Lettre de liaison nĦ6 du 9 dcembre 2007
Le courage, c'est
de chercher la vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Comit
de rdaction provisoire : Christian Barlo (83), Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois
Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Franois Ferrette
(61), Stphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54), Claude
Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier (94), Vincent Prsumey (03
– directeur de la publication), Raymond Debord (75), Salima Jamili (75) É
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Sommaire :
Le
billet du jour : prsident d'universit, marque d'infamie !
Sur
l'agenda.
Dernire
minute : victoire contre les suppressions d'emplois au Labo dpartemental de
l'Allier.
Venezuela
- France : il y a rfrendum et rfrendum.
"La
premire proccupation des Franais, c'est le pouvoir d'achat".
Mais
pour quoi les cheminots sont-ils appels faire grve ce jeudi au juste ?
Document
: le tract de la fdration CGT des cheminots.
Rassembler
la jeunesse contre Sarkozy.
Document
: communiqu du comit de grve de Lyon II, 9 dcembre.
Dfense
de dire qu'au pain et l'eau, c'est tre privs de repas !
Deux
contributions de nos camarades du PCF de la Seyne sur Mer.
Maroc
: SOS d'un ouvrier et reprsentant des ouvriers des mines d'Imini, licenci
abusivement par la socit SACEM.
Devenez
correspondant(e)-diffuseur du Militant.
* * *
Le billet du jour : prsident
d'universit, marque d'infamie !
Nous avons reu ce pome en provenance de
l'Universit d'Aix-en-Provence. Il
parat selon TF1 qu'il y a plein d'universits bloques par de mchants
tudiants gauchistes. S'il y avait dans ce pays une presse nationale
indpendante s'efforant de collecter les faits avant de les commenter, il
apparatrait peut-tre qu'il y a eu encore plus de facults fermes par leurs
prsidents pour empcher les tudiants de discuter et de s'organiser. TF1 n'a
pas protest contre ces blocus empchant la fois les cours et les assembles
gnrales, ces deux activits par lesquelles la culture se transmet et par
lesquelles l'Universit a jou son rle dans l'histoire de la dmocratie.
Le comit de rdaction n'tant pas en mesure de
confirmer les allgations personnelles de cette posie bien sentie, qui mane
des universitaires eux-mmes, bien qu'inclinant en faveur de leur vracit, a
remplac les noms pour viter toute attaque en diffamation ! Les noms remplacs
ont un astrisque ci-dessous. Ce que nous sommes en mesure d'affirmer, c'est
qu'elle donne une bonne image de cette troupe d'nes fortuns qui portent sur
leur dos la loi Pcresse.
La ballade du petit Colibri*.
Il tait une fois un petit Colibri
Qui n'avait de savoir qu'un tout mince verni
N'ayant ni HDR[Habilitation de recherche, ndr] ni Doctorat d'Etat
Il voulut toutefois s'attitrer professeur.
Alors il manoeuvra, frquenta, fricota
Tant qu' la fin un bon ami recteur
Le fit bnficier du titre convoit.
Mais ce n'tait pas assez pour tant de vanit.
Bientt pouvant par le peu de sa science,
L'ineffable Jean-Marie*, parodie d'Hippocrate,
Se dit : "Pourquoi ne pas devenir bureaucrate ?
Pourquoi ne pas briguer la belle prsidence ?
Je pourrais d'autant plus soutenir ma Madeleine*
Et la catapulter tout en haut de l'chelle."
Elu, l'usurpateur transpire et se dmne,
Et mijote pour elle un simili concours,
La sotte en sait si peu que le jeu tourne court,
Le petit prsident en conoit quelque peine ...
Qu'il oublie sans tarder, car la gent tudiante,
Dclenche l-dessus la danse des Bacchantes.
Notre imposteur qui se voyait dj recteur
Imagine l'ire du ministre et prend peur.
Il hle ces messieurs de la marchausse
Et fait vacuer notre universit.
H oui, quand on se sait pitre scientifique,
On prfre aux studieux la compagnie des flics.
Envoi.
Cher petit Colibri
Toi qui ne fus qu'un faux directeur de labo,
Tu es par contre un vrai sarcollabo,
Toi qui ne fus qu'un professeur en toc,
Tu es -consoles-toi ! - un vrai Vidocq.
Franois Villon et Victor Hugo.
* * *
Sur l'agenda.
Dner-dbat
sur les enjeux des lections municipales : mardi 10 dcembre 19h30
LĠInattendu, 121 avenue Flix Faure 75015 Paris. Mtro Lourmel. Avec la
participation de Jean-Franois Chalot, conseiller municipal dans le 77.
Manifestation
pour la rgularisation par le travail lĠappel du Rassemblement des collectifs
dĠouvriers sans-papiers des foyers et de Militant : samedi 15 dcembre.
* * *
Dernire minute : victoire contre
les suppressions d'emplois au Labo dpartemental de l'Allier.
Conclusion l'article en ligne sur le site du
Militant (http://www.le-militant.org) : Chronique de la disparition d'un
service public local en 2007, les suppressions d'emplois ont t vites parce que les
personnels se sont invits la session du Conseil gnral les jeudi et
vendredi 6 et 7 dcembre, et ont conduits les lus de gauche (PC, PS et PRG)
devenus majoritaires un sige prs suite l'lection partielle de Chevagnes,
gagne par le candidat communiste, voter contre.
Cela n'a pas t sans mal, ces mmes lus s'tant
auparavant abstenus (sauf un contre) sur la transformation du Labo en GIP
(Groupement d'Intrt Public) et certains ayant tent de faire revenir la
moiti des agents sur leur dcision de refuser leur mise disposition du GIP.
En clair, la mobilisation a contraint la gauche
tre de gauche, sans quoi cela ne se serait pas produit.
Notre camarade Sylvie, dlgue Force Ouvrire au
Conseil gnral, a jou un rle clef dans ce combat. Nous l'assurons de tout
notre soutien en cas de pressions visant lui faire payer la victoire qu'elle
a arrache !
* * *
Venezuela - France : il y a
rfrendum et rfrendum.
"Les lecteurs vnzuliens n'ont pas voulu du
socialisme ! ",
Ah mais ! se sont exclams virilement, menton en avant, certains
"journalistes" l'annonce des rsultats du rfrendum organis par
le prsident vnzulien Chavez sur une rforme constitutionnelle dimanche
dernier, dans lequel le Non l'a emport par 51,05% des voix, avec 44,11%
d'abstentions.
A ce compte l, les mmes "journalistes" auraient
d dire, en 2005, que "Les lecteurs franais n'ont pas voulu du
capitalisme" ,
cela par 56% avec une forte participation : l'objectivit de l'
"information" aurait t la mme !
Ne faisons pas comme eux. En 2005, c'est plus exactement la
constitutionnalisation du capitalisme qui a t rejete par la majorit, contre
l'avis de toutes les institutions, la campagne des mdias et la position des
partis majoritaires. Ce rejet a dj une grande signification. Car alors qu'on
nous serine que comme Sarkozy a fait "53% des voix" parmi les
suffrages exprims le 6 mai dernier, il n'y a plus ni manifester, ni faire
grve, ni parler, ni penser (ni voter ?), c'est cela mme qu'il a dcid
de remettre en place, sans rfrendum !
Dans le cas du Venezuela, les modifications
constitutionnelles proposes par Chavez, annonces ds sa campagne
prsidentielle de 2006 qu'il avait largement gagne, comprenaient en effet
quelques rfrences au "socialisme". Sans ngliger ce fait, remarquons
que de mme que l'absence de rfrence au capitalisme (ou aux euphmismes qui
le dsignent : "conomie de march" et autres) dans le texte de la
constitution franaise ne fait pas de notre socit une socit moins
capitaliste pour autant, la prsence d'une rfrence au socialisme dans la
constitution vnzulienne ne faisait ipso facto de la socit vnzuelienne une
socit socialiste. Chavez ne le prtendait d'ailleurs pas et seuls les forces
pro-imprialistes ont fait semblant de s'affoler devant cette "instauration
du socialisme" qu'ils assimilent videmment au "totalitarisme"
pour les besoins de leur propagande.
Le pourcentage des nationalisations n'est certainement pas
un critre pour mesurer quel degr une socit est plus ou moins
"capitaliste" ou "socialiste', puisque les entreprises
nationales sont toujours des entreprises et que l'Etat ne change pas de nature
tant il n'est pas dtruit par la mobilisation des travailleurs eux-mmes. Mais
admettons que l'on prenne ce critre : ce compte, le Venezuela d'aujourd'hui
est nettement moins "socialiste" que l'Argentine au temps de Peron ou
mme que l'Arabie Saoudite contemporaine.
Ce qui importe en fait, c'est la mobilisation des
travailleurs, ouvriers, paysans, pauvres, jeunes, indiens. Sans aucun doute,
cette mobilisation s'est dveloppe au Venezuela, jusque l en soutien Chavez
et contre l'imprialisme nord-amricain de Georges Bush. Notre camp est clair
dans cette affaire.
Mais le fait essentiel que montre justement ce rfrendum,
c'est que pour les masses vnzuliennes l'identification Chavez et le
discours selon lequel il faut soutenir toutes ses initiatives sinon on fait le
jeu de Bush, cette fois-ci a cess de fonctionner. D'o un score lectoral qui
rappelle ce qui se passe dans bien des pays et ne fait donc pas du tout du
Venezuela une exception : le "peuple de gauche", en somme, du et
mfiant envers ceux qui sont censs le reprsenter -en l'occurrence Chavez ! -
s'est en grande partie abstenu au rfrendum, alors que les forces de droite,
incontestablement minoritaires mais motives, sont alles voter, l'appel de
la sainte trinit patronat-mdias-piscopat catholique et avec la bndiction
du Pentagone, d'o le rsultat, d'ailleurs trs serr.
Soyons clair, l-bas comme ici, le "peuple de gauche"
n'a pas eu tort et son comportement s'explique. 6 millions d'lecteurs pour
Chavez en 2006 (63% avec, alors, 20% d'abstentions), 5 millions d'adhrents
thoriques son PSUV (parti socialiste unifi du Venezuela), mais 4 millions
et demi de voix pour lui dimanche dernier ... La base considre comme
"chaviste" n'a donc pas t enthousiasme par un projet qui ne lui
est pas apparu comme susceptible et de lever les difficults quotidiennes (prix
des produits de premire ncessit) et d'aller rellement de l'avant, vers le
socialisme.
Un projet au demeurant peu lisible, puisqu'il s'agissait de
dizaines d'amendements au texte constitutionnel existant, et non pas d'une
constitution vritablement nouvelle. Les uns insraient dans la constitution
des droits sociaux, les autres renforaient les pouvoirs prsidentiels et la
capacit rpressive du gouvernement -en thorie contre les ennemis de la
rvolution, mais juridiquement contre n'importe qui-, d'autres encore taient
supposs renforcer l'existence et l'expression d'un "pouvoir
populaire",
qui "ne nat pas du suffrage ni d'une quelconque lection, mais de la
condition de groupes humains organiss expression de la population" (article 136), sous la forme d'"Assembles
de citoyens et citoyennes" dont les modalits de dsignation, de fonctionnement et les
pouvoirs effectifs taient renvoys une loi future ... Pour les antichavistes
de droite, ce sont l des "soviets", pour les chavistes
inconditionnels, ce sont l des formes nouvelles de dmocratie directe. Nous rappellerons simplement ici que
mme les soviets (les vrais, ceux de 1917) taient des reprsentations lues,
sauf dans les tout petits villages o ils runissaient tout le monde.
L'expression directe des "groupes humains" en dehors de toute
lection a t proclame par
divers rgimes politiques, mais surtout par des rgimes prtendant transcender
la lutte des classes, soit sous la forme du corporatisme (Italie annes 1920),
soit sous des rfrences religieuses (chrtiennes : certaines "assembles
de base" de la thologie de la libration pourraient se rapprocher de ce
schma, ou encore musulmanes, comme dans le rgime dictatorial libyen de
Khadafi, alors que les chouras iraniennes de 1979 dans les usines et les
quartiers, distincts des "comits islamiques", taient des conseil
lus de reprsentants des travailleurs, comme les soviets).
Prsenter ce pot pourri de mesures, les unes progressistes,
les autres ractionnaires, certaines indcises et dpendant en fait de la
suite, comme la voie royale vers le "Socialisme du XXIĦ sicle"
relevait donc, au mieux, d'une tentative d'vacuer les vraies questions qui se
posent aux masses vnzueliennes : comment amliorer les conditions immdiates
de vie en donnant du travail toutes et tous, contre les intrts des
capitalistes vnzueliens et de l'imprialisme nord-amricain ? La victoire,
mme courte, du Non, sera utilise par les ennemis de la rvolution
vnzuelienne et de la rvolution socialiste dans tous les pays du monde (1), mais ce sont les inspirateurs de
cette opration qui leur ont donn des armes, pas les travailleurs vnzuliens
qui, par leur scepticisme envers elle, viennent de montrer qu'ils ont besoin
d'une organisation indpendante, qui soit la leur et celle de personne d'autre, pour aller
de l'avant. Ni Dieu, ni Csar, ni tribun.
VP.
(1) A cet gard la couverture de Courrier International
mettant un signe d'galit entre Chavez et Poutine est tout simplement une
obscnit. Mais ceux qui font plus confiance en d'hypothtiques axes
Chavez-Poutine-Hu Jintao-Amadinedjad ... qu'en l'union des travailleurs du
monde entier, favorisent ce genre d'obscnits.
* * * * *
"La
premire proccupation des Franais, c'est le pouvoir d'achat."
On entend a tout le temps, ces jours-ci.
On pourrait dire : il tait temps ! Car la conscience de la
hausse des prix dans les couches populaires ne date pas d'hier. Elle s'est
veille lors du passage l'euro, voici quelques annes dj, mais l'poque
statisticiens et sondeurs certifiaient qu'il n'en tait rien. Aujourd'hui avec
les niveaux scandaleux o campent les loyers, avec la hausse des carburants et
depuis quelques mois celle des produits alimentaires de base et du papier, il
est absolument clair qu'il y a un gros, gros problme !
Sarkozy est le premier le dire, et, c'est regrettable pour
les minentes figures de la gauche censes nous reprsenter, mais c'est vrai,
voici plusieurs mois qu'il a pris une longueur d'avance dans le discours sur ce
sujet. Avec toutefois une nuance sur laquelle, ensuite, tout le monde le suit :
il ne parle pas des salaires, ne veut pas en entendre parler et, quand on lui
pose la question, explique soit qu'il n'y peut rien, soit qu'il faut faire des
heures supplmentaires, le soir, la nuit, le dimanche et les vacances !
IL FAUT AUGMENTER LES SALAIRES. Et les retraites, ce qui veut dire
commencer par ne pas les baisser : 37,5 ANNUITES POUR TOUS.
Protger le pouvoir d'achat, c'est protger les salaris de
la hausse du temps de travail. Plus ils se feront concurrence en faisant des heures
supĠ, plus le niveau moyen des salaires baissera et moins les chmeurs et les
jeunes trouveront du travail.
NON AUX ACCORDS D'ENTREPRISE DEROGATOIRES A LA LOI SUR LE TEMPS DE TRAVAIL annoncs par Sarkozy !
On a expliqu, dans les syndicats, aux cheminots qu'il
fallait suspendre la grve et rester tout seuls parce que la question du
pouvoir d'achat se pose tous les salaris et que ceux du priv n'auraient pas
compris une grve pour les rgimes spciaux de retraite. Alors le moment
n'est-il pas venu de dclencher une grande campagne pour la hausse des
salaires, retraites, pensions et minima sociaux, ce qui suppose le droit la
retraite pour toutes et tous 60 ans avec 37,5 annuits et l'application
relle et gnrale du principe "35heures de travail hebdomadaires dure
lgale d'ordre public", et la cration des emplois correspondants aux
besoins ainsi dgags dans les entreprises, les bureaux, les chantiers, les
administrations, les hpitaux ?
Chrque en 2003 au moment de la lutte pour dfendre les
pensions de fonctionnaires, Thibault en 2007 au moment de la lutte pour
dfendre les rgimes de retraites et les statuts des cheminots, lectriciens,
gaziers, agents de la RATP, personnels de l'Opra (ces derniers toujours en
grve ! ), nous ont expliqu que "ceux du priv" ne suivraient pas,
ne comprendraient pas, que ces luttes l se prolongent -alors qu'en vrit ils
taient chaque fois beaucoup, dans les entreprises, envier et compter sur
ces grves !
Maintenant, nous voil au pied du mur. L'attaque frontale,
prpare par les offensives anti-fonctionnaires, anti-cheminots, arrive contre
ceux du priv. Alors ? N'est-il pas temps de retrouver la tradition du
mouvement ouvrier, celle du Tous ensemble, dans chaque branche et entre toutes
les branches ? Pourquoi n'avons-nous pas une grande campagne d'information des
confdrations sur la rcriture scandaleuse du Code du travail par l'UMP ? (1)
Contre la drogation la loi entreprise par entreprise que Sarkozy, Parisot et
Fillon veulent introduire ? Pour la hausse des salaires partout ?
(1) Sur ce sujet important voir :
* * * * *
Mais pour quoi les cheminots
sont-ils appels faire grve ce jeudi au juste ?
Les cheminots ont suspendu leur grve, contraints et forcs,
mcontents de l'ouverture de "ngociations" sur la base de
l'application de la rforme de leur rgime spcial de retraite. C'est un fait.
Pour qu'ils refassent massivement grve, il leur faut une
perspective claire et le sentiment qu'on n'organisera pas encore une fois leur
isolement.
La fdration CGT, qui est leur principale organisation
syndicale, les appelle la grve le jeudi 13 dcembre pour "peser dans
les ngociations en cours".
Bien que certaines dclarations fdrales rappellent que la
fdration affirme rester oppose l'augmentation du nombre d'annuits, Didier
Le Reste, une fois le travail repris, a dclar sur une vido largement
diffuse par la CGT que le retrait de la rforme des rgimes spciaux n'avait
jamais t l'objectif de la grve !
Dans ces conditions les cheminots sont appels faire grve
... on ne sait pas trop pour quoi. Nul doute cependant que s'ils font grve,
eux sauront pourquoi. Et tout autant ceux qui ne feront pas grve.
Une question se pose : s'agit-il de diviser les cheminots ?
Car les cheminots ont t, la base, trs unis du 13 au 23 novembre. Unis pour
faire grve, unis pour revendiquer le refus de la destruction de leur rgime de
retraite, la dfense de leur statut et du service public, la dfense du fret
ferroviaire. Unis pour reprendre le travail en disant leur sentiment.
Evidemment les oreilles de certains dirigeants ont siffl ce jour l.
Le tract de la fdration qui appelle les cheminots
faire grve le jeudi 13, que nous reproduisons ci-dessous, ne comporte pas de
revendications prcises !
Il appelle seulement "engager une nouvelle tape
de mobilisation afin d'obtenir plus d'avances dans le cadre d'un calendrier
plus dtendu." (Sic!).
Par contre il explique longuement que tous les syndicats autres que la CGT se
comportent fort mal. SUD Rail a t interdite physiquement d'entre dans
l'intersyndicale au motif qu'ils dposent trop de pravis de grve et
insultaient la CGT.
A propos de pravis, c'est, chose assez originale, dans le
pravis dpos par la CGT pour le 13, disponible sur http://www.cheminotcgt.fr/new_site/accueil_essentiel_actu.html,
cette explication oh combien lumineuse des difficults de l'unit :
"Des questions de rapport de forces au sein de la Fdration CFTC des
cheminots ont fait clater cette unit syndicale que la CGT sĠest vertue maintenir
depuis le dbut du processus de mobilisation. "
Vous avez bien
lu : des questions internes la petite CFTC, selon le pravis CGT dpos auprs
de la direction de l'entreprise, causent la division syndicale ! Qu'est-ce que
c'est que ces salades, ne peuvent que se demander les cheminots et les
militants CGT qui n'en ont pas marre et seront alls cherch des explications ?
Et depuis quand donne-t-on envie de faire grve par des tracts sans
revendications dnonant peu ou prou tous les autres syndicats, allant mme
jusqu' crire, dans un langage qui semble calcul pour dmoraliser, qu'avec
cette suppose division syndicale "la nature reprend le dessus" ?
Que cherche-t-on ? A pouvoir expliquer que si Sarkozy a le
dessus c'est parce que dcidment, ces cheminots ne sont pas assez combatifs,
et que c'est bien fait pour eux ? A blinder les "cadres" pour leur
donner une mentalit de forteresse assige ?
Et propos d'un "calendrier plus dtendu", aucune
fdration de cheminots, trangement, ne donne l'alerte sur la date du 1Ħ
janvier, ou est cense entrer en application la loi anti-grve dans les
transports terrestres au sujet de laquelle aucune ngociation officielle n'a
lieu. On espre qu'il n'y en a pas d'officieuses.
Ce serait pourtant tellement facile, simple et franc de
parler le langage de la vrit :
Camarades cheminots, vous avez t formidables par vos 10
jours de grve reconductible et les sacrifices que vous avez faits. Votre
combativit est un trsor pour la dfense de tous les travailleurs. Nous avons
perdu la premire manche de la bataille pour la dfense des rgimes de retraite
par rpartition contre Sarkozy, et tous les travailleurs avec nous. Il faut
prparer la deuxime manche, en commenant par ne pas mettre les pieds dans
l'application de la rforme actuelle, en maintenant notre opposition, en
engrangeant les quelques reculs salariaux toujours bons prendre.
Partout, runissons nous en assembles gnrales pour
faire le point : au 1er janvier 2008, la loi anti-grve dans les transports
terrestres doit en principe s'appliquer. Comment prparer l'action commune avec
tous les travailleurs qui, comme nous, voient leur pouvoir d'achat s'effondrer
?
Comment faire en sorte que, lors de la prochaine grve
des cheminots pour le retrait de la contre-rforme des rgimes spciaux, pour
le droit la retraite 60 ans avec 37,5 annuits pour tous, pour le retrait
de la loi anti-grve, les travailleurs des entreprises, commencer par celles
des transports terrestres (comme la Connex) et celles concernes par le fret
(mtallurgie), soient avec nous, et les usagers associs au mouvement ?
Oui, encore maintenant, cette voie l serait la voie de la
victoire. Mais elle pose une question : dfaire Sarkozy, c'est ouvrir le champ
des possibles. C'est remettre en question toutes les politiques suivies depuis
des annes. Et c'est possible. Mais est-ce que les dirigeants (politiques et
syndicaux) gauche veulent de cette perspective ? Ne devons nous pas nous
organiser nous-mmes ?
* * *
Document : le
tract de la Fdration CGT des cheminots.
LA CGT PREND SES RESPONSABILITES !
En suspendant le mouvement de
grve, les cheminots ont dcid de garder intact le rapport de forces quĠils
ont cre et mis sous surveillance les ngociations qui ont commenc depuis le 21
novembre.
Cette mobilisation, qui a eu comme point central la rforme des rgimes
spciaux, a aussi port sur lĠavenir du fret SNCF, le dveloppement de lĠemploi
et de lĠaugmentation du pouvoir dĠachat.
Face lĠensemble de ces questions essentielles pour la vie des cheminotes et cheminots la fdration, depuis des mois, a dvelopp une stratgie revendicative pour contrecarrer les volonts du Gouvernement, et de la Direction, de remise en cause de nos acquis.
Cette stratgie CGT reposait sur :
- gagner un rapport de forces de haut niveau dans lĠentreprise ;
- travailler sans relche lĠunit syndicale pour aider et renforcer la mobilisation ;
- largir lĠaction en convergence avec les autres entreprises impactes par la rforme des rgimes spciaux ;
- informer lĠopinion publique sur les enjeux de la priode.
Celle-ci a port ses fruits. La tentative du Gouvernement dĠisoler les
cheminots et de passer en force avec la parution de dcrets a chou.
Gouvernement et Direction ont t contraints de sĠasseoir en runions
tripartites la table des ngociations. Des avances non ngligeables ont t
obtenues. Pour autant, le compte nĠy est pas. Des dsaccords profonds
subsistent sur le cadrage de la rforme et des revendications, propositions
nĠont pas reu de rponses positives.
Il y a de nouveau ncessit ce que les cheminots interviennent par
lĠaction pour peser sur le contenu des ngociations.
Durant toute cette dernire priode, la CGT a toujours eu la volont de
prserver lĠunit syndicale et nĠa eu de cesse de proposer, chaque tape de
la mobilisation, le maintien de lĠensemble des points revendicatifs.
Russir prserver lĠunit a t un vritable combat.
Entre la FGAAC qui a abdiqu ds le 18 octobre en acceptant la rforme,
la CFDT qui ne voulait pas du mouvement de grve et sĠen est sortie rapidement,
FO et SUD qui voulaient mener un 3me tour social, lĠunit a depuis le 18 t
rellement trs fragile. Seule la volont de la CGT et la dtermination des
cheminots a permis que celle-ci puisse exister et rsister.
AujourdĠhui la donne a chang.
Alors que les cheminots, dans leur large majorit demandent que les organisations syndicales sĠappuient sur le rapport de forces pour arracher le maximum dĠavances lors des ngociations, les fdrations syndicales runies sur proposition de la CGT en interfdrale le 05 dcembre ont t dans lĠincapacit de se mettre dĠaccord sur les initiatives revendicatives les mieux adaptes peser sur les ngociations mme si dans un premier temps le principe dĠun pravis de grve de 24h pour le 12 dcembre a t act par les Fdrations CGT, FO, CFTC, UNSA, CGC.
La nature reprend le dessus et les intrts des cheminots passent aprs les intrts de boutique !
Devant le refus de la Direction
et du Gouvernement dĠaller plus loin sur la satisfaction des revendications des
cheminots, la CGT a propos dĠappeler ces dernires une journe de grve pour
peser sur les ngociations venir. CĠest ce que demandent les cheminots dans
leur large majorit.
Seule la CGC partage cette conception de peser sur les ngociations pour
engranger le maximum dĠavances pour les cheminots actifs et retraits.
LĠUNSA aprs avoir donn son accord vient de se retirer.
SUD a dj dcid depuis plusieurs jours de faire cavalier seul en
dposant pravis sur pravis (0% de grviste leur appel du 05 dcembre).
CFDT considre que la rforme est faite et quĠil nĠy a plus grand-chose
ngocier.
CFTC dont les militants ont arrt la grve plusieurs jours avant le 22
novembre dpose, comprenne qui pourra, un pravis reconductible compter du 17
dcembre !
FO qui dans toutes les professions sĠaccommode de la rforme, veut chez
les seuls cheminots, un pravis reconductible.
Comme lĠoccasion de chaque dossier difficile la SNCF, les grandes
manÏuvres ont commenc. La Fdration CGT des cheminots fidle a ses principes
et traditions guides par la seule dfense des intrts des cheminots, ne
laissera pas entraner les cheminots dans lĠimpasse.
Exerant nos responsabilits et conformment aux engagements pris avec
les cheminots lors de la suspension de lĠaction de grve, nous entendons
exercer une pression permanente sur les ngociations.
AujourdĠhui, aprs quatre tables rondes des avances intressantes ont
t obtenues. Elles touchent plus particulirement la rmunration des actifs
et des retraits.
Il en est ainsi dĠun 10e chelon, des mesures de dblocage de fin de
grille, de lĠintgration de la gratification dĠexploitation et de vacances dans
le salaire liquidable, de lĠintgration de la prime de travail dans la prime de
fin dĠanne, lĠaugmentation des pensions par des mesures concernant les
retraits et le relvement de la pension de rversion de 50 54%.
A ce stade, nous avons transform lĠobjectif gouvernemental ÇTravailler
5 ans de plus pour moins de pension È par Ç Travailler 2,5 ans de plus pour
plus de pension È et rduit la perte de pension pour un dpart 50 ou 55 ans,
empcher la dcote sur les minimum de pensionÉmais pour autant le compte nĠy
est pas :
- sur le maintien et lĠamlioration de notre rgime spcial et de ses droits ;
- sur une augmentation gnrale des salaires et pensions au titre de 2007 ;
- sur lĠemploi statut ;
- sur le fret.
La Direction et le Gouvernement ont fix comme fin des ngociations le
18 dcembre 2007. Le choix de cette date nĠest pas anodin :
- dĠabord face la complexit et lĠampleur des sujets aborder, ils esprent que les organisations syndicales seront moins efficaces dans leur travail ;
- ensuite la proximit des ftes de fin dĠanne, est un vrai pige o ils esprent que certaines organisations syndicales vont tomber.
Il est indispensable dĠengager une nouvelle tape de mobilisation afin
dĠobtenir de nouvelles avances dans le cadre dĠun calendrier plus dtendu.
La Fdration CGT des cheminots prend ses responsabilits et dpose un
pravis de grve carre couvrant la priode du jeudi 13 dcembre 2007 00
heure au vendredi 14 dcembre 2007 8 heures.
Elle appelle les cheminots peser par lĠaction de grve sur les
ngociations pour gagner de nouvelles avances et la dtente du calendrier des
tables rondes.
* * * * * *
Rassembler la jeunesse contre
Sarkozy.
A Mulhouse et Brest, 300 et 800 lycens ont manifest pour
protester contre la rforme du bac professionnel, annonce par Xavier Darcos
la mi-novembre. Dpche AFP : " Ces manifestations ont t ponctues de
heurts avec les forces de l'ordre. A Mulhouse, cinq adolescents ont t
interpells et placs en garde vue. Quatre garons devraient tre poursuivis
pour jets de pierre, une jeune fille devrait l'tre pour outrage."
Rien, comme il se doit, dans les mdias nationaux. Mais
Brest, selon la presse locale, c'est une "incroyable journe de
manifestation lycenne" qui s'est droule ce vendredi 7 dcembre. A en croire Ouest
France, on dirait
en effet que les affrontements n'ont pas cess avec la police. C'est un fait :
le dbut de mobilisation des lves des lyces professionnels, c'est la
jeunesse ouvrire, en contact direct avec les "racailles" et les
"voyous" dnoncs par les gens du pouvoir et les bonnes mes propres
sur elles. Mais quand cette autre jeunesse en dshrence vient affronter la
police cette fois-ci la main dans la main avec les lves de Bac Pro, malgr
les errements possibles h bien ce n'est pas la mme chose que quand des bandes
violentes taient lches sur les lycens en 2005, sur les tudiants en 2006,
sous protection policire place des Invalides : c'est l'amorce d'un
rassemblement.
A Villiers-le-Bel, ce qui a suscit la haine de l'appareil
d'Etat, ce n'est pas la prsence de "bandes", c'est la spontanit de
la raction de tout un quartier quand la nouvelle des deux morts s'est
propage. Evidemment nous ne ferons pas les nafs au sujet des bandes de
la pgre et autres mafieux qui
interviennent dans ce type de contexte, mais nous ne pouvons pas non plus
ignorer la ralit d'un soulvement social plus ou moins tronqu, mais d'autant
plus hargneux, qui s'est exprim l. Les voyous existent : Sarkozy est leur chef. Le rassemblement de la
jeunesse et des travailleurs contre eux comportera l'affrontement physique, et
les jeunes chmeurs et dsaxs devront choisir leur camp : ils ont leur place
dans celui de toute la jeunesse.
Pendant ce temps la mobilisation dans les facults continue,
comme l'indique par exemple le communiqu ci-dessous du comit de grve de Lyon
II. Certes, elle recule, diminue ou prend d'autres formes, et il ne peut en
tre autrement aprs la reprise des cheminots. Reste que la bataille est, dans
la conscience de ces milliers de jeunes et dans la ralit, loin d'tre
termine. Les enseignants-chercheurs sont cette fois-ci massivement prsents
leur cts.
Mais revenons aux manifestations de lycens des LP. C'est un
symptme extrmement important. Ce sont les couches profondes, celles
que l'on n'entend pas, qui souvent ne savent pas se faire entendre et qu'on ne
veut pas entendre. Ils commencent a et l partir en grve, faire des
manifs et des blocages, sur un mot d'ordre toute de suite prcis : retrait de
la rforme du Bac pro !
Cette rforme a t annonce par le ministre Darcos
il y a trois semaines : elle consiste gnraliser le Bac pro en 3 ans d'ici
la rentre 2009, alors qu'il se droulait jusque l sur 4 ans (dont pour
commencer 2 ans de BEP, Brevet d'Etudes Professionnelles, aprs la Troisime)
et souvent d'ailleurs 5 ans pour pas mal d'lves que l'enseignement
professionnel resocialisait et restaurait dans l'estime d'eux-mmes aprs le
sjour du collge destructeur pour eux et les autres. La note du ministre
gnralise un dispositif jusque l drogatoire, instaur en 1999 sous le
ministre Allgre puis tendu en 2000 sous le ministre dlgu Mlenchon (il
est bon de toujours rappeler les faits ...). Le but de la manoeuvre est de
rduire la dure de la scolarit et de faire des conomies en supprimant les
postes correspondants de PLP (Professeurs de Lyces Professionnels), de
dqualifier l'enseignement donn dans les LP tout en rejetant les lves les
plus en difficult vers l'apprentissage patronal qui n'est pourtant absolument
pas en mesure de les aider rellement (et les patrons disent eux-mmes, juste
titre en l'occurrence, que telle n'est pas leur vocation ni leur comptence).
Ds la rentre 2008 l' "exprimentation" devrait s'appliquer 4
secteurs dont il est notoire que c'est l'UIMM (l'Union des Industries
Mtallurgiques et Minires de M. Gautier-Sauvagnac, clbre grand voyou en
libert) qui les a prescrits Darcos (qui, personnellement, n'y connat rien)
: quipements et installations lectriques, maintenance des systmes mcaniques
automatiss, ralisations dĠouvrages chaudronns et structures mtalliques,
productique mcanique option usinage.
On voit qu'il s'agit l du coeur des mtiers
industriels ; supprimer la qualification "BEP" et gnraliser un Bac
pro diminu et dqualifi, avec l'apprentissage immdiat pour ceux qui n'y
arriveront pas, permet au patronat de dtruire les rfrences des mtiers
prcis dans les conventions collectives : cela correspond l'objectif du "contrat
de travail unique" dfini par des "missions" temporaires et
ponctuelles, au mpris non seulement du droit collectif des salaris la
reconnaissance de leur qualification (avec les salaires affrents), mais du
bagage durable de savoir technologique et industriel lui-mme parmi les
travailleurs.
Mais ensuite, ds la rentre 2008, Darcos a rajout
la liste la moiti des filires de vente, comptabilit, secrtariat,
communication-industries graphiques, 30% de ceux de l'lectronique,
lectrotechnique, restauration-hotellerie, 25% des mtiers de techniciens en
production mcanique informatise, 20% des mtiers de la maintenance
industrielle, 15% des mtiers de techniciens en installations sanitaires et
thermiques, 10% des mtiers du bois et de la maintenance des vhicules
(garages). C'est donc tout de suite une opration massive qui s'annonce, avec
des suppressions sans prcdent de postes en LP pour la rentre prochaine, qui
devront tre annonces au printemps ...
Ces jeunes ont donc dix fois, cent fois, mille fois
raison de dbrayer, de manifester.
Ils le font avec le soutien de leurs professeurs, dont les principales
organisations syndicales SNETAA-EIL, SNUEP-FSU et UNSEN-CGT se sont prononces
contre le projet Darcos, et qui sont eux-mmes trs inquiets.
Mais il y a aussi quelques dizaines de lyces
gnraux touchs, dans les principales villes, par l'extension du mouvement des
tudiants contre la loi Pcresse. A Marseille, Aubagne, Marignane, Vitrolles,
Istres, Toulon ou le mouvement est parti des LP et s'est adress aux autres
lyces, les deux mouvements se conjuguent et ne font qu'un : les lycens ont
manifest la fois pour le retrait de la loi Pcresse et le retrait du Bac Pro
en 3 ans.
L'exprience rude de cet automne ne sera pas perdue. La
jeunesse tudiante, lycenne, travailleuse, chmeuse, doit se rassembler.
L'hiver est tide, le printemps sera chaud ? Pourquoi pas tous ensemble, en
manifestation unie l'Elyse, contre Sarkozy le voyou en chef ?
* * *
Document : communiqu du comit de
grve de Lyon II, dimanche 9 dcembre.
Publi dimanche 9 dcembre 2007
Les tudiant.es mobilis.es contre la loi LRU continuent la lutte contre la loi Pcresse. Ils ont maintenu avec constance leur mouvement malgr la rpression, malgr les multiples tentatives orchestres pour les craser.
Vendredi 7 dcembre encore, les forces de lĠordre, qui occupent nos universits ont encore une fois utilis la force pour dloger les grvistes, notamment sur le campus de Bron, o des coups particulirement violents ont t donns.
Le chantage la dfaillance et au semestre pour obliger les tudiants reprendre les cours dans une fac militarise est inacceptable, tout autant que la confiscation du site internet de lĠuniversit au service de la division des tudiant.es et de la dformation de la ralit. Pareillement inacceptables sont les atteintes rptes au droit de se runir et tenir une assemble gnrale, qui a une ralit tout au long de la semaine.
Rappelons que jeudi, lĠintervention particulirement violente de la police contre les grvistes sur les quais avait donn lieu un bless ( la tte) et lĠarrestation cible de deux syndicalistes : Pascal (SUD) et Florian (FSE). Ces derniers, mensongrement accuss de Ç violence volontaire sur agent È, ont eu affaire la justice vendredi. Finalement, grce la multiplication des tmoignages dĠtudiant.es, dĠenseignant.es, et au vide du dossier prsent par la police, ils ont chapp la dtention provisoire comme au contrle judiciaire, et sont sortis libres. CĠest un signe encourageant. Leur procs a nanmoins t fix au 10 janvier.
Le rassemblement 9h devant le campus des quais, le rassemblement unitaire avec les priv.es dĠemploi et prcaires, le rassemblement de soutien, au tribunal de grande instance, aux camarades interpells la veille, et lĠaction de vendredi soir place des terreaux ont t une russite. Nous sommes donc rest mobilis.es, et nous avons reu le soutien dĠun nombre croissant dĠenseignant.es et de personnels. Une partie dĠentre eux ont refus de faire cours et cess le travail. Une lettre ouverte des enseignant.es et des personnels a t rendue publique.
Cette action unie des tudiant.es et du personnel semble avoir pay, et nous enregistrons un premier recul de la prsidence de lĠuniversit. Cette dernire a promis le retrait des forces de police ds lundi, de mme que la banalisation de crneaux horaires, permettant la tenue dĠassembles gnrales massives.
Nous revendiquons immdiatement
pour permettre le rtablissement dĠun climat dmocratique sur les campus :
- le dpart immdiat de la
police, des gardes mobiles, des vigiles privs, la fin du contrle des cartes
cumul aux entres du campus,
- la non comptabilisation des
absences et des amnagements pour le semestre en cours,
- que les grvistes puissent
exprimer leur point de vue sur le "web-etu",
- des garanties doivent tre donnes pour que les assembles gnrales, les runions dĠinformation, puissent se tenir sans entraves,
- les affiches militantes ne doivent pas tre censures dans lĠuniversit : les tudiant.es embauch.es pour le travail dĠarrachage des affiches doivent voir leurs postes reconvertis vers dĠautres fonctions plus utiles.
DĠautre part, nous considrons
que la prsidence de lĠuniversit se place elle-mme dans lĠillgalit. Nous
revendiquons la vrit et la justice :
- sur la mise sac des locaux syndicaux et associatifs,
- sur ce quĠil est advenu des affaires des syndicats et associations concernes, ainsi que des affaires personnelles des grvistes places en possession de lĠadministration suite aux interventions policires dans les campus,
- sur le fichage et la
constitution de dossiers dlateurs sur les militants tudiants pratiqus par
lĠuniversit.
Notre revendication de dmission
de lĠquipe prsidentielle reste elle aussi dĠactualit.
La mobilisation tudiante pour lĠabrogation de la loi dĠautonomie et contre le recul social doit pouvoir se poursuivre, selon les modalits dont dcideront les tudiant.es dans les assembles gnrales. Ces assembles gnrales, tant sur le campus de Bron que sur celui des quais, examineront toutes les questions, y compris celle du blocage. Le rendez-vous est fix sur Bron 13h, Halle des sports, et sur les quais 13 h (lieu prciser).
Nous appelons dĠores et dj un rassemblement mercredi 14h devant la Prsidence (16, Quai Claude Bernard) autour des exigences prcdentes, contre lĠapplication de la Loi Pcresse, le maintien de la scurit prive et des contrles, pour la dmission de lĠquipe prsidentielle de Lyon 2.
Quoi quĠil en soit, nous appelons les tudiant.es et les personnels ne pas se soumettre aux contrles des cartes CUMUL.
La lutte contre la loi LRU et la privatisation de lĠenseignement suprieur reste notre priorit et nous continuerons multiplier les initiatives pour en obtenir lĠabrogation.
Le comit de grve
9 dcembre 2007
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Dfense de dire qu'au pain et l'eau, c'est tre
privs de repas !
Lettre du 9 dcembre 2007
Aux associations de parents,
Aux associations de dfense des droits de l'Homme, de
dfense des droits de l'enfant et d'Education populaire
Madame, Monsieur,
Lorsque vous avez appris que le 2 avril 2007 des enfants
avaient eu comme Ç repas È la cantine de Maincy du pain et de l'eau, vous
avez exprim votre indignation. Si des parents ont eu un retard de paiement,
une telle dcision de pnalisation de leurs enfants tait inimaginable.
Huit mois aprs ces faits, nous apprenons que Madame Fratello
et l'association Ç ensemble pour l'cole È qu'elle prside sont condamnes pour
diffamation envers Madame le Maire de Maincy.
Les parents, enseignants et lus municipaux, prsents au
moment du rendu du dlibr ont t stupfaits. Donner du pain et de l'eau
des enfants, ce n'est pas Ç priver des enfants de nourriture È, les dfenseurs
des droits de l'enfant apprcieront!
Cette dcision judiciaire ne prsage rien de bon.
Demain, toute association pourra tre condamne pour de
simples commentaires oraux ou crits. C'est la libert d'expression qui est
ainsi menace.
L'UFAL appelle toutes les associations dmocratiques
apporter leur soutien financier et moral cette association et sa prsidente
qui ont courageusement dcid de se pourvoir en appel.
Les cots de la procdure et notamment les frais d'avocat
tant levs, il faut qu'une solidarit pleine et entire puisse s'organiser.
Vous pouvez adresser vos chques libells au nom de Batrice
Fratello et les envoyer : UFAL 77, 4 place Beuve et Gantier 77 000 Vaux-le
Pnil.
Recevez l'expression de mes cordiales salutations de
militant des droits de l'Enfant
Jean-Franois CHALOT, prsident de l'UFAL 77
Tl : 06 03 05 55 91 : Mel : jeanfrancoischalot@orange.fr
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Deux contributions de nos
camarades du PCF de la Seyne sur Mer.
A la Seyne sur mer, vendredi 7 dcembre 2007,
Ç Retraite, valeur du travail, pouvoir
dĠachat, universit, et trait europen ! È
La ville
sĠillumine, mais nĠen dplaise la Marseillaise, que lĠon soit retrait,
salari et chmeur, avec quel argent allons-nous faire la fte la Seyne sur
mer pendant les ftes calendaires ? LĠenjeu est l. Dans le milieu du 19e sicle, le
capitalisme a cherch augmenter la productivit du travail en rendant son
organisation plus efficace et en acclrant le progrs technique. AujourdĠhui, avec lĠultralibralisme et
la Mondialisation forcene, nous sommes dans une inversion de cette tendance.
LĠenjeu
est la rduction brutale du taux horaire des salaires, lĠaugmentation de la
dure du travail, le blocage des salaires, la remise en cause des 35 heures,
les dlocalisations. CĠest tout un
ensemble troitement li pour dtourner la lgislation sur la dure du
travail, le salaire minimum, augmenter les taux de profitÉ Et Joyeux Nol pour
les pauvres...
Savoir pour tre mieux de comprendre devient
indispensable.
Le discours SARKOZYEN, relay la Seyne sur mer par
Arthur PAECHT, maire UMP, sur la valeur du travail cache mal le fait quĠil
sĠagisse de travailler toujours plus vieux, plus rudement. Il y a derrire
cette hypocrisie le refus de poser la question de la valeur du travail effectif
et de son contenu rel. CĠest une faon de dissimuler un certain nombre
dĠinjustices et de dominations lies lĠorganisation du travail dans
lĠentreprise et de disqualifier une forme de critique sociale.
Et
pendant ce temps, pour la premire fois et depuis longtemps, le pouvoir dĠachat
est devenu la proccupation numro un des Franais selon une tude CSAÉ
Ç Travaillez plus pour gagner plus È, la vrit, cĠest la baisse du
pouvoir dĠachat pour tous dans le public et le priv sauf pour les privilgies,
ceux qui viennent de bnficier de 15 milliards dĠeuros de cadeaux fiscaux en
juillet 2007.
Dans ce
thme sur la valeur du travail, on retrouve celui de la retraite. Dans le cadre
de son offensive idologique ultralibrale, SARKOZY dveloppe lĠide selon
laquelle puisquĠon vit plus vieux, on doit travailler plus longtemps. Quand cet
argument est compar aux dynamiques ultralibrales et aux richesses produites,
il apparat comme une hypocrisie. LĠquit Ç SARKOZYENNE È nĠest pas
autre chose quĠun argument de diversion et de division.
Alors soyons conscients que derrire les rgimes
spciaux, il y a prvu en 2008 lĠallongement pour tous de la dure de
cotisations pour ensuite passer 41 ans, voire 42 ans pour tout le monde. Cet
allongement, quĠest-ce que cela veut dire quand la plupart des salaris entrent
de plus en plus tard dans la vie active ? Qui arrivera 42 ans de
cotisations pour avoir droit une retraite pleine et entire ! La loi
pour tous se sera la dcote condamnant une fois de plus les plus modestes une
allocation de misre, dirigeant ceux qui le peuvent vers les assurances prives,
ou faudra-t-il travailler jusqu' 67 ou 68 ans...
Les
luttes qui se dveloppent sĠexercent aussi au sein des universits. Quand tant
dĠtudiants vivent mal, tudient dans de mauvaises conditions, la loi
Ç Pcresse È vote au cÏur de lĠt est une parodie de dmocratie.
Elle place lĠuniversit au service du march-roi, des besoins court terme des
entreprises. LĠenseignement suprieur a sans doute besoin de rformes pour
aller de lĠavant, pas pour reculer. Principal objectif de la ministre, la disposition
massive de filires et dĠenseignement pour la cration de quelques centres
litistes et la pnurie pour le plus grand nombre dbouchant sur un
enseignement suprieur deux vitesses comme dans les pays anglo-saxons ou
amricains.
Face
ce mcontentement social qui sĠamplifie, y compris au sein de la justice, ce
nĠest pas pour rien que Nicolas SARKOZY veut faire rentrer par la fentre le
trait europen que le peuple franais dans sa majorit a mis la porte en
2005.
Pour Giscard dĠEstaing, pre fondateur, cĠest bien le
mme trait qui rapparat par les libraux SARKOZYENS. Sa constitution y est
bien raffirme. Le march du travail sera drglement alors que le dumping
fiscal et le moins disant social et fiscal triomphent, la banque centrale europenne
demeure intouchable. Tout ce quoi, dans notre majorit en 2005, nous avons
dit Ç Non È.
En politique, on ne peut jouer, ruser, gagner du
temps, manÏuvrer et manipuler lĠopinion tout le temps !
Mais face aux luttes qui se dveloppent, il est grand
temps que le prsident de la Rpublique et son gouvernement, le pouvoir UMP qui
sĠexerce dans beaucoup de villes dpartements et rgions prennent la mesure de
ce qui se passe dans le pays sĠagissant du trait (comme du pouvoir dĠachat,
des universits et des retraites). Tout a t fait pour complexifier le texte
rejet afin de banaliser son contenu. Les lus de gauche et singulirement ceux
du parti socialiste ont devant eux
la responsabilit et la possibilit de ne pas permettre une adoption la sauvette
par vote parlementaire. Seul le peuple peut par referendum valider ou invalider
ce quĠil a lui-mme dcid.
Conscient de cet enjeu fondamental et dĠavenir le PCF vient
de prendre lĠinitiative dĠune ptition nationale en faveur du referendum.
Ensemble il est possible de gagner et dĠobtenir ce qui nous revient de droit
institutionnelÉ
Ç Quand on parle au peuple dans sa langue, il
ouvre grand les oreilles. È
Kateb YACINE
Christian BARLO, Louis BLANC, Joseph PENTAGROSSA,
militants communistes.
La Seyne sur mer, samedi 1er dcembre 2007,
La
situation politique la veille des municipales la Seyne sur mer.
La
situation quelque mois des municipales dans le dpartement du Var et la
Seyne sur mer se caractrise par des dveloppements complexes dans chaque
commune et une situation plus particulirement aiguise sur la commune
seynoise.
Pour
mieux comprendre ce qui se passe il nous faut faire un bref rappel des
vnements passs : la complexit politique vient avant tout dans le Var
de lĠchec cuisant de la gauche la prsidentielle ! Echec au premier
tour dĠune recomposition gauche du parti communiste au travers des collectifs
anti-libraux qui ne sont pas traduits au-del de leur programme par une
candidature unitaire identifiable.
Sur ce sujet,
il faut dĠailleurs diffrencier le fond et la forme dĠun tel rassemblement.
Si
lĠide paraissait sduisante, en ralit cela nĠa pas t la hauteur des
esprances, comme quoi la Somme de Chacun ne fait pas lĠaddition de
Tous ! Echec aussi de la
stratgie socialiste de la candidature la candidature tlguide par les
MEDIAS et du peu de volont dĠun parti socialiste vouloir changer les choses,
plus accompagnateur du systme capitaliste plutt quĠagitateur de
transformation sociale.
LĠchec de
la gauche dans le Var sĠest double par un plbiscite SARKOZYEN aux lections
lgislatives : 7 circonscriptions sur 7 UMP, soit 145 villes et communes
(sur 147) sans aucune exception
avec SARKOZY en tte au premier tour. Alors que le PS prsentait 6 candidats +
1 candidat unitaire MRC et parfois des dissidents notoires comme dans la 7e
circonscription (La Seyne sur mer ), alors que le PCF tentait des candidatures
tantt anti- librales tantt communistes, la droite enlevait au premier tour 6
siges sur 7. Le 7e sige tait obtenu lors du deuxime tour des lgislatives.
Le socialiste prsent au deuxime tour sĠest retrouv loin du compte et des
enjeux.
Ce fut vritablement un tsunami politique pour la
gauche ! KO aprs ces lgislatives ! Depuis la situation politique ne
sĠest pas amliore tant au point de vue des tats major nationaux gauche que
des situations compliques et conflictuelles dans les localits varoises. Pour
la Seyne sur mer, cette situation politique dbride est son paroxysme. Il
est rappeler que la Seyne sur mer est la 2e ville du dpartement du Var.
En
effet, pour les municipales la droite part en ordre disperse mais avec un
potentiel consquent de voix lui permettant dĠentrevoir la victoire et la
transformation de la ville son
image ! Le remodelage des ides nĠarrange pas les choses.
CĠest tout dĠabord une liste MODEM qui sera
vraisemblablement constitue avec Nicole BICAIS regroupant lĠUDF et quelques
citoyens de droite avec quelques associations satellites. CĠest ensuite la
liste du maire sortant UMP Arthur PAECHT fort de son bilan libral et de la
volont affirme de changer la ville tradition ouvrire en ville de
villgiatures et de riches possdants. Divers autres listes de droite issues de
lĠclatement de la majorit htroclite UMP (JOYAN dissidente de droite) seront
vraisemblablement au rendez-vous. Naturellement le Front national avec son
appendice MNR sera sur le rang de dpart.
Enfin droite les Ç DE VILLIERS È auront leurs candidats de
catholique de droite extrme avec Guillaume CAPOBIANCO.
Pour la
gauche la situation risque dĠtre des plus complexes.
Pour le
PS qui a su rassembler le MRC, les RDG et les Verts et de plus le POC parti
occitan a ralis un dbut de
rassemblement avec en plus un programme municipal (avant projet) et il
sĠefforce de lancer la campagne avec lĠunit gauche en ligne de mire !
La LCR
aura-t-elle le courage de
sĠassocier avec la liste de rassemblement gauche non communiste ! Au vu
des premiers contacts rien nÔest moins sr avec les trotskistes !
Malheureusement gauche la dissidence existe en la personne de Patrick
MARTNENQ conseiller gnral ex-PS de la Seyne Nord, candidat auto proclam lors
des lgislatives et contre la fdration socialiste et depuis exclu de son parti.
Pour le PCF seynois enfin qui rappelons-le avait un maire communiste en 2001 et
qui grce des querelles internes entre le maire sortant et une partie de sa
majorit de lĠpoque a perdu la mairie 2001 au profit dĠArthur PAECHT
UMP !
Pour le
PCF, la situation sĠest aussi complexifie par la stratgie quĠil sĠest donn
lors des divers scrutins en cours de 2007 ! Entirement acquis au
collectif anti-libral dont nous pouvons voir les checs patents, la section
PCF oscille entre lĠunion, le lancement dĠune liste autonome PCF ou le
ralliement un autre candidat de
gauche. Les premiers contacts avec
la gauche non communiste PS, VERT, RDG, MRC et POC nĠa pas encore su trouver
ses marques en traduction concrte dĠaccords lectoraux et de programme pour un
vritable changement face au maire ultra-libralÉ Le dbat continue se
drouler entre toutes les formations de gauche dans lĠattente dĠune
participation effective de la part de la population seynoise qui lĠon nĠa pas
toujours su donner la possibilit de sĠexprimer. Mais le temps presse quelque
mois des municipales ! La
stratgie de lĠunion et du
rassemblement aura-t-elle plus de chance que la division des listes de
gauche ? La droite est en
embuscade forte des rsultats des prsidentielles et des lgislatives !
Aprs
ces deux succs la passe de trois semble lui tre offerte !
CĠest la gauche se faire un chemin vers la
victoire ! Et au parti communiste de sĠaffirmer, vecteur de lĠvolution de
la prise de conscience. Le temps presse et les chances dĠy parvenir se
rduisent jour aprs jour !
Seul un
miracle dont le deuxime tour des lgislatives en a rvl le secret, peut
sortir la gauche rassemble seynoise de sa lthargie. La bataille est lance et
le facteur chance aura des consquences imprvisibles dans lĠissue de ce
scrutin. Une gauche de courage et de transformation sociale aura bien besoin
dĠun coup de pouce du destin ! Le chemin de la victoire lui est ouvert, il
lui reste lĠemprunter ! Le parti communiste saura-t-il djouer lĠhgmonie
socialiste et sĠaffirmer crdible et incontournable dans notre ville ?
Ç On nĠenseigne pas ce que lĠon sait, on
nĠenseigne pas ce que lĠon veut, on enseigne ce que lĠon est. È
Jean JAURES
Christian
BARLO.