du cru et contribuer ˆ l'animation des comitŽs de soutien aux sans papiers locaux. Il est clair que nous organiserons ˆ Montreuil une grande fte pour son retour (Solidaires Montreuil propose mme la Bourse du Travail)!

Informations rŽseau Ē Non ˆ lÕimmigration jetable Č du dimanche 2 dŽcembre 2007 aprs-midi.

 

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POUVOIR D'ACHAT ?

 

INSECURITE GENERALISEE, FACS PRIVATISEES, RETRAITES MISEREUX, SANS-PAPIERS POURCHASSES, TEMPS DE TRAVAIL ILLIMITE :

 

NON AU PROGRAMME DE SARKOZY !

 

NOTRE PROGRAMME ? SIMPLE !

 

HAUSSE DES SALAIRES, RETRAITES, PENSIONS ET MINIMA SOCIAUX.

 

BLOCAGE DES LOYERS.

 

MAXIMUM SUR LES PRIX DES PRODUITS DE PREMIERE NECESSITE.

 

DE VRAIES RETRAITES : 37,5 ANNUITES POUR TOUS.

 

 Il nous faudrait un gouvernement ˆ nous pour le mettre en oeuvre, et pour cela une reprŽsentation politique ˆ nous.

 

Ce programme ŽlŽmentaire, ce n'est pas la rŽvolution. Mais s'il faut faire la rŽvolution pour le mettre en oeuvre ...

 

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Sur l'agenda.

D”ner-dŽbat sur les enjeux des Žlections municipales : mardi 10 dŽcembre ˆ 19h30 LÕInattendu, 121 avenue FŽlix Faure 75015 Paris. MŽtro Lourmel. Avec la participation de Jean-Franois Chalot, conseiller municipal dans le 77.

Manifestation pour la rŽgularisation par le travail ˆ lÕappel du Rassemblement des collectifs dÕouvriers sans-papiers des foyers et de Militant : samedi 15 dŽcembre.

 

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DESESPOIR, VIOLENCES AVEUGLES, REPRESSION SAUVAGE :

IL FAUT METTRE FIN AU CYCLE INFERNAL !

Jean-Franois CHALOT

Beaucoup de professionnels de l'enfance et de la jeunesse et beaucoup de militants associatifs intervenant dans les quartiers ont expliquŽ que les Žmeutes de novembre 2005 ne constituaient pas un accident.

Ils ont rappelŽ que si aucune politique globale n'Žtait menŽe afin de mettre fin ˆ l'exclusion sociale et ˆ la ghetto•sation, d'autres incidents pourraient dŽclencher des explosions incontr™lables.

Ce qui s'est dŽroulŽ ˆ Villiers le Bel procde de l'engrenage infernal : des policiers qui continuent ˆ multiplier les opŽrations de contr™le d'identitŽ aux facis, n'hŽsitant pas ˆ menacer les jeunes, un accident grave menant au dŽcs de deux jeunes renversŽs par la police, des violences urbaines qui s'en prennent ˆ la police et des actes de dŽsespoir comme ceux qui consistent ˆ s'en prendre ˆ une bibliothque et ˆ une Žcole.

Les familles sont inquites pour elles mmes et pour leurs enfants.

Si beaucoup ne comprennent ni ne justifient les Žmeutes, elles ne peuvent que s'indigner devant des propos irresponsables comme ceux de reprŽsentants des syndicats de policiers.

Ē Il faut des frappes chirurgicales sur des voyous, sur des noyaux durs. C'est ce que je pense que la ministre de l'IntŽrieur va faire ce soir", a prŽcisŽ M. Delage Č

Cette expression malheureuse mais significative est la reprise des discours de Bush quand il a menŽ la guerre de civilisations, n'hŽsitant pas ˆ tuer.

Le calme, la paix et la sŽrŽnitŽ exigent :

- l'ouverture d'une enqute sŽrieuse et publique sur les causes de la mort des deux jeunes;

- la menŽe d'un dŽbat en urgence avec les associations locales, les habitants et les jeunes sur la situation et sur les sorties de crise ;

- l'application d'une justice qui ne soit pas expŽditive mais qui permette aux accusŽs de violence d'tre dŽfendus dans le cadre du respect des droits de l'homme ;

- le lancement d'un dŽbat national sur la situation des banlieues suivi de mesures sŽrieuses et visibles de transformation sociale.

28/11/2007

 

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CommuniquŽ des parents de Pierre Douillard, lycŽen blessŽ au visage par un flashball en manifestation devant le Rectorat de Nantes

Alors que le pronostic mŽdical sur lÕoeil de notre fils reste trs rŽservŽ en cet aprs-midi, nous, ses parents, voulons savoir quel a ŽtŽ lÕencha”nement des faits qui peut conduire la police ˆ viser au visage, avec un flashball, un lycŽen dŽsarmŽ qui nÕa mme pas 17 ans, alors que son groupe de manifestants sՎtait retirŽ du Rectorat et se trouvait sur la voie publique hier soir.

Nous rŽclamons au Recteur dÕAcadŽmie (que nous rencontrerons ce soir ˆ 19 heures), au PrŽfet, au Procureur de la RŽpublique, une enqute sŽrieuse sur les faits dÕhier soir, non seulement pour Pierre, mais pour dŽfendre lÕintŽgritŽ physique et les droits de tous les jeunes lycŽens et Žtudiants ˆ manifester pacifiquement.

Par ailleurs, nous demandons ˆ tous les tŽmoins des faits de bien vouloir prendre contact avec nous.

Nous demandons aux professeurs dÕaccompagner les jeunes lorsquÕils manifestent sur la voie publique, afin de ne pas les laisser dŽmunis face ˆ lÕarbitraire.

A tous les jeunes, nous demandons ne pas cŽder ˆ la provocation, car cÕest justement ce que souhaite ce gouvernement. Unis dans la non-violence active, nous serons plus efficaces.

Luc Douillard, Emmanuelle Lefevre.

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Discours de Sarkozy : le vŽritable enjeu.

 

Sarkozy a donc "parlŽ", ce jeudi soir 28 novembre. Il a, entre autres, parlŽ d'un oeil crevŽ, d'un oeil vraisemblablement crevŽ. Sarkozy, qui est forcŽment bien informŽ par les rapports de police de France et de Navarre, est au courant du nombre d'oeils vraisemblablement crevŽs dans la semaine ŽcoulŽe. Ainsi que du nombre de blessŽs. Et de morts. Sarkozy choisit ses morts, ses blessŽs et ses oeils crevŽs. Celui dont il a parlŽ appartient ˆ un fonctionnaire de police, un CRS, envoyŽ au charbon ˆ Villiers-le-Bel la nuit du 25 au 26 novembre. Soyons clairs : l'oeil vraisemblablement crevŽ du CRS a pour responsable la politique que notre ami Jean-Franois Chalot dŽnonce dans son billet ci-dessus. La politique qu'incarne Sarkozy. Sarkozy qui a donc choisi de ne pas plaindre l'oeil vraisemblablement crevŽ du jeune lycŽen pacifique. Sarkozy qui a dŽclarŽ que les Žmeutes du type de celle de Villiers-le-Bel n'ont rien ˆ voir avec un problme social -bien qu'elles aient ˆ avoir, selon lui, avec l'immigration ! - et n'ont ˆ voir qu'avec les voyous, qu'il faut traiter comme des voyous. Question : s'agit-il du traitement appliquŽ ˆ Pierre Douillard ? Vraisemblablement oui ...

Ce qui s'est passŽ dimanche soir ˆ Villiers-le-Bel reste non Žclairci. La voiture de flic faisait-elle un rodŽo, comme pas mal d'habitants semblent l'avoir pensŽ ? En tous cas, c'est la levŽe en masse, offensive et violente, de toute la jeunesse d'un quartier ŽpaulŽe par la population qui s'est produite ce soir lˆ. La suite, ce sont les bandes qui rappliquent, la violence des deux c™tŽs. Et Sarkozy qui choisit son oeil, ses blessŽs, ses morts : il y a eu deux morts, les deux jeunes, deux morts par qui tout a commencŽ. Aucun regret du prŽsident : deux morts, d'emblŽe police irrŽprochable. Cela veut dire : double insŽcuritŽ pour les habitants de Villiers-le-Bel et des "quartiers". InsŽcuritŽ des bandes mafieuses, insŽcuritŽ des bandes de l'appareil d'Etat, BAC, police, gendarmerie. Parce que cet affrontement lˆ n'est pas le leur, il ne sont pas sortis et ont gardŽ les fils ˆ la maison mardi soir. Ce n'Žtait pas la victoire des partisans de la "sŽcuritŽ", c'Žtait la protestation silencieuse du peuple des opprimŽs.

 

CampŽ dans la posture de la guerre civile, qui Žvoque Le Pen dirons beaucoup, bien sžr mais qui procde de la grande tradition de la V” RŽpublique, celles des matraqueurs Marcellin, Poniatowski, Papon, Sarkozy devait donc nous parler du "pouvoir-d'achat-des-Franais".

Tout  le monde convenait que le prŽsident de la V” RŽpublique n'est pas en mesure de faire augmenter les salaires. Il a tous les pouvoirs, mais pas celui-lˆ. Curieux, non ? Voila qui nous indique au fond de qui il est rŽellement le prŽsident ... Reste que mme en se plaant sur ce plan, il peut augmenter le Smic et les salaires des fonctionnaires (dont les indices les plus bas, en catŽgorie C, sont en dessous du SMIC ! ). Mais on savait bien qu'il n'en avait aucunement l'intention.

Le drame ici, le vrai drame, et l'enjeu, le vŽritable enjeu, est l'incomprŽhension feinte ou dŽlibŽrŽ des mesures que Sarkozy a rŽellement annoncŽes jeudi soir.

"Le compte n'y est pas", dŽplore Montreuil (sige de la CGT). "Le compte n'y est pas", se lamente SolfŽrino (sige du PS). Il n'a pas ŽtŽ ˆ la hauteur, il aurait presque dŽu, rŽptent chefs et sous-chefs des partis et organisations de gauche. Alors le problme serait celui-lˆ : que Sarkozy n'essaye pas assez de faire remonter notre pouvoir d'achat ?

Soyons logiques : si ce n'Žtait que a, les choses n'iraient donc pas si mal  avec Sarkozy !

Ce qu'a annoncŽ rŽellement Sarkozy, c'est que pour soi-disant gagner plus, les salariŽs devraient travailler le dimanche (payŽ deux fois plus, soi-disant !), revendre leurs RTT non prises (en renonant donc ˆ les prendre un jour !) et surtout que des "accords majoritaires" dans les entreprises allaient permettre de suspendre toute application des 35 heures et de travailler plus, avec, bien sžr, des hausses de rŽmunŽrations correspondant ˆ ce travail supplŽmentaire ...

C'est trs prŽcis, ce qu'il a dit lˆ, Sarkozy. Pourquoi si peu d'analyses et d'explications exactes, ˆ gauche, ˆ l'extrme gauche et dans les syndicats, de ce ˆ quoi cela correspond rŽellement ?

 

Voici.

Les accords d'entreprises dŽrogeant aux conventions collectives de branches ont ŽtŽ rendus possibles par la loi Fillon -l'une des trois grandes lois Fillon des annŽes 2000, avec celle contre les retraites et celle contre l'Žcole- de fin 2003. La Lettre de Liaisons l'analysait ainsi en novembre 2003 :

Ainsi, paralllement ˆ l'attaque contre l'ŽgalitŽ devant la loi et contre les services publics, s'organise l'attaque contre le principe de faveur dans le droit du travail et contre les conventions collectives. "Territoires" et "entreprises" seraient les prisons des futurs sujets de la V” RŽpublique "dŽcentralisŽe" et "europŽanisŽe".

Ce que Sarkozy veut rajouter ˆ ce dispositif qui existe dŽjˆ, c'est d'une part son extension -car jusque lˆ il ne concernait pas la durŽe du travail- et d'autre part le fait qu'un "accord d'entreprise" puisse purement et simplement suspendre l'application de la loi.

La loi, c'est-ˆ-dire en l'occurrence non pas l'ensemble de la loi Aubry dite des 35 heures, mais son article 1”, seul ˆ constituer un acquis ouvrier, car il dŽfinit les 35h comme durŽe lŽgale hebdomadaire du travail d'ordre public.

Ces derniers mots sont importants. C'est la notion d'ordre public qu'il a fallu de tous temps opposer aux patrons qui veulent toujours, comme il le rŽptent sans arrt aujourd'hui, que l'on "travaille plus", c'est-ˆ-dire que l'on travaille plus pour eux. Ils disent, et Sarkozy rŽpte, qu'il y a des salariŽs qui voudraient bien travailler plus. C'est vrai, et l'ordre public s'adresse aussi ˆ eux, collabos, individualistes aveugles ou malheureux inconscients : en Angleterre au XIX” sicle, ou au Pakistan aujourd'hui devant les syndicats et les Žlus ouvriers qui rŽclament des lois d'ordre public rŽglementant et limitant la durŽe du travail, il y a toujours eu des patrons qui avaient des salariŽs "ˆ eux" voulant travailler plus ˆ prŽsenter pour dŽfendre leur cause, la cause de l'exploitation. De mme, l'interdiction du travail des enfants a dž, elle aussi, tre imposŽe, par disposition d'ordre public, aux patrons et ˆ ceux des salariŽs qui y trouvaient un avantage immŽdiat ou qui n'avaient pas le choix.

D'ailleurs, quand il parle de ces fameux salariŽs qui "veulent travailler plus", Sarkozy ne pense pas ˆ ceux qui ont rŽellement besoin de travailler plus : ni les ch™meurs, ni les caissires auxquelles on impose des temps partiels, ne sont concernŽs par ses propos ...

Il propose donc des nŽgociations d'entreprises qui, en matire de temps de travail, dŽrogeraient tant aux conventions collectives qu'ˆ la loi elle-mme.

Mesurons bien les choses. Ce ˆ quoi il s'agit de "dŽroger", ce n'est pas seulement "les 35 heures". C'est le principe mme de la limitation lŽgale du temps de travail qui est ici en cause. Sarkozy a donc bel et bien suivi les exigences de Mme Parisot, qui, entre deux coups de fil au ministre de la Justice pour s'assurer que son complice Gautier-Sauvagnac ne sera pas ŽcrouŽ (il Žchappe, lui, ˆ la comparution immŽdiate dŽvolue ˆ tout jeune qui ne courrait pas assez vite dimanche soir et lundi soir derniers ˆ Villiers-le-Bel !),  a pris le temps d'expliquer comment, selon elle, peut tre redressŽ le "pouvoir d'achat" : en supprimant toute limitation lŽgale ˆ la durŽe du travail.

Sarkozy n'abroge pas les lois, il permet de ne pas les appliquer quand cela convient aux patrons et ˆ des sections syndicales d'entreprises ˆ leur botte.

 

C'est donc une attaque centrale, fondamentale, que Sarkozy a annoncŽ dans son discours : la dŽrogation entreprise par entreprise ˆ toute limitation lŽgale de la durŽe du travail.

C'est ˆ relier au dŽtricotage du Code du travail dont la "rŽŽcriture" doit tre examinŽe par l'AssemblŽe nationale le mardi 4 dŽcembre.

A relier encore, ˆ l'intersection des attaques contre le salaire socialisŽ, la protection sociale et le droit ˆ l'assurance maladie, et du renforcement du pouvoir patronal, cette mesure inique "glissŽe" dans la loi de financement de la SŽcuritŽ sociale : un mŽdecin mandatŽ par l'employeur chez le salariŽ en arrt maladie aura le pouvoir de suspendre la totalitŽ de ses indemnitŽs journalires ...

 

Les choses sont donc en rŽalitŽ claires. Il conviendrait donc de les expliquer sans les obscurcir.

Deux mois viennent de s'Žcouler durant lesquels on nous a expliquŽ, dans les mŽdias, mais aussi dans les organisations syndicales, que "le privŽ" devait tre notre prŽoccupation, sous entendu qu'il ne fallait pas trop en faire pour la dŽfense des rŽgimes de retraites dits spŽciaux parce que soi-disant, les salariŽs du privŽ ne comprendraient pas bien, et qu'il y aurait de grandes luttes, sur le pouvoir d'achat notamment, en prŽparation pour l'annŽe prochaine dans le privŽ. Ce discours opposant en fait les salariŽs entre eux sous couvert de prendre en compte les intŽrts "du privŽ" est depuis longtemps en usage ˆ la CFDT, mais il est apparu cet automne, ˆ forte dose, ˆ la CGT bien qu'il ne plaise gure ˆ la base, du privŽ comme du public.

Mais maintenant nous y voila : il y a attaque frontale annoncŽe, par Sarkozy, avec celle sur les retraites, et en vue de prŽparer celle sur les contrats de travail, contre les salariŽs du privŽ, la grande majoritŽ du monde du travail.

Ce serait donc le moment d'expliquer, d'informer, d'alerter, pour associer, pour syndiquer, pour organiser, pour unir.

Ce serait donc le moment de mettre en discussion la nŽcessitŽ d'une riposte tous ensemble passant par la grve dans les entreprises -pas dans telle ou telle, mais dans des branches et des bassins d'emploi dans leur ensemble- arrtant la production. Arrter de raconter que c'est impossible ou difficile et s'en occuper, sŽrieusement.

Car le moment prŽsent n'est-il pas aussi le moment de la grve nationale, chaque week-end, des salariŽs de Conforama ? Le moment de la multiplication des grves pour les salaires ?

Tous ensemble : la mŽtallurgie, le textile, la plasturgie, le b‰timent, la santŽ privŽe, les services publics, les transports terrestres et aŽriens publics et privŽs, les fonctionnaires, les sans papiers, les ch™meurs ...

 

Voila ce qu'il faut faire, voila ce qu'il faut prŽparer, au lieu de se rendre ˆ la convocation de Sarkozy mi- dŽcembre pour appliquer son programme !

 

* * *

Mouvement Žtudiant et lycŽen : bilan d'Žtape.

 

Une dŽsinformation particulirement prononcŽe sŽvit ˆ propos du mouvement Žtudiant et lycŽen pour l'abrogation de la loi PŽcresse. Y compris parmi les militants et les groupes qui a priori sympathiseraient le plus avec ce mouvement, beaucoup croient, sur la base des informations superficielles distillŽes par les mŽdias nationaux, qu'il est minoritaire, que la coordination Žtudiante est une addition de groupuscules et que la masse des Žtudiants, sans tre pour la loi PŽcresse, a ŽtŽ prise de court par les "blocages" et veut avant tout aller en cours.

Cette description, est parfois exacte, dans telle ou telle universitŽ, notamment parisiennes, mais ˆ l'Žchelle nationale, elle est fausse : c'est un mouvement majoritaire dans des dizaines de facs, portŽ par des Žtudiants jeunes, qui ont souvent fait leurs "premires armes" en 2006 dans la lutte contre le CPE. Voila donc le premier clichŽ qu'il faut combattre : ce mouvement est majoritaire !

Mme quand il est majoritaire, le "blocage", c'est-ˆ-dire pour parler vrai le piquet de grve, est son moyen d'action naturel, car en l'absence de grve gŽnŽrale des profs il est nŽcessaire pour que la fac soit rŽellement en grve.

Son foyer, ce sont les assemblŽes gŽnŽrales. Les votes organisŽs par les prŽsidences d'universitŽ ont pour but de dessaisir les Žtudiants de leur propre mouvement tout en prŽtendant interdire des grves qui ne seraient pas prŽalablement approuvŽes par une majoritŽ. On reconna”tra lˆ l'enjeu de ce que nous combattons avec la loi anti-grve dans les transports terrestres. La lutte anti-grve de Sarkozy vise aussi les Žtudiants.

 

Le deuxime point capital ˆ comprendre concerne la rŽpression. On voudrait nous faire croire ˆ des violences isolŽes, lˆ o il y a des "bloqueurs" trop mŽchants ou trop bornŽs. Or, c'est ˆ une violence policire gŽnŽralisŽe, attaquant de prŽfŽrence non quand des groupes d'Žtudiants agissent, mais contre des masses pacifiques, que les jeunes sont confrontŽs. Les prŽsidents d'universitŽs et une grande partie de leurs acolytes dans les conseils d'administration sont demandeurs d'une telle violence. Celle-ci ne fait pas la une. Sarkozy a choisi son oeil crevŽ, les mŽdias nationaux aussi. Pourtant la blessure infligŽe par flashball par des policiers en action agressant au visage un groupe de jeunes ˆ Nantes indique bien ce qui se passe rŽellement. Attention, camarades de toutes gŽnŽrations, il y a tournant : c'est ˆ la mme violence policire que celle des annŽes Marcellin (ministre de l'IntŽrieur au dŽbut des annŽes soixante-dix, grand chasseur de "gauchistes") que la jeunesse est soumise aujourd'hui, mais la diffŽrence c'est qu'en ce temps lˆ il y avait de grandes ‰mes de gauche pour s'en indigner alors qu'aujourd'hui, on les laisse seuls !

 

Troisime remise nŽcessaire des points sur les "i" : la Coordination Žtudiante serait un repaire de "gauchistes" et l'UNEF ne pouvait pas aller dans cette galre. Faux : cette coordination, tirant implicitement plusieurs leons de celle qui s'Žtait formŽe contre le CPE, a ŽtŽ construite par des Žtudiants syndicalistes, pas seulement ˆ l'UNEF mais particulirement ˆ l'UNEF, notamment de son opposition syndicale de gauche, la TUUD (Tendance pour une Unef Unitaire et DŽmocratique), impulsŽe entre autres par des militants socialistes de l'OS (Offensive Socialiste) et communistes du groupe La Riposte. Ces camarades ont impulsŽ la mobilisation en fixant clairement la revendication : abrogation de la loi PŽcresse, et ils ont agit pour faire de la Coordination une reprŽsentation la plus large possible de tout le mouvement, intŽgrant en son sein les syndicats, et notamment le syndicat Žtudiant clef, l'UNEF, qui y ont leur place.

 

Alors, l'UNEF, justement ? HŽ bien, pour les experts en "ressources humaines" et "relations sociales" comme le conseiller de Sarkozy Raymond Soubie, nul doute que les deux actes clefs de ces dernires semaines, permettant ˆ leurs "rŽformes" de passer, ont ŽtŽ les suivants :

- la dŽcision annoncŽe publiquement pour mettre les cheminots et sa propre fŽdŽration devant le fait accompli, par Bernard Thibault, de nŽgocier sans le prŽalable du retrait de la contre-rŽforme Sarkozy des rŽgimes spŽciaux, la veille de la grve reconductible, le mardi 12 novembre aprs-midi,

- et la tentative de faire partir les reprŽsentants de l'UNEF de la Coordination Žtudiante, ˆ Lille le samedi 24 novembre.

Le Monde, LibŽration et le reste de la presse ˆ leur suite ont alors tentŽ de faire croire qu'il n'y avait plus de responsables de l'UNEF ˆ la Coordination, mais seulement des groupuscules. Le but de l'opŽration Žtait de diviser pour aider Julliard et son Žquipe ˆ briser la grve.

Car, dans la semaine qui a suivi, ce sont quelques dizaines de permanents qui  furent l‰chŽs par cette fine Žquipe pour tenter de faire cesser la grve ˆ tout prix. Soyons clairs : la lutte des Žtudiants et des lycŽens, aprs la fin de la grve des cheminots, n'est pas en mesure de continuer immŽdiatement son mouvement ascendant. Mais elle ne saurait accepter l'application de la loi PŽcresse et abandonner sa revendication, ce qu'exigeait la direction de l'UNEF, au compte du gouvernement. Ce faisant, elle a d'ailleurs ŽchouŽ et a plut™t suscitŽ les rŽactions de poursuite de la grve et des piquets de grve, contre elle. Elle s'est arc-boutŽe non seulement contre les Žtudiants, mais contre l'ensemble du monde universitaire o des organisations aussi diverses que le SNESUP, la Ligue des Droits de l'Homme, Sauvons la Recherche, ATTAC-Campus et la Jeunesse Ouvrire ChrŽtienne se sont toutes prononcŽes pour l'abrogation de la loi PŽcresse !

Aprs a, il n'est pas Žtonnant que Julliard soit compltement grillŽ et qu'il annonce son retrait de l'UNEF, vers une carrire municipale parisienne supposŽe. Mais cette orientation -refuser une revendication ŽlŽmentaire au motif qu'elle ne serait pas rŽaliste, calibrer les revendications sur la politique du gouvernement- et les mŽthodes qui vont avec -manipuler pour briser l'unitŽ Žtudiante, dispatcher ses Žmissaires pour casser la grve, le tout avec une grossiretŽ qui en dit long sur l'Žloignement de toute rŽalitŽ d'une petite Žquipe de jeunes bureaucrates- sont une orientation et des mŽthodes anti-syndicales qui menacent l'UNEF. L'UNEF, syndicat de tous les Žtudiants, doit vivre : sans ces mŽthodes et contre elles. Son avenir est ˆ la Coordination Žtudiante.

"Oui, mais, ouh la la, attention, Julliard est un socialiste de gauche, proche d'Emmanuelli ˆ ce qu'il para”t". Camarades socialistes de gauche, seule la vŽritŽ est, non seulement rŽvolutionnaire, mais mme simplement dŽmocratique : un jaune s'appelle un jaune, qu'il s'agisse de Manuel Valls, de Bernard Kouchner ou de Bruno Julliard. Dire la vŽritŽ, parce que les faits sont les faits, c'est le BA-ba pour tout militant. Invoquer le "gauchisme" pour la camoufler, c'est faire son lit.

 

Et maintenant ? A l'heure o sont Žcrites ces lignes, la Coordination se rŽunit ˆ Nantes, accueillie par une association gŽnŽrale de l'UNEF qui a continuŽ ˆ agir comme un syndicat. La Coordination prŽcŽdente a affirme que la place de l'UNEF est en son sein, dans le combat pour l'abrogation de la loi PŽcresse. Elle a lancŽ des propositions : journŽe nationale de solidaritŽ avec les sans-papiers le 3 dŽcembre, mobilisation interprofessionnelle le 4 dŽcembre, au delˆ desquelles il lui faut trouver un "pont" pour tenir jusqu'ˆ la nouvelle Žtape qui n'en doutons pas aura lieu durant cette mme annŽe sociale, scolaire et universitaire ...

* * *

Le billet de nos camarades de la section PCF de La Seyne sur Mer

 

Ē TransparenceÉ

Grands patrons, ˆ combien se montent leur retraite ! Č

 

Il faut savoir que les patrons des grandes entreprises bŽnŽficient bien souvent de systmes de retraites supplŽmentaires. FinancŽs entirement par lÕentreprise, ces rŽgimes trs spŽciaux peuvent atteindre 3 millions dÕeuros. Avec la Ē Gazette Seynoise Č, dŽcouvrez combien gagnent les grands patrons ˆ la retraite et combien ceux qui sont encore en activitŽ peroivent !

 

Ouvrons le dossier : il y a de quoi mŽditer !

 

1) Lindsay OWEN-JONES, PDG de chez lÕOrŽal :

Cumul 36 ans dÕanciennetŽ : il touche une retraite de 3,4 millions dÕeuros par an. PDG ˆ la retraite devenu prŽsident du conseil dÕadministration, il gagne en plus entre 2 et 3,5 millions dÕeuros en 2007 !

 

2) Louis SCHWEIZER : il ne peroit pas encore sa retraite car il a pris les fonctions de prŽsident du conseil dÕadministration. Il reoit de la part de la sociŽtŽ Renault une rŽmunŽration fixe de 900 000 euros destinŽs ˆ compenser lÕabsence de versement de sa pension. RŽmunŽration 1,1 million euros en 2006 !

 

3) Martin BOUYGUES : fils du fondateur du group BOUYGUES, administrateur depuis 1982. A partir de cette date, lÕentreprise a commencŽ ˆ cotiser pour le rŽgime de retraite additive. Avec sa rŽmunŽration actuelle (2,3 millions dÕeuros) dŽpart en retraite ˆ 65 ans en 2017. Il aura droit ˆ une pension de 740 000 euros par an.

 

4) No‘l FORGEAT : son licenciement en juillet 2007 lui a permis de toucher une indemnitŽ de 8,6 millions dÕeuros. No‘l FORGEAT a aussi ouvert aprs 8 ans passŽs dans les instances dirigeantes du group EADS des droits ˆ un rŽgime de retraite complŽmentaire. AgŽ de 60 ans il bŽnŽficie dÕune pension qui sՎlve ˆ 1,1 millions dÕeuros.

 

5) Arnauld LAGARDERE : membre du comitŽ exŽcutif du groupe Žponyme, il bŽnŽficie aussi du rŽgime de retraite supplŽmentaire. RŽmunŽration 2006 : 1,9 million dÕeuros. A 65 ans, il aura dŽpassŽ la limite maximale de cotisation fixŽe ˆ 20 ans. Il touchera 560.000 euros par an revalorisŽs au fil des annŽes.

 

6) Bernard COLLOMB : jeune retraitŽ de la prŽsidence du groupe LAFARGE, il peroit une retraite complŽmentaire allŽgrement supŽrieure ˆ 1 million dÕeuros par an. Ce montant correspond pourtant ˆ un plafond et sans cela lÕancien patron du groupe cimentier aurait pu prŽtendre ˆ une retraite de prs de 1,5 millions dÕeuros par an.

 

7) Antoine ZACHARIAS : il a quittŽ Ē VINCI Č en 2006. PoussŽ vers la sortie il avait touchŽ une indemnitŽ de dŽpart ˆ la retraite de 12,8 millions dÕeuros. Par ailleurs le rŽgime spŽcifique de retraite dont il bŽnŽficie lui verse annuellement une rente qui sՎlve ˆ 2 millions dÕeuros ˆ lÕage de 68 ans.

 

8) Jean Cyril SPINETTA : ˆ la tte dÕAir France depuis 10 ans. Il bŽnŽficie du rŽgime particulier attribuŽ aux cadres dirigeants de la compagnie aŽrienne. Si Cyril SPINETTA partait en retraite actuellement, il partirait avec 442.000 euros par an. Mais comme sa rŽmunŽration augmente chaque annŽe, ce montant prŽvu va probablement continuer ˆ cro”tre. RŽmunŽration 2006 : 1,2 millions dÕeuros par an.

 

9) Henri de CASTRIES : patron des mieux payŽs du CAC 40. En tant que cadre dirigeant dÕAXA lorsquÕil prendra sa retraite il touchera prs de 1,2 millions dÕeuros par an. Actuellement vice-prŽsident du directoire, sa rŽmunŽration 2006 atteint 3,8 millions dÕeuros.

 

10) Claude BEBEAR : retraitŽ de la compagnie dÕassurance AXA. Il a peru en 2006 433.766 euros au titre des engagements de la part dÕAXA. Celui qui occupe la fonction de prŽsident au conseil de surveillance a gagnŽ 125.500 euros de jetons de prŽsence par an. Il possde en outre plus de 2,6 millions dÕactions AXA.

 

11) Franck RIBAUD : fils du fondateur de DANONE. PDG depuis 1996, il bŽnŽficie dÕun rŽgime de retraite maison. RŽmunŽration 2006 : 2,6 millions dÕeuros. Dans lÕhypothse o ses revenus nՎvolueraient pas, il percevra une retraite de 1,6 millions dÕeuros par an.

 

12) Jean Franois DEHECQ : PDG de la sociŽtŽ SANOFI-AVENTIS. Ce groupe pharmaceutique finance un rŽgime de retraite supplŽmentaire destinŽ ˆ ce cadre supŽrieur. Mme si ce PDG est encore loin de pouvoir prendre sa retraite, sa pension pourrait atteindre 1,3 millions dÕeuros par an. RŽmunŽration 2006 : 3,6 millions dÕeuros.

 

13) Beno”t POTIER : PDG dÕAir Liquide. RŽmunŽration 2006 : 2,32 millions dÕeuros. Si son niveau de rŽmunŽration actuel nÕaugmente pas dÕici lˆ, sa retraite dŽpasserait aujourdÕhui 832 000 euros par an.

 

14) Jean Martin FOLZ : PDG de la sociŽtŽ PSA. En retraite depuis mars 2007, il bŽnŽficie dÕune convention dÕassurance collective qui complte les systmes obligatoires et conventionnels. Sa pension de retraite sՎlve ˆ 800 000 euros par an.

 

Les nantis, ce sont eux ces privilŽgiŽs qui bŽnŽficient des largesses de leurs sociŽtŽs, groupes et pouvoirs financiers.

 

Ces gens se sucrent sur le dos des retraitŽs, des salariŽs et des ch™meurs, tous ceux qui crŽaient les richesses de la Nation.

 

Pour Eux pas de rŽforme de retraite, pas de mise ˆ plat ! Cela ferait trs mauvais effet.

 

Pour Nicolas SARKOZY, tout ˆ leurs services, que vous soyez puissants ou misŽrables, dŽpendra votre montant de retraite.

 

De quoi mŽditer sur lÕurgence de se dŽbarrasser de ce rŽgime monarchiqueÉ Et de prendre de nouvelles bastilles !

 

Louis BLANC, Christian BARLO, Joseph PENTAGROSSA, Militants communistes.

Zone de texte:  Site Seynois Communiste : http://www.gazette.shweb.fr/

 

* * *

 

Documents.

 

DŽclaration de l'union CGT de la MŽtallurgie du Jura.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                SI NOUS NE VOULONS PAS PERDRE TOUS NOS ACQUIS,

IL FAUT STOPPER SARKOZY !

 

POUR CELA, IL FAUT SE RASSEMBLER, AGIR,

PRƒPARER UNE MOBILISATION UNIE DE TOUS LES TRAVAILLEURS !

 

LÕUnion des Syndicats des Travailleurs de la MŽtallurgie CGT du Jura salue les cheminots, les agents de la RATP et dÕEDF pour avoir menŽ une grve massive, dŽterminŽe et courageuse contre la casse de leurs rŽgimes de retraite, malgrŽ le dŽluge de mensonges et de calomnies dŽversŽs par les mŽdias et le gouvernement Sarkozy. LÕUSTM-CGT 39 salue la grve nationale des Žtudiants, dŽsormais rejoints par les lycŽens, qui bloquent leurs universitŽs pour obtenir lÕabrogation de la loi LRU (loi de privatisation des universitŽs et de prŽcarisation des personnels). LÕUSTM-CGT 39 se rŽjouit du succs de la grve et des manifestations du 20 novembre dans la Fonction publique et dans certains secteurs du privŽ pour lÕaugmentation des salaires. LÕUSTM-CGT 39 salue Žgalement les collgues mŽtallos de PSA-Sevelnord qui, comme ceux de PSA-Aulnay au dŽbut de lÕannŽe, ont fait grve pendant plusieurs jours pour exiger eux aussi des augmentations de salaires.

 

Toutes ces luttes posent la question de leur convergence : si les travailleurs ne sÕunissent pas contre Sarkozy, ils vont perdre leurs acquis les uns aprs les autres et toutes les conqutes collectives seront liquidŽes. SÕils sÕunissent, leur nombre fera leur force et il sera possible de stopper la politique de Sarkozy, de le vaincre. La politique de Sarkozy, tout entire au service du grand patronat, forme un tout cohŽrent : il a planifiŽ une attaque globale contre les ouvriers et tous les travailleurs ! Il faut donc combattre pour rŽaliser une mobilisation dÕensemble de tous les travailleurs et les jeunes, pour la grve interprofessionnelle.

 

LÕUSTM-CGT 39 propose donc ˆ ses syndicats, aux travailleurs de la mŽtallurgie et ˆ tous les autres salariŽs dÕouvrir la discussion sur les revendications collectives et sur la faon de mener le combat pour gagner :

 

„ Pour lÕaugmentation gŽnŽrale des salaires : 300 euros pour tous tout de suite ! Le SMIC ˆ 1 500 euros nets ! Pour cela, il faut imposer au patronat quÕil rende aux salariŽs du privŽ une partie de ses profits gigantesques (100 milliards lÕan dernier rien que pour les 40 plus grosses entreprises franaises !). Et il faut imposer au gouvernement quÕil rende les 15 milliards donnŽs sous forme de cadeaux fiscaux aux mŽnages les plus riches et les 30 milliards de cotisations sociales dont il exonre les patrons : ces 45 milliards permettraient de crŽer des postes, de titulariser les prŽcaires et dÕaugmenter les salaires dans la Fonction publique !

 

„ Pour la dŽfense des rŽgimes spŽciaux de retraite, contre tout allongement de la durŽe de cotisations, pour le retour aux 37,5 pour tous et le droit ˆ la retraite ˆ 60 ˆ taux plein, ˆ 55 ans pour les travaux pŽnibles et la production. Ne nous laissons pas diviser par le gouvernement et les mŽdias entre les salariŽs qui bŽnŽficient encore des 37,5 annuitŽs et ceux qui les ont perdues, entre les salariŽs du public et ceux du privŽ, entre travailleurs franais et immigrŽs ! Ce que veut le gouvernement, cÕest allonger la durŽe de cotisation pour tous les salariŽs. Cela reviendrait ˆ rŽduire les retraites de ceux qui partiront quand mme ˆ 60 ans, ou alors ˆ nous faire trimer de plus en plus vieux, alors que le ch™mage frappe dŽjˆ des millions de travailleurs et notamment les jeunes !

 

„ Contre la privatisation de la SŽcuritŽ sociale et les franchises Ē mŽdicales Č (nouvelle taxe sur les soins et les mŽdicaments). La SŽcuritŽ sociale doit assurer la solidaritŽ entre les salariŽs et entre les gŽnŽrations : sa vocation nÕest pas dՐtre rentable. Les malades ne sont pas des coupables : notre droit ˆ la santŽ doit tre dŽfendu !

 

„ Contre la prŽcaritŽ : pour lÕabrogation des lois qui autorisent la prŽcaritŽ, Contre toute remise en cause de notre code du travail  et du contrat de travail ˆ durŽe indŽterminŽe (projet du MEDEF et de Sarkozy).

 

„ Pour le rŽtablissement des 22 000 emplois de fonctionnaires liquidŽs dans le Budget de 2008 et des 25 000 postes supprimŽs au cours des cinq annŽes prŽcŽdentes. Ces postes sont nŽcessaires pour rŽtablir des conditions de travail dŽcentes pour les personnels et pour assurer un service public de qualitŽ.

 

Pour le maintien de notre industrie. Interdisons les licenciements et  les dŽlocalisations !

 

„ Contre toute remise en cause des statuts de la Fonction publique. Ces statuts ne sont pas des privilges, mais les garants dÕune ŽgalitŽ de traitement sur tout le territoire et de la qualitŽ du service public, quÕil faut dŽfendre contre toutes les privatisations.

 

„ Contre la loi PŽcresse qui vise ˆ privatiser les UniversitŽs, ˆ aggraver lÕinŽgalitŽ entre les facultŽs, ˆ gŽnŽraliser la prŽcaritŽ et ˆ introduire la sŽlection de nos enfants ˆ lÕUniversitŽÉ

 

„ Contre toute remise en cause du droit de grve : abrogation de la loi sur le Ē service minimum Č ! Le patronat et le gouvernement voudraient nous priver de lÕarme de la grve car elle nous permet de combattre de manire efficace, en stoppant la production et en crŽant un rapport de force !

 

„ Contre la traque des sans-papiers, contre les tests ADN et les lois anti-immigrŽs (Hortefeux, CESEDAÉ). Les immigrŽs ont le droit ˆ la dignitŽ, les sans-papiers et leurs enfants nÕont pas ˆ vivre avec la peur au ventre permanente pour servir de boucs Žmissaires ˆ la politique du gouvernement. Tous les salariŽs doivent tre solidaires de leur lutte pour la rŽgularisation et pour une vie dŽcente en France.

 

Retrait de la carte judiciaire imposŽe par le gouvernement qui permettra la suppression et lՎloignement des diffŽrentes juridictions.

 

Pour gagner tous ensemble sur ces revendications et sur les autres, lÕUSTM-CGT 39 estime quÕil nÕy a pas dÕautre solution que dÕutiliser les mŽthodes de lutte traditionnelles du syndicalisme de classe et de masse, car ce sont ces mŽthodes qui ont permis aux gŽnŽrations prŽcŽdentes dÕarracher les acquis sociaux :

 

Pour la clartŽ des revendications, contre la prŽtendue Ē nŽgociation Č des reculs sociaux ;

Pour lÕarme de la grve dŽterminŽe, contre la tactique des Ē journŽes dÕaction Č sans lendemain ;

Pour le contr™le des travailleurs sur leur mobilisation, par des AssemblŽes gŽnŽrales inter-catŽgorielles de site, lՎlection de comitŽs de grve rŽvocables et leur coordination ˆ tous les niveaux ;

Pour la convergence des luttes et pour la grve interprofessionnelle, qui passe par la liaison des travailleurs des diffŽrentes catŽgories et des diffŽrents secteurs, contre lÕisolement service par service, entreprise par entreprise, catŽgorie par catŽgorie.

 

CÕest sur cette base que lÕUSTM-CGT 39 propose de convoquer dans les entreprises o ses syndicats interviennent des rŽunions de travailleurs pour discuter de la situation et construire la rŽsistance. CÕest sur cette base quÕelle propose aux autres syndicats, ˆ commencer par ceux de la CGT, de convoquer des rŽunions de rencontre interprofessionnelles dans les villes du dŽpartement, afin de commencer ˆ nouer les relations nŽcessaires entre travailleurs et jeunes prts ˆ combattre pour gagner contre Sarkozy.

 

UNION DES SYNDICATS DES TRAVAILLEURS DE LA METALLURGIE DU JURA

76, rue Saint DŽsirŽ - 39000 Lons le saunier.

TŽl. Port. : 06.22.67.44.91  Mail: ustm39@yahoo.fr

* * *

 

CommuniquŽ de Marc Dolez, dŽputŽ socialiste de Douai (Pas-de-Calais),

27 novembre 2007.

 

Le forum organisŽ par Ē Maintenant ˆ gauche ! Č, le 24 Novembre ˆ Paris, a ŽtŽ dÕun grand intŽrt.

Les dŽbats ont confirmŽ lÕobjectif, largement partagŽ, de faire converger lÕensemble de la gauche de transformation sociale.

Dans cette perspective, il a ŽtŽ notamment convenu :

- dÕorganiser en 2008 des Etats GŽnŽraux de toutes les forces de transformation sociale et de mettre en place un comitŽ unitaire de prŽparation qui garantisse le pluralisme et lÕouverture de cette grande initiative.

- dÕinitier partout des espaces des dŽbats avec le type de dŽmarche que Ē Maintenant ˆ gauche ! Č a mis en Ļuvre pour ce forum.

- de saisir toutes les occasions de mobilisation sociale pour proposer et dŽbattre des alternatives nŽcessaires et de faire de la campagne pour lÕexigence dÕun rŽfŽrendum sur le nouveau traitŽ europŽen un axe fort de lÕaction commune de la gauche de transformation.

Avec ces propositions, il nous appartient dŽsormais de crŽer la dynamique permettant de rŽunir les conditions pour la construction dÕune nouvelle force politique ˆ gauche.

Pour ma part, jÕentends mÕy impliquer pleinement.

Ci-aprs le texte de mon intervention lors de ce forum.

"Mes chers camarades,

Pour rentrer immŽdiatement dans le vif de mon propos, je dirai quÕil y a urgence ˆ enclencher le processus de construction dÕune nouvelle force politique ˆ gauche, urgence dictŽe ˆ la fois par la situation politique et sociale, dont nous partageons largement lÕanalyse, et par lՎtat actuel de la gauche.

La construction de cette nouvelle force politique est en effet indispensable pour porter le projet de transformation sociale, que je crois aussi nous appelons largement de nos vĻux, pour imposer majoritairement ˆ gauche la rupture avec toutes les politiques Žconomiques menŽes depuis 25 ans, c'est-ˆ-dire depuis le tournant libŽral de 1983.

Avant de sÕavoir avec qui construire cette nouvelle force, il faut dÕabord rŽpondre ˆ la question : pour quoi faire ?

Nous y avons rŽpondu pour lÕessentiel dans le courant de la journŽe, ce qui exclut de construire une chapelle de plus tout comme lÕidŽe dÕun parti de toute la gauche qui irait des communistes au Modem !

Cette nouvelle force a donc vocation ˆ rassembler toutes les forces de la transformation sociale, qui peuvent venir dÕhorizons diffŽrents : rŽpublicains, communistes, Žcologistes, altermondialistes, fŽministesÉ et bien sžr socialistes.

A cet Žgard, et sÕil Žtait besoin de vous rassurer, je vous indique quÕau Parti Socialiste il y a beaucoup de militants qui ne se rŽsignent pas et qui ne renoncent pas, beaucoup de militants qui veulent lutter contre le capital et son systme.

SÕils nÕont pas encore renoncŽ ˆ se battre ˆ lÕintŽrieur du Parti Socialiste, beaucoup, dont je suis, ne se font plus gure dÕillusions sur la possibilitŽ dÕenrayer sa mutation en parti dŽmocrate et la possibilitŽ de le replacer au cĻur de la gauche.

Pour rŽussir la construction de cette nouvelle force politique, la participation de socialistes, aux c™tŽs de beaucoup dÕautres, est absolument indispensable, comme cela a ŽtŽ le cas, il y a 2 ans, dans la bataille du non au T.C.E.

Construire cette nouvelle force cÕest en rŽalitŽ refuser le bipartisme actuel : nous le constatons aujourdÕhui de manire affligeante, que cela soit sur les retraites, lÕuniversitŽ et le traitŽ europŽen, UMP et PS sont dÕaccord sur le fond, mise ˆ part la mŽthode !

Nous, nous affirmons que droite et gauche ont de profondes divergences sur le fond.

Il y a urgence ˆ engager le processus car la situation lÕexige et cÕest pourquoi je ne pense pas quÕil faille attendre davantage pour en afficher clairement la perspective et prendre des initiatives en ce sens.

Attendre dÕavantage ne faciliterait rien, car il y aura toujours une bonne raison dÕattendre : une ŽchŽance Žlectorale, le congrs de telle ou telle organisation.

Cela pourrait tre lÕune des conclusions de notre journŽe, nous pourrions par exemple dŽcider de lÕorganisation dÕEtats GŽnŽraux de la gauche pour la transformation sociale et ce ds le printemps 2008.

Dans la pŽriode qui vient, il importe aussi de jeter les bases de cette nouvelle force en menant ensemble la bataille pour lÕexigence dŽmocratique du rŽfŽrendum et refuser que la souverainetŽ populaire soit bafouŽe. Dans le dŽbat sur lÕavenir des retraites, nous devrions ensemble rŽcuser lÕidŽe de devoir travailler plus longtemps et plaider pour un alignement par le haut.

Le parti que nous avons ˆ construire doit tre ˆ la fois celui de la protestation et de la proposition.

CÕest notre responsabilitŽ collective, une responsabilitŽ historique, que de participer ˆ cette construction. Si non, qui dÕautre le fera ?

Parce que cette perspective rŽpond ˆ une aspiration profonde de notre peuple, nous allons la concrŽtiser. Alors, au travail ! "

* * *

 

Maroc : des syndicalistes UMT de la SociŽtŽ Dihanex jugŽs par le tribunal Premire Instance ˆ Casablanca.

CommuniquŽ de lÕunion rŽgionale des syndicats UMT- RABAT-SAL E -TEMARA.

 

Au mois de septembre 2006, le bureau syndical en reprŽsentation des travailleurs de la SociŽtŽ Dihanex dŽdiŽ ˆ la fabrication de tapis avait dŽposŽ le son cahier revendicatif pour lÕapplication du code de travail ; lÕanciennetŽ ; la dŽclaration de la totalitŽ des journŽes de travail ˆ la CNSS (Caisse Nationale de la SŽcuritŽ Sociale) ; lՎlections des dŽlŽguŽs de personnel ; un comitŽ dÕentreprise ; un comitŽ dÕhygine et de sŽcuritŽ ; et le respect de nombre dÕheures de travail.

 

Au cours des premiers mois de 2007, plusieurs rencontres ont ŽtŽ effectuŽes au niveau de lÕinspection de travail et au sein de la prŽfecture dans le cadre de la commission prŽfectoral, sans rŽsolution du problme ˆ cause refus de patron lÕapplication de la loi.

 

En mars 2007, le patron ferma lÕusine. Au moment de la fermeture, des arriŽrŽs de salaire restaient impayŽs pour la pŽriode entre mai 2005 et mai 2007.

 

Les ouvriers ont alors eu recours a la justice pour le reliquat des salaires, et le tribunal a donnŽ cause et jugŽ la restitution de 250.000.00 dh. Une vente aux enchres Žtant prŽvue pour le mois de novembre, le patron procŽda ˆ transfŽrer les outils de travail ˆ lÕaide de la police locale. Le 15 novembre, le patron escortŽ par une trentaine dÕagents de sŽcuritŽ et des chiens ont matraquŽ les ouvriers et ouvrires qui ont ŽtŽ devant lÕusine.

 

La police a ensuite dŽtenu trois dirigeants, les accusant dÕactes dŽplaisants ˆ lÕencontre de lÕentreprise suite a un article 288 du Code PŽnale. Les dirigeants en question qui seront jugŽs demain devant le tribunal de Premire Instance de Casablanca sont :

 

- Larbi Riyach, SecrŽtaire gŽnŽral du Bureau Syndical ; 

- Houssine Oulad Abou, SecrŽtaire gŽnŽral adjoint ;

- Mohamed Hanfi, membre du Bureau Syndical.

 

LÕaction de la compagnie en demandant lÕintervention de la police pour empcher les dŽmarches lŽgitimes des ouvriers pour dŽfendre leurs droits est inacceptable.

 

Le 21/11/2007, la cour de premier instance de Casablanca, la premire fois dans lÕhistoire des conflits sociaux a donnŽe un grave verdict (1 ans de prison ferme et des dommages pour la sociŽtŽ plaignante de 1.000.000.00 dhs), un jugement qui va a lÕencontre des aspirations des travailleurs attendant la justice de leurs cause et qui militent pour dŽfendre leurs droits lŽgitimes surtout le droit syndical et leurs salaires reconnues par le tribunal.

Un jugement qui nÕa jamais ŽtŽ prononcŽ auparavant.

   

Nous vous prions donc dÕintervenir afin que les autoritŽs assurent leur mise en libertŽ immŽdiate et renoncent aux plaintes ˆ leur encontre.

Ministre de Justice : fax 212/37723710

Ministre de Travail : fax 212/37768881

Ministre de lÕIntŽrieur : fax 212/37767404


Repres :

UMT : L'Union Marocaine du Travail, est une organisation syndicale marocaine fondŽe en mars 1955 ˆ Casablanca avant lÕindŽpendance du Maroc.

Sur le Web : www.umt-usf.com

 

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