Lettre de Liaison NĦ 69 du 7 juillet 2009

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

 

Sommaire :

- Honduras

- Kanaky : appel contre la rŽpression anti-syndicale

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Soutien au peuple du Honduras

Le coup d'ƒtat au Honduras est dirigŽ contre le peuple. Et le peuple rŽsiste.

A l'origine, un prŽsident "libŽral" qui, pour desserrer l'Žtau dans lequel une bourgeoisie nationale atrophiŽe est prise entre l'impŽrialisme nord-amŽricain et le mŽcontentement social, tente de prendre quelques mesures "progressistes" -hausses des salaires et diversification des relations commerciales au profit du Venezuela et de Cuba notamment- et ceux qui l'ont parrainŽ, oligarques et militaires, estimant qu'il les trahit et surtout qu'il risque en essayant de calmer le jeu tout au contraire d'ouvrir les vannes de la mobilisation et de l'organisation des paysans, des ouvriers, des pauvres, dŽcident alors de le renverser, par un bon vieux coup d'ƒtat comme au bon vieux temps.

La date du coup d'ƒtat visait ˆ empcher un rŽfŽrendum portant sur le principe d'Žlire une assemblŽe constituante chargŽe de faire une nouvelle constitution. Une telle Žlection signifiait que le Honduras prenait la mme voie mise en Ïuvre successivement au Venezuela, en Bolivie et en ƒquateur, rŽpondant de faon biaisŽe ˆ la volontŽ populaire de dŽmocratie intŽgrale par l'Žlection d'assemblŽes constituantes, non pleinement souveraines cependant puisque l'appareil d'ƒtat, le corps des officiers et le prŽsident les surplombent ˆ chaque fois. Mais c'Žtait dŽjˆ trop pour les militaires et les oligarques.

Mais le peuple rŽsiste : le dŽchirement dans l'appareil d'ƒtat ouvre les vannes ˆ son intervention directe, prŽcisŽment ce que craignaient les auteurs du coup d'ƒtat. Tegucigalpa connait des scnes qui Žvoquent ... Prague en aožt 1968 : aux tanks venus mettre fin au printemps, un peuple vient parler, s'exposant au danger, troublant les soldats, inondant les routes et les avenues de sa prŽsence massive et dŽterminŽe.

Un parallle s'impose avec un autre Žvnement rŽcent, l'Iran.

Premier aspect du parallle, ce sont les luttes violentes entre factions de la couche dominante qui ont ouvert la brche. En Iran, mollahs pro-Ahmadinejad et moussavistes, au Honduras, partisans du maintien des rapports traditionnels de dŽpendance avec les ƒtats-Unis et partisans de leur rŽorganisation dans le cadre de l' "Alternative bolivarienne", la refondation-rŽnovation du capitalisme ˆ la mode dans l'AmŽrique andine et centrale.

Deuxime aspect du parallle : la mobilisation des masses se dŽveloppe dans le combat pour le respect des rŽsultats Žlectoraux et le maintien ou l'accession au pouvoir de celui qui a ŽtŽ Žlu, mais elle se dŽveloppe indŽpendamment de lui, sans lui faire une grande confiance.

Troisime aspect : le plus emmerdŽ dans les deux cas s'appelle Barack Obama. En Iran, ce ne sont ni la CIA ni les services britanniques qui ont produit la crise, mais le pouvoir lui-mme qui en voulant conjurer l'irruption des masses l'a provoquŽe. Au Honduras, nul doute que des secteurs de l'impŽrialisme nord-amŽricain jouent un r™le dans le coup d'ƒtat, mais Obama a pris le parti de se prŽsenter comme pris au dŽpourvu et il appelle, de manire assez jŽsuitique, ˆ une "rŽconciliation nationale" dans laquelle tout le monde "se mettrait autour de la table". Divers commentateurs soulignent que c'est une position fort peu dŽmocratique qui met dans le mme sac le prŽsident Žlu et les militaires putschistes. En effet, et il est difficile de savoir si Obama est rŽellement pris au dŽpourvu ou non, si un secteur de l'appareil d'ƒtat US, celui reprŽsentŽ par le sinistre Negroponte, Žleveur en chef des tortionnaires d'AmŽrique centrale, qui est ˆ la rŽpublique Žtatsunienne ce que le sinistre Foccard et sa "Franafrique" furent ˆ notre VĦ RŽpublique, a aussi voulu montrer que Obama, qui ne contr™le dŽjˆ pas l'Žconomie (la Banque fŽdŽrale gouverne ˆ sa place) ne contr™le pas non plus les barbouzes et les "services".

Mais la rŽaction d'Obama est surtout une main tendue aux ƒtats latino-amŽricains, ˆ la vieille OEA et surtout, aussi, ˆ l'ALBA ("Alternative Bolivarienne") elle-mme, composŽe de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie, de l'ƒquateur, du Nicaragua, et de la Dominique, St-Vincent-Grenadines et Antigua-et-Barbuda dans les Antilles, et du prŽsident Zelaya, pour leur dire "ensemble organisons des rŽgimes d'union nationale pour Žviter l'irruption indŽpendante des paysans; des ouvriers et des pauvres, et rediscuter du partage des capitaux, des rentes et des dettes que nous faisons sur leur dos." Ce qu'Obama propose en fait ˆ Chavez et ses alliŽs, c'est de rŽinstaller Zelaya sans toucher aux putschistes, de faon ˆ avoir le prŽsident "lŽgitime" avec un ƒtat renforcŽ contre des masses mises au pas. Mais les factions en prŽsence peuvent elles-mmes faire Žchouer ce scŽnario : d'une part, les militaires et leur crŽature Roberto Michelleti ne veulent pour l'instant rien savoir, d'autre part, le prŽsident Zelaya a appelŽ le peuple ˆ se soulever et les militaires ˆ dŽsobŽir, tout en dŽclarant que si Obama ne veut pas d'eux les militaires ne pourront se maintenir -et, ˆ l'heure o sont Žcrites ce lignes, il a annoncŽ son retour au Honduras, ayant obtenu l'appui des services vŽnŽzueliens et laissant entendre qu'il a des contacts avec Obama. Fidel Castro dans ses chroniques de lit d'h™pital considre ces Žvnements comme "un test pour l'OEA et pour l'administration Žtasunienne", ce qui signifie qu'il est prt ˆ accepter la main tendue mais qu'il aimerait bien qu'Obama contr™le effectivement son appareil d'ƒtat ... ce qui n'est pas sžr du tout.

Et pendant de temps, les secteurs de la gauche occidentale qui ont crachŽ sur les prodromes de la rŽvolution iranienne qui fait ˆ leur yeux le jeu du Satan nord-amŽricain, nous font le grand numŽro de "alors les bobos, pas de rŽvolution Twitter au Honduras ?", sans voir que ces chefs d'ƒtat derrire lesquels ils s'alignent saisissent cette crise comme l'occasion de pactiser avec ledit Satan !

A Tegucigalpa comme ˆ TŽhŽran, vive l'organisation indŽpendante des travailleurs !

SolidaritŽ contre la rŽpression !

Combat pour chasser le pouvoir en place et Žlire des assemblŽes pleinement souveraines, responsables uniquement devant le peuple !

 

 

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Appel pour la libŽration immŽdiate des syndicalistes de lĠUSTKE

 

Le 29 juin ˆ NoumŽa, vingt huit militants de lĠUSTKE (Union des syndicats des travailleurs kanaks et des exploitŽs) ont ŽtŽ condamnŽs ˆ des peines de prison. Pour six dĠentre eux, un mandat de dŽp™t a ŽtŽ prononcŽ ˆ lĠaudience, ils sont depuis incarcŽrŽs au Camp Est, une prison dŽjˆ surpeuplŽe. CĠest la direction du syndicat qui est visŽe par ce jugement dont le prŽsident GŽrard Jodar (un an ferme) et le secrŽtaire gŽnŽral de la fŽdŽration du b‰timent Michel Safoka (un an ferme Žgalement).

 

Le motif officiel de la condamnation est Ç entrave ˆ la circulation dĠun aŽronef È : le jeudi 28 mai, une journŽe de mobilisation Žtait organisŽe par lĠUSTKE , au cours du rassemblement devant lĠaŽrodrome de NoumŽa de soutien aux salariŽs dĠAir CalŽdonie en lutte depuis 2 mois contre un licenciement abusif, les gendarmes mobiles et le GIPN sont intervenus violemment repoussant les syndicalistes sur le tarmac. Vingt huit militants se sont rŽfugiŽs dans un avion vide pour se protŽger de la pluie de gaz lacrymogne. A lĠheure de lĠintervention aucun avion ne circulait et cĠest lĠintervention policire qui a dŽsorganisŽ le trafic par la suite.

Le verdict rendu est un verdict politique contre le syndicat indŽpendantiste. Le pouvoir cherche ˆ museler la premire organisation du territoire qui dŽfend les droits de tous les travailleurs, quĠils soient kanaks ou dĠautres origines. Dans cette lointaine colonie o les prudĠhommes nĠexistent pas, les salariŽs sont souvent amenŽs ˆ mener des conflits longs pour faire valoir leurs droits face ˆ un patronat arrogant qui bafoue leur dignitŽ.

Nous refusons la criminalisation croissante de lĠaction syndicale et lĠemprisonnement de syndicalistes

Nous exigeons la libŽration immŽdiate des militants de lĠUSTKE et de leurs dirigeants.

Collectif SolidaritŽ Kanaky

http://solidaritekanaky.org

 

 

 

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ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'AG du 6 juin 2009 :

Eric AUGNET (Syndicaliste CFDT -14), Fathia Ç Nadia È BENAMAR (militante pour le droit au logement Paris 18me), Sylvie BONNIN (syndicaliste FO -03), Raymond DEBORD(militant du PS - Paris 3e), Olivier DELBEKE (syndicaliste CGT  -94), Franois FERRETTE (militant communiste et syndicaliste SNASUB-FSU -Alenon ), Franck MARSAL (militant PCF -59), Houaria MOUALEK (militante pour le droit au logement -Paris 18me), Vincent PRESUMEY (militant PS et syndicaliste FSU - 03), Farida SAIDOUNI (militante pour le droit au logement -Paris 18me), Yves THEIS (conseiller municipal PCF, syndicaliste CGT -Cosnes dĠAllier), Kamel ZORGUI (ouvrier sans-papiers -95).

 

http://www.le-militant.org/