Lettre de liaison N¡ 51 du
dimanche 1er mars 2009
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la
dire. Jean Jaurs.
ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de
Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois
CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul
ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94)
Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU
(75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)
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Sommaire :
Vive
la lutte des travailleurs des Antilles ! DŽclaration de l'UR de Rabat de l'UMT
Editoirla
: Lyannaj Kont Pwofitasyon et nous.
Appel
au 19 mars 2009 des organisations syndicales.
CommuniquŽ
du Collectif national pour un front syndical de classe.
CommuniquŽ
de la Coordination nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 19 fŽvrier.
CommuniquŽ
du SNESUP-FSU.
Crise
: vers la deuxime phase ? Par VP.
Madagascar
: articles de Gisle Rabasahale, secrŽtaire gŽnŽrale de l'AKFM.
Note
de lecture de JF Chalot
* * * *
Vive la lutte des
travailleurs des Antilles !
LÕUnion RŽgionale U.M.T. de Rabat,SalŽ et Temara affirme
sa solidaritŽ entire avec la lutte des travailleurs et travailleuses de
Guadeloupe et de Martinique qui luttent contre la vie chre et pour la
suppression des inŽgalitŽs entre les Antilles et l'Hexagone.
LÕUR-U.M.T. de Rabat, SalŽ et Temara est totalement
solidaire des camarades des Antilles et de lÕaction de tous les travailleurs et
les travailleuses en lutte qui dans les entreprises du privŽ se battent
quotidiennement face ˆ lÕarbitraire patronal, pour la dignitŽ des travailleuses
et des travailleurs, quel que soit leur pays ou leur origine.
Et
nous condamnons Žnergiquement la mort dÕun militant syndical de la C.G.T.G.
dans la nuit du 17 au 18 fŽvrier 2009. Cette guerre anti-syndicale s'inscrit
dans une offensive capitaliste gŽnŽrale qui requiert une large solidaritŽ
ouvrire et progressiste.
Recevez,
cher (e)s camarades nos fraternelles salutations syndicalistes et militantes.
Le
syndicat marocain U.M.T. en bref : UMT, Union Marocaine du Travail, est une
organisation syndicale marocaine fondŽe en mars 1955 ˆ Casablanca avant
lÕindŽpendance du Maroc. www.umt-usf.com
* * * *
Lyannaj Kont
Pwofitasyon et nous.
Une bataille extrmement dure, et
qui n'est pas finie, a ŽtŽ menŽe par les travailleurs de la Guadeloupe. Ses
enseignements sont trs importants pour tous les travailleurs.
1.
Remarquons en premier lieu cette
rŽticence ininterrompue des mŽdias franais ˆ nommer cette organisation. Il
leur en a fallu du temps, pour accepter de laisser savoir que la grve gŽnŽrale
Žtait menŽe par un regroupement de tous les syndicats avec quantitŽs
d'association et, ˆ partir de lˆ, une organisation directe sur les lieux de
travail, les noeuds routiers et logistiques, composŽ de militants, de
travailleurs, de citoyens volontaires, reprŽsentant le collectif. Il leur en a
fallu du temps pour nous dire comment celui-ci s'appelle et ce que cela veut
dire. Ici mme, nous nous sommes un tout petit peu fait avoir : nous avons
repris la traduction "collectif contre l'exploitation outrancire".
Mais pourquoi "outrancire" ? Pourquoi ce plŽonasme ? L'exploitation
de l'homme par l'homme n'est-elle pas outrancire par dŽfinition ? En crŽole,
ce mot aurait le sens d' "abus", mais d'abus hŽlas ordinaire,
quotidien, que l'on considre comme "normal" en temps ordinaire et
dont on dŽcouvre qu'il est inadmissible lorsque se produit une prise de
conscience collective. Alors pourquoi ne pas traduire ce mot, le crŽole et le
franais Žtant des langues sÏurs, par le nŽologisme qu'il inspire : la
"profitation", c'est-ˆ-dire la formation de profit, autrement dit le
prŽlvement collectif du profit capitaliste sur l'ensemble du monde du travail
? En s'en prenant directement non "aux profits" en gŽnŽral, non aux
seuls "profits spŽculatifs et financiers" comme on l'entend souvent,
mais ˆ la formation du profit, le collectif a dŽsignŽ pour tous les
GuadeloupŽens, pour tout le monde du travail en France, pour tous les
travailleurs du monde, l'exploitation capitaliste comme LE problme. Merci
camarades. Non au capitalisme, c'est-ˆ-dire non ˆ la profitation !
2.
Ce collectif, qui s'est formŽ
avant la grve gŽnŽrale pour dŽposer les revendications et pour organiser la
lutte, a donc dŽveloppŽ des ramifications partout. Gr‰ce ˆ la prŽsence d'une
Žquipe dirigeante ayant dŽfini clairement les revendications et les mŽthodes,
avec dŽtermination, le collectif n'est pas restŽ un cartel d'organisations mais
est devenu dans le cours de la lutte l'organe vivant du peuple. C'est aussi
comme cela que les travailleurs des petites et moyennes entreprises, pas plus syndiquŽs
au dŽpart lˆ-bas qu'ici, ont ŽtŽ entrainŽs, non boites par boites, mais tous
ensemble, comme participants actifs du mouvement. Lyannaj Kont Pwofitasyon est
donc en ce sens le soviet de la Guadeloupe, si l'on veut, ou la Commune, sous
une forme qui Žvoque plus prŽcisŽment les conseils catalans et espagnols de
1936 en ce sens que c'est le regroupement des syndicats, sous l'impulsion du
plus radical d'entre eux, l'UGTG (Union GŽnŽrale des Travailleurs GuadeloupŽens
d'Elie Domota) qui en a ŽtŽ le noyau, mais qui a inventŽ des formes nouvelles
en agrŽgeant les associations et aussi les groupes culturels, dont Akiyo, dont
faisait partie le camarade assassinŽ Jacques Bino.
L'unitŽ
a donc
ŽtŽ rŽalisŽe par l'organisation commune de la base, la diversitŽ syndicale dans
ces conditions, soumise ˆ la pression et ˆ la surveillance constantes des
travailleurs et des habitants mobilisŽs. En mŽtropole on nous explique que
l'unitŽ est indispensable pour qu'il y ait des 29 janvier et que l'unitŽ
justifie des positions a minima qui ne demandent mme plus d'augmentation des
salaires. En rŽalitŽ les dirigeants sont unis pour utiliser leurs divisions et
mener le "dialogue social" avec Sarkozy ! C'est l'unitŽ par en bas et
de bas en haut qui a ŽtŽ imposŽe ˆ la Guadeloupe. Mais est-ce que la mme unitŽ
n'existe pas dŽjˆ ˆ la base ici dŽs maintenant ?
S'il
est difficile de dire ce que le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon deviendra
aprs la grve gŽnŽrale, il est comprŽhensible que Elie Domota dŽclare que le collectif
continuera, car pour la grande majoritŽ des GuadeloupŽennes et des
GuadeloupŽens, il est leur vŽritable reprŽsentation, bien plus que le conseil
gŽnŽral et le conseil rŽgional qui ont d'ailleurs, de fait, reconnu la
lŽgitimitŽ, on pourrait dire la souverainetŽ, de Lyannaj Kont Pwofitasyon.
3.
Parce qu'il est l'organe de la
classe ouvrire, le collectif LKP est le reprŽsentant du peuple guadeloupŽen. Les
couches qui n'ont pas d'emploi, la jeunesse en dŽshŽrence, soit y sont
reprŽsentŽs, soit le respectent ŽnormŽment. Une trs grande partie des petits
patrons, employeurs, petits commerants, artisans, petits mŽtiers, pompistes et
travailleurs indŽpendants y sont reprŽsentŽs eux aussi; Certes, ils ont eu des
Žtats d'‰me : si ces couches sociales avaient dirigŽ le mouvement, d'une part
il se serait probablement dispersŽ, Žventuellement dissipŽ dans des actions
violentes, et en mme temps la fermetŽ sur la revendication salariale n'aurait
pas ŽtŽ ce qu'elle est. Mais ces couches sociales ont majoritairement, quelles
que soient les rŽserves exprimŽes par certains (et dont la qute a ŽtŽ la
principale occupation de quelques journalistes franais mŽtropolitains envoyŽs
uniquement pour a, pour trouver le petit employeur victime de l'arrt des
affaires), reconnu la direction de la classe ouvrire ˆ travers le collectif.
D'ailleurs, les GuadeloupŽens ne
sont pas sans fruits, sans lŽgumes et sans poissons pendant et depuis ces
semaines de grve gŽnŽrale : petits paysans, marins pŽcheurs et ramasseurs
divers ont participŽ en masse au mouvement en nourrissant grŽvistes et
population.
4.
Cette capacitŽ a regrouper et ˆ
reprŽsenter le peuple, parce qu'il a ŽtŽ construit et imposŽ par l'action
directe de la classe des salariŽs, est aussi illustrŽe par le soutien enthousiaste
des intellectuels, potes et artistes,
Le "manifeste des neuf"
dit "pour les produits de premire nŽcessitŽ", au nombre desquelles
la poŽsie, lancŽ par neuf Žcrivains antillais qui reprŽsente la littŽrature
franco-antillaise d'aujourd'hui, largement publiŽ par la presse de gauche en
France, en est une des illustrations. Ce sont de fortes traditions culturelles
et intellectuelles qui se sont mobilisŽs dans la grve gŽnŽrale de la
Guadeloupe et dans celles de la Martinique, de la Guyane et de la RŽunion, des
Antilles aux Mascareignes. Et qui se ressourcent, se renouvellent et apportent
leur propre sve rŽgŽnŽrŽe au creuset de la grve gŽnŽrale, action commune et
vie active des exploitŽs et des opprimŽs.
5.
L'insistance mise en France tant™t
ˆ dire que les GuadeloupŽens, Martiniquais et Guyanais veulent simplement tre
traitŽs comme des citoyens de la rŽpublique franaise et en mme temps que
leurs revendications sont spŽcifiques et renvoie au passŽ esclavagiste et
colonialiste, bien qu'elle mette le projecteur sur des rŽalitŽs, n'est souvent
pas innocente.
Car
on voudrait ainsi, avec le sentiment de la distance, nous instiller l'idŽe que
ce serait un mouvement spŽcifique, particulariste, avec lequel les
revendications en France n'auraient que peu ˆ voir, ce que tout contredit : 200
euros de plus par mois est une revendication immŽdiate qui vaut aussi pour tous
les bas salaires franais, et avec elle un SMIC net ˆ 1500 euros, le blocage
des prix alimentaires et ŽnergŽtiques et des loyers, et la hausse gŽnŽralisŽe
des salaires, retraites, pensions et minima sociaux. Les exploitŽs et les
opprimŽs ici, sous les latitudes tempŽrŽs, appartiennent ˆ la mme classe que
ceux des Antilles, ils sont nos sÏurs et nos frres alors que Sarkozy comme les prŽfets de Pointe-ˆ-Pitre et de
Fort-de-France, et Mme Parisot comme M. Angele son homologue de la Guadeloupe,
sont nos adversaires.
Mais
la solidaritŽ internationale des travailleurs n'empche pas, au contraire, de
comprendre que l'appartenance des "DOM" ˆ la nation franaise ne va
pas de soi. En fait, ces peuples n'ont jamais pu dŽcider dŽmocratiquement de
leur appartenance nationale. Qu'un lien de solidaritŽ entre le monde du travail
en France et les Antilles, remontant d'ailleurs ˆ la RŽvolution de 1789 et aux
soulvements des esclaves, avec ceux d'Ha•ti, premire nation ngre, existe, ne
fait pas forcŽment d'eux des "franais". Ils ont le droit de choisir,
le droit s'auto-dŽterminer, entre leurs liens avec la France, avec toutes les
Antilles et avec l'AmŽrique du Sud.
Cela
ne les Žloigne pas des travailleurs en France. Le collectif LKP, justement en
unissant toute les composantes du peuple de la Guadeloupe sur ses aspirations
sociales, laissant donc de c™tŽ les questions relatives ˆ l'indŽpendance, ˆ
l'autonomie et au statut, a en mme temps affirmŽ la dignitŽ de tout un peuple
et a ŽtŽ, dans les faits, une premire reprŽsentation nationale de ce peuple -quelle
que soit la couleur des individus qui le composent.
6.
Il y a une campagne de haine de
certains mŽdias franais, directe ou allusive, contre Elie Domota et Lyannaj
Kont Pwofitasyon.
Le
Figaro
a rŽcemment publiŽ, pour faire peur, une photo de "gros bras" du LKP
portant les T-shirts bleus de son service d'ordre, sur lesquels est inscrit le
mot : "SŽcuritŽ". Tout travailleurs, tout militant, tout syndicaliste
qui sait ce qui serait nŽcessaire aux vraies grves ne peut que ressentir un
sentiment de fiertŽ en voyant une telle photo ! Oui, le service d'ordre du LKP,
terreur de certains patrons, intimidation pour les mafieux et les nervis, cela
veut dire "SŽcuritŽ" pour les gens du peuple, pour les gens de la
rue.
"Oui, mais il y
a eu des violences, et mme un mort, tuŽ par de jeunes Žmeutiers ! ".
Objection
: il y a eu des violences aprs que le LKP ait fait rŽgner ordre et discipline
pendant un mois de grve, alors que les armes et la drogue circulent il a
rŽussi soit ˆ rallier, soit ˆ intimider tous les gangs et toutes les bandes,
obligŽs de choisir leur camp, et c'est seulement quand l'ƒtat de France, ses
CRS, sa BAC, sont venus provoquer, tirer parfois, injurier, qu'une partie de la
jeunesse a explosŽ -sans qu'il soit d'ailleurs prouvŽ que la balle qui a tuŽ
Jacques Bina soit venue d'eux.
On
peut dire sans aucune exagŽration que les 27 jours qui ont prŽcŽdŽ l'arrivŽe de
la violence d'ƒtat ont ŽtŽ les plus calmes de l'histoire de l'”le ! Selon
certains tŽmoignages, mmes les violences domestiques, familiales, chez des
gens pauvres, ont commencŽ ˆ reculer car la vie collective, la passion
politique et la fte ambiante occupaient et grandissaient les gens.
Le
LKP, le service de sŽcuritŽ du
LKP, c'est l'ordre et la sŽcuritŽ. La police d'ƒtat, c'est l'insŽcuritŽ. Voila une leon de premire
importance pour ici !
7.
Ah, si nous avions des dirigeants
syndicaux comme ceux-lˆ ...
Si
les choses ont tellement durŽ et si finalement il y a eu un mort, puis deux,
c'est parce que les travailleurs de mŽtropole quoi que de plus en plus solidaires
et intŽressŽs n'ont pas pu exprimer cette solidaritŽ. Ici a eu lieu un sommet
social avec Sarkozy qui ne risquait pas de donner des hausses de salaires,
puisque -relisez les appels au 29 janvier et maintenant celui au 19 mars ! - la
revendication d'augmentation des salaires ne figure pas dans la plate-forme
intersyndicale nationale ou ce qui en tient lieu ! On voudrait nous faire
croire qu'entre la participation au "dialogue social" de Sarkozy et,
en somme, le terrorisme et l'ultra-gauche, il n'y a pas de voie. Mais la
manire dont le LKP a nŽgociŽ sur les salaires est une leon d'indŽpendance de
classe, donc d'indŽpendance syndicale,, et d'efficacitŽ compte-tenu de
l'isolement dans lesquels ils ont ŽtŽ laissŽs.
Tout
au long de la lutte, aux patrons qui prŽtendaient ne pas pouvoir hausser les
salaires les reprŽsentants du peuple guadeloupŽen rŽpondaient que l'ƒtat devait
leur enlever ce prŽtexte rŽel ou supposŽ en subventionnant les hausses de
salaires, exigeant l'intervention de la loi et de la rŽglementation et refusant
de s'en remettre au seul "contrat entre partenaires sociaux", mais
refusant les formules sans cesse ressassŽes du type RSA (Revenu dit de
"solidaritŽ active") car rŽclament un vrai salaire.
A l'heure o sont Žcrites ces
lignes, Lyannaj Kont Pwofitasyon a obtenu des reprŽsentants des petits patrons
une hausse des salaires en grande partie compensŽe par l'ƒtat et la RŽgion.
Notons-le : ce sont les petits patrons, ceux qui Žtaient censŽs avoir le plus
de mal ˆ augmenter la paye, qui ont cŽdŽ comme pas mal d'entre eux voulaient le
faire d'ailleurs depuis un moment, et ce sont les plus riches, notamment les
pŽtroliers et les h™teliers, qui ne veulent pas cŽder. Le MEDEF local, au motif
officiel qu'il ne veut pas venir aux nŽgociations car son chef aurait peur
d'tre frappŽ par Elie Domota lui-mme, refuse de signer.
Les
reprŽsentants des travailleurs exigent de l'ƒtat qu'il gŽnŽralise l'accord
collectif contractuel comme il en a parfaitement le pouvoir mais dŽclarent que
si l'ƒtat ne fait pas cela, les travailleurs imposeront eux-mmes la
gŽnŽralisation des hausses de salaires en allant les chercher, en
"dŽmarchant" les patrons, et que cela pourrait bien tre la prochaine
action du LKP mme si la grve s'arrte. Naturellement le petit chef local du
MEDEF pousse des cris d'effroi devant cette nouvelle atteinte ˆ la loi et aux
droits sacrŽs de la propriŽtŽ qui s'annonce. Oui, c'est comme a qu'il faut
faire ! Pour les salaires, comme pour les prix, et cela quand les chefs
syndicaux en France en Žtaient de vrais, s'appelait l'action directe !
S'ils n'ont pas ŽtŽ aidŽs par nos
dirigeants nationaux, les travailleurs de la Guadeloupe ont agi en rŽsonance
avec la montŽe en France mŽtropolitaine des grves et de la rŽsistance sociale
ˆ la volontŽ de Sarkozy de faire payer la crise du capitalisme ˆ tout le monde
sauf aux capitalistes. Ils sont en train d'infliger une dŽfaite politique ˆ
Sarkozy et ˆ son gouvernement. C'est particulirement maintenant qu'ils doivent
tre soutenus, contre toute rŽpression, tout attentat et toute provocation
parfaitement possibles. Ces Žvnements et ce qui s'est passŽ en rŽalitŽ le 29
janvier, une premire grve ˆ caractre gŽnŽral contre Sarkozy, montrent que
c'est possible, que c'est nŽcessaire, et que cela ne ferait pas que dŽfaire ce
prŽsident et ce gouvernement du capital, mais ouvrirait la voie pour les
chasser et construire notre propre reprŽsentation politique pour gouverner.
* * * * *
Sur l'Žvolution de la lutte des
classes en France, nous fournissons ˆ nos lecteurs plusieurs documents.
Le texte national
d'appel au 19 mars ne comporte pas, comme il est remarquŽ ci-dessus, la
revendication de hausse des salaires ! Le communiquŽ du collectif mis en place
par les camarades CGT et FSU ayant initiŽ la Lettre Ouverte aux directions
syndicales pour une action commune gŽnŽrale tous ensemble, traite avec sŽrieux
des problmes posŽs par les conditions dans lesquelles est appelŽ le 19 mars.
Le 19 mars peut tre une rŽpŽtition amplifiŽe du 29 janvier c'est-ˆ-dire une grve
gŽnŽrale, mais il y a aussi un vrai risque que la rŽpŽtition rŽgulire du mme
type de journŽe tout en nŽgociant sur tout, sauf sur les salaires, sauf sur les
revendications, avec Sarkozy, ne lasse les travailleurs. Mais mme dans ce cas,
le feu couve et ce qui est nŽcessaire, ce sont des perspectives. C'est
effectivement en nous organisant que nous les dŽgagerons. Nous reproduisons
aussi le texte de la Coordination nationale des universitŽs, reprŽsentant la
majoritŽ des enseignants-chercheurs et leurs syndicats et associations
spŽcialisŽes, qui s'est prononcŽe, remontant ˆ la source, pour l'abrogation de
la loi LRU : tout mouvement revendicatif sŽrieux en vient donc ˆ remettre en
cause la politique du gouvernement dans ses fondements. Sous cette pression, la
ministre PŽcresse a invitŽ les syndicats ˆ une pseudo-nŽgociation ˆ laquelle le
principal syndicat de la profession, le SNESUP-FSU, a refusŽ de se rendre.
Trois syndicats minoritaires -UNSA, CFDT et "Autonomes"- y ont signe
un projet de dŽcret "rŽŽcrit" qui tente de reculer sur une partie des
atteintes au statut des enseignants-chercheurs tout en prŽservant le cadre de
la loi PŽcresse dite "LRU". Nous reproduisons le communiquŽ du SNESUP
au sujet de ce texte.
Appel au 19 mars 2009 des organisations
syndicales
23 fŽvrier 2009 - La forte mobilisation du 29 janvier a
conduit le prŽsident de la RŽpublique ˆ annoncer ˆ lÕoccasion de la rencontre
avec les partenaires sociaux, le 18 fŽvrier, une lŽgre inflexion sociale ˆ son
plan de relance. En rŽponse ˆ une partie des revendications avancŽes par les
organisations syndicales, des mesures sont annoncŽes, des processus de
concertation sont proposŽs sur le partage de la valeur ajoutŽe et des profits,
un fonds dÕinvestissement social est programmŽ. Les organisations syndicales
CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA considrent que les mesures
sont trop parcellaires pour modifier le cap Žconomique de la politique
gouvernementale. Par ailleurs, le PrŽsident a refusŽ catŽgoriquement dÕaugmenter
le Smic, de modifier sa politique dÕemploi dans les fonctions publiques et de
revenir sur la dŽfiscalisation des heures supplŽmentairesÉ
A cela sÕajoutent lÕattitude
dogmatique du patronat et son refus dÕassumer ses responsabilitŽs. La crise
nŽcessite des rŽponses dÕune toute autre portŽe. Les effets de la crise
Žconomique et financire sÕaccentuent et accroissent les inquiŽtudes des
salariŽs. La recrudescence des suppressions dÕemploi, dÕutilisation du ch™mage
partiel, contribuent ˆ amplifier la rŽcession et psent lourd sur le pouvoir
dÕachat qui se dŽgrade. Tout ceci conduit les organisations syndicales ˆ
poursuivre la mobilisation. Elles appellent ˆ poursuivre les actions engagŽes
dans les secteurs professionnels. Elles confirment la journŽe de mobilisation
interprofessionnelle du 19 mars 2009 qui donnera lieu ˆ des grves et des
manifestations dans tout le pays. En prolongement de leur dŽclaration commune
du 5 janvier 2009, elles appellent leurs syndicats et les salariŽs, les
demandeurs dÕemploi, les retraitŽs, ˆ faire entendre au gouvernement comme aux
responsables patronaux et employeurs leurs revendications :
dŽfendre
lÕemploi privŽ et public,
lutter
contre la prŽcaritŽ et les dŽrŽglementations Žconomiques et sociales,
exiger
des politiques de rŽmunŽration qui assurent le maintien du pouvoir dÕachat des
salariŽs, des ch™meurs et des retraitŽs et rŽduisent les inŽgalitŽs,
dŽfendre
le cadre collectif et solidaire de la protection sociale, des services publics
de qualitŽ.
Elles
expriment leur solidaritŽ et leur soutien aux salariŽs des DOM et ˆ leurs
organisations syndicales et appellent gouvernement et patronat ˆ rŽpondre
positivement aux revendications posŽes. Elles conviennent de se rŽunir ˆ
nouveau le 20 mars 2009 ˆ 8h00.
* * * *
CommuniquŽ
du Collectif National pour un Front Syndical de Classe
Face ˆ
Sarkozy, au Medef et ˆ l'UE, construire par en-bas le tous ensemble en mme temps
Collectif
National pour un Front Syndical de Classe mis en place par les initiateurs CGT et FSU de la Ç lettre
ouverte aux Etats-majors syndicaux È
collectif.syndical.classe@laposte.net
Face ˆ
Sarkozy, au Medef et ˆ l'UE,
construire
par en-bas le tous ensemble en mme temps
Le
pouvoir mne une guerre sans limite contre les intŽrts et les acquis des
travailleurs et la crise va accŽlŽrer cette rŽgression sociale dans des
proportions dramatiques ; face ˆ cette situation, la France deviendra un pays
de misre pour les travailleurs si ceux-ci ne parviennent pas ˆ construire un
mouvement d'ensemble durable bloquant le profit capitaliste, comme en 36, en 68
ou comme en Guadeloupe actuellement, qui seul pourra faire plier le
gouvernement et le patronat et permettre la satisfaction des revendications et
des aspirations populaires.
D'un
c™tŽ, des travailleurs du public et du privŽ, retraitŽs, ch™meurs... subissant
la rŽgression sociale et la crise capitaliste : salaires bloquŽs voire en
baisse (comme ˆ IBM ou chez Renault o les salaires n'augmenteront pas cette
annŽe et o les primes vont tre fortement rŽduites) tandis que les prix
montent, licenciements qui se multiplient (+ 100 000 ch™meurs en janvier !),
suppressions de postes massives dans le public, casse de l'h™pital, des
universitŽs et de l'Education nationale....
De l'autre, 54 milliards de bŽnŽfices (+ 14 %) distribuŽs
aux gros actionnaires du CAC 40 pour 2008, des centaines de milliards d'euros
publics versŽs sans aucun contr™le aux grandes entreprises, des milliards
d'exonŽrations de cotisations sociales...
De l'argent et des moyens dans notre pays, il y en
a bien. Mais il ne sert qu'ˆ engraisser le grand capital au nom d'une politique
unique euro-formatŽe et imposŽe aujourd'hui en France par Sarkozy et son
gouvernement qui sont les commis des Bouygues, Lagardre, BollorŽ, Rothschild
et autres Pinault.
Face ˆ cette
situation, les mobilisations se succdent depuis des mois et se ressemblent,
massives et posant avec dŽtermination les revendications populaires :
augmentation des salaires, interdiction des licenciements et des
dŽlocalisations, retrait des contre-rŽformes euro-libŽrales (h™pital, Education
de la maternelle ˆ l'universitŽ...), refus des privatisations et de la casse
des services publics, non ˆ l'exploitation nŽo-coloniale dans les DOM...
Ces nombreuses luttes,
qui ont dŽbouchŽ le 29 janvier sur une journŽe interpro d'une ampleur
exceptionnelle, sont massivement soutenues par la population tandis que
Sarkozy, dŽcidŽ ˆ maintenir cožte que cožte son programme de Ç rupture È
thatchŽrienne, est de plus en plus impopulaire.
Dans ce
contexte, l'affrontement entre le Travail et le Capital peut dŽboucher aussi
bien sur une formidable victoire populaire que sur une dŽfaite cuisante si les
luttes ˆ la base ne parviennent pas ˆ trouver le chemin de l'unification.
Malheureusement,
les directions syndicales franaises ont clairement choisi de tout faire pour
empcher la convergence des luttes et la construction d'un rapport de forces
durable pour gagner, seul moyen de faire plier Sarkozy, le MEDEF et l'UE du
Capital. Ce choix stratŽgique s'inscrit dans leur collaboration au sein de la
direction de la ConfŽdŽration EuropŽenne des syndicats, financŽe par l'UE pour
accompagner la construction europŽenne capitaliste, et dont le secrŽtaire
gŽnŽral expliquait en dŽcembre 2008 que les syndicats devaient dŽsormais
inscrire sur leurs banderoles le mot d'ordre : Ç sauver le capitalisme de
lui-mme È. Tout un
programme au nom duquel les Žtats-majors syndicaux franais agissent pour
canaliser les luttes et les empcher de remettre en cause un systme qui ne
peut plus se survivre qu'en dŽtruisant au quotidien les acquis sociaux et
dŽmocratiques du peuple.
C'est
ainsi que, soumis ˆ une trs forte pression de la base militante et des luttes
de la fin 2008, ils ont dŽcidŽ d'une journŽe d'action le... 29 janvier pour
s'empresser ensuite d'attendre et de laisser le gouvernement reprendre la main
par l'annonce d'un Ç sommet social È le 18 fŽvrier dont il Žtait Žvident qu'il
ne sortirait rien, avant d'en appeler ˆ une nouvelle journŽe d'action le... 19
mars, qui porte qui plus est sur des revendications trs ŽloignŽes de celles
qui s'expriment dans les entreprises : la plate-forme des 8 organisations
syndicales ne formule aucune exigence prŽcise en matire de salaires ou demande
aux travailleurs de faire grve pour Ç rŽglementer la sphre financire
internationale È. Deux mois perdus pour les travailleurs mais deux mois gagnŽs
pour le gouvernement contre la colre populaire alors que dans le mme temps,
rien n'a ŽtŽ fait pour assurer le solidaritŽ et la convergence autour de la
grve historique des UniversitŽs et de la Recherche, ˆ laquelle les Žtudiants
se joignent de plus en plus massivement, et de la grve gŽnŽrale en Guadeloupe
laissŽe sans soutien pendant des semaines.
Sans parler de ChŽrque dont la mission est de
trahir chaque mobilisation, il est en particulier indigne que B. Thibault,
intervenant en direct ˆ la tŽlŽvision au soir de la rŽunion du 18 fŽvrier,
n'ait critiquŽ que du bout des lvres les Ç propositions È de Sarkozy alors que
celui ci mne une guerre de classe contre les travailleurs et qu'en outre il
n'ait mentionnŽ la lutte des DOM ou des universitŽs, ni mme dit un mot sur
l'assassinat d'un militant CGT en Guadeloupe, dans des circonstances troubles
mais dans lesquelles le choix du pourrissement et de la tension par le
gouvernement a de toute Žvidence beaucoup pesŽ.
De mme, que penser des positions actuelles du
secrŽtaire de la FSU et de la direction du SNES qui, contre l'avis mme du
syndicat FSU du SupŽrieur, refusent de soutenir les revendications des
universitaires et des Žtudiants en grve reconductible, laissant une fois de
plus du rŽpit au gouvernement et retardant l'unification des revendications et
des actions entre tous les personnels de l'Education ?
Quant au syndicat
Solidaires qui, aprs le recentrage de la confŽdŽration CGT, occupe dŽsormais
le terrain Ç radical È sur le plan mŽdiatique, il dŽclare que si la date du 19
mars est bien un peu tardive pour la convergence des luttes, l'essentiel est
que l'unitŽ syndicale ait ŽtŽ prŽservŽe.
Mais les
travailleurs n'ont que faire d'une unitŽ de sommet qui ne sert concrtement
qu'ˆ faire gagner du temps au pouvoir et ˆ empcher toute construction d'un
rapport de forces pour gagner.
L'unitŽ dont
les travailleurs et la jeunesse ont besoin, c'est ˆ la base, pour l'action et ˆ
partir des revendications rŽelles qui s'expriment dans les luttes :
augmentation
des salaires et SMIC ˆ 1600 euros nets
interdiction
des licenciements et des dŽlocalisations
contr™le par les
travailleurs des milliards donnŽs par le gouvernement
pour la dŽfense
des services publics (Education Nationale, H™pital,É)
contre la casse
des acquis sociaux (sŽcu, retraite aprs 37,5 annuitŽs, ˆ 50 ans pour les
travaux pŽnibles)É
L'unitŽ
dont les travailleurs ont besoin c'est, en coordonnant au niveau national les
mobilisations sectorielles ˆ la base, pour construire un rapport de forces de
haut niveau capable de battre Sarko-Medef.
Mais les directions syndicales jouent un r™le de
frein au lieu de jouer celui du moteur. C'est donc par en-bas, ˆ partir de nos
syndicats et des luttes dans les usines, les services, les Žcoles, collges et
lycŽes ,les h™pitaux ou les universitŽs, ˆ partir des rŽunions interpro dans
les communes ou les dŽpartements, ˆ partir de coordinations articulant syndicat
et AG de grŽvistes, que nous pourrons imposer le tous ensemble en mme temps
durable alors que d'ici le 19 mars, des journŽes de lutte sont annoncŽes le 5
mars (grve ˆ l'H™pital, dŽbut de la grve gŽnŽrale ˆ la RŽunion) ou le 11 mars
(journŽe nationale dans les universitŽs)....
En renouant avec le syndicalisme de classe et de
masse qui fit la grande CGT et les acquis des travailleurs de France, salariŽs
du privŽ, du public, jeunesse Žtudiante et lycŽenne, couches sociales ŽtranglŽes
par Sarkozy, le Medef et l'UE, nous aurons la force de gagner. Avec ou sans les
directions syndicales.
Le
Capital bloque le pays et les travailleurs. Bloquons le Capital !
Les
DOM et lÕUniversitŽ montrent le chemin :
Ç
Lyanache kont la pwofitation È sur TOUT LE TERRITOIRE NATIONAL !
* * * *
CommuniquŽ de la Coordination
nationale des UniversitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 19 fŽvrier.
La journŽe de
manifestations du 19 fŽvrier a rassemblŽ 50 000 enseignants-chercheurs, enseignants,
chercheurs, post-doctorants, doctorants, Žtudiants, BIATOSS, ITA, prŽcaires, et
des personnels de lÕEducation Nationale dans toute la France. AujourdÕhui, le
20 fŽvrier 2009, la 4me Coordination nationale des universitŽs se tient ˆ
Nanterre.
Elle exprime
son exaspŽration face au mŽpris sans prŽcŽdent manifestŽ par le gouvernement et
par le prŽsident de la RŽpublique vis-ˆ-vis de son mouvement et de ses
revendications, vis-ˆ-vis de lÕensemble de la communautŽ universitaire.
Elle constate
que les revendications posŽes par les Coordinations prŽcŽdentes nÕont pas ŽtŽ
satisfaites et que les rŽformes contestŽes nÕont pas ŽtŽ retirŽes.
En consŽquence, elle
maintient le mot dÕordre de grve, reconductible, totale et illimitŽe lancŽ le
22 janvier : Ç LÕUniversitŽ et la Recherche sÕarrtent È.
Motion 1 : Ç
De la maternelle ˆ lÕuniversitŽ È
Les dŽlŽguŽs ˆ
la Coordination nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 20 fŽvrier 2009
constatent quÕun projet cohŽrent est en train dÕtre mis en place de la maternelle
ˆ lÕuniversitŽ : casse des services publics et des statuts des personnels et
des Žtablissements de la fonction publique, Žducation ˆ deux vitesses, mise en
concurrence des Žtablissements, crŽdits insuffisants, suppressions de postes,
prŽcarisation. Nombre de nos revendications concernent les collgues de la
maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delˆ lÕensemble de la sociŽtŽ.
Leurs revendications sont les n™tres. Ceci est particulirement vrai en ce qui
concerne lÕemploi, la rŽforme des concours de recrutement et de la formation
des enseignant-e-s, mais aussi la remise en cause des disciplines et des
statuts nationaux La coordination appelle ˆ la multiplication des actions
communes partout sur le mot dÕordre Ç De la maternelle ˆ lÕuniversitŽ : retrait
des contre-rŽformes Darcos/PŽcresse È. Elle reprend la proposition que soit
organisŽe une grande journŽe de mobilisation sur ce mot dÕordre dŽbut mars.
Dans cette
perspective, elle mandate une dŽlŽgation pour prendre contact avec les organisations
syndicales et lÕIntersyndicale de lÕenseignement supŽrieur et de la recherche.
Elle appelle nos collgues ˆ aller discuter dans les Žcoles, collges et
lycŽes. Elle appelle les IUFM ˆ rejoindre massivement le mouvement et ˆ le
relayer auprs des ma”tres formateurs. Elle mandate une dŽlŽgation ˆ la
coordination parents-enseignants du 14 mars ˆ Montpellier.
Motion 2 : Ç
Pour une nouvelle loi È
La coordination
nationale exige lÕabrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et lÕarrt
immŽdiat de leur mise en Ïuvre. Elle exige lÕadoption dÕune nouvelle loi. Cette
loi doit instituer un vŽritable Žquilibre des pouvoirs au sein de lÕUniversitŽ
et de la Recherche dans le respect du Statut GŽnŽral de la Fonction publique.
La nouvelle loi doit tre conforme aux aspirations exprimŽes par les
universitaires, les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les ƒtudiants. Il est
impŽratif que cette nouvelle loi soit ŽlaborŽe aprs consultation et de
vŽritables nŽgociations.
Motion 3
La 4me Coordination
nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 20 fŽvrier 2009 reprend ˆ son
compte les motions votŽes dans les Coordinations prŽcŽdentes, avec lÕensemble
des revendications quÕelles contiennent, et lÕappel du CNRS votŽ le 12 fŽvrier.
Nous continuons
ˆ exiger :
-
le retrait de la rŽforme du mode dÕallocation des moyens (dit modle SYMPA)
- la rŽsorption totale de
la prŽcaritŽ et lÕaugmentation des salaires des personnels (revalorisation du
point dÕindice et intŽgration des primes dans les salaires)
- le rŽinvestissement de
lÕEtat dans les CROUS et dans lÕaide sociale aux Žtudiants
- la fin du processus
dÕexternalisation des t‰ches, et le maintien de la filire bibliothque.
La coordination nationale
des universitŽs appelle ˆ intensifier la mobilisation et les luttes en cours.
Elle soutient les revendications de la Coordination Žtudiante du 14-15 fŽvrier.
Elle soutient les Ç dŽsobŽissants È qui refusent dans les Žcoles de mettre en
place le soutien individualisŽ, et demande lÕarrt immŽdiat des sanctions
contre les enseignants du primaire.
Dans
lÕimmŽdiat, la coordination nationale exige le retrait des trois rŽformes
contestŽes (projet de rŽforme du statut, masterisation des concours, projet de
contrat doctoral unique), la fin du dŽmantlement des organismes publics de
recherche ainsi que la restitution des 1030 postes supprimŽs, et un plan
pluriannuel de crŽation dÕemplois.
Motion 4 : Ç
SolidaritŽ avec les Žtudiants È
La Coordination
nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 20 fŽvrier 2009 dŽclare son
soutien au mouvement des Žtudiants et ˆ leurs revendications telles
quÕexprimŽes dans la plateforme de leur premire coordination nationale de
Rennes.
Elle mandate
une dŽlŽgation pour prendre contact avec le comitŽ dÕorganisation de leur
prochaine coordination nationale : samedi 28 et dimanche 29 fŽvrier (universitŽ
dÕ Angers). /tmp/Tableau invitŽs Ens+Rech. par Labo.doc
Calendrier
national
24 fŽvrier :
multiplier les actions en direction du public.
26 fŽvrier :
journŽe nationale de manifestations.
5 mars :
journŽe nationale de manifestations. Par ailleurs, si nos exigences ne sont pas
satisfaites ˆ cette date, nous appelons ˆ la dŽmission de toutes les charges
administratives non Žlectives et au refus de participation aux jurys (bac, BTS,
DUT, Capes-Agreg, session de printempsÉ) et ˆ pratiquer lÕobstruction dans le
cadre des mandats Žlectifs.
6 mars :
prochaine Coord ˆ Paris 12 (peut-tre avec Marne-La-VallŽe).
7 mars :
Rassemblement de la maternelle ˆ lÕuniversitŽ
10 mars :
Grande manifestation nationale Òde la maternelle ˆ lÕuniversitŽÓ ˆ Paris.
12 mars : Appel
ˆ soutenir et ˆ participer ˆ la coordination nationale des laboratoires.
19 mars : Appel ˆ la
journŽe de mobilisation nationale intersyndicale et interprofessionnelle.
Et aussi
DŽvelopper
la grve active, des cours alternatifs, les interventions dans les lieux
publics, voire leur occupation.
Boycott
des expertises AERES et ANR, boycott des audits des UniversitŽs pour le passage
ˆ lÕautonomie. Envoi dÕune lettre de la coordination.
Blocage
des conseils centraux qui prŽvoient de remonter les maquettes.
Participation
aux JournŽes en mars ˆ Bruxelles en relation avec la stratŽgie de Lisbonne et
de Bologne.
Voter
le principe dÕune caisse de grve avec les BIATOSS et les ITA, le primaire et
le secondaire.
Appel
aux chefs de service administratifs pour ne pas remonter le recensement des
grŽvistes.
DŽlŽgation
ˆ la coordination Žtudiante ˆ Angers
PrŽsents
/tmp/Tableau invitŽs Ens+Rech. par Labo.docˆ la Coordination nationale ˆ
lÕUniversitŽ Paris Nanterre :
UniversitŽs
: Angers,
Antilles-Guyane, Avignon, Artois, Aix-Marseille I, Aix-Marseille III, Bordeaux
I, Bordeaux II, Bordeaux III, Bourgogne, Brest, Bretagne Sud, Bretagne
occidentale, Caen, Cergy, Clermont II, Compigne, Evry, Franche-ComtŽ, Grenoble
1,Haute Bretagne, Le Havre, Le Mans, Lille 1, Lille 3, Limoges, Littoral, Lyon
1, Marne-la-VallŽe, Metz, Montpellier II, Montpellier III, Mulhouse-Colmar
(Haute Alsace), Nancy 1, Nancy 2, Nantes, OrlŽans, Paris 1, Paris 3, Paris 4,
Paris 5, Paris 6, Paris 7, Paris 8, Paris 9, Paris 10, Paris 11, Paris 12,
Paris 13, Pau, Picardie, Poitiers, Reims, Rennes 1, Rennes 2, Rouen,
Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse 2, Toulouse 3,
Tours,Valenciennes,Versailles Saint Quentin
Autres
Žtablissements et organismes : CNAM,Ecole franaise de Rome,EHESS,ENS Cachan,ENS,LSH,ENS Paris,ENS
Lyon,IEP Paris,IEP Rennes,IEP Toulouse,INALCO,IUFM Paris,IUT
Troyes,Museum,Observatoire de Paris,
Associations
et sociŽtŽs savantes :
APMESU,ASES,DŽfense de lÕuniversitŽ,Papera,Reconstruire,lÕŽcole,SF Žtudes
18me, SFLG, SFS, SIES, SLR, SLU, SMF
Syndicats
: FERC-CGT, SNPREES-FO,
Intersyndicale de lÕEnseignement supŽrieur, Intersyndicale de lÕadministration
centrale, SNCS-FSU, SNESup-FSU, Sud Education, Sud Recherche
* * * *
CommuniquŽ du SNESup.
Le
gouvernement concde de premiers reculs non dŽnuŽs de manÏuvre
Depuis
des mois, le SNESUP porte des revendications reprises par des collectifs, des
assemblŽes gŽnŽrales partout en France. Le fait que le gouvernement semble consentir
ˆ la rŽŽcriture de la version initiale de son dŽcret et qu'il ait annoncŽ le
gel des suppressions d'emplois dans l'enseignement supŽrieur pour 2010 et 2011
est ˆ l'actif indŽniable du syndicalisme de lutte que nous portons. La
formidable dŽtermination des personnels de l'enseignement supŽrieur et de la
recherche a contraint le gouvernement ˆ de premiers reculs sur certains aspects
du statut des enseignants-chercheurs.
C'est un premier succs pour les revendications
portŽes par le SNESUP et la communautŽ universitaire en lutte. Le gouvernement
a mis en scne un spectacle : celui de sa disponibilitŽ ˆ discuter avec des
organisations complaisantes. Ce n'est pas nouveau dans la stratŽgie de
communication de ValŽrie PŽcresse et du gouvernement.
Le
SNESUP mesure les avancŽes, dŽnoncera les tentatives de rŽgression et engagera
toutes ses forces pour consolider les premires et contrecarrer les secondes,
fidle en cela ˆ ses responsabilitŽs de premire organisation syndicale et ˆ sa
conception du syndicalisme. Mais le compte n'y est pas au regard du socle
revendicatif portŽ par la mobilisation. Le refus du gouvernement d'apporter des
rŽponses prŽcises et chiffrŽes
- sur l'emploi statutaire
(au moment o se profilent ˆ nouveau 1000 suppressions d'emplois dans la
recherche au budget pour 2010-2013),
- sur le dossier central de
la formation des enseignants -incluant le moment et les contenus de concours-,
sur
la revitalisation des organismes de recherche...
appelle
l'intensification des initiatives de grve et de manifestations, en particulier
les 5 et 11 mars prochains.
La crise actuelle tŽmoigne
du dŽsaveu des orientations et de la faillite des mŽthodes du gouvernement, qui
a ignorŽ et ignore encore toutes les instances collectives reprŽsentatives
(CNESER, CoNRS, CTPU), au profit de la CPU et d'une stratŽgie de communication.
Les propositions de la seule CPU ne refltent en rien celles portŽes par la
communautŽ universitaire. Cela aussi doit changer. Le SNESUP exige des rŽponses
claires aux questions transmises au gouvernement le 26 fŽvrier et rŽitre sa
demande d'un CNESER plŽnier dans les plus brefs dŽlais.
Le
SNESUP examinera avec attention les nouveaux ŽlŽments fournis par le
gouvernement. Il construira sa rŽaction en liaison avec les assemblŽes gŽnŽrales
et les collectifs mobilisŽs
* * * *
Crise : vers la
deuxime phase ?
La crise Žconomique mondiale
actuelle a germŽ dŽs la fin de l'annŽe 2006, lorsque la crise immobilire
nord-amŽricaine a commencŽ et aprs que l'attaque israŽlienne au Sud du Liban ait
illustrŽ le blocage des stratŽgies militaristes qui, surtout depuis les crimes
du 11 septembre 2001, avaient elles aussi jouŽ un r™le de premier plan dans la
"croissance". Elle s'est approfondi par paliers successifs tout au
long des annŽes 2007 et 2008, ˆ la fois en tant que crise financire montante
dans le centre impŽrialiste, Wall Street, et comme crise alors rampante de
surproduction dans l'usine du capital, la Chine "populaire".
Officiellement le monde n'Žtait pas encore en crise alors que les Žmeutes de la
faim du Caire ˆ Mexico le parcouraient, la GuinŽe dŽjˆ connaissant une
situation rŽvolutionnaire. Lorsque subitement tout le monde s'est mis ˆ hurler
"c'est la criiiise ! ", le 15 septembre 2008 avec la faillite de Lehman
Brothers,
les mesures de refinancement, de quasi "nationalisation" (pour aider
les banquiers : c'est cela une nationalisation, aujourd'hui) avaient dŽjˆ
commencŽ en rŽalitŽ ˆ s'accumuler, depuis Northern Rock en Grande-Bretagne
(automne 2007) et Bear Stearn aux Etats-Unis (printemps 2008) et tout rŽcemment Fanny
Mae et
Freddy Mac (dŽbut septembre). En outre, l'aggravation des tensions
internationales avait dŽjˆ ŽtŽ marquŽe par la guerre en GŽorgie. Mais le krach
boursier vŽritable, bien que les commentateurs n'aient jamais vraiment consenti
ˆ dire son nom, commena ˆ ce moment lˆ, ainsi que, ˆ partir du plan Paulson
amplifiŽ depuis en plan Obama, les interventions d'ƒtat les plus massives qu'on
ait vu pour secourir le capital.
Nous pouvons considŽrer que ce qui s'est passŽ depuis le
15 septembre 2008 : ces plans gigantesques de dŽpenses ou d'emprunts publics
pour aider les banques, l'Žlection de Barack Obama qui est devenue une
certitude seulement lorsqu'en fin de campagne il apporta son soutien total ˆ de
tels plans, le dŽbut d'une vague terrible, mondiale, de ch™mage technique et de
licenciements dans l'industrie, le b‰timent, les transports, l'agroalimentaire
(et bien sžr les services financiers, mais celle-ci avait dŽjˆ commencŽ), et
aussi la reprise de la guerre ˆ l'Est du Congo pour se partager la rente
minire, et une poussŽe rŽvolutionnaire en Grce exprimant un mouvement
d'ensemble de la jeunesse en Europe contre l'avenir sans nom que le capital lui
promet, tout cela constituait la premire phase de la crise ouverte.
La chute, sous la pression
populaire, du gouvernement islandais, puis letton, et ailleurs la crise ouverte
ˆ Madagascar, et l'affaiblissement inquiŽtant pour le capital de l'exŽcutif
franais que Nicolas Sarkozy devait revitaliser, face ˆ la menace encore sourde
et latente, sauf en Guadeloupe et dans les territoires antillais, de la classe
ouvrire : voila autant de dŽveloppements qui font transition vers la seconde
phase,
de mme que le pilonnage israŽlien de la population de Gaza, fuite en avant
militariste d'une caste de politiciens corrompus et terrorisŽs qui veulent se
perpŽtuer par la guerre et par l'antisŽmitisme qu'ils cherchent, cyniquement et
dangereusement, ˆ susciter.
Les
donnŽes qui annoncent la seconde phase relvent de la lutte des classes directe
et des guerres, car il n'y a pas de cloison qui isolerait les faits
"strictement" Žconomiques. En ce qui concerne ces derniers, plein
d'indices plus ou moins pertinents alimentent chaque semaine les statistiques
et les fantasmes des gestionnaires de portefeuilles. Ces derniers jours ont vu
une sŽrie sans prŽcŽdent d'indices plus mauvais que prŽvu. Le principal est
celui de la chute du produit intŽrieur brut nord-amŽricain dans le dernier
trimestre de l'annŽe 2008 en rythme annuel, plus de 6,2 % de dŽgringolade
(contre un chiffre attendu de "seulement" 3,8%). Autres ŽlŽments :
l'ampleur des chiffres concernant la rŽcession au Japon, et des informations
comme celle-ci, ˆ laquelle les gestionnaires de portefeuilles sont moins
sensibles mais qui laisse entrevoir la dimension humaine tragique de ce qui se
passe : en Chine, le flux migratoire entre la zone c™tire et l'intŽrieur s'est
inversŽ
pour la premire fois depuis des dizaines d'annŽes.
C'est lˆ simplement le bilan de la
premire phase qui s'Žtale partout : la chute de la production industrielle
mondiale est en rŽalitŽ la plus forte et la plus synchronisŽe de toute
l'histoire du capital. "1929" est largement battu, justement parce
que le capital est plus Žnorme, plus puissant, plus prŽsent partout, plus
"mondialisŽ" comme ils disent. La prise de conscience de l'ampleur de
la premire phase est donc, en ce qui concerne les donnŽes
"strictement" Žconomiques, un facteur actif de prŽparation de la
seconde phase.
Que sera celle-ci ? Pour s'y
prŽparer, il faut dŽjˆ comprendre la crise actuelle, or on ne peut pas la
comprendre si on se contente de l'analyser de manire partielle, comme c'est
presque toujours le cas chez les Žconomistes de gauche et dans les
vulgarisations des travaux des "experts" ˆ la manire d'ATTAC.
Beaucoup de militants y entendant un ton dŽnonciateur envers le
"libŽralisme" voire le capitalisme ont trop vite tendance ˆ se
contenter d' "explications" telles que :
-"la crise est due ˆ la rapacitŽ des capitalistes
qui ont fait baisser la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutŽe
et ont ŽnormŽment augmentŽ l'exploitation du travail par la mondialisation de
la production".
-"la crise est due ˆ la
systŽmatisation de formes financires d'enrichissement, consistant ˆ prendre
des gages sur des richesses non encore rŽellement produites et ˆ rŽclamer des
pourcentages de valorisation des actions (les dividendes des actionnaires)
disproportionnŽs par rapport ˆ la production rŽelle".
Tout cela est vrai, mais partiel.
Si le capital a fait fortement augmenter
le taux d'exploitation des travailleurs et s'il a choisi de se garantir des
revenus ŽlevŽs sous forme de dividendes et de rentes, c'est qu'il y Žtait
obligŽ pour garantir le taux de ses profits par rapport aux investissements
productifs nŽcessaires, taux dont la baisse s'affirmait dans la crise des
annŽes 1970. S'il a pu le faire, c'est qu'il en a eu politiquement les moyens,
les travailleurs ayant ŽtŽ dŽsarmŽs face ˆ ses offensives par leurs propres
partis et syndicats. Rappelons en outre que cette offensive a commencŽ alors
que le monde Žtait "partagŽ" entre le bloc dit soviŽtique, devenu un
repoussoir, et le bloc dit occidental, et s'est poursuivie avec l'effondrement
du bloc soviŽtique et le dŽveloppement de la production capitaliste en Chine.
Si le capital s'est lui-mme
modifiŽ de faon ˆ donner une prŽvalence aux revenus de type financier,
relevant du capital rapportant des intŽrts (les intŽrts proprement dits, mais
aussi les dividendes, primes d'assurance, etc.), puis, dans les annŽes 2000 notamment
qui sont celles des dŽsormais cŽlbres subprimes, des revenus relevant de formes
encore plus parasitaires et archa•ques comme la rente foncire et immobilire,
en partie parce que la pression financire et la mondialisation de la
circulation du capital financier permettait de dŽmultiplier la pression sur le
capital productif et donc in fine sur le travail, en partie parce
que ces revenus lˆ semblaient garantis, plus sžrs, pour les capitalistes
financiers et les rentiers, et c'est pour ces raisons que la production s'est
mise ˆ rapporter moins que la finance.
Dans ces deux aspects qui se sont
combinŽs, il s'agissait d'Žchapper ˆ la tendance ˆ la baisse du taux gŽnŽral de
profit. Celle-ci est l'effet spŽcifique pour le capital que produit l'essor de
la productivitŽ du travail qu'il suscite, essor qui provient surtout de la
socialisation croissante des moyens et des conditions de production, au sens o
les moyens de production, d'Žchange et de communication prennent des forme
centralisŽes et gŽnŽralisŽes, mondiales, qui devraient, pour ne pas conduire ˆ
des destructions environnementales et humaines majeures, tre gŽrŽes en commun
par la sociŽtŽ. C'est une sociŽtŽ de producteurs librement associŽs qui
pourrait gŽrer ce patrimoine en le rendant rŽellement commun. Le capital le
fait augmenter seulement pour augmenter ses profits tirŽs de l'exploitation de
la force de travail humaine, et ce faisant il rend cette exploitation de plus
en plus superflue et nŽfaste : il sape sa propre base en l'Žlargissant et en
l'intensifiant toujours plus.
Ce n'est hŽlas pas nouveau.
L'accumulation du capital qui est son but en soi n'a par elle-mme pas de fin.
Mais elle a crŽŽ une situation dans laquelle l'humanitŽ non seulement pourrait
se passer du capital et administrer elle-mme son patrimoine commun, mais doit
le faire pour ne pas tre traitŽe, avec la nature, en simple moyen de
production de valeur que l'on consomme, que l'on reproduit en masse pour le
consommer, et que l'on rejette et finalement que l'on dŽtruit : comme le
penseur Karl Polanyi en avait eu l'intuition en 1944, c'est "l'anŽantissement
de la nature et de la sociŽtŽ" qui se profile au bout de
l'accumulation du capital.
ConfrontŽ ˆ ses contradictions, le
capital s'en est dŽjˆ sorti une premire fois ... en menant la civilisation
europŽenne au bord de l'anŽantissement, quasiment atteint en 1945, "annŽe
zŽro". Il a alors connu une apparente nouvelle jeunesse (les "trente
Glorieuses") qui a dŽbouchŽ en une gŽnŽration sur un retour en force de
toutes ses contradictions : la "crise". La combinaison de hausse du
taux d'exploitation et de financiarisation, combinaison que dŽsigne le terme
bizarre et convenu de "mondialisation", a ŽtŽ sa solution provisoire.
Les profits financiers et rentiers, la productivitŽ du travail, le champ de son
exploitation avec la mise au travail pour le capital de centaines de millions
de chinois, d'indiens ... ont fourni du profit, c'est sžr. Cela ne veut pas
dire que la contradiction entre maintien du capital reposant sur
l'exploitation, et essor de la force productive du travail, contradiction
manifestŽe par la tendance ˆ la baisse de la part moyenne des profits rapportŽe
aux investissements matŽriels et technologiques, ne s'est pas aggravŽe. Elle
s'est considŽrablement aggravŽe.
La soi-disant "hausse du taux
de profit", certes enrichissement effectif et dŽlirant d'une infime
minoritŽ, des annŽes 1990 et 2000, a en rŽalitŽ aggravŽ tous les facteurs qui
poussent ˆ la baisse du taux de profit gŽnŽral rŽel. On sait qu'avant "la
crise financire", les dividendes rŽclamŽs par les actionnaires Žtaient de
l'ordre de 15 ˆ 20% l'an, et que pour cela ils pressuraient, puis imposaient la
dŽlocalisation et le dŽmantlement du capital productif vendu ˆ crŽdit pour
rŽaliser de manire anticipŽe de tels bŽnŽfices escomptŽs (les LBO, Leverage
buy out,
acquisitions d'entreprises par emprunts qui peuvent tre eux-mmes composŽs
d'ˆ-valoir sur des remboursements de dettes ...), vŽritable cavalerie qui
devait aboutir ˆ la culbute. Remarquons une chose sur ce chiffre de 15 ˆ 20% :
au dŽbut du capitalisme industriel, lors de la rŽvolution industrielle
britannique, un profit annuel de 15 ˆ 20% Žtait ce que procurait, sans
endettement, de manire directe, la mise en Ïuvre d'une usine textile utilisant
machines et vapeur. Le taux de profit rŽel du jeune capital industriel est ce
que la finance mondialisŽe cherchait ˆ retrouver de manire parasitaire sous la
forme d'un prŽlvement contraint. Certes, le financier mondial est autrement
plus riche que le propriŽtaire de fabrique de la fin du XVIII¡. Il sera
toujours possible de dire que le capitalisme s'est consolidŽ et que ses profits
ont augmentŽ. ƒvidemment. Mais entre eux, il y a la diffŽrence de la jeunesse
ascendante et crŽatrice et de la vieillesse parasitaire et arrogante. Le fil
s'est cassŽ, ceux qui voulaient voir l'on vu venir, mais le 16 septembre 2008
cela devint d'un coup la rŽalitŽ mondiale violente.
L'entendement commun des
idŽologues libŽraux et antilibŽraux se contente donc de percevoir que le
capital a ŽtŽ mŽchant avec le travail, diminuant trop la part des salaires dans
la valeur ajoutŽe, et qu'il s'est fait trop financier, trop sophistiquŽ, trop
ŽloignŽ des bonnes vieilles valeurs de la production rŽelle. Les politiques
engagŽes et annoncŽes contre la crise dŽclinent dans des proportions variables
des mesures d'encadrement, de sauvetage et d'injection monŽtaire vers la
finance, pour Žviter les "risques systŽmiques" comme l'onde de choc
ouverte par la faillite de Lehman Brothers, et des mesures d'aides sociales,
pour Žviter des explosions nŽanmoins inŽvitables elles aussi.
Ni les unes, ni les autres de ces
mesures ne peuvent ni ne veulent remonter ˆ la racine, qui n'est pas un
problme de dŽbouchŽs ni de financiarisation excessive, lesquels ne sont que
les formes et les effets des contradictions fondamentales du capital. Remonter
ˆ la racine serait abolir le capital en socialisant les moyens de production et
d'Žchange et la terre, alors que
tous les ƒtats sans aucune exception sont les ƒtats du capital.
Par consŽquent la seconde phase de
la crise se prŽpare ˆ travers deux biais : la poursuite du dŽgazage des bulles
financires car celle des subprimes Žtait loin d'tre la seule, et la
formation de nouvelles bulles "toxiques", celles des ƒtats eux-mmes.
De
ce point de vue, les critiques ultralibŽraux des "'plans" Obama, Hu
Jintao ou mme Sarkozy n'ont pas tort : en transfŽrant sur les ƒtats la bulle
financire, en prenant en charge les "actifs toxiques", les mesures
tendant sans le dire, et ˆ reculons, ˆ des sortes de nationalisations,
d'encadrement du crŽdit par les ƒtats capitalistes, conduisent ˆ une inflation
monŽtaire qui produit dŽjˆ des inquiŽtudes, manifestŽes par les cours des
obligations d'ƒtats et les difficultŽs, par exemple de l'Allemagne, ˆ couvrir
leurs Žmissions massives d'emprunts publics obligataires.
A la phase dŽflationniste actuelle : chute des
prix des actifs financiers et baisse des prix des matires premires, bien que
ces baisses ne soient pas ou peu rŽpercutŽes sur les prix des produits de
premire nŽcessitŽ, ce qui Žquivaut d'ailleurs ˆ une baisse de fait des
salaires rŽels, pourrait donc succŽder une phase inflationniste mais qui ne consistera
pas en une "simple" inflation, mais en une spirale de crises
monŽtaires affectant les relations internationales. Ce sont le Royaume-Uni, puis, directement, les
ƒtats-Unis,
que ce risque majeur va ˆ terme toucher. La baisse de la livre Sterling, ˆ
cette Žtape, et ultŽrieurement la crise de confiance majeure dans le dollar,
ouvriront donc la phase de "l'heure de vŽritŽ" sur les rapports de
forces entre grandes puissances impŽrialistes exprimŽs par les cours relatifs
de leurs monnaies.
Le spectre qui hante les analystes
financiers en attente de la seconde phase, ce sont les dŽfauts de paiement d'ƒtats,
ce qui s'est dŽjˆ produit, durant la premire phase, en Islande, mais qui
pourrait se produire pour des ƒtats bien plus grands et bien plus importants
-en dernire analyse les ƒtats-Unis. Nous n'en sommes pas lˆ mais nous en
sommes ˆ un stade o les dirigeants cherchent ˆ intŽgrer ce paramtre dans la
dŽfinition des politiques publiques. L'effondrement en cours de l'Žconomie
nord-amŽricaine est un pŽril majeur pour tout le systme capitaliste mondial et
leurs concurrents en ont des sueurs froides au lieu de s'en rŽjouir. Obama
semble ne pas faire grand chose mais en tenant ˆ bout de bras General Motor pour Žviter la
faillite de l'industrie automobile il ne fait pas que conjurer un affrontement
social majeur aux Etats-Unis, il protge tous les ƒtats capitalistes qui ne
peuvent que bruler des cierges pour lui.
Tous, ˆ travers leurs rivalitŽs,
ont un intŽrt objectif ˆ ce que l'Žpicentre des contradictions soit,
gŽographiquement parlant, dŽplacŽ et si possible diluŽ, autrement dit que les
autres paient, bien que chacun voudrait que a ne tombe pas sur lui. Leur
intŽrt commun les pousse ˆ l'affrontement, c'est ce qui arrive quand il s'agit
de se partager les pertes, mais cette fois-ci ce phŽnomne typique de la
concurrence entre entreprises concerne les principaux ƒtats.
Ces facteurs placent les pays
de l'Union EuropŽenne en posture de second Žpicentre de la crise mondiale.
Ici
intervient l'autre facteur par lequel nous pouvons dire que nous commenons
vraiment ˆ aborder cette seconde phase : la "rŽvŽlation" d'une bulle
majeure d'actifs toxiques et de crŽdits non remboursables, en Europe. Elle
combine les aspects des subprimes car l'immobilier y tient une grande place, avec ceux des
spŽculations sur les restructurations industrielles du type LBO, et met les
ƒtats en premire ligne, bref c'est un trs beau cocktail de parasitisme
financier, immobilier et Žtatique, typique du capitalisme contemporain. Il
s'agit de l'Europe centrale et orientale, donc des pays qui Žtaient jusqu'en
1989-1991 sous le contr™le de Moscou, et qui, dŽcevant les aspirations
populaires ˆ la vraie dŽmocratie et ˆ la souverainetŽ, sont entrŽs "en
transition" vers la soi-disant "Žconomie de marchŽ" (le
capitalisme) sous l'Žgide de bureaucrates reconvertis en hommes d'affaires
vŽreux. L'ensemble de la zone, soit par intŽgration directe en 2003, soit
indirectement, est en fait dominŽe par l'Union EuropŽenne et surtout par le
capital allemand, bien que celui-ci se soit rŽservŽ les investissements
productifs les plus profitables et ait laissŽ sous-traiter le gros des avances
financires et du crŽdit foncier et immobilier par les banques suisses,
autrichiennes et italiennes. Or, les pays baltes, la Hongrie et les pays
balkaniques sont tous, dans des dŽlais qui ne se chiffrent pas en annŽes mais
en mois voire en semaines, au bord du dŽfaut de paiement, consŽquence pour eux
de la premire phase de la crise mondiale. DŽfaut de paiement qui est une
menace mortelle pour les systmes bancaires autrichien d'abord, et aussi
italien et mme suisse, ce dernier percutŽ en mme temps par les pressions
nord-amŽricaines pour la levŽe du secret bancaire, l'Union des Banques Suisses
(UBS) ayant servi de cassette mondiale pour actifs toxiques nord-amŽricains
lucratifs ...
Cette menace centre-europŽenne sur
le capital allemand a une trs forte signification politique :
-ce sont les "pays en
transition vers la dŽmocratie et le marchŽ" comme le voulait le discours
dominant qui s'avrent tre le mauvais fusible par o le capitalisme financier
d'Europe continentale pourrait disjoncter : la chute du bloc soviŽtique n'a pas
procurŽ de nouvelle jeunesse au capital.
-c'est l'euro et la zone euro qui
sont ainsi mises en question.
On
peut lire ˆ ce sujet les analyses les plus contradictoires. Pour les
"europhiles", la preuve est faite que toute l'Europe centrale ainsi
que les pays scandinaves et bien sžr la Grande-Bretagne feraient bien d'entrer
dans l'euro au plus vite, car il est un "bouclier" contre la crise.
Pour les "eurosceptiques", au contraire, les Žcarts de taux des
obligations d'ƒtat, de rythme de dŽgradation de la situation budgŽtaire et de
l'endettement entre l'Allemagne d'une part, les pays mŽridionaux d'autre part
(la France en posture intermŽdiaire ; notons que ces deux sortes d'analyses
oublient souvent de signaler la dŽgradation accŽlŽrŽe de toute la zone BŽnŽlux)
annoncent la possibilitŽ d'une sortie de la zone euro de tel ou tel pays, avec
le choc politique, psychologique et boursier qui s'ensuivrait.
Nous
n'avons pas ˆ prendre partie "pour" ou "contre" l'un ou
l'autre des ces scŽnarios, les deux types d'analyses sont tous les deux tout ˆ
fait fondŽs : il est par exemple parfaitement concevable qu'un effondrement du
zloty polonais pousse ˆ une entrŽe accŽlŽrŽe dans l'euro et qu'ainsi aprs,
aprs que "Dieu" ait sauvŽ la Pologne, les tiraillements internes ˆ
la zone euro entrent dans une phase supŽrieure d'aggravation ...
Les
deux "issues" possible ˆ la crise europŽenne dans le cadre
capitaliste, soit l'Žclatement de la zone euro, soit sa consolidation en une
forteresse Žlargie pourvue de miradors aux frontires, sont Žgalement
antidŽmocratiques et dispendieuses. Les pays d'Europe centrale et orientale ont
ŽchappŽ ˆ l'ancien "grand frre" pour dŽcouvrir des crŽanciers
mŽprisants. Leur vraie souverainetŽ, leur vraie libertŽ, n'est possible que
dans une Europe libŽrŽe du capital.
VP,
le 1¡ mars 2009.
* * * *
Madagascar.
Nous donnons connaissance ˆ nos amis et lecteurs de
documents provenant de Madagascar, via l'AKFM, articles Žcrits par Gisle
Rabesahale, sa secrŽtaire gŽnŽrale.
L'AKFM est le parti historiquement "communiste
pro-Moscou" ˆ Madagascar, sans qu'on puisse le comparer ˆ un PC
"classique". Il a ŽtŽ fondŽ en 1958 par Gisle Rabesahale, dŽjˆ,
suite ˆ la lutte contre la rŽpression sanguinaire de 1947, militante historique
du combat pour la dŽmocratie et l'indŽpendance nationale, et a toujours ŽtŽ
avant tout un parti national malgache, tout en ayant une autonomie de
rŽflexion.
Son
choix actuel de soutenir le mouvement qui s'exprime en faveur du maire de
Tananarive contre le prŽsident Ravalomana diffre des commentaires diffusŽs en
France, y compris dans L'HumanitŽ, consistant ˆ renvoyer dos-ˆ-dos
les deux "camps". Telle semble tre en fait la position de la
diplomatie franaise, de l'impŽrialisme franais.
Ceci
Žquivaut ˆ soutenir le prŽsident en place, qui ne rgne plus que par la
violence et la corruption. Il est criminel de ne pas prendre position. Exiger
le dŽpart de Ravalomana ne signifie pas signer un chque en blanc au maire
Rajoelina, qui ressemble beaucoup ˆ certains Žgards au Ravalomana d'il y a 10
ans. Mais entre la tyrannie et le mouvement populaire pour la libertŽ, contre
la vie chre, il n'y a pas de renvoi dos-ˆ-dos possible.
LE VRAI
VISAGE DE MARC RAVALOMANANA
Cette livraison qui concerne l'Žvolution de la situation
au lendemain du 07 FŽvrier, journŽe tragique s'il en fut, tente de faire le
point sur une crise encore non rŽsolue au jour d'aujourd'hui (19 FEVRIER)
DEMISSION DE
LA MINISTRE DE LA DEFENSE POUR PROTESTER
CONTRE LE MASSACRE
PERPETRE PAR LA GARDE PRESIDENTIELLE
La dŽmission de Mme MANOROHANTA
CŽcile, premire femme du continent nommŽ ˆ la direction du Ministre de la
DŽfense a soulevŽ de larges Žchos dans l'opinion nationale et internationale.
Elle a prŽsentŽ sa dŽcision, comme un acte de protestation contre le
massacre perpŽtrŽ par des ŽlŽments de la garde prŽsidentielle, qui a fait
plus d'une cinquantaine de morts et prs de 400 blessŽs ; en prŽcisant que
sa conscience de chrŽtienne et d'universitaire, ne pouvait
accepter de tels crimes.
LA MACHINE
ADMINISTRATIVE BLOQUEE
Ces violences gratuites ont ŽtŽ
condamnŽes unanimement par l'opinion internationale, et surtout par le peuple
malgache entrainant un durcissement notable du mouvement pour la
dŽmocratie et de la Haute AutoritŽ de la transition (HAT) prŽsidŽe par
Andry RAJOELINA.
Ce
dernier, encouragŽ par les manifestants sur la Place du 13 Mai rŽvoltŽs
par la tuerie d'Ambohitsorohitra, ont accueilli avec enthousiasme la nomination
des membres du Gouvernement transitoire qui jusqu'ˆ ce jour, sont une
douzaine : Finances et Economie, SŽcuritŽ intŽrieure, Eaux et forets,
amŽnagement du territoire, commerce, communication et technologie de pointe,
tourisme, Affaires Žtrangres, DŽfense nationale.
L'Žtape
suivante fixŽe par le PrŽsident de la HAT Andry Rajoelina, fut l'installation
de cette Žquipe ministŽrielle dans ses bureaux ds le Lundi
suivant. Ce jour, les manifestants insistaient pour accompagner les ministres
conduits par le Premier Ministre Monja Roindefo pour installer les
ministres. Ils furent exhortŽs ˆ s'installer en
Ç sit-in È face aux immeubles ministŽriels. La stratŽgie de
Andry Rajoelina et ses collaborateurs visait tout d'abord ˆ
paralyser le fonctionnement de la machine administrative, et ˆ Žviter des
affrontements sanglants, entre les dŽfenseurs de la dŽmocratie et les
partisans de Marc Ravalomanana.
A
ce propos, lors des deux premires tentatives de s'emparer des
Ministres, les mŽdias ont filmŽ et photographiŽ les milices de Marc
Ravalomanana, et les tireurs d'Žlite sur les toits des immeubles
avoisinants, tous n'attendaient que l'occasion pour tirer sur la foule et
se livrer ˆ de nouveaux pillages en rgle ˆ travers la ville ; l'existence
de milices payŽes 10.000 ariary par jour et par personne par Ravalomanana, fut
ainsi dŽvoilŽe au grand jour, et les observateurs chiffrent leur nombre ˆ
3.OOO individus, pour la plupart droguŽs, pick-pokets, voleurs et
autres...
L'ARGENT
COULE A FLOTS
De
son cotŽ, Marc Ravalomanana, s'obstine dans son refus de quitter le
pouvoir ; Au vu et au su de tous, il a littŽralement pillŽ les
agences de la Banque Centrale, faisant transporter par ses acolytes,
d'Žnormes sacs en plastique qui contenaient des milliards
appartenant ˆ l'ƒtat.
C'est
gr‰ce ˆ ces milliards que Ravalomanana put organiser ˆ deux reprises deux
contre-manifestations dans le grand stade municipal de Mahamasina ;
qu'il rŽussit ˆ remplir en faisant miroiter aux assistants la somme
de 75.OOOfmg (15.000 ariary) aux pauvres des bas quartier , qui
furent une fois encore escroquŽs car au lieu de la somme promise,
ils ne rŽcurent que 1000 ariary !
Des
journalistes Žtrangers rŽussirent ˆ filmer les distributions d'argent aux
abords du stade, et des participants flouŽs furent interviewŽ ils
dŽclarrent Ç que pour eux ce n'Žtait qu'une journŽe de travail comme les
autres et qu'ils comptaient sur cet argent pour assurer leur
nourriture durant quelques jours È !
Mais
des sommes astronomiques furent aussi utilisŽes pour corrompre
d'autres catŽgories de la population, hauts fonctionnaires, cadres de l'armŽe
notamment ; nul n'ignore que quelques jours aprs que la crise eut
ŽclatŽ, le PrŽsident du SŽnat et d'autres Ç dignitaires È du
pouvoir se rendirent dans les camps militaires, ˆ Morondava, Diego,
Fort-Dauphin etc.. chargŽ de lourdes valises, et des sommes
d'argent (diffŽrant selon le grade) furent distribuŽes aux membres des forces
armŽes, y compris des gŽnŽraux et autres haut gradŽs.
Sur
la place du 13 Mai furent dŽnoncŽs devant les manifestants, les abus et
dŽtournement, vols caractŽrisŽs, commis par Marc Ravalomanana, au
dŽtriment de l'ƒtat et du pays. Il fut ainsi dŽclarŽ, par le
Ministre des Finances et du Budget de la HAT, que entre
2OO5 et 2008 seulement, le
Groupe TIKO de Marc Ravalomanana, avait escroquŽ ˆ l'Etat quelques 600
milliards d'ariary :
¡ non paiement des droits de douane pour l'importation d'huile
alimentaire
¡non
paiement de droits de douanes pour l'importation de marchandises gŽnŽrales
¡financement
par l'Etat de la construction de b‰timents appartenant au groupe TIKO
¡monopole
des marchŽs de fournitures pour l'administration, dŽvolu au Groupe TIKO
et autres entreprises fant™mes crŽŽes par Ravalomanana et sa famille
Etc..
etc..
Il
fut Žgalement constatŽ la distribution de faux billets, entrŽs sur
le territoire, par le port de TOAMASINA.
L'ARMEE
DIVISEE
Le
17 FŽvrier, Marc Ravalomanana, convoquait au Palais d'Iavoloha 5
gŽnŽraux parmi les plus haut gradŽs de l'armŽe de la gendarmerie et de la
police. Au sortir de l'entretien, le porte-parole de ces gŽnŽraux devait
dŽclarer qu'ils n'acceptaient plus de sang versŽ, et que si les
protagonistes de la crise ne trouvaient pas d'issue Ç ils prendraient leur
responsabilitŽ. È.
Le
PrŽsident de la HAT Andry Rajoelina, dans une information tŽlŽvisŽe,
devait souligner ˆ ce propos, que la premire mission des forces armŽes
consistait ˆ dŽfendre les citoyens et leurs biens, et que leur premier geste
aurait du tre de nettoyer les bureaux des ministres des
Ç milices È, dans le respect de la loi qui avait dŽlimitŽ ces lieux
comme Ç zone rouge È ; ils auraient du ensuite pourchasser les
pillards et interdire l'usage d'armes de guerre contre des
manifestants dŽsarmŽs, et enfin, ils auraient du faire arrter les
auteurs de la fusillade d'Ambohitsorohitra perpŽtrŽe par la garde
prŽsidentielle.
Andry
Rajoelina, a aussi dŽnoncŽ la manÏuvre actuelle visant ˆ installer un
Ç directoire militaire È qui, en fin de compte serait utilisŽ pour
dŽfendre les intŽrts de Marc Ravalomanana, È Ce Directoire
militaire irait totalement ˆ l'encontre des aspirations populaires ˆ la
dŽmocratie, devait-il enfin dŽclarer È.
Par
ailleurs, il y a quelques jours, un groupe de jeunes officiers, commandants,
lieutenants, et sous-lieutenants, avait fait une dŽclaration publique
dŽnonant la passivitŽ de leurs supŽrieurs, et annonant, l'ŽventualitŽ d'une
prise de position de leur part. Ces deux Žvnements se compltent-ils ?
Mais le 17 FŽvrier,
un autre Žvnement retint l'attention de l'opinion, ce fut la dŽcouverte
d'un transfert d'armes venues d'Afrique du Sud, transportŽes par un
Cargo du Groupe TIKO. Il Žtait bourrŽ de grenades assourdissantes,
d'armes de combat, de gilets pare-balles. Un autre envoi d'armes destinŽ
ˆ la PrŽsidence fut dŽnoncŽ devant la presse par Andry RAJOELINA, le
19 FŽvrier.
Si
cette mise en place des Ministres de la H.A.T. ne se fait que
lentement, c'est que les milices de Ravalomanana installŽes
auparavant ˆ l'intŽrieur des ministres, sont armŽs de grenades et autres
projectiles, pour pouvoir faire sauter les b‰timents ds l'entrŽe des Ministres
de la H.A.T.. Le blocage de la machine administrative est d'ailleurs
effectif, puisque depuis plus d'une semaine les Ç vrais È titulaires
des dŽpartements ministŽriels, ne rejoignent plus leurs bureaux.
La
dŽmarche entreprise par les partisans du mouvement pour la
dŽfense de la DŽmocratie conduit par Andry Rajoelina, se veut pacifique,
alors que en face, il est patent que pour sauver sa fortune et son
poste de PrŽsident, Ravalomanana ne recule devant rien, et est mme prt
ˆ noyer dans un bain de sang la contestation populaire. Cette dernire
s'est Žtendue dans plusieurs villes de province : Diego-Suarez,
Fianarantsoa, Tulear, Manakara, ou les manifestants affrontent les forces
de l'ordre, et brulent l'effigie de Ravalomanana.
A
Toamasina, ce 19 FŽvrier un meeting a ŽtŽ violemment dispersŽ par l'armŽe,
un dirigeant de l'opposition arrtŽ, un journaliste malmenŽ.
La
communautŽ internationale, la ConfŽdŽration des ƒglises ChrŽtiennes (FFKM) qui
se posent en mŽdiateurs, souhaitent que cessent ces affrontements et que les
protagonistes de la crise se rencontrent pour aboutir ˆ la mise en
place d'une Convention extra-constitutionnelle, acceptable pour les deux
parties. Il est Žvident que la tache est difficile, et l'obstination de
Ravalomanana y est pour beaucoup, alors que la population unanime rŽclame
son dŽpart.
La Juge Eva Joly, qui a un moment collaborŽ
avec Ravalomanana, a dŽclarŽ rŽcemment ˆ une Radio Žtrangre, qu'elle
regrettait d'avoir acceptŽ cette collaboration, et a qualifiŽ Ravalomanana de
Ç despote, affairiste et inculte È. Ces dŽclarations se passent de
commentaires.
19
FŽvrier 2009- ;14h.45 (heure locale)
LE PRESIDENT
DE LA FFKM * LA TABLE DES NEGOCIATIONS
ANDRY
RAJOELINA ANNONCE QUÕIL NE POURSUIT PLUS LE Ç DIALOGUE È
REPRISE DES
MANIFESTATIONS
Le troisime jour du dialogue entre Andry Rajoelina et
Marc Ravalomanana, qui avait dŽbutŽ le Vendredi prŽcŽdent, fut marquŽ par deux
incidents majeurs qui prŽcŽdrent la rupture
¡ Marc Ravalomanana, se portait
absent ses reprŽsentants prŽtextant une tournŽe en province
¡ Andry Rajoelina, arrivŽ ˆ
lÕheure ainsi que les quatre chefs dÕEglise attendirent en vain.
Andry
Rajoelina convoquait la presse, ˆ son domicile en fin dÕaprs-midi pour les
informer dÕune importante dŽclaration, tandis que le PrŽsident du FFKM Mgr Odon
Razanakolona, archevque dÕAntananarivo, invitait les journalistes ˆ le
rejoindre immŽdiatement en son bureau. Il informait alors la presse quÕil avait
dŽcidŽ de ne plus faire partie du groupe de nŽgociations, prŽcisant que Ç les
nŽgociations nÕiraient pas loin lorsque on ne respecte pas les rgles prŽ-
Žtablies È.
Il
importe de rappeler que, cette mission de mŽdiation avait ŽtŽ confiŽe au FFKM
par le reprŽsentant personnel du SecrŽtaire GŽnŽral de lÕONU Ç je demande ˆ
lÕONU, dŽclarait Mgr. Razanakolona, de chercher dÕautres facilitateurs È. Il
appelait en conclusion lÕarmŽe, ˆ ne pas oublier que sa mission premire Žtait
de protŽger les personnes et leurs biens.
On
comprend que tenu par son devoir de rŽserve, en tant que facilitateur, le
PrŽsident du FFKM ne pouvait donner de dŽtails, Andry Rajoelina, devait pour sa
part complŽter les informations ˆ ce sujet, notant que trois chefs dÕEglise,
avaient fait preuve de partialitŽ, durant les rencontres, nÕayant pas dit un
mot, sur lÕabsence injustifiŽe de Marc Ravalomanana , et sur son comportement
irresponsable, refusant dÕaborder les problmes de fond concernant la crise .
La
dŽfection du PrŽsident du FFKM, aurait du retenir lÕattention des
reprŽsentations diplomatiques, et de la communautŽ internationale, or il semble
que ces derniers se bornent ˆ regretter lÕŽchec, sans dire un mot sur le
premier responsable qui nÕest autre que Marc Ravalomanana.
* La FFKM est le conseil des Eglises, qui regroupe 4
Žglises : catholique, luthŽrienne, rŽformŽe et anglicane.(note de la rŽdaction,
mll).
PROVOCATIONS
DE LÕEQUIPE RAVALOMANANA.
Dans ses dŽclarations ˆ la presse, ˆ son domicile comme
sur les mŽdias de VIVA, Andry RAJOELINA, attirait lÕattention du Peuple
Malgache, sur lÕaggravation des provocations commises par lÕŽquipe
Ravalomanana, alors que la crise atteint un niveau inquiŽtant. Il citait ˆ ce
propos, les mesures illŽgales du PrŽsident de la DŽlŽgation SpŽciale (PDS)
nommŽ par Ravalomanana, en remplacement de Andry Rajoelina, qui, en vertu des
textes en vigueur avait dŽsignŽ son adjointe Mme Michle Ratsivalaka, comme
Maire de la capitale. En effet quelques jours plus t™t, ce PDS dŽcidait de
remplacer tous les dŽlgues aux six Mairies dÕarrondissements, par des
fonctionnaires de son choix.
Rappelons que ni la Constitution,
ni les textes affŽrents aux communes, ne mentionnent la possibilitŽ dÕinstaller
un PrŽsident de DŽlŽgation SpŽciale (PDS) pour diriger une commune.
Il Žvoquait Žgalement le cas de
lÕarrestation illŽgale de lÕex-Ministre ThŽodore Ranjivason, dŽtenu dans la
prison de haute sŽcuritŽ de Tsiafahy, soulignant par ailleurs que Marc
Ravalomanana nÕavait pas rŽpondu ˆ sa demande de parler sur les mŽdias publics
durant trois minutes par jour. En conclusion, Andry RAJOELINA dŽclarait quÕil
refusait de Ç dialoguer È avec Marc Ravalomanana, et quÕil quittait la
rencontre. Il annonait enfin quÕun sit-in se tiendrait le Jeudi 26 FŽvrier,
devant les Bureaux de la Commune pour empcher le PDS de sÕy installer, et que
le Samedi une nouvelle rŽunion aurait lieu sur la place du 13 Mai.
MARC RAVALOMANANA
SE VANTE DE POSSEDER DES ARMES SOPHISTIQUEES,
LA
CONTESTATION SÕETEND DANS LES PROVINCES
La tournŽe invoquŽe par
Marc Ravalomanana, pour expliquer son absence ˆ la rencontre de Mercredi avec
Andry Rajoelina, visait en fait ˆ faire Žtalage de Ç sa force È devant les
populations. Il devait en effet dŽclarer devant les militaires prŽsents ˆ
Toamasina et MajungaÇ nous avons des armes sophistiquŽes, et vous ici (ndlr :
Toamasina et Majunga) en aurez votre part.. È Des journaux ont mentionnŽ les
dŽclarations de tŽmoins, qui souponnent que des armes chimiques
(neutralisantes ?), ont ŽtŽ envoyŽes vers la capitale.
Mais, Marc Ravalomanana a beau se
vanter, il est patent aujourdÕhui quÕil ne maitrise plus la situation, mais
quÕil ne reculera devant rien – y compris lÕusage de la force- pour se
maintenir au pouvoir. Il nÕose pourtant pas sÕaventurer hors de la capitale,
hormis Toamasina et Majunga, ou il ne fait que passer, pour puiser dans les
fonds publics, les sommes dont il a besoin, pour Ç convaincre È ses
partisans.
Ainsi,
ˆ Fianarantsoa, TulŽar, Manakara et de nombreuses autres villes de Province,
les meetings des opposants qui se succdent connaissent toujours une grande
affluence, et aboutissent ˆ la mme conclusion : le soutien ˆ Andry Rajoelina et
le dŽpart de Marc Ravalomanana. A TulŽar les manifestations se sont soldŽes par
des affrontements entre les forces de lÕordre et la population.
Le
sit-in de Mahamasina, de ce Jeudi 24 FŽvrier, a ŽtŽ marquŽ par lÕutilisation de
la force de la part des militaires, qui ont dispersŽ la foule ˆ coups de
grenades lacrymognes, causant la panique chez les patients soignŽs ˆ l'h™pital
Befelatanana proche, dont certains Žtaient pris de malaise. LÕintervention
musclŽe des forces de lÕordre sÕest produite au moment o les Žlves, de
nombreux b‰timents scolaires alentour, quittaient les cours, ce qui a soulevŽ
la colre des parents et des enseignants. Les commentaires sur lÕattitude de
Marc Ravalomanana dŽvoilŽe durant cette crise sont lŽgion, mais on se demande pourquoi,
personne nÕa (ou nÕose) parler de son Žtat de santŽ mentale, qui sans
exagŽration pose problme.
24-02-09-14h.45
locales
* * *
* *
Note de
lecture
Ç Le monde
a faim È
de Philippe
Chalmin
Bourin Žditeur
137 pages
12 Û
Pour
Žviter la catastrophe planŽtaire
Au printemps 2008, le prix du blŽ et celui du riz
atteignent des niveaux records et le monde dŽcouvrait que malgrŽ la rŽvolution
technologique, on pouvait encore mourir de faim.
Si
effectivement il y a bien un milliard de tŽlŽphones portables sur notre
plante, cette bonne terre possde un milliard de mal nourris, de pauvres
alimentaires!
L'auteur,
professeur d'histoire Žconomique nous invite ˆ une rŽflexion approfondie sur la
question alimentaire et sur les
enjeux de la production agricole qui devra doubler d'ici cinquante ans pour
nourrir nos petits enfants.
L'homme ne
dispose pas beaucoup de surfaces en rŽserve ˆ cultiver et l'extension des
villes installŽes sur les meilleures terres fait dispara”tre annuellement prs
de 0,50% des terres arables.
Faut-il bržler
les OGM comme le proposent de nombreux Žcologistes? C'est un dŽbat central ˆ ne
pas escamoter : Ç Les risques existent et,pour tre ma”trisŽs, ils
demanderont une coopŽration internationale pour l'instant ˆ peu prs
inexistante. Le pire en tout cas est le dialogue de sourds qui rgne
aujourd'hui et dont le rŽsultat paradoxal est le renforcement des monopoles
comme celui de Mosanto dont la comparaison avec Microsoft est
Žclairante. È
Le champ des biotechnologies serait prometteur pour
l'avenir de l'HumanitŽ, le nier c'est refuser le pari de la connaissance et ne
pas vouloir mener une rŽflexion-action permettant de rŽsoudre le problme
alimentaire de la plante.
N'est-il pas nŽcessaire d'engager un vŽritable
dŽbat sur ces questions et refuser par lˆ-mme les dialogues de sourds entre
des adeptes du progrs scientifique sans rivage et ceux d'une certaine forme
d' obscurantisme vert?
Les questions agricoles sont passŽes au deuxime plan,
bien aprs le dŽcollage Žconomique de nombreuses nations Žmergentes .
Il faut mettre
fin ˆ l'irresponsabilitŽ qui conduit ˆ des crises et des famines... C'est un
cri d'alarme que pousse l'auteur qui propose que soient abandonnŽes les
politiques ˆ courte vue..
L'agriculture a
ŽtŽ trop dŽlaissŽe dans les pays du tiers monde!
Jean-Franois
Chalot
* * * *
Nous traiterons prochainement du
"rapport Balladur" et de l'Žtat actuel de la crise des institutions
locales en France.
Devenez correspondant(e) / diffuseur
de Militant dans votre ville ou votre secteur professionnel :
Adressez un chque de 20 Û ˆ lÕordre
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