Lettre de liaison NĦ 55 du dimanche 5 avril
2009.
Le courage, c'est de
chercher la vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Comit de rdaction lu lĠassemble gnrale de
Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03)
Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier
DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) Stéphane FUSTEC (75) Franck
MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03)
Françoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)
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- "Ce qu'il faut c'est une rvolution car on
est ici tout seuls dans notre petite usine se faire bouffer, les uns aprs
les autres."
- Pendant ce temps, les moralisateurs du
capitalisme tiennent sommet.
- La ralit est claire.
- Manifestation centrale l'lyse ?
- Dbats sur l'interdiction des licenciements.
Documents :
–
Discours
d'accueil d'Andr Grin, dput-maire de Vnissieux, au meeting organis par le
POI le 22 mars.
Marc Dolez, Jacques Dessalangre, J.L. Mlenchon :
proposition de loi visant instaurer un bouclier social face la crise
(expos des motifs).
–
Rencontre
du 10 mars entre dlgations du PG et du POI.
- Le Parti de Gauche et le NPA : en rponse un
lecteur, par Raymond Debord.
- Appel de la coordination tudiante runie Paris
I dimanche 29 mars.
- Lettre ouverte des portes-paroles de la
coordination nationale des universits aux confdrations syndicales.
- Communiqu des syndicats agricoles de l'UMT
(Maroc).
- Militant nĦ 16 est paru.
"Ce qu'il faut c'est une
rvolution car on est ici tout seuls dans notre petite usine se faire
bouffer, les uns aprs les autres".
Le rassemblement l'appel de la CGT, de FO et de la CGC
intervenait aprs l'annonce d'un "PSE" (Plan de Sauvegarde de
l'Emploi !!!) consistant en 132 licenciements sur l'usine dans les mois
venir, l't puis l'automne, sur 333 travailleurs. Et juste en face, il y a
une beaucoup plus grande usine, Potain, le leader franais des grues de
chantier, qui fonctionnait plein rgime jusqu' il y a 6 mois, o le spectre
de la liquidation pure et simple menace maintenant, bien que la section CGT ait
calcul que les seuls dividendes des actionnaires de l'anne 2008 correspondant
aux gains raliss par la production de cette seule usine permettraient de
payer tout le monde pendant des annes. Lorsque dbut avril le chmage partiel
qui svit depuis des mois s'est temporairement interrompu pendant 2 jours, les
travailleurs se retrouvant enfin tous ensemble ont commenc occuper l'usine.
La revendication avance dans cette occupation par la section CGT est de
contraindre la direction amliorer le "PSE" en payant des mesures
pour les travailleurs proches de la retraite afin qu'ils ne soient pas balancs
sur "Ple Emploi", comme on dit maintenant, et des mesures de
formation pour les jeunes. Mais le sentiment de tous, l aussi, c'est que les
106 licenciements annoncs ici n'ont aucune lgitimit, et qu'ils
n'empcheraient videmment pas, s'ils avaient lieu, de virer les 300
travailleurs restant !
Bref, ces "plans de sauvegarde de l'emploi" ne
sont que des plans de licenciements et jamais un licenciement n'a vit un
autre licenciement : ce n'est pas en acceptant des licenciement qu'on empche
les licenciements ! Aprs une premire vague, qui le tour pour la deuxime
vague ?
La camarade de Militant qui nous envoie ce rcit nous dit que "contrairement
la tl et aux mdias, les conversations ne portent pas sur les parachutes
dors et stock options et autres "trucs de moralit" du capitalisme
mais sur les emplois et la cata pour ceux qui sont en couple dans la boite,
ceux qui sont avec un seul salaire, et il n'y a rien autour au niveau tissu
industriel pour esprer trouver quelque chose. Il faut, je crois, se dfaire du
battage des mdias et des politiques qui dtournent le sujet de fond et vitent
de prononcer les mots qui rassemblent : "interdiction des licenciements".
A notre runion du conseil d'administration de Militant du dimanche 29 mars, pour
analyser la situation politique, nous sommes partis des remarques de cette
camarade, car elles nous semblent fort justes sur ce qu'est aujourd'hui le
sentiment rel, le sentiment de rvolte, de larges masses. C'est aussi cette
mre de famille qui nous disait sur un march du 20Ħ arrondissement : "Sarkozy
est un hypocrite. Il va nous falloir une bonne rvolution."
Pendant
ce temps, les moralisateurs du capitalisme tiennent sommet.
Une ide que l'on peut rsumer ainsi : la
"morale", pour eux, c'est quand les dirigeants de la Socit Gnrale
font savoir qu'ils renoncent leurs stock-options, tout en prlevant toujours
leurs dividendes, la plus-value produite par l'exploitation capitaliste du
travail salari ; la "morale", pour eux, c'est 3000 licenciements par
jour et pendant ce temps, le G20 qui fait mine de faire des "listes
grises" de paradis fiscaux ; la "morale", pour eux, c'est de rendre
une cacahoute tout en engrangeant les milliers de milliards injects par les
banques centrales, donc par les tats, aux frais des contribuables et du
pouvoir d'achat des plus larges masses, milliers de milliards censs
"apporter une solution la crise" en arrosant ses responsables !
Gageons que ni ce "G20" ni ce sommet de l'OTAN
ne resteront dans l'histoire. Les derniers "remdes la crise"
voulus par Wall Street, ce sont le rachat de la dette nord-amricaine par
l'mission de dollars (voir ce sujet la prcdente lettre de liaison de
Militant), et la modification des rgles d'valuation des bilans des
entreprises cotes en bourse (la fin du "market to market"), leur
permettant d'enjoliver leur situation relle : des mthodes d'escrocs et de
faux monnayeurs qui se paieront leur tour et bientt. Ensuite il y a dbat
entre, globalement, l'ensemble des puissances imprialistes autres que les
tats-Unis et le Royaume-Uni et ces derniers, qui continuent arriver
imposer leurs volonts en dpit de leur faillite, ou plus exactement cause de
celle-ci, car elle leur sert de moyen de chantage sur leurs
"partenaires". Laissons de ct les gesticulations sur les exploits
supposs de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l'encontre des mchants
anglo-saxons, laquelle dans le monde entier la presse franaise est la seule
croire ; le dbat srieux est prsentement celui qui oppose la Chine aux
tats-Unis, car ceux-ci prennent la Chine la gorge. Le prsident de la Banque
centrale chinoise a propos que le dollar perde son rang mondial au profit des
Droits de Tirage Spciaux du Fonds Montaire International. Cet objectif ne
rsoudrait, il convient de le prciser, aucune des contradictions du
capitalisme, mais il signifie en fait un message d'alerte : la domination
mondiale du capitalisme par les tats-Unis, qui furent en leur temps son
"rgulateur" est devenu un problme pour le capitalisme. Mais c'est
en ralit l'impasse : la domination nord-amricaine les plonge tous toujours
plus dans la crise, mais essayer de s'en dgager les y ferait tomber encore
plus vite car ce cÏur financier pourri et failli est aussi la branche sur
laquelle ils sont tous assis ...
Pendant qu'on essaie de nous
prsenter Sarkozy en pourfendeur de patrons voyous, son gouvernement envisage
de diminuer encore l'ISF (impt sur la fortune), veut revenir sur l'extension
de l'accord impos par la grve gnrale en Guadeloupe, son membre Martin
Hirsch, le trs-chrtien "haut commissaire la jeunesse", entend
"aider les jeunes" en leur imposant des contrats en alternance pays
25% du SMIC en dessous de 18 ans, 41% entre 18 et 21 ans, 53% au del, et en
prime on apprend que 5000 soldats supplmentaires seraient envoys d'Europe en
Afghanistan. De A Z, c'est un gouvernement antisocial.
La majorit de la socit en France refuse de payer la
crise et commence poser la question de la "rvolution" entendue
comme ce que cela veut rellement dire : quand la masse, quand les oublis, les
opprims, les humilis, se mettent eux-mmes sur le devant de la scne.
C'est un tel ressenti au niveau de larges couches sociales
qui porte, par exemple, la rsistance et la combativit dans la dure des
enseignants-chercheurs et des tudiants, dont le mouvement, cibl par des
oprations ultra-violentes de la police et des provocations, continue depuis
des semaines, totalement clair sur le sens des manÏuvres en recul et lcher de
lest des ministres Pcresse et Darcos, peru non comme l'aboutissement des
revendications simples et nettes de retrait de toute leurs contre-rformes
depuis la loi Pcresse dite "LRU" (sur les Ç liberts et
responsabilits des universits È), mais comme la preuve de la capacit
gagner.
Et gagner, c'est dfaire et chasser ces mandataires des
capitalistes qui ne pensent qu' saigner le corps social.
- en participant en cortge la manifestation parisienne
contre les expulsions locatives et pour la baisse des loyers, le 15 mars
dernier, sous les mots d'ordre de blocage des loyers et de blocage des prix
alimentaires, et en poursuivant le combat pour le logement des familles mal
loges.
Ayant fait le point sur l'ensemble de ces lments,
constatant aussi comme tout le monde que la suite officielle donne au 19 mars
est le 1Ħ mai, que si un peu partout et notamment parmi les militants syndicaux
on parle des actions ncessaires pour gnraliser et centraliser tout la fois
le combat, car il y a urgence, il nous semble qu'il faut maintenant passer
l'organisation effective d'une monte de toute la population contre l'lyse.
Et si le grand 1Ħ mai unitaire en donnait le coup d'envoi,
au lieu de prcder une hypothtique autre journe d'action ? Et si les
mouvements locaux, marches pour l'emploi, marches pour l'ducation, marches
aussi pour les liberts publiques ... convergeaient sur l'adversaire commun :
le MEDEF et Sarkozy ? Il y a dj eu grve massive tous ensemble le mme jour
deux reprises (et dans certains secteurs comme l'enseignement, bien plus de
deux reprises). Pourquoi pas en grve le mme jour pour marcher sur l'adversaire
commun, avec une revendication commune, qui n'occultera pas toutes les autres,
mais qui marque l'urgence vitale et ncessaire aujourd'hui : STOP AUX
LICENCIEMENTS, INTERDICTION DE TOUS CES LICENCIEMENTS ?
L'interdiction des licenciements
est une mesure simple, mais qui met en cause tout le fonctionnement actuel de
l'conomie. Ce n'est pas la premire fois qu'elle est mise en discussion
-Arlette Laguillier avait ralis un succs lectoral sur ce thme, accord
celui d'un "grand parti des travailleurs", aux lections
prsidentielles de 1995. Depuis, l'interdiction des licenciements boursiers est frquemment avance. Mais il
est dans la pratique assez difficile de distinguer un licenciement boursier
d'un licenciement ... pas boursier ! On objecte souvent ceci : dans une petite
entreprise non cote en bourse, interdire tout licenciement revient pnaliser
la bote et bloquer l'embauche. Attention, d'abord sa pnalisation serait relativise
par le blocage des licenciements dans les plus grandes boites et chez les
concurrents, ensuite personne n'a dit que les petites entreprises n'auraient
pas besoin d'tre aides aussi ... mais autrement, par un gouvernement reprsentant
rellement la majorit, les travailleurs. Un tel gouvernement, prenant des
mesures d'urgence en faveur des ouvriers et des employs en prendra aussi
envers les PME, mais d'un autre type que l' "aide aux PME" dont on
nous rebat toujours les oreilles : ce sont les conditions de crdit, de prix
pour les sous-traitants, d'aides l'investissement et d'encadrement de
celui-ci, qu'il faudrait entirement revoir.
Notons
aussi que, peu aprs le dernier congrs du Parti Socialiste son nouveau
porte-parole Benot Hamon a voqu, non pas l'interdiction des licenciements,
mais le rtablissement de leur autorisation administrative, ainsi que
l'interdiction effective l encore d'un certain type de licenciements
considrs comme "boursiers" , mais que cette proposition a t
carte par la secrtaire nationale du parti, Martine Aubry, laquelle a depuis
propos un plan contre la crise qui comporte des mesures restrictives envers
les licenciements et en faveur du contrle des fonds publics accords aux
entreprises, ce qui serait un premier pas, mais en se refusant d'aller plus
loin.
Et, poser la question de
l'interdiction des licenciements, c'est poser la question suivante : quel
gouvernement pourrait prendre une telle mesure ? Certainement pas celui de
Sarkozy !
Militant salut le fait que le POI, dont
nous avons souvent critiqu l'orientation politique, avec des personnalits et
sections d'autres partis et notamment du PCF, a ralis les 21 et 22 mars
dernier, 4 meetings ouvriers importants sur ce thme, Nantes, Toujouse,
Sarreguemines, Vnissieux, et surtout ait dcid de mener campagne pour une
manifestation nationale sur ce thme, Paris.
Militant considre que l'intrt matriel
et moral de la classe ouvrire prime, c'est--dire ses besoins et leur urgence
et ce qui va dans le sens du renforcement de son organisation, de sa confiance
en elle et de sa conscience.
Militant est donc prt combattre aux cts de toutes les forces
qui cherchent srieusement ce qu'un tel mouvement d'ensemble de la classe
ouvrire, un mouvement gnral et un mouvement central, c'est--dire centr contre le
pouvoir et bas sur les revendications les plus fondamentales et les plus
urgentes telle que l'interdiction des licenciements, s'organise.
Il y a une trentaine dĠannes, le capitalisme est entr
dans une nouvelle phase de son dveloppement que lĠon appelle communment le
capitalisme financier. Cette nouvelle phase, bien loin dĠinvalider la thorie
de Marx, en confirme tout le bien fond. La baisse tendancielle du taux de
profit, contrecarre par les processus financiers ces dernires dcennies,
rattrape le capitalisme et le plonge dans une crise sans prcdent historique.
Asphyxi par sa propre boulimie, le capitalisme dtruit
aujourdĠhui massivement les forces productives entranant une flambe du chmage
sur fond de crise sociale, mais aussi crise politique, morale et culturelle. Il
y a dans la socit un double mouvement : prise de conscience dans la colre et
la rvolte, mais aussi pourrissement, notamment dans les quartiers, avec les
agissements fascisants de groupes mafieux et intgristes qui prosprent sur la
misre et le dsarroi des populations.
Nous sommes dans un chaudron. La temprature monte.
Impossible de prvoir quand la socit va atteindre lĠbullition. Impossible
galement de savoir dans quel sens lĠexplosion va se produire. Le pire hlas
peut ctoyer le meilleur.
Notre responsabilit de rvolutionnaires, quelles que
soient nos organisations, cĠest dĠessayer de donner un cap, de tracer une
perspective audible et crdible pour le peuple.
Il nĠest pas question pour moi de vous prsenter un
programme rvolutionnaire mais, partant de votre mot dĠordre premier, de
rflchir quelques pistes politiques que nous pourrions emprunter ensemble.
Interdire les licenciements, cĠest poser la question de la
production : pourquoi, comment. Autant nous contestons la socit de
consommation qui exacerbe les individualismes et soumet les individus pieds et
poings lis au capitalisme, autant nous rcusons les thses vantant la
croissance zro, voire le retour une socit minimaliste dont rvent certains
idalistes... qui gnralement disposent de tout le confort moderne.
Il faut assumer le fait que nous avons besoin de produire
des biens et des richesses pour rpondre aux besoins des hommes. Ce nĠest pas
parce que ces besoins sont historiquement dtermins quĠil ne faut pas y
rpondre. Beaucoup dĠhypocrisie se dissimule derrire lĠidologie qui prtend
contester la notion de besoin.
Je veux de ce point de vue me limiter deux exemples
partir desquels il me semble possible de concevoir une nouvelle architecture
conomique et politique lĠchelle de la France et du monde.
Primo : CĠest lĠidologie du capitalisme financier qui
laisse entendre que notre pays ne pourrait plus jouer aucun rle au niveau de
la production mondiale en raison dĠun cot du travail lev. En ralit notre
pays dispose de nombreux savoir-faire et atouts dans des domaines industriels
dĠavenir : produire propre, produire de la qualit, sans risque, en conomisant
au mieux les matires premires. Ce ne sont ni les Chinois, ni les Indiens, ni
les Brsiliens qui peuvent se concentrer sur ces questions car ils ont dĠabord
rpondre aux besoins de leurs populations. En revanche, dans le cadre de
cooprations internationales fondes sur lĠintrt rciproque, nous pouvons
largement contribuer au dveloppement du monde. Oui, je crois que lĠindustrie
franaise, une industrie bien oriente et soutenue nationalement, peut avoir
toute sa place pour la France et dans le monde, donner du travail tous.
Deusio : Notre plante est confronte des dsquilibres
qui donnent le vertige. Vivent quelques heures dĠavion, une fraction de
seconde dĠInternet, des milliardaires comme Bill Gates qui gagnent des millions
de fois trop dĠargent pour vivre et des millions dĠenfants qui meurent de faim.
Des tableaux de matres sĠchangent coup de millions de dollars tandis que
des millions dĠenfants nĠont mme pas de crayons pour dessiner. Soyons clairs :
relever les dfis de lĠingalit qui rongent la Terre, les dfis de la faim, de
la sant, exigent la mise sur pied dĠun nouveau mode de production reposant sur
la mise en commun des ressources essentielles, la mise en commun de lĠessentiel
des moyens de production et en tout premier lieu de lĠargent. Pour notre pays
cela signifie : nationalisation, afin que notre nation puisse jouer pleinement
son rle la fois pour ses habitants et la face du monde.
JĠai dpos un projet de loi contre les dlocalisations et
pour les relocalisations. Je vais dposer un projet de loi contre les
licenciements, qui prendra aussi la forme dĠune ptition.
Au risque de surprendre, je suis pour la mondialisation.
Ce nĠest pas parce que cĠest le capitalisme qui la met en Ïuvre, aujourdĠhui,
quĠil faut renoncer au clbre mot dĠordre du Manifeste de 1848 : Ç Proltaires
de tous les pays, unissez-vous ! È A mon sens la mondialisation bien comprise
doit reposer sur des cooprations fructueuses entre les nations. LĠONU,
lĠOrganisation des Nations Unies, est ne sur les dcombres de la deuxime
guerre mondiale. Sa vocation nĠest pas intrinsquement capitaliste, ce qui
nĠest pas le cas de lĠUnion europenne qui sĠest constitue comme un bloc
imprialiste, conue pour dfendre les intrts du capital et qui doit donc
tre dconstruite.
Nous avons1000 raisons de nous unir et de nous rassembler
car la vie devient inhumaine, invivable pour des millions de gens.
Nous avons 1000
raisons de nous rvolter, de rsister. Les hommes ne sont pas condamns une
existence insignifiante, tre traits comme des paquets jetables.
Aprs le 29 janvier, le 19 mars, le mouvement en
Guadeloupe, et si, en 2009 commenait germer un nouveau mouvement digne du
mouvement ouvrier du 19me sicle et de 1936, de la Rsistance, de la
reconstruction, de mai et juin 1968, des luttes anticoloniales. Un mouvement
populaire majoritaire qui soit lĠexpression authentique des aspirations du
peuple, de ces millions de petites gens qui attendent des fins de mois qui
nĠarrivent pas et qui nĠappartiendront jamais au cercle distingu des lites
mondialises. Un mouvement populaire qui rassemble aussi ces intellectuels qui
refusent lĠcrasement de la culture, ceux qui veulent dfendre la souverainet
nationale, une large part des classes moyennes, laborieuses, industrieuses.
CĠest un front de lutte quĠil faut construire, sans a
priori. Pas un front lectoraliste ou un cartel de gauche lĠeau tide.
Les prils sont immenses car le colosse bless sĠbroue en
tout sens. Mais mon sens, du chaos quĠil engendre une ide simple merge avec
une force ingale : lĠhumanit a besoin de mise en commun, de communisme.
Document
Cette proposition de loi a t dpose le 18 mars
l'Assemble Nationale par Marc Dolez et Jacques Desallangre, au nom du Parti de
Gauche. Le mme texte a t dpos au Snat par Jean-Luc Mlenchon et Franois
Autain.
EXPOSE DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
La crise actuelle du capitalisme frappe durement les
classes populaires.
Il y a urgence ragir. Si rien n'est fait, ses
consquences pour les salaris vont sĠaggraver. Depuis l'automne, le chmage
explose. De nombreuses entreprises, mme en bonne sant, licencient, suppriment
des missions d'intrim, recourent au chmage partiel pour prserver les profits
des actionnaires. Les droits des chmeurs sont attaqus et le principal
syndicat patronal pousse le cynisme jusqu' demander une baisse de ses
cotisations lĠUNEDIC. Les attaques contre la protection sociale et les
services publics continuent. Le pouvoir d'achat se dgrade. La pauvret
concerne de plus en plus de travailleurs victimes des bas salaires dans des
emplois prcaires, particulirement des femmes qui subissent le temps partiel
impos.
Dans un contexte conomique et social aussi dgrad, le
Prsident de la Rpublique voque la Ç poursuite des rformes È pour assurer la
Ç comptitivit È de l'conomie franaise.
Pourtant, il n'y a pas de fatalit du chmage et de la
prcarit, pas plus que des bas salaires et de la pauvret. Les moyens
financiers existent. Le Gouvernement lĠa dmontr en engageant rcemment des
dizaines de milliards dĠeuros au profit des banques et du systme financier. De
mme, en 2007, les profits raliss par les entreprises franaises ont atteint
650 milliards d'euros. En 2008, les seules entreprises du CAC 40 ont enregistr
prs de 85 milliards dĠeuros de bnfices en dpit de la crise.
LĠurgence est donc de s'attaquer aux racines de la crise,
c'est--dire au partage ingalitaire des richesses qui rsulte de la recherche
effrne du profit maximum pour quelques-uns au dtriment des salaires du plus
grand nombre. En effet, depuis trois dcennies, les politiques librales mises
en Ïuvre par les gouvernements et le patronat ont cherch augmenter les
profits au dtriment des salaires. Dans les entreprises, nombre de moyens
furent employs pour faire baisser le cot du travail : licenciements,
prcarit, flexibilit, gel des salaires. Les gouvernements successifs y ont
contribu avec des exonrations de cotisations sociales et la rduction des
systmes sociaux. La consquence en a t une formidable modification de la
rpartition des richesses cres au bnfice des dtenteurs du capital et au
dtriment des travailleurs. La surexploitation du travail a permis la
suraccumulation des profits : de 1983 2008, la part des travailleurs a t
rduite de 71 % 62 % de la valeur ajoute cre par les entreprises ; soit
plus de 170 milliards d'euros par an transfrs des salaires aux profits. Cela
reprsente plus de 6 500 euros par an (550 euros par mois) perdus par chaque
travailleur. Cette logique a conduit au gonflement exorbitant des placements
spculatifs et au surendettement des mnages ; deux des causes majeures de la
crise actuelle.
La politique dcide par le Prsident de la Rpublique et
mene par le Gouvernement aggrave encore cette situation.
Le paquet fiscal et le bouclier fiscal redistribuent aux
riches des dizaines de milliards qui manquent pour des mesures en faveur de
l'emploi. La liquidation des 35 heures, la libralisation des heures
supplmentaires, la perspective de travailler le dimanche et jusqu' 70 ans,
rduisent les possibilits d'embauche. Les suppressions d'emplois dans les
services publics, dont l'hpital public et l'ducation, rtrcissent l'emploi
et pnalisent les usagers. La protection sociale (assurance maladie, assurance
chmage, retraite...) est rduite ce qui prcarise les plus faibles et aggrave
les ingalits.
La crise en cours signe la faillite des politiques
librales menes depuis trois dcennies. Il faut rsolument changer
dĠorientation politique. Dans cette perspective, les mesures proposes par les
parlementaires du Parti de gauche visent commencer relever ce dfi global
en apportant de premires rponses, avec lĠinstauration dĠun Ç bouclier social
È pour protger les citoyens des consquences de la crise.
Les mesures conomiques et sociales dĠurgence que
la prsente proposition de loi vise instituer face la crise sĠinscrivent
dans la perspective plus large du Plan dĠurgence en 29 mesures adopt par le
Parti de Gauche lors de son Congrs de Limeil-Brvannes du 29 janvier au 1er fvrier 2009.
Ces mesures dĠurgence sont notamment indissociables
dĠun plan d'investissements publics sur deux ans, anim par le triple souci de
relance de la demande et de l'emploi, de satisfaction des besoins sociaux et de
rorientation cologique de notre mode de production. Combin aux autres
mesures voques par ailleurs, ces investissements devraient amener 100
milliards d'euros, soit 5 % environ du produit intrieur brut, le soutien
public exceptionnel pour affronter la crise. Il sĠagit ainsi de la rnovation
cologique du parc de logements sociaux, de la mise en chantier de 300 000
logements sociaux par an, de la rnovation des tablissements publics
d'enseignement, de la construction de centres d'hbergement d'urgence et de
foyers de jeunes travailleurs, de la cration d'un service public de la petite
enfance et du dveloppement des crches publiques, du remplacement progressif
du parc automobile des collectivits publiques par des vhicules propres
(lectriques ou hybrides), de la rnovation du rseau ferroviaire et du
dveloppement d'infrastructures pour le ferroutage, de lĠaugmentation de
l'investissement dans les nergies renouvelables et le recyclage, du soutien
la cration et aux activits culturelles et dĠun plan spcial de soutien pour
les Antilles et territoires d'Outre-mer en difficult.
En outre, des dispositions dĠurgence sĠimposent galement
pour matriser le systme financier et lutter contre la spculation, ce qui
implique, entre autres, la cration d'un ple financier public largi pour les
entreprises autour de la Caisse des dpts et consignations et d'un service
public bancaire largi pour les particuliers autour de La Banque postale, des
Caisses d'pargne et des Banques populaires.
Les services publics comme le rail, la poste, lĠlectricit
et le gaz doivent aussi tre mobiliss au service du plus grand nombre contre
la crise. Cela implique un moratoire sur toutes les mesures europennes de
libralisation et de mise en concurrence. Et la relance des entreprises
publiques fragilises par ces mesures, commencer par un ple public de
lĠnergie intgrant EDF, GDF mais aussi le ptrolier Total dont la
nationalisation sĠimpose.
Surtout, la lumire des leons de la crise, la France
doit agir au sein de l'Union Europenne et des instances internationales pour
sortir du laisser faire et du libre change gnraliss.
Le processus de ratification du trait de Lisbonne, ple
copie du trait constitutionnel europen, rejet 55 % par le peuple franais,
doit videmment tre abandonn. Car il interdit toute mesure dĠharmonisation
sociale et fiscale pourtant indispensable pour stopper la course actuelle au
dumping social en Europe. Au-del, il est ncessaire de rformer la Banque
centrale europenne, qui doit dsormais avoir pour objectifs le soutien
l'activit des secteurs jugs prioritaires d'un point de vue social, conomique
et cologique, le plein emploi, la stabilit des prix (en fonction des
priorits conomiques du moment et dans le respect des contraintes
environnementales), et apporter son concours la politique de change dfinie
par le Conseil europen. En outre, elle doit rendre compte de la conduite de sa
politique montaire : une institution qui commande un levier essentiel de la
politique conomique ne peut plus rester indpendante de tout contrle
dmocratique. De mme, les rgles du Pacte de stabilit doivent tre
abandonnes.
Dans lĠimmdiat, et afin de faire face
lĠurgence conomique et sociale, les mesures contenues dans la prsente
proposition de loi sĠarticulent autour de quatre axes principaux.
Le chapitre premier permet dĠinterdire les
licenciements boursiers et prsente des mesures visant lutter plus largement
contre les suppressions dĠemplois et les dlocalisations. LĠarticle premier interdit les
licenciements conomiques dans les entreprises enregistrant des profits. Il
rtablit le contrle administratif de lĠInspection du travail sur les
licenciements pour motif conomique. LĠarticle 2 institue un droit de veto
suspensif pour les reprsentants des salaris en cas de licenciement. LĠarticle
3 cre des commissions dpartementales de lĠemploi et du dveloppement
conomique pour favoriser des alternatives aux suppressions dĠemplois et aux
dlocalisations. Il institue galement un droit de reprise par les salaris en cas
de dlocalisation de leur entreprise.
Le chapitre 2 prsente des mesures visant faire
reculer la prcarit du travail et dvelopper lĠemploi. LĠarticle 4 raffirme le contrat
dure indtermine comme norme du contrat de travail et encadre et limite le
recours aux autres formes de contrat. Il abroge les nouveaux contrats prcaires
crs par le gouvernement actuel. LĠarticle 5 cre un droit la journe
continue pour les salaris de manire en finir avec les horaires fractionns.
LĠarticle 6 rtablit la primaut de la loi sur
lĠaccord de branche et de lĠaccord de branche sur lĠaccord dĠentreprise et
restaure ainsi le principe de faveur qui protge les droits des travailleurs.
LĠarticle 7 raffirme la limitation de la dure hebdomadaire de travail 35
heures et encadre les possibilits de drogation. LĠarticle 8 limite le
contingent annuel dĠheures supplmentaires 130. LĠarticle 9 limite la dure
maximale dĠheures de travail 9 dans une journe et 44 dans une semaine et
cre un droit deux jours de repos hebdomadaires conscutifs.
Le chapitre 3 prvoit des dispositions pour augmenter le pouvoir
d'achat et redistribuer les richesses au profit du plus grand nombre. LĠarticle 10 abroge le
paquet fiscal adopt au cours de lĠt 2007. LĠarticle 11 abroge les
dispositions du code gnral des impts relatives au bouclier fiscal.
LĠarticle 12 prvoit que le SMIC soit port 1500 euros
nets dĠici au 1er juillet 2010.
LĠarticle 13 conditionne le maintien des exonrations sociales un accord de
revalorisation des salaires. LĠarticle 14 indexe lĠvolution des salaires,
pensions et minima sociaux sur lĠindice des prix. LĠarticle 15 garantit
lĠapplication du principe dĠgalit entre les femmes et les hommes dans les
entreprises. LĠarticle 16 revalorise le minimum de pension de retraite et les
minima sociaux hauteur de 300 euros. LĠarticle 17 plafonne les plus hauts
salaires dans les entreprises de manire rduire les ingalits de revenu.
LĠarticle 18 institue une nouvelle tarification progressive de lĠeau, de
lĠlectricit et du gaz qui assure la gratuit sur une premire tranche de
consommation pour les mnages faible revenu.
Le chapitre 4 prsente des mesures dĠurgence en faveur
du logement.
LĠarticle 19 permet aux communes de rquisitionner des logements inoccups
depuis plus dĠun an. LĠarticle 20 supprime le dpt de garantie pour les
locataires. LĠarticle 21 institue un moratoire sur les expulsions locatives et
sur les prts-relais de manire venir en aide aux 30 000 foyers pris au pige
de la crise lors de la vente de leur bien en vue dĠen acheter un autre.
LĠarticle 22 gle les loyers locatifs pour 2 ans et encadre leur volution
future. LĠarticle 23 cre un devoir de substitution pour le reprsentant de
l'tat dans les dpartements en cas de non-prsentation par les communes dĠun
programme visant les 20 % de logements sociaux. Il prvoit galement que la
comptence de dlivrer les permis de construire soit transfre de la commune
l'tat dans les communes nĠayant pas atteint un seuil de 10 % de logements
sociaux.
Le
chapitre 5 comporte diverses mesures proposant une mthode pour amliorer la
protection sociale.
LĠarticle 24 prvoit la runion dĠune confrence nationale sur les
retraites pour remplacer la rforme des retraites de 2003 qui appauvrit
gravement les nouveaux retraits sans garantir la prennit financire du
systme par rpartition. Il sĠagit ainsi de renforcer le systme franais de
retraites par rpartition et de garantir le droit la retraite 60 ans taux
plein. LĠarticle 25 prvoit la runion dĠune confrence nationale sur lĠassurance maladie
pour remplacer la loi nĦ 2004-810 du 13 aot 2004 relative l'assurance maladie. Et amliorer le systme franais
dĠassurance maladie au service dĠune meilleure couverture sanitaire de la
population et dĠune plus grande redistribution. LĠarticle 26 prvoit la runion dĠune
confrence nationale sur les droits des demandeurs dĠemploi pour remplacer la
loi du 1er aot 2008 relative aux
droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi. Ces volutions sĠintgreront
dans la perspective plus large de la mise en place dĠun nouveau statut du salari, fond
sur une scurit sociale professionnelle lui garantissant ses droits y compris
en cas de changement dĠemploi ou de chmage.
LĠarticle 27 supprime les franchises mdicales prvues par
lĠarticle L. 322-2 du code de la scurit sociale.
Les articles 28 et 29 emportent les ventuelles consquences financires de la
prsente loi pour l'tat et la scurit sociale.
Document :
Rencontre du 10 mars entre
dlgations du PG et du POI.
Aprs une premire rencontre en dcembre 2008, les partis POI (Parti
Ouvrier Indpendant) et PG (Parti de Gauche) se sont rencontrs mardi 10 mars
suite un courrier du POI.
Deux sujets ont t abords.
- Les lections europennes.
Le PG a expliqu sa stratgie du Front de Gauche appuye
sur le succs populaire du Znith. Pour le PG, la participation du POI au Front
de Gauche apparaissait complique ds lors que l'orientation de ce dernier,
la lecture du courrier du POI, semblait axe sur la sortie de l'Union
europenne.
La dlgation du POI a rpondu que l'on ne pouvait se
contenter de mettre en cause le trait de Lisbonne qui ne s'applique pas pour
l'instant, mais que toute la politique europenne tait issue des traits de
Maastricht et d'Amsterdam avec lesquels il demande la rupture.
Le CFN du POI a estim, ce stade, que le POI ne
prsenterait pas de liste seul et restait ouvert toute proposition, sur la
base voque prcdemment.
Le PG a indiqu qu'il enverrait, la demande du POI, le
texte final d'orientation du Front de Gauche.
- Les licenciements.
Le courrier du POI mettait surtout au centre de la
rencontre la marche unie pour l'interdiction des licenciements. Une rapide
analyse de la situation prouve des approches comparables sur la crise, la
mobilisation sociale, l'urgence des solutions contre les licenciements et pour
l'emploi. Le Parti de Gauche ne se prononce pas pour le mot d'ordre Ç
interdiction des licenciements È mais pour un ensemble de mesures comme
l'interdiction des licenciements boursiers, le droit de vto suspensif des
salaris, le rtablissement de l'autorisation administrative des licenciements,
la possibilit de reprise par les salaris de leur entreprise, etc... Dans ce
cadre le PG estime surtout ncessaire de permettre l'unit de toutes les forces
sur un mot d'ordre commun qui pourrait tre de type Ç faire front contre les
licenciements È.
Le POI a indiqu qu' l'heure o il y a deux licenciements
par minute en France et o la colre ouvrire monte contre les licenciements,
il y avait urgence s'unir sur le mot d'ordre d'interdiction des licenciements
car toute autre formule risquait d'aboutir l'accompagnement des
licenciements.
C'est cette discussion que les deux partis ont mene avec
d'autres partis notamment dans le cadre des runions successives de tous les
partis de gauche qui ont lieu depuis janvier.
POI et PG y poursuivront la discussion, conscients qu'il y
a urgence faire barrage aux licenciements.
Les dlgations taient composes de Daniel Shapira et Dan
Moutot pour le POI, Eric Coquerel et Alexis Corbire pour le PG.
* * * *
Le Parti de Gauche et le
NPA : en rponse un lecteur
Un lecteur fidle de la Lettre de Liaison de Militant a
interpell sur notre apprciation du Parti de gauche, du Nouveau Parti
Anticapitaliste et de leur positionnement rciproque au regard des lections
europennes.
Je ne suis pas au Parti de Gauche (PG) et je nĠai pas
lĠintention de devenir son avocat. Pour autant, je crois quĠil convient dĠavoir
une apprciation correcte de son positionnement et de sa stratgie, ne
serait-ce que pour la critiquer. Si le PG sĠest tourn en premier lieu vers le
PCF cĠest parce que son projet stratgique – raffirm maintes reprises
– est la constitution dĠun Ç Die Linke È la franaise, cĠest
dire dĠun nouveau parti dont lĠarmature serait constitue par la jonction du
parti communiste et dĠune fraction Ç gauche È de la
social-dmocratie. Au del des blocs lectoraux, ce que vise le PG cĠest une
fusion avec le PCF. Je pense que le PG souhaiterait volontiers que des
fractions issues de lĠextrme gauche (cĠest dj le cas avec Gauche Unitaire)
ou de lĠcologie politique (des dirigeants du courant Utopia du PS ont rejoint
le PG) se joignent au processus mais ce nĠest pas lĠobjectif premier.
Pourquoi ? Sans doute parce que la direction du PG a des divergences
importantes avec lĠextrme gauche mais aussi et surtout parce quĠelle semble
considrer que le NPA et le PCF nĠont pas du tout le mme ancrage social, malgr
lĠaffaiblissement du PCF. De ce point de vue, je ne leur donnerais pas tort.
Dans le cadre du projet Ç Die Linke la franaise È, non seulement
Mlenchon et Dolez privilgient le PCF mais il est quasi certain que, sans des
assurances pralables des dirigeants communistes sur une alliance aux
europennes, ils nĠauraient pas quitt le Parti Socialiste.
Le discours Ç social È du PG reste gnralement
un cran en dessous de celui du NPA. Pour autant, le fait quĠon voit plus le NPA
dans les luttes que le PG reste dmontrer, au moins sur le moyen terme. Il y
a sans aucun doute parmi les cadres du PG un nombre de responsables syndicaux
CGT, FSU ou FO largement gal si ce nĠest suprieur celui du NPA. DĠaprs ce
quĠon sait, le PG a seulement commenc il y a quelques jours structurer son
secteur Ç entreprises È. On verra ensuite. En tout tat de cause, on
peut noter que Jean-Luc Mlenchon a dfendu Olivier Besancenot dans la
polmique initie par Chrque sur la prsence des rvolutionnaires aux portes des
entreprises.
Il y a entre le PG et le NPA une divergence de fond quant
lĠattitude adopter vis vis du PS. Pour la rsumer, le NPA veut affirmer
un ple de la gauche radicale se construisant sur le rejet des socialistes. Le
PG veut construire un rapport de forces gauche du PS mais ne lĠexclut pas par
principe dĠun dispositif dĠalliance car il a le soucis de constituer une
majorit politique. Comment ne pas se sentir plus dĠaffinits avec cette
approche, partir du moment o lĠon veut chasser tout de suite Sarkozy et par
consquence avoir un gouvernement dĠunit dans les plus courts dlais ? Il
nĠy aurait pas eu de 19 mars sur la base de la mobilisation de SUD (ni mme de
la seule CGT) et sans implication de FO, de la CFDT, lĠUNSA, la CGC etc. Il nĠy
aura pas de changement sans lĠimplication de tout ou partie du PS. Reste
savoir sur quelle base politique et sur quel rapport de forces. Mais de cela le
NPA semble sĠen moquer et se fixer comme unique objectif de piquer la niche
lectorale protestataire dtenue par le PCF. Le tout naturellement au nom de
grandes dclarations gauchistes sur la grve gnrale, lĠopposition
lĠlectoralisme etc. Tu parles !
CĠest clairement sur le NPA, et le NPA seul, que repose
lĠchec de lĠalliance pour les europennes. Ses deux ultimatums (lĠalliance aux
rgionales sans le PS et le
nuclaire) taient tout fait hors de propos et assez hypocrites. Franchement,
on voit assez mal comment le nuclaire pourrait tre un discriminant
fondamental pour une alliance lectorale aux europennes et comment on pourrait
reprocher au PG dĠavoir fait un compromis avec le PCF sur ce point, compte-tenu
de leur proximit idologique sur tout le reste. Et bien entendu, au vu de la
stratgie globale du PG (on est pas trop sr que le PCF ait une stratgie) le
refus priori dĠalliances avec le PS pour des rgionales dans deux ans est
inacceptable. CĠest par ailleurs assez hypocrite de la part du NPA, dans la
mesure o il laisse la porte ouverte aux Alternatifs(*), alors mme que ces derniers
ont eu bon nombre dĠlus sur la base dĠalliances incluant le PS, y compris ds
le premier tour.
Alors oui, le PG est un parti rformiste, ou tout au moins
un parti parlementariste. CĠest clair et il ne vhicule lui mme aucune
ambigut sur ce point. CĠest pour cette raison aussi quĠune organisation
autonome des rvolutionnaires (y compris au sein du PG) est ncessaire. Est-ce
dire quĠil ne faille pas le prendre en compte ni sĠy intresser ? Ce
parti sera-t-il quand mme utile au rassemblement de lĠavant-garde ouvrire en
donnant une perspective Ç partidaire È aux dus du PS sans les
isoler de la majorit du Ç peuple de gauche È ? CĠest possible.
Et, mme si on peut demeurer sceptique quant au pronostic, on ne peut pas souhaiter
son chec.
Lors de la manifestation du 19 mars, jĠai vendu un
exemplaire de Militant un camarade du PS qui, me parlant du PG ou du PCF, me
disait Ç en avoir un peu marre des gens qui ne font que 2 % et qui
viennent nous donner des leons È. Ce faisant il mettait bien le doigt sur
le problme essentiel. Comment arracher lĠemprise de la droite les 40 % de
salaris qui sont idologiquement sous son emprise ? Une rponse peut tre
lĠunit de toutes les tendances dans un grand parti autour du PS (le projet de
son actuelle gauche). Une autre peut tre la constitution dĠautre chose, mais
alors il faut se donner les moyens de russir. Je crois que la force de
Mlenchon est de regarder ce problme en face.
Aprs, si on pense comme notre lecteur que la seule chose
envisageable court terme est dĠenvoyer Ç un signe ceux qui se
battent È, le vote LO existe aussi et sera sans doute lĠoption la plus
claire lors des lections europennes.
Raymond Debord.
Nota :
Le NPA a
propos aux Alternatifs la tte de liste pour la circonscription du Grand
Ouest, alors que dans cette rgion prcisment, les Alternatifs sigent la
mairie de Nantes dans la majorit municipale conduite par JM Ayrault, chef de
file du groupe parlementaire PS ...
* * * *
Appel de la coordination
nationale tudiante runie Paris 1 dimanche 29 mars 2009 (21h07)
Nous, tudiant-e-s mobilis-e-s, dlgus de 39 universits, en lutte
depuis mi-janvier sommes runis ces 28 et 29 mars Tolbiac Paris I
(Saint-Hippolyte) pour la VIe coordination nationale tudiante (CNE). Nous
raffirmons que la CNE, manation directe des Assembles Gnrales qui
runissent des dizaines de milliers dĠtudiant-e-s en France, est la seule et
unique instance lgitime pour reprsenter le mouvement tudiant dans son
ensemble et quĠaucune direction syndicale ou politique ne saurait se substituer
son rle.
Nous constatons que la mobilisation se poursuit dans les
universits. Il est important dĠamplifier la grve, mais aussi de lĠtendre
dĠautres secteurs. De la maternelle lĠuniversit, mmes attaques, mme combat
! Etudiant-e-s, enseignant-e-s, lycen-ne-s se sont mobiliss pour lĠinstant
tour tour. Il est temps dĠagir tou-te-s ensemble en mme temps. Nous appelons
aux manifestations communes Ç de la maternelle lĠuniversit È du 2 et du 8
avril.
Aprs le 19 mars, nous dnonons lĠattentisme des
directions syndicales. La seule stratgie consquente est la construction de la
grve gnrale qui seule peut nous permettre de gagner sur nos revendications.
A cet gard, les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilits
et sĠinscrire dans cette perspective. Sans attendre, construisons la base
partout un front unitaire runissant tudiant-e-s, lycenne- s, salari-e-s,
prcaires, chmeur-euse-s organisations et collectifs pour poser des
perspectives, notamment par des AG et forums interprofessionnels dans la
ralisation concrte dĠune vritable convergence des luttes. Nous proposons une
journe dĠaction interprofessionnelle le 7 avril.
Nous
dnonons la tactique du gouvernement qui vise diviser le mouvement par des
effets dĠannonce. Nous rpondons : Darcos a t oblig de reculer dĠun an la
mise en place de la masterisation. CĠest le produit de la lutte et de la
non-remonte des maquettes des diplmes. Mais comme pour le reste, nous ne
voulons pas de report mais le retrait. Nos revendications sont claires et plus
que jamais nous exigeons lĠabrogation de la LRU, lĠabandon de ses diffrents
plans dĠapplication et le retrait des dcrets qui en dcoulent...
Plan Campus
Plan russite en Licence
rforme dite de la Ç masterisation
de la formation des personnels ducatifs È
rforme du
financement des universits sur des critres de performance
rforme du contrat doctoral
unique, rforme du statut des enseignants-chercheurs
Globalement nous rejetons toute la politique universitaire initie
depuis le processus de Bologne qui impose une mme logique de rentabilit et de
mise en concurrence des universits sur lĠEurope entire (contre-sommet de
Louvain les 28 et 29 avril prochains qui sĠoppose ce processus). Cela se
traduit concrtement par les diffrentes mesures contre lesquelles nous luttons
actuellement.
AujourdĠhui un-e tudiant-e sur deux est contraint de se
salarier pour financer ses tudes. Avec la destruction du systme dĠaide
sociale, le dmantlement des CROUS (rapport Lambert) et du planning familial,
la dgradation des conditions de vie va encore sĠaggraver. Aussi, nous
rclamons lĠaugmentation en nombre et montant des bourses sur critres sociaux
et leur indexation sur le cot de la vie ainsi que la construction massive de
logements sociaux.
Nous demandons galement le retrait immdiat du projet de
loi sur les prts tudiants qui ouvre la porte une augmentation des frais
dĠinscription. Toute forme de slection lĠuniversit est inacceptable. Nous
raffirmons notre attachement un systme ducatif totalement public, gratuit,
lac et accessible tou-te-s. La mission de lĠuniversit ne doit pas tre la
marchandisation du savoir, ni une professionnalisation outrance, mais bien la
diffusion de connaissances et la promotion de lĠesprit critique, et la
dlivrance de diplmes de qualit reconnus par les conventions collectives
donnant accs des droits sur le march du travail. Face aux mouvements
sociaux en cours, la seule raction des dirigeant-e-s est le dploiement dĠun
arsenal scuritaire particulirement violent (vigiles, forces de lĠordre sur
les campus, arrestations massives, contrles dĠidentits, fichages...) et la
criminalisation de la contestation. Nous appelons au soutien de tout-e-s nos
camarades victimes de la rpression policire, judiciaire et administrative et
lĠabandon de toutes les poursuites engages, ainsi quĠ la cration de
collectifs de soutien.
Parmi les
plus touch-e-s par ce systme oppressif, se trouvent aussi en premire ligne
les sans-papier. Nous soutenons leur lutte et exigeons la rgularisation
immdiate et inconditionnelle de chacun-e dĠentre eux/elles.
La coordination nationale appelle tou-te-s les tudiant-e-s
continuer la grve jusquĠ satisfaction, la radicalisation, lĠextension du
mouvement et :
amplifier les blocages
dĠuniversits, tenir des piquets de grve en continu ou, dfaut, les jours
de mobilisation nationale
au blocage conomique, au blocage
des CA Nous appelons la participation aux journes :
du 2 avril, manifestation
nationale de la maternelle lĠuniversit appele par la CNU
du 7 avril, journe dĠaction
interprofessionnelle
du 8 avril, manifestation
nationale de la maternelle lĠuniversit appele par la CNU
La prochaine CNE se tiendra Orlans le 4 et 5 avril.
Lettre ouverte des porte-parole
de la coordination nationale des universits aux confdrations syndicales
Depuis le 2 fvrier, voire avant pour certaines dĠentre elles, les
universits sont en grve. Chaque semaine, la communaut universitaire
manifeste dans la rue sa colre et tmoigne de son unit. Ce mouvement
rassemble depuis son origine un front extrmement large, fdrant les
tudiants, toutes les catgories de personnels de lĠenseignement suprieur et
de la recherche, issus de sensibilits et de tendances trs diverses; cela
rpond lĠattaque brutale et frontale du gouvernement contre lĠuniversit
publique et autonome que nous aimons.
Ë ce mouvement de colre sans prcdent, les ministres
concerns nĠont oppos, jusquĠ aujourdĠhui, que le mpris, des manÏuvres
dilatoires, des faux semblants de ngociations et, finalement, une politique du
pourrissement. La coordination nationale des universits est consciente que les
attaques contre lĠuniversit et la recherche sĠintgrent dans une politique
globale de casse des services publics et de prcarisation gnralise de la
population. Elle affirme son ancrage dans le mouvement interprofessionnel dont
elle partage les revendications.
Alors que le chmage redevient la menace majeure pour une
grande partie des salaris, lĠtat supprime 1090 emplois cette anne dans
lĠenseignement suprieur, 30 000 lĠchelle de toute la fonction publique,
mettant en cause la possibilit mme de lĠaccomplissement de nos missions. La
modulation des services mis en place par le projet de dcret sur le statut des
enseignants-chercheurs et le contrat doctoral unique (CDU) sĠinscrit dans une
politique plus large dĠindividualisation des carrires visant fragiliser
lĠensemble des personnels. La prcarit se dveloppe dans nos services,
touchant plus de 30% des salaris employs dans les universits. La baisse du
pouvoir dĠachat frappe durement, en particulier les personnels administratifs
et techniques dont les salaires dmarrent peine au niveau du SMIC, sans
relle possibilit de progression et dĠvolution de carrire.
La politique universitaire actuelle, en particulier la
mise en concurrence des universits, promeut un modle dĠducation profondment
ingalitaire fond sur une conception rgressive des savoirs et une slection
par lĠargent de plus en plus clairement affirme. Les premires victimes en
seront les enfants des milieux les plus dfavoriss que le service public de
lĠenseignement ne sera plus en mesure dĠaccueillir correctement et qui devront
sĠendetter pour bnficier dĠune formation actuellement ouverte tous. Pour
toutes ces raisons, le mouvement des universits a pris toute sa place dans la
formidable mobilisation du 19 mars. La coordination nationale des universits
appelle les organisations syndicales donner une suite rapide cette journe
pour construire le front large et dtermin indispensable face un
gouvernement qui ne comprend que le rapport de force.
Pour envisager les possibilits pratiques et les modalits
de ces convergences, nous souhaitons vous rencontrer aussi vite que possible.
Salutations en lutte, Les porte-parole de la CNU David
Berrue (tudiant) Pascal Levy (Biatos) La Valette (doctorante) Christophe
Mileschi: (EC) Patricia Tutoy (enseignante) Germaine Depierre (Chercheuse)
* * * *
Communiqu des syndicats
agricoles de l'UMT (Maroc).
COMMUNIQUE
La Fdration Nationale du Secteur Agricole affilie
l'UMT condamne les agissements antisyndicaux et illgaux contre ses militants
mener par la socit Maraissa/groupe Azura.
Sans se soucier de l'Opinion Publique Nationale et
Internationale, ni de la lgislation du travail marocaine, la socit Maraissa
continue ses agissements anti-syndicaux par la pression sur les ouvriers
au niveau de la ferme et par le licenciement des syndicalistes affilis
l'UMT. En effet, 15 ouvriers observent leur sit-in devant le groupe Azura
dans la rgion d'Agadir au Maroc depuis le 9 mars 2009 pour revendiquer leur
rintgration dans leurs postes de travail a Maraissa.
Vu notre position et la campagne de solidarit avec la
lutte syndicale des ouvriers Maraissa pour dfendre leurs droits, la socit
procde au licenciement du secrtaire gnral et un autre membre du
bureau syndical des ouvriers de maraissa15, et qui ne faisaient pas partie du
licenciement collectif de 20 ouvriers effectu par
la socit depuis le 11 fvrier 2009, par vengeance de
l'administration contre la grve russi des ouvriers les 19 au 21 mars
2009.
Devant la solidarit des ouvriers entre eux contre le licenciement
abusif et l'exploitation et sur la base de position du bureau
rgional de la Fdration Nationale du Secteur Agricole affilie l'UMT qui
n'accepte aucune concession sur le droit syndical et le droit du travail
garanties par la constitution marocaine et la lgislation du travail, ainsi que
les conventions internationales,
La socit une autre fois continue de licencier
abusivement les militants de lĠUMT, en effet deux autres ouvriers potentiels
dĠtre membre du bureau syndical ont t
licencie le 16/3/2009.
Nous ne pouvons que condamner ces agissements
antisyndicaux et illgaux contre les militants de notre syndicat mener par la
socit Maraissa/groupe Azura. Et nous revendiquons lĠouverture dĠun dialogue
srieux et fructueux avec notre Fdration.
Le bureau
rgional
Agadir le 16/03/2009
Nos revendications :
Nos revendications se rsument comme suit:
1- La
rintgration de tous les ouvriers dont plusieurs syndicalistes, licencis
aprs la grve du 19 au 21 janvier 2009 au niveau de Maraissa15.
2- mettre
fin a la poursuite de 6 ouvriers dont deux membres du bureaux syndical
maraissa15, devant le tribunal pour motif d'atteinte a la libert de travail:
un motif faut!
3- La
rgularisation de la situation des secrtaires gnraux des bureaux de Maraissa
9 et Maraissa10 qui ont t licencie depuis plusieurs mois.
4- La
rgularisation intgrale de la situation des ouvriers avec la CNSS.
5- Le
respect du droit des travailleuses syndicalistes et mettre fin aux insultes et
agressions morales qu'elle subissent.
6- La
mise en place des mesures de protection des ouvriers contre les risques des
accidents de travail et les maladies professionnelles.
7-
L'amlioration des conditions de transport des ouvriers et ouvrires qui sont
actuellement transports debout dans des camions comme des sardines.
8-
L'attribution d'une tenue de travail pour tous les ouvriers.
9- La
mise en place du crdit de consommation a tous les ouvriers au lieux 5 par
ferme, sachant que le crdit est octroy par Cetelem et la socit Maraissa
n'est qu'une boite a lettre .
10-
L'indemnisation sur la 9eme heure travaille par les anciens ouvriers avant
l'application du code de travail Maraissa, entre juillet 2004 et janvier
2006.
11- La
rintgration de tous les ouvriers de Maraissa 15 de leurs poste avant la grve
et le maintien de leurs salaires d'avant la
grve .
12
-l'application des articles 72, 136.
* * * *
Nous reviendrons
dans la prochaine lettre sur des faits syndicaux rcents -lections la SNCF,
fin du projet de fusion UNSA-CGC, congrs du SNES-FSU, dclaration de la Rgion
Mtallurgie CGT Nord-Pas-de-Calais contre la politique confdrale ...
* * * * * * *
Militant nĦ16 est paru.
28 pages – 1 Û Extrait du sommaire : Capitalisme : la crise
finale ? Et le pouvoir dĠachat, M. Fillon ? Les prix 13 % plus levs en Ile de
France quĠen province. Un locataire averti en vaut deux ! Triste bilan
dĠHortefeux. Aprs le 29 janvier : la crise cĠest eux, la solution cĠest nous.
Dans lĠAllier : alerte rouge pour les salaris. A nouveau : o va le PS ?
Militant et le PS : change polmique avec un membre du Parti de Gauche.
Laisser sa place la jeunesse (interview de Nasser Lajili, conseiller
municipal Gennevilliers). Contre la mise mort des collectivits locales.
Appel aux artistes qui veulent penser hors du systme. Houellebecq, lĠcrivain
de la gauche qui vote droite. Etats Unis : congrs de LaborĠs Militant Voice.
Abonnement : 10 Û par chque lĠordre dĠAPE – Militant, 18 rue Victor
Mass 75009 Paris
Devenez correspondant(e)/diffuseur de Militant dans
votre ville ou votre secteur professionnel :
Adressez un chque de 20 Û lĠordre dĠAPE :
Militant, 18 rue Victor Mass 75009 Paris