Lettre de Liaison N¡ 70 du 24 juillet 2009

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

 

Sommaire :

- Les ouvriers de New Fabris ont raison !

- Grippe A : que se prŽpare-t-il ?

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LES OUVRIERS DE NEW FABRIS ONT RAISON ET MONTRENT LA VOIE.

 

850 postes ˆ Alcatel, nouveau "plan social" chez Potain ...  En ce cÏur de l'ŽtŽ, la vague de licenciements se confirme et s'aggrave. Comme prŽvu. Les directions syndicales confŽdŽrale Žtant semble-t-il en vacances et la gauche Žtant occupŽe par des conflits tournant autour de l'avenir du PS -sujet sur lequel nous reviendrons- personne en dehors des Žditions locales de la presse n'en parlerait, si les salariŽs directement concernŽs ne commenaient ˆ rŽagir de plus en plus fort.

New Fabris -"les New Fabris" comme disent les journalistes- ont montrŽ la voie en menaant, ultimatum ˆ l'appui, de faire sauter l'usine de Chatellerault si ont leur refusait une indemnitŽ de licenciement de 30 000 euros.

ILS ONT RAISON.

"Tout de mme, leurs mŽthodes sont violentes".

Et des milliers de licenciements sans arrt, c'est pas violent, peut-tre ?

Et Sarkozy qui fait semblant d'avoir ŽtŽ plŽbiscitŽ ˆ ces Žlections europŽennes o la plupart des gens n'ont pas votŽ et fait voter ˆ toute force le travail le dimanche par son assemblŽe, c'est pas violent, peut-tre ?

Leurs mŽthodes sont ˆ la hauteur, et en fait en dessous, de la violence qui leur est faite, qui nous est faite.

"Oui, mais elles sont illŽgales."

On pourrait en dire des choses sur la lŽgalitŽ et l'illŽgalitŽ dans les luttes sociales, sur la grve qui fut ˆ l'origine illŽgale et le serait restŽe, et le redeviendra, si l'on ne piŽtine pas la "lŽgalitŽ" de la classe dominante, la classe des exploiteurs ... Mais une chose suffit, qu'une ouvrire de New Fabris a clairement exprimŽe ˆ la tŽlŽ : c'est seulement avec ces mŽthodes, violentes et illŽgales, qu'on a parlŽ d'eux, qu'ils ont ŽtŽ entendus et que de vraies nŽgociations se sont amorcŽes, le gouvernement les recevant directement en la personne de M. Estrosi, "ministre de l'Industrie". Dont acte.

Ces mŽthodes ne sont d'ailleurs pas violentes et illŽgale n'importe comment. Si elles sont seules efficaces, c'est parce qu'elles sont COLLECTIVES. Ce sont les mŽthodes d'une CLASSE, celle des exploitŽs qui produisent la valeur, les biens et les richesses, contre une autre CLASSE, celle du capital et de son ƒtat, son gouvernement, son prŽsident Sarkozy.

 

"Oui mais bon quand mme, on voit bien ˆ quel point les ouvriers d'aujourd'hui sont devenus consumŽristes et participent eux-mmes de ce systme libŽral dont ils ont intŽriorisŽs les rgles, voyez donc : au lieu de dŽfendre leurs emplois la seule chose qui les intŽresse c'est la prime de dŽpart ! "

Voila l'argument drapŽ de bonnes intentions politiques et idŽologiques, que les moralisateurs mais aussi les responsables syndicaux et les Žlus de gauche vont rŽpŽtant. Cet argument ne vaut rien ! Voyons cela.

D'abord, on voit mal comment les prolŽtaires pourraient ne pas "avoir intŽriorisŽ les rgles du jeu de l'Žconomie libŽrale", c'est-ˆ-dire capitaliste. Pour pouvoir vendre leur force de travail pour vivre, nous sommes bien obligŽs de les intŽrioriser. Un prolŽtaire est un vendeur de sa force de travail, il essaye d'en tirer le meilleur prix et ne se rend compte qu'ˆ la dure Žpreuve de la vie, de l'expŽrience, que pour cela il a plus intŽrt de combattre en collectif que de tirer en individuel.

Ensuite, aller reprocher aux salariŽs de New Fabris de ne pas dŽfendre "l'emploi" en gŽnŽral et le leur en particulier, est d'une sacrŽe hypocrisie. Ils voient bien, comme tous les autres, qu'en l'absence d'organisation du caractre commun de tous les mouvements analogues aux leurs, chacun boite par boite jusqu'ˆ prŽsent a perdu sur l'emploi, que quand la lutte parvient ˆ limiter les dŽg‰ts ici, les patrons le font payer ailleurs, et qu'on perdra toujours sur l'emploi tant qu'on se battra boite par boite et qu'on ne mnera pas une bataille commune, DE CLASSE, ˆ l'Žchelle nationale -et par suite internationale- comme justement ils font dŽjˆ au niveau de leur bo”te. Pour le moins, une manifestation nationale ˆ l'ƒlysŽe et au sige du MEDEF -les exploiteurs en chef qui doivent tre les payeurs, voila ce qu'il reviendrait aux syndicats d'abord, et ˆ l'ensemble des partis de gauche, d'organiser, ce qu'ils ne font pas. Alors, les reproches aux travailleurs qui se battent pour la prime de dŽpart ... pas a, pas vous !

Enfin, c'est tout ˆ fait judicieux de rŽclamer ces 30.000 euros. Et Žconomiquement cohŽrent ... pas la cohŽrence du capital, bien sžr. Cet argent existe, c'est une partie de la plus-value que les ouvriers ont produite et que les patrons -pas seulement le patron de la boite concernŽ mais le patronat collectivement, comme classe- se sont appropriŽe. Qu'ils soient aujourd'hui obligŽs d'en investir toujours plus pour des profits proportionnellement moindres, que la concurrence soit acharnŽe, que l'Žcoulement des marchandises soit difficile d'autant plus que les salaires rŽels baissent et le ch™mage augmente, que les prts bancaires soient difficiles ˆ obtenir et chers ˆ rembourser, tout cela est vrai, mais tout cela, ce sont les contradictions du capital, pas de la production rŽelle de richesses qu'il menace par sa soif vitale d'accumulation. Ces 30.000 euros par licenciŽ existent, pas qu'ˆ New Fabris, partout. Les revendiquer, c'est exiger son dž, la restitution d'une partie de ce qui a ŽtŽ produit par le travail. Et c'est intimider les patrons qui veulent licencier, partout.

Alors, disons-le, les 30.000 euros de New Fabris, ce n'est pas la revendication Žgo•ste des "New Fabris", c'est un dž pour l'ensemble de la classe ouvrire !

"N'empche que s'ils en sont lˆ c'est qu'ils sont sacrŽment dŽsespŽrŽs".

Nul doute qu'il y a du dŽsespoir quand on est traitŽ comme a, avec un tel mŽpris, une telle violence, mais un mŽpris et une violence qui passent pour choses normales dans les mŽdias et dans la sociŽtŽ Žtablie parce qu'ils font partie du rapport social dominant, celui de salariŽ ˆ patron, et qui ne sont perus que quand on tape du poing sur la table !

Mais pour autant, ne croyons surtout pas avoir affaire ˆ l'action d'une bande de dŽsespŽrŽs ˆ bout de souffle.

Ces ouvrires, ces ouvriers, avec leurs sections syndicales, savent ce qu'ils ont fait et ce qu'ils font. Ils ont pris le risque de l'illŽgalitŽ et ont ŽtŽ reus par M. Estrosi. Celui-ci a repris le discours hypocrite sur "luttez donc pour l'emploi", les "solutions industrielles et tout et tout. Il a voulu la faire -par pure trouille de l'explosion- faon "dialogue social", comme il fait avec Thibault, ChŽrque et Mailly. Mais les travailleurs savent ce que veut dire nŽgocier. Ils ont averti : "on ne parlera pas d'autre chose que de notre revendication : les 30 000 euros, quand ? ". Alors "le dialogue a ŽtŽ difficile" et le gouvernement, qui sait lui aussi ce qui est en jeu, ne veut ni l‰cher les sous ni contraindre les patrons ˆ le l‰cher (ce dont il aurait Žvidemment les moyens). Alors les travailleurs appellent les autres usines de la branche ˆ les rejoindre. Ils demandent le soutien des syndicats et des partis, ˆ l'Žchelle nationale. Ils convient celle et ceux qui peuvent ˆ venir manifester ˆ Ch‰tellerault, le jeudi 30 juillet, veille de l'ultimatum qui, bien que les bouteilles de gaz n'aient pas ˆ cette heure ŽtŽ replacŽes dans l'usine, reste fixŽ au 31.

Ceci n'est pas une attitude de dŽsespŽrŽs, ceci n'est pas une attitude d'Žgo•stes, ceci n'est pas une attitude de consumŽristes, c'est l'attitude de la classe ouvrire qui, tirant les leons d'un printemps de coups reus, de luttes boite par boite qui aspiraient ˆ s'unir mais ont ŽtŽ maintenues boite par boite parce que les organisations des travailleurs n'ont pas jouŽ leur r™le, cherchent maintenant ˆ rŽaliser cela, cette union de toutes et de tous, ˆ l'Žchelle nationale, par eux-mme, et bien sžr, car il ne peut en tre autrement, ˆ partir de leur propre combat lˆ o ils sont.

 

ILS ONT RAISON. C'EST LA VOIE A SUIVRE, PARTOUT. C'EST L'AXE DU REGROUPEMENT. C'EST COMME CELA QU'ON PEUT GAGNER, PAS BOITE PAR BOITE, MAIS TOUS ENSEMBLE.

 

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GRIPPE A : QUE SE PREPARE-T-IL ?

 

 

Groupe politique, nous ne sommes pas mŽdecin et biologiste et n'avons pas de compŽtence sur le degrŽ du danger microbien prŽsent.

Mais groupe militant, nous avons un avis sur le danger qui menace et le devoir de le dire et d'appeler ˆ s'y prŽparer, car si nous constatons qu'en l'Žtat actuel des choses cette grippe ne semble pas trs grave, nous constatons aussi que dans la sociŽtŽ capitaliste prŽsente et en crise tout est ˆ craindre quant ˆ la manire dont elle est et sera combattue, et quant aux rŽactions qu'elle peut susciter et ˆ l'utilisation qu'on peut en faire. En effet :

1¡) Selon plusieurs sources, la pandŽmie est partie du Mexique aprs une phase d'incubation sous forme d'une maladie pulmonaire affectant plusieurs villages situŽs ˆ proximitŽ de grandes porcheries industrielles Žtats-uniennes. Personne ne s'est alors prŽoccupŽ de la santŽ de ces habitants. Personne dans les lieux de pouvoir n'a suggŽrŽ de restreindre ce types d'industries ˆ haut risque sanitaire. Au passage, on a prŽsentŽ comme un phŽnomne naturel la fabrication d'un virus composite ˆ partir de ceux de l'homme, du cochon et des oiseaux, alors que cela n'est possible que par le brassage de l'agroindustrie capitaliste et sur le terrain du principal bouillon de culture de la plante : la masse humaine exploitŽe.

2¡) Quand l'ŽpidŽmie s'est dŽclarŽe dans une grande ville, Mexico, avec des percŽes aux ƒtats-Unis, on est passŽ sans transition du black-out total au tapage mŽdiatique le plus assourdissant, ne parlant plus que de a -le plus grand cirque jusqu'ˆ la mort de Michael Jakcson, bien que la poussŽe de la rŽvolution contre le rŽgime islamiste d'Iran ait commencŽ entretemps ... Ce vacarme en lui-mme irrationnel a cultivŽ la peur, produisant des rŽactions absurdes comme la vague anti-coptes en ƒgypte cultivŽe par le rŽgime et les islamistes pour dŽtourner le peuple de ses vrais ennemis( les coptes, chrŽtiens, ont ŽtŽ accusŽs d'avoir introduit des cochons empoisonnŽs ...), ou comme, chez les riches, les achats lŽgaux puis illŽgaux du mŽdicament prŽsentŽ comme le remde contre l'infection, le Tamiflu -au risque de dŽvelopper la rŽsistance du virus, ce produit n'Žtant absolument pas prŽventif mais uniquement curatif, bien que les autoritŽs des pays occidentaux et du Japon en ait distribuŽ aux voyageurs souponnŽs ˆ tort ou ˆ raison d'avoir contractŽ "la maladie" ...

3¡) Ensuite, ˆ nouveau, silence total ! Et pendant ce temps, l'ŽpidŽmie, la vraie, Žclate, d'abord dans l'hŽmisphre Sud (le virus prŽfre l'automne), mais aussi de manire surprenante pour l'OMS (Organisation Mondiale de la SantŽ) en AmŽrique du Nord et dans les ”les britanniques. S'il s'avre que si la maladie est bŽnigne -pour l'instant, car rŽpŽtons-le l'irresponsabilitŽ dans la distribution des mŽdicaments peut rendre le virus plus dangereux- mais que sa propagation ŽpidŽmique est exceptionnellement rapide, et tout de mme une mortalitŽ trois ˆ quatre fois supŽrieure aux autres grippes de ces cinquante dernires annŽes. Alors surviennent les plans et discours officiels, qui combinent deux caractres :

- de trs fortes vellŽitŽs de contr™le social total, dŽplacements soumis ˆ autorisation, quarantaines, confinement, masques ...

- et la gabegie ou l'oubli de secteurs entiers : contr™le total d'un c™tŽ, manque de moyens de l'autre.

Les labos savent dŽjˆ qu'ils sortiront gagnants de la fabrication d'un vaccin que l'on n'aura pas le temps de produire et de distribuer ˆ toute la population franaise, d'aprs le Canard Encha”nŽ du 22 juillet ...

Ce n'est pas la peste, mais ils vont finir par y arriver, pourrait-on se dire ! En attendant, ce qui s'annonce concrtement c'est 40% de la population avec de la fivre, parfois faible, mais pas en Žtat d'aller travailler quoi qu'en disent les sŽides ˆ la Dominique Lefebvre qui sont prŽcisŽment en train de se battre pour faire travailler les malades !

De plus, en cas, probable, d'explosion ŽpidŽmique, ce n'est pas le confinement au chaud chez soi de 40% de la population atteinte, mais de tout le monde pendant 15 jours. Une sociŽtŽ traditionnelle ayant les moyens scientifiques de faire face, ou une sociŽtŽ socialiste collectivement et dŽmocratiquement organisŽe, pourrait faire cela, mais pas une sociŽtŽ o la circulation la plus rapide possible du capital est devenue l'unique finalitŽ, dut-elle tout dŽtruire. Sauf que la contagion accŽlŽrŽe, adaptŽe ˆ cette circulation accŽlŽrŽe du capital et donc des biens et des personnes, pourrait tout gripper. Alors nous aurons des mesures de contr™le social cherchant ˆ culpabiliser les gens, associŽes ˆ l'abandon de certains secteurs. On voit dŽjˆ ce qu'il en est dans des pays comme l'Argentine et le Sud du BrŽsil actuellement touchŽs. On peut craindre ce qu'il en serait dans les petites entreprises, parmi les travailleurs prŽcaires, les immigrŽs, les sans-papiers, les ch™meurs, les licenciŽs dŽjˆ fragilisŽs psychologiquement et nerveusement, et les CMU dont une enqute rŽcente indique le peu d'enthousiasme des mŽdecins ˆ les accepter en consultation.

Deux mesures seraient nŽcessaires immŽdiatement, inspirŽes par le bon sens :

- orienter la recherche et les investissements de santŽ, sans tenir compte de la course au profit des trusts pharmaceutiques et en rŽquisitionnant leurs moyens, vers la production rapide du produit curatif (le Tamiflu ˆ ce que l'on sait) et d'un vaccin prŽventif pour l'avoir pour tous dans les dŽlais.

- augmenter dans les proportions nŽcessaires le salaire socialisŽ, c'est-ˆ-dire les cotisations salariales et patronales (qui ne sont pas des "charges" mais une partie du salaire produit par les travailleurs) pour que les personnes qui seront en arrtŽ maladie ou en confinement prŽventif restent payŽes le temps qu'il faudra.

Constatons qu'en France comme partout ailleurs, aucun pays n'est en mesure de mettre en Ïuvre ces mesures de bon sens, parce que c'est le besoin de croissance permanente du capital qui dŽtermine tout, et qui se moque de la vie.

Mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras, au contraire : en nous mobilisant pour que le combat contre la grippe A soit menŽ avec les mŽthodes du bon sens collectif et pas celles du capital, en dŽfendant l'h™pital public et la santŽ publique, nous pouvons limiter les dŽg‰ts et nous devons combattre le capital et ses ƒtats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'AG du 6 juin 2009 :

Eric AUGNET (Syndicaliste CFDT -14), Fathia Ç Nadia È BENAMAR (militante pour le droit au logement Paris 18me), Sylvie BONNIN (syndicaliste FO -03), Raymond DEBORD(militant du PS - Paris 3e), Olivier DELBEKE (syndicaliste CGT  -94), Franois FERRETTE (militant communiste et syndicaliste SNASUB-FSU -Alenon ), Franck MARSAL (militant PCF -59), Houaria MOUALEK (militante pour le droit au logement -Paris 18me), Vincent PRESUMEY (militant PS et syndicaliste FSU - 03), Farida SAIDOUNI (militante pour le droit au logement -Paris 18me), Yves THEIS (conseiller municipal PCF, syndicaliste CGT -Cosnes dÕAllier), Kamel ZORGUI (ouvrier sans-papiers -95).

 

 

 

 

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