Lettre de Liaison
n” 61 du vendredi 15 mai
2009
Le courage,
c'est de chercher la vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Comit de rdaction lu
l'assemble gnrale de Militant le 8 mars 2008 : Christian BARLO (83) Sylvie
BONNIN (03) Jean-Franois CHALOT (77) Dominique CORNET (01) Raymond DEBORD (75)
Olivier DELBEKE (94) Paul ERNST (94) Franois FERRETTE (61) Stphane FUSTEC
(75) Franck MARSAL (94) Claude MONNIER (91) Houaria MOUALEK (75) Vincent
PRESUMEY (03) Franoise RIOU (75) Ouarda YAHI (75) Kamel ZORGUI (95)
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Sommaire :
Libre propos ...
Il est en train de se passer quelque
chose de dgueulasse dans les universits.
Documents : Attaques contre la lacit,
texte du collectif IUFM de Lyon. Collectif pour la dfense de l'cole publique
de proximit.
Rflexion dans les rangs.
Le pige des Europennes.
Des milliers de morts et un million de
rfugis ...
Forfaitures (1) : Hadopi.
Forfaitures (2) : le LKP c'est la dmocratie
!
Forfaitures (3) : petit matre penseur
veut rhabiliter petit pre des peuples.
Forfaitures (4) : pas antisionistes,
mais bien antismites nazis.
Maroc : libert en danger, communiqu
de l'Association de Dfense des Droits de l'Homme au Maroc.
Communiqu de la Cimade.
Motions adoptes par la 10me
Coordination Nationale des Universits.
Motion adopte par le conseil syndical
du SNUIPP 94.
Libre propos ...
IL EST POURRI LE REGIME A SARKO ! DEHORS !
DEHORS !
LÕautocollant
du Parti de Gauche : Ē Casse toi, povÕcon Č fait un tabac. Certes, il dtourne
avec humour la phrase assassine et vulgaire du prsident mais son succs est norme
parce quÕil fait cho aux aspirations de beaucoup de citoyens : Ē nous en avons
assez de ce prsident, quÕil parte ! Č
Sa politique est dsastreuse pour la France, sa chasse lÕenfant
rappelle les heures les plus sombres de notre histoire et son gouvernement est
le plus anti-ouvrier et ractionnaire de la 5 me rpublique.
Oui,
il faut le chasser sans attendre les trois ans insupportables qui nous
attendent sÕil reste au pouvoir. Son dpart le plus tt possible, voici l un
objectif politique qui commence tre crdible.
Aprs
la journe de grve nationale et les manifestations du 1er mai, il faut tracer
des perspectives, ce ne sont pas les deux journes dÕactions en mai et en juin
qui vont permettre de faire reculer Sarko et son gouvernement, seule une grve
gnrale avec une manifestation centrale Paris peut construire et consolider
un rapport de force favorable aux travailleurs.
De
plus en plus de militants et de militantes, mais aussi de simples citoyens excds,
pensent quÕil faut frapper tous ensemble et de plus en plus fort pour crer une
crise politique majeure qui oblige Sarko dissoudre lÕassemble nationale.
Est-ce utopique ? Irralisable ? Peut tre aujourdÕhui mais pas demain si nous
savons frapper trs fort et ensemble !
Rien
ne se dcrte, tout se construit, il nous faut dj dfendre partout la ncessit
dÕune grve gnrale et construire de la base au sommet lÕunit des
organisations ouvrires, de lÕextrme gauche au PS, pour quÕmergent des
initiatives fortes et unitaires la hauteur des enjeux .
Jean-Franois
CHALOT
* * * *
Il est en train
de se passer quelque chose de dgueulasse dans les universits ...
Il est en train de se passer
quelque chose de dgueulasse dans les universits.
Ds l'automne 2007, un puissant
mouvement des tudiants s'tait oppos la mise en Ļuvre de la loi Pcresse
adopte pendant l't par l'assemble nationale et le snat, mais il n'avais
pas abouti, confront la fois une rpression cible et violente,
l'hostilit des prsidents d'universit, l'absence d'appels syndicaux une
mobilisation la hauteur des enseignants-chercheurs en mme temps que les tudiants,
et au refus de la direction du syndicat tudiant, l'UNEF, de se prononcer pour
le retrait de la loi Pcresse.
Depuis
le dbut de l'anne 2009, c'est un mouvement sans prcdent des
enseignants-chercheurs que l'on assiste. Initialement, il a dmarr en rponse
aux provocations de Sarkozy contre la recherche scientifique en France et sur
la revendication de retrait d'un dcret rformant le statut des
enseignants-chercheurs, ainsi que de la rforme de la formation des futurs
professeurs (d'coles et du secondaire).
Mais
il est logiquement remont la source de toutes ces mesures : la loi Pcresse
elle-mme, demandant son abrogation. Le principal syndicat des
enseignants-chercheurs, le SNESUP-FSU, a t conduit refuser de participer
aux pseudos ngociations et concertations en exigeant le retrait du dcret
comme pralable aux ngociations. Cette attitude est celle qui seule permet de
construire un rapport de force. Les tudiants ont commenc, par eux-mmes, se
remobiliser. Ce mouvement trs puissant et trs profond comptait se joindre
la mobilisation de l'ensemble des salaris qu'il voyait monter, pour gagner.
Mais
il y a un vritable barrage contre toute action nationale centralise
regroupant les travailleurs, l'universit comme ailleurs. Aprs le 1” mai, au
plan interprofessionnel, les mots d'ordre syndicaux annoncs le 4 mai sont :
"agissez" le 26 mai et "manifestez" le 13 juin, le tout de
manire "dcentralise". Cette "perspective" quivalait
un signal donn au gouvernement : le moment de svir pour essayer de faire
pourrir le mouvement dans les universits et de diviser les tudiants en jouant
sur l'inquitude lgitime qu'ils ont pour leurs examens, tait venu.
Ils
ont procd mthodiquement :
-
le 7 mai, publication au journal officiel d'un "nouveau" dcret sur
le statut des enseignants-chercheurs dont chacun comprendra ce qu'il en est si
l'on dit qu'il est l'ancien dcret ce que le trait de Lisbonne est
l'ancienne "constitution" "europenne" ;
-
refus de toute vritable ngociation -celles qui se font sur les revendications
et pas sur les projets gouvernementaux;
-
et multiplication des menaces ministrielles, et des provocations policires,
annonce que le second semestre ne serait pas valid et opration policito-mdiatique
pour faire retomber la responsabilit de cette trs mauvaise nouvelle pour des dizaines
de milliers de jeunes sur la tte des adversaires de la loi Pcresse, la nature
profonde de ces messieurs tant tale par Darcos dclarant que les
"bloqueurs" seraient privs de diplmes.
Voila en effet qui veut tout
dire.
A ce jour, les diplmes sont dcerns par des enseignants comptents sur la
base d'examens et en tenant compte des conditions dans lesquelles l'anne d'tude
s'est droule -le fait qu'elle ait t gravement perturbe par Sarkozy, Darcos
et Pcresse mriterait donc d'tre pris en compte s'il y a lieu dans la dlivrance
des diplmes. Mais pour Darcos, ceux qui lui ont dplu par leurs actions
revendicatives ne mritent pas de diplmes. Nous voila au cĻur des problmes :
on voit qui veut dtruire l'universit. (1)
Depuis, les provocations se
multiplient. Soyons clairs : les assembles gnrales ont la lgitimit pour dcider
de barrer l'entre des cours et viter ainsi que les tudiants grvistes soient
pnaliss si les enseignants ne font pas grve. Mais dans la situation de tension
cre par l'isolement de ce grand mouvement, les illusions de son
"installation dans la dure" et autres "rondes des obstins",
gouvernement, prsidents d'universits, policiers et vigiles privs cherchent
organiser des affrontements entre tudiants inquiets. Pour diviser, pour
briser, pour casser.
Il suffirait pour couper court
cette manĻuvre que l' "intersyndicale des huit" (CGT, CFDT, CGT-FO,
CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires) ou une grosse partie d'entre elle,
interpelle solennellement le gouvernement pour qu'il arrte de prendre les tudiants
en otages, et annonce qu'elle soutiendrait une manifestation de toute
l'universit, tudiants, chercheurs, enseignants ... chez Pcresse, Darcos et
Sarkozy ...
Il suffirait ...
(1)
Cf. aussi l'accord avec le Vatican sur la collation des diplmes et des grades
par les universits catholiques ... (v. ci-dessous).
Documents.
"Attaques
contre la lacit".
Texte du collectif
IUFM de Lyon, 11 mai 2009
Le Journal Officiel de la Rpublique franaise du 19 avril
2009 n”0092 page 6746 publie le dcret n” 2009-427 du 16 avril 2009 portant
publication de lÕaccord entre la Rpublique franaise et le Saint-Sige sur la
reconnaissance des grades et diplmes dans lÕenseignement suprieur (accompagn
dÕun protocole additionnel dÕapplication), sign Paris le 18 dcembre 2008.
Le Prsident de la Rpublique franaise, Nicolas Sarkozy, accorde un tat tranger
et souverain – le Vatican – la reconnaissance des diplmes prpars
par les universits catholiques sur le territoire franais.
Ce
dcret met mal le principe de lacit inscrit dans la constitution. Il nous
fait faire un bond en arrire de deux sicles dans lÕhistoire de lÕUniversit
et dans les relations entre lÕglise catholique et lÕtat.
Au
nom du processus de Bologne, le dcret instaure le droit dÕingrence dÕun tat tranger
et souverain (le Vatican) dans lÕenseignement suprieur franais. Faut-il
rappeler que cÕest la Rvolution franaise qui a engag le processus de lacisation
en France en crant un tat civil dpendant des communes et non plus des
paroisses ?
Faut-il
rappeler que Napolon Bonaparte signe en 1801 un concordat avec le pape (encore
en vigueur aujourdÕhui dans les dpartements dÕAlsace-Moselle) dclarant le
catholicisme Ē religion de la majorit des Franais Č, mais suivant la
tradition du gallicanisme – cÕest dire le droit de regard du souverain
sur lÕglise de France – nomme les vques ?
Faut-il
rappeler que Napolon Ier en crant lÕUniversit impriale en 1808 donne la
collation des grades (le droit de dlivrer les diplmes) lÕtablissement
public ? La loi Falloux de 1850 qui accorde lÕglise le droit de remplacer le
brevet de capacit (ncessaire alors pour enseigner) par une lettre dÕaccrditation
(lettre dÕobdience) donne par les suprieur.e.s des congrgations religieuses
ne touche pas aux diplmes du suprieur.
Faut-il
rappeler que cÕest Jules Ferry qui a instaur la lacit de lÕcole primaire,
que les reprsentants de l'glise sont exclus du Conseil suprieur de lÕinstruction
publique par la loi du 27 fvrier 1880 ?
LÕarticle
7 de la loi du 18 mars 1880 relative la libert de lÕenseignement suprieur
cherche empcher les membres des congrgations non autorises participer
lÕenseignement, quÕil soit public ou libre, primaire, secondaire ou suprieur.
Cependant, cette disposition est rejete par le Snat, puis par la Chambre des
dputs. La loi Goblet de 1886 lacise le personnel des coles primaires et le
processus nÕest termin compltement quÕen 1904 avec lÕinterdiction dÕenseigner
pour tous les membres des ordres religieux (congrgations) dans lÕcole
publique. En 1905, la sparation des glises et de lÕtat tablit dans tous les
domaines la lacit.
Bien
que la mise en Ļuvre de cette lacit ait t fonde sur des compromis (qui
vont du repos hebdomadaire le dimanche - loi de 1906 -, des aumneries
catholiques dans les lyces, du financement des tablissements privs sous
contrat – loi Debr de 1959 – jusquÕau poisson, plus trivialement,
dans les cantines scolaires le vendredi), la question de la reconnaissance des
diplmes nÕavait pas t remise en cause (un certificat dÕaptitude lÕenseignement
secondaire pour le priv se passe jusquÕalors sur une liste distincte, avec un
nombre de postes attribus, mais devant le mme jury que le CAPES pour lÕenseignement
public).
En reconnaissant les diplmes du
suprieur (qui vont du baccalaurat au doctorat) prpars dans les tablissements
catholiques, le prsident de la Rpublique franaise bouscule la constitution,
la lacit de lÕtat mise en Ļuvre depuis la Rvolution franaise, revient sur
les fondements mmes de lÕUniversit tablis en 1808 et donne un chef dÕtat tranger
des droits sur le territoire franais. Faut-il rappeler quÕun seul rgime avait
jusquÕalors remis en cause la lacit et la formation des instituteurs et des
institutrices dans les coles normales, cÕest Ē lÕtat franais Č, le rgime de
Vichy de Ptain entre 1940 et 1944 !
Le collectif IUFM de Lyon.
* * *
Collectif
pour la promotion et la dfense de lÕcole publique de proximit.
Priscilla
Hembert, Prsidente
Copie aux Snateurs
Ne sparons
pas nos enfants ds lÕcole primaire!
Ne brisons
pas le lien social entre la collectivit et les enfants scolariss!
Maintenons
le pacte rpublicain !
LÕcole
publique est lÕcole de la Rpublique, cÕest dire de tous ses enfants!
Ne
sacrifions pas lÕintrt gnral quelques intrts particuliers
NÕallons pas
vers une communautarisation de lÕespace scolaire et la multiplication de rseaux
dÕcoles prives !
Madame, Monsieur,
La proposition de loi Carle, adopte
le 10 dcembre 2008 par le Snat va venir trs prochainement devant lÕAssemble.
Cette proposition est inacceptable!
Elle vise "garantir la
parit de financement entre les coles lmentaires publiques et prives sous
contrat lorsqu'elles accueillent des lves scolariss hors de leur commune de
rsidence"
Il s'agit l de reconnatre, de
fait, une mission de service public aux coles prives qui sont pourtant des
entreprises n'ayant aucune des obligations des coles publiques et de
contraindre les communes financer des coles prives en dehors de leur
territoire.
Les associations de parents, les
professionnels de lÕducation et les lus considrent ncessaire et
indispensable de renforcer la mixit sociale, afin que les enfants puissent
apprendre vivre ensemble. Si cette proposition de loi Carle est vote, nous
serons confronts lÕclatement scolaire, social et communautaire.
Ne modifiant en rien lÕentrave
des principes constitutionnels fondamentaux, les quelques amnagements prvus
par la proposition de loi ne sont que des artifices. Si une commune juge que la
demande d'une famille n'est pas recevable, le Prfet peut obliger la
collectivit financer la scolarisation des enfants de cette famille hors de
sa commune de rsidence. De surcroit, il nÕy a pas dÕaccord pralable : la
commune est mise devant un fait accompli et doit le faire supporter lÕensemble
des contribuables. On fait ainsi primer lÕintrt particulier sur lÕintrt gnral
en favorisant la scolarisation dans les coles prives.
Cette
proposition de loi qui est dans le droit fil de l'article 89 de la loi de 2004
va plus loin que la loi Debr modifie du 31 dcembre 1959 qui fonde, sur le
territoire dÕune commune, les Ē rapports entre lÕtat et les tablissements dÕenseignement
privs Č. Elle cre pour toutes les communes de nouvelles obligations au bnfice
de toutes les coles prives implantes sur dÕautres communes. Or la commune nÕa
pas donn son accord pour le contrat pass entre dÕautres communes, leurs coles
prives et lÕtat. La libre administration des communes inscrite dans la
constitution est ainsi remise en cause.
LÕadoption
de ce projet de loi entranerait la fermeture de classes ou dÕcoles publiques.
Ce projet de loi qui va tre incessamment soumis au vote de lÕAssemble
nationale rpond largement la demande de la direction de lÕenseignement
catholique.
Ce
texte va aggraver le dualisme scolaire, donner lÕenseignement priv des
moyens dont ne dispose pas lÕenseignement public, qui, lui, a toutes les
contraintes de service public. : lacit, obligation dÕaccueil de tous les lves,
continuit de service et gratuit pour les familles.
COLLECTIF POUR LA PROMOTION ET LA
DEFENSE DE LÕECOLE PUBLIQUE DE PROXIMITE CDPEPP
La Roche sur Yon, le 12 mai 2009
Lettre ouverte aux Dputs de la Rpublique
LÕcole publique est celle de tous
les citoyens. Les dputs, quelle que soit leur appartenance politique, doivent
sÕopposer lÕadoption de cette proposition de loi qui remet en cause le pacte
rpublicain voulant que les pouvoirs publics soutiennent lÕcole de la Rpublique
et ne permettent pas que les enfants soient spars ds lÕenfance.
Les dputs attachs aux principes
du maintien des liens forts entre lÕcole, les habitants dÕune localit et les lus
ne peuvent pas accepter ce systme dÕindividualisation qui transforme la
collectivit en simple tiroir caisse et instaure un chque ducation. Ce projet
de loi adopt, tout citoyen au nom du principe dÕgalit, serait en droit de
revendiquer auprs de sa commune de rsidence ce nouveau privilge pour faire
financer au nom de la libert dÕenseignement la scolarit de ses enfants dans
un tablissement sous contrat simple ou hors contrat, voire pour une
instruction dans sa famille. Cette possibilit ne doit pas tre vote.
Les dputs rpublicains ne
peuvent pas accepter une proposition qui conduirait les collectivits verser
un surplus de plusieurs centaines de millions qui, non seulement nÕamlioreraient
pas les conditions de scolarisation, mais les aggraveraient en conduisant inluctablement
la disparition dÕcoles de proximit.
Dj plus de 500 communes, sans cole
publique, ne disposent que dÕcole(s) prive(s) confessionnelle(s). Combien y
en aura t-il demain avec cette disposition anticonstitutionnelle ? Rappelons-le
: Ē L'organisation de l'enseignement public gratuit et laque tous les
degrs est un devoir de l'tat. Č.
De
trs nombreux maires de toutes tendances ont exprim hier leur inquitude
devant lÕarticle 89 de la loi du 13 aot 2004. Ils vont se retrouver dans la mme
situation demain avec cette pe de Damocls qui vise lÕavenir de leurs coles
publiques et laques ouvertes tous et menace lÕquilibre de leurs budgets. Ce
projet fait augmenter les dpenses dÕducation ; la banlieue paiera pour la
ville, les communes rurales seront pnalises avec un risque fort dÕexode
scolaire vers le chef lieu de canton et les villes.
Nous sommes convaincus que ce
courrier va attirer votre attention car vous savez quÕil en va de lÕavenir mme
dÕun systme scolaire de qualit pour la russite de tous et dÕune conception rpublicaine
qui maintient un lien puissant entre la commune et son cole. Nous nous tenons
votre disposition pour tout renseignement complmentaire.
Nous
vous demandons de voter contre ce dispositif lgislatif qui sÕoppose notre
Constitution et menace notre cole de la Rpublique.
Veuillez agrer, Madame, Monsieur
le Dput, lÕexpression de nos sentiments respectueux.
Priscilla Hembert, Prsidente
Collectif pour
la promotion et la dfense de lÕcole publique de proximit - CDPEPP
http://ecoledeproximite.lautre.net / 06 22 13 57 29 /ecoledeproximite@yahoo.fr
C/O Corinne
Mah / 6, rue Berthelot / 92150 Suresnes
Ptition pour
l'abrogation de l'article 89 et pour un dbat sur les rapports public/priv : http://ecoledeproximite.lautre.net/petition
* * * *
Rflexion dans
les rangs.
Laissons de ct les dbats sur la
grve gnrale, reconductible, illimite ... et soyons pragmatiques. Un
syndicat qui veut gagner commence par alerter ses adhrents et les salaris sur
le problme auquel il veut rpondre, par appeler une action limite pour
exiger de vraies ngociations, en refusant, par consquent, d'aller se
"concerter" quand le patron ou le ministre lui demande d'appliquer
ses dcisions. Si l'action est un succs, mais qu'il n'y a pas d'avance
revendicative, il va aller crescendo. La fois d'aprs, grve. La fois d'aprs,
on monte tous la direction É
Ce BA-ba semble ne plus avoir
court ds lors qu'il s'agit des dcisions de l' "intersyndicale des
huit", cette si belle et si magnifique "unit syndicale" absolue
dont il ne faut surtout plus sortir, clbre par Martine Aubry et par
Marie-Georges Buffet comme "le plus beau cadeau que nous aient fait les
syndicats".
Elles
sont trs sympathiques de dire a, mais le meilleurs cadeau, ce serait
1”
) de bloquer les plans de licenciements appels "plans de sauvegarde de
l'emploi", ce qui suppose de revendiquer l'interdiction des licenciements,
pour le moins l'interdiction de ce type de plans de licenciements,
2”)
d'arracher la hausse des salaires, retraites, pensions et minima sociaux, ce
qui l encore demande pour le moins que ceci figure dans les revendications
-aussi stupfiant que ce soit pour le militant de base qui fait (un peu)
confiance, la hausse des salaires ne figure pas dans les dclarations diffuses
depuis le 5 janvier par la grande et belle "intersyndicale des huit".
3”)
de stopper les suppressions de postes de fonctionnaires -le gouvernement vient
d'en annoncer 34 000 pour l'an prochain et le non remplacement d'un enseignant
sur deux prenant sa retraite- et d'abroger la RGPP ("Rvision Gnrale des
Politiques Publiques"), la loi Bachelot contre l'hpital public, la loi Pcresse
contre l'universit É
Le
BA-ba tait donc de ne pas attendre qu'on passe d'une moyenne de 3000
licenciements par jour 4000 et bientt 8000 l'automne, car mieux vaut agir
avant de s'en prendre plein la figure. Le 29 janvier fut un succs norme,
qu'a-t-on fait ? La mme chose. Nouveau succs norme le 19 mars, avec des
participants nouveaux, il s'avre que le mammouth social ne se fatigue pas, que
fait-on ? On n'appelle plus la grve -pardon, "des" grves"-
et on se rabat sur le 1” mai. Cela recommence, succs norme, avec en arrire
plan des Continental et des Caterpillar qui expriment la monte du refus des ngociations
n'ayant d'autre but que de mettre en Ļuvre les licenciements. Alors quoi ?
Alors, on appelle des "journes dcentralises" les 26 mai et 13
juin.
En
interne, par exemple dans la CGT, les militants et responsables s'entendent
dire que cela mne aux grandes vacances et qu'on va voir ce qu'on va voir ...
l'automne. En s'en tant pris plein la figure d'ici l !
Le
problme vrai dire n'est pas de savoir quand est-ce qu'on va voir ce qu'on va
voir, mais qu'est-ce qu'on va voir exactement. On peut tourner et retourner les
choses dans tous les sens, aprs les actions tous ensemble, aprs les grandes
manifestations, y aller crescendo, pour gagner et pas pour passer le temps en
attendant de ne rien voir, ce qui se pose c'est l'organisation de grves
interprofessionnelle, de la grve tous ensemble, souvent seule possible dans
les petites et moyennes entreprises -mais rellement possible, les faits l'ont amplement
prouv depuis un an-, et la centralisation du mouvement contre ceux qui dcident
: localement prfectures et sous-prfectures -comme l'ont compris les ouvriers
de Continental Compigne ...-, nationalement l'lyse, la prsidence, la
direction de l'tat.
En
faisant de ce type d'action le tabou ne pas violer, l'"intersyndicale
des huit" retourne l'unit syndicale contre ce qu'elle devrait tre,
l'unit pour gagner sur nos revendications, et cherche en faire un carcan infod
aux dcisions et au rythme de Sarkozy.
Alors, dans les rangs, a rflchit.
Les journes du 26 mai et du 13 juin peuvent d'ailleurs servir discuter de
cela : l'mancipation des travailleurs sera l'Ļuvre des travailleurs eux-mmes. C'est cela, l'unit.
Organisons-nous pour la construire : voila qui sera au cĻur de la discussion de
l'assemble gnrale de Militant, le 6 juin prochain.
* * * *
Le pige des
Europennes.
Dans ce calendrier,
insidieusement, il y a les lections europennes.
Aucune liste de gauche ne fait le
lien entre les mouvements sociaux auxquels a pris part, en masse, leur lectorat,
et ces lections, et par consquent cette date, o elles se rapprochent, les
gens s'en dsintressent lgitimement.
Faire
ce lien, ce serait expliquer qu'il importe que Sarkozy soit battu : de mme que
les luttes sociales peuvent gagner, si elles se gnralisent et se centralisent
contre le centre des dcisions de licenciements, de baisse du pouvoir d'achat,
de dmantlement des services publics, qui est l'lyse, de mme le rsultat
des Europennes peut avoir un sens s'il est une dfaite pour Sarkozy, donc pour
l'UMP, et en gnral pour toute la droite.
Mais
aucune liste de gauche ne fait ce lien. Les uns se disent candidats au pouvoir
... en 2012, les autres parlent des luttes, mais pas du pouvoir et donc pas de
leur ncessaire dbouch politique.
Dans
ces conditions, l'abstentionnisme d'une majorit de la population et surtout de
l'lectorat de gauche conduirait aux rsultats annoncs par les sondages :
l'UMP prs des 30%, le PS un peu au dessus des 20%, Bayrou 15%, le NPA 8%,
le FN 7%, le Front de gauche PCF-PG 3 5%, LO 1 ou 2%.
Bien
qu'ils ne signifieraient pas grand chose quand aux sentiments rels de la
majorit des gens, de tels rsultats seraient rabchs et comments comme une
victoire de Sarkozy, notamment en comparaison de ceux de 2004. Ce qui
faciliterait la pression pour que le "on va voir ce qu'on va voir"
l'automne soit pures paroles verbales ... Sans doute entendrions-nous mme que
ce seraient les travailleurs, les licencis de la crise, les coupables et les
responsables ...
L'intrt de la classe ouvrire
aux Europennes est que le total PS-Front de gauche-NPA-LO soit devant le total
UMP-UDF-FN (1). Il n'est pas certain du tout que les relations existant
entre les travailleur et les partis de gauche le permettent. Le monde du
travail irait voter s'il sentait que cela peut peser dans le rapport de force
avec Sarkozy et les patrons, en sa faveur. Dans ce cas sa mobilisation
favorisera toutes les listes de gauche, du PS LO. Dans ce cadre, un bon score
des listes se prsentant clairement contre le trait de Lisbonne que Sarkozy a
contre toute dmocratie fait adopter alors que son contenu avait t repouss
en 2005, listes qui comme on le sait ne se sont pas runies, pserait dans le
bon sens.
(1) O ranger la liste Cohn-Bendit-Bov ? A
notre avis, elle est aujourd'hui plus proche de Bayrou que de la gauche. Mais
cela se discute.
*
* * *
Des milliers de
morts et un million de rfugis ...
Des milliers de morts et un
million de rfugis ... O a ? Au Pakistan.
On dirait bien que la guerre
civile, non pas dans le peuple lui-mme, mais entre une arme corrompue et des
talibans qui ne valent pas mieux, est orchestre au Pakistan contre la mobilisation
et l'organisation dmocratiques des peuples, des travailleurs. C'est
l'impression que donne le commentaire de nos camarades du LPP, le Labour Party
of Pakistan, sur http://www.laborpakistan.org/
: les
provinces frontalires sont loin de soutenir les talibans comme on le dit, arme
et talibans s'entendent puis s'affrontent, les talibans sont diviss en divers
groupes qui ne manquent pas d'tre noyauts par l'ISI (les services secrets
pakistanais) et par la CIA qui ont "leurs" talibans, et les combats meurtriers actuels
frappent de fait surtout la population, dont la lutte doit s'opposer aux uns et
aux autres, talibans et pouvoir.
Derrire cette escalade, il semble
qu'il y ait ... Obama, ou en tous cas les chef militaires US qui dcident pour
lui. Une comparaison est souvent faite aux tats-Unis, pas flatteuse pour Obama
parce qu' dfaut de l'apparenter Bush, elle le renvoie Richard Nixon, ce
paranoaque alcoolique qui avait tent de desserrer le pige o, devant la rsistance
du peuple vietnamien, l'arme nord-amricaine s'tait enferre, en largissant
la guerre au Cambodge. Le Pakistan, Cambodge de l'Afghanistan ? Autant dire
l'Apocalypse.
Comme
au Vietnam, l'aviation nord-amricaine a massacr un village. Les survivants
ont transport des corps par camion jusqu' Kaboul o des milliers de
manifestants les ont rejoint en exigeant le dpart des "allis". Le
mouvement des masses, des peuples, en Afghanistan et au Pakistan, est la seule
force capable d'arrter l'Apocalypse.
* * * *
Forfaitures (1) :
Hadopi.
La fameuse loi "Hadopi"
a donc t adopte. Une loi rtrograde faite par des pirates pour des pirates,
qui nous traitent de pirates !
Mais pourquoi ? Parce que le
capitalisme refuse la gratuit, rendue possible par la technologie et la
productivit du travail. Ils veulent nous faire payer l'eau au plus cher, nous
faire payer l'air qu'ils auront pollu, vendre nos corps et nos gnes, ils ne
veulent pas plus de tlchargement gratuit que de distribution gratuite de
nourriture, que du logement, du transport, de la sant et de la contraceptions
libres et gratuits. Ils veulent arrter le progrs.
Ils
se dmasquent : voila des annes que, pour nous licencier, nous affamer, nous
voler, ils nous traitent d'archaques sclross qui refusent le "changement",
la "rforme", mais l, on voit ce qu'il en est : la culture comme la
nourriture gratuite ils n'en veulent pas !
Mais
qu'est-ce que c'est le progrs si ce n'est pas la culture et la nourriture
gratuites, le pain et les roses pour toutes et pour tous ?
Sous
le capitalisme, c'est la plante dtruite, la misre et la guerre.
Qu'on
ne vienne pas pleurnicher sur les droits d'auteurs des crateurs. Pure
hypocrisie, ce sont les diteurs, c'est Bill Gates, ce sont les monopoleurs,
les voleurs, les pirates, quoi, qui ont crit cette loi. Les crateurs connus
et inconnus auraient largement de quoi tre rtribus correctement en prenant
sur les profits de ces messieurs qui les exploitent eux aussi.
La
loi Hadopi, loi sclrate faite par les pirates pour les pirates, est un signe,
une cte d'alerte : le capitalisme est obsolte et nfaste ! Les jeunes, en
rejetant massivement cette infamie, sentent qu'un autre monde est possible,
sans capital, sans pirate, reposant sur la libre possession commune de ce qui fait
vivre et vibrer les humains ...
... Aussi n'est-il pas sans intrt
de vrifier quelques votes ... et de voir que certaines idoles des jeunes et
stars de la rnovation politique, du moins selon certains mdias, ont, presque
seuls dans leur groupe parlementaire, vot pour (Jack Lang) ou se sont abstenus
(Arnaud Montebourg) ... on les voit les soutiens de Sarko, non ? ...
Forfaitures (2) :
le LKP c'est la dmocratie !
Nous avons reu le texte suivant.
Nous le reproduisons mais nous ne sommes pas d'accord, nous expliquons pourquoi
:
Soutenons les luttes
sociales mais dfendons les principes dmocratiques.
Il sÕest pass le jeudi 7 mai
Basse-Terre quelque chose de grave que nous, citoyens guadeloupens, ne pouvons
tolrer et quÕil faut claircir.
Le prsident du Conseil Gnral,
Jacques Gillot, avait dcid de runir en Congrs les lus de la Guadeloupe en
invitant aussi de nombreux acteurs de la socit civile dont Elie Domota et le
LKP. Voulant apparemment tenir compte des critiques souvent adresses aux lus,
Monsieur Gillot –du moins telle tait son intention clairement exprime-
esprait Ē donner la parole aux citoyens Č les invitant Ē construire
ensemble un projet guadeloupen de socit Č, selon les termes mme de lÕinvitation
adresse tous. Il sÕagissait, selon le Prsident du Conseil Gnral, dÕlaborer
ensemble une mthode. Il prcisait quÕil recherchait l une dmocratie plus Ē participative Č.
Quoi quÕon puisse penser de lÕopportunit
dÕun tel congrs, de ses vises politiques voire politiciennes –et nous
signataires de cette dclaration ne sommes pas tous dÕaccord avec lÕoption
politique des prsidents Gillot et
Lurel- nous tenons affirmer solennellement que les reprsentants politiques dmocratiquement
lus du peuple guadeloupen ont parfaitement le droit dÕlaborer, comme ils lÕentendent,
leur stratgie politique. Leur refuser ce droit cÕest porter atteinte aux
liberts dmocratiques du peuple guadeloupen. Or, cÕest exactement ce qui sÕest
pass Basse-Terre : un acte dont la nature profonde a consist refuser
aux lus le droit dÕexercer leur mandat lectif. Mais ce fut subtil. Subtil,
car cet acte sÕest dguis pour viter quÕil ne soit peru pour ce quÕil est :
une atteinte la dmocratie qui sÕapparente une insurrection. Les habits du
dguisement ? Un certain usage du temps et de lÕordre : agir avant la
tenue du congrs et faire mine de ranger la salle (prtendument occupe
symboliquement) pour chapper au soupon de lÕantidmocratisme. Cette
occupation tumultueuse avec intimidation
du personnel administratif et dplacement de siges et de matriels ncessaires
lÕorganisation de la sance excluait de fait les participants. Un dbat
serein pouvant difficilement tre conduit dans de telles conditions, lÕannulation
du Congrs par le Prsident du Conseil gnral sÕimposait
Le LKP joue avec le feu sur une
poudrire. Envahir le Palais du Conseil Gnral, lieu emblmatique de lÕexercice
de la dmocratie et cela depuis les lendemains de lÕabolition de lÕesclavage,
en affirmant lancer un Ē avertissement Č aux lus, constitue bel et
bien une remise en cause de la lgitimit lectorale. Nous ne pouvons quÕattirer
lÕattention sur lÕambigit du terme avertissement : prvention ou menace ?
Les dirigeants du LKP se
justifient en dclarant quÕils sont pp-la, que cÕest la rue qui gouverne et
avouent quÕils veulent remplacer la dmocratie reprsentative par la dmocratie
directe sous prtexte que la premire serait Ē en panne Č. Si en
effet le vote nÕest pas le tout de la dmocratie, il en est le passage oblig,
insuffisant certes, mais ncessaire. La question rectrice que nous posons au
LKP : de quel droit ? La dfense des travailleurs ne doit en aucun
cas tre attentatoire la vie de la dmocratie. Quand il dcide dÕenvahir le
palais du Conseil Gnral sous prtexte que la dmocratie serait en panne, le
LKP sÕoctroie un droit que le peuple souverain ne lui a pas confi. Il sÕagit l
dÕun coup de force. Penser que la dmocratie reprsentative est en panne est
une opinion. On peut la partager ou pas. Envahir le palais du Conseil Gnral
est un acte qui appelle une qualification. Commettre lÕacte en sÕautorisant de
sa seule opinion est dmocratiquement dangereux. Confondre imprudemment la
foule et le peuple, prtendre incarner le peuple sans aucune mdiation et sans
aucune procdure collectivement labore et approuve, voil ce qui nous semble
gravissime. Le cahier de revendications du LKP nÕest pas la Constitution
guadeloupenne.
Beaucoup dÕentre-nous avons
soutenu les revendications sociales exprimes par le LKP et, aujourdÕhui
encore, on peut estimer que les revendications des travailleurs sont pour lÕessentiel
lgitimes. Mais, avec ce triste vnement de Basse-Terre, on est pass dÕune
revendication sociale et socitale soutenue par une majorit de Guadeloupens
une posture politique du LKP. Cette posture joue avec les principes
fondamentaux de la dmocratie et nous, citoyens guadeloupens, soucieux de lÕvolution
positive de notre pays, quelles que soient les options politiques de chacun dÕentre
nous, unissons ici nos voix pour dclarer que ce jeu est dangereux. Il
constitue une remise en cause voile de ces principes dmocratiques.
Donc, une ferme mise au point sÕimpose.
Elle sÕimpose dÕautant plus que cette remise en cause sÕest avance masque
dans lÕhmicycle du palais du Conseil Gnral. Nous dclarons tre profondment
attachs aux principes dmocratiques devant structurer la vie publique, lÕexercice
de la citoyennet, toutes choses pour lesquelles nos anctres se sont battus. Seuls
ces principes peuvent permettre non seulement un dbat constructif et pacifique
au sein de la socit guadeloupenne, mais plus important encore, sa propre
survie.
Pour nous, la dmocratie, cÕest
aussi bien la possibilit de la
libert dÕexpression de toutes les opinions, fussent-elles minoritaires, le
dbat public, la reprsentation politique exprime par le vote, ce quÕon
appelle la dmocratie reprsentative, que le droit aussi de manifester dans la
rue son mcontentement. Mais un pouvoir social manifest lgitimement dans la
rue –et quel que soit son succs- sÕil peut renforcer positivement les
choix politiques des lus, ne peut tenir lieu de pouvoir politique sauf bien
sr quand les conditions dÕune vie politique dmocratique ne sont pas runies, ce
qui nÕest pas le cas dans la Guadeloupe dÕaujourdÕhui. Autrement, nous entrons
dans une logique o lÕautorit charismatique du leader ou du groupe lÕemporte
sur celle de la loi commune.
En conclusion, mme si nous
reconnaissons le droit quÕa LKP de faire avancer ses revendications, sans doute
lgitimes, nous condamnons fermement sa double prtention
1- sa prtention
incarner lui seul le peuple, tout le peuple, et ainsi parler en son nom
2- sa prtention dtenir un
pouvoir directement issu de la rue et ainsi disqualifier la reprsentation
politique. Cette disqualification ayant pour fonction de nier du coup la
lgitimit par le vote. Cette double prtention est grosse de toutes les
drives y compris celle de nous orienter vers le cycle mortifre de la violence
et de la guerre civile ou affrontements graves entre Guadeloupens. Est-ce
lÕintrt de la Guadeloupe ? Assurment, non !
Parce que nous soutenons les
luttes sociales tout en tant fermes sur les principes fondamentaux de la
dmocratie dans notre pays, nous tenions mettre en lumire ce qui fait la
gravit de lÕvnement de Basse-Terre.
Premires signatures par ordre
alphabtique :
Albina Tony (enseignant) ;
Boucard Harry (enseignant) ; Boutin Raymond (historien) ; Camier
Bernard (enseignant) ; Cassin Franck ; Chalcou Alex
(architecte) ; Compper Gaelle (universitaire) ; Dahomay David
(enseignant) ; Dahomay Jacky (enseignant) ; Deriau-Reine Sonia
(enseignante) ; Ducosson Dany (psychiatre) ; Hermantin Fred
(Prsident de la ligue des Droits de lÕhomme de la Guadeloupe) ; Hermantin
Evelyne (enseignante) ; Lesueur Alain (ancien journaliste) ; Lubeth
Guy (enseignant) ; Maragnes Daniel (enseignant) ; Mayoute
Marius (dentiste) ; Morton Claude (enseignnt) ; Rolle William
(Prsident le la ligue des droits de lÕhomme de la Martinique) ; Rovelas
Jorge ; Reinette Pierre (Directeur des services au Conseil Gnral) ;
Saad Christian (universitaire) ; Savanah Charles (enseignant) ;
Toomiche Paul (ancien syndicaliste) ; Toumson Roger (universitaire)
Nous ne sommes pas d'accord avec
cette soi-disant leon de "dmocratie". Ses distingus auteurs font
en effet, dlibrment ou pas, plusieurs impasses. Ils ne disent mot des faits
suivants.
Premirement, le LKP a-t-il ou non
une lgitimit dmocratique ? La rponse est oui, en raison de la
reprsentativit des organisations qui le composent, certes, mais surtout parce
que de manire active la population guadeloupenne a particip au LKP, l'a
soutenu et l'a fait ce qu'il est.
Deuximement,
suffit-il de dire "on a t lus" pour avoir dmocratiquement le
droit de faire ce qu'on veut du mandat populaire ? Car que faisait exactement
le conseil gnral de Guadeloupe ( majorit PS) ce jour l ? Il organisait une
sance de "dmocratie participative" avec des "acteurs de la
socit civile" dans le cadre des "tats gnraux" voulus par
Sarkozy pour contrer le mouvement du peuple guadeloupen. Il ne vient pas
l'ide de nos distingus signataires de se demander si les lus PS ont t lus
pour cela, pour ce jeu politique l, par ceux qui les ont lus et qui forment
aujourd'hui ... le LKP...
Le
LKP ne les a pas empchs de mettre en Ļuvre leur mandat d'lus, il les a
empchs ce jour l de mettre en scne une escroquerie envers la dmocratie.
Nuance !
Troisimement,
la dmocratie, c'est "tout le monde il est beau, tout le monde il est
gentil, tous ensemble avec nos diffrences on participe au bien commun",
ou bien c'est la confrontation d'intrts, de principes et d'arguments
CONTRADICTOIRES ?
Le
cirque de la "dmocratie participative", mont par le pouvoir
autoritaire et anti-dmocratique de la V” Rpublique franaise avec la
collaboration de ces lus, c'est faire semblant d'tre tous ensemble dans le
mme bateau pour faire passer pour consensuelles et propositionnelles des
dcisions conformes aux intrts des dominants et des exploiteurs.
Cela
le LKP, parce qu'il est au moment prsent une reprsentation dmocratique du
peuple guadeloupen beaucoup plus relle et donc beaucoup plus lgitime que le
conseil gnral ou le conseil rgional, le dit clairement. Pour nos distingus
et vnrables signataires, il parle le langage de la guerre civile.
Forfaiture.
Que vous vous en rendiez compte ou non, en arborant le mythe selon lequel nous
vivrions en dmocratie, vous faites un sale travail, qui n'est pas dmocratique
... Vous tes peut-tre trs fiers de votre posture, vous vous imaginez comme
les remparts des grands principes, ceux des droits de l'homme et du citoyen ;
mais ces principes n'ont t affirms qu'aprs un 14 juillet et une
"grande peur" imposant la nuit du 4 aot, qui, d'aprs vos critres,
n'avaient rien de "dmmocratiques" : les lus n'avaient pas t
consults par les insurgs qui, au passage, les ont pourtant sauvs É
Vous
croyez dfendre la dmocratie, mais si votre respect des institutions
triomphait, vous n'auriez mme plus vos petites tribunes et vos petits honneurs
! Vous vous imaginez incarner la Dclaration, mais le LKP, lui, il incarne ce
qui a permis la Dclaration !
Forfaiture.
Que vous vous en rendiez compte ou nous, honors professeurs, c'est vous qui
parlez le langage de la guerre civile : en qualifiant un seul camp, celui qui
dit la vrit, de menace pour la dmocratie, vous choisissez l'autre camp,
celui des exploiteurs, de la minorit, et vous l'ornez du beau nom, mais tant
galvaud, de camp de la "dmocratie". En adhrant au mythe selon
lequel des "ateliers participatifs" sponsoriss par l'tat et le
patronat auraient, eux, une lgitimit "dmocratique", vous cautionnez
par avance la reprise par le prfet (au fait, il est lu, celui-l ?) et l'tat
franais de leurs propositions "consensuelles". Vous prparez ainsi
l'affrontement, la tentative de revanche de ceux qui n'ont pas digr la
victoire populaire partielle obtenue en Guadeloupe, et vous facilitez par
avance rpression et provocation en les lgitimant puisqu'elles seront
"dmocratiques".
Forfaitures (3) :
petit matre penseur veut rhabiliter petit pre des peuples.
La rumeur commence arriver sur
le net. Le "grand penseur italien" (c'est trs pratique un grand
penseur italien, pour tre proclam grand en France ! ) Domenico Losurdo va
sortir les communistes de leur mal tre, il a dmontr, historiquement, et
philosophiquement, of course, que Staline n'tait pas un diable, Staline avait
du bon, Staline n'tait pas si mchant, ou du moins, s'il l'tait, c'tait
comme tout bolchevik. Car pour Domenico Losurdo, la tache de l'heure est de
dshiniber les communistes propos de Staline, les dlivrer de leur
"autophobie", leur phobie d'eux-mmes, "excusez moi d'tre
communiste mais nous ne sommes plus aussi mchants que Staline, vous
savez". Sr que a va nous rendre un sacr service si on brandit nouveau
des portraits du petit pre des peuples pour lutter contre les licenciements !
É
Domenico Losurdo est de ces
universitaires qui se sont fait un nom en glosant sur Gramsci et en critiquant
"le libralisme". Dans plusieurs ouvrages intressants, il montre que
les libraux n'taient pas si libraux, que par exemple ils taient souvent
esclavagistes. A vrai dire, tout cela tait dj connu, mais l'ide directrice
de Losurdo est de montrer que "libraux" et "dmocrates"
bourgeois ont autant de sang sur les mains que les dirigeants
"communistes" (sans guillemets chez lui) du XX” sicle, Staline, Mao
et Pol Pot en particulier. On en arrive donc au sophisme suivant : si les
libraux et les dmocrates taient plus mchants qu'on nous le fait croire,
alors il est permis de penser que Staline, Mao et Pol Pot l'taient moins. Tout
cela est dit en plusieurs ouvrages, donc le vernis rudit et la profondeur
affiche donnent l'impression que c'est un peu plus pens, mais la
dmonstration in fine se ramne a.
Or donc, dans Stalin, storia et
critica di una legenda nera (Milan, 2008), les communistes plors, mais avides
d'tre rachets par la voix messianique du Petit Pre, en apprendront de
belles.
Ils apprendront que les critiques
libraux de Staline taient mchants aussi, assassins, machiavliques (pauvre
Machiavel !), ce qui, rptons-le, nous fait une belle jambe mais semble avoir
une grande importance dmonstrative pour Losurdo . Mais ils apprendront aussi
que le complot des blouses blanches, quand Staline fit avouer sous la torture
aux mdecins du Kremlin, plus exactement tous ceux d'entre eux d'origine
juive, qu'ils voulaient l'assassiner, n'avait rien voir avec l'antismitisme.
On arrte les Juifs, on prpare des dportations massives, mais ce n'est pas de
l'antismitisme ...
De
mme, ils apprendront que les grandes purges ne s'expliquent pas par la
paranoa, mais qu'il s'agissait pour Staline de lutter, avec un peu trop de
rigueur peut-tre (ah l l ...) contre de vrais
complots. H oui, bonne mre, de vrais complots ! En voulez vous une preuve :
Trotsky et Toukhatchevski avaient foment un coup d'tat en 1927 ! La source de
Losurdo, le grand penseur italien ? La "conjecture de Malaparte".
Curzio Malaparte, autre "grand penseur italien" et accessoirement
membre du parti fasciste et soutien du Duce, est une source remarquablement
srieuse pour tablir que Trotsky fomentait un coup d'tat contre le pouvoir
bolchevik ! Voila qui sera
salutaire, assurment, pour soigner l' "autophobie" des communistes !
Notons
que si Losurdo avait lu des livres d'histoires rcents, et pas seulement les
divagations d'un Malaparte et les dchets des archives du KGB vendues par la
Russie d'Eltsine puis de Poutine, il aurait eu confirmation qu'en effet, la
paranoa de Staline, probablement relle par ailleurs, n'explique pas les
purges mais n'en a t que l'instrument : il y avait bel et bien une opposition
ouvrire et, souvent, communiste, de masse, qui fut massacre pour trotskisme,
terme alors gnrique mais exact pour beaucoup d'entre eux, en 1937. Staline
est devant Hitler, Pinochet et Suharto en nombre de communistes massacrs.
Cette vrit historique est beaucoup plus apte soigner l' "autophobie
des communistes" que les laborations losurdiennes, car elle montre tout
communiste sincre que lui et Staline ne sont pas dans le mme camp de la
lutte des classes É
On apprendra encore que la famine
ukrainienne et son amplification en gnocide, voulue par le pouvoir qui isola
des rgions entires, n'est qu'une invention de fascistes -les nationalistes
ukrainiens de la seconde guerre mondiale et d'aujourd'hui. Hlas, si quelques
authentiques fascistes ont pu en Ukraine jouer sur la fibre de la nation
martyre, c'est qu'elle le fut bel et bien É
On apprendra que Staline tait
trs cultiv (a c'est possible, a entre dans la catgorie "belle
jambe" ! ), qu'il ne faisait pas confiance en Hitler ainsi qu'on l'a dit
(n'empche qu'il faisait liquider ses espions qui l'informaient des prparatifs
d'invasion de l'URSS quelques jours encore avant que celle-ci ne commence ! ),
et ainsi de suite. Bref, nous avons affaire ici une entreprise rvisionniste,
au sens technique que couvre ce terme dans le cas des ngationnistes des crimes
gnocidaires des nazis pendant la seconde guerre mondiale : en paraissant
"nier" certains faits, comme pour nous dire "ils n'taient pas
aussi mchants", et en ajoutant parfois "ils avaient des
raisons" (c'est vrai quoi : si Staline a liquid des opposants a prouve
quand mme qu'il y avait des opposants, non ? -exemple type de raisonnement
"hglien" la Losurdo ! ...), ces messieurs veulent en fait faire
passer le message que les criminels en question avaient, en fait, bien raison.
Dans le cas de Losurdo, c'est pareil, et c'est assez transparent d'ailleurs :
pour lui, Staline menait le bon combat et avait raison.
Il a commis, il est vrai, des "excs"
(car, c'est bien connu, on ne fait pas d'omelette ...). Mais, et l a devient
intressant pour comprendre exactement le projet politique que sert Losurdo,
ces excs s'expliquent par son bolchevisme. C'est le ct exalt, ultra
rvolutionnaire, peu soucieux de dmocratie formelle ajoute mme Losurdo qui
effleure au passage une vraie question (mais elle n'est pour lui
qu'instrumentale), c'est mme le ct "libertaire" du grand Staline,
si, si (c'est donc vous, les libertaires, d'tre "autophobes", dites-vous
le bien, le Goulag c'tait le ct libertaire exalt de Staline !!!!), qui
constituait sa faiblesse ! Sa mchancet d'excuteur, massacreur, dporteur,
tait aussi celle de Lnine et de Trotsky (sur le dos duquel est mis au passage
la responsabilit de la collectivisation force en 1929, comme s'il avait t
au pouvoir cette date !!).
L'argument
est intressant, ou plus exactement symptomatique, car nous y voyons soudain le
Losurdo contempteur du "no-libralisme" et du
"dmocratisme" des bourgeoisies occidentales, montrer qu'il n'aime
pas pour autant le sovitisme, le conseillisme et l'anarchie qu'on leur oppose
souvent, et reprendre l'encontre du bolchevisme des arguments de facture
apparemment librale. On notera d'ailleurs que, de manire beaucoup plus
grossire, Losurdo insiste lourdement pour dfendre Staline sur le fait que de
grands libraux bourgeois l'ont apprci et pris, et voila tout d'un coup tout
un pan du libralisme, de la social-dmocratie, des politiciens du capital, des
crivains installs (Thomas Mann est un exemple qui semble susciter une
certaine empathie chez Losurdo), des proches du prsident Roosevelt, tout ces
gens l apprciaient beaucoup les qualits humaines et intellectuelles du grand
Staline, voyez-vous É
Deux
types d'arguments "libraux bourgeois" compltent donc le
rvisionnisme de la vrit historique entrepris en toute outrecuidance par
Losurdo : une critique presque social-dmocrate du bolchevisme et du
"gauchisme" en gnral, et une manire un peu triviale, assez
"bourgeois gentilhomme", d'tre impressionn par les cautions
bourgeoises des compagnons de route du stalinisme.
L'origine philosophique du premier
type d'arguments de ce genre se veut "hglienne". Chez Losurdo, les
masses ne font pas leur propre histoire : les "grands hommes" et les
"hommes d'tat" peuvent guider les peuples. Car Losurdo, voyez-vous
bien, est non seulement un exgte de Gramsci, mais aussi de Hegel. Il n'en
fallait pas moins pour rhabiliter Staline ! Sauf que son Hegel lui est celui
non pas de la dialectique, "algbre de la rvolution", mais plutt des Principes
de la philosophie du droit, dmonstration que ce qui est rel est rationnel et donc
lgitime, surtout l'tat prussien ... qui faisait vomir les jeunes Karl Marx,
Friedrich Engels, Ludwig Feuerbach, Michel Bakounine, cette belle bande de
jeunes dmocrates radicaux, dont l' "exaltation" est l'origine,
selon Losurdo, des quelques excs commis par le grand Staline dans le cadre de
son exercice "rationnel" du pouvoir dans l'URSS assige ... ah, s'il
avait t plus raliste, plus "hglien" dans ce sens l, le jeune
Marx aurait pu faire carrire dans l'universit prussienne !
... Ce qu'a d'ailleurs fait
Losurdo, dans l'universit italienne. Mais le roi de Prusse de cet hglien l,
c'est Hu Jintao. Il est temps en effet de dvoiler ici le pot aux roses. Il y a
d'ailleurs un passage du livre de Losurdo qui porte cette marque de fabrique,
c'est cet emportement contre le rapport Khrouchtchev, commencement de la grande
crise "autophobe" des communistes cdant la pression du libralisme
et du trotskisme, ce "tissu de mensonge" selon notre expert, alors
qu'historiquement il n'est qu'en dessous de la ralit ...
Mais c'est bien l une marque de
fabrique : pour absurde que soit cette tirade contre le rapport Khrouchtchev,
elle a t exige de Losurdo. Toutes les contradictions apparentes de
l'idologie losurdienne s'estompent la lumire des hommes d'affaire du Parti
Communiste Chinois. Rappelons que, dans un prcdent ouvrage traduit en
franais, Fuir l'histoire, cet illustre "communiste" a expliqu que la
Chine marche vers le socialisme, aujourd'hui mme, a rican sur les opposants
"au nombre de quatre" -muflerie de thurifraire pour tortionnaires- ,
s'est livr au facile et habituel
numro d'excitation contre le dala lama (un personnage assurment
ractionnaire et d'ailleurs mis en selle par le mao-stalinisme au parti duquel
il adhra, mais a, notre Losurdo l'a oubli), pour dnoncer comme
ractionnaires toute opposition au rgime chinois, expliquant dans la presse
italienne que la formation de syndicats indpendants en Chine irait
l'encontre des ncessits du "dveloppement".
Tout est logique : pour Losurdo,
la classe ouvrire ne saurait s'manciper par elle-mme. Il n'aime pas la
dmocratie "occidentale", mais pas non plus les conseils ouvriers et
le ct exalt du vrai mouvement ouvrier, des bolcheviks eux-mmes. Les
"grands hommes" le mettent en transe. Sa monarchie prussienne, cet
pigone tardif d'un certain Hegel trs rapetiss, est Pkin. Le despotisme
clair, c'est si bon ... On comprend mieux aussi au passage son empathie pour
les compagnons de route bourgeois des annes trente de l'URSS de Staline, il se
reconnat en eux.
Les communistes souffrant d'autophobie
peuvent se librer de tout complexe, d'abord en combattant le capital dans la
lutte des classes, mais justement pas avec Losurdo qui a derrire lui un
appareil qui exploite, par et pour le capital, un milliard trois cent millions
d'hommes et de femmes, contre lequel des ouvriers font grve et sont rprims.
Le camp de Losurdo est trs explicitement celui de leurs patrons. C'est donc le
camp du capital.
Forfaitures (4) :
pas antisionistes,
mais bien antismites nazis.
On en a entendu parler cause du
conseiller de Sarkozy, Guant, qui a envisag leur interdiction alors qu'aucun
matriel de vote n'ayant encore t publi, aucune base lgale de le permet. Il
leur a donc fait un beau coup de pub, ce dont ils se sont rjouis. Eux, c'est
le trio des trois guignols tristes du fascisme dernier modle, Dieudonn, Alain
Soral et Yahia Gouasmi.
Le premier larron fut un jour un
"humoriste". En jouant le noir de service victime ... du complot
sioniste international, Dieudonn a vir depuis un moment dj (mais maintenant
plus personne ne peut dire le contraire) l'antismitisme assum et organis,
en relation personnelle et directe avec Le Pen, qui donne en somme un vernis de
continuit au fascisme version Dieudo.
Le second est un ancien
"intellectuel du Parti Communiste Franais" devenu ensuite membre du
comit central du Front National et spcialis dans le recrutement de militants
issus de la gauche ou de l'extrme gauche au service du combat
"identitaire" contre la domination nord-amricaine derrire laquelle
il y a ... le complot sioniste mondial. Il se consacre tout particulirement au
dvoiement de "communistes pas autophobes question Staline", comme
dirait Losurdo, qui regrettent les SS 20 et croient que les Goulags et les barbels taient des murailles
anti-imprialistes, et qui voient la main de la CIA et du Mossad derrire
chaque bobo branch.
Le troisime prtend tre le chef
de l'islam chiite franais, il a mont un "parti antisioniste" et si
les deux autres se souviennent parfois avoir t un humoriste pour l'un et un
pauvre manieur de concept pour l'autre, ils ne peuvent pas ne pas le trouver
caricatural et stupide ("Derrire chaque divorce il y a un
sioniste" ! ), mais ils ont sans doute une bonne raison de le laisser parler
jusqu' plus soif. Bien sr, vous avez trouv : les finances ! Les finances de
la liste, c'est--dire l'tat iranien : c'est tellement gros que a pourrait
bien tre vrai.
A ce trio d'enfer se joignent une
bande de politicards perdus, Ginette Skandrani ancienne dirigeante des Verts,
Thierry Meyssan du ci-devant "Rseau Voltaire", et sur leur flanc
droit, le soutien critique sans participation ( la liste) du no-nazi Kemi
Seba, dont le discours consiste reprendre les discours de Hitler en
remplaant "peuple aryen" par "peuple noir".
Ce triste attroupement vous
explique la bouche en cĻur qu'ils ne sont pas antismites, qu'ils ont mme de
bons juifs parmi leurs potes, mais que le sionisme contrle tout, l'conomie,
les mdias, la mdecine, les firmes multinationales, qu'il est derrire la
perte des valeurs l'cole, le racisme envers les noirs et les musulmans, le
Sida et la grippe porcine mexicaine A ! Bref, tout ce que le dlire antismite
a pu inventer depuis Hitler et le Protocole des Sages de Sion, ils le disent
des "sionistes".
Leur sionisme mythique n'a rien
voir avec celui, bien rel, de l'tat oppresseur d'Isral, c'est une sorte de
spectre universel, trs exactement, au mot prs, le fantasme antismite des
hitlriens.
Ce ne sont donc pas des
antisionistes, mais des fascistes antismites qui jouent ce jeu en connaissance
de cause. Leur discours dveloppe des thmes que l'on rencontre dans les propos
de certains militant de gauche ou d'extrme gauche anti-israliens, mais ayant
du mal dissocier l'opposition la politique d'un tat et l'hostilit son
peuple, surtout quand les origines religieuses et soi-disant ethniques
revendiques de ce peuple sont juives, car le fond antijudaque chrtien et
l'antismitisme comme "anticapitalisme des imbciles" sont choses toujours
prsentes dans le substrat culturel de bien des gens.
Il faut prendre au srieux la
manĻuvre politique de la liste Dieudonn en Ile-de-France aux Europennes :
leur projet est de faire un score significatif dans certaines cits et
banlieues. La synthse idologique d'un humoriste lourd, d'un islamiste idiot,
d'un faux intello no-stalinien, de quelques colos fans de puret, de quelques
anti-imprialistes de salons en qute de caudillos et de conducators,
d'identitaires aux fantasmes zoologiques, de complotistes, de ngationnistes et
d'adeptes de la contre-rvolution catholique est une auberge espagnole (pardon
pour les Espagnols) incohrente ? Non, c'est une synthse fasciste, c'est le
diagramme de l'identit de faux rvolutionnaires, qui contre la vraie
rvolution veulent acclrer la barbarie. Ils agissent avec la bienveillance de
Le Pen en personne, car si le racisme anti-arabe et anti-immigrs l'usage des
petits blancs a t longtemps le fond de commerce de ceux qui espraient
construire un parti fasciste en France, aujourd'hui les mmes forces
envisagent, en vue des affrontements de classe de demain, de recruter dans les
couches de la jeunesse populaire les plus pauvres, d'origines souvent immigre.
La manipulation de bandes de "racailles de banlieues" contre
certaines manifestations lycennes en 2005, le discours idologique du criminel
tortionnaire Youssouf Fofana, assassin du jeune Ilan Halimi, Fofana qui aurait
pu tre sur cette liste : ce sont l des faits qui montrent que sur ce projet fasciste,
des premiers pas ont t effectus. Black, blanc ou beur, l'ennemi est toujours
le mme, l'ennemi de tous les travailleurs, celui qui veut faire croire que les
mfaits du capitalisme seraient ds un peuple qu'il faudrait donc perscuter.
Par leur projet, par leur volont, parce qu'ils sont au service du capital, ce
sont des nazis.
La premire chose est de
construire un cordon sanitaire : pas de contact, pas de complaisance, pas de
liaisons indirectes, pas de connivences, avec la peste brune des
Dieudonn-Soral-Gouasmi. Ils sont les barbares, les faux rvolutionnaires. Nous
sommes les vrais.
* * * * *
MAROC : Liberts en danger
LÕASDHOM
(Association de Dfense des Droits de l'Homme au Maroc) qui a combattu au fil
de ses 25 ans dÕexistence, les atteintes graves aux droits lmentaires exprime
sa grande inquitude quant une recrudescence de ces dernires au Maroc.
Des brves pas rjouissantes se succdent les unes aux
autres. On assiste des interpellations cibles de militants, des vagues
dÕarrestations et dÕenlvements, des condamnations arbitraires et un
silence assourdissant comme seule rponse aux grves de faim que mnent des
dtenus dÕopinion travers diffrentes prisons du pays. Les disparitions
forces en srie refont surface dÕune faon alarmante.
Des
dfenseurs des droits de lÕHomme font les frais de ces atteintes. CÕest le cas
de M. Chakib AL KHAYARI qui a t arrt sans mnagement par les forces dites
de scurit Nador, avant dÕtre mis illgalement en garde vue et dfr
devant un juge dÕinstruction Casablanca pour se voir notifier des accusations
infondes visant le museler et mettre un terme son combat.
On
emprisonne et on condamne les rvolts, victimes des inondations Sidi Kacem
(Khnichat), pour le simple fait dÕavoir exprim leur dtresse et avoir dnonc
lÕabsence de secours appropris.
On
maltraite et on poursuit des journalistes dÕAL AYAME, pour la photo (non
publie) dÕune princesse. On condamne le bloggeur Houcine Barhoune 6 mois de
prison ferme pour ses critiques sur la toile des agissements des notables
locaux de la rgion de Ttouan.
Aprs
le procs des jeunes de Sidi Ifni, dÕautres procs se droulent ou se prparent
travers le paysÉ
Les
pratiques du Maroc des annes de plomb sont bien lÉ Elles se droulent sous le
regard bien vaillant dÕun Conseil Consultatif des Droits de lÕHomme qui est
cens mettre en application les recommandations dÕune autre instance tatique :
lÕIER. Laquelle instance avait t cre pour luder en principe les violations
graves des annes de plomb, rparer et permettre une rconciliationÉLe Maroc
qui a du mal cicatriser ses blessures bantes est soumis de nouveau une
rude preuve o lÕarbitraire se perptue.
Par les informations proccupantes que nous relatons ci-dessous, nous voulons
alerter les forces dmocratiques et le mouvement de dfense des droits humains
sur la gravit de la situation et lÕexigence de la vigilance.
Fs
:
Le
5 mai, six tudiant(e)s de lÕuniversit Mohamed Ben Abdellah ont t prsents
en tat de libert devant le tribunal de 1re instance de Fs. Le procs a t
report au 2 juin.
Le
lendemain, treize autres tudiants dont onze dtenus la prison locale Ain
Kadouss ont t prsents devant le juge dÕinstruction de la cour dÕappel de
Fs. Ces dtenus mnent une grve de la faim de quinze jours pour dnoncer les
conditions de dtention et la torture quÕils ont subie lors des
interrogatoires. Les familles, constitues en comit de soutien, se sont
rassembles devant le tribunal pour les soutenir et rclamer leur libration.
Les forces de lÕordre ont us de la force pour les disperser. Plusieurs
manifestants ont t blesss et la tentative dÕenlvement dÕune des
responsables du comit de soutien a chou grce la mobilisation des familles
et des tudiants prsents ce jour-l. En signe de solidarit avec les dtenus,
les tudiants ont manifest massivement sur le campus universitaire de Dhar
Lmahraz. Plus de deux cents dÕentre eux ont entam une grve de la faim de 48h
et arrt les cours pendant deux heures. Les forces de police ont investi le
campus et des exactions ont t commises lÕencontre des tudiants. Le procs
a, quant lui, t report au 1er juin 2009.
LÕASDHOM
sÕinquite de lÕusage de la force pour mater le mouvement estudiantin. Elle
exprime son soutien aux tudiants dtenus quÕelle considre comme des dtenus
dÕopinion. Elle interpelle les autorits marocaines pour retirer sans plus
tarder ces forces de lÕordre du campus universitaire, librer tous les
tudiants dtenus et procder lÕamlioration des conditions dÕtudes.
Tantan
et Inzgane :
Yahya
Mohamed Alhafed Iza, membre de lÕAMDH -section de Tantan-, Ennajem Bouba et
Ali Boumoud du CODESA, ainsi que dÕautres prisonniers dÕopinion, rpartis sur
les prisons locales dÕAt Mloul et Inzgane, sont en grve de la faim ouverte
depuis le 4 avril 2009. Leur sant se dtriore de jour en jour et le pire peut
survenir tout moment, surtout pour Mahmoud El Barkaoui et Hassan Khallad qui
ne sont plus capables de communiquer ni de se mouvoir. Ils sont dtenus en
isolement total aprs avoir subi un traitement inhumain et dgradant et aprs
avoir t transfrs de force de la prison dÕInzgane la prison dÕAt Mloul.
LÕadministration
pnitentiaire pratique la sourde oreille toutes leurs revendications
lgitimes. Elle leur refuse lÕamlioration de leurs conditions de dtention,
les prive des visites de leurs familles et refuse de les sparer des
prisonniers du droit commun. LÕASDHOM considre que ces dtenus payent
injustement pour avoir exprim une opinion qui nÕest pas celle des autorits
marocaines concernant le conflit du Sahara.
A Goulmim, M. Abdallah Ouled Abdelkader Al Manfa a t enlev le mercredi 6
mai 2009 de chez lui et devant sa femme par des personnes inconnues aprs lui avoir
confisqu ordinateur et tlphone portable.
A
Boujdour,
cÕest Mrs Lahcen Zahid et Sedki Mustapha qui ont t enlevs leur tour par
des personnes inconnues aprs une surveillance trs remarque des agents de
renseignements.
A Layoun et presque au mme moment, lÕlve Razaki Yassine, 18 ans, a subi le
mme sort lorsque des personnes lÕont cueilli la sortie de la mosque. Un peu
plutt dans la soire, sa mre a reu la visite de cinq personnes en civil se
prsentant de la police et qui ont fouill sa maison la recherche de livres
et de documents appartenant Yassine. Le citoyen Gaya Mohamed Saleh nÕa pas
chapp non plus cette srie dÕenlvements inquitante. Aprs six jours de
disparition force, ils ont t relchs le 10 mai par leurs ravisseurs
Casablanca en compagnie de quatre autres citoyens dont nous nÕavons pas les
noms.
Les
autorits locales dclinent toute responsabilit derrire ces enlvements et
dclarent ne pas connatre le lieu o ces citoyens sont retenus.
LÕASDHOM
estime que ces enlvements sÕinscrivent dans la vague dÕarrestation opre
travers tout le pays contre des citoyens en raison de leurs pratiques
religieuses (islamistes, chiites). Ces enlvements et disparitions forces nous
rappellent un pass pas trs glorieux. La libert de culte se trouve malmene,
tout comme la libert dÕexpression.
LÕASDHOM rappelle que le Maroc a sign le 6 fvrier 2007 la Convention
internationale pour la protection de toutes les personnes contre les
disparitions forces. Elle lui demande de la ratifier et surtout de la mettre
en application en abandonnant ces pratiques qui lui font tant de mal.
LÕASDHOM
sÕinscrit dans la campagne internationale, lance en mai 2009 par des
organisations de dfense des droits de lÕHomme, pour sauver la vie des prisonniers
politiques en grve de la faim. Elle demande aux autorits marocaines de mettre
fin aux exactions arbitraires et de se conformer leurs engagements en matire
de respect des droits de lÕHomme.
Paris,
le 11 mai 2009
Bureau Excutif
* * * *
Message
du secrtaire gnral de la Cimade.
A tous les membres de la Cimade
Salaris et bnvoles
Paris, le 13
mai 2009
Bonjour tous,
Depuis dimanche
soir, la polmique sur lÕaction des associations en rtention a pris une
nouvelle ampleur. Les dclarations des uns et des autres et les menaces quÕEric
Besson a exprimes contre la Cimade - travers son secrtaire gnral -
ncessitent un rappel des faits pour vous tenir au mieux informs des
vnements des derniers jours :
Rappel des
faits
Aprs la
dcision du ministre le 10 avril dÕattribuer les ĒlotsČ dans la poursuite de
la procdure dÕappel dÕoffres, la Cimade a dcid, lors dÕun Conseil
extraordinaire tenu le 11 avril, de contester lÕensemble de la procdure devant
le tribunal administratif de Paris.
Le 17 avril
2009, la Cimade dpose par le biais de son avocat, Me Olivier Coudray, un
rfr pr contractuel devant le tribunal administratif de Paris afin de
contester lÕappel dÕoffres qui organise la rduction des droits des trangers,
lÕmiettement et la dnaturation de la mission associative de dfense des
droits des trangers en rtention. Il sÕagissait de demander au tribunal
administratif de constater lÕillgalit et lÕirrgularit de lÕappel dÕoffres
et dÕen prononcer lÕannulation.
Le
20 avril la juge des
rfrs suspend la signature des contrats jusquÕau 7 mai.
Le
Syndicat des avocats de France et lÕassociation Avocats pour la Dfense des
Droits des Etrangers (ADDE) dposent un mmoire complmentaire en soutien de la
requte de la Cimade.
Le
4 mai se tient une premire audience. Les dbats durent trois heures et demie.
Ils permettent de mettre clairement au cĻur du dbat le vritable enjeu de
cette rforme : les trangers pourront-ils, demain, exercer les droits que
la loi leur reconnat dans les centres de rtention ?
Pour
la premire fois de manire trs explicite, le ministre de lÕImmigration
indique : ĒlÕobjet du march ne comprend pas la mission de dposer des recours
au nom et pour le compte des trangers maintenus dans les centres de rtention.Č
Il
sÕagit donc bien de transformer radicalement cette mission pour en faire une
simple mission dÕinformation des trangers retenus : comment imaginer que
des trangers, pour la plupart non francophones, privs de libert de surcrot,
et sans aide juridique, puissent utiliser rellement des procdures juridiques
complexes dans un dlai moyen de 48 heures ?
Au
cours de cette audience, le ministre de lÕImmigration estime que la comptence
et lÕindpendance dÕautres associations, lÕASSFAM et le Collectif Respect, sont
mises en cause, et demande ce quÕelles puissent formuler des observations.
La
magistrate convoque une nouvelle audience pour le 6 mai laquelle elle invite
toutes les associations concernes. Lors de cette seconde audience, lÕASSFAM et
le Collectif Respect demandent un nouveau dlai et un report de cette audience,
expliquant quÕelles nÕont pas eu le temps suffisant pour se prparer. La
magistrate se dclare prte le leur accorder. Consciente du fait que
lÕaudience se tiendra aprs le 7 mai, elle se tourne alors vers le ministre de
lÕImmigration et demande expressment ses reprsentants de ne pas signer
les contrats en litige avant sa dcision. LÕavocat du ministre rassure la prsidente en
lui disant que bien videmment, il conseillera Ēfortement son client de se
conformer la demandeČ de la magistrate.
Le
dimanche 10 mai 21 h 20, par un communiqu de presse, le ministre de
lÕImmigration indique quÕil a sign lÕensemble des contrats. La procdure
juridique en cours nÕa alors plus dÕobjet, lÕaudience prvue le 13 mai est
annule (un courrier du greffe du tribunal confirme cette annulation le 11
mai).
CÕest
donc en toute connaissance de cause que le ministre de lÕImmigration a choisi,
sciemment, de se soustraire une dcision de justice qui risquait dÕannuler
lÕappel dÕoffres.
Utilisant une faille dans la procdure, et le
fait que la magistrate a fait confiance la parole de son reprsentant, le
ministre a donc dcid, prtextant lÕurgence, de faire en sorte que la Justice
ne puisse pas se prononcer et que le recours de la Cimade ne puisse pas aboutir
une dcision de Justice.
Se soustraire volontairement la Justice, ne
pas faire confiance et tromper la Justice, telle a t lÕattitude du ministre.
Ce nÕest pas une apprciation que nous portons, cÕest un constat.
Et
maintenant ?
Eric Besson
a dplac la polmique en menaant de porter plainte contre moi parce quÕune
dpche de lÕAFP, dimanche soir, reprenait le terme Ēmthodes de voyousČ. Le
porte parole de lÕUMP, Frdric Lefevbre, en a rajout dans un communiqu
conforme son style habituel (au passage, entendre le ĒbourrinČ de lÕUMP
recommander la Cimade de surveiller son vocabulaire a quelque chose dÕassez
cocasseÉ).
Nous verrons
si le ministre dpose ou non cette plainte, mais cette polmique quÕil cre
artificiellement ne doit pas nous dtourner du fond : la dfense des trangers
en rtention, et lÕavenir de lÕassistance juridique dont ils doivent pouvoir
bnficier.
Runion
inter associative
Une runion
sÕest tenue hier soir (SAF, Gisti, Secours Catholique, Comede, Amnesty,
Syndicat de la magistrature, Resf, Acat, Comede - Ldh excuse). A priori, une
raction commune se prpare pour le dbut de la semaine prochaine, et devrait
se concrtiser par une expression publique mardi 19 mai.
Sur les
procdures contentieuses
Nous
attendons toujours la dcision au fond du Conseil dÕEtat quant au recours
dpos par les dix associations.
Appel dÕoffres, contrats, Tribunal Administratif
:
Nos
conseils (celui de la Cimade et ceux des diffrentes associations)
rflchissent aux recours qui restent ou non possibles pour contester
lÕensemble de lÕappel dÕoffres.
Une runion extraordinaire du Conseil de la
Cimade est convoqu pour ce soir 13 mai afin dÕapprcier la situation et
dterminer une ligne de conduite.
En
interne Cimade
La situation devient particulirement difficile,
notamment pour les quipes DER.
Une runion de lÕquipe de direction se tient cet
aprs-midi pour faire tat notamment des diffrentes propositions dÕactions et
prparer le 2 juin qui approche grand pas.
A vous tous qui
dans cette bourrasque poursuivez votre action quotidienne auprs des trangers,
je vous remercie de tenir bon !
Je vous ferai
part de nouvelles informations ds que possible.
Bon courage
tous.
Et bien
cordialement,
Laurent
Giovannnoni
Secrtaire
gnral
PS : aprs les
menaces exprimes par Eric Besson mon gard, de nombreux tmoignages de
soutien me parviennent. Merci tous ceux dÕentre vous qui mÕont envoy un
petit mot amical.
* * * *
Motion
1 :
Dclaration politique de la 10e Coordination
Nationale des Universits
1. Les 250
dlgus reprsentant 57 tablissements runis le 13 mai 2009 lÕuniversit de
Marne-La-Valle pour la dixime runion de la Coordination Nationale des
Universits restent mobiliss et dtermins, comme l'ensemble de la communaut
qu'ils reprsentent, poursuivre le mouvement de contestation contre le
dmantlement systmatique du service public et lac de l'enseignement
suprieur et de la recherche. Aprs plus de trois mois de lutte, notre colre
et notre volont de mettre un coup dÕarrt aux attaques dont nous sommes la
cible restent intactes. La CNU a bien pris conscience que toutes les attaques
portes contre lÕUniversit et la Recherche sont le fait dÕune politique plus
gnrale impulse par lÕUnion Europenne travers le processus de Bologne et
en sÕappuyant sur les recommandations de lÕOCDE ; elle engage tous les secteurs
lutter contre ces politiques visant dtruire les services publics.
2. Le gouvernement a
toujours rpondu nos revendications par une volont de briser notre mouvement
de contestation. Aprs les mensonges, le mpris et les provocations, les
manĻuvres gouvernementales des dernires semaines se sont faites plus intenses
et plus violentes : dÕune part en orchestrant une campagne de diffamation et
d'autre part en criminalisant notre lutte par des propositions de lois iniques
remettant en cause le droit de grve. Face un gouvernement qui ne veut
dcidment pas nous entendre, la Coordination Nationale des Universits
raffirme quÕen lÕabsence de tout dialogue et alors que ne sont organiss que
des simulacres de ngociations, ni la rpression, ni la dsinformation, ni les
vacances ne feront cesser un mouvement de grve sans prcdent dans les universits
et la recherche franaises.
3. De ce fait, nos revendications
restent inchanges car elles sont, plus encore que lgitimes, ncessaires la
sauvegarde de lÕducation, de la recherche et des valeurs dmocratiques,
laques et de service public que nous dfendons. CÕest pourquoi plus que jamais
nous demandons lÕabrogation de la LRU et du Pacte pour la Recherche, le retrait
des dcrets relatifs au statut des enseignants chercheurs, la masterisation
et au contrat doctoral unique, mais galement la mise en place d'un plan
pluriannuel d'emplois de titulaires, la sauvegarde du statut des personnels
BIATOSS et ITA (pas de salaire en dessous de 1500Ū nets, titularisation des
contrats prcaires, arrt de lÕexternalisation et rintgration des services externaliss
en emplois statutaires au sein des universits). La CNU se prononce contre
lÕaugmentation des frais dÕinscription.
4. Les attaques que nous subissons
ne sont pas isoles car cÕest lÕensemble des services publics et de ses
missions qui sont gravement attaqus et menacs. De la maternelle
lÕuniversit, dans la recherche, l'hpital, lÕnergie, la poste etc. le
gouvernement ne propose que le projet dÕune socit de profits, fonde sur la
concurrence entre les individus, qui ne garantit plus les conditions d'un accs
gal l'ducation, la sant, etc. qui creuse les ingalits et aggrave la
prcarit. Elle condamne le projet de loi de mobilit dans la fonction
publique, qui est emblmatique de cette politique. La Coordination Nationale
des Universits, aprs la convergence russie le 28 avril, appelle renouveler
cette initiative et manifester massivement le 14 mai aux cts du secteur de
la Sant. Face ce faisceau cohrent de contre-rformes, nous devons favoriser
lÕunit des luttes tous les niveaux et continuer dfendre avec obstination
toutes nos revendications. La CNU condamne enfin les accords entre l'tat
franais et le Vatican qui menacent le principe de lacit et le monopole
d'tat de la collation des grades. Elle appelle faire du 26 mai une journe
nationale interprofessionnelle de grve et de manifestation.
Motion 2
Validation du semestre : les tudiants ne paieront pas la
note laisse par deux ministres irresponsables !
La Coordination
Nationale des Universits constate que, contrairement aux allgations de
Valrie Pcresse, les examens ne peuvent tout simplement pas avoir lieu dans de
trs nombreuses universits de France. Il sÕagit l dÕun constat : alors que le
semestre est termin ou en passe de lÕtre, plusieurs centaines de milliers
dÕtudiants nÕont assist aucun cours, des centaines de milliers dÕautres ont
vu leur semestre fortement amput, du fait de lÕattentisme gouvernemental. Un
examen ne se dcrte pas : il constitue lÕvaluation dÕun enseignement
effectivement ralis. Comment valuer des tudiants qui nÕont pas reu le
moindre cours ? Quelle triste comdie Valrie Pcresse veut-elle faire jouer
aux tudiants et leurs enseignants ?
La CNU dnonce la responsabilit
crasante de Valrie Pcresse et de Xavier Darcos dans cet immense gchis. Le
gouvernement a dÕabord tabl sur des annonces lnifiantes, puis sur les
vacances de printemps et sur la fin de lÕanne universitaire pour tenter de
rendre invisible la contestation pourtant unanime de sa politique. Il a refus
dÕentendre les revendications et de discuter avec la communaut universitaire,
rassemble contre ses projets de destruction du service public de lÕducation
et de la recherche. Il nÕa pas fait la moindre proposition pour amliorer, ou
au moins pour prserver, les conditions de vie des tudiants en cette priode
de rcession. Il a choisi le passage en force pendant les vacances de printemps
pour imposer brutalement les dcrets pourtant rejets massivement.
Valrie Pcresse a utilis les
examens comme une arme, en faisant prendre un risque maximum aux tudiants.
Maintenant que les rsultats de cette politique du pire apparaissent au grand
jour, elle feint de sÕinquiter de lÕincendie quÕelle a elle-mme allum puis
entretenu. Ses seules armes sont la menace, la rpression, la stigmatisation
des enseignants, des personnels et des tudiants qui refusent les parodies
dÕexamen.
Le monde universitaire ne tombera
pas dans le pige de Valrie Pcresse : il refuse que les diplmes soient
brads lors de simulacres dÕexamens, mais il refuse aussi que les tudiants
payent la note de la politique ministrielle. La CNU dplore que, depuis plus
de quatorze semaines, la ministre ne se soit pas inquite de la non-tenue des
enseignements et de la non-transmission des connaissances. La CNU prend acte
que dans de nombreux tablissements, il est strictement impossible de respecter
pour les examens les cadres poss par le code de lÕducation (article L613-1)
et les modalits de contrle des connaissances prvues dans les diffrentes
maquettes de diplme. CÕest pourquoi la CNU ritre son appel ne pas tenir
les examens. Elle appelle donc ce que le semestre soit valid selon des modes
adapts au mieux aux situations locales ; elle soutient toutes les solutions
susceptibles de protger lÕavenir des tudiants et de leur permettre la
poursuite de leurs tudes, y compris la neutralisation du semestre et la
validation universelle. En consquence, la Coordination nationale des
universits exprime son soutien plein et entier tous les personnels Biatoss
qui refuseront dÕorganiser les examens.
Face un gouvernement pyromane,
provocateur et irresponsable, la communaut universitaire assume ses
responsabilits. Responsabilit historique face aux attaques d'une brutalit
indite contre lÕuniversit ; responsabilit pdagogique vis vis des
tudiants. La Coordination Nationale des Universits refuse d'abdiquer l'une ou
l'autre de ces deux responsabilits : la communaut universitaire ne cdera pas
la politique de casse du service public de l'enseignement suprieur et de la
recherche ; elle ne sÕassociera pas la pnalisation des tudiants organise
par le ministre mais continuera se battre pour de meilleures conditions
dÕtude pour tous et lÕexcellence dmocratique de la transmission des
connaissances.
Motion 3 : Du conclave Marois-Filtre aux caves du Vatican
Fermement opposs la
marche progressive mais assure vers la fin de la fonction publique d'tat dans
l'Education Nationale, nous demandons, une fois encore, solennellement aux
ministres que :
- soit retir le projet
de rforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du
second degr,
- soit reconduit dans son
intgralit le dispositif actuel pour l'anne 2009-2010, y compris la
titularisation sans exigence de Master,
- soit abrog le dcret sur
l'accord France-Vatican du 16 avril 2009 .
Nous demandons tout
aussi solennellement aux directions des syndicats de l'Education nationale et
des syndicats tudiants de cesser de participer aux groupes de travail de la
commission Marois-Filtre tant que ces trois conditions ne seront pas remplies.
Motion 4 : Ē Refusons les entretiens
professionnels Č
Le dcret 2007-1365
(NOR :BCFF0761150D) concernant les fonctionnaires dÕEtat tablit les bases dÕun
Ē entretien professionnel Č et son lien avec les choix dÕavancement et de
promotion dcids par lÕadministration. LÕvaluation devient lÕlment central
de la carrire de lÕagent et la partie variable de sa rmunration (les primes)
sera exclusivement lie cette valuation.
La 10e CNU runie le 13 mai 2009
refuse la mise en place des entretiens professionnels au sein des
tablissements dÕenseignement suprieur et de recherche et le retrait de ce
dcret. Elle soutient les personnels BIATOSS/ITA qui refusent que leurs
rmunrations et perspectives de carrire soient tributaires dÕun entretien
dÕvaluation arbitraire. Elle appelle lÕensemble de la communaut universitaire
(enseignants-chercheurs, chercheurs, tudiants/es, BIATOSS/ITA sÕemparer de
cette revendication et mener toute action propre empcher la tenue des
entretiens. Elle souhaite lÕextension de cette revendication toutes les
fonctions publiques pour aboutir lÕabrogation de ce dispositif lgislatif
dÕvaluation. Par ailleurs, la CNU raffirme son soutien la plateforme des
revendications de la coordination nationale des BIATOSS/ITA.
ACTIONS PROPOSEES PAR LA 10e CNU „
Ptitions et motions -
Motions (des comits de slection, des sections du CNUÉ ; appel faire voter
par les CA de toutes les universits des motions stipulant que la modulation
des services ne sera pas mise en place non plus que les entretiens
professionnels pour les personnels Biatoss).
„ lections europennes - Appel sÕemparer par diffrentes
formes du contexte des lections europennes (signer la lettre ouverte aux
formations politiques, dbats avec les candidatsÉ)
„ Grve et obstruction administratives : - Blocage des notes
de tous les concours CRPE - dmission des responsabilits administrative,
rtention des notes du premier et du second semestre et non-tenue des jurys,
refus de surveiller les preuves dÕexamen - adresse aux CEVU pour quÕils
refusent de faire remonter les plans quadriennaux et aux CA pour quÕils
refusent le passage aux comptences largies - Boycott des jurys du bac - Refus
des heures complmentaires la rentre - Dpt de recours gracieux contre les
dcrets parus
„ Actions tournes vers le grand public - Universits dÕt
- Campagne de tractage et dÕaffichage de la CNU - Mise en place de dispositifs
dÕaccueil et dÕinformation pour les nouveaux tudiants la rentre - Marathon
des cours. „ Appels divers - Ronde intempestive - Meeting unitaire la
Sorbonne pour demander aux huit organisations syndicales de porter nos
revendications - Refus de mentionner le nom de son universit dans les
publications scientifiques
CALENDRIER
Jeudi 14 mai : journe nationale
Education-Hpitaux : 3 rendez-vous sur Paris - 11h30 Montparnasse (tractage) -
12h : Ronde intempestive la BNF - 14h RDV Jussieu - Manifestation Enseignement
Suprieur / Recherche (trajet vers Svres-Babylone) samedi 16 mai : - printemps
des luttes Stalingrad (Paris) de 11h 16h - Ronde des Obstins : RDV 17h
dans la Cour carre du Louvre pour parler de la Ronde partir du 1er juin -
Ronde des Obstins sÕinvite la Nuit des Muses : RDV 19h autour de la
Pyramide du Louvre. - Coordination nationale des Biatoss (Nanterre, 9h) 18-19
mai : Ē G7 des Universits Č (contre-sommet du G 8 Turin) : dlgation
mandate par la CNU mercredi 20 mai : journe dÕactions locales avec actions Ē
surprises Č 21-24 mai : Marche des obstins de Chartres Paris mardi 26 mai :
- Appel la grve interprofessionnelle. Manifestation (dpart spcifique pour
lÕUniversit et la Recherche) - Marche sonore pour la dfense de lÕEcole
(Paris). Depart 18h dans les arrondissements ; convergence 20h place de
Stalingrad. Lundi 1er juin : Ultimatum de la Ronde infinie des obstines. 7
jours et 7 nuits de Ronde, jusqu'aux lections europennes. Mercredi 3 juin :
11e CNU Paris 13. 4 juin : Marche de tous les savoirs (Paris et province).
* * * *
Motion adopte par le Conseil syndical du SNUIPP
94 (le 5 mai 2009)
Le conseil syndical du Snuipp 94 dnonce l'avalanche des
licenciements (aujourd'hui prs de 3000 par jour), les suppressions incessantes
de postes et les fins de contrat pour nombre de salaris prcaires dans toute
la fonction publique, la poursuite des attaques contre l'cole Publique
(notamment avec la volont de crer des Jardins d'veil) alors que dans le mme
temps, le patronat bnficie des largesses financires du gouvernement.
En consquence, le Conseil Syndical du Snuipp 94 considre que la
responsabilit de toutes les organisations syndicales est d'adopter un cahier
de revendications la mesure de l'enjeu.
Parmi
celles-ci :
- interdiction des licenciements - retour de tous les
postes supprims dans la fonction publique
- augmentation des salaires - rattrapage du pouvoir d'achat perdu - chelle
mobile des salaires
- abrogation des rformes anti-sociales en cours - notamment dans
l'Enseignement (primaire, secondaire, suprieur), dans la Sant Publique (loi
Bachelot) sans oublier la loi Boutin sur le logement.
Le
Conseil Syndical du Snuipp 94 se joint aux nombreuses voix qui exigent que soit
organise une monte nationale unitaire Paris, contre ce gouvernement pour
faire aboutir ces revendications.
Le Conseil Syndical appelle galement les collgues
s'exprimer par leur vote le 7 juin prochain lors des lections europennes.
Motion
adopte l'unanimit des 13 prsents.
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