Lettre de Liaison N¡ 68 du 28 juin 2009
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

 

Sommaire :

      Lindsey victoire !

      Sarkozy dans les airs.

      Documents : Interview d'ƒlie Domota au Parisien sur la visite de Sarkozy ; Lettre ouverte d'avocats guadeloupŽens ˆ Sarkozy ;

      29 juin 2009, Charles Hoareau, responsable CGT des Bouches du Rh™ne, est convoquŽ au tribunal correctionnel de Marseille. Appel "ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE !"

      A propos de l'Žvacuation de la Bourse du Travail de Paris, par VP

¥     Notes sur la rŽvolution iranienne, par VP

 

* * * *

Lindsey victoire !

 

C'est un Žvnement trs important. Nous le disons d'autant plus qu'ˆ notre regret nous avons ŽtŽ les seuls en France ˆ proposer une mobilisation immŽdiate sur cette question. Bien entendu, il y aurait toujours de nombreux sujets sur lesquels se mobiliser. Pourquoi Lindsey ? Parce qu'ˆ Lindsey et dans l'industrie chimique et gazire britannique, s'est dŽroulŽe une bataille essentielle pour le rapport des forces entre salariat et capital ˆ l'Žchelle europŽenne, au moment o la crise Žconomique ne fait que commencer.

 

Cette crise ouvre une pŽriode nouvelle. L'issue politique ouvrire, socialiste et rŽvolutionnaire, est encore trs faiblement exprimŽe. En Grande-Bretagne, le New Labour est en Žtat de dŽcomposition avancŽe mais il n'y a pas de forces politiques Žvidente qui prennent le relais sur la gauche. Cette situation n'a rien d'original, elle est simplement un peu plus aigu‘ ici qu'ailleurs. La particularitŽ britannique Žtait plut™t que sa classe ouvrire ne s'est pas remise des coups terribles -qui furent payŽs dans le monde entier- portŽs par Thatcher dans les annŽes 1980. C'est cela d'ailleurs qui a fourni le terreau sur lequel le Labour party est devenu le New Labour de Blair et Brown.

Or, ˆ prŽsent le modle thatchŽrien, qui a fait de Londres l'Žpicentre de la mondialisation financire, s'effondre, et il s'effondre rapidement, avec convulsions et r‰les d'agonisant.

 

C'est lˆ l'arrire-plan sur lequel ont ressurgi les grves de masse, forcŽment illŽgales depuis Thatcher et donc appelŽes grves sauvages, dans les raffineries et le b‰timent au dŽbut de cette annŽe, contre l'emploi d'intŽrimaires et de sous-traitants Žtrangers sous-payŽs. Pour pousser la classe ouvrire ˆ la dŽfaite "on" -tous les mŽdias en ttes- a cherchŽ ˆ faire de leur mouvement un mouvement chauvin, un mouvement jingoist dirigŽ contre le "plombier polonais" que tous nos eur™latres accusent les travailleurs europŽens de dŽtester -ce qui ne fait qu'attester de leur propre racisme social. Ce fut un Žchec. On a voulu alors les faire passer pour racistes, pour les isoler. Le rideau de fumŽe s'est dissipŽ.

 

Il fallait les punir, inverser un rapport de force qui avait tout juste commencŽ ˆ se modifier dans un sens nouveau, nouveau dans ce pays depuis 1985, depuis la dŽfaite des mineurs. Il fallait donc les punir ; c'Žtait pour cela que les sous-traitants de Total, sans aucun doute avec son accord et sur son ordre, sans aucun doute en connexion avec l'appareil d'ƒtat, sans aucun doute avec la garantie que Brown, la direction du New Labour mais aussi des syndicats ne contesteraient pas les lois anti-grves et donc la "lŽgalitŽ" dont Total pouvait se prŽvaloir, ont entrepris de licencier plusieurs centaines d'ouvriers pour une "grve sauvage" dŽclenchŽe dŽbut juin en riposte au licenciement illŽgal de 51 travailleurs.

 

ƒchec total pour les patrons ! Cette manche a ŽtŽ gagnŽe par la classe ouvrire, avec ses propres forces seulement !

 

Comme le soulignent les camarades du Socialist Party (http://www.socialistparty.org.uk/articles/7482), un groupe dont des militants sont intervenus sur le terrain, notamment Keith Gibson, lui-mme ouvrier ˆ LOR (Lindsey Oil Raffinery) c'est l'entrŽe spontanŽe en grve de milliers de travailleurs du secteur des industries chimiques dans tout le pays, ainsi que l'organisation d'un comitŽ de grve reprŽsentant tous les travailleurs, formŽ par extension du comitŽ de dŽlŽguŽs d'ateliers (Shop Stewards) de LOR, dont on peut penser qu'il a contribuŽ de manire dŽcisive ˆ contraindre les directions ˆ l'origine hŽsitantes et "lŽgalistes" des deux syndicats UNITE et GMB ˆ soutenir leurs propres adhŽrents, ce sont les piquets de grve (officiellement interdits depuis Thatcher), les meetings de masse, l'appel ˆ la population, la publication d'un journal de grve, ce sont ces mŽthodes qui ont arrachŽ la victoire.

 

En voici les termes :

- les 647 ne seront pas licenciŽs pour fait de grve.

- les 51 licenciŽs abusivement, cause initiale du conflit, sont rŽintŽgrŽs.

- l'ensemble des travailleurs des chantiers attenant au complexe pŽtrochimique ont une garantie de maintien dans leur emploi pour au moins 4 semaines (les grŽvistes sont en effet majoritairement des intŽrimaires et des sous-traitants, donc des travailleurs prŽcaires, bien que leur travail qualifiŽ soit indispensable aux employeurs).

 

C'est lˆ une victoire politique qui piŽtine explicitement les lois anti-grves et la "lŽgalitŽ" jusque lˆ respectŽes par les dirigeants syndicaux. Une victoire obtenue par les travailleurs eux-mmes, les travailleurs tout seuls, avec seulement les groupes et courants politiques qui les ont soutenus. Il n'y a pas de juste milieu : soit la lutte comme ˆ Lindsey, soit le travail gratuit comme chez British Airways !

 

L'abrogation de toutes les lois anti-grve de Thatcher, voila le mot d'ordre fŽdŽrateur qui devrait regrouper toutes les couches sociales qui ne veulent pas que la crise Žconomique soit l'occasion de finir de dŽvaster le pays britannique !

 

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Sarkozy dans les airs.

 

Il para”t que des Žvnements politiques se sont produits en France.

Il para”t qu'un "Congrs" a ŽtŽ rŽuni, auquel le prŽsident Sarkozy s'est adressŽ. A part qu'il a parlŽ d'un emprunt national, dont des sondages disent qu'une grande majoritŽ de Franais n'ont pas l'intention d'y souscrire, peu de gens sont capables de dire qu'est-ce qu'il a racontŽ.

 

Il para”t qu'ensuite, il a "remaniŽ". De ce remaniement, certaines sphres classŽes ˆ "gauche" ou relevant du monde de la "culture" ont ŽtŽ fort esbaudies, toute tourneboulŽes : il y aurait eu du Mitterrand au menu !

 

Il para”t maintenant que le roi de France s'est rendu, gŽnŽreusement, aux colonies. A la Martinique, il a annoncŽ un rŽfŽrendum en prŽcisant bien qu'il n'y serait pas question d'indŽpendance. La conclusion est Žvidente : il s'agit d'amŽnager la domination des BŽkŽs, traitants et propriŽtaires descendant des esclavagistes, peut-tre mme de l'aggraver par une "autonomie" mafieuse sur le modle de celles expŽrimentŽe en PolynŽsie et en Nouvelle-CalŽdonie.

 

A la Guadeloupe, la presse prŽtend qu'il tana d'importance le mŽchant Domota, qui ne s'est pas rendu, et l'immense majoritŽ des GuadeloupŽennes et GuadeloupŽens avec lui, ˆ ses "Žtats gŽnŽraux" : les seuls dirigeants syndicaux qui ont gagnŽ sur des revendications gŽnŽrales en France depuis longtemps -200 euros pour tous ! - sont aussi ceux qui ne veulent pas du "dialogue social" de Sarkozy !

 

Certes, nous ne devons pas sous-estimer ce que traduit le remaniement gouvernemental : ˆ la fois la difficultŽ d'Žlargir l'assise du bonapartisme sarkozien -ˆ cet Žgard la prŽsence d'un Mitterrand princier, compassŽ du genre cardinalice, atteste plus de la faiblesse de la camarilla sarkozienne que de sa force ! - et la volontŽ d'accŽlŽrer l'offensive anti-sociale, anti-la•que et anti-dŽmocratique, avec l'allongement de l'‰ge de la retraite en point d'orgue ... Notons, par exemple, que la nomination d'un reprŽsentant des patrons de PME, ce qu'est Luc Chatel, ˆ l'Education nationale, en mme temps porte-parole du gouvernement, vaut ˆ elle seule tout un programme.

 

Certes, mais le fait dominant, c'est qu'ils semblent Žvoluer en vase clos. Si certains milieux militants de gauche en sont encore ˆ se lamenter de ce qu'un "Mitterrand" soit au gouvernement (on voudrait pas tre mŽchants, excusons-nous pour ceux que cela choquera mais on ne peut pas se retenir de la faire : cela s'Žtait dŽjˆ produit en 1941 ˆ Vichy ! ), la masse s'en contrefout, ne s'y intŽresse mme pas.

 

C'est ce dŽsintŽrt qui est le fait massif du moment prŽsent en France. Sarkozy et quelques autres s'agitent dans une sphre creuse et vide. Sous leurs pieds ...

 

La grve en Guadeloupe ˆ l'appel du LKP contre Sarkozy, son dialogue social et ses Žtats gŽnŽraux de l'outre-mer, sont le degrŽ suivant, celui o ce dŽsintŽrt apparent se transforme en intervention active. Que les Žlus, ceux de gauche compris, martiniquais et guadeloupŽens, semblent au contraire trs fiers du tutoiement prŽsidentiel (authentique !!! ), ne peut que conduire ˆ s'interroger sur la reprŽsentativitŽ rŽelle de ces gens lˆ.

 

Oui, c'est de tout cela dont Žtait porteuse l'abstention, plus exactement le refus de vote, majoritaire dans la classe ouvrire le 7 juin dernier, mme s'il a permis ˆ Sarkozy de faire comme s'il avait gagnŽ un rŽfŽrendum ; mais justement la chose va se retourner contre lui.

 

Toutefois, cela ne se fera pas tout seul : aidons-y !

 

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Documents.

 

Interview d'Elie Domota au Parisien sur la visite de Sarkozy.

 

Nicolas Sarkozy avait promis de venir en GuadeloupeÇ ds que le calme serait revenu È ? Est-ce le cas ?

Les premires personnes qui annoncent pour lÕinstant son arrivŽe sont les escadrons de gendarmerie qui viennent de dŽbarquer. Si le climat Žtait si fiable, je me demande pourquoi envoyer 1.200 gendarmes supplŽmentaires en Guadeloupe !

Rencontrerez-vous le prŽsident ?

Aucune invitation ne nous a ŽtŽ faite.

Donc, vous ne le rencontrerez pasÉ

A priori non.

O en est lÕapplication des accords dits Jacques Bino ?

L'ƒtat et le Medef veulent revenir sur ces accords signŽs le 4 mars. LÕarrtŽ dÕextension de lÕaccord salarial pris par Brice Hortefeux le 3 avril a remis en cause la pŽrennitŽ de lÕaugmentation de 200 Û au-delˆ de trois ans, ce qui instaure une disparitŽ entre les salariŽs en Guadeloupe et une distorsion de concurrence entre les employeurs. Le gouvernement fait une fois de plus allŽgeance au Medef, alors que les partenaires sociaux avaient trouvŽ un compromis. De plus, le RSTA (NDLR : revenu supplŽmentaire temporaire dÕactivitŽ) mis en place par l'ƒtat pour contribuer, ˆ hauteur de 100 Û, ˆ lÕaugmentation des salaires sÕavre tre un mŽcanisme dÕune complexitŽ insurmontable pour ceux qui devraient en profiter. Tout est fait pour dŽcourager les GuadeloupŽens.

CÕest pour cela que vous avez appelŽ ˆ une semaine de mobilisation au moment de la visite du prŽsident ?

Oui, mais pas seulement. Nous voulons aussi protester contre la rŽpression judiciaire actuellement en cours contre les travailleurs qui ont participŽ ˆ la mobilisation. Mme nos avocats sont convoquŽs au tribunal pour tre mis en examen ! On peut Žgalement parler de rŽpression sociale : les trois plus grands h™tels de lÕ”le ont fermŽ, ce qui a jetŽ ˆ la rue 752 salariŽs, dans le silence complice de l'ƒtat et des Žlus. De plus, l'ƒtat veut autoriser la mise en place de pompes automatiques dans les stations-service, ce qui entra”nerait le licenciement de 1.500 personnes. Cette rŽpression sociale se manifeste encore par des fermetures dÕentreprises de la part dÕemployeurs qui se disent en difficultŽ, alors quÕils ne payent pas leurs cotisations sociales depuis des annŽes.

Il y a eu quand mme des avancŽesÉ

Certes, les prix de certains produits ont baissŽ, ceux de lÕeau et des loyers sont gelŽs, mais on constate que l'ƒtat et les patrons sont en train de sÕorganiser pour revenir ˆ la situation antŽrieure.

Quelles formes prend la mobilisation ?

Il y a un certain nombre de conflits qui perdurent : par exemple, les pompiers de lÕaŽroport sont en grve depuis le 17 dŽcembre. Depuis la signature du protocole, le 4 mars, les grves nÕont en fait jamais cessŽ. Cette semaine, nous nous mobilisons autour des diffŽrents conflits. Tout cela sera ponctuŽ par une grande manifestation samedi dans les rues de Pointe-ˆ-Pitre.

Lundi, ˆ Versailles, Nicolas Sarkozy a ŽvoquŽ, ˆ propos de lÕoutre-mer, la question de lÕŽgalitŽ, et a promis de dŽgager des moyensÉ

JÕai entendu cela, mais cÕest en totale contradiction avec les dŽcisions qui sont prises en Guadeloupe, dÕautant que la discrimination raciale ˆ lÕembauche ne fait que sÕaccentuer contre les GuadeloupŽens. Ce que dit Sarkozy, ce ne sont que des discours. Dans la rŽalitŽ, rien nÕa changŽ, bien au contraire.

Ne regrettez-vous pas dÕavoir refusŽ de participer aux Žtats gŽnŽraux sur lÕoutre-mer ?

Les seules personnes qui se fŽlicitent peut-tre de ces Žtats gŽnŽraux, ce sont le prŽfet, le coordinateur et quelques membres du gouvernement. Ces Žtats gŽnŽraux sont un Žchec total. Les GuadeloupŽens ne savent mme pas de quoi il sÕagit. CÕest un dŽbat de bureaucrates et dÕexperts. Pour cacher la vŽritŽ, on va dire que cela a ŽtŽ la plus grande consultation qui a jamais existŽ sur lÕoutre-mer. Il faut arrter de se moquer des gens : sÕil y a autant de mŽcontentement, cÕest parce que rien nÕest fait pour permettre aux GuadeloupŽens de sÕexpliquer librement.

Vous ne souhaitez pas bienvenue ˆ Nicolas Sarkozy ?

Il est prŽsident, il fait ce quÕil veut de son agendaÉ

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LETTRE OUVERTE DÕAVOCATS A NICOLAS SARKOZY

 

Au moment o certain essaient de faire croire que Sarkozy reprŽsente l' "ƒtat de droit" contre le LKP "qui use de la force", il n'est pas inutile d'avoir connaissance de ce texte :

Pointe-ˆ-Pitre, le 25/06/09

Monsieur le PrŽsident de la RŽpublique,

 

Votre venue Žclair en Guadeloupe et en Martinique est lÕoccasion pour les Avocats que nous sommes de vous interpeller sur la situation inique qui frappe tous ceux dÕentre nous qui ont osŽ et osent encore se dresser contre les dysfonctionnements de lÕappareil judiciaire qui sŽvissent et prosprent Ç sous les cocotiers È.

 

La lutte pour la dŽfense des droits de lÕHomme est un combat permanent et passe par la dŽfense intransigeante de la violation des droits de ceux qui ont pour mission de DEFENDRE.

 

CÕest en ce combat que nous Avocats GuadeloupŽens et Martiniquais militants, croyons de toutes nos forces, souvent au pŽril de notre libertŽ de penser, voire de notre libertŽ tout court.

 

Faut-il vous rappeler que dŽjˆ, aprs les Žvnements de Mai 1967, qui ont dŽcimŽ les populations ouvrires en Guadeloupe, le B‰tonnier FŽlix RODES, devait compara”tre en 1968 devant la Cour de sžretŽ de lÕŽtat (franais bien sžr) pour y tre acquittŽ.

 

Faut-il vous rappeler quÕen 1983, le B‰tonnier Roland EZELIN allait faire lÕobjet de poursuites disciplinaires ˆ la demande du Parquet GŽnŽral pour des faits dÕoutrage, faits pour lesquels la Cour EuropŽenne des Droits de lÕHomme le blanchira totalement et condamnera la France (arrt Strasbourg 26 Avril 1991 - EZELIN contre France).

 

Faut-il vous rappeler que quelques annŽes plus tard, Ma”tre Brigitte RODES, conna”tra les foudres du Parquet pour des faits dÕoutrage, avant dÕtre relaxŽe par le Tribunal Correctionnel.

 

Faut-il vous rappeler que Ma”tre FALLA conna”tra la cŽlŽritŽ du mme parquet et dÕun magistrat du sige pour avoir rŽpondu ˆ une interview et se voir par lˆ mme poursuivi ˆ Paris pour des faits de diffamation envers un magistrat.

 

Faut-il vous rappeler que Ma”tre Harry DURIMEL (lÕAvocat ayant dŽnoncŽ le scandale du chlordŽcone), sera la cible du Parquet en 2007, avant que la procŽdure inique diligentŽe ˆ son encontre ne soit purement et simplement annulŽe par la Chambre de lÕInstruction, pour tre finalement contre toute attente validŽe par la Cour de Cassation.

 

Faut-il vous rappeler que Ma”tres Sarah ARISTIDE et Patrice TACITA, dŽposeront plainte avec constitution de partie civile en 2007 et 2008 pour Žcoutes illicites et que le Parquet fera tout pour Žtouffer ces deux affaires.

 

Mieux faut-il vous rappeler que ces deux Avocats se verront poursuivis par un juge dÕInstruction et le procureur de la rŽpublique de POINTE-A-PITRE, pour avoir osŽ dŽnoncŽ publiquement le traitement rŽservŽ ˆ leurs plaintes, pour des faits de diffamation publique envers un magistrat et de violation du secret professionnel.

 

Faut-il vous rappeler que la procŽdure initiŽe ˆ lÕencontre de Ma”tre ARISTIDE et TACITA est aujourdÕhui confiŽe ˆ un juge dÕinstruction parisien dans le seul but de couper ces Avocats militants dÕune vŽritable justice, de leur soutien populaire et de leurs Conseils GuadeloupŽens Martiniquais et Guyanais.

 

Faut-il vous rappeler que nos Confrres militants pour ces mmes valeurs en terre Martiniquaise ne sont pas mieux lotis et que ce sont encore une fois toujours les mmes Ma”tres MANVILLE, DUHAMEL, GERMANY, CONSTANT et autres, qui subissent les affres de la mme justice coloniale.

 

Faut-il vous rappeler que dÕautres Avocats outre les procŽdures judiciaires sus visŽes, subissent au quotidien la fŽrocitŽ du recouvrement fiscal et social.

 

Est-il normal que les foudres de cette justice lˆ sÕabattent de faon systŽmatique et implacable sur tous ceux qui osent la dŽnoncer et la combattre ?

 

Si nous nÕavions pas fait le choix dÕtre des Avocats Militants, engagŽs aux c™tŽs des plus dŽmunis, des Žtrangers et des syndicalistes, il est certain que nous ne subirions pas encore aujourdÕhui le sort de ceux que lÕordre rŽpressif veut briser pour museler les droits de la dŽfense.

 

Il y aurait largement matire ˆ ce quÕune commission parlementaire enqute sur ces dysfonctionnements qui dŽshonorent lÕŽtat de droit.

 

Nous ne pouvions demeurer taisant, ˆ lÕheure o vous vous apprtez ˆ fouler notre PŽyi Gwadloup et ne dŽsespŽrons pas dÕune rŽponse de votre part face ˆ nos lŽgitimes interrogations.

 

Nous vous prions de croire Monsieur le PrŽsident de la RŽpublique ˆ lÕassurance de nos salutations distinguŽes.

 

Messieurs les B‰tonniers Roland EZELIN – FŽlix RODES,

Ma”tres Sarah ARISTIDE - Evita CHEVRY – Brigitte RODES – RenŽ FALLA – Harry DURIMEL - Patrice TACITA.

 

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29 juin 2009, Charles Hoareau, responsable CGT des Bouches du Rh™ne, est convoquŽ au tribunal correctionnel de Marseille

 

ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE !

PŽtition en soutien ˆ Charles Hoareau et contre la criminalisation du mouvement social et de la rŽsistance syndicale.

Rappel :

Le 29 juin 2009, Charles Hoareau, responsable CGT des Bouches du Rh™ne, est convoquŽ au tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre dÕun conflit du travail qui oppose la sociŽtŽ ADOMA et 39 de ses salariŽs depuis novembre 2007, pour rŽpondre des accusations de "menaces rŽpŽtŽes" lancŽes contre lui par lÕun des reprŽsentants dÕADOMA.

Il y a quelques semaines, Charles Hoareau a mme ŽtŽ placŽ plus de 24 heures en garde ˆ vue dans ce cadre.

Il voit ainsi son nom inscrit ˆ la suite de la longue liste des nombreux militants poursuivis judiciairement, de faon systŽmatique, et parfois avec acharnement, notamment, depuis quelques annŽes :

les travailleurs en lutte des chantiers navals de Saint-Nazaire, Roberto Ferrario et Bellaciao, Elie Domota (LKP), GŽrard Jodar et les militants de lÕUSTKE (Kanaky), les manifestants et syndicalistes inculpŽs ˆ Saint Nazaire le 29 janvier, GŽrard Filoche, inspecteur du travail poursuivi pour dŽlit dÕentrave, ClŽment Onimus, doctorant ˆ lÕEPHE accusŽ de violence envers un CRS au moment du conflit des universitŽs, mais aussi, les 49 inculpŽs de la place de la Nation le 19 mars, les 74 agents dÕEDF-GDF, et bien dÕautres.

Cette pŽtition vise ˆ le soutenir, mais au-delˆ, ˆ soutenir tous les syndicalistes et salariŽs en lutte pour leur dignitŽ, leurs salaires et leurs emplois, et pour sÕopposer ˆ la criminalisation du mouvement social.

 

TEXTE DE LA PƒTITION :

Depuis quelques mois se multiplient les actes dÕintimidation en direction de celles et ceux qui se battent pour le progrs social ou la dŽfense des droits des salariŽ-e-s et citoyen-nes de ce pays. Dans cette entreprise, pouvoir et grand patronat font de plus en plus souvent appel aux services de police et ˆ lÕappareil judiciaire.

Ainsi, dans cette logique, se retrouvent entrainŽ-e-s dans des procŽdures pŽnales des hommes et des femmes dont le seul tort est dÕavoir dŽfendu une autre conception de la sociŽtŽ que celle dÕune logique de profit et dÕŽcrasement de lÕhomme, dÕavoir participŽ ˆ des luttes pour lÕemploi, les salaires, le service public, la dŽmocratie, les libertŽs, la dŽfense des sans papiers.

Victimes de cette rŽpression sans prŽcŽdent, solidaires de ces militant-e-s du bonheur, nous voulons dire avec force aux tenants du pouvoir que lÕon ne nous fera pas taire !

HŽritiers et hŽritires dÕun mouvement ouvrier qui a connu dans son histoire la rŽpression, la clandestinitŽ, la lutte antifasciste et les guerres coloniales et nÕa jamais reculŽ, nous ne reculerons pas nous non plus devant les menaces.

LÕavenir des droits et libertŽs de ce pays en dŽpend.

Jamais dans lÕhistoire la rŽpression nÕest venue ˆ bout durablement de la lutte pour la justice.

Nous continuerons !

 

PREMIERS SIGNATAIRES :

AndrŽ Fadda, responsable USM CGT Saint Nazaire 
Charles Hoareau, responsable syndical, CGT Bouches du Rh™ne, poursuivi pour "menaces rŽpŽtŽs" 
Elie Domota, porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon), Gwadloup 
GŽrard Jodar, secrŽtaire gŽnŽralal de l'USTKE, poursuivi et emprisonnŽ en Nouvelle CalŽdonie - Kanaky avec 28 syndicalistes 
Paul Bartoli, Žlu DP CE CGT BNPP,conseiller prud'homme Bastia 
Jean-Dominique Marchioni, dŽlŽguŽ syndical CGT Porto-Vecchio ,membre du comitŽ fŽdŽral des banques et assurances 
Jean Franois Tealdi, secrŽtaire gŽnŽral SNJ CGT France TŽlŽvisions 
GŽrard Filoche,Inspecteur du travail, poursuivi pour "dŽlit d'entrave" 
Jean Luc Botella, secrŽtaire gŽnŽral CGT PTT Bouches du Rhe 
Pascal Galeote, secrŽtaire gŽnŽral adjoint CGT Port de Marseille 
Roberto Ferrario, co-fondateur du site Bellaciao.org, poursuivi pour diffamation en 2007 par les Chantiers navals de Saint Nazaire et relaxŽ, SNJ CGT 
SolidaritŽ Kanaky, collectif de lutte contre la rŽpression de l'USTKE en Kanaky 
France Weyl, Avocate ˆ la cour (Paris) 
Raymond MŽrat, Avocat ˆla cour, ReprŽsentant ˆ GenŽve de l'Association internationale des juristes dŽmocrates 
Roland Weyl, Avocat ˆ la cour (Paris) 
Union DŽpartementale CGT de Paris (CGT 75) 
Daniel Play, secrŽtaire de l' UL de Porto Vecchio, Žlu syndical CGT La Poste

 

Pour signer cette pŽtition :

http://www.lapetition.be/en-ligne/ils-ne-nous-feront-pas-taire--4483.html

 

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A propos de l'Žvacuation de la Bourse du travail de Paris.

 

Au moment o il faudrait, comme en Guadeloupe, refuser le "dialogue social"' avec Sarkozy et mobiliser en vue de regrouper tous les travailleurs de toutes les entreprises victimes de "plans de sauvegarde de l'emploi" (ce qui veut dire licenciements), au moment o il aurait fallu se porter devant chez Total pour dŽfendre les ouvriers de Lindsey qui se sont exemplairement dŽfendus tous seuls avec l'aide de leur classe, quelle est l'initiative forte du syndicalisme confŽdŽrŽ franais, de sa premire et plus importante organisation, la CGT, en cette fin juin 2009, qui restera dans les annales ?

Il est ˆ craindre que ce soit ceci : une bande de gros bras, armoires ˆ glace, nervis, miliciens, selon les termes des tŽmoins dans un rŽcit gŽnŽral de violence et de mŽpris qu'y compris l'article de Marie Barbier paru dans L'HumanitŽ confirme sur le fond, a dŽlogŽ les sans-papiers de la Coordination 75 (CSP 75) qui occupaient par roulement la Bourse du travail de Paris depuis 14 mois. Cette initiative a ŽtŽ prise et est revendiquŽe par la CE de l'Union DŽpartementale CGT de Paris.

Il convient de rappeler les faits ŽlŽmentaires pour tout militant attachŽ ˆ la CGT, ce qui est notre cas.

S'il 'Žtait agi d'une bande de provocateurs, ils ne seraient pas restŽs plus d'un an dans les halls du local syndical, prŽsentant d'ailleurs cette installation, depuis avril dernier, non comme une "occupation", mais comme un "refuge" dans les locaux syndicaux contre le gouvernement. La Bourse du travail, asile pour les travailleur en qute d'asile et de papiers ...

 

A l'origine, un "malentendu" qui n'en est pas un : quand la CGT dŽcide d'organiser les premires grves de sans-papiers, trs Žnergiquement et habilement menŽes par une petite Žquipe animŽe notamment par Raymond Chauveau de l'UL de Massy et Jean-Claude Amara de Droits Devants !, la direction confŽdŽrale suivant ce dossier essentiel, reprŽsentŽe par Francine Blanche, dŽcide en mme temps de limiter prŽalablement le nombre de dossiers ˆ prŽsenter devant la prŽfecture de Paris. Mais en mme temps le coup de sonde lancŽ dans la classe ouvrire immigrŽe par cette action courageuse est efficace, et ce sont des milliers qui se prŽsentent au syndicat ! Absurdement -en apparence, nous allons y revenir- le nombre des dossiers dŽfendus et mme des cartes syndicales accordŽes ˆ ceux en faisant la demande sera limitŽ !

 

ƒcartons les arguments faciles destinŽs aux militants combatifs mais un peu confiant a priori, du genre "faut pas dŽconner, la CGT dŽfend les mecs qui sont en lutte en prioritŽ, on est pas des bonnes sÏurs". Depuis quand refuse-t-on de dŽfendre voire de syndiquer un travailleur qui s'adresse au syndicat ? Surtout quand il vient des secteurs o la lutte semble la plus difficile ? Surtout sachant que les sans-papiers de la CSP 75 sont majoritairement des travailleurs isolŽs, dans l"intŽrim ou le gardiennage ? Et que justement leur appartenance associative et leur adhŽsion au syndicat manifestent leur volontŽ de lutter, sont dŽjˆ des actes de lutte ? ƒcartons donc ces arguments dŽmagos pour abuser le gogo.

 

L'UD CGT de Paris affirme avoir proposŽ de dŽfendre leurs dossiers aux sans-papiers de la CSP 75 et que c'est celle-ci qui aurait bloquŽ. En tous cas les choses n'ont pas commencŽ ainsi. Et le 15 avril les sans-papiers "occupant" la Bourse se rassemblaient aux c™tŽ de la CGT ... mais se voyaient interdire la parole.

 

Compte-tenu de ce qui a ŽtŽ fait pour dresser ces travailleurs contre le syndicat, le plus remarquable est bien qu'ils aient maintenu une ligne gŽnŽrale demandant la syndicalisation et l'action commune de bout en bout, mme si des propos vexants ou autres on pu tre tenus, des incidents se sont produits, l'activitŽ syndicale Žtant entravŽe selon les uns, la prŽsence de travailleurs sans-papiers dans une partie des locaux n'ayant pas d'effets perturbateurs selon les autres. Le dŽbat a tendance ˆ se focaliser sur le fait mme de l' "occupation" : la Bourse du travail peut bien tre un asile de nuit entend-on du c™tŽ de la CSP 75, l'occupation d'un local syndical Žtant un acte antisyndical entend-on du c™tŽ de l'UD CGT.

 

Quel est en fait le fond du problme ?

Il est dans la dŽcision politique de ne pas faire avancer le mouvement des grves de sans-papiers, dŽclenchŽ par des cadres de la CGT eux-mmes, jusqu'ˆ une mobilisation gŽnŽrale, nationale, contre Hortefeux (ˆ l'Žpoque) et Sarkozy.

 

Cette auto-limitation sŽvre du mouvement, au niveau de la CGT, Žtait justifiŽe par la nŽcessitŽ d'engranger des rŽsultats -des rŽgularisations par le travail.

 

S'il est bien difficile, car l'opacitŽ rgne, de savoir ce qu'il en est plus d'un an aprs, il semble qu'il y ait eu environ 2000 rŽgularisations pour des dizaines de milliers de demandes, mais aussi un nombre non connu, mais rŽel, de licenciements et d'expulsion, la CSP 75 affirmant de son c™tŽ avoir obtenu la rŽgularisation de prŽs de 200 dossiers dans la mme pŽriode.

 

En agissant tous ensemble de manire centralisŽe contre Hortefeux et Sarkozy, de tout autres rŽsultats pouvaient tre obtenus. Des sicles de lutte syndicale, de lutte sociale, l'ont enseignŽ : on n'obtient pas de bons rŽsultats en traitant son adversaire en "partenaire".

 

Pire encore, cette Žvacuation musclŽe intervient au moment mme o plusieurs associations et partis (dont le PCF) soutenaient sur Paris l'occupation de l'URSAF par des sans-papiers (dont la CSP 75) pour exiger qu'on leur rende l'argent volŽ qu'ils ont cotisŽ, puisqu'en les expulsant, la France s'approprie leurs cotisations sociales !

 

On ne s'Žtonnera pas que la direction de la CFDT fŽlicite celle de la CGT dans cette affaire ! De nombreux militants, du c™tŽ notamment de la FSU, de Solidaires, du NPA, de RESF, appellent ˆ "sortir par le haut" en une rŽconciliation gŽnŽrale.

 

C'est bien gentil, mais il n'y a qu'une chose ˆ faire : dŽfendre tous ensemble tous les dossiers et se regrouper, par exemple dans une manifestation nationale, pour la rŽgularisation gŽnŽrale. Si cela avait ŽtŽ fait peu aprs que les premires grves dans les restaurants, comme celle de la Grande ArmŽe, avaient ŽbranlŽ l' "opinion publique", il n'y aurait pas eu d'occupation de la Bourse du travail de Paris, ni d'agression musclŽe des sans-papiers par le SO de l'UD, et surtout des milliers seraient aujourd'hui rŽgularisŽs, auraient renforcŽ les rangs du syndicat et tous ensemble nous serions plus fort pour poursuivre le combat !

 

VP, le 27 juin 2009.

 

* * * *

Notes sur la rŽvolution iranienne.

 

 

Voila maintenant deux semaines que les choses ont basculŽ en Iran.

Comme toute vraie explosion sociale, ce ne fut pas en vŽritŽ un coup de tonnerre dans un ciel serein, en tous cas pour celles et ceux qui voulaient bien voir au delˆ de la prŽsentation habituelle des choses par les mŽdias, selon laquelle l'Iran serait rŽellement un pays dans lequel la majoritŽ de la population adhŽrerait aux principes dits "islamiques".

 

Les prŽmisses du mouvement actuel.

 

La pression monte en Iran depuis plusieurs annŽes. Pression sociale de la classe ouvrire et des fonctionnaires qui sont les premires victimes d'une crise Žconomique du capitalisme qui sŽvit ici comme ailleurs. Elle est, ici, aggravŽe, par l'important clientŽlisme du rŽgime, qui -comme d'autres pays o la rente pŽtrolire joue un grand r™le- achte des soutiens, y compris dans des couches pauvres ˆ l'origine, par des prŽbendes, pensions, postes, pistons, cherchant lui-mme ˆ corrompre le peuple au nom de la "puretŽ islamique" et prŽsentant cela comme le fruit de la rŽvolution islamique en faveur des pauvres : il est des gogos, en Occident, dans la gauche forte-penseuse ˆ qui on ne la fait pas, pour confondre ce phŽnomne assez classique avec un prŽtendu soutien populaire ˆ Ahmadinejad.

 

Dans le cas de l'Iran, cette pratique s'inscrit dans la continuitŽ de l'organisation de groupes de soutien au rŽgime et de milices, telles que les fameux Bassidjis tristement cŽlbres depuis ces derniers jours. La gauche forte-penseuse ˆ qui on ne la fait pas devrait reconna”tre dans ces bandes les Sections d'assaut, les Fascio, les Blacks and Tans (Irlande, 1920), les Interhamwe (Ruanda, 1994) de toujours, bref, les bandes fascistes toujours payŽes pour a, et ne pas confondre bandes lumpens bien payŽes et soutien populaire d'un rŽgime !

 

Les grves ouvrires, les revendications salariales, la formation de syndicats indŽpendants de l'appareil du rŽgime (maisons du travail et conseil islamique du travail forment une structure assez analogue ˆ la Charte du travail de PŽtain en France en 1942 et aux "syndicats verticaux" franquistes en Espagne) comme le syndicat des traminots de TŽhŽran, se sont multipliŽs ces dernires annŽes.

 

En mme temps, le refus par la jeunesse d'une sociŽtŽ Žtouffante est allŽ croissant, et donc la contestation dans les universitŽs. La gauche forte penseuse ˆ qui on la fait pas a un peu tendance ˆ prendre pour des "bobos branchŽs" cette jeunesse intellectuelle souvent hŽro•que, alors que c'est elle -je veux dire notre gauche forte penseuse ˆ qui on la fait pas- qui vit souvent de faon ... bobo.

 

La montŽe ouvrire s'est exprimŽe le 1¡ mai, avec de nombreuses manifestations et une rŽpression violente, comprenant les ch‰timents physiques tels que flagellation, etc., qui n'ont rien de "populaire" et qui, de plus en plus, offensent le sentiment populaire, offensent le sentiment humain, et rŽpandent un opprobre qui ne peut que retomber sur ses auteurs et commanditaires.

 

La montŽe sociale contre l'Žtouffement, pour la libertŽ d'expression, et l'agitation de la jeunesse et des intellectuels se sont saisis des Žlections prŽsidentielles. La majoritŽ de la sociŽtŽ en a fait autant, ce qui veut dire que la majoritŽ des travailleurs iraniens ont choisi de ne pas s'abstenir -comme ils l'avaient fait en 2004- mais de porter un coup ˆ Ahmadinejad en votant pour son principal challenger, Moussavi, tout en sachant trs bien que celui-ci, ancien premier ministre de Khomeiny dans les annŽes 1980, est un homme du rŽgime jusqu'ˆ la moelle.

 

Ce qui a commencŽ le 13 juin.

 

Au passage, notons qu'en Iran, dans des Žlections plus antidŽmocratiques encore que nos soi-disant Žlections "europŽennes", les travailleurs, par leur mouvement propre car peu d'organisation les appelaient ˆ agir ainsi, n'ont pas choisi l'abstention. Difficile de savoir si une abstention massive aurait pu tre la base d'une explosion comme celle qui s'est produit au lendemain des Žlections, ˆ partir du 13 juin.

 

Dans cette explosion ont convergŽ les deux vagues montantes, celle des salariŽs victimes de la crise et du clientŽlisme qui leur enlve encore le peu qu'ils ont au profit des Bassidjis et autres petits nervis, et celle de la sociŽtŽ, couches "moyennes" comprises, contre l'Žtouffoir islamiste, la vague du 1¡ mai et la vague des Žlections, mais sur un terrain -la manifestation de rue- plus proche dŽjˆ du 1¡ mai.

 

Personne -ni Ahmadinejad ni Moussavi- ne croit ˆ une "rŽvolution verte" (seuls quelques reprŽsentants de la gauche forte penseuse ˆ qui on la fait pas, en Occident, croient qu'il y a un complot de la CIA et du MI15 pour monter une sorte de coup ˆ l'ukrainienne ou ˆ la gŽorgienne, o la couleur verte remplace l'orange). Au delˆ des quelques forces directement liŽes ˆ Moussavi -soit trs faibles, soit encore planquŽes dans l'appareil d'ƒtat, des mollahs et de l'armŽe- le vert n'a ŽtŽ qu'un alibi pour pouvoir manifester. Le vert, rappelons-le, est dŽjˆ la couleur officielle du rŽgime puisqu'il est celle de l'islam.

 

Un ŽlŽment a certainement poussŽ ˆ l'explosion spontanŽe, c'est la tension guerrire et le fait que la date des Žlections Žtaient prŽsentŽe comme devant ouvrir la voie d'une aggravation de la marche ˆ la guerre avec les ƒtats-Unis et avec Isra‘l : dans ce registre, les rodomontades d'Ahmadinejad et le discours des faucons de Washington et de Netanyahou vont exactement dans le mme sens. La classe ouvrire et la sociŽtŽ iraniennes ne veulent pas de la guerre, tout en Žtant attachŽes ˆ l'indŽpendance de leur pays, ce qui ne veut pas dire qu'ils soutiennent le programme nuclŽaire de mollahs car celui-ci, en vŽritŽ, ne les protge absolument pas, au contraire. Il y avait donc ce sous-entendu latent qu'une fois Ahmadinejad rŽŽlu, on reprendrait les affaires courantes c'est-ˆ-dire la marche ˆ la guerre, et cela la sociŽtŽ le refusait. Le capitalisme porte la guerre, la rŽvolution sociale la repousse.

 

Le tournant annoncŽ par le 20 juin.

 

Le moment o le mot "rŽvolution" s'est imposŽ pour l'Iran ˆ une analyse sŽrieuse, marxiste, de la situation, est prŽcis : c'est le samedi 20 juin 2009.

 

Ce n'est pas ˆ dire que jusque lˆ, il n'y a pas eu un mouvement imposant, considŽrable, mobilisant plusieurs millions de manifestants et cela, dans tout le pays. Mais cette hirondelle ferait-elle le printemps ? La rŽponse ˆ cette question n'Žtait pas liŽe qu'au nombre, mais ˆ la nature des mots d'ordre et ˆ la place de la classe ouvrire.

 

La prŽpondŽrance croissante des mots d'ordre "A bas la dictature !", "A bas le dictateur !", "A bas les dictateurs !" -Ahmadinejad et aussi Khamenei-, voire "Mort ˆ Khamenei !", "Mort ˆ la rŽpublique islamique !", au dŽtriment des mots d'ordre simplement "moussavistes", est une indication trs importante sur ce qui se passe.

 

Cette radicalisation, inscrite dans toute la rŽalitŽ, a ŽtŽ accŽlŽrŽe par le discours de Khamenei le vendredi 19 juin au matin : Khamenei, l'homme qui a traitŽ tout son peuple d'agents de l'Žtranger !

 

A partir de lˆ, nous avons un mouvement qui, explicitement c'est-ˆ-dire consciemment puisque la conscience suppose que les choses soient dites, vise le renversement du rŽgime : mort ˆ la RŽpublique islamique !

 

En mme temps, les grves rŽgulires lancŽes ˆ Iran Khodro, supposant une organisation des travailleurs, le r™le de syndicats indŽpendants, notamment celui des bus, Vahed, les tracts des organisations rŽvolutionnaires, ont indiquŽ que la classe ouvrire en tant que telle, avec ses mŽthodes, intervenait, et intervenait prŽcisŽment pour centrer politiquement la bataille sur la question du pouvoir, du vrai pouvoir : contre Khamenei, en riposte ˆ Khamenei, mort ˆ la RŽpublique islamique !

 

Le tout sur un fondement o le soutien de la majoritŽ de la population s'exprime notamment la nuit, quand le cri "Allah Akbar" retentit sur tous les toits de toutes les villes, les Bassidjis n'en pouvant mais.

 

Je sais bien que ce cri est islamique : mais en Iran, comme d'ailleurs en TchŽtchŽnie ou dans d'autres endroits, il raccorde la lutte d'aujourd'hui ˆ celle d'autrefois, ˆ la rŽvolution de 1979.

 

Et c'est peut-tre lˆ le plus fort : en renouant avec 1979, donc en opposant  la tradition de 1979 ˆ ceux qui l'ont volŽe et essayent de la tuer, les peuples d'Iran mettent les pieds dans la rŽvolution prŽsente et se donnent confiance et par consŽquent deviennent plus fort, car la confiance, c'est la force.

 

La gauche forte penseuse ˆ qui on ne la fait pas est naturellement sceptique et invoque le "manque d'information" et le fait que ces informations viennent des "mŽdias" -elle ne veut pas savoir que les dits mŽdias ont souvent repris sans le dire les vidŽos parvenues par les militants rŽvolutionnaires. Mais on ne lui fait pas croire, ˆ la gauche forte penseuse ˆ qui on ne la fait pas, que des millions de manifestants se soulvent et affrontent un ƒtat, ˆ elle qui soutient des ƒtats, et attend le salut de l'ƒtat. Par contre elle sait, parce qu'on ne la lui fait pas, que la CIA, le Mossad et le MI15 tirent les ficelles ! Elle sait que, si Ahmadinejad apparait comme mŽchant sur nos mŽdias, c'est qu'en rŽalitŽ ... il n'est pas si mŽchant ! Elle s'imagine qu'on veut l'intoxiquer avec la rŽvolution en Iran, la gauche forte penseuse ˆ qui on ne la fait pas, elle pense que les mŽdias font campagne, elle n'a mme pas vu comme le dŽcs du pauvre Micha‘l Jackson a si opportunŽment permis aux mmes mŽdias de faire dispara”tre l'Iran de leurs images ...

 

Depuis le 20 juin.

 

Cela dit, depuis le 20 juin, la rŽpression est parvenue ˆ empcher de grandes manifestations et affrontements analogues ˆ ce qui s'Žtait produit du 13 au 20 juin inclus. Le rideau de fer au niveau de l'information s'est resserrŽ, et il est donc possible, sans que l'on puisse l'affirmer, que le mouvement est en fait connu un recul relatif par rapport ˆ sa premire semaine, et ait de nombreuses victimes -des centaines, peut-tre des milliers.

 

Les informations en provenance de portables et de vidŽos se rarŽfient mais permettent quand mme de prŽciser quelques aspects de cette seconde semaine :

- les manifestations continuent, plus Žparses, moins massives, mais ne sont possibles qu'avec un soutien populaire massif.

- les mots d'ordre contre le rŽgime dominent,

- le mouvement s'Žtend, par contre, au Kurdistan et dans les secteurs o se trouvent les "minoritŽs" nationales qui sont, rappelons-le, majoritaires en Iran.

- les affrontements ciblŽs, extrmement violents, contre les Bassidjis et les nervis du rŽgime, se multiplient et sont ˆ l'occasion victorieux ; des "manuels" sur le combat de rue circulent (voir sur le site http://bataillesocialiste.wordpress.com/).

 

Nous manquons malheureusement ˆ ce jour d'information sur le mouvement en milieu ouvrier, prolongeant ce qui s'Žtait engagŽ les 19 et 20 juin.

 

Un point s'est imposŽ ˆ tous les commentateurs : la prŽsence massive et parfois majoritaires des femmes dans les manifestations ; leur participation active aux affrontements physiques ; et le fait que certaines enlvent parfois ostensiblement leur voile (obligatoire en Iran, ce qui constitue en fait le symbole de la contre-rŽvolution de Khomeiny). Un article du Monde du 26 juin le souligne d'ailleurs, tout en essayant curieusement d'expliquer que les revendications d'ŽgalitŽ ne sont pas au premier plan (comprenne qui pourra ! ... en fait il s'agit d'un alignement sur la "fŽministe" officielle et fort modŽrŽe : Mme Moussavi !!)

 

L'on peut donc affirmer que le mouvement continue et s'approfondit. Parler de rŽvolution, ce n'est pas encore parler de victoire de la rŽvolution. C'est au contraire un chemin difficile. Le pas en avant du 20 juin annonce ce qui serait la seule voie de la victoire : la conqute de la direction du mouvement, qui actuellement n'en a pas -Moussavi ne le dirige pas- par la classe ouvrire organisŽe, ce qui suppose justement qu'elle s'organise. C'est le sens de l'appel du camarade Maziar Razi, datŽ du 21 juin, au nom de l'organisation trotskyste iranienne -il n'y en a pas 36 et celle-ci regroupe les militants ayant vŽcu, survŽcu et tirŽ les leons des batailles prŽcŽdentes.

 

Pour que se fasse ce pas en avant, des mots d'ordre sont nŽcessaires, ˆ la fois immŽdiat et traant une perspective au niveau du pouvoir (on y reviendra). La validitŽ des mots d'ordre prŽconisant le pouvoir des chouras (conseils) indique le caractre rŽvolutionnaire du mouvement engagŽ comme mouvement de masse : non pas "rŽvolutionnaire" au sens o il s'auto-proclamerait tel, mais par son contenu rŽel.

 

Voila pourquoi il fallait dire dŽs le 20 juin que c'est la rŽvolution -la rŽvolution socialiste- qui constitue le contenu du mouvement de soulvement engagŽ en Iran.

 

Encore une fois sur la gauche forte penseuse ˆ qui on ne la fait pas.

 

SpontanŽment, les jeunes et les salariŽs se sentent solidaires des opprimŽs qui se soulvent. Ce sentiment est ˆ l'Ïuvre envers l'Iran, dans le monde entier, en France aussi. Il n'est pas platonique : il sera un facteur indispensable et important de la victoire.

C'est pourquoi tout ce qui le dissipe, le fait douter, reprŽsente un soutien actif ˆ la contre-rŽvolution armŽe, aux tortionnaires.

 

C'est pour cette raison qu'il mŽrite que l'on s'acharne un peu sur cette "gauche forte penseuse ˆ qui on ne la fait pas", ces gens "informŽs" pour qui tout mouvement populaire en Iran contre le rŽgime ne peut que faire le jeu de l'AmŽrique.

 

A qui fera-t-on croire que l'Iran n'est pas un pays capitaliste ? Ahmadinejad est surnommŽ "l'homme de Dieu et des privatisations". Ce n'est pas pour rien !

 

Mais il faudrait soutenir qui s'oppose ˆ l'AmŽrique ... c'est lˆ confondre lutte des classes et lutte de camps gŽostratŽgique qui, au demeurant, sont des camps largement imaginaires en ce qui concerne le camp prŽtendument anti-impŽrialiste et anti-amŽricain.

 

La machine ˆ faire douter a donc fonctionnŽ ˆ plein rŽgime ces derniers jours. Cela va de la crapulerie nŽo-fasciste dissimulŽe en langage de gauche nŽostalinien, avec James Petras, idŽologue qui, par le biais de l'antisionisme masque de son antisŽmitisme, tend notoirement la main aux ... nŽo-conservateurs nord-amŽricain eux-mmes, mais qui plastronne sur des sites tels que Bellaciao, rŽputŽs de gauche, engagŽs activement aux c™tŽs des nervis, des tortionnaires, de l'ƒtat du capital en Iran ; au doute mŽthodique savamment cultivŽ de fort jŽsuitique ˆ la manire d' un Jean-Luc MŽlenchon sur le mode "ces Iraniens, tous des islamistes, on va pas aller se tremper lˆ-dedans" ...

 

Cette polŽmique est nŽcessaire car la place d'une force politique telle que le Parti de Gauche, par exemple, devrait tre drapeaux dŽployŽs contre l'ambassade d'Iran.

 

Mais, vous n'y pensez pas, BHL, le trs stupide et trs mŽdiatique Bernard-Henri LŽvy soutient les manifestants iraniens, combattons donc BHL !

 

Que l'on sache, BHL ne soutient pas le syndicat Vahed, ni les ouvriers d'Iran Khodro, ni les communistes, trotskystes, hekmatistes dont viennent les informations sur le mouvement rŽvolutionnaire ... mais quand bien mme, on dirait que le combat contre BHL est plus important pour certains que le soutien aux travailleurs en chair et en os !

 

Laissons les ˆ ce combat, dans cette complicitŽ qui les unit, au fond, ˆ BHL, d'accord pour se justifier les uns par les autres "tu soutiens le VŽnŽzuela et la Bolivie, ils sont donc totalitaires" d'un c™tŽ, "tu soutiens les TibŽtains et les Iraniens, donc je les soutiens pas" de l'autre, et rejetons cette complicitŽ de bien pensants unis, au fond, contre l'unitŽ mondiale de la lutte des classes de Chicago ˆ TŽhŽran !

 

Un mot sur Chavez.

 

Un mot encore sur ce chapitre, ˆ propos de Chavez.

Les camarades du Courant Marxiste RŽvolutionnaire du Venezuela appartiennent ˆ la mme organisation internationale que les trotskystes iraniens comme Maziar Razi. Ils apparaissent comme "bolivariens" sinon comme "chavistes", Chavez ayant lui-mme reu leur responsable international Alan Woods, et ils ont, trs nŽcessairement, trs honorablement et trs pŽdagogiquement, diffusŽ au Venezuela une dŽclaration (disponible en franais : http://www.lariposte.com/Solidarite-avec-le-mouvement-des-masses-iraniennes-1238.html) qui rejette l'amalgame inf‰me dressŽ par les Petras et autres propagateurs des rumeur des services iraniens ou chinois, entre la rŽvolution iranienne qui se lve et les tentatives de coups d'Etat anti-chavistes au Venezuela comme le lock-out patronal dŽguisŽ en "grve pour la dŽmocratie", dŽjouŽ par la mobilisation des masses en 2002.

 

Ils sont donc en dŽsaccord avec les dŽclarations de Chavez et les combattent. Cependant, ces dŽclarations interrogent sur la nature ... de Chavez.

 

Celui-ci soutient sincrement Amadinejad et il est de son point de vue ˆ lui tout ˆ fait consŽquent : faire semblant de dresser un front anti-amŽricain et anti-impŽrialiste avec l'Iran, front de pays capitalistes se permettant des concessions aux masses dans le cas du Venezuela, le paiement de bandes de type fasciste dans le cas de l'Iran, sans aucune rupture rŽelle avec l'impŽrialisme et le capitalisme, telle est bien la stratŽgie de Chavez. Mettant ˆ mal cette stratŽgie, la destruction de la RŽpublique islamique par les peuples d'Iran serait une trs bonne nouvelle pour les travailleurs du Venezuela, pour qu'ils s'organisent en toute indŽpendance de classe envers l'ƒtat bourgeois dont Chavez est le prŽsident, condition indispensable non seulement pour la victoire finale, mais pour la simple prŽservation des acquis "bolivariens".

 

A propos de la question religieuse.

 

Dans l'argumentation des "sceptiques" qui ne veulent pas se mouiller ˆ propos de l'Iran, on a ce prŽjugŽ vŽhiculŽ par les mŽdias occidentaux, ce qui est d'autant plus remarquable que nos grands sceptiques sont gŽnŽralement des gens qui ne croient pas ˆ ce que leur disent les mŽdias ... prŽjugŽ selon lequel les Iraniens auraient des motivations essentiellement religieuses !

 

C'Žtait dŽjˆ faux en 1979. La rŽvolution contre le Chah Žtait motivŽe par les revendications populaires, la soif de dŽmocratie de l'immense majoritŽ et les aspirations nationales des Kurdes, Arabes, Turkmnes, Baloutches ... La thŽmatique religieuse a ŽtŽ celle de la contre-rŽvolution, qui a manipulŽ, utilisŽ, exploitŽ, les sentiments religieux des masses.

 

Avec cependant une grande prudence. Ce qu'ils choisissent dans ces sentiments, ce sont les croyances les plus sombres entretenues par le manque dŽlibŽrŽ d'instruction : "si tu ne mets ton voile tu accouchera d'enfants contrefaits, la mayonnaise tournera sous tes mains, ton jardin dŽpŽrira" ... en les associant aux fantasmes de domination et de possession masculine que les troupes de choc de la contre-rŽvolution, "Gardiens de la rŽvolution" (ce terme est un aveu : la rŽvolution n'a pas ˆ tre "gardŽe" ! ), Bassidjis et autres.

 

Dans la tradition chiite iranienne pourtant, ils auraient pu choisir de cultiver le thme de l'imam cachŽ, le messianisme apocalyptique et ŽsotŽrique du chiisme qui est issu des contradictions de l'islam ˆ l'Žpoque de son expansion. Mais prŽcisŽment ils ne l'ont pas fait, alors que des commentateurs occidentaux s'imaginaient que l'ayatollah Khomeiny figurait l'imam cachŽ, celui-ci au contraire, avec sa doctrine juridique, froide, sentencieuse, bornŽe, autoritaire, ennuyeuse, du velayat e faqi, fondement du "constitionnalisme religieux" de la RŽpublique islamique, a opposŽ un vŽritable extincteur ˆ toute rŽsurgence du "messianisme" chiite, et s'est rapprochŽ des sunnites du type des Frres Musulmans.

 

Par contre, Ahmadinejad se rŽfre plus volontiers ˆ l'imam cachŽ avec lesquels le bruit court qu'il confre ...

 

Nous n'avons pas les moyens de savoir si Ahmadinejad est un illuminŽ et ceci importe peu. Plus intŽressant est ceci, attestŽ par de nombreuses sources : il est disciple de l'ayatollah Mesba Yahi, hŽritier de la sociŽtŽ de Hojjatieh, qui prŽtend, au point de vue religieux, h‰ter par des actes l'avnement de l'imam cachŽ (ce qui est en toute rigueur une "hŽrŽsie" par rapport au chiisme traditionnel, mais peu importe). Or, cette sociŽtŽ, fondŽe en 1953 pour lutter contre les communistes et les bahaies (minoritŽ religieuse d'origine iranienne, persŽcutŽe en Iran), a ŽtŽ au Chah un peu ce que l'Opus Dei catholique fut pour l'Espagne de Franco. Donc, les plus activement "messianiques" des chiites sont aujourd'hui les plus rŽactionnaires, et Ahmadinejad le prŽtendu "gardien de la rŽvolution" est alliŽ ˆ des nostalgiques de la monarchie (soit dit en passant aussi pour la gauche ˆ qui on ne la fait pas etc. ... qui prŽtend que les monarchistes complotent avec la CIA pour monter une rŽvolution verte ! ). Les Hojjatieh s'Žtaient ralliŽs ˆ regret au Velayat e faqi de Khomeny pour faire face au danger rŽvolutionnaire, en 1979, comme tout ceux de l'appareil d'ƒtat et de la police du Chah ayant pu sauver leur peau et se recycler. Khomeniy les a officiellement dissous en 1983 mais ce courant, pour qui tout vernis de constitutionnalisme et d'Žlections devrait dispara”tre, a perdurŽ et, avec Ahmadinejad, nos "rŽvolutionnaires religieux" ont Žvidemment repris les pires thmes du fascisme ... occidental  : misogynie, antisŽmitisme, homophobie.

 

Vincent PrŽsumey, le 27/06/2009.

 

  

 

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ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'AG du 6 juin 2009 :

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