N¡
54 du dimanche 22 mars 2009.
Le courage, c'est
de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.
ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblée gŽnŽrale de
Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03)
Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier
DELBEKE (94) Paul ERNST (94) François FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck
MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise
RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)
Sommaire :
Et maintenant ?
Dans la rue contre
les expulsions et pour la baisse des loyers.
"En voyant ce
qu'ils tentaient de faire ˆ Elie Domota ..."
PŽtition.
Riposte La•que
contre Elie Domota : pas mieux que DieudonnŽ.
Va-t-il falloir
donner la liste des syndiquŽs aux patrons ?
PG, PCF et NPA :
un lecteur nous Žcrit.
Fin d'Žtat de
gr‰ce pour Barack Obama.
Assouplissement
quantitatif ˆ la Fed ...
Chine et AmŽrique.
Militant n¡ 16 est
paru.
Et maintenant ?
Ce 19 mars ˆ nouveau la dŽmonstration, qui dŽjˆ
n'Žtait plus ˆ faire, a ŽtŽ faite encore une fois : les salariŽs, actifs,
ch™meurs, retraitŽs et en formation, sont prts ˆ s'unir tous ensemble contre
le patronat et le gouvernement pour ne pas payer la crise et protŽger la
sociŽtŽ, l'avenir des enfants, l'emploi et le pouvoir d'achat.
Les manifestations ont ŽtŽ plus puissantes encore
que le 29 janvier. A l'Žvidence, les Renseignements GŽnŽraux et les services
prŽfectoraux ont pour consigne de diviser par deux les chiffres qu'ils
observent, ainsi que de ne compter ce chiffre qu'ils divisent par deux qu'au
dŽbut des manifestations, qui souvent grossissent en cours de route, en
excluant de surcro”t les gens arrivŽs ˆ l'avance et se baladant avant les
banderoles de ttes, comme ce fut le cas sur Paris. C'est ainsi que trs laborieusement,
ils arrivent ˆ prŽtendre qu'il y en avait moins de 2 millions, ce qui reste de
toute faon Žnorme É
La grve a ŽtŽ moins puissante dans les services
publics. C'est tout ˆ fait normal, et ce n'est pas un signe de moindre
mobilisation : les fonctionnaires et les personnels des grands services publics
ont plusieurs journŽes de grves impayŽes derrire eux et se questionnent sur
l'efficacitŽ de ces journŽes successives. Du coup cela veut dire, et c'Žtait
visible, que les manifestations ont ŽtŽ alimentŽes par des masses majoritaires
de salariŽs des entreprises allant jusqu'ˆ des artisans et petits travailleurs
indŽpendants. L'Žternel discours tenu depuis le dŽbut des annŽes 1990 pour
opposer salariŽs du privŽ et du public est devenu dans les faits obsolte, et
l'idŽe que la grve est impossible dans les petites entreprises commencent ˆ
tre sŽrieusement contredite par les faits.
Notons cependant comme particulirement dangereux
un discours entendu sur pas mal de mŽdia et mme de la part de certains responsables
syndicaux, comme ceux de la FŽdŽration CGT des cheminots, comme quoi avec le
"service minimum" les choses se passeraient finalement plut™t bien.
C'est d'ailleurs un thme que Sarkozy par ailleurs bien silencieux a jugŽ
opportun de reprendre. C'est faux : les lois anti-grve dans les transports
terrestres de voyageurs et dans les Žcoles primaires publiques font
concrtement obstacle ˆ la mobilisation, en particulier par l'obligation faite
de se "dŽclarer" grŽviste 48 heures ˆ l'avance auprs du chef de
service, lequel, dans le cas des Žcoles, se trouve de surcro”t recevoir souvent
le dit courrier en retard du fait de l'Žtat o a ŽtŽ mis le service public
postal ... Une consigne claire de refus d'obtempŽrer de la part des principaux
syndicats concernŽs -en
l'occurrence les FŽdŽrations CGT des cheminots et de la RATP et le SNUIPP-FSU-
aurait depuis longtemps rŽglŽ le problme ... si elle avait ŽtŽ donnŽe !
Et qu'on ne vienne pas nous dire que le
"service minimum" a permis de transporter des gens allant manifester
: les salariŽs des transports publics et leurs organisations sont parfaitement
capable d'emmener leurs camarades manifester s'ils le dŽcident, en dehors de
toute loi anti-grve !
Voila pour le bilan de cette journŽe : elle
complte, confirme et renforce les leons du 29 janvier.
Que dire aprs a de la fameuse "rencontre au
sommet" des directions syndicales nationales le lendemain matin ?
On l'avait entendu, que le fait de se rŽunir
"dŽs le lendemain matin" Žtait un signe fort de combativitŽ, d'autant
qu'on se rappelle qu'aprs le 29 janvier il avait fallu attendre trois semaines
et avoir rencontrŽ Sarkozy !
C'est un tollŽ que produit parmi les militants et
dŽlŽguŽs syndicaux, de toutes les organisations, le communiquŽ commun annonant
la terrible dŽcision de "se revoir le 30 mars" et profilant le 1¡ mai
comme prochaine grande ŽchŽance.
Alors qu'il tombe 3000 licenciements par jour !
D'ici le 1¡ mai, a en fait plus de 120 000 !
Alors que des dizaines d'entreprises voient leurs
salariŽs au bord de la rŽvolte !
Alors que la lutte continue en Guadeloupe, ˆ la
Martinique et ˆ la RŽunion !
Alors que le gouvernement ne cesse de
"reporter" un peu plus sa rŽforme de la formation des professeurs
tout en essayant de ne pas la retirer !
Il faut ici se poser la question du sens de l'unitŽ
syndicale.
L'unitŽ syndicale est un bien prŽcieux, et c'est
l'argument principal invoquŽ pour justifier de tels dŽlais : selon les
responsables des syndicats dits "combatifs", CGT, FSU, Solidaires,
une partie de FO, ce seraient les "moins combatifs", CFDT, UNSA,
CFTC, CGC, une autre partie de FO, qui ralentiraient la cadence et envers
lesquels il faudrait accepter d'y aller plan-plan. Aprs le 1¡ mai, le 15 mai, aprs le 15 mai, le 14 juillet, aprs le 14 juillet, le 15
aožt, aprs le 15 aout la Saint Glin-Glin.
Cet argument doit maintenant tre balayŽ une bonne
fois pour toute. D'abord, chaque fois qu'il y a des militants et des dŽlŽguŽs
reprŽsentant rŽellement leurs collgues des dits syndicats "moins
combatifs", ils sont absolument dans le mme Žtat d'esprit que leurs
camarades CGT ou autres : pas contents, mais alors pas contents du tout de
"nos grands chefs".
Ensuite, c'est bien tous ensemble que les dits
grands chefs au grand complet ont signŽ le 5 janvier un appel qui prŽsente le
ch™mage partiel comme la perspective pour Žviter les licenciements, qui ne
parle pas de hausses de salaires mais parle d'amŽliorer la compŽtitivitŽ des
entreprises, un appel mme pas syndical, comme si la peur de provoquer une
insurrection en dŽfendant les revendications ŽlŽmentaires conduisait ˆ laisser
tomber les exigences les plus basiques !
Les dŽlŽguŽs comme ceux des bases syndicales CGT
rŽunis au Havre le 19 mars, qui ont votŽ les revendications d'arrt des
licenciements et des suppressions de postes, et posŽ la question de la grve
gŽnŽrale reconductible pour gagner, souhaitant que la CGT "organise une
manifestation nationale dans les meilleurs dŽlais et si possible dans
l'unitŽ",
ne s'en laisseront pas compter : l'unitŽ ils savent ce que c'est et ils savent
que l'union des dirigeants pour ne rien faire d'autre que faire durer ne mŽrite
pas d'tre appelŽe "unitŽ" !
Oui, l'unitŽ syndicale, c'est prŽcieux et
important, et a peut permettre de gagner sur une revendication. Mais l'unitŽ
se fait sur la base des revendications et en totale indŽpendance avec le
"dialogue social" avec Sarkozy et la dŽfense de la
"compŽtitivitŽ des entreprises". L'unitŽ est celle de la classe des
salariŽs et du monde du travail et ne vise pas ˆ trouver avec Sarkozy des
solutions ˆ la crise pour "refonder le capitalisme". En 2006
l'intersyndicale nationale avait dž se maintenir sur la base d'un mot-d'ordre clair, le retrait du
Contrat Premire Embauche (CPE). L'unitŽ des directions au matin du 20 mars, ce
n'Žtait pas l'unitŽ sur les revendications des travailleurs, c'Žtait l'unitŽ
contre le mouvement qui est engagŽ pour sauver la classe ouvrire et l'avenir
des jeunes de la crise du capitalisme.
La bonne unitŽ, c'est celle de Lyannaj Kont
Pwofitasyon ˆ la Guadeloupe. Elle ne se fait pas sur de grandes dŽclarations
communes noyant tout et suintant la volontŽ d'union nationale, elle se fait sur
la base des revendications, en l'occurrence une plate-forme complte se
terminant par "200 euros pour tous". C'est comme a qu'on gagne. Et
nombre d'intersyndicales locales ne se sont pas alignŽes sur les discours
Žcrits pour elles mais ont choisi les revendications, tout naturellement.
Faire gamberger les gens par des manifs rŽgionales,
un 1¡ mai unitaire, et puis, et puis ... n'empchera pas l'explosion dans les
entreprises asphyxiŽes.
Chez
Potain, premier producteur de grues, prŽsent ˆ Moulins, Charlieu, la Clayette,
les salariŽs savent que les dividendes, qui atteignaient 30% encore l'an
dernier, permettraient de les payer et de maintenir sur place le matŽriel
pendant plusieurs annŽes jusqu'ˆ ce que les commandes de grues reprennent, et
ils voient les financiers qui dirigent l'entreprise s'apprter ˆ tout arrter !
200 euros pour tous et le SMIC ˆ 1500 euros net ;
le blocage de tous les plans type Continental, Total, Sony, Potain ... et la
mise sous sŽquestre, sous contr™le des travailleurs, avec les municipalitŽs
ouvrires, des Žquipements industriels et logistiques permettant la production
; l'arrt des expulsions de locataires et des saisies pour surendettement ; le
blocage des loyers, des prix des produits de premire nŽcessitŽ et des
carburants ; le retrait des lois
Bachelot contre l'h™pital, de l'ensemble des rŽformes Darcos contre l'Žcole, de
la RGPP contre les services publics ; le rŽtablissement ou l'Žtablissement
pleins et entiers du droit de grve et d'organisation ; ces revendications et
quelques autres sont les revendications REELLES.
L'unitŽ, c'est pour a. La leon de Lyannaj Kont
Pwofitasyon, c'est qu'elle est possible puisqu'elle a commencŽ ˆ s'imposer sur
le terrain.
Les dŽlŽguŽs CGT rŽunis au Havre Žcrivent qu'il
faut mettre en discussion dans tout le pays la question de la grve gŽnŽrale et
celle d'une manifestation nationale. Ces enseignants rŽunis ˆ Montluon ont eux
aussi discutŽ de la nŽcessitŽ d'une manifestation nationale ˆ l'ƒlysŽe.
Ne
pas perdre de temps, ne plus perdre de temps, c'est mettre en discussion ces
propositions, partout, pour imposer une telle action centrale tous ensemble.
* * * *
Dans la rue contre les
expulsions et pour la baisse des loyers.
Sur le site de Militant :
http://www.le-militant.org/
Entre 2 et 3 000 personnes ont manifestŽ dimanche 15 mars
ˆ Paris pour rŽclamer lÕarrt des expulsions locatives ˆ la veille de la fin de
la trve hivernale. La trve hivernale (1er
novembre-15 mars) durant laquelle aucune expulsion locative nÕest possible,
prend fin Ç au 1er jour ouvrable
aprs la date du 15 mars È, en lÕoccurrence lundi 16 ˆ 6 heures du matin. Selon des
chiffres publiŽs par le ministre de l'intŽrieur fin octobre, les prŽfets ont
autorisŽ 28 021 expulsions de logements en 2007, avec le concours de la force
publique, soit une hausse de 5,58 % par rapport ˆ l'annŽe prŽcŽdente (26 539).
Mais 11 322 expulsions ont ŽtŽ effectivement rŽalisŽes (contre 10 719 l'annŽe
prŽcŽdente). Le cortge sÕest ŽbranlŽ vers 15h, menŽ par un imposant contingent
de lÕassociation D.A.L. (Droit au logement) suivi du C.A.L. (ComitŽ action
logement), de Militant, de la C.S.F. (ConfŽdŽration syndicale des familles) et
de la C.N.L. (ConfŽdŽration nationale du logement). ƒtaient Žgalement prŽsentes
des petite dŽlŽgations Ç politiques È : Žlus du Parti de Gauche, P.C.F.,
N.P.A., L.O. ou Alternative libertaire.
Les mal-logŽs, traditionnellement les plus
nombreux, scandaient Ç un toit cÕest un droit, un toit cÕest la loi È, alors que les
associations de locataires insistaient sur lÕunitŽ (Ç locataires, mal-logŽs,
solidaritŽ È)
ou rŽclamaient la baisse des loyers.
Le contingent des amis de Militant avait pour
particularitŽ dÕinsister sur les mesures dÕurgences ˆ prendre pour les familles
populaires (blocage des loyers, blocage des prix alimentaires) et de montrer la
Guadeloupe comme exemple de ce quÕil fallait faire pour gagner. Les mal-logŽs
partisans de Militant – qui sÕŽtaient dŽjˆ rendus en dŽlŽgation la
semaine prŽcŽdente auprs du MŽdiateur de la RŽpublique – entendent
exercer une pression sur Paris-Habitat (ex-OPAC de Paris) qui nÕa Ç l‰chŽ È
aucun logement depuis fin octobre 2008. La direction de Paris Habitat invoque
les effets pervers de la loi D.A.L.O. (Droit Au Logement Opposable) qui
imposerait des attributions prŽfectorales au dŽtriment du fonctionnement
traditionnel de lÕorganisme. Le fait est que les dŽclarations gouvernementales
ne sont accompagnŽes dÕaucune mesure sŽrieuse en matire de construction. Bien
au contraire, les moyens sont en rŽgression permanente.
* * * *
"En voyant ce qu'ils tentaient de faire ˆ
Elie Domota ..."
Sur http://ugtg.org/article_802.html
En voyant ce quÕils tentaient de faire ˆ Elie Domota, nous
sont revenues les dispositions de lÕancien droit, celles du Code Noir. Et je me
suis rendu compte quÕil y avait un article [ lÕarticle 58 ] qui stipulait que
tout affranchi devra un respect total ˆ son ancien ma”tre...
CÕest de lˆ, cÕest de lˆ que provient toute cette
histoire !
Cela veut dire quÕil y a des gens qui sont dans une
situation dÕexploitation et de sŽgrŽgation raciale ; et lÕon vous fait
comprendre quÕil ne faut mme pas en parler, ni mme le dire, ou simplement
prononcer leur nom !
Et leur nom cÕest les bŽkŽs !
Parce que dans la langue guadeloupŽenne, notre
langue, il y a plusieurs faons de dŽsigner les personnes de phŽnotype
indo-europŽen : on trouve les termes blancs pays, blancs matignon, et nos
blancs crŽoles.
Mais les personnes vivant en situation de
sŽgrŽgation raciale ; qui ne se mŽlangent pas biologiquement - parce que ne
souhaitant pas mŽlanger leur patrimoine...
Nous savons pertinemment que si dans notre pays il
y a une pyramide sociale qui recouvre une pyramide raciale, cÕest parce que
notre pays est issu dÕune histoire... Cette histoire, cÕest celle dÕun
holocauste et de lÕesclavage ; et il faut les nommer.
Et le groupe social existant ˆ lÕŽpoque et qui en a
bŽnŽficiŽ, a pour nom les bŽkŽs ! On peut le dire ; cÕest leur nom ! Et
aujourdÕhui ils essaient de faire en sorte que notre leader, et ˆ travers lui,
nous tous, soyons dans lÕimpossibilitŽ de dŽnoncer un certain nombre de choses.
Patrice
TACITA
Avocat,
Membre du
Mouvement culturel AKIYO,
Membre
du LKP,
Membre
du collectif dÕavocats du LKP
PŽtition : http://ugtg.org/article_802.html
A
propos de la volontŽ de muslement et de criminalisation du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) par l'ƒtat
franais,
Nous
soussignŽ-e-s, dŽclarons tout comme le porte-parole du LKP, Elie DOMOTA :
" Tous
ceux qui refuseront d'appliquer l'Accord devront quitter la Guadeloupe...
Jamais nous n'accepterons qu'une bande de bŽkŽs rŽtablisse l'esclavage en
Guadeloupe..."
* * * *
Riposte La•que contre
Elie Domota :
pas
mieux que DieudonnŽ.
Riposte la•que est un bulletin animŽ ˆ l'origine
par des militants se prŽsentant comme de fermes partisans de la la•citŽ et de
la libertŽ de conscience, particulirement sensibilisŽs par l'Žvolution
antila•que et "communautariste" de courants politiques assimilant la
dŽfense des opprimŽs ˆ celle des religions supposŽes tre celles des opprimŽs,
comme notamment l'islam (ce que l'islam n'est pas plus que le christianisme).
Pour Militant, la la•citŽ est une condition
indispensable de l'organisation des exploitŽs et des opprimŽs. On ne s'organise
pas comme chrŽtien ou comme musulman, ce qu'on a par ailleurs le droit d'tre
si on le souhaite, on ne s'organise pas non plus d'ailleurs comme agnostique ou
athŽe, mais comme combattants pour l'Žmancipation (on peut, dans ce cadre, bien
sžr, faire appel ou non ˆ l'athŽisme ou ˆ des idŽes religieuses et
philosophiques en relation avec le combat Žmancipateur, et en dŽbattre). On ne
s'organise pas non plus ni comme franais, ni comme malien, ni comme autre
chose, ce que l'on peut tre, mais comme personnes solidaires entre elles,
rapprochŽes par nos intŽrts et notre dŽsir d'Žmancipation.
Condition de notre combat, la la•citŽ en est aussi
un objectif. La pleine la•citŽ institutionnelle, ne cherchant pas ˆ diriger les
consciences et protŽgeant les enfants et les personnes de toute manipulation
religieuse ou autre, n'est pas possible avec le capitalisme, le combat la•que
et le combat anticapitaliste sont donc liŽs.
Les dŽrives racistes et antisŽmites de militants ou
de personnalitŽs voulant parfois sincrement au dŽpart dŽfendre les droits des
humiliŽs et des exploitŽs doivent tre combattues car elles sont bien sžr
dangereuses en elles-mmes, mais aussi parce qu'elles font toujours, sans
aucune exception, le jeu de l'adversaire.
Ainsi, nous prenons trs au sŽrieux la question de
l'antisŽmitisme parmi des milieux de travailleurs et de migrants issus de pays
africains ou asiatiques, qui confondent peuple juif et dirigeants de l'ƒtat
d'Isra‘l, et nous condamnons sŽvrement les discours, sous-entendu et allusions
de militants, de groupes et de publications qui se croient habiles en maniant
une rhŽtorique prŽsentant Isra‘l comme une sorte de pieuvre manipulant la
politique mondiale, car il s'agit lˆ d'un fantasme antisŽmite. Et en plus, nous
ajoutons que que ceux dont ces prŽjugŽs antisŽmites "populaires" et
ces manipulations irresponsables "distinguŽes" font le jeu,
aujourd'hui, sont surtout les dirigeants de l'ƒtat d'Isra‘l, qui ont besoin de
l'antisŽmitisme et qui l'exploitent et l'appellent de leurs vÏux avec cynisme,
pour pouvoir contr™ler par la peur le peuple judŽo-israŽlien et le dresser
contre le peuple palestinien opprimŽ.
Le parcours d'un DieudonnŽ, humoriste s'adressant ˆ
un public largement issu de l'immigration africaine et aussi des Antilles, qui
de provocations en provocations est devenu un rŽel fasciste, c'est-ˆ-dire un
pseudo "rŽvolutionnaire" cherchant ˆ transformer le combat contre
l'exploitation en combat contre un groupe humain dŽsignŽ comme bouc Žmissaire,
est un signal d'alerte.
Riposte la•que fait partie des groupes qui,
inquiŽtŽs par de telles dŽrives, mais dŽpourvus de repres politiques et
sociaux sŽrieux car faisant de la "la•citŽ" non ce qu'elle est
rŽellement, un moyen et un objectif du combat Žmancipateur, mais une ic™ne de
type religieux couvrant d'un manteau faussement universaliste une rŽalitŽ trs
provinciale et Žtroite, en sautant de l'autre c™tŽ du cheval, en arrive
finalement au mme rŽsultat. La lutte des classes est perdue de vue au profit
de la lutte contre les "communautaristes", et fatalement il arrive ˆ
nos "la•ques" pour qui la France rŽpublicaine est porteuse d'universalitŽ
et de la•citŽ, ce qui est une reprŽsentation non pas la•que, mais fŽtichiste,
de se comporter comme les pires communautaristes : en valets du capital.
Ce groupe soutient les poursuites contre Elie
Domota aprs avoir dŽnoncŽ les rencontre entre le PS et le RŽseau Education
Sans Frontires, censŽs ˆ ses yeux reprŽsenter l'alliance des bobos en oubliant
que les libertŽs dŽmocratiques et la•ques sont attaquŽes par Sarkozy. De mme
que le porte-parole de l'UMP M. Lefebvre a traitŽ le collectif LKP de tontons
macoutes, il amalgame Elie Domota ˆ Robert Mugabe, le dictateur du Zimbabwe. De
telles assimilations ont un contenu raciste, Žvoquant le spectre du mŽchant
"dictateur noir" (et pourquoi pas cannibale) appelŽ ˆ faire peur dans
nos chaumires. Elles ont en mme temps un contenu social, celui de la haine du
bolchevik hirsute au couteau entre les dents dŽnoncŽ par une cŽlbre affiche
des annŽes 1920. En traitant de raciste la haine sociale des opprimŽs, Riposte
la•que a choisi son camp : celui du racisme, le camp antila•que. Comme
DieudonnŽ.
VP.
* * * *
Va-t-il
falloir donner la liste des syndiquŽs au patron ?
Le dernier numŽro du bulletin CGT Le droit en
libertŽ
(mars 2009) est d'un intŽrt considŽrable : il indique les premires
consŽquences de la transposition dans la loi du 20 aožt 2008 de la position
commune MEDEF-CGPME-CGT-CFDT sur la reprŽsentativitŽ syndicale. Il soutient en
principe pourtant la position confŽdŽrale selon laquelle cet accord est un bon
accord. Mais, concret et prŽcis, il en montre les premires consŽquences.
La sociŽtŽ OKAIDI a obtenu du Tribunal d'instance
de Roubaix un arrt ainsi rŽdigŽ :
Ç Ds lors qu'ils ont plusieurs
adhŽrents dans l'entreprise ou dans l'Žtablissement, chaque syndicat qui y est
reprŽsentatif, chaque syndicat affiliŽ ˆ une organisation syndicale
reprŽsentative au niveau national et interprofessionnel ou chaque organisation
syndicale qui satisfait aux critres de respect des valeurs rŽpublicaines et
d'indŽpendance et est lŽgalement constituŽe depuis au moins deux ans et dont le
champ professionnel et gŽographique couvre l'entreprise concernŽe peut
constituer au sein de l'entreprise ou de l'Žtablissement une section syndicale
qui assure la reprŽsentation des intŽrts matŽriels et moraux de ses membres
conformŽment ˆ l'article L. 2131-1. È
Auparavant, et depuis une
jurisprudence de 1997, l'existence de la section syndicale dans l'entreprise
Žtait validŽe par le seul acte de dŽsignation du dŽlŽguŽ. Pour pouvoir dŽsigner
un dŽlŽguŽ, conformŽment ˆ cette formulation, la fŽdŽration CGT Commerce
Distribution Services s'est vu enjointe de donner la liste de ses adhŽrents
chez OKAIDI, sauf ˆ prouver un risque de reprŽsailles ... dont on savait trs
bien qu'elles se seraient produites une fois les adhŽrents connus ! La dŽsignation
du dŽlŽguŽ a ŽtŽ annulŽe.
Cette situation produit l'indignation mais
l'embarras du responsable de cette passionnante chronique juridique :
Peut-on accepter de fournir
la liste des adhŽrents ?
Face ˆ un juge qui refuse tout mode de preuve
non contradictoire [c'est-ˆ-dire un juge qui n'admet pas que le syndicat refuse de
donner la liste de ses adhŽrents], faut-il sÕen tenir ˆ une position de
principe et ˆ un refus de porter la liste des adhŽrents ˆ la connaissance de
lÕemployeur, avec la perspective quasiment certaine dÕannulation de la
dŽsignation du dŽlŽguŽ syndical ou du reprŽsentant de la section syndicale, qui
se retrouve immŽdiatement privŽ de son statut protecteur ? On se gardera ici
dÕapporter une rŽponse pŽremptoire et uniforme ˆ une question qui relve de la
stratŽgie syndicale :
–
Si
des Žlections sont proches, il sera possible de confŽrer un statut protecteur
aux syndiquŽ-s ainsi mis en avant (Žvidemment avec leur accord explicite et en
connaissance de cause).
En
cas de sanction et a fortiori de licenciement frappant un syndiquŽ ainsi Ç
rŽvŽlŽ È, une action prudhommale en rŽfŽrŽ pourrait dŽmontrer lÕatteinte ˆ la
libertŽ syndicale et obtenir lÕannulation de la sanction.
Mais de quelle "stratŽgie syndicale"
relve la rŽponse ˆ cette question ? Chaque section syndicale et chaque
fŽdŽration laissŽe toute seule par la confŽdŽration se trouvera en effet devant
les choix ˆ faire dŽcrits ici : sauf ˆ demander un statut protecteur en cas
d'Žlection ou ˆ attendre que le licenciement du syndicaliste ait dŽjˆ eu lieu,
elle est coincŽe ! C'est au niveau
national, confŽdŽral, qu'une "stratŽgie syndicale" pourrait les
sortir du pige en appelant ˆ refuser systŽmatiquement de livrer la liste des
syndiquŽs au patron !
Mais le petit problme est qu'une telle stratŽgie
syndicale nationale en heurte une autre : celle de ce qui a bel et bien ŽtŽ
signŽ par
la CGT dans la "position commune".
Car ce trs grave problme de devoir donner au
patron la liste noire des syndiquŽs dŽcoule directement de ce qui a ŽtŽ Žcrit et
signŽ ensemble par Thibault, ChŽrque et Parisot, ˆ savoir l'article 1.1 de la
"position commune" sur les critres de reprŽsentativitŽ, qui en
dresse une liste de pas moins de 7, dont celui du nombre d'adhŽrents dont il
est ici demandŽ trs logiquement de faire la preuve, et l'article 1.2 prŽcisant
que ces critres sont cumulatifs.
On peut toujours raconter au militant de base que
c'est pas a, mais qu'ils regardent les textes, ils verront que non, le
problme ne vient pas de ce que le gouvernement aurait rajoutŽ dans la loi du
20 aožt dernier transposant la "position commune" qu'il a transposŽe
ici fidlement, ni de la stratŽgie de harclement judiciaire des patrons, bien
rŽelle, mais qui prend appui lˆ-dessus : OKAIDI aurait tort de se gner de ne pas
saisir le b‰ton tendu !
Et si pour donner le change (et se le donner ˆ
lui-mme, ˆ l'Žvidence car les faits qu'il prŽsente et leur interprŽtation
juridique sont LIMPIDES), le responsable de cette publication confŽdŽrale
explique dans l'Žditorial que de telles exigences patronales sont en
contradiction avec l'article 12 de la "position commune", la
relecture de cet article fumeux sur l'aide que les patrons pourraient apporter
au dŽveloppement des adhŽsions aux syndicats (si, si ! ), montre qu'il n'empche
absolument pas que les patrons rŽclament la liste !
Les faits sont les faits, la vŽritŽ est la vŽritŽ,
tout vrai syndicaliste, tout dŽfenseur de la CGT ne peut que partir des faits,
et lˆ les faits sont que les patrons vont pouvoir, si le mouvement actuel ne
jette pas tout a au rancard, exiger la liste des syndiquŽs pour qu'il puisse y
avoir des dŽlŽguŽs dans les bo”tes, ˆ cause un texte Žcrit et signŽ par
Thibault et ChŽrque.
* * * *
PG, PCF et NPA : un
lecteur nous Žcrit.
Nous avons reu ces remarques d'un lecteur qui a
visiblement trouvŽ l'article de la lettre prŽcŽdente sur les Žlections
europŽennes trop "gentil" envers le PG et trop "dur" envers
le NPA. Nous les versons au dŽbat sans rŽpondre directement ˆ tout (nous le ferons
s'il l'exige) car diffŽrents points de vue et leur confrontation nous semblent
tout ˆ fait respectables et nŽcessaires.
Son message prŽsentant ses remarques inserrŽes
dans le texte de Militant-la lettre de liaisons, nous avons reproduit celui-ci
en italiques ici :
Ç D'autre part, il y a l'espoir soulevŽ par la
crŽation du Parti de Gauche suite au dŽpart de Jean-Luc MŽlenchon et Marc Dolez
du PS, espoir que celui-ci conduise ˆ un regroupement large des courants
hostiles au traitŽ de Lisbonne, ce qui symbolise aux yeux de la base la volontŽ
de rupture rŽelle avec le capitalisme, et que s'unissent ˆ la gauche du PS les
forces qui disent reprŽsenter cela. Mais actuellement la direction du NPA
refuse cette unitŽ, et le PG se trouve dans une logique de force d'appoint d'un
PCF qui n'est pas en mesure de reprŽsenter cette volontŽ
d'unitŽ et de combat, ˆ supposer qu'il le souhaite. È
Et pourquoi le PG a prŽfŽrŽ faire
alliance d'abord (et avant sa crŽation) avec le PCF et non pas avec le NPA
? Pourquoi le PG n' a-t-il pas voulu profiter des bons sondages du NPA pour d'
abord proposer une alliance avec le NPA et aprs avec le PCF qui lui ne peut
aller seul aux Žlections et aurait ŽtŽ obligŽ de suivre? Oui, le NPA n'est
pas un champion de l' unitŽ. Mais la manire de d'abord faire alliance avec le
PCF et aprs de faire semblant de vouloir aussi s' allier avec le NPA est un
choix politique ˆ la base de la tactique et du programme du PG.
Le PCF est en perte de vitesse, le NPA Žlargit son audience. Je ne compte pas
sur le NPA pour faire la rŽvolution, par contre, il aurait ŽtŽ plus utile, au
vu du sucŽs et de la prŽsence du NPA sur le terrain, que le PG fasse tout
pour arracher un accord avec le NPA. Mais on voit bien que le but du PG est
d' abord de se mŽnager une sortie pour aprs les europŽennes, et lˆ, une
alliance avec le PCF est plus rentable qu'avec le NPA.
Ç Le
"front de gauche" est donc pour l'heure un PCF plus des appendices et
des couvertures. Cela mme avec la participation de la majeure partie des
dirigeants de l'ancien courant "UNIR" de la LCR, qui ont quittŽ le
NPA estimant que leur existence en courant constituŽ n'y Žtait pas tolŽrŽe -ce
qui accentue aussi le caractre de rassemblement charismatique et Žlectoral
... È
Idem pour le PG, et personne ne connais le PG
dans la lutte, le NPA, oui.,
Ç ... et non
de parti politique ouvrier avec ses dŽbats et ses courants, que tend ˆ prendre
le NPA. Une majoritŽ de camarades du NPA pense sans doute que tout seuls ils
vont faire un tabac sur le nom de leur porte-parole, et ils Žcoutent les
sondages ˆ ce sujet. Passons rapidement sur les motifs officiels de la
direction du NPA qui prŽtend tre "unitaire", mais oui, en ayant
calculŽ ses exigences pour ne pas avoir ˆ s'associer ˆ d'autres forces
-promettez que toujours vous cracherez sur le mŽchant PS et jurez que vous
voulez dŽmonter les centrales nuclŽaires- È
Tiens, c'est pas mal a ! Je te fais remarquer
que MŽlenchon aussi dit haut et fort qu'il faut dŽmonter les centrales
nuclŽaires , qu'il faut programmer une sortie du nuclŽaire, que c'est un
point important de son programme, etc, ... puis plus rien, rien dans le
programme sur les europŽennes, et, encore plus fort, laisse le PCF applaudir ˆ
la construction de l' EPR ! Lˆ, c'est trop fort !
Ç ... c'est lˆ prendre
ouvertement les militants ouvriers et ses propres militants pour des
crŽtins È
toi aussi .
Ç Passons lˆ-dessus et posons la vraie
question : faire un tabac aux Žlections europŽennes, pour quoi faire, si ce
n'est pas pour battre et chasser Sarkozy ? È
Bien d'accord, sauf, que rejouer la carte PG
qui, sur de nombreux point raconte n' importe quoi, veut s' adapter en fait au
capitalisme, sur le nuclŽaire, Gaza ( jamais le PG n' a condamnŽ le sionisme,)
rejouŽ la carte PG, qui fait alliance avec le PCF qui se compote dans les mairie
comme des cons ( Grenoble : le PCF vote 400 000 Û pour une campagne pour le JO
avec transport de tonnes de neige depuis la montagne pour une animation en
centre ville ... ), a je ne vote plus pour cela ! Et au fait, comment
votent les Žlus PG dans les CG ? Ils votent la mme chose que le PS/PCF,
ils appliquent le RSA, ils votent les subventions pour les entreprises etc,
etc, ..
J'ai suivi pas ˆ pas la construction de PG,
sans m' attendre ˆ quelques chose de parfait, je me suis vite ŽloignŽ, car vu la
tournure prise, vu les mensonges, vu le projet ˆ peine rŽformiste, les mmes
alliances qui font que la gauche est dans cette merde, je laisse tomber ce
machin ! Oui, il faut battre et chasser Sarkozy, non, le NPA comme le PG ne
peuvent y arriver, et alors reste nous seulement la possibilitŽ d' envoyer un
petit signal en direction de ceux qui se battent en votant NPA. Ou mme s'
abstenir.
Un lecteur fidle.
* * * * *
Fin d'Žtat de gr‰ce
pour Barack Obama.
A supposer qu'il y ait eu un Žtat de gr‰ce pour
Barack Obama, celui-ci a pris fin cette semaine.
Dans la masse de dollars du plan Paulson d'aide aux
banques mis en route sous Bush en
octobre dernier, il s'avre que 165 millions -une paille, mais il peut y en
avoir bien d'autres qui forment des poutres, des arbres et des forts ! - sont
passŽs directement de la poche des contribuables ˆ des primes aux actionnaires
et cadres capitalistes dirigeants, les mmes qui sont prŽsentŽs officiellement
comme responsables de la banqueroute du premier gŽant mondial de l'assurance,
AIG, tenu en respiration artificielle par l'Etat depuis dŽjˆ six mois, et
toujours pas rŽanimŽ. Cette distribution gracieuse d'argent public a bŽnŽficiŽ
ˆ 298 "cadres de la division des produits financiers" dont 73 ont eu droit ˆ
plus d'un million de dollars chacun.
Obama a ŽtŽ investi en janvier. Fin fŽvrier il
dŽcidait d'injecter 30 milliards de plus ˆ AIG tout en dŽclarant que le temps
des chques en blanc aux traders Žtait rŽvolu, ah mais ... Le virement des 165
millions aux "cadres financiers" a eu lieu le 15 mars. Selon les
conseillers d'Obama, la Maison Blanche aurait ŽtŽ prŽvenue le 11 mars, alors
que Tim Geithner, le Monsieur Finance d'Obama, l'homme dont la nomination
concentre la "continuitŽ" de son administration par rapport aux
prŽcŽdentes (ˆ la fois celle de Bush et celle de Clinton), dŽclare quant ˆ lui
avoir ŽtŽ informŽ ... le 10 mars, cependant que Edward Liddyn, PDG d'AIG
nouvellement nommŽ en septembre et prŽsentŽ comme un "Monsieur
Propre" (la preuve : son salaire officiel de PDG est d'un dollar
symbolique ! il doit avoir de la rŽserve, cet Edward Liddyn ! ) dŽclare avoir
ŽtŽ informŽ ... le 3 mars, et que lˆ dessus Ben Bernanke, patron de la Banque
fŽdŽrale, vient annoncer l'avoir ŽtŽ ... trois mois plus t™t.
Pour complŽter cette cacophonie, le sŽnateur
dŽmocrate du Connecticut, proche d'Obama et prŽsident du comitŽ bancaire du
SŽnat, Christopher Dodd, explique qu'il a renoncŽ sous la pression du TrŽsor,
donc de Geithner, d'introduire dans le plan de relance votŽ le 13 fŽvrier des
mesures de plafonnement des primes, mais selon une autre version, qui pourrait
provenir ... du TrŽsor, c'est le mme Dodd qui aurait fait ajouter par le
congrs une clause au plan d'aide ˆ AIG selon laquelle les primes dŽcidŽes
avant fŽvrier 2009 ne sauraient avoir de limites ( parfaitement : pas de
limites aux primes !!! ), cela donc de faon ˆ permettre les fameux versements
si l'on comprend bien ... Pendant ce temps la presse se met ˆ expliquer que les
deux hommes politiques dont la campagne Žlectorale a reu le plus de
financements en provenance d'AIG sont Christopher Dodd ... et le candidat ˆ la prŽsidence Barack
Obama !
Dans la conscience collective de millions
d'amŽricains, au delˆ de ce qu'il est convenu d'appeler "l'opinion
publique", cette affaire signifie qu'on continue ˆ les dŽpouiller pour
habiller les financiers. Barack Obama est obligŽ de rŽagir et annonce des
mesures de restrictions aux primes et autres bonus des financiers (qui vivra
verra ! ), tout en prŽcisant que la mesure la plus simple -annuler les primes-
est impossible car elle met en cause le fondement juridique de l'
"Žconomie de marchŽ" : la sŽcuritŽ des contrats, donc le droit de
propriŽtŽ. Et oui : le vol garanti par la loi doit tre protŽgŽ. C'est lˆ une
indication trs instructive qu'un peu malgrŽ lui le prŽsident Obama donne au
peuple amŽricain sur la nature des vrais problmes en jeu É
Comprenant que son relatif charisme est dŽjˆ en
cause dans cette affaire, Barack Obama prend la dŽfense de son homme, Geithner,
en le comparant ˆ Alexander Hamilton -le fondateur de la premire banque
centrale US, peu aprs la rŽvolution amŽricaine ˆ la fin du XVIII¡ sicle : une
dŽcision qui, notons-le, fut en son temps perue comme concentrant tout le
reniement de la rŽvolution amŽricaine, l'instauration d'un pouvoir central
prŽsidentiel d'inspiration monarchique, d'une armŽe permanente et d'une finance
capitaliste liŽe ˆ l'ƒtat, toutes choses que les acteurs de la rŽvolution comme
Thomas Jefferson refusaient. Voila donc une rŽfŽrence qui lˆ non plus ne manque
pas d'intŽrt. Pour ne pas annuler les contrats, le Congrs a votŽ la taxation
ˆ 90% des fameuses primes et autres de ce type, ce qui tŽmoigne pour le moins
d'une forte pression populaire ....
Puis, Obama dŽcide de rebondir en se faisant
inviter sur un plateau tŽlŽ, dans un talk show comique de NBC le 19 au soir.
Patatras, il se fait mal voir en l‰chant une vanne susceptible d'tre prise
comme moquerie envers les handicapŽs et conclut par un "Je vous le
promets : il y aura des jours meilleurs" qui laisse sceptique la masse des
tŽlŽspectateurs.
Assouplissement
quantitatif ˆ la Fed ...
L'Žtat de gr‰ce est terminŽ. Pour ce qui concerne
le fonctionnement du pouvoir exŽcutif nord-amŽricain aujourd'hui,
l'interprŽtation la plus exacte de ces Žvnements n'est probablement pas que
Barack Obama est directement ˆ l'initiative dans toutes ces affaires, tenant un
discours d'indignation d'un c™tŽ, mŽnageant les primes des voleurs de l'autre,
d'une manire visible et maladroite qui commence dŽjˆ ˆ l'affaiblir. Il est en
fait plus vraisemblable, au moment actuel, que les leviers de commandes sont
plus ˆ la Fed (la Federal Reserve Bank, banque centrale des EU) qu'ˆ la Maison
blanche. Pour sauver le capital, la Fed a pris le pouvoir en septembre dernier,
et pendant que les citoyens amŽricains ont affirmŽ leur volontŽ de changement
radical en Žlisant Obama (sans oublier qu'un dŽsir de rupture avec la finance
animait aussi la majoritŽ des Žlecteurs de son adversaire ! ), c'est elle qui a
dŽterminŽ tous les choix essentiels. Et c'est elle qui est ˆ l'origine de
l'Žvnement mondial le plus important depuis le dŽbut de l'annŽe 2009, que tout
le bruit autour de ces affaires a en partie contribuŽ ˆ le faire passer
inaperu. Mais en Europe et en France aucun mŽdia de masse n'en a parlŽ au bon
peuple, qui ne mŽrite pas de savoir, car il pourrait comprendre. Et c'est bien
plus gros encore que les primes des "cadres financiers" d'AIG.
Voici ce dont il s'agit.
Le mercredi 18 mars 2008, la Fed a dŽcidŽ de racheter
300 milliards de bons du TrŽsor amŽricains (opŽration dŽnommŽe "quantitative
easing",
assouplissement quantitatif), ˆ la suite des banques centrale britannique et
japonaise, et aussi de relever le plafond des rachats de crŽances immobilires
douteuses de 300 ˆ 1450 milliards de dollars, et le lendemain d'Žtendre les
facilitŽs de crŽdit qu'elle octroie maintenant directement, se substituant aux
banques qui sont dans l'ensemble insolvables, ˆ de larges secteurs de toute
l'Žconomie nord-amŽricaine. Parmi ces dŽcisions, la plus importante et celle
qui a fait figure de geste politique fort et surprenant par son ampleur, est le
rachat des bons du TrŽsor.
La question est : avec quoi la banque des EU
rachte-t-elle tout a et notamment la dette ˆ long terme des EU ? La rŽponse
s'appelle Žmission monŽtaire. Et cette fois-ci, sans contrepartie. Le signal
est double et du point de vue de n'importe quelle entreprise capitaliste, il
est catastrophique :
- premier signal : s'il faut en arriver lˆ c'est
que les bons du TrŽsor US, qui semblaient encore une "valeur refuge"
il y a peu, sont considŽrŽs par le pouvoir nord-amŽricain et les sommets du
capital financier comme Žtant devenus une charge trop lourde, par les paiements
d'intŽrts obligataires qu'ils entra”nent.
- second signal : ces Žmissions massives ne peuvent
que conduire ˆ terme ˆ une chute du dollar, enregistrant en termes monŽtaires
l'affaiblissement structurel de l'impŽrialisme US et de son Žconomie.
Les deux signaux sont connectŽs, car
l'affaiblissement des ƒtats-Unis, l'insolvabilitŽ globale de leur systme
bancaire, la baisse du dollar, mettent ˆ terme en danger leur solvabilitŽ comme
dŽbiteurs du monde entier. Mme si dans l'immŽdiat ces rachats de bons du
TrŽsor peuvent ralentir la baisse de leur valeur et la hausse des intŽrts qui
vont avec, l'effet principal est d'annoncer au monde que la Fed elle-mme
estime que sa dette n'est pas solvable. Anticiper sur le moment fatidique en
rachetant ses propres crŽances, c'est donc en mme temps de sa part prendre le
risque d'en rapprocher l'ŽchŽance. Cela veut dire que les ƒtats-Unis consentent
ˆ une baisse du dollar par laquelle sera ŽpongŽe leur dette, vŽritable
escroquerie planŽtaire ˆ c™tŽ de laquelle la dŽnonciation de la vieille dette
de la Russie tsariste par les "bolcheviks mauvais payeurs"' voici 90
ans n'arrive qu'ˆ la hauteur d'un menu larcin. Que penserait-on d'un
particulier qui rachte ses dettes avec de la fausse monnaie qu'il a fabriquŽe
dans sa cave ?
En avril 1971, le prŽsident Nixon dŽcidait
l'inconvertibilitŽ du dollar en or, ce qui peut rŽtrospectivement tre tenu
comme le coup d'envoi de la financiarisation mondiale de l'Žconomie et des
grands traits du capitalisme de la fin des annŽes 1970 ˆ aujourd'hui.
En mars 2009 le prŽsident, non des ƒtats-Unis, mais
de la Fed (pendant que le prŽsident en titre se prend les pieds dans le tapis
sur NBC) en dŽclenchant le commencement de la transformation de la dette
publique US en papier-monnaie, sanctionne l'effondrement de la pŽriode de
financiarisation par une tentative Žperdue de fuite en avant, reposant
uniquement sur la puissance et le pouvoir de l'ƒtat, sans lesquels cette
monnaie ne vaut que l'encre et le papier qui la composent.
Naturellement, ces Žmissions monŽtaires aux
montants extraordinaires, qui dŽpassent largement toutes les politiques
"keynŽsiennes" ayant pu exister dans le passŽ (en ce sens dŽplorer
que Obama n'ait pas encore lancŽ un "New Deal" n'a gure de sens : il
injecte bien plus de monnaie qu'un troupeau entier de "New Deal" avec
des rŽsultats moindres pour l'instant), vont conduire ˆ l'inflation, d'autant
que parmi les grandes banques centrales des pays capitalistes, c'est la Banque
Centrale EuropŽenne (BCE) de Francfort qui se retrouve pour l'instant la seule
ˆ ne pas avoir franchi ce pas de l' "assouplissement quantitatif".
Actuellement, nous sommes officiellement en
dŽflation. Mais le passage ˆ l'inflation ne changerait pas tellement la
signification de ce qui se passera pour la masse des gens et des salariŽs, car
il y aura inflation sur tout, sauf sur les salaires et les petits revenus fixes
!
Le paradoxe apparent pour l'heure est que, si le
dollar est immŽdiatement et logiquement reparti ˆ la baisse, les bourses
remontent et ont bien accueilli toutes ces nouvelles, signifiant ˆ leurs yeux
que l'ƒtat, ce bon vieux garant de la libertŽ des marchŽs, veille plus que
jamais sur elles. RemontŽe pour l'instant toute relative puisqu'elle laisse par
exemple encore le CAC 40 franais largement en dessous des 3000 points au
dessus desquels il se trouvait encore dŽbut 2009, mais qui pourrait continuer
quelques temps : alors on verrait la remontŽe des indices accompagnant comme
une musique indŽcente et extravagante l'avalanche des licenciements. Mais
aucune illusion n'est de mise : il ne s'agit pas d'une simple crise cyclique
"conjoncturelle", mais d'une crise structurelle majeure dont le
dŽveloppement, mettant en jeu tous les rapports entre les classes sociales et
toutes les relations internationales entre ƒtats, n'en est qu'ˆ ses dŽbuts.
Chine et AmŽrique.
Les bons du TrŽsor US sont la contrepartie des
dŽficits commerciaux massifs accumulŽs par le pays le plus puissant et le plus
endettŽ du monde depuis des annŽes, ˆ un rythme accŽlŽrŽ dans les annŽes 2000.
En dehors de la Grande-Bretagne o leur dŽtention
fait partie de l' "industrie financire", florissante ici depuis
Thatcher jusqu'ˆ ce qu'elle mette tout le pays ˆ plat en ce moment mme (et,
dans le sillage de la Grande-Bretagne, quelques paradis fiscaux et ... la France),
ceux qui en dŽtiennent beaucoup sont les pays qui ont vendu des marchandises
aux ƒtats-Unis, Chine en premier lieu, puis Japon, autres pays industriels
d'Asie, BrŽsil.
Pour la Chine, ses rŽserves de bons du TrŽsor qui
constituent le noyau clef du systme incomplet de crŽdit du capitalisme
chinois, forment (avec les bons du TrŽsor proprement dits et des titres
analogues) environ 1800 milliards de dollars de rŽserves de change. Le choix
des autoritŽs monŽtaires US fait ce 18 mars signifie qu'elle va s'en dŽlester
autant que possible. C'est en fait une dŽclaration unilatŽrale de guerre
Žconomique (ˆ rapprocher des manÏuvres de rŽconciliation avec l'Iran lancŽes
par B. Obama : et s'il s'agissait de facto de reprendre l'encerclement de la Chine, sachant que la
Russie revient partiellement en Asie centrale ?).
Rappelons que lors des prodromes de la crise
historique actuelle, la question stratŽgique du dŽlestage des rŽserves de
change chinois en dollars Žtait bien prŽsente. J'Žcrivais ceci dans la Lettre
de Liaisons du 30 aožt 2007 :
LÕimpŽrialisme nord-amŽricain
cožte de plus en plus cher ˆ ses partenaires. Le vent du boulet dÕune
dŽconnexion, dÕun refus de ceux-ci de payer, existe bel et bien, en raison de
la position chinoise. Vendredi soir, comme par hasard, aprs la fermeture de
Wall Street, la presse faisait Žtat de rumeurs sur les discussions dans les
hautes sphres de Beijin, discussion sur lÕexistence desquelles on ne saurait
douter, concernant la possibilitŽ de ventes massives par la Chine des bons du
TrŽsor nord-amŽricains quÕelle dŽtient.
Est en cause ici une structure du marchŽ mondial
de premire importance. LÕimpŽrialisme dominant est dŽficitaire et vit ˆ
crŽdit, ce qui nÕest plus une nouveautŽ puisque cela dure depuis le dŽbut des
annŽes 1970, mais qui est une nouveautŽ ˆ lÕŽchelle de lÕhistoire. Son dŽficit
commercial est ŽquilibrŽ par des achats massifs de bons du TrŽsor US par les
banques centrales et les acteurs financiers privŽs des autres puissances.
A diffŽrents moments les ƒtats-Unis se sont ainsi
reposŽs sur un partenaire privilŽgiŽ qui se trouvait toujours tre leur
principal concurrent pour les industries de base et pour la productivitŽ du
travail. Dans les annŽes 1970 ce fut lÕAllemagne, dans les annŽes 1980 le
Japon, qui le paya cher, mais qui paya. AujourdÕhui cÕest la Chine, mais dans
un rapport particulier, dÕune part parce que le capitalisme chinois, reposant
sur lÕexploitation effrŽnŽe dÕun rŽservoir de main-d'Ïuvre de centaines de
millions de travailleurs, mais sans systme boursier, financier, bancaire et
fiscal structurŽ hŽritŽ du passŽ, est trs particulier, dÕautre part parce
quÕil a une autonomie plus grande que ses prŽdŽcesseurs, Žtant constituŽ au
sommet par la transformation en affairistes de la bureaucratie du PC chinois.
Techniquement Beijin peut faire ˆ New York le coup dÕune vente massive des bons
du TrŽsor US, beaucoup plus facilement que ni Francfort ni Tokyo nÕauraient
jamais pu lÕenvisager dans le passŽ.
Mais un tel coup -dont le spectre plane sur la
crise actuelle- ouvrirait une crise sans prŽcŽdent, ferait appara”tre les
ƒtats-Unis comme insolvables et mettrait en pŽril tout lÕordre mondial reposant
sur leur domination, avec y compris les implications militaires dÕun tel choc.
Pour que la bureaucratie chinoise prenne une telle responsabilitŽ, o elle-mme
paierait trs cher, car les exportations chinoises sÕeffondreraient, il
faudrait vraiment quÕelle soit prise ˆ la gorge.
Le pouvoir chinois a lui-mme expressŽment ŽcartŽ
une telle ŽventualitŽ, tout en se faisant de plus en plus donneur de leon de
rigueur budgŽtaire et d'austŽritŽ salariale envers l'impŽrialisme
nord-amŽricain lui-mme :
... la crise financire est
d'ores et dŽjˆ devenue une crise des changes monŽtaires, mettant donc
Žvidemment en jeu les rapports de force entre ƒtats. Fondamentalement, on
assiste ˆ l'Žpuisement des ƒtats-Unis comme pilier de l'ordre mondial, devenus
progressivement Žpicentre du dŽsordre (...). Mais il est interdit aux autres
puissances capitalistes de trop profiter de la situation des ƒtats-Unis dont
l'effondrement les entra”nerait tous dans le gouffre. A dŽfaut d'en profiter,
ils peuvent tre simplement tentŽs de se mettre ˆ l'abri : Argentine et BrŽsil
viennent de dŽcider de ne plus facturer leurs Žchanges en dollars ...
Mais, chose significative, c'est le premier
ministre chinois qui a fait ˆ ce sujet le rappel ˆ l'ordre de rigueur :
"Nous devons nous unir. En
ces temps difficiles, la Chine a rejoint les Etats-Unis. Et nous pensons qu'un
tel coup de main devra aider ˆ stabiliser l'Žconomie et la finance mondiales,
et empcher un chaos majeur. Je crois que la coopŽration est indispensable. Si
cela allait mal du c™tŽ du secteur financier amŽricain [admirons ce
conditionnel !!!] nous serions inquiets pour la sŽcuritŽ des capitaux chinois."
(Wen Jiabao, premier ministre chinois, au magazine Newsweek, 6 octobre 2008). (Militant-lettre de
liaison, 2 novembre 2008).
Et peu aprs :
... le 17 dŽcembre, un
Žditorial du China Daily, dont les Žditoriaux sont rŽputŽs Žmaner des services
du secrŽtariat du bureau politique du parti dit communiste chinois, s'inquite
de la rentabilitŽ des bons du TrŽsor US. Il prŽvient que Ç le fort appŽtit manifestŽ en ce
moment par l'Žtranger pour les bons du TrŽsor ne devrait pas tre interprŽtŽ
par le gouvernement des ƒtats-Unis comme une preuve solide de leur valeur ˆ
long terme È, Žvoquant ainsi ˆ mots couverts le spectre d'un krach futur
des bons du TrŽsor et des obligations d'ƒtat qui ont ŽtŽ Žmis en quantitŽs
gigantesques dans le monde -y compris en Chine d'ailleurs- depuis le lancement
des plans type "Paulson".
L'Žditorialiste anonyme demande que le
gouvernement nord-amŽricain, quel qu'il soit, sache mener ˆ bien "les
rŽformes douloureuses et critiques qui sont nŽcessaires".
On peut interprŽter cela de deux manires.
InterprŽtation dŽlirante de qui voudrait encore ˆ tout prix que le rŽgime
chinois soit "communiste" : les voila qui menacent Washington ˆ
prŽsent, car s'ils ne veulent plus de la dette US, ils peuvent frapper
l'Žconomie nord-amŽricaine au cÏur. InterprŽtation rŽaliste et marxiste : le
rŽgime chinois, trs inquiet de l'ampleur de la crise chez lui o les chiffres
officiels envisagent maintenant un taux de croissance de 4 ou 5% et non plus de
7 ou 8% comme il y a quelques semaines encore, alors que ces 7 ou 8% Žtaient
dŽjˆ censŽes tre le seuil limite de la crise sociale, donne des ordres au
futur prŽsident des ƒtats-Unis.
L'Ždito veut dire : Obama, mon
vieux, il va falloir que tu saches faire en sorte que ton peuple se serre la
vis et pas qu'un peu. Anticapitalisme ? Pas du tout, au contraire : la voix du
PCC, c'est la voix du capital qui enjoint ˆ Obama de savoir frapper la classe
ouvrire nord-amŽricaine ! (19 dŽcembre 2008).
Nous en arrivons maintenant au moment o la Chine
est en fait conduite ˆ se commencer ˆ se dŽlester massivement de ses bons du
TrŽsor US, mais parce que ce sont les ƒtats-Unis eux-mmes qui l'y
contraignent. Aucune initiative gŽopolitique chinoise n'a dŽstabilisŽ l'Ždifice
monŽtaire US, bien au contraire, mais celui-ci s'effondrant tout seul menace
maintenant la Chine. L'effondrement de ses exportations est de toute faon dŽjˆ
un fait accompli et la dŽvalorisation de ses rŽserves de change est dŽclenchŽe
par les ƒtats-Unis eux-mmes, elle n'a donc gure le choix.
Le dŽlestage des rŽserves chinoises de change en
dollar a d'ailleurs commencŽ avant mme le 18 mars, et est en train de
s'intensifier. Il s'agit bien de se dŽlester des dollars, et l'on peut donc
supposer que ce n'est pas principalement ˆ la Chine que la Fed va racheter (en
dollar) ses propres dettes ! Ce dŽlestage se traduit, de manire visible, par
une montŽe en puissance du capital chinois dans des entreprises minires et
agro-alimentaires clefs, comme l'australien Rio Tinto, les entreprises
semi-Žtatiques de Russie, la firme nationale brŽsilienne PŽtrobras, sans
oublier la faon dont la Chine tend ˆ se substituer au FMI vis-ˆ-vis du
Pakistan, et divers rachats d'entreprises allant jusqu'ˆ ... de l'immobilier
aux ƒtats-Unis ! Certes, cette vague d'achats (qui joue dans le relatif rebond
boursier de ces derniers jours) peut tre interprŽtŽe sous le mode "la
Chine ˆ la conqute du monde", mais il convient de rappeler qu'ˆ la fin
des annŽes 1980, le grand crŽancier prŽcŽdent des ƒtats-Unis qu'Žtait alors le Japon
en faisait autant dŽjˆ pour se dŽlester de ses crŽances, qu'on disait dŽjˆ
qu'il partait ˆ la conqute du monde alors qu'en vŽritŽ il partait pour une
dŽcennie de rŽcession. La politique du capital nord-amŽricain est claire et il
ne peut pas en avoir d'autre : il ne s'en sortira que si les autres grands
foyers du capital, Chine mais aussi bien entendu Union EuropŽenne, paient le
plus gros de la facture.
* * * * *
Militant n¡16 est paru.
28 pages – 1 Û Extrait du sommaire
: Capitalisme : la crise finale ? Et le pouvoir dÕachat, M. Fillon ? Les
prix 13 % plus ŽlevŽs en Ile de France quÕen province. Un locataire averti en
vaut deux ! Triste bilan dÕHortefeux. Aprs le 29 janvier : la crise cÕest eux,
la solution cÕest nous. Dans lÕAllier : alerte rouge pour les salariŽs. A
nouveau : o va le PS ? Militant et le PS : Žchange polŽmique avec un membre du
Parti de Gauche. Laisser sa place ˆ la jeunesse (interview de Nasser Lajili,
conseiller municipal ˆ Gennevilliers). Contre la mise ˆ mort des collectivitŽs
locales. Appel aux artistes qui veulent penser hors du systme. Houellebecq,
lÕŽcrivain de la gauche qui vote ˆ droite. Etats Unis : congrs de LaborÕs
Militant Voice. Abonnement : 10 Û par chque ˆ lÕordre de Militant, 18 rue
Victor MassŽ 75009 Paris
Devenez
correspondant(e) / diffuseur de Militant dans votre ville ou votre secteur
professionnel :
Adressez un chque de 20 Û ˆ lÕordre
dÕAPE ˆ : Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris