Lettre de liaison NĦ 57 du 19 avril 2009.
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)


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Sommaire :

      Tous dans la rue pour un 1Ħ mai historique.

      Tract de Militant : 3000 licenciements par jour. ASSEZ !

      Leons de Caterpillar ...

      Des vertus de la patience dans le dŽbat.

      Documents :

- RŽunion-dŽbat du collectif Travail et dŽmocratie, samedi 2 mai, maison des MŽtallos.

- Coup de force contre l'union locale CGT de Douai.

- CommuniquŽ de l'UD CGT du Nord.

- Texte reu sur la rŽforme du lycŽe et des programmes de mathŽmatiques.

      Lectures :

      "L'Žlitisme rŽpublicain" de C.Baudelot et R.Establet, par J.F. Chalot.

      "Les deux ‰mes du socialisme" ŽditŽ et surtout commentŽ en franais, par V.PrŽsumey.

      Message des animateurs du journal Militant au Collectif de solidaritŽ Sidi A•t Baamrane.

      Militant nĦ 16 est paru.

 

TOUS DANS LA RUE POUR UN PREMIER MAI HISTORIQUE

A Paris, rejoignez le cortge Ç Militant È

Ailleurs : arborez lĠautocollant Ç Militant È

disponible pour 5 Û les 10 - chques ˆ lĠordre de Militant 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris

Tract tŽlŽchargeable sur http://www.le-militant.org/

 

 

  

 

3000 licenciements par jour. ASSEZ !

 

LĠurgence, cĠest :

- LĠinterdiction des licenciements dans les entreprises.

- LĠarrt des suppressions de postes dans les services publics.

Bien entendu ce ne sont pas Sarkozy, son gouvernement et son rŽgime qui feront a, ils sont lˆ pour servir les capitalistes.

Mais le monde du travail et la population ont la capacitŽ de se grouper et de les affronter.

Nous lĠavons montrŽ :

le 29 janvier, le 19 mars, par les mouvements des lycŽens en dŽcembre et du monde universitaire depuis, par le mouvement du peuple guadeloupŽen, par les nombreuses grves et actes de rŽsistance dans les entreprises victimes de Ç plans sociaux È cĠest-ˆ-dire de licenciements.

Seulement, bo”te par bo”te, tout ce que lĠon peut faire mme en sŽquestrant les patrons ou leurs reprŽsentants, cĠest limiter les dŽg‰ts !

Il faut donc y aller TOUS ENSEMBLE et concentrer la lutte CONTRE CEUX QUI DECIDENT.

Militant est un regroupement de travailleurs de toutes nationalitŽs, ouvriers, mres de famille, travailleurs sans-papiers, et militants agissant dans les partis de gauche, PS, PCF ou PG, les syndicats et les associations, pour construire ensemble une alternative politique qui ne pourra venir que de lĠorganisation des travailleurs eux-mmes.

CĠest pour cela que nous proposons une manifestation nationale ˆ lĠElysŽe.

Manifestation nationale contre Sarkozy, pour lĠinterdiction des licenciements dans les entreprises.

Que les grves locales, que les marches et manifestations pour lĠemploi, pour lĠŽducation, la santŽ, les libertŽs, le logement, que toutes les actions engagŽes, convergent dans un mouvement dĠensemble centrŽ contre le pouvoir : cĠest la voie du dŽbouchŽ.

Ce 1Ħ mai est unitaire et cĠest important. Faisons de cette journŽe internationale de lutte des travailleurs pour la rŽduction du temps de travail et pour leur Žmancipation, le point de dŽpart du rassemblement pour en dŽcoudre avec Sarkozy et son gouvernement patronal, le point de dŽpart du combat pour une manifestation centrale ˆ lĠElysŽe, unissant les victimes des licenciements, les jeunes, les salariŽs actifs, ch™meurs et retraitŽs, la population.

* * * *


 

 

Leons de Caterpillar ...

 

Contre les licenciements et la RGPP, les limites du "boite par boite", du "ville par ville" et du "bassin par bassin" sont vite atteintes. Que peut faire une section syndicale mme forte toute seule devant un plan de licenciement, que l'on appelle "plan de sauvegarde de l'emploi" ! ? Elle nŽgocie le dŽpart des plus vieux en premier et le montant des primes, point barre. Les actions dures des ouvriers et des employŽs qui ont lieu ˆ ces occasions sont logiques. Mais leur duretŽ montre une volontŽ autre, la recherche d'une issue, et l'issue, c'est tous ensemble et pas autrement.

Caterpillar ˆ Grenoble, entre autres, montre bien cette situation. Les ouvriers en ont assez et ils doutent y compris de leur intersyndicale qui est en train de nŽgocier la manire dont ils vont tre licenciŽs. C'est pour cela qu'ils ont empchŽ leurs dŽlŽguŽs de participer ˆ une rŽunion du CE qui s'annonait comme un simulacre. Les dŽlŽguŽs se sont alignŽs sur les ouvriers. Alors quand les travailleurs commencent ˆ essayer de surmonter par l'action le boite par boite dans lequel il ne veulent pas se laisser enfermŽs, surviennent police et justice. Des ouvriers de Caterpillar sont accusŽs d' "entrave ˆ la libertŽ du travail". Entrave ˆ la libertŽ du travail ! Alors que ce sont eux que l'on veut licencier !

Voila ce systme, le systme capitaliste, ce rŽgime, le rŽgime de la VĦ RŽpublique, ce pouvoir, celui de Sarkozy et de son gouvernement, dans leur plus pure expression :

- un plan de licenciement s'appelle un "plan de sauvegarde de l'emploi",

- des ouvriers qui se dŽfendent et dŽfendent l'emploi de tous contre les licencieurs se livrent ˆ des "entraves ˆ la libertŽ du travail".

Il va falloir sortir des usines, des bureaux, des chantiers, des lycŽes, des facs et des quartiers et se concentrer tous ensemble contre ce pouvoir, contre le capital. C'est cela le contenu du tous ensemble : unitŽ contre Sarkozy et les patrons. C'est en se dŽfendant qu'un corps social entre en rŽvolution, et pas autrement.

 

Des vertus de la patience dans le dŽbat ...

 

Un destinataire a rŽagi, disons, sommairement, ˆ l'envoi de notre texte "pouvoir d'achat". Nous reproduisons ci-dessous cet Žchange car sa rŽaction est un grand classique chez  bien des militants : prendre pour une initiative d' "agence concurrente" ce qui ne vient pas de son petit chez lui. Faisons tous un effort pour n'avoir pas de concurrent, mais une seule classe, la classe ouvrire ...

 

DEFENDONS NOTRE POUVOIR DĠACHAT
Mrs Sarkozy et Fillon aident les banquiers et les patrons et veulent imposer le travail le dimanche et la retraite ˆ 70 ans au moment o les licenciements et le ch™mage partiel explosent.
Nous disons NON et nous exigeons des mesures urgentes pour le pouvoir dĠachat :

      blocage des prix de lĠalimentation !

      blocage des prix du carburant et des transports !

      blocage des loyers !

      SMIC ˆ 1 500 Û net tout de suite !

      indexation des salaires sur les prix 

      augmentation de 500 Û de tous les minima sociaux

 

 

Le 16/04/09 17:53, Ç guillou alain È a Žcrit :

RASSEMBLONS NOUS AVEC LE FRONT DE GAUCHE OU ALORS AVOUONS NOTRE DESIR MASOCHISTE DE DISPERSION "crŽative de diversitŽs impuissantes" !

RAS LE BOL DES AGENCES CONCURRENTES POUR VIEUX ESPRITS EN MAL D'EXISTENCE TARDIVE !

Notre rŽponse :

Cher ami,

Je suis un peu surpris par votre mail et je crois nŽcessaire dĠapporter quelques prŽcisions. En premier lieu ce nĠest pas une bonne idŽe dĠadopter un ton dŽsobligeant sans se renseigner ni dĠinsulter les gens sans les conna”tre. La gauche a besoin dĠunitŽ effectivement et ce nĠest pas avec ce genre de ton quĠon y contribue.

Ceci Žtant dit jĠen viens aux prŽcisions. Nous ne sommes pas du tout hostiles au Front de Gauche et plusieurs rŽdacteurs de notre bulletin Militant en sont membre, soit au titre du PCF soit au titre du Parti de Gauche. En tout Žtat de cause notre rŽdaction est composŽe de camarades dont certains sont dans le mouvement ouvrier depuis la grve Renault de 1947 : ils ne sont pas Òen mal dĠexistence tardiveÓ et en tout Žtat de cause notre bulletin existe depuis 2003, soit bien avant que nĠŽmerge le Front de Gauche.

Quant ˆ notre propos il nĠest pas, vous lĠavez maintenant compris, dĠtre en ÒconcurrenceÓ avec tel ou tel mais dĠagir au sein du monde du travail et par consŽquent de ses organisations pour faire avancer la cause de la rupture avec les institutions et du dŽpassement du capitalisme. Pour ce faire nous avons, entre autres, initiŽ cette pŽtition qui synthŽtise les principales revendications ˆ mettre en avant selon nous pour la dŽfense du pouvoir dĠachat. Si nous lĠavons fait, cĠest parce que personne dĠautre nĠavait pris dĠinitiative, bien que le projet de loi dŽposŽ ultŽrieurement par Jean Luc MŽlenchon et notre ami Marc Dolez aille en partie dans le mme sens.

Comme vous pouvez le constater, notre appel nĠest pas une initiative de division puisquĠil rassemble des signataires dĠorigines diverses, tant politiques que syndicales. CĠest donc un levier pour lĠunitŽ, un levier pour le rassemblement autour des revendications essentielles ˆ mettre en avant dans la pŽriode. Bonne chance donc au Front de Gauche pour les Žlections europŽennes, mais dĠici lˆ continuons ˆ agir pour lĠunitŽ dĠaction autour des exigences de lĠheure.

Cordialement
Raymond Debord

* * * *

Documents.

 

Samedi 2 mai 2009

toute la journŽe ˆ la

Maison des mŽtallos

94, rue Jean–Pierre Timbaud - 75011 Paris

MĦ Couronnes, Parmentier - Bus 96

http://www.maisondesmetallos.org

 

 

Depuis une trentaine dĠannŽes, le ch™mage, lĠemploi et la montŽe de la prŽcaritŽ occupent presque exclusivement les salariŽs, les organisations syndicales et les comitŽs dĠentreprisesÉ Cependant, de nombreux ergonomes, chercheurs et chercheuses nĠont jamais abandonnŽ la volontŽ de mettre le travail au cÏur de leur activitŽ. Par ailleurs, depuis les annŽes 90, les organisations de ch™meurs ont reposŽ avec force, mais trop confidentiellement, une question politique, anthropologique mme : pourquoi travailler ? Dans quelles conditions le faire ? Pour quelle finalitŽ ?

La pression inou•e ˆ lĠaugmentation exclusive et sans limite des profits et de la productivitŽ, a creusŽ un fossŽ gigantesque entre ce que nous vivons au travail et la parole publique sur le travail.

La multiplication des suicides sur les lieux de travail a rŽsonnŽ comme un coup de tonnerre : en 2008, en France comme un peu partout en Europe, on peut mourir au travail, on peut mourir de son travail, on peut mourir de ne pas avoir de travailÉ

Paradoxe absolu de cette rŽalitŽ humaine : sans travail on a lĠimpression de ne plus exister, au travail on peut se sentir niŽ, insultŽ, rabaissŽ, ŽpuisŽÉ Le travail nous construit et peut nous dŽtruire ! Paradoxe dont les cyniques en tous genres jouent avec virtuositŽ pour faire accepter quelques heures plut™t que rien, pour imposer une organisation du travail qui rend fou ˆ coups dĠinjonctions contradictoires. Se cumulent ainsi la pauvretŽ ET lĠexploitation, la soumission ET lĠexclusion.

Mais aujourdĠhui, Ç le roi est nu È : lĠabsurditŽ dĠune organisation du monde dictŽe par la recherche effrŽnŽe de richesses pour une minoritŽ appara”t en toute clartŽ. NĠest-il pas temps de poser publiquement quelques questions fondamentales ? Nous ne voulons plus perdre notre vie ˆ la gagner, nous voulons que notre travail soit utile, et non destructeur de la plante et des sociŽtŽs. Nous voulons que le travail reprenne sa place, toute sa place, mais seulement sa place. Sans travail nous sommes exclus de lĠŽchange : Žchange des compŽtences, des intelligences, de lĠaction. Mais nous ne voulons plus que le travail prenne toute notre vie, que la richesse que nous produisons nous soit de plus en plus volŽe et disparaisse en fumŽe. Nous voulons reprendre la main, dŽcider ensemble de ce qui est bon pour chacun de nous et pour les autresÉ Nous voulons que de nouveau, le travail et sa transformation soit une question politique. Pourquoi laisser au vestiaire les principes dŽmocratiques au motif que lĠentreprise serait un lieu Ç privŽ È ? Derrire la question du travail, il y a des enjeux dŽmocratiques fondamentaux, particulirement ˆ notre Žpoque dĠultra compŽtitivitŽ : lĠenjeu dĠtre citoyen ˆ part entire et non un quelconque Ç sous citoyen È ou Ç sous travailleur È ; mais aussi lĠenjeu de lĠexercice du pouvoir ˆ lĠintŽrieur des entreprises.

AujourdĠhui, 90% des actifs sont des salariŽs, un salariat porteur de protections gr‰ce ˆ des dŽcennies de luttes, mais un salariat qui reste un lien de subordinationÉ DĠautres horizons ne sont-ils pas ˆ redessiner ? LĠautogestion, le secteur de lĠŽconomie sociale et solidaire, le fonctionnement des coopŽratives, les spŽcificitŽs des services publics, nous disent que la bataille nĠest pas perdue pour tous ceux qui font de leur lieu et de leurs conditions de travail des enjeux dŽmocratiques au quotidien. CĠest ˆ partir de ces quelques questions quĠun groupe de syndicalistes, dĠergonomes, de consultants, dĠenseignants, de militants de lĠinsertion, dĠŽlus, dĠartistes, dĠassociatifs, travaille en ële-de-France depuis un an et demi.

LĠenjeu pour nous peut se dŽfinir ainsi : comment rendre lisible et visible ce que les mille et une rŽalitŽs du Ç travail È nous racontent de notre sociŽtŽ, de ses vrais besoins, de ses faux manques, de lĠentretien des toxicomanies, du mal-vivre, de la culpabilitŽ, de la peur constante de Ç ne pas tre au niveau È ? Comment mieux relier les expertises citoyennes, comment transmettre et additionner les savoirs sur ce sujet ? Comment faire force en face de gŽants financiers qui semblaient hier inŽbranlables et qui aujourdĠhui, recourent aux contribuables avec des SOS aussi pathŽtiques quĠindŽfendables ?

Nous avons besoin dĠespaces o tŽmoigner, Žchanger, dŽbattre du travail afin que les individus, salariŽs ou non, puissent reprendre la main sur leur travail. Des espaces ˆ rŽinventer au sein des lieux de travail ou en dehors. Notre souhait est de stimuler, ˆ travers une large dynamique, des ŽlŽments de rŽponse Žmanant des diverses composantes du monde du travail et de la sociŽtŽ tout entire. Nous nous adressons ˆ tous ceux et toutes celles qui veulent remŽdier au dŽficit de dŽmocratie dans le travail et remettre le travail au cÏur de la dŽmocratie ; toutes celles et tous ceux qui dŽploient une activitŽ salariŽe ou non, les organisations syndicales, associations, collectifs, institutions, les acteurs de la vie Žconomique, sociale et culturelle, les collectivitŽs locales, universitŽs et laboratoires de recherche, mobilisŽs et concernŽs par ces questions.

Nous envisageons ensemble une sŽrie dĠinitiatives dans un esprit multidisciplinaire :

- interventions artistiques spŽcifiques, rŽcolte de tŽmoignages, mobilisation de rŽseaux,

- repŽrage dĠinitiatives en cours ou toute autre forme de mobilisation sur la question du travail.

Rejoignons-nous pour Ïuvrer ˆ la convergence et la multiplication de ces initiatives !

Il y a urgence !

Le collectif Travail & DŽmocratie (contact : travail-democratie@lesperipheriques.org )

* * * *

 

Coup de force contre l'Union Locale CGT de Douai. Vendredi 17 avril.

CommuniquŽ par le site "O va la CGT ?", http://ouvalacgt.over-blog.com /

La lutte ne faiblit pas contre le syndicalisme de classe dans le Nord comme ailleurs. A peine Jacques Leclerc enterrŽ, poussŽ au bout de ses forces par les menaces et pressions des dirigeants rŽformistes qu'il gnait, l'UD du Nord s'est empressŽe de monter une "contre UL", profitant du vide et du dŽsarroi crŽŽs par la disparition de notre camarade.

Pourtant, l'UL de Douai existe bel et bien, elle a mme tenu son Congrs en octobre dernier, aprs dŽcision de justice qui a reconnu la validitŽ de cet ŽvŽnement contre les tentatives de l'UD et de la ConfŽdŽration pour l'en empcher, regroupant 102 congressistes reprŽsentants 71 syndicats, le tout devant huissier.

La nouvelle UL fantoche, montŽe par la confŽdŽration s'est constituŽe en prŽsence de Michel Doneddu, secrŽtaire confŽdŽral et de multiples responsables fŽdŽraux, comme pour valider par l'intimidation ce coup d'Žtat, car c'est bien de cela qu'il s'agit.

L'UD du Nord, pilotŽe par le fameux Detrez, n'a pas tra”nŽ ˆ publier l'information sur son site. On y apprend que seule l'UL fantoche sera reconnue par la ConfŽdŽration (sur quelles bases ?), que ce pseudo congrs a rŽuni 35 syndicats, alors qu'il y en a 120 dans le Douaisis, et que mme les bugs de Cogetise en reconnaissent officiellement au moins 65...

L'enjeu : c'est la remise au pas des syndicalistes de classe, l'Žlimination de ceux qui sortent des rails et affichent ouvertement leur orientation de classe, leur affrontement avec l'orientation CFDTisante de la direction confŽdŽrale.. Dans la confŽdŽration, l'opposition n'est tolŽrŽe que silencieuse et dans les couloirs. Sinon, c'est censure, intimidations, menaces, exclusion...

Voilˆ notre problme : les opposants se cachent, pour "s'opposer" discrtement, sans monter au crŽneau. RŽsultat, les rares qui osent l'ouvrir en prennent plein la tte ! Si la moitiŽ des camarades qui tiennent des discours guerriers dans les couloirs osaient affronter ouvertement le rŽformisme syndical, ils ne pourraient Žvidemment plus agir de la sorte, et seraient obligŽs de tenir compte d'un rapport de forces vivant et solide.

Que va-t-il se passer maintenant dans le Douaisis ? Que vont faire les camarades, les syndicats qui ont soutenu fidlement l'orientation de classe de l'UL ?
Il ne faut pas cŽder au dŽcouragement, il ne faut pas se replier sur la bo”te, abandonner le combat !

Camarades du Nord, vous n'tes pas seuls, rassemblez-vous autour de l'Union Locale, renforcez vos rangs, dŽveloppez l'activitŽ syndicale de classe, continuez le travail collectif construit avec Jacques Leclerc ! Partout, dans toutes les fŽdŽrations, dans toutes les UD, les syndicalistes de classe sont sous la pression, mais rŽsistent, pas ˆ pas !

Vive le syndicalisme de classe !
Non ˆ une CGT CFDTisŽe !

 

Voici, sur le mme sujet, le communiquŽ de l'UD CGT du Nord. Celle-ci prend donc la responsabilitŽ de crŽer une deuxime union locale ˆ Douai contre l'ancienne union.

48 syndicats regroupant 89 sections syndicales reprŽsentant 2244 adhŽrents de l'arrondissement Žtaient convoquŽs.

35 syndicats Žtaient prŽsents ˆ l'ouverture du congrs soit 106 mandatŽs qui Žtaient porteurs de 1760 voix sur les 1938 voix disponibles. (90,82 %)

Ce congrs se tenait en prŽsence de Michel Doneddu, SecrŽtaire de la CGT, de Philippe Detrez, SecrŽtaire GŽnŽral de l'Union DŽpartementale des syndicats CGT du Nord, des reprŽsentants nationaux des FŽdŽrations de la MŽtallurgie, de la SantŽ Action Sociale, des Transports, du Verre et de la CŽramique, des Cheminots, des Services Publics.

A l'issue des dŽbats, plusieurs votes ont eu lieu, quelques syndicats n'ont pas participŽ aux votes.

Les statuts ont ŽtŽ adoptŽs ˆ l'unanimitŽ des prŽsents par 1180 voix.

Les axes revendicatifs par 1034 voix.

Une Commission ExŽcutive de 20 membres a ŽtŽ Žlue ainsi qu'une Commission Financire et de Contr™le de 3 membres (liste jointe).

Cette Commission ExŽcutive a Žlu un bureau exŽcutif composŽ de Bruno Adamo (St Gobain SŽkurit), Lefebvre Christelle (Territoriaux d'Aniche), JŽr™me Martin (TUB), Louis TŽnoglia (FAPT – Poste) et Yves Quignon (EDF GDF Douai) SecrŽtaire GŽnŽral de l'Union Locale.

En conclusion du congrs Michel Doneddu a pris acte au nom de la Direction ConfŽdŽrale des dŽcisions des syndicats CGT du Douaisis prises ˆ l'occasion de ce congrs.
Il a notamment insistŽ sur le fait que dorŽnavant la seule et unique organisation territoriale sur le Douaisis est celle issue dans ses statuts, dans sa direction, de ce congrs.

Yves Quignon a quant ˆ lui rappelŽ l'Žtat d'esprit qui a prŽsidŽ ˆ l'organisation et au dŽroulement de ce congrs : rassembler toutes les forces de la CGT du Douaisis pour rŽpondre avec efficacitŽ aux besoins et attentes des salariŽs actifs, retraitŽs et privŽs d'emploi de l'arrondissement.

Il a conclu par un appel ˆ une participation massive des salariŽs et de la population ˆ la manifestation unitaire du 1er mai ˆ 10 heures Place Carnot ˆ Douai (CGT, CFDT, FO, CGC, FSU)

Douai le 16 Avril 2009

****

Nous avons reu le message suivant, que nous reproduisons pour son intŽrt :

Bonjour

Je suis enseignant et je vous sais intŽressŽ par les grands bouleversements qui touchent cette institution rŽpublicaine qu'est l'ECOLE.

Je suis personnellement scandalisŽ par la faon brutale et sournoise pour faire passer les "rŽformes". C'est la raison pour laquelle j'essaie de faire mon devoir de simple citoyen: INFORMER !

L'ECOLE PUBLIQUE MENACEE

Tout est cohŽrent dans la redŽfinition de l'Education Nationale en France aujourd'hui.

1) Le 8 avril 2009 le prŽsident de la rŽpublique,

accompagnŽ du ministre Xavier Darcos et du mŽdiateur Richard Descoings, a visitŽ un lycŽe de la banlieue parisienne. A cette occasion il a rŽaffirmŽ sa ferme volontŽ de maintenir la rŽforme du lycŽe et la rŽforme de la formation des enseignants.

a) La rŽforme du lycŽe doit s'accompagner d'une plus grande collaboration avec le monde de l'entreprise. L'objectif fondamental de la transmission des savoirs passe de fait au second plan.

b) A propos de la formation des enseignants sa volontŽ est de "privilŽgier la qualitŽ ˆ la quantitŽ". Cela signifie que les professeurs sont trop nombreux aujourd'hui et que leur pitre formation ne leur permet pas d'assurer correctement leurs missions. Cette provocation gratuite est insupportable de la part de l'homme garant des institutions rŽpublicaines et de l'intŽrt gŽnŽral. Ce discours est semblable ˆ celui tenu aux enseignants-chercheurs lors de la prŽsentation des vÏux le 12 janvier ˆ l'ƒlysŽe. Cette posture inquiŽtante traduit le profond mŽpris du prŽsident ˆ l'Žgard de cette profession. Il est absolument certain que la suppression massive des postes va se poursuivre pour atteindre les 90 000 prŽvus en 2012.

2) Il est curieux de constater la co•ncidence des propos du chef de l'Žtat

avec la publication par le ministre de l'Žducation nationale du classement des "meilleurs" lycŽes.

Pour le dŽpartement des Alpes maritimes, les deux lycŽes publics les mieux classŽs en fonction du taux de rŽussite au bac sont largement distancŽs par deux Žtablissements privŽs sous contrat qui affichent eux 100% de rŽussite au bac.

L'Žcho dans la presse nationale et dans la presse rŽgionale va donc permettre ˆ la communication prŽsidentielle de s'installer durablement dans les esprits.

3) Les nouveaux programmes de maths en classe de seconde pour la rentrŽe prochaine.

Voici en prime un autre outil pour changer en profondeur et durablement l'Žcole publique, je veux parler des programmes et des savoirs dispensŽs. C'est loin d'tre innocent, jugez par vous mme.

Je vous propose deux parties pour analyser cet outil:

A) Mes rŽflexions

B) Un texte d'Alain Champseix. Professeur.

A) Mes rŽflexions

Les nouveaux programmes de maths en seconde pour la rentrŽe prochaine, sont proposŽs comme si la rŽforme du lycŽe n'avait pas ŽtŽ suspendue par le ministre de l'Žducation nationale. Cette nouvelle faon d'agir, sournoise, malhonnte mais terriblement efficace montre quel degrŽ de mŽpris le ministre manifeste ˆ l'Žgard de la mission dont il a la charge. Pour apaiser les tensions, on communique au plus haut niveau de l'Žtat, en disant que la rŽforme du lycŽe est suspendue. Mais en cachette, sans que le grand public le sache, on installe le cadre nŽcessaire afin que "la rŽforme " devienne incontournable. C'est du grand art !

Abaisser la qualitŽ de l'enseignement public, supprimer massivement des postes, rŽduire les heures de cours, supprimer des enseignements et des options, toucher ˆ l'indŽpendance des enseignants en s'attaquant ˆ leur formation et ˆ leur statut, tout cela semble relever d'un plan mis au point avec beaucoup d' attention. La fonction essentielle de cette entreprise semble tre la paupŽrisation de l'Žcole publique afin de promouvoir la rentabilitŽ d'un enseignement privŽ de qualitŽ. D'ailleurs, voilˆ quelques annŽes l'OCDE prŽcisait que l'Žducation prŽsentait un chiffre d'affaire de plusieurs milliers de milliards de dollars par an, cela peut aiguiser des appŽtits ! ! !

Sans vouloir prŽjuger des intentions gouvernementales ˆ propos de la RŽforme GŽnŽrale des Politiques Publiques ( RGPP), il est curieux d'observer que la rŽduction massive du nombre de fonctionnaires de l'Žtat, que la suppression non moins massive de services publics, s'accompagnent de DŽlŽgations de Services Publics (DSP) ˆ des entreprises privŽes.

J'ai cru bon vous alerter sur cette dŽrive dŽmocratique. En effet ce qui est massivement rejetŽ par les enseignants, les Žlves, la population, entre ˆ nouveau par la petite porte.

Merci de votre attention et de votre comprŽhension. Si toutefois vous ne souhaitez plus recevoir de messages de ma part, je vous serais trs obligŽ de bien vouloir m'en informer.

. Cordialement. Lucien Pons. Professeur de MathŽmatiques.

B) Un texte d'Alain Champseix (Professeur Education Nationale)

Objet : mathŽmatiques et philosophie

Chers collgues,

la rŽforme du lycŽe est reportŽe, dit-on. Pourtant, parce qu'il fallait sĠadapter aux parcours prŽvus par celle-ci, des programmes de seconde sont modifiŽs ds la rentrŽe 2009. CĠest par exemple le cas pour les mathŽmatiques. Des collgues de cette discipline ont Žcrit une lettre qui, en peu de mots et avec limpiditŽ, dit tout de ce quĠon peut en penser. Je vous la communique.

LETTRE DES COLLEGUES DE MATHEMATIQUES.

Mesdames et Messieurs les inspecteurs pŽdagogiques rŽgionaux Monsieur Jacques Moisan, doyen de lĠinspection gŽnŽrale de mathŽmatiques s/c du chef dĠŽtablissement

"Mesdames, Messieurs,

Nous avons pris connaissance de manire fortuite – et trs tardive - des nouveaux programmes de mathŽmatiques prŽvus pour la classe de seconde. Nous sommes extrmement dŽus, voire choquŽs, par lĠesprit et le contenu de ces textes qui constituent une rŽgression sans prŽcŽdent dans lĠhistoire de lĠŽvolution des programmes.

Nous constatons la suppression quasi-totale de la gŽomŽtrie – notamment vectorielle - alors mme quĠelle est la matire la plus adaptŽe ˆ faire dŽvelopper des raisonnements logiques aux Žlves.

Nous dŽplorons lĠintroduction massive de statistiques, discipline rŽpŽtitive qui Žveille peu l'intŽrt des Žlves les plus curieux.

Nous contestons le fait que les mathŽmatiques soient considŽrŽes comme une science Ç expŽrimentale È, ce quĠelles ne sont pas, et destinŽes ˆ enseigner lĠutilisation de quelques logiciels de bureautique (ceux de gŽomŽtrie dynamique seront dŽsormais inutiles) dont lĠintŽrt mathŽmatique nĠest quĠ anecdotique.

Nous regrettons que toute ambition ait ŽtŽ abandonnŽe dans le calcul algŽbrique, base indispensable pour notre discipline.

Nous affirmons que la diffŽrenciation des thmes dĠŽtudes – dont la complication logique Žtonne Žtant donnŽ le dŽsormais faible niveau dĠun enfant arrivant en seconde – induit une rupture de fait de lĠŽgalitŽ de traitement des Žlves sur tout le territoire.

Nous sommes convaincus que ces nouveaux programmes ne permettront pas aux Žlves de suivre une voie scientifique par la suite, faute de formation initiale sŽrieuse et de prise en compte de lĠapport essentiel des mathŽmatiques dans de nombreuses autres disciplines.

Enfin, nous sommes profondŽment inquiets pour lĠavenir de nos enfants et de nos Žlves, auxquels ce texte minimaliste ne propose quĠune vague culture gŽnŽrale mathŽmatique, en lieu et place dĠune ma”trise raisonnŽe des outils scientifiques et logiques, nŽcessaires ˆ tout futur citoyen.

Au moment o M. le ministre Xavier Darcos souhaite conditionner le passage des concours de lĠenseignement ˆ lĠobtention dĠun master universitaire, nous considŽrons comme une vŽritable incohŽrence, voire une provocation, la publication de ces nouveaux programmes, dont la simplicitŽ ne nŽcessite pas les connaissances dĠenseignants aussi dipl™mŽs.

Parce que nous aimons les mathŽmatiques, parce que nous respectons nos Žlves et nourrissons pour eux de lĠambition, parce que nous sommes conscients de leurs difficultŽs croissantes et que nous pensons que cette rŽforme les aggravera, nous sommes dŽterminŽs ˆ lutter contre lĠapplication de ce programme, par tous les moyens envisageables, et notamment en mobilisant les parents dĠŽlves, concernŽs au premier chef.

Veuillez agrŽer, mesdames, messieurs, lĠexpression de nos sentiments distinguŽs."

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LA PHILOSOPHIE

QuĠen sera-t-il de la philosophie ? On imagine mal quĠelle pourra Žchapper ˆ une telle Ç rŽvolution culturelle È si tout suit son cours.

Le discours de cl™ture du doyen de lĠinspection gŽnŽrale, Franois Perret, ˆ lĠissue du Ç colloque È des 24 et 25 mars, nous apprend que lĠInspection gŽnŽrale de philosophie sĠapprte ˆ publier un rapport sur la situation de lĠenseignement philosophique en France. Il en a lu la conclusion – passŽe sous silence pendant les deux jours ! Il y est expliquŽ, en substance, que lĠenseignement de cette discipline a su trouver son rŽgime propre aprs les balbutiements du 19me sicle et quĠil est par consŽquent apte ˆ passer dĠun enseignement Žlitiste ˆ un enseignement de masse, en Žtant notamment introduit ds la classe de premire. Passons sur le fait quĠun enseignement diluŽ sur deux ans risque fort dĠtre tout sauf un enseignement mais remarquons surtout quĠune telle perspective serait particulirement appropriŽe ˆ la perspective dĠun systme scolaire modulaire et Ç semestrialisŽ È. LĠexemple des mathŽmatiques montre bien quĠune redŽfinition des programmes, dans un Žtat dĠesprit bien prŽcis, est alors inŽvitable. Il faut bien aussi se rendre ˆ lĠŽvidence : au moment o lĠon privilŽgie lĠacquisition des compŽtences – il y aura des classes expŽrimentales en seconde lĠannŽe prochaine ˆ lĠinstar de ce qui se produit dŽjˆ en collge – une telle refonte gŽnŽrale suppose une nouvelle conception (si jĠose dire) de lĠŽvaluation en cours dĠannŽe et au niveau de lĠexamen terminal, si jamais il est maintenu.

Cordialement,

Alain Champseix.

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"L'Žlitisme rŽpublicain"  de Christian Baudelot et de Roger Establet,  l'Žcole franaise ˆ l'Žpreve des comparaisons internationales,  Editions du Seuil,  118 pages  10,50 Û

Des progrs mais doit mieux faire!

Les deux auteurs, sociologues, poursuivent leurs travaux communs commencŽs il y a quarante ans.

La premire page ne m'invite pas ˆ poursuivre la lecture quand ils rendent un hommage ˆ Claude ThŽlot pour "sa pratique exemplaire de la recherche publique"...Je n'oublie pas le socle de base appauvri pour tous les Žlves !....Ceci Žtant dit, la suite du livre est une contribution au dŽbat sur l'Žcole qui mŽrite le dŽtour, notamment parce qu'il s'appuie sur des Žtudes comparŽes fiables et des statistiques.

Ce livre part des enqutes rŽalisŽes par le PISA (Programme international pour le suivi des acquis des Žlves) pour examiner le plus minutieusement possible les difficultŽs du systme Žducatif franais.

Les deux auteurs commencent ˆ montrer ˆ partir de sources diffŽrentes que l'observation qu'ils avaient effectuŽe en 1989 se confirme: le niveau monte mais les Žcarts se creusent É

Il n'y a pas une Žcole qui hier rŽussissait et une autre aujourd'hui qui conduit ˆ l'Žchec É Pour Žtayer leur thse, les deux auteurs prennent en compte une Žtude de l'INSEE pour dŽclarer qu'en lecture, "seulement 7% des personnes de 18 ˆ 29 ans Žprouvent des difficultŽs graves ou importantes contre 22% des 60-65 ans"....

Il s'agit ni de nier l'existence de l'illettrisme, ni d'idŽaliser un ‰ge d'or !

Les deux sociologues expliquent qu'il faut Žlever le niveau de la masse pour Žlever du mme coup celui des Žlves de tous les niveaux...

Si j'adhre ˆ leurs propos quand ils s'en prennent aux classes de niveaux et aux ghettos scolaires, je trouve qu'ils sont gure convaincants quand ils font le procs des redoublements....

Des enfants ne ma”trisant pas la lecture ne profitent pas d'un passage forcŽ en CE1 et si les redoublements n'ont pas les effets escomptŽs c'est essentiellement parce qu'aucun soutien digne de ce nom n'est mis en place en France.

La conclusion qui est tirŽe est sans appel :

"....aucune amŽlioration ne pourra tre durablement apportŽe tant que les ministres auront pour seule boussole une logique comptable de diminution des dŽpenses publiques, tant qu'ils laisseront le systme se rŽguler de lui-mme par la suppression de la carte scolaire, ce qui revient ˆ accentuer encore les clivages ethniques et sociaux."

Si la France a pu se rŽjouir de possŽder la meilleure Žcole du monde, les performances des Žlves comparŽes ˆ celles des autres pays riches et dŽveloppŽs la place ˆ un rang peu enviable.

Cet ouvrage montre que la responsabilitŽ d'un Žchec relatif n'incombe pas aux enseignants mais aux politiques scolaires qui se sont succŽdŽ....

Place ˆ la rŽflexion, au dŽbat et ˆ l'action !

Jean-Franois CHALOT.

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"Les deux ‰mes du socialisme" de Hal Draper, ŽditŽ et surtout commentŽ en franais.

Paris, Syllepses, 2008.

Hal Draper fut un militant nord-amŽricain, socialiste, rŽvolutionnaire et trotskyste, dirigeant de l'organisation de jeunesse du Socialist Workers Party en 1938, en rupture, comme prŽs de la moitiŽ de son organisation, avec LŽon Trotsky en 1940 sur la question du soutien inconditionnel ˆ l'URSS dans les guerres de Pologne, des pays baltes et de Finlande que prŽconisait "le Vieux". Hal Draper fut par la suite un dirigeant du Workers Party puis de l'Independent Socialist League, et refusa de suivre son principal animateur, Max Shachtman, lorsque celui-ci ˆ partir de la fin des annŽes 1950 estima que le "monde libre" de Washington mŽritait un soutien ... inconditionnel, contre le "totalitarisme" russe, chinois, cubain ou vietnamien.

Hal Draper, bibliothŽcaire ˆ l'universitŽ de Berkeley et dŽjˆ ‰gŽ (il a 50 ans en 1964), n'en fut pas moins la figure tutŽlaire du trs important Free Speech Movement, reconnu depuis comme le point de dŽpart de la "radicalisation internationale de la jeunesse" des annŽes 1960. Il a rŽdigŽ un grand nombre de petits essais et de pamphlets disponibles en anglais sur http://marxists.org/archive/draper/index.htm ou sur http://csh.gn.apc.org/ , qu'anime Ernest Haberkern, ainsi qu'une grande Ïuvre sur la thŽorie de la rŽvolution chez Marx. Depuis une quinzaine d'annŽe ces textes partiellement traduits circulent en France, dans des sphres trop rŽduites ... dont nous sommes : l'ancienne Lettre de Liaisons et certainement aussi l'actuel journal Militant et la prŽsente lettre doivent beaucoup dans leurs rŽflexions et leurs mŽthodes aux essais de Hal Draper sur les micro-sectes, auxquels il oppose la mŽthode du journal organisateur, centre politique proposant ouvertement une orientation aux militants des divers courants du mouvement ouvrier, telle l'Iskra de LŽnine (voir le texte Parti rŽvolutionnaire et centre politique sur http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/nosdocs.htm  et la Lettre de Liaisons du 5 dŽcembre 2002, nĦ51).

L'existence mme de quelqu'un comme Draper Žtait une remise en cause de l'orthodoxie des trois majors de la petite industrie trotskyste franaise, LO, l'ex-LCR et l'ex-OCI, qui tous dans leurs histoires standards et expurgŽes de leur propre mouvement et de leurs origines ne pouvaient faire une place ˆ un tel parcours. Cela explique peut-tre en partie cette longue ignorance. Malheureusement, ce livre des Žditions Syllepses n'y mettra pas fin. Expliquons-nous.

Les deux ‰mes du socialisme est un texte de type pamphlŽtaire, paru dans Anvil en 1960, repris et dŽveloppŽ dans New Politics en 1966, dŽjˆ traduit en franais par plusieurs groupes -les groupes suisses A l'Encontre et SolidaritŽS, l'ancien groupe franais SPEB ("Socialisme Par En Bas"). Comme tel, c'est un brulot qui dŽnonce le socialisme par en haut des utopistes, des pondeurs de projets, de la plupart des rŽformistes et de beaucoup de rŽvolutionnaires. Dans les tenants du socialisme autoritaire, Draper range les pres fondateurs de l'anarchisme que sont censŽs tre Proudhon et Bakounine. Il leur oppose ple-mle Thomas MŸnzer, Rosa Luxembourg, Eugene Debs le socialiste amŽricain, le grand Žcrivain anglais  William Morris (autre inconnu en France parce que trs peu traduit). Il ne parle pas de LŽnine et de Trotsky, mais ce qu'il dit par ailleurs de LŽnine surtout classe ce dernier parmi les meilleurs artisans du socialisme par en bas, au moins tant qu'il n'Žtait pas au pouvoir. Tout lecteur ŽclairŽ formŽ dans le mouvement ouvrier franais dŽcouvrira un monde nouveau chez Draper, comprendra que s'il croyait jusque lˆ tout savoir ce n'Žtait pas le cas, et saura enfin qu'il ne sait pas et qu'il reste ˆ apprendre, de l'histoire comme de la pratique. Draper est salutaire. Comme toute bonne pilule, il faut le consommer ˆ sec, Žventuellement avec un goutte de gn™le, mais sans dŽlayant, sans excipient, sans prŽalable, en toute libertŽ de pensŽe.

C'est exactement le contraire que nous avons ici. Un bref rŽcit de la vie de Draper aurait suffi, mais non : il fallait nous mettre en garde, nous dire comment lire Draper, ce qu'on doit en penser. Nous avons affaire ˆ une Ždition analogue ˆ ces jŽsuites et ces dominicains qui ne laissaient les fidles toucher ˆ l'Evangile que moyennant moults avertissements et mises en gardes. Pour 86 pages de Draper, et encore bardŽes de notes parfois approximatives, vous avez droit en prime ˆ 106 pages de prŽface, postfaces et mises en garde contre ce grand malpoli de Draper, que le lecteur franais n'a dŽcidŽment pas le droit de conna”tre en toute libertŽ.

Il y a trois sortes de commentaires. Quelques rŽflexions intŽressantes, par exemple dans la contribution de Murray Smith, auraient amplement suffi ˆ nous aider ˆ rŽflŽchir par nous-mmes, point barre. Mais il y a ensuite les hors sujet, convoquŽs pour faire du remplissage et qui parlent de tout sauf de Draper. Ainsi, Michael Albert, qui estime reprŽsenter une "troisime ‰me" du socialisme, qui pense avoir dŽcouvert le truc susceptible de marcher qu'il a appelŽ "Žconomie participaliste", a l'infini amabilitŽ de bien vouloir nous faire part de son prŽcieux savoir : on ne saurait le lui reprocher si les Žditeurs ont jugŽ bon de blinder Draper, adversaire avec Marx des recettes pour la cuisine de l'avenir, au moyen de ses idŽes. Ainsi la fŽministe Diane Lamoureux, dans des rŽflexions au demeurant intŽressantes, et honntes puisque elle ne nous parle pas de Draper ; mais sa prŽsence s'explique pour les Žditeurs par la nŽcessitŽ de mettre en valeur les limites du mŽchant Draper : il n'avait pas compris le fŽminisme, voyez-vous donc ! Le plus remarquable ici est que c'est faux, et que le prŽfacier Jean Batout tout en soulignant cette grave carence dans Les deux ‰mes du socialisme qui ont oubliŽ de parler du fŽminisme, nous informe que dans des articles qui ont suivi Draper a fait une trs large place au fŽminisme dans le mouvement ouvrier du XIXĦ sicle et au dŽbut du XXĦ(*) . La troisime sorte de commentaires comporte ceux qui soulignent quand mme que ce Draper avait bien des limites, son petit essai ayant l'immense dŽfaut de ne pas avoir parlŽ de tout : coupable, bien sžr, d'avoir ŽtŽ mŽchant avec les libertaires (ce Draper "manque de corps", explique Alain Birh ! ...), coupable, prŽcisent les notes, d'avoir qualifiŽ de suivistes du stalinisme les intellectuels amŽricains Dobb, Baran et Sweezy -ce qui est au demeurant parfaitement exact. Etc.

Bref, ce corpus, cet assortiment, ce bouclier anti-missile, ces anticorps disposŽs en batterie autour du gentil et touchant petit pamphlet du grand intellectuel rŽvolutionnaire Hal Draper, nous en apprennent plus sur une intelligentsia d'extrme-gauche altermondialiste contemporaine que sur Draper (les officiants sont : Jean Batou, Michael Albert, Alain Bihr, Diane Lamoureux, Catherine Samary, Murray Smith). Mais a, on conna”t dŽjˆ. J'ai gardŽ pour la fin le dŽtail qui tue : les rŽfŽrences ˆ Marx et Engels dans les notes rajoutŽes en bas de pages se rapportent presque toutes ˆ "Îuvres choisies, Moscou, ƒditions du Progrs, 1976", alors qu'on a quand mme d'autres Žditions que celles-ci ! Mais il y a comme un symbole involontaire en cette invocation infra-paginale de "Moscou", comme si Draper en franais avait mŽritŽ un exorcisme supplŽmentaire ... et comme s'il fallait nous signifier de quoi tous ces exorcismes sont le nom ...

Bon, c'est bien gentil tout a, mais il nous reste ˆ traduire Draper.

VP, le 19/04/09.

* Voir Hal Draper et Anne G. Lipow : Marxist Women versus Bourgeois Feminism (1976) http://marxists.org/archive/draper/1976/women/women.html  

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Message des animateurs du journal Militant au Collectif de solidaritŽ Sidi A•t Baamrane ˆ l'occasion de la libŽration le 17 avril de Brahim Barra, qui a failli dŽcŽder en prison suite aux mauvaises conditions de dŽtention et ˆ sa grve de la faim :

Nous, militants en France qui animons et diffusons le journal Militant, la Lettre de liaison de Militant et le site http://www.le-militant.org/, saluons la libŽration du camarade Brahim Barra et lui disons, ˆ lui et aux siens, salut et fraternitŽ.

Nous avons relayŽ vos appels ˆ la mesure de nos modestes moyens et sommes intervenus dans nos partis, syndicats et associations pour la solidaritŽ avec la population et les travailleurs de Sidi Ifni. Pour nous, il ne s'agit pas que de solidaritŽ avec d'autres opprimŽs et d'autres exploitŽs, il s'agit d'un mme combat des deux c™tŽs de la MŽditerranŽe, contre le capitalisme et les rŽgimes politiques qui le dŽfendent partout.

FŽlicitation et soutien au Collectif de SolidaritŽ Sidi Ifni A•t Baamrane. Le combat continue.

France, le 16 avril 2009.

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Militant nĦ16 est paru !

 

28 pages – 1 Û Extrait du sommaire : Capitalisme : la crise finale ? Et le pouvoir dĠachat, M. Fillon ? Les prix 13 % plus ŽlevŽs en Ile de France quĠen province. Un locataire averti en vaut deux ! Triste bilan dĠHortefeux. Aprs le 29 janvier : la crise cĠest eux, la solution cĠest nous. Dans lĠAllier : alerte rouge pour les salariŽs. A nouveau : o va le PS ? Militant et le PS : Žchange polŽmique avec un membre du Parti de Gauche. Laisser sa place ˆ la jeunesse (interview de Nasser Lajili, conseiller municipal ˆ Gennevilliers). Contre la mise ˆ mort des collectivitŽs locales. Appel aux artistes qui veulent penser hors du systme. Houellebecq, lĠŽcrivain de la gauche qui vote ˆ droite. Etats Unis : congrs de LaborĠs Militant Voice. Abonnement : 10 Û par chque ˆ lĠordre dĠAPE – Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris

 

 

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Adressez un chque de 20 Û ˆ lĠordre dĠAPE ˆ : Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris.