Lettre de liaison nĦ6 du 9 dŽcembre 2007

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

 

ComitŽ de rŽdaction provisoire : Christian Barlo (83), Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Franois Ferrette (61), StŽphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier (94), Vincent PrŽsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord (75), Salima Jamili (75) É

 

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Sommaire :

Le billet du jour : prŽsident d'universitŽ, marque d'infamie !

Sur l'agenda.

Dernire minute : victoire contre les suppressions d'emplois au Labo dŽpartemental de l'Allier.

Venezuela - France : il y a rŽfŽrendum et rŽfŽrendum.

"La premire prŽoccupation des Franais, c'est le pouvoir d'achat".

Mais pour quoi les cheminots sont-ils appelŽs ˆ faire grve ce jeudi au juste ?

Document : le tract de la fŽdŽration CGT des cheminots.

Rassembler la jeunesse contre Sarkozy.

Document : communiquŽ du comitŽ de grve de Lyon II, 9 dŽcembre.

DŽfense de dire qu'au pain et ˆ l'eau, c'est tre privŽs de repas !

Deux contributions de nos camarades du PCF de la Seyne sur Mer.

Maroc : SOS d'un ouvrier et reprŽsentant des ouvriers des mines d'Imini, licenciŽ abusivement par la sociŽtŽ SACEM.

Devenez correspondant(e)-diffuseur du Militant.

 

* * *

Le billet du jour : prŽsident d'universitŽ, marque d'infamie !

 

Nous avons reu ce pome en provenance de l'UniversitŽ d'Aix-en-Provence.  Il para”t selon TF1 qu'il y a plein d'universitŽs bloquŽes par de mŽchants Žtudiants gauchistes. S'il y avait dans ce pays une presse nationale indŽpendante s'efforant de collecter les faits avant de les commenter, il appara”trait peut-tre qu'il y a eu encore plus de facultŽs fermŽes par leurs prŽsidents pour empcher les Žtudiants de discuter et de s'organiser. TF1 n'a pas protestŽ contre ces blocus empchant ˆ la fois les cours et les assemblŽes gŽnŽrales, ces deux activitŽs par lesquelles la culture se transmet et par lesquelles l'UniversitŽ a jouŽ son r™le dans l'histoire de la dŽmocratie.

Le comitŽ de rŽdaction n'Žtant pas en mesure de confirmer les allŽgations personnelles de cette poŽsie bien sentie, qui Žmane des universitaires eux-mmes, bien qu'inclinant en faveur de leur vŽracitŽ, a remplacŽ les noms pour Žviter toute attaque en diffamation ! Les noms remplacŽs ont un astŽrisque ci-dessous. Ce que nous sommes en mesure d'affirmer, c'est qu'elle donne une bonne image de cette troupe d'‰nes fortunŽs qui portent sur leur dos la loi PŽcresse.

 

La ballade du petit Colibri*.

 

Il Žtait une fois un petit Colibri

Qui n'avait de savoir qu'un tout mince verni

N'ayant ni HDR[Habilitation de recherche, ndr] ni Doctorat d'Etat

Il voulut toutefois s'attitrer professeur.

Alors il manoeuvra, frŽquenta, fricota

Tant qu'ˆ la fin un bon ami recteur

Le fit bŽnŽficier du titre convoitŽ.

Mais ce n'Žtait pas assez pour tant de vanitŽ.

Bient™t ŽpouvantŽ par le peu de sa science,

L'ineffable Jean-Marie*, parodie d'Hippocrate,

Se dit : "Pourquoi ne pas devenir bureaucrate ?

Pourquoi ne pas briguer la belle prŽsidence ?

Je pourrais d'autant plus soutenir ma Madeleine*

Et la catapulter tout en haut de l'Žchelle."

 

Elu, l'usurpateur transpire et se dŽmne,

Et mijote pour elle un simili concours,

La sotte en sait si peu que le jeu tourne court,

Le petit prŽsident en conoit quelque peine ...

Qu'il oublie sans tarder, car la gent Žtudiante,

DŽclenche lˆ-dessus la danse des Bacchantes.

Notre imposteur qui se voyait dŽjˆ recteur

Imagine l'ire du ministre et prend peur.

Il hle ces messieurs de la marŽchaussŽe

Et fait Žvacuer notre universitŽ.

 

HŽ oui, quand on se sait pitre scientifique,

On prŽfre aux studieux la compagnie des flics.

 

Envoi.

Cher petit Colibri

Toi qui ne fus qu'un faux directeur de labo,

Tu es par contre un vrai sarcollabo,

Toi qui ne fus qu'un professeur en toc,

Tu es -consoles-toi ! - un vrai Vidocq.

 

Franois Villon et Victor Hugo.

* * *

Sur l'agenda.

D”ner-dŽbat sur les enjeux des Žlections municipales : mardi 10 dŽcembre ˆ 19h30 LĠInattendu, 121 avenue FŽlix Faure 75015 Paris. MŽtro Lourmel. Avec la participation de Jean-Franois Chalot, conseiller municipal dans le 77.

Manifestation pour la rŽgularisation par le travail ˆ lĠappel du Rassemblement des collectifs dĠouvriers sans-papiers des foyers et de Militant : samedi 15 dŽcembre.

* * *

Dernire minute : victoire contre les suppressions d'emplois au Labo dŽpartemental de l'Allier.

 

Conclusion ˆ l'article en ligne sur le site du Militant (http://www.le-militant.org) : Chronique de la disparition d'un service public local en 2007, les suppressions d'emplois ont ŽtŽ ŽvitŽes parce que les personnels se sont invitŽs ˆ la session du Conseil gŽnŽral les jeudi et vendredi 6 et 7 dŽcembre, et ont conduits les Žlus de gauche (PC, PS et PRG) devenus majoritaires ˆ un sige prŽs suite ˆ l'Žlection partielle de Chevagnes, gagnŽe par le candidat communiste, ˆ voter contre.

Cela n'a pas ŽtŽ sans mal, ces mmes Žlus s'Žtant auparavant abstenus (sauf un contre) sur la transformation du Labo en GIP (Groupement d'IntŽrt Public) et certains ayant tentŽ de faire revenir la moitiŽ des agents sur leur dŽcision de refuser leur mise ˆ disposition du GIP.

En clair, la mobilisation a contraint la gauche ˆ tre de gauche, sans quoi cela ne se serait pas produit.

Notre camarade Sylvie, dŽlŽguŽe Force Ouvrire au Conseil gŽnŽral, a jouŽ un r™le clef dans ce combat. Nous l'assurons de tout notre soutien en cas de pressions visant ˆ lui faire payer la victoire qu'elle a arrachŽe !

 

 * * *

 

Venezuela - France : il y a rŽfŽrendum et rŽfŽrendum.

 

"Les Žlecteurs vŽnŽzuŽliens n'ont pas voulu du socialisme ! ", Ah mais ! se sont exclamŽs virilement, menton en avant, certains "journalistes" ˆ l'annonce des rŽsultats du rŽfŽrendum organisŽ par le prŽsident vŽnŽzuŽlien Chavez sur une rŽforme constitutionnelle dimanche dernier, dans lequel le Non l'a emportŽ par 51,05% des voix, avec 44,11% d'abstentions.

A ce compte lˆ, les mmes "journalistes" auraient dž dire, en 2005, que "Les Žlecteurs franais n'ont pas voulu du capitalisme" , cela par 56% avec une forte participation : l'objectivitŽ de l' "information" aurait ŽtŽ la mme !

Ne faisons pas comme eux. En 2005, c'est plus exactement la constitutionnalisation du capitalisme qui a ŽtŽ rejetŽe par la majoritŽ, contre l'avis de toutes les institutions, la campagne des mŽdias et la position des partis majoritaires. Ce rejet a dŽjˆ une grande signification. Car alors qu'on nous serine que comme Sarkozy a fait "53% des voix" parmi les suffrages exprimŽs le 6 mai dernier, il n'y a plus ni ˆ manifester, ni ˆ faire grve, ni ˆ parler, ni ˆ penser (ni ˆ voter ?), c'est cela mme qu'il a dŽcidŽ de remettre en place, sans rŽfŽrendum !

Dans le cas du Venezuela, les modifications constitutionnelles proposŽes par Chavez, annoncŽes dŽs sa campagne prŽsidentielle de 2006 qu'il avait largement gagnŽe, comprenaient en effet quelques rŽfŽrences au "socialisme". Sans nŽgliger ce fait, remarquons que de mme que l'absence de rŽfŽrence au capitalisme (ou aux euphŽmismes qui le dŽsignent : "Žconomie de marchŽ" et autres) dans le texte de la constitution franaise ne fait pas de notre sociŽtŽ une sociŽtŽ moins capitaliste pour autant, la prŽsence d'une rŽfŽrence au socialisme dans la constitution vŽnŽzuŽlienne ne faisait ipso facto de la sociŽtŽ vŽnŽzuelienne une sociŽtŽ socialiste. Chavez ne le prŽtendait d'ailleurs pas et seuls les forces pro-impŽrialistes ont fait semblant de s'affoler devant cette "instauration du socialisme" qu'ils assimilent Žvidemment au "totalitarisme" pour les besoins de leur propagande.

Le pourcentage des nationalisations n'est certainement pas un critre pour mesurer ˆ quel degrŽ une sociŽtŽ est plus ou moins "capitaliste" ou "socialiste', puisque les entreprises nationales sont toujours des entreprises et que l'Etat ne change pas de nature tant il n'est pas dŽtruit par la mobilisation des travailleurs eux-mmes. Mais admettons que l'on prenne ce critre : ˆ ce compte, le Venezuela d'aujourd'hui est nettement moins "socialiste" que l'Argentine au temps de Peron ou mme que l'Arabie Saoudite contemporaine.

Ce qui importe en fait, c'est la mobilisation des travailleurs, ouvriers, paysans, pauvres, jeunes, indiens. Sans aucun doute, cette mobilisation s'est dŽveloppŽe au Venezuela, jusque lˆ en soutien ˆ Chavez et contre l'impŽrialisme nord-amŽricain de Georges Bush. Notre camp est clair dans cette affaire.

Mais le fait essentiel que montre justement ce rŽfŽrendum, c'est que pour les masses vŽnŽzuŽliennes l'identification ˆ Chavez et le discours selon lequel il faut soutenir toutes ses initiatives sinon on fait le jeu de Bush, cette fois-ci a cessŽ de fonctionner. D'o un score Žlectoral qui rappelle ce qui se passe dans bien des pays et ne fait donc pas du tout du Venezuela une exception : le "peuple de gauche", en somme, dŽu et mŽfiant envers ceux qui sont censŽs le reprŽsenter -en l'occurrence Chavez ! - s'est en grande partie abstenu au rŽfŽrendum, alors que les forces de droite, incontestablement minoritaires mais motivŽes, sont allŽes voter, ˆ l'appel de la sainte trinitŽ patronat-mŽdias-Žpiscopat catholique et avec la bŽnŽdiction du Pentagone, d'o le rŽsultat, d'ailleurs trs serrŽ.

Soyons clair, lˆ-bas comme ici, le "peuple de gauche" n'a pas eu tort et son comportement s'explique. 6 millions d'Žlecteurs pour Chavez en 2006 (63% avec, alors, 20% d'abstentions), 5 millions d'adhŽrents thŽoriques ˆ son PSUV (parti socialiste unifiŽ du Venezuela), mais 4 millions et demi de voix pour lui dimanche dernier ... La base considŽrŽe comme "chaviste" n'a donc pas ŽtŽ enthousiasmŽe par un projet qui ne lui est pas apparu comme susceptible et de lever les difficultŽs quotidiennes (prix des produits de premire nŽcessitŽ) et d'aller rŽellement de l'avant, vers le socialisme.

Un projet au demeurant peu lisible, puisqu'il s'agissait de dizaines d'amendements au texte constitutionnel existant, et non pas d'une constitution vŽritablement nouvelle. Les uns insŽraient dans la constitution des droits sociaux, les autres renforaient les pouvoirs prŽsidentiels et la capacitŽ rŽpressive du gouvernement -en thŽorie contre les ennemis de la rŽvolution, mais juridiquement contre n'importe qui-, d'autres encore Žtaient supposŽs renforcer l'existence et l'expression d'un "pouvoir populaire", qui "ne na”t pas du suffrage ni d'une quelconque Žlection, mais de la condition de groupes humains organisŽs expression de la population" (article 136), sous la forme d'"AssemblŽes de citoyens et citoyennes" dont les modalitŽs de dŽsignation, de fonctionnement et les pouvoirs effectifs Žtaient renvoyŽs ˆ une loi future ... Pour les antichavistes de droite, ce sont lˆ des "soviets", pour les chavistes inconditionnels, ce sont lˆ des formes nouvelles  de dŽmocratie directe. Nous rappellerons simplement ici que mme les soviets (les vrais, ceux de 1917) Žtaient des reprŽsentations Žlues, sauf dans les tout petits villages o ils rŽunissaient tout le monde. L'expression directe des "groupes humains" en dehors de toute Žlection  a ŽtŽ proclamŽe par divers rŽgimes politiques, mais surtout par des rŽgimes prŽtendant transcender la lutte des classes, soit sous la forme du corporatisme (Italie annŽes 1920), soit sous des rŽfŽrences religieuses (chrŽtiennes : certaines "assemblŽes de base" de la thŽologie de la libŽration pourraient se rapprocher de ce schŽma, ou encore musulmanes, comme dans le rŽgime dictatorial libyen de Khadafi, alors que les chouras iraniennes de 1979 dans les usines et les quartiers, distincts des "comitŽs islamiques", Žtaient des conseil Žlus de reprŽsentants des travailleurs, comme les soviets).

PrŽsenter ce pot pourri de mesures, les unes progressistes, les autres rŽactionnaires, certaines indŽcises et dŽpendant en fait de la suite, comme la voie royale vers le "Socialisme du XXIĦ sicle" relevait donc, au mieux, d'une tentative d'Žvacuer les vraies questions qui se posent aux masses vŽnŽzueliennes : comment amŽliorer les conditions immŽdiates de vie en donnant du travail ˆ toutes et ˆ tous, contre les intŽrts des capitalistes vŽnŽzueliens et de l'impŽrialisme nord-amŽricain ? La victoire, mme courte, du Non, sera utilisŽe par les ennemis de la rŽvolution vŽnŽzuelienne et de la rŽvolution socialiste dans tous les pays du monde (1), mais ce sont les inspirateurs de cette opŽration qui leur ont donnŽ des armes, pas les travailleurs vŽnŽzuŽliens qui, par leur scepticisme envers elle, viennent de montrer qu'ils ont besoin d'une organisation indŽpendante, qui soit la leur et celle de personne d'autre, pour aller de l'avant. Ni Dieu, ni CŽsar, ni tribun.

VP.

(1) A cet Žgard la couverture de Courrier International mettant un signe d'ŽgalitŽ entre Chavez et Poutine est tout simplement une obscŽnitŽ. Mais ceux qui font plus confiance en d'hypothŽtiques axes Chavez-Poutine-Hu Jintao-Amadinedjad ... qu'en l'union des travailleurs du monde entier, favorisent ce genre d'obscŽnitŽs.

* * * * * 

"La premire prŽoccupation des Franais, c'est le pouvoir d'achat."

 

On entend a tout le temps, ces jours-ci.

 

On pourrait dire : il Žtait temps ! Car la conscience de la hausse des prix dans les couches populaires ne date pas d'hier. Elle s'est ŽveillŽe lors du passage ˆ l'euro, voici quelques annŽes dŽjˆ, mais ˆ l'Žpoque statisticiens et sondeurs certifiaient qu'il n'en Žtait rien. Aujourd'hui avec les niveaux scandaleux o campent les loyers, avec la hausse des carburants et depuis quelques mois celle des produits alimentaires de base et du papier, il est absolument clair qu'il y a un gros, gros problme !

 

Sarkozy est le premier ˆ le dire, et, c'est regrettable pour les Žminentes figures de la gauche censŽes nous reprŽsenter, mais c'est vrai, voici plusieurs mois qu'il a pris une longueur d'avance dans le discours sur ce sujet. Avec toutefois une nuance sur laquelle, ensuite, tout le monde le suit : il ne parle pas des salaires, ne veut pas en entendre parler et, quand on lui pose la question, explique soit qu'il n'y peut rien, soit qu'il faut faire des heures supplŽmentaires, le soir, la nuit, le dimanche et les vacances !

 

IL FAUT AUGMENTER LES SALAIRES. Et les retraites, ce qui veut dire commencer par ne pas les baisser : 37,5 ANNUITES POUR TOUS.

 

ProtŽger le pouvoir d'achat, c'est protŽger les salariŽs de la hausse du temps de travail. Plus ils se feront concurrence en faisant des heures supĠ, plus le niveau moyen des salaires baissera et moins les ch™meurs et les jeunes trouveront du travail.

NON AUX ACCORDS D'ENTREPRISE DEROGATOIRES A LA  LOI SUR LE TEMPS DE TRAVAIL annoncŽs par Sarkozy !

 

On a expliquŽ, dans les syndicats, aux cheminots qu'il fallait suspendre la grve et rester tout seuls parce que la question du pouvoir d'achat se pose ˆ tous les salariŽs et que ceux du privŽ n'auraient pas compris une grve pour les rŽgimes spŽciaux de retraite. Alors le moment n'est-il pas venu de dŽclencher une grande campagne pour la hausse des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, ce qui suppose le droit ˆ la retraite pour toutes et tous ˆ 60 ans avec 37,5 annuitŽs et l'application rŽelle et gŽnŽrale du principe "35heures de travail hebdomadaires durŽe lŽgale d'ordre public", et la crŽation des emplois correspondants aux besoins ainsi dŽgagŽs dans les entreprises, les bureaux, les chantiers, les administrations, les h™pitaux ?

 

ChŽrque en 2003 au moment de la lutte pour dŽfendre les pensions de fonctionnaires, Thibault en 2007 au moment de la lutte pour dŽfendre les rŽgimes de retraites et les statuts des cheminots, Žlectriciens, gaziers, agents de la RATP, personnels de l'OpŽra (ces derniers toujours en grve ! ), nous ont expliquŽ que "ceux du privŽ" ne suivraient pas, ne comprendraient pas, que ces luttes lˆ se prolongent -alors qu'en vŽritŽ ils Žtaient ˆ chaque fois beaucoup, dans les entreprises, ˆ envier et compter sur ces grves !

 

Maintenant, nous voilˆ au pied du mur. L'attaque frontale, prŽparŽe par les offensives anti-fonctionnaires, anti-cheminots, arrive contre ceux du privŽ. Alors ? N'est-il pas temps de retrouver la tradition du mouvement ouvrier, celle du Tous ensemble, dans chaque branche et entre toutes les branches ? Pourquoi n'avons-nous pas une grande campagne d'information des confŽdŽrations sur la rŽŽcriture scandaleuse du Code du travail par l'UMP ? (1) Contre la dŽrogation ˆ la loi entreprise par entreprise que Sarkozy, Parisot et Fillon veulent introduire ? Pour la hausse des salaires partout ?

 

(1) Sur ce sujet important voir :

http://www.democratie-socialisme.org/article.php3?id_article3D1348&titre3DRecodification-massacre-du-code-du

 

* * * * * 

Mais pour quoi les cheminots sont-ils appelŽs ˆ faire grve ce jeudi au juste ?

Les cheminots ont suspendu leur grve, contraints et forcŽs, mŽcontents de l'ouverture de "nŽgociations" sur la base de l'application de la rŽforme de leur rŽgime spŽcial de retraite. C'est un fait.

Pour qu'ils refassent massivement grve, il leur faut une perspective claire et le sentiment qu'on n'organisera pas encore une fois leur isolement.

La fŽdŽration CGT, qui est leur principale organisation syndicale, les appelle ˆ la grve le jeudi 13 dŽcembre pour "peser dans les nŽgociations en cours".

Bien que certaines dŽclarations fŽdŽrales rappellent que la fŽdŽration affirme rester opposŽe ˆ l'augmentation du nombre d'annuitŽs, Didier Le Reste, une fois le travail repris, a dŽclarŽ sur une vidŽo largement diffusŽe par la CGT que le retrait de la rŽforme des rŽgimes spŽciaux n'avait jamais ŽtŽ l'objectif de la grve !

Dans ces conditions les cheminots sont appelŽs ˆ faire grve ... on ne sait pas trop pour quoi. Nul doute cependant que s'ils font grve, eux sauront pourquoi. Et tout autant ceux qui ne feront pas grve.

Une question se pose : s'agit-il de diviser les cheminots ? Car les cheminots ont ŽtŽ, ˆ la base, trs unis du 13 au 23 novembre. Unis pour faire grve, unis pour revendiquer le refus de la destruction de leur rŽgime de retraite, la dŽfense de leur statut et du service public, la dŽfense du fret ferroviaire. Unis pour reprendre le travail en disant leur sentiment. Evidemment les oreilles de certains dirigeants ont sifflŽ ce jour lˆ.

Le tract de la fŽdŽration qui appelle les cheminots ˆ faire grve le jeudi 13, que nous reproduisons ci-dessous, ne comporte pas de revendications prŽcises !

Il appelle seulement ˆ "engager une nouvelle Žtape de mobilisation afin d'obtenir plus d'avancŽes dans le cadre d'un calendrier plus dŽtendu." (Sic!). Par contre il explique longuement que tous les syndicats autres que la CGT se comportent fort mal. SUD Rail a ŽtŽ interdite physiquement d'entrŽe dans l'intersyndicale au motif qu'ils dŽposent trop de prŽavis de grve et insultaient la CGT.

A propos de prŽavis, c'est, chose assez originale, dans le prŽavis dŽposŽ par la CGT pour le 13, disponible sur http://www.cheminotcgt.fr/new_site/accueil_essentiel_actu.html, cette explication oh combien lumineuse des difficultŽs de l'unitŽ : "Des questions de rapport de forces au sein de la FŽdŽration CFTC des cheminots ont fait Žclater cette unitŽ syndicale que la CGT sĠest ŽvertuŽe ˆ maintenir depuis le dŽbut du processus de mobilisation. "

 Vous avez bien lu : des questions internes ˆ la petite CFTC, selon le prŽavis CGT dŽposŽ auprs de la direction de l'entreprise, causent la division syndicale ! Qu'est-ce que c'est que ces salades, ne peuvent que se demander les cheminots et les militants CGT qui n'en ont pas marre et seront allŽs cherchŽ des explications ? Et depuis quand donne-t-on envie de faire grve par des tracts sans revendications dŽnonant peu ou prou tous les autres syndicats, allant mme jusqu'ˆ Žcrire, dans un langage qui semble calculŽ pour dŽmoraliser, qu'avec cette supposŽe division syndicale "la nature reprend le dessus" ?

Que cherche-t-on ? A pouvoir expliquer que si Sarkozy a le dessus c'est parce que dŽcidŽment, ces cheminots ne sont pas assez combatifs, et que c'est bien fait pour eux ? A blinder les "cadres" pour leur donner une mentalitŽ de forteresse assiŽgŽe ?

Et ˆ propos d'un "calendrier plus dŽtendu", aucune fŽdŽration de cheminots, Žtrangement, ne donne l'alerte sur la date du 1Ħ janvier, ou est censŽe entrer en application la loi anti-grve dans les transports terrestres au sujet de laquelle aucune nŽgociation officielle n'a lieu. On espre qu'il n'y en a pas d'officieuses.

Ce serait pourtant tellement facile, simple et franc de parler le langage de la vŽritŽ :

Camarades cheminots, vous avez ŽtŽ formidables par vos 10 jours de grve reconductible et les sacrifices que vous avez faits. Votre combativitŽ est un trŽsor pour la dŽfense de tous les travailleurs. Nous avons perdu la premire manche de la bataille pour la dŽfense des rŽgimes de retraite par rŽpartition contre Sarkozy, et tous les travailleurs avec nous. Il faut prŽparer la deuxime manche, en commenant par ne pas mettre les pieds dans l'application de la rŽforme actuelle, en maintenant notre opposition, en engrangeant les quelques reculs salariaux toujours bons ˆ prendre.

Partout, rŽunissons nous en assemblŽes gŽnŽrales pour faire le point : au 1er  janvier 2008, la loi anti-grve dans les transports terrestres doit en principe s'appliquer. Comment prŽparer l'action commune avec tous les travailleurs qui, comme nous, voient leur pouvoir d'achat s'effondrer ?

Comment faire en sorte que, lors de la prochaine grve des cheminots pour le retrait de la contre-rŽforme des rŽgimes spŽciaux, pour le droit ˆ la retraite ˆ 60 ans avec 37,5 annuitŽs pour tous, pour le retrait de la loi anti-grve, les travailleurs des entreprises, ˆ commencer par celles des transports terrestres (comme la Connex) et celles concernŽes par le fret (mŽtallurgie), soient avec nous, et les usagers associŽs au mouvement ?

Oui, encore maintenant, cette voie lˆ serait la voie de la victoire. Mais elle pose une question : dŽfaire Sarkozy, c'est ouvrir le champ des possibles. C'est remettre en question toutes les politiques suivies depuis des annŽes. Et c'est possible. Mais est-ce que les dirigeants (politiques et syndicaux) ˆ gauche veulent de cette perspective ? Ne devons nous pas nous organiser nous-mmes ?

* * *

Document : le tract de la FŽdŽration CGT des cheminots.

LA CGT PREND SES RESPONSABILITES !

En suspendant le mouvement de grve, les cheminots ont dŽcidŽ de garder intact le rapport de forces quĠils ont crŽe et mis sous surveillance les nŽgociations qui ont commencŽ depuis le 21 novembre.

Cette mobilisation, qui a eu comme point central la rŽforme des rŽgimes spŽciaux, a aussi portŽ sur lĠavenir du fret SNCF, le dŽveloppement de lĠemploi et de lĠaugmentation du pouvoir dĠachat.

 

Face ˆ lĠensemble de ces questions essentielles pour la vie des cheminotes et cheminots la fŽdŽration, depuis des mois, a dŽveloppŽ une stratŽgie revendicative pour contrecarrer les volontŽs du Gouvernement, et de la Direction, de remise en cause de nos acquis.


Cette stratŽgie CGT reposait sur :

- gagner un rapport de forces de haut niveau dans lĠentreprise ;

- travailler sans rel‰che ˆ lĠunitŽ syndicale pour aider et renforcer la mobilisation ;

- Žlargir lĠaction en convergence avec les autres entreprises impactŽes par la rŽforme des rŽgimes spŽciaux ;

- informer lĠopinion publique sur les enjeux de la pŽriode.


Celle-ci a portŽ ses fruits. La tentative du Gouvernement dĠisoler les cheminots et de passer en force avec la parution de dŽcrets a ŽchouŽ.


Gouvernement et Direction ont ŽtŽ contraints de sĠasseoir en rŽunions tripartites ˆ la table des nŽgociations. Des avancŽes non nŽgligeables ont ŽtŽ obtenues. Pour autant, le compte nĠy est pas. Des dŽsaccords profonds subsistent sur le cadrage de la rŽforme et des revendications, propositions nĠont pas reu de rŽponses positives.


Il y a de nouveau nŽcessitŽ ˆ ce que les cheminots interviennent par lĠaction pour peser sur le contenu des nŽgociations.


Durant toute cette dernire pŽriode, la CGT a toujours eu la volontŽ de prŽserver lĠunitŽ syndicale et nĠa eu de cesse de proposer, ˆ chaque Žtape de la mobilisation, le maintien de lĠensemble des points revendicatifs.


RŽussir ˆ prŽserver lĠunitŽ a ŽtŽ un vŽritable combat.


Entre la FGAAC qui a abdiquŽ ds le 18 octobre en acceptant la rŽforme, la CFDT qui ne voulait pas du mouvement de grve et sĠen est sortie rapidement, FO et SUD qui voulaient mener un 3me tour social, lĠunitŽ a depuis le 18 ŽtŽ rŽellement trs fragile. Seule la volontŽ de la CGT et la dŽtermination des cheminots a permis que celle-ci puisse exister et rŽsister.

 

AujourdĠhui la donne a changŽ.

 

Alors que les cheminots, dans leur large majoritŽ demandent que les organisations syndicales sĠappuient sur le rapport de forces pour arracher le maximum dĠavancŽes lors des nŽgociations, les fŽdŽrations syndicales rŽunies sur proposition de la CGT en interfŽdŽrale le 05 dŽcembre ont ŽtŽ dans lĠincapacitŽ de se mettre dĠaccord sur les initiatives revendicatives les mieux adaptŽes ˆ peser sur les nŽgociations mme si dans un premier temps le principe dĠun prŽavis de grve de 24h pour le 12 dŽcembre a ŽtŽ actŽ par les FŽdŽrations CGT, FO, CFTC, UNSA, CGC.

 

La nature reprend le dessus et les intŽrts des cheminots passent aprs les intŽrts de boutique !

 

Devant le refus de la Direction et du Gouvernement dĠaller plus loin sur la satisfaction des revendications des cheminots, la CGT a proposŽ dĠappeler ces dernires ˆ une journŽe de grve pour peser sur les nŽgociations ˆ venir. CĠest ce que demandent les cheminots dans leur large majoritŽ.

Seule la CGC partage cette conception de peser sur les nŽgociations pour engranger le maximum dĠavancŽes pour les cheminots actifs et retraitŽs.


LĠUNSA aprs avoir donnŽ son accord vient de se retirer.


SUD a dŽjˆ dŽcidŽ depuis plusieurs jours de faire cavalier seul en dŽposant prŽavis sur prŽavis (0% de grŽviste ˆ leur appel du 05 dŽcembre).


CFDT considre que la rŽforme est faite et quĠil nĠy a plus grand-chose ˆ nŽgocier.


CFTC dont les militants ont arrtŽ la grve plusieurs jours avant le 22 novembre dŽpose, comprenne qui pourra, un prŽavis reconductible ˆ compter du 17 dŽcembre !


FO qui dans toutes les professions sĠaccommode de la rŽforme, veut chez les seuls cheminots, un prŽavis reconductible.


Comme ˆ lĠoccasion de chaque dossier difficile ˆ la SNCF, les grandes manÏuvres ont commencŽ. La FŽdŽration CGT des cheminots fidle a ses principes et traditions guidŽes par la seule dŽfense des intŽrts des cheminots, ne laissera pas entra”ner les cheminots dans lĠimpasse.


Exerant nos responsabilitŽs et conformŽment aux engagements pris avec les cheminots lors de la suspension de lĠaction de grve, nous entendons exercer une pression permanente sur les nŽgociations.

AujourdĠhui, aprs quatre tables rondes des avancŽes intŽressantes ont ŽtŽ obtenues. Elles touchent plus particulirement la rŽmunŽration des actifs et des retraitŽs.


Il en est ainsi dĠun 10e Žchelon, des mesures de dŽblocage de fin de grille, de lĠintŽgration de la gratification dĠexploitation et de vacances dans le salaire liquidable, de lĠintŽgration de la prime de travail dans la prime de fin dĠannŽe, lĠaugmentation des pensions par des mesures concernant les retraitŽs et le relvement de la pension de rŽversion de 50 ˆ 54%.


A ce stade, nous avons transformŽ lĠobjectif gouvernemental ÇTravailler 5 ans de plus pour moins de pension È par Ç Travailler 2,5 ans de plus pour plus de pension È et rŽduit la perte de pension pour un dŽpart ˆ 50 ou 55 ans, empcher la dŽcote sur les minimum de pensionÉmais pour autant le compte nĠy est pas :

- sur le maintien et lĠamŽlioration de notre rŽgime spŽcial et de ses droits ;

- sur une augmentation gŽnŽrale des salaires et pensions au titre de 2007 ;

- sur lĠemploi ˆ statut ;

- sur le fret.


La Direction et le Gouvernement ont fixŽ comme fin des nŽgociations le 18 dŽcembre 2007. Le choix de cette date nĠest pas anodin :

- dĠabord face ˆ la complexitŽ et lĠampleur des sujets ˆ aborder, ils esprent que les organisations syndicales seront moins efficaces dans leur travail ;

- ensuite la proximitŽ des ftes de fin dĠannŽe, est un vrai pige o ils esprent que certaines organisations syndicales vont tomber.


Il est indispensable dĠengager une nouvelle Žtape de mobilisation afin dĠobtenir de nouvelles avancŽes dans le cadre dĠun calendrier plus dŽtendu.


La FŽdŽration CGT des cheminots prend ses responsabilitŽs et dŽpose un prŽavis de grve carrŽe couvrant la pŽriode du jeudi 13 dŽcembre 2007 ˆ 00 heure au vendredi 14 dŽcembre 2007 ˆ 8 heures.

Elle appelle les cheminots ˆ peser par lĠaction de grve sur les nŽgociations pour gagner de nouvelles avancŽes et la dŽtente du calendrier des tables rondes.

* * * * * *

Rassembler la jeunesse contre Sarkozy.

A Mulhouse et ˆ Brest, 300 et 800 lycŽens ont manifestŽ pour protester contre la rŽforme du bac professionnel, annoncŽe par Xavier Darcos ˆ la mi-novembre. DŽpche AFP : " Ces manifestations ont ŽtŽ ponctuŽes de heurts avec les forces de l'ordre. A Mulhouse, cinq adolescents ont ŽtŽ interpellŽs et placŽs en garde ˆ vue. Quatre garons devraient tre poursuivis pour jets de pierre, une jeune fille devrait l'tre pour outrage."

Rien, comme il se doit, dans les mŽdias nationaux. Mais ˆ Brest, selon la presse locale, c'est une "incroyable journŽe de manifestation lycŽenne" qui s'est dŽroulŽe ce vendredi 7 dŽcembre. A en croire Ouest France, on dirait en effet que les affrontements n'ont pas cessŽ avec la police. C'est un fait : le dŽbut de mobilisation des Žlves des lycŽes professionnels, c'est la jeunesse ouvrire, en contact direct avec les "racailles" et les "voyous" dŽnoncŽs par les gens du pouvoir et les bonnes ‰mes propres sur elles. Mais quand cette autre jeunesse en dŽshŽrence vient affronter la police cette fois-ci la main dans la main avec les Žlves de Bac Pro, malgrŽ les errements possibles hŽ bien ce n'est pas la mme chose que quand des bandes violentes Žtaient l‰chŽes sur les lycŽens en 2005, sur les Žtudiants en 2006, sous protection policire place des Invalides : c'est l'amorce d'un rassemblement.

A Villiers-le-Bel, ce qui a suscitŽ la haine de l'appareil d'Etat, ce n'est pas la prŽsence de "bandes", c'est la spontanŽitŽ de la rŽaction de tout un quartier quand la nouvelle des deux morts s'est propagŽe. Evidemment nous ne ferons pas les na•fs au sujet des bandes de la  pgre et autres mafieux qui interviennent dans ce type de contexte, mais nous ne pouvons pas non plus ignorer la rŽalitŽ d'un soulvement social plus ou moins tronquŽ, mais d'autant plus hargneux, qui s'est exprimŽ lˆ. Les voyous  existent : Sarkozy est leur chef. Le rassemblement de la jeunesse et des travailleurs contre eux comportera l'affrontement physique, et les jeunes ch™meurs et dŽsaxŽs devront choisir leur camp : ils ont leur place dans celui de toute la jeunesse.

Pendant ce temps la mobilisation dans les facultŽs continue, comme l'indique par exemple le communiquŽ ci-dessous du comitŽ de grve de Lyon II. Certes, elle recule, diminue ou prend d'autres formes, et il ne peut en tre autrement aprs la reprise des cheminots. Reste que la bataille est, dans la conscience de ces milliers de jeunes et dans la rŽalitŽ, loin d'tre terminŽe. Les enseignants-chercheurs sont cette fois-ci massivement prŽsents ˆ leur c™tŽs.

Mais revenons aux manifestations de lycŽens des LP. C'est un sympt™me extrmement important. Ce sont les couches profondes, celles que l'on n'entend pas, qui souvent ne savent pas se faire entendre et qu'on ne veut pas entendre. Ils commencent a et lˆ ˆ partir en grve, ˆ faire des manifs et des blocages, sur un mot d'ordre toute de suite prŽcis : retrait de la rŽforme du Bac pro !

Cette rŽforme a ŽtŽ annoncŽe par le ministre Darcos il y a trois semaines : elle consiste ˆ gŽnŽraliser le Bac pro en 3 ans d'ici ˆ la rentrŽe 2009, alors qu'il se dŽroulait jusque lˆ sur 4 ans (dont pour commencer 2 ans de BEP, Brevet d'Etudes Professionnelles, aprs la Troisime) et souvent d'ailleurs 5 ans pour pas mal d'Žlves que l'enseignement professionnel resocialisait et restaurait dans l'estime d'eux-mmes aprs le sŽjour du collge destructeur pour eux et les autres. La note du ministre gŽnŽralise un dispositif jusque lˆ dŽrogatoire, instaurŽ en 1999 sous le ministre Allgre puis Žtendu en 2000 sous le ministre dŽlŽguŽ MŽlenchon (il est bon de toujours rappeler les faits ...). Le but de la manoeuvre est de rŽduire la durŽe de la scolaritŽ et de faire des Žconomies en supprimant les postes correspondants de PLP (Professeurs de LycŽes Professionnels), de dŽqualifier l'enseignement donnŽ dans les LP tout en rejetant les Žlves les plus en difficultŽ vers l'apprentissage patronal qui n'est pourtant absolument pas en mesure de les aider rŽellement (et les patrons disent eux-mmes, ˆ juste titre en l'occurrence, que telle n'est pas leur vocation ni leur compŽtence). DŽs la rentrŽe 2008 l' "expŽrimentation" devrait s'appliquer ˆ 4 secteurs dont il est notoire que c'est l'UIMM (l'Union des Industries MŽtallurgiques et Minires de M. Gautier-Sauvagnac, cŽlbre grand voyou en libertŽ) qui les a prescrits ˆ Darcos (qui, personnellement, n'y conna”t rien) : Žquipements et installations Žlectriques, maintenance des systmes mŽcaniques automatisŽs, rŽalisations dĠouvrages chaudronnŽs et structures mŽtalliques, productique mŽcanique option usinage.

On voit qu'il s'agit lˆ du coeur des mŽtiers industriels ; supprimer la qualification "BEP" et gŽnŽraliser un Bac pro diminuŽ et dŽqualifiŽ, avec l'apprentissage immŽdiat pour ceux qui n'y arriveront pas, permet au patronat de dŽtruire les rŽfŽrences ˆ des mŽtiers prŽcis dans les conventions collectives : cela correspond ˆ l'objectif du "contrat de travail unique" dŽfini par des "missions" temporaires et ponctuelles, au mŽpris non seulement du droit collectif des salariŽs ˆ la reconnaissance de leur qualification (avec les salaires affŽrents), mais du bagage durable de savoir technologique et industriel lui-mme parmi les travailleurs.

Mais ensuite, dŽs la rentrŽe 2008, Darcos a rajoutŽ ˆ la liste la moitiŽ des filires de vente, comptabilitŽ, secrŽtariat, communication-industries graphiques, 30% de ceux de l'Žlectronique, Žlectrotechnique, restauration-hotellerie, 25% des mŽtiers de techniciens en production mŽcanique informatisŽe, 20% des mŽtiers de la maintenance industrielle, 15% des mŽtiers de techniciens en installations sanitaires et thermiques, 10% des mŽtiers du bois et de la maintenance des vŽhicules (garages). C'est donc tout de suite une opŽration massive qui s'annonce, avec des suppressions sans prŽcŽdent de postes en LP pour la rentrŽe prochaine, qui devront tre annoncŽes au printemps ...

 

Ces jeunes ont donc dix fois, cent fois, mille fois raison de dŽbrayer,  de manifester. Ils le font avec le soutien de leurs professeurs, dont les principales organisations syndicales SNETAA-EIL, SNUEP-FSU et UNSEN-CGT se sont prononcŽes contre le projet Darcos, et qui sont eux-mmes trs inquiets.

 

Mais il y a aussi quelques dizaines de lycŽes gŽnŽraux touchŽs, dans les principales villes, par l'extension du mouvement des Žtudiants contre la loi PŽcresse. A Marseille, Aubagne, Marignane, Vitrolles, Istres, Toulon ou le mouvement est parti des LP et s'est adressŽ aux autres lycŽes, les deux mouvements se conjuguent et ne font qu'un : les lycŽens ont manifestŽ ˆ la fois pour le retrait de la loi PŽcresse et le retrait du Bac Pro en 3 ans.

 

L'expŽrience rude de cet automne ne sera pas perdue. La jeunesse Žtudiante, lycŽenne, travailleuse, ch™meuse, doit se rassembler. L'hiver est tide, le printemps sera chaud ? Pourquoi pas tous ensemble, en manifestation unie ˆ l'ElysŽe, contre Sarkozy le voyou en chef ?

* * *

Document : communiquŽ du comitŽ de grve de Lyon II, dimanche 9 dŽcembre.

PubliŽ dimanche 9 dŽcembre 2007

Les Žtudiant.es mobilisŽ.es contre la loi LRU continuent la lutte contre la loi PŽcresse. Ils ont maintenu avec constance leur mouvement malgrŽ la rŽpression, malgrŽ les multiples tentatives orchestrŽes pour les Žcraser.

 

Vendredi 7 dŽcembre encore, les forces de lĠordre, qui occupent nos universitŽs ont encore une fois utilisŽ la force pour dŽloger les grŽvistes, notamment sur le campus de Bron, o des coups particulirement violents ont ŽtŽ donnŽs.

 

Le chantage ˆ la dŽfaillance et au semestre pour obliger les Žtudiants ˆ reprendre les cours dans une fac militarisŽe est inacceptable, tout autant que la confiscation du site internet de lĠuniversitŽ au service de la division des Žtudiant.es et de la dŽformation de la rŽalitŽ. Pareillement inacceptables sont les atteintes rŽpŽtŽes au droit de se rŽunir et ˆ tenir une assemblŽe gŽnŽrale, qui a une rŽalitŽ tout au long de la semaine.

 

Rappelons que jeudi, lĠintervention particulirement violente de la police contre les grŽvistes sur les quais avait donnŽ lieu ˆ un blessŽ (ˆ la tte) et lĠarrestation ciblŽe de deux syndicalistes : Pascal (SUD) et Florian (FSE). Ces derniers, mensongrement accusŽs de Ç violence volontaire sur agent È, ont eu affaire ˆ la justice vendredi. Finalement, gr‰ce ˆ la multiplication des tŽmoignages dĠŽtudiant.es, dĠenseignant.es, et au vide du dossier prŽsentŽ par la police, ils ont ŽchappŽ ˆ la dŽtention provisoire comme au contr™le judiciaire, et sont sortis libres. CĠest un signe encourageant. Leur procs a nŽanmoins ŽtŽ fixŽ au 10 janvier.

 

Le rassemblement ˆ 9h devant le campus des quais, le rassemblement unitaire avec les privŽ.es dĠemploi et prŽcaires, le rassemblement de soutien, au tribunal de grande instance, aux camarades interpellŽs la veille, et lĠaction de vendredi soir place des terreaux ont ŽtŽ une rŽussite. Nous sommes donc restŽ mobilisŽ.es, et nous avons reu le soutien dĠun nombre croissant dĠenseignant.es et de personnels. Une partie dĠentre eux ont refusŽ de faire cours et cessŽ le travail. Une lettre ouverte des enseignant.es et des personnels a ŽtŽ rendue publique.

 

Cette action unie des Žtudiant.es et du personnel semble avoir payŽ, et nous enregistrons un premier recul de la prŽsidence de lĠuniversitŽ. Cette dernire a promis le retrait des forces de police ds lundi, de mme que la banalisation de crŽneaux horaires, permettant la tenue dĠassemblŽes gŽnŽrales massives.

 

Nous revendiquons immŽdiatement pour permettre le rŽtablissement dĠun climat dŽmocratique sur les campus :

- le dŽpart immŽdiat de la police, des gardes mobiles, des vigiles privŽs, la fin du contr™le des cartes cumul aux entrŽes du campus,

- la non comptabilisation des absences et des amŽnagements pour le semestre en cours,

- que les grŽvistes puissent exprimer leur point de vue sur le "web-etu",

- des garanties doivent tre donnŽes pour que les assemblŽes gŽnŽrales, les rŽunions dĠinformation, puissent se tenir sans entraves,

- les affiches militantes ne doivent pas tre censurŽes dans lĠuniversitŽ : les Žtudiant.es embauchŽ.es pour le travail dĠarrachage des affiches doivent voir leurs postes reconvertis vers dĠautres fonctions plus utiles.

 

DĠautre part, nous considŽrons que la prŽsidence de lĠuniversitŽ se place elle-mme dans lĠillŽgalitŽ. Nous revendiquons la vŽritŽ et la justice :

- sur la mise ˆ sac des locaux syndicaux et associatifs,

- sur ce quĠil est advenu des affaires des syndicats et associations concernŽes, ainsi que des affaires personnelles des grŽvistes placŽes en possession de lĠadministration suite aux interventions policires dans les campus,

- sur le fichage et la constitution de dossiers dŽlateurs sur les militants Žtudiants pratiquŽs par lĠuniversitŽ.

Notre revendication de dŽmission de lĠŽquipe prŽsidentielle reste elle aussi dĠactualitŽ.

 

La mobilisation Žtudiante pour lĠabrogation de la loi dĠautonomie et contre le recul social doit pouvoir se poursuivre, selon les modalitŽs dont dŽcideront les Žtudiant.es dans les assemblŽes gŽnŽrales. Ces assemblŽes gŽnŽrales, tant sur le campus de Bron que sur celui des quais, examineront toutes les questions, y compris celle du blocage. Le rendez-vous est fixŽ sur Bron ˆ 13h, Halle des sports, et sur les quais ˆ 13 h (lieu ˆ prŽciser).

 

Nous appelons dĠores et dŽjˆ ˆ un rassemblement mercredi ˆ 14h devant la PrŽsidence (16, Quai Claude Bernard) autour des exigences prŽcŽdentes, contre lĠapplication de la Loi PŽcresse, le maintien de la sŽcuritŽ privŽe et des contr™les, pour la dŽmission de lĠŽquipe prŽsidentielle de Lyon 2.

 

Quoi quĠil en soit, nous appelons les Žtudiant.es et les personnels ˆ ne pas se soumettre aux contr™les des cartes CUMUL.

 

La lutte contre la loi LRU et la privatisation de lĠenseignement supŽrieur reste notre prioritŽ et nous continuerons ˆ multiplier les initiatives pour en obtenir lĠabrogation.

 

Le comitŽ de grve

9 dŽcembre 2007

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DŽfense de dire qu'au pain et ˆ l'eau, c'est tre privŽs de repas !

 

Lettre du 9 dŽcembre 2007

Aux associations de parents,

Aux associations de dŽfense des droits de l'Homme, de dŽfense des droits de l'enfant et d'Education populaire

 

Madame, Monsieur,

Lorsque vous avez appris que le 2 avril 2007 des enfants avaient eu comme Ç repas È ˆ la cantine de Maincy du pain et de l'eau, vous avez exprimŽ votre indignation. Si des parents ont eu un retard de paiement, une telle dŽcision de pŽnalisation de leurs enfants Žtait inimaginable.

 

Huit mois aprs ces faits, nous apprenons que Madame Fratello et l'association Ç ensemble pour l'Žcole È qu'elle prŽside sont condamnŽes pour diffamation envers Madame le Maire de Maincy.

 

Les parents, enseignants et Žlus municipaux, prŽsents au moment du rendu du dŽlibŽrŽ ont ŽtŽ stupŽfaits. Donner du pain et de l'eau ˆ des enfants, ce n'est pas Ç priver des enfants de nourriture È, les dŽfenseurs des droits de l'enfant apprŽcieront!

Cette dŽcision judiciaire ne prŽsage rien de bon.

 

Demain, toute association pourra tre condamnŽe pour de simples commentaires oraux ou Žcrits. C'est la libertŽ d'expression qui est ainsi menacŽe.

 

L'UFAL appelle toutes les associations dŽmocratiques ˆ apporter leur soutien financier et moral ˆ cette association et ˆ sa prŽsidente qui ont courageusement dŽcidŽ de se pourvoir en appel.

Les cožts de la procŽdure et notamment les frais d'avocat Žtant ŽlevŽs, il faut qu'une solidaritŽ pleine et entire puisse s'organiser.

 

Vous pouvez adresser vos chques libellŽs au nom de BŽatrice Fratello et les envoyer ˆ : UFAL 77, 4 place Beuve et Gantier 77 000 Vaux-le PŽnil.

 

Recevez l'expression de mes cordiales salutations de militant des droits de l'Enfant

Jean-Franois CHALOT, prŽsident de l'UFAL 77

TŽl : 06 03 05 55 91 : Mel : jeanfrancoischalot@orange.fr

 

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Deux contributions de nos camarades du PCF de la Seyne sur Mer.

 

A la Seyne sur mer, vendredi 7 dŽcembre 2007,

 

Ç Retraite, valeur du travail, pouvoir dĠachat, universitŽ, et traitŽ europŽen ! È

 

 La ville sĠillumine, mais nĠen dŽplaise ˆ la Marseillaise, que lĠon soit retraitŽ, salariŽ et ch™meur, avec quel argent allons-nous faire la fte ˆ la Seyne sur mer pendant les ftes calendaires ? LĠenjeu est lˆ.  Dans le milieu du 19e sicle, le capitalisme a cherchŽ ˆ augmenter la productivitŽ du travail en rendant son organisation plus efficace et en accŽlŽrant le progrs technique.  AujourdĠhui, avec lĠultralibŽralisme et la Mondialisation forcenŽe, nous sommes dans une inversion de cette tendance.

 

 LĠenjeu est la rŽduction brutale du taux horaire des salaires, lĠaugmentation de la durŽe du travail, le blocage des salaires, la remise en cause des 35 heures, les dŽlocalisations. CĠest tout un  ensemble Žtroitement liŽ pour dŽtourner la lŽgislation sur la durŽe du travail, le salaire minimum, augmenter les taux de profitÉ Et Joyeux No‘l pour les pauvres...

Savoir pour tre ˆ mieux de comprendre devient indispensable.

 

Le discours SARKOZYEN, relayŽ ˆ la Seyne sur mer par Arthur PAECHT, maire UMP, sur la valeur du travail cache mal le fait quĠil sĠagisse de travailler toujours plus vieux, plus rudement. Il y a derrire cette hypocrisie le refus de poser la question de la valeur du travail effectif et de son contenu rŽel. CĠest une faon de dissimuler un certain nombre dĠinjustices et de dominations liŽes ˆ lĠorganisation du travail dans lĠentreprise et de disqualifier une forme de critique sociale.

 

 Et pendant ce temps, pour la premire fois et depuis longtemps, le pouvoir dĠachat est devenu la prŽoccupation numŽro un des Franais selon une Žtude CSAÉ Ç Travaillez plus pour gagner plus È, la vŽritŽ, cĠest la baisse du pouvoir dĠachat pour tous dans le public et le privŽ sauf pour les privilŽgies, ceux qui viennent de bŽnŽficier de 15 milliards dĠeuros de cadeaux fiscaux en juillet 2007.

 

 Dans ce thme sur la valeur du travail, on retrouve celui de la retraite. Dans le cadre de son offensive idŽologique ultralibŽrale, SARKOZY dŽveloppe lĠidŽe selon laquelle puisquĠon vit plus vieux, on doit travailler plus longtemps. Quand cet argument est comparŽ aux dynamiques ultralibŽrales et aux richesses produites, il appara”t comme une hypocrisie. LĠŽquitŽ Ç SARKOZYENNE È nĠest pas autre chose quĠun argument de diversion et de division.

 

Alors soyons conscients que derrire les rŽgimes spŽciaux, il y a prŽvu en 2008 lĠallongement pour tous de la durŽe de cotisations pour ensuite passer ˆ 41 ans, voire 42 ans pour tout le monde. Cet allongement, quĠest-ce que cela veut dire quand la plupart des salariŽs entrent de plus en plus tard dans la vie active ? Qui arrivera ˆ 42 ans de cotisations pour avoir droit ˆ une retraite pleine et entire ! La loi pour tous se sera la dŽcote condamnant une fois de plus les plus modestes ˆ une allocation de misre, dirigeant ceux qui le peuvent vers les assurances privŽes, ou faudra-t-il travailler jusqu'ˆ 67 ou 68 ans...

 

 Les luttes qui se dŽveloppent sĠexercent aussi au sein des universitŽs. Quand tant dĠŽtudiants vivent mal, Žtudient dans de mauvaises conditions, la loi Ç PŽcresse È votŽe au cÏur de lĠŽtŽ est une parodie de dŽmocratie. Elle place lĠuniversitŽ au service du marchŽ-roi, des besoins ˆ court terme des entreprises. LĠenseignement supŽrieur a sans doute besoin de rŽformes pour aller de lĠavant, pas pour reculer. Principal objectif de la ministre, la disposition massive de filires et dĠenseignement pour la crŽation de quelques centres Žlitistes et la pŽnurie pour le plus grand nombre dŽbouchant sur un enseignement supŽrieur ˆ deux vitesses comme dans les pays anglo-saxons ou amŽricains.

 

 Face ˆ ce mŽcontentement social qui sĠamplifie, y compris au sein de la justice, ce nĠest pas pour rien que Nicolas SARKOZY veut faire rentrer par la fentre le traitŽ europŽen que le peuple franais dans sa majoritŽ a mis ˆ la porte en 2005.

 

Pour Giscard dĠEstaing, pre fondateur, cĠest bien le mme traitŽ qui rŽappara”t par les libŽraux SARKOZYENS. Sa constitution y est bien rŽaffirmŽe. Le marchŽ du travail sera dŽrŽglementŽ alors que le dumping fiscal et le moins disant social et fiscal triomphent, la banque centrale europŽenne demeure intouchable. Tout ce ˆ quoi, dans notre majoritŽ en 2005, nous avons dit Ç Non È.

 

En politique, on ne peut jouer, ruser, gagner du temps, manÏuvrer et manipuler lĠopinion tout le temps !

 

Mais face aux luttes qui se dŽveloppent, il est grand temps que le prŽsident de la RŽpublique et son gouvernement, le pouvoir UMP qui sĠexerce dans beaucoup de villes dŽpartements et rŽgions prennent la mesure de ce qui se passe dans le pays sĠagissant du traitŽ (comme du pouvoir dĠachat, des universitŽs et des retraites). Tout a ŽtŽ fait pour complexifier le texte rejetŽ afin de banaliser son contenu. Les Žlus de gauche et singulirement ceux du  parti socialiste ont devant eux la responsabilitŽ et la possibilitŽ de ne pas permettre une adoption ˆ la sauvette par vote parlementaire. Seul le peuple peut par referendum valider ou invalider ce quĠil a lui-mme dŽcidŽ.

 

 Conscient de cet enjeu fondamental et dĠavenir le PCF vient de prendre lĠinitiative dĠune pŽtition nationale en faveur du referendum. Ensemble il est possible de gagner et dĠobtenir ce qui nous revient de droit institutionnelÉ

 

Ç Quand on parle au peuple dans sa langue, il ouvre grand les oreilles. È

Kateb YACINE

 

Christian BARLO, Louis BLANC, Joseph PENTAGROSSA, militants communistes.

 

 

La Seyne sur mer, samedi 1er dŽcembre 2007,

 

 La situation politique ˆ la veille des municipales ˆ la Seyne sur mer.

 

 La situation ˆ quelque mois des municipales dans le dŽpartement du Var et ˆ la Seyne sur mer se caractŽrise par des dŽveloppements complexes dans chaque commune et une situation plus particulirement aiguisŽe sur la commune seynoise.

 

 Pour mieux comprendre ce qui se passe il nous faut faire un bref rappel des ŽvŽnements passŽs : la complexitŽ politique vient avant tout dans le Var de lĠŽchec cuisant de la gauche ˆ la prŽsidentielle ! Echec au premier tour dĠune recomposition ˆ gauche du parti communiste au travers des collectifs anti-libŽraux qui ne sont pas traduits au-delˆ de leur programme par une candidature unitaire identifiable.

 

 Sur ce sujet, il faut dĠailleurs diffŽrencier le fond et la forme dĠun tel rassemblement.

 

 Si lĠidŽe paraissait sŽduisante, en rŽalitŽ cela nĠa pas ŽtŽ ˆ la hauteur des espŽrances, comme quoi la Somme de Chacun ne fait pas lĠaddition de Tous !  Echec aussi de la stratŽgie socialiste de la candidature ˆ la candidature tŽlŽguidŽe par les MEDIAS et du peu de volontŽ dĠun parti socialiste ˆ vouloir changer les choses, plus accompagnateur du systme capitaliste plut™t quĠagitateur de transformation sociale.

 

 LĠŽchec de la gauche dans le Var sĠest doublŽe par un plŽbiscite SARKOZYEN aux Žlections lŽgislatives : 7 circonscriptions sur 7 UMP, soit 145 villes et communes (sur  147) sans aucune exception avec SARKOZY en tte au premier tour. Alors que le PS prŽsentait 6 candidats + 1 candidat unitaire MRC et parfois des dissidents notoires comme dans la 7e circonscription (La Seyne sur mer ), alors que le PCF tentait des candidatures tant™t anti- libŽrales tant™t communistes, la droite enlevait au premier tour 6 siges sur 7. Le 7e sige Žtait obtenu lors du deuxime tour des lŽgislatives. Le socialiste prŽsent au deuxime tour sĠest retrouvŽ loin du compte et des enjeux.

 

Ce fut vŽritablement un tsunami politique pour la gauche ! KO aprs ces lŽgislatives ! Depuis la situation politique ne sĠest pas amŽliorŽe tant au point de vue des Žtats major nationaux ˆ gauche que des situations compliquŽes et conflictuelles dans les localitŽs varoises. Pour la Seyne sur mer, cette situation politique dŽbridŽe est ˆ son paroxysme. Il est ˆ rappeler que la Seyne sur mer est la 2e ville du dŽpartement du Var.

 En effet, pour les municipales la droite part en ordre dispersŽe mais avec un potentiel consŽquent de voix lui permettant dĠentrevoir la victoire et la transformation  de la ville ˆ son image ! Le remodelage des idŽes nĠarrange pas les choses.

 

CĠest tout dĠabord une liste MODEM qui sera vraisemblablement constituŽe avec Nicole BICAIS regroupant lĠUDF et quelques citoyens de droite avec quelques associations satellites. CĠest ensuite la liste du maire sortant UMP Arthur PAECHT fort de son bilan libŽral et de la volontŽ affirmŽe de changer la ville ˆ tradition ouvrire en ville de villŽgiatures et de riches possŽdants. Divers autres listes de droite issues de lĠŽclatement de la majoritŽ hŽtŽroclite UMP (JOYAN dissidente de droite) seront vraisemblablement au rendez-vous. Naturellement le Front national avec son appendice MNR sera sur le rang de dŽpart.  Enfin ˆ droite les Ç DE VILLIERS È auront leurs candidats de catholique de droite extrme avec Guillaume CAPOBIANCO.

 

 Pour la gauche la situation risque dĠtre des plus complexes.

 Pour le PS qui a su rassembler le MRC, les RDG et les Verts et de plus le POC parti occitan a rŽalisŽ un dŽbut  de rassemblement avec en plus un programme municipal (avant projet) et il sĠefforce de lancer la campagne avec lĠunitŽ ˆ gauche en ligne de mire !

 

 La LCR aura-t-elle  le courage de sĠassocier avec la liste de rassemblement ˆ gauche non communiste ! Au vu des premiers contacts rien nÔest moins sžr avec les trotskistes ! Malheureusement ˆ gauche la dissidence existe en la personne de Patrick MARTNENQ conseiller gŽnŽral ex-PS de la Seyne Nord, candidat auto proclamŽ lors des lŽgislatives et contre la fŽdŽration socialiste et depuis exclu de son parti. Pour le PCF seynois enfin qui rappelons-le avait un maire communiste en 2001 et qui gr‰ce ˆ des querelles internes entre le maire sortant et une partie de sa majoritŽ de lĠŽpoque a perdu la mairie 2001 au profit dĠArthur PAECHT UMP !

 

 Pour le PCF, la situation sĠest aussi complexifiŽe par la stratŽgie quĠil sĠest donnŽ lors des divers scrutins en cours de 2007 ! Entirement acquis au collectif anti-libŽral dont nous pouvons voir les Žchecs patents, la section PCF oscille entre lĠunion, le lancement dĠune liste autonome PCF ou le ralliement ˆ  un autre candidat de gauche.  Les premiers contacts avec la gauche non communiste PS, VERT, RDG, MRC et POC nĠa pas encore su trouver ses marques en traduction concrte dĠaccords Žlectoraux et de programme pour un vŽritable changement face au maire ultra-libŽralÉ Le dŽbat continue ˆ se dŽrouler entre toutes les formations de gauche dans lĠattente dĠune participation effective de la part de la population seynoise ˆ qui lĠon nĠa pas toujours su donner la possibilitŽ de sĠexprimer. Mais le temps presse ˆ quelque mois des municipales !  La stratŽgie de  lĠunion et du rassemblement aura-t-elle plus de chance que la division des listes de gauche ?  La droite est en embuscade forte des rŽsultats des prŽsidentielles et des lŽgislatives !

 

 Aprs ces deux succs la passe de trois semble lui tre offerte !

CĠest ˆ la gauche ˆ se faire un chemin vers la victoire ! Et au parti communiste de sĠaffirmer, vecteur de lĠŽvolution de la prise de conscience. Le temps presse et les chances dĠy parvenir se rŽduisent jour aprs jour !

 

 Seul un miracle dont le deuxime tour des lŽgislatives en a rŽvŽlŽ le secret, peut sortir la gauche rassemblŽe seynoise de sa lŽthargie. La bataille est lancŽe et le facteur chance aura des consŽquences imprŽvisibles dans lĠissue de ce scrutin. Une gauche de courage et de transformation sociale aura bien besoin dĠun coup de pouce du destin ! Le chemin de la victoire lui est ouvert, il lui reste ˆ lĠemprunter ! Le parti communiste saura-t-il dŽjouer lĠhŽgŽmonie socialiste et sĠaffirmer crŽdible et incontournable dans notre ville ?

 

Ç On nĠenseigne pas ce que lĠon sait, on nĠenseigne pas ce que lĠon veut, on enseigne ce que lĠon est. È

Jean JAURES

 

Christian BARLO.