Lettre de liaison N¡ 51 du dimanche 1er mars 2009

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)

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Sommaire :

Vive la lutte des travailleurs des Antilles ! DŽclaration de l'UR de Rabat de l'UMT

Editoirla : Lyannaj Kont Pwofitasyon et nous.

Appel au 19 mars 2009 des organisations syndicales.

CommuniquŽ du Collectif national pour un front syndical de classe.

CommuniquŽ de la Coordination nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 19 fŽvrier.

CommuniquŽ du SNESUP-FSU.

Crise : vers la deuxime phase ? Par VP.

Madagascar : articles de Gisle Rabasahale, secrŽtaire gŽnŽrale de l'AKFM.

Note de lecture de JF Chalot

* * * *

 

Vive la lutte des travailleurs des Antilles !

 

LÕUnion RŽgionale U.M.T. de Rabat,SalŽ et Temara affirme sa solidaritŽ entire avec la lutte des travailleurs et travailleuses de Guadeloupe et de Martinique qui luttent contre la vie chre et pour la suppression des inŽgalitŽs entre les Antilles et l'Hexagone.

LÕUR-U.M.T. de Rabat, SalŽ et Temara est totalement solidaire des camarades des Antilles et de lÕaction de tous les travailleurs et les travailleuses en lutte qui dans les entreprises du privŽ se battent quotidiennement face ˆ lÕarbitraire patronal, pour la dignitŽ des travailleuses et des travailleurs, quel que soit leur pays ou leur origine.

Et nous condamnons Žnergiquement la mort dÕun militant syndical de la C.G.T.G. dans la nuit du 17 au 18 fŽvrier 2009. Cette guerre anti-syndicale s'inscrit dans une offensive capitaliste gŽnŽrale qui requiert une large solidaritŽ ouvrire et progressiste.

Recevez, cher (e)s camarades nos fraternelles salutations syndicalistes et militantes.
Le syndicat marocain U.M.T. en bref : UMT, Union Marocaine du Travail, est une organisation syndicale marocaine fondŽe en mars 1955 ˆ Casablanca avant lÕindŽpendance du Maroc. www.umt-usf.com

 

* * * *

 

Lyannaj Kont Pwofitasyon et nous.

 

 

Une bataille extrmement dure, et qui n'est pas finie, a ŽtŽ menŽe par les travailleurs de la Guadeloupe. Ses enseignements sont trs importants pour tous les travailleurs.

 

1.

Remarquons en premier lieu cette rŽticence ininterrompue des mŽdias franais ˆ nommer cette organisation. Il leur en a fallu du temps, pour accepter de laisser savoir que la grve gŽnŽrale Žtait menŽe par un regroupement de tous les syndicats avec quantitŽs d'association et, ˆ partir de lˆ, une organisation directe sur les lieux de travail, les noeuds routiers et logistiques, composŽ de militants, de travailleurs, de citoyens volontaires, reprŽsentant le collectif. Il leur en a fallu du temps pour nous dire comment celui-ci s'appelle et ce que cela veut dire. Ici mme, nous nous sommes un tout petit peu fait avoir : nous avons repris la traduction "collectif contre l'exploitation outrancire". Mais pourquoi "outrancire" ? Pourquoi ce plŽonasme ? L'exploitation de l'homme par l'homme n'est-elle pas outrancire par dŽfinition ? En crŽole, ce mot aurait le sens d' "abus", mais d'abus hŽlas ordinaire, quotidien, que l'on considre comme "normal" en temps ordinaire et dont on dŽcouvre qu'il est inadmissible lorsque se produit une prise de conscience collective. Alors pourquoi ne pas traduire ce mot, le crŽole et le franais Žtant des langues sÏurs, par le nŽologisme qu'il inspire : la "profitation", c'est-ˆ-dire la formation de profit, autrement dit le prŽlvement collectif du profit capitaliste sur l'ensemble du monde du travail ? En s'en prenant directement non "aux profits" en gŽnŽral, non aux seuls "profits spŽculatifs et financiers" comme on l'entend souvent, mais ˆ la formation du profit, le collectif a dŽsignŽ pour tous les GuadeloupŽens, pour tout le monde du travail en France, pour tous les travailleurs du monde, l'exploitation capitaliste comme LE problme. Merci camarades. Non au capitalisme, c'est-ˆ-dire non ˆ la profitation  !

 

2.

Ce collectif, qui s'est formŽ avant la grve gŽnŽrale pour dŽposer les revendications et pour organiser la lutte, a donc dŽveloppŽ des ramifications partout. Gr‰ce ˆ la prŽsence d'une Žquipe dirigeante ayant dŽfini clairement les revendications et les mŽthodes, avec dŽtermination, le collectif n'est pas restŽ un cartel d'organisations mais est devenu dans le cours de la lutte l'organe vivant du peuple. C'est aussi comme cela que les travailleurs des petites et moyennes entreprises, pas plus syndiquŽs au dŽpart lˆ-bas qu'ici, ont ŽtŽ entrainŽs, non boites par boites, mais tous ensemble, comme participants actifs du mouvement. Lyannaj Kont Pwofitasyon est donc en ce sens le soviet de la Guadeloupe, si l'on veut, ou la Commune, sous une forme qui Žvoque plus prŽcisŽment les conseils catalans et espagnols de 1936 en ce sens que c'est le regroupement des syndicats, sous l'impulsion du plus radical d'entre eux, l'UGTG (Union GŽnŽrale des Travailleurs GuadeloupŽens d'Elie Domota) qui en a ŽtŽ le noyau, mais qui a inventŽ des formes nouvelles en agrŽgeant les associations et aussi les groupes culturels, dont Akiyo, dont faisait partie le camarade assassinŽ Jacques Bino.

 

L'unitŽ a donc ŽtŽ rŽalisŽe par l'organisation commune de la base, la diversitŽ syndicale dans ces conditions, soumise ˆ la pression et ˆ la surveillance constantes des travailleurs et des habitants mobilisŽs. En mŽtropole on nous explique que l'unitŽ est indispensable pour qu'il y ait des 29 janvier et que l'unitŽ justifie des positions a minima qui ne demandent mme plus d'augmentation des salaires. En rŽalitŽ les dirigeants sont unis pour utiliser leurs divisions et mener le "dialogue social" avec Sarkozy ! C'est l'unitŽ par en bas et de bas en haut qui a ŽtŽ imposŽe ˆ la Guadeloupe. Mais est-ce que la mme unitŽ n'existe pas dŽjˆ ˆ la base ici dŽs maintenant ?

 

S'il est difficile de dire ce que le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon deviendra aprs la grve gŽnŽrale, il est comprŽhensible que Elie Domota dŽclare que le collectif continuera, car pour la grande majoritŽ des GuadeloupŽennes et des GuadeloupŽens, il est leur vŽritable reprŽsentation, bien plus que le conseil gŽnŽral et le conseil rŽgional qui ont d'ailleurs, de fait, reconnu la lŽgitimitŽ, on pourrait dire la souverainetŽ, de Lyannaj Kont Pwofitasyon.

 

3.

Parce qu'il est l'organe de la classe ouvrire, le collectif LKP est le reprŽsentant du peuple guadeloupŽen. Les couches qui n'ont pas d'emploi, la jeunesse en dŽshŽrence, soit y sont reprŽsentŽs, soit le respectent ŽnormŽment. Une trs grande partie des petits patrons, employeurs, petits commerants, artisans, petits mŽtiers, pompistes et travailleurs indŽpendants y sont reprŽsentŽs eux aussi; Certes, ils ont eu des Žtats d'‰me : si ces couches sociales avaient dirigŽ le mouvement, d'une part il se serait probablement dispersŽ, Žventuellement dissipŽ dans des actions violentes, et en mme temps la fermetŽ sur la revendication salariale n'aurait pas ŽtŽ ce qu'elle est. Mais ces couches sociales ont majoritairement, quelles que soient les rŽserves exprimŽes par certains (et dont la qute a ŽtŽ la principale occupation de quelques journalistes franais mŽtropolitains envoyŽs uniquement pour a, pour trouver le petit employeur victime de l'arrt des affaires), reconnu la direction de la classe ouvrire ˆ travers le collectif.

 

D'ailleurs, les GuadeloupŽens ne sont pas sans fruits, sans lŽgumes et sans poissons pendant et depuis ces semaines de grve gŽnŽrale : petits paysans, marins pŽcheurs et ramasseurs divers ont participŽ en masse au mouvement en nourrissant grŽvistes et population.

 

4.

Cette capacitŽ a regrouper et ˆ reprŽsenter le peuple, parce qu'il a ŽtŽ construit et imposŽ par l'action directe de la classe des salariŽs, est aussi illustrŽe par le soutien enthousiaste des intellectuels, potes et artistes,

 

Le "manifeste des neuf" dit "pour les produits de premire nŽcessitŽ", au nombre desquelles la poŽsie, lancŽ par neuf Žcrivains antillais qui reprŽsente la littŽrature franco-antillaise d'aujourd'hui, largement publiŽ par la presse de gauche en France, en est une des illustrations. Ce sont de fortes traditions culturelles et intellectuelles qui se sont mobilisŽs dans la grve gŽnŽrale de la Guadeloupe et dans celles de la Martinique, de la Guyane et de la RŽunion, des Antilles aux Mascareignes. Et qui se ressourcent, se renouvellent et apportent leur propre sve rŽgŽnŽrŽe au creuset de la grve gŽnŽrale, action commune et vie active des exploitŽs et des opprimŽs.

 

5.

L'insistance mise en France tant™t ˆ dire que les GuadeloupŽens, Martiniquais et Guyanais veulent simplement tre traitŽs comme des citoyens de la rŽpublique franaise et en mme temps que leurs revendications sont spŽcifiques et renvoie au passŽ esclavagiste et colonialiste, bien qu'elle mette le projecteur sur des rŽalitŽs, n'est souvent pas innocente.

 

Car on voudrait ainsi, avec le sentiment de la distance, nous instiller l'idŽe que ce serait un mouvement spŽcifique, particulariste, avec lequel les revendications en France n'auraient que peu ˆ voir, ce que tout contredit : 200 euros de plus par mois est une revendication immŽdiate qui vaut aussi pour tous les bas salaires franais, et avec elle un SMIC net ˆ 1500 euros, le blocage des prix alimentaires et ŽnergŽtiques et des loyers, et la hausse gŽnŽralisŽe des salaires, retraites, pensions et minima sociaux. Les exploitŽs et les opprimŽs ici, sous les latitudes tempŽrŽs, appartiennent ˆ la mme classe que ceux des Antilles, ils sont nos sÏurs et nos frres alors que Sarkozy comme les  prŽfets de Pointe-ˆ-Pitre et de Fort-de-France, et Mme Parisot comme M. Angele son homologue de la Guadeloupe, sont nos adversaires.

 

Mais la solidaritŽ internationale des travailleurs n'empche pas, au contraire, de comprendre que l'appartenance des "DOM" ˆ la nation franaise ne va pas de soi. En fait, ces peuples n'ont jamais pu dŽcider dŽmocratiquement de leur appartenance nationale. Qu'un lien de solidaritŽ entre le monde du travail en France et les Antilles, remontant d'ailleurs ˆ la RŽvolution de 1789 et aux soulvements des esclaves, avec ceux d'Ha•ti, premire nation ngre, existe, ne fait pas forcŽment d'eux des "franais". Ils ont le droit de choisir, le droit s'auto-dŽterminer, entre leurs liens avec la France, avec toutes les Antilles et avec l'AmŽrique du Sud.

 

Cela ne les Žloigne pas des travailleurs en France. Le collectif LKP, justement en unissant toute les composantes du peuple de la Guadeloupe sur ses aspirations sociales, laissant donc de c™tŽ les questions relatives ˆ l'indŽpendance, ˆ l'autonomie et au statut, a en mme temps affirmŽ la dignitŽ de tout un peuple et a ŽtŽ, dans les faits, une premire reprŽsentation nationale de ce peuple -quelle que soit la couleur des individus qui le composent.

 

6.

Il y a une campagne de haine de certains mŽdias franais, directe ou allusive, contre Elie Domota et Lyannaj Kont Pwofitasyon.

 

Le Figaro a rŽcemment publiŽ, pour faire peur, une photo de "gros bras" du LKP portant les T-shirts bleus de son service d'ordre, sur lesquels est inscrit le mot : "SŽcuritŽ". Tout travailleurs, tout militant, tout syndicaliste qui sait ce qui serait nŽcessaire aux vraies grves ne peut que ressentir un sentiment de fiertŽ en voyant une telle photo ! Oui, le service d'ordre du LKP, terreur de certains patrons, intimidation pour les mafieux et les nervis, cela veut dire "SŽcuritŽ" pour les gens du peuple, pour les gens de la rue.

"Oui, mais il y a eu des violences, et mme un mort, tuŽ par de jeunes Žmeutiers ! ".

 

Objection : il y a eu des violences aprs que le LKP ait fait rŽgner ordre et discipline pendant un mois de grve, alors que les armes et la drogue circulent il a rŽussi soit ˆ rallier, soit ˆ intimider tous les gangs et toutes les bandes, obligŽs de choisir leur camp, et c'est seulement quand l'ƒtat de France, ses CRS, sa BAC, sont venus provoquer, tirer parfois, injurier, qu'une partie de la jeunesse a explosŽ -sans qu'il soit d'ailleurs prouvŽ que la balle qui a tuŽ Jacques Bina soit venue d'eux.

 

On peut dire sans aucune exagŽration que les 27 jours qui ont prŽcŽdŽ l'arrivŽe de la violence d'ƒtat ont ŽtŽ les plus calmes de l'histoire de l'”le ! Selon certains tŽmoignages, mmes les violences domestiques, familiales, chez des gens pauvres, ont commencŽ ˆ reculer car la vie collective, la passion politique et la fte ambiante occupaient et grandissaient les gens.  

 

Le LKP,  le service de sŽcuritŽ du LKP, c'est l'ordre et la sŽcuritŽ. La police d'ƒtat, c'est l'insŽcuritŽ. Voila une leon de premire importance pour ici !

 

7.

Ah, si nous avions des dirigeants syndicaux comme ceux-lˆ ...

 

Si les choses ont tellement durŽ et si finalement il y a eu un mort, puis deux, c'est parce que les travailleurs de mŽtropole quoi que de plus en plus solidaires et intŽressŽs n'ont pas pu exprimer cette solidaritŽ. Ici a eu lieu un sommet social avec Sarkozy qui ne risquait pas de donner des hausses de salaires, puisque -relisez les appels au 29 janvier et maintenant celui au 19 mars ! - la revendication d'augmentation des salaires ne figure pas dans la plate-forme intersyndicale nationale ou ce qui en tient lieu ! On voudrait nous faire croire qu'entre la participation au "dialogue social" de Sarkozy et, en somme, le terrorisme et l'ultra-gauche, il n'y a pas de voie. Mais la manire dont le LKP a nŽgociŽ sur les salaires est une leon d'indŽpendance de classe, donc d'indŽpendance syndicale,, et d'efficacitŽ compte-tenu de l'isolement dans lesquels ils ont ŽtŽ laissŽs.

 

Tout au long de la lutte, aux patrons qui prŽtendaient ne pas pouvoir hausser les salaires les reprŽsentants du peuple guadeloupŽen rŽpondaient que l'ƒtat devait leur enlever ce prŽtexte rŽel ou supposŽ en subventionnant les hausses de salaires, exigeant l'intervention de la loi et de la rŽglementation et refusant de s'en remettre au seul "contrat entre partenaires sociaux", mais refusant les formules sans cesse ressassŽes du type RSA (Revenu dit de "solidaritŽ active") car rŽclament un vrai salaire.

 

A l'heure o sont Žcrites ces lignes, Lyannaj Kont Pwofitasyon a obtenu des reprŽsentants des petits patrons une hausse des salaires en grande partie compensŽe par l'ƒtat et la RŽgion. Notons-le : ce sont les petits patrons, ceux qui Žtaient censŽs avoir le plus de mal ˆ augmenter la paye, qui ont cŽdŽ comme pas mal d'entre eux voulaient le faire d'ailleurs depuis un moment, et ce sont les plus riches, notamment les pŽtroliers et les h™teliers, qui ne veulent pas cŽder. Le MEDEF local, au motif officiel qu'il ne veut pas venir aux nŽgociations car son chef aurait peur d'tre frappŽ par Elie Domota lui-mme, refuse de signer.

 

Les reprŽsentants des travailleurs exigent de l'ƒtat qu'il gŽnŽralise l'accord collectif contractuel comme il en a parfaitement le pouvoir mais dŽclarent que si l'ƒtat ne fait pas cela, les travailleurs imposeront eux-mmes la gŽnŽralisation des hausses de salaires en allant les chercher, en "dŽmarchant" les patrons, et que cela pourrait bien tre la prochaine action du LKP mme si la grve s'arrte. Naturellement le petit chef local du MEDEF pousse des cris d'effroi devant cette nouvelle atteinte ˆ la loi et aux droits sacrŽs de la propriŽtŽ qui s'annonce. Oui, c'est comme a qu'il faut faire ! Pour les salaires, comme pour les prix, et cela quand les chefs syndicaux en France en Žtaient de vrais, s'appelait l'action directe !

 

S'ils n'ont pas ŽtŽ aidŽs par nos dirigeants nationaux, les travailleurs de la Guadeloupe ont agi en rŽsonance avec la montŽe en France mŽtropolitaine des grves et de la rŽsistance sociale ˆ la volontŽ de Sarkozy de faire payer la crise du capitalisme ˆ tout le monde sauf aux capitalistes. Ils sont en train d'infliger une dŽfaite politique ˆ Sarkozy et ˆ son gouvernement. C'est particulirement maintenant qu'ils doivent tre soutenus, contre toute rŽpression, tout attentat et toute provocation parfaitement possibles. Ces Žvnements et ce qui s'est passŽ en rŽalitŽ le 29 janvier, une premire grve ˆ caractre gŽnŽral contre Sarkozy, montrent que c'est possible, que c'est nŽcessaire, et que cela ne ferait pas que dŽfaire ce prŽsident et ce gouvernement du capital, mais ouvrirait la voie pour les chasser et construire notre propre reprŽsentation politique pour gouverner.

 

* * * * * 

 

Sur l'Žvolution de la lutte des classes en France, nous fournissons ˆ nos lecteurs plusieurs documents.

 

Le texte national d'appel au 19 mars ne comporte pas, comme il est remarquŽ ci-dessus, la revendication de hausse des salaires ! Le communiquŽ du collectif mis en place par les camarades CGT et FSU ayant initiŽ la Lettre Ouverte aux directions syndicales pour une action commune gŽnŽrale tous ensemble, traite avec sŽrieux des problmes posŽs par les conditions dans lesquelles est appelŽ le 19 mars. Le 19 mars peut tre une rŽpŽtition amplifiŽe du 29 janvier c'est-ˆ-dire une grve gŽnŽrale, mais il y a aussi un vrai risque que la rŽpŽtition rŽgulire du mme type de journŽe tout en nŽgociant sur tout, sauf sur les salaires, sauf sur les revendications, avec Sarkozy, ne lasse les travailleurs. Mais mme dans ce cas, le feu couve et ce qui est nŽcessaire, ce sont des perspectives. C'est effectivement en nous organisant que nous les dŽgagerons. Nous reproduisons aussi le texte de la Coordination nationale des universitŽs, reprŽsentant la majoritŽ des enseignants-chercheurs et leurs syndicats et associations spŽcialisŽes, qui s'est prononcŽe, remontant ˆ la source, pour l'abrogation de la loi LRU : tout mouvement revendicatif sŽrieux en vient donc ˆ remettre en cause la politique du gouvernement dans ses fondements. Sous cette pression, la ministre PŽcresse a invitŽ les syndicats ˆ une pseudo-nŽgociation ˆ laquelle le principal syndicat de la profession, le SNESUP-FSU, a refusŽ de se rendre. Trois syndicats minoritaires -UNSA, CFDT et "Autonomes"- y ont signe un projet de dŽcret "rŽŽcrit" qui tente de reculer sur une partie des atteintes au statut des enseignants-chercheurs tout en prŽservant le cadre de la loi PŽcresse dite "LRU". Nous reproduisons le communiquŽ du SNESUP au sujet de ce texte.

 

Appel au 19 mars 2009 des organisations syndicales

23 fŽvrier 2009 - La forte mobilisation du 29 janvier a conduit le prŽsident de la RŽpublique ˆ annoncer ˆ lÕoccasion de la rencontre avec les partenaires sociaux, le 18 fŽvrier, une lŽgre inflexion sociale ˆ son plan de relance. En rŽponse ˆ une partie des revendications avancŽes par les organisations syndicales, des mesures sont annoncŽes, des processus de concertation sont proposŽs sur le partage de la valeur ajoutŽe et des profits, un fonds dÕinvestissement social est programmŽ. Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA considrent que les mesures sont trop parcellaires pour modifier le cap Žconomique de la politique gouvernementale. Par ailleurs, le PrŽsident a refusŽ catŽgoriquement dÕaugmenter le Smic, de modifier sa politique dÕemploi dans les fonctions publiques et de revenir sur la dŽfiscalisation des heures supplŽmentairesÉ

A cela sÕajoutent lÕattitude dogmatique du patronat et son refus dÕassumer ses responsabilitŽs. La crise nŽcessite des rŽponses dÕune toute autre portŽe. Les effets de la crise Žconomique et financire sÕaccentuent et accroissent les inquiŽtudes des salariŽs. La recrudescence des suppressions dÕemploi, dÕutilisation du ch™mage partiel, contribuent ˆ amplifier la rŽcession et psent lourd sur le pouvoir dÕachat qui se dŽgrade. Tout ceci conduit les organisations syndicales ˆ poursuivre la mobilisation. Elles appellent ˆ poursuivre les actions engagŽes dans les secteurs professionnels. Elles confirment la journŽe de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars 2009 qui donnera lieu ˆ des grves et des manifestations dans tout le pays. En prolongement de leur dŽclaration commune du 5 janvier 2009, elles appellent leurs syndicats et les salariŽs, les demandeurs dÕemploi, les retraitŽs, ˆ faire entendre au gouvernement comme aux responsables patronaux et employeurs leurs revendications :

         dŽfendre lÕemploi privŽ et public,

         lutter contre la prŽcaritŽ et les dŽrŽglementations Žconomiques et sociales,

         exiger des politiques de rŽmunŽration qui assurent le maintien du pouvoir dÕachat des salariŽs, des ch™meurs et des retraitŽs et rŽduisent les inŽgalitŽs,

         dŽfendre le cadre collectif et solidaire de la protection sociale, des services publics de qualitŽ.

 

Elles expriment leur solidaritŽ et leur soutien aux salariŽs des DOM et ˆ leurs organisations syndicales et appellent gouvernement et patronat ˆ rŽpondre positivement aux revendications posŽes. Elles conviennent de se rŽunir ˆ nouveau le 20 mars 2009 ˆ 8h00.

 

* * * *

CommuniquŽ du Collectif National pour un Front Syndical de Classe

Face ˆ Sarkozy, au Medef et ˆ l'UE, construire par en-bas le tous ensemble en mme temps

Collectif National pour un Front Syndical de Classe  mis en place par les initiateurs CGT et FSU de la Ç lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux È

collectif.syndical.classe@laposte.net

Face ˆ Sarkozy, au Medef et ˆ l'UE,

construire par en-bas le tous ensemble en mme temps

Le pouvoir mne une guerre sans limite contre les intŽrts et les acquis des travailleurs et la crise va accŽlŽrer cette rŽgression sociale dans des proportions dramatiques ; face ˆ cette situation, la France deviendra un pays de misre pour les travailleurs si ceux-ci ne parviennent pas ˆ construire un mouvement d'ensemble durable bloquant le profit capitaliste, comme en 36, en 68 ou comme en Guadeloupe actuellement, qui seul pourra faire plier le gouvernement et le patronat et permettre la satisfaction des revendications et des aspirations populaires.

D'un c™tŽ, des travailleurs du public et du privŽ, retraitŽs, ch™meurs... subissant la rŽgression sociale et la crise capitaliste : salaires bloquŽs voire en baisse (comme ˆ IBM ou chez Renault o les salaires n'augmenteront pas cette annŽe et o les primes vont tre fortement rŽduites) tandis que les prix montent, licenciements qui se multiplient (+ 100 000 ch™meurs en janvier !), suppressions de postes massives dans le public, casse de l'h™pital, des universitŽs et de l'Education nationale....

De l'autre, 54 milliards de bŽnŽfices (+ 14 %) distribuŽs aux gros actionnaires du CAC 40 pour 2008, des centaines de milliards d'euros publics versŽs sans aucun contr™le aux grandes entreprises, des milliards d'exonŽrations de cotisations sociales...

De l'argent et des moyens dans notre pays, il y en a bien. Mais il ne sert qu'ˆ engraisser le grand capital au nom d'une politique unique euro-formatŽe et imposŽe aujourd'hui en France par Sarkozy et son gouvernement qui sont les commis des Bouygues, Lagardre, BollorŽ, Rothschild et autres Pinault.

Face ˆ cette situation, les mobilisations se succdent depuis des mois et se ressemblent, massives et posant avec dŽtermination les revendications populaires : augmentation des salaires, interdiction des licenciements et des dŽlocalisations, retrait des contre-rŽformes euro-libŽrales (h™pital, Education de la maternelle ˆ l'universitŽ...), refus des privatisations et de la casse des services publics, non ˆ l'exploitation nŽo-coloniale dans les DOM...

Ces nombreuses luttes, qui ont dŽbouchŽ le 29 janvier sur une journŽe interpro d'une ampleur exceptionnelle, sont massivement soutenues par la population tandis que Sarkozy, dŽcidŽ ˆ maintenir cožte que cožte son programme de Ç rupture È thatchŽrienne, est de plus en plus impopulaire.

Dans ce contexte, l'affrontement entre le Travail et le Capital peut dŽboucher aussi bien sur une formidable victoire populaire que sur une dŽfaite cuisante si les luttes ˆ la base ne parviennent pas ˆ trouver le chemin de l'unification.

Malheureusement, les directions syndicales franaises ont clairement choisi de tout faire pour empcher la convergence des luttes et la construction d'un rapport de forces durable pour gagner, seul moyen de faire plier Sarkozy, le MEDEF et l'UE du Capital. Ce choix stratŽgique s'inscrit dans leur collaboration au sein de la direction de la ConfŽdŽration EuropŽenne des syndicats, financŽe par l'UE pour accompagner la construction europŽenne capitaliste, et dont le secrŽtaire gŽnŽral expliquait en dŽcembre 2008 que les syndicats devaient dŽsormais inscrire sur leurs banderoles le mot d'ordre : Ç sauver le capitalisme de lui-mme È. Tout un programme au nom duquel les Žtats-majors syndicaux franais agissent pour canaliser les luttes et les empcher de remettre en cause un systme qui ne peut plus se survivre qu'en dŽtruisant au quotidien les acquis sociaux et dŽmocratiques du peuple.

C'est ainsi que, soumis ˆ une trs forte pression de la base militante et des luttes de la fin 2008, ils ont dŽcidŽ d'une journŽe d'action le... 29 janvier pour s'empresser ensuite d'attendre et de laisser le gouvernement reprendre la main par l'annonce d'un Ç sommet social È le 18 fŽvrier dont il Žtait Žvident qu'il ne sortirait rien, avant d'en appeler ˆ une nouvelle journŽe d'action le... 19 mars, qui porte qui plus est sur des revendications trs ŽloignŽes de celles qui s'expriment dans les entreprises : la plate-forme des 8 organisations syndicales ne formule aucune exigence prŽcise en matire de salaires ou demande aux travailleurs de faire grve pour Ç rŽglementer la sphre financire internationale È. Deux mois perdus pour les travailleurs mais deux mois gagnŽs pour le gouvernement contre la colre populaire alors que dans le mme temps, rien n'a ŽtŽ fait pour assurer le solidaritŽ et la convergence autour de la grve historique des UniversitŽs et de la Recherche, ˆ laquelle les Žtudiants se joignent de plus en plus massivement, et de la grve gŽnŽrale en Guadeloupe laissŽe sans soutien pendant des semaines.

Sans parler de ChŽrque dont la mission est de trahir chaque mobilisation, il est en particulier indigne que B. Thibault, intervenant en direct ˆ la tŽlŽvision au soir de la rŽunion du 18 fŽvrier, n'ait critiquŽ que du bout des lvres les Ç propositions È de Sarkozy alors que celui ci mne une guerre de classe contre les travailleurs et qu'en outre il n'ait mentionnŽ la lutte des DOM ou des universitŽs, ni mme dit un mot sur l'assassinat d'un militant CGT en Guadeloupe, dans des circonstances troubles mais dans lesquelles le choix du pourrissement et de la tension par le gouvernement a de toute Žvidence beaucoup pesŽ.

De mme, que penser des positions actuelles du secrŽtaire de la FSU et de la direction du SNES qui, contre l'avis mme du syndicat FSU du SupŽrieur, refusent de soutenir les revendications des universitaires et des Žtudiants en grve reconductible, laissant une fois de plus du rŽpit au gouvernement et retardant l'unification des revendications et des actions entre tous les personnels de l'Education ?

Quant au syndicat Solidaires qui, aprs le recentrage de la confŽdŽration CGT, occupe dŽsormais le terrain Ç radical È sur le plan mŽdiatique, il dŽclare que si la date du 19 mars est bien un peu tardive pour la convergence des luttes, l'essentiel est que l'unitŽ syndicale ait ŽtŽ prŽservŽe.

Mais les travailleurs n'ont que faire d'une unitŽ de sommet qui ne sert concrtement qu'ˆ faire gagner du temps au pouvoir et ˆ empcher toute construction d'un rapport de forces pour gagner.

L'unitŽ dont les travailleurs et la jeunesse ont besoin, c'est ˆ la base, pour l'action et ˆ partir des revendications rŽelles qui s'expriment dans les luttes :

      augmentation des salaires et SMIC ˆ 1600 euros nets

      interdiction des licenciements et des dŽlocalisations

      contr™le par les travailleurs des milliards donnŽs par le gouvernement

      pour la dŽfense des services publics (Education Nationale, H™pital,É)

      contre la casse des acquis sociaux (sŽcu, retraite aprs 37,5 annuitŽs, ˆ 50 ans pour les travaux pŽnibles)É

L'unitŽ dont les travailleurs ont besoin c'est, en coordonnant au niveau national les mobilisations sectorielles ˆ la base, pour construire un rapport de forces de haut niveau capable de battre Sarko-Medef.

Mais les directions syndicales jouent un r™le de frein au lieu de jouer celui du moteur. C'est donc par en-bas, ˆ partir de nos syndicats et des luttes dans les usines, les services, les Žcoles, collges et lycŽes ,les h™pitaux ou les universitŽs, ˆ partir des rŽunions interpro dans les communes ou les dŽpartements, ˆ partir de coordinations articulant syndicat et AG de grŽvistes, que nous pourrons imposer le tous ensemble en mme temps durable alors que d'ici le 19 mars, des journŽes de lutte sont annoncŽes le 5 mars (grve ˆ l'H™pital, dŽbut de la grve gŽnŽrale ˆ la RŽunion) ou le 11 mars (journŽe nationale dans les universitŽs)....

En renouant avec le syndicalisme de classe et de masse qui fit la grande CGT et les acquis des travailleurs de France, salariŽs du privŽ, du public, jeunesse Žtudiante et lycŽenne, couches sociales ŽtranglŽes par Sarkozy, le Medef et l'UE, nous aurons la force de gagner. Avec ou sans les directions syndicales.

Le Capital bloque le pays et les travailleurs. Bloquons le Capital !

Les DOM et lÕUniversitŽ montrent le chemin :

Ç Lyanache kont la pwofitation È sur TOUT LE TERRITOIRE NATIONAL !

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CommuniquŽ de la Coordination nationale des UniversitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 19 fŽvrier.


La journŽe de manifestations du 19 fŽvrier a rassemblŽ 50 000 enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, post-doctorants, doctorants, Žtudiants, BIATOSS, ITA, prŽcaires, et des personnels de lÕEducation Nationale dans toute la France. AujourdÕhui, le 20 fŽvrier 2009, la 4me Coordination nationale des universitŽs se tient ˆ Nanterre.

Elle exprime son exaspŽration face au mŽpris sans prŽcŽdent manifestŽ par le gouvernement et par le prŽsident de la RŽpublique vis-ˆ-vis de son mouvement et de ses revendications, vis-ˆ-vis de lÕensemble de la communautŽ universitaire.

Elle constate que les revendications posŽes par les Coordinations prŽcŽdentes nÕont pas ŽtŽ satisfaites et que les rŽformes contestŽes nÕont pas ŽtŽ retirŽes.
En consŽquence, elle maintient le mot dÕordre de grve, reconductible, totale et illimitŽe lancŽ le 22 janvier : Ç LÕUniversitŽ et la Recherche sÕarrtent È.

Motion 1 : Ç De la maternelle ˆ lÕuniversitŽ È

Les dŽlŽguŽs ˆ la Coordination nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 20 fŽvrier 2009 constatent quÕun projet cohŽrent est en train dÕtre mis en place de la maternelle ˆ lÕuniversitŽ : casse des services publics et des statuts des personnels et des Žtablissements de la fonction publique, Žducation ˆ deux vitesses, mise en concurrence des Žtablissements, crŽdits insuffisants, suppressions de postes, prŽcarisation. Nombre de nos revendications concernent les collgues de la maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delˆ lÕensemble de la sociŽtŽ. Leurs revendications sont les n™tres. Ceci est particulirement vrai en ce qui concerne lÕemploi, la rŽforme des concours de recrutement et de la formation des enseignant-e-s, mais aussi la remise en cause des disciplines et des statuts nationaux La coordination appelle ˆ la multiplication des actions communes partout sur le mot dÕordre Ç De la maternelle ˆ lÕuniversitŽ : retrait des contre-rŽformes Darcos/PŽcresse È. Elle reprend la proposition que soit organisŽe une grande journŽe de mobilisation sur ce mot dÕordre dŽbut mars.

Dans cette perspective, elle mandate une dŽlŽgation pour prendre contact avec les organisations syndicales et lÕIntersyndicale de lÕenseignement supŽrieur et de la recherche. Elle appelle nos collgues ˆ aller discuter dans les Žcoles, collges et lycŽes. Elle appelle les IUFM ˆ rejoindre massivement le mouvement et ˆ le relayer auprs des ma”tres formateurs. Elle mandate une dŽlŽgation ˆ la coordination parents-enseignants du 14 mars ˆ Montpellier.

Motion 2 : Ç Pour une nouvelle loi È

La coordination nationale exige lÕabrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et lÕarrt immŽdiat de leur mise en Ïuvre. Elle exige lÕadoption dÕune nouvelle loi. Cette loi doit instituer un vŽritable Žquilibre des pouvoirs au sein de lÕUniversitŽ et de la Recherche dans le respect du Statut GŽnŽral de la Fonction publique. La nouvelle loi doit tre conforme aux aspirations exprimŽes par les universitaires, les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les ƒtudiants. Il est impŽratif que cette nouvelle loi soit ŽlaborŽe aprs consultation et de vŽritables nŽgociations.

Motion 3

La 4me Coordination nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 20 fŽvrier 2009 reprend ˆ son compte les motions votŽes dans les Coordinations prŽcŽdentes, avec lÕensemble des revendications quÕelles contiennent, et lÕappel du CNRS votŽ le 12 fŽvrier.

Nous continuons ˆ exiger :

- le retrait de la rŽforme du mode dÕallocation des moyens (dit modle SYMPA)
- la rŽsorption totale de la prŽcaritŽ et lÕaugmentation des salaires des personnels (revalorisation du point dÕindice et intŽgration des primes dans les salaires)
- le rŽinvestissement de lÕEtat dans les CROUS et dans lÕaide sociale aux Žtudiants
- la fin du processus dÕexternalisation des t‰ches, et le maintien de la filire bibliothque.
La coordination nationale des universitŽs appelle ˆ intensifier la mobilisation et les luttes en cours. Elle soutient les revendications de la Coordination Žtudiante du 14-15 fŽvrier. Elle soutient les Ç dŽsobŽissants È qui refusent dans les Žcoles de mettre en place le soutien individualisŽ, et demande lÕarrt immŽdiat des sanctions contre les enseignants du primaire.

Dans lÕimmŽdiat, la coordination nationale exige le retrait des trois rŽformes contestŽes (projet de rŽforme du statut, masterisation des concours, projet de contrat doctoral unique), la fin du dŽmantlement des organismes publics de recherche ainsi que la restitution des 1030 postes supprimŽs, et un plan pluriannuel de crŽation dÕemplois.

Motion 4 : Ç SolidaritŽ avec les Žtudiants È

La Coordination nationale des universitŽs rŽunie ˆ Nanterre le 20 fŽvrier 2009 dŽclare son soutien au mouvement des Žtudiants et ˆ leurs revendications telles quÕexprimŽes dans la plateforme de leur premire coordination nationale de Rennes.

Elle mandate une dŽlŽgation pour prendre contact avec le comitŽ dÕorganisation de leur prochaine coordination nationale : samedi 28 et dimanche 29 fŽvrier (universitŽ dÕ Angers). /tmp/Tableau invitŽs Ens+Rech. par Labo.doc

Calendrier national

24 fŽvrier : multiplier les actions en direction du public.

26 fŽvrier : journŽe nationale de manifestations.

5 mars : journŽe nationale de manifestations. Par ailleurs, si nos exigences ne sont pas satisfaites ˆ cette date, nous appelons ˆ la dŽmission de toutes les charges administratives non Žlectives et au refus de participation aux jurys (bac, BTS, DUT, Capes-Agreg, session de printempsÉ) et ˆ pratiquer lÕobstruction dans le cadre des mandats Žlectifs.

6 mars : prochaine Coord ˆ Paris 12 (peut-tre avec Marne-La-VallŽe).

7 mars : Rassemblement de la maternelle ˆ lÕuniversitŽ

10 mars : Grande manifestation nationale Òde la maternelle ˆ lÕuniversitŽÓ ˆ Paris.

12 mars : Appel ˆ soutenir et ˆ participer ˆ la coordination nationale des laboratoires.


19 mars : Appel ˆ la journŽe de mobilisation nationale intersyndicale et interprofessionnelle.
Et aussi

      DŽvelopper la grve active, des cours alternatifs, les interventions dans les lieux publics, voire leur occupation.

      Boycott des expertises AERES et ANR, boycott des audits des UniversitŽs pour le passage ˆ lÕautonomie. Envoi dÕune lettre de la coordination.

      Blocage des conseils centraux qui prŽvoient de remonter les maquettes.

      Participation aux JournŽes en mars ˆ Bruxelles en relation avec la stratŽgie de Lisbonne et de Bologne.

      Voter le principe dÕune caisse de grve avec les BIATOSS et les ITA, le primaire et le secondaire.

      Appel aux chefs de service administratifs pour ne pas remonter le recensement des grŽvistes.

      DŽlŽgation ˆ la coordination Žtudiante ˆ Angers

      PrŽsents /tmp/Tableau invitŽs Ens+Rech. par Labo.docˆ la Coordination nationale ˆ lÕUniversitŽ Paris Nanterre :

      UniversitŽs : Angers, Antilles-Guyane, Avignon, Artois, Aix-Marseille I, Aix-Marseille III, Bordeaux I, Bordeaux II, Bordeaux III, Bourgogne, Brest, Bretagne Sud, Bretagne occidentale, Caen, Cergy, Clermont II, Compigne, Evry, Franche-ComtŽ, Grenoble 1,Haute Bretagne, Le Havre, Le Mans, Lille 1, Lille 3, Limoges, Littoral, Lyon 1, Marne-la-VallŽe, Metz, Montpellier II, Montpellier III, Mulhouse-Colmar (Haute Alsace), Nancy 1, Nancy 2, Nantes, OrlŽans, Paris 1, Paris 3, Paris 4, Paris 5, Paris 6, Paris 7, Paris 8, Paris 9, Paris 10, Paris 11, Paris 12, Paris 13, Pau, Picardie, Poitiers, Reims, Rennes 1, Rennes 2, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse 2, Toulouse 3, Tours,Valenciennes,Versailles Saint Quentin

      Autres Žtablissements et organismes : CNAM,Ecole franaise de Rome,EHESS,ENS Cachan,ENS,LSH,ENS Paris,ENS Lyon,IEP Paris,IEP Rennes,IEP Toulouse,INALCO,IUFM Paris,IUT Troyes,Museum,Observatoire de Paris,

      Associations et sociŽtŽs savantes : APMESU,ASES,DŽfense de lÕuniversitŽ,Papera,Reconstruire,lÕŽcole,SF Žtudes 18me, SFLG, SFS, SIES, SLR, SLU, SMF

      Syndicats : FERC-CGT, SNPREES-FO, Intersyndicale de lÕEnseignement supŽrieur, Intersyndicale de lÕadministration centrale, SNCS-FSU, SNESup-FSU, Sud Education, Sud Recherche

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CommuniquŽ du SNESup.

Le gouvernement concde de premiers reculs non dŽnuŽs de manÏuvre

Depuis des mois, le SNESUP porte des revendications reprises par des collectifs, des assemblŽes gŽnŽrales partout en France. Le fait que le gouvernement semble consentir ˆ la rŽŽcriture de la version initiale de son dŽcret et qu'il ait annoncŽ le gel des suppressions d'emplois dans l'enseignement supŽrieur pour 2010 et 2011 est ˆ l'actif indŽniable du syndicalisme de lutte que nous portons. La formidable dŽtermination des personnels de l'enseignement supŽrieur et de la recherche a contraint le gouvernement ˆ de premiers reculs sur certains aspects du statut des enseignants-chercheurs.

C'est un premier succs pour les revendications portŽes par le SNESUP et la communautŽ universitaire en lutte. Le gouvernement a mis en scne un spectacle : celui de sa disponibilitŽ ˆ discuter avec des organisations complaisantes. Ce n'est pas nouveau dans la stratŽgie de communication de ValŽrie PŽcresse et du gouvernement.

Le SNESUP mesure les avancŽes, dŽnoncera les tentatives de rŽgression et engagera toutes ses forces pour consolider les premires et contrecarrer les secondes, fidle en cela ˆ ses responsabilitŽs de premire organisation syndicale et ˆ sa conception du syndicalisme. Mais le compte n'y est pas au regard du socle revendicatif portŽ par la mobilisation. Le refus du gouvernement d'apporter des rŽponses prŽcises et chiffrŽes
- sur l'emploi statutaire (au moment o se profilent ˆ nouveau 1000 suppressions d'emplois dans la recherche au budget pour 2010-2013),
- sur le dossier central de la formation des enseignants -incluant le moment et les contenus de concours-,

      sur la revitalisation des organismes de recherche...
appelle l'intensification des initiatives de grve et de manifestations, en particulier les 5 et 11 mars prochains.

       
La crise actuelle tŽmoigne du dŽsaveu des orientations et de la faillite des mŽthodes du gouvernement, qui a ignorŽ et ignore encore toutes les instances collectives reprŽsentatives (CNESER, CoNRS, CTPU), au profit de la CPU et d'une stratŽgie de communication. Les propositions de la seule CPU ne refltent en rien celles portŽes par la communautŽ universitaire. Cela aussi doit changer. Le SNESUP exige des rŽponses claires aux questions transmises au gouvernement le 26 fŽvrier et rŽitre sa demande d'un CNESER plŽnier dans les plus brefs dŽlais.

      Le SNESUP examinera avec attention les nouveaux ŽlŽments fournis par le gouvernement. Il construira sa rŽaction en liaison avec les assemblŽes gŽnŽrales et les collectifs mobilisŽs

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Crise : vers la deuxime phase ?

 

La crise Žconomique mondiale actuelle a germŽ dŽs la fin de l'annŽe 2006, lorsque la crise immobilire nord-amŽricaine a commencŽ et aprs que l'attaque israŽlienne au Sud du Liban ait illustrŽ le blocage des stratŽgies militaristes qui, surtout depuis les crimes du 11 septembre 2001, avaient elles aussi jouŽ un r™le de premier plan dans la "croissance". Elle s'est approfondi par paliers successifs tout au long des annŽes 2007 et 2008, ˆ la fois en tant que crise financire montante dans le centre impŽrialiste, Wall Street, et comme crise alors rampante de surproduction dans l'usine du capital, la Chine "populaire". Officiellement le monde n'Žtait pas encore en crise alors que les Žmeutes de la faim du Caire ˆ Mexico le parcouraient, la GuinŽe dŽjˆ connaissant une situation rŽvolutionnaire. Lorsque subitement tout le monde s'est mis ˆ hurler "c'est la criiiise ! ", le 15 septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, les mesures de refinancement, de quasi "nationalisation" (pour aider les banquiers : c'est cela une nationalisation, aujourd'hui) avaient dŽjˆ commencŽ en rŽalitŽ ˆ s'accumuler, depuis Northern Rock en Grande-Bretagne (automne 2007) et Bear Stearn aux Etats-Unis (printemps 2008) et tout rŽcemment Fanny Mae et Freddy Mac (dŽbut septembre). En outre, l'aggravation des tensions internationales avait dŽjˆ ŽtŽ marquŽe par la guerre en GŽorgie. Mais le krach boursier vŽritable, bien que les commentateurs n'aient jamais vraiment consenti ˆ dire son nom, commena ˆ ce moment lˆ, ainsi que, ˆ partir du plan Paulson amplifiŽ depuis en plan Obama, les interventions d'ƒtat les plus massives qu'on ait vu pour secourir le capital.

Nous pouvons considŽrer que ce qui s'est passŽ depuis le 15 septembre 2008 : ces plans gigantesques de dŽpenses ou d'emprunts publics pour aider les banques, l'Žlection de Barack Obama qui est devenue une certitude seulement lorsqu'en fin de campagne il apporta son soutien total ˆ de tels plans, le dŽbut d'une vague terrible, mondiale, de ch™mage technique et de licenciements dans l'industrie, le b‰timent, les transports, l'agroalimentaire (et bien sžr les services financiers, mais celle-ci avait dŽjˆ commencŽ), et aussi la reprise de la guerre ˆ l'Est du Congo pour se partager la rente minire, et une poussŽe rŽvolutionnaire en Grce exprimant un mouvement d'ensemble de la jeunesse en Europe contre l'avenir sans nom que le capital lui promet, tout cela constituait la premire phase de la crise ouverte.

La chute, sous la pression populaire, du gouvernement islandais, puis letton, et ailleurs la crise ouverte ˆ Madagascar, et l'affaiblissement inquiŽtant pour le capital de l'exŽcutif franais que Nicolas Sarkozy devait revitaliser, face ˆ la menace encore sourde et latente, sauf en Guadeloupe et dans les territoires antillais, de la classe ouvrire : voila autant de dŽveloppements qui font transition vers la seconde phase, de mme que le pilonnage israŽlien de la population de Gaza, fuite en avant militariste d'une caste de politiciens corrompus et terrorisŽs qui veulent se perpŽtuer par la guerre et par l'antisŽmitisme qu'ils cherchent, cyniquement et dangereusement, ˆ susciter.

 

Les donnŽes qui annoncent la seconde phase relvent de la lutte des classes directe et des guerres, car il n'y a pas de cloison qui isolerait les faits "strictement" Žconomiques. En ce qui concerne ces derniers, plein d'indices plus ou moins pertinents alimentent chaque semaine les statistiques et les fantasmes des gestionnaires de portefeuilles. Ces derniers jours ont vu une sŽrie sans prŽcŽdent d'indices plus mauvais que prŽvu. Le principal est celui de la chute du produit intŽrieur brut nord-amŽricain dans le dernier trimestre de l'annŽe 2008 en rythme annuel, plus de 6,2 % de dŽgringolade (contre un chiffre attendu de "seulement" 3,8%). Autres ŽlŽments : l'ampleur des chiffres concernant la rŽcession au Japon, et des informations comme celle-ci, ˆ laquelle les gestionnaires de portefeuilles sont moins sensibles mais qui laisse entrevoir la dimension humaine tragique de ce qui se passe : en Chine, le flux migratoire entre la zone c™tire et l'intŽrieur s'est inversŽ pour la premire fois depuis des dizaines d'annŽes.

C'est lˆ simplement le bilan de la premire phase qui s'Žtale partout : la chute de la production industrielle mondiale est en rŽalitŽ la plus forte et la plus synchronisŽe de toute l'histoire du capital. "1929" est largement battu, justement parce que le capital est plus Žnorme, plus puissant, plus prŽsent partout, plus "mondialisŽ" comme ils disent. La prise de conscience de l'ampleur de la premire phase est donc, en ce qui concerne les donnŽes "strictement" Žconomiques, un facteur actif de prŽparation de la seconde phase.

Que sera celle-ci ? Pour s'y prŽparer, il faut dŽjˆ comprendre la crise actuelle, or on ne peut pas la comprendre si on se contente de l'analyser de manire partielle, comme c'est presque toujours le cas chez les Žconomistes de gauche et dans les vulgarisations des travaux des "experts" ˆ la manire d'ATTAC. Beaucoup de militants y entendant un ton dŽnonciateur envers le "libŽralisme" voire le capitalisme ont trop vite tendance ˆ se contenter d' "explications" telles que :

-"la crise est due ˆ la rapacitŽ des capitalistes qui ont fait baisser la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutŽe et ont ŽnormŽment augmentŽ l'exploitation du travail par la mondialisation de la production".

-"la crise est due ˆ la systŽmatisation de formes financires d'enrichissement, consistant ˆ prendre des gages sur des richesses non encore rŽellement produites et ˆ rŽclamer des pourcentages de valorisation des actions (les dividendes des actionnaires) disproportionnŽs par rapport ˆ la production rŽelle".

Tout cela est vrai, mais partiel.

Si le capital a fait fortement augmenter le taux d'exploitation des travailleurs et s'il a choisi de se garantir des revenus ŽlevŽs sous forme de dividendes et de rentes, c'est qu'il y Žtait obligŽ pour garantir le taux de ses profits par rapport aux investissements productifs nŽcessaires, taux dont la baisse s'affirmait dans la crise des annŽes 1970. S'il a pu le faire, c'est qu'il en a eu politiquement les moyens, les travailleurs ayant ŽtŽ dŽsarmŽs face ˆ ses offensives par leurs propres partis et syndicats. Rappelons en outre que cette offensive a commencŽ alors que le monde Žtait "partagŽ" entre le bloc dit soviŽtique, devenu un repoussoir, et le bloc dit occidental, et s'est poursuivie avec l'effondrement du bloc soviŽtique et le dŽveloppement de la production capitaliste en Chine.

Si le capital s'est lui-mme modifiŽ de faon ˆ donner une prŽvalence aux revenus de type financier, relevant du capital rapportant des intŽrts (les intŽrts proprement dits, mais aussi les dividendes, primes d'assurance, etc.), puis, dans les annŽes 2000 notamment qui sont celles des dŽsormais cŽlbres subprimes, des revenus relevant de formes encore plus parasitaires et archa•ques comme la rente foncire et immobilire, en partie parce que la pression financire et la mondialisation de la circulation du capital financier permettait de dŽmultiplier la pression sur le capital productif et donc in fine sur le travail, en partie parce que ces revenus lˆ semblaient garantis, plus sžrs, pour les capitalistes financiers et les rentiers, et c'est pour ces raisons que la production s'est mise ˆ rapporter moins que la finance.

Dans ces deux aspects qui se sont combinŽs, il s'agissait d'Žchapper ˆ la tendance ˆ la baisse du taux gŽnŽral de profit. Celle-ci est l'effet spŽcifique pour le capital que produit l'essor de la productivitŽ du travail qu'il suscite, essor qui provient surtout de la socialisation croissante des moyens et des conditions de production, au sens o les moyens de production, d'Žchange et de communication prennent des forme centralisŽes et gŽnŽralisŽes, mondiales, qui devraient, pour ne pas conduire ˆ des destructions environnementales et humaines majeures, tre gŽrŽes en commun par la sociŽtŽ. C'est une sociŽtŽ de producteurs librement associŽs qui pourrait gŽrer ce patrimoine en le rendant rŽellement commun. Le capital le fait augmenter seulement pour augmenter ses profits tirŽs de l'exploitation de la force de travail humaine, et ce faisant il rend cette exploitation de plus en plus superflue et nŽfaste : il sape sa propre base en l'Žlargissant et en l'intensifiant toujours plus.

Ce n'est hŽlas pas nouveau. L'accumulation du capital qui est son but en soi n'a par elle-mme pas de fin. Mais elle a crŽŽ une situation dans laquelle l'humanitŽ non seulement pourrait se passer du capital et administrer elle-mme son patrimoine commun, mais doit le faire pour ne pas tre traitŽe, avec la nature, en simple moyen de production de valeur que l'on consomme, que l'on reproduit en masse pour le consommer, et que l'on rejette et finalement que l'on dŽtruit : comme le penseur Karl Polanyi en avait eu l'intuition en 1944, c'est "l'anŽantissement de la nature et de la sociŽtŽ" qui se profile au bout de l'accumulation du capital.

ConfrontŽ ˆ ses contradictions, le capital s'en est dŽjˆ sorti une premire fois ... en menant la civilisation europŽenne au bord de l'anŽantissement, quasiment atteint en 1945, "annŽe zŽro". Il a alors connu une apparente nouvelle jeunesse (les "trente Glorieuses") qui a dŽbouchŽ en une gŽnŽration sur un retour en force de toutes ses contradictions : la "crise". La combinaison de hausse du taux d'exploitation et de financiarisation, combinaison que dŽsigne le terme bizarre et convenu de "mondialisation", a ŽtŽ sa solution provisoire. Les profits financiers et rentiers, la productivitŽ du travail, le champ de son exploitation avec la mise au travail pour le capital de centaines de millions de chinois, d'indiens ... ont fourni du profit, c'est sžr. Cela ne veut pas dire que la contradiction entre maintien du capital reposant sur l'exploitation, et essor de la force productive du travail, contradiction manifestŽe par la tendance ˆ la baisse de la part moyenne des profits rapportŽe aux investissements matŽriels et technologiques, ne s'est pas aggravŽe. Elle s'est considŽrablement aggravŽe.

La soi-disant "hausse du taux de profit", certes enrichissement effectif et dŽlirant d'une infime minoritŽ, des annŽes 1990 et 2000, a en rŽalitŽ aggravŽ tous les facteurs qui poussent ˆ la baisse du taux de profit gŽnŽral rŽel. On sait qu'avant "la crise financire", les dividendes rŽclamŽs par les actionnaires Žtaient de l'ordre de 15 ˆ 20% l'an, et que pour cela ils pressuraient, puis imposaient la dŽlocalisation et le dŽmantlement du capital productif vendu ˆ crŽdit pour rŽaliser de manire anticipŽe de tels bŽnŽfices escomptŽs (les LBO, Leverage buy out, acquisitions d'entreprises par emprunts qui peuvent tre eux-mmes composŽs d'ˆ-valoir sur des remboursements de dettes ...), vŽritable cavalerie qui devait aboutir ˆ la culbute. Remarquons une chose sur ce chiffre de 15 ˆ 20% : au dŽbut du capitalisme industriel, lors de la rŽvolution industrielle britannique, un profit annuel de 15 ˆ 20% Žtait ce que procurait, sans endettement, de manire directe, la mise en Ïuvre d'une usine textile utilisant machines et vapeur. Le taux de profit rŽel du jeune capital industriel est ce que la finance mondialisŽe cherchait ˆ retrouver de manire parasitaire sous la forme d'un prŽlvement contraint. Certes, le financier mondial est autrement plus riche que le propriŽtaire de fabrique de la fin du XVIII¡. Il sera toujours possible de dire que le capitalisme s'est consolidŽ et que ses profits ont augmentŽ. ƒvidemment. Mais entre eux, il y a la diffŽrence de la jeunesse ascendante et crŽatrice et de la vieillesse parasitaire et arrogante. Le fil s'est cassŽ, ceux qui voulaient voir l'on vu venir, mais le 16 septembre 2008 cela devint d'un coup la rŽalitŽ mondiale violente.

L'entendement commun des idŽologues libŽraux et antilibŽraux se contente donc de percevoir que le capital a ŽtŽ mŽchant avec le travail, diminuant trop la part des salaires dans la valeur ajoutŽe, et qu'il s'est fait trop financier, trop sophistiquŽ, trop ŽloignŽ des bonnes vieilles valeurs de la production rŽelle. Les politiques engagŽes et annoncŽes contre la crise dŽclinent dans des proportions variables des mesures d'encadrement, de sauvetage et d'injection monŽtaire vers la finance, pour Žviter les "risques systŽmiques" comme l'onde de choc ouverte par la faillite de Lehman Brothers, et des mesures d'aides sociales, pour Žviter des explosions nŽanmoins inŽvitables elles aussi.

Ni les unes, ni les autres de ces mesures ne peuvent ni ne veulent remonter ˆ la racine, qui n'est pas un problme de dŽbouchŽs ni de financiarisation excessive, lesquels ne sont que les formes et les effets des contradictions fondamentales du capital. Remonter ˆ la racine serait abolir le capital en socialisant les moyens de production et d'Žchange et  la terre, alors que tous les ƒtats sans aucune exception sont les ƒtats du capital.

 

Par consŽquent la seconde phase de la crise se prŽpare ˆ travers deux biais : la poursuite du dŽgazage des bulles financires car celle des subprimes Žtait loin d'tre la seule, et la formation de nouvelles bulles "toxiques", celles des ƒtats eux-mmes.

 

De ce point de vue, les critiques ultralibŽraux des "'plans" Obama, Hu Jintao ou mme Sarkozy n'ont pas tort : en transfŽrant sur les ƒtats la bulle financire, en prenant en charge les "actifs toxiques", les mesures tendant sans le dire, et ˆ reculons, ˆ des sortes de nationalisations, d'encadrement du crŽdit par les ƒtats capitalistes, conduisent ˆ une inflation monŽtaire qui produit dŽjˆ des inquiŽtudes, manifestŽes par les cours des obligations d'ƒtats et les difficultŽs, par exemple de l'Allemagne, ˆ couvrir leurs Žmissions massives d'emprunts publics obligataires.

A la phase dŽflationniste actuelle : chute des prix des actifs financiers et baisse des prix des matires premires, bien que ces baisses ne soient pas ou peu rŽpercutŽes sur les prix des produits de premire nŽcessitŽ, ce qui Žquivaut d'ailleurs ˆ une baisse de fait des salaires rŽels, pourrait donc succŽder une phase inflationniste mais qui ne consistera pas en une "simple" inflation, mais en une spirale de crises monŽtaires affectant les relations internationales. Ce sont le Royaume-Uni, puis, directement, les ƒtats-Unis, que ce risque majeur va ˆ terme toucher. La baisse de la livre Sterling, ˆ cette Žtape, et ultŽrieurement la crise de confiance majeure dans le dollar, ouvriront donc la phase de "l'heure de vŽritŽ" sur les rapports de forces entre grandes puissances impŽrialistes exprimŽs par les cours relatifs de leurs monnaies.

Le spectre qui hante les analystes financiers en attente de la seconde phase, ce sont les dŽfauts de paiement d'ƒtats, ce qui s'est dŽjˆ produit, durant la premire phase, en Islande, mais qui pourrait se produire pour des ƒtats bien plus grands et bien plus importants -en dernire analyse les ƒtats-Unis. Nous n'en sommes pas lˆ mais nous en sommes ˆ un stade o les dirigeants cherchent ˆ intŽgrer ce paramtre dans la dŽfinition des politiques publiques. L'effondrement en cours de l'Žconomie nord-amŽricaine est un pŽril majeur pour tout le systme capitaliste mondial et leurs concurrents en ont des sueurs froides au lieu de s'en rŽjouir. Obama semble ne pas faire grand chose mais en tenant ˆ bout de bras General Motor pour Žviter la faillite de l'industrie automobile il ne fait pas que conjurer un affrontement social majeur aux Etats-Unis, il protge tous les ƒtats capitalistes qui ne peuvent que bruler des cierges pour lui.

Tous, ˆ travers leurs rivalitŽs, ont un intŽrt objectif ˆ ce que l'Žpicentre des contradictions soit, gŽographiquement parlant, dŽplacŽ et si possible diluŽ, autrement dit que les autres paient, bien que chacun voudrait que a ne tombe pas sur lui. Leur intŽrt commun les pousse ˆ l'affrontement, c'est ce qui arrive quand il s'agit de se partager les pertes, mais cette fois-ci ce phŽnomne typique de la concurrence entre entreprises concerne les principaux ƒtats.

Ces facteurs placent les pays de l'Union EuropŽenne en posture de second Žpicentre de la crise mondiale.

 

Ici intervient l'autre facteur par lequel nous pouvons dire que nous commenons vraiment ˆ aborder cette seconde phase : la "rŽvŽlation" d'une bulle majeure d'actifs toxiques et de crŽdits non remboursables, en Europe. Elle combine les aspects des subprimes  car l'immobilier y tient une grande place, avec ceux des spŽculations sur les restructurations industrielles du type LBO, et met les ƒtats en premire ligne, bref c'est un trs beau cocktail de parasitisme financier, immobilier et Žtatique, typique du capitalisme contemporain. Il s'agit de l'Europe centrale et orientale, donc des pays qui Žtaient jusqu'en 1989-1991 sous le contr™le de Moscou, et qui, dŽcevant les aspirations populaires ˆ la vraie dŽmocratie et ˆ la souverainetŽ, sont entrŽs "en transition" vers la soi-disant "Žconomie de marchŽ" (le capitalisme) sous l'Žgide de bureaucrates reconvertis en hommes d'affaires vŽreux. L'ensemble de la zone, soit par intŽgration directe en 2003, soit indirectement, est en fait dominŽe par l'Union EuropŽenne et surtout par le capital allemand, bien que celui-ci se soit rŽservŽ les investissements productifs les plus profitables et ait laissŽ sous-traiter le gros des avances financires et du crŽdit foncier et immobilier par les banques suisses, autrichiennes et italiennes. Or, les pays baltes, la Hongrie et les pays balkaniques sont tous, dans des dŽlais qui ne se chiffrent pas en annŽes mais en mois voire en semaines, au bord du dŽfaut de paiement, consŽquence pour eux de la premire phase de la crise mondiale. DŽfaut de paiement qui est une menace mortelle pour les systmes bancaires autrichien d'abord, et aussi italien et mme suisse, ce dernier percutŽ en mme temps par les pressions nord-amŽricaines pour la levŽe du secret bancaire, l'Union des Banques Suisses (UBS) ayant servi de cassette mondiale pour actifs toxiques nord-amŽricains lucratifs ...

Cette menace centre-europŽenne sur le capital allemand a une trs forte signification politique :

-ce sont les "pays en transition vers la dŽmocratie et le marchŽ" comme le voulait le discours dominant qui s'avrent tre le mauvais fusible par o le capitalisme financier d'Europe continentale pourrait disjoncter : la chute du bloc soviŽtique n'a pas procurŽ de nouvelle jeunesse au capital.

-c'est l'euro et la zone euro qui sont ainsi mises en question.

 

On peut lire ˆ ce sujet les analyses les plus contradictoires. Pour les "europhiles", la preuve est faite que toute l'Europe centrale ainsi que les pays scandinaves et bien sžr la Grande-Bretagne feraient bien d'entrer dans l'euro au plus vite, car il est un "bouclier" contre la crise. Pour les "eurosceptiques", au contraire, les Žcarts de taux des obligations d'ƒtat, de rythme de dŽgradation de la situation budgŽtaire et de l'endettement entre l'Allemagne d'une part, les pays mŽridionaux d'autre part (la France en posture intermŽdiaire ; notons que ces deux sortes d'analyses oublient souvent de signaler la dŽgradation accŽlŽrŽe de toute la zone BŽnŽlux) annoncent la possibilitŽ d'une sortie de la zone euro de tel ou tel pays, avec le choc politique, psychologique et boursier qui s'ensuivrait.

 

Nous n'avons pas ˆ prendre partie "pour" ou "contre" l'un ou l'autre des ces scŽnarios, les deux types d'analyses sont tous les deux tout ˆ fait fondŽs : il est par exemple parfaitement concevable qu'un effondrement du zloty polonais pousse ˆ une entrŽe accŽlŽrŽe dans l'euro et qu'ainsi aprs, aprs que "Dieu" ait sauvŽ la Pologne, les tiraillements internes ˆ la zone euro entrent dans une phase supŽrieure d'aggravation ...

 

Les deux "issues" possible ˆ la crise europŽenne dans le cadre capitaliste, soit l'Žclatement de la zone euro, soit sa consolidation en une forteresse Žlargie pourvue de miradors aux frontires, sont Žgalement antidŽmocratiques et dispendieuses. Les pays d'Europe centrale et orientale ont ŽchappŽ ˆ l'ancien "grand frre" pour dŽcouvrir des crŽanciers mŽprisants. Leur vraie souverainetŽ, leur vraie libertŽ, n'est possible que dans une Europe libŽrŽe du capital.

VP, le 1¡ mars 2009.

* * * *

Madagascar.

Nous donnons connaissance ˆ nos amis et lecteurs de documents provenant de Madagascar, via l'AKFM, articles Žcrits par Gisle Rabesahale, sa secrŽtaire gŽnŽrale.

L'AKFM est le parti historiquement "communiste pro-Moscou" ˆ Madagascar, sans qu'on puisse le comparer ˆ un PC "classique". Il a ŽtŽ fondŽ en 1958 par Gisle Rabesahale, dŽjˆ, suite ˆ la lutte contre la rŽpression sanguinaire de 1947, militante historique du combat pour la dŽmocratie et l'indŽpendance nationale, et a toujours ŽtŽ avant tout un parti national malgache, tout en ayant une autonomie de rŽflexion.

Son choix actuel de soutenir le mouvement qui s'exprime en faveur du maire de Tananarive contre le prŽsident Ravalomana diffre des commentaires diffusŽs en France, y compris dans L'HumanitŽ, consistant ˆ renvoyer dos-ˆ-dos les deux "camps". Telle semble tre en fait la position de la diplomatie franaise, de l'impŽrialisme franais.

Ceci Žquivaut ˆ soutenir le prŽsident en place, qui ne rgne plus que par la violence et la corruption. Il est criminel de ne pas prendre position. Exiger le dŽpart de Ravalomana ne signifie pas signer un chque en blanc au maire Rajoelina, qui ressemble beaucoup ˆ certains Žgards au Ravalomana d'il y a 10 ans. Mais entre la tyrannie et le mouvement populaire pour la libertŽ, contre la vie chre, il n'y a pas de renvoi dos-ˆ-dos possible.

LE VRAI  VISAGE DE MARC RAVALOMANANA

Cette livraison qui concerne l'Žvolution de la situation au lendemain du 07 FŽvrier, journŽe tragique s'il en fut, tente de faire le point sur une crise  encore non rŽsolue au jour d'aujourd'hui (19 FEVRIER)

 

DEMISSION DE LA MINISTRE DE LA DEFENSE POUR PROTESTER

CONTRE LE MASSACRE PERPETRE PAR LA GARDE PRESIDENTIELLE

                 

La dŽmission de Mme MANOROHANTA CŽcile, premire femme du continent nommŽ ˆ la direction du Ministre de la DŽfense a soulevŽ de larges Žchos dans l'opinion nationale et internationale. Elle a prŽsentŽ sa dŽcision, comme un acte de protestation contre le massacre perpŽtrŽ par des ŽlŽments de la garde prŽsidentielle, qui a fait  plus d'une cinquantaine de morts et prs de 400 blessŽs ; en prŽcisant que sa conscience  de chrŽtienne et d'universitaire,  ne pouvait  accepter de tels  crimes.

                                 

LA MACHINE ADMINISTRATIVE BLOQUEE

 

Ces violences gratuites ont ŽtŽ condamnŽes unanimement par l'opinion internationale, et surtout par le peuple malgache entrainant un durcissement notable  du mouvement pour la dŽmocratie et de la Haute  AutoritŽ de la transition (HAT) prŽsidŽe par Andry RAJOELINA.

 

Ce dernier, encouragŽ  par les manifestants sur la Place du 13 Mai rŽvoltŽs par la tuerie d'Ambohitsorohitra, ont accueilli avec enthousiasme la nomination des membres du Gouvernement transitoire qui jusqu'ˆ ce jour, sont une douzaine : Finances et Economie, SŽcuritŽ intŽrieure, Eaux et forets, amŽnagement du territoire, commerce, communication et technologie de pointe, tourisme, Affaires Žtrangres, DŽfense nationale.

 

L'Žtape suivante fixŽe par le PrŽsident de la HAT Andry Rajoelina, fut l'installation de  cette Žquipe ministŽrielle  dans ses bureaux ds le Lundi suivant. Ce jour, les manifestants insistaient pour accompagner les ministres conduits par le Premier Ministre Monja Roindefo  pour installer les ministres. Ils furent exhortŽs  ˆ   s'installer en Ç sit-in È face aux immeubles ministŽriels. La stratŽgie  de  Andry Rajoelina  et ses collaborateurs visait tout d'abord  ˆ paralyser le fonctionnement de la machine administrative, et ˆ Žviter des affrontements sanglants, entre les  dŽfenseurs de la dŽmocratie et les partisans de Marc Ravalomanana.

 

A ce propos,  lors des deux premires tentatives de s'emparer des Ministres, les mŽdias ont filmŽ et photographiŽ les milices de Marc Ravalomanana, et les tireurs d'Žlite sur les toits des  immeubles avoisinants, tous n'attendaient que l'occasion pour tirer sur la foule et  se livrer ˆ de nouveaux pillages en rgle ˆ travers la ville ; l'existence de milices payŽes 10.000 ariary par jour et par personne par Ravalomanana, fut ainsi dŽvoilŽe au grand jour, et les observateurs chiffrent leur nombre ˆ 3.OOO   individus, pour la plupart droguŽs, pick-pokets, voleurs et autres...

                                                       

L'ARGENT COULE A FLOTS

 

De son cotŽ, Marc Ravalomanana, s'obstine  dans son refus de quitter le pouvoir ; Au  vu et au su de tous, il a littŽralement pillŽ les agences de la Banque Centrale,  faisant transporter par ses acolytes, d'Žnormes sacs en plastique qui contenaient des  milliards appartenant  ˆ l'ƒtat.

 

C'est gr‰ce ˆ ces milliards que  Ravalomanana put organiser ˆ deux reprises deux contre-manifestations  dans le grand stade municipal de Mahamasina ; qu'il rŽussit ˆ remplir en  faisant miroiter aux  assistants la somme de 75.OOOfmg (15.000 ariary) aux  pauvres des bas quartier , qui  furent  une fois encore escroquŽs car au lieu de la  somme promise, ils ne rŽcurent  que 1000 ariary !

 

Des journalistes Žtrangers rŽussirent ˆ filmer les distributions d'argent aux abords du stade,  et des participants flouŽs furent interviewŽ  ils dŽclarrent Ç que pour eux ce n'Žtait qu'une journŽe de travail comme les autres et qu'ils comptaient sur cet  argent pour assurer  leur nourriture durant quelques jours È !

 

Mais des sommes astronomiques  furent aussi utilisŽes pour corrompre  d'autres catŽgories de la population, hauts fonctionnaires, cadres de l'armŽe notamment ; nul n'ignore que quelques jours  aprs que la crise eut ŽclatŽ, le PrŽsident du SŽnat et d'autres  Ç dignitaires È du pouvoir se rendirent dans les camps militaires, ˆ Morondava, Diego, Fort-Dauphin  etc.. chargŽ de  lourdes valises,  et des sommes d'argent (diffŽrant selon le grade) furent distribuŽes aux membres des forces armŽes, y compris des gŽnŽraux et autres haut gradŽs.

 

Sur la place du 13 Mai furent dŽnoncŽs devant les manifestants, les  abus et dŽtournement, vols caractŽrisŽs, commis par  Marc Ravalomanana, au dŽtriment de l'ƒtat et du pays. Il fut ainsi  dŽclarŽ, par le Ministre  des Finances et du Budget de la HAT, que entre

2OO5 et 2008 seulement,  le Groupe TIKO de Marc Ravalomanana, avait escroquŽ  ˆ l'Etat quelques 600 milliards d'ariary :

              ¡ non paiement des droits de douane pour l'importation  d'huile alimentaire

              ¡non paiement de droits de douanes pour l'importation de marchandises gŽnŽrales

              ¡financement par l'Etat de la construction de b‰timents appartenant au groupe TIKO

              ¡monopole des marchŽs de fournitures  pour l'administration, dŽvolu au Groupe TIKO et autres entreprises fant™mes crŽŽes par Ravalomanana et sa famille 

              Etc.. etc..

Il fut Žgalement constatŽ  la distribution de faux billets,  entrŽs sur le territoire, par le port de TOAMASINA.

 

L'ARMEE DIVISEE

 

Le  17 FŽvrier, Marc Ravalomanana, convoquait  au Palais d'Iavoloha  5 gŽnŽraux  parmi les plus haut gradŽs de l'armŽe de la gendarmerie et de la police. Au sortir de l'entretien, le porte-parole de ces gŽnŽraux devait dŽclarer qu'ils n'acceptaient plus de sang versŽ, et que si  les protagonistes de la crise ne trouvaient pas d'issue Ç ils prendraient leur responsabilitŽ. È.

 

Le PrŽsident de la HAT Andry Rajoelina, dans une information tŽlŽvisŽe, devait souligner ˆ ce propos, que la premire mission des forces armŽes consistait ˆ dŽfendre les citoyens et leurs biens, et que leur premier geste aurait  du  tre de nettoyer les bureaux des ministres des Ç milices È, dans le respect de la loi qui avait dŽlimitŽ ces lieux comme Ç zone rouge È ; ils auraient du ensuite pourchasser les pillards  et interdire l'usage d'armes de guerre  contre  des manifestants dŽsarmŽs, et enfin, ils auraient du faire arrter les  auteurs de la fusillade d'Ambohitsorohitra perpŽtrŽe par la garde prŽsidentielle.

 

Andry Rajoelina, a aussi dŽnoncŽ la manÏuvre actuelle visant ˆ installer un Ç directoire militaire È qui, en fin de compte serait utilisŽ pour dŽfendre les intŽrts de Marc Ravalomanana,  È Ce Directoire militaire irait  totalement ˆ l'encontre des aspirations populaires ˆ la dŽmocratie, devait-il enfin dŽclarer È.

 

Par ailleurs, il y a quelques jours, un groupe de jeunes officiers, commandants, lieutenants, et sous-lieutenants, avait fait une dŽclaration publique dŽnonant la passivitŽ de leurs supŽrieurs, et annonant, l'ŽventualitŽ d'une prise de position de leur part. Ces deux Žvnements se compltent-ils ?

 

Mais le 17 FŽvrier, un autre Žvnement retint l'attention de l'opinion, ce fut la dŽcouverte  d'un transfert d'armes venues d'Afrique du Sud, transportŽes par un Cargo  du Groupe TIKO. Il Žtait bourrŽ de grenades assourdissantes, d'armes de combat, de gilets pare-balles. Un autre envoi d'armes  destinŽ ˆ la PrŽsidence fut dŽnoncŽ devant la presse par Andry RAJOELINA, le  19 FŽvrier.

 

Si cette  mise en place des Ministres de la H.A.T.  ne se fait que lentement, c'est que  les milices de Ravalomanana  installŽes auparavant ˆ l'intŽrieur des ministres, sont armŽs de grenades et autres projectiles, pour pouvoir faire sauter les b‰timents ds l'entrŽe des Ministres de la H.A.T.. Le blocage de la machine administrative est  d'ailleurs effectif, puisque depuis plus d'une semaine les Ç vrais È titulaires des dŽpartements ministŽriels, ne rejoignent plus leurs  bureaux.

 

La dŽmarche  entreprise  par les  partisans du mouvement pour la dŽfense de la DŽmocratie  conduit par Andry Rajoelina, se veut pacifique, alors que  en face, il est patent que pour sauver sa fortune et  son poste de PrŽsident, Ravalomanana ne  recule devant rien, et est mme prt ˆ noyer dans un bain de sang  la contestation populaire. Cette dernire s'est Žtendue dans plusieurs villes de province : Diego-Suarez, Fianarantsoa, Tulear, Manakara, ou les  manifestants affrontent les forces de l'ordre, et brulent l'effigie de Ravalomanana.

 

A Toamasina, ce 19 FŽvrier un meeting a ŽtŽ violemment dispersŽ par l'armŽe, un dirigeant de l'opposition arrtŽ, un journaliste malmenŽ.

 

La communautŽ internationale, la ConfŽdŽration des ƒglises ChrŽtiennes (FFKM) qui se posent en mŽdiateurs, souhaitent que cessent ces affrontements et que les protagonistes  de la crise se rencontrent pour aboutir ˆ  la mise en place d'une Convention extra-constitutionnelle, acceptable pour les deux parties. Il est Žvident que la tache est difficile, et l'obstination de Ravalomanana y est pour beaucoup, alors que la population unanime  rŽclame son dŽpart.

 

La Juge Eva Joly, qui a un moment collaborŽ avec Ravalomanana, a dŽclarŽ rŽcemment ˆ une Radio Žtrangre, qu'elle regrettait d'avoir acceptŽ cette collaboration, et a qualifiŽ Ravalomanana de Ç despote, affairiste et inculte È. Ces dŽclarations se passent de commentaires.                                              

 

19 FŽvrier 2009- ;14h.45 (heure locale)

 

LE PRESIDENT DE LA FFKM * LA TABLE DES NEGOCIATIONS

ANDRY RAJOELINA ANNONCE QUÕIL NE POURSUIT PLUS LE Ç DIALOGUE È

REPRISE DES MANIFESTATIONS

Le troisime jour du dialogue entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, qui avait dŽbutŽ le Vendredi prŽcŽdent, fut marquŽ par deux incidents majeurs qui prŽcŽdrent la rupture

¡ Marc Ravalomanana, se portait absent ses reprŽsentants prŽtextant une tournŽe en province

¡ Andry Rajoelina, arrivŽ ˆ lÕheure ainsi que les quatre chefs dÕEglise attendirent en vain.

 

Andry Rajoelina convoquait la presse, ˆ son domicile en fin dÕaprs-midi pour les informer dÕune importante dŽclaration, tandis que le PrŽsident du FFKM Mgr Odon Razanakolona, archevque dÕAntananarivo, invitait les journalistes ˆ le rejoindre immŽdiatement en son bureau. Il informait alors la presse quÕil avait dŽcidŽ de ne plus faire partie du groupe de nŽgociations, prŽcisant que Ç les nŽgociations nÕiraient pas loin lorsque on ne respecte pas les rgles prŽ- Žtablies È.

Il importe de rappeler que, cette mission de mŽdiation avait ŽtŽ confiŽe au FFKM par le reprŽsentant personnel du SecrŽtaire GŽnŽral de lÕONU Ç je demande ˆ lÕONU, dŽclarait Mgr. Razanakolona, de chercher dÕautres facilitateurs È. Il appelait en conclusion lÕarmŽe, ˆ ne pas oublier que sa mission premire Žtait de protŽger les personnes et leurs biens.

 

On comprend que tenu par son devoir de rŽserve, en tant que facilitateur, le PrŽsident du FFKM ne pouvait donner de dŽtails, Andry Rajoelina, devait pour sa part complŽter les informations ˆ ce sujet, notant que trois chefs dÕEglise, avaient fait preuve de partialitŽ, durant les rencontres, nÕayant pas dit un mot, sur lÕabsence injustifiŽe de Marc Ravalomanana , et sur son comportement irresponsable, refusant dÕaborder les problmes de fond concernant la crise .

 

La dŽfection du PrŽsident du FFKM, aurait du retenir lÕattention des reprŽsentations diplomatiques, et de la communautŽ internationale, or il semble que ces derniers se bornent ˆ regretter lÕŽchec, sans dire un mot sur le premier responsable qui nÕest autre que Marc Ravalomanana.

* La FFKM est le conseil des Eglises, qui regroupe 4 Žglises : catholique, luthŽrienne, rŽformŽe et anglicane.(note de la rŽdaction, mll).

PROVOCATIONS DE LÕEQUIPE RAVALOMANANA.

Dans ses dŽclarations ˆ la presse, ˆ son domicile comme sur les mŽdias de VIVA, Andry RAJOELINA, attirait lÕattention du Peuple Malgache, sur lÕaggravation des provocations commises par lÕŽquipe Ravalomanana, alors que la crise atteint un niveau inquiŽtant. Il citait ˆ ce propos, les mesures illŽgales du PrŽsident de la DŽlŽgation SpŽciale (PDS) nommŽ par Ravalomanana, en remplacement de Andry Rajoelina, qui, en vertu des textes en vigueur avait dŽsignŽ son adjointe Mme Michle Ratsivalaka, comme Maire de la capitale. En effet quelques jours plus t™t, ce PDS dŽcidait de remplacer tous les dŽlgues aux six Mairies dÕarrondissements, par des fonctionnaires de son choix.

Rappelons que ni la Constitution, ni les textes affŽrents aux communes, ne mentionnent la possibilitŽ dÕinstaller un PrŽsident de DŽlŽgation SpŽciale (PDS) pour diriger une commune.

 

Il Žvoquait Žgalement le cas de lÕarrestation illŽgale de lÕex-Ministre ThŽodore Ranjivason, dŽtenu dans la prison de haute sŽcuritŽ de Tsiafahy, soulignant par ailleurs que Marc Ravalomanana nÕavait pas rŽpondu ˆ sa demande de parler sur les mŽdias publics durant trois minutes par jour. En conclusion, Andry RAJOELINA dŽclarait quÕil refusait de Ç dialoguer È avec Marc Ravalomanana, et quÕil quittait la rencontre. Il annonait enfin quÕun sit-in se tiendrait le Jeudi 26 FŽvrier, devant les Bureaux de la Commune pour empcher le PDS de sÕy installer, et que le Samedi une nouvelle rŽunion aurait lieu sur la place du 13 Mai.

 

MARC RAVALOMANANA SE VANTE DE POSSEDER DES ARMES SOPHISTIQUEES,

LA CONTESTATION SÕETEND DANS LES PROVINCES

La tournŽe invoquŽe par Marc Ravalomanana, pour expliquer son absence ˆ la rencontre de Mercredi avec Andry Rajoelina, visait en fait ˆ faire Žtalage de Ç sa force È devant les populations. Il devait en effet dŽclarer devant les militaires prŽsents ˆ Toamasina et MajungaÇ nous avons des armes sophistiquŽes, et vous ici (ndlr : Toamasina et Majunga) en aurez votre part.. È Des journaux ont mentionnŽ les dŽclarations de tŽmoins, qui souponnent que des armes chimiques (neutralisantes ?), ont ŽtŽ envoyŽes vers la capitale.

Mais, Marc Ravalomanana a beau se vanter, il est patent aujourdÕhui quÕil ne maitrise plus la situation, mais quÕil ne reculera devant rien – y compris lÕusage de la force- pour se maintenir au pouvoir. Il nÕose pourtant pas sÕaventurer hors de la capitale, hormis Toamasina et Majunga, ou il ne fait que passer, pour puiser dans les fonds publics, les sommes dont il a besoin, pour Ç convaincre È ses partisans.

 

Ainsi, ˆ Fianarantsoa, TulŽar, Manakara et de nombreuses autres villes de Province, les meetings des opposants qui se succdent connaissent toujours une grande affluence, et aboutissent ˆ la mme conclusion : le soutien ˆ Andry Rajoelina et le dŽpart de Marc Ravalomanana. A TulŽar les manifestations se sont soldŽes par des affrontements entre les forces de lÕordre et la population.

 

Le sit-in de Mahamasina, de ce Jeudi 24 FŽvrier, a ŽtŽ marquŽ par lÕutilisation de la force de la part des militaires, qui ont dispersŽ la foule ˆ coups de grenades lacrymognes, causant la panique chez les patients soignŽs ˆ l'h™pital Befelatanana proche, dont certains Žtaient pris de malaise. LÕintervention musclŽe des forces de lÕordre sÕest produite au moment o les Žlves, de nombreux b‰timents scolaires alentour, quittaient les cours, ce qui a soulevŽ la colre des parents et des enseignants. Les commentaires sur lÕattitude de Marc Ravalomanana dŽvoilŽe durant cette crise sont lŽgion, mais on se demande pourquoi, personne nÕa (ou nÕose) parler de son Žtat de santŽ mentale, qui sans exagŽration pose problme.

24-02-09-14h.45 locales

 

 * * * * *

Note de lecture

Ç Le monde a faim È

de Philippe Chalmin

Bourin Žditeur

137 pages

12 Û

 

                        Pour Žviter la catastrophe planŽtaire

 

Au printemps 2008, le prix du blŽ et celui du riz atteignent des niveaux records et le monde dŽcouvrait que malgrŽ la rŽvolution technologique, on pouvait encore mourir de faim.

Si effectivement il y a bien un milliard de tŽlŽphones portables sur notre plante, cette bonne terre possde un milliard de mal nourris, de pauvres alimentaires!

L'auteur, professeur d'histoire Žconomique nous invite ˆ une rŽflexion approfondie sur la question alimentaire  et sur les enjeux de la production agricole qui devra doubler d'ici cinquante ans pour nourrir nos petits enfants.

L'homme ne dispose pas beaucoup de surfaces en rŽserve ˆ cultiver et l'extension des villes installŽes sur les meilleures terres fait dispara”tre annuellement prs de 0,50% des terres arables.

Faut-il bržler les OGM comme le proposent de nombreux Žcologistes? C'est un dŽbat central ˆ ne pas escamoter : Ç Les risques existent et,pour tre ma”trisŽs, ils demanderont une coopŽration internationale pour l'instant ˆ peu prs inexistante. Le pire en tout cas est le dialogue de sourds qui rgne aujourd'hui et dont le rŽsultat paradoxal est le renforcement des monopoles comme celui de Mosanto dont la comparaison avec Microsoft est Žclairante. È

 

Le champ des biotechnologies serait prometteur pour l'avenir de l'HumanitŽ, le nier c'est refuser le pari de la connaissance et ne pas vouloir mener une rŽflexion-action permettant de rŽsoudre le problme alimentaire de la plante.

 

N'est-il pas nŽcessaire d'engager un vŽritable dŽbat sur ces questions et refuser par lˆ-mme les dialogues de sourds entre des adeptes du progrs scientifique sans rivage et ceux d'une certaine forme d' obscurantisme vert?

 

Les questions agricoles sont passŽes au deuxime plan, bien aprs le dŽcollage Žconomique de nombreuses nations Žmergentes .

Il faut mettre fin ˆ l'irresponsabilitŽ qui conduit ˆ des crises et des famines... C'est un cri d'alarme que pousse l'auteur qui propose que soient abandonnŽes les politiques ˆ courte vue..

 

L'agriculture a ŽtŽ trop dŽlaissŽe dans les pays du tiers monde!

Jean-Franois Chalot

* * * *

Nous traiterons prochainement du "rapport Balladur" et de l'Žtat actuel de la crise des institutions locales en France.

 

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