Lettre de liaison N¡ 56 du mercredi 8 avril.

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

 

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)

 

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SŽquestrer le patron.

DŽclaration du LKP sur les "Žtats gŽnŽraux".

Strasbourg :

Le prŽfet a raison ! La lourde responsabilitŽ des dirigeants des partis de gauche et d'extrme gauche et des syndicats. Totos, comitŽ invisible, B.B. : ne pas tout mŽlanger.

RŽunification syndicale contre dialogue social.

Militant n¡ 16 est paru.

 

 

SŽquestrer le patron.

 

Mesurez-vous que le pays a les nerfs ˆ fleur de peau, que les citoyens ont le sentiment, fžt-il erronŽ, de subir une crise dont nous sommes tous ˆ leurs yeux les fautifs?(...)Ignorez-vous que la qute de boucs Žmissaires est une constante de notre histoire et que 1789 se joue en 1788 ? Sentez-vous le grondement populiste, la rancoeur des Žcrits, mais aussi le sentiment d'iniquitŽ qui parcourt, comme une lame de fond, le pays ?Acceptez-vous de mŽditer ce mot de la comtesse de Boigne*, une habituŽe des rŽvolutions : ÇLes peuples ont l'instinct de leur approche ; ils Žprouvent un malaise gŽnŽral. Mais les personnes haut placŽes n'aperoivent le danger que lorsqu'il est devenu irrŽsistibleÈ ?(Alain Minc, Lettre ouverte ˆ mes amis de la classe dirigeante, in Le Figaro du 23 mars 2009).

Une certaine fŽbrilitŽ agite le personnel de la classe dominante, celle dont M.Minc confesse faire partie -nous disons bien plut™t "dominante" et profiteuse, que "dirigeante" comme il l'Žcrit lui, car elle ne dirige pas, elle est dirgŽe, par le besoin d'auto-fructification du capital quelle qu'en soit l'absurditŽ et la morbiditŽ. Ils viennent de voir que la dŽmagogie sur les stocks options et autres fanfreluches ne dupe absolument pas la population. A.Minc en bon augure de cette classe qui roule ˆ sa perte mais qui pourrait et voudrait nous entra”ner tous avec elle, critique ˆ la fois cette dŽmagogie bonapartiste ˆ la petite semaine, et voudrait que les patrons jouent d'eux-mmes les gŽnŽreux pour prŽserver l'essentiel, sous peine de perdre beaucoup plus d'ici peu. Certes, jouer ˆ se faire peur est un sport rŽpandu par les temps qui courrent, mais cette invocation de la rŽvolution n'est pas sans signification !

Il en a peur, nous voudrions, nous, la prŽparer, pour qu'elle se passe le plus rapidement et le plus efficacement possible, qu'elle soit victorieuse : ce qui est en cause c'est le rŽgime, l'Etat -car le plof du numŽro bonapartiste de Sarkozy, l'homme du bouclier fiscal, sur les "rŽmunŽrations des grands patrons", signe l'Žpuisement de ce dernier avatar de bonapartisme franais- et c'est le systme, le capital, qui est en crise et menace la plante.

 

C'est pourquoi nous ne sommes pas effarouchŽs ni mŽcontents de ces propos de SŽgolne Royal qui ont fait quelques vagues :

Ce n'est pas agrŽable d'tre retenu, et c'est illŽgal de priver quelqu'un de sa libertŽ de mouvement. Mais on ne les a ni brutalisŽs ni humiliŽs. Ceux qui sont fragilisŽs, piŽtinŽs et mŽprisŽs, ce sont les salariŽs ˆ qui l'on ment, avant de les mettre ˆ la porte. A Caterpillar, ils ont appris leur arrt de mort sociale en lisant la presse ; et on s'Žtonnerait de leur rŽaction?

Entirement d'accord, mais voyons la suite :

Etonnons-nous plut™t de l'Žtat du dialogue social dans notre pays !

Le dialogue social est un facteur de rŽussite, y compris dans une crise. (...) La question centrale est celle du mŽpris. MŽpris pour des gens que l'on n'Žcoute pas, et que l'on bafoue, qu'on laisse suspendus dans l'incertitude, victimes de dŽcisions prises hors d'eux, et qu'on aurait pu Žviter.

Non, la question centrale n'est pas celle du mŽpris. Lors de la nuit du 4 aožt 1789, pour reprendre ces comparaisons historiques qui font sens dans notre pays, la majoritŽ des dŽputŽs aristocrates et clŽricaux ont prŽfŽrŽ jouer les "gentils", comme le leur conseille Alain Minc, et "renoncer ˆ leurs privilŽges" (tout en dŽclarant cette renonciation payante dans un codicille rajoutŽ au petit matin, qui sera abrogŽ seulement en 1793 ! ) pour ne pas avoir l'air "mŽprisants". Ils ne faisaient que reculer devant l'explosion qui avait commencŽ, pour pouvoir prŽparer leur contre-attaque. Des dŽcisions pas mŽprisantes prises "avec les salariŽs" par le "dialogue social", dans le cadre du capitalisme et de sa crise, seraient aussi des licenciements. Ce serait les mmes licenciements, avec ou sans mŽpris. Lˆ est la source du mŽpris, lˆ est le fond du problme, et au moment actuel le problme se rŽglera par le fond o ne se rŽglera pas du tout.

Pour ce faire, le tous ensemble contre l'adversaire commun est nŽcessaire. Ceci, ce n'est pas le dialogue social : voir ci-dessous la rŽponse du collectif guadeloupŽen LKP ˆ celui-ci.

Voila pourquoi la montŽe de toute la population, de toutes les usines qui ferment, ˆ Paris chez et contre Sarkozy, serait le vrai dŽbut de la rŽponse sur le fond. Au passage, soyons humanitaires : en ouvrant une issue aux batailles boites par boites, cela Žpargnerait la sŽquestration ˆ pas mal de patrons et de cadres dirigeants !

 

* Aristocrate mondaine, 1781-1866.

 

 

 

DECLARATION LKP

 

A propos des etats gŽnŽraux :

KI DIAB Ç ETATS GENERAUX È ƒSA !!!!!!!

CÕest la grve gŽnŽrale et le mouvement populaire historique des journŽes de DŽcembre, Janvier, FŽvrier et Mars 2009 kont pwofitasyon qui a conduit lÕƒtat Franais ˆ organiser leurs dits Ç Žtats gŽnŽraux È en Guadeloupe, avec lÕarrire pensŽe de briser la dynamique LKP.

LKP dŽclare : Pon ÇŽtats gŽnŽrauxÈ ne peut tre dictŽ au Peuple GuadeloupŽen.

CÕest :

De Paris que M. Sarkozy a lancŽ ses Ç Žtats gŽnŽraux.

De Paris que M. Sarkozy a dŽsignŽ son coordinateur central.

De Paris que M. Sarkozy a dŽsignŽ ses personnalitŽs rŽfŽrents.

De Paris que M. Sarkozy a Žtabli le mode de fonctionnement de ses Žtats gŽnŽraux, y compris dans les dŽtails (ateliers, sujets, chefs dÕatelier, calendrier, etc.)

De Paris... ou plut™t... ˆ Paris que se fera la synthse de ces discussions de salon !

LKP refuse dÕtre la caution sociale, Žconomique, politique et culturelle de Monsieur Sarkozy et de ses relais en Guadeloupe. Yo ja dŽsidŽ biten a yo. [1]

Nous dŽclarons que les Ç Žtats gŽnŽraux È du Peuple GuadeloupŽen ont dŽbutŽ depuis le 5 dŽcembre 2008, que la plate- forme de revendications en 146 points et dix thmes constituent le dŽbut du vaste chantier sur lÕŽtat des lieux, le diagnostic de notre sociŽtŽ en mal-dŽveloppement, caractŽrisŽe par des inŽgalitŽs basŽes sur une pwofitasyon qui perdure depuis plus de quatre cent ans. Aprs les avancŽes sociales arrachŽes de haute lutte par plus que 44 jours de mobilisation de masse dans les rues, un immense espoir de changement sÕest levŽ chez les Travailleurs et le Peuple de Guadeloupe.

LKP entend concevoir avec le Peuple en mouvement de nouveaux rapports Žconomiques et sociaux, pour passer dÕune Žconomie de plantation dÕimport-distribution ˆ une Žconomie de production tournŽe prioritairement vers la satisfaction des besoins du Peuple GuadeloupŽen.

Une Guadeloupe avec des femmes et des hommes capables dÕinventer une nouvelle sociŽtŽ.

Aussi, nous devons notamment, avancer vers lÕautosuffisance alimentaire, Ïuvrer pour le plein emploi, assurer la justice fiscale, protŽger notre environnement, promouvoir un systme dÕŽducation et de formation rŽpondant aux besoins de la jeunesse, de son Žpanouissement et continuer ˆ affirmer notre identitŽ culturelle.

Nous devons favoriser une rŽelle expression dŽmocratique de tous les GuadeloupŽens, respectant le droit du Peuple GuadeloupŽen ˆ se donner la forme et le calendrier dÕŽmancipation quÕil dŽsire.

Seule la poursuite des luttes de masse, conduite par la classe des travailleurs conscients et organisŽs, fondŽe sur un programme nŽ de ses propres besoins, aspirations et revendications pourra rŽpondre aux espŽrances du Peuple.

Ce combat ne peut tre menŽ victorieusement sans la participation de lÕensemble de la jeunesse et du Peuple. LKP se situe rŽsolument dans cette logique.

ANNOU SANBLƒ [2] pour nos propres revendications et aspirations.

 

La Gwadloup sŽ tannou,

La Gwadloup sŽpa ta yo ;

Yo pŽkŽ f sa yo vlŽ

Adan pŽyi annou [3]

 

LKP, Manten, 04.04.09

 

[1] Ils ont dŽjˆ dŽcidŽ de tout !

[2] Rassemblons Nous

[3] La Gwadloup est ˆ Nous

La Guadeloupe nÕest pas la Leur

Ils ne feront pas ce quÕIls veulent

Dans Notre Pays

 

 

 Strasbourg.

 

Le prŽfet a raison !

 

 

La population de Strasbourg, les 30 000 manifestants anti-OTAN qui ont ŽtŽ empŽchŽs de manifester, agressŽs, gazŽs, les 7000 manifestants allemands empŽchŽs malgrŽ les accords passŽs avec la prŽfecture de rejoindre la manifestation commune, ainsi que la presse et les mŽdias, tous s'interrogent sur ce qui s'est exactement passŽ ˆ Strasbourg ces derniers jours. Le journal LibŽration trouve particulirement surprenante cette dŽclaration du prŽfet du Bas-Rhin, dont on apprend aussi au passage qu'il quitte ses fonctions juste aprŽs le sommet et que cela Žtait prŽvu depuis des mois, comme si a avait ŽtŽ calculŽ de faon ˆ ce qu'il n'ait pas de comptes ˆ rendre aux citoyens de ce dŽpartement. Voici sa "surprenante" dŽclaration, prŽtendant rŽpondre ˆ toutes les polŽmiques -elle est ˆ l'unisson de Sarkozy et d'Alliot-Marie :

"Le dispositif de protection a ŽtŽ opŽrationnel dŽs la fin mars et a parfaitement fonctionnŽ."

 

Nous pensons que cette dŽclaration doit tre prise au pied de la lettre et considŽrŽe comme exacte  : que pendant plus d'une heure tout le quartier du port du Rhin ait ŽtŽ livrŽ ˆ des "casseurs" (sur lesquels nous allons revenir), que par contre une pluie de lacrymos et de tirs de flash-ball aient accueilli dŽs le matin les groupes pacifistes prŽs du centre-ville, que la route assignŽe par la prŽfecture pour se rendre ˆ la manifestation ait ŽtŽ barrŽe, que celle-ci ait ŽtŽ survolŽe ˆ basse altitude par des hŽlicoptres et bombardŽe de lacrymos sans raison pendant les interventions des organisateurs, que des groupes de CRS tels n'importe quelle "racaille" de banlieue se soit postŽs au dessus des manifestants pour leur lancer des pierres (http://www.agoravox.tv/article.php3?id%20article=22448= ), que la police ait attendu que bržlent l'ancien poste de douane, puis un Hotel, puis une pharmacie, puis l'Office du tourisme, que les "Blacks Blocs' aient ŽtŽ repoussŽs sur la manifestation officielle, que celle-ci ait ŽtŽ poussŽe par des barrages policiers sur l'Hotel en flammes, qu'une pluie de flash-ball lancŽs depuis les fourgons policiers l'ait ˆ ce moment lˆ atteinte, que les pompiers aient ŽtŽ bloquŽs par la police, que la manifestation ait ensuite ŽtŽ bloquŽe ˆ l'avant et ˆ l'arrire et en mme temps chargŽe, puis poussŽe sur l'itinŽraire inverse de celui qui avait ŽtŽ nŽgociŽ, que des dizaines de personnes aient ŽtŽ dŽlibŽremment visŽes, frappŽes, choquŽes, blessŽes : oui, c'est bien cela, c'est exactement cela, pour un prŽfet de la V¡ RŽpublique sous Sarkozy, un "dispositif de protection opŽrationnel qui a parfaitement fonctionnŽ".

N'ayons aucun doute lˆ-dessus : le prŽfet a raison. Jamais, ˆ aucun moment, le r™le de la police n'a ŽtŽ de "maintenir l'ordre" et de protŽger les gens. Ce n'est pas son r™le : qu'on le comprenne bien et qu'on se le dise !

 

Au moment o Amnesty International publie un rapport faisant Žtat d'une quinzaine de personnes assassinŽes, des familles poursuivies pour "outrage", un rapport Žtablissant clairement qu'en France, tre un jeune homme basanŽ est une cause majeure d'insŽcuritŽ qui expose aux avanies et agressions des bandes armŽes de l'appareil d'Etat, au moment o l'on voit un responsable de l'UNSA Police expliquer sur le site RU 89 ˆ propos d'images montrant des CRS s'acharnant sur un lycŽen ˆ terre que ce comportement policier est normal et psychologiquement bien comprŽhensible -et c'est un reprŽsentant de la tendance rŽpublicaine, pas sarkozyenne et pas style BAC de la police qui vous l'assne ! - il serait temps de comprendre et surtout de dire, car en fait tout le monde le comprend mais personne ne veut vraiment le dire, ˆ quoi on a affaire : les bandes armŽes de l'appareil d'Etat sont une menace pour la sŽcuritŽ des citoyens.

Ceci ne veut d'ailleurs pas dire que dans ces groupes spŽciaux d'hommes armŽs, on n'a pas de braves gens, de fonctionnaires au fins de mois difficiles, de personnes sincŽrement "rŽpublicaines" croyant que leur r™le social rŽel est de protŽger les gens, et rŽpugnant parfois ˆ ce qu'on leur fait faire, et donc que l'on n'a pas de contradictions. Mais il ne faut pas s'illusionner sur le fait principal : ce qui s'est passŽ ˆ Strasbourg n'est ni une carence, ni un dŽrapage, c'est l'exŽcution scrupuleuses des ordres donnŽs.

 

Revenons en effet ˆ Strasbourg. Le vŽcu de la masse des manifestants, choquŽs et scandalisŽs, est qu'ils ont ŽtŽ pris en otage et agressŽs de faon plus ou moins conjointe par la police et par les blacks blocs ou "casseurs". Rappelons que, bien qu'en l'absence de black bloc ouvertement constituŽ, le vŽcu de la majoritŽ des milliers de manifestants rassemblŽs ˆ Vichy le 3 novembre dernier contre le "sommet europŽen sur l'intŽgration" de Sarkozy et Hortefeux Žtait le mme.

Le danger est de rŽduire leur rŽaction ˆ un "que fait la police ? ". Car justement on a trŽs bien vu ce que fait la police.

Et la rŽaction des manifestants ne doit pas consister ˆ en appeler ˆ une rŽpression policire mieux organisŽe et ciblŽe sur les "casseurs", comme si la police Žtait lˆ pour assurer la sŽcuritŽ des gens.

Plus encore, ce sont les riverains, les habitants, les petits commerants qui sont indignŽs de ce qu'ils ont pu longuement observer. Si le but Žtait de convaincre l' "opinion publique", la "majoritŽ silencieuse", que manifestant anti-OTAN = casseur et qu'il faut sŽvir, il semble que ce soit ratŽ. Certes, la police a scrupuleusement observŽ les ordres qui ne visaient pas ˆ prŽserver l'ordre mais ˆ cultiver et gŽrer le dŽsordre, mais le fruit politique de la manipulation est un ratage. Parce que a se voit, parce que a se sait, et parce que a montre ce que c'est que la V¡ RŽpublique version Sarkozy. Plus le singe monte haut dans l'arbre, plus on voit son c ....

 

 

La lourde responsabilitŽ des dirigeants des partis de gauche et d'extrme-gauche et des syndicats.

 

 

Maintenant, soyons clairs. Qui peut prŽtendre les yeux dans les yeux que ce qui s'est passŽ ˆ Strasbourg n'Žtait pas attendu, prŽvu, prŽvisible ?

Alors, dans ces conditions, que penser de l'attitude des organisations nationales issues du mouvement ouvrier, partis de gauche, d'extrme-gauche et syndicats, dont beaucoup y vont depuis des semaines de gaulliennes et quelques peu tricolores dŽclarations sur les mŽfaits de l'OTAN, mais qui laissent l'organisation de la contre-manifestation ˆ des bonnes volontŽs locales, ne prtent pas leurs services-d'ordre centraux, plongent consciemment dans la souricire la masse des manifestants, et se plaignent ensuite, ˆ demi-mot la plupart du temps, de la provocation policire tout en qualifiant les jeunes qui se sont battus avec la police et ont bržlŽ des b‰timents d'"imbŽciles", pour reprendre les termes du communiquŽ de Marie-Georges Buffet ? Olivier Besancenot, quant ˆ lui, met plus l'accent sur la provocation policire dont il a d'ailleurs lui-mme eu ˆ sentir les gaz ˆ plusieurs reprises, mais ne rŽpond absolument pas aux problmes posŽs par une telle situation, qui aurait pourtant pu tre ŽvitŽe simplement, ˆ deux conditions :

-que les "grandes" organisations appellent en masse ˆ manifester contre l'OTAN, avec prŽavis de grve,

-qu'elles ne prŽtendent pas que face ˆ l'OTAN, comme face aux Etats et au capitalisme en gŽnŽral, li faut tre "pacifiste" et tendre la joue gauche quand a chauffe, mais qu'elles constituent ouvertement, puissamment et frontalement, en faisant appel aux travailleurs et aux manifestants eux-mmes, un service-d'ordre destinŽ ˆ contenir et au besoin ˆ repousser la police et toute provocation.

 

 

Totos, comitŽ invisible, B.B. : ne pas tout mŽlanger.

 

 

A Strasbourg comme ˆ une moins grance Žchelle ˆ Vichy voici quelques mois, le courage, l'Žnergie, l'endurance, ont avant tout ŽtŽ le fait de la masse des manifestants, reformant les rangs aprŽs chaque charge et chaque bombardement, maintenant les slogans contre l'OTAN, restant unis, cherchant ˆ faire bloc, un bloc pas black, mais le bloc rouge des vrais combattants, ceux qui seuls ont la force, s'ils ont l'organisation, d'en dŽcoudre effectivement avec le capital et l'Etat, tous ensemble et en masse.

Voila la vraie leon de Strasbourg. C'est parce que cette force lˆ, la plus grande, la plus rŽelle, est partiellement dŽsarmŽe par ses propres organisations qui font du "lŽgalisme", du "pacifisme" ou de ... l'"anticapitalisme", qui ne veulent pas unir et concentrer cette force sociale majoritaire contre le capital et ses Etats, que le champ est ouvert aux "provocations". Aurait-on pu voir un "black bloc" ˆ Compigne le 19 mars dernier, quand toute la population, au moins 15 000 manifestants en bloc uni derrire les ouvrires et les ouvriers de Continental Clairoix, ont criŽ leur rŽvolte sans qu'il leur soit besoin de bržler quelque b‰timent que ce soit, et des CRS se seraient-ils risquŽs ˆ une petite provoc' ? Certainement pas.

 

Certains jeunes se sont imaginŽs pouvoir prendre d'assaut le sommet de l'OTAN, comme d'autres auparavant ˆ Vichy s'Žtaient imaginŽs pouvoir prendre d'assaut le sommet des ministres europŽens, et ont cru faire courrir les CRS quand c'Žtait ceux-ci qui les poussaient soit sur la manif, soit sur les quartiers pŽriphŽriques, ce qui n'est en effet pas trŽs malin. Mais si imbŽcilitŽ il y a lˆ de leur part, elle a plus de parentŽ qu'ils ne le souponnent avec les conceptions des dirigeants des partis et syndicats, car elle consiste dans la croyance que quelques uns peuvent se substituer au combat et ˆ l'organisation de la masse, de la majoritŽ, doublŽe de l'illusion de croire que l'on peut jouer les francs tireurs en l'absence d'armŽe. Un certain mŽpris pour la classe ouvrire, bien exprimŽ par des mots-d'ordre du genre "Eteignez la tŽlŽ" qui implique que l'on considre que le prolo moyen est un abruti devant TF1, est commun aux bureaucrates et aux jeunes "totos". Ces derniers ont cependant moins de responsabilitŽ dans la situation !

 

Dans le cas de Vichy, selon la police et le ministre de l'IntŽrieur qui ont annoncŽ cela aprŽs coup, c'Žtait la "bande ˆ Julien Coupat", les cŽlbres pieds nickelŽs du haut Limousin accusŽs de vouloir faire dŽrailler les trains, qui Žtaient ˆ l'initiative. Curieusement, ces messieurs de la police font savoir aprŽs coup qu'ils ont vu Coupat en action ˆ Vichy et donc en flagrant dŽlit, mais qu'ils ne l'ont pas attrapŽ ... Nous ignorons bien Žvidemment si nos dŽrailleurs de trains ont effectivement cherchŽ ˆ en faire dŽrailler, et nous constatons comme tout le monde que l'Etat reconna”t officiellement ˆ cette Žtape ne pas avoir de preuves, mais des prŽsomptions, et sur cette base sŽquestre le dŽnommŽ Coupat depuis des mois, au mŽpris d'un vieux principe du droit appelŽ "Habeas Corpus". Si l'opuscule intitulŽ "L'insurrection qui vient", signŽ du "comitŽ invisible", est leur oeuvre, alors il convient de remarquer lˆ encore que le mŽpris pour la classe ouvrire rŽellement existance faonne cette prose qui, au plan littŽraire, est ˆ Guy Debord ce qu'une mauvaise dissertation latine est ˆ CicŽron, et qui thŽorise le fait que la masse est totalement engluŽe dans l'ordre capitaliste-marchand, le seul moyen de la dŽsengluer Žtant de la secouer rudemment en coupant les rŽseaux -TGV compris. C'est Žcrit en toutes lettres mais les pieds nickelŽs du haut Limousin nient avoir tirŽ toute consŽquence pratique de ces thŽories fumeuses. Une chose est Žvidente : ils ne sont pas dangereux pour le capital.

Created with GIMPPar contre ˆ Strasbourg la diffŽrence avec Vichy n'est pas seulement de quantitŽ mais de qualitŽ. Il y a eu en effet une seconde manifestation, plut™t qu'un dŽbordement fauteur de panique dans la manifestation officielle ˆ la manire de nos pauvres "totos" de chez nous : la manifestation du vŽritable black block (B.B.). C'est-ˆ-dire autre chose que ce que cette expression dŽsigne dans les mŽdias et qui se rŽsume par "casseurs", et autre chose aussi qu'un courant anarchiste, ce que les blac blocks ne sont pas ˆ proprement parler mme si des anarchistes peuvent, comme d'autres, s'y associer. Il s'agit en fait d'un type d'organisation bien prŽcis, directement issu, surtout ˆ Strasbourg, des Antifas allemand, rassemblant des individus sur un mode plus dŽterminŽ et menaant que militariste, ouvert sur les c™tŽs et ˆ l'arrire de faon ˆ pouvoir intŽgrer des manifestants "normaux" dans le cortge allant ˆ l'affrontement, , dŽtruisant des b‰timents et levant les bras en l'air en cas d'arrestation pour Žviter au maximum de subir des violences inutiles. Nous sommes ici loin de ceux qui ˆ Vichy croyaient faire courrir les flics en ne comprenant pas que les flics les poussaient. La mŽthode de combat des Òblacks bloquistesÓ a dans certaines limites une relative efficacitŽ qui mŽriterait d'tre adaptŽe et centralisŽe pour de meilleurs causes que leur petit affrontement pŽriphŽrique privŽ pendant que le gros des manifestants se fait Žtiquetter "pacifistes" ou "pisse-froids".

PrŽcisons ce qu'il faut entendre par ces termes, "relative efficacitŽ" : il s'agit de la capacitŽ ˆ aller ˆ l'affrontement tout en Žtant capables d'entra”ner du monde, comme ces jeunes du quartier Neuhoff qui ont effectivement suivi la cohorte. Mais il ne s'agit pas du tout d'une quelconque force de frappe contre l'Etat en termes "militaires" ou mme simplement policiers. Sarkozy et son gouvernement avec 11 000 ˆ 20 000 policiers armŽs, selon les sources, avaient tout loisir de les Žcraser ou des les faire courrir o ils voulaient et c'est ce qu'ils ont fait en choisissant dŽlibŽremment de les laisser agir dans les lieux assignŽs.

 

Dans ce type de front, pour 100 individus, il y a peut-tre un flic, et 9 "lumpen" ne sachant pas o ils vont. Une organisation sŽrieuse de la masse de la classe ouvrire, combattant le capital et l'Etat, prendrait ces gars lˆ dans son SO, virerait ou regagnerait les quelques lumpen et donnerait une leon au flic avant de le retourner ˆ l'envoyeur. Nous ne devons pas considŽrer la grande majoritŽ de ces "black blocks" comme de purs "imbŽciles" envers lesquels la police serait trop douce, ce qui est en fait le sens des dŽclarations de Marie-Georges Buffet, celles d'Olivier Besancenot relevant de la pleurnicherie de celui qui est dŽsolŽ d'tre confondu avec ces gaillards. Ils peuvent reprŽsenter une force rŽelle.

Le problme est qu'elle soit employŽe ˆ bon escient. Justement ˆ Strasbourg, les blacs blocks peuvent faire un bilan de leurs mŽthodes. Sans doute les moins na•fs parmi eux le comprennent-ils, mais se disent-ils que l'exemple de l'affrontement et l'onde de choc causŽe en valent quand mme la peine. C'est complŽtement faux : une partie des 30 000 manifestants et des militants de gauche en France, qui a eu le sentiment ŽlŽmentaire, rŽpŽtons-le, d'avoir ŽtŽ pris en otage entre la police et eux, en ont dŽsormais une trŽs mauvaise opinion et, sous le dit choc, pourraient emboiter le pas ˆ M.G. Buffet et aller un peu plus loin, lˆ o elle suggre d'aller, en rŽclamant qu'une police vraiment "rŽpublicaine" les coffre prŽventivement, et tous les djeun's avec des cagoules avec pendant qu'on y est, avant chaque "sommet" ... Et si cette affaire finalement ne profite pas tellement ˆ Sarkozy dans l' "opinion publique", ce n'est absolument pas grace ˆ nos blacks bloquistes, mais grace ˆ la situation gŽnŽrale, ˆ l'Žtat d'esprit gŽnŽral de la classe ouvrire trŽs hostile aux patrons et ˆ Sarkozy.

Le problme n'est pas que les blacks blocks soient "violents". Ils veulent une rŽvolution ? Ils ont raison, et nous aussi ! Le problme est que finalement, leur action se base sur les mmes prŽsupposŽs que les "altermondialistes", "antilibŽraux" et "anticapitalistes" qui ne portent pas leurs cagoules (et arborent parfois de vŽnŽrables barbes qui les gŽneraient pour les enfiler) et qui ont pourtant souvent du mal ˆ les supporter : comme nous l'Žcrivions voici quelques annŽes - http://www.le-militant.org/remu/citoyenni.htm  - leur action ne vise pas un rapport social, le capitalisme et le salariat, mais les supposŽs symboles de l'aliŽnation. Dans la culture des jeunes et moins jeunes antifas, le "fascisme" dŽsigne en fait l'ensemble des symboles et des r™les de la "sociŽtŽ de consommation". DŽtruire le Mac-Do, briser la vitrine, pisser dans le bŽnitier, est effectivement une vieille solution de facilitŽ ... qui n'a jamais rien rendu plus facile !

 

Le bon combat, c'est pour former le ÒblockÓ de toute la classe, de toute la jeunesse. Contre Sarkozy, contre le pouvoir central, pas contre l'hotel Ibis ! Que la force endurante des 30 000 manifestants, l'allant offensif de la plupart des blacs bloqueurs, le potentiel de la masse qui n'accepte pas qu'on casse l'emploi, le pouvoir d'achat et l'avenir de nos enfants sur cette plante, s'unissent en un seul poing. Le voila, le front commun, le voila, le bloc militant qui vaincra.

 

* * * *

 

RŽunification syndicale contre dialogue social

 

Le syndicalisme, tout simplement.

 

 

En matire syndicale, le passŽ est porteur d'avenir. La forme que le mouvement ouvrier franais a trouvŽ pour s'organiser sur ce plan est la forme confŽdŽrale, associant unions locales et fŽdŽrations de mŽtier et de branches industrielles. Cette forme correspond ˆ l'affirmation de la CGT comme organisation de classe des secteurs les plus combatifs du monde ouvrier, et ˆ travers eux de l'ensemble du monde du travail : cette affirmation s'est produite au dŽbut du XX¡ sicle, dans les annŽes 1902-1906. Sa vocation est de rendre le plus efficace possible l'action des salariŽs en regroupant les syndicats formŽs dans chaque entreprise ou Žtablissement ˆ la fois tous ensemble au plan local et nationalement au plan des branches. A cette forme Žtait Žtroitement associŽ un vŽritable programme du syndicalisme, rŽsumŽ dans la cŽlbre charte d'Amiens de 1906 : le combat pour les salaires et le temps de travail s'inscrit dans la perspective de "l'abolition du salariat et du patronat", et l'indŽpendance syndicale ne consiste pas en apolitisme ainsi qu'on veut souvent le faire croire, mais dans le fait que ce sont les syndiquŽs qui doivent dŽcider.

Certes, ces principes ne furent pas respectŽs, mais cependant leur inscription dans "les gnes", si l'on peut dire, du syndicalisme franais, a du poids et l'esprit de la charte d'Amiens reste celui de toutes les vŽritables grandes luttes communes.

Le syndicalisme chrŽtien, construit ˆ l'origine pour diviser ce cadre unitaire de classe, a dž pour exister l'imiter, ce qui a produit les poussŽes ˆ gauche de la CFDT dans les annŽes 1960-1970, et fait que de nombreux dŽlŽguŽs cŽdŽtistes ou chrŽtiens doivent Žvidemment tre considŽrŽs comme des syndicalistes qui cherchent ˆ organiser leurs collgues, au mme titre que ceux de la CGT ou de FO.

Mais ce qui surtout a affaibli l'unitŽ de la classe ouvrire en France sous la forme de la confŽdŽration gŽnŽrale du travail, ce sont les scissions causŽes par les ralliements des chefs syndicaux au capital et ˆ son Etat, celle de 1921 entre CGT et CGTU, due au ralliement ˆ la guerre et ˆ l'Etat de la direction de la vieille CGT, surmontŽe par la rŽunification de 1935 -qui encouragea par le fait mme les grves de 36-, et celle de 1948 entre CGT, CGT-FO et la FEN (FŽdŽration de l'Education Nationale) devenue autonome en principe de faon provisoire, car ayant pour but la rŽunification, garantissant pour ce faire le droit de tendance. Ces principes de la FEN sont inscrits dans son texte fondateur, la "motion Bonissel-Valire", texte reniŽ depuis par ses dirigeants et auxquel les statuts de la FSU, hŽritire vŽritable de l'ancienne FEN mme si c'est un peu malgrŽ ses dirigeants, se rŽfrent encore ; le syndicalisme enseignant a pour ces raisons une place particulire, notamment la FSU, qui n'est pas un syndicat autonome mais qui, de fait (et sans que sa direction n'assume cela), est la fŽdŽration enseignante d'une grande CGT rŽunifiŽe qui n'existe pas.

Sur le terrain, dans les grands mouvements de la pŽriode rŽcente -alors que nous venons avec la crise de rentrer dans une toute autre pŽriode- en 1995, 2003 et 2006, le vrai syndicalisme unitaire et de classe a existŽ dans l'union de militants qui oeuvraient ˆ l'extension de la grve et ˆ l'organisation des manifestations et actions. Cette unitŽ de fait et dans les faits, contrastait avec l'Žmiettement croissant des organisations, plusieurs s'Žtant ajoutŽes aux anciennes en s'opposant ˆ la forme confŽdŽrale, soit en faisant l'apologie de l' "autonomie" (l'UNSA, nŽe du reniement de ce qu'avait ŽtŽ la FEN par ses dirigeants), soit en cherchant de nouvelles formes d'unionisme (Solidaires et les SUD, eux-mmes hŽtŽrognes, associant des fŽdŽrations ou des syndicats nationaux de mŽtiers devenus autonomes aprŽs 1947, et des courants gauche chassŽs de la CFDT ou l'ayant quittŽe).

La rŽunification syndicale dans une grande CGT, retrouvant les fondements du syndicalisme confŽdŽrŽ -ceux qui ont "fondŽ" la CGT, FO et la FSU et vers lesquels tendent les militants syndicalistes honntes de toutes les centrales-, une CGT construite par en bas, comme en 36, indŽpendante et dŽmocratique, associant des cultures diffŽrentes sur la base commune de classe : voila qui serait un immense progrŽs, par le fait mme, comme en 36.

La CGT actuelle, qui n'est pas cette grande CGT, est au centre de la situation ˆ la fois parce que ses sections et ses militants sont la principale (mais non la seule) sve combative de la classe ouvrire franaise, et parce que l'adhŽsion de sa direction au dialogue social est le verrou dŽcisif aujourd'hui contre une mobilisation victorieuse. Le "syndicalisme rassemblŽ" et le type d'unitŽ prŽconisŽ par sa direction, s'inscrivent en opposition avec ce que serait une rŽunification syndicale sur les bases confŽdŽrales et combatives du syndicalisme franais. Maryse Dumas expliquait, ˆ la rŽunion des responsables fŽdŽraux, d'union dŽpartementales et de rŽgions CGT du 1¡ avril :

"Ce que nous entreprenons avec la dŽclaration commune du 5 janvier est dÕune toute autre nature [que les actions spontanŽes des salariŽs victimes de "plans sociaux" et que de supposŽes manipulations politiques pour "radicaliser", a-t'elle expliquŽ prŽcŽdemment]. Nous ne demandons pas le retrait dÕun projet mais des nŽgociations sur des sujets trs larges cohŽrents portŽs et entre eux, ressentis comme des alternatives aux politiques Žconomiques et sociales de gestion de la crise. Cela ne sÕobtiendra pas en un jour, aussi fort soit-il."

C'est le "dialogue social" : on ne demande pas "le retrait d'un projet" ! On peut gŽnŽraliser cette dŽfinition : on ne demande pas l'arrt des licenciements ; on ne demande pas le retrait de la RGPP, de la loi d'aožt 2008 sur le "dialogue social", justement, mettant fin au principe de faveur en droit du travail, de la loi Bachelot contre l'Hopital, des lois PŽcresse et Darcos, et ainsi de suite, non, on demande "des nŽgociations' (ah, le beau pluriel ...) "sur des sujets trŽs larges cohŽrents portŽs et entre eux" (sic ! ). KŽsaco ? Mme grammaticalement cette formule est Žquivoque. Et si les "sujets trŽs larges et cohŽrents portŽs et entre eux" (re-sic ! ) c'Žtait de discuter refondation du capitalisme avec Sarkozy, et puis comment moderniser les relations sociales dans les entreprises, le droit du travail, la formation et tutti quanti ... ? Les salariŽs, eux, et la quasi totalitŽ des militants normalement constituŽs de la CGT et des autres syndicats, ne raisonnent pas comme a : ils pensent, et ils ont raison, que ce qu'il faut c'est s'opposer aux licenciements et lutter en revendiquant pour le retrait des mesures anti-sociales, et souvent ils n'imaginent pas que leurs dirigeants demandent ˆ discuter sur tout autre chose, sans demander le "retrait d'un projet" -ni de plusieurs ...

Plus prŽcisŽment encore : ce ˆ quoi s'oppose ici sans le dire Maryse Dumas, c'est ˆ l'unitŽ du type de celle qui avait vaincu, en 2006, contre le CPE ("contrat nouvelle embauche"). Cette unitŽ tenait prŽcisŽment en un mot : retrait ! Elle voudrait y substituer son espce d'unitŽ "sur des sujets trŽs larges cohŽrents portŽs et entre eux" (re-re-sic ! ), unitŽ des directions dans le dialogue social dressŽe contre l'unitŽ rŽelle des salariŽs avec tous leurs syndicats. C'est la contradiction du moment prŽsent : pour des millions, c'est la vŽritable unitŽ, simple, sur leurs revendications, contre les licenciements, pour le retrait des mesures anti-sociales, qu'ils ont rŽalisŽe le 29 janvier et rŽpŽtŽe le 19 mars, ce n'est pas cet espce de machin pour dialoguer avec Sarkozy sur tout autre chose que des revendications, et comme les dirigeants sont branchŽs sur le dit machin, mais n'arrivent pas ˆ ce que la base soit aussi "branchŽe" qu'eux, ils espacent, diffrent, biaisent. Le contenu de l'unitŽ est un enjeu. La vraie unitŽ, c'est pour les revendications, il n'y en a pas d'autre.

 

 

On n'a pas fini de dŽcouvrir les cadeaux de la "position commune" dans les petites boites ...

 

 

Deux pressions contradictoires s'exercent aujourd'hui sur les responsables syndicaux.

Il y a d'un c™tŽ la pression des salariŽs dont au premier chef les syndiquŽs, qui ont assurŽ le succŽs massif des journŽes du 29 janvier et du 19 mars, et qui s'interrogent sur la lenteur des combats nationaux unitaires quand il y a dans le mme temps 3000 licenciements par jour.

Il y a d'un autre c™tŽ la pression du "dialogue social".

Celle-ci peut sembler moins forte depuis que le "sommet social" entre les confŽdŽrations et Sarkozy le 18 fŽvrier dernier, dont les dŽcisions avaient ŽtŽ communiquŽes ˆ la presse avant qu'il ait lieu, n'a pas eu de suite, cependant, ce serait une illusion. La volontŽ de pouvoir mener le "dialogue social" avec Sarkozy et le MEDEF, n'est pas la mme chose que la volontŽ de nŽgocier s'il y a lieu sur les revendications des travailleurs. Le "dialogue social" depuis les dernires prŽsidentielles, ce fut la suppression des rŽgimes de retraites dits spŽciaux ˆ l'automne 2007, les attaques contre le Code du travail en relation avec l'accord de janvier 2008 sur la "modernisation du marchŽ du travail" (signŽ par FO et la CFDT), la cŽlŽbration par Sarkozy de la grande victoire de la "position commune" MEDEF-CGPME-CGT-CFDT en avril 2008, l'accŽlŽration de la RGPP ("RŽvision GŽnŽrale des Politiques Publiques") -et le vote de la loi anti-grve dans les Žcoles primaires- en mme temps que la signature par la FSU et la plupart des fŽdŽrations de fonctionnaires de l'accord "dialogue social dans la Fonction publique" en mai 2008. Poursuivre le "dialogue social" ce n'est pas nŽgocier sur les revendications, c'est poursuivre tout cela.

Or, la "position commune" sur les relations patronat-syndicats dans les entreprises commence ˆ y dŽvider ses consŽquences. Nous avons, dans la lettre de liaison de Militant du 22 mars dernier, attirŽ l'attention, ˆ la suite du service juridique de la CGT, sur la possibilitŽ donnŽe aux patrons de chercher lŽgalement ˆ avoir la liste des syndiquŽs de la boite, par la loi du 20 aožt 2008 et, dans cette loi, par des articles transposant directement la "position commune" signŽe par Thibault et ChŽrque.

Mais ce n'est pas tout. Il y avait une vieille revendication de la CGT, tout ˆ fait justifiŽe : que les conditions de mise en place du dŽlŽguŽ syndical soient alignŽes sur celles de la reconnaissance de la section syndicale d'entreprise (et rende par lˆ mme celle-ci effective et non pas fictive), en supprimant le seuil de 50 salariŽs pour la reconnaissance du dŽlŽguŽ (et non pas seulement du salariŽ mandatŽ). Or, la possibilitŽ de voir cette revendication satisfaite s'Žloigne gravement ˆ cause de la position commune signŽe par la direction confŽdŽrale de la mme CGT au printemps dernier. En effet, le "reprŽsentant de la section syndicale" prŽvu par la loi conformŽment ˆ la "position commune", qui n'aura que 4 heures mensuelles pour animer la section, perd toute protection s'il ne fait pas au moins 10% aux Žlections professionnelles suivant sa dŽsignation si celle-ci a eu lieu moins d'un an avant (et la protection est problŽmatique aussi dans le cas o il a ŽtŽ dŽsignŽ dans un dŽlais plus ample). Autrement dit, le gars qui a ŽtŽ dŽsignŽ dŽlŽguŽ voici peu et qui perd sa premire Žlection parce qu'avec ses 4 heures et une union locale peu secourable ou mal organisŽe il n'a pas pu surmonter la peur envers le patron, risque simplement d'tre virŽ. Le cas commence ˆ arriver.

Mais ensuite, si son syndicat a franchi la barre, alors les dŽlŽguŽs doivent tre choisis parmi les candidats qui ont recueilli au moins 10%, et non pas dŽsignŽ librement par l'organisation syndicale selon les modalitŽs qu'elle se donne en toute indŽpendance.

Ce point est d'une extrme importance : en assimilant reprŽsentant du personnel et responsable du syndicat, celui-ci est dŽfini a priori comme l'interlocuteur du patron avant tout (les Žlus sont en charge des nŽgociations) et est niŽe la possibilitŽ que l'organisation syndicale dŽsigne ses responsables elle-mme comme il lui convient, en distinguant Žventuellement l'organisateur-recruteur de l'Žlu. C'est lˆ la promotion d'un syndicalisme d'entreprise, qui peut tourner au syndicalisme maison, et au passage, comme l'explique pertinemment le site spŽcialisŽ en droit du travail http://www.chronique-ouvriere.fr/ , "Il est dŽsormais possible de participer ˆ la dŽsignation du reprŽsentant du syndicat sans payer un centime d'euro de cotisation."

La mise en oeuvre de la "position commune" suppose donc une modification profonde des modalitŽs de lutte dans les PME, et pas en bien, car elle pousse au saucissonage boites par boites alors que les salariŽs des PME savent bien que chez eux plus encore qu'ailleurs c'est la lutte commune qui paie le plus et qui souvent est la seule ˆ pouvoir payer, la grve juste dans sa boite pouvant risquer de provoquer sa fermeture si elle ne va pas avec la grve chez les concurrents de la branche aussi.

Elle conduirait ˆ un syndicalisme d'un esprit assez "amŽricain", dont la reprŽsentativitŽ procŽderait de scrutins boites par boites avec tout le poids des patrons dans cette conjoncture. Rappelons d'ailleurs que la reprŽsentativitŽ de boite est reconnue officiellement depuis la transposition dans la loi de la "position commune" de Thibault, ChŽrque et Parisot (ceci n'est pas une attaque : c'est une constatation ! ) et qu'elle prŽvaut bien sžr pour signer des accords de boites, de plus en plus dŽrogatoires puisque le principe de faveur a pris fin, par rapport aux reprŽsentativitŽs de branche et nationale.

 

 

Tension avec des morceaux entiers de l'identitŽ CGT.

 

Or, en mme temps, il y a les plans de licenciements qui s'abattent. Et boite par boite les sections syndicales lorsqu'il y en a doivent nŽgocier ˆ reculons. Elle le font la rage au ventre, et dans la situation o elles sont mises elles le font le mieux, ou le moins mal possible. Mais que peuvent-elles faire d'autre que nŽgocier les plans de licenciements en essayant de limiter la casse, c'est-ˆ-dire de faire partir d'abord les vieux et les "volontaires", de maximiser les primes de dŽpart et les mesures de formation et de reclassement Žventuelles ? Les gars sentent qu'en y allant tous ensemble et seulement comme a, ils pourraient faire mieux que ce triste boulot lˆ, et dŽsesprent qu'on "attende le premier mai" et que leurs confŽdŽs et fŽdŽs les laissent boites par boites, mme pas branches par branches ni bassins d'emplois par bassins d'emplois, mais bien boites par boites.

Il n'est donc pas Žtonnant que la tension monte entre bien des morceaux du syndicalisme industriel franais et les appareils centraux des confŽdŽs et des fŽdŽs, si l'on prend en compte cette urgence, cette pression pŽnible immŽdiate, et la perception croissante du pige tendu aux syndicats dans les PME si le "dialogue social" continue (parallŽlement ˆ ce qui se passe dans la Fonction publique avec la RGPP et les mises en cause du paritarisme).

C'est dans ce cadre que se situe une crise comme celle qui oppose la direction confŽdŽrale, qui a choisi -avec peu de succŽs ˆ ce jour- les moyens juridiques et  pas le dŽbat contradictoire sur l'orientation du syndicat, ˆ un morceau historique de la CGT, rien de moins que la RŽgion MŽtallurgie Nord-Pas-de-Calais (voir dŽclaration ci-dessous). En d'autre temps cela aurait pu tre un" conflit des anciens et des modernes" et la faon dont les camarades de la MŽtallurgie du Nord vivent la situation -syndicalisme de classe ˆ la faon de la CGT d'il y a quarante ans contre "rŽformistes"- peut tromper : la pire des erreurs serait de les traiter en "staliniens" de la vieille Žcole face au syndicalisme moderne et participatif pronŽ ˆ Montreuil. Peu importe en l'occurence l'analyse du passŽ (cela importe, par ailleurs, s'il faut discuter de notre histoire commune, de comment on en est arrivŽ lˆ : mais cette discussion nŽcessaire n'est pas une prŽcondition ˆ la solidaritŽ), il est clair qu'il s'agit lˆ d'une tentative -mise en Žchec ˆ ce jour- de mise au pas bureaucratique d'un pan historique de la CGT, porteur de son identitŽ, et que le renouveau du syndicalisme passe par l'unification de ses meilleures traditions, dont celle-ci qui est essentielle.

 

 

Un sympt™me : le vote des cheminots.

 

Le vote des cheminots aux Žlections professionnelles ˆ la SNCF exprime ce que ressentent les salariŽs, dans un secteur fortement organisŽ et combatif. Il importe de le prŽciser car les chiffres du vote du 4 avril ont pu tre interprŽtŽs de manire totalement dŽformŽe par la presse et par plusieurs organisations, la CGT, l'UNSA et SUD-Rail clamant tous victoire, ce qui veut dire qu'il y a forcŽment au moins une erreur, voire plus. Voyons cela.

Sur 172 033 inscrits, il y a eu 128 106 suffrages exprimŽs soit une participation massive, mais en baisse, de 74,47%, plus prŽs de 3% de votes blancs et nuls. La CGT avec 39,3% des voix reste Žvidemment la premire organisation -le contraire ežt ŽtŽ un sŽisme- mais elle est bel et bien en recul (de -0,84% ; le recul avait ŽtŽ plus important en 2006 et les deux se cumulent).

La presse a mis en valeur une "percŽe" de l'UNSA ˆ 18,06%, se rŽjouissant surtout de ce que cette percŽe laisse SUD-Rail en troisime place. En fait, l'UNSA progresse chez les cadres, o la FŽdŽration Maitrise et Cadre est une force ancienne traditionnelle (issue de la vielle CGT et passŽe ˆ l'autonomie en 1947), d'une part, et surtout elle rŽcupre l'Žquivalent du recul de la CFTC (de 8,14% ˆ 5,4%) dont plusieurs branches rŽgionales l'ont ralliŽe de peur de perdre tout droit de nŽgocier en raison du seuil de 10% rendu obligatoire par la loi d'aožt 2008 dŽcoulant de la position commune sur la reprŽsentativitŽ CGT-CFDT-MEDEF-CGPME.

La seule progression qui ne provient pas de manoeuvres de fusion entre appareils, mais d'une poussŽe spontanŽe du vote, est bien celle de SUD Rail qui passe de 14,97% ˆ 17,67%, atteint 23,5% des suffrages dans le collge ouvriers, et bondit de 27 ˆ 53% ˆ la gare saint-Lazare o la direction et Sarkozy l'avait dŽsignŽe comme le syndicat ˆ abattre. Didier Le Reste, dirigeant CGT des cheminots, a dŽsignŽ comme rival principal non le prŽtendu "p™le rŽformiste" UNSA-CFDT-FGAAC-bouts de la CFTC, qui fr™le mais ne franchit pas les 30% lui permettant de signer des accords, et a dŽclarŽ considre que l'essentiel, ce qui lui permet de dire que "la CGT a gagnŽ", est que SUD-Rail n'a pas conquis la seconde place. Si l'on suit ce raisonnement tortueux alors la CGT aurait gagnŽ grace au regroupement UNSA-CFTC causŽ par la "position commune reprŽsentativitŽ" ... En fait les dŽlŽguŽs ouvriers cheminots fidles ˆ leurs collgues de travail sont de manire Žcrasante les dŽlŽguŽs CGT et SUD-Rail et le second syndicat rŽel sur le terrain est bien SUD-Rail.

Par ailleurs le syndicat autonome catŽgoriel des conducteurs, la FGAAC, ne pouvait par dŽfinition franchir le seuil des 10%, les conducteurs eux-mmes faisant bien moins de 10% du total des personnels ; c'est ˆ la CFDT que ses dirigeants ont choisi de s'allier, ce qui n'a pas ŽtŽ un bon plan, car le total des deux est en recul en voix, et pratiquement identique en pourcentage, sur le seul total CFDT aux Žlections prŽcŽdentes : on passe de 11,58% pour la CFDT et 3,04% pour la FGAAC, soit 14,62% en tout, ˆ 11,59% seulement pour les deux rŽunis (il est probable que des voix FGAAC n'ont pas suivi cette fusion de sommets et se sont portŽs en votes nuls ou vers l'UNSA). Pour avoir soutenu ouvertement toutes les contre-rŽformes en matire notamment de retraites, la CFDT chez les cheminots, loin de se remettre du passage de la plupart de ses responsables ˆ la CGT aprŽs 2003, continue ˆ reculer. Enfin, la fŽdŽration FO, classŽe comme "combative" ˆ la SNCF, a cependant accueilli la CGC qui elle non plus ne pouvait franchir les 10% ; les deux rŽunis avec 7,98%  n'y parviennent pas, bien que connaissant une lŽgre progression, o toutes les voix de la CGC ne se retrouvent pas.

La complexitŽ de dŽtail de ces rŽsultats permet ˆ ceux qui y ont intŽrt de brouiller les pistes. Deux choses sont pourtant claires. Premirement, le mŽcontentement des salariŽs et en mme temps leur fidŽllitŽ ˆ l'outil syndical apparaissent clairement. Deuximement, la transposition de l'accord sur la reprŽsentativitŽ dans la loi permet pleins de magouilles qui ne sont pas des fusions syndicales, mais des petites alliances, qui touchent ici tout le monde en dehors des deux syndicats de masse des cheminots que sont la CGT et SUD-Rail.

 

 

Avortement de la premire "fusion pour le dialogue social".

 

L'adoption de la "position commune" sur la reprŽsentativitŽ avait aussit™t produit l'officialisation d'un projet de fusion entre l'UNSA et la CGC. L'UNSA est issue de l'ancienne FEN mais en a reniŽ les origines. La CGC ne provient pas du mouvement ouvrier : elle prŽtend organiser ˆ part les cadres, comme couche supŽrieure du salariat. Une telle fusion aurait fini de couper l'UNSA de ses origines syndicalistes, car son principal syndicat, le SE (Syndicat des Enseignants) est issu principalement de l'ancien Syndicat National des Instituteurs de la FEN qui ne s'Žtait jamais dŽfini ni construit comme une organisation de "cadres" d'essence supŽrieure, une amicale de sous-officiers, mais comme l'organisation des institutrices et des instituteurs aux c™tŽs de la classe ouvrire.

Or, ce projet de fusion a fait flop. Officiellement, c'est parce que les principales fŽdŽrations de cadres de la CGC, celles de la MŽtallurgie et de la Chimie, n'en voulaient pas. Mais l'UNSA Police, ne voulant pas fusionner avec les "syndicats" Žtranges que sont Alliance et Synergie, s'Žtait dŽjˆ ŽloignŽe de l'UNSA pour se rapprocher de FO, et l'on a vu ci-dessus qu'ˆ la SNCF c'est avec FO que la petite branche CGC a choisi de se grouper. En fait, c'est la nature des deux organisations qui bloque leur rapprochement. L'UNSA malgrŽ ses dirigeants garde encore, notamment par le biais de sa branche enseignante, le poids de ses origines dans le mouvement ouvrier. Cette non-fusion n'est donc pas une mauvaise nouvelle. La rŽunification syndicale que nous voulons ne sera pas de cet ordre, ce sera la formation d'une centrale unique, dŽmocratique, par et pour la masse des travailleurs eux-mmes.

 

 

Sur la ligne de crtre entre rŽunification syndicale et dialogue social, le congrŽs du SNES-FSU.

 

Mais il faut remarquer que toutes ces manoeuvres entre petits appareils sont suscitŽs et favorisŽes par la "position commune" CGT-CFDT-MEDEF-CGPME sur la reprŽsentativitŽ syndicale, les organisations dites "rŽformistes", un terme qui ne veut plus dire grand chose, qui ne l'ont pas signŽe de peur d'tre mangŽe par les plus gros, de ne pas pouvoir exister comme syndicats dans des branches entires ou dans certains cas de perdre leur r™le de syndicats jaunes maisons ... au profit des plus gros, Žtant poussŽes ˆ chercer ˆ former un "troisime p™le" par rapport aux deux grands partenairs du "dialogue social" que seraient la CGT et la CFDT. Ce qui impliquerait au passage de liquider FO ...

A l'intersection des pressions exercŽes par la situation qu'annonce peu ˆ peu la mise en oeuvre de la loi d'aožt 2008 et de ses termes tels que Thibault, ChŽrque et Parisot les ont rŽdigŽs, et des pressions de la base pour une action unitaire pouvant aller jusqu'ˆ la fusion des organisation, se situe l' "Žvnement" du congrŽs du SNES, le syndicat des personnels enseignants et Žducatifs des collges et des lycŽes  de la FSU, principal syndicat de cette fŽdŽration : son Žquipe dirigeante a fait adopter par le congrŽs un texte sur la "rŽnovation du syndicalisme" qui, ˆ mots plus ou moins couverts, tire un trait sur les velleitŽs d' "Žlargissement de la FSU" la transformant en confŽdŽration ou en union autonome, et fixe le rapprochement avec la CGT comme avenir pour la FSU. En clair, bien que ce ne soit pas Žcrit, mais tout le monde a compris, c'est l'ŽventualitŽ d'une intŽgration de la FSU dans la CGT -comme sa fŽdŽration enseignante, et gardant, en principe, ses spŽcificitŽs essentielles : syndicats nationaux de mŽtiers faisant partiellement corps avec les professions qu'ils reprŽsentent, droit statutaire de tendance- qui est mise en perspective et en discussion.

Voila un Žvnement important et, en soi, positif car tout ce qui va dans le sens du regroupement des syndicats sur des bases syndicales, et non sur des bases telles que celles sur lesquelles s'Žtait dessinŽ la fusion UNSA-CGC, est une bonne chose.

Mais en mme temps l'orientation vers laquelle la direction du SNES, et probablement de la FSU, se retrouve avec la CGT, c'est le "dialogue social". Pour certains, il faut rejoindre la CGT parce qu'elle est devenue moderne, pour aider Montreuil ˆ achever l'aggiornamento, alors que pour la masse des syndiquŽs, des deux cotŽs (FSU et CGT) le sens d'une fusion serait de grouper les salariŽs contre l'Etat-patron pour tre plus forts et pour arracher ... des retraits !

 

Au mme congrŽs du SNES, la direction du syndicat a acceptŽ, aprŽs dŽbat, que le syndicat se prononce contre les rŽformes Darcos et PŽcresse du lycŽe et de la formation des enseignants, mais en remplaant le mot "retrait" par "abandon". En langue franaise cela veut dire la mme chose, mais peut-tre que ce choix faisait Žcho ˆ la volontŽ exprimŽe par Maryse Dumas le 1¡ avril, de ne surtout pas dire "retrait". Une position alambiquŽe sur l' "Žlevation du niveau de formation des enseignants" au moment o les Žtudiants ne veulent pas de l'allongement du nombre d'annŽes d"Žtudes pour devenir profs, et bien des formulations ambigŸes sur la semestrialisation des enseignements en lycŽe, laissent ouvert la risque de fausses nŽgociations avec le ministre analogues ˆ celles auxquelles le SNES avait acceptŽ de prendre part en juin dernier, pour s'en retirer en octobre. L motion de l'acadŽmie de Lille tentant de faire dŽcider au syndicat qu'il n'accepterait plus jamais de signer des "points de convergence" avec un ministre comme prŽalable au droit de "nŽgocier", n'a pas eu la majoritŽ.  Une tentative d'introduire subrepticement dans un texte du congrŽs un soutien de fait aux projets de rŽgionalisation de la gestion des collges conforme au rapport Balladur a ŽchouŽ, plusieurs dŽlŽguŽs et rŽgions s'en Žtant aperus et ayant improvisŽ une intervention in extremis ˆ ce sujet ... Voila donc pas mal d'indications que la c™tŽ d'alerte, dans la tendance ˆ s'intŽgrer ˆ la mise en oeuvre des contre-rŽformes, bref le "dialogue social", est atteinte, mais aussi que le corps vivant du syndicat rŽsiste. Dans cette situation, les partisans d'une centrale unique des travailleurs, d'une grande CGT indŽpendante et dŽmocratique, n'ont pas ˆ craindre un rapprochement FSU-CGT. Si c'est une Žnime manoeuvre dans le cadre du "dialogue social", elle sera ralentie, contredite et embrouillŽe par ses auteurs. S'il s'agit d'unir des forces vives pour gagner, alors elle ira ˆ l'encontre du "dialogue social", sur la plus simple des orientations  : l'orientation syndicale de dŽfense inconditionnelle des revendications !

 

* * *

 

 

 

Document.

 

DŽclaration de la RŽgion MŽtallurgie CGT Nord/Pas de Calais

 

De nombreux syndicats CGT sont aujourd'hui ciblŽs par la confŽdŽration, les Unions dŽpartementales et fŽdŽrations pour tenter de les exclure, comme ce fžt le cas pour le syndicat CGT Forclum o le tribunal a tranchŽ en refusant lÕexclusion exigŽe par leur fŽdŽration de la construction et la direction de lÕentreprise. CÕest une grande victoire pour la classe ouvrire face au patronat et au glissement rŽformiste de la direction confŽdŽrale CGT.

Les seuls reproches quÕils font ˆ ces syndicats sont d'tre fidles aux valeurs fondamentales de la CGT ˆ savoir : bannir l'exploitation de l'homme par l'homme et la socialisation des moyens de production et d'Žchange.

Dans le Nord, l'Union locale de Douai, son secrŽtaire gŽnŽral sont depuis des mois l'objet d'assauts digne de ce quÕont connu aux Žtats unis dans les annŽes 1920, les dirigeants des syndicats sako et venzetti ou le Makartisme dans les annŽes 1950.

La pression, les coups portŽs, les menaces de mort envers sa fille quÕa subit Jacques Leclercq ne sont pas Žtrangers ˆ l'attaque cardiaque foudroyante qui l'a emportŽ. La famille porte plainte car le harclement continue notamment envers la fille et la mre de Jacques. EspŽrons que la police et la justice seront aussi promptes ˆ dŽcouvrir les responsables qui avaient assignŽ Jacques au tribunal, il suffit de regarder parmi les fidles de lÕUD du Nord pour trouver les coupables.

Depuis des mois, le syndicat CGT Renault Douai subit l'assaut d'une fraction de militants animŽs par un ancien membre du bureau fŽdŽral de la mŽtallurgie, surnommŽ dans le Douaisis le mercenaire, vous aurez bien entendu reconnu Ç le sieur CarŽ È.

Il est aujourdÕhui libŽrŽ de sa t‰che de secrŽtaire de l'institut d'histoire de la fŽdŽration de la mŽtallurgie avec tous les moyens ; voiture, carte bleue, tŽlŽphone portable sans limite, restaurants pour soudoyer et corrompre des militants etc. De plus ce dirigeant corrompu a maintenant un double emploi, puisqu'il vient d'tre nommŽ responsable par la fŽdŽration PCF du Nord pour animer la campagne des Žlections EuropŽenne.

A ce jour le syndicat CGT Renault Douai est toujours debout face ˆ lÕadversaire de classe et ceux qui lÕaccompagnent. Pour la direction de la FŽdŽration de la mŽtallurgie cÕest un Žchec, cÕest pour cette raison que le dŽlŽguŽ central Renault Fabien Gache et lÕadministrateur Audevard en collaboration avec le sieur CarŽ font leurs apparitions dans cette opŽration de purge envers le syndicat CGT Renault Douai (des tracts sont distribuŽs dans ce sens o Fabien Gache serait le sauveur du dŽsastre industriel et social de Renault face ˆ la crise du capitalisme).

Ces attaques frontales contre le syndicalisme de classe sont issues de la confŽdŽration EuropŽenne des syndicats (CES) o la direction confŽdŽrale de la CGT ne cesse de glisser sur des bases rŽformistes en collaborant avec le capitalisme EuropŽen. CÕest tellement vrai que le secrŽtaire gŽnŽral de la CES M. Monks dŽclarait devant la presse quÕil faut sauver le capitalisme, et dans la communication de la CGT, pr™nait pour moraliser le capitalisme.

On comprend mieux, le sens et les objectifs des violentes attaques contre les militants de classe, leurs syndicats dont la CGT Renault Douai qui tire sa lŽgitimitŽ par ses congrs, de ses forces organisŽes qui progressent malgrŽ une campagne de propagande haineuse organisŽe par des dirigeants plus soucieux de la lutte des places que la lutte des classes.

CÕest pour toutes ces raisons que la rŽgion mŽtallurgie tient ˆ porter ˆ la connaissance de lÕensemble des militants cette situation et le besoin de soutien aux camarades de Renault Douai, de leur Union Locale et de son dŽfunt secrŽtaire gŽnŽral J Leclercq.

La puissance du mouvement social qui grandit en France ulcre les technocrates de Bruxelles et de la CES. Ils exigent que la direction confŽdŽrale CGT fasse le mŽnage plus vite et plus fort, la chasse aux sorcires est organisŽe : en premier lieu couper les vivres en utilisant le nouveau systme financier COGETIS ˆ ceux et celles qui appellent depuis plus dÕun an, au tous ensemble mais aussi lÕŽviction de militants investis de responsabilitŽ ayant une expŽrience de classe de plus de 20 ans qui refusent dÕappliquer lÕorientation rŽformiste qui sera portŽe par le 49Ž congrs confŽdŽral de dŽcembre 2009.

La recomposition syndicale europŽenne est engagŽe autour de l'axe CGT/CFDT dans le cadre de leur future fusion, ils veulent que cela se fasse rapidement, cÕest la ligne du secrŽtaire gŽnŽral Thibault qui a ŽtŽ dictŽe lors de la rŽunion du 7 janvier 2009 avec comme mot dÕordre Ç taper fort sur ceux qui rŽsistent È ce qui explique le manque de soutien ˆ toute les luttes engagŽes en bas, tout comme les assemblŽes de militants comme celle de l'auto qui demandent de l'action sans aucun Žcho de leur fŽdŽration.

LA CGT RESTERA-T-ELLE UNE ORGANISATION FIDELE AUX OBJECTIFS DE CLASSE DEFINIE A SA NAISSANCE EN 1895 OU VA-T-ELLE DEVENIR UN OUTIL AU SERVICE DE LA REFONDATION DU CAPITALISME ? L'ENJEU EST LA.

 

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Militant n¡16 est paru.

28 pages – 1 Û Extrait du sommaire : Capitalisme : la crise finale ? Et le pouvoir dÕachat, M. Fillon ? Les prix 13 % plus ŽlevŽs en Ile de France quÕen province. Un locataire averti en vaut deux ! Triste bilan dÕHortefeux. Aprs le 29 janvier : la crise cÕest eux, la solution cÕest nous. Dans lÕAllier : alerte rouge pour les salariŽs. A nouveau : o va le PS ? Militant et le PS : Žchange polŽmique avec un membre du Parti de Gauche. Laisser sa place ˆ la jeunesse (interview de Nasser Lajili, conseiller municipal ˆ Gennevilliers). Contre la mise ˆ mort des collectivitŽs locales. Appel aux artistes qui veulent penser hors du systme. Houellebecq, lÕŽcrivain de la gauche qui vote ˆ droite. Etats Unis : congrs de LaborÕs Militant Voice. Abonnement : 10 Û par chque ˆ lÕordre dÕAPE – Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris

 

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