Lettre de liaison
NĦ 59 du dimanche 26 avril.
Le courage, c'est de chercher la vrit et de la
dire. Jean Jaurs.
Comit de rdaction lu
l'assemble gnrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie
BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75)
Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) Stphane FUSTEC
(75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent
PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)
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Militant-la Lettre de liaison :
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Edito : Militant le 1Ħ mai.
Nous informons ! (prsentation des articles de
cette lettre).
Le tract de l'union locale CGT de Brignoles.
Les revendications de l'intersyndicale de
Haute-Loire pour le 1Ħ mai.
La position de l'UD FO de la Sarthe.
Interview par Chien Crole du dirigeant de la CGT
de Guadeloupe.
L'appel de militants et d'lus, impuls notamment
par le POI, une confrence pour l'unit pour l'interdiction des
licenciements.
Dclaration d'Olivier Besancenot pour une
"marche nationale" pour l'interdiction des licenciements.
Initiative du NPA de l'Eure.
Un texte de Jean-Paul Legrand, maire-adjoint PCF de
Creil.
Discussion conscutive l'article de Raymond
Debord dans la lettre de liaison de Militant du 5 avril (Raymond Debord, Jean Baumgarten,
Georges Gastaud, Robert Duguet ...).
L'Offensive Socialiste, tendance du MJS, pour des lections
anticipes en France !
Le comit de rdaction de la lettre de liaison de
Militant l'attention de la rdaction de A l'Encontre.
3000 licenciements par jour, ASSEZ ! Manifestation
nationale contre Sarkozy.
PARIS/REGION
PARISIENNE : 1er MAI
13h30 TOUS A DENFERT ROCHEREAU
Avec MILITANT
Rendez vous angle Boulevard Raspail et avenue Denfert
Rochereau.
1Ħ Mai 2009 : Militant donne rendez-vous tous Denfert
Rochereau 13h 30 pour manifester ensemble pour l'interdiction des
licenciements, le droit au logement, la rgularisation des sans-papiers et le
pouvoir d'achat, contre Sarkozy, pour manifester tous ensemble de toute la
France dans l'unit contre Sarkozy et les patrons.
Dans les dfils des diverses villes et localits, Militant
appelle chacun reproduire et diffuser notre tract, disponible sur
http://www.le-militant.org/.
La distribution du tract est prvue Montluon et Moulins,
o sera organise une rencontre publique la semaine suivante. Sur le bassin de
Vichy les salaris de l'usine Frulact (prparation de fruits pour yaourt)
Saint-Yorre et ceux de l'usine Wavin (tuyaux et raccords en PVC) Varennes,
confronts aux plans de licenciements, ont rencontr l'initiative de
l'intersyndicale les partis de gauche jeudi 23 et se sont prononcs pour que le
mot-d'ordre du 1Ħmai soit l'interdiction des licenciements.
A Brignolles dans le Var l'Union locale CGT dont nous
reproduisons le tract ci-dessous appelle, avec la FSU, sur ses revendications
syndicales, une manifestation du 1Ħmai pour la premire fois depuis 20 ans.
Tous ont de plus en plus leur mot dire sur la suite
donner ce 1Ħ mai. Bernard Thibault a pour l'instant voqu les journes
d'action europennes de la CES (Confdration Europenne des Syndicats) des
15-16 mai. Mais la question c'est : ARRETER LE MASSACRE, STOP AUX 3000
LICENCIEMENTS QUI TOMBENT TOUS LES JOURS, INTERDICTION DES LICENCIEMENTS. La
question d'une manifestation nationale appuye par une grve gnrale est
envisage et discute, et dans cette direction des manifestations des
travailleurs licencis et de tous les secteurs avec eux en direction des prfectures.
On parle de "durcissement", de "radicalisation" : en effet,
cette semaine, une tape a t franchie avec Caterpillar Grenoble et
Continental Clairoix. Les premiers ont montr leur refus du "plan de
sauvegarde de l'emploi" ngoci dans le cadre de l'isolement boite par
boite, les seconds ont montr en s'attaquant la sous-prfecture qu'ils savent
o est l'adversaire, l'tat-major des licencieurs. Ne serait-ce pas la
responsabilit des organisations syndicales d'organiser ce rassemblement, cette
concentration tous ensemble contre le pouvoir ? Ne va-t'il pas falloir
l'imposer ? N'est-ce pas cela, l'unit, celle que le LKP incarne en Guadeloupe
?
Les militants savent que ce n'est pas le 1Ħmai qui fera cder
Sarkozy et les patrons, de mme qu'ils savent que les faire cder est une
question politique qui pose la question d'un pouvoir politique autre. Mais ils
en assureront le succs, pas pour le "dialogue social", pas pour la
"refondation du capitalisme", pas pour la gnralisation du chmage
partiel, pas pour les ngociations boite par boite le couteau sous la gorge,
mais pour le vrai Tous ensemble, tous en grve, tous en manifestation nationale
contre Sarkozy !
Nous
informons !
Ci-dessous
sont reproduits plusieurs documents sur le 1Ħ mai.
Les
revendications de l'intersyndicale de Haute-Loire (CGT-CFDT-CFTC-FSU-Solidaires-UNSA)
et le tract de l'union locale CGT de Brignoles (Var) sont des exemples des revendications
des sections locales et dpartementales, que l'on ne retrouve pas dans les
textes nationaux dits de l'"intersyndicale des 8" (ni la hausse des
salaires, ni l'arrt des licenciements ! ).
Nous
reproduisons galement la position de l'UD FO de la Sarthe qui, l'instar de
FO en Haute-Loire ou en Loire-Atlantique, ne participe pas aux manifestations
communes ce 1Ħ mai au motif que ce n'est pas cela qui fera bouger les choses et
qu'il faut prparer une vraie grve gnrale et mme, au fond que cela va
affaiblir la mobilisation. Position respectable, qui recoupe les proccupations
des militants de tous les syndicats : mais n'est-ce pas justement en tant prsents
tous ensemble, et en imposant le dbat, la dmocratie ouvrire, l'expression
des points de vue, contre l'unanimisme que veulent imposer les partisans du
"dialogue social" qui ne sauraient qu'tre infiniment minoritaires
dans tout cortge ouvrier digne de ce nom, qu'on prparera rellement le tous
ensemble ncessaire ? Pour nous, l'unit le 1Ħ mai n'est en effet pas un
gadget, mais bien une ncessit pour la classe ouvrire !
Nous
compltons ces informations syndicales par l'interview du dirigeant de la CGT
de la Guadeloupe, Jean-Marie Nomertin, sur le site de Chien Crole -un beau document
(http://chien-creole.blogspot.com/2009/02/libere.html).
Sur
les mobilisations ouvrires, les organisations politiques ont non seulement le
droit, mais le devoir de s'exprimer. On voit poindre a et l des invocations
parfaitement hypocrites et dplaces de l' "indpendance syndicale"
qui relvent en ralit de la manipulation politique. A l'unisson de M.Fillon
qui aprs l'attaque de la sous-prfecture de Compigne par les salaris de
Continental, a prsent ceux-ci comme une minorit radicale passible de la
prison, Le Figaro
dans un article remarqu du 23 avril sur les squestrations de patrons attribues
"la main de l'extrme-gauche" (quelle rigolade ! ) annonce que la
direction confdrale de la CGT a- selon lui- commis un permanent la
surveillance du "NPA" dans la confdration. La bourgeoisie montre
par l ce qu'elle estime avoir attendre des dirigeants syndicaux, alors qu'en
Guadeloupe Elie Domota et Jean-Marie Nomertin, eux, n'ont pas rpondu cette
attente ...
Donc,
nous reproduisons 3 textes de "politiques" se prononant sur
l'organisation des mouvements actuels : 1Ħ) l'appel d'lus et de militants,
impuls notamment par le Parti Ouvrier Indpendant une confrence nationale
pour l'interdiction des licenciements les 15 et 16 mai, 2Ħ) la dpche AFP
informant d'une dclaration d'Olivier Besancenot, devant l'usine Molex, en
faveur d'une marche nationale pour l'interdiction des licenciements, 3Ħ) une
initiative du NPA de l'Eure sur ce mme sujet, en annexe de laquelle est
reproduit l'appel d'une assemble tenue le 29 janvier au Havre (voir lettre de
liaison de Militant nĦ 49 du 17 fvrier dernier).
La
contribution de Jean-Paul Legrand, maire-adjoint PCF de Creil, ville qui se
situe non loin de Clairoix et Compigne aujourd'hui marqus par la bataille de
Continental, a une porte plus gnrale et nous semble tre un document
important qui demande tre connu et discut. C'est le regroupement et la rflexion
communes de militants qui nous permettront, ensemble, de nous organiser pour
aider notre classe s'organiser elle-mme.
Nous
reproduisons ensuite un dbat en cours, qui s'est dclench "tout
seul" par mails suite la publication d'une contribution de Raymond
Debord dans la lettre de liaison de Militant du 5 avril dernier (nĦ55), que le
"club d'action et de rflexion" "Socialisme Maintenant ! "
anim notamment par Robert Duguet a diffus sur son site
(http://www.socialisme-maintenant.org/). C'est l une discussion qui va
continuer trs prochainement, nous y comptons bien.
Si
comme il le faut, puisque c'est 3000 licenciements par jour sans interruption
ou a, une manifestation nationale monstre de travailleurs en grve et de toute
la jeunesse dfait Sarkozy, quel dbouch politique ? H bien un article de nos
camarades de l'Offensive Socialiste
(http://offensivesocialiste.wordpress.com/), tendance du MJS (Mouvement des
Jeunes Socialistes), dans leur bulletin Unit nĦ 21, d'avril 2009, aborde de front
cette question en revendiquant des lections anticipes lgislatives et prsidentielles,
s'inspirant peut-tre de ce qui vient de se passer en Islande (cet article n'tant
pas sign engage sans doute l'quipe de l'OS, ce qui lui donne d'autant plus de
porte). Engageons le dbat sur ce sujet vital, car en effet, au rythme de 3000
licenciements par jour, pas question d'attendre 2012 !
Enfin,
les camarades qui animent l'excellent site A l'Encontre
(http://www.alencontre.org/) en Suisse romande ont reproduit l'article sur
Caterpillar et Continental paru dans la prcdente lettre, mais avec des
petites diffrences au sujet desquelles nous leur avons crit : nous
reproduisons cette lettre.
Le
tract de l'union locale CGT de Brignoles.
LA
CRISE CĠEST EUX, LA SOLUTION CĠEST NOUS
Depuis
le mois de dcembre, face la crise, lĠunit syndicale se construit
partout. 29 janvier : 2.5
millions de manifestants 19 mars : 3 millions de manifestants Le 1er mai
soyons encore plus nombreux et plus forts. Le 1er mai 2009 est indit, pour la premire fois, il rassemblera partout dans les rues lĠappel
des huit organisations syndicales.
En
manifestant massivement Brignoles contribuons faire de cette journe un vnement exceptionnel.
Les
capitalistes fauteurs de crise doivent payer. Pas les travailleurs, pas la population.
60
% des franais veulent des suites au 19 mars car le pouvoir et le patronat rpondent
leur colre par le mpris.
La
crise touche tout le monde car en plus des salaris victimes des plans sociaux
suite aux fermetures et aux dlocalisations dĠentreprises, il y a toutes celles
et ceux, de plus en plus nombreux, concerns par les pertes dĠemploi, la prcarit,
les expulsions, le harclement au travail. Les associations caritatives nĠarrivent
plus faire face la demande de repas, dĠhbergements devant lĠaugmentation
des personnes survivant en dessous du seuil de pauvret.
Les
fonctionnaires dont on voudrait nous faire croire quĠils sont trop nombreux et
un poids pour la socit alors que nous avons besoin de plus de moyens
financiers et humains pour les coles, les hpitaux, les transports, la poste
pour de vritables services publics de qualit au service du public.
Les
retraits qui ont perdu 20 % de leur pouvoir dĠachat en 10 ans, qui nĠont pas
les moyens de se loger dignement, dĠaccder aux maisons de retraite.
Les
jeunes qui revendiquent pour gagner leur autonomie, obtenir un logement, sortir
de la prcarit pour pouvoir construire un avenir et une famille.
Pour
toutes et tous, femmes et hommes, cadres, ouvriers ou employs le fond du
porte-monnaie se rduit comme peau de chagrin. Pour toutes et tous, la priorit
cĠest lĠarrt des licenciements, lĠaugmentation des salaires, des pensions et
des minima sociaux.
Les
salaris de BRIGNOLES et des villages du grand Centre Var le savent bien :
pas un jour ne se passe sans licenciement. Sans fermeture dĠentreprise et plan
sociaux. De plus en plus nombreux
les travailleuses et travailleurs qui sombrent dans la dpression pour des
salaires impays, des harclements orchestrs par des patrons sans scrupule
pour les pousser la dmission o la faute.
Nous
disons a suffit !
La
CGT PROPOSE :
EMPLOI :
Arrt des licenciements Cration dĠemplois stables qualifis et reconnus.
SALAIRES :
Augmentation des salaires sur la base dĠun SMIC 1600 euros bruts.
RETRAITES :
A 60 ans taux plein. Sur la base de 75 % du salaire antrieur. Indexation des
retraites sur les salaires.
PROTECTION
SOCIALE et SANTE : Droit aux
soins pour toutes et tous, Retrait de la HPST (loi sur les soins et lĠhospitalisation)
Rforme du financement pour rpondre aux besoins.
SERVICES
PUBLICS : Des services
publics de qualit De proximit pour favoriser le dveloppement
industriel, la cohsion socialeÉ.
La
meilleure faon de donner, ds prsent, toute la puissance ncessaire aux
luttes et aux manifestations, est de sĠorganiser tout de suite en se syndiquant
et en crant le syndicat CGT dont on a besoin.
Contact : UL - CGT – Bourse du Travail - Place du Portail
Neuf - 83170 BRIGNOLES Tl : 04 94
69 31 18 Fax : 04 94 69 11 86 94 51 Courriel : ulbrignoles@cgt.fr.
Les
revendications de l'intersyndicale de Haute-Loire pour le 1Ħ mai.
Pour lĠemploi : arrt des
licenciements.
Halte au chmage. Nous
demandons lĠarrt des licenciements conomiques avec un contrle plus
strict des autorits publiques et lĠinterdiction des dlocalisations.
L'emploi pour toutes et tous doit tre
garanti !
Le chmage partiel doit permettre
aux salari(e)s de conserver leur contrat de travail, avec une indemnisation
maintenue 100 % et accompagn dĠun plan de formation professionnelle. Dans la
fonction publique, ce sont plus de 30 000 suppressions dĠemplois prvues en
2009 et 20 000 dans la sant. La sant est un bien pour toutes et tous, elle
doit tre maintenue. Nous demandons le maintien de tous ces postes et lĠarrt
des privatisations.
Plus de pouvoir dĠachat et augmentation des salaires.
Augmenter
les salaires, les retraites, les minimas sociaux, cĠest relancer lĠconomie.
200 Û pour toutes et tous, cĠest une revendication lgitime face la baisse
constante du pouvoir dĠachat.
1er mai -
Manifestation et prise de parole Dpart : 10h30 place
Cadelade au Puy.
La
position de l'UD FO de la Sarthe.
L'union
dpartementale Force ouvrire ne participera pas au traditionnel dfil du 1er
mai, considrant que Ç
cette journe d'action ne rpond pas l'attente de ses militants et plus
largement des salaris. Au contraire, aprs le succs du 19 mars, cette nouvelle journe risque
d'affaiblir le ncessaire rapport de force qui pourrait faire plier le
gouvernement et le patronat
È.Au niveau
national, le syndicat avait propos le 30 mars dernier un appel une grve
franche interprofessionnelle, mais la proposition n'a pas t retenue. Les
militants sarthois estiment Ç qu'un appel une troisime journe protestataire, sans grve, ne
permettra pas d'imposer le rapport de force ncessaire pour obtenir, entre
autres, le gel immdiat de tous les licenciements, le paiement 100 % du chmage partiel, l'augmentation
des salaires comme moyen pour une vritable relance de l'conomie, le rtablissement
des 30 000 postes
supprims dans la fonction publique È.
Interview
du dirigeant de la CGT de la Guadeloupe.
Chien
Crole : Jean-Marie, tu as lu le dernier article de Chien Crole sur le lien
qui pourrait exister entre le meurtre de Jacques Bino et l'affaire Lautric(1).
Qu'est-ce que a t'inspire ?
Jean-Marie
Nomertin : Ds le dpart, j'ai dit qu'il y avait des zones d'ombre autour du
meurtre de Jacques Bino. Les lments que tu rvles dans ton article sur
l'affaire Lautric nous poussent nous poser des questions sur la vracit des
faits tels qu'on nous les a prsents et sur leur droulement. Depuis le dbut,
on demande une commission indpendante pour diligenter l'enqute.
CC
: Quels lments selon toi pourraient garantir l'indpendance de cette
commission ?
JMN
: Il faudrait que ce soit des personnes assermentes bien sr, venant
d'ailleurs que de la Guadeloupe, des enquteurs reconnus pour leur honntet.
CC
: Tu as des doutes concernant l'honntet avec laquelle l'enqute est
actuellement mene ?
JMN
: L'enqute est en cours, je ne peux donc pas clairement me prononcer, mais oui
beaucoup de choses me paraissent troubles, notamment l'arrestation de Ruddy
Alexis qui on reproche d'avoir tu Jacques. Sur la forme aussi, il y a des
choses qui me paraissent tranges.
CC
: Comme ?
JMN
: Par exemple, le jour o Ruddy Alexis a t prsent devant le procureur au
Tribunal de Grande Instance de Pointe--Pitre. On lui a fait parcourir dcouvert
plusieurs dizaines de mtres pieds, aprs avoir annonc dans les mdias qu'on
avait arrt le prsum coupable de la mort de Jacques Bino. Il me semble que
normalement tout individu accus de faits aussi graves bnficie d'un minimum
de protection : son visage est dissimul, il porte un gilet pare-balles, etc.
CC
: Tu penses qu'on a pu dlibrment chercher provoquer un geste de vengeance
chez les sympathisants du LKP ?
JMN
: Je dis juste que je me pose des questions sur la faon dont les choses ont t
faites.
CC
: Jacques Bino tait la CGTG. Sur le plan syndical, qu'est-ce que tu peux
nous dire de lui ?
JMN
: C'tait quelqu'un de rserv, simple, modeste. Il tait trs affable. Sur le
plan syndical, il tait trs srieux, toujours prsent et ponctuel aux
rendez-vous. Il ne manquait pas une runion, en particulier celles ayant voir
avec le LKP.
CC
: Est-ce que tu dirais qu'il tait trs engag ?
JMN
: il tait rvolt par les injustices qu'il constatait aux impts o il travaillait.
Il me parlait souvent des facilits pour payer toujours moins accordes ceux
qui ont les moyens alors que les autres sont chaque fois plus pressurs jusqu'
dans certains cas se retrouver menacs d'expulsion.
CC
: Je change de sujet, en tant que CGTG, quelle a t votre spcificit dans le
combat men au sein du LKP ?
JMN
: Nous sommes la deuxime organisation syndicale de Guadeloupe, derrire
l'UGTG(2) .Mme si toutes les associations, les partis, prsents au sein du LKP
ont jou un rle important et ont contribu au succs que nous avons connu, le
mouvement reposait tout de mme essentiellement sur les centrales syndicales.
Nous avons eu le souci premier de faire triompher les revendications sociales
et politiques prsentes dans la plateforme de revendication et de nous y tenir.
CC
: Comment ragis-tu quand tu entends Bernard Thibault, le dirigeant national de
la CGT, rpter que la Guadeloupe et l'hexagone, a n'a rien voir et qu'on ne
peut pas transposer en mtropole ce qui s'est pass en Guadeloupe ?
JMN
: C'est vrai qu'ici, il y a deux aspects : l'exploitation capitaliste d'abord,
le colonialisme ensuite. Mais rien que sur le premier point, avec tous les
licenciements, le mpris affichs l'gard des travailleurs, je pense qu'il y
a largement matire, en France, un mouvement social du mme type que celui
qu'on a men ici, mais il faut pour a, que les chevilles ouvrires que sont
les centrales syndicales harmonisent le mouvement. En Guadeloupe, par exemple,
nous avons pris l'habitude depuis des annes, de faire des dfils unitaires
pour le 1er mai. Est-ce que les centrales syndicales en mtropoles
en sont l, en ont-elles envie ? Je souhaite que la classe ouvrire
internationale suive nos pas, qu'on arrte de faire des journes de vingt-quatre
heures de grve qui dmoralisent plus qu'autre chose...
CC
: Comment expliques-tu justement qu'ici les centrales syndicales aient russi
faire le pas, s'entendre entre elles et lancer un mouvement aussi ambitieux
et que a paraisse si difficile l-bas ?
JMN
: Nous sommes des appareils, c'est vrai, mais ici nous sommes surtout sur le
terrain. a peut aider !
CC
: Dans une prcdente interview Chien Crole, Elie Domota expliquait que,
dans le cadre d'une runion de suivi, le 15 avril serait l'occasion de faire le
point avec le prfet sur un certain nombre de demandes formules par le LKP
auprs de l'Etat, en particulier les avances sur la revalorisation des minimas
sociaux. Vous avez finalement dcid de ne pas y aller. Pourquoi ?
JMN
: Nous n'y sommes pas alls parce qu'il y avait une confusion dlibrment
entretenue entre cette runion et les tats gnraux auxquels nous ne
souhaitons pas tre associs. Ces tats gnraux sont l'illustration de l'art
du gouvernement et de la classe dominante pour donner au peuple l'illusion
qu'il sert quelque chose. Les 44 jours de grve ont rvl un pouvoir
chancelant avec des pisodes comme la fuite du secrtaire d'Etat, par exemple.
Nous ne comptons pas participer des tats gnraux qui n'ont d'autre objectif
que de redorer le blason de ceux qui se sont dcrdibiliss. Qu'on ne compte
pas sur nous pour lgitimer un tel dispositif.
CC
: Pour le LKP, ces tats gnraux sont donc purement et simplement illgitimes
?
JMN
: Les Guadeloupens ne les ont jamais demands, c'est Nicolas Sarkozy qui les a
voulus. Ce que nous voulons c'est que l'Etat et ses partenaires rsolvent dj
les questions qui intressent les Guadeloupens, concernant la rsolution des
conflits en cours ; qu'il revienne sur l'extension ampute de l'accord Bino,
qu'on trouve des solutions pour les contrats aids, les marins-pcheurs, les
retraits, les handicaps. Qu'on avance rellement sur la question de l'emploi,
des terres agricoles, de la promotion des Guadeloupens aux postes de
responsabilit, etc. Et puis quoi bon des tats gnraux si, contrairement
ses prdcesseurs, Sarkozy a dclar ici pendant sa campagne lectorale avoir Ç
un programme sur mesure pour l'Outre-mer È(3) ?!
CC
: Les attaques sur votre dcision de ne pas participer aux tats gnraux se
multiplient. Comment analyses-tu cette virulence?
JMN
: Madame Alliot-Marie a dclar que le peuple allait nous juger. Elle oublie
visiblement que le peuple est derrire le LKP. Nous faisons ce que nous avons
faire. Il n'y a pas si longtemps on nous traitait de tontons macoutes, de
terroristes, de demeurs, Lurel(4) disait de nous avant la grve gnrale, que
nous n'tions pas capable d'aligner dix personnes dans la rue, que c'est pour a
qu'on avait recours aux groupes carnavalesques ! On nous a rpt que nous
n'avions pas la lgitimit des urnes. Et aprs nous avoir vilipend
publiquement comme a, nous avoir montr du doigt, les mmes nous jugent
incontournables ?! Encore une fois, nous n'avons aucun intrt lgitimer ce
qui n'est rien d'autre qu'un coup politique de Sarkozy et de son gouvernement.
CC
: Une dernire question, tes yeux, quel est le plus grand acquis de la grve
gnrale ?
JMN
: Il y en a beaucoup mais ce qu'il y a peut-tre de plus prcieux, c'est
l'espoir et la confiance retrouvs au sein de la classe ouvrire ; le sentiment
qu'on peut faire avancer les choses.
Interview
ralise par FRdric Gircour (trikess2002@yahoo.fr)
(1)
Lire L'affaire Lautric, une affaire gnante pour le pouvoir, billet antrieur
celui-ci sur Chien Crole
(2) L'UGTG (Union Gnrale
des Travailleurs de Guadeloupe) est le syndicat indpendantiste de Guadeloupe,
dirig par Elie Domota, qui a trs largement remport les dernires lections
prud'hommales en Guadeloupe.
(3) Discours prononc en
2007 au Morne Vergain aux Abymes.
(4) Victorin Lurel, prsident
PS de la Rgion Guadeloupe.
L'appel
de militants et d'lus, impuls notamment par le POI, une confrence pour
l'unit pour l'interdiction des licenciements.
Le
7 dcembre 2008, Limeil-Brevannes, une confrence de dlgus pour lĠunit, runie
lĠinitiative du POI, lanait un appel lĠunit des partis et organisations
politiques se rclamant du mouvement ouvrier, pour lĠorganisation dĠune marche
unie pour lĠinterdiction des licenciements.
Depuis
cette confrence, le rythme des licenciements annoncs ne fait que sĠacclrer.
Pas un jour ne passe sans que lĠon nĠapprenne de nouvelles fermetures dĠusines,
de nouveaux plans de restructuration. 170 000 chmeurs supplmentaires pour les
deux premiers mois de lĠanne. Tandis que 428 milliards dĠeuros sont accords
pour renflouer les spculateurs qui continuent spculer et licencier !
Depuis
cette confrence, aussi, plus de 40 000 travailleurs, jeunes et militants de
toutes tendances se sont prononcs en faveur de lĠorganisation de cette marche
unie. Dans tout le pays, travailleurs, militants, lus de toutes tendances
politiques du mouvement ouvrier et dmocratique constituent des comits dĠorganisation
de la marche unie.
Au
sein mme des partis, la ncessit de lĠinterdiction des licenciements fait son
chemin. Des propositions de lois sont discutes. Il y a urgence. Urgence
tisser le solide rseau des travailleurs, jeunes et militants de toutes
tendances qui, travers les comits, sĠengagent dans lĠindispensable
construction de lĠunit.
Nous, lus, militants et
travailleurs appartenant tous les courants du mouvement ouvrier et dmocratique,
qui avons pris la parole le 29 mars la tribune du rassemblement pour lĠunit
convoqu Marseille, proposons la tenue, le 16 mai prochains, dĠune deuxime
confrence nationale de dlgus pour lĠunit, pour lĠorganisation dĠune marche
unie pour lĠinterdiction des licenciements.
Ahmed
ABDELLAOUI,
syndicaliste LINPAC ; Jean GUIGUE, syndicaliste postier ; Magali RABERAIN, syndicaliste ; Jean-Franois MATTI, syndicaliste territorial ; Marcel
GRAZIANI syndicaliste
docker ; Lydia FRENTZEL,
militante communiste ; Richard MARTIN directeur du thtre Toursky ; Michle QUENEHEN, syndicaliste assurances ; Philippe
AMAT, tudiant,
militant de lĠAJR ; Vronique MAZZA, syndicaliste Scurit sociale ; Damien KUSTER, syndicaliste SNCF , Ren SALE, syndicaliste hospitalier ; Jean-Jacques
KARMAN, membre de la
Direction nationale du PCF ; Daniel GLUCKSTEIN, Secrtaire national du POI ; Grard SCHIVARDI, Secrtaire national du POI ;
Laurence DELEUZE,
membre du BN du POI, Claude JENET, Secrtaire national du POI ; Warda AIT FATNA, tudiante, militante de lĠAJR (groupe
Avignon) ;
SĠassocient
cet appel :
Jos
ESCANEZ, Conseiller gnral
MRC des Alpes de Haute-Provence, Guy CHAPOULIE, Conseiller municipal Parti de gauche Tarascon, Enna
DUFOUR conseillre
municipale Parti de gauche ( Tarascon) ,Alain PAGLIANO enseignant , Parti de gauche (Bouches
du Rhne), Andr TOMASO
responsable Parti de gauche de la 16 circonscription ( 13) ,
Dclaration
d'Olivier Besancenot.
Olivier
Besancenot appelle une Çmarche nationaleÈ pour l'interdiction des
licenciements.
Le
porte-parole du NPA tait venu soutenir jeudi les employs de Molex qui
manifestaient contre la fermeture annonce de leur entreprise.
Olivier
Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste) a appel jeudi, devant les employs
de la socit Molex Automotive SARL, Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), Çune
marche nationale sur Paris, en mai, de tous les salaris licencisÈ.
Parlant
des dizaines de salaris de Molex qui manifestaient devant un cercueil gant
symbolisant la mort annonce de leur entreprise, le leader dĠextrme-gauche a
voulu, avec ce projet de marche, Çque soient abords les vrais problmes et
les vraies solutionsÈ.
Dfileraient en tte, a-t-il poursuivi, Çles salaris de Molex, de
Continental, de CaterpillarÈ pour Çmontrer le visage de tous ceux qui rsistentÈ.
ÇNous
avons propos un rassemblement unitaire des forces syndicales et politiques, au
lieu de dfiler les uns aprs les autresÈ, a soulign le porte-parole du NPA, prcisant que
cette marche pourrait se tenir une autre date que le 1er mai.
Interrog
sur sa position face la squestration en dbut de semaine, de deux des
dirigeants de la socit Molex dans leurs bureaux de Villemur-sur-Tarn, Olivier
Besancenot a camp sur sa position: ÇJe soutiens les salaris dans toute
forme dĠaction, ne comptez pas sur moi pour les dsapprouverÈ.
(Source
AFP).
Initiative
du NPA de l'Eure.
Lettre
ouverte du NPA 27 aux fdrations de lĠEure du PCF, du PG, du POI, du PS et des
Verts
A
Glaxo-Evreux, aprs les 600 intrimaires et CDD remercis, cĠest au tour des
embauchs en CDI de casquer avec 800 licenciements. Pour chaque emploi supprim
GSK , cĠest 4 5 emplois indirects qui disparaissent avec les sous-traitants
et les fournisseurs. Cela signifie au total 4 000 emplois menacs
Ce
plan de liquidation de lĠemploi vient aprs celui de Tyco Val de Reuil, Kapp
Lahure Jombart Evreux, Holophane aux Andelys , Diguet-Denis Breteuil ou
Novelis Rugles, pour ne citer que ceux-ci. En mme temps le chmage partiel
se dveloppe comme Sealynx Charleval, Renault Clon ou Sandouville et
partout ailleurs. Notre dpartement est une fois de plus gravement sinistr.
II
y a urgence rendre les coups, refuser les plans de licenciements et les
mesures de chmage partiel. Nous reprenons notre compte lĠappel unitaire des
grvistes du Havre
le
29 janvier 2009 soutenu par 26 syndicats, associations et partis, qui affirme :
ÇNous
en avons Ç assez –assez È des bnfices rservs aux actionnaires et nous
nous battons contre tous les licenciements et la prcarit, pour nos emplois,
les salaires, les retraites É car nous ne paierons pas votre crise ! È
Pour
notre part, nous considrons quĠil est temps en effet dĠexiger lĠinterdiction
des licenciements GSK, comme ailleurs. Nous sommes pour la restitution des
cadeaux publics aux entreprises qui font du profit.
Rpondant
lĠAppel du Havre, nous vous proposons lĠunit pour :
-organiser
une manifestation dpartementale contre les licenciements et le chmage
partiel, et nous adresser aux syndicats dans ce sens.
-interpeller
au niveau national les organisations signataires de lĠAppel du Havre afin quĠelles
organisent une manifestation nationale dans les plus brefs dlais.
Nous
vous demandons de bien vouloir rpondre notre proposition dĠaction en nous crivant
npa-27@hotmail.fr
Ci-dessous
lĠAppel du Havre soutenu par la CGT, Solidaires, FSU, CFDT, FO,
CFTC,
UNSA, CFE/CGC, UNL, UNEF, PCF, NPA , PS, MRC, Les Verts, PRG, ATTAC, LDH,
Vivats, CNL, Arac, Mouvement de la paix, AC, Adeva, Collectif sauvons la sant.
APPEL
du HAVRE
Assemble
gnrale interprofessionnelle du 20-01-2009
Soutenue
par 26 syndicats, association et partis.
Nous,
grvistes et manifestants ce jour lĠappel de 26 organisations syndicales,
partis politiques et associations au Havre contre la politique de Sarkozy et du
Medef, interpellons les diffrentes organisations au niveau national pour
-
quĠelles constituent un collectif lĠimage de celui du Havre, c'est--dire le plus large possible,
car cĠest le seul moyen pour gagner aujourdĠhui
-
que ce collectif organise une manifestation nationale dans les plus brefs dlais et au plus
tard dbut mars.
Nous
en avons Ç assez –assez È des bnfices rservs aux actionnaires et nous
nous battons contre tous les licenciements et la prcarit, pour nos emplois,
les salaires, les retraites É car nous ne paierons pas votre crise !
Par
ailleurs nous constatons que des journes dĠaction ponctuelles ne russissent
pas faire reculer le gouvernement, mais que les lycens par un mouvement de
grve continu ont russi faire reculer Darcos.
Pour
notre part, nous appelons les salaris et la population havraise participer
au blocage conomique de la ville le 10 fvrier.
Aussi
nous demandons ce collectif national de prparer un mouvement tous ensemble,
reconductible avec un calendrier d'chances clair, seul moyen de faire plier
ce gouvernement.
Au
Havre le 29 janvier
Assemble
gnrale runie la bourse du travail lĠappel de 26 syndicats, associations
et partis :
CGT,
Solidaires, FSU, CFDT, FO,CFTC, UNSA, CFE/CGC, UNL, UNEF, PCF, NPA , PS, MRC,
Les Verts, PRG, ATTAC, LDH, Vivats, CNL, Arac, Mouvement de la paix, AC, Adeva,
Collectif sauvons la sant.
294
pour 3 abs 3 NPPV
Un texte de Jean-Paul Legrand, maire-adjoint
PCF de Creil ( http://www.creil-avenir.com/ ).
Il
y a encore quelques mois, au tout dbut de la crise capitaliste, nombreux taient
les militants de gauche dont des communistes qui me disaient leur conviction
que cette crise ne serait que passagre, que le capitalisme retomberait sur ses
pieds. Pourtant depuis, la crise capitaliste sĠapprofondit, elle est entre
dans une phase trs critique avec en particulier la destruction de millions dĠemplois
lĠchelle plantaire , de centaines de milliers en France en lĠespace dĠun
trimestre !
A
ce rythme, la France va connatre une telle monte du chmage, notamment dans lĠindustrie,
que lĠensemble de lĠappareil de production en sera tellement affect que les
pires consquences conomiques et sociales sont redouter dans les prochains
mois.
DĠemble
soyons clairs : le capitalisme ne peut se dvelopper que par lĠexploitation du
travail humain. LĠaccumulation du capital rsulte de cette exploitation. Les idologues
dfenseurs du capitalisme accrditent lĠide que le capitalisme est en soi
facteur de progrs (voir article du Figaro du 17 avril dernier sign Nicolas
Lacaussin). Ce nĠest pas le capitalisme qui est facteur de progrs mais, en son
sein, la lutte de classe.
Pour
ne prendre que quelques exemples, si la classe ouvrire et le peuple ne sĠtaient
pas battus, la journe de travail serait plus de 12 heures, des enfants
travailleraient encore dans les usines en France, lĠcole ne serait ni
obligatoire, ni publique, ni laque, les congs pays et la scurit sociale nĠauraient
jamais exist et du coup lĠesprance de vie de nos concitoyens serait bien
moindre, les femmes nĠauraient ni le droit de vote, ni lĠaccs la
contraception, ni de droit lĠavortement, les services publics nĠexisteraient
pas. CĠest parce que des luttes fortes, unies et dtermines ont t engages
contre le capital que celui-ci a d cder du terrain. Mais cĠest aussi parce
que toutes ces conqutes ouvrires et populaires lui sont insupportables quĠil
a besoin de les liquider pour rsoudre sa crise gnrale de rentabilit.
Dans
la crise que nous vivons le systme de production connat des bouleversements
extrmement rapides et brutaux, les ides qui en manent, celles des gens qui sĠopposent
dans la lutte de classes, ne sont pas ncessairement et immdiatement les ides
adaptes pour rpondre la crise. Ainsi en gnral les hommes pensent pour
beaucoup comme avant la crise, parce que la comprhension de ce qui se passe ncessite
un effort thorique la fois individuel et collectif, un recul et du temps qui
sont souvent un luxe pour des citoyens qui sont assaillis par les difficults
du quotidien. Cette comprhension nĠavance dĠailleurs que par lĠaction
politique, le partage des ides, la conscience que nous sommes tous des tres
historiques en devenir qui peuvent non seulement apprhender le rel par la
pense mais surtout par lĠaction de transformation des conditions dans
lesquelles nous vivons.
En
gnral les ides et les pratiques nouvelles peinent merger mme si dans
certaines circonstances elles peuvent connatre un bond en avant fulgurant. En
gnral, lĠancien domine le nouveau et le nouveau tel une jeune pousse reste prcaire,
particulier, fragile, toujours expos aux alas incertains de lĠavenir,
toujours dpendant des conditions historiques pour se frayer ventuellement un
dveloppement le moment venu et gagner les consciences. Ainsi les capitalistes
continuent de penser que leur accumulation capitaliste est la seule solution et
pour ce faire renforcent lĠexploitation en poursuivant la course la
financiarisation de lĠconomie et en tentant de renforcer leur domination
politique lĠchelle mondiale (G20). Ce faisant ils agrandissent les
contradictions du systme et produisent comme lĠa crit Marx dans le manifeste
communiste, Ç leurs propres fossoyeurs È. _ En face la majorit des exploits
reste globalement convaincue que lĠon ne peut pas changer de socit car le
capitalisme comme par enchantement aurait toujours un tour dans son sac pour Ç
retomber sur ses pieds ! È.Cette ide semble aussi naturelle que lĠair quĠon
respire parce que toute lĠidologie dominante repose sur le postulat suivant :
le capitalisme cĠest la fin de lĠhistoire, il nĠy aura plus jamais dĠautre
organisation sociale possible, le capitalisme est indpassable. Cependant les
consciences ont commenc voluer par rapport aux faits et comme disait Lnine
: Ç les faits sont ttus ! È. Des millions de gens ont vu en lĠespace de
quelques jours quĠon a trouv des milliards dĠeuros pour renflouer les banques
alors que le pouvoir leur avait expliqu doctement quĠil nĠy avait pas dĠargent
pour le pouvoir dĠachat, lĠemploi, le logement, lĠducation, la sant !
La
vrit crue du capitalisme a commenc se rvler pour des millions de
personnes avec ce sentiment quĠils ont t tromps par les tenants du systme.
Mais pourquoi alors cette vrit de lĠaccumulation du capital avait t ainsi
dissimule? Parce que comme tout phnomne son essence est cache derrire les
apparences et de surcrot parce que les capitalistes et leurs idologues ont
entrepris une guerre idologique qui consiste ce que le peuple ne prenne pas
la mesure relle de son exploitation. Autrement dit tout est entrepris avec les
appareils idologiques privs et dĠEtat que sont les grands, les moyens et les
petits mdias pour que les gens ne puissent avoir conscience de lĠimmense cart
qui existe et grandit chaque jour entre les besoins populaires et les capacits
indites que la socit de notre poque aurait dĠy rpondre si le travail nĠtait
pas sous le joug du capital. Pour la classe dominante , il est ncessaire lĠinstar
de la division capitaliste du travail de diviser les consciences, de les
morceler en autant de penses isoles seulement utilises pour les desseins du
capital dans la valorisation du culte du "gagneur", de lĠhomme qui
"se fait tout seul", avec en trame le mythe du sur-homme. A
contrario, la mise en commun de ces millions de penses, leur
confrontation/coopration sont potentiellement gnratrices de lĠintellectuel
collectif ncessaire la mise en mouvement et lĠaccomplissement rvolutionnaire.
Tout
montre, tout indique, que si lĠon continue avec le capitalisme, on va vers la
catastrophe plantaire non seulement cologique mais galement sociale, conomique,
politique et quĠil convient dĠinventer une autre socit parce que le systme
sur lequel repose la socit actuelle est historiquement bout de souffle et
ne peut perdurer quĠen sacrifiant une part toujours plus grande de lĠhumanit
elle-mme.
Curieusement,
les responsables des partis politiques de gauche qui devraient appeler les gens
imaginer un autre monde restent enferms dans le cadre institutionnel.
Beaucoup des figures de mai 68 ont semblent-ils oubli le fameux slogan Ç LĠimagination
au pouvoir È, tout proccups quĠils sont par leur carrire individualiste et
ont abandonn depuis belle lurette leurs prtentions rvolutionnaires tant
passs par lĠcole de la pdagogie du renoncement des annes Mitterrand. Ils se
battent pour le pouvoir de leur clan, de leur caste, de leur parti et pas du
tout pour la dmocratie quĠils mprisent et quĠils tentent de rcuprer et de
cadrer ds lors quĠelle pointe le bout de son nez avec des actions autonomes de
citoyens. Ils sĠentredchirent dans de minables et grotesques campagnes lectorales
pour tre lus dans des assembles qui prtendent reprsenter les peuples mais
qui ont bafou leurs choix comme en a tmoign le Congrs de Versailles qui, en
dfinitive, a ray dĠun trait de plume le verdict de notre peuple sur la
constitution europenne. Il y a trs peu attendre de ces assembles qui ont t
lues le plus souvent avec une abstention massive, et la prsence dĠlus du
mouvement progressiste en leur sein ne peut se justifier que si ils exercent rellement
un appui aux luttes et au mouvement social, aux exigences populaires et font
entendre la voix des milieux populaires, des salaris et des propositions
alternatives au capitalisme.
On
peut aussi sĠtonner que des dirigeants syndicaux qui devraient appeler les
salaris la mobilisation sociale , crer de nouvelles formes de luttes en
viennent critiquer les initiatives de la Ç base È et leurs radicalits, sĠimposant
parfois en donneur de leons dmocratiques et prnant souvent la collaboration
de classe. Leur attitude ne peut que renforcer le peu dĠintrt des salaris
sĠorganiser syndicalement.
En
fait cela nĠest pas si curieux, les organisations susceptibles de reprsenter
les intrts de la classe laborieuse sont en gnral enkystes dans les
institutions dont elles sont devenues des appendices et craignent lĠinitiative
des masses. Toute lĠexprience de ces dernires dcennies a montr que les
organisations qui se rclament de la gauche ont, quand elles ont accd des
responsabilits dans le pouvoir dĠEtat, refus de sĠattaquer au systme
capitaliste. CĠest une situation classique des crises politiques que les communistes
comme Marx, Lnine ou Trotski ont analys en leur temps. _ La crise est non
seulement la crise du capitalisme mais elle celle de la gauche et du mouvement
communiste, celle de sa direction. De mme quĠen son temps les bolchvicks ont
du lutter contre les menchvicks qui sĠopposaient aux soviets, que les
marxistes vritables ont du sĠopposer la toute puissance de Staline au prix
de leur vie, de mme les rvolutionnaires de notre poque sont appels
combattre ceux qui renoncent ou abdiqueront le moment venu face la force de lĠappareil
dĠEtat capitaliste. Car cĠest au moment mme o il est ncessaire de sĠorganiser
pour porter les coups fatals au systme capitaliste que des dirigeants
renoncent et rejoignent la collaboration de classe en dcouvrant les charmes
discrets de la bourgeoisie que sont les postes bien placs et rmunrs, la
garantie dĠavantages ou de promotion, la considration mdiatique des
politiciens qui fondent leur activit sur le paratre plutt que sur lĠaction
avec et en faveur des gens.
LĠaffaiblissement
numrique, lectoral mais aussi idologique du PCF est un lourd handicap pour
le mouvement populaire. La domination de directions pseudo-marxistes agrges
au pouvoir stalinien qui a conduit lĠchec du socialisme dans les pays de lĠEst
et frein les PC dĠEurope de lĠOuest dans leur autonomie cratrice, le refus de
la gauche de sĠen prendre rellement au capitalisme quand elle tait au
pouvoir, la droitisation des partis de gauche et lĠabsence dĠune alternative
anti-capitaliste crdible qui en ont dcoul ont conduit les gens de grandes
dceptions, au recul de la conscience de classe, et en France lĠlection dĠun
Nicolas Sarkozy, qui a pour tche de mener son terme la destruction sociale
et conomique ncessaire pour que le capitalisme puisse tenter une reprise que
ses laudateurs voudrait salvatrice.
Le
recul gnral du pouvoir dĠachat des plus larges couches de salaris, lĠendettement
des familles et le tsunami des licenciements, la politique froce du pouvoir
contre les trangers en situation irrgulire, la fascisation rampante de la
socit avec le flicage des chmeurs, lĠinstallation de dispositifs renforant
le contrle social et la prcarit comme le RSA, la casse des services publics,
le transfert des charges sur les collectivits et la rorganisation
territoriale, la dfiscalisation progressive du capital, la mansutude lĠgard
des patrons voyous malgr des dclarations fracassantes, toute cette politique
est en rupture totale avec la France rpublicaine, celle des Lumires et du
progrs social , celle des grandes luttes ouvrires et des avances dmocratiques.
De
nombreux citoyens se demandent si "a va pter ?". Tous les ingrdients
sont effectivement prsents pour une explosion sociale. A tout moment, malgr
les tentatives de rgulation des partis traditionnels et des directions
syndicales pour beaucoup bureaucratises, les couches populaires dans leur
diversit peuvent donner de la voix par des actions qui ne seront pas contrles
par les appareils classiques, qui pourraient revtir un caractre massif sur
tout le territoire et dont la forme pourrait revtir un caractre dĠune
violence inhabituelle contre les intrts de la bourgeoisie.. Je ne parle pas
ici des fanfaronnades dĠun Olivier Besancenot dont les gesticulations ne
servent quĠ fourvoyer les travailleurs dans les piges que sont des coups
politiques sporadiques, des actions mdiatiques sans continuit thorique ni
organisation durable car coupes de tactiques syndicales et politiques planifies
reposant sur une vritable stratgie de transformation. Il faut dire ici que je
ne partage pas lĠide quĠil nĠ y aurait pas de spontanit des mouvements
populaires. Je pense que lĠhistoire nous montre que des vnements peuvent
provoquer des mouvements de masse spontans dans le sens quĠils surgissent de
faon inattendue pour la quasi-totalit des gens, mme si lĠon analyse souvent
aprs coup que les conditions existaient ce surgissement et quĠune minorit dĠanalystes
les avaient envisages. En revanche ces interventions massives et rapides de
larges masses ncessitent rapidement une organisation et une stratgie si elles
veulent atteindre leurs objectifs. Dans la dernire priode, si les rvoltes
des banlieues ne sont pas si loignes, lĠensemble de lĠappareil politique a
vite oubli les promesses tenues pour se consacrer surtout la satisfaction
des exigences des capitalistes plutt quĠ celles de la jeunesse et des milieux
populaires. Mais ce qui peut se dvelopper est dĠune nature bien plus ample et
plus radicale, lĠentre en masse des exploits sur la scne risque de bousculer
totalement les scnari des uns et des autres. Car il faut le dire, si il est du
devoir des communistes dĠagir en permanence pour la voie dmocratique avec lĠintervention
consciente des plus larges masses dans les entreprises et les quartiers, il nĠ
y a pas verser dans lĠanglisme et penser que la rvolution se ferait sans rvolution,
cĠest dire penser que les exploiteurs laisseront sans ragir le peuple lutter
et construire une nouvelle socit, ou oublier les leons de lĠhistoire
notamment quĠil est toujours ncessaire de briser la rsistance des contre-rvolutionnaires.
Les conditions sont-elles runies pour des interventions populaires massives ?
Les
rassemblements des salaris, les journes dĠaction interprofessionnelles ont t
marques par de fortes mobilisations mme si elles restent insuffisantes au
regard de lĠenjeu. La crise du logement, la croissance exponentielle des
licenciements et les atteintes la dignit dans les entreprises sont telles quĠelles
peuvent tre des facteurs de dclenchement de la rvolte comme pourrait aussi lĠtre
le fait que des millions de gens dans notre pays qui hier vivaient correctement
vont se retrouver sans rien. LĠancien premier Ministre ne sĠy trompe pas
craignant Ç un risque rvolutionnaire en France È. DĠaucuns diront gauche que
cette sortie de M. de Villepin est le pendant des dclarations de Besancenot
pour utiliser de faon politicienne les inquitudes et les peurs des citoyens.
Mais si lĠon veut tre srieux, il faut reconnatre que le mode de production
capitaliste est touch en plein cÏur et que la financiarisation de lĠconomie
qui nĠest que la logique historique du dveloppement du capital conduit la
destruction de richesses matrielles et humaines alors que lĠessor continue de
la productivit devrait au contraire permettre leur accroissement pour dvelopper
lĠemploi et rduire le temps de travail. Il y a en ralit un approfondissement
considrable et rapide de la contradiction entre le capital et le travail qui
cre les conditions objectives, matrielles dĠune crise politique majeure o le
rle de lĠEtat, des pouvoirs publics, des services publics sont directement mis
en question par lĠensemble des acteurs de la lutte de classe. En ce sens nous
entrons dans une phase qui peut avoir des dveloppements rvolutionnaires du
fait de lĠincapacit du capitalisme rpondre aux besoins sociaux, conomiques
et politiques des gens. Ce sont des besoins grandissants quantitativement et
qualitativement et dans lesquels lĠexigence de lĠautonomie de chaque individu,
lĠaffirmation de sa dignit devient un lment central.
Il
faut donc sĠattendre une explosion dont la force risquerait dĠen surprendre
plus dĠun, en particulier parmi les hommes politiques qui, quels quĠils
soient, de gauche comme de droite, des comptes seront demands juste titre et
qui parce pour la plupart nĠcoutent pas les gens ou feignent de le faire ne
pourront comprendre ce qui se passe.
LĠHistoire
cependant montre que les rvoltes nĠaboutissent quĠ des impasses souvent
tragiques, toujours douloureuses, si elles ne se transforment pas en mouvement
politique conscient des enjeux, des responsables et des perspectives
construire. Autrement dit la situation appelle un dpassement des conceptions
traditionnelles de la gauche qui a fait faillite et dont les tentatives de
recomposition apparaissent comme des gesticulations drisoires face lĠampleur
des problmes poss.
La
situation appelle travailler une intervention populaire politique posant la
question de la perspective sur la base de la ncessit dĠune rvolution dont la
dimension ne sera pas seulement nationale mais aura des relations permanentes
avec les mouvements populaires de toutes les nations en particulier avec ceux
de lĠAmrique Latine qui sont ce jour les plus avancs en matire de dveloppement
dmocratique et rvolutionnaire. En effet, ce qui se passe en particulier au
Venezuela o se conjuguent prise du pouvoir politique et organisation populaire
de base, outre lĠoriginalit propre de lĠexprience sociale actuelle de la
nation de Simon Bolivar, livre des faits intressants au caractre universel
quant la capacit de tout un peuple modifier son point de vue, passant en
quelques annes dĠune forme de fatalisme une reconqute dĠun espoir en
action, la reconqute de ses capacits de mobilisation et dĠintervention dans
la sphre politique. Pour le moment, en France, il serait suicidaire pour les
exploits de participer des actions de rvolte dpourvues de direction, dĠorganisation,
de thorie et qui seraient vite rprimes, la bourgeoisie tant prte
utiliser la violence arme pour craser tout mouvement. Seule la dmocratie
permanente du mouvement populaire mobilisant massivement toutes les couches non
capitalistes de la socit peut djouer les piges et la rpression que la
classe dominante utilise pour maintenir son hgmonie. DĠaucuns pensent que les
couches dites improprement "classes moyennes" composes dĠemploys et
de cadres ne sĠengageront jamais dans un mouvement populaire rvolutionnaire. CĠest
sous-estimer lĠampleur de la crise et le fait que ces couches sociales sont et
vont tre victimes de plus en plus des dcisions du grand capital, se
retrouvant sans emploi ou en totale prcarit, voire sans toit, profondment
affectes dans leur vie familiale et sociale qui sera brutalement dgrade. CĠest
oublier aussi que ces couches aujourdĠhui divises, mises en concurrence,
atomises dans lĠappareil de production, font elles aussi partie de la classe
qui participe la cration de richesses et ont un attachement rel au contenu
du travail, sa qualit, ses objectifs, et que par consquent elles sont, au
premier chef, intresses par lĠavenir de la socit et les rapports nouveaux
quĠil convient de crer dans le travail, dans les entreprises pour se dbarrasser
du capitalisme.
Dans
ce contexte, lĠappareil mdiatico-idologique est de ce point de vue lĠun des
instruments des plus perfides utiliss contre les gens. Les ides les plus
obscurantistes y sont dveloppes, les sciences y sont gnralement prsentes
coupes de leurs origines historiques et de leur contexte social, la censure
sur les initiatives populaires et les luttes, sur la vie dmocratique y est gnralement
exerce puisque celles-ci sont prsentes comme des facteurs de rgression et
non de progrs. LĠidologie individualiste et le culte de lĠargent sont glorifis
jusque dans certains dessins anims. La tlvision donne une image de la socit
telle que la pensent les exploiteurs : le capitalisme serait un horizon indpassable
secrtant fatalement la richesse pour une minorit digne dĠtre la classe
dirigeante, aux autres de se dbrouiller pour parvenir l o les puissants ont
laiss quelques miettes se partager, quant aux proltaires, quĠils ne se
fassent aucune illusion, leur sort est jet depuis la nuit des temps : quĠils
se satisfassent de leur dose de fantasmes quotidiens pour accepter leur
condition de sous produit social puisque il en a t ainsi de tout temps.
Il
suffit dĠobserver la peur panique qui tenaille les politiciens et les puissants
ds que des citoyens commencent exprimer leur volont de participer la
conduite des affaires sociales, conomiques et politiques en contestant la
fatalit de lĠordre existant. La moindre ptition, la moindre initiative qui
sort du cadre de la pense dominante est vcue par eux comme une insupportable
agression, une provocation qui leur conteste leur sacro-saint pouvoir ; La dmocratie
nĠest pour eux quĠune permanente concession la lutte de classes. La preuve en
est que ds que les proltaires se divisent, que leur unit sĠaffaiblit, la dmocratie
recule. Il suffit pourtant de peu en ralit pour que le mouvement dmocratique
reprenne du poil de la bte : il suffit en vrit de recrer lĠespoir par un
travail sur la conscience mme que le mouvement populaire a de lui, en
combattant rsolument lĠide quĠil nĠexiste pas, quĠil nĠa pas de rle
historique, en combattant cette ineptie que le capitalisme est ternel et quĠil
retombe toujours sur ses pieds. Or le mouvement populaire est la socit mme
en action dans le travail, la cration, et comme un enfant encore en devenir,
il lui manque la pleine conscience politique de ses possibilits
transformatrices maintenu quĠil est dans la domination dĠune classe qui nĠexiste
que par lĠexploitation.
LĠhistoire
montre que le mouvement populaire peut aller jusquĠ la grve gnrale et la
dsobissance civile, instruments politiques des grandes masses exclues du
pouvoir et dcids dmocratiquement. Il est symptomatique que le mouvement
syndical comme les partis de gauche se refusent lĠide de prparer la grve gnrale.
Une grve gnrale se prpare, elle nĠest pas inluctable mais elle peut tre
un grand moyen de lutte si elle repose sur un travail de longue haleine, si
elle est matrise de bout en bout par les travailleurs et quĠelle est dirige
stratgiquement. Certes les conditions de sa ralisation sont complexes puisque
justement le capitalisme a russi prcariser lĠensemble de la socit, diviser
les salaris, les opposer entre eux. DĠo lĠimprieuse necessit de propager
les ides rvolutionnaires pour unifier le combat politique.
CĠest
justement pour cela que la prparation dĠune action de trs grande ampleur
paralysant pacifiquement le systme de production et de propagande du
capitalisme et donnant la parole et lĠinitiative aux citoyens est sans doute
aussi lĠun des moyens les plus efficaces pour se prparer lĠauto-organisation
populaire pour une transformation politique relle. Une telle lutte sĠorganise
sur la base des cahiers de revendications des salaris qui doivent devenir les
rfrences de lĠaction syndicale pour aider aux convergences et lutter contre
le corporatisme. Une telle lutte se fonde sur la ncessit dĠorganiser des rseaux,
des coordinations, des liens permanents entre tous les lieux et secteurs
professionnels o des conflits clatent. Une grve gnrale active, militante,
alliant les revendications la question des moyens pour y rpondre, devra
poser la question de quel pouvoir pour quelle socit, elle conduira les partis
politiques se positionner et tre dmasqus pour ceux qui prtendent tre
pour la dmocratie, mais qui seront les premiers saboter la production et les
initiatives des travailleurs pour contrler les outils de travail, les protger
et les mettre au service du peuple. Une grve gnrale qui prparera de
nouveaux rapports entre les hommes au travail, qui sera le moment de lĠlaboration
politique de la dmocratie de masse. Car il ne faut pas seulement concevoir la
grve gnrale comme un arrt de travail des salaris mais comme le moment pour
eux de sĠaffirmer en potentiels preneurs de pouvoir et donc de crateurs de
droits de facto dans les entreprises et dans la nation.
Ce
seront de grands moments de citoyennet, moments qui sont aujourdĠhui quasiment
interdits de fait puisque les gens nĠont pratiquement pas de temps consacrer
lĠchange collectif, au partage des ides, la confrontation critique de leur
propre exprience. Cette grve gnrale devra tre alimente politiquement et
idologiquement sur le sens du travail, de lĠutilisation de lĠargent, de lĠavenir
de la plante et de la socit. En cela le marxisme peut retrouver sa
pertinence pratique et sa vivacit en sĠexercant comme thorie de lĠaction et
donc comme pratique alimentant lĠintervention des citoyens, les aidant dans
leurs luttes. Cette situation politique dĠmergence du peuple en lutte sera
telle que, si nombre de revendications pourront commencer tre satisfaites,
il faudra poser en grand la question dĠune expression populaire par lĠorganisation
dĠlections gnrales avec abolition de toutes les mesures anti-populaires et
discriminatoires qui interdisent aux trangers de voter et dĠtre candidats,
tout comme les mesures sclrates qui obligent les candidats payer leurs
frais de campagne lectorale, procd inique qui exclut de fait les candidats
des milieux populaires. Ces lections pourront faire lĠobjet dĠassembles prparatoires
dans les quartiers, les entreprises, afin dĠlaborer des programmes issus du
peuple et non des seuls partis politiques.
Le
mouvement par sa dtermination et son objectif devra poser la question de la cration
de nouvelles institutions qui devront tre fondes sur une vritable sparation
des pouvoirs excutif, lgislatif et judiciaire y compris en crant un quatrime
pouvoir, celui de la dmocratie participative ou plus prcisment de la dmocratie
dĠengagement, qui tablit une relation entre les conseils populaires de base runissant
tous les citoyens volontaires sans discrimination et les autres pouvoirs
constitutionnels, quatrime pouvoir qui devra tre reconnu lui-mme par la
Constitution de la VIme rpublique.
Je
trace ici les grandes lignes utopiques et imaginaires mais cependant possibles
dĠune lutte rvolutionnaire de trs grande ampleur qui pourrait se dvelopper
dans les prochains mois en France. Rien nĠest dcid dĠavance, la situation est
celle des possibles... Des circonstances nouvelles sont en train de natre qui
peuvent aller dans le sens dĠun bouleversement politique qui je lĠespre fera merger
les conditions dĠ une dmocratie indite, une dmocratie impensable auparavant,
et si indispensable pour ne pas aller vers las abmes dĠune barbarie
capitaliste destructrice de la civilisation toute entire.
Jean-Paul
Legrand
militant communiste
maire-adjoint PCF de Creil
Ce mardi 21 avril, deux vnements trs
significatifs dans la lutte des classes en France se sont produits. C'est
pourquoi nous diffusons cette lettre de liaison de Militant assez courte. Dans
notre prochaine lettre, nous publierons un dbat important et intressant,
appel se poursuivre, sur l'organisation politique des travailleurs suscit
par la contribution de Raymond Debord sur le PG et le NPA parue dans notre
lettre nĦ 55 du 5 avril.
La discussion conscutive l'article de
Raymond Debord dans la lettre de liaison de Militant du 5 avril :
L'article de Raymond Debord
Un
lecteur fidle de la Lettre de Liaison de Militant a interpell sur notre apprciation
du Parti de gauche, du Nouveau Parti Anticapitaliste et de leur positionnement
rciproque au regard des lections europennes.
Je
ne suis pas au Parti de Gauche (PG) et je nĠai pas lĠintention de devenir son
avocat.
Pour
autant, je crois quĠil convient dĠavoir une apprciation correcte de son
positionnement et de sa stratgie, ne serait-ce que pour la critiquer.
Si
le PG sĠest tourn en premier lieu vers le PCF cĠest parce que son projet stratgique
– raffirm maintes reprises – est la constitution dĠun Ç Die
Linke È la franaise, cĠest dire dĠun nouveau parti dont lĠarmature serait
constitue par la jonction du parti communiste et
dĠune fraction Ç gauche È
de la social-dmocratie. Au del des blocs lectoraux, ce que vise le PG cĠest
une fusion avec le PCF. Je pense que le PG souhaiterait volontiers que des
fractions issues de lĠextrme gauche (cĠest dj le cas avec Gauche Unitaire)
ou de lĠcologie politique (des dirigeants du courant Utopia du PS ont rejoint
le PG) se joignent au processus mais ce nĠest pas lĠobjectif premier. Pourquoi
? Sans doute parce que la direction du PG a des divergences importante avec lĠextrme
gauche mais aussi et surtout parce quĠelle semble considrer que le NPA et le
PCF nĠont pas du tout le mme ancrage social, malgr lĠaffaiblissement du PCF.
De ce point de vue, je ne leur donnerais pas tort. Dans le cadre du projet Ç
Die Linke la franaise È, non seulement Mlenchon et Dolez privilgient le
PCF mais il est quasi certain que, sans des assurances pralables des
dirigeants communistes sur une alliance aux
europennes, ils nĠauraient
pas quitt le Parti Socialiste.
Le
discours Ç social È du PG reste gnralement un cran en dessous de celui du
NPA.
Pour
autant, le fait quĠon voit plus le NPA dans les luttes que le PG reste dmontrer,
au moins sur le moyen terme. Il y a sans aucun doute parmi les cadres du PG un
nombre de responsables syndicaux CGT, FSU ou FO largement gal si ce nĠest suprieur
celui du NPA. DĠaprs ce quĠon sait, le PG a seulement commenc il y a
quelques jours structurer son secteur Ç entreprises È. On verra ensuite. En
tout tat de cause, on peut noter que Jean-Luc Mlenchon a dfendu Olivier
Besancenot dans la polmique initie par Chrque sur la prsence des rvolutionnaires
aux portes des entreprises.
Il
y a entre le PG et le NPA une divergence de fond quant lĠattitude adopter
vis vis du PS. Pour la rsumer, le NPA veut affirmer un ple de la gauche
radicale se construisant sur le rejet des socialistes. Le PG veut construire un
rapport de forces gauche du PS mais ne lĠexclut pas par principe dĠun
dispositif dĠalliance car il a le souci de constituer une majorit politique.
Comment ne pas se sentir plus dĠaffinits avec cette approche, partir du
moment o lĠon veut chasser tout de suite Sarkozy et par consquence avoir un
gouvernement dĠunit dans les plus courts dlais ? Il nĠy aurait pas eu de 19
mars sur la base de la mobilisation de SUD (ni mme de la seule CGT) et sans
implication de FO, de la CFDT, lĠUNSA, la CGC etc. Il nĠy aura pas de changement
sans lĠimplication de tout ou partie du PS. Reste savoir sur quelle base
politique et sur quel rapport de forces. Mais de cela le NPA semble sĠen
moquer et se fixer comme
unique objectif de piquer la niche lectorale protestataire dtenue par le PCF.
Le tout naturellement au nom de grandes dclarations gauchistes sur la grve gnrale,
lĠopposition lĠlectoralisme etc. Tu parles !
CĠest
clairement sur le NPA, et le NPA seul, que repose lĠchec de lĠalliance pour
les europennes. Ses deux ultimatums (lĠalliance aux rgionales sans le PS et
le nuclaire) taient tout fait hors de propos et assez hypocrites.
Franchement, on voit assez mal comment le nuclaire pourrait tre un
discriminant fondamental pour une alliance lectorale aux europennes et comment
on pourrait reprocher au PG dĠavoir fait un compromis avec le PCF sur ce point,
compte-tenu de leur proximit idologique sur tout le reste. Et bien entendu,
au vu de la stratgie globale du PG (on est pas trop sr que le PCF ait une
stratgie) le refus priori dĠalliances avec le PS pour des rgionales dans
deux ans est inacceptable. CĠest par ailleurs assez hypocrite de la part du
NPA, dans la mesure o il laisse la porte ouverte aux Alternatifs(*), alors mme
que ces derniers ont eu bon nombre dĠlus sur la base dĠalliances incluant le
PS,
y compris ds le premier
tour.
Alors
oui, le PG est un parti rformiste, ou tout au moins un parti parlementariste.
CĠest clair et il ne vhicule lui mme aucune ambigut sur ce point. CĠest
pour cette raison aussi quĠune organisation autonome des rvolutionnaires (y
compris au sein du PG) est ncessaire. Est-ce dire quĠil ne faille pas le
prendre en compte ni sĠy intresser ? Ce parti sera-t-il quand mme utile au
rassemblement de lĠavant-garde ouvrire en donnant une perspective Ç partidaire
È aux dus du PS sans les isoler de la majorit du Ç peuple de gauche È ? CĠest
possible. Et, mme si on peut demeurer sceptique quant au pronostic, on ne peut
pas souhaiter son chec.
Lors
de la manifestation du 19 mars, jĠai vendu un exemplaire de Militant un
camarade du PS qui, me parlant du PG ou du PCF, me disait Ç en avoir un peu
marre des gens qui ne font que 2 % et qui viennent nous donner des leons È. Ce
faisant il mettait bien le doigt sur le problme essentiel. Comment arracher
lĠemprise de la droite les 40 % de salaris qui sont idologiquement sous son
emprise ? Une rponse peut tre lĠunit de toutes les tendances dans un grand
parti autour du PS (le projet de son actuelle gauche). Une autre peut tre la
constitution dĠautre chose, mais alors il faut se donner les moyens de russir.
Je crois que la force de Mlenchon est de regarder ce problme en face.
Aprs,
si la seule chose envisageable court terme est dĠenvoyer Ç un signe ceux
qui se battent È, le vote LO existe aussi et sera sans doute lĠoption la plus
claire lors des lections europennes.
Nota
:Le NPA a propos aux Alternatifs la tte de liste pour la circonscription du
Grand Ouest, alors que dans cette rgion prcisment, les Alternatifs sigent
la mairie de Nantes dans la majorit municipale conduite par JM Ayrault, chef
de file du groupe parlementaire PS
Message de Jean Baumgarten
dimanche
j'ai reu un texte provenant du PG et sign de Raymond Debord ; je voudrais
faire remarquer aux lecteurs de ce texte un premier point important : la France
n'a pas le mme systme lgislatif que l'Allemagne et n'a pas non plus le mme
pass ( l'Allemagne de l'Est avec un PC encore fort ...) Les scores recueillis
aux prsidentielles par le PCF depuis les prsiodentielles de 2002 sont
ridicules ( voir le score de Marie Georges Buffet en 2007 = 1, 50 %!) Je viens
d'adhrer au NPA et je suis loin d'tre un novice en politique . Olivier Besanenot
a eu raison de ne pas vouloir avant tout d'une alliance avec le PCF (qui avait
de toutes manires prpar ses bases et ses candidats avant son alliance avec
le PG. Je prdis aux europennes que le NPA fera au moins deux fois plus de
voix que le front de gauche. A la suite de ces rsultats le PG, contraint et
forc ( ou sinon c'est la pillule assure) sera amen se rapprocher du NPA et
prparer ensemble les lections prsidentielles ...
Mlenchon a eu tort : j'espre
qu'il le comprendra suffisamment tt .
Message de Georges Gastaud
Cher
camarade,
puisque
tu m'honores de tes rflexions et que ta liste de diffusion semble fonctionner
comme un forum, je te fais part succinctement de mes analyses.
La question majeure n'est
pas PRINCIPALEMENT pour un communiste de savoir si un parti ou un candidat est
un bon cheval, un bon rapport des forces, etc. La question est d'abord de
savoir si la LIGNE d'un parti est juste, et secondairement, quand elle est
juste, on se demande comment la faire triompher. Bref, tu mets la charrue avant
les boeufs. Car la ligne de Besancenot, malgr son verbiage anti-PS, est
catastrophique.
1) en pleine offensive de
criminalisation du communisme (l'UE ira, si elle le peut, jusqu'
l'interdiction de la faucille et du marteau), que signifie le renoncement de la
LCR,
- la dictature du proltariat;
-aux mots
"communiste" et "rvolutionnaire" (les rats quittent le
navire, mais le moment venu on se retrouvera dans les mmes cellules...
barreaux);
-l'incapacit du facteur
mi-temps d'voquer l'URSS sans ajouter "caricature sanglante";
Bref, o est la diffrence
avec Buffet et Hue?
2) concernant les tats-majors
syndicaux, de plus en plus vomis par les militants syndicaux combatifs, je prtends
que Besancenot MENAGE ces dirigeants et notamment que ses amis
"opposants" de la FSU ont plus d'une fois sauv la mise d'Aschiri
mis en minorit;
3) surtout, le NPA est,
comme les autres, partisan d'une impossible rorientation progressiste de l'UE.
Toute ide de RETRAIT de cette alliance imprialiste, qui constitue un vritable
MONSTRE politique de l'Atlantique l'Oural, est immdiatement qualifi de ractionnaire
par cet euro-rvolutionnaire. Bref, dfendre l'indpendance nationale CONTRE la
classe bourgeoise franaise, c'est du nationalisme. Mais dfendre l'Union europenne
rnove (utopie que partage TOUTE la gauche bien-pensante alors que 70% des
ouvriers SAVENT d'exprience que la construction europenne est 100% pourrie),
c'est de l'internationalisme. Moi je rpte le proverbe favori de Lnine:
"la souris ne connat pas d'animal plus dangereux que le chat" et je
dis: l'EUROPEISME est un SOCIAL-IMPERIALISME encore plus dangereux que le
social-patriotisme des annes 14/18.
Par ailleurs est-il exact
que le NPA accueillera sur ses listes des sparatistes corses ou bretons?
Est-il possible que des "marxistes" en soient l?
Bref pas tonnant que la
classe dominante franaise et europenne ouvre grandes ses ondes un rvolutionnaire
aussi antisovitique, anticommuniste et antijacobin!
Cela dit, le couple Mlenchon-Buffet
ne vaut pas plus cher avec sa "souverainet europenne"!
Et bien entendu je ne
confonds pas la direction de ces deux groupes euro-formats avec les militants
de base qui sont subjectivement et quelquefois objectivement rvolutionnaires.
C'est
pourquoi lors des europennes, dont le seul intrt pour la classe dominante
est de faire valider par un maximum de suffrages populaires le cadre
supranational de l'Etat imprialiste continental en construction, j'appelle
l'abstention citoyenne et la construction du "tous ensemble en mme
temps" comme en Guadeloupe. Moins il y aura de gogos pour valider ce cadre
supranational, dont ne peut sortir que la casse sociale et la fascisation, plus
les travailleurs, les anticapitalistes et les vrais rpublicains seront forts
la sortie.
Bien
cordialement. GG.
Contribution adresse Raymond Debord, par Robert Duguet
(Club Socialisme Maintenant) : PCF, PG, NPA É ou le bal des faux-culs !
Sollicit
par un lecteur de la revue Ç Militant È qui lĠinvite donner sont point de vue
sur le Parti de Gauche, le NPA et les positionnements rciproques de ces partis
au regard des lections europennes du 7 juin 2009, Raymond Debord dans sa rponse
ouvre une discussion intressante. Il prcise toutefois :
Ç Je ne suis pas au Parti
de Gauche (PG) et je nĠai pas lĠintention de devenir son avocat. È
Pour ma part, jĠai exerc
quelques responsabilits politiques, au sein de la majorit mitterrandiste du
PS dans les annes 1978-1984, puis au sein du courant gauche qui se dgageait
dans la fdration socialiste de lĠEssonne. Menant la bataille pour le non au
TCE, jĠai appartenu rcemment au rseau de Marc Dolez, Forces Militantes, ainsi
quĠ PRS. Ds le 29 novembre 2008, date de prsentation publique du Parti de
Gauche, jĠai adhr je dois dire avec enthousiasme cette nouvelle formation,
comme beaucoup de militants de la gauche de la gauche. Vivant les problmes de
lĠintrieur et connaissant quelque peu lĠhistoire des gauches du mouvement
socialiste, jĠaimerais apporter quelques rflexion, la fois Raymond Debord
et aux rponses diverses que son article a suscit.
Raymond
crit :
Ç Si le PG sĠest tourn en
premier lieu vers le PCF cĠest parce que son projet stratgique – raffirm
maintes reprises – est la constitution dĠun Ç Die Linke È la franaise,
cĠest dire dĠun nouveau parti dont lĠarmature serait constitue par la
jonction du parti communiste et
dĠune fraction Ç gauche È
de la social-dmocratie. È
Lorsque le Linke allemand sĠest
form, je me souviens dĠavoir crit des articles dans une revue lectronique
qui sĠappelait lĠpoque RAG (Rassembler Gauche). JĠy expliquais que ce
nouveau parti naissait dĠun accord quĠil faut bien qualifier de bureaucratique
entre un courant gauche de la social-dmocratie allemande qui avait directement
exerc le pouvoir autour dĠOskar Lafontaine et les ex-gestionnaires de lĠEtat
stalinien dĠAllemagne de lĠEst. JĠexprimais une rserve cet gard en disant
que cette naissance, mme si elle rencontrait un cho sur le plan de lĠlectorat
ouvrier, nĠtait pas la mesure de la profondeur de la crise de la social-dmocratie
allemande, cÏur de la deuxime internationale et du rformisme ouvrier. CĠtait
un article adress aux militants de la gauche du Parti Socialiste, en particulier
mes amis de Forces Militantes et de PRS. CĠtait une mise en garde sur lĠavenir
en France : une construction politique nouvelle, rformiste de gauche, oui mais
pas sans la dmocratieÉ
Concernant
la nature du Parti de Gauche, cĠest une vidence de dire, comme le souligne
Raymond, quĠil sĠagit dĠune organisation rformiste ; notre propos nĠest donc
pas de polmiquer lĠencontre de cette ralit, ou dĠessayer de transformer ce
parti en autre chose quĠil nĠest. Y aurait-il une diffrence de nature entre le
Parti de Gauche et le NPA ? Formellement lĠun rejette toute alliance avec le PS
et cherche regrouper la gauche radicale, anticapitaliste, lĠautre veut sĠappuyer
sur une radicalisation gauche et peser sur le PS pour constituer une nouvelle
majorit de la gauche tout entire. Cela ce sont les intentions dclares. Je
ne vois pas une diffrence de nature entre les deux organisations, elles sĠadressent
des clientles diffrentes, le PG est plutt ancr dans un tissu lectif
local qui a rompu avec les drives du PS, lĠautre sĠadresse une fraction de
la jeunesse et du salariat radicalis. A la tribune des meetings, Besanenot
tient un langage disons trs g auche, un tantinet populiste ou guvariste, en
se gardant bien dans la situation actuelle de poser la question de la
responsabilit des appareils syndicaux dans la lutte pour approfondir la crise
du rgime bonapartiste dgnr de Sarkozy. Quant la LCR canal historique qui
dirige le NPA, elle co-gre avec les organisations du vieux mouvement ouvrier
un certain nombre de relais syndicaux, notamment lĠappareil de la FSU ; Je suis
dĠaccord avec ce quĠcrit le camarade Gastaud qui a rpondu Raymond :
Ç Éconcernant les tats-majors
syndicaux, de plus en plus vomis par les militants syndicaux combatifs, je prtends
que Besancenot MENAGE ses dirigeants et notamment que ses amis
"opposants" de la FSU ont plus d'une fois sauv la mise d'Aschiri
mis en minorit. È
Concernant les journes dĠaction
du 29 janvier et du 19 mars, aucun moment la direction du NPA nĠa pos la
question du Ç dialogue social È, c'est--dire de la politique sociale globale
impose par le prsident Sarkozy et accepte comme telle par les Etats majors
syndicaux. Sur le parti dĠOlivier Besanenot pour moi ma religion est faite, sur
les tribunes un peu dĠagitation, dans les faits on co-gre, c'est--dire on
fait du rformisme.
JĠtais
dans le rseau Forces Militantes et dans PRS dans lĠanne qui a prcd la
rupture de Mlenchon-Dolez avec la Parti Socialiste : mon sentiment aprs quelques
mois est le suivant. Une scission massive tait non seulement possible mais
ncessaire aprs la victoire du non contre le TCE en 2005. Il y avait dans la
socit franaise et dans les profondeurs du salariat une attente et une
incubation qui avait t prpare par le travail des collectifs, comits divers
qui avaient mobilis pour la victoire du non. LĠmergence dĠun mouvement
politique dans la gauche du mouvement socialiste aurait permis la construction
dĠun parti de type nouveau. Au congrs du Mans les Fabius-Emmanuelli-Mlenchon
ont cass cette possibilit historique pour une raison de fond qui tient leur
propre identit et itinraire politique : ils ne voulaient pas aller la
rencontre dĠun mouvement profond anticapitaliste au sein de la socit et du
salariat; une construction alternative au PS, dans ces conditions, aurait pris
un caractre forcment dmocratique dans lĠafflux de couches nouvelles sur la
scne politique et anticapitaliste dans son contenu. Ce nĠest quĠau congrs de
Reims que la scission sĠest fait de manire parfaitement bureaucratique,
froid c'est--dire sans sĠappuyer sur le mouvement social, en donnant
lĠillusion jusquĠau bout que le courant Trait dĠUnion, projection de PRS au
sein du PS, joue le jeu du rassemblement des gauches avec Hamon. Je dois avouer
avoir manqu de discernement politique dans cette affaire et avoir centr mon
effort sur la sortie des Dolez-Mlenchon au lieu de militer pour poser la
question, un processus constituant de parti comment et pour quoi faire.
JĠen
viens maintenant lĠargument central de Raymond Debord dans sa contribution :
Ç Alors oui, le PG est un
parti rformiste, ou tout au moins un parti parlementariste. CĠest clair et il
ne vhicule lui mme aucune ambigut sur ce point. CĠest pour cette raison
aussi quĠune organisation autonome des rvolutionnaires (y compris au sein du
PG) est ncessaire. Est-ce dire quĠil ne faille pas le prendre en compte ni
sĠy intresser ? Ce parti sera-t-il quand mme utile au rassemblement de
lĠavant-garde ouvrire en donnant une perspective Ç partidaire È aux dus du
PS sans les isoler de la majorit du Ç peuple de gauche È ? CĠest possible. Et,
mme si on peut demeurer sceptique quant au pronostic, on ne peut pas souhaiter
son chec. È
NĠtant pas membre de ce
parti, je comprends que, comme militant rvolutionnaire, Raymond tienne ce
proposÉ CĠest pour un rvolutionnaire une qualit que de chercher la
confrontation positive avec des militants qui nĠont pas sa propre culture
politique. La ralit du PG ne permet pas hlas de faire ce travail.
LĠaccord
exclusif pass entre le PG et la direction Marie Georges Buffet, baptis Front
de Gauche, timidement largi au courant de Christian Picquet (une trentaine de
camarades venant de lĠaile droite du NPA) a un contenu. Quel est-il ? Il faut
rflchir cette question.
On
peut sans doute regretter quĠun large front de gauche, sans pralable
programmatique, ne se constitue pas, pour infliger une dfaite historique la
fois au rgime ha de Sarkosy et au social-libralisme. La journe du 19 mars,
appele par tous les appareils syndicaux (Raymond Debord a oubli la CFTCÉ) sur
la ligne du Ç dialogue social È, sĠest ralise en fait sur une mobilisation
minemment politique contre le rgime de Sarkozy ayant peu de choses voir
avec la plate-forme intersyndical, et dont le mot dĠordre Ç casse toi, povĠcon
! È ne rend que trs partiellement compte. AujourdĠhui je ne suis pas sr que
les salaris soient sensibles la ncessit de se saisir du cadre des
lections europennes pour sĠopposer, mme par la voie lectorale, Sarkozy.
Les masses cherchent aujourdĠhui une voie pour lĠaction indpendante et pour se
dbarrasser de ce rgime.
O
Marie Georges Buffet (ex-ministre des sports) et Jean Luc Mlenchon
(ex-ministre de lĠenseignement professionnel du gouvernement Jospin)
veulent-ils nous conduire ? Un gouvernement de la gauche plurielle-bis,
ventuellement largi au NPA ? O le Parti de Gauche a-t-il tir le bilan dĠun
gouvernement de cohabitation avec Chirac, qui a privatis plus que la droite,
qui a mis par exemple toute la profession enseignante et la jeunesse lycenne
dans la rue ? Face la crise actuelle peut-on se fliciter dĠun programme
conomique, qui nĠa dĠailleurs pas t discut par les sections constitues du
nouveau parti de gauche, fond sur le concept fumeux dĠalter-dveloppement et
o il nĠest question nulle part de socialisme. Qui disait lĠopinion : Ç mon
programme nĠest pas socialiste ! È Jospin, je crois ! La salariat a lourdement
sanctionn par les urnes cette orientation en donnant 10% de lĠlectorat au Ç
trotskysme È. Par ailleurs pour quĠil soit possible dĠintervenir dans une
organisation rformiste pour des rvolutionnaires, la condition indispensable
est que la dmocratie interne soit possible et garantie. Pour discuter la
validit dĠun programme, il faut un parti totalement ouvert sur le mouvement
social, et qui permette en son sein la libre confrontation des points de vue :
par exemple la question du Ç partage des richesse È et du no-keynsianisme. Un
no-rformisme est-il possible et ralisable pour sortir de la crise ? Ou
faut-il aller vers des mesures anticapitalistes, qui portent atteinte
lĠappropriation prive des grands moyens de production et dĠchange ? Ne
faut-il pas produire selon une dmarche dcide par les producteurs associs
pour satisfaire les besoins sociaux des hommes ?
Aprs
quatre mois dĠexprience, je considre que la condition qui assure la libre
confrontation des ides nĠy est pas prsente. Un parti, cĠest dĠabord un espace
qui permet la comprhension des vnements et donc des tches qui en dcoulent.
Le parti de gauche est un parti autoproclam, une scission prpare avec les
mthodes de lĠOCI de la bonne poque, et qui connatra le sort de toutes les
formations construites sur ce modle. De ce point de vue, Mlenchon vient de
faire mieux que É Pierre Lambert. Je ne dirai pas comme le camarade Baumgarten
rpondant Debord que Ç Mlenchon a eu tort (de ne pas se rapprocher du NPA) :
jĠespre quĠil le comprendra suffisamment tt. È Mlenchon a fait le choix dĠun
pass quĠil assume de concert avec Marie Georges Buffet, celui de la continuit
de la politique de la gauche plurielle. Son attitude lĠgard du NPA se
modifiera, oui, sĠil parvient entraner le NPA tout entier comme caution
gauche dĠune alternative plurielle de ce typeÉ
Pour
conclure, je ne chercherai pas tablir comme Raymond, lĠchec de lĠalliance
aux europennes sur le seul NPA. Ce qui reviendrait ddouaner les deux autres
compres, qui seraient aux yeux de Raymond les reprsentants dĠorganisations
plus srieuses dans le mouvement ouvrierÉ Le PCF et la direction Buffet, est
pour des raisons de survie dĠun appareil, totalement dpendant matriellement
depuis longtemps duÉ PS ; on peut sĠinterroger srieusement sur ce que fera ce
parti dans la cadre dĠune gauche plurielle bis, o le PS psera comme la force
lectorale principale ? Dans ce bal des faux-culs pour les europennes organis
par le PCF, le PG et le NPA, dont les salaris et les militants du non sont globalement
absents, ils ont tous leur responsabilit. Ce qui a permis lĠunit du LKP dans
la grve gnrale de Guadeloupe, cĠest une intervention indpendante des
masses, bien sr sur des revendications prcises, mais au-del contre Ç la
profitation È, c'est--dire contre le capitalisme. En dehors dĠune intervention
de ce type qui permette de faire bouger les lignes, je ne vois pas dĠautres
possibilits actuelles dĠavancer vers lĠbauche dĠune alternative
anticapitaliste. C'est ce travail d'inventaire et de reconstruction d'une
pense de l'mancipation sociale que nous devons nous consacrer.
* * *
L'Offensive Socialiste, tendance du MJS, pour
des lections anticipes en France !
Ce que nous
voulons :
des lections
anticipes
NOUS ne devons pas attendre 2012 pour proposer
lĠalternative. Les salaris de ce pays savent quĠune autre politique que le
libralisme est la fois possible et plus que jamais ncessaire, et ils
veulent quĠon la leur propose maintenant.
La situation est particulirement explosive : les
manifs de 2003, celles contre le CPE avaient comme Ç adversaire È le
gouvernement, et au-del du gouvernement, le Premier ministre. La Ve rpublique
est ainsi faite : pour que le pouvoir reste stable, le fusible est le premier
ministre ; Raffarin nĠtait-il pas considr comme un Ç fusible È ?
Depuis lĠarrive au pouvoir de notre
hyperprsident, la situation est aujourdĠhui totalement diffrente. Il nĠy a
plus de 1er ministre fusible. LĠadversaire, cĠest lui. CĠest pourquoi il faut
tous les chasser dĠun coup. Il nĠy a donc quĠune solution : des lections
anticipes. Des prsidentielles et des lgislatives pour changer de prsident
et de gouvernement.
Que ceux pour qui le changement de calendrier pose
un problme se rappellent : Chirac lĠa fait en 1997. Les lections anticipes
arrangeaient bien la droite ce moment (enfin, cĠest ce quĠils croyaientÉ),
alors pourquoi la gauche ne se battrait-elle pas pour en imposer ?
Cette revendication est tout fait lgitime, car
Sarko et sa clique, eux, ne le sont plus du tout. Dans un systme dmocratique,
les lus sont les reprsentants du peuple. Qui reprsentent-ils aujourdĠhui ?
Qui les soutient ? Ë part le MEDEF, personne. Jamais un prsident et un
gouvernement nĠont t aussi dcris, ils ne reprsentent plus personne. Voil
pourquoi la gauche doit ouvrir des perspectives politiques au mouvement social
: des lections, maintenant !
Il ne faut pas rater lĠoccasion : seul un mouvement
social puissant, regroupant des millions de personnes, peut imposer la tenue dĠlections
anticipes. Ce mouvement social, il est latent, on a vu son irrsistible
puissance le 29 janvier et le 19 mars. Nous le reverrons, soyons-en srs, le
1er mai. La gauche a rat lĠoccasion de se battre dans ce but en 2003, lors des
grandes grves contre la rforme des retraites. Elle lĠa rat contre le CPE ;
cette fois ci, il ne faut pas se tromper. Des lections tout de suite : ce mot
dĠordre doit tre celui de toute la gauche et en particulier celui de son parti
le plus puissant : le Parti Socialiste.
Bien sr, cette revendication ouvre la voie une
gauche rellement de gauche au pouvoir. Elle pose le problme de lĠunit de la
gauche pour battre la droite, elle pose aussi le problme du programme commun
de toute la gauche. Ces trois lments sont lis, lĠun ne va pas sans les deux
autres. CĠest sur ces points que nous autres, socialistes, devon nous battre
maintenant.
* * *
Le comit de
rdaction de MILITANT Le 25 avril 2009
A l'attention de la
rdaction d'A l'Encontre
Chers camarades,
nous sommes ravis que vous
repreniez quelques fois des articles tirs de notre publication lectronique,
Militant-Lettre de liaison. Cependant, la dernire publication sur votre site
Web, par vos soins de l'article ditorial du NĦ58 du 21 avril 2009, intitul "Caterpillar,
Continental : les vannes du barrage commencent cder" appelle les
remarques suivantes de notre part.
Le titre de cet article est
"Caterpillar, Continental : les vannes du barrage commencent cder"
et non pas "Caterpillar, Continental: les vannes vont-elles cder ?".
Vous admettrez que les deux formulations n'ont pas le mme sens.
Par ailleurs, la dernire
phrase de cet article n'est pas "Si nous voulons gagner, il faut aller
l'affrontement, rassembls", mais la phrase suivante "Si nos organisations,
au lieu de faire attendre les gens boite par boite entre deux grandes
"journes", travaillaient la centralisation de tout le mouvement
dans une grande manifestation plusieurs millions l'lyse, que de violence,
que d'nergie conomise !".
Vous comprendrez que
l'omission de cette dernire phrase puisse nous gner car elle est l'expression
de l'orientation que nous proposons aux travailleurs et aux militants pour
faire face la situation prsente en France. Nous comprenons trs bien que ces
propositions ne soient pas partages spontanment par tous. Au contraire, pour
nous, elles sont soumises la discussion libre et sincre dans l'opinion
publique ouvrire, et nous ne postulons pas l'infaillibilit papale.
Nous pouvons comprendre aussi
que la personne qui a ralis la mise en ligne de notre article ait pu avoir
des prcipitations dans la phase de copier-coller partir du fichier au format
PDF de notre envoi de 0H15, lundi dernier. Mais vous voudrez bien aussi
comprendre que les rdacteurs de Militant soient attachs ce que la lettre et
l'esprit de leur expression publique soient prservs de modifications non
souhaites.
Enfin, vous nous prsentez
sous le titre MILITANT-Lettre de liaisons (avec un "s"). Il faut
laisser tomber le "s" ! En effet, au dernier trimestre 2007, les
comits de rdaction de Militant et de la Lettre de Liaisons (avec un
"s" l!) ont fusionn. Notre groupe a une forme associative et non
pas de rseau (ce qu'tait par contre la Lettre de Liaisons ). Cette nuance est
importante, car pour ce qui concerne les initiateurs de Liaisons, la forme
rseau a t utilise jusqu' son puisement. Dsormais, il n'y a plus qu'un
groupe dnomm Militant, ayant une forme associative, avec une centaine
d'adhrents et un conseil d'administration ; nous publions le trimestriel
papier dnomm "Militant", complt par le site web "www.le-militant.org" et la lettre
lectronique intitule "Militant-Lettre de liaison". Nous organisons
plusieurs cercles dont un cercle de mal-logs et un cercle de sans-papiers sur
Paris et la rgion parisienne. Et la faon publique dont nous nous prsentons
est accessible par exemple dans notre tract pour le 1er Mai 2009 comme suit :
"Militant est un regroupement de travailleurs de toutes nationalits, ouvriers,
mres de famille, travailleurs sans-papiers, et militants agissant dans les
partis de gauche, PS, PCF ou PG, les syndicats et les associations, pour
construire ensemble une alternative politique qui ne pourra venir que de
l'organisation des travailleurs eux-mmes. C'est pour cela que nous proposons
une manifestation nationale l'Elyse."
En esprant que vous
continuerez porter votre attention sur nos publications, nous vous adressons
nos flicitations pour la qualit des documents que vous rendez accessibles en
langue franaise sur votre site. Ce qui fait de votre site, une rfrence et
une source prcieuse pour les militants.
Pour la rdaction de
MILITANT,
Olivier Delbeke.
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TOUS DANS LA RUE POUR UN
PREMIER MAI HISTORIQUE
A Paris, rejoignez le cortge Ç
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Tract tlchargeable sur
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professionnel :
Adressez un chque de 20 Û lĠordre dĠAPE : Militant, 18
rue Victor Mass 75009 Paris.