Lettre de Liaison
NĦ 81 du 22Ħ novembre2009
Le courage, c'est de chercher la
vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Sommaire
:
Prventions
des risques et capitalisme sont incompatibles.
Rforme
territoriale et lections rgionales.
Frmissements.
Dclaration
des syndicalistes de Militant.
Martin
Legassick, vtran de l'ANC, a donn une confrence. -article de Ouest
France.
UNITE,
journal de l'OS, est paru :
-tribune
dans L'Humanit du 20 octobre dernier;
-article
de Jean-Franois Claudon;
Document
: situation conomique, ce qu'en pense la Socit Gnrale.
Prvention des risques
et capitalisme sont incompatibles.
La nouvelle grippe ("A H1 N1" comme disent les
journalistes, croyant faire science par l'emploi de lettres et de chiffres
sotriques) est une affaire srieuse. L'une des plus graves consquences de la
campagne dlirante mene la fin de l't pour affoler les populations aura
t de susciter, en raction, un scepticisme chevill au corps envers la
campagne de vaccination et, d'une faon gnrale, envers tout ce qui peut tre
fait ou proclam par les Etats en matire de "prvention" et de mise
en oeuvre du soi-disant "'principe de prcaution", particulirement
en France.
Pourquoi particulirement en France ?
Parce qu'ici, on comprend mieux maintenant quoi rimait le grippus circus sarkozien : essayer de prouver que
l'Etat en tant qu'Etat rgalien, policier, "stratge", peut grer une
pidmie sans les
hpitaux, les services de sant et les mdecins. Puisqu'avec la rforme
Bachelot on doit fermer des dizaines d'hpitaux, ce n'tait pas le moment d'en
raffirmer l'utilit et la ncessit absolue (dont personne ne doute en dehors
de ceux qui sont censs nous gouverner). Au contraire, c'tait pour eux le
moment de montrer qu'on peut faire une politique de sant sans services publics
de sant, rien qu'avec des prfets, des hangars, des flics, des firmes
pharmaceutiques -et des infirmires rquisitionnes.
Stratgie du choc : une pidmie ? La bonne aubaine ! On va
en profiter pour faire grer par les prfets et les DASS -pourquoi pas par
l'arme ? a viendra ! - prvention et soins, pour tenter de fermer en masse
les tablissements scolaires publics et dmontrer qu'on peut faire de
l'enseignement sans professeurs et lves face face, et pour maintenir cote
que cote ouvertes les entreprises et continus les flux conomiques en imposant
des heures supplmentaires non choisies et non payes ! Prparons l'tat de
sige, celui o seules demeurent les entreprises capitalistes et leur Etat
rgalien et policier, et o tout le reste est ferm !
La premire tape de l'opration tait de
convaincre les populations de l'ampleur de la menace et de la ncessit de se
montrer "civique", "citoyen" et dans la ligne de l'
"'identit" (?) nationale la Hortefeux-Besson, en prime. C'est l
que tout de suite la mcanique s'est grippe, si l'on peut dire : la population
s'est inquite bien sr puis s'est dit que s'ils nous bourrent le mou ainsi
c'est qu'il y a autre chose. Sarcasme et ironie ont t la rponse au discours
bio-scuritaire de l'Etat.
Deux professsions ont massivement fait
savoir, non par les dclarations de quelque organsisme que ce soit,
professionnel ou syndical, cens les reprsenter, mais par les propos
tranquilement rpts de leurs membres leurs patients, amis et parents un peu
partout, qu'elles ne se feraient pas vacciner dans ces conditions : les
mdecins et les infirmires !
Ceci prouve que nous n'avons pas affaire
-comme certains hommes politiques et marchands de mdicaments voudraient le
faire croire- une vague irrationnelle et anti-scientifique, cela bien que
l'attitude du pouvoir, des mdias et des firmes pharmaceutiques fasse
effectivement le jeu des adeptes de la puret bio, des fanatiques de
l'Apocalypse, des complotistes, des ennemis des vaccins et autres Tmoins de Jhovas.
Non, il n'y a pas -comme cela aurait pu se produire- de vague obscurantiste bio
rpondant comme un reflet la politique bio-scuritaire des dominants.
Il y a, et ceci est un fait politique
d'une importante considrable, norme, une mfiance ouverte et affiche envers
l'Etat et les gouvernants, affirmant comme une conviction populaire lgitime,
certaine, ancre, assure d'elle-mme : Messieurs, on ne peut pas vous faire
confiance !
Vous tes des tricheurs, vous tes des
menteurs, vous tes des profiteurs, on ne peut pas vous faire confiance.
Paralllement (et pas par hasard) cette affaire de "grippe A", une
petite chose et une grande chose le montrent d'ailleurs bien.
Une petite chose : la "main de
Thierry Henri" ! Le foot est lui aussi une affaire srieuse ... La
mauvaise tenue d'une quipe de millionaires encadrs par une caricature
d'adjudant de la Grande guerre, qu'est l'quipe de France, face aux Irlandais,
est un fait acquis pour tout le monde, particulirement, l aussi, en France.
La victoire par non respect des rgles du jeu aussi. Mais tout le monde -et
finalement aussi le gouvernement irlandais, restant sa place de gestionnaire
d'une colonie, britannique autrefois, "europenne" aujourd'hui- a
dclar " on sait que c'est de la triche (ils ne peuvent pas dire le
contraire), mais c'est la Fifa de dcider, on respecte les institutions en
place". La Fifa, caricature
de ce que sont l'Union Europenne et l'ensemble des institutions inter-tatiques
que l'on tente de faire passer pour des reprsentations de l'humanit : une
oligarchie mafieuse et opaque. Au vu et su de tous, les grands de ce monde nous
disent : on a vu la triche, on la maintient par consensus entre nous, allez
donc vous faire voir.
Une grande et grave chose : selon les
dernires tudes, la banquise arctique aura disparu l't ds 2013. Voici 7 8
ans on nous annonait sa disparition pour dans quelques dcennies. En mme
temps la fonte du Groenland s'est acclre, doublant ces deux dernires
annes. Le Bangladesh comme la Hollande sont srieusement menacs non dans 100,
non dans 20, mais dans 2 ans, autant dire maintenant. Les missions de gaz
effet de serre n'ont jamais t aussi leves qu'en 2008. Elles auront sans
doute un peu baiss en 2009 grce la crise ... L'acclration du
rchauffement, d'ailleurs directement perceptible en cet automne anormalement
chaud (ce qui a sans doute refrn le virus " A H1 N1" !) provient
d'une rtroaction aggravante, savoir que le rchauffement n'est plus
seulement d aux missions humaines de gaz effet de serre, mais aux
phnomnes qu'elles ont provoqu dans la nature : la fonte des inlandsis,
glaciers et banquises diminue la rfraction de lumire solaire et acclre
son tour le rchauffement, de mme que la fonte des sols gels jusque l en
permanence des rgions nordiques et des plates-formes ocaniques proches dgage
du mthane, fort effet de serre.
Les mmes qui nous jouent le grand jeu au
nom du "principe de prcaution" sur la grippe A sont ceux qui se
contrefoutent de la catastrophe imminente !
On aimerait pouvoir avoir confiance, on aimerait bien pouvoir se faire
vacciner avec des produits tests et srs, propos desquels on n'entende pas
tout et son contraire, on aimerait bien pouvoir le faire faire dans un cabinet
mdical tranquille et proche.
On vient d'apprendre que le virus a mut
en Norvge et que ce n'est pas la premire fois, mais avec cette fois-ci un
risque pulmonaire majeur. C'est inquitant. Sans tre biologistes soi-mme, on
ne peut cependant qu'tre surpris de voir l'OMS et les organismes officiels
nous annoncer sans dlais que le vaccin actuel prvient aussi les formes
mutantes : dans la mesure o celles-ci viennent seulement d'tre repres sur
des malades, on ne voit pas sur quoi peuvent s'appuyer de telles affirmations,
un virus mutant tant un nouveau virus ... Ou alors, comme on n'est pas des
abrutis, qu'on nous fasse la dmonstration scientifique d'une telle facult de
prvision, sinon on risquerait encore de penser que ces annonces l visent
profiter d'une opportunit -une mutation dangereuse ! - pour couler des stocks
...
Si jamais se produisait le dveloppement
viral que les spcialistes craignent depuis des annes, vers une grippe
dangereuse, ce que celle-ci, dans l'immense majorit des cas, n'est heureusement
pas en l'tat actuel des choses, n'en doutons pas : les mmes gouvernants
irresponsables et les mmes capitalistes l'afft des occasions de profit, qui
ont sabot la sage et sereine politique classique de sant publique reposant sur l'Hpital, les services de
sant, la Scurit sociale, le corps mdical, nous diront qu'on l'avait bien
cherch, qu'on n'avait pas tre aussi mfiants et "irrationnels".
Avertissons par avance : vous tes
responsables, messieurs les irresponsables, de tous les morts ventuels. L'humanit a toutes les connaissances et
les moyens techniques de se prvenir d'une pidmie. Votre dbauche de faux
moyens et la dsorganisation de la vritable prvention sont de votre fait. En
cette anne 2009 l'incompatibilit du capitalisme et de la sant publique
s'affirme mme dans les pays riches. Mettre en oeuvre le principe de
prcaution, c'est en finir avec le capitalisme.
Rforme territoriale
et lections rgionales
Grve au conseil gnral du Gard, au
conseil gnral de l'Aude, au conseil gnral et au consei rgional de la
Runion : les mdias n'en parlent pas, et hlas les directions syndicales
nationales non plus, mais les grves se multiplient dans la fonction publique
territoriale, contre les annonces faites par certaines lus, notamment des
prsidents de conseils gnraux, selon lesquelles la prochaine rforme
territoriale de Sarkozy entrainera des coupes sombres dans les services publics
locaux et les effectifs de la Fonction publique territoriale.
Les mmes lus, qui bien souvent, la
larme, sincre ou hypocrite, crocodilienne, au coin de l'oeil, annoncent qu'on
va leur faire faire le "sale boulot", ont conspu Fillon, faute de
conspuer Sarkozy, qui n'est pas venu prcisment pour cette raison, au congrs
de l'Association des Maires de France, qui a vu affluer 11 000 des 36 000
maires.
La mme rupture qui se manifeste
l'occasion de la grippe A et de la manire dont l'Etat prtent mener la
campagne de vaccination, entre le peuple et l'Etat, ouvre ici une dchirure
dans l'Etat, et dans la conscience etr l'action de chaque maire et lu local.
De qui tes-vous les lus, messieurs les
lus ?
Si vous tes les lus du peuple, alors il
ne faut plus dire que vous allez appliquer la rforme territoriale de Sarkozy,
que vous allez faire le sale boulot, que vous allez augmenter les impts
locaux, que vous rclamez toujours plus de comptences -car ceci revient
aujourd'hui rclamer le transfert et la liquidation des services publics. Il
faut arrter d'anticiper la rforme territoriale en rclamant par exemple que
votre ville soit lue "mtropole". Il faut refuser.
Refuser l'achvement de la VĦ Rpublique,
vritable retour, en fait, au Second Empire, que veut oprer Sarkozy tout en
faisant payer la crise la fiscalit locale, par les impts indirects et la
poll tax foncire et locative. Refuser tout de suite d'appliquer les lois sur
le "service minimum" contre la grve des coles publiques du 24
novembre, refuser d'appliquer la loi Carle contraignant les contribuables financer
partout les coles prives religieuses, refuser de laisser la campagne de
vaccination sous l'gide de bataillons prfectoraux et la rendre aux services
de sant publique.
Comme dj vous auriez d refuser, en
2004, l'application de la rforme constitutionnelle de Raffarin et les
transferts des personnels TOSS aux rgions et dpartements, brches contre le
service public national et laque d'ducation, que Sarkozy veut poursuivre
maintenant en transfrant les mmes aux "mtropoles" si sa rforme
s'applique.
Vous tes les lus du peuple et pas de
Sarkozy, vous tes mandats par les lecteurs et pas par M. le Prfet. En refusant d'appliquer leur
politique, vous cesserez aussi la concurrence entre vous, la course l'chalotte
des collectivits locales pour se vendre, attirer les entreprises, avoir les
subventions. Vous referez ce que vous ne faites plus souvent, de la politique,
et vous dfendrez la rpublique, la vraie, dmocratique, laque et sociale,
contre la VĦ Rpublique bonapartiste et affairiste.
Voila les questions qui vont se poser,
qu'on le veuille ou non, dans les prochaines lections rgionales de mai.
Malgr les programmes de "gouvernance
rgionale" des listes conduites par le PS ou par Europe Ecologie, et le
manque de clart, ce jour, sur ces mmes questions, des programmes du Front
de gauche ou du NPA, la victoire de la gauche contre la droite aux Rgionales
ne peut avoir d'autre sens que le refus total, cette fois-ci, d'avoir encore
des lus qui appliquent, des lus qui sont les clients de l'Etat et pas les
lus du peuple.
Frmissements
La monte des grves dans la
Fonction publique territoriale ;
La tnacit et la pugnacit des
travailleurs sans-papiers en grve qui sont maintenant plus de 5000, avec des mthodes
qui prennent en partie en compte les leons de leur prcdent mouvement
(implication officielle d'un plus grand nombre d'organisation, prise en compte
des travailleurs isols) et l'apparition de formes d'organisation des
travailleurs eux-mmes (certains des piquets de grve, les femmes, les Chinois)
;
La multiplication de situations
explosives, dans la vie interne de la CGT la veille de son congrs, qui mettent en exergue
l'opposition entre le fonctionnement syndical "traditionnel" et la
gestion " la CFDT" que les sommets tentent d'imposer, comme la
rsistance de la majorit de la CE de l'Union Dpartementale du Val-de-Marne au
type de fonctionnement vertical et distant qu'avait instaur sa dirigeante
secrtaire confdrale, et dans ce contexte l'exprience politique que
constitue, pour la premire fois depuis 1948, l'existence d'une candidature
(appuye sur le tiers des effectifs de la Mtallurgie) contre le dirigeant
confdral sortant ;
Le petit branlement que constitue, contre le syndicalisme
d'entreprise clat et dpendant que veut instaurer la loi conscutive
l'accord CGT-CFDT-MEDEF-Sarkozy de 2008 sur la "reprsentatitiv" , le
jugement du tribunal d'instance de
Brest ayant jug, le 27 octobre dernier, a tabli que l'obligation de dsigner
les dlgus syndicaux parmi les candidats ayant fait au moins 10% des voix aux
dernres lections professionnelle est "contraire au principe de la
libert syndicale"-
en effet ;
Enfin l'appel la grve du 24
novembre dans
l'enseignement public de la FSU, de la CGT et de SUD (en mme temps qu'une
grve la Poste et Ple Emploi), bien qu'vitant d'organiser une vraie grve
avec manifestation nationale au parlement contre le budget, qui est pourant le
motif de cette grve, qui atteste que les actions soi-disant
"unitaires" dans le cadre de l' "intersyndicale du 5 janvier
2009" (scelle sur la base du dialoque social et de la mise l'cart des
revendications : hausse des salaires, interdiction des plans de licenciements
collectifs ...) ne marchent plus et qu'il faut passer autre chose ...
Sans oublier les mouvements lycens qui clatent a et l contre le projet
Chatel de "rforme du lyce" qui a le mme contenu que ce que la
jeunesse avait dfait en dcembre 2008 ...
Voila bien des ingrdients qui nous
indiquent que le mouvement social n'est pas dfait, qu'il se cherche. Dans ce
contexte, nous versons au dbat la dclaration des syndicalistes de Militant du
8 novembre 2008, envoy aux destinataires de la Lettre de liaison de Militant
le 12 novembre dernier.
Dclaration
des syndicalistes de MILITANT
Adopte le 8 novembre
2009.
L' action syndicale, loin
d' tre dpasse, est plus que jamais ncessaire. Rsister aux attaques,
obtenir des succs dans le combat pour les salaires et le temps de travail,
pour les droits et les liberts, reste plus que jamais justifi et important
parce que cela aide le monde du travail prendre confiance en lui et
combattre pour manciper l' humanit du capital en s'mancipant lui-mme du
salariat.
Parce que le systme de
production capitaliste repose sur l' exploitation de l' homme par l'homme et
parce qu' il ne connat d' autre mobile que la course au profit, l'a
ccroissement infini de la valeur quelles qu'en soient les consquences, il nous
conduit aujourd'hui la catastrophe. D' une part, il remet en cause tous les
progrs sociaux et dmocratiques conquis par les gnrations antrieures, d'
autre part, il menace les conditions d' existence de l' humanit.
L'entre dans la
condition salariale de milliards d' habitants de Chine, d'I nde, d' Amrique
latine, d' Afrique, rend plus que jamais ncessaire la solidarit mondiale des
travailleurs et leur organisation internationale contre le Capital et ses
tats. La lutte syndicale doit se mener dans son arne vritable : le monde. Le
moment actuel se caractrise aussi par une pression redouble du pouvoir et des
patrons pour faire des organisations syndicales leurs instruments, soit par la
rpression, soit par la cogestion, et par l' idologie du Çnous sommes tous
dans le mme bateauÈ selon laquelle le capitalisme serait indpassable et
pourrait nous offrir un travail ÇdcentÈ.
La dcence, c'est la
dfense inconditionnelle des vraies revendications des travailleurs.
S'i l est lgitime de
ngocier dans la transparence et sur la base d' un rapport de forces, ce que l'
action syndicale s' est toujours efforce de faire, cogrer avec les
gouvernements et les patrons, qu' on appelle cela Çdialogue socialÈ ou
ÇgouvernanceÈ ou Çdveloppement durableÈ ou autrement, ce n'est pas du
syndicalisme !
Les organisations
syndicales internationales, CES et CSI en tte, vont dans ce sens au lieu d'
organiser de vraies luttes communes quand l' occasion s' en prsente, et elle
se prsente de plus en plus souvent. Il n' y a pas une seule organisation
syndicale en France qui ne soit confronte ces problmes et qui, par le biais
de sa direction, ne soit mise sous pression pour accompagner les
contre-rformes.
Le syndicalisme, cest
l' action pour les revendications des travailleurs, commencer par :
- l' annulation et
l'interdiction des plans de licenciements collectifs, justifis au nom de la
ÇcriseÈ,
- la hausse des salaires,
retraites, pensions et minima sociaux,
- la rduction et la
dlimitation du temps de travail ; la dfense des conditions de travail :
contre l'intensification des cadences, la mobilit force, la souffrance au
travail.
- l' interdiction des
plans de rduction d' effectifs dans les services publics, donc l' abrogation
de la RGPP (Rvision Gnrale des Politiques Publiques) et de la rforme
territoriale de Sarkozy,
- la rgularisation des
travailleurs sans-papiers,
- la libert d'
action-aucune entrave au droit de grve ! -la libert d' organisation syndicale
sans restrictions, ni ingrences, ni conditions de ÇreprsentativitÈ, dans
toutes les entreprises et tous les services publics.
L'histoire du mouvement
syndical en France a conduit l 'existence de plusieurs confdrations,
fdrations et unions au niveau national mais les problmes rels sont les
mmes pour tous. Aujourd'hui, il est ncessaire et utile que les syndicalistes
de diffrentes organisations, cultures et traditions, s' associent et se
coordonnent pour que l' action syndicale soit mene, non pas sur la base du
Çdialogue socialÈ avec Sarkozy et Parisot, mais sur la base des revendications.
Ainsi peuvent tre jetes
les bases d' une unification syndicale dans une grande confdration gnrale
du travail dmocratique et indpendante de l' tat et des patrons.
Ainsi, nous contribuons
construire une action commune victorieuse imposant la grve gnrale tous
ensemble le mme jour et le regroupement contre nos adversaires-lyse,
gouvernement, Parlement, MEDEF.
L' union fait la force,
la centralisation contre gouvernement et patronat est la forme naturelle de
tout combat efficace. Cela passe par l 'organisation commune de tous les
travailleurs, syndiqus et non-syndiqus, quand vient l'heure de l' action, en
assembles gnrales souveraines, avec leurs comits de grve lus et contrls
par eux-mmes.
Le but d' un militant
syndicaliste n'e st pas d' agir la place des salaris mais de leur permettre,
toutes et tous, de prendre leurs affaires en main.
* * *
Nous reproduisons ci-dessous
l'article du journal Ouest-France sur la confrence universitaire de notre
camarade Martin Legassick, Caen, le 6 novembre dernier.
Nous en profitons pour
rectifier deux erreurs parues dans la dernire Lettre de liaison de Militant du
11 novembre dernier envoye nos amis, et pour nous en excuser : 1Ħ) la
confrence caenaise n'tait pas organise par les camarades locaux de Militant
mais avait un caractre universitaire, ce qui ne retranche naturellement rien
son intrt, 2Ħ) l'orateur irlandais le 7 novembre au soir n'tait pas Harry
Hutchinson, mais Joe Duffy !
Martin Legassick, vtran de
l'ANC, a donn une confrence - Caen
lundi 09 novembre 2009
Invit par l'UFR
d'histoire de l'universit de Caen, Martin Legassick, professeur honoraire
l'universit du Cap en Afrique du Sud a donn, vendredi, une confrence sur le
trafic des restes humains entre l'Afrique du Sud et l'Angleterre coloniale la
fin du XIX e sicle. Ce rendez-vous a eu lieu dans le cadre de la runion
internationale du Win (Workers'international network - rseau international des
travailleurs) Paris, ce week-end.
Ç Cette confrence, a dclar l'historien sud-africain, voque
l'histoire d'un chercheur autrichien et de ses assistants qui ont dterr des
Bushmen. Ces premiers habitants occupaient depuis plus de 20 000 ans l'Afrique
australe. Certains d'entre eux ont t enterrs en Autriche. Il a trouv, dans
les archives en Afrique du Sud, des tmoignages des familles de Bushmen dont
les corps leur avaient t retirs. Le muse autrichien a dcid que pour au
moins deux de ces corps pour lesquels on a pu mettre un nom et une histoire, le
rapatriement devait tre ralis vers l'Afrique du Sud. È
Martin Legassick n'est pas qu'un clbre historien : c'est
aussi un militant de l'ANC et l'une des figures majeures de la campagne contre
les expulsions au Cap. Ce mouvement dfend les plus pauvres des habitants des
townships contre les expulsions, les coupures d'eau et d'lectricit et pour
que tous puissent disposer d'un logement dcent. Ces activits ont valu
Martin Legassick, aujourd'hui g de 69 ans, d'tre arrt par la police le 19
mai lors de la rpression sauvage d'une manifestation de mal-logs. Martin
Legassick est dcrit par Indymedia Londres comme Ç un des universitaires
sud-africains les plus renomms internationalement et certainement le grand
homme de la gauche È.
Ç Il existe des institutions reprsentant les pays les
plus riches, les plus puissants, tel l'Onu mais surtout le G 20 qui peuvent
prendre des dcisions au niveau mondial. Ces pays prennent bien des dcisions
pour aider les pays du Sud mais en fait, elles ne sont jamais appliques, et
donc il n'y a pas de consquences È, regrette-t-il.
* * * *
UNITE nĦ 27, le journal de nos
camarades du courant Offensive Socialiste, l'OS, courant le plus gauche du
MJS (mouvement des jeunes socialistes), est paru.
Nous reproduisons
ci-dessous deux articles de ce journal, qui nous semblent digne d'intrt.
Le premier est paru en
tribune dans L'Humanit du 20 octobre dernier et appelle un Front de gauche
aggrandi, de toute la gauche, sur la base de la rupture avec le Modem et en
gnral avec les partis du patronat. Les camarades de l'OS proposent les
grandes lignes d'un programme qui demande discussion.
Nous sommes,
Militant, sensibles leur dmarche en direction du Front de Gauche. En effet,
nous sommes toujours en attente des rponses de nos messages adresss
Marie-Georges Buffet, Jean-Luc Mlenchon, Christian Picquet, notamment, leur
proposant de discuter de la faon dont Militant pourrait apporter sa
contribution au dit Front !
Le second est un
article de fond de notre camarade Jean-Franois Claudon sur cette mme question
de l'unit, abordant aussi ses aspects syndicaux.
"L'unit sera
faite de la dignit antrieure de chacun de nous" (Jean Jaurs).
http://offensivesocialiste.wordpress.com/
Pour un front de toute
la gauche !
Pour redevenir une
alternative credible et un espoir pour les salaries et la jeunesse, la gauche
doit tirer les lecons de ses passages au pouvoir.
Elle doit sortir des vieilles recettes sociales-liberales qui lĠont detournee
de son projet : la rupture avec le capitalisme. Pour cela, il est indispensable
de fermer la "parenthese" liberale, ouverte en 1983, qui a conduit la
gauche sur un terrain qui nĠetait pas le sien : blocage des salaires,
privatisation des services publics et orthodoxie monetaire. La crise actuelle
du capitalisme prouve aux yeux de tous que ces choix malheureux nous menent a
lĠimpasse. Ce sont precisement les politiques liberales fondees sur
lĠabaissement du "cout" du travail dĠun ct et sur la drgulation
de la finance de lĠautre qui sont les principaux ressorts de la crise. Ainsi, loin
des gesticulations de Sarkozy au G Vain,
il sĠagit aujourdĠhui, pour la gauche, de mettre un terme a la dictature des
actionnaires en sĠappuyant sur la force sociale majoritaire dans notre pays :
les salaries.
Pour
satisfaire leur attente grandissante, une seule solution : la redistribution ! Repartir
autrement les richesses, cela signifie dĠabord augmenter massivement les
salaires, a commencer par le SMIC 1600 euros. Soulageant les mnages et dopant
lĠactivite, cette mesure phare contribuera en outre a dtruire les racines du
mal, puisquĠen diminuant les profits, on assche les flux nourrissant la
finance de marche.
Pour les
memes raisons, nous prnons une vision offensive des 35 h, sans perte de
salaire et sans contrepartie en terme de flexibilite. La duree relle du
travail doit en outre se rapprocher au maximum des 35 h lgales. SĠattaquer aux
heures sup cheres a Sarko, cĠest le seul moyen dont nous disposons pour
partager le travail entre les salaries et sĠattaquer frontalement au chomage de
masse. Travailler moins et mieux pour travailler tous, tel est notre mot
dĠordre. CĠest pourquoi nous defendrons bec et ongles la retraite a 60 ans,
veritable acquis de civilisation. Les regimes sont deficitaires ? QuĠ cela ne
tienne ! La gauche ne doit plus avoir peur de dire quĠil faut faire payer les
profits ! Augmentons les cotisations patronales, augmentons les salaires et
nous sauverons le systeme solidaire ! Nous recupererons du meme coup les 10
points sur le partage de la valeur ajoutee que le capital a reussi a siphonner
depuis les annees 80.
1600,
35, 60 : ces trois mesures fortes, associees la defense des services publics
et de la laicite, constituent le socle du programme dĠurgence qui nous menera
ensemble a la victoire ! Car sĠorganiser collectivement a gauche pour
battre la droite est une imperieuse necessite. La gauche sociale a su se
rassembler pour poser le rapport de force dans la rue, lors des grandes
manifestations du debut de lĠannee. Ce qui a manque a ces mouvements sociaux,
cĠest un reel debouche politique pour battre Sarkozy.
LĠunite
des partis de gauche est la seule force capable dĠoffrir une alternative. SĠappuyant
sur ces mobilisations sociales, la gauche se doit dĠincarner la representation
politique du salariat. Comme il nĠy a quĠun salariat qui partage des interets
communs, il ne doit y avoir quĠune seule gauche unie derriere un programme
commun de gouvernement discute publiquement devant les salaries. DĠailleurs,
au-dela des postures, ce programme existe dj. Toute la gauche se prononce
pour lĠaugmentation des salaires, pour la defense et lĠextension des services
publics, mais aussi contre les licenciements boursiers. Cette unite –
appelons-la comme nous voulons, pourquoi pas un front de toute la gauche
–, lĠimportant est quĠelle se fasse sans exclusive. Certains veulent
lĠunite a gauche, mais sans les socialistes. Peut-on vraiment parler dĠunite de
la gauche en excluant son principal parti ? Non ! Pas plus quĠen y integrant le
Modem par le biais de primaires paillettes sans programme ! CĠest toute la
gauche, mais rien que la gauche, du PS au NPA, qui doit des aujourdĠhui se
rassembler derriere un projet de rupture pour preparer lĠapres-Sarkozy.
Tribune
parue dans lĠHumanite du 20 octobre 2009
L'unit, une mthode
et un but
Qu'elle est belle
lĠunite dĠaction de notre camp quand elle se dploie dans toute sa force ! Et
efficace avec ca. Partout dans le monde, il nĠest pas de victoire populaire,
pas dĠacquis democratiques et sociaux qui nĠaient ete remportes sans lutte
unitaire et frontale contre les classes dominantes. QuĠelles soient defensives,
offensives, syndicales ou electorales, les grandes batailles ont toujours ete
gagnees par des salaries luttant au coude a coude. Quand le salariat est
atomise, divise, sans perspective, les revers sont en revanche de taille, de la
defaite sans combat face au nazisme en 1933 a celle des mineurs anglais face a
Thatcher en 1983.
Car
lĠunite est un combat.
Contrairement
aux detenteurs du capital, dont les intrets sont naturellement unifies par lĠexistence
dĠun taux moyen de profit et par la haine viscerale quĠils vouent a toute forme
de subversion, lĠunite des salaries est a construire. Les liberaux ont beau
tenter de nous diviser en nous montant les uns contre les autres –
salaries du public contre ceux du prive, titulaires dĠun CDI contre precaires,
blancs contre noirs, hommes contre femmes –, lĠunification de notre camp
nĠa peut-etre jamais ete aussi aisee, car le salariat nĠa jamais ete aussi
homogene quĠactuellement.
Le
salariat, cĠest-a-dire lĠensemble des travailleurs vendant leur force de
travail pour vivre, cĠest plus de 90 % de la population active dans la France
de 2007. Le salaire median est actuellement de 1500 euros net et la grande
majorite des salaries francais gagne entre 1000 et 3000 euros par mois. Les
interets dĠun ouvrier de lĠindustrie, dĠune caissiere dĠhypermarche, dĠun
travailleur intellectuel et dĠun cadre nĠont sans doute jamais converge de
facon si nette !
Transformer
les aspirations profondes des salaries en revendications precises et concretes,
telle est la tache du syndicat.
Elle est
decisive car, face a lĠaprete de lĠexploitation, les travailleurs sont presque
instinctivement amenes a se regrouper pour resister. Et la defense de nos
conditions de travail, meme les plus elementaires, nous permet de prendre
toujours un peu plus conscience de notre force, tout en affaiblissant, meme
partiellement, le patronat.
Se defendre
dans notre monde en crise, cĠest dj passer a lĠoffensive.
Pour
lĠemporter, la lutte syndicale se doit dĠetre unifiante dans les revendications
quĠelle porte, mais le syndicalisme doit lui-meme etre lĠexemple vivant de
lĠunite sociale des salaries.
Se battre
pour lĠunite syndicale, cĠest bien sr se battre sans relache pour la
reunification dĠun syndicalisme bien trop eclate, mais cĠest aussi respecter
lĠindependance syndicale telle quĠelle est definie dans la charte dĠAmiens.
Cette independance, ce nĠest pas la separation stricte dĠavec le politique et
encore moins le choix desastreux de lĠapolitisme. CĠest meme tout le contraire
! En refusant de se subordonner a un parti politique, quel quĠil soit, le
syndicalisme reconnait du meme coup la liberte dĠopinion politique de ses
membres ainsi que leur droit a se regrouper par affinite ideologiques, a
condition que les decisions relevant du syndicat soient prises en son sein et
non a lĠexterieur.
LĠunite
sans exclusive dans le mouvement social contre le patronat pose necessairement
a terme la question dĠun debouche politique contre la droite.
CĠest en ce
sens que lĠapolitisme syndical est un non-sens, puisque toute mobilisation
dĠampleur pose a terme la question du pouvoir. La gauche sĠest nourrie de
victoires sociales pour se hisser au pouvoir en 1981, 1988 et 1997. Il faudra
renouveler ce schema en 2012 ! Mais pour lĠemporter, il faudra egalement
rassembler le peuple de gauche derriere un programme commun, discute
democratiquement et dote de mesures fortes en phase avec les aspirations des
salaries. Unite du salariat dans les luttes et programme commun de toute la
gauche, voila les deux condition pour, cette fois, commencer vraiment a
"changer la vie" !
Par
Jean-Francois Claudon (75)
á * *
á
á Document : propos
de la "reprise qui est l" et de la situation conomique relle : ce
qu'en pense la socit gnrale. Article paru dans le Figaro ce 20 novembre :
á
La Socit Gnrale
tire la sonnette dĠalarme.
Dans un rapport adress ses
clients, la banque franaise les appelle dessiner une stratgie
dĠinvestissements de dfense afin de se prparer lĠexplosion ventuelle de
nouvelles bulles financires.
Le pire pourrait tre devant nous.
CĠest une des hypothses qui ressortent dĠun rapport de la Socit Gnrale,
intitul Ç le pire scnario de la detteÈ, selon lequel les rcents plans de
sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transfr
des passifs du secteur priv au secteur public, crant une nouvelle srie de
problmes. Premier dĠentre eux, le dficit. ÇLe niveau de la dette parat tout
fait insoutenable long terme. Nous avons pratiquement atteint un point de
non retour en ce qui concerne la dette publiqueÈ, prcise le rapport de 68
pages.
LĠendettement global est beaucoup
trop lev dans la plupart des conomies des pays dvelopps, par rapport
leur PIB. Aux Etats-Unis et dans lĠUE, la dette publique reprsentera ainsi
125% du PIB dans deux ans. Au Royaume-Uni, elle sĠlvera 105% et au Japon,
270%. Le problme de la dette sous-jacente est plus important quĠil nĠtait
aprs la seconde Guerre Mondiale, alors que les taux nominaux taient
similaires. Sauf que cette fois-ci, les gouvernements seront pris la gorge,
le vieillissement de la population rendant plus difficile quĠauparavant
lĠeffacement de cette dette avec la croissance. Les pays mergents ne seraient
pas non plus pargns, mme si leur marge de maneouvre sera plus importante
quĠau sein des grandes conomies occidentales.
Parmi les pires scnarios envisags,
le rapport voque une nouvelle chute des marchs, une inflation galopante ainsi
quĠune forte chute du dollar. Or quand la crise bat son plein, tout le monde se
retourne vers la valeur refuge par excellence, lĠor. Dans ce contexte, le prix
du mtal jaune atteindrait des sommets jamais vus. En plus du mtal jaune, le
rapport table quĠune autre valeur refuge devrait tirer son pingle du jeu, les
denres alimentaires. A contrario, la banque conseille de se dsengager du
dollar et des valeurs cycliques, telles que les technologiques ou celles lies
au secteur de lĠautomobile.