Lettre de liaison NĦ 55 du dimanche 5 avril 2009.
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ lĠassemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) Stéphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Françoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)

 

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Sommaire :

- "Ce qu'il faut c'est une rŽvolution car on est ici tout seuls dans notre petite usine ˆ se faire bouffer, les uns aprs les autres."

- Pendant ce temps, les moralisateurs du capitalisme tiennent sommet.

- La rŽalitŽ est claire.

- Manifestation centrale ˆ l'ƒlysŽe ?

- DŽbats sur l'interdiction des licenciements.

Documents :

      Discours d'accueil d'AndrŽ GŽrin, dŽputŽ-maire de VŽnissieux, au meeting organisŽ par le POI le 22 mars.

Marc Dolez, Jacques Dessalangre, J.L. MŽlenchon : proposition de loi visant ˆ instaurer un bouclier social face ˆ la crise (exposŽ des motifs).

      Rencontre du 10 mars entre dŽlŽgations du PG et du POI.

- Le Parti de Gauche et le NPA : en rŽponse ˆ un lecteur, par Raymond Debord.

- Appel de la coordination Žtudiante rŽunie ˆ Paris I dimanche 29 mars.

- Lettre ouverte des portes-paroles de la coordination nationale des universitŽs aux confŽdŽrations syndicales.

- CommuniquŽ des syndicats agricoles de l'UMT (Maroc).

- Militant nĦ 16 est paru.

 

"Ce qu'il faut c'est une rŽvolution car on est ici tout seuls dans notre petite usine ˆ se faire bouffer, les uns aprs les autres".

 

Cette rŽflexion a ŽtŽ faite par une ouvrire, prŽsente ˆ un rassemblement devant son usine, JPM ˆ Moulins, qui fabrique des serrures et qui Žtait dŽjˆ avant la "crise" menacŽe par 90 licenciements, en relation avec la dŽlocalisation en Chine d'une partie de la production -bien qu'il se dise qu'il a fallu ici redresser des serrures fabriquŽes en Chine-, licenciements annoncŽs qui sont depuis montŽs au nombre de 180.

 

Le rassemblement ˆ l'appel de la CGT, de FO et de la CGC intervenait aprs l'annonce d'un "PSE" (Plan de Sauvegarde de l'Emploi !!!) consistant en 132 licenciements sur l'usine dans les mois ˆ venir, ˆ l'ŽtŽ puis ˆ l'automne, sur 333 travailleurs. Et juste en face, il y a une beaucoup plus grande usine, Potain, le leader franais des grues de chantier, qui fonctionnait ˆ plein rŽgime jusqu'ˆ il y a 6 mois, o le spectre de la liquidation pure et simple menace maintenant, bien que la section CGT ait calculŽ que les seuls dividendes des actionnaires de l'annŽe 2008 correspondant aux gains rŽalisŽs par la production de cette seule usine permettraient de payer tout le monde pendant des annŽes. Lorsque dŽbut avril le ch™mage partiel qui sŽvit depuis des mois s'est temporairement interrompu pendant 2 jours, les travailleurs se retrouvant enfin tous ensemble ont commencŽ ˆ occuper l'usine. La revendication avancŽe dans cette occupation par la section CGT est de contraindre la direction ˆ amŽliorer le "PSE" en payant des mesures pour les travailleurs proches de la retraite afin qu'ils ne soient pas balancŽs sur "P™le Emploi", comme on dit maintenant, et des mesures de formation pour les jeunes. Mais le sentiment de tous, lˆ aussi, c'est que les 106 licenciements annoncŽs ici n'ont aucune lŽgitimitŽ, et qu'ils n'empcheraient Žvidemment pas, s'ils avaient lieu, de virer les 300 travailleurs restant !

 

Bref, ces "plans de sauvegarde de l'emploi" ne sont que des plans de licenciements et jamais un licenciement n'a ŽvitŽ un autre licenciement : ce n'est pas en acceptant des licenciement qu'on empche les licenciements ! Aprs une premire vague, ˆ qui le tour pour la deuxime vague ?

La camarade de Militant qui nous envoie ce rŽcit nous dit que "contrairement ˆ la tŽlŽ et aux mŽdias, les conversations ne portent pas sur les parachutes dorŽs et stock options et autres "trucs de moralitŽ" du capitalisme mais sur les emplois et la cata pour ceux qui sont en couple dans la boite, ceux qui sont avec un seul salaire, et il n'y a rien autour au niveau tissu industriel pour espŽrer trouver quelque chose. Il faut, je crois, se dŽfaire du battage des mŽdias et des politiques qui dŽtournent le sujet de fond et Žvitent de prononcer les mots qui rassemblent : "interdiction des licenciements".

A notre rŽunion du conseil d'administration de Militant du dimanche 29 mars, pour analyser la situation politique, nous sommes partis des remarques de cette camarade, car elles nous semblent fort justes sur ce qu'est aujourd'hui le sentiment rŽel, le sentiment de rŽvolte, de larges masses. C'est aussi cette mre de famille qui nous disait sur un marchŽ du 20Ħ arrondissement : "Sarkozy est un hypocrite. Il va nous falloir une bonne rŽvolution."

 

 

Pendant ce temps, les moralisateurs du capitalisme tiennent sommet.

 

Beaucoup de bruit mŽdiatique ces jours-ci a ŽtŽ fait autour des "sommets" de chefs d'ƒtat, "G20" ˆ Londres puis sommet de l'OTAN ˆ Strasbourg, sur les robes dŽcontractŽes de Miss Obama et les absences de Miss Sarkozy, sur un prŽtendu "nouveau capitalisme" qui serait en train de voir le jour, un capitalisme moral. Le plus remarquable est que certains commentateurs finissent par croire ˆ leur propre boniment. Pour qu'ils puissent y croire, il faut pourtant qu'ils aient une certaine idŽe de la "morale"...

 

Une idŽe que l'on peut rŽsumer ainsi : la "morale", pour eux, c'est quand les dirigeants de la SociŽtŽ GŽnŽrale font savoir qu'ils renoncent ˆ leurs stock-options, tout en prŽlevant toujours leurs dividendes, la plus-value produite par l'exploitation capitaliste du travail salariŽ ; la "morale", pour eux, c'est 3000 licenciements par jour et pendant ce temps, le G20 qui fait mine de faire des "listes grises" de paradis fiscaux ; la "morale", pour eux, c'est de rendre une cacahoute tout en engrangeant les milliers de milliards injectŽs par les banques centrales, donc par les ƒtats, aux frais des contribuables et du pouvoir d'achat des plus larges masses, milliers de milliards censŽs "apporter une solution ˆ la crise" en arrosant ses responsables !

 

Gageons que ni ce "G20" ni ce sommet de l'OTAN ne resteront dans l'histoire. Les derniers "remdes ˆ la crise" voulus par Wall Street, ce sont le rachat de la dette nord-amŽricaine par l'Žmission de dollars (voir ˆ ce sujet la prŽcŽdente lettre de liaison de Militant), et la modification des rgles d'Žvaluation des bilans des entreprises cotŽes en bourse (la fin du "market to market"), leur permettant d'enjoliver leur situation rŽelle : des mŽthodes d'escrocs et de faux monnayeurs qui se paieront ˆ leur tour et bient™t. Ensuite il y a dŽbat entre, globalement, l'ensemble des puissances impŽrialistes autres que les ƒtats-Unis et le Royaume-Uni et ces derniers, qui continuent ˆ arriver ˆ imposer leurs volontŽs en dŽpit de leur faillite, ou plus exactement ˆ cause de celle-ci, car elle leur sert de moyen de chantage sur leurs "partenaires". Laissons de c™tŽ les gesticulations sur les exploits supposŽs de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ˆ l'encontre des mŽchants anglo-saxons, ˆ laquelle dans le monde entier la presse franaise est la seule ˆ croire ; le dŽbat sŽrieux est prŽsentement celui qui oppose la Chine aux ƒtats-Unis, car ceux-ci prennent la Chine ˆ la gorge. Le prŽsident de la Banque centrale chinoise a proposŽ que le dollar perde son rang mondial au profit des Droits de Tirage SpŽciaux du Fonds MonŽtaire International. Cet objectif ne rŽsoudrait, il convient de le prŽciser, aucune des contradictions du capitalisme, mais il signifie en fait un message d'alerte : la domination mondiale du capitalisme par les ƒtats-Unis, qui furent en leur temps son "rŽgulateur" est devenu un problme pour le capitalisme. Mais c'est en rŽalitŽ l'impasse : la domination nord-amŽricaine les plonge tous toujours plus dans la crise, mais essayer de s'en dŽgager les y ferait tomber encore plus vite car ce cÏur financier pourri et failli est aussi la branche sur laquelle ils sont tous assis ...

 

De toute faon, manifestement, les rodomontades ˆ la Sarkozy sur la moralisation du capitalisme, les stocks options et les paradis fiscaux ne trompent personne et sa c™te officielle de popularitŽ continue de chuter, exprimant de faon dŽformŽe le recul de sa base sociale au delˆ, justement, des mangeurs de stocks options. C'est que l'ouvrire de JPM et la mre de famille du 20Ħ arrondissement savent compter et jugent trs bien qui soutient qui.

 

Pendant qu'on essaie de nous prŽsenter Sarkozy en pourfendeur de patrons voyous, son gouvernement envisage de diminuer encore l'ISF (imp™t sur la fortune), veut revenir sur l'extension de l'accord imposŽ par la grve gŽnŽrale en Guadeloupe, son membre Martin Hirsch, le trs-chrŽtien "haut commissaire ˆ la jeunesse", entend "aider les jeunes" en leur imposant des contrats en alternance payŽs 25% du SMIC en dessous de 18 ans, 41% entre 18 et 21 ans, 53% au delˆ, et en prime on apprend que 5000 soldats supplŽmentaires seraient envoyŽs d'Europe en Afghanistan. De A ˆ Z, c'est un gouvernement antisocial.

 

La rŽalitŽ est claire.

 

Tout est clair : les ouvrires et les ouvriers sont au bord de la rŽvolte partout o tombent les "plans de sauvegarde de l'emploi", les 29 janvier et 19 mars ont montrŽ que tout le monde est prt s'il s'agit d'aller tous ensemble affronter patrons et gouvernement. On ne compte plus les entreprises o les travailleurs ont sŽquestrŽ le patron ou les cadres dirigeants, tentŽ d'agir violemment ˆ la fois pour empcher les licenciements et en appeler ˆ toute la population, aux organisations ouvrires et partis de gauche, aux Žlus, pour qu'il soit dit que ce n'est pas tenable, que ce qui se passe est ˆ la fois impossible physiquement car c'est le droit ˆ la vie et ˆ la vie dŽcente de centaines de milliers de familles qui est attaquŽ, et impossible moralement car cela n'a aucune espce de justification.

 

La majoritŽ de la sociŽtŽ en France refuse de payer la crise et commence ˆ poser la question de la "rŽvolution" entendue comme ce que cela veut rŽellement dire : quand la masse, quand les oubliŽs, les opprimŽs, les humiliŽs, se mettent eux-mmes sur le devant de la scne.

 

C'est un tel ressenti au niveau de larges couches sociales qui porte, par exemple, la rŽsistance et la combativitŽ dans la durŽe des enseignants-chercheurs et des Žtudiants, dont le mouvement, ciblŽ par des opŽrations ultra-violentes de la police et des provocations, continue depuis des semaines, totalement clair sur le sens des manÏuvres en recul et l‰cher de lest des ministres PŽcresse et Darcos, peru non comme l'aboutissement des revendications simples et nettes de retrait de toute leurs contre-rŽformes depuis la loi PŽcresse dite "LRU" (sur les Ç libertŽs et responsabilitŽs des universitŽs È), mais comme la preuve de la capacitŽ ˆ gagner.

 

Et gagner, c'est dŽfaire et chasser ces mandataires des capitalistes qui ne pensent qu'ˆ saigner le corps social.

 

Manifestation centrale ˆ l'ElysŽe ?

 

A Militant, nous avons ces dernires semaines ŽprouvŽ cette combativitŽ dans les secteurs auprs desquels nous intervenons :

 

- en faisant signer sur des marchŽs, et en rŽcoltant des signatures par le net de responsables syndicaux, militants associatifs, sur notre pŽtition "pouvoir d'achat" pour le blocage des prix de l'alimentation, des carburants et des transports, des loyers, le SMIC ˆ 1500 euros net, l'indexation des salaires sur les prix et la hausse de 500 euros de tous les minima sociaux. Plusieurs signataires nous ont dŽclarŽ soutenir aussi, Žvidemment, les "200 euros pour tous tout de suite" venus de la Guadeloupe. Les signatures arrivent, un bulletin des signataires leur est diffusŽ, et nous poursuivrons donc cette campagne car son sens est d'unir toutes les couches, ouvriers, employŽs ou fonctionnaires mais aussi mres de familles, ch™meurs, travailleurs indŽpendants et petits producteurs, artisans ou commerants : elle porte un message politique, celui de l'union contre le capital et son pouvoir d'ƒtat.

- en participant en cortge ˆ la manifestation parisienne contre les expulsions locatives et pour la baisse des loyers, le 15 mars dernier, sous les mots d'ordre de blocage des loyers et de blocage des prix alimentaires, et en poursuivant le combat pour le logement des familles mal logŽes.

 

Ayant fait le point sur l'ensemble de ces ŽlŽments, constatant aussi comme tout le monde que la suite officielle donnŽe au 19 mars est le 1Ħ mai, que si un peu partout et notamment parmi les militants syndicaux on parle des actions nŽcessaires pour gŽnŽraliser et centraliser tout ˆ la fois le combat, car il y a urgence, il nous semble qu'il faut maintenant passer ˆ l'organisation effective d'une montŽe de toute la population contre l'ƒlysŽe.

 

Et si le grand 1Ħ mai unitaire en donnait le coup d'envoi, au lieu de prŽcŽder une hypothŽtique autre journŽe d'action ? Et si les mouvements locaux, marches pour l'emploi, marches pour l'Žducation, marches aussi pour les libertŽs publiques ... convergeaient sur l'adversaire commun : le MEDEF et Sarkozy ? Il y a dŽjˆ eu grve massive tous ensemble le mme jour ˆ deux reprises (et dans certains secteurs comme l'enseignement, ˆ bien plus de deux reprises). Pourquoi pas en grve le mme jour pour marcher sur l'adversaire commun, avec une revendication commune, qui n'occultera pas toutes les autres, mais qui marque l'urgence vitale et nŽcessaire aujourd'hui : STOP AUX LICENCIEMENTS, INTERDICTION DE TOUS CES LICENCIEMENTS ?

 

 

* * * * * * *

 

DŽbats sur l'interdiction des licenciements.

 

L'interdiction des licenciements est une mesure simple, mais qui met en cause tout le fonctionnement actuel de l'Žconomie. Ce n'est pas la premire fois qu'elle est mise en discussion -Arlette Laguillier avait rŽalisŽ un succs Žlectoral sur ce thme, accordŽ ˆ celui d'un "grand parti des travailleurs", aux Žlections prŽsidentielles de 1995. Depuis, l'interdiction des licenciements boursiers est frŽquemment avancŽe. Mais il est dans la pratique assez difficile de distinguer un licenciement boursier d'un licenciement ... pas boursier ! On objecte souvent ceci : dans une petite entreprise non cotŽe en bourse, interdire tout licenciement revient ˆ pŽnaliser la bo”te et bloquer l'embauche. Attention, d'abord sa pŽnalisation serait relativisŽe par le blocage des licenciements dans les plus grandes boites et chez les concurrents, ensuite personne n'a dit que les petites entreprises n'auraient pas besoin d'tre aidŽes aussi ... mais autrement, par un gouvernement reprŽsentant rŽellement la majoritŽ, les travailleurs. Un tel gouvernement, prenant des mesures d'urgence en faveur des ouvriers et des employŽs en prendra aussi envers les PME, mais d'un autre type que l' "aide aux PME" dont on nous rebat toujours les oreilles : ce sont les conditions de crŽdit, de prix pour les sous-traitants, d'aides ˆ l'investissement et d'encadrement de celui-ci, qu'il faudrait entirement revoir.

 

Notons aussi que, peu aprs le dernier congrs du Parti Socialiste son nouveau porte-parole Beno”t Hamon a ŽvoquŽ, non pas l'interdiction des licenciements, mais le rŽtablissement de leur autorisation administrative, ainsi que l'interdiction effective lˆ encore d'un certain type de licenciements considŽrŽs comme "boursiers" , mais que cette proposition a ŽtŽ ŽcartŽe par la secrŽtaire nationale du parti, Martine Aubry, laquelle a depuis proposŽ un plan contre la crise qui comporte des mesures restrictives envers les licenciements et en faveur du contr™le des fonds publics accordŽs aux entreprises, ce qui serait un premier pas, mais en se refusant d'aller plus loin.

 

      Bref, l'interdiction des licenciements est une question en dŽbat, mais aujourd'hui il ne s'agit plus vraiment de dŽbat, mais de salut public. C'est ce qu'il convient de dire aux responsables politiques ou syndicaux qui diront que ce n'est "pas sŽrieux" : c'est au contraire trs, trs sŽrieux, et c'est manquer de sŽrieux que d'Žvacuer cette question en la qualifiant de "pas sŽrieuse". 

Et, poser la question de l'interdiction des licenciements, c'est poser la question suivante : quel gouvernement pourrait prendre une telle mesure ? Certainement pas celui de Sarkozy !

L'urgence sociale aujourd'hui, c'est donc aussi l'urgence dŽmocratique d'en dŽcoudre avec Sarkozy.

 

Militant salut le fait que le POI, dont nous avons souvent critiquŽ l'orientation politique, avec des personnalitŽs et sections d'autres partis et notamment du PCF, a rŽalisŽ les 21 et 22 mars dernier, 4 meetings ouvriers importants sur ce thme, ˆ Nantes, Toujouse, Sarreguemines, VŽnissieux, et surtout ait dŽcidŽ de mener campagne pour une manifestation nationale sur ce thme, ˆ Paris.

Nous reproduisons ci-dessous l'intervention d'AndrŽ GŽrin, dŽputŽ-maire PCF de VŽnissieux, au meeting organisŽ par le POI dans cette ville. Dans ce discours, AndrŽ GŽrin annonce qu'il va dŽposer une loi visant ˆ l'interdiction des licenciements, formule reprise telle quelle par le groupe des dŽputŽs PCF. Le texte auquel il fait rŽfŽrence semble tre un projet de loi du groupe PCF, contre les dŽlocalisations et pour la relocalisation d'entreprises et de secteurs industriels, qui comporte des mesures contre les "licenciements Žconomiques".

 

Nous informons Žgalement du projet de loi rŽdigŽ par les dŽputŽs Marc Dolez et Jacques Dessalangre et le sŽnateur Jean-Muc MŽlenchon au nom du Parti de Gauche (PG), ainsi que le compte-rendu d'une rencontre entre dirigeants du PG et du POI. Le projet de loi du PG mŽrite discussion et contient un certain nombre de mesures qui pourraient tre considŽrŽes comme des dispositions transitoires rŽpondant aux prŽoccupations couramment formulŽes sur la situation des PME dŽs lors que l'on aborde la nŽcessitŽ prŽsente d'interdire les licenciements. Nous ne reproduisons que l'exposŽ des motifs de ce texte en raison de sa longueur. Il est disponible par exemple sur le blog du dŽputŽ Marc Dolez, http://www.marc-dolez.net/.

 

Militant considre que l'intŽrt matŽriel et moral de la classe ouvrire prime, c'est-ˆ-dire ses besoins et leur urgence et ce qui va dans le sens du renforcement de son organisation, de sa confiance en elle et de sa conscience.

Militant est donc prt ˆ combattre aux c™tŽs de toutes les forces qui cherchent sŽrieusement ˆ ce qu'un tel mouvement d'ensemble de la classe ouvrire, un mouvement gŽnŽral et un mouvement central, c'est-ˆ-dire centrŽ contre le pouvoir et basŽ sur les revendications les plus fondamentales et les plus urgentes telle que l'interdiction des licenciements, s'organise.

 

 

Documents.

 

Discours d'accueil d'AndrŽ GŽrin, dŽputŽ-maire de VŽnissieux, au meeting organisŽ par le POI le 22 mars.

 

Interdire les licenciements. Tel est votre mot dĠordre phare.

Je le partage. Il ne sĠagit pas simplement dĠun mot dĠordre pour prŽserver lĠemploi et donc les conditions de vie des salariŽs mais bien dĠun mot dĠordre qui met radicalement en cause le capitalisme et porte en lui lĠexigence dĠun autre mode de production. LĠexigence dĠune rŽvolution conduisant ˆ une rŽpublique sociale, au socialisme. Chacun selon ses mots.

 

Il y a une trentaine dĠannŽes, le capitalisme est entrŽ dans une nouvelle phase de son dŽveloppement que lĠon appelle communŽment le capitalisme financier. Cette nouvelle phase, bien loin dĠinvalider la thŽorie de Marx, en confirme tout le bien fondŽ. La baisse tendancielle du taux de profit, contrecarrŽe par les processus financiers ces dernires dŽcennies, rattrape le capitalisme et le plonge dans une crise sans prŽcŽdent historique.

AsphyxiŽ par sa propre boulimie, le capitalisme dŽtruit aujourdĠhui massivement les forces productives entra”nant une flambŽe du ch™mage sur fond de crise sociale, mais aussi crise politique, morale et culturelle. Il y a dans la sociŽtŽ un double mouvement : prise de conscience dans la colre et la rŽvolte, mais aussi pourrissement, notamment dans les quartiers, avec les agissements fascisants de groupes mafieux et intŽgristes qui prosprent sur la misre et le dŽsarroi des populations.

 

Nous sommes dans un chaudron. La tempŽrature monte. Impossible de prŽvoir quand la sociŽtŽ va atteindre lĠŽbullition. Impossible Žgalement de savoir dans quel sens lĠexplosion va se produire. Le pire hŽlas peut c™toyer le meilleur.

 

Notre responsabilitŽ de rŽvolutionnaires, quelles que soient nos organisations, cĠest dĠessayer de donner un cap, de tracer une perspective audible et crŽdible pour le peuple.

 

Il nĠest pas question pour moi de vous prŽsenter un programme rŽvolutionnaire mais, partant de votre mot dĠordre premier, de rŽflŽchir ˆ quelques pistes politiques que nous pourrions emprunter ensemble.

 

Interdire les licenciements, cĠest poser la question de la production : pourquoi, comment. Autant nous contestons la sociŽtŽ de consommation qui exacerbe les individualismes et soumet les individus pieds et poings liŽs au capitalisme, autant nous rŽcusons les thses vantant la croissance zŽro, voire le retour ˆ une sociŽtŽ minimaliste dont rvent certains idŽalistes... qui gŽnŽralement disposent de tout le confort moderne.

 

Il faut assumer le fait que nous avons besoin de produire des biens et des richesses pour rŽpondre aux besoins des hommes. Ce nĠest pas parce que ces besoins sont historiquement dŽterminŽs quĠil ne faut pas y rŽpondre. Beaucoup dĠhypocrisie se dissimule derrire lĠidŽologie qui prŽtend contester la notion de besoin.

 

Je veux de ce point de vue me limiter ˆ deux exemples ˆ partir desquels il me semble possible de concevoir une nouvelle architecture Žconomique et politique ˆ lĠŽchelle de la France et du monde.

 

Primo : CĠest lĠidŽologie du capitalisme financier qui laisse entendre que notre pays ne pourrait plus jouer aucun r™le au niveau de la production mondiale en raison dĠun cožt du travail ŽlevŽ. En rŽalitŽ notre pays dispose de nombreux savoir-faire et atouts dans des domaines industriels dĠavenir : produire propre, produire de la qualitŽ, sans risque, en Žconomisant au mieux les matires premires. Ce ne sont ni les Chinois, ni les Indiens, ni les BrŽsiliens qui peuvent se concentrer sur ces questions car ils ont dĠabord ˆ rŽpondre aux besoins de leurs populations. En revanche, dans le cadre de coopŽrations internationales fondŽes sur lĠintŽrt rŽciproque, nous pouvons largement contribuer au dŽveloppement du monde. Oui, je crois que lĠindustrie franaise, une industrie bien orientŽe et soutenue nationalement, peut avoir toute sa place pour la France et dans le monde, donner du travail ˆ tous.

 

Deusio : Notre plante est confrontŽe ˆ des dŽsŽquilibres qui donnent le vertige. Vivent ˆ quelques heures dĠavion, ˆ une fraction de seconde dĠInternet, des milliardaires comme Bill Gates qui gagnent des millions de fois trop dĠargent pour vivre et des millions dĠenfants qui meurent de faim. Des tableaux de ma”tres sĠŽchangent ˆ coup de millions de dollars tandis que des millions dĠenfants nĠont mme pas de crayons pour dessiner. Soyons clairs : relever les dŽfis de lĠinŽgalitŽ qui rongent la Terre, les dŽfis de la faim, de la santŽ, exigent la mise sur pied dĠun nouveau mode de production reposant sur la mise en commun des ressources essentielles, la mise en commun de lĠessentiel des moyens de production et en tout premier lieu de lĠargent. Pour notre pays cela signifie : nationalisation, afin que notre nation puisse jouer pleinement son r™le ˆ la fois pour ses habitants et ˆ la face du monde.

 

JĠai dŽposŽ un projet de loi contre les dŽlocalisations et pour les relocalisations. Je vais dŽposer un projet de loi contre les licenciements, qui prendra aussi la forme dĠune pŽtition.

 

Au risque de surprendre, je suis pour la mondialisation. Ce nĠest pas parce que cĠest le capitalisme qui la met en Ïuvre, aujourdĠhui, quĠil faut renoncer au cŽlbre mot dĠordre du Manifeste de 1848 : Ç ProlŽtaires de tous les pays, unissez-vous ! È A mon sens la mondialisation bien comprise doit reposer sur des coopŽrations fructueuses entre les nations. LĠONU, lĠOrganisation des Nations Unies, est nŽe sur les dŽcombres de la deuxime guerre mondiale. Sa vocation nĠest pas intrinsquement capitaliste, ce qui nĠest pas le cas de lĠUnion europŽenne qui sĠest constituŽe comme un bloc impŽrialiste, conue pour dŽfendre les intŽrts du capital et qui doit donc tre dŽconstruite.

 

Nous avons1000 raisons de nous unir et de nous rassembler car la vie devient inhumaine, invivable pour des millions de gens.

 
Nous avons 1000 raisons de nous rŽvolter, de rŽsister. Les hommes ne sont pas condamnŽs ˆ une existence insignifiante, ˆ tre traitŽs comme des paquets jetables.

 

Aprs le 29 janvier, le 19 mars, le mouvement en Guadeloupe, et si, en 2009 commenait ˆ germer un nouveau mouvement digne du mouvement ouvrier du 19me sicle et de 1936, de la RŽsistance, de la reconstruction, de mai et juin 1968, des luttes anticoloniales. Un mouvement populaire majoritaire qui soit lĠexpression authentique des aspirations du peuple, de ces millions de petites gens qui attendent des fins de mois qui nĠarrivent pas et qui nĠappartiendront jamais au cercle distinguŽ des Žlites mondialisŽes. Un mouvement populaire qui rassemble aussi ces intellectuels qui refusent lĠŽcrasement de la culture, ceux qui veulent dŽfendre la souverainetŽ nationale, une large part des classes moyennes, laborieuses, industrieuses.

 

CĠest un front de lutte quĠil faut construire, sans a priori. Pas un front Žlectoraliste ou un cartel de gauche ˆ lĠeau tide.

 

Les pŽrils sont immenses car le colosse blessŽ sĠŽbroue en tout sens. Mais ˆ mon sens, du chaos quĠil engendre une idŽe simple Žmerge avec une force inŽgalŽe : lĠhumanitŽ a besoin de mise en commun, de communisme.

 

Document

Proposition de loi visant ˆ instaurer un bouclier social face ˆ la crise et portant diverses mesures Žconomiques et sociales d'urgence

Cette proposition de loi a ŽtŽ dŽposŽe le 18 mars ˆ l'AssemblŽe Nationale par Marc Dolez et Jacques Desallangre, au nom du Parti de Gauche. Le mme texte a ŽtŽ dŽposŽ au SŽnat par Jean-Luc MŽlenchon et Franois Autain.

EXPOSE DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La crise actuelle du capitalisme frappe durement les classes populaires.

Il y a urgence ˆ rŽagir. Si rien n'est fait, ses consŽquences pour les salariŽs vont sĠaggraver. Depuis l'automne, le ch™mage explose. De nombreuses entreprises, mme en bonne santŽ, licencient, suppriment des missions d'intŽrim, recourent au ch™mage partiel pour prŽserver les profits des actionnaires. Les droits des ch™meurs sont attaquŽs et le principal syndicat patronal pousse le cynisme jusqu'ˆ demander une baisse de ses cotisations ˆ lĠUNEDIC. Les attaques contre la protection sociale et les services publics continuent. Le pouvoir d'achat se dŽgrade. La pauvretŽ concerne de plus en plus de travailleurs victimes des bas salaires dans des emplois prŽcaires, particulirement des femmes qui subissent le temps partiel imposŽ.

Dans un contexte Žconomique et social aussi dŽgradŽ, le PrŽsident de la RŽpublique Žvoque la Ç poursuite des rŽformes È pour assurer la Ç compŽtitivitŽ È de l'Žconomie franaise.

Pourtant, il n'y a pas de fatalitŽ du ch™mage et de la prŽcaritŽ, pas plus que des bas salaires et de la pauvretŽ. Les moyens financiers existent. Le Gouvernement lĠa dŽmontrŽ en engageant rŽcemment des dizaines de milliards dĠeuros au profit des banques et du systme financier. De mme, en 2007, les profits rŽalisŽs par les entreprises franaises ont atteint 650 milliards d'euros. En 2008, les seules entreprises du CAC 40 ont enregistrŽ prs de 85 milliards dĠeuros de bŽnŽfices en dŽpit de la crise.

LĠurgence est donc de s'attaquer aux racines de la crise, c'est-ˆ-dire au partage inŽgalitaire des richesses qui rŽsulte de la recherche effrŽnŽe du profit maximum pour quelques-uns au dŽtriment des salaires du plus grand nombre. En effet, depuis trois dŽcennies, les politiques libŽrales mises en Ïuvre par les gouvernements et le patronat ont cherchŽ ˆ augmenter les profits au dŽtriment des salaires. Dans les entreprises, nombre de moyens furent employŽs pour faire baisser le cožt du travail : licenciements, prŽcaritŽ, flexibilitŽ, gel des salaires. Les gouvernements successifs y ont contribuŽ avec des exonŽrations de cotisations sociales et la rŽduction des systmes sociaux. La consŽquence en a ŽtŽ une formidable modification de la rŽpartition des richesses crŽŽes au bŽnŽfice des dŽtenteurs du capital et au dŽtriment des travailleurs. La surexploitation du travail a permis la suraccumulation des profits : de 1983 ˆ 2008, la part des travailleurs a ŽtŽ rŽduite de 71 % ˆ 62 % de la valeur ajoutŽe crŽŽe par les entreprises ; soit plus de 170 milliards d'euros par an transfŽrŽs des salaires aux profits. Cela reprŽsente plus de 6 500 euros par an (550 euros par mois) perdus par chaque travailleur. Cette logique a conduit au gonflement exorbitant des placements spŽculatifs et au surendettement des mŽnages ; deux des causes majeures de la crise actuelle.

La politique dŽcidŽe par le PrŽsident de la RŽpublique et menŽe par le Gouvernement aggrave encore cette situation.

Le paquet fiscal et le bouclier fiscal redistribuent aux riches des dizaines de milliards qui manquent pour des mesures en faveur de l'emploi. La liquidation des 35 heures, la libŽralisation des heures supplŽmentaires, la perspective de travailler le dimanche et jusqu'ˆ 70 ans, rŽduisent les possibilitŽs d'embauche. Les suppressions d'emplois dans les services publics, dont l'h™pital public et l'Žducation, rŽtrŽcissent l'emploi et pŽnalisent les usagers. La protection sociale (assurance maladie, assurance ch™mage, retraite...) est rŽduite ce qui prŽcarise les plus faibles et aggrave les inŽgalitŽs.

La crise en cours signe la faillite des politiques libŽrales menŽes depuis trois dŽcennies. Il faut rŽsolument changer dĠorientation politique. Dans cette perspective, les mesures proposŽes par les parlementaires du Parti de gauche visent ˆ commencer ˆ relever ce dŽfi global en apportant de premires rŽponses, avec lĠinstauration dĠun Ç bouclier social È pour protŽger les citoyens des consŽquences de la crise.

Les mesures Žconomiques et sociales dĠurgence que la prŽsente proposition de loi vise ˆ instituer face ˆ la crise sĠinscrivent dans la perspective plus large du Plan dĠurgence en 29 mesures adoptŽ par le Parti de Gauche lors de son Congrs de Limeil-BrŽvannes du 29 janvier au 1er fŽvrier 2009.

Ces mesures dĠurgence sont notamment indissociables dĠun plan d'investissements publics sur deux ans, animŽ par le triple souci de relance de la demande et de l'emploi, de satisfaction des besoins sociaux et de rŽorientation Žcologique de notre mode de production. CombinŽ aux autres mesures ŽvoquŽes par ailleurs, ces investissements devraient amener ˆ 100 milliards d'euros, soit 5 % environ du produit intŽrieur brut, le soutien public exceptionnel pour affronter la crise. Il sĠagit ainsi de la rŽnovation Žcologique du parc de logements sociaux, de la mise en chantier de 300 000 logements sociaux par an, de la rŽnovation des Žtablissements publics d'enseignement, de la construction de centres d'hŽbergement d'urgence et de foyers de jeunes travailleurs, de la crŽation d'un service public de la petite enfance et du dŽveloppement des crches publiques, du remplacement progressif du parc automobile des collectivitŽs publiques par des vŽhicules propres (Žlectriques ou hybrides), de la rŽnovation du rŽseau ferroviaire et du dŽveloppement d'infrastructures pour le ferroutage, de lĠaugmentation de l'investissement dans les Žnergies renouvelables et le recyclage, du soutien ˆ la crŽation et aux activitŽs culturelles et dĠun plan spŽcial de soutien pour les Antilles et territoires d'Outre-mer en difficultŽ.

En outre, des dispositions dĠurgence sĠimposent Žgalement pour ma”triser le systme financier et lutter contre la spŽculation, ce qui implique, entre autres, la crŽation d'un p™le financier public Žlargi pour les entreprises autour de la Caisse des dŽp™ts et consignations et d'un service public bancaire Žlargi pour les particuliers autour de La Banque postale, des Caisses d'Žpargne et des Banques populaires.

Les services publics comme le rail, la poste, lĠŽlectricitŽ et le gaz doivent aussi tre mobilisŽs au service du plus grand nombre contre la crise. Cela implique un moratoire sur toutes les mesures europŽennes de libŽralisation et de mise en concurrence. Et la relance des entreprises publiques fragilisŽes par ces mesures, ˆ commencer par un p™le public de lĠŽnergie intŽgrant EDF, GDF mais aussi le pŽtrolier Total dont la nationalisation sĠimpose.

Surtout, ˆ la lumire des leons de la crise, la France doit agir au sein de l'Union EuropŽenne et des instances internationales pour sortir du laisser faire et du libre Žchange gŽnŽralisŽs.

Le processus de ratification du traitŽ de Lisbonne, p‰le copie du traitŽ constitutionnel europŽen, rejetŽ ˆ 55 % par le peuple franais, doit Žvidemment tre abandonnŽ. Car il interdit toute mesure dĠharmonisation sociale et fiscale pourtant indispensable pour stopper la course actuelle au dumping social en Europe. Au-delˆ, il est nŽcessaire de rŽformer la Banque centrale europŽenne, qui doit dŽsormais avoir pour objectifs le soutien ˆ l'activitŽ des secteurs jugŽs prioritaires d'un point de vue social, Žconomique et Žcologique, le plein emploi, la stabilitŽ des prix (en fonction des prioritŽs Žconomiques du moment et dans le respect des contraintes environnementales), et apporter son concours ˆ la politique de change dŽfinie par le Conseil europŽen. En outre, elle doit rendre compte de la conduite de sa politique monŽtaire : une institution qui commande un levier essentiel de la politique Žconomique ne peut plus rester indŽpendante de tout contr™le dŽmocratique. De mme, les rgles du Pacte de stabilitŽ doivent tre abandonnŽes.

Dans lĠimmŽdiat, et afin de faire face ˆ lĠurgence Žconomique et sociale, les mesures contenues dans la prŽsente proposition de loi sĠarticulent autour de quatre axes principaux.

Le chapitre premier permet dĠinterdire les licenciements boursiers et prŽsente des mesures visant ˆ lutter plus largement contre les suppressions dĠemplois et les dŽlocalisations. LĠarticle premier interdit les licenciements Žconomiques dans les entreprises enregistrant des profits. Il rŽtablit le contr™le administratif de lĠInspection du travail sur les licenciements pour motif Žconomique. LĠarticle 2 institue un droit de veto suspensif pour les reprŽsentants des salariŽs en cas de licenciement. LĠarticle 3 crŽe des commissions dŽpartementales de lĠemploi et du dŽveloppement Žconomique pour favoriser des alternatives aux suppressions dĠemplois et aux dŽlocalisations. Il institue Žgalement un droit de reprise par les salariŽs en cas de dŽlocalisation de leur entreprise.

Le chapitre 2 prŽsente des mesures visant ˆ faire reculer la prŽcaritŽ du travail et ˆ dŽvelopper lĠemploi. LĠarticle 4 rŽaffirme le contrat ˆ durŽe indŽterminŽe comme norme du contrat de travail et encadre et limite le recours aux autres formes de contrat. Il abroge les nouveaux contrats prŽcaires crŽŽs par le gouvernement actuel. LĠarticle 5 crŽe un droit ˆ la journŽe continue pour les salariŽs de manire ˆ en finir avec les horaires fractionnŽs.

LĠarticle 6 rŽtablit la primautŽ de la loi sur lĠaccord de branche et de lĠaccord de branche sur lĠaccord dĠentreprise et restaure ainsi le principe de faveur qui protge les droits des travailleurs. LĠarticle 7 rŽaffirme la limitation de la durŽe hebdomadaire de travail ˆ 35 heures et encadre les possibilitŽs de dŽrogation. LĠarticle 8 limite le contingent annuel dĠheures supplŽmentaires ˆ 130. LĠarticle 9 limite la durŽe maximale dĠheures de travail ˆ 9 dans une journŽe et ˆ 44 dans une semaine et crŽe un droit ˆ deux jours de repos hebdomadaires consŽcutifs.

Le chapitre 3 prŽvoit des dispositions pour augmenter le pouvoir d'achat et redistribuer les richesses au profit du plus grand nombre. LĠarticle 10 abroge le paquet fiscal adoptŽ au cours de lĠŽtŽ 2007. LĠarticle 11 abroge les dispositions du code gŽnŽral des imp™ts relatives au bouclier fiscal.

LĠarticle 12 prŽvoit que le SMIC soit portŽ ˆ 1500 euros nets dĠici au 1er juillet 2010. LĠarticle 13 conditionne le maintien des exonŽrations sociales ˆ un accord de revalorisation des salaires. LĠarticle 14 indexe lĠŽvolution des salaires, pensions et minima sociaux sur lĠindice des prix. LĠarticle 15 garantit lĠapplication du principe dĠŽgalitŽ entre les femmes et les hommes dans les entreprises. LĠarticle 16 revalorise le minimum de pension de retraite et les minima sociaux ˆ hauteur de 300 euros. LĠarticle 17 plafonne les plus hauts salaires dans les entreprises de manire ˆ rŽduire les inŽgalitŽs de revenu. LĠarticle 18 institue une nouvelle tarification progressive de lĠeau, de lĠŽlectricitŽ et du gaz qui assure la gratuitŽ sur une premire tranche de consommation pour les mŽnages ˆ faible revenu.

 

Le chapitre 4 prŽsente des mesures dĠurgence en faveur du logement. LĠarticle 19 permet aux communes de rŽquisitionner des logements inoccupŽs depuis plus dĠun an. LĠarticle 20 supprime le dŽp™t de garantie pour les locataires. LĠarticle 21 institue un moratoire sur les expulsions locatives et sur les prts-relais de manire ˆ venir en aide aux 30 000 foyers pris au pige de la crise lors de la vente de leur bien en vue dĠen acheter un autre. LĠarticle 22 gle les loyers locatifs pour 2 ans et encadre leur Žvolution future. LĠarticle 23 crŽe un devoir de substitution pour le reprŽsentant de l'ƒtat dans les dŽpartements en cas de non-prŽsentation par les communes dĠun programme visant les 20 % de logements sociaux. Il prŽvoit Žgalement que la compŽtence de dŽlivrer les permis de construire soit transfŽrŽe de la commune ˆ l'ƒtat dans les communes nĠayant pas atteint un seuil de 10 % de logements sociaux.

 

Le chapitre 5 comporte diverses mesures proposant une mŽthode pour amŽliorer la protection sociale.

LĠarticle 24 prŽvoit la rŽunion dĠune confŽrence nationale sur les retraites pour remplacer la rŽforme des retraites de 2003 qui appauvrit gravement les nouveaux retraitŽs sans garantir la pŽrennitŽ financire du systme par rŽpartition. Il sĠagit ainsi de renforcer le systme franais de retraites par rŽpartition et de garantir le droit ˆ la retraite ˆ 60 ans ˆ taux plein. LĠarticle 25 prŽvoit la rŽunion dĠune confŽrence nationale sur lĠassurance maladie pour remplacer la loi nĦ 2004-810 du 13 aožt 2004 relative ˆ l'assurance maladie. Et amŽliorer le systme franais dĠassurance maladie au service dĠune meilleure couverture sanitaire de la population et dĠune plus grande redistribution. LĠarticle 26 prŽvoit la rŽunion dĠune confŽrence nationale sur les droits des demandeurs dĠemploi pour remplacer la loi du 1er aožt 2008 relative aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi. Ces Žvolutions sĠintŽgreront dans la perspective plus large de la mise en place dĠun nouveau statut du salariŽ, fondŽ sur une sŽcuritŽ sociale professionnelle lui garantissant ses droits y compris en cas de changement dĠemploi ou de ch™mage.

LĠarticle 27 supprime les franchises mŽdicales prŽvues par lĠarticle L. 322-2 du code de la sŽcuritŽ sociale.

Les articles 28 et 29 emportent les Žventuelles consŽquences financires de la prŽsente loi pour l'ƒtat et la sŽcuritŽ sociale.

 

Document :

 

Rencontre du 10 mars entre dŽlŽgations du PG et du POI.

 

Aprs une premire rencontre en dŽcembre 2008, les partis POI (Parti Ouvrier IndŽpendant) et PG (Parti de Gauche) se sont rencontrŽs mardi 10 mars suite ˆ un courrier du POI.

Deux sujets ont ŽtŽ abordŽs.

 

- Les Žlections europŽennes.

Le PG a expliquŽ sa stratŽgie du Front de Gauche appuyŽe sur le succs populaire du ZŽnith. Pour le PG, la participation du POI au Front de Gauche apparaissait compliquŽe ds lors que l'orientation de ce dernier, ˆ la lecture du courrier du POI, semblait axŽe sur la sortie de l'Union europŽenne.

 

La dŽlŽgation du POI a rŽpondu que l'on ne pouvait se contenter de mettre en cause le traitŽ de Lisbonne qui ne s'applique pas pour l'instant, mais que toute la politique europŽenne Žtait issue des traitŽs de Maastricht et d'Amsterdam avec lesquels il demande la rupture.

 

Le CFN du POI a estimŽ, ˆ ce stade, que le POI ne prŽsenterait pas de liste seul et restait ouvert ˆ toute proposition, sur la base ŽvoquŽe prŽcŽdemment.

 

Le PG a indiquŽ qu'il enverrait, ˆ la demande du POI, le texte final d'orientation du Front de Gauche.

 

- Les licenciements.

Le courrier du POI mettait surtout au centre de la rencontre la marche unie pour l'interdiction des licenciements. Une rapide analyse de la situation prouve des approches comparables sur la crise, la mobilisation sociale, l'urgence des solutions contre les licenciements et pour l'emploi. Le Parti de Gauche ne se prononce pas pour le mot d'ordre Ç interdiction des licenciements È mais pour un ensemble de mesures comme l'interdiction des licenciements boursiers, le droit de vŽto suspensif des salariŽs, le rŽtablissement de l'autorisation administrative des licenciements, la possibilitŽ de reprise par les salariŽs de leur entreprise, etc... Dans ce cadre le PG estime surtout nŽcessaire de permettre l'unitŽ de toutes les forces sur un mot d'ordre commun qui pourrait tre de type Ç faire front contre les licenciements È.

 

Le POI a indiquŽ qu'ˆ l'heure o il y a deux licenciements par minute en France et o la colre ouvrire monte contre les licenciements, il y avait urgence ˆ s'unir sur le mot d'ordre d'interdiction des licenciements car toute autre formule risquait d'aboutir ˆ l'accompagnement des licenciements.

 

C'est cette discussion que les deux partis ont menŽe avec d'autres partis notamment dans le cadre des rŽunions successives de tous les partis de gauche qui ont lieu depuis janvier.

 

POI et PG y poursuivront la discussion, conscients qu'il y a urgence ˆ faire barrage aux licenciements.

 

Les dŽlŽgations Žtaient composŽes de Daniel Shapira et Dan Moutot pour le POI, Eric Coquerel et Alexis Corbire pour le PG.

 

* * * *

Le Parti de Gauche et le NPA : en rŽponse ˆ un lecteur

 

Un lecteur fidle de la Lettre de Liaison de Militant a interpellŽ sur notre apprŽciation du Parti de gauche, du Nouveau Parti Anticapitaliste et de leur positionnement rŽciproque au regard des Žlections europŽennes.

 

Je ne suis pas au Parti de Gauche (PG) et je nĠai pas lĠintention de devenir son avocat. Pour autant, je crois quĠil convient dĠavoir une apprŽciation correcte de son positionnement et de sa stratŽgie, ne serait-ce que pour la critiquer. Si le PG sĠest tournŽ en premier lieu vers le PCF cĠest parce que son projet stratŽgique – rŽaffirmŽ ˆ maintes reprises – est la constitution dĠun Ç Die Linke È ˆ la franaise, cĠest ˆ dire dĠun nouveau parti dont lĠarmature serait constituŽe par la jonction du parti communiste et dĠune fraction Ç gauche È de la social-dŽmocratie. Au delˆ des blocs Žlectoraux, ce que vise le PG cĠest une fusion avec le PCF. Je pense que le PG souhaiterait volontiers que des fractions issues de lĠextrme gauche (cĠest dŽjˆ le cas avec Gauche Unitaire) ou de lĠŽcologie politique (des dirigeants du courant Utopia du PS ont rejoint le PG) se joignent au processus mais ce nĠest pas lĠobjectif premier. Pourquoi ? Sans doute parce que la direction du PG a des divergences importantes avec lĠextrme gauche mais aussi et surtout parce quĠelle semble considŽrer que le NPA et le PCF nĠont pas du tout le mme ancrage social, malgrŽ lĠaffaiblissement du PCF. De ce point de vue, je ne leur donnerais pas tort. Dans le cadre du projet Ç Die Linke ˆ la franaise È, non seulement MŽlenchon et Dolez privilŽgient le PCF mais il est quasi certain que, sans des assurances prŽalables des dirigeants communistes sur une alliance aux europŽennes, ils nĠauraient pas quittŽ le Parti Socialiste.

 

Le discours Ç social È du PG reste gŽnŽralement un cran en dessous de celui du NPA. Pour autant, le fait quĠon voit plus le NPA dans les luttes que le PG reste ˆ dŽmontrer, au moins sur le moyen terme. Il y a sans aucun doute parmi les cadres du PG un nombre de responsables syndicaux CGT, FSU ou FO largement Žgal si ce nĠest supŽrieur ˆ celui du NPA. DĠaprs ce quĠon sait, le PG a seulement commencŽ il y a quelques jours ˆ structurer son secteur Ç entreprises È. On verra ensuite. En tout Žtat de cause, on peut noter que Jean-Luc MŽlenchon a dŽfendu Olivier Besancenot dans la polŽmique initiŽe par ChŽrque sur la prŽsence des rŽvolutionnaires aux portes des entreprises.

 

 

Il y a entre le PG et le NPA une divergence de fond quant ˆ lĠattitude ˆ adopter vis ˆ vis du PS. Pour la rŽsumer, le NPA veut affirmer un p™le de la gauche radicale se construisant sur le rejet des socialistes. Le PG veut construire un rapport de forces ˆ gauche du PS mais ne lĠexclut pas par principe dĠun dispositif dĠalliance car il a le soucis de constituer une majoritŽ politique. Comment ne pas se sentir plus dĠaffinitŽs avec cette approche, ˆ partir du moment o lĠon veut chasser tout de suite Sarkozy et par consŽquence avoir un gouvernement dĠunitŽ dans les plus courts dŽlais ? Il nĠy aurait pas eu de 19 mars sur la base de la mobilisation de SUD (ni mme de la seule CGT) et sans implication de FO, de la CFDT, lĠUNSA, la CGC etc. Il nĠy aura pas de changement sans lĠimplication de tout ou partie du PS. Reste ˆ savoir sur quelle base politique et sur quel rapport de forces. Mais de cela le NPA semble sĠen moquer et se fixer comme unique objectif de piquer la niche Žlectorale protestataire dŽtenue par le PCF. Le tout naturellement au nom de grandes dŽclarations gauchistes sur la grve gŽnŽrale, lĠopposition ˆ lĠŽlectoralisme etc. Tu parles !

 

CĠest clairement sur le NPA, et le NPA seul, que repose lĠŽchec de lĠalliance pour les europŽennes. Ses deux ultimatums (lĠalliance aux rŽgionales sans le PS  et le nuclŽaire) Žtaient tout ˆ fait hors de propos et assez hypocrites. Franchement, on voit assez mal comment le nuclŽaire pourrait tre un discriminant fondamental pour une alliance Žlectorale aux europŽennes et comment on pourrait reprocher au PG dĠavoir fait un compromis avec le PCF sur ce point, compte-tenu de leur proximitŽ idŽologique sur tout le reste. Et bien entendu, au vu de la stratŽgie globale du PG (on est pas trop sžr que le PCF ait une stratŽgie) le refus ˆ priori dĠalliances avec le PS pour des rŽgionales dans deux ans est inacceptable. CĠest par ailleurs assez hypocrite de la part du NPA, dans la mesure o il laisse la porte ouverte aux Alternatifs(*), alors mme que ces derniers ont eu bon nombre dĠŽlus sur la base dĠalliances incluant le PS, y compris ds le premier tour.

 

Alors oui, le PG est un parti rŽformiste, ou tout au moins un parti parlementariste. CĠest clair et il ne vŽhicule lui mme aucune ambigu•tŽ sur ce point. CĠest pour cette raison aussi quĠune organisation autonome des rŽvolutionnaires (y compris au sein du PG) est nŽcessaire. Est-ce ˆ dire quĠil ne faille pas le prendre en compte ni sĠy intŽresser ? Ce parti sera-t-il quand mme utile au rassemblement de lĠavant-garde ouvrire en donnant une perspective Ç partidaire È aux dŽus du PS sans les isoler de la majoritŽ du Ç peuple de gauche È ? CĠest possible. Et, mme si on peut demeurer sceptique quant au pronostic, on ne peut pas souhaiter son Žchec.

 

Lors de la manifestation du 19 mars, jĠai vendu un exemplaire de Militant ˆ un camarade du PS qui, me parlant du PG ou du PCF, me disait Ç en avoir un peu marre des gens qui ne font que 2 % et qui viennent nous donner des leons È. Ce faisant il mettait bien le doigt sur le problme essentiel. Comment arracher ˆ lĠemprise de la droite les 40 % de salariŽs qui sont idŽologiquement sous son emprise ? Une rŽponse peut tre lĠunitŽ de toutes les tendances dans un grand parti autour du PS (le projet de son actuelle gauche). Une autre peut tre la constitution dĠautre chose, mais alors il faut se donner les moyens de rŽussir. Je crois que la force de MŽlenchon est de regarder ce problme en face.

 

Aprs, si on pense comme notre lecteur que la seule chose envisageable ˆ court terme est dĠenvoyer Ç un signe ˆ ceux qui se battent È, le vote LO existe aussi et sera sans doute lĠoption la plus claire lors des Žlections europŽennes.

 

Raymond Debord.

 

Nota :

Le NPA a proposŽ aux Alternatifs la tte de liste pour la circonscription du Grand Ouest, alors que dans cette rŽgion prŽcisŽment, les Alternatifs sigent ˆ la mairie de Nantes dans la majoritŽ municipale conduite par JM Ayrault, chef de file du groupe parlementaire PS ... 

* * * *

 

Appel de la coordination nationale Žtudiante rŽunie ˆ Paris 1 dimanche 29 mars 2009 (21h07) 

Nous, Žtudiant-e-s mobilisŽ-e-s, dŽlŽguŽs de 39 universitŽs, en lutte depuis mi-janvier sommes rŽunis ces 28 et 29 mars ˆ Tolbiac Paris I (Saint-Hippolyte) pour la VIe coordination nationale Žtudiante (CNE). Nous rŽaffirmons que la CNE, Žmanation directe des AssemblŽes GŽnŽrales qui rŽunissent des dizaines de milliers dĠŽtudiant-e-s en France, est la seule et unique instance lŽgitime pour reprŽsenter le mouvement Žtudiant dans son ensemble et quĠaucune direction syndicale ou politique ne saurait se substituer ˆ son r™le.

Nous constatons que la mobilisation se poursuit dans les universitŽs. Il est important dĠamplifier la grve, mais aussi de lĠŽtendre ˆ dĠautres secteurs. De la maternelle ˆ lĠuniversitŽ, mmes attaques, mme combat ! Etudiant-e-s, enseignant-e-s, lycŽen-ne-s se sont mobilisŽs pour lĠinstant tour ˆ tour. Il est temps dĠagir tou-te-s ensemble en mme temps. Nous appelons aux manifestations communes Ç de la maternelle ˆ lĠuniversitŽ È du 2 et du 8 avril.

 

Aprs le 19 mars, nous dŽnonons lĠattentisme des directions syndicales. La seule stratŽgie consŽquente est la construction de la grve gŽnŽrale qui seule peut nous permettre de gagner sur nos revendications. A cet Žgard, les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilitŽs et sĠinscrire dans cette perspective. Sans attendre, construisons ˆ la base partout un front unitaire rŽunissant Žtudiant-e-s, lycŽenne- s, salariŽ-e-s, prŽcaires, ch™meur-euse-s organisations et collectifs pour poser des perspectives, notamment par des AG et forums interprofessionnels dans la rŽalisation concrte dĠune vŽritable convergence des luttes. Nous proposons une journŽe dĠaction interprofessionnelle le 7 avril.

 

Nous dŽnonons la tactique du gouvernement qui vise ˆ diviser le mouvement par des effets dĠannonce. Nous rŽpondons : Darcos a ŽtŽ obligŽ de reculer dĠun an la mise en place de la masterisation. CĠest le produit de la lutte et de la non-remontŽe des maquettes des dipl™mes. Mais comme pour le reste, nous ne voulons pas de report mais le retrait. Nos revendications sont claires et plus que jamais nous exigeons lĠabrogation de la LRU, lĠabandon de ses diffŽrents plans dĠapplication et le retrait des dŽcrets qui en dŽcoulent...

Plan Campus

Plan rŽussite en Licence

rŽforme dite de la Ç masterisation de la formation des personnels Žducatifs È
rŽforme du financement des universitŽs sur des critres de performance

rŽforme du contrat doctoral unique, rŽforme du statut des enseignants-chercheurs

Globalement nous rejetons toute la politique universitaire initiŽe depuis le processus de Bologne qui impose une mme logique de rentabilitŽ et de mise en concurrence des universitŽs sur lĠEurope entire (contre-sommet de Louvain les 28 et 29 avril prochains qui sĠoppose ˆ ce processus). Cela se traduit concrtement par les diffŽrentes mesures contre lesquelles nous luttons actuellement.

AujourdĠhui un-e Žtudiant-e sur deux est contraint de se salarier pour financer ses Žtudes. Avec la destruction du systme dĠaide sociale, le dŽmantlement des CROUS (rapport Lambert) et du planning familial, la dŽgradation des conditions de vie va encore sĠaggraver. Aussi, nous rŽclamons lĠaugmentation en nombre et montant des bourses sur critres sociaux et leur indexation sur le cožt de la vie ainsi que la construction massive de logements sociaux.

 

Nous demandons Žgalement le retrait immŽdiat du projet de loi sur les prts Žtudiants qui ouvre la porte ˆ une augmentation des frais dĠinscription. Toute forme de sŽlection ˆ lĠuniversitŽ est inacceptable. Nous rŽaffirmons notre attachement ˆ un systme Žducatif totalement public, gratuit, la•c et accessible ˆ tou-te-s. La mission de lĠuniversitŽ ne doit pas tre la marchandisation du savoir, ni une professionnalisation ˆ outrance, mais bien la diffusion de connaissances et la promotion de lĠesprit critique, et la dŽlivrance de dipl™mes de qualitŽ reconnus par les conventions collectives donnant accs ˆ des droits sur le marchŽ du travail. Face aux mouvements sociaux en cours, la seule rŽaction des dirigeant-e-s est le dŽploiement dĠun arsenal sŽcuritaire particulirement violent (vigiles, forces de lĠordre sur les campus, arrestations massives, contr™les dĠidentitŽs, fichages...) et la criminalisation de la contestation. Nous appelons au soutien de tout-e-s nos camarades victimes de la rŽpression policire, judiciaire et administrative et ˆ lĠabandon de toutes les poursuites engagŽes, ainsi quĠˆ la crŽation de collectifs de soutien.

 

Parmi les plus touchŽ-e-s par ce systme oppressif, se trouvent aussi en premire ligne les sans-papier. Nous soutenons leur lutte et exigeons la rŽgularisation immŽdiate et inconditionnelle de chacun-e dĠentre eux/elles.

La coordination nationale appelle tou-te-s les Žtudiant-e-s ˆ continuer la grve jusquĠˆ satisfaction, ˆ la radicalisation, ˆ lĠextension du mouvement et :
ˆ amplifier les blocages dĠuniversitŽs, ˆ tenir des piquets de grve en continu ou, ˆ dŽfaut, les jours de mobilisation nationale

au blocage Žconomique, au blocage des CA Nous appelons ˆ la participation aux journŽes :

du 2 avril, manifestation nationale de la maternelle ˆ lĠuniversitŽ appelŽe par la CNU

du 7 avril, journŽe dĠaction interprofessionnelle

du 8 avril, manifestation nationale de la maternelle ˆ lĠuniversitŽ appelŽe par la CNU

La prochaine CNE se tiendra ˆ OrlŽans le 4 et 5 avril.

 

Lettre ouverte des porte-parole de la coordination nationale des universitŽs aux confŽdŽrations syndicales

Depuis le 2 fŽvrier, voire avant pour certaines dĠentre elles, les universitŽs sont en grve. Chaque semaine, la communautŽ universitaire manifeste dans la rue sa colre et tŽmoigne de son unitŽ. Ce mouvement rassemble depuis son origine un front extrmement large, fŽdŽrant les Žtudiants, toutes les catŽgories de personnels de lĠenseignement supŽrieur et de la recherche, issus de sensibilitŽs et de tendances trs diverses; cela rŽpond ˆ lĠattaque brutale et frontale du gouvernement contre lĠuniversitŽ publique et autonome que nous aimons.

Ë ce mouvement de colre sans prŽcŽdent, les ministres concernŽs nĠont opposŽ, jusquĠˆ aujourdĠhui, que le mŽpris, des manÏuvres dilatoires, des faux semblants de nŽgociations et, finalement, une politique du pourrissement. La coordination nationale des universitŽs est consciente que les attaques contre lĠuniversitŽ et la recherche sĠintgrent dans une politique globale de casse des services publics et de prŽcarisation gŽnŽralisŽe de la population. Elle affirme son ancrage dans le mouvement interprofessionnel dont elle partage les revendications.

Alors que le ch™mage redevient la menace majeure pour une grande partie des salariŽs, lĠƒtat supprime 1090 emplois cette annŽe dans lĠenseignement supŽrieur, 30 000 ˆ lĠŽchelle de toute la fonction publique, mettant en cause la possibilitŽ mme de lĠaccomplissement de nos missions. La modulation des services mis en place par le projet de dŽcret sur le statut des enseignants-chercheurs et le contrat doctoral unique (CDU) sĠinscrit dans une politique plus large dĠindividualisation des carrires visant ˆ fragiliser lĠensemble des personnels. La prŽcaritŽ se dŽveloppe dans nos services, touchant plus de 30% des salariŽs employŽs dans les universitŽs. La baisse du pouvoir dĠachat frappe durement, en particulier les personnels administratifs et techniques dont les salaires dŽmarrent ˆ peine au niveau du SMIC, sans rŽelle possibilitŽ de progression et dĠŽvolution de carrire.

La politique universitaire actuelle, en particulier la mise en concurrence des universitŽs, promeut un modle dĠŽducation profondŽment inŽgalitaire fondŽ sur une conception rŽgressive des savoirs et une sŽlection par lĠargent de plus en plus clairement affirmŽe. Les premires victimes en seront les enfants des milieux les plus dŽfavorisŽs que le service public de lĠenseignement ne sera plus en mesure dĠaccueillir correctement et qui devront sĠendetter pour bŽnŽficier dĠune formation actuellement ouverte ˆ tous. Pour toutes ces raisons, le mouvement des universitŽs a pris toute sa place dans la formidable mobilisation du 19 mars. La coordination nationale des universitŽs appelle les organisations syndicales ˆ donner une suite rapide ˆ cette journŽe pour construire le front large et dŽterminŽ indispensable face ˆ un gouvernement qui ne comprend que le rapport de force.

Pour envisager les possibilitŽs pratiques et les modalitŽs de ces convergences, nous souhaitons vous rencontrer aussi vite que possible.

Salutations en lutte, Les porte-parole de la CNU David Berrue (Žtudiant) Pascal Levy (Biatos) LŽa Valette (doctorante) Christophe Mileschi: (EC) Patricia Tutoy (enseignante) Germaine Depierre (Chercheuse)

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CommuniquŽ des syndicats agricoles de l'UMT (Maroc).

 

COMMUNIQUE

La FŽdŽration Nationale du Secteur Agricole affiliŽe ˆ l'UMT condamne les agissements antisyndicaux et illŽgaux contre ses militants mener par la sociŽtŽ Maraissa/groupe Azura.

 

Sans se soucier de l'Opinion Publique Nationale et Internationale, ni de la lŽgislation du travail marocaine, la sociŽtŽ Maraissa continue ses agissements anti-syndicaux par la pression sur les ouvriers au niveau de la ferme et par le licenciement des syndicalistes affiliŽs ˆ l'UMT. En effet, 15 ouvriers observent leur sit-in devant le groupe Azura dans la rŽgion d'Agadir au Maroc depuis le 9 mars 2009 pour revendiquer leur rŽintŽgration dans leurs postes de travail a Maraissa.

 

Vu notre position et la campagne de solidaritŽ avec la lutte syndicale des ouvriers Ž Maraissa pour dŽfendre leurs droits, la sociŽtŽ procde au licenciement du secrŽtaire gŽnŽral  et un autre membre du bureau syndical des ouvriers de maraissa15, et qui ne faisaient pas partie du licenciement collectif de 20 ouvriers effectuŽ par la sociŽtŽ depuis le 11 fŽvrier 2009, par vengeance de l'administration contre la grve rŽussi des ouvriers les 19 au 21 mars 2009.

 

Devant la solidaritŽ des ouvriers entre eux contre le licenciement abusif et l'exploitation et sur la base de position du bureau rŽgional de la FŽdŽration Nationale du Secteur Agricole affiliŽe ˆ l'UMT qui n'accepte aucune concession sur le droit syndical et le droit du travail garanties par la constitution marocaine et la lŽgislation du travail, ainsi que les conventions internationales,

 

La sociŽtŽ une autre fois continue de licencier abusivement les militants de lĠUMT, en effet deux autres ouvriers potentiels dĠtre membre du bureau syndical ont ŽtŽ  licencie le 16/3/2009.

 

Nous ne pouvons que condamner ces agissements antisyndicaux et illŽgaux contre les militants de notre syndicat mener par la sociŽtŽ Maraissa/groupe Azura. Et nous revendiquons lĠouverture dĠun dialogue sŽrieux et fructueux avec notre FŽdŽration.

 Le bureau rŽgional

Agadir le 16/03/2009

 

Nos revendications :

 

Nos revendications se rŽsument comme suit:

1- La rŽintŽgration de tous les ouvriers dont plusieurs syndicalistes, licenciŽs aprs la grve du 19 au 21 janvier 2009 au niveau de Maraissa15.

2- mettre fin a la poursuite de 6 ouvriers dont deux membres du bureaux syndical maraissa15, devant le tribunal pour motif d'atteinte a la libertŽ de travail: un motif faut!

3- La rŽgularisation de la situation des secrŽtaires gŽnŽraux des bureaux de Maraissa 9 et Maraissa10 qui ont ŽtŽ licencie depuis plusieurs mois.  

4- La rŽgularisation intŽgrale de la situation des ouvriers avec la CNSS.

5- Le respect du droit des travailleuses syndicalistes et mettre fin aux insultes et agressions morales qu'elle subissent.

6- La mise en place des mesures de protection des ouvriers contre les risques des accidents de travail et les maladies professionnelles.

7- L'amŽlioration des conditions de transport des ouvriers et ouvrires qui sont actuellement transportŽs debout dans des camions comme des sardines.

8- L'attribution d'une tenue de travail pour tous les ouvriers.

9- La mise en place du crŽdit de consommation a tous les ouvriers au lieux 5 par ferme, sachant que le crŽdit est octroyŽ par Cetelem et la sociŽtŽ Maraissa n'est qu'une boite a lettre .

10- L'indemnisation sur la 9eme heure travaillŽe par les anciens ouvriers avant l'application du code de travail ˆ Maraissa, entre juillet 2004 et janvier 2006.

11- La rŽintŽgration de tous les ouvriers de Maraissa 15 de leurs poste avant la grve et le maintien de leurs salaires d'avant   la   grve .

12 -l'application des articles 72, 136.

 

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Nous reviendrons dans la prochaine lettre sur des faits syndicaux rŽcents -Žlections ˆ la SNCF, fin du projet de fusion UNSA-CGC, congrs du SNES-FSU, dŽclaration de la RŽgion MŽtallurgie CGT Nord-Pas-de-Calais contre la politique confŽdŽrale ...

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Militant nĦ16 est paru.

28 pages – 1 Û Extrait du sommaire : Capitalisme : la crise finale ? Et le pouvoir dĠachat, M. Fillon ? Les prix 13 % plus ŽlevŽs en Ile de France quĠen province. Un locataire averti en vaut deux ! Triste bilan dĠHortefeux. Aprs le 29 janvier : la crise cĠest eux, la solution cĠest nous. Dans lĠAllier : alerte rouge pour les salariŽs. A nouveau : o va le PS ? Militant et le PS : Žchange polŽmique avec un membre du Parti de Gauche. Laisser sa place ˆ la jeunesse (interview de Nasser Lajili, conseiller municipal ˆ Gennevilliers). Contre la mise ˆ mort des collectivitŽs locales. Appel aux artistes qui veulent penser hors du systme. Houellebecq, lĠŽcrivain de la gauche qui vote ˆ droite. Etats Unis : congrs de LaborĠs Militant Voice. Abonnement : 10 Û par chque ˆ lĠordre dĠAPE – Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris

 

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Adressez un chque de 20 Û ˆ lĠordre dĠAPE ˆ : Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris