Lettre de liaison n¡7 du 16 dŽcembre 2007
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la
dire. Jean Jaurs.
ComitŽ de rŽdaction provisoire : Christian Barlo (83,
)Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke
(94), Franois Ferrette (61), StŽphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63),
Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier
(94), Vincent PrŽsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord
(75), Salima Jamili (75) É
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Sommaire :
Le billet du jour : nous l'avions dit, nous y voila.
Les faits rŽels de la semaine : du c™tŽ de ceux d'en
bas.
NŽgociations secrtes ? Halte lˆ !
Document : pourquoi les "grves" du 13
dŽcembre n'ont pas eu lieu.
Vers la dictature ou vers la dŽmocratie, par VP.
Document : liste des parlementaires de gauche s'Žtant
prononcŽs pour un rŽfŽrendum sur le "traitŽ simplifiŽ" europŽen de
Sarkozy.
Document : de l'Etat.
Document : CGT Culture, la fin du MusŽe Picasso ?
Livre : le rgne sans partage du libŽralisme,
chronique de JF Chalot.
Livre : jÕai infiltrŽ le milieu asiatique,
chronique de JF Chalot.
Document : appel ˆ voter NUL par Orlando Chirino
et ses camarades.
Devenez correspondant(e)-diffuseur du Militant.
* * *
Le billet du jour :
nous l'avions dit, nous y voila.
Alerte sur http://droitdegreve.wordpress.com/ .
Xavier Bertrand rŽpondant au Figaro :
Le Figaro : Si la loi avait ŽtŽ
appliquŽe en novembre, quÕest-ce que cela aurait changŽ ?
XB : Le premier jour, les prŽvisions de
trafic ont ŽtŽ dŽtaillŽes et compltes. Ds le deuxime jour, les entreprises
nÕont plus eu une idŽe prŽcise du nombre de grŽvistes, car celui-ci dŽpendait
du vote lors dÕassemblŽes locales. Avec la nouvelle loi, on aurait connu les
intentions de chacun et il aurait ŽtŽ possible dÕinformer correctement les
voyageurs et de mieux organiser la circulation des trains.
Xavier Bertrand et son
intervieweur jouent aux c... !
Ils savent trs bien que
dans une grve comme celle de novembre, reconduite en assemblŽes gŽnŽrales
chaque jour, se dŽclarer grŽviste 48 heures ˆ l'avance comme le prŽvoit la loi
scŽlŽrate dont il est question ici, est impossible. C'est clair, mais ils
n'osent pas tout ˆ fait le dire encore ouvertement : la loi anti-grve dite du
"service minimum" vise ˆ interdire les grves !
Service minimum = loi anti-grve = loi
scŽlŽrate. ABROGATION !
Cheminots, Traminots, Hospitaliers,
Conforama, B‰timent, Etudiants, LycŽens des lycŽes professionnels et agricoles
:
LA GREVE, C'EST L'ARME DES
TRAVAILLEURS !
* * * *
Les faits rŽels de la
semaine : du c™tŽ de ceux d'en bas.
Il se passe plein de
choses. Quel est le fait majeur de la semaine ŽcoulŽe, le fait rŽel ? Ce n'est Žvidemment
pas ce dont les mŽdias parlent le plus : leur choix n'est pas dŽterminŽ par les
faits, mais par leur tentative de peser sur eux. En consŽquence, les faits
rŽels essentiels sont souvent tus autant qu'il est possible ou ravalŽs dans la
catŽgorie des infos locales et des faits divers. Comme eux, nous choisissons,
pour peser sur le rŽel, dans un sens inverse du leur : en faveur de
l'Žmancipation humaine.
De ce point de vue, le
fait rŽel de la semaine ŽcoulŽe, ce sont les nombreuses et Žparses
manifestations d'Žlves de lycŽes professionnels, technologiques et agricoles,
dans toute la France, notamment dans des dizaines de petites villes de
province. Car les bataillons qui se mobilisent sont les couches profondes de la
jeunesse : de la jeunesse en gŽnŽral et de la jeunesse ouvrire en particulier.
Ce n'est pas la
mobilisation gŽnŽrale, c'est cependant une lame de fond, parce que ceux qui
entrent en action ne sont pas les "avant-gardes" attendues, au
contraire, ils semblent surgir des profondeurs. Ils sont les sans-grades, les
mauvais Žlves, les bleus-de-travail, les sales, les mŽprisŽs. L'HumanitŽ Žcrit sur eux, le 11
dŽcembre : Ils crient comme rarement ils l'ont fait et pourtant leur clameur
ne produit que peu d'Žchos.", ajoutant : Depuis plus de deux semaines, les
lycŽens professionnels manifestent, bloquent des Žtablissements, occupent des
voies ferrŽes. A Bordeaux, Brest ou Mulhouse, ˆ Paris, Toulouse ou Montpellier
... mais rien n'y fait.
Pourquoi cela ? Le
blocage mŽdiatique est Žvident, mais il n'Žtonne pas : chacun son camp. La lame
de fond qui monte dans la jeunesse ouvrire scolarisŽe est pourtant soutenue,
et parfois suscitŽe, par les professeurs de lycŽes professionnels et de
l'enseignement agricole qui savent que leurs Žlves les dŽfendent directement
eux-mmes, vus les masses de suppressions de postes qui s'accumulent dans le
proche horizon. Pour l'instant les syndicats enseignants agissent de manire
dispersŽe, et le principal syndicat des professeurs des lycŽes professionnels,
le SNETAA-EIL, aprs avoir annoncŽ que la destruction de l'enseignement
professionnel public Žtait imminente, vient de proclamer qu'ayant rencontrŽ
Darcos tout allait changer et que la rŽforme allait se transformer en une trs
bonne rŽforme !!!
Laurent Tramoni,
dirigeant du SNES-FSU (principal syndicat des enseignants des collges et
lycŽes gŽnŽraux et technologiques) des Bouches-du-Rh™ne, Žcrit dans le journal
du syndicat, l'UniversitŽ syndicaliste, du 13 dŽcembre :
Ç Depuis
plusieurs semaines les lycŽens des Bouches-du-Rh™ne sont inquiets pour leur
avenir. Accs aux Žtudes supŽrieures (loi PŽcresse), rŽduction de l'offre de
formation dans les lycŽes (suppression des BEP, lycŽe "unique") sont
les catalyseurs d'une mobilisation o le mal-tre de toute une gŽnŽration est
palpable. Bloqueurs ou anti-bloqueurs, manifestants ou absentŽistes, nos jeunes
entrent dans l'action en marquant leur refus, leur dŽfiance, leur distance : le
blocage comme manifestation d'un temps d'arrt, d'hŽsitation, de toise ou de
dŽfi ... qu'ils marqueraient face ˆ une sociŽtŽ qui leur dit clairement qu'elle
n'a pas grand chose ˆ leur proposer si ce n'est le toujours moins. C'est ainsi
que dans les lycŽes d'Aix-en-Provence, d'Aubagne, de la Ciotat, d'Istres ou de
Marseille (lycŽes Diderot, Victor Hugo, Saint-Charles, Montgrand,
Marseilleveyre ...) s'exprime sourdement l'exigence d'un retour ˆ la prioritŽ ˆ
l'Žducation, prioritŽ ˆ la jeunesse. La rŽponse du gouvernement elle aussi est
Žloquente : pour chaque attroupement devant un lycŽe, ce sont 5 cars de CRS qui
dŽboulent pour intimider et permettre l'accs aux Žtablissements ! È
Tout cela est vrai, mais
le r™le des organisations syndicales, des organisations construites par le
salariat pour combattre, n'est pas de se borner aux constats sociologiques. La
colre des jeunes passe de l'expression "sourde" (qui produit des
explosions aveugles) ˆ sa centralisation sur les ennemis de la jeunesse, et
s'unir dans cette centralisation.
Ce dont le mouvement a
besoin, c'est de centralisation. Par la centralisation s'opŽrera la
gŽnŽralisation. Et l'on sait contre qui la centralisation doit se faire :
contre Sarkozy, contre Darcos.
En plus il ne faut pas
prendre les jeunes pour des demeurŽs. Bien sžr, leurs mobilisations traduisent
un "malaise" qui n'est autre chose que le refus de cette sociŽtŽ !
Exactement comme quand des "adultes" font une vraie grve eux aussi,
d'ailleurs ! Mais ils connaissent prŽcisŽment leurs revendications. Ils
comprennent, mieux que tout sociologue, que tout journaliste, et mme que
certains syndicalistes, ce que veut dire la suppression des BEP, le bac pro en
3 ans, la suppression des filires. S'ils affrontent la police, ce n'est pas
pour bržler des Žcoles, mais pour les dŽfendre !
Selon l'article de l'HumanitŽ citŽ ci-dessus, si le
mouvement peine ˆ se faire entendre, c'est parce que La spŽcificitŽ de leur
colre peine ˆ se frayer un chemin mŽdiatique et ˆ se distinguer de celle des
opposants ˆ la loi PŽcresse sur l'universitŽ. En gros, ces jeunes de
l'enseignement professionnel seraient trop frustes, et d'autre part ces
Žtudiants et ces lycŽens des lycŽes gŽnŽraux anti-PŽcresse ne les prendraient
pas assez en compte. Et les organisations, elles n'ont rien ˆ faire lˆ-dedans ?
Au lieu d'Žpiloguer sur les looks des diverses jeunesses, si on allait au
combat tous ensemble ?
Cette lame de fond rode
ces jeunes. SystŽmatiquement, ils rencontrent des dŽtachements policiers armŽs.
La radicalisation sarkozyenne de l'appareil d'Etat n'est pas en train de
dŽcourager les couches profondes des exploitŽs. Au contraire, la charge
explosive s'accumule.
Si les organisations
faisaient leur travail, elles prŽpareraient une montŽe tous ensemble chez
Darcos et Sarkozy, au dŽbut du printemps, en masse, toute la jeunesse, toute
l'Žcole publique, contre la loi PŽcresse, la rŽforme du Bac pro, la suppression
des heures de cours dans les Žcoles, les suppressions de postes partout !
* * *
La montŽe des grves de
la jeunesse, car il s'agit de grves et cela doit tre appelŽ ainsi, va de pair
avec la montŽe des grves pour les salaires dans de nombreuses entreprises. Nous
signalons ˆ nos amis et lecteurs le blog suivant, rŽalisŽ par des grŽvistes de
Conforama : http://greveconfo.canalblog.com/ ("Le blog du grŽviste libre.
").
* * *
Par contre, il y a deux
grves qui n'ont pas eu lieu. Nous nous interrogions la semaine dernire sur
les motivations de l'appel ˆ la grve des cheminots par la CGT et la CGC le
jeudi 13 dŽcembre. Idem ˆ la RATP. On ne fait pas grve sans revendications
claires et juste pour qu'une organisation s'affirme et que ses dirigeants
puissent se donner l'air d'avoir luttŽ. Voila ce que la "base" tant
invoquŽe lors de la grve reconductible des cheminots en novembre a signifiŽ
aux dirigeants, notamment la base CGT. Parfois de manire spectaculaire, comme
le montre la motion des sections de 7 dŽp™ts de bus parisiens que nous
reproduisons ci-dessous.
C'est clair : avec la
mme dŽtermination qui les avait poussŽe ˆ reconduire leur grve pour le
retrait de la contre-rŽforme de leurs retraites et de leurs statuts au moins
jusqu'ˆ la jonction avec les fonctionnaires et les Žtudiants le 20 novembre,
cheminots et traminots ont refusŽ cette mascarade. Le mot d'ordre a dž tre
retirŽ, un nouveau communiquŽ de la fŽdŽration CGT des cheminots invoquant ˆ
nouveau les mystŽrieuses et dŽsormais cŽlbres "conflits internes dans la
fŽdŽration CFTC" (!? !?) qui auraient provoquŽ la division syndicale.
Cette grve Žtait une grve de division, pas une vraie grve, puisque se
situant dans le cadre de l'application de la contre-rŽforme. Les salariŽs ont
refusŽ de la faire et ont imposŽ qu'elle n'ait pas lieu : ce n'est pas lˆ
manque de combativitŽ, au contraire. Ils veulent garder leurs forces pour
les vraies batailles, celles contre les patrons et contre Sarkozy.
NŽgociations secrtes
? Halte lˆ !
Maintenant il faudrait,
en cette veille de vacances de No‘l, que la fŽdŽration CGT des cheminots et
toutes les fŽdŽrations des transports rŽpondent ˆ quelques questions trs
prŽcises.
Le Figaro a interviewŽ Xavier
Bertrand, ministre du Travail, et titre de faon martiale : "Service
minimum : l'Etat prt ˆ sŽvir." (Voir l'intŽgrale sur le site Droit
de grve : http://droitdegreve.wordpress.com/
). "SŽvir" : le mot n'est pas choisi au hasard, il traduit
parfaitement la mentalitŽ des patrons et des policiers, il exhale parfaitement
ce parfum de dŽlation, de prison, de ge™les et de coups qui commence ˆ tre
celui de la V¡ RŽpublique de Sarkozy, ce parfum ignoble qui est en train d'tre
senti par des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs, prts ˆ le
vomir.
X. Bertrand explique que les dispositions
de la loi anti-grve dans les transports terrestres, qui doivent s'appliquer au
1¡ janvier, font l'objet de nŽgociations entre les syndicats et la SNCF ou
la RATP.
Quelles nŽgociations ? Qui, quand et o ? Les fŽdŽrations peuvent-elles
dŽmentir, ce dont on se rŽjouirait ? Et si non pourquoi ?
Car Bertrand est encore
plus prŽcis :
Ç Un accord sur la procŽdure
dÕalarme sociale vient dÕtre signŽ ˆ la SNCF et devrait lÕtre bient™t ˆ la
RATP ainsi quÕˆ lÕUnion des transports publics (UTP) qui fŽdre les sociŽtŽs
prestataires. Ce dispositif prŽvoit une
nŽgociation prŽalable entre les syndicats et lÕentreprise avant tout dŽp™t de
prŽavis de grve. Les discussions ne sont pas en revanche finalisŽes sur la
disposition contraignant tout grŽviste ˆ se dŽclarer 48 heures avant le dŽbut
de la grve et sur lÕorganisation du service en cas de grve. Si aucun accord
nÕŽtait trouvŽ dÕici au 1er janvier, les entreprises lÕappliqueraient
dÕelles-mmes dans le cadre de la loi. È
Dit-il vrai ? Qui a
nŽgociŽ la mise en place de ce que la loi scŽlŽrate anti-grve prŽvoit dŽjˆ, ˆ
savoir le "prŽavis du prŽavis" ? Est-ce que ceux qui dŽcidaient
d'annoncer au dŽbut de la grve reconductible que la nŽgociation dans le cadre
de l'application de la contre-rŽforme sur les rŽgimes de retraite ont aussi
nŽgociŽ en sous-main l'application de la loi anti-grve ? OUI ou NON ? Qu'ils
dŽmentent ! Qu'ils prouvent par leurs actes qu'il n'y a pas de diplomatie
secrte dans le dos des salariŽs !
Mme chose en ce qui
concerne les 20 rŽgions Žlues en 2004, avec des prŽsidences PS et des exŽcutifs
associant le PC et les Verts : Bertrand dit que la moitiŽ d'entre elles ont
nŽgociŽ les dessertes prioritaires censŽes appliquer le service minimum ! Se
contredisant Žtrangement, il commence son interview en dŽnonant les quatre qui
ne l'auraient pas encore fait (Picardie, Lorraine, Languedoc-Roussillon,
Bourgogne). Rien sur le site Internet et les publications de l'ARF (Association
des RŽgions de France) qui ne permette de confirmer ou d'infirmer ces propos !
Nous avons portŽ depuis
juin, ˆ peu prŽs seuls, mais avec le soutien et la signature de prŽs de 250
militants syndicaux de toutes les centrales, une campagne pour le retrait de la
loi anti-grve dans les transports terrestres. Pendant les grves d'octobre et
de novembre, les directions des organisations syndicales ont laissŽ ce sujet de
c™tŽ dans leurs dŽclarations. Sarkozy a gagnŽ sa premire manche mais la
combativitŽ et parfois la rage montent dans la jeunesse, dans les entreprises,
parmi les cheminots et les traminots trompŽs.
* * *
Document : pourquoi les
"grves" du 13 dŽcembre dans les transports n'ont pas eu lieu.
Sections CGT des dŽp™ts de bus
RATP de Croix-Nivert, Point-du-Jour, Flandre, Saint-Maur, Thiais, Charlebourg,
Bords de Marne.
Lettre ouverte aux directions syndicales de la CGT-Bus, de l'Union CGT-RATP, de
la FŽdŽration des Transports CGT, de la ConfŽdŽration CGT, vendredi 7 dŽcembre
2007
La
CGT doit sortir du pige des nŽgociations!
Nous n'appelons pas ˆ la grve du 12
dŽcembre.
Les agents de la RATP ont fait dix
jours de grve sur un objectif clair : refuser la casse de leur rŽgime de
retraite voulue par le gouvernement. PrŽcisŽment contre quatre points
fondamentaux, tous inacceptables :
- La remise en cause des 37,5
annuitŽs de durŽe de cotisation
- l'instauration d'une dŽcote
- l'instauration d'un double statut
et la remise en cause de la prise en compte de la pŽnibilitŽ et des contraintes
de service public
- l'indexation des pensions sur les
prix et non plus sur les salaires.
Cette position est celle qui a ŽtŽ actŽe par notre syndicat CGT-Bus ˆ son
congrs le 16 octobre. Elle a ŽtŽ rŽaffirmŽe par l'Union syndicale CGT-RATP le
24 octobre lors de sa rencontre avec X. Bertrand. Elle reste plus que jamais
la n™tre.
Suite ˆ l'acceptation par les organisations syndicales de participer aux
nŽgociations, la grve a ŽtŽ suspendue ˆ partir du 23 novembre. Nous rappelons
que la CE de notre syndicat avait rejetŽ le principe des nŽgociations Ç
tripartites È, entreprise par entreprise.
Le haut niveau de conscience des
enjeux, le rapport de forces et la dŽtermination des salariŽs ˆ s'opposer ˆ la
Ç rŽforme È sont demeurŽs intacts. Les grŽvistes dans les assemblŽes gŽnŽrales,
en premier lieu les militants et les syndiquŽs CGT, n'ont pas donnŽ de mandat ˆ
leurs directions syndicales pour nŽgocier sous les conditions du gouvernement.
Au bout de quatre journŽes de nŽgociations un constat s'impose : le
gouvernement et la direction de l'entreprise refusent de modifier le cadre de
leur contre-rŽforme. Les reprŽsentants de la CGT le reconnaissent eux-mmes.
Il est aujourd'hui de la
responsabilitŽ de la CGT et de toutes ses organisations de dŽjouer le pige des
Ç nŽgociations È. C'est pourquoi nous dŽsapprouvons totalement la stratŽgie des
directions ˆ qui s'adresse cette lettre.
- Continuer ˆ nŽgocier des points
annexes, revient ˆ entŽriner cette contre-rŽforme, ˆ accepter la mise ˆ mort de
notre rŽgime spŽcial.
- Appeler ˆ reprendre la grve,
sur une seule journŽe, le 12 dŽcembre pour Ç faire pression È sur les dŽtails
et les modalitŽs de la casse de nos retraites, c'est irresponsable devant les
agents. C'est
aller compltement ˆ l'encontre de ce pourquoi nous avons fait grve pendant
dix jours. Sur cette base, nous rejetons le texte du prŽavis de grve, d'autant
plus que la CE de notre syndicat, organe dirigeant statutaire, n'a mme pas ŽtŽ
consultŽe.
Depuis le dŽpart, les
positionnements des directions syndicales de bus, de l'Union, de la fŽdŽration
et de la confŽdŽration ont suscitŽ du dŽsarroi et de la colre parmi les
syndiquŽs et les salariŽs en gŽnŽral, notamment depuis la proposition de la
tenue de Ç nŽgociations tripartites È.
Comment ne pas voir le calcul de Sarkozy pour diviser le mouvement, entreprise
par entreprise ? Depuis quand la nŽgociation est-elle devenue une revendication
en soi ?
Les syndiquŽs, les agents ont le sentiment d'avoir ŽtŽ trahis.
Il est temps de corriger le tir ! La situation nous l'impose. La CGT,
syndicat largement majoritaire, avec tout ce qu'elle reprŽsente dans nos
entreprises, a un r™le majeur, historique ˆ jouer contre une attaque historique
contre nos services publics, contre l'ensemble des acquis sociaux des salariŽs
de notre pays.
Nous savons tous quel est le but du gouvernement. La fin de notre rŽgime spŽcial
vise ˆ faire sauter un verrou ˆ la mise en concurrence et ˆ la privatisation, ˆ
lever un obstacle ˆ la suite du dŽmantlement de l'ensemble du systme de
retraite solidaire par rŽpartition.
Le 18 octobre, les agents de la RATP ˆ 70%, ceux de la SNCF ˆ 80%, ceux
d'EDF-GDF ˆ 60% ont fait grve pour s'y opposer. Le 20 novembre, la
manifestation interprofessionnelle a montrŽ le dŽveloppement des convergences
de lutte avec des salariŽs d'autres secteurs comme avec les Žtudiants. MalgrŽ
une pression mŽdiatique sans prŽcŽdent, le pouvoir n'a pas rŽussi non plus ˆ
retourner l'opinion publique contre le mouvement.
Nous demandons aux directions auxquelles s'adresse cette lettre :
- de quitter les pseudo
nŽgociations ;
- d'examiner les conditions de la
reprise du mouvement pour faire capoter le projet de casse de notre rŽgime de
retraite ;
- de faire le lien dŽterminant entre
cette lutte cruciale et celles des salariŽs des autres secteurs.
Nous nous engageons pour notre part
ˆ informer les syndiquŽs de notre dŽmarche, ˆ informer l'ensemble des salariŽs
de nos dŽp™ts de l'Žvolution de la lutte, ˆ maintenir et dŽvelopper le rapport
de forces. La CGT appartient ˆ ses adhŽrents !
* * * *
Vers la dictature ou
vers la dŽmocratie.
Il est classique et de bon ton d'opposer
l'Etat "jacobin" (terme erronŽ), c'est-ˆ-dire l'Etat centralisŽ,
faonnŽ par la monarchie colbertiste et par le bonapartisme et le gaullisme,
que nous avons en France, ˆ l'Etat "anglo-saxon" plus lŽger, censŽ
cožter le moins possible aux contribuables et tre centrŽ sur ses missions
rŽgaliennes, police, armŽe, gendarmerie et -dans le cas des Etats-Unis-
monnaie. Mais l'expŽrience rŽelle montre tous les jours ˆ ses victimes que le
recentrage de l'Etat sur ses missions rŽgaliennes et la casse des services
publics ne signifient absolument pas que l'Etat serait moins lourd, au
contraire. La dŽcentralisation ne fait pas des Žlus locaux des Žlus autonomes,
responsables seulement devant ceux qui les ont Žlus, elle en fait les agents
subsidiaires du pouvoir central, irresponsables envers ceux qui les ont Žlus.
Bref, des agents du pouvoir central. La mme chose vise les syndicats.
La V¡ RŽpublique dŽcentralisŽe,
c'est donc un despotisme central renforcŽ, par le biais des proconsuls au petit
pied du rŽgime : les prŽfets de rŽgions, et de leurs agents d'exŽcution que
devraient devenir les Žlus dŽpartementaux, rŽgionaux, et municipaux. Voila le
programme : loin d'opposer l'aspect "monarchiste" et l'aspect
"libŽral', il nous donne le pire des deux, accouplŽ. Bref, la dictature.
Moins il y a de services publics, plus il y a de matraques, tonfas et
flash-balls. La vermine des vigiles privŽs, voila l'essence de l'Etat.
Mercredi 12 dŽcembre, Sarkozy a fait
un discours sur la rŽforme de l'Etat, chaudement approuvŽ par un spectre nommŽ
Michel Rocard. Il a annoncŽ la hausse des externalisations, c'est-ˆ-dire des
destructions de services publics par transfert au privŽ ou par
contractualisation (un excellent exemple en est donnŽ par le transfert vers un
GIP, Groupement d'IntŽrt Public, du Laboratoire dŽpartemental de l'Allier,
racontŽ dans le prochain n¡ du journal Militant ; un autre exemple est ce qui
se passe dans les musŽes, illustrŽ par le communiquŽ CGT ci-dessous). Le
deuxime axe de son discours, c'est l'accroissement du pouvoir des prŽfets de
rŽgions. Le troisime axe, c'est l'attaque contre les statuts des personnels
chargŽs d'appliquer cette politique, appelŽe "culture du rŽsultat".
La "culture du rŽsultat" n'est concevable que pour une seule
catŽgorie de fonctionnaires : les flics, et on sait ce qu'elle veut dire. Pour
les autres, qui font fonctionner l'ŽgalitŽ par le service public, c'est ni plus
ni moins la fin de leur mission d'intŽrt gŽnŽral. L'Etat bonapartiste ˆ
l'anglo-saxonne veut dŽtruire lui-mme ses services publics : la dŽfense des
services publics passe donc par le combat contre l'Etat, pas pour sa sauvegarde
ni pour son renforcement. La sŽparation des services publics et de l'Etat, pour
qu'ils soient rŽellement publics, voila un beau sujet de dŽbat pour le
programme d'une authentique RŽpublique sociale !
La rŽorganisation interne de l'Etat
rŽgalien est menŽe au pas de charge et produit les remous que l'on sait dans la
magistrature et dans la police. Elle n'est que le prŽambule de la grande
agression contre les services publics, mise en route par le moyen d'un budget
de combat destinŽ ˆ les rŽduire, votŽ le 20 novembre dernier ˆ l'assemblŽe
contre les centaines de milliers de grŽvistes et de manifestants de ce mme
jour. L'enseignement agricole public en est un bon exemple : sur prŽs d'un
millier au total, il prŽvoit 140 suppressions de postes de professeurs dans le
public, 29 dans le privŽ professionnel (ramenŽs de 46 ˆ 29 par les dŽputŽs UMP,
par le transfert de 17 suppressions du privŽ vers le public !), et aucune pour
les Maisons Familiales Rurales, secteur privŽ clef dans ce domaine. Cependant l'ampleur de la vague de
suppressions de postes ˆ l'Žcole publique qui s'annonce pour la rentrŽe
prochaine est telle que le ministre a ordonnŽ aux acadŽmies d'annoncer qui en
serait victime ... seulement aprs les Žlections municipales !
A la "rŽforme de l'Etat" ˆ
l'intŽrieur, correspond le "nouveau traitŽ europŽen" ˆ l'extŽrieur,
c'est-ˆ-dire la reprise, sans le mot, de la "constitution"
"europŽenne" rejetŽe en 2005. Sarkozy a fait conna”tre son calendrier
Žgalement le mercredi 12 dŽcembre : le projet devrait passer ˆ l'AssemblŽe le
14 janvier, au SŽnat le 28 janvier et tre votŽ en congrs par l'AssemblŽe et
le SŽnat rŽunis le 4 fŽvrier, puisqu'il doit y avoir rŽvision
constitutionnelle. Sarkozy a donc choisi de ne pas esquiver le vote en congrs.
Ce n'est pas une victoire de la mobilisation, mais une manoeuvre : il escompte
avoir un vote ˆ la majoritŽ simple des dŽputŽs et des sŽnateurs en janvier pour
avoir ensuite son vote, prescrit pour une rŽvision constitutionnelle, aux trois
cinquimes le 4 fŽvrier. Pour cela il escompte avoir le vote Pour de la plus
grande partie des dŽputŽs et sŽnateurs PS "royalistes" ou
"strauss-kahniens" et au moins l'abstention ou l'absence
bienveillante (prŽconisŽe par exemple par le sieur Montebourg) de la plupart
des autres. Il s'agit donc d'une opŽration d'union nationale pour imposer au
peuple ce contre quoi il a largement votŽ contre en 2005 (plus largement que
lors de l'Žlection de M. Sarkozy, par exemple !).
L'enjeu, en l'occurrence, c'est le
PS. Il s'agit d'intŽgrer la majoritŽ des parlementaires PS par un vote Oui ou
par leur abstention, refus de vote ou absence, au dŽni de dŽmocratie et
d'accŽlŽrer l' "ouverture" afin de faire gagner les municipales par
la droite. L' "ouverture" de Sarkozy Žtant ici complŽtŽe par celle
des ttes de listes PS au Modem, aux transfuges de droite, aux pseudos
"reprŽsentants de la sociŽtŽ civile", etc.
Aprs les municipales, Sarkozy
ferait adopter sa rŽvision de la constitution de la V¡ RŽpublique renforant
les pouvoirs dŽjˆ Žnormes du prŽsident. Et l'on a dŽjˆ notŽ que le couperet des
suppressions de postes dans l'Žcole publique tomberait aussi ˆ ce moment lˆ ...
Voila leur timing en matire d'Etat. il se
recoupe avec le timing "social" ˆ proprement parler : mise en place
de la loi anti-grve dans les transports terrestres au 1¡ janvier,
"nŽgociations" sur le marchŽ du travail et le contrat unique de
travail MEDEF-confŽdŽrations, dŽrŽglementation gŽnŽralisŽe du temps de travail
et des heures supplŽmentaires, suite de la contre-rŽforme des retraites ...
Ce double timing peut encore,
entirement, tre dŽfait. A une condition : centraliser contre Sarkozy. Stop ˆ
la dispersion. Manifestation centrale de la jeunesse, unitŽ syndicale pour les
salaires et contre les heures supp', pression maxima sur les parlementaires de
gauche pour qu'ils votent tous Non le 4 fŽvrier pour imposer un rŽfŽrendum
contre Sarkozy. Et le couvercle peut sauter, ouvrant la voie vers une autre
perspective : chasser Sarkozy et la V¡ RŽpublique, Žtablir la dŽmocratie, un
gouvernement qui soit celui de la majoritŽ et qui rŽponde ˆ l'urgence sociale
en n'ayant pas peur de rompre avec le capital.
VP.
* * *
Documents.
Liste des parlementaires
de gauche s'Žtant prononcŽs pour un rŽfŽrendum sur le projet europŽen de
"traitŽ simplifiŽ" de Sarkozy.
90
parlementaires signataires de lÕappel du ComitŽ National pour un RŽfŽrendum au
15 dŽcembre 2007
52
dŽputŽs :
Marie-HŽlne
AMIABLE, dŽputŽe PCF des Hauts-de-Seine
Franois ASENSI, dŽputŽ PCF de Seine-Saint-Denis
Jean-Paul BACQUET, dŽputŽ PS du Puy de D™me
Christian BATAILLE, dŽputŽ PS du Nord
Martine BILLARD, dŽputŽe Verts de Paris
Christophe BOUILLON, dŽputŽ PS de Seine Maritime
Alain BOCQUET, dŽputŽ PCF du Nord
Patrick BRAOUZEC, dŽputŽ PCF de Seine Saint Denis
Jean-Pierre BRARD, dŽputŽ apparentŽ PCF de Seine-Saint-Denis
Marie George BUFFET, dŽputŽe PCF de Seine Saint Denis
Jean-Jacques CANDELIER, dŽputŽ PCF du Nord
Thierry CARCENAC, dŽputŽ PS du Tarn
AndrŽ CHASSAIGNE, dŽputŽ PCF du Puy-de-D™me
Jacques DESALLANGRE, dŽputŽ rŽpublicain de gauche de lÕAisne
Marc DOLEZ, dŽputŽ PS du Nord
Christian ECKERT, dŽputŽ PS de Meurthe et Moselle
Martine FAURE, dŽputŽe PS de Gironde
HervŽ FERON, dŽputŽ PS de Meurthe et Moselle
Pierre FORGUES, dŽputŽ PS des Hautes-PyrŽnŽes
ValŽrie FOURNEYRON, dŽputŽe PS de Seine Maritime
Jacqueline FRAYSSE, dŽputŽe PCF des Hauts de Seine
AndrŽ GERIN, dŽputŽ PCF du Rh™ne
Pierre GOSNAT, dŽputŽ PCF du Val de Marne
Maxime GREMETZ, dŽputŽ PCF de la Somme
David HABIB, dŽputŽ PS des PyrŽnŽes atlantiques
Sandrine HUREL, dŽputŽe PS de Seine Maritime
Christian HUTIN, dŽputŽ MRC du Nord
Serge JANQUIN, dŽputŽ PS du Pas de Calais
RŽgis JUANICO, dŽputŽ PS de la Loire
Jean-Pierre KUCHEIDA, dŽputŽ PS du Pas de Calais
Conchita LACUEY, dŽputŽ PS de Gironde
JŽr™me LAMBERT, dŽputŽ PS de Charente
Jean-Paul LECOQ, dŽputŽ PCF de Seine-Maritime
Catherine LEMORTON, dŽputŽe PS de Haute-Garonne
Jean-Claude LEROY, dŽputŽ PS du Pas de Calais
Franois LONCLE, dŽputŽ PS de lÕEure
Jean MALOT, dŽputŽ PS de l'Allier
No‘l MAMERE, dŽputŽ Verts de Gironde
Philippe MARTIN, dŽputŽ PS du Gers
KlŽber MESQUIDA, dŽputŽ PS de lÕHŽrault
Jean MICHEL, dŽputŽ PS du Puy de D™me
Roland MUZEAU, dŽputŽ PCF des Hauts-de-Seine
Alain NERI, dŽputŽ PS du Puy de D™me
Daniel PAUL, dŽputŽ PCF de Seine Maritime
Marie-Line REYNAUD, dŽputŽe PS de Charente
Chantal ROBIN RODRIGO, dŽputŽe PRG des Hautes-PyrŽnŽes
Marcel ROGEMONT, dŽputŽ PS dÕIle et Vilaine
Patrick ROY, dŽputŽ PS du Nord
Jean-Claude SANDRIER, dŽputŽ PCF du Cher
Jean-Louis TOURAINE, dŽputŽ PS du Rh™ne
Michel VAXES, dŽputŽ PCF des Bouches-du-Rh™ne
Alain VIDALIES, dŽputŽ PS des Landes
33
sŽnateurs :
Eliane
ASSASSI, sŽnatrice PCF de la Seine Saint Denis
Franois AUTAIN, sŽnateur MRC de Loire-Atlantique
Marie-France BEAUFILS, sŽnatrice PCF de l'Indre
Maryse BERGE LAVIGNE, sŽnatrice PS de Haute Garonne
Michel BILLOUT, sŽnateur PCF de Seine et Marne
Nicole BORVO COHEN SEAT, sŽnatrice PCF de Paris
Alima BOUMEDIENE-THIERY, sŽnatrice Verts de Paris
Robert BRET, sŽnateur PCF des Bouches du Rh™ne
Michel CHARASSE, sŽnateur PS du Puy-de-D™me
Pierre Yves COLLOMBAT, sŽnateur PS du Var
Annie DAVID, sŽnatrice PCF de lÕIsre
Jean DESESSARD, sŽnateur Verts de Paris
Evelyne DIDIER, sŽnatrice PCF de la Meurthe et Moselle
Michel DREYFUS SCHMIDT, sŽnateur PS de Belfort
Josette DURRIEU, sŽnatrice PS des Hautes-PyrŽnŽes
Guy FISCHER, sŽnateur PCF du Rh™ne
Thierry FOUCAUD, sŽnateur PCF de Seine-Maritime
Jean-Pierre GODEFROY, sŽnateur PS de la Manche
Brigitte GONTHIER-MAURIN, sŽnatrice PCF des Hauts-de-Seine
Robert HUE, SŽnateur PCF du Val d'Oise
Alain JOURNET, sŽnateur PS du Gard
GŽrard LE CAM, sŽnateur PCF des C™tes-d'Armor
Josiane MATHON POINAT, sŽnatrice PCF de la Loire
Jean-Luc MELENCHON, sŽnateur PS de lÕEssonne
Jean-Pierre MICHEL, sŽnateur PS de Haute-Sa™ne
Jack RALITE, sŽnateur PCF de Seine-Saint-Denis
Ivan RENAR, sŽnateur PCF du Nord
GŽrard ROUJAS, sŽnateur PS de Haute-Garonne
Odette TERRADE, sŽnatrice PCF du Val-de-Marne
Robert TROPEANO, sŽnateur PS de l'HŽrault
AndrŽ VANTOMME, sŽnateur PS de l'Oise
Bernard VERA, sŽnateur PCF de lÕEssonne
Jean-Franois VOGUET, sŽnateur PCF du Val de Marne
5
dŽputŽs europŽens :
Franoise
CASTEX, dŽputŽe europŽenne PS
Anne FERREIRA, dŽputŽe europŽenne PS
Benoit HAMON, dŽputŽ europŽen PS
AndrŽ LAIGNEL, dŽputŽ europŽen PS
Marie-Noelle LIENEMANN, dŽputŽe europŽenne PS
* * *
Document
: De l'Etat.
Ce qui suit doit tre diffusŽ
mme si ce document date de dŽbut dŽcembre, car il illustre lÕŽvolution que la
politique gouvernementale impulse dans la gestion des universitŽs. LÕauteur de
ce papier, Alice Verstraeten, enseigne ˆ l'universitŽ de Lyon II.
Bonjour ˆ tous ! Ma fac (Lyon
II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mŽpris des Žtudiants et dans
un logique policire qui m'inquite profondŽment. Les mŽdias ne nous suivent
pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer.
Tout a commencŽ avec la Loi PŽcresse
de rŽforme des UniversitŽs, signŽe dans la prŽcipitation cet ŽtŽ par le
prŽsident de la fac, Monsieur Journs. Certains Žtudiants et enseignants
s'opposent ˆ cette loi. Les Žtudiants ont choisi le blocage de l'UniversitŽ
comme mode d'action. On peut tre pour ou contre, je ne suis pas sžre que
ce choix ait rendu service aux manifestants et ˆ leur image mais aujourd'hui, ˆ
la limite, peu importe. On a, pour l'instant, dŽpassŽ ce dŽbat. Depuis
quelques jours, le prŽsident de l'UniversitŽ a fait appel aux
"forces de l'ordre": des vigiles privŽs, trs jeunes, non
assermentŽs, arrogants et dŽpassŽs par les ŽvŽnements, patrouillent dans la fac
avec au bras un brassard orange marquŽ "sŽcuritŽ". Ils apostrophent
tout le monde, tutoient tout le monde et nous demandent de justifier de notre
prŽsence dans l'UniversitŽ en montrant notre carte "cumul" (une
carte magnŽtique d'Žtudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de
bibliothque et de carte... de paiement dans l'enceinte de la fac... ce qui, en
soit, ne me pla”t dŽjˆ pas beaucoup).
Il semble bon de rappeler qu'une
UniversitŽ est, selon la loi, un "Žtablissement public ˆ
vocation scientifique et culturelle"... Les Žtudiants qui manifestaient
scandaient ˆ l'encontre des vigiles, hier matin : "Voyous,
racailles." Car certains d'entre eux s'amusent ˆ retenir les
Žtudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des
Žtudiants de leur ‰ge, une Žtudiante a ŽtŽ "ŽtranglŽe" avec son
Žcharpe pour qu'elle dŽgage un passage.
A l'entrŽe principale du campus de
Bron, et rue Chevreul sur le campus des quais du Rh™ne, ds 7h30 le
matin, tous les jours, les CRS arrivent pour dŽloger les Žtudiants qui
protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le
campus des quais de Rh™ne. Ils sont, rŽgulirement, soutenus par la gendarmerie
mobile.
J'Žtais lˆ, hier matin. Deux de mes
Žtudiantes m'avaient dit avoir ŽtŽ "molestŽes" par les CRS la veille
et voulaient que j'en sois tŽmoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les
jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tte.
Sur les quais, hier, deux leaders
syndicaux Žtudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont ŽtŽ dŽsignŽs du doigt
par des policiers en civil avant d'tre poursuivis dans une rue adjacente par
les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail prŽalable
"d'information" a ŽtŽ effectuŽ et que ces arrestations sont ciblŽes
pour dŽtruire les mouvements syndicaux.
Les deux hommes sont en garde-ˆ-vue
et devraient tre dŽfŽrŽs ˆ la Justice aujourd'hui mme (donc: il existe
dŽsormais des comparutions immŽdiates pour les manifestants, vous serez
prŽvenus). Dans un communiquŽ odieux et mensonger, la prŽsidence de la
fac dit qu'ils sont "extŽrieurs ˆ l'UniversitŽ" et que ces
arrestations sont survenues aprs des troubles. Il n'y a pas eu de troubles
autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseignants
ˆ en tre tŽmoins.
Un Žtudiant a ŽtŽ blessŽ et, une
fois aux Urgences, a hŽritŽ de douze points de suture sur le cr‰ne. Des
Žtudiants ont ŽtŽ mis en joue au flashball.
Des policiers en civils sont
toujours lˆ, dont un homme sur mon campus: de "type mŽditerranŽen",
il porte une grosse doudoune noire, un talkie-walkie dans une poche, un
appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les
manifestants.
S'ils ont effectivement ŽtŽ
convoquŽs par le prŽsident de l'UniversitŽ dans le seul but de permettre aux
Žtudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi
filment-ils? Doit-on ajouter la DGSE ˆ la liste des membres du personnel de
l'universitŽ?
De notre c™tŽ, enseignants ou
Žtudiants, ils nous empchent un maximum de filmer. Ce qui signifie que les
images disponibles sur Youtube et sur Dailymotion ne sont pas ˆ la hauteur
de la rŽalitŽ.
Face ˆ cette situation, plusieurs
enseignants, dont je suis, ont refusŽ de faire cours. Je refuse d'entrer dans
une fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privŽs non
assermentŽs. Je refuse de montrer des papiers d'identitŽ pour me rendre sur mon
lieu de travail.
Je refuse de me faire bousculer par
des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mŽpris par des individus que je ne
connais pas. Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collgues
(pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable
que moi dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant "J'vais
t'fumer toi, j'vais t'fumer."
Nous ne sommes pas, que je sache,
dans un Žtat policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela
signifie que les rgles du jeu ont changŽ. Je croyais que l'on avait le droit
de grve dans notre pays. Je crois que ce qui m'inquite le plus, c'est de
recevoir des communiquŽs de la PrŽsidence affirmant que la situation est
dŽsormais "normale".
SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE
DEMISSIONNE.
D'autre part, pour permettre
l'action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de
sŽcuritŽ sont bloquŽes. Certains enseignants et Žtudiants s'obstinent ˆ faire
cours dans une ambiance dŽlŽtre et dangereuse. Ce qu'ils risquent purement et
simplement, en cas d'incendie, c'est de bržler vifs dans des locaux qui
sont dŽjˆ vŽtustes., Je joins ˆ ce message la "Lettre ouverte ˆ la
prŽsidence de Lyon 2" rŽdigŽe par des enseignants (datŽe d'avant-hier, 5
dŽcembre, et dŽjˆ dŽpassŽe par les ŽvŽnements d'hier), ainsi que le dernier message
de la prŽsidence elle-mme, pour que vous puissiez juger vous-mme de la
mauvaise foi, du mŽpris et des ronds de jambe du langage qui se banalisent dans
notre environnement politique et mŽdiatique.
Ce message est, bien
sžr, ˆ faire passer si vous en ressentez le besoin.
Alice Verstraeten
* * *
Document
: CGT Culture, la fin du MusŽe Picasso ?
C.G.T.-Culture
/ Section C.G.T. MusŽe National Picasso
5
rue de Thorigny 75003 Paris
tŽl et fax : 01 42 71 25 26-
courriel : cgt.picasso-picasso@culture.gouv.fr
LA
FIN DU MUSEE PICASSO ?
Mercredi 12 dŽcembre, Christine Albanel,
ministre de la Culture, a dŽvoilŽ les premires orientations de la RŽvision
GŽnŽrale des Politiques Publiques (RGPP).
Cette rŽforme, promesse Žlectorale du
PrŽsident Sarkozy, annonce des heures sombres pour la Fonction Publique. Le
ministre de la Culture est bien entendu concernŽ par cette vaste
rŽorganisation, avec par exemple la rŽduction du nombre de directions
dÕadministration centrale ainsi que le non remplacement de tous les agents partant
ˆ la retraite (dÕabord un sur trois puis un sur deux etc.) La Direction des
MusŽes de France (DMF) a dŽjˆ ŽtudiŽ plusieurs projets pour les MusŽes
Nationaux. Pour le MusŽe Picasso en particulier :
1/
rattachement ˆ la RŽunion des MusŽes Nationaux (RMN), organisme de droit privŽ
;
2/
transformation du statut actuel de Service ˆ CompŽtence Nationale (SCN) en
Etablissement Public ˆ caractre Administratif (EPA) ;
3/
rattachement au centre Pompidou, qui est un Etablissement public dŽrogatoire.
Dans ces trois cas de figure, il sÕagit
dÕintroduire la prŽcaritŽ du travail, de se dŽfaire des fonctionnaires qui
cožtent trop cher ˆ lÕEtat et de faire du profit par tous les moyens. Dans ces
trois cas de figure, le musŽe Picasso dispara”trait sous sa forme actuelle pour
tre remplacŽ par une sorte de galerie marchande o les Ïuvres de Picasso ne
seraient plus que lÕalibi, le prŽtexte pour la recherche du profit.
D'ores et dŽjˆ, nous affirmons notre
totale hostilitŽ ˆ ces projets qui sont nŽfastes ˆ la Culture de notre pays et
par consŽquent aux agents qui y travaillent.
Ce qui est en jeu aujourdÕhui c'est la
fin des MusŽes nationaux tels quÕils ont ŽtŽ crŽŽs ˆ lÕorigine comme vitrines
de lÕArt et de la Culture. Tous ces projets visent ˆ la rentabilisation du
Patrimoine, rŽduit ˆ une vulgaire marchandise jetŽe en p‰ture aux lois du
marchŽ. Un sŽnateur UMP a ŽtŽ jusquÕˆ proposer de classer les Ïuvres dÕart qui
sont dans les musŽes de France en deux catŽgories: celles quÕon garderait et
celles quÕon pourra vendre au plus offrant.
Tous ces projets sont synonymes de
dŽsengagement de l'Etat, de privatisations et de prŽcaritŽ, et visent
uniquement ˆ supprimer plusieurs dizaines de milliers de postes de
fonctionnaires au nom dÕune prŽtendue modernisation de lÕEtat ; LÕenfer est
pavŽ de Çbonnes intentionsÈ.
La RGPP est une attaque en rgle contre
la Fonction publique et le statut des personnels d'Etat.
MAINTIEN
DU MUSEE PICASSO DANS SON STATUT ACTUEL !
MAINTIEN DE LA DIRECTION DES MUSEES DE FRANCE !
MAINTIEN DES MUSEES NATIONAUX !
LES MUSEES NE SONT PAS DES MARCHANDISES !
Paris, le 14
dŽcembre 2007
* * * * * * ** * * *
Revue de lecture
Ç Le
Divin MarchŽ La rŽvolution culturelle libŽrale È de Dany-Robert Dufour Ždition
Deno‘l septembre 2007 22 Û 337 pages
Le
rgne sans partage du libŽralisme
Ils se croient libres, libŽrŽs ou
libŽraux alors qu'en fait ils appartiennent au troupeau obŽissant ˆ des normes
ou instructions dictŽes par une nouvelle religion: le libŽralisme...
Comme les autres religions
existantes, celle lˆ dominante possde ses dogmes, ses dix commandements que
l'auteur prŽsente et dŽveloppe. Il s'agit pour l'individu de se conformer ˆ un
systme, de se couler dans le moule pour le profit maximal d'un petit nombre,
chacun Žtant invitŽ ˆ essayer de s'approprier une part importante du g‰teau,
voire des miettes.
La gouvernance va Ç permettre ˆ la
sociŽtŽ civile de se gouverner seule sans en passer par cette vieille instance
dŽsormais dŽsute : le gouvernement, qui se croyait en charge de la Ç chose
publique È. L'Etat n'est plus lˆ pour rŽguler et dŽfendre l'intŽrt gŽnŽral
dans le cadre de lois, il n'a plus qu'ˆ protŽger ceux qui possdent et faire
taire les autres.
Ce libŽralisme triomphant conduit ˆ
ce que sur cette plante o les profits de certains sont rois, trois cents
personnes possdent autant que 3 milliards d'individus.
Les contraintes sont levŽes ainsi
que certaines barrires pour libŽrer les passions, qu'il s'agisse de celle des
actionnaires voulant faire encore plus de profit , ou de jeunes dans les quartiers
s'adonnant ˆ quelques juteuses activitŽs Žconomiques, c'est le chacun pour soi
ou la loi de la jungle.
L'analyse de textes chantŽs par
certains groupes de rap montre qu'il y a une identification parfaite ˆ
l'idŽologie libŽrale avec comme huitime commandement Ç Tu violeras les lois
sans te faire prendre È.
Ç...leur Ç morale È, le gain
maximal, ne diffre en rien de celle des actionnaires des groupes financiers,
parfaitement indiffŽrents aux possibles calamitŽs causŽes par d'Žventuels
retraits intempestifs de capitaux ou d'emplois rŽalisŽs au nom de la
rentabilitŽ et donc de la corporate governance... È
Mais alors que faire? Sommes nous
entrŽs dans un systme conduisant inŽluctablement au tout libŽral sans entrave
avec son corollaire: la misre pour beaucoup et la toute puissance des intŽrts
Žgo•stes?
Est-ce la fin de l'Histoire? Et le
triomphe posthume du psychanalyste Bernard de Mandeville qui avait choquŽ
l'Europe des Lumires en 1704 avec sa formule Ç Les vices privŽs font la
fortune publique È?
Kant! Freud! Revenez. Ils sont
devenus fous! Que deviendra cette sociŽtŽ si les pulsions ne sont pas
ma”trisŽes? Le rŽquisitoire de
l'auteur contre le libŽralisme est implacable. Dommage qu'il ne propose pas de
balayer ce Ç systme È, prŽfŽrant un toilettage de fond visant ˆ se dŽbarrasser
des effets pervers.
Si effectivement Ç la seule
rŽgulation sera celle que les hommes se proposeront de mettre en place en
fonction de leurs intŽrts particuliers È, ce n'est pas une simple rŽforme mme
radicale qui suffit !
Jean-Franois CHALOT
* * * *
Revue de lecture
Ç J'ai infiltrŽ
le milieu asiatique È de Mohamed Sifaoui
Edition: le cherche
midi novembre 2007 - 249 pages - 9,50 euros.
Un communautarisme
bien particulier.
Mohamed Sifaoui est un journaliste
trs apprŽciŽ par toutes celles et de tous ceux qui luttent contre l'intŽgrisme
et dŽtestŽ par les islamistes... C'est avant tout un journaliste
d'investigation qui n'hŽsite pas ˆ prendre des risques afin d'en savoir plus
sur certains agissements. Il b‰tit ainsi des reportages qui s'appuient sur des
documents Žcrits et filmŽs.
Aujourd'hui, il a laissŽ son sujet
de prŽdilection pour s'intŽresser ˆ un communautarisme particulier et son volet
criminel : le milieu asiatique...
Alors que la grande majoritŽ de la
population asiatique est pacifique, une mafia puissante et organisŽe sŽvit en
plein Paris et en Ile de France. Elle organise le racket, la prostitution, le
trafic de stupŽfiants, les filires d'immigration clandestine et le travail au
noir, dissimulŽ et particulirement lucratif.
Mohamed Sifaoui n'a pas hŽsitŽ ˆ
infiltrer le milieu, filmant ˆ l'insu de ses nouveaux Ç amis È un certain
nombre de rencontres et de Ç confessions È.
Les victimes de ces mŽfaits et
crimes ne portent pratiquement jamais plainte, parce que cela ne se fait pas et
surtout par peur des reprŽsailles toujours terribles et sans faiblesse.
Ç ... les diffŽrends sont rŽglŽs
ˆ l'intŽrieur de la communautŽ par des personnes habilitŽes ˆ jouer le r™le de
juge de paix È
Pour blanchir de l'argent sale, il
suffit bien souvent d'ouvrir un restaurant et s'il a peu de clients, qu'importe
! L'essentiel Žtant de se doter d'une couverture crŽdible!
Chaque restaurant japonais ou
chinois ne cache pas des pratiques mafieuses, mais il en est certains qui
servent de plaque tournante. Que
fait la police?
Elle chasse les sans papiers et
semble fort peu active quand il s'agit de rechercher et d'arrter ceux qui les
exploitent en les faisant venir clandestinement en France moyennant un engagement
ˆ rembourser des frais s'Žlevant ˆ des milliers et milliers d'euros.
L'Žcrivain-journaliste n'hŽsite pas
ˆ tout raconter, y compris comment la mafia asiatique rŽussit ˆ s'acheter les
bons offices de certains fonctionnaires comme celui de la direction
dŽpartementale du travail de Seine et Marne.
Tout se paye, tout se monnaye et les
Ç ripoux È ne se rencontrent pas uniquement dans les fictions policires: Ç J'ai
filmŽ des sŽquences qui montrent que les fonctionnaires mangent ˆ l'oeil dans
les restaurants contr™lŽs par ces gens du milieu. Mieux, certains viennent avec
les femmes et enfants pour ne pas ˆ avoir ˆ payer la note È...
La paix sociale a un prix, celui ci
est ŽlevŽ, il consiste ˆ ne pas faire de vagues et ˆ laisser se constituer une
police et une justice propres ˆ la communautŽ asiatique. Le mŽrite de l'auteur de ce livre est
de lever le voile sur des pratiques et des silences.
Jean-Franois Chalot
* * *
Document.
Nous reproduisons
ci-dessous, traduit par Franois Paillares, la position d'un courant politique
vŽnŽzuelien reprŽsentŽ notamment par Orlando Chirino, coordinateur national de
la centrale syndicale UNT (Union Nationale des Travailleurs) crŽŽe voici
quelques annŽes en rupture avec les syndicats anti-chavistes, et devenue la premire
centrale syndicale.
RŽsumŽ
de la dŽclaration du Ç Movimiento por la construcci—n de un PT È -Ç
Mouvement pour la construction d'un Parti des Travailleurs È-
[Venezuela, 26 novembre 2007]
Nous,
les socialistes rŽvolutionnaires, nous reprŽsentons le Troisime Choix.
Le
2 dŽcembre, repoussons la RŽforme Constitutionnelle. VOTE NUL
Tous ceux qui connaissent notre trajectoire en tant que dirigeants
syndicalistes et politiques, savent qu'incontestablement nous n'avons
jamais ŽtŽ du c™tŽ des exploiteurs, des patrons, des grands
propriŽtaires, pas plus que des instruments des gouvernements Žtrangers
qui prŽtendent empiŽter sur notre souverainetŽ. Les travailleurs et
l'avant-garde politique rŽvolutionnaire nous reconnaissent comme des
combattants anti-impŽrialistes et anti-capitalistes, dŽfenseurs de la
dŽmocratie syndicale, combattants des idŽes du socialisme
rŽvolutionnaire. De mme nous avons toujours dŽfendu le gouvernement du
PrŽsident Ch‡vez contre les attaques de la bourgeoisie et de l'impŽrialisme.
Tout cela nous confre l'autoritŽ morale et politique pour nous exprimer
catŽgoriquement contre la RŽforme Constitutionnelle (...)
RŽcemment le PrŽsident
Ch‡vez a laissŽ entrevoir que refuser de soutenir la rŽforme ce serait
faire partie d'un Ç complot international È. Nous refusons, quant ˆ nous,
cette vision manichŽenne (.) C'est pour cela que nous disons qu'il existe
un Ç troisime choix È, celui des socialistes rŽvolutionnaires qui avons
dŽfendu ce processus et voulons son approfondissement, vers le vŽritable
socialisme, sans patrons, sans bureaucratie ni corruption et pour un
Gouvernement des Travailleurs et du Peuple.
La RŽforme
Constitutionnelle ampute les libertŽs dŽmocratiques et politiques.
Nous refusons la rŽforme
Constitutionnelle parce qu'elle est contradictoire avec ce qu'affirment
ses inspirateurs et dŽfenseurs. C'est un retour en arrire, car elle
limite ou elle refuse de reconna”tre d'importantes conqutes et libertŽs
conquises au prix de multiples sacrifices. Et, ce qui est pire, elle n'a
rien ˆ voir avec l'approfondissement d'un processus rŽvolutionnaire dans
la perspective du socialisme.
Par sa forme et son
contenu, la RŽforme est un coup sŽvre portŽ aux libertŽs politiques et
dŽmocratiques.
Les 33 premiers articles
ont ŽtŽ ŽlaborŽs par une commission dŽsignŽe arbitrairement par le
PrŽsident. Elle a travaillŽ pendant 4 mois dans le secret le plus absolu
sans mme consulter les secteurs concernŽs. Et cela a ŽtŽ encore pire
concernant l'AssemblŽe nationale, o les procŽdures fondamentales des
travaux parlementaires ont ŽtŽ violŽes pour les 36 articles additifs et
les 15 dispositions transitoires.
Il est de notoriŽtŽ publique incontestablement, que les pouvoirs ExŽcutifs
et LŽgislatifs, qui ne cessent de proclamer la dŽmocratie participative
et active, l'ont laissŽ de c™tŽ. Au contraire, le PrŽsident et
l'AssemblŽe nationale, bien loin de promouvoir la participation dŽmocratique,
nous font revenir aux vieux schŽmas (.) qui ont rŽgnŽ pendant 40 ans.
DorŽnavant, si la
RŽforme Žtait approuvŽe, des pourcentages plus importants seraient exigŽs pour
pouvoir avoir recours ˆ un quelconque rŽfŽrendum. Les privilges des
dŽputŽs seraient Žtendus, pendant que le PrŽsident se verrait investi de
pouvoirs spŽciaux qui Žroderont les droits Žlectoraux du peuple, tels que
la facultŽ de dŽsigner arbitrairement de nouvelles autoritŽs (cas des
vice-prŽsidents rŽgionaux ou de districts) Le prŽsident (ou la
PrŽsidente) sera la seule personne qui aura le droit d'tre rŽŽlu(e) dans
sa fonction, violant par lˆ mme le critre fondamental d'ŽgalitŽ de
droits et de devoirs entre tous les vŽnŽzuelien(ne)s.
Mention spŽciale, le
refus de libertŽ d'information pour le peuple. Elle est supprimŽe dans
l'article 337, qui ne fait qu'entŽriner l'action putschiste que les
fascistes avaient anticipŽe, les premiers, les 11 et 13 avril 2003, en
censurant le droit ˆ l'information.
Avec la RŽforme
Constitutionnelle, nous n'allons pas vers le Socialisme.
La Reforme Constitutionnelle
va ˆ contre courant de ce grand rve socialiste auquel aspire et pour
lequel combat notre peuple. La preuve en est que la RŽforme protge la
propriŽtŽ privŽe. Nous, les authentiques rŽvolutionnaires, nous disons
sans dŽtour que la propriŽtŽ des moyens de production et la sauvegarde
des multinationales actionnaires de l'entreprise pŽtrolire, concernant
l'exploitation de nos ressources naturelles ou les entreprises d'Etat,
est incompatible avec le socialisme, dans la mesure ou la propriŽtŽ privŽe
est une des questions fondamentales du systme d'exploitation
capitaliste. Nulle part il n'appara”t dans le projet de RŽforme
Constitutionnel que le PrŽsident ou l'AssemblŽe Nationale rompent de
faon dŽfinitive ni avec les chefs d'entreprise privŽes nationales, ni
internationales, ni avec les propriŽtaires terriens.
Pour les
travailleurs, la RŽforme n'apporte pas le moindre bŽnŽfice concret ni
immŽdiat.
La diminution de la
journŽe de travail, la rŽtroactivitŽ des prestations sociales sont des droits
dŽjˆ acquis (.) sauf que le gouvernement et l'AssemblŽe nationale se sont
montrŽs incapables de les faire appliquer.
Les Conseils du Travail
(Consejos Laborales), outre qu'ils ne sont pas des organismes rŽellement
crŽŽs par les travailleurs eux-mmes (pas plus qu'issus de leur propre
combat), ne sont finalement que des organismes nŽs sous la tutelle et le
contr™le absolu et intŽgral de l'ExŽcutif. Par lˆ mme, ils mettent en
cause l'indŽpendance et l'autonomie des travailleurs et de leurs organisations.
La preuve la plus palpable en est le Ministre du Travail, o l'on a crŽŽ
un Conseil du Travail sur ordre du Ministre. Cet organisme sert ˆ tout et
ˆ n'importe quoi, sauf ˆ dŽbattre du droit de nŽgociation de conventions
collectives, dans une institution o, depuis 14 ans, pas une seule de ces
conventions n'a ŽtŽ signŽe.
(.) Concernant la
politique anti-syndicale qui s'est dŽcha”nŽe cette annŽe, elle s'est
concrŽtisŽe par le refus de reconna”tre les dirigeants lŽgitimes des
syndicats des pŽtroles de l'Union Nationale des Travailleurs, ainsi que
ceux de la Fonction publique, qui depuis 36 mois attendent la signature
d'un nouvel accord cadre.
Et que dire de l'article
141 rŽformŽ, qui fait perdre le statut de la fonction publique aux fonctionnaires
en les transformant en instruments des Pouvoirs publics centraux. Cette
mesure met en cause le droit de grve, la garantie d'emploi, le droit
d'organisation syndicale et fait des fonctionnaires publics des
personnels serviles et corvŽables ˆ merci.
D'autre part, la rŽforme
n'envisage pas la moindre augmentation gŽnŽralisŽe des salaires.
Une mise en garde ˆ
l'adresse de l'impŽrialisme et de l'opposition putschiste.
L'opposition putschiste,
tŽlŽguidŽe depuis Washington, a regagnŽ du terrain (.) gr‰ce ˆ la
collaboration de classe du gouvernement. Elle pourrait se croire
renforcŽe en cas de triomphe du NON, estimant que le peuple renoncerait ˆ
ses conqutes rŽvolutionnaires. Nous, socialistes rŽvolutionnaires, leur
disons qu'ils se trompent lourdement, car en cas d'action
dŽstabilisatrice, ils trouveraient des millions de travailleurs prts ˆ
occuper les usines et ˆ les refaire fonctionner sous leur contr™le (.) il
faut refuser de faire des concessions (.) C'est lˆ le socialisme pour lequel
nous combattons.
Travailleurs et
rŽvolutionnaires nous ne pouvons pas voter pour la RŽforme
constitutionnelle (.)
De nombreux travailleurs
et travailleuses s'expriment ouvertement contre la RŽforme
Constitutionnelle, car ils savent qu'avec elle on recule. D'autres le
font de manire cachŽe car ils sentent l'Žnorme pression des
fonctionnaires gouvernementaux ˆ leur encontre (.) Nous, rŽvolutionnaires
ne pouvons tre ni sourds ni aveugles devant cette clameur qui monte d'en
bas et qui cherche ˆ s'exprimer contre la RŽforme Constitutionnelle (.)
Nous appelons les
travailleurs ˆ VOTER NUL. Puisque le CNE, anti-dŽmocratiquement a
interdit de faire campagne pour l'abstention, nombre de travailleurs craignent
d'tre identifiŽs comme abstentionnistes et d'tre licenciŽs de leur
travail. Certains craignent aussi d'tre traitŽs de Ç
contre-rŽvolutionnaires È ou qu'on leur reproche de Ç retourner leur
veste È en votant NON. Nous sommes solidaires et nous encourageons tous
les camarades qui pensent s'abstenir (..) et d'autant plus ceux qui sont
prts ˆ jouer leur va tout en votant NON, sans craindre ni les
manipulations ni les pressions de toute sorte dont ils sont l'objet (.)
Nous aussi, nous refusons de soutenir la rŽforme. Cela fait 3 mois que nous
le faisons savoir (.)
Orlando Chirino - Miguel
çngel Hern‡ndez - Emilio Bastidas - Armando Guerra - Rafael Ruiz
Pour le ComitŽ
d'Initiative du Mouvement pour la construction d'un Parti des Travailleurs.
Venezuela, 26 novembre
2007.
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