N¡ 53 du dimanche 15 mars
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)



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La colre monte.

Guadeloupe et France.

Que peut on gagner ?

Les europŽennes.

Documents : lettre d'AndrŽ GŽrin ˆ Elie Domota, motion du congrŽs acadŽmique du SNES de Clermont-Ferrand.

Document : appel urgent au PCF, au PG et au NPA.

Ca y est ! Nous y sommes ! Baissons les salaires et les pensions des fonctionnaires ! (Francis Paillares).

Maroc : solidaritŽ internationale avec les travailleurs en lutte de l'entreprise Maraissa.

Le point sur la situation ˆ Madagascar : coup d'Etat rampant. (Bernard Grangeon).

Darwin (Jean-Franois Chalot).

Militant n¡ 16 est paru.

La colre monte.

SŽquestration du PDG de Sony venu appliquer 311 licenciements ˆ Pontonx-sur-l'Adour dans les Landes. A l'usine Continental de Clairoix dans l'Oise o il est prŽvu de licencier tout le monde, 1120 personnes, les grŽvistes bombardent le directeur avec des oeufs, clament "plus de sacrifices, il s'agit maintenant de passer aux actes comme ˆ la Guadeloupe", exigent le paiement intŽgral des jours de grve entirement provoquŽs par la liquidation de leurs emplois et qu'aucun d'eux ne se retrouve au ch™mage. Ils ont raison sur toute la ligne. Quand ils disent "plus de sacrifices" ils savent de quoi ils parlent : nous sommes ici dans un lieu o le sarkozysme social, si l'on peut dire, avait prŽvalu, on Žtait censŽ travailler plus dans l'espoir de gagner plus. A l'usine du mme groupe de Sarreguemines, Žgalement menacŽe, les salariŽs avaient dž repasser aux 40 heures pour "sauver l'entreprise" en 2007 ! Le "travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy aboutit ˆ son rŽsultat logique, mais trŽs violemment et rapidement du fait de la crise : ˆ la liquidation des emplois.

Le moment serait plus que jamais venu de travailler moins pour travailler tous, mais cela c'est interdit ... Interdit par quoi, au fait ? Uniquement par la logique du capital, la mme qui veut qu'on travaille plus, puis qu'on soit virŽ.

Total annonce la suppression de 555 emplois, sa raffinerie et son centre pŽtrochimique de Gonfreville l'Orcher et la liquidation totale de l'usine de Notre-Dame de Gravenchon : en Seine Maritime avec les emplois induits et la sous-traitance, cela veut dire un carnage. Carnage ? Il y a actuellement 3000 licenciements par jours en France. Le capital en excŽdent saigne ceux ˆ qui il a fait produire sa substance.

De mme, dans les nŽgociations sur les retraites complŽmentaires (ARRCO-AGIRC) il veut faire passer immŽdiatement, nous disons bien immŽdiatement, l'‰ge de dŽpart ˆ 61 ans pour le prolonger encore ensuite : prolonger toujours plus le temps de travail sur la journŽe, sur la semaine, sur l'annŽe, sur la vie, tout en diminuant toujours plus le nombre de travailleurs vendant effectivement leurs forces de travail, voila sa "logique" !

Clairoix, Sony, Total : ces faits ont suffisamment fait de bruit pour qu'on les voit au 20 h. des tŽlŽs. Mais ce sont des centaines d'entreprises o monte la colre.

 

Guadeloupe et France.

A la question posŽe par Le Parisien ce 10 mars, est-ce que ce qui se passe en Guadeloupe -et qui, ne l'oublions surtout pas, continue ˆ la Martinique et ˆ la RŽunion, et en Guadeloupe mme o le collectif LKP se maintient pour garantir l'application de ce sur quoi Etat et patronat ont reculŽ- pourrait se produire en France, Bernard Thibault, dirigeant confŽdŽral de la CGT, rŽpond clairement Non : "Le conflit n'est pas transposable", "La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangrenŽes par un taux de ch™mage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus ŽlevŽs et les salaires de 15% infŽrieurs ˆ ceux de la mŽtropole".

Que l'hŽritage du colonialisme et de l'esclavagisme -en clair les DOM et les TOM sont les dernires colonies franaises- soit dŽterminant ˆ la Guadeloupe, chacun le sait et le comprend, mais la question de la "transposition du conflit" n'est pas celle-lˆ. Est-ce que, oui ou non, les travailleurs en France ne sont pas en colre et prts ˆ agir ensemble avec leurs organisations pour imposer leurs revendications ? Alors oui, lˆ, il existe une vraie diffŽrence : c'est que le collectif LKP avec toutes les organisations est structurŽ depuis le dŽbut sur l'exigence de 200 euros de hausse des salaires pour tous alors que l'appel national au 19 mars ne parle mme pas de hausse des salaires ! La voila, la diffŽrence ! Autrement dit la rŽponse nŽgative de Bernard Thibault ˆ la question posŽe signifie au fond : "Non, je ne veux pas que ce qui se passe en Guadeloupe se passe en France". Sauf qu'il ne faudrait tout de mme pas qu'on attende, justement, d'avoir un taux de ch™mage ˆ 20%, des salaires plus bas de 15% et des prix deux ou trois fois plus ŽlevŽs ici aussi ! Et qu'on y va tout droit si on n'agit pas ... "comme en Guadeloupe" !

Elie Domota interrogŽ sur le mme sujet -http://yenkinou.com/player.php?id=61- semble bien penser, lui, que la mŽtropole pourrait en faire autant. D'autant qu'un mouvement d'ensemble en France ne durerait pas les semaines qu'il a fallu en Guadeloupe, ou les choses ont trainŽ en longueur justement parce que les travailleurs de l'”le ont d'abord ŽtŽ laissŽs dans l'isolement et entourŽs du mur de la dŽsinformation et, tout simplement, du silence.

Le 19 mars n'est pas peru de la mme manire, ˆ une Žchelle de masse, que l'avait ŽtŽ le 29 janvier dont il semble tre une rŽpŽtition. Justement, beaucoup de travailleurs et de militants se demandent ˆ quoi sert une rŽpŽtition, et songent ˆ une amplification. L'appel intersyndical du Puy-de-D™me au 19 mars, signŽ par les unions dŽpartementales CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, CFTC et UNEF, est titrŽ "TOUTES ET TOUS, RECONDUISONS ET ELARGISSONS LA GREVE INTERPROFESSIONNELLE." NŽanmoins, un titre d'une telle radicalitŽ ne sert pas ˆ grand chose si les organisations ne donnent pas des indications aux travailleurs. Plus important est donc le fait que le mme tract, d'abord formule de vraies revendications : arrt des suppressions d'emplois avant tout, et hausse des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, dŽfense du droit de grve ..., et surtout qu'il appelle ˆ tenir des assemblŽes gŽnŽrales dans les entreprises et dans les Žtablissements publics.

 

Que peut-on gagner ?

Peut-on faire reculer ce gouvernement ? Les faits montrent que oui et non.

Oui et non, car la menace de l'explosion gŽnŽrale contre lui, de nature politique, imposant la dŽmocratie en le renversant, ouvrant la voie ˆ des Žlections pour que le peuple reprenne le pouvoir, ligne gŽnŽrale des Žvnements que l'on voit se profiler entre ce qui s'est passŽ en Islande ou ˆ la Guadeloupe, le conduit ˆ des reculs ou plus exactement ˆ des "reports", ˆ savoir qu'il ne renonce ˆ rien mais est obligŽ de temporiser pour mieux espŽrer ensuite contre-attaquer.

Cela a commencŽ avec le "report" de la "rŽforme du lycŽe" fin dŽcembre devant l'explosion lycŽenne, cela recommence d'ailleurs avec les manoeuvres sur la "rŽŽcriture" du statut des enseignants-chercheurs et l'application "reportŽe" ˆ 2010 ou 2011 de la rŽforme de la formation des professeurs, devant un mouvement universitaire dŽterminŽ qui tend ˆ s'unifier autour de la revendication qui contient toutes les autres, l'abrogation de la loi PŽcresse de 2007.

Et, bien sžr, la lourde obligation politique o le pouvoir s'est trouvŽ, tout en mitonnant les modes de compensasion pour les patrons et pour faire rebomber la facture sur la population via les imp™ts locaux, de cŽder sur les 200 euros ˆ la Guadeloupe.

Tous ces "reculs" montrent ˆ la fois leurs limites et combien le gouvernement, et Sarkozy lui-mme puisque le gouvernement, en fait, c'est lui, sont ŽbranlŽs.

La conclusion s'impose d'elle-mme : un mouvement d'ensemble, "comme ˆ la Guadeloupe", une grve gŽnŽrale, serait ˆ la fois victorieuse sur les revendications et battrait Sarkozy en posant Žvidemment la question de son dŽpart, et donc d'un processus constituant instaurant la vraie dŽmocratie dans ce pays.

Or, cette unitŽ d'action devient une nŽcessitŽ, parce que dans les entreprises qui licencient, les choses sont beaucoup plus difficiles. Lˆ, dans le cadre de la boite, on peut certes rŽunir tous les travailleurs pour protester durement, mais la seule perspective est de nŽgocier que soit diffŽrŽ le dŽclenchement des licenciements en mettant en place le ch™mage partiel et des mesures de formation, puis une fois que les licenciements commencent de nŽgocier le dŽpart prioritaire des plus agŽs qui s'ils ont une retraite garantie peuvent accepter de partir si cela prŽserve l'emploi des plus jeunes -sauf que les statistiques montrent que ce sont les jeunes, au total, les plus nombreux dans les licenciŽs (au moment justement o le MEDEF veut piŽger les vieux et les garder au travail ! ). Bref, dans le cadre de l'entreprise, les limites de la bataille sont trŽs vite atteintes, autrement dit la question du Tous ensemble est ici une question vitale, de survie.

 

Les EuropŽennes.

Voila sur quoi devraient porter les dŽbats politiques ˆ gauche. Nous en sommes assez loin : les partis de gauche dŽbattent en leur sein et entre eux des Žlections europŽennes de Juin. Sans en nier l'importance, remarquons que la masse de la population pour l'instant s'en contrefout, ce que disent d'ailleurs les sondages, s'il Žtait besoin de s'en assurer. Mais c'est un fait, deux espoirs parallles parmi les militants de gauche ˆ propos des Žlections europŽennes craignent ˆ prŽsent d'tre dŽus.

Il y a, d'une part, l'espoir des militands, adhŽrents, et de la base sociale et Žlectorale du Parti Socialiste de voir celui-ci "renouer" avec sa base en allant systŽmatiquement ˆ la porte des entreprises en lutte comme le prŽconise Beno”t Hamon, nouveau porte-parole du parti, et oublier les conflits du congrŽs de Reims. Mais justement la manire de faire les listes aux EuropŽennes, conduite complŽtement par les sommets suite ˆ l'accord passŽ pour rŽintŽgrer dans la direction centrale du parti Vincent Peillon et les ttes d'affiche du courant "royaliste" sans Royal elle-mme, a produit un fort mŽcontentement des adhŽrents du PS qui n'ont pas eu ˆ choisir qui que ce soit, ce qui a conduit ˆ un mouvement gŽnŽral de dŽception (sans parler de la pression de baronnies locales comme dans le Limousin).

D'autre part, il y a l'espoir soulevŽ par la crŽation du Parti de Gauche suite au dŽpart de Jean-Luc MŽlenchon et Marc Dolez du PS, espoir que celui-ci conduise ˆ un regroupement large des courants hostiles au traitŽ de Lisbonne, ce qui symbolise aux yeux de la base la volontŽ de rupture rŽelle avec le capitalisme, et que s'unissent ˆ la gauche du PS les forces qui disent reprŽsenter cela. Mais actuellement la direction du NPA refuse cette unitŽ, et le PG se trouve dans une logique de force d'appoint d'un PCF qui n'est pas en mesure de reprŽsenter cette volontŽ d'unitŽ et de combat, ˆ supposer qu'il le souhaite. Le "front de gauche" est donc pour l'heure un PCF plus des appendices et des couvertures. Cela mme avec la participation de la majeure partie des dirigeants de l'ancien courant "UNIR" de la LCR, qui ont quittŽ le NPA estimant que leur existence en courant constituŽ n'y Žtait pas tolŽrŽe -ce qui accentue aussi le caractre de rassemblement charismatique et Žlectoral, et non de parti politique ouvrier avec ses dŽbats et ses courants, que tend ˆ prendre le NPA. Une majoritŽ de camarades du NPA pense sans doute que tout seuls ils vont faire un tabac sur le nom de leur porte-parole, et ils Žcoutent les sondages ˆ ce sujet. Passons rapidement sur les motifs officiels de la direction du NPA qui prŽtend tre "unitaire", mais oui, en ayant calculŽ ses exigences pour ne pas avoir ˆ s'associer ˆ d'autres forces -promettez que toujours vous cracherez sur le mŽchant PS et jurez que vous voulez dŽmonter les centrales nuclŽaires- c'est lˆ prendre ouvertement les militants ouvriers et ses propres militants pour des crŽtins. Passons lˆ-dessus et posons la vraie question : faire un tabac aux Žlections europŽennes, pour quoi faire, si ce n'est pas pour battre et chasser Sarkozy ?

Sans parler des listes qui se prŽparent au niveau de LO et du POI, bien que ce dernier ait ŽtŽ contactŽ par le PG pour un Žventuel front de gauche (mais la direction du PCF tient-elle ˆ l'avoir avec elle ? ...).

Ces deux espoirs, celui de la base du PS de voir ce parti confirmer la volontŽ affirmŽe par Martine Auybry de renouer avec ses "fondamentaux" -gauche, mouvement ouvrier, dŽmocratie, la•citŽ ...- et celui de la base des partis classŽs ˆ la gauche du PS de voir ceux-ci s'unir et se renouveler pour gagner ensemble, ne sont pas au fond contradictoires, car par exemple dans les Žlections europŽennes, ils signifieraient une large majoritŽ absolue aux deux principales forces ou groupements de forces issues du mouvement ouvrier -le PS et la "gauche de la gauche" PCF-PG-NPA ...- largement devant l'UMP, le MODEM, le FN et  autres, donc que Sarkozy soit battu.

Disons-le clairement : un vrai tournant ˆ gauche du PS et un vrai front de gauche ne se mangeraient pas mutuellement mais formeraient ensemble une large majoritŽ, dans la situation prŽsente. Ce qui poserait Žvidemment la question ... que posent dŽjˆ le 29 janvier, les grves, la Guadeloupe : chasser Sarkozy pour imposer la dŽmocratie !

Et nous constatons donc que les deux espoirs sont niŽs ensemble, par les magouilles bureaucratiques dans la direction du PS et par les divisions bureaucratiques entre forces se voulant ˆ gauche du PS.

Mais, pendant ce temps, et tout de suite, la colre monte.

Documents.

Lettre d'AndrŽ GŽrin ˆ Elie Domota et motion du congrŽs acadŽmique du SNES de Clermont-Ferrand.

A n d r Ž G E R I N

Maire de VŽnissieux

DŽputŽ du Rh™ne

Monsieur Elie DOMOTA

Leader du mouvement LKP

Le 09 mars 2009

Cher Elie Domota,

Le prŽsident Nicolas Sarkozy et le gouvernement de Franois Fillon ne supportent pas dÕavoir pris une correction magistrale : ils ont une arrte sociale dans la gorge. Ils ne digrent pas votre victoire nette et sans bavure. LÕUMP et le MEDEF tentent par tous les moyens de discrŽditer votre combat sans prŽcŽdent.

Ils ont la haine de classe, le mŽpris qui caractŽrise ceux qui sont au service des ogres de la finance, qui enfoncent chaque jour un peuple, les quartiers populaires dans les ghettos de la misre, un concentrŽ de pauvretŽ et de misre endŽmique alors que dŽgoulinent la richesse et lÕopulence. Quelques dizaines de milliers de familles mnent une vie dorŽe (Karl Marx parlait des orgies du capital), ˆ c™tŽ des millions de familles en situation de survie dans une sociŽtŽ devenue invivable.

Comme beaucoup de Franais, je suis heureux, rempli de bonheur pour la victoire qui a couronnŽ votre lutte immense et unitaire. Vous avez redonnŽ de la fiertŽ, de la dignitŽ aux petites gens de mŽtropole et des dŽpartements dÕoutremer. Ce qui vient de se passer aux Antilles fera Žcole en mŽtropole.

Sachez, cher Elie Domota, que nous ne laisserons personne toucher ˆ un

de vos cheveux, que nous sommes disponibles pour faire capoter cette tentative de vous criminaliser. Je reste ˆ votre disposition, comme maire et dŽputŽ

Vous assurant de mon soutien dans votre combat et espŽrant quÕun jour nous nous rencontrerons en mŽtropole,

Recevez, cher Elie Domota, toute mon amitiŽ.

AndrŽ GERIN

 

Le CongrŽs acadŽmique du SNES de Clermont-Ferrand exige la levŽe de toutes poursuites ˆ l'encontre d'Elie DOMOTA. Il considre que la tentative de criminalisation pour "haine raciale" d'un mouvement exemplaire qui a dressŽ victorieusement des milliers d'exploitŽs, d'opprimŽs, pour la dignitŽ et l'ŽgalitŽ, est d'une indŽcence dont l'infamie ne peut que retomber sur ses initiateurs, et il demande le retrait des forces de police envoyŽes ˆ la Martinique et dans les DOM.

Motion adoptŽe ˆ l'unanimitŽ.

Texte adressŽ au prŽfet ˆ la presse et ˆ Lyannaj Kont Pwofitasyon.

 

 

Document.

http://appel-europe.tout-e-s.org/appels/?petition=1

 

 

Appel urgent au PCF, au PG et au NPA

RŽaliser ensemble une campagne unitaire pour les Žlections europŽennes, cÕest possible !

Un appel de militant-e-s, de citoyen-ne-s et dÕŽlu-e-s de gauche de diverses sensibilitŽs


Pourquoi faut-il un large front unitaire ? Nous le savons bien quand mme !

Face ˆ la crise Žconomique et ˆ la crise Žcologique, avec leurs consŽquences sociales terribles, face ˆ lÕimplacable volontŽ de dŽtruire les solidaritŽs et dÕattenter aux fondements mmes des sociŽtŽs, en France, en Europe et dans le monde, nous soutenons la construction dÕun front le plus large possible dans les luttes, notamment dans la perspective de la mobilisation du 19 mars, et dans les urnes, ˆ lÕoccasion des prochaines Žlections europŽennes.

Les choix de lÕUnion EuropŽenne : aider les banques mais abandonner la masse de la population et se dŽtourner des problmes posŽs pour lÕavenir mme de la plante. Ces choix Žconomiques, sociaux, politiques et Žthiques, - du TCE de 2005 au TraitŽ de Lisbonne - sont complices du capitalisme mondialisŽ et des politiques mortifres dÕaccompagnement de la crise.

Dans les mobilisations, les mouvements sociaux, les dŽbats, partout la volontŽ dÕunitŽ sÕexprime et de plus en plus souvent se concrŽtise. CÕest vrai ˆ la Guadeloupe, ˆ la Martinique ; cÕest vrai dans les luttes universitaires et dans de nombreuses initiatives, comme lÕAppel des appels.

Ces mobilisations doivent dŽs que possible trouver une expression politique dans les urnes. Nous voulons y contribuer.

A lÕoccasion des Žlections de juin 2009, un souffle citoyen peut contrarier ces politiques dÕun autre sicle. Il faut battre la droite et contester la fausse alternative du social-libŽralisme. Ce scrutin de juin peut tre un moment fort de contestation du capitalisme et sera lÕoccasion de confirmer la volontŽ dÕune alternative sociale et Žcologique.

Il reste quelques semaines pour que ceux et celles qui veulent une autre politique se rencontrent et dŽcident de faire front ensemble, le plus large possible !

Pour que le mouvement social qui chemine depuis les grandes grves de 1995 se donne une expression politique, il faut changer la donne par une dynamique unitaire, en prolongeant celle qui a permis la victoire du NON de gauche au TCE en 2005, et en regroupant bien au-delˆ. La crise du capitalisme confirme que nous avions raison de combattre cette vision de lÕEurope. Songeons bien que nous avons une trs grande responsabilitŽ: si un espoir d'alternative n'Žmerge pas, vraiment ˆ gauche, la crise politique et sociale pourrait trouver une sortie trs ˆ droite.

Nous avons des engagements diffŽrents, mais, pour rŽpondre ˆ la situation politique insupportable, aucune force politique de la gauche de gauche nÕa le droit de faire Žchouer ce qui est possible.

Le PCF et le PG ont lancŽ un appel ˆ un Ç Front de gauche È. Le NPA vient de Ç rŽaffirmer ses propositions unitaires È. Nous disons: chiche !

Maintenant, il y a urgence : il sÕagit de mettre en place un cadre pour co-Žlaborer une campagne, avec la participation des forces sociales et politiques qui le voudront. Le PC et le PG doivent par exemple rŽpondre clairement ˆ la FŽdŽration qui demande ˆ tre considŽrŽe comme un interlocuteur.

Oui, de trs nombreuses forces politiques, sociales, syndicales, associatives, citoyennes, partagent en commun le mme objectif dÕune autre Europe, sociale, dŽmocratique, fŽministe, antiraciste, altermondialiste, Žcologiste.

Et nous nÕacceptons pas que cela soit rendu impossible par des tactiques ˆ courte vue.

Pour refuser la division, nous demandons quÕune rencontre ait lieu entre tous les courants de la gauche de transformation sociale (Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Communiste Franais, FŽdŽration,É), afin de rŽaliser, et proposer ˆ des composantes des mouvements sociaux, un front dÕunitŽ, le plus large possible, aux Žlections europŽennes.

Le souci de ne pas agir pour un simple Òcoup Žlectoral sans lendemain Ó est largement partagŽ, dÕautant que personne ne peut prŽvoir aujourdÕhui lÕŽtat des forces de gauche pour le 2me tour des rŽgionales de 2010.

Mener campagne ensemble serait, si aucune direction politique ne vient le rendre impossible, lÕoccasion de changer le rapport des forces dans la gauche, avec la possibilitŽ dÕun score ˆ deux chiffres, et permettre que sÕexpriment ensemble les exigences des mouvements sociaux.

Cela permettrait de rŽaliser un collectif dÕunitŽ pour le soutien ˆ la campagne, au sein duquel, nationalement et localement, pourraient prendre place toutes les forces militantes concernŽes, politiques, associatives, syndicales, citoyennes.

CÕest dÕailleurs certainement la meilleure faon de constituer une alliance durable des forces porteuses dÕune alternative au systme, sÕunir sur ce qui fait accord, en continuant ˆ dŽbattre ce qui fait problme, agir ensemble, mieux se conna”tre et consolider un cadre durable dÕaction, sur le plan politique, complŽmentaire de toutes les mobilisations sociales.

 

 

* * * *

 

‚a y est ! Nous y sommes ! Baissons les salaires et les pensions des fonctionnaires !

Chacun se souvient dÕun certain Cohen, Žconomiste Ç de gauche È, conseiller de Dominique Strauss-Kahn, qui il y a quelque temps, avait annoncŽ que les pensions des fonctionnaires nÕŽtaient pas un problme, puisqueÉ lÕon allait les baisser. Eh bien les choses sÕaccŽlrent.

En 1935, Pierre Laval (alors premier ministre pour la deuxime fois) parlait de Ç dŽflation active È. Ce cher Jean-Claude Trichet parle, ˆ prŽsent, de Ç dŽflation compŽtitive È 1 A lÕŽpoque, les 400 dŽcrets-lois promulguŽs le 17 juillet 1935 sÕabattaient sur les fonctionnaires : 10 % de baisse de salaires, 10 % de baisse des pensions, interdiction ˆ un couple de fonctionnaires dÕavoir chacun un emploi. Dans un mŽnage, un seul fonctionnaire, lÕautre (rgle gŽnŽrale : la femme) Žtait mis ˆ la porte. Licenciement de milliers de professeurs et dÕinstituteurs (entre autres) etcÉ

A la demande du FMI (dirigŽ par le Ç socialiste È Dominique Strauss-Kahn, sollicitŽ par Nicolas Sarkozy) et de la BCE (Jean-Claude Trichet), lÕIrlande, la Lettonie, la Hongrie viennent dÕimposer des baisses de salaires des fonctionnaires de 7, 8 et mme 15 %. Le gouvernement letton vient dÕtre balayŽ ˆ Riga, des manifestations gigantesques viennent dÕavoir lieu ˆ Dublin (qui, il y a peu de temps, Žtait la vitrine de la Mondialisation Ç rŽussie È, avec lÕIslande et le ChiliÉ) Soulignons par ailleurs, que les traitements des fonctionnaires reprŽsentent, dans ces pays, des salaires de misre.

Le plus incroyable est de comparer le ton et la teneur des articles lus dans Le Temps ( 1935) et dans Le Monde (2009) Il est vrai que Le Temps est lÕanctre du journal Le Monde É. Ç La rŽduction des dŽpenses publiques parce quÕelle allge les charges qui psent sur la production, parce quÕelle rend lÕaisance au marchŽ des capitaux, parce quelle tend ˆ remettre en marche le mŽcanisme du crŽdit ne peut quÕaccro”tre le pouvoir dÕachat de lÕensemble des consommateurs È ( Le Temps, 20 juillet 1935) Ç Fonctionnaires : lÕEurope brise le tabou des salaires [É] CÕest une mesure qui semble sÕimposer dans les pays frappŽs de plein fouet par la crise È ( Le Monde, 8 et 9 mars 2009 )

LÕimpayable (cÕest le cas de le dire) Trichet, appelle les gouvernements Ç ˆ poursuivre des politiques de dŽpenses courageusesÉ È En un mot, la canaillerie dŽguisŽe en Ç courage È consiste ˆ Žtrangler les pauvres et les salariŽs ! Comme dans les fictions dÕ Orwell, les mots doivent exactement tre pris ˆ lÕinverse de leur vrai sens. Ces gens lˆ envisagent, non sans crainte, le mme remde de cheval pour la Roumanie et la Pologne. Et Le Monde , qui ne manque pas dÕhumour (sans doute inconscient) dÕajouter : Ç Dans plusieurs pays dont la situation est meilleure (sic), comme la France et lÕAllemagne, de telles mesure sont difficiles ˆ imaginer ˆ lÕheure o les autoritŽs engagent de dizaines de milliards dÕeuros pour assurer la survie du secteur bancaire È Autre information amusante : la baisse de traitement, ou le Ç prŽlvement È (on ne vole pas, Ç on prŽlve È ! ) est Ç destinŽ ˆ financer les retraites È Comme cela atoujours ŽtŽ dit dans le mouvement ouvrier (mais on lÕa trop souvent oubliŽ, les dirigeants syndicaux et politiques se sont chargŽs de lobotomiser les salariŽs), les pensions les retraites, les allocations, la SŽcuritŽ sociale, les remboursements de santŽ sont partie intŽgrante du salaire ( mme si on lÕappelle Ç diffŽrŽ È ) Ce quÕexige ˆ prŽsent les Capital (comme il a pompŽ au maximum le salaire Ç direct È ou Ç net È) cÕest de siphoner la partie Ç diffŽrŽe È Et puis, au diable les subtilitŽs ! : il faut casser les salaires dasn leur totalitŽ, en finir avec les Ç charges È ! Leur logique est de supprimer le Salariat et donc de rŽtablit lÕEsclavage ou / et de construire des camps dÕextermination pour ch™meurs ! ‚a a dŽjˆ bien commencŽ avec les camps Ç de rŽtention È pour Ç sans-papiers È ou pour Ç immigrŽs È qui couvrent cette belle lÕEurope. Lu dans un entrefilet du journal Le Monde : Bruxelles autorise ˆ nouveau lÕaminante pour certains produits

1 sur le site Ç DŽchiffrages È, ou Ç Le journal des finances È on peut trouver des informations intŽressantes. Cf Žgalement Ç Les mŽmoires de Marcel DŽat È ŽditŽes gr‰ce ˆ Michel Rocard.

Francis Paillares.

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Maroc : SolidaritŽ internationale avec les travailleurs en lutte de lÕentreprise Maraissa.

Le patronat agricole au Maroc est entrain dÕorchestrer une offensive acharnŽe contre les droits syndicaux. LÕimpact de la crise actuelle devrait, ˆ son sens, tre supportŽe par les travailleurs agricoles. Le cas de la sociŽtŽ MARAISSA (sociŽtŽ franco-marocaine privŽ appartenant au groupe AZURA) est Žloquent.
Par Haine ou par mŽpris ou par vengeance, des dizaines dÕouvriers parmi eux des syndicalistes affiliŽs ˆ lÕUnion Marocaine du Travail (FŽdŽration Nationale du Secteur Agricole) ont ŽtŽ licenciŽs par la sociŽtŽ Maraissa (groupe Azura) qui sige ˆ Chtouka / RŽgion dÕAgadir.
Cette sociŽtŽ produit et exporte des fruits et lŽgumes vers lÕUnion EuropŽenne et la France en particulier.

Nous lanons cet appel ˆ la solidaritŽ ˆ tous les syndicalistes qui luttent contre toute forme dÕexploitation esclavagiste des ouvriers marocains qui travaillent dans les fermes du groupe Azura dans des conditions difficiles.
Cette offensive patronale fait suite ˆ la grve rŽussie des ouvriers de Maraissa 15 les 19 au 21 janvier 2009.
La sociŽtŽ nÕa ni supportŽ ni acceptŽ la solidaritŽ des ouvriers contre lÕexploitation moyen‰geuse de la sociŽtŽ.
Mohamed Hackech, secrŽtaire national de la FNSA-UMT (FŽdŽration Nationale du Secteur Agricole affiliŽe ˆ lÕUnion Marocaine du Travail)

SOLIDARITƒ ACTIVE AVEC LES OUVRIERS DE MARAISSA
Appeler ˆ envoyer des mails de protestation ˆ la direction du groupe Maraissa ˆ ces deux adresses :
secretariat@azura-group.com
secretariat@azura-maroc.com

Leader dans la production de la tomate, cette sociŽtŽ est aussi championne dans la lutte contre toute organisation des ouvriers dans les syndicats en particulier, lÕUMT.

Tous ses produits sont souillŽs par la sueur et les sang des ouvriers et ouvrires agricoles marocains.
En lÕespace de deux mois, trois ouvrires enceintes ont avortŽ et perdu leurs enfants ˆ causes des conditions de travail dures auxquelles elles ont ŽtŽ soumises.
Des accidents de travail sont frŽquents sans prendre des mesures prŽventives pour limiter les causes et mettre en place des mesures de sŽcuritŽ.
Des dizaines dÕouvriers et ouvrires sont licenciŽs par la sociŽtŽ quand ils revendiquent leurs droit sociaux et leur droit ˆ la dignitŽ dans les lieux de travail.
... UNE TRADITION ANTISYNDICALE
La sociŽtŽ Maraissa a toujours exploitŽ la masse ouvrire dans plusieurs fermes de production des fruits et lŽgumes dans la rŽgion dÕAgadir.
Elle a toujours luttŽ contre le mouvement syndical, la sociŽtŽ a procŽdŽ, pendant la campagne agricole 2007/2008, au licenciement des secrŽtaires gŽnŽraux des bureaux syndicaux des fermes Maraissa 9 et 10 et 17, ainsi que plusieurs ouvriers et syndicalistes de Maraissa 15 et plusieurs ouvriers de lÕunitŽ de conditionnement Azura ˆ Chtouka/Agadir.
Actuellement Six ouvriers de Maraissa 15 sont poursuivi par le tribunal dÕInezgane/Agadir suite ˆ une plainte dŽposŽe par la sociŽtŽ pour entrave ˆ la libertŽ de travail lors de leur grve du 19 au 21 janvier 2009, pourtant bien rŽussi et qui sÕest dŽroulŽ dans le respect de la loi en vigueur.

Mohamed Hackech, secrŽtaire national de la FNSA-UMT (FŽdŽration Nationale du Secteur Agricole affiliŽe ˆ lÕUnion Marocaine du Travail) .

Le syndicat marocain U.M.T. en bref :

-UMT : L'Union Marocaine du Travail, est une organisation syndicale marocaine fondŽe en mars 1955 ˆ Casablanca avant lÕindŽpendance du Maroc.

www.umt-usf.com <http://www.umt-usf.com/>

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A Madagascar une partie de l'armŽe a pris les devants, sans doute de peur de voir le mouvement des habitants des quartiers et de toute la population grandir encore et encore pour chasser le prŽsident Ravalomana. Voici les notes rŽdigŽes ˆ chaud samedi soir par notre camarade Bernard Grangeon :

Coup d'Žtat rampant ˆ Madagascar.

Le prŽsident de l'assemblŽe nationale, ex premier ministre jacques Sylla a ralliŽ Andry Rajoelina et Zafitsivamalo MONJA premier ministre dŽclarŽ de la Haute autoritŽ de transition mise en place par le Maire de Tana. Il a pris aujourd'hui possession des bureaux de la Primature de la capitale avec le soutien d'une trentaine de haut gradŽs militaires. Il a assurŽ que des Žlections seraient organisŽes sous 24 mois. aprs avoir dŽclarŽ dŽchu le PrŽsident et ses ministres, et que l'AssemblŽe nationale et le SŽnat Žtaient dŽchus de leur fonction. Le chef d'Etat major de l'armŽe, le Colonel mŽrina AndrŽ Andriarijoana a dŽclarŽ qu'il n'y avait pas lieu de dŽployer l'armŽe sur le Palais PrŽsidentiel de Iavaholo et qu'il Žtait prt ˆ soutenir l'opposition si cela permettait de ramener le calme.

Dans le mme temps, les partisans de Marc Ravalomomanna ont dressŽ des barrages filtrants sur la route d'Antsirabe pour assurer la protection du prŽsident malgache retranchŽ dans le palais Iavaholo, situŽ ˆ 1O kms du Centre de la ville. La situation n'est pas donc encore compltement dŽnouŽ.

Alors que l'ONU demandait au PrŽsident et au maire de trouver un compromis pour assurer la stabilitŽ de Madagascar, la bourgeoisie Merina trs influente dans la FFKM (Conseil des Žglises protestante, anglicane et catholique) ˆ travers les protestants semble avoir passŽe un deal avec l'ambassade de France qui a assurŽ la protection du Maire d' Antannarivo menacŽ de mort par les partisans du PrŽsident qui bŽnŽficie jusqu'ˆ prŽsent de la fidŽlitŽ de la garde prŽtorienne renforcŽe de mercenaires sud africains, mais semble avoir perdu la plupart de ses soutiens dans la police. Ce deal laisse ˆ penser qu'un accord de principe a ŽtŽ passŽ avec l'AREMA de Roland Ratsiraka pour aller vers une 4me RŽpublique, et qu'une phase de transition et dors et dŽjˆ ouverte....

Le Gouvernement franais et le ministre des affaires Žtrangres a eu visiblement une bonne prise sur les ŽvŽnements gr‰ce au poids de ses ressortissants , de ses relations coloniales et post coloniales avec la bourgeoisie Merina, assorti et son soutien historique aux dirigeants de l'Arema. Mais fidle a son habitude, les graves manquements aux droits de l'homme n'ont pas ŽtŽ dŽnoncŽs, une constance depuis 1947... Quant ˆ la diplomatie Usa, elle a visiblement l‰chŽ l'ŽvangŽliste Marc Ravolomanna et a dž donnŽ semble t-il son accord pour charger l'ONU en lien avec la diplomatie franaise de trouver avec les diffŽrents partis en prŽsence une sortie politique ˆ la crise., un effet Obama. !!!..

Une longue pŽriode d'incertitudes s'ouvre ˆ l'instar de la pŽriode 91-92, pour le changement. Une chose est sžre la destitution du PrŽsident Ravalomanna sera peru par le peuple comme une victoire. Les socio dŽmocrates et journalistes de l'humanitŽ qui pensent qu'on a pas ˆ choisir dans cette crise, se trompent lourdement... Pour ma part, je pense que les socialistes franais devraient aider ˆ faire Žmerger un vrai parti de gauche capable d'organiser les malgaches issus des forces vives et de la paysannerie. Une aide n'a rien ˆ voir avec le colonialisme en dŽplaise aux esprits chagrins. Cette destitution est une avancŽe pour mener la lutte pour l'indŽpendance totale, pour assurer le dŽveloppement de l'ile rouge, et amŽliorer la vie des citoyens malgaches sensibles aux valeurs dŽmocratiques et rŽpublicaines de la France des lumires.

RŽdigŽ ˆ chaud, 14 mars au soir. Bernard Grangeon.

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ÇDarwin l'homme qui osa! È de Catherine Bousquet Editions Belin 159 pages fŽvrier 2009 6,95 Û

Vie et Ïuvre de celui qui terrassa les crŽationnistes!

Deux sicles aprs la naissance de celui qui rŽussit ˆ Žnoncer et ˆ dŽmontrer ce qu'on appellera plus tard l'Žvolutionnisme, Caroline Bousquet nous livre ici une biographie accessible de Ç l'homme qui osa! È.

Aujourd'hui, malgrŽ les preuves irrŽfutables apportŽes par Darwin et ses successeurs, les intŽgristes de toutes obŽdiences: chrŽtiens et musulmans, notamment-mais ils ne sont pas les seuls- continuent ˆ prŽtendre que seul Ç le crŽateur È est ˆ l'origine de l'existence de tous ces tres diffŽrents que compte la nature...

Aux Etats Unis, ils continuent ˆ demander Ç un temps Žgal d'enseignement pour la thŽorie de l'Žvolution et la Ç science crŽationniste ÈÈ!?

Les obscurantistes poursuivent leur offensive et aujourd'hui Ç Darwin penserait sžrement È que ses dŽtracteurs n'ont vraiment pas beaucoup... ŽvoluŽ!È

Charles Darwin aurait pu tre mŽdecin comme son grand pre ou son pre, mais rien n'y fit : ni le cadre familial, ni les pressions subies, il voulait observer et Žtudier les plantes et les animaux. C'est ainsi qu'il embarqua avec une autorisation paternelle arrachŽe pour un voyage autour du monde en bateau qui dura prs de cinq annŽes.

C'est dans ce cadre gigantesque que notre naturaliste fit les observations qui le conduisit plus tard ˆ expliquer l'Žvolution des espces et ˆ mettre en pices toutes les thŽories fumeuses des crŽationnistes.

L'Žtude fortuite d'oiseaux de la taille de moineaux ou de pinons fut l'un des dŽclics : il dŽcouvrit treize tailles de becs diffŽrents provenant d'une espce souche venant du continent, chaque sorte de bec correspondant ˆ un mode spŽcifique d'alimentation...

Il ne fut pas un communicant impatient, si ds son retour de voyage il disposait d'un journal de 800 pages et de1800 pages de notes, il attendit plusieurs annŽes avant de publier son Ç origine des espces È qui sortit en librairie le 24 novembre 1959, soit13 ans aprs son retour...

Plus tard, Darwin appliquera sa thŽorie ˆ l'homme; Ç ...la sŽlection naturelle, comme dans le monde vivant, intervient aussi dans l'Žvolution de l'espce humaine È: la continuitŽ entre les primates et l'homme est ainsi prŽcisŽe et dŽmontrŽe....

Les funŽrailles de Darwin eurent lieu en grandes pompes ˆ l'abbaye de Westminster...Ainsi ceux qui ont combattu ses idŽes et qui n'ignoraient pas que cet Ç hŽrŽtique Èdoutait de l'existence de dieu Žtaient prts ˆ enterrer religieusement l'homme en espŽrant se dŽbarrasser de Ç l'Žvolutionnisme È!

Malheureusement pour eux, le darwinisme survŽcut et Çl' aventure ne fait que commencer È

Jean-Franois Chalot

 

Militant n¡16 est paru.

28 pages – 1 Û Extrait du sommaire : Capitalisme : la crise finale ? Et le pouvoir dÕachat, M. Fillon ? Les prix 13 % plus ŽlevŽs en Ile de France quÕen province. Un locataire averti en vaut deux ! Triste bilan dÕHortefeux. Aprs le 29 janvier : la crise cÕest eux, la solution cÕest nous. Dans lÕAllier : alerte rouge pour les salariŽs. A nouveau : o va le PS ? Militant et le PS : Žchange polŽmique avec un membre du Parti de Gauche. Laisser sa place ˆ la jeunesse (interview de Nasser Lajili, conseiller municipal ˆ Gennevilliers). Contre la mise ˆ mort des collectivitŽs locales. Appel aux artistes qui veulent penser hors du systme. Houellebecq, lÕŽcrivain de la gauche qui vote ˆ droite. Etats Unis : congrs de LaborÕs Militant Voice. Abonnement : 10 Û par chque ˆ lÕordre dÕAPE – Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris

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