Lettre de Liaison

n” 61 du vendredi 15 mai 2009

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75) Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) StŽphane FUSTEC (75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)


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Sommaire :

      Libre propos ...

      Il est en train de se passer quelque chose de dŽgueulasse dans les universitŽs.

      Documents : Attaques contre la la•citŽ, texte du collectif IUFM de Lyon. Collectif pour la dŽfense de l'Žcole publique de proximitŽ.

      RŽflexion dans les rangs.

      Le pige des EuropŽennes.

      Des milliers de morts et un million de rŽfugiŽs ...

      Forfaitures (1) : Hadopi.

      Forfaitures (2) : le LKP c'est la dŽmocratie !

      Forfaitures (3) : petit ma”tre penseur veut rŽhabiliter petit pre des peuples.

      Forfaitures (4) : pas antisionistes, mais bien antisŽmites nazis.

      Maroc : libertŽ en danger, communiquŽ de l'Association de DŽfense des Droits de l'Homme au Maroc.

      CommuniquŽ de la Cimade.

      Motions adoptŽes par la 10me Coordination Nationale des UniversitŽs.

      Motion adoptŽe par le conseil syndical du SNUIPP 94.

 

 

 

 

 

Libre propos ...

 

IL EST POURRI LE REGIME A SARKO ! DEHORS ! DEHORS !


LÕautocollant du Parti de Gauche : Ē Casse toi, povÕcon Č fait un tabac. Certes, il dŽtourne avec humour la phrase assassine et vulgaire du prŽsident mais son succs est Žnorme parce quÕil fait Žcho aux aspirations de beaucoup de citoyens : Ē nous en avons assez de ce prŽsident, quÕil parte ! Č

Sa politique est dŽsastreuse pour la France, sa chasse ˆ lÕenfant rappelle les heures les plus sombres de notre histoire et son gouvernement est le plus anti-ouvrier et rŽactionnaire de la 5 me rŽpublique.

Oui, il faut le chasser sans attendre les trois ans insupportables qui nous attendent sÕil reste au pouvoir. Son dŽpart le plus t™t possible, voici lˆ un objectif politique qui commence ˆ tre crŽdible.

Aprs la journŽe de grve nationale et les manifestations du 1er mai, il faut tracer des perspectives, ce ne sont pas les deux journŽes dÕactions en mai et en juin qui vont permettre de faire reculer Sarko et son gouvernement, seule une grve gŽnŽrale avec une manifestation centrale ˆ Paris peut construire et consolider un rapport de force favorable aux travailleurs.

De plus en plus de militants et de militantes, mais aussi de simples citoyens excŽdŽs, pensent quÕil faut frapper tous ensemble et de plus en plus fort pour crŽer une crise politique majeure qui oblige Sarko ˆ dissoudre lÕassemblŽe nationale. Est-ce utopique ? IrrŽalisable ? Peut tre aujourdÕhui mais pas demain si nous savons frapper trs fort et ensemble !

Rien ne se dŽcrte, tout se construit, il nous faut dŽjˆ dŽfendre partout la nŽcessitŽ dÕune grve gŽnŽrale et construire de la base au sommet lÕunitŽ des organisations ouvrires, de lÕextrme gauche au PS, pour quՎmergent des initiatives fortes et unitaires ˆ la hauteur des enjeux .

Jean-Franois CHALOT

* * * *

 

Il est en train de se passer quelque chose de dŽgueulasse dans les universitŽs ...

 

Il est en train de se passer quelque chose de dŽgueulasse dans les universitŽs.

DŽs l'automne 2007, un puissant mouvement des Žtudiants s'Žtait opposŽ ˆ la mise en Ļuvre de la loi PŽcresse adoptŽe pendant l'ŽtŽ par l'assemblŽe nationale et le sŽnat, mais il n'avais pas abouti, confrontŽ ˆ la fois ˆ une rŽpression ciblŽe et violente, ˆ l'hostilitŽ des prŽsidents d'universitŽ, ˆ l'absence d'appels syndicaux ˆ une mobilisation ˆ la hauteur des enseignants-chercheurs en mme temps que les Žtudiants, et au refus de la direction du syndicat Žtudiant, l'UNEF, de se prononcer pour le retrait de la loi PŽcresse.

Depuis le dŽbut de l'annŽe 2009, c'est ˆ un mouvement sans prŽcŽdent des enseignants-chercheurs que l'on assiste. Initialement, il a dŽmarrŽ en rŽponse aux provocations de Sarkozy contre la recherche scientifique en France et sur la revendication de retrait d'un dŽcret rŽformant le statut des enseignants-chercheurs, ainsi que de la rŽforme de la formation des futurs professeurs (d'Žcoles et du secondaire).

Mais il est logiquement remontŽ ˆ la source de toutes ces mesures : la loi PŽcresse elle-mme, demandant son abrogation. Le principal syndicat des enseignants-chercheurs, le SNESUP-FSU, a ŽtŽ conduit ˆ refuser de participer aux pseudos nŽgociations et concertations en exigeant le retrait du dŽcret comme prŽalable aux nŽgociations. Cette attitude est celle qui seule permet de construire un rapport de force. Les Žtudiants ont commencŽ, par eux-mmes, ˆ se remobiliser. Ce mouvement trs puissant et trs profond comptait se joindre ˆ la mobilisation de l'ensemble des salariŽs qu'il voyait monter, pour gagner.

Mais il y a un vŽritable barrage contre toute action nationale centralisŽe regroupant les travailleurs, ˆ l'universitŽ comme ailleurs. Aprs le 1” mai, au plan interprofessionnel, les mots d'ordre syndicaux annoncŽs le 4 mai sont : "agissez" le 26 mai et "manifestez" le 13 juin, le tout de manire "dŽcentralisŽe". Cette "perspective" Žquivalait ˆ un signal donnŽ au gouvernement : le moment de sŽvir pour essayer de faire pourrir le mouvement dans les universitŽs et de diviser les Žtudiants en jouant sur l'inquiŽtude lŽgitime qu'ils ont pour leurs examens, Žtait venu.

Ils ont procŽdŽ mŽthodiquement  :

- le 7 mai, publication au journal officiel d'un "nouveau" dŽcret sur le statut des enseignants-chercheurs dont chacun comprendra ce qu'il en est si l'on dit qu'il est ˆ l'ancien dŽcret ce que le traitŽ de Lisbonne est ˆ l'ancienne "constitution" "europŽenne" ;

- refus de toute vŽritable nŽgociation -celles qui se font sur les revendications et pas sur les projets gouvernementaux;

- et multiplication des menaces ministŽrielles, et des provocations policires, annonce que le second semestre ne serait pas validŽ et opŽration policito-mŽdiatique pour faire retomber la responsabilitŽ de cette trs mauvaise nouvelle pour des dizaines de milliers de jeunes sur la tte des adversaires de la loi PŽcresse, la nature profonde de ces messieurs Žtant ŽtalŽe par Darcos dŽclarant que les "bloqueurs" seraient privŽs de dipl™mes.

Voila en effet qui veut tout dire. A ce jour, les dipl™mes sont dŽcernŽs par des enseignants compŽtents sur la base d'examens et en tenant compte des conditions dans lesquelles l'annŽe d'Žtude s'est dŽroulŽe -le fait qu'elle ait ŽtŽ gravement perturbŽe par Sarkozy, Darcos et PŽcresse mŽriterait donc d'tre pris en compte s'il y a lieu dans la dŽlivrance des dipl™mes. Mais pour Darcos, ceux qui lui ont dŽplu par leurs actions revendicatives ne mŽritent pas de dipl™mes. Nous voila au cĻur des problmes : on voit qui veut dŽtruire l'universitŽ. (1)

 

Depuis, les provocations se multiplient. Soyons clairs : les assemblŽes gŽnŽrales ont la lŽgitimitŽ pour dŽcider de barrer l'entrŽe des cours et Žviter ainsi que les Žtudiants grŽvistes soient pŽnalisŽs si les enseignants ne font pas grve. Mais dans la situation de tension crŽŽe par l'isolement de ce grand mouvement, les illusions de son "installation dans la durŽe" et autres "rondes des obstinŽs", gouvernement, prŽsidents d'universitŽs, policiers et vigiles privŽs cherchent ˆ organiser des affrontements entre Žtudiants inquiets. Pour diviser, pour briser, pour casser.

Il suffirait pour couper court ˆ cette manĻuvre que l' "intersyndicale des huit" (CGT, CFDT, CGT-FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires) ou une grosse partie d'entre elle, interpelle solennellement le gouvernement pour qu'il arrte de prendre les Žtudiants en otages, et annonce qu'elle soutiendrait une manifestation de toute l'universitŽ, Žtudiants, chercheurs, enseignants ... chez PŽcresse, Darcos et Sarkozy ...

Il suffirait ...

(1) Cf. aussi l'accord avec le Vatican sur la collation des dipl™mes et des grades par les universitŽs catholiques ... (v. ci-dessous).

Documents.

 

"Attaques contre la la•citŽ".

Texte du collectif IUFM de Lyon, 11 mai 2009

Le Journal Officiel de la RŽpublique franaise du 19 avril 2009 n”0092 page 6746 publie le dŽcret n” 2009-427 du 16 avril 2009 portant publication de lÕaccord entre la RŽpublique franaise et le Saint-Sige sur la reconnaissance des grades et dipl™mes dans lÕenseignement supŽrieur (accompagnŽ dÕun protocole additionnel dÕapplication), signŽ ˆ Paris le 18 dŽcembre 2008. Le PrŽsident de la RŽpublique franaise, Nicolas Sarkozy, accorde ˆ un ƒtat Žtranger et souverain – le Vatican – la reconnaissance des dipl™mes prŽparŽs par les universitŽs catholiques sur le territoire franais.

Ce dŽcret met ˆ mal le principe de la•citŽ inscrit dans la constitution. Il nous fait faire un bond en arrire de deux sicles dans lÕhistoire de lÕUniversitŽ et dans les relations entre lՃglise catholique et lՃtat.

Au nom du processus de Bologne, le dŽcret instaure le droit dÕingŽrence dÕun ƒtat Žtranger et souverain (le Vatican) dans lÕenseignement supŽrieur franais. Faut-il rappeler que cÕest la RŽvolution franaise qui a engagŽ le processus de la•cisation en France en crŽant un Žtat civil dŽpendant des communes et non plus des paroisses ?

Faut-il rappeler que NapolŽon Bonaparte signe en 1801 un concordat avec le pape (encore en vigueur aujourdÕhui dans les dŽpartements dÕAlsace-Moselle) dŽclarant le catholicisme Ē religion de la majoritŽ des Franais Č, mais suivant la tradition du gallicanisme – cÕest ˆ dire le droit de regard du souverain sur lՃglise de France – nomme les Žvques ?

Faut-il rappeler que NapolŽon Ier en crŽant lÕUniversitŽ impŽriale en 1808 donne la collation des grades (le droit de dŽlivrer les dipl™mes) ˆ lՎtablissement public ? La loi Falloux de 1850 qui accorde ˆ lՃglise le droit de remplacer le brevet de capacitŽ (nŽcessaire alors pour enseigner) par une lettre dÕaccrŽditation (lettre dÕobŽdience) donnŽe par les supŽrieur.e.s des congrŽgations religieuses ne touche pas aux dipl™mes du supŽrieur.

Faut-il rappeler que cÕest Jules Ferry qui a instaurŽ la la•citŽ de lՎcole primaire, que les reprŽsentants de l'ƒglise sont exclus du Conseil supŽrieur de lÕinstruction publique par la loi du 27 fŽvrier 1880 ?

LÕarticle 7 de la loi du 18 mars 1880 relative ˆ la libertŽ de lÕenseignement supŽrieur cherche ˆ empcher les membres des congrŽgations non autorisŽes ˆ participer ˆ lÕenseignement, quÕil soit public ou libre, primaire, secondaire ou supŽrieur. Cependant, cette disposition est rejetŽe par le SŽnat, puis par la Chambre des dŽputŽs. La loi Goblet de 1886 la•cise le personnel des Žcoles primaires et le processus nÕest terminŽ compltement quÕen 1904 avec lÕinterdiction dÕenseigner pour tous les membres des ordres religieux (congrŽgations) dans lՎcole publique. En 1905, la sŽparation des ƒglises et de lՃtat Žtablit dans tous les domaines la la•citŽ.

Bien que la mise en Ļuvre de cette la•citŽ ait ŽtŽ fondŽe sur des compromis (qui vont du repos hebdomadaire le dimanche - loi de 1906 -, des aum™neries catholiques dans les lycŽes, du financement des Žtablissements privŽs sous contrat – loi DebrŽ de 1959 – jusquÕau poisson, plus trivialement, dans les cantines scolaires le vendredi), la question de la reconnaissance des dipl™mes nÕavait pas ŽtŽ remise en cause (un certificat dÕaptitude ˆ lÕenseignement secondaire pour le privŽ se passe jusquÕalors sur une liste distincte, avec un nombre de postes attribuŽs, mais devant le mme jury que le CAPES pour lÕenseignement public).

En reconnaissant les dipl™mes du supŽrieur (qui vont du baccalaurŽat au doctorat) prŽparŽs dans les Žtablissements catholiques, le prŽsident de la RŽpublique franaise bouscule la constitution, la la•citŽ de lՃtat mise en Ļuvre depuis la RŽvolution franaise, revient sur les fondements mmes de lÕUniversitŽ Žtablis en 1808 et donne ˆ un chef dՎtat Žtranger des droits sur le territoire franais. Faut-il rappeler quÕun seul rŽgime avait jusquÕalors remis en cause la la•citŽ et la formation des instituteurs et des institutrices dans les ƒcoles normales, cÕest Ē lՃtat franais Č, le rŽgime de Vichy de PŽtain entre 1940 et 1944 !

Le collectif IUFM de Lyon.

* * *

 

Collectif pour la promotion et la dŽfense de lՎcole publique de proximitŽ.

Priscilla Hembert, PrŽsidente

 

Copie aux SŽnateurs

Ne sŽparons pas nos enfants ds lՎcole primaire!

Ne brisons pas le lien social entre la collectivitŽ et les enfants scolarisŽs!

Maintenons le pacte rŽpublicain !

LՃcole publique est lՃcole de la RŽpublique, cÕest ˆ dire de tous ses enfants!

Ne sacrifions pas lÕintŽrt gŽnŽral ˆ quelques intŽrts particuliers

NÕallons pas vers une communautarisation de lÕespace scolaire et la multiplication de rŽseaux dՎcoles privŽes !

 

Madame, Monsieur,

La proposition de loi Carle, adoptŽe le 10 dŽcembre 2008 par le SŽnat va venir trs prochainement devant lÕAssemblŽe. Cette proposition est inacceptable!

 

Elle vise ˆ "garantir la paritŽ de financement entre les Žcoles ŽlŽmentaires publiques et privŽes sous contrat lorsqu'elles accueillent des Žlves scolarisŽs hors de leur commune de rŽsidence"

 

Il s'agit lˆ de reconna”tre, de fait, une mission de service public aux Žcoles privŽes qui sont pourtant des entreprises n'ayant aucune des obligations des Žcoles publiques et de contraindre les communes ˆ financer des Žcoles privŽes en dehors de leur territoire.

 

Les associations de parents, les professionnels de lՎducation et les Žlus considrent nŽcessaire et indispensable de renforcer la mixitŽ sociale, afin que les enfants puissent apprendre ˆ vivre ensemble. Si cette proposition de loi Carle est votŽe, nous serons confrontŽs ˆ lՎclatement scolaire, social et communautaire.

 

Ne modifiant en rien lÕentrave ˆ des principes constitutionnels fondamentaux, les quelques amŽnagements prŽvus par la proposition de loi ne sont que des artifices. Si une commune juge que la demande d'une famille n'est pas recevable, le PrŽfet peut obliger la collectivitŽ ˆ financer la scolarisation des enfants de cette famille hors de sa commune de rŽsidence. De surcroit, il nÕy a pas dÕaccord prŽalable : la commune est mise devant un fait accompli et doit le faire supporter ˆ lÕensemble des contribuables. On fait ainsi primer lÕintŽrt particulier sur lÕintŽrt gŽnŽral en favorisant la scolarisation dans les Žcoles privŽes.

Cette proposition de loi qui est dans le droit fil de l'article 89 de la loi de 2004 va plus loin que la loi DebrŽ modifiŽe du 31 dŽcembre 1959 qui fonde, sur le territoire dÕune commune, les Ē rapports entre lՃtat et les Žtablissements dÕenseignement privŽs Č. Elle crŽe pour toutes les communes de nouvelles obligations au bŽnŽfice de toutes les Žcoles privŽes implantŽes sur dÕautres communes. Or la commune nÕa pas donnŽ son accord pour le contrat passŽ entre dÕautres communes, leurs Žcoles privŽes et lՃtat. La libre administration des communes inscrite dans la constitution est ainsi remise en cause.

LÕadoption de ce projet de loi entra”nerait la fermeture de classes ou dՎcoles publiques. Ce projet de loi qui va tre incessamment soumis au vote de lÕAssemblŽe nationale rŽpond largement ˆ la demande de la direction de lÕenseignement catholique.

Ce texte va aggraver le dualisme scolaire, donner ˆ lÕenseignement privŽ des moyens dont ne dispose pas lÕenseignement public, qui, lui, a toutes les contraintes de service public. : la•citŽ, obligation dÕaccueil de tous les Žlves, continuitŽ de service et gratuitŽ pour les familles.

COLLECTIF POUR LA PROMOTION ET LA DEFENSE DE LÕECOLE PUBLIQUE DE PROXIMITE CDPEPP

 

La Roche sur Yon, le 12 mai 2009

Lettre ouverte aux DŽputŽs de la RŽpublique

LՃcole publique est celle de tous les citoyens. Les dŽputŽs, quelle que soit leur appartenance politique, doivent sÕopposer ˆ lÕadoption de cette proposition de loi qui remet en cause le pacte rŽpublicain voulant que les pouvoirs publics soutiennent lՎcole de la RŽpublique et ne permettent pas que les enfants soient sŽparŽs ds lÕenfance.

 

Les dŽputŽs attachŽs aux principes du maintien des liens forts entre lՎcole, les habitants dÕune localitŽ et les Žlus ne peuvent pas accepter ce systme dÕindividualisation qui transforme la collectivitŽ en simple tiroir caisse et instaure un chque Žducation. Ce projet de loi adoptŽ, tout citoyen au nom du principe dՎgalitŽ, serait en droit de revendiquer auprs de sa commune de rŽsidence ce nouveau privilge pour faire financer au nom de la libertŽ dÕenseignement la scolaritŽ de ses enfants dans un Žtablissement sous contrat simple ou hors contrat, voire pour une instruction dans sa famille. Cette possibilitŽ ne doit pas tre votŽe.

 

Les dŽputŽs rŽpublicains ne peuvent pas accepter une proposition qui conduirait les collectivitŽs ˆ verser un surplus de plusieurs centaines de millions qui, non seulement nÕamŽlioreraient pas les conditions de scolarisation, mais les aggraveraient en conduisant inŽluctablement ˆ la disparition dՎcoles de proximitŽ.

 

DŽjˆ plus de 500 communes, sans Žcole publique, ne disposent que dՎcole(s) privŽe(s) confessionnelle(s). Combien y en aura t-il demain avec cette disposition anticonstitutionnelle ? Rappelons-le : Ē L'organisation de l'enseignement public gratuit et la•que ˆ tous les degrŽs est un devoir de l'ƒtat. Č.

De trs nombreux maires de toutes tendances ont exprimŽ hier leur inquiŽtude devant lÕarticle 89 de la loi du 13 aožt 2004. Ils vont se retrouver dans la mme situation demain avec cette ŽpŽe de Damocls qui vise lÕavenir de leurs Žcoles publiques et la•ques ouvertes ˆ tous et menace lՎquilibre de leurs budgets. Ce projet fait augmenter les dŽpenses dՎducation ; la banlieue paiera pour la ville, les communes rurales seront pŽnalisŽes avec un risque fort dÕexode scolaire vers le chef lieu de canton et les villes.

Nous sommes convaincus que ce courrier va attirer votre attention car vous savez quÕil en va de lÕavenir mme dÕun systme scolaire de qualitŽ pour la rŽussite de tous et dÕune conception rŽpublicaine qui maintient un lien puissant entre la commune et son Žcole. Nous nous tenons ˆ votre disposition pour tout renseignement complŽmentaire.

Nous vous demandons de voter contre ce dispositif lŽgislatif qui sÕoppose ˆ notre Constitution et menace notre ƒcole de la RŽpublique.

Veuillez agrŽer, Madame, Monsieur le DŽputŽ, lÕexpression de nos sentiments respectueux.

Priscilla Hembert, PrŽsidente

 

Collectif pour la promotion et la dŽfense de lՎcole publique de proximitŽ - CDPEPP

http://ecoledeproximite.lautre.net  / 06 22 13 57 29 /ecoledeproximite@yahoo.fr

C/O Corinne MahŽ / 6, rue Berthelot / 92150 Suresnes

PŽtition pour l'abrogation de l'article 89 et pour un dŽbat sur les rapports public/privŽ : http://ecoledeproximite.lautre.net/petition

* * * *

 

RŽflexion dans les rangs.

 

Laissons de c™tŽ les dŽbats sur la grve gŽnŽrale, reconductible, illimitŽe ... et soyons pragmatiques. Un syndicat qui veut gagner commence par alerter ses adhŽrents et les salariŽs sur le problme auquel il veut rŽpondre, par appeler ˆ une action limitŽe pour exiger de vraies nŽgociations, en refusant, par consŽquent, d'aller se "concerter" quand le patron ou le ministre lui demande d'appliquer ses dŽcisions. Si l'action est un succs, mais qu'il n'y a pas d'avancŽe revendicative, il va aller crescendo. La fois d'aprs, grve. La fois d'aprs, on monte tous ˆ la direction É

 

Ce BA-ba semble ne plus avoir court dŽs lors qu'il s'agit des dŽcisions de l' "intersyndicale des huit", cette si belle et si magnifique "unitŽ syndicale" absolue dont il ne faut surtout plus sortir, cŽlŽbrŽe par Martine Aubry et par Marie-Georges Buffet comme "le plus beau cadeau que nous aient fait les syndicats".

Elles sont trs sympathiques de dire a, mais le meilleurs cadeau, ce serait

1” ) de bloquer les plans de licenciements appelŽs "plans de sauvegarde de l'emploi", ce qui suppose de revendiquer l'interdiction des licenciements, pour le moins l'interdiction de ce type de plans de licenciements,

2”) d'arracher la hausse des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, ce qui lˆ encore demande pour le moins que ceci figure dans les revendications -aussi stupŽfiant que ce soit pour le militant de base qui fait (un peu) confiance, la hausse des salaires ne figure pas dans les dŽclarations diffusŽes depuis le 5 janvier par la grande et belle "intersyndicale des huit".

3”) de stopper les suppressions de postes de fonctionnaires -le gouvernement vient d'en annoncer 34 000 pour l'an prochain et le non remplacement d'un enseignant sur deux prenant sa retraite- et d'abroger la RGPP ("RŽvision GŽnŽrale des Politiques Publiques"), la loi Bachelot contre l'h™pital public, la loi PŽcresse contre l'universitŽ É

Le BA-ba Žtait donc de ne pas attendre qu'on passe d'une moyenne de 3000 licenciements par jour ˆ 4000 et bient™t 8000 ˆ l'automne, car mieux vaut agir avant de s'en prendre plein la figure. Le 29 janvier fut un succs Žnorme, qu'a-t-on fait ? La mme chose. Nouveau succs Žnorme le 19 mars, avec des participants nouveaux, il s'avre que le mammouth social ne se fatigue pas, que fait-on ? On n'appelle plus ˆ la grve -pardon, ˆ "des" grves"- et on se rabat sur le 1” mai. Cela recommence, succs Žnorme, avec en arrire plan des Continental et des Caterpillar qui expriment la montŽe du refus des nŽgociations n'ayant d'autre but que de mettre en Ļuvre les licenciements. Alors quoi ? Alors, on appelle ˆ des "journŽes dŽcentralisŽes" les 26 mai et 13 juin.

En interne, par exemple dans la CGT, les militants et responsables s'entendent dire que cela mne aux grandes vacances et qu'on va voir ce qu'on va voir ... ˆ l'automne. En s'en Žtant pris plein la figure d'ici lˆ !

Le problme ˆ vrai dire n'est pas de savoir quand est-ce qu'on va voir ce qu'on va voir, mais qu'est-ce qu'on va voir exactement. On peut tourner et retourner les choses dans tous les sens, aprs les actions tous ensemble, aprs les grandes manifestations, y aller crescendo, pour gagner et pas pour passer le temps en attendant de ne rien voir, ce qui se pose c'est l'organisation de grves interprofessionnelle, de la grve tous ensemble, souvent seule possible dans les petites et moyennes entreprises -mais rŽellement possible, les faits l'ont amplement prouvŽ depuis un an-, et la centralisation du mouvement contre ceux qui dŽcident : localement prŽfectures et sous-prŽfectures -comme l'ont compris les ouvriers de Continental ˆ Compigne ...-, nationalement l'ƒlysŽe, la prŽsidence, la direction de l'ƒtat.

En faisant de ce type d'action le tabou ˆ ne pas violer, l'"intersyndicale des huit" retourne l'unitŽ syndicale contre ce qu'elle devrait tre, l'unitŽ pour gagner sur nos revendications, et cherche ˆ en faire un carcan infŽodŽ aux dŽcisions et au rythme de Sarkozy.

Alors, dans les rangs, a rŽflŽchit. Les journŽes du 26 mai et du 13 juin peuvent d'ailleurs servir ˆ discuter de cela : l'Žmancipation des travailleurs sera l'Ļuvre des travailleurs eux-mmes. C'est cela, l'unitŽ. Organisons-nous pour la construire : voila qui sera au cĻur de la discussion de l'assemblŽe gŽnŽrale de Militant, le 6 juin prochain.

 

* * * *

Le pige des EuropŽennes.

 

Dans ce calendrier, insidieusement, il y a les Žlections europŽennes.

Aucune liste de gauche ne fait le lien entre les mouvements sociaux auxquels a pris part, en masse, leur Žlectorat, et ces Žlections, et par consŽquent ˆ cette date, o elles se rapprochent, les gens s'en dŽsintŽressent lŽgitimement.

Faire ce lien, ce serait expliquer qu'il importe que Sarkozy soit battu : de mme que les luttes sociales peuvent gagner, si elles se gŽnŽralisent et se centralisent contre le centre des dŽcisions de licenciements, de baisse du pouvoir d'achat, de dŽmantlement des services publics, qui est ˆ l'ƒlysŽe, de mme le rŽsultat des EuropŽennes peut avoir un sens s'il est une dŽfaite pour Sarkozy, donc pour l'UMP, et en gŽnŽral pour toute la droite.

Mais aucune liste de gauche ne fait ce lien. Les uns se disent candidats au pouvoir ... en 2012, les autres parlent des luttes, mais pas du pouvoir et donc pas de leur nŽcessaire dŽbouchŽ politique.

Dans ces conditions, l'abstentionnisme d'une majoritŽ de la population et surtout de l'Žlectorat de gauche conduirait aux rŽsultats annoncŽs par les sondages : l'UMP prŽs des 30%, le PS un peu au dessus des 20%, Bayrou ˆ 15%, le NPA ˆ 8%, le FN ˆ 7%, le Front de gauche PCF-PG ˆ 3 ˆ 5%, LO ˆ 1 ou 2%.

Bien qu'ils ne signifieraient pas grand chose quand aux sentiments rŽels de la majoritŽ des gens, de tels rŽsultats seraient rab‰chŽs et commentŽs comme une victoire de Sarkozy, notamment en comparaison de ceux de 2004. Ce qui faciliterait la pression pour que le "on va voir ce qu'on va voir" ˆ l'automne soit pures paroles verbales ... Sans doute entendrions-nous mme que ce seraient les travailleurs, les licenciŽs de la crise, les coupables et les responsables ...

L'intŽrt de la classe ouvrire aux EuropŽennes est que le total PS-Front de gauche-NPA-LO soit devant le total UMP-UDF-FN (1). Il n'est pas certain du tout que les relations existant entre les travailleur et les partis de gauche le permettent. Le monde du travail irait voter s'il sentait que cela peut peser dans le rapport de force avec Sarkozy et les patrons, en sa faveur. Dans ce cas sa mobilisation favorisera toutes les listes de gauche, du PS ˆ LO. Dans ce cadre, un bon score des listes se prŽsentant clairement contre le traitŽ de Lisbonne que Sarkozy a contre toute dŽmocratie fait adopter alors que son contenu avait ŽtŽ repoussŽ en 2005, listes qui comme on le sait ne se sont pas rŽunies, pserait dans le bon sens.

 

(1)  O ranger la liste Cohn-Bendit-BovŽ ? A notre avis, elle est aujourd'hui plus proche de Bayrou que de la gauche. Mais cela se discute.

     

            * * * *

 

Des milliers de morts et un million de rŽfugiŽs ...

 

 

Des milliers de morts et un million de rŽfugiŽs ... O a ? Au Pakistan.

On dirait bien que la guerre civile, non pas dans le peuple lui-mme, mais entre une armŽe corrompue et des talibans qui ne valent pas mieux, est orchestrŽe au Pakistan contre la mobilisation et l'organisation dŽmocratiques des peuples, des travailleurs. C'est l'impression que donne le commentaire de nos camarades du LPP, le Labour Party of Pakistan, sur http://www.laborpakistan.org/ : les provinces frontalires sont loin de soutenir les talibans comme on le dit, armŽe et talibans s'entendent puis s'affrontent, les talibans sont divisŽs en divers groupes qui ne manquent pas d'tre noyautŽs par l'ISI (les services secrets pakistanais) et par la CIA qui ont "leurs" talibans,  et les combats meurtriers actuels frappent de fait surtout la population, dont la lutte doit s'opposer aux uns et aux autres, talibans et pouvoir.

 

Derrire cette escalade, il semble qu'il y ait ... Obama, ou en tous cas les chef militaires US qui dŽcident pour lui. Une comparaison est souvent faite aux ƒtats-Unis, pas flatteuse pour Obama parce qu'ˆ dŽfaut de l'apparenter ˆ Bush, elle le renvoie ˆ Richard Nixon, ce parano•aque alcoolique qui avait tentŽ de desserrer le pige o, devant la rŽsistance du peuple vietnamien, l'armŽe nord-amŽricaine s'Žtait enferrŽe, en Žlargissant la guerre au Cambodge. Le Pakistan, Cambodge de l'Afghanistan ? Autant dire l'Apocalypse.

Comme au Vietnam, l'aviation nord-amŽricaine a massacrŽ un village. Les survivants ont transportŽ des corps par camion jusqu'ˆ Kaboul o des milliers de manifestants les ont rejoint en exigeant le dŽpart des "alliŽs". Le mouvement des masses, des peuples, en Afghanistan et au Pakistan, est la seule force capable d'arrter l'Apocalypse.

 

* * * *

 

Forfaitures (1) : Hadopi.

 

 

La fameuse loi "Hadopi" a donc ŽtŽ adoptŽe. Une loi rŽtrograde faite par des pirates pour des pirates, qui nous traitent de pirates !

 

Mais pourquoi ? Parce que le capitalisme refuse la gratuitŽ, rendue possible par la technologie et la productivitŽ du travail. Ils veulent nous faire payer l'eau au plus cher, nous faire payer l'air qu'ils auront polluŽ, vendre nos corps et nos gnes, ils ne veulent pas plus de tŽlŽchargement gratuit que de distribution gratuite de nourriture, que du logement, du transport, de la santŽ et de la contraceptions libres et gratuits. Ils veulent arrter le progrs.

Ils se dŽmasquent : voila des annŽes que, pour nous licencier, nous affamer, nous voler, ils nous traitent d'archa•ques sclŽrosŽs qui refusent le "changement", la "rŽforme", mais lˆ, on voit ce qu'il en est : la culture comme la nourriture gratuite ils n'en veulent pas !

Mais qu'est-ce que c'est le progrs si ce n'est pas la culture et la nourriture gratuites, le pain et les roses pour toutes et pour tous ?

Sous le capitalisme, c'est la plante dŽtruite, la misre et la guerre.

Qu'on ne vienne pas pleurnicher sur les droits d'auteurs des crŽateurs. Pure hypocrisie, ce sont les Žditeurs, c'est Bill Gates, ce sont les monopoleurs, les voleurs, les pirates, quoi, qui ont Žcrit cette loi. Les crŽateurs connus et inconnus auraient largement de quoi tre rŽtribuŽs correctement en prenant sur les profits de ces messieurs qui les exploitent eux aussi.

La loi Hadopi, loi scŽlŽrate faite par les pirates pour les pirates, est un signe, une c™te d'alerte : le capitalisme est obsolte et nŽfaste ! Les jeunes, en rejetant massivement cette infamie, sentent qu'un autre monde est possible, sans capital, sans pirate, reposant sur la libre possession commune de ce qui fait vivre et vibrer les humains ...

... Aussi n'est-il pas sans intŽrt de vŽrifier quelques votes ... et de voir que certaines idoles des jeunes et stars de la rŽnovation politique, du moins selon certains mŽdias, ont, presque seuls dans leur groupe parlementaire, votŽ pour (Jack Lang) ou se sont abstenus (Arnaud Montebourg) ... on les voit les soutiens de Sarko, non ? ...

 

Forfaitures (2) : le LKP c'est la dŽmocratie !

 

Nous avons reu le texte suivant. Nous le reproduisons mais nous ne sommes pas d'accord, nous expliquons pourquoi :

Soutenons les luttes sociales mais dŽfendons les principes dŽmocratiques.

Il sÕest passŽ le jeudi 7 mai ˆ Basse-Terre quelque chose de grave que nous, citoyens guadeloupŽens, ne pouvons tolŽrer et quÕil faut Žclaircir.

Le prŽsident du Conseil GŽnŽral, Jacques Gillot, avait dŽcidŽ de rŽunir en Congrs les Žlus de la Guadeloupe en invitant aussi de nombreux acteurs de la sociŽtŽ civile dont Elie Domota et le LKP. Voulant apparemment tenir compte des critiques souvent adressŽes aux Žlus, Monsieur Gillot –du moins telle Žtait son intention clairement exprimŽe- espŽrait Ē donner la parole aux citoyens Č les invitant ˆ Ē construire ensemble un projet guadeloupŽen de sociŽtŽ Č, selon les termes mme de lÕinvitation adressŽe ˆ tous. Il sÕagissait, selon le PrŽsident du Conseil GŽnŽral, dՎlaborer ensemble une mŽthode. Il prŽcisait quÕil recherchait lˆ une dŽmocratie plus Ē participative Č.

Quoi quÕon puisse penser de lÕopportunitŽ dÕun tel congrs, de ses visŽes politiques voire politiciennes –et nous signataires de cette dŽclaration ne sommes pas tous dÕaccord avec lÕoption politique des  prŽsidents Gillot et Lurel- nous tenons ˆ affirmer solennellement que les reprŽsentants politiques dŽmocratiquement Žlus du peuple guadeloupŽen ont parfaitement le droit dՎlaborer, comme ils lÕentendent, leur stratŽgie politique. Leur refuser ce droit cÕest porter atteinte aux libertŽs dŽmocratiques du peuple guadeloupŽen. Or, cÕest exactement ce qui sÕest passŽ ˆ Basse-Terre : un acte dont la nature profonde a consistŽ ˆ refuser aux Žlus le droit dÕexercer leur mandat Žlectif. Mais ce fut subtil. Subtil, car cet acte sÕest dŽguisŽ pour Žviter quÕil ne soit peru pour ce quÕil est : une atteinte ˆ la dŽmocratie qui sÕapparente ˆ une insurrection. Les habits du dŽguisement ? Un certain usage du temps et de lÕordre : agir avant la tenue du congrs et faire mine de ranger la salle (prŽtendument occupŽe symboliquement) pour Žchapper au soupon de lÕantidŽmocratisme. Cette occupation tumultueuse  avec intimidation du personnel administratif et dŽplacement de siges et de matŽriels nŽcessaires ˆ lÕorganisation de la sŽance excluait de fait les participants. Un dŽbat serein pouvant difficilement tre conduit dans de telles conditions, lÕannulation du Congrs par le PrŽsident du Conseil gŽnŽral sÕimposait

Le LKP joue avec le feu sur une poudrire. Envahir le Palais du Conseil GŽnŽral, lieu emblŽmatique de lÕexercice de la dŽmocratie et cela depuis les lendemains de lÕabolition de lÕesclavage, en affirmant lancer un Ē avertissement Č aux Žlus, constitue bel et bien une remise en cause de la lŽgitimitŽ Žlectorale. Nous ne pouvons quÕattirer lÕattention sur lÕambigŸitŽ du terme avertissement : prŽvention ou menace ?

Les dirigeants du LKP se justifient en dŽclarant quÕils sont pp-la, que cÕest la rue qui gouverne et avouent quÕils veulent remplacer la dŽmocratie reprŽsentative par la dŽmocratie directe sous prŽtexte que la premire serait Ē en panne Č. Si en effet le vote nÕest pas le tout de la dŽmocratie, il en est le passage obligŽ, insuffisant certes, mais nŽcessaire. La question rectrice que nous posons au LKP : de quel droit ? La dŽfense des travailleurs ne doit en aucun cas tre attentatoire ˆ la vie de la dŽmocratie. Quand il dŽcide dÕenvahir le palais du Conseil GŽnŽral sous prŽtexte que la dŽmocratie serait en panne, le LKP sÕoctroie un droit que le peuple souverain ne lui a pas confiŽ. Il sÕagit lˆ dÕun coup de force. Penser que la dŽmocratie reprŽsentative est en panne est une opinion. On peut la partager ou pas. Envahir le palais du Conseil GŽnŽral est un acte qui appelle une qualification. Commettre lÕacte en sÕautorisant de sa seule opinion est dŽmocratiquement dangereux. Confondre imprudemment la foule et le peuple, prŽtendre incarner le peuple sans aucune mŽdiation et sans aucune procŽdure collectivement ŽlaborŽe et approuvŽe, voilˆ ce qui nous semble gravissime. Le cahier de revendications du LKP nÕest pas la Constitution guadeloupŽenne.

Beaucoup dÕentre-nous avons soutenu les revendications sociales exprimŽes par le LKP et, aujourdÕhui encore, on peut estimer que les revendications des travailleurs sont pour lÕessentiel lŽgitimes. Mais, avec ce triste ŽvŽnement de Basse-Terre, on est passŽ dÕune revendication sociale et sociŽtale soutenue par une majoritŽ de GuadeloupŽens ˆ une posture politique du LKP. Cette posture joue avec les principes fondamentaux de la dŽmocratie et nous, citoyens guadeloupŽens, soucieux de lՎvolution positive de notre pays, quelles que soient les options politiques de chacun dÕentre nous, unissons ici nos voix pour dŽclarer que ce jeu est dangereux. Il constitue une remise en cause voilŽe de ces principes dŽmocratiques.

Donc, une ferme mise au point sÕimpose. Elle sÕimpose dÕautant plus que cette remise en cause sÕest avancŽe masquŽe dans lÕhŽmicycle du palais du Conseil GŽnŽral. Nous dŽclarons tre profondŽment attachŽs aux principes dŽmocratiques devant structurer la vie publique, lÕexercice de la citoyennetŽ, toutes choses pour lesquelles nos anctres se sont battus. Seuls ces principes peuvent permettre non seulement un dŽbat constructif et pacifique au sein de la sociŽtŽ guadeloupŽenne, mais plus important encore, sa propre survie.

Pour nous, la dŽmocratie, cÕest aussi bien la possibilitŽ  de la libertŽ dÕexpression de toutes les opinions, fussent-elles minoritaires, le dŽbat public, la reprŽsentation politique exprimŽe par le vote, ce quÕon appelle la dŽmocratie reprŽsentative, que le droit aussi de manifester dans la rue son mŽcontentement. Mais un pouvoir social manifestŽ lŽgitimement dans la rue –et quel que soit son succs- sÕil peut renforcer positivement les choix politiques des Žlus, ne peut tenir lieu de pouvoir politique sauf bien sžr quand les conditions dÕune vie politique dŽmocratique ne sont pas rŽunies, ce qui nÕest pas le cas dans la Guadeloupe dÕaujourdÕhui. Autrement, nous entrons dans une logique o lÕautoritŽ charismatique du leader ou du groupe lÕemporte sur celle de la loi commune.

En conclusion, mme si nous reconnaissons le droit quÕa LKP de faire avancer ses revendications, sans doute lŽgitimes, nous condamnons fermement sa double prŽtention

 1- sa prŽtention ˆ incarner ˆ lui seul le peuple, tout le peuple, et ainsi ˆ parler en son nom

 2- sa prŽtention ˆ dŽtenir un pouvoir directement issu de la rue et ainsi disqualifier la reprŽsentation politique. Cette disqualification ayant pour fonction de nier du coup la lŽgitimitŽ par le vote. Cette double prŽtention est grosse de toutes les dŽrives y compris celle de nous orienter vers le cycle mortifre de la violence et de la guerre civile ou affrontements graves entre GuadeloupŽens. Est-ce lÕintŽrt de la Guadeloupe ? AssurŽment, non !

Parce que nous soutenons les luttes sociales tout en Žtant fermes sur les principes fondamentaux de la dŽmocratie dans notre pays, nous tenions ˆ mettre en lumire ce qui fait la gravitŽ de lՎvŽnement de Basse-Terre.

 

Premires signatures par ordre alphabŽtique :

Albina Tony (enseignant) ; Boucard Harry (enseignant) ; Boutin Raymond (historien) ; Camier Bernard (enseignant) ; Cassin Franck ; Chalcou Alex (architecte) ; Compper Gaelle (universitaire) ; Dahomay David (enseignant) ; Dahomay Jacky (enseignant) ; Deriau-Reine Sonia (enseignante) ; Ducosson Dany (psychiatre) ; Hermantin Fred (PrŽsident de la ligue des Droits de lÕhomme de la Guadeloupe) ; Hermantin Evelyne (enseignante) ; Lesueur Alain (ancien journaliste) ; Lubeth Guy (enseignant) ; Maragnes Daniel (enseignant) ; Mayoute Marius (dentiste) ; Morton Claude (enseignnt) ; Rolle William (PrŽsident le la ligue des droits de lÕhomme de la Martinique) ; Rovelas Jorge ; Reinette Pierre (Directeur des services au Conseil GŽnŽral) ; Saad Christian (universitaire) ; Savanah Charles (enseignant) ; Toomiche Paul (ancien syndicaliste) ; Toumson Roger (universitaire)

 

Nous ne sommes pas d'accord avec cette soi-disant leon de "dŽmocratie". Ses distinguŽs auteurs font en effet, dŽlibŽrŽment ou pas, plusieurs impasses. Ils ne disent mot des faits suivants.

 

Premirement, le LKP a-t-il ou non une lŽgitimitŽ dŽmocratique ? La rŽponse est oui, en raison de la reprŽsentativitŽ des organisations qui le composent, certes, mais surtout parce que de manire active la population guadeloupŽenne a participŽ au LKP, l'a soutenu et l'a fait ce qu'il est.

Deuximement, suffit-il de dire "on a ŽtŽ Žlus" pour avoir dŽmocratiquement le droit de faire ce qu'on veut du mandat populaire ? Car que faisait exactement le conseil gŽnŽral de Guadeloupe (ˆ majoritŽ PS) ce jour lˆ ? Il organisait une sŽance de "dŽmocratie participative" avec des "acteurs de la sociŽtŽ civile" dans le cadre des "Žtats gŽnŽraux" voulus par Sarkozy pour contrer le mouvement du peuple guadeloupŽen. Il ne vient pas ˆ l'idŽe de nos distinguŽs signataires de se demander si les Žlus PS ont ŽtŽ Žlus pour cela, pour ce jeu politique lˆ, par ceux qui les ont Žlus et qui forment aujourd'hui ... le LKP...

Le LKP ne les a pas empchŽs de mettre en Ļuvre leur mandat d'Žlus, il les a empchŽs ce jour lˆ de mettre en scne une escroquerie envers la dŽmocratie. Nuance !

Troisimement, la dŽmocratie, c'est "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tous ensemble avec nos diffŽrences on participe au bien commun", ou bien c'est la confrontation d'intŽrts, de principes et d'arguments CONTRADICTOIRES ?

Le cirque de la "dŽmocratie participative", montŽ par le pouvoir autoritaire et anti-dŽmocratique de la V” RŽpublique franaise avec la collaboration de ces Žlus, c'est faire semblant d'tre tous ensemble dans le mme bateau pour faire passer pour consensuelles et propositionnelles des dŽcisions conformes aux intŽrts des dominants et des exploiteurs.

Cela le LKP, parce qu'il est au moment prŽsent une reprŽsentation dŽmocratique du peuple guadeloupŽen beaucoup plus rŽelle et donc beaucoup plus lŽgitime que le conseil gŽnŽral ou le conseil rŽgional, le dit clairement. Pour nos distinguŽs et vŽnŽrables signataires, il parle le langage de la guerre civile.

Forfaiture. Que vous vous en rendiez compte ou non, en arborant le mythe selon lequel nous vivrions en dŽmocratie, vous faites un sale travail, qui n'est pas dŽmocratique ... Vous tes peut-tre trs fiers de votre posture, vous vous imaginez comme les remparts des grands principes, ceux des droits de l'homme et du citoyen ; mais ces principes n'ont ŽtŽ affirmŽs qu'aprs un 14 juillet et une "grande peur" imposant la nuit du 4 aožt, qui, d'aprs vos critres, n'avaient rien de "dŽmmocratiques" : les Žlus n'avaient pas ŽtŽ consultŽs par les insurgŽs qui, au passage, les ont pourtant sauvŽs É

Vous croyez dŽfendre la dŽmocratie, mais si votre respect des institutions triomphait, vous n'auriez mme plus vos petites tribunes et vos petits honneurs ! Vous vous imaginez incarner la DŽclaration, mais le LKP, lui, il incarne ce qui a permis la DŽclaration !

Forfaiture. Que vous vous en rendiez compte ou nous, honorŽs professeurs, c'est vous qui parlez le langage de la guerre civile : en qualifiant un seul camp, celui qui dit la vŽritŽ, de menace pour la dŽmocratie, vous choisissez l'autre camp, celui des exploiteurs, de la minoritŽ, et vous l'ornez du beau nom, mais tant galvaudŽ, de camp de la "dŽmocratie". En adhŽrant au mythe selon lequel des "ateliers participatifs" sponsorisŽs par l'ƒtat et le patronat auraient, eux, une lŽgitimitŽ "dŽmocratique", vous cautionnez par avance la reprise par le prŽfet (au fait, il est Žlu, celui-lˆ ?) et l'ƒtat franais de leurs propositions "consensuelles". Vous prŽparez ainsi l'affrontement, la tentative de revanche de ceux qui n'ont pas digŽrŽ la victoire populaire partielle obtenue en Guadeloupe, et vous facilitez par avance rŽpression et provocation en les lŽgitimant puisqu'elles seront "dŽmocratiques".

 

 

Forfaitures (3) : petit ma”tre penseur veut rŽhabiliter petit pre des peuples.

 

La rumeur commence ˆ arriver sur le net. Le "grand penseur italien" (c'est trs pratique un grand penseur italien, pour tre proclamŽ grand en France ! ) Domenico Losurdo va sortir les communistes de leur mal tre, il a dŽmontrŽ, historiquement, et philosophiquement, of course, que Staline n'Žtait pas un diable, Staline avait du bon, Staline n'Žtait pas si mŽchant, ou du moins, s'il l'Žtait, c'Žtait comme tout bolchevik. Car pour Domenico Losurdo, la tache de l'heure est de dŽshiniber les communistes ˆ propos de Staline, les dŽlivrer de leur "autophobie", leur phobie d'eux-mmes, "excusez moi d'tre communiste mais nous ne sommes plus aussi mŽchants que Staline, vous savez". Sžr que a va nous rendre un sacrŽ service si on brandit ˆ nouveau des portraits du petit pre des peuples pour lutter contre les licenciements ! É

 

Domenico Losurdo est de ces universitaires qui se sont fait un nom en glosant sur Gramsci et en critiquant "le libŽralisme". Dans plusieurs ouvrages intŽressants, il montre que les libŽraux n'Žtaient pas si libŽraux, que par exemple ils Žtaient souvent esclavagistes. A vrai dire, tout cela Žtait dŽjˆ connu, mais l'idŽe directrice de Losurdo est de montrer que "libŽraux" et "dŽmocrates" bourgeois ont autant de sang sur les mains que les dirigeants "communistes" (sans guillemets chez lui) du XX” sicle, Staline, Mao et Pol Pot en particulier. On en arrive donc au sophisme suivant : si les libŽraux et les dŽmocrates Žtaient plus mŽchants qu'on nous le fait croire, alors il est permis de penser que Staline, Mao et Pol Pot l'Žtaient moins. Tout cela est dit en plusieurs ouvrages, donc le vernis Žrudit et la profondeur affichŽe donnent l'impression que c'est un peu plus pensŽ, mais la dŽmonstration in fine se ramne ˆ a.

 

Or donc, dans Stalin, storia et critica di una legenda nera (Milan, 2008), les communistes ŽplorŽs, mais avides d'tre rachetŽs par la voix messianique du Petit Pre, en apprendront de belles.

 

Ils apprendront que les critiques libŽraux de Staline Žtaient mŽchants aussi, assassins, machiavŽliques (pauvre Machiavel !), ce qui, rŽpŽtons-le, nous fait une belle jambe mais semble avoir une grande importance dŽmonstrative pour Losurdo . Mais ils apprendront aussi que le complot des blouses blanches, quand Staline fit avouer sous la torture aux mŽdecins du Kremlin, plus exactement ˆ tous ceux d'entre eux d'origine juive, qu'ils voulaient l'assassiner, n'avait rien ˆ voir avec l'antisŽmitisme. On arrte les Juifs, on prŽpare des dŽportations massives, mais ce n'est pas de l'antisŽmitisme ... 

De mme, ils apprendront que les grandes purges ne s'expliquent pas par la parano•a, mais qu'il s'agissait pour Staline de lutter, avec un peu trop de rigueur peut-tre (ah lˆ lˆ ...) contre de vrais complots. HŽ oui, bonne mre, de vrais complots ! En voulez vous une preuve : Trotsky et Toukhatchevski avaient fomentŽ un coup d'ƒtat en 1927 ! La source de Losurdo, le grand penseur italien ? La "conjecture de Malaparte". Curzio Malaparte, autre "grand penseur italien" et accessoirement membre du parti fasciste et soutien du Duce, est une source remarquablement sŽrieuse pour Žtablir que Trotsky fomentait un coup d'ƒtat contre le pouvoir bolchevik !  Voila qui sera salutaire, assurŽment, pour soigner l' "autophobie" des communistes !

Notons que si Losurdo avait lu des livres d'histoires rŽcents, et pas seulement les divagations d'un Malaparte et les dŽchets des archives du KGB vendues par la Russie d'Eltsine puis de Poutine, il aurait eu confirmation qu'en effet, la parano•a de Staline, probablement rŽelle par ailleurs, n'explique pas les purges mais n'en a ŽtŽ que l'instrument : il y avait bel et bien une opposition ouvrire et, souvent, communiste, de masse, qui fut massacrŽe pour trotskisme, terme alors gŽnŽrique mais exact pour beaucoup d'entre eux, en 1937. Staline est devant Hitler, Pinochet et Suharto en nombre de communistes massacrŽs. Cette vŽritŽ historique est beaucoup plus apte ˆ soigner l' "autophobie des communistes" que les Žlaborations losurdiennes, car elle montre ˆ tout communiste sincre que lui et Staline ne sont pas dans le mme camp de la lutte des classes É

On apprendra encore que la famine ukrainienne et son amplification en gŽnocide, voulue par le pouvoir qui isola des rŽgions entires, n'est qu'une invention de fascistes -les nationalistes ukrainiens de la seconde guerre mondiale et d'aujourd'hui. HŽlas, si quelques authentiques fascistes ont pu en Ukraine jouer sur la fibre de la nation martyre, c'est qu'elle le fut bel et bien É

 

On apprendra que Staline Žtait trs cultivŽ (a c'est possible, a entre dans la catŽgorie "belle jambe" ! ), qu'il ne faisait pas confiance en Hitler ainsi qu'on l'a dit (n'empche qu'il faisait liquider ses espions qui l'informaient des prŽparatifs d'invasion de l'URSS quelques jours encore avant que celle-ci ne commence ! ), et ainsi de suite. Bref, nous avons affaire ici ˆ une entreprise rŽvisionniste, au sens technique que couvre ce terme dans le cas des nŽgationnistes des crimes gŽnocidaires des nazis pendant la seconde guerre mondiale : en paraissant "nier" certains faits, comme pour nous dire "ils n'Žtaient pas aussi mŽchants", et en ajoutant parfois "ils avaient des raisons" (c'est vrai quoi : si Staline a liquidŽ des opposants a prouve quand mme qu'il y avait des opposants, non ? -exemple type de raisonnement "hŽgŽlien" ˆ la Losurdo ! ...), ces messieurs veulent en fait faire passer le message que les criminels en question avaient, en fait, bien raison. Dans le cas de Losurdo, c'est pareil, et c'est assez transparent d'ailleurs : pour lui, Staline menait le bon combat et avait raison.

 

Il a commis, il est vrai, des "excs" (car, c'est bien connu, on ne fait pas d'omelette ...). Mais, et lˆ a devient intŽressant pour comprendre exactement le projet politique que sert Losurdo, ces excs s'expliquent par son bolchevisme. C'est le c™tŽ exaltŽ, ultra rŽvolutionnaire, peu soucieux de dŽmocratie formelle ajoute mme Losurdo qui effleure au passage une vraie question (mais elle n'est pour lui qu'instrumentale), c'est mme le c™tŽ "libertaire" du grand Staline, si, si (c'est donc ˆ vous, les libertaires, d'tre "autophobes", dites-vous le bien, le Goulag c'Žtait le c™tŽ libertaire exaltŽ de Staline !!!!), qui constituait sa faiblesse ! Sa mŽchancetŽ d'exŽcuteur, massacreur, dŽporteur, Žtait aussi celle de LŽnine et de Trotsky (sur le dos duquel est mis au passage la responsabilitŽ de la collectivisation forcŽe en 1929, comme s'il avait ŽtŽ au pouvoir ˆ cette date !!).

L'argument est intŽressant, ou plus exactement symptomatique, car nous y voyons soudain le Losurdo contempteur du "nŽo-libŽralisme" et du "dŽmocratisme" des bourgeoisies occidentales, montrer qu'il n'aime pas pour autant le soviŽtisme, le conseillisme et l'anarchie qu'on leur oppose souvent, et reprendre ˆ l'encontre du bolchevisme des arguments de facture apparemment libŽrale. On notera d'ailleurs que, de manire beaucoup plus grossire, Losurdo insiste lourdement pour dŽfendre Staline sur le fait que de grands libŽraux bourgeois l'ont apprŽciŽ et prisŽ, et voila tout d'un coup tout un pan du libŽralisme, de la social-dŽmocratie, des politiciens du capital, des Žcrivains installŽs (Thomas Mann est un exemple qui semble susciter une certaine empathie chez Losurdo), des proches du prŽsident Roosevelt, tout ces gens lˆ apprŽciaient beaucoup les qualitŽs humaines et intellectuelles du grand Staline, voyez-vous É

Deux types d'arguments "libŽraux bourgeois" compltent donc le rŽvisionnisme de la vŽritŽ historique entrepris en toute outrecuidance par Losurdo : une critique presque social-dŽmocrate du bolchevisme et du "gauchisme" en gŽnŽral, et une manire un peu triviale, assez "bourgeois gentilhomme", d'tre impressionnŽ par les cautions bourgeoises des compagnons de route du stalinisme.

L'origine philosophique du premier type d'arguments de ce genre se veut "hŽgŽlienne". Chez Losurdo, les masses ne font pas leur propre histoire : les "grands hommes" et les "hommes d'ƒtat" peuvent guider les peuples. Car Losurdo, voyez-vous bien, est non seulement un exŽgte de Gramsci, mais aussi de Hegel. Il n'en fallait pas moins pour rŽhabiliter Staline ! Sauf que son Hegel ˆ lui est celui non pas de la dialectique, "algbre de la rŽvolution", mais plut™t des Principes de la philosophie du droit, dŽmonstration que ce qui est rŽel est rationnel et donc lŽgitime, surtout l'ƒtat prussien ... qui faisait vomir les jeunes Karl Marx, Friedrich Engels, Ludwig Feuerbach, Michel Bakounine, cette belle bande de jeunes dŽmocrates radicaux, dont l' "exaltation" est ˆ l'origine, selon Losurdo, des quelques excs commis par le grand Staline dans le cadre de son exercice "rationnel" du pouvoir dans l'URSS assiŽgŽe ... ah, s'il avait ŽtŽ plus rŽaliste, plus "hŽgŽlien" dans ce sens lˆ, le jeune Marx aurait pu faire carrire dans l'universitŽ prussienne !

 

... Ce qu'a d'ailleurs fait Losurdo, dans l'universitŽ italienne. Mais le roi de Prusse de cet hŽgŽlien lˆ, c'est Hu Jintao. Il est temps en effet de dŽvoiler ici le pot aux roses. Il y a d'ailleurs un passage du livre de Losurdo qui porte cette marque de fabrique, c'est cet emportement contre le rapport Khrouchtchev, commencement de la grande crise "autophobe" des communistes cŽdant ˆ la pression du libŽralisme et du trotskisme, ce "tissu de mensonge" selon notre expert, alors qu'historiquement il n'est qu'en dessous de la rŽalitŽ ...

 

Mais c'est bien lˆ une marque de fabrique : pour absurde que soit cette tirade contre le rapport Khrouchtchev, elle a ŽtŽ exigŽe de Losurdo. Toutes les contradictions apparentes de l'idŽologie losurdienne s'estompent ˆ la lumire des hommes d'affaire du Parti Communiste Chinois. Rappelons que, dans un prŽcŽdent ouvrage traduit en franais, Fuir l'histoire, cet illustre "communiste" a expliquŽ que la Chine marche vers le socialisme, aujourd'hui mme, a ricanŽ sur les opposants "au nombre de quatre" -muflerie de thurifŽraire pour tortionnaires- , s'est  livrŽ au facile et habituel numŽro d'excitation contre le dala• lama (un personnage assurŽment rŽactionnaire et d'ailleurs mis en selle par le mao-stalinisme au parti duquel il adhŽra, mais a, notre Losurdo l'a oubliŽ), pour dŽnoncer comme rŽactionnaires toute opposition au rŽgime chinois, expliquant dans la presse italienne que la formation de syndicats indŽpendants en Chine irait ˆ l'encontre des nŽcessitŽs du "dŽveloppement".

 

Tout est logique : pour Losurdo, la classe ouvrire ne saurait s'Žmanciper par elle-mme. Il n'aime pas la dŽmocratie "occidentale", mais pas non plus les conseils ouvriers et le c™tŽ exaltŽ du vrai mouvement ouvrier, des bolcheviks eux-mmes. Les "grands hommes" le mettent en transe. Sa monarchie prussienne, ˆ cet Žpigone tardif d'un certain Hegel trs rapetissŽ, est ˆ PŽkin. Le despotisme ŽclairŽ, c'est si bon ... On comprend mieux aussi au passage son empathie pour les compagnons de route bourgeois des annŽes trente de l'URSS de Staline, il se reconna”t en eux.

 

Les communistes souffrant d'autophobie peuvent se libŽrer de tout complexe, d'abord en combattant le capital dans la lutte des classes, mais justement pas avec Losurdo qui a derrire lui un appareil qui exploite, par et pour le capital, un milliard trois cent millions d'hommes et de femmes, contre lequel des ouvriers font grve et sont rŽprimŽs. Le camp de Losurdo est trs explicitement celui de leurs patrons. C'est donc le camp du capital.

 

 

Forfaitures (4) : pas antisionistes,

mais bien antisŽmites nazis.

 

 

On en a entendu parler ˆ cause du conseiller de Sarkozy, GuŽant, qui a envisagŽ leur interdiction alors qu'aucun matŽriel de vote n'ayant encore ŽtŽ publiŽ, aucune base lŽgale de le permet. Il leur a donc fait un beau coup de pub, ce dont ils se sont rŽjouis. Eux, c'est le trio des trois guignols tristes du fascisme dernier modle, DieudonnŽ, Alain Soral et Yahia Gouasmi.

Le premier larron fut un jour un "humoriste". En jouant le noir de service victime ... du complot sioniste international, DieudonnŽ a virŽ depuis un moment dŽjˆ (mais maintenant plus personne ne peut dire le contraire) ˆ l'antisŽmitisme assumŽ et organisŽ, en relation personnelle et directe avec Le Pen, qui donne en somme un vernis de continuitŽ au fascisme version Dieudo.

Le second est un ancien "intellectuel du Parti Communiste Franais" devenu ensuite membre du comitŽ central du Front National et spŽcialisŽ dans le recrutement de militants issus de la gauche ou de l'extrme gauche au service du combat "identitaire" contre la domination nord-amŽricaine derrire laquelle il y a ... le complot sioniste mondial. Il se consacre tout particulirement au dŽvoiement de "communistes pas autophobes question Staline", comme dirait Losurdo, qui regrettent les SS 20 et croient que les Goulags et les  barbelŽs Žtaient des murailles anti-impŽrialistes, et qui voient la main de la CIA et du Mossad derrire chaque bobo branchŽ.

 

Le troisime prŽtend tre le chef de l'islam chiite franais, il a montŽ un "parti antisioniste" et si les deux autres se souviennent parfois avoir ŽtŽ un humoriste pour l'un et un pauvre manieur de concept pour l'autre, ils ne peuvent pas ne pas le trouver caricatural et stupide ("Derrire chaque divorce il y a un sioniste" ! ), mais ils ont sans doute une bonne raison de le laisser parler jusqu'ˆ plus soif. Bien sžr, vous avez trouvŽ : les finances ! Les finances de la liste, c'est-ˆ-dire l'ƒtat iranien : c'est tellement gros que a pourrait bien tre vrai.

 

A ce trio d'enfer se joignent une bande de politicards perdus, Ginette Skandrani ancienne dirigeante des Verts, Thierry Meyssan du ci-devant "RŽseau Voltaire", et sur leur flanc droit, le soutien critique sans participation (ˆ la liste) du nŽo-nazi Kemi Seba, dont le discours consiste ˆ reprendre les discours de Hitler en remplaant "peuple aryen" par "peuple noir".

 

Ce triste attroupement vous explique la bouche en cĻur qu'ils ne sont pas antisŽmites, qu'ils ont mme de bons juifs parmi leurs potes, mais que le sionisme contr™le tout, l'Žconomie, les mŽdias, la mŽdecine, les firmes multinationales, qu'il est derrire la perte des valeurs ˆ l'Žcole, le racisme envers les noirs et les musulmans, le Sida et la grippe porcine mexicaine A ! Bref, tout ce que le dŽlire antisŽmite a pu inventer depuis Hitler et le Protocole des Sages de Sion, ils le disent des "sionistes".

Leur sionisme mythique n'a rien ˆ voir avec celui, bien rŽel, de l'ƒtat oppresseur d'Isra‘l, c'est une sorte de spectre universel, trs exactement, au mot prŽs, le fantasme antisŽmite des hitlŽriens.

Ce ne sont donc pas des antisionistes, mais des fascistes antisŽmites qui jouent ce jeu en connaissance de cause. Leur discours dŽveloppe des thmes que l'on rencontre dans les propos de certains militant de gauche ou d'extrme gauche anti-israŽliens, mais ayant du mal ˆ dissocier l'opposition ˆ la politique d'un ƒtat et l'hostilitŽ ˆ son peuple, surtout quand les origines religieuses et soi-disant ethniques revendiquŽes de ce peuple sont juives, car le fond antijuda•que chrŽtien et l'antisŽmitisme comme "anticapitalisme des imbŽciles" sont choses toujours prŽsentes dans le substrat culturel de bien des gens.

Il faut prendre au sŽrieux la manĻuvre politique de la liste DieudonnŽ en Ile-de-France aux EuropŽennes : leur projet est de faire un score significatif dans certaines citŽs et banlieues. La synthse idŽologique d'un humoriste lourd, d'un islamiste idiot, d'un faux intello nŽo-stalinien, de quelques Žcolos fans de puretŽ, de quelques anti-impŽrialistes de salons en qute de caudillos et de conducators, d'identitaires aux fantasmes zoologiques, de complotistes, de nŽgationnistes et d'adeptes de la contre-rŽvolution catholique est une auberge espagnole (pardon pour les Espagnols) incohŽrente ? Non, c'est une synthse fasciste, c'est le diagramme de l'identitŽ de faux rŽvolutionnaires, qui contre la vraie rŽvolution veulent accŽlŽrer la barbarie. Ils agissent avec la bienveillance de Le Pen en personne, car si le racisme anti-arabe et anti-immigrŽs ˆ l'usage des petits blancs a ŽtŽ longtemps le fond de commerce de ceux qui espŽraient construire un parti fasciste en France, aujourd'hui les mmes forces envisagent, en vue des affrontements de classe de demain, de recruter dans les couches de la jeunesse populaire les plus pauvres, d'origines souvent immigrŽe. La manipulation de bandes de "racailles de banlieues" contre certaines manifestations lycŽennes en 2005, le discours idŽologique du criminel tortionnaire Youssouf Fofana, assassin du jeune Ilan Halimi, Fofana qui aurait pu tre sur cette liste : ce sont lˆ des faits qui montrent que sur ce projet fasciste, des premiers pas ont ŽtŽ effectuŽs. Black, blanc ou beur, l'ennemi est toujours le mme, l'ennemi de tous les travailleurs, celui qui veut faire croire que les mŽfaits du capitalisme seraient džs ˆ un peuple qu'il faudrait donc persŽcuter. Par leur projet, par leur volontŽ, parce qu'ils sont au service du capital, ce sont des nazis.

La premire chose est de construire un cordon sanitaire : pas de contact, pas de complaisance, pas de liaisons indirectes, pas de connivences, avec la peste brune des DieudonnŽ-Soral-Gouasmi. Ils sont les barbares, les faux rŽvolutionnaires. Nous sommes les vrais.

 

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MAROC : LibertŽs en danger


LÕASDHOM (Association de DŽfense des Droits de l'Homme au Maroc) qui a combattu au fil de ses 25 ans dÕexistence, les atteintes graves aux droits ŽlŽmentaires exprime sa grande inquiŽtude quant ˆ une recrudescence de ces dernires au Maroc.

Des brves pas rŽjouissantes se succdent les unes aux autres. On assiste ˆ des interpellations ciblŽes de militants, ˆ des vagues dÕarrestations et dÕenlvements, ˆ des condamnations arbitraires et ˆ un silence assourdissant comme seule rŽponse aux grves de faim que mnent des dŽtenus dÕopinion ˆ travers diffŽrentes prisons du pays. Les disparitions forcŽes en sŽrie refont surface dÕune faon alarmante.

Des dŽfenseurs des droits de lÕHomme font les frais de ces atteintes. CÕest le cas de M. Chakib AL KHAYARI qui a ŽtŽ arrtŽ sans mŽnagement par les forces dites de sŽcuritŽ ˆ Nador, avant dՐtre mis illŽgalement en garde ˆ vue et dŽfŽrŽ devant un juge dÕinstruction ˆ Casablanca pour se voir notifier des accusations infondŽes visant ˆ le museler et ˆ mettre un terme ˆ son combat.

On emprisonne et on condamne les rŽvoltŽs, victimes des inondations ˆ Sidi Kacem (Khnichat), pour le simple fait dÕavoir exprimŽ leur dŽtresse et avoir dŽnoncŽ lÕabsence de secours appropriŽs.

On maltraite et on poursuit des journalistes dÕAL AYAME, pour la photo (non publiŽe) dÕune princesse. On condamne le bloggeur Houcine Barhoune ˆ 6 mois de prison ferme pour ses critiques sur la toile des agissements des notables locaux de la rŽgion de TŽtouan.

Aprs le procs des jeunes de Sidi Ifni, dÕautres procs se dŽroulent ou se prŽparent ˆ travers le paysÉ

Les pratiques du Maroc des annŽes de plomb sont bien lˆÉ Elles se dŽroulent sous le regard bien vaillant dÕun Conseil Consultatif des Droits de lÕHomme qui est censŽ mettre en application les recommandations dÕune autre instance Žtatique : lÕIER. Laquelle instance avait ŽtŽ crŽŽe pour Žluder en principe les violations graves des annŽes de plomb, rŽparer et permettre une rŽconciliationÉLe Maroc qui a du mal ˆ cicatriser ses blessures bŽantes est soumis de nouveau ˆ une rude Žpreuve o lÕarbitraire se perpŽtue.

Par les informations prŽoccupantes que nous relatons ci-dessous, nous voulons alerter les forces dŽmocratiques et le mouvement de dŽfense des droits humains sur la gravitŽ de la situation et lÕexigence de la vigilance.

Fs :

Le 5 mai, six Žtudiant(e)s de lÕuniversitŽ Mohamed Ben Abdellah ont ŽtŽ prŽsentŽs en Žtat de libertŽ devant le tribunal de 1re instance de Fs. Le procs a ŽtŽ reportŽ au 2 juin.

Le lendemain, treize autres Žtudiants dont onze dŽtenus ˆ la prison locale Ain Kadouss ont ŽtŽ prŽsentŽs devant le juge dÕinstruction de la cour dÕappel de Fs. Ces dŽtenus mnent une grve de la faim de quinze jours pour dŽnoncer les conditions de dŽtention et la torture quÕils ont subie lors des interrogatoires. Les familles, constituŽes en comitŽ de soutien, se sont rassemblŽes devant le tribunal pour les soutenir et rŽclamer leur libŽration. Les forces de lÕordre ont usŽ de la force pour les disperser. Plusieurs manifestants ont ŽtŽ blessŽs et la tentative dÕenlvement dÕune des responsables du comitŽ de soutien a ŽchouŽ gr‰ce ˆ la mobilisation des familles et des Žtudiants prŽsents ce jour-lˆ. En signe de solidaritŽ avec les dŽtenus, les Žtudiants ont manifestŽ massivement sur le campus universitaire de Dhar Lmahraz. Plus de deux cents dÕentre eux ont entamŽ une grve de la faim de 48h et arrtŽ les cours pendant deux heures. Les forces de police ont investi le campus et des exactions ont ŽtŽ commises ˆ lÕencontre des Žtudiants. Le procs a, quant ˆ lui, ŽtŽ reportŽ au 1er juin 2009.

LÕASDHOM sÕinquite de lÕusage de la force pour mater le mouvement estudiantin. Elle exprime son soutien aux Žtudiants dŽtenus quÕelle considre comme des dŽtenus dÕopinion. Elle interpelle les autoritŽs marocaines pour retirer sans plus tarder ces forces de lÕordre du campus universitaire, libŽrer tous les Žtudiants dŽtenus et procŽder ˆ lÕamŽlioration des conditions dՎtudes.

Tantan et Inzgane :

Yahya Mohamed Alhafed I‰za, membre de lÕAMDH -section de Tantan-, Ennajem Bouba et Ali Bou‰moud du CODESA, ainsi que dÕautres prisonniers dÕopinion, rŽpartis sur les prisons locales dÕA•t Mloul et Inzgane, sont en grve de la faim ouverte depuis le 4 avril 2009. Leur santŽ se dŽtŽriore de jour en jour et le pire peut survenir ˆ tout moment, surtout pour Mahmoud El Barkaoui et Hassan Khallad qui ne sont plus capables de communiquer ni de se mouvoir. Ils sont dŽtenus en isolement total aprs avoir subi un traitement inhumain et dŽgradant et aprs avoir ŽtŽ transfŽrŽs de force de la prison dÕInzgane ˆ la prison dÕA•t Mloul.

LÕadministration pŽnitentiaire pratique la sourde oreille ˆ toutes leurs revendications lŽgitimes. Elle leur refuse lÕamŽlioration de leurs conditions de dŽtention, les prive des visites de leurs familles et refuse de les sŽparer des prisonniers du droit commun. LÕASDHOM considre que ces dŽtenus payent injustement pour avoir exprimŽ une opinion qui nÕest pas celle des autoritŽs marocaines concernant le conflit du Sahara.

A Goulmim
, M. Abdallah Ouled Abdelkader Al Manfa‰ a ŽtŽ enlevŽ le mercredi 6 mai 2009 de chez lui et devant sa femme par des personnes inconnues aprs lui avoir confisquŽ ordinateur et tŽlŽphone portable.

A Boujdour, cÕest Mrs Lahcen Zahid et Sedki Mustapha qui ont ŽtŽ enlevŽs ˆ leur tour par des personnes inconnues aprs une surveillance trs remarquŽe des agents de renseignements.

A Layoun
et presque au mme moment, lՎlve Razaki Yassine, 18 ans, a subi le mme sort lorsque des personnes lÕont cueilli ˆ la sortie de la mosquŽe. Un peu plut™t dans la soirŽe, sa mre a reu la visite de cinq personnes en civil se prŽsentant de la police et qui ont fouillŽ sa maison ˆ la recherche de livres et de documents appartenant ˆ Yassine. Le citoyen Gaya Mohamed Saleh nÕa pas ŽchappŽ non plus ˆ cette sŽrie dÕenlvements inquiŽtante. Aprs six jours de disparition forcŽe, ils ont ŽtŽ rel‰chŽs le 10 mai par leurs ravisseurs ˆ Casablanca en compagnie de quatre autres citoyens dont nous nÕavons pas les noms.

Les autoritŽs locales dŽclinent toute responsabilitŽ derrire ces enlvements et dŽclarent ne pas conna”tre le lieu o ces citoyens sont retenus.

LÕASDHOM estime que ces enlvements sÕinscrivent dans la vague dÕarrestation opŽrŽe ˆ travers tout le pays contre des citoyens en raison de leurs pratiques religieuses (islamistes, chiites). Ces enlvements et disparitions forcŽes nous rappellent un passŽ pas trs glorieux. La libertŽ de culte se trouve malmenŽe, tout comme la libertŽ dÕexpression.

LÕASDHOM rappelle que le Maroc a signŽ le 6 fŽvrier 2007 la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcŽes. Elle lui demande de la ratifier et surtout de la mettre en application en abandonnant ces pratiques qui lui font tant de mal.

LÕASDHOM sÕinscrit dans la campagne internationale, lancŽe en mai 2009 par des organisations de dŽfense des droits de lÕHomme, pour sauver la vie des prisonniers politiques en grve de la faim. Elle demande aux autoritŽs marocaines de mettre fin aux exactions arbitraires et de se conformer ˆ leurs engagements en matire de respect des droits de lÕHomme.

Paris, le 11 mai 2009

Bureau ExŽcutif

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Message du secrŽtaire gŽnŽral de la Cimade.

A tous les membres de la Cimade

SalariŽs et bŽnŽvoles

Paris, le 13 mai 2009

Bonjour ˆ tous,

Depuis dimanche soir, la polŽmique sur lÕaction des associations en rŽtention a pris une nouvelle ampleur. Les dŽclarations des uns et des autres et les menaces quÕEric Besson a exprimŽes contre la Cimade - ˆ travers son secrŽtaire gŽnŽral - nŽcessitent un rappel des faits pour vous tenir au mieux informŽs des Žvnements des derniers jours :

Rappel des faits

Aprs la dŽcision du ministre le 10 avril dÕattribuer les ĒlotsČ dans la poursuite de la procŽdure dÕappel dÕoffres, la Cimade a dŽcidŽ, lors dÕun Conseil extraordinaire tenu le 11 avril, de contester lÕensemble de la procŽdure devant le tribunal administratif de Paris.

Le 17 avril 2009, la Cimade dŽpose par le biais de son avocat, Me Olivier Coudray, un rŽfŽrŽ prŽ contractuel devant le tribunal administratif de Paris afin de contester lÕappel dÕoffres qui organise la rŽduction des droits des Žtrangers, lՎmiettement et la dŽnaturation de la mission associative de dŽfense des droits des Žtrangers en rŽtention. Il sÕagissait de demander au tribunal administratif de constater lÕillŽgalitŽ et lÕirrŽgularitŽ de lÕappel dÕoffres et dÕen prononcer lÕannulation.

Le 20 avril la juge des rŽfŽrŽs suspend la signature des contrats jusquÕau 7 mai.

Le Syndicat des avocats de France et lÕassociation Avocats pour la DŽfense des Droits des Etrangers (ADDE) dŽposent un mŽmoire complŽmentaire en soutien de la requte de la Cimade.

Le 4 mai se tient une premire audience. Les dŽbats durent trois heures et demie. Ils permettent de mettre clairement au cĻur du dŽbat le vŽritable enjeu de cette rŽforme : les Žtrangers pourront-ils, demain, exercer les droits que la loi leur reconna”t dans les centres de rŽtention ?

Pour la premire fois de manire trs explicite, le ministre de lÕImmigration indique : ĒlÕobjet du marchŽ ne comprend pas la mission de dŽposer des recours au nom et pour le compte des Žtrangers maintenus dans les centres de rŽtention.Č

Il sÕagit donc bien de transformer radicalement cette mission pour en faire une simple mission dÕinformation des Žtrangers retenus : comment imaginer que des Žtrangers, pour la plupart non francophones, privŽs de libertŽ de surcro”t, et sans aide juridique, puissent utiliser rŽellement des procŽdures juridiques complexes dans un dŽlai moyen de 48 heures ?

Au cours de cette audience, le ministre de lÕImmigration estime que la compŽtence et lÕindŽpendance dÕautres associations, lÕASSFAM et le Collectif Respect, sont mises en cause, et demande ˆ ce quÕelles puissent formuler des observations.

La magistrate convoque une nouvelle audience pour le 6 mai ˆ laquelle elle invite toutes les associations concernŽes. Lors de cette seconde audience, lÕASSFAM et le Collectif Respect demandent un nouveau dŽlai et un report de cette audience, expliquant quÕelles nÕont pas eu le temps suffisant pour se prŽparer. La magistrate se dŽclare prte ˆ le leur accorder. Consciente du fait que lÕaudience se tiendra aprs le 7 mai, elle se tourne alors vers le ministre de lÕImmigration et demande expressŽment ˆ ses reprŽsentants de ne pas signer les contrats en litige avant sa dŽcision. LÕavocat du ministre rassure la prŽsidente en lui disant que bien Žvidemment, il conseillera Ēfortement ˆ son client de se conformer ˆ la demandeČ de la magistrate.

Le dimanche 10 mai ˆ 21 h 20, par un communiquŽ de presse, le ministre de lÕImmigration indique quÕil a signŽ lÕensemble des contrats. La procŽdure juridique en cours nÕa alors plus dÕobjet, lÕaudience prŽvue le 13 mai est annulŽe (un courrier du greffe du tribunal confirme cette annulation le 11 mai).

CÕest donc en toute connaissance de cause que le ministre de lÕImmigration a choisi, sciemment, de se soustraire ˆ une dŽcision de justice qui risquait dÕannuler lÕappel dÕoffres.

Utilisant une faille dans la procŽdure, et le fait que la magistrate a fait confiance ˆ la parole de son reprŽsentant, le ministre a donc dŽcidŽ, prŽtextant lÕurgence, de faire en sorte que la Justice ne puisse pas se prononcer et que le recours de la Cimade ne puisse pas aboutir ˆ une dŽcision de Justice.

 

Se soustraire volontairement ˆ la Justice, ne pas faire confiance et tromper la Justice, telle a ŽtŽ lÕattitude du ministre. Ce nÕest pas une apprŽciation que nous portons, cÕest un constat.

Et maintenant ?

Eric Besson a dŽplacŽ la polŽmique en menaant de porter plainte contre moi parce quÕune dŽpche de lÕAFP, dimanche soir, reprenait le terme ĒmŽthodes de voyousČ. Le porte parole de lÕUMP, FrŽdŽric Lefevbre, en a rajoutŽ dans un communiquŽ conforme ˆ son style habituel (au passage, entendre le ĒbourrinČ de lÕUMP recommander ˆ la Cimade de surveiller son vocabulaire a quelque chose dÕassez cocasseÉ).

Nous verrons si le ministre dŽpose ou non cette plainte, mais cette polŽmique quÕil crŽŽe artificiellement ne doit pas nous dŽtourner du fond : la dŽfense des Žtrangers en rŽtention, et lÕavenir de lÕassistance juridique dont ils doivent pouvoir bŽnŽficier.

RŽunion inter associative

Une rŽunion sÕest tenue hier soir (SAF, Gisti, Secours Catholique, Comede, Amnesty, Syndicat de la magistrature, Resf, Acat, Comede - Ldh excusŽe). A priori, une rŽaction commune se prŽpare pour le dŽbut de la semaine prochaine, et devrait se concrŽtiser par une expression publique mardi 19 mai.

Sur les procŽdures contentieuses

Nous attendons toujours la dŽcision au fond du Conseil dÕEtat quant au recours dŽposŽ par les dix associations.

Appel dÕoffres, contrats, Tribunal Administratif :

Nos conseils (celui de la Cimade et ceux des diffŽrentes associations) rŽflŽchissent aux recours qui restent ou non possibles pour contester lÕensemble de lÕappel dÕoffres.

Une rŽunion extraordinaire du Conseil de la Cimade est convoquŽ pour ce soir 13 mai afin dÕapprŽcier la situation et dŽterminer une ligne de conduite.

En interne Cimade

La situation devient particulirement difficile, notamment pour les Žquipes DER.

Une rŽunion de lՎquipe de direction se tient cet aprs-midi pour faire Žtat notamment des diffŽrentes propositions dÕactions et prŽparer le 2 juin qui approche ˆ grand pas.

A vous tous qui dans cette bourrasque poursuivez votre action quotidienne auprs des Žtrangers, je vous remercie de tenir bon !

Je vous ferai part de nouvelles informations ds que possible.

Bon courage ˆ tous.

Et bien cordialement,

Laurent Giovannnoni

SecrŽtaire gŽnŽral

PS : aprs les menaces exprimŽes par Eric Besson ˆ mon Žgard, de nombreux tŽmoignages de soutien me parviennent. Merci ˆ tous ceux dÕentre vous qui mÕont envoyŽ un petit mot amical.

 

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Motion 1 :

DŽclaration politique de la 10e Coordination Nationale des UniversitŽs


1. Les 250 dŽlŽguŽs reprŽsentant 57 Žtablissements rŽunis le 13 mai 2009 ˆ lÕuniversitŽ de Marne-La-VallŽe pour la dixime rŽunion de la Coordination Nationale des UniversitŽs restent mobilisŽs et dŽterminŽs, comme l'ensemble de la communautŽ qu'ils reprŽsentent, ˆ poursuivre le mouvement de contestation contre le dŽmantlement systŽmatique du service public et la•c de l'enseignement supŽrieur et de la recherche. Aprs plus de trois mois de lutte, notre colre et notre volontŽ de mettre un coup dÕarrt aux attaques dont nous sommes la cible restent intactes. La CNU a bien pris conscience que toutes les attaques portŽes contre lÕUniversitŽ et la Recherche sont le fait dÕune politique plus gŽnŽrale impulsŽe par lÕUnion EuropŽenne ˆ travers le processus de Bologne et en sÕappuyant sur les recommandations de lÕOCDE ; elle engage tous les secteurs ˆ lutter contre ces politiques visant ˆ dŽtruire les services publics.

2. Le gouvernement a toujours rŽpondu ˆ nos revendications par une volontŽ de briser notre mouvement de contestation. Aprs les mensonges, le mŽpris et les provocations, les manĻuvres gouvernementales des dernires semaines se sont faites plus intenses et plus violentes : dÕune part en orchestrant une campagne de diffamation et d'autre part en criminalisant notre lutte par des propositions de lois iniques remettant en cause le droit de grve. Face ˆ un gouvernement qui ne veut dŽcidŽment pas nous entendre, la Coordination Nationale des UniversitŽs rŽaffirme quÕen lÕabsence de tout dialogue et alors que ne sont organisŽs que des simulacres de nŽgociations, ni la rŽpression, ni la dŽsinformation, ni les vacances ne feront cesser un mouvement de grve sans prŽcŽdent dans les universitŽs et la recherche franaises.

3. De ce fait, nos revendications restent inchangŽes car elles sont, plus encore que lŽgitimes, nŽcessaires ˆ la sauvegarde de lՎducation, de la recherche et des valeurs dŽmocratiques, la•ques et de service public que nous dŽfendons. CÕest pourquoi plus que jamais nous demandons lÕabrogation de la LRU et du Pacte pour la Recherche, le retrait des dŽcrets relatifs au statut des enseignants chercheurs, ˆ la masterisation et au contrat doctoral unique, mais Žgalement la mise en place d'un plan pluriannuel d'emplois de titulaires, la sauvegarde du statut des personnels BIATOSS et ITA (pas de salaire en dessous de 1500Ū nets, titularisation des contrats prŽcaires, arrt de lÕexternalisation et rŽintŽgration des services externalisŽs en emplois statutaires au sein des universitŽs). La CNU se prononce contre lÕaugmentation des frais dÕinscription.

4. Les attaques que nous subissons ne sont pas isolŽes car cÕest lÕensemble des services publics et de ses missions qui sont gravement attaquŽs et menacŽs. De la maternelle ˆ lÕuniversitŽ, dans la recherche, ˆ l'h™pital, lՎnergie, la poste etc. le gouvernement ne propose que le projet dÕune sociŽtŽ de profits, fondŽe sur la concurrence entre les individus, qui ne garantit plus les conditions d'un accs Žgal ˆ l'Žducation, la santŽ, etc. qui creuse les inŽgalitŽs et aggrave la prŽcaritŽ. Elle condamne le projet de loi de mobilitŽ dans la fonction publique, qui est emblŽmatique de cette politique. La Coordination Nationale des UniversitŽs, aprs la convergence rŽussie le 28 avril, appelle ˆ renouveler cette initiative et ˆ manifester massivement le 14 mai aux c™tŽs du secteur de la SantŽ. Face ˆ ce faisceau cohŽrent de contre-rŽformes, nous devons favoriser lÕunitŽ des luttes ˆ tous les niveaux et continuer ˆ dŽfendre avec obstination toutes nos revendications. La CNU condamne enfin les accords entre l'ƒtat franais et le Vatican qui menacent le principe de la•citŽ et le monopole d'ƒtat de la collation des grades. Elle appelle ˆ faire du 26 mai une journŽe nationale interprofessionnelle de grve et de manifestation.

Motion 2

Validation du semestre : les Žtudiants ne paieront pas la note laissŽe par deux ministres irresponsables !

La Coordination Nationale des UniversitŽs constate que, contrairement aux allŽgations de ValŽrie PŽcresse, les examens ne peuvent tout simplement pas avoir lieu dans de trs nombreuses universitŽs de France. Il sÕagit lˆ dÕun constat : alors que le semestre est terminŽ ou en passe de lՐtre, plusieurs centaines de milliers dՎtudiants nÕont assistŽ ˆ aucun cours, des centaines de milliers dÕautres ont vu leur semestre fortement amputŽ, du fait de lÕattentisme gouvernemental. Un examen ne se dŽcrte pas : il constitue lՎvaluation dÕun enseignement effectivement rŽalisŽ. Comment Žvaluer des Žtudiants qui nÕont pas reu le moindre cours ? Quelle triste comŽdie ValŽrie PŽcresse veut-elle faire jouer aux Žtudiants et ˆ leurs enseignants ?

La CNU dŽnonce la responsabilitŽ Žcrasante de ValŽrie PŽcresse et de Xavier Darcos dans cet immense g‰chis. Le gouvernement a dÕabord tablŽ sur des annonces lŽnifiantes, puis sur les vacances de printemps et sur la fin de lÕannŽe universitaire pour tenter de rendre invisible la contestation pourtant unanime de sa politique. Il a refusŽ dÕentendre les revendications et de discuter avec la communautŽ universitaire, rassemblŽe contre ses projets de destruction du service public de lՎducation et de la recherche. Il nÕa pas fait la moindre proposition pour amŽliorer, ou au moins pour prŽserver, les conditions de vie des Žtudiants en cette pŽriode de rŽcession. Il a choisi le passage en force pendant les vacances de printemps pour imposer brutalement les dŽcrets pourtant rejetŽs massivement.

ValŽrie PŽcresse a utilisŽ les examens comme une arme, en faisant prendre un risque maximum aux Žtudiants. Maintenant que les rŽsultats de cette politique du pire apparaissent au grand jour, elle feint de sÕinquiŽter de lÕincendie quÕelle a elle-mme allumŽ puis entretenu. Ses seules armes sont la menace, la rŽpression, la stigmatisation des enseignants, des personnels et des Žtudiants qui refusent les parodies dÕexamen.

Le monde universitaire ne tombera pas dans le pige de ValŽrie PŽcresse : il refuse que les dipl™mes soient bradŽs lors de simulacres dÕexamens, mais il refuse aussi que les Žtudiants payent la note de la politique ministŽrielle. La CNU dŽplore que, depuis plus de quatorze semaines, la ministre ne se soit pas inquiŽtŽe de la non-tenue des enseignements et de la non-transmission des connaissances. La CNU prend acte que dans de nombreux Žtablissements, il est strictement impossible de respecter pour les examens les cadres posŽs par le code de lՎducation (article L613-1) et les modalitŽs de contr™le des connaissances prŽvues dans les diffŽrentes maquettes de dipl™me. CÕest pourquoi la CNU rŽitre son appel ˆ ne pas tenir les examens. Elle appelle donc ˆ ce que le semestre soit validŽ selon des modes adaptŽs au mieux aux situations locales ; elle soutient toutes les solutions susceptibles de protŽger lÕavenir des Žtudiants et de leur permettre la poursuite de leurs Žtudes, y compris la neutralisation du semestre et la validation universelle. En consŽquence, la Coordination nationale des universitŽs exprime son soutien plein et entier ˆ tous les personnels Biatoss qui refuseront dÕorganiser les examens.

Face ˆ un gouvernement pyromane, provocateur et irresponsable, la communautŽ universitaire assume ses responsabilitŽs. ResponsabilitŽ historique face aux attaques d'une brutalitŽ inŽdite contre lÕuniversitŽ ; responsabilitŽ pŽdagogique vis ˆ vis des Žtudiants. La Coordination Nationale des UniversitŽs refuse d'abdiquer l'une ou l'autre de ces deux responsabilitŽs : la communautŽ universitaire ne cŽdera pas ˆ la politique de casse du service public de l'enseignement supŽrieur et de la recherche ; elle ne sÕassociera pas ˆ la pŽnalisation des Žtudiants organisŽe par le ministre mais continuera ˆ se battre pour de meilleures conditions dՎtude pour tous et lÕexcellence dŽmocratique de la transmission des connaissances.


Motion 3 : Du conclave Marois-Fil‰tre aux caves du Vatican

Fermement opposŽs ˆ la marche progressive mais assurŽe vers la fin de la fonction publique d'ƒtat dans l'Education Nationale, nous demandons, une fois encore, solennellement aux ministres que :

- soit retirŽ le projet de rŽforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degrŽ,

- soit reconduit dans son intŽgralitŽ le dispositif actuel pour l'annŽe 2009-2010, y compris la titularisation sans exigence de Master,

- soit abrogŽ le dŽcret sur l'accord France-Vatican du 16 avril 2009 .

Nous demandons tout aussi solennellement aux directions des syndicats de l'Education nationale et des syndicats Žtudiants de cesser de participer aux groupes de travail de la commission Marois-Fil‰tre tant que ces trois conditions ne seront pas remplies.

Motion 4 : Ē Refusons les entretiens professionnels Č

Le dŽcret 2007-1365 (NOR :BCFF0761150D) concernant les fonctionnaires dÕEtat Žtablit les bases dÕun Ē entretien professionnel Č et son lien avec les choix dÕavancement et de promotion dŽcidŽs par lÕadministration. LՎvaluation devient lՎlŽment central de la carrire de lÕagent et la partie variable de sa rŽmunŽration (les primes) sera exclusivement liŽe ˆ cette Žvaluation.

La 10e CNU rŽunie le 13 mai 2009 refuse la mise en place des entretiens professionnels au sein des Žtablissements dÕenseignement supŽrieur et de recherche et le retrait de ce dŽcret. Elle soutient les personnels BIATOSS/ITA qui refusent que leurs rŽmunŽrations et perspectives de carrire soient tributaires dÕun entretien dՎvaluation arbitraire. Elle appelle lÕensemble de la communautŽ universitaire (enseignants-chercheurs, chercheurs, Žtudiants/es, BIATOSS/ITA ˆ sÕemparer de cette revendication et ˆ mener toute action propre ˆ empcher la tenue des entretiens. Elle souhaite lÕextension de cette revendication ˆ toutes les fonctions publiques pour aboutir ˆ lÕabrogation de ce dispositif lŽgislatif dՎvaluation. Par ailleurs, la CNU rŽaffirme son soutien ˆ la plateforme des revendications de la coordination nationale des BIATOSS/ITA.

ACTIONS PROPOSEES PAR LA 10e CNU „

PŽtitions et motions - Motions (des comitŽs de sŽlection, des sections du CNUÉ ; appel ˆ faire voter par les CA de toutes les universitŽs des motions stipulant que la modulation des services ne sera pas mise en place non plus que les entretiens professionnels pour les personnels Biatoss).

ƒlections europŽennes - Appel ˆ sÕemparer par diffŽrentes formes du contexte des Žlections europŽennes (signer la lettre ouverte aux formations politiques, dŽbats avec les candidatsÉ)

Grve et obstruction administratives : - Blocage des notes de tous les concours CRPE - dŽmission des responsabilitŽs administrative, rŽtention des notes du premier et du second semestre et non-tenue des jurys, refus de surveiller les Žpreuves dÕexamen - adresse aux CEVU pour quÕils refusent de faire remonter les plans quadriennaux et aux CA pour quÕils refusent le passage aux compŽtences Žlargies - Boycott des jurys du bac - Refus des heures complŽmentaires ˆ la rentrŽe - DŽp™t de recours gracieux contre les dŽcrets parus

Actions tournŽes vers le grand public - UniversitŽs dՎtŽ - Campagne de tractage et dÕaffichage de la CNU - Mise en place de dispositifs dÕaccueil et dÕinformation pour les nouveaux Žtudiants ˆ la rentrŽe - Marathon des cours. „ Appels divers - Ronde intempestive - Meeting unitaire ˆ la Sorbonne pour demander aux huit organisations syndicales de porter nos revendications - Refus de mentionner le nom de son universitŽ dans les publications scientifiques

CALENDRIER

Jeudi 14 mai : journŽe nationale Education-H™pitaux : 3 rendez-vous sur Paris - 11h30 Montparnasse (tractage) - 12h : Ronde intempestive ˆ la BNF - 14h RDV Jussieu - Manifestation Enseignement SupŽrieur / Recherche (trajet vers Svres-Babylone) samedi 16 mai : - printemps des luttes ˆ Stalingrad (Paris) de 11h ˆ 16h - Ronde des ObstinŽs : RDV ˆ 17h dans la Cour carrŽe du Louvre pour parler de la Ronde ˆ partir du 1er juin - Ronde des ObstinŽs sÕinvite ˆ la Nuit des MusŽes : RDV 19h autour de la Pyramide du Louvre. - Coordination nationale des Biatoss (Nanterre, 9h) 18-19 mai : Ē G7 des UniversitŽs Č (contre-sommet du G 8 ˆ Turin) : dŽlŽgation mandatŽe par la CNU mercredi 20 mai : journŽe dÕactions locales avec actions Ē surprises Č 21-24 mai : Marche des obstinŽs de Chartres ˆ Paris mardi 26 mai : - Appel ˆ la grve interprofessionnelle. Manifestation (dŽpart spŽcifique pour lÕUniversitŽ et la Recherche) - Marche sonore pour la dŽfense de lÕEcole (Paris). Depart ˆ 18h dans les arrondissements ; convergence ˆ 20h place de Stalingrad. Lundi 1er juin : Ultimatum de la Ronde infinie des obstinŽes. 7 jours et 7 nuits de Ronde, jusqu'aux Žlections europŽennes. Mercredi 3 juin : 11e CNU ˆ Paris 13. 4 juin : Marche de tous les savoirs (Paris et province).

* * * *

Motion adoptŽe par le Conseil syndical du SNUIPP 94 (le 5 mai 2009)

Le conseil syndical du Snuipp 94 dŽnonce l'avalanche des licenciements (aujourd'hui prs de 3000 par jour), les suppressions incessantes de postes et les fins de contrat pour nombre de salariŽs prŽcaires dans toute la fonction publique, la poursuite des attaques contre l'ƒcole Publique (notamment avec la volontŽ de crŽer des Jardins d'ƒveil) alors que dans le mme temps, le patronat bŽnŽficie des largesses financires du gouvernement.

En consŽquence, le Conseil Syndical du Snuipp 94 considre que la responsabilitŽ de toutes les organisations syndicales est d'adopter un cahier de revendications ˆ la mesure de l'enjeu.

Parmi celles-ci :

- interdiction des licenciements - retour de tous les postes supprimŽs dans la fonction publique
- augmentation des salaires - rattrapage du pouvoir d'achat perdu - Žchelle mobile des salaires
- abrogation des rŽformes anti-sociales en cours - notamment dans l'Enseignement (primaire, secondaire, supŽrieur), dans la SantŽ Publique (loi Bachelot) sans oublier la loi Boutin sur le logement.

Le Conseil Syndical du Snuipp 94 se joint aux nombreuses voix qui exigent que soit organisŽe une montŽe nationale unitaire ˆ Paris, contre ce gouvernement pour faire aboutir ces revendications.

Le Conseil Syndical appelle Žgalement les collgues ˆ s'exprimer par leur vote le 7 juin prochain lors des Žlections europŽennes.

Motion adoptŽe ˆ l'unanimitŽ des 13 prŽsents.

 

 

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