Lettre de liaison

NĦ 59 du dimanche 26 avril.

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)



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Edito : Militant le 1Ħ mai.

Nous informons ! (prŽsentation des articles de cette lettre).

Le tract de l'union locale CGT de Brignoles.

Les revendications de l'intersyndicale de Haute-Loire pour le 1Ħ mai.

La position de l'UD FO de la Sarthe.

Interview par Chien CrŽole du dirigeant de la CGT de Guadeloupe.

L'appel de militants et d'Žlus, impulsŽ notamment par le POI, ˆ une confŽrence pour l'unitŽ pour l'interdiction des licenciements.

DŽclaration d'Olivier Besancenot pour une "marche nationale" pour l'interdiction des licenciements.

Initiative du NPA de l'Eure.

Un texte de Jean-Paul Legrand, maire-adjoint PCF de Creil.

Discussion consŽcutive ˆ l'article de Raymond Debord dans la lettre de liaison de Militant du 5 avril (Raymond Debord, Jean Baumgarten, Georges Gastaud, Robert Duguet ...).

L'Offensive Socialiste, tendance du MJS, pour des Žlections anticipŽes en France !

Le comitŽ de rŽdaction de la lettre de liaison de Militant ˆ l'attention de la rŽdaction de A l'Encontre.

3000 licenciements par jour, ASSEZ ! Manifestation nationale contre Sarkozy.

PARIS/REGION PARISIENNE : 1er MAI
13h30 TOUS A DENFERT ROCHEREAU
Avec MILITANT


Rendez vous angle Boulevard Raspail et avenue Denfert Rochereau.

1Ħ Mai 2009 : Militant donne rendez-vous ˆ tous ˆ Denfert Rochereau ˆ 13h 30 pour manifester ensemble pour l'interdiction des licenciements, le droit au logement, la rŽgularisation des sans-papiers et le pouvoir d'achat, contre Sarkozy, pour manifester tous ensemble de toute la France dans l'unitŽ contre Sarkozy et les patrons.

Dans les dŽfilŽs des diverses villes et localitŽs, Militant appelle chacun ˆ reproduire et diffuser notre tract, disponible sur http://www.le-militant.org/.

La distribution du tract est prŽvue ˆ Montluon et Moulins, o sera organisŽe une rencontre publique la semaine suivante. Sur le bassin de Vichy les salariŽs de l'usine Frulact (prŽparation de fruits pour yaourt) ˆ Saint-Yorre et ceux de l'usine Wavin (tuyaux et raccords en PVC) ˆ Varennes, confrontŽs aux plans de licenciements, ont rencontrŽ ˆ l'initiative de l'intersyndicale les partis de gauche jeudi 23 et se sont prononcŽs pour que le mot-d'ordre du 1Ħmai soit l'interdiction des licenciements.

A Brignolles dans le Var l'Union locale CGT dont nous reproduisons le tract ci-dessous appelle, avec la FSU, sur ses revendications syndicales, ˆ une manifestation du 1Ħmai pour la premire fois depuis 20 ans.

Tous ont de plus en plus leur mot ˆ dire sur la suite ˆ donner ˆ ce 1Ħ mai. Bernard Thibault a pour l'instant ŽvoquŽ les journŽes d'action europŽennes de la CES (ConfŽdŽration EuropŽenne des Syndicats) des 15-16 mai. Mais la question c'est : ARRETER LE MASSACRE, STOP AUX 3000 LICENCIEMENTS QUI TOMBENT TOUS LES JOURS, INTERDICTION DES LICENCIEMENTS. La question d'une manifestation nationale appuyŽe par une grve gŽnŽrale est envisagŽe et discutŽe, et dans cette direction des manifestations des travailleurs licenciŽs et de tous les secteurs avec eux en direction des prŽfectures. On parle de "durcissement", de "radicalisation" : en effet, cette semaine, une Žtape a ŽtŽ franchie avec Caterpillar ˆ Grenoble et Continental ˆ Clairoix. Les premiers ont montrŽ leur refus du "plan de sauvegarde de l'emploi" nŽgociŽ dans le cadre de l'isolement boite par boite, les seconds ont montrŽ en s'attaquant ˆ la sous-prŽfecture qu'ils savent o est l'adversaire, l'Žtat-major des licencieurs. Ne serait-ce pas la responsabilitŽ des organisations syndicales d'organiser ce rassemblement, cette concentration tous ensemble contre le pouvoir ? Ne va-t'il pas falloir l'imposer ? N'est-ce pas cela, l'unitŽ, celle que le LKP incarne en Guadeloupe ?

Les militants savent que ce n'est pas le 1Ħmai qui fera cŽder Sarkozy et les patrons, de mme qu'ils savent que les faire cŽder est une question politique qui pose la question d'un pouvoir politique autre. Mais ils en assureront le succŽs, pas pour le "dialogue social", pas pour la "refondation du capitalisme", pas pour la gŽnŽralisation du ch™mage partiel, pas pour les nŽgociations boite par boite le couteau sous la gorge, mais pour le vrai Tous ensemble, tous en grve, tous en manifestation nationale contre Sarkozy !

Nous informons !

Ci-dessous sont reproduits plusieurs documents sur le 1Ħ mai.

Les revendications de l'intersyndicale de Haute-Loire (CGT-CFDT-CFTC-FSU-Solidaires-UNSA) et le tract de l'union locale CGT de Brignoles (Var) sont des exemples des revendications des sections locales et dŽpartementales, que l'on ne retrouve pas dans les textes nationaux dits de l'"intersyndicale des 8" (ni la hausse des salaires, ni l'arrt des licenciements ! ).

Nous reproduisons Žgalement la position de l'UD FO de la Sarthe qui, ˆ l'instar de FO en Haute-Loire ou en Loire-Atlantique, ne participe pas aux manifestations communes ce 1Ħ mai au motif que ce n'est pas cela qui fera bouger les choses et qu'il faut prŽparer une vraie grve gŽnŽrale et mme, au fond que cela va affaiblir la mobilisation. Position respectable, qui recoupe les prŽoccupations des militants de tous les syndicats : mais n'est-ce pas justement en Žtant prŽsents tous ensemble, et en imposant le dŽbat, la dŽmocratie ouvrire, l'expression des points de vue, contre l'unanimisme que veulent imposer les partisans du "dialogue social" qui ne sauraient qu'tre infiniment minoritaires dans tout cortge ouvrier digne de ce nom, qu'on prŽparera rŽellement le tous ensemble nŽcessaire ? Pour nous, l'unitŽ le 1Ħ mai n'est en effet pas un gadget, mais bien une nŽcessitŽ pour la classe ouvrire !

Nous complŽtons ces informations syndicales par l'interview du dirigeant de la CGT de la Guadeloupe, Jean-Marie Nomertin, sur le site de Chien CrŽole -un beau document (http://chien-creole.blogspot.com/2009/02/libere.html).

Sur les mobilisations ouvrires, les organisations politiques ont non seulement le droit, mais le devoir de s'exprimer. On voit poindre a et lˆ des invocations parfaitement hypocrites et dŽplacŽes de l' "indŽpendance syndicale" qui relvent en rŽalitŽ de la manipulation politique. A l'unisson de M.Fillon qui aprŽs l'attaque de la sous-prŽfecture de Compigne par les salariŽs de Continental, a prŽsentŽ ceux-ci comme une minoritŽ radicale passible de la prison, Le Figaro dans un article remarquŽ du 23 avril sur les sŽquestrations de patrons attribuŽes ˆ "la main de l'extrme-gauche" (quelle rigolade ! ) annonce que la direction confŽdŽrale de la CGT a- selon lui- commis un permanent ˆ la surveillance du "NPA" dans la confŽdŽration. La bourgeoisie montre par lˆ ce qu'elle estime avoir ˆ attendre des dirigeants syndicaux, alors qu'en Guadeloupe Elie Domota et Jean-Marie Nomertin, eux, n'ont pas rŽpondu ˆ cette attente ...

Donc, nous reproduisons 3 textes de "politiques" se prononant sur l'organisation des mouvements actuels : 1Ħ) l'appel d'Žlus et de militants, impulsŽ notamment par le Parti Ouvrier IndŽpendant ˆ une confŽrence nationale pour l'interdiction des licenciements les 15 et 16 mai, 2Ħ) la dŽpche AFP informant d'une dŽclaration d'Olivier Besancenot, devant l'usine Molex, en faveur d'une marche nationale pour l'interdiction des licenciements, 3Ħ) une initiative du NPA de l'Eure sur ce mme sujet, en annexe de laquelle est reproduit l'appel d'une assemblŽe tenue le 29 janvier au Havre (voir lettre de liaison de Militant nĦ 49 du 17 fŽvrier dernier).

La contribution de Jean-Paul Legrand, maire-adjoint PCF de Creil, ville qui se situe non loin de Clairoix et Compigne aujourd'hui marquŽs par la bataille de Continental, a une portŽe plus gŽnŽrale et nous semble tre un document important qui demande ˆ tre connu et discutŽ. C'est le regroupement et la rŽflexion communes de militants qui nous permettront, ensemble, de nous organiser pour aider notre classe ˆ s'organiser elle-mme.

Nous reproduisons ensuite un dŽbat en cours, qui s'est dŽclenchŽ "tout seul" par mails suite ˆ la publication d'une contribution de Raymond Debord dans la lettre de liaison de Militant du 5 avril dernier (nĦ55), que le "club d'action et de rŽflexion" "Socialisme Maintenant ! " animŽ notamment par Robert Duguet a diffusŽ sur son site (http://www.socialisme-maintenant.org/). C'est lˆ une discussion qui va continuer trŽs prochainement, nous y comptons bien.

Si comme il le faut, puisque c'est 3000 licenciements par jour sans interruption ou a, une manifestation nationale monstre de travailleurs en grve et de toute la jeunesse dŽfait Sarkozy, quel dŽbouchŽ politique ? HŽ bien un article de nos camarades de l'Offensive Socialiste (http://offensivesocialiste.wordpress.com/), tendance du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), dans leur bulletin UnitŽ nĦ 21, d'avril 2009, aborde de front cette question en revendiquant des Žlections anticipŽes lŽgislatives et prŽsidentielles, s'inspirant peut-tre de ce qui vient de se passer en Islande (cet article n'Žtant pas signŽ engage sans doute l'Žquipe de l'OS, ce qui lui donne d'autant plus de portŽe). Engageons le dŽbat sur ce sujet vital, car en effet, au rythme de 3000 licenciements par jour, pas question d'attendre 2012 !

Enfin, les camarades qui animent l'excellent site A l'Encontre (http://www.alencontre.org/) en Suisse romande ont reproduit l'article sur Caterpillar et Continental paru dans la prŽcŽdente lettre, mais avec des petites diffŽrences au sujet desquelles nous leur avons Žcrit : nous reproduisons cette lettre.

Le tract de l'union locale CGT de Brignoles.

LA CRISE CĠEST EUX, LA SOLUTION CĠEST NOUS

Depuis le mois de dŽcembre, face ˆ la crise, lĠunitŽ syndicale se construit partout.  29 janvier : 2.5 millions de manifestants 19 mars : 3 millions de manifestants Le 1er mai soyons encore plus nombreux et plus forts.  Le 1er mai 2009 est inŽdit, pour la premire  fois, il rassemblera  partout dans les rues ˆ lĠappel des  huit organisations syndicales.

En manifestant massivement ˆ Brignoles contribuons  ˆ faire de cette journŽe un Žvnement exceptionnel.

Les capitalistes fauteurs de crise doivent payer.  Pas les travailleurs, pas la population.

60 % des franais veulent des suites au 19 mars car le pouvoir et le patronat rŽpondent ˆ leur colre par le mŽpris.

La crise touche tout le monde car en plus des salariŽs victimes des plans sociaux suite aux fermetures et aux dŽlocalisations dĠentreprises, il y a toutes celles et ceux, de plus en plus nombreux, concernŽs par les pertes dĠemploi, la prŽcaritŽ, les expulsions, le harclement au travail. Les associations caritatives nĠarrivent plus ˆ faire face ˆ la demande de repas, dĠhŽbergements devant lĠaugmentation des personnes survivant en dessous du seuil de pauvretŽ.

Les fonctionnaires dont on voudrait nous faire croire quĠils sont trop nombreux et un poids pour la sociŽtŽ alors que nous avons besoin de plus de moyens financiers et humains pour les Žcoles, les h™pitaux, les transports, la poste pour de vŽritables services publics de qualitŽ au service du public.

Les retraitŽs qui ont perdu 20 % de leur pouvoir dĠachat en 10 ans, qui nĠont pas les moyens de se loger dignement, dĠaccŽder aux maisons de retraite.

Les jeunes qui revendiquent pour gagner leur autonomie, obtenir un logement, sortir de la prŽcaritŽ pour pouvoir construire un avenir et une famille.

Pour toutes et tous, femmes et hommes, cadres, ouvriers ou employŽs le fond du porte-monnaie se rŽduit comme peau de chagrin. Pour toutes et tous, la prioritŽ cĠest lĠarrt des licenciements, lĠaugmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux.

Les salariŽs de BRIGNOLES et des villages du grand Centre Var le savent bien : pas un jour ne se passe sans licenciement. Sans fermeture dĠentreprise et plan sociaux.  De plus en plus nombreux les travailleuses et travailleurs qui sombrent dans la dŽpression pour des salaires impayŽs, des harclements orchestrŽs par des patrons sans scrupule pour les pousser ˆ la dŽmission o ˆ la faute.

Nous disons a suffit !

La CGT PROPOSE :

EMPLOI : Arrt des licenciements CrŽation dĠemplois stables qualifiŽs et reconnus.

SALAIRES : Augmentation des salaires sur la base dĠun SMIC ˆ 1600 euros bruts.

RETRAITES : A 60 ans ˆ taux plein. Sur la base de 75 % du salaire antŽrieur. Indexation des retraites sur les salaires.

PROTECTION SOCIALE et SANTE :   Droit aux soins pour toutes et tous, Retrait de la HPST (loi sur les soins et lĠhospitalisation) RŽforme du financement pour rŽpondre aux besoins.

SERVICES PUBLICS :  Des services publics de qualitŽ De proximitŽ pour favoriser le dŽveloppement industriel,  la cohŽsion socialeÉ.

La meilleure faon de donner, ds ˆ prŽsent, toute la puissance nŽcessaire aux luttes et aux manifestations, est de sĠorganiser tout de suite en se syndiquant et en crŽant le syndicat CGT dont on a besoin.

 Contact : UL - CGT –  Bourse du Travail - Place du Portail Neuf  - 83170 BRIGNOLES TŽl : 04 94 69 31 18 Fax : 04 94 69 11 86 94 51 Courriel : ulbrignoles@cgt.fr.

Les revendications de l'intersyndicale de Haute-Loire pour le 1Ħ mai.

Pour lĠemploi : arrt des licenciements.

Halte au ch™mage. Nous demandons lĠarrt des licenciements Žconomiques avec un contr™le plus strict des autoritŽs publiques et lĠinterdiction des dŽlocalisations.

L'emploi pour toutes et tous doit tre garanti !

Le ch™mage partiel doit permettre aux salariŽ(e)s de conserver leur contrat de travail, avec une indemnisation maintenue ˆ 100 % et accompagnŽ dĠun plan de formation professionnelle. Dans la fonction publique, ce sont plus de 30 000 suppressions dĠemplois prŽvues en 2009 et 20 000 dans la santŽ. La santŽ est un bien pour toutes et tous, elle doit tre maintenue. Nous demandons le maintien de tous ces postes et lĠarrt des privatisations.

Plus de pouvoir dĠachat et augmentation des salaires.

Augmenter les salaires, les retraites, les minimas sociaux, cĠest relancer lĠŽconomie. 200 Û pour toutes et tous, cĠest une revendication lŽgitime face ˆ la baisse constante du pouvoir dĠachat.

1er mai - Manifestation et prise de parole DŽpart : 10h30 place Cadelade au Puy.

La position de l'UD FO de la Sarthe.

L'union dŽpartementale Force ouvrire ne participera pas au traditionnel dŽfilŽ du 1er mai, considŽrant que Ç cette journŽe d'action ne rŽpond pas ˆ l'attente de ses militants et plus largement des salariŽs. Au contraire, aprs le succs du 19 mars, cette nouvelle journŽe risque d'affaiblir le nŽcessaire rapport de force qui pourrait faire plier le gouvernement et le patronat È.Au niveau national, le syndicat avait proposŽ le 30 mars dernier un appel ˆ une grve franche interprofessionnelle, mais la proposition n'a pas ŽtŽ retenue. Les militants sarthois estiment Ç qu'un appel ˆ une troisime journŽe protestataire, sans grve, ne permettra pas d'imposer le rapport de force nŽcessaire pour obtenir, entre autres, le gel immŽdiat de tous les licenciements, le paiement ˆ 100 % du ch™mage partiel, l'augmentation des salaires comme moyen pour une vŽritable relance de l'Žconomie, le rŽtablissement des 30 000 postes supprimŽs dans la fonction publique È.

Interview du dirigeant de la CGT de la Guadeloupe.

Chien CrŽole : Jean-Marie, tu as lu le dernier article de Chien CrŽole sur le lien qui pourrait exister entre le meurtre de Jacques Bino et l'affaire Lautric(1). Qu'est-ce que a t'inspire ?

Jean-Marie Nomertin : Ds le dŽpart, j'ai dit qu'il y avait des zones d'ombre autour du meurtre de Jacques Bino. Les ŽlŽments que tu rŽvles dans ton article sur l'affaire Lautric nous poussent ˆ nous poser des questions sur la vŽracitŽ des faits tels qu'on nous les a prŽsentŽs et sur leur dŽroulement. Depuis le dŽbut, on demande une commission indŽpendante pour diligenter l'enqute.

CC : Quels ŽlŽments selon toi pourraient garantir l'indŽpendance de cette commission ?

JMN : Il faudrait que ce soit des personnes assermentŽes bien sžr, venant d'ailleurs que de la Guadeloupe, des enquteurs reconnus pour leur honntetŽ.

CC : Tu as des doutes concernant l'honntetŽ avec laquelle l'enqute est actuellement menŽe ?

JMN : L'enqute est en cours, je ne peux donc pas clairement me prononcer, mais oui beaucoup de choses me paraissent troubles, notamment l'arrestation de Ruddy Alexis ˆ qui on reproche d'avoir tuŽ Jacques. Sur la forme aussi, il y a des choses qui me paraissent Žtranges.

CC : Comme ?

JMN : Par exemple, le jour o Ruddy Alexis a ŽtŽ prŽsentŽ devant le procureur au Tribunal de Grande Instance de Pointe-ˆ-Pitre. On lui a fait parcourir ˆ dŽcouvert plusieurs dizaines de mtres ˆ pieds, aprs avoir annoncŽ dans les mŽdias qu'on avait arrtŽ le prŽsumŽ coupable de la mort de Jacques Bino. Il me semble que normalement tout individu accusŽ de faits aussi graves bŽnŽficie d'un minimum de protection : son visage est dissimulŽ, il porte un gilet pare-balles, etc.

CC : Tu penses qu'on a pu dŽlibŽrŽment chercher ˆ provoquer un geste de vengeance chez les sympathisants du LKP ?

JMN : Je dis juste que je me pose des questions sur la faon dont les choses ont ŽtŽ faites.

CC : Jacques Bino Žtait ˆ la CGTG. Sur le plan syndical, qu'est-ce que tu peux nous dire de lui ?

JMN : C'Žtait quelqu'un de rŽservŽ, simple, modeste. Il Žtait trs affable. Sur le plan syndical, il Žtait trs sŽrieux, toujours prŽsent et ponctuel aux rendez-vous. Il ne manquait pas une rŽunion, en particulier celles ayant ˆ voir avec le LKP.

CC : Est-ce que tu dirais qu'il Žtait trs engagŽ ?

JMN : il Žtait rŽvoltŽ par les injustices qu'il constatait aux imp™ts o il travaillait. Il me parlait souvent des facilitŽs pour payer toujours moins accordŽes ˆ ceux qui ont les moyens alors que les autres sont chaque fois plus pressurŽs jusqu'ˆ dans certains cas se retrouver menacŽs d'expulsion.

CC : Je change de sujet, en tant que CGTG, quelle a ŽtŽ votre spŽcificitŽ dans le combat menŽ au sein du LKP ?

JMN : Nous sommes la deuxime organisation syndicale de Guadeloupe, derrire l'UGTG(2) .Mme si toutes les associations, les partis, prŽsents au sein du LKP ont jouŽ un r™le important et ont contribuŽ au succs que nous avons connu, le mouvement reposait tout de mme essentiellement sur les centrales syndicales. Nous avons eu le souci premier de faire triompher les revendications sociales et politiques prŽsentes dans la plateforme de revendication et de nous y tenir.

CC : Comment rŽagis-tu quand tu entends Bernard Thibault, le dirigeant national de la CGT, rŽpŽter que la Guadeloupe et l'hexagone, a n'a rien ˆ voir et qu'on ne peut pas transposer en mŽtropole ce qui s'est passŽ en Guadeloupe ?

JMN : C'est vrai qu'ici, il y a deux aspects : l'exploitation capitaliste d'abord, le colonialisme ensuite. Mais rien que sur le premier point, avec tous les licenciements, le mŽpris affichŽs ˆ l'Žgard des travailleurs, je pense qu'il y a largement matire, en France, ˆ un mouvement social du mme type que celui qu'on a menŽ ici, mais il faut pour a, que les chevilles ouvrires que sont les centrales syndicales harmonisent le mouvement. En Guadeloupe, par exemple, nous avons pris l'habitude depuis des annŽes, de faire des dŽfilŽs unitaires pour le 1er mai. Est-ce que les centrales syndicales en mŽtropoles en sont lˆ, en ont-elles envie ? Je souhaite que la classe ouvrire internationale suive nos pas, qu'on arrte de faire des journŽes de vingt-quatre heures de grve qui dŽmoralisent plus qu'autre chose...

CC : Comment expliques-tu justement qu'ici les centrales syndicales aient rŽussi ˆ faire le pas, ˆ s'entendre entre elles et ˆ lancer un mouvement aussi ambitieux et que a paraisse si difficile lˆ-bas ?

JMN : Nous sommes des appareils, c'est vrai, mais ici nous sommes surtout sur le terrain. ‚a peut aider !

CC : Dans une prŽcŽdente interview ˆ Chien CrŽole, Elie Domota expliquait que, dans le cadre d'une rŽunion de suivi, le 15 avril serait l'occasion de faire le point avec le prŽfet sur un certain nombre de demandes formulŽes par le LKP auprs de l'Etat, en particulier les avancŽes sur la revalorisation des minimas sociaux. Vous avez finalement dŽcidŽ de ne pas y aller. Pourquoi ?

JMN : Nous n'y sommes pas allŽs parce qu'il y avait une confusion dŽlibŽrŽment entretenue entre cette rŽunion et les Žtats gŽnŽraux auxquels nous ne souhaitons pas tre associŽs. Ces Žtats gŽnŽraux sont l'illustration de l'art du gouvernement et de la classe dominante pour donner au peuple l'illusion qu'il sert ˆ quelque chose. Les 44 jours de grve ont rŽvŽlŽ un pouvoir chancelant avec des Žpisodes comme la fuite du secrŽtaire d'Etat, par exemple. Nous ne comptons pas participer ˆ des Žtats gŽnŽraux qui n'ont d'autre objectif que de redorer le blason de ceux qui se sont dŽcrŽdibilisŽs. Qu'on ne compte pas sur nous pour lŽgitimer un tel dispositif.

CC : Pour le LKP, ces Žtats gŽnŽraux sont donc purement et simplement illŽgitimes ?

JMN : Les GuadeloupŽens ne les ont jamais demandŽs, c'est Nicolas Sarkozy qui les a voulus. Ce que nous voulons c'est que l'Etat et ses partenaires rŽsolvent dŽjˆ les questions qui intŽressent les GuadeloupŽens, concernant la rŽsolution des conflits en cours ; qu'il revienne sur l'extension amputŽe de l'accord Bino, qu'on trouve des solutions pour les contrats aidŽs, les marins-pcheurs, les retraitŽs, les handicapŽs. Qu'on avance rŽellement sur la question de l'emploi, des terres agricoles, de la promotion des GuadeloupŽens aux postes de responsabilitŽ, etc. Et puis ˆ quoi bon des Žtats gŽnŽraux si, contrairement ˆ ses prŽdŽcesseurs, Sarkozy a dŽclarŽ ici pendant sa campagne Žlectorale avoir Ç un programme sur mesure pour l'Outre-mer È(3) ?!

CC : Les attaques sur votre dŽcision de ne pas participer aux Žtats gŽnŽraux se multiplient. Comment analyses-tu cette virulence?

JMN : Madame Alliot-Marie a dŽclarŽ que le peuple allait nous juger. Elle oublie visiblement que le peuple est derrire le LKP. Nous faisons ce que nous avons ˆ faire. Il n'y a pas si longtemps on nous traitait de tontons macoutes, de terroristes, de demeurŽs, Lurel(4) disait de nous avant la grve gŽnŽrale, que nous n'Žtions pas capable d'aligner dix personnes dans la rue, que c'est pour a qu'on avait recours aux groupes carnavalesques ! On nous a rŽpŽtŽ que nous n'avions pas la lŽgitimitŽ des urnes. Et aprs nous avoir vilipendŽ publiquement comme a, nous avoir montrŽ du doigt, les mmes nous jugent incontournables ?! Encore une fois, nous n'avons aucun intŽrt ˆ lŽgitimer ce qui n'est rien d'autre qu'un coup politique de Sarkozy et de son gouvernement.

CC : Une dernire question, ˆ tes yeux, quel est le plus grand acquis de la grve gŽnŽrale ?

JMN : Il y en a beaucoup mais ce qu'il y a peut-tre de plus prŽcieux, c'est l'espoir et la confiance retrouvŽs au sein de la classe ouvrire ; le sentiment qu'on peut faire avancer les choses.

Interview rŽalisŽe par FRŽdŽric Gircour (trikess2002@yahoo.fr)

(1) Lire L'affaire Lautric, une affaire gnante pour le pouvoir, billet antŽrieur ˆ celui-ci sur Chien CrŽole
(2) L'UGTG (Union GŽnŽrale des Travailleurs de Guadeloupe) est le syndicat indŽpendantiste de Guadeloupe, dirigŽ par Elie Domota, qui a trs largement remportŽ les dernires Žlections prud'hommales en Guadeloupe.
(3) Discours prononcŽ en 2007 au Morne Vergain aux Abymes.
(4) Victorin Lurel, prŽsident PS de la RŽgion Guadeloupe.

L'appel de militants et d'Žlus, impulsŽ notamment par le POI, ˆ une confŽrence pour l'unitŽ pour l'interdiction des licenciements.

Le 7 dŽcembre 2008, ˆ Limeil-Brevannes, une confŽrence de dŽlŽguŽs pour lĠunitŽ, rŽunie ˆ lĠinitiative du POI, lanait un appel ˆ lĠunitŽ des partis et organisations politiques se rŽclamant du mouvement ouvrier, pour lĠorganisation dĠune marche unie pour lĠinterdiction des licenciements.

Depuis cette confŽrence, le rythme des licenciements annoncŽs ne fait que sĠaccŽlŽrer. Pas un jour ne passe sans que lĠon nĠapprenne de nouvelles fermetures dĠusines, de nouveaux plans de restructuration. 170 000 ch™meurs supplŽmentaires pour les deux premiers mois de lĠannŽe. Tandis que 428 milliards dĠeuros sont accordŽs pour renflouer les spŽculateurs qui continuent ˆ spŽculer et licencier !

Depuis cette confŽrence, aussi, plus de 40 000 travailleurs, jeunes et militants de toutes tendances se sont prononcŽs en faveur de lĠorganisation de cette marche unie. Dans tout le pays, travailleurs, militants, Žlus de toutes tendances politiques du mouvement ouvrier et dŽmocratique constituent des comitŽs dĠorganisation de la marche unie.

Au sein mme des partis, la nŽcessitŽ de lĠinterdiction des licenciements fait son chemin. Des propositions de lois sont discutŽes. Il y a urgence. Urgence ˆ tisser le solide rŽseau des travailleurs, jeunes et militants de toutes tendances qui, ˆ travers les comitŽs, sĠengagent dans lĠindispensable construction de lĠunitŽ.
Nous, Žlus, militants et travailleurs appartenant ˆ tous les courants du mouvement ouvrier et dŽmocratique, qui avons pris la parole le 29 mars ˆ la tribune du rassemblement pour lĠunitŽ convoquŽ ˆ Marseille, proposons la tenue, le 16 mai prochains, dĠune deuxime confŽrence nationale de dŽlŽguŽs pour lĠunitŽ, pour lĠorganisation dĠune marche unie pour lĠinterdiction des licenciements.

Ahmed ABDELLAOUI, syndicaliste LINPAC ; Jean GUIGUE, syndicaliste postier ; Magali RABERAIN, syndicaliste ; Jean-Franois MATTƒI, syndicaliste territorial ; Marcel GRAZIANI syndicaliste docker ; Lydia FRENTZEL, militante communiste ; Richard MARTIN directeur du thމtre Toursky ; Michle QUENEHEN, syndicaliste assurances ; Philippe AMAT, Žtudiant, militant de lĠAJR ; VŽronique MAZZA, syndicaliste SŽcuritŽ sociale ; Damien KUSTER, syndicaliste SNCF , RenŽ SALE, syndicaliste hospitalier ; Jean-Jacques KARMAN, membre de la Direction nationale du PCF ; Daniel GLUCKSTEIN, SecrŽtaire national du POI ; GŽrard SCHIVARDI, SecrŽtaire national du POI ; Laurence DELEUZE, membre du BN du POI, Claude JENET, SecrŽtaire national du POI ; Warda AIT FATNA, Žtudiante, militante de lĠAJR (groupe Avignon) ;

SĠassocient ˆ cet appel :

JosŽ ESCANEZ, Conseiller gŽnŽral MRC des Alpes de Haute-Provence, Guy CHAPOULIE, Conseiller municipal Parti de gauche Tarascon, Enna DUFOUR conseillre municipale Parti de gauche ( Tarascon) ,Alain PAGLIANO enseignant , Parti de gauche (Bouches du Rh™ne), AndrŽ TOMASO responsable Parti de gauche de la 16 circonscription ( 13) ,

DŽclaration d'Olivier Besancenot.

Olivier Besancenot appelle ˆ une Çmarche nationaleÈ pour l'interdiction des licenciements.

Le porte-parole du NPA Žtait venu soutenir jeudi les employŽs de Molex qui manifestaient contre la fermeture annoncŽe de leur entreprise.

Olivier Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste) a appelŽ jeudi, devant les employŽs de la sociŽtŽ Molex Automotive SARL, ˆ Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), ˆ Çune marche nationale sur Paris, en mai, de tous les salariŽs licenciŽsÈ.

Parlant ˆ des dizaines de salariŽs de Molex qui manifestaient devant un cercueil gŽant symbolisant la mort annoncŽe de leur entreprise, le leader dĠextrme-gauche a voulu, avec ce projet de marche, Çque soient abordŽs les vrais problmes et les vraies solutionsÈ. DŽfileraient en tte, a-t-il poursuivi, Çles salariŽs de Molex, de Continental, de CaterpillarÈ pour Çmontrer le visage de tous ceux qui rŽsistentÈ.

ÇNous avons proposŽ un rassemblement unitaire des forces syndicales et politiques, au lieu de dŽfiler les uns aprs les autresÈ, a soulignŽ le porte-parole du NPA, prŽcisant que cette marche pourrait se tenir ˆ une autre date que le 1er mai.

InterrogŽ sur sa position face ˆ la sŽquestration en dŽbut de semaine, de deux des dirigeants de la sociŽtŽ Molex dans leurs bureaux de Villemur-sur-Tarn, Olivier Besancenot a campŽ sur sa position: ÇJe soutiens les salariŽs dans toute forme dĠaction, ne comptez pas sur moi pour les dŽsapprouverÈ.

(Source AFP).

Initiative du NPA de l'Eure.

Lettre ouverte du NPA 27 aux fŽdŽrations de lĠEure du PCF, du PG, du POI, du PS et des Verts

A Glaxo-Evreux, aprs les 600 intŽrimaires et CDD remerciŽs, cĠest au tour des embauchŽs en CDI de casquer avec 800 licenciements. Pour chaque emploi supprimŽ ˆ GSK , cĠest 4 ˆ 5 emplois indirects qui disparaissent avec les sous-traitants et les fournisseurs. Cela signifie au total 4 000 emplois menacŽs

Ce plan de liquidation de lĠemploi vient aprs celui de Tyco ˆ Val de Reuil, Kapp Lahure Jombart ˆ Evreux, ˆ Holophane aux Andelys , ˆ Diguet-Denis ˆ Breteuil ou ˆ Novelis ˆ Rugles, pour ne citer que ceux-ci. En mme temps le ch™mage partiel se dŽveloppe comme ˆ Sealynx ˆ Charleval, ˆ Renault ClŽon ou Sandouville et partout ailleurs. Notre dŽpartement est une fois de plus gravement sinistrŽ.

II y a urgence ˆ rendre les coups, ˆ refuser les plans de licenciements et les mesures de ch™mage partiel. Nous reprenons ˆ notre compte lĠappel unitaire des grŽvistes du Havre

le 29 janvier 2009 soutenu par 26 syndicats, associations et partis, qui affirme :

ÇNous en avons Ç assez –assez È des bŽnŽfices rŽservŽs aux actionnaires et nous nous battons contre tous les licenciements et la prŽcaritŽ, pour nos emplois, les salaires, les retraites É car nous ne paierons pas votre crise ! È

Pour notre part, nous considŽrons quĠil est temps en effet dĠexiger lĠinterdiction des licenciements ˆ GSK, comme ailleurs. Nous sommes pour la restitution des cadeaux publics aux entreprises qui font du profit.

RŽpondant ˆ lĠAppel du Havre, nous vous proposons lĠunitŽ pour :

-organiser une manifestation dŽpartementale contre les licenciements et le ch™mage partiel, et nous adresser aux syndicats dans ce sens.

-interpeller au niveau national les organisations signataires de lĠAppel du Havre afin quĠelles organisent une manifestation nationale dans les plus brefs dŽlais.

Nous vous demandons de bien vouloir rŽpondre ˆ notre proposition dĠaction en nous Žcrivant ˆ npa-27@hotmail.fr

Ci-dessous lĠAppel du Havre soutenu par la CGT, Solidaires, FSU, CFDT, FO,

CFTC, UNSA, CFE/CGC, UNL, UNEF, PCF, NPA , PS, MRC, Les Verts, PRG, ATTAC, LDH, Vivats, CNL, Arac, Mouvement de la paix, AC, Adeva, Collectif sauvons la santŽ.

APPEL du HAVRE

AssemblŽe gŽnŽrale interprofessionnelle du 20-01-2009

Soutenue par 26 syndicats, association et partis.

Nous, grŽvistes et manifestants ce jour ˆ lĠappel de 26 organisations syndicales, partis politiques et associations au Havre contre la politique de Sarkozy et du Medef, interpellons les diffŽrentes organisations au niveau national pour

- quĠelles constituent un collectif ˆ lĠimage de celui du Havre, c'est-ˆ-dire le plus large possible, car cĠest le seul moyen pour gagner aujourdĠhui

- que ce collectif organise une manifestation nationale dans les plus brefs dŽlais et au plus tard dŽbut mars.

Nous en avons Ç assez –assez È des bŽnŽfices rŽservŽs aux actionnaires et nous nous battons contre tous les licenciements et la prŽcaritŽ, pour nos emplois, les salaires, les retraites É car nous ne paierons pas votre crise !

Par ailleurs nous constatons que des journŽes dĠaction ponctuelles ne rŽussissent pas ˆ faire reculer le gouvernement, mais que les lycŽens par un mouvement de grve continu ont rŽussi ˆ faire reculer Darcos.

Pour notre part, nous appelons les salariŽs et la population havraise ˆ participer au blocage Žconomique de la ville le 10 fŽvrier.

Aussi nous demandons ˆ ce collectif national de prŽparer un mouvement tous ensemble, reconductible avec un calendrier d'ŽchŽances clair, seul moyen de faire plier ce gouvernement.

Au Havre le 29 janvier

AssemblŽe gŽnŽrale rŽunie ˆ la bourse du travail ˆ lĠappel de 26 syndicats, associations et partis :

CGT, Solidaires, FSU, CFDT, FO,CFTC, UNSA, CFE/CGC, UNL, UNEF, PCF, NPA , PS, MRC, Les Verts, PRG, ATTAC, LDH, Vivats, CNL, Arac, Mouvement de la paix, AC, Adeva, Collectif sauvons la santŽ.

294 pour 3 abs 3 NPPV

Un texte de Jean-Paul Legrand, maire-adjoint PCF de Creil ( http://www.creil-avenir.com/  ).

Il y a encore quelques mois, au tout dŽbut de la crise capitaliste, nombreux Žtaient les militants de gauche dont des communistes qui me disaient leur conviction que cette crise ne serait que passagre, que le capitalisme retomberait sur ses pieds. Pourtant depuis, la crise capitaliste sĠapprofondit, elle est entrŽe dans une phase trs critique avec en particulier la destruction de millions dĠemplois ˆ lĠŽchelle planŽtaire , de centaines de milliers en France en lĠespace dĠun trimestre !

A ce rythme, la France va conna”tre une telle montŽe du ch™mage, notamment dans lĠindustrie, que lĠensemble de lĠappareil de production en sera tellement affectŽ que les pires consŽquences Žconomiques et sociales sont ˆ redouter dans les prochains mois.

DĠemblŽe soyons clairs : le capitalisme ne peut se dŽvelopper que par lĠexploitation du travail humain. LĠaccumulation du capital rŽsulte de cette exploitation. Les idŽologues dŽfenseurs du capitalisme accrŽditent lĠidŽe que le capitalisme est en soi facteur de progrs (voir article du Figaro du 17 avril dernier signŽ Nicolas Lacaussin). Ce nĠest pas le capitalisme qui est facteur de progrs mais, en son sein, la lutte de classe.

Pour ne prendre que quelques exemples, si la classe ouvrire et le peuple ne sĠŽtaient pas battus, la journŽe de travail serait ˆ plus de 12 heures, des enfants travailleraient encore dans les usines en France, lĠŽcole ne serait ni obligatoire, ni publique, ni la•que, les congŽs payŽs et la sŽcuritŽ sociale nĠauraient jamais existŽ et du coup lĠespŽrance de vie de nos concitoyens serait bien moindre, les femmes nĠauraient ni le droit de vote, ni lĠaccs ˆ la contraception, ni de droit ˆ lĠavortement, les services publics nĠexisteraient pas. CĠest parce que des luttes fortes, unies et dŽterminŽes ont ŽtŽ engagŽes contre le capital que celui-ci a dž cŽder du terrain. Mais cĠest aussi parce que toutes ces conqutes ouvrires et populaires lui sont insupportables quĠil a besoin de les liquider pour rŽsoudre sa crise gŽnŽrale de rentabilitŽ.

Dans la crise que nous vivons le systme de production conna”t des bouleversements extrmement rapides et brutaux, les idŽes qui en Žmanent, celles des gens qui sĠopposent dans la lutte de classes, ne sont pas nŽcessairement et immŽdiatement les idŽes adaptŽes pour rŽpondre ˆ la crise. Ainsi en gŽnŽral les hommes pensent pour beaucoup comme avant la crise, parce que la comprŽhension de ce qui se passe nŽcessite un effort thŽorique ˆ la fois individuel et collectif, un recul et du temps qui sont souvent un luxe pour des citoyens qui sont assaillis par les difficultŽs du quotidien. Cette comprŽhension nĠavance dĠailleurs que par lĠaction politique, le partage des idŽes, la conscience que nous sommes tous des tres historiques en devenir qui peuvent non seulement apprŽhender le rŽel par la pensŽe mais surtout par lĠaction de transformation des conditions dans lesquelles nous vivons.

En gŽnŽral les idŽes et les pratiques nouvelles peinent ˆ Žmerger mme si dans certaines circonstances elles peuvent conna”tre un bond en avant fulgurant. En gŽnŽral, lĠancien domine le nouveau et le nouveau tel une jeune pousse reste prŽcaire, particulier, fragile, toujours exposŽ aux alŽas incertains de lĠavenir, toujours dŽpendant des conditions historiques pour se frayer Žventuellement un dŽveloppement le moment venu et gagner les consciences. Ainsi les capitalistes continuent de penser que leur accumulation capitaliste est la seule solution et pour ce faire renforcent lĠexploitation en poursuivant la course ˆ la financiarisation de lĠŽconomie et en tentant de renforcer leur domination politique ˆ lĠŽchelle mondiale (G20). Ce faisant ils agrandissent les contradictions du systme et produisent comme lĠa Žcrit Marx dans le manifeste communiste, Ç leurs propres fossoyeurs È. _ En face la majoritŽ des exploitŽs reste globalement convaincue que lĠon ne peut pas changer de sociŽtŽ car le capitalisme comme par enchantement aurait toujours un tour dans son sac pour Ç retomber sur ses pieds ! È.Cette idŽe semble aussi naturelle que lĠair quĠon respire parce que toute lĠidŽologie dominante repose sur le postulat suivant : le capitalisme cĠest la fin de lĠhistoire, il nĠy aura plus jamais dĠautre organisation sociale possible, le capitalisme est indŽpassable. Cependant les consciences ont commencŽ ˆ Žvoluer par rapport aux faits et comme disait LŽnine : Ç les faits sont ttus ! È. Des millions de gens ont vu en lĠespace de quelques jours quĠon a trouvŽ des milliards dĠeuros pour renflouer les banques alors que le pouvoir leur avait expliquŽ doctement quĠil nĠy avait pas dĠargent pour le pouvoir dĠachat, lĠemploi, le logement, lĠŽducation, la santŽ !

La vŽritŽ crue du capitalisme a commencŽ ˆ se rŽvŽler pour des millions de personnes avec ce sentiment quĠils ont ŽtŽ trompŽs par les tenants du systme. Mais pourquoi alors cette vŽritŽ de lĠaccumulation du capital avait ŽtŽ ainsi dissimulŽe? Parce que comme tout phŽnomne son essence est cachŽe derrire les apparences et de surcro”t parce que les capitalistes et leurs idŽologues ont entrepris une guerre idŽologique qui consiste ˆ ce que le peuple ne prenne pas la mesure rŽelle de son exploitation. Autrement dit tout est entrepris avec les appareils idŽologiques privŽs et dĠEtat que sont les grands, les moyens et les petits mŽdias pour que les gens ne puissent avoir conscience de lĠimmense Žcart qui existe et grandit chaque jour entre les besoins populaires et les capacitŽs inŽdites que la sociŽtŽ de notre Žpoque aurait dĠy rŽpondre si le travail nĠŽtait pas sous le joug du capital. Pour la classe dominante , il est nŽcessaire ˆ lĠinstar de la division capitaliste du travail de diviser les consciences, de les morceler en autant de pensŽes isolŽes seulement utilisŽes pour les desseins du capital dans la valorisation du culte du "gagneur", de lĠhomme qui "se fait tout seul", avec en trame le mythe du sur-homme. A contrario, la mise en commun de ces millions de pensŽes, leur confrontation/coopŽration sont potentiellement gŽnŽratrices de lĠintellectuel collectif nŽcessaire ˆ la mise en mouvement et ˆ lĠaccomplissement rŽvolutionnaire.

Tout montre, tout indique, que si lĠon continue avec le capitalisme, on va vers la catastrophe planŽtaire non seulement Žcologique mais Žgalement sociale, Žconomique, politique et quĠil convient dĠinventer une autre sociŽtŽ parce que le systme sur lequel repose la sociŽtŽ actuelle est historiquement ˆ bout de souffle et ne peut perdurer quĠen sacrifiant une part toujours plus grande de lĠhumanitŽ elle-mme.

Curieusement, les responsables des partis politiques de gauche qui devraient appeler les gens ˆ imaginer un autre monde restent enfermŽs dans le cadre institutionnel. Beaucoup des figures de mai 68 ont semblent-ils oubliŽ le fameux slogan Ç LĠimagination au pouvoir È, tout prŽoccupŽs quĠils sont par leur carrire individualiste et ont abandonnŽ depuis belle lurette leurs prŽtentions rŽvolutionnaires Žtant passŽs par lĠŽcole de la pŽdagogie du renoncement des annŽes Mitterrand. Ils se battent pour le pouvoir de leur clan, de leur caste, de leur parti et pas du tout pour la dŽmocratie quĠils mŽprisent et quĠils tentent de rŽcupŽrer et de cadrer ds lors quĠelle pointe le bout de son nez avec des actions autonomes de citoyens. Ils sĠentredŽchirent dans de minables et grotesques campagnes Žlectorales pour tre Žlus dans des assemblŽes qui prŽtendent reprŽsenter les peuples mais qui ont bafouŽ leurs choix comme en a tŽmoignŽ le Congrs de Versailles qui, en dŽfinitive, a rayŽ dĠun trait de plume le verdict de notre peuple sur la constitution europŽenne. Il y a trs peu ˆ attendre de ces assemblŽes qui ont ŽtŽ Žlues le plus souvent avec une abstention massive, et la prŽsence dĠŽlus du mouvement progressiste en leur sein ne peut se justifier que si ils exercent rŽellement un appui aux luttes et au mouvement social, aux exigences populaires et font entendre la voix des milieux populaires, des salariŽs et des propositions alternatives au capitalisme.

On peut aussi sĠŽtonner que des dirigeants syndicaux qui devraient appeler les salariŽs ˆ la mobilisation sociale , ˆ crŽer de nouvelles formes de luttes en viennent ˆ critiquer les initiatives de la Ç base È et leurs radicalitŽs, sĠimposant parfois en donneur de leons dŽmocratiques et pr™nant souvent la collaboration de classe. Leur attitude ne peut que renforcer le peu dĠintŽrt des salariŽs ˆ sĠorganiser syndicalement.

En fait cela nĠest pas si curieux, les organisations susceptibles de reprŽsenter les intŽrts de la classe laborieuse sont en gŽnŽral enkystŽes dans les institutions dont elles sont devenues des appendices et craignent lĠinitiative des masses. Toute lĠexpŽrience de ces dernires dŽcennies a montrŽ que les organisations qui se rŽclament de la gauche ont, quand elles ont accŽdŽ ˆ des responsabilitŽs dans le pouvoir dĠEtat, refusŽ de sĠattaquer au systme capitaliste. CĠest une situation classique des crises politiques que les communistes comme Marx, LŽnine ou Trotski ont analysŽ en leur temps. _ La crise est non seulement la crise du capitalisme mais elle celle de la gauche et du mouvement communiste, celle de sa direction. De mme quĠen son temps les bolchŽvicks ont du lutter contre les menchŽvicks qui sĠopposaient aux soviets, que les marxistes vŽritables ont du sĠopposer ˆ la toute puissance de Staline au prix de leur vie, de mme les rŽvolutionnaires de notre Žpoque sont appelŽs ˆ combattre ceux qui renoncent ou abdiqueront le moment venu face ˆ la force de lĠappareil dĠEtat capitaliste. Car cĠest au moment mme o il est nŽcessaire de sĠorganiser pour porter les coups fatals au systme capitaliste que des dirigeants renoncent et rejoignent la collaboration de classe en dŽcouvrant les charmes discrets de la bourgeoisie que sont les postes bien placŽs et rŽmunŽrŽs, la garantie dĠavantages ou de promotion, la considŽration mŽdiatique ˆ des politiciens qui fondent leur activitŽ sur le para”tre plut™t que sur lĠaction avec et en faveur des gens.

LĠaffaiblissement numŽrique, Žlectoral mais aussi idŽologique du PCF est un lourd handicap pour le mouvement populaire. La domination de directions pseudo-marxistes agrŽgŽes au pouvoir stalinien qui a conduit ˆ lĠŽchec du socialisme dans les pays de lĠEst et freinŽ les PC dĠEurope de lĠOuest dans leur autonomie crŽatrice, le refus de la gauche de sĠen prendre rŽellement au capitalisme quand elle Žtait au pouvoir, la droitisation des partis de gauche et lĠabsence dĠune alternative anti-capitaliste crŽdible qui en ont dŽcoulŽ ont conduit les gens ˆ de grandes dŽceptions, au recul de la conscience de classe, et en France ˆ lĠŽlection dĠun Nicolas Sarkozy, qui a pour t‰che de mener ˆ son terme la destruction sociale et Žconomique nŽcessaire pour que le capitalisme puisse tenter une reprise que ses laudateurs voudrait salvatrice.

Le recul gŽnŽral du pouvoir dĠachat des plus larges couches de salariŽs, lĠendettement des familles et le tsunami des licenciements, la politique fŽroce du pouvoir contre les Žtrangers en situation irrŽgulire, la fascisation rampante de la sociŽtŽ avec le flicage des ch™meurs, lĠinstallation de dispositifs renforant le contr™le social et la prŽcaritŽ comme le RSA, la casse des services publics, le transfert des charges sur les collectivitŽs et la rŽorganisation territoriale, la dŽfiscalisation progressive du capital, la mansuŽtude ˆ lĠŽgard des patrons voyous malgrŽ des dŽclarations fracassantes, toute cette politique est en rupture totale avec la France rŽpublicaine, celle des Lumires et du progrs social , celle des grandes luttes ouvrires et des avancŽes dŽmocratiques.

De nombreux citoyens se demandent si "a va pŽter ?". Tous les ingrŽdients sont effectivement prŽsents pour une explosion sociale. A tout moment, malgrŽ les tentatives de rŽgulation des partis traditionnels et des directions syndicales pour beaucoup bureaucratisŽes, les couches populaires dans leur diversitŽ peuvent donner de la voix par des actions qui ne seront pas contr™lŽes par les appareils classiques, qui pourraient revtir un caractre massif sur tout le territoire et dont la forme pourrait revtir un caractre dĠune violence inhabituelle contre les intŽrts de la bourgeoisie.. Je ne parle pas ici des fanfaronnades dĠun Olivier Besancenot dont les gesticulations ne servent quĠˆ fourvoyer les travailleurs dans les piges que sont des coups politiques sporadiques, des actions mŽdiatiques sans continuitŽ thŽorique ni organisation durable car coupŽes de tactiques syndicales et politiques planifiŽes reposant sur une vŽritable stratŽgie de transformation. Il faut dire ici que je ne partage pas lĠidŽe quĠil nĠ y aurait pas de spontanŽitŽ des mouvements populaires. Je pense que lĠhistoire nous montre que des ŽvŽnements peuvent provoquer des mouvements de masse spontanŽs dans le sens quĠils surgissent de faon inattendue pour la quasi-totalitŽ des gens, mme si lĠon analyse souvent aprs coup que les conditions existaient ˆ ce surgissement et quĠune minoritŽ dĠanalystes les avaient envisagŽes. En revanche ces interventions massives et rapides de larges masses nŽcessitent rapidement une organisation et une stratŽgie si elles veulent atteindre leurs objectifs. Dans la dernire pŽriode, si les rŽvoltes des banlieues ne sont pas si ŽloignŽes, lĠensemble de lĠappareil politique a vite oubliŽ les promesses tenues pour se consacrer surtout ˆ la satisfaction des exigences des capitalistes plut™t quĠˆ celles de la jeunesse et des milieux populaires. Mais ce qui peut se dŽvelopper est dĠune nature bien plus ample et plus radicale, lĠentrŽe en masse des exploitŽs sur la scne risque de bousculer totalement les scŽnari des uns et des autres. Car il faut le dire, si il est du devoir des communistes dĠagir en permanence pour la voie dŽmocratique avec lĠintervention consciente des plus larges masses dans les entreprises et les quartiers, il nĠ y a pas ˆ verser dans lĠangŽlisme et penser que la rŽvolution se ferait sans rŽvolution, cĠest ˆ dire penser que les exploiteurs laisseront sans rŽagir le peuple lutter et construire une nouvelle sociŽtŽ, ou oublier les leons de lĠhistoire notamment quĠil est toujours nŽcessaire de briser la rŽsistance des contre-rŽvolutionnaires. Les conditions sont-elles rŽunies pour des interventions populaires massives ?

Les rassemblements des salariŽs, les journŽes dĠaction interprofessionnelles ont ŽtŽ marquŽes par de fortes mobilisations mme si elles restent insuffisantes au regard de lĠenjeu. La crise du logement, la croissance exponentielle des licenciements et les atteintes ˆ la dignitŽ dans les entreprises sont telles quĠelles peuvent tre des facteurs de dŽclenchement de la rŽvolte comme pourrait aussi lĠtre le fait que des millions de gens dans notre pays qui hier vivaient correctement vont se retrouver sans rien. LĠancien premier Ministre ne sĠy trompe pas craignant Ç un risque rŽvolutionnaire en France È. DĠaucuns diront ˆ gauche que cette sortie de M. de Villepin est le pendant des dŽclarations de Besancenot pour utiliser de faon politicienne les inquiŽtudes et les peurs des citoyens. Mais si lĠon veut tre sŽrieux, il faut reconna”tre que le mode de production capitaliste est touchŽ en plein cÏur et que la financiarisation de lĠŽconomie qui nĠest que la logique historique du dŽveloppement du capital conduit ˆ la destruction de richesses matŽrielles et humaines alors que lĠessor continue de la productivitŽ devrait au contraire permettre leur accroissement pour dŽvelopper lĠemploi et rŽduire le temps de travail. Il y a en rŽalitŽ un approfondissement considŽrable et rapide de la contradiction entre le capital et le travail qui crŽe les conditions objectives, matŽrielles dĠune crise politique majeure o le r™le de lĠEtat, des pouvoirs publics, des services publics sont directement mis en question par lĠensemble des acteurs de la lutte de classe. En ce sens nous entrons dans une phase qui peut avoir des dŽveloppements rŽvolutionnaires du fait de lĠincapacitŽ du capitalisme ˆ rŽpondre aux besoins sociaux, Žconomiques et politiques des gens. Ce sont des besoins grandissants quantitativement et qualitativement et dans lesquels lĠexigence de lĠautonomie de chaque individu, lĠaffirmation de sa dignitŽ devient un ŽlŽment central.

Il faut donc sĠattendre ˆ une explosion dont la force risquerait dĠen surprendre plus dĠun, en particulier parmi les hommes politiques ˆ qui, quels quĠils soient, de gauche comme de droite, des comptes seront demandŽs ˆ juste titre et qui parce pour la plupart nĠŽcoutent pas les gens ou feignent de le faire ne pourront comprendre ce qui se passe.

LĠHistoire cependant montre que les rŽvoltes nĠaboutissent quĠˆ des impasses souvent tragiques, toujours douloureuses, si elles ne se transforment pas en mouvement politique conscient des enjeux, des responsables et des perspectives ˆ construire. Autrement dit la situation appelle ˆ un dŽpassement des conceptions traditionnelles de la gauche qui a fait faillite et dont les tentatives de recomposition apparaissent comme des gesticulations dŽrisoires face ˆ lĠampleur des problmes posŽs.

La situation appelle ˆ travailler ˆ une intervention populaire politique posant la question de la perspective sur la base de la nŽcessitŽ dĠune rŽvolution dont la dimension ne sera pas seulement nationale mais aura des relations permanentes avec les mouvements populaires de toutes les nations en particulier avec ceux de lĠAmŽrique Latine qui sont ˆ ce jour les plus avancŽs en matire de dŽveloppement dŽmocratique et rŽvolutionnaire. En effet, ce qui se passe en particulier au Venezuela o se conjuguent prise du pouvoir politique et organisation populaire de base, outre lĠoriginalitŽ propre de lĠexpŽrience sociale actuelle de la nation de Simon Bolivar, livre des faits intŽressants au caractre universel quant ˆ la capacitŽ de tout un peuple ˆ modifier son point de vue, passant en quelques annŽes dĠune forme de fatalisme ˆ une reconqute dĠun espoir en action, ˆ la reconqute de ses capacitŽs de mobilisation et dĠintervention dans la sphre politique. Pour le moment, en France, il serait suicidaire pour les exploitŽs de participer ˆ des actions de rŽvolte dŽpourvues de direction, dĠorganisation, de thŽorie et qui seraient vite rŽprimŽes, la bourgeoisie Žtant prte ˆ utiliser la violence armŽe pour Žcraser tout mouvement. Seule la dŽmocratie permanente du mouvement populaire mobilisant massivement toutes les couches non capitalistes de la sociŽtŽ peut dŽjouer les piges et la rŽpression que la classe dominante utilise pour maintenir son hŽgŽmonie. DĠaucuns pensent que les couches dites improprement "classes moyennes" composŽes dĠemployŽs et de cadres ne sĠengageront jamais dans un mouvement populaire rŽvolutionnaire. CĠest sous-estimer lĠampleur de la crise et le fait que ces couches sociales sont et vont tre victimes de plus en plus des dŽcisions du grand capital, se retrouvant sans emploi ou en totale prŽcaritŽ, voire sans toit, profondŽment affectŽes dans leur vie familiale et sociale qui sera brutalement dŽgradŽe. CĠest oublier aussi que ces couches aujourdĠhui divisŽes, mises en concurrence, atomisŽes dans lĠappareil de production, font elles aussi partie de la classe qui participe ˆ la crŽation de richesses et ont un attachement rŽel au contenu du travail, ˆ sa qualitŽ, ˆ ses objectifs, et que par consŽquent elles sont, au premier chef, intŽressŽes par lĠavenir de la sociŽtŽ et les rapports nouveaux quĠil convient de crŽer dans le travail, dans les entreprises pour se dŽbarrasser du capitalisme.

Dans ce contexte, lĠappareil mŽdiatico-idŽologique est de ce point de vue lĠun des instruments des plus perfides utilisŽs contre les gens. Les idŽes les plus obscurantistes y sont dŽveloppŽes, les sciences y sont gŽnŽralement prŽsentŽes coupŽes de leurs origines historiques et de leur contexte social, la censure sur les initiatives populaires et les luttes, sur la vie dŽmocratique y est gŽnŽralement exercŽe puisque celles-ci sont prŽsentŽes comme des facteurs de rŽgression et non de progrs. LĠidŽologie individualiste et le culte de lĠargent sont glorifiŽs jusque dans certains dessins animŽs. La tŽlŽvision donne une image de la sociŽtŽ telle que la pensent les exploiteurs : le capitalisme serait un horizon indŽpassable secrŽtant fatalement la richesse pour une minoritŽ digne dĠtre la classe dirigeante, aux autres de se dŽbrouiller pour parvenir lˆ o les puissants ont laissŽ quelques miettes ˆ se partager, quant aux prolŽtaires, quĠils ne se fassent aucune illusion, leur sort est jetŽ depuis la nuit des temps : quĠils se satisfassent de leur dose de fantasmes quotidiens pour accepter leur condition de sous produit social puisque il en a ŽtŽ ainsi de tout temps.

Il suffit dĠobserver la peur panique qui tenaille les politiciens et les puissants ds que des citoyens commencent ˆ exprimer leur volontŽ de participer ˆ la conduite des affaires sociales, Žconomiques et politiques en contestant la fatalitŽ de lĠordre existant. La moindre pŽtition, la moindre initiative qui sort du cadre de la pensŽe dominante est vŽcue par eux comme une insupportable agression, une provocation qui leur conteste leur sacro-saint pouvoir ; La dŽmocratie nĠest pour eux quĠune permanente concession ˆ la lutte de classes. La preuve en est que ds que les prolŽtaires se divisent, que leur unitŽ sĠaffaiblit, la dŽmocratie recule. Il suffit pourtant de peu en rŽalitŽ pour que le mouvement dŽmocratique reprenne du poil de la bte : il suffit en vŽritŽ de recrŽer lĠespoir par un travail sur la conscience mme que le mouvement populaire a de lui, en combattant rŽsolument lĠidŽe quĠil nĠexiste pas, quĠil nĠa pas de r™le historique, en combattant cette ineptie que le capitalisme est Žternel et quĠil retombe toujours sur ses pieds. Or le mouvement populaire est la sociŽtŽ mme en action dans le travail, la crŽation, et comme un enfant encore en devenir, il lui manque la pleine conscience politique de ses possibilitŽs transformatrices maintenu quĠil est dans la domination dĠune classe qui nĠexiste que par lĠexploitation.

LĠhistoire montre que le mouvement populaire peut aller jusquĠˆ la grve gŽnŽrale et ˆ la dŽsobŽissance civile, instruments politiques des grandes masses exclues du pouvoir et dŽcidŽs dŽmocratiquement. Il est symptomatique que le mouvement syndical comme les partis de gauche se refusent ˆ lĠidŽe de prŽparer la grve gŽnŽrale. Une grve gŽnŽrale se prŽpare, elle nĠest pas inŽluctable mais elle peut tre un grand moyen de lutte si elle repose sur un travail de longue haleine, si elle est ma”trisŽe de bout en bout par les travailleurs et quĠelle est dirigŽe stratŽgiquement. Certes les conditions de sa rŽalisation sont complexes puisque justement le capitalisme a rŽussi ˆ prŽcariser lĠensemble de la sociŽtŽ, ˆ diviser les salariŽs, ˆ les opposer entre eux. DĠo lĠimpŽrieuse necessitŽ de propager les idŽes rŽvolutionnaires pour unifier le combat politique.

CĠest justement pour cela que la prŽparation dĠune action de trs grande ampleur paralysant pacifiquement le systme de production et de propagande du capitalisme et donnant la parole et lĠinitiative aux citoyens est sans doute aussi lĠun des moyens les plus efficaces pour se prŽparer ˆ lĠauto-organisation populaire pour une transformation politique rŽelle. Une telle lutte sĠorganise sur la base des cahiers de revendications des salariŽs qui doivent devenir les rŽfŽrences de lĠaction syndicale pour aider aux convergences et lutter contre le corporatisme. Une telle lutte se fonde sur la nŽcessitŽ dĠorganiser des rŽseaux, des coordinations, des liens permanents entre tous les lieux et secteurs professionnels o des conflits Žclatent. Une grve gŽnŽrale active, militante, alliant les revendications ˆ la question des moyens pour y rŽpondre, devra poser la question de quel pouvoir pour quelle sociŽtŽ, elle conduira les partis politiques ˆ se positionner et ˆ tre dŽmasquŽs pour ceux qui prŽtendent tre pour la dŽmocratie, mais qui seront les premiers ˆ saboter la production et les initiatives des travailleurs pour contr™ler les outils de travail, les protŽger et les mettre au service du peuple. Une grve gŽnŽrale qui prŽparera de nouveaux rapports entre les hommes au travail, qui sera le moment de lĠŽlaboration politique de la dŽmocratie de masse. Car il ne faut pas seulement concevoir la grve gŽnŽrale comme un arrt de travail des salariŽs mais comme le moment pour eux de sĠaffirmer en potentiels preneurs de pouvoir et donc de crŽateurs de droits de facto dans les entreprises et dans la nation.

Ce seront de grands moments de citoyennetŽ, moments qui sont aujourdĠhui quasiment interdits de fait puisque les gens nĠont pratiquement pas de temps ˆ consacrer ˆ lĠŽchange collectif, au partage des idŽes, ˆ la confrontation critique de leur propre expŽrience. Cette grve gŽnŽrale devra tre alimentŽe politiquement et idŽologiquement sur le sens du travail, de lĠutilisation de lĠargent, de lĠavenir de la plante et de la sociŽtŽ. En cela le marxisme peut retrouver sa pertinence pratique et sa vivacitŽ en sĠexercant comme thŽorie de lĠaction et donc comme pratique alimentant lĠintervention des citoyens, les aidant dans leurs luttes. Cette situation politique dĠŽmergence du peuple en lutte sera telle que, si nombre de revendications pourront commencer ˆ tre satisfaites, il faudra poser en grand la question dĠune expression populaire par lĠorganisation dĠŽlections gŽnŽrales avec abolition de toutes les mesures anti-populaires et discriminatoires qui interdisent aux Žtrangers de voter et dĠtre candidats, tout comme les mesures scŽlŽrates qui obligent les candidats ˆ payer leurs frais de campagne Žlectorale, procŽdŽ inique qui exclut de fait les candidats des milieux populaires. Ces Žlections pourront faire lĠobjet dĠassemblŽes prŽparatoires dans les quartiers, les entreprises, afin dĠŽlaborer des programmes issus du peuple et non des seuls partis politiques.

Le mouvement par sa dŽtermination et son objectif devra poser la question de la crŽation de nouvelles institutions qui devront tre fondŽes sur une vŽritable sŽparation des pouvoirs exŽcutif, lŽgislatif et judiciaire y compris en crŽant un quatrime pouvoir, celui de la dŽmocratie participative ou plus prŽcisŽment de la dŽmocratie dĠengagement, qui Žtablit une relation entre les conseils populaires de base rŽunissant tous les citoyens volontaires sans discrimination et les autres pouvoirs constitutionnels, quatrime pouvoir qui devra tre reconnu lui-mme par la Constitution de la VIme rŽpublique.

Je trace ici les grandes lignes utopiques et imaginaires mais cependant possibles dĠune lutte rŽvolutionnaire de trs grande ampleur qui pourrait se dŽvelopper dans les prochains mois en France. Rien nĠest dŽcidŽ dĠavance, la situation est celle des possibles... Des circonstances nouvelles sont en train de na”tre qui peuvent aller dans le sens dĠun bouleversement politique qui je lĠespre fera Žmerger les conditions dĠ une dŽmocratie inŽdite, une dŽmocratie impensable auparavant, et si indispensable pour ne pas aller vers las ab”mes dĠune barbarie capitaliste destructrice de la civilisation toute entire.

Jean-Paul Legrand
militant communiste
maire-adjoint PCF de Creil

Ce mardi 21 avril, deux Žvnements trŽs significatifs dans la lutte des classes en France se sont produits. C'est pourquoi nous diffusons cette lettre de liaison de Militant assez courte. Dans notre prochaine lettre, nous publierons un dŽbat important et intŽressant, appelŽ ˆ se poursuivre, sur l'organisation politique des travailleurs suscitŽ par la contribution de Raymond Debord sur le PG et le NPA parue dans notre lettre nĦ 55 du 5 avril.

La discussion consŽcutive ˆ l'article de Raymond Debord dans la lettre de liaison de Militant du 5 avril :

L'article de Raymond Debord

Un lecteur fidle de la Lettre de Liaison de Militant a interpellŽ sur notre apprŽciation du Parti de gauche, du Nouveau Parti Anticapitaliste et de leur positionnement rŽciproque au regard des Žlections europŽennes.

Je ne suis pas au Parti de Gauche (PG) et je nĠai pas lĠintention de devenir son avocat.

Pour autant, je crois quĠil convient dĠavoir une apprŽciation correcte de son positionnement et de sa stratŽgie, ne serait-ce que pour la critiquer.

Si le PG sĠest tournŽ en premier lieu vers le PCF cĠest parce que son projet stratŽgique – rŽaffirmŽ ˆ maintes reprises – est la constitution dĠun Ç Die Linke È ˆ la franaise, cĠest ˆ dire dĠun nouveau parti dont lĠarmature serait constituŽe par la jonction du parti communiste et
dĠune fraction Ç gauche È de la social-dŽmocratie. Au delˆ des blocs Žlectoraux, ce que vise le PG cĠest une fusion avec le PCF. Je pense que le PG souhaiterait volontiers que des fractions issues de lĠextrme gauche (cĠest dŽjˆ le cas avec Gauche Unitaire) ou de lĠŽcologie politique (des dirigeants du courant Utopia du PS ont rejoint le PG) se joignent au processus mais ce nĠest pas lĠobjectif premier. Pourquoi ? Sans doute parce que la direction du PG a des divergences importante avec lĠextrme gauche mais aussi et surtout parce quĠelle semble considŽrer que le NPA et le PCF nĠont pas du tout le mme ancrage social, malgrŽ lĠaffaiblissement du PCF. De ce point de vue, je ne leur donnerais pas tort. Dans le cadre du projet Ç Die Linke ˆ la franaise È, non seulement MŽlenchon et Dolez privilŽgient le PCF mais il est quasi certain que, sans des assurances prŽalables des dirigeants communistes sur une alliance aux
europŽennes, ils nĠauraient pas quittŽ le Parti Socialiste.

Le discours Ç social È du PG reste gŽnŽralement un cran en dessous de celui du NPA.

Pour autant, le fait quĠon voit plus le NPA dans les luttes que le PG reste ˆ dŽmontrer, au moins sur le moyen terme. Il y a sans aucun doute parmi les cadres du PG un nombre de responsables syndicaux CGT, FSU ou FO largement Žgal si ce nĠest supŽrieur ˆ celui du NPA. DĠaprs ce quĠon sait, le PG a seulement commencŽ il y a quelques jours ˆ structurer son secteur Ç entreprises È. On verra ensuite. En tout Žtat de cause, on peut noter que Jean-Luc MŽlenchon a dŽfendu Olivier Besancenot dans la polŽmique initiŽe par ChŽrque sur la prŽsence des rŽvolutionnaires aux portes des entreprises.

Il y a entre le PG et le NPA une divergence de fond quant ˆ lĠattitude ˆ adopter vis ˆ vis du PS. Pour la rŽsumer, le NPA veut affirmer un p™le de la gauche radicale se construisant sur le rejet des socialistes. Le PG veut construire un rapport de forces ˆ gauche du PS mais ne lĠexclut pas par principe dĠun dispositif dĠalliance car il a le souci de constituer une majoritŽ politique. Comment ne pas se sentir plus dĠaffinitŽs avec cette approche, ˆ partir du moment o lĠon veut chasser tout de suite Sarkozy et par consŽquence avoir un gouvernement dĠunitŽ dans les plus courts dŽlais ? Il nĠy aurait pas eu de 19 mars sur la base de la mobilisation de SUD (ni mme de la seule CGT) et sans implication de FO, de la CFDT, lĠUNSA, la CGC etc. Il nĠy aura pas de changement sans lĠimplication de tout ou partie du PS. Reste ˆ savoir sur quelle base politique et sur quel rapport de forces. Mais de cela le NPA semble sĠen
moquer et se fixer comme unique objectif de piquer la niche Žlectorale protestataire dŽtenue par le PCF. Le tout naturellement au nom de grandes dŽclarations gauchistes sur la grve gŽnŽrale, lĠopposition ˆ lĠŽlectoralisme etc. Tu parles !

CĠest clairement sur le NPA, et le NPA seul, que repose lĠŽchec de lĠalliance pour les europŽennes. Ses deux ultimatums (lĠalliance aux rŽgionales sans le PS et le nuclŽaire) Žtaient tout ˆ fait hors de propos et assez hypocrites. Franchement, on voit assez mal comment le nuclŽaire pourrait tre un discriminant fondamental pour une alliance Žlectorale aux europŽennes et comment on pourrait reprocher au PG dĠavoir fait un compromis avec le PCF sur ce point, compte-tenu de leur proximitŽ idŽologique sur tout le reste. Et bien entendu, au vu de la stratŽgie globale du PG (on est pas trop sžr que le PCF ait une stratŽgie) le refus ˆ priori dĠalliances avec le PS pour des rŽgionales dans deux ans est inacceptable. CĠest par ailleurs assez hypocrite de la part du NPA, dans la mesure o il laisse la porte ouverte aux Alternatifs(*), alors mme que ces derniers ont eu bon nombre dĠŽlus sur la base dĠalliances incluant le PS,
y compris ds le premier tour.

Alors oui, le PG est un parti rŽformiste, ou tout au moins un parti parlementariste. CĠest clair et il ne vŽhicule lui mme aucune ambigu•tŽ sur ce point. CĠest pour cette raison aussi quĠune organisation autonome des rŽvolutionnaires (y compris au sein du PG) est nŽcessaire. Est-ce ˆ dire quĠil ne faille pas le prendre en compte ni sĠy intŽresser ? Ce parti sera-t-il quand mme utile au rassemblement de lĠavant-garde ouvrire en donnant une perspective Ç partidaire È aux dŽus du PS sans les isoler de la majoritŽ du Ç peuple de gauche È ? CĠest possible. Et, mme si on peut demeurer sceptique quant au pronostic, on ne peut pas souhaiter son Žchec.

Lors de la manifestation du 19 mars, jĠai vendu un exemplaire de Militant ˆ un camarade du PS qui, me parlant du PG ou du PCF, me disait Ç en avoir un peu marre des gens qui ne font que 2 % et qui viennent nous donner des leons È. Ce faisant il mettait bien le doigt sur le problme essentiel. Comment arracher ˆ lĠemprise de la droite les 40 % de salariŽs qui sont idŽologiquement sous son emprise ? Une rŽponse peut tre lĠunitŽ de toutes les tendances dans un grand parti autour du PS (le projet de son actuelle gauche). Une autre peut tre la constitution dĠautre chose, mais alors il faut se donner les moyens de rŽussir. Je crois que la force de MŽlenchon est de regarder ce problme en face.

Aprs, si la seule chose envisageable ˆ court terme est dĠenvoyer Ç un signe ˆ ceux qui se battent È, le vote LO existe aussi et sera sans doute lĠoption la plus claire lors des Žlections europŽennes.

Nota :Le NPA a proposŽ aux Alternatifs la tte de liste pour la circonscription du Grand Ouest, alors que dans cette rŽgion prŽcisŽment, les Alternatifs sigent ˆ la mairie de Nantes dans la majoritŽ municipale conduite par JM Ayrault, chef de file du groupe parlementaire PS

Message de Jean Baumgarten

dimanche j'ai reu un texte provenant du PG et signŽ de Raymond Debord ; je voudrais faire remarquer aux lecteurs de ce texte un premier point important : la France n'a pas le mme systme lŽgislatif que l'Allemagne et n'a pas non plus le mme passŽ ( l'Allemagne de l'Est avec un PC encore fort ...) Les scores recueillis aux prŽsidentielles par le PCF depuis les prŽsiodentielles de 2002 sont ridicules ( voir le score de Marie Georges Buffet en 2007 = 1, 50 %!) Je viens d'adhŽrer au NPA et je suis loin d'tre un novice en politique . Olivier Besanenot a eu raison de ne pas vouloir avant tout d'une alliance avec le PCF (qui avait de toutes manires prŽparŽ ses bases et ses candidats avant son alliance avec le PG. Je prŽdis aux europŽennes que le NPA fera au moins deux fois plus de voix que le front de gauche. A la suite de ces rŽsultats le PG, contraint et forcŽ ( ou sinon c'est la pillule assurŽe) sera amenŽ ˆ se rapprocher du NPA et ˆ prŽparer ensemble les Žlections prŽsidentielles ...
MŽlenchon a eu tort : j'espre qu'il le comprendra suffisamment t™t .

Message de Georges Gastaud

Cher camarade,

puisque tu m'honores de tes rŽflexions et que ta liste de diffusion semble fonctionner comme un forum, je te fais part succinctement de mes analyses.
La question majeure n'est pas PRINCIPALEMENT pour un communiste de savoir si un parti ou un candidat est un bon cheval, un bon rapport des forces, etc. La question est d'abord de savoir si la LIGNE d'un parti est juste, et secondairement, quand elle est juste, on se demande comment la faire triompher. Bref, tu mets la charrue avant les boeufs. Car la ligne de Besancenot, malgrŽ son verbiage anti-PS, est catastrophique.
1) en pleine offensive de criminalisation du communisme (l'UE ira, si elle le peut, jusqu'ˆ l'interdiction de la faucille et du marteau), que signifie le renoncement de la LCR,
-ˆ la dictature du prolŽtariat;
-aux mots "communiste" et "rŽvolutionnaire" (les rats quittent le navire, mais le moment venu on se retrouvera dans les mmes cellules... ˆ barreaux);
-l'incapacitŽ du facteur ˆ mi-temps d'Žvoquer l'URSS sans ajouter "caricature sanglante";
Bref, o est la diffŽrence avec Buffet et Hue?
2) concernant les Žtats-majors syndicaux, de plus en plus vomis par les militants syndicaux combatifs, je prŽtends que Besancenot MENAGE ces dirigeants et notamment que ses amis "opposants" de la FSU ont plus d'une fois sauvŽ la mise d'AschiŽri mis en minoritŽ;
3) surtout, le NPA est, comme les autres, partisan d'une impossible rŽorientation progressiste de l'UE. Toute idŽe de RETRAIT de cette alliance impŽrialiste, qui constitue un vŽritable MONSTRE politique de l'Atlantique ˆ l'Oural, est immŽdiatement qualifiŽ de rŽactionnaire par cet euro-rŽvolutionnaire. Bref, dŽfendre l'indŽpendance nationale CONTRE la classe bourgeoise franaise, c'est du nationalisme. Mais dŽfendre l'Union europŽenne rŽnovŽe (utopie que partage TOUTE la gauche bien-pensante alors que 70% des ouvriers SAVENT d'expŽrience que la construction europŽenne est 100% pourrie), c'est de l'internationalisme. Moi je rŽpte le proverbe favori de LŽnine: "la souris ne conna”t pas d'animal plus dangereux que le chat" et je dis: l'EUROPEISME est un SOCIAL-IMPERIALISME encore plus dangereux que le social-patriotisme des annŽes 14/18.
Par ailleurs est-il exact que le NPA accueillera sur ses listes des sŽparatistes corses ou bretons? Est-il possible que des "marxistes" en soient lˆ?
Bref pas Žtonnant que la classe dominante franaise et europŽenne ouvre grandes ses ondes ˆ un rŽvolutionnaire aussi antisoviŽtique, anticommuniste et antijacobin!
Cela dit, le couple MŽlenchon-Buffet ne vaut pas plus cher avec sa "souverainetŽ europŽenne"!
Et bien entendu je ne confonds pas la direction de ces deux groupes euro-formatŽs avec les militants de base qui sont subjectivement et quelquefois objectivement rŽvolutionnaires.

C'est pourquoi lors des europŽennes, dont le seul intŽrt pour la classe dominante est de faire valider par un maximum de suffrages populaires le cadre supranational de l'Etat impŽrialiste continental en construction, j'appelle ˆ l'abstention citoyenne et ˆ la construction du "tous ensemble en mme temps" comme en Guadeloupe. Moins il y aura de gogos pour valider ce cadre supranational, dont ne peut sortir que la casse sociale et la fascisation, plus les travailleurs, les anticapitalistes et les vrais rŽpublicains seront forts ˆ la sortie.

Bien cordialement. GG.

Contribution adressŽe ˆ Raymond Debord, par Robert Duguet (Club Socialisme Maintenant)  : PCF, PG, NPA É ou le bal des faux-culs !

SollicitŽ par un lecteur de la revue Ç Militant È qui lĠinvite ˆ donner sont point de vue sur le Parti de Gauche, le NPA et les positionnements rŽciproques de ces partis au regard des Žlections europŽennes du 7 juin 2009, Raymond Debord dans sa rŽponse ouvre une discussion intŽressante. Il prŽcise toutefois :
Ç Je ne suis pas au Parti de Gauche (PG) et je nĠai pas lĠintention de devenir son avocat. È
Pour ma part, jĠai exercŽ quelques responsabilitŽs politiques, au sein de la majoritŽ mitterrandiste du PS dans les annŽes 1978-1984, puis au sein du courant gauche qui se dŽgageait dans la fŽdŽration socialiste de lĠEssonne. Menant la bataille pour le non au TCE, jĠai appartenu rŽcemment au rŽseau de Marc Dolez, Forces Militantes, ainsi quĠˆ PRS. Ds le 29 novembre 2008, date de prŽsentation publique du Parti de Gauche, jĠai adhŽrŽ je dois dire avec enthousiasme ˆ cette nouvelle formation, comme beaucoup de militants de la gauche de la gauche. Vivant les problmes de lĠintŽrieur et connaissant quelque peu lĠhistoire des gauches du mouvement socialiste, jĠaimerais apporter quelques rŽflexion, ˆ la fois ˆ Raymond Debord et aux rŽponses diverses que son article a suscitŽ.

Raymond Žcrit :
Ç Si le PG sĠest tournŽ en premier lieu vers le PCF cĠest parce que son projet stratŽgique – rŽaffirmŽ ˆ maintes reprises – est la constitution dĠun Ç Die Linke È ˆ la franaise, cĠest ˆ dire dĠun nouveau parti dont lĠarmature serait constituŽe par la jonction du parti communiste et
dĠune fraction Ç gauche È de la social-dŽmocratie. È
Lorsque le Linke allemand sĠest formŽ, je me souviens dĠavoir Žcrit des articles dans une revue Žlectronique qui sĠappelait ˆ lĠŽpoque RAG (Rassembler ˆ Gauche). JĠy expliquais que ce nouveau parti naissait dĠun accord quĠil faut bien qualifier de bureaucratique entre un courant gauche de la social-dŽmocratie allemande qui avait directement exercŽ le pouvoir autour dĠOskar Lafontaine et les ex-gestionnaires de lĠEtat stalinien dĠAllemagne de lĠEst. JĠexprimais une rŽserve ˆ cet Žgard en disant que cette naissance, mme si elle rencontrait un Žcho sur le plan de lĠŽlectorat ouvrier, nĠŽtait pas ˆ la mesure de la profondeur de la crise de la social-dŽmocratie allemande, cÏur de la deuxime internationale et du rŽformisme ouvrier. CĠŽtait un article adressŽ aux militants de la gauche du Parti Socialiste, en particulier ˆ mes amis de Forces Militantes et de PRS. CĠŽtait une mise en garde sur lĠavenir en France : une construction politique nouvelle, rŽformiste de gauche, oui mais pas sans la dŽmocratieÉ

Concernant la nature du Parti de Gauche, cĠest une Žvidence de dire, comme le souligne Raymond, quĠil sĠagit dĠune organisation rŽformiste ; notre propos nĠest donc pas de polŽmiquer ˆ lĠencontre de cette rŽalitŽ, ou dĠessayer de transformer ce parti en autre chose quĠil nĠest. Y aurait-il une diffŽrence de nature entre le Parti de Gauche et le NPA ? Formellement lĠun rejette toute alliance avec le PS et cherche ˆ regrouper la gauche radicale, anticapitaliste, lĠautre veut sĠappuyer sur une radicalisation ˆ gauche et peser sur le PS pour constituer une nouvelle majoritŽ de la gauche tout entire. Cela ce sont les intentions dŽclarŽes. Je ne vois pas une diffŽrence de nature entre les deux organisations, elles sĠadressent ˆ des clientles diffŽrentes, le PG est plut™t ancrŽ dans un tissu Žlectif local qui a rompu avec les dŽrives du PS, lĠautre sĠadresse ˆ une fraction de la jeunesse et du salariat radicalisŽ. A la tribune des meetings, Besanenot tient un langage disons trs ˆ g auche, un tantinet populiste ou guŽvariste, en se gardant bien dans la situation actuelle de poser la question de la responsabilitŽ des appareils syndicaux dans la lutte pour approfondir la crise du rŽgime bonapartiste dŽgŽnŽrŽ de Sarkozy. Quant ˆ la LCR canal historique qui dirige le NPA, elle co-gre avec les organisations du vieux mouvement ouvrier un certain nombre de relais syndicaux, notamment lĠappareil de la FSU ; Je suis dĠaccord avec ce quĠŽcrit le camarade Gastaud qui a rŽpondu ˆ Raymond :
Ç Éconcernant les Žtats-majors syndicaux, de plus en plus vomis par les militants syndicaux combatifs, je prŽtends que Besancenot MENAGE ses dirigeants et notamment que ses amis "opposants" de la FSU ont plus d'une fois sauvŽ la mise d'AschiŽri mis en minoritŽ. È
Concernant les journŽes dĠaction du 29 janvier et du 19 mars, ˆ aucun moment la direction du NPA nĠa posŽ la question du Ç dialogue social È, c'est-ˆ-dire de la politique sociale globale imposŽe par le prŽsident Sarkozy et acceptŽe comme telle par les Etats majors syndicaux. Sur le parti dĠOlivier Besanenot pour moi ma religion est faite, sur les tribunes un peu dĠagitation, dans les faits on co-gre, c'est-ˆ-dire on fait du rŽformisme.

JĠŽtais dans le rŽseau Forces Militantes et dans PRS dans lĠannŽe qui a prŽcŽdŽ la rupture de MŽlenchon-Dolez avec la Parti Socialiste : mon sentiment aprs quelques mois est le suivant. Une scission massive Žtait non seulement possible mais nŽcessaire aprs la victoire du non contre le TCE en 2005. Il y avait dans la sociŽtŽ franaise et dans les profondeurs du salariat une attente et une incubation qui avait ŽtŽ prŽparŽe par le travail des collectifs, comitŽs divers qui avaient mobilisŽ pour la victoire du non. LĠŽmergence dĠun mouvement politique dans la gauche du mouvement socialiste aurait permis la construction dĠun parti de type nouveau. Au congrs du Mans les Fabius-Emmanuelli-MŽlenchon ont cassŽ cette possibilitŽ historique pour une raison de fond qui tient ˆ leur propre identitŽ et itinŽraire politique : ils ne voulaient pas aller ˆ la rencontre dĠun mouvement profond anticapitaliste au sein de la sociŽtŽ et du salariat; une construction alternative au PS, dans ces conditions, aurait pris un caractre forcŽment dŽmocratique dans lĠafflux de couches nouvelles sur la scne politique et anticapitaliste dans son contenu. Ce nĠest quĠau congrs de Reims que la scission sĠest fait de manire parfaitement bureaucratique, ˆ froid c'est-ˆ-dire sans sĠappuyer sur le mouvement social, en donnant lĠillusion jusquĠau bout que le courant Trait dĠUnion, projection de PRS au sein du PS, joue le jeu du rassemblement des gauches avec Hamon. Je dois avouer avoir manquŽ de discernement politique dans cette affaire et avoir centrŽ mon effort sur la sortie des Dolez-MŽlenchon au lieu de militer pour poser la question, un processus constituant de parti comment et pour quoi faire.

JĠen viens maintenant ˆ lĠargument central de Raymond Debord dans sa contribution :
Ç Alors oui, le PG est un parti rŽformiste, ou tout au moins un parti parlementariste. CĠest clair et il ne vŽhicule lui mme aucune ambigu•tŽ sur ce point. CĠest pour cette raison aussi quĠune organisation autonome des rŽvolutionnaires (y compris au sein du PG) est nŽcessaire. Est-ce ˆ dire quĠil ne faille pas le prendre en compte ni sĠy intŽresser ? Ce parti sera-t-il quand mme utile au rassemblement de lĠavant-garde ouvrire en donnant une perspective Ç partidaire È aux dŽus du PS sans les isoler de la majoritŽ du Ç peuple de gauche È ? CĠest possible. Et, mme si on peut demeurer sceptique quant au pronostic, on ne peut pas souhaiter son Žchec. È
NĠŽtant pas membre de ce parti, je comprends que, comme militant rŽvolutionnaire, Raymond tienne ce proposÉ CĠest pour un rŽvolutionnaire une qualitŽ que de chercher la confrontation positive avec des militants qui nĠont pas sa propre culture politique. La rŽalitŽ du PG ne permet pas hŽlas de faire ce travail.

LĠaccord exclusif passŽ entre le PG et la direction Marie Georges Buffet, baptisŽ Front de Gauche, timidement Žlargi au courant de Christian Picquet (une trentaine de camarades venant de lĠaile droite du NPA) a un contenu. Quel est-il ? Il faut rŽflŽchir ˆ cette question.

On peut sans doute regretter quĠun large front de gauche, sans prŽalable programmatique, ne se constitue pas, pour infliger une dŽfaite historique ˆ la fois au rŽgime ha• de Sarkosy et au social-libŽralisme. La journŽe du 19 mars, appelŽe par tous les appareils syndicaux (Raymond Debord a oubliŽ la CFTCÉ) sur la ligne du Ç dialogue social È, sĠest rŽalisŽe en fait sur une mobilisation Žminemment politique contre le rŽgime de Sarkozy ayant peu de choses ˆ voir avec la plate-forme intersyndical, et dont le mot dĠordre Ç casse toi, povĠcon ! È ne rend que trs partiellement compte. AujourdĠhui je ne suis pas sžr que les salariŽs soient sensibles ˆ la nŽcessitŽ de se saisir du cadre des Žlections europŽennes pour sĠopposer, mme par la voie Žlectorale, ˆ Sarkozy. Les masses cherchent aujourdĠhui une voie pour lĠaction indŽpendante et pour se dŽbarrasser de ce rŽgime.

O Marie Georges Buffet (ex-ministre des sports) et Jean Luc MŽlenchon (ex-ministre de lĠenseignement professionnel du gouvernement Jospin) veulent-ils nous conduire ? Un gouvernement de la gauche plurielle-bis, Žventuellement Žlargi au NPA ? O le Parti de Gauche a-t-il tirŽ le bilan dĠun gouvernement de cohabitation avec Chirac, qui a privatisŽ plus que la droite, qui a mis par exemple toute la profession enseignante et la jeunesse lycŽenne dans la rue ? Face ˆ la crise actuelle peut-on se fŽliciter dĠun programme Žconomique, qui nĠa dĠailleurs pas ŽtŽ discutŽ par les sections constituŽes du nouveau parti de gauche, fondŽ sur le concept fumeux dĠalter-dŽveloppement et o il nĠest question nulle part de socialisme. Qui disait ˆ lĠopinion : Ç mon programme nĠest pas socialiste ! È Jospin, je crois ! La salariat a lourdement sanctionnŽ par les urnes cette orientation en donnant 10% de lĠŽlectorat au Ç trotskysme È. Par ailleurs pour quĠil soit possible dĠintervenir dans une organisation rŽformiste pour des rŽvolutionnaires, la condition indispensable est que la dŽmocratie interne soit possible et garantie. Pour discuter la validitŽ dĠun programme, il faut un parti totalement ouvert sur le mouvement social, et qui permette en son sein la libre confrontation des points de vue : par exemple la question du Ç partage des richesse È et du nŽo-keynŽsianisme. Un nŽo-rŽformisme est-il possible et rŽalisable pour sortir de la crise ? Ou faut-il aller vers des mesures anticapitalistes, qui portent atteinte ˆ lĠappropriation privŽe des grands moyens de production et dĠŽchange ? Ne faut-il pas produire selon une dŽmarche dŽcidŽe par les producteurs associŽs pour satisfaire les besoins sociaux des hommes ?

Aprs quatre mois dĠexpŽrience, je considre que la condition qui assure la libre confrontation des idŽes nĠy est pas prŽsente. Un parti, cĠest dĠabord un espace qui permet la comprŽhension des ŽvŽnements et donc des t‰ches qui en dŽcoulent. Le parti de gauche est un parti autoproclamŽ, une scission prŽparŽe avec les mŽthodes de lĠOCI de la bonne Žpoque, et qui conna”tra le sort de toutes les formations construites sur ce modle. De ce point de vue, MŽlenchon vient de faire mieux que É Pierre Lambert. Je ne dirai pas comme le camarade Baumgarten rŽpondant ˆ Debord que Ç MŽlenchon a eu tort (de ne pas se rapprocher du NPA) : jĠespre quĠil le comprendra suffisamment t™t. È MŽlenchon a fait le choix dĠun passŽ quĠil assume de concert avec Marie Georges Buffet, celui de la continuitŽ de la politique de la gauche plurielle. Son attitude ˆ lĠŽgard du NPA se modifiera, oui, sĠil parvient ˆ entra”ner le NPA tout entier comme caution gauche dĠune alternative plurielle de ce typeÉ

Pour conclure, je ne chercherai pas ˆ Žtablir comme Raymond, lĠŽchec de lĠalliance aux europŽennes sur le seul NPA. Ce qui reviendrait ˆ dŽdouaner les deux autres compres, qui seraient aux yeux de Raymond les reprŽsentants dĠorganisations plus sŽrieuses dans le mouvement ouvrierÉ Le PCF et la direction Buffet, est pour des raisons de survie dĠun appareil, totalement dŽpendant matŽriellement depuis longtemps duÉ PS ; on peut sĠinterroger sŽrieusement sur ce que fera ce parti dans la cadre dĠune gauche plurielle bis, o le PS psera comme la force Žlectorale principale ? Dans ce bal des faux-culs pour les europŽennes organisŽ par le PCF, le PG et le NPA, dont les salariŽs et les militants du non sont globalement absents, ils ont tous leur responsabilitŽ. Ce qui a permis lĠunitŽ du LKP dans la grve gŽnŽrale de Guadeloupe, cĠest une intervention indŽpendante des masses, bien sžr sur des revendications prŽcises, mais au-delˆ contre Ç la profitation È, c'est-ˆ-dire contre le capitalisme. En dehors dĠune intervention de ce type qui permette de faire bouger les lignes, je ne vois pas dĠautres possibilitŽs actuelles dĠavancer vers lĠŽbauche dĠune alternative anticapitaliste. C'est ˆ ce travail d'inventaire et de reconstruction d'une pensŽe de l'Žmancipation sociale que nous devons nous consacrer.

* * *

 

L'Offensive Socialiste, tendance du MJS, pour des Žlections anticipŽes en France !

 

 

Ce que nous voulons :

des Žlections anticipŽes

NOUS ne devons pas attendre 2012 pour proposer lĠalternative. Les salariŽs de ce pays savent quĠune autre politique que le libŽralisme est ˆ la fois possible et plus que jamais nŽcessaire, et ils veulent quĠon la leur propose maintenant.

La situation est particulirement explosive : les manifs de 2003, celles contre le CPE avaient comme Ç adversaire È le gouvernement, et au-delˆ du gouvernement, le Premier ministre. La Ve rŽpublique est ainsi faite : pour que le pouvoir reste stable, le fusible est le premier ministre ; Raffarin nĠŽtait-il pas considŽrŽ comme un Ç fusible È ?

Depuis lĠarrivŽe au pouvoir de notre hyperprŽsident, la situation est aujourdĠhui totalement diffŽrente. Il nĠy a plus de 1er ministre fusible. LĠadversaire, cĠest lui. CĠest pourquoi il faut tous les chasser dĠun coup. Il nĠy a donc quĠune solution : des Žlections anticipŽes. Des prŽsidentielles et des lŽgislatives pour changer de prŽsident et de gouvernement.

Que ceux pour qui le changement de calendrier pose un problme se rappellent : Chirac lĠa fait en 1997. Les Žlections anticipŽes arrangeaient bien la droite ˆ ce moment (enfin, cĠest ce quĠils croyaientÉ), alors pourquoi la gauche ne se battrait-elle pas pour en imposer ?

Cette revendication est tout ˆ fait lŽgitime, car Sarko et sa clique, eux, ne le sont plus du tout. Dans un systme dŽmocratique, les Žlus sont les reprŽsentants du peuple. Qui reprŽsentent-ils aujourdĠhui ? Qui les soutient ? Ë part le MEDEF, personne. Jamais un prŽsident et un gouvernement nĠont ŽtŽ aussi dŽcriŽs, ils ne reprŽsentent plus personne. Voilˆ pourquoi la gauche doit ouvrir des perspectives politiques au mouvement social : des Žlections, maintenant !

Il ne faut pas rater lĠoccasion : seul un mouvement social puissant, regroupant des millions de personnes, peut imposer la tenue dĠŽlections anticipŽes. Ce mouvement social, il est latent, on a vu son irrŽsistible puissance le 29 janvier et le 19 mars. Nous le reverrons, soyons-en sžrs, le 1er mai. La gauche a ratŽ lĠoccasion de se battre dans ce but en 2003, lors des grandes grves contre la rŽforme des retraites. Elle lĠa ratŽ contre le CPE ; cette fois ci, il ne faut pas se tromper. Des Žlections tout de suite : ce mot dĠordre doit tre celui de toute la gauche et en particulier celui de son parti le plus puissant : le Parti Socialiste.

Bien sžr, cette revendication ouvre la voie ˆ une gauche rŽellement de gauche au pouvoir. Elle pose le problme de lĠunitŽ de la gauche pour battre la droite, elle pose aussi le problme du programme commun de toute la gauche. Ces trois ŽlŽments sont liŽs, lĠun ne va pas sans les deux autres. CĠest sur ces points que nous autres, socialistes, devon nous battre maintenant.

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Le comitŽ de rŽdaction de MILITANT Le 25 avril 2009

A l'attention de la rŽdaction d'A l'Encontre

Chers camarades,

nous sommes ravis que vous repreniez quelques fois des articles tirŽs de notre publication Žlectronique, Militant-Lettre de liaison. Cependant, la dernire publication sur votre site Web, par vos soins de l'article Žditorial du NĦ58 du 21 avril 2009, intitulŽ "Caterpillar, Continental : les vannes du barrage commencent ˆ cŽder" appelle les remarques suivantes de notre part.

Le titre de cet article est "Caterpillar, Continental : les vannes du barrage commencent ˆ cŽder" et non pas "Caterpillar, Continental: les vannes vont-elles cŽder ?". Vous admettrez que les deux formulations n'ont pas le mme sens.

Par ailleurs, la dernire phrase de cet article n'est pas "Si nous voulons gagner, il faut aller ˆ l'affrontement, rassemblŽs", mais la phrase suivante "Si nos organisations, au lieu de faire attendre les gens boite par boite entre deux grandes "journŽes", travaillaient ˆ la centralisation de tout le mouvement dans une grande manifestation ˆ plusieurs millions ˆ l'ƒlysŽe, que de violence, que d'Žnergie ŽconomisŽe !".

Vous comprendrez que l'omission de cette dernire phrase puisse nous gner car elle est l'expression de l'orientation que nous proposons aux travailleurs et aux militants pour faire face ˆ la situation prŽsente en France. Nous comprenons trs bien que ces propositions ne soient pas partagŽes spontanŽment par tous. Au contraire, pour nous, elles sont soumises ˆ la discussion libre et sincre dans l'opinion publique ouvrire, et nous ne postulons pas ˆ l'infaillibilitŽ papale.

Nous pouvons comprendre aussi que la personne qui a rŽalisŽ la mise en ligne de notre article ait pu avoir des prŽcipitations dans la phase de copier-coller ˆ partir du fichier au format PDF de notre envoi de 0H15, lundi dernier. Mais vous voudrez bien aussi comprendre que les rŽdacteurs de Militant soient attachŽs ˆ ce que la lettre et l'esprit de leur expression publique soient prŽservŽs de modifications non souhaitŽes.

Enfin, vous nous prŽsentez sous le titre MILITANT-Lettre de liaisons (avec un "s"). Il faut laisser tomber le "s" ! En effet, au dernier trimestre 2007, les comitŽs de rŽdaction de Militant et de la Lettre de Liaisons (avec un "s" lˆ!) ont fusionnŽ. Notre groupe a une forme associative et non pas de rŽseau (ce qu'Žtait par contre la Lettre de Liaisons ). Cette nuance est importante, car pour ce qui concerne les initiateurs de Liaisons, la forme rŽseau a ŽtŽ utilisŽe jusqu'ˆ son Žpuisement. DŽsormais, il n'y a plus qu'un groupe dŽnommŽ Militant, ayant une forme associative, avec une centaine d'adhŽrents et un conseil d'administration ; nous publions le trimestriel papier dŽnommŽ "Militant", complŽtŽ par le site web "www.le-militant.org" et la lettre Žlectronique intitulŽe "Militant-Lettre de liaison". Nous organisons plusieurs cercles dont un cercle de mal-logŽs et un cercle de sans-papiers sur Paris et la rŽgion parisienne. Et la faon publique dont nous nous prŽsentons est accessible par exemple dans notre tract pour le 1er Mai 2009 comme suit : "Militant est un regroupement de travailleurs de toutes nationalitŽs, ouvriers, mres de famille, travailleurs sans-papiers, et militants agissant dans les partis de gauche, PS, PCF ou PG, les syndicats et les associations, pour construire ensemble une alternative politique qui ne pourra venir que de l'organisation des travailleurs eux-mmes. C'est pour cela que nous proposons une manifestation nationale ˆ l'ElysŽe."

En espŽrant que vous continuerez ˆ porter votre attention sur nos publications, nous vous adressons nos fŽlicitations pour la qualitŽ des documents que vous rendez accessibles en langue franaise sur votre site. Ce qui fait de votre site, une rŽfŽrence et une source prŽcieuse pour les militants.

Pour la rŽdaction de MILITANT,
Olivier Delbeke.

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